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Rudolf Steiner

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Message par Admin le Lun 11 Juin - 12:09

Rudolf Steiner Rudolf_steiner-2f52829

Rudolph Steiner naît en 1861, dans un village proche de la frontière austro-hongroise où son père est chef de gare. Ainsi, la modernité technique lui est un environnement familier. Il la retrouve et l'approfondit à L'Ecole polytechnique de Vienne où il fait des études scientifiques brillantes. Il poursuivra ensuite également des études philosophiques de haut niveau.
Très jeune, il découvre que, seul dans son entourage, il a accès à un monde qu'il qualifiera plus tard de "suprasensible". Il se trouve donc dans la situation de devoir acquérir simultanément la connaissance de deux mondes dont l'interdépendance obéit à des lois que, sa vie durant, il exploitera méthodiquement, pour proposer aux hommes une voie de connaissance scientifique d'un domaine qui n'est généralement pas considéré comme relevant de la science.

Ses études et travaux dans les sciences et la philosophie le font, très jeune, remarquer par les cercles savants de Vienne et d'Allemagne. On lui confie la publication commentée des oeuvres scientifiques de Goethe, à Weimar, entre 1885 et 1890.

Rudolf Steiner soutient en 1891 une thèse de doctorat en philosophie : "Vérité et Science", théorie de la connaissance qu'il élargira en 1894 dans une oeuvre majeure : "La Philosophie de la Liberté".

A Berlin, grâce à ses travaux sur Goethe et sur Nietzsche, il occupe une place importante dans la vie culturelle,il est conduit à s'intéresser aux besoins culturels et aux aspirations sociales du monde ouvrier. Il est appelé à enseigner à l'Université populaire, mais sa liberté d'esprit se heurte rapidement au dogmatisme des dirigeants de cette institution.
Si ces recherches, avant 1914, sont essentiellement consacrées à l'histoire du monde et de ses civilisations, et à l'homme lui-même dans sa triple nature physique, psychique et spirituelle, le drame de la première guerre mondiale oriente son activité vers une analyse très profonde des causes spirituelles et sociales qui y ont conduit. Causes qui ont aussi conduit à la révolution d'octobre 1917 et engendreront la deuxième guerre mondiale. Il élabore une sociologie pratique (une économie sociale) fondée sur sa connaissance de la nature humaine. Mais, entre 1919 et 1922, dans l'Allemagne vaincue, les forces morales et la liberté d'esprit nécessaires pour mettre en œuvre ses idées ne sont pas présentes. Avant que le nazisme ne submerge le monde allemand et l'Europe, il oriente toute sa capacité de renouvellement et d'élargissement des connaissances vers la pédagogie, et aussi la médecine, la pharmacologie, l'agriculture..., pour préparer l'avenir après le drame nouveau dont il pressent l'imminence.

Dans les premières années du siècle, il a créé à Dornach, près de Bâle, l'Université Libre de Science de l'Esprit, à laquelle il donne le nom de ¨ Goetheanum¨. Il s'y installe à partir de 1914 pour y poursuivre son enseignement, et y meurt en 1925. La voie méthodique de connaissance ouverte par Rudolf Steiner porte le nom qu'il a lui-même choisi : ¨Anthroposophie¨.
Des nombreuses voies de recherche, décrites par Steiner dans ses livres (une trentaine d'ouvrages) et ses conférences (environ six mille) sont issues, dès 1919, des institutions s'inspirant de l'Anthroposophie, dans des domaines aussi variés que la pédagogie, la pédagogie curative (institutions pour enfants et adultes handicapés), la sociothérapie (visant notamment à la réinsertion des toxicomanes), la médecine et la pharmacologie (associations de médecin, hôpitaux, cliniques, laboratoires dans une quinzaine de pays), la méthode d'agriculture biologique-dynamique, des instituts de recherche fondamentale (universités libres, laboratoires) et des institutions fiduciaires et bancaires.
Dans le domaine pédagogique, après la fondation de la première école en 1919, à Stuttgart, dans le cadre de la fabrique de cigarettes Waldorf-Astoria, le mouvement s'étend en Allemagne et à l'étranger. Son interdiction par le régime nazi et les difficultés liées aux situations difficiles de la deuxième guerre mondiale stoppent ce développement jusqu'en 1945.

Après la guerre, la réouverture des établissements et le développement progressif du mouvement gagne toute l'Europe, et s'étend progressivement à tous les continents.


  

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Message par obsidienne le Sam 28 Juin - 19:48

Un site sur l'anthroposophie :

http://www.anthromedia.net/fr/accueil/
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Message par obsidienne le Jeu 24 Juil - 21:48

Rudolf Steiner et l’Anthroposophie

« Le Beau est une manifestation de lois secrètes de la nature qui, s’il n’apparaissait pas, seraient restées éternellement cachées » Goethe.

"Pour s'élever plus haut encore dans la connaissance, il faut faire de la force de l'amour une force de connaissance. Il ne peut s'agir ici du sentiment généralement connu sous ce nom, qui est presque le seul dont on parle à notre époque matérialiste. L'amour que nous nous avons en vue est celui qui nous rend capable de nous sentir un avec un être qui n'est pas nous dans le monde physique, à nous sentir vraiment un avec lui, de manière à éprouver ce qui se passe en lui aussi bien que ce qui se passe en nous et à sortir, par conséquent, complètement de nous pour revivre en lui. Au cours de la vie humaine ordinaire, l'amour n'atteint pas à ce degré auquel pourtant il faudrait qu'il s'élève pour devenir un pouvoir de connaissance."

L'anthroposophie. L'homme et sa recherche spirituelle.

L’Anthroposophie est, selon les termes de Rudolf Steiner, une voie de connaissance qui doit « conduire le spirituel en l’être humain jusqu’au spirituel dans l’univers ». Pour Steiner, la démarche anthroposophique appartient à l’ordre de l’ésotérisme, même si certaines formulations, après les mises au point de René Guénon, paraissent manquer de rigueur, par exemple en ce qui concerne le mot « occulte ». On ne pourrait plus affirmer aujourd’hui que l’Anthroposophie est une « science de l’occulte ». Quoi qu’il en soit, lorsque l’on parle de l’Anthroposophie selon Rudolf Steiner, il convient de relever un premier principe « qu’il n’est pas permis de transgresser » et que l’« enseignement ésotérique » doit transmettre : « Toute connaissance que tu cherches dans l’unique but d’enrichir ton savoir, d’amasser en toi des trésors, te détourne de ton chemin ; par contre, toute connaissance que tu recherches pour mûrir sur la voie de l’ennoblissement de l’homme et de l’évolution de l’univers te porte un pas en avant ». Ce principe découle de l’intuition fondamentale de Steiner à propos de ce qu’on pourrait appeler « l’évolutionnisme christocentrique » où il s’agit, pour l’homme moderne, « d’assumer pleinement les acquis de l’histoire spirituelle de l’Occident en vue de leur transmutation, non pas de s’en remettre à une Tradition primordiale dont on attendrait passivement les manifestations sous forme de nouveaux avatars divins ». La Société Anthroposophique universelle est d’ailleurs, selon ses Principes de 1923, « une association de personnes désireuses de cultiver la vie de l’âme dans l’individu et dans la société, en se fondant sur une véritable connaissance du monde spirituel ». L’Anthroposophie constitue donc bien une voie de connaissance, même si elle n’est pas une démarche « ésotérique », au sens strict, dès lors qu’elle cesse de se référer à la sophia perennis, et qu’elle est résolument tournée vers l’action sociale et communautaire. Dernier aspect fondamental de l’Anthroposophie, le lien qui existe entre les différentes formes de la démarche artistique et ce que nous nommerons l’esprit. En cela Rudolf Steiner apparaît un authentique visionnaire dont l’œuvre a une portée qui dépasse même le cadre de l’Anthroposophie : « Ce qui importe pour le véritable chercheur spirituel de l’avenir, en dehors de toute forme pathologique de clairvoyance, c’est le pont qui peut être jeté entre l’art et le regard spirituel. – Celui qui comprend cela, sait qu’il en ira du salut de l’humanité aujourd’hui et dans l’avenir que l’on recherche de plus en plus les choses de l’esprit, la connaissance spirituelle. La lumière de la vision spirituelle doit briller dans l’art, afin que la chaleur et la grandeur de l’art féconde créativement la grandeur et l’horizon de la vision spirituelle » (Munich, 6 mai 1918).

De l’âme

L’âme est à la fois masculine et féminine. Il faut imaginer l’homme-femme, des « temps très reculés », sous des apparences fort différentes de ce que sont devenus l’homme et la femme : « des formes humaines souples et malléables » dont les aspects masculin et féminin vont progressivement se dessiner, provoquant à la longue une « séparation des sexes ». Conséquence de cette séparation, le corps a perdu la faculté de s’auto-féconder. Mais aussi, seconde conséquence : la force qui dans l’homme-femme servait à l’auto-fécondation, n’ayant plus à s’exercer, crée le cerveau, la faculté de penser . C’est ce qui fait dire à Steiner que « la pensée a été acquise au prix de l’unisexualité ». Ainsi « le corps masculin et le corps féminin représentent extérieurement chacun une forme imparfaite de l’âme, mais de ce fait deviennent dans leur intériorité des êtres plus parfaits. » Troisième conséquence, enfin, « l’âme acquiert la faculté de collaborer avec l’esprit » : « Pour ce qui est de la vie extérieure, l’être humain connaîtra désormais une fécondation venant du dehors ; pour sa vie intérieure, elle vient du dedans grâce à l’esprit ».

Du Christ

          Le Christ est un être divin qui, en s’incarnant, participe désormais de l’humanité à laquelle il insuffle de nouvelles forces vitales. La mort et la résurrection du Christ constituent ainsi « le point de retournement » d’une humanité qui au lieu de continuer le processus de décomposition où elle était entraînée inaugure une nouvelle ère, qui est cette fois dans le sens d’une assomption. Comme le dira Steiner, c’est « l’impulsion du Christ » qui permet de « saisir le spirituel ».  

En conclusion

         L’œuvre de Rudolf Steiner est bien plus qu’un simple courant de la théosophie, et elle n’a même plus qu’un lointain rapport avec ce qu’on entend par « théosophie » au sens moderne du terme. Son rayonnement en Europe et dans le monde est tout de même le signe que quelque chose opère qui est de l’ordre de l’esprit : qui nous tire réellement vers En-Haut, comme l’écrivait Goethe à la fin de son second Faust et qui finalement nous fait comprendre le monde, au sens où l’entendait Novalis : « Nous comprendrons le monde quand nous nous comprendrons nous-mêmes, parce que nous sommes, lui et nous, des moitiés intégrantes. Enfants de Dieu, germes divins nous sommes. Un jour nous serons ce que Dieu est. » (frag. 105, 1798).


http://www.moncelon.com/Steiner2.htm
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Message par Archange le Ven 4 Sep - 19:03






RUDOLF STEINER ET L'ANTHROPOSOPHIE





L'anthroposophie est un courant de pensée et de spiritualité créé au début du XXéme siècle par Rudolf Steiner. Selon lui, elle serait une science de l'esprit, une tentative d'étudier, d'éprouver et de décrire des phénomènes spirituels avec la même précision et clarté avec lesquelles la science étudie et décrit le monde physique. L'usage du terme "science" appliqué à cette démarche a été contesté par les tenants de la méthode scientifique.




L’origine du terme "anthroposophie"

Le mot anthroposophie (de anthropos et sophia, littéralement "la sagesse de l’homme" n’est pas un néologisme créé par Rudolf Steiner. On en trouve déjà des traces au xvie siècle chez un auteur anonyme. Puis chez Thomas Vaughan en 1650 dans un livre portant pour titre: Anthroposophia Magica. On le trouve ensuite utilisé chez Troxler (1780-1866) en 1806, chez Immanuel Hermann Fichte en 1856, chez Gideon Spicker (1872-1920) en 1872, chez le philosophe viennois Robert Zimmermann (1824-1898) en 1882; c’est de ce dernier dont Steiner s’est inspiré.




Qu’est-ce que l’anthroposophie ?


Steiner postule que ce qu’il appelle l’observation et le penser seraient les deux piliers de toute connaissance. Il propose, par une intensification conjointe aller-retour de ces deux activités de faire l’expérience de l’essence du penser, qu’il appelle le penser pur. De ce dernier, l’homme doit pouvoir tirer en toute autonomie le motif de ses actions et agir alors librement. C’est ce que Rudolf Steinera appelé "l’individualisme éthique". L’anthroposophie se fonde sur l’affirmation d’un dépassement possible de la vision matérialiste de la nature et du monde en y ajoutant les niveaux suprasensibles de l’existence: processus vitaux, âme et esprit. Selon Steiner :

« L’interprétation correcte du mot « anthroposophie » n’est pas « sagesse de l’homme », mais "conscience de son humanité", c’est-à-dire: éduquer sa volonté, cultiver la connaissance, vivre le destin de son temps afin de donner à son âme une orientation de conscience, une sophia. »

L’anthroposophie cherche à développer en l’homme les forces nécessaires pour appréhender ce qui existerait au-delà des sens: monde éthérique ou monde des forces formatrices, monde psychique ou astral, monde spirituel. Pour Kant, l’homme ne peut pas connaître ce qui est au-delà des perceptions sensorielles. Pour l’anthroposophie, l’homme peut développer en lui les facultés qui lui permettent de dépasser cette limite.

Sur ce chemin, la connaissance de soi et le développement des forces morales sont présentés comme indispensables pour éviter les "décollements" et prévenir les dérapages.

« La règle d’or est celle-ci: Quand tu tentes de faire un pas en avant dans la connaissance des vérités occultes, avance en même temps de trois pas dans le perfectionnement de ton caractère en direction du bien. »

Dans la conception anthroposophique du monde, « cet univers a été conçu spécialement pour que nous y fussions placés ». L’Adam Kadmon, l’archétype originel de l’être humain en descendant dans la matière, aurait rejeté hors de lui les autres règnes de la nature, ce qui expliquerait la parenté des processus agissant dans la nature avec ceux qui existent dans l’être humain. L’être humain évoluerait vers la perfection à travers les réincarnations, guidé par les "anges" du karma. Pour l’anthroposophie, le plan divin de l’évolution de la dixième hiérarchie – l’humanité – serait sous la tutelle des hiérarchies créatrices, celles citées par Denys l’Aréopagite dans son traité De la hiérarchie céleste.

L’entité du Christ, le Logos ou Verbe, joue un rôle central dans la cosmogonie steinérienne; toutefois l’anthroposophie ne se conçoit pas elle-même comme une religion.

En se basant sur les résultats de l’investigation spirituelle, l’anthroposophie propose dans tous les domaines de l’existence, des applications pratiques qui se veulent en harmonie avec la nature profonde de l’homme: éducation, médecine, thérapies artistiques, pharmacie, agriculture, économie, vie sociale, arts, etc.

Dans ses œuvres philosophiques que sont Vérité et science et Philosophie de la liberté, Rudolf Steiner a tenté de donner la justification théorique épistémologique de la démarche anthroposophique.




L’anthroposophie en tant que chemin de développement spirituel

Selon l’anthroposophie, de même que pour percevoir le monde sensible il nous faut des organes des sens, pour percevoir les mondes suprasensibles, nous aurions besoin d’organes suprasensibles. Ces organes existeraient en germe chez tous les êtres humains, mais seraient en sommeil à notre époque. Certains de ces organes ou "chakras" auraient été en partie actifs autrefois, mais auraient été comme anesthésiés pour les besoins de l’évolution. Il fallait, selon Steiner, que l’être humain perde provisoirement la conscience des mondes spirituels afin de développer la conscience de soi. Seul quelques médiums et personnes très peu développées intellectuellement auraient encore des chakras leur permettant une perception selon le mode ancien. Cependant, par un travail sur soi, au moyen d’exercices appropriés, ces organes de perception pourraient être développés et réactivés. La mise en activité des chakras serait en rapport avec le développement de certaines valeurs de l’âme. L’action directe sur les chakras serait cependant jugée dangereuse en l’absence de guides expérimentés. Steiner ne s’étend pas tellement sur les chakras, car, pour lui, leur développement serait une conséquence directe du développement moral de l’individu.

De nos jours, le stade actuel de l’évolution de l’humanité exigerait que les enseignements anthroposophiques soient mis à la disposition de tous, alors qu’autrefois les contenus ésotériques n’étaient divulgués qu’aux disciples de certaines sociétés secrètes.

Steiner ajoute que ces exercices seraient appropriés à l’état de conscience de notre époque et qu’ils seraient inoffensifs si les conseils qu’il donne dans ses ouvrages de base sur le sujet sont suivis scrupuleusement.




L’ORGANISATION SPIRITUELLE, PSYCHIQUE ET PHYSIQUE
DE L’ÊTRE HUMAIN SELON L’ANTHROPOSOPHIE



Selon le point de vue envisagé, Steiner propose diverses approches de la nature humaine, ce qui se traduit selon les cas par une subdivision en neuf, sept, quatre ou trois constituants:

En neuf: physique, éthérique, astral, âme de sensibilité, âme d’entendement, âme de conscience, Soi spirituel (manas), Esprit de vie (bouddhi), Homme-Esprit (atma).

En sept: physique, éthérique, astral, Moi, Soi spirituel (manas), Esprit de vie (bouddhi), Homme-Esprit (atma).

En quatre, puisque les corps supérieurs ne sont pas encore entièrement développés: physique, éthérique, astral, Moi (le Moi contenant en lui le germe de la triade spirituelle).

En trois : corps, âme et esprit.


1. Le corps physique

C’est le seul que la science traditionnelle reconnaisse.



2. Le corps éthérique

Steiner l’appelle aussi corps vital ou corps de forces formatrices. Il s’agirait davantage d’un champ de forces que d’un corps. Il présiderait au développement du corps physique jusqu’à sa taille adulte et ensuite il dirigerait les processus qui maintiennent sa forme. C’est lui qui ferait du corps physique un corps vivant. Les plantes et les animaux auraient également un corps éthérique.



3. Le corps astral

Cette dénomination ancienne a été conservée par Steiner du fait qu’elle était d’usage courant en ésotérisme, mais il l’appelle aussi corps psychique, corps de conscience, parfois corps des désirs ou corps animique. Ce corps n’épouserait pas les formes des corps physique ou éthérique. Il affecterait une forme ovoïde parcourue par des courants de forces psychiques apparaissant lumineuses et très colorées à la "perception clairvoyante". Dans la littérature ésotérique, on en parle souvent comme de l’aura.



4. Le « Moi » ou le « Je »

Le Moi est considéré comme l’entité supérieure immortelle de l’homme, destinée à se déployer et se structurer sous la forme de ce que l’anthroposophie appelle "la triade spirituelle". Le Moi est censé agir dans l’âme et susciter ainsi l’être conscient.



5. L’âme

Dans la structure ternaire anthroposophique de l’être humain: Esprit – âme – corps, on appelle "corps" l’ensemble constitué du corps physique, du corps éthérique, et de la partie inférieure du corps astral. Le terme âme, sous-entendant ses trois aspects appelés âme de sensation, âme d’entendement et âme de conscience, désigne la partie supérieure du corps astral, tandis que le terme esprit désigne le moi, incluant le germe de la triade spirituelle. L’âme de sensibilité serait particulièrement unie au corps astral. Le corps astral est censé rendre conscientes les impressions transmises par les organes sensoriels, mais ce serait dans l’âme de sensation que le Moi peut revivre les souvenirs, les représentations de ce qui a été perçu. L’expérience intérieure se déroule dans l’âme de sensation. Dans l’âme d’entendement, le Moi élabore ce qu’il reçoit. Il éclaire et élabore par la pensée ce qui vit dans l’âme de sensation. Grâce à cette partie de l’âme, le Moi peut porter des jugements. C’est au sein de l’âme d’entendement que l’homme s’éveille à lui-même, qu’il saisit son Moi. Toutefois, précise Steiner, la pleine conscience de son Moi, il ne peut l’acquérir que dans l’âme de conscience. Ce n’est qu’à ce moment que la connaissance véritable de soi et du monde peuvent devenir objective et que le Moi peut élargir progressivement sa conscience au suprasensible.



6. Les corps supérieurs

Le disciple qui suit un chemin spirituel, anticipe par le travail qu’il fait sur lui-même, des stades de conscience qui ne deviendraient l’apanage naturel de l’humanité que dans le futur.

Le travail du Moi sur le corps astral, en le métamorphosant, donnerait naissance au Soi spirituel.
Le travail du Moi sur le corps éthérique (ou vital), en le métamorphosant donnerait naissance à l’Esprit de vie.
Le travail du Moi sur le corps physique, en le métamorphosant, donnerait naissance à l’Homme-Esprit.




LES STADES DE DÉVELOPEMENT DE LA TERRE


Pour Steiner, notre Terre est la manifestation de l’activité d’êtres spirituels, êtres humains compris. Ces derniers et les êtres humains évolueraient parallèlement tandis que la Terre passerait par des incarnations successives dans des substances de plus en plus denses, selon un rythme septénaire. Vers le milieu l’évolution terrestre, le processus s’inverserait grâce à l’impusion cosmique du Logos et la Terre repasserait par des états de plus en plus subtils. Notre Terre serait actuellement au 172e stade sur les 343 (7x7x7) que comporte toute l’évolution terrestre.




LE CHRIST


Selon Steiner, l’anthroposophie n’est pas une religion mais elle cherche à élucider le contenu des diverses religions. Dans le christianisme, par exemple, ce n’est pas le message religieux qui serait le plus important, mais l’action objective du Christ, considéré comme "l’esprit guide de la terre". D’un point de vue social, le renforcement de l’ego conduirait au chaos, à la "guerre de tous contre tous". Pour éviter cela, l’entité christique pourrait imprégner les êtres humains de la force d’amour, ce qui leur permettrait de vivre ensemble en harmonie.




L'incarnation du principe christique

Selon l’anthroposophie, l’incarnation du Logos ou Verbe en Jésus aurait eu lieu lors du baptême par Jean-Baptiste dans le Jourdain.

Steiner considère l’incarnation de ce Logos dans un corps physique et le Mystère du Golgotha est les plus grands événements de l’évolution humaine. Alors que les théosophes minimisaient ce rôle en faisant du Christ un avatar, un initié, voire un prophète ordinaire, Steiner voit dans le Christ une incarnation unique de la divinité, rendue nécessaire par le cours de l’évolution. La descente du Christ, c’est le Logos éternel pénétrant l’humanité. Pour Rudolf Steiner, le Christ n’est pas venu fonder une nouvelle religion, mais réaliser ce que les religions ont préparé, accomplir ce à quoi elles aspirent permettre à l’humanité de retrouver son origine divine.

Steiner cherche d’abord le Christ par l’expérience individuelle, sans le secours d’aucun document extérieur, en approfondissant la nature humaine. C’est ce vécu de l’étincelle divine dans l’être intérieur qui éclaire les événements de Palestine accomplis il y a 2000 ans.

Le Christ Jésus montre en effet aux yeux de tous ce que chaque homme peut devenir s’il se comprend lui-même un porteur libre et conscient du "Je suis". Son rôle cosmique serait d’amorcer et d’accompagner la spiritualisation de la Terre. Il a fallu pour cela qu’un dieu, le Christ, apparaisse sur la scène de l’histoire et vive pendant trois ans le destin d’un homme, Jésus de Nazareth. Il en déduit que l’impulsion christique est un fait objectif qui transcende toutes les religions.

Selon Steiner, les premiers chrétiens ont saisi toute la portée de cet événement, mais cette compréhension commença à se perdre à partir du IVème siècle. Les schismes au sein du christianisme sont la signature de la perte de cette compréhension. À cet époque s’amorça le déploiement de l’intellect dans l’âme humaine, ce qui, en contrepartie, fit disparaître l’ancienne sagesse instinctive. En perdant cette sagesse, l’être humain gagne en liberté et devient de plus en plus capable de retrouver de manière consciente le lien avec le monde spirituel. Steiner enseigne que la venue du Christ dans un corps physique, il y a deux mille ans, ne serait que la partie visible d’un processus cosmique qui aurait commencé bien avant cette incarnation sur la Terre.

Dans ses conférences, Steiner ouvre à la conscience moderne une compréhension de l’acte cosmique du Christ et prépare ses auditeurs à la vision spirituelle du Ressuscité présent entre les hommes.




L'apparition du Christ dans le monde éthérique

Steiner prédisait la présence du Christ dans le monde éthérique à partir de 1930-1940, et que de plus en plus d’êtres humains seraient en mesure de le percevoir par clairvoyance naturelle. L'étude de l’anthroposophie prépare le penser à accéder à la clairvoyance pensante, notamment par le livre Philosophie de la liberté.

Il affirme qu'il n’y aura pas de retour physique du Christ, mais une élévation des hommes vers la perception éthérique pour se hisser jusqu’au Christ, et que tout individu se proclamant ou se faisant proclamer Christ sera donc forcément un usurpateur.




Les entités "adverses"

Steiner enseigne l’existence de plusieurs catégories d’entités adverses. Ce sont des entités spirituelles qui seraient restées à des stades antérieurs de l’évolution pour amener dans notre évolution actuelle des conditions propres à ces anciens stades. Lucifer et Ahriman sont les représentants de deux tendances opposées intervenant dans le développement de l’humanité. Les forces lucifériennes auraient une action expansives, centrifuges, dilatoires, dissolvantes et calorique, tandis que les forces ahrimaniennes auraient une action contractante, durcissante, centripète et refroidissante. Selon cette vision, dans l’organisme humain, les forces lucifériennes auraient un certain rapport avec les maladies de type inflammatoire, microbienne, tandis que les forces ahrimaniennes seraient liées aux maladies sclérosantes, paralysantes et virales. La santé résulterait ainsi de l’équilibre dynamique entre ces deux tendances.




L'incarnation d'Ahriman

Pour Steiner, un retour du Christ dans une incarnation humaine est impossible. Les écoles ésotériques qui annoncent un futur retour du Christ ne feraient que préparer les conditions de la venue d’une entité adverse, laquelle se ferait passer pour le Christ réincarné, un peu comme dans le Court récit sur l’Antéchrist du philosophe russe Vladimir Soloviev. Cette entité, Steiner l’appelle Ahriman, un autre nom pour Satan. Selon lui, Ahriman s’incarnerait au début du IIIème millénaire.





AUTRES NOTIONS


Réincarnation et karma

Pour Steiner, au stade actuel, l’homme ne serait ni tout à fait libre, ni déterminé; il se trouverait sur le chemin qui mène à la liberté. Progressant d’incarnation en incarnation, l’être humain développerait les facultés et le savoir qui lui permettraient d’aborder son environnement et sa destinée avec une maturité croissante. Un esprit qui se détermine lui-même, en toute lucidité sur ses motivations profondes, est un esprit libre.

Dans la perspective anthroposophique, l’esprit est l’élément éternel qui voyage d’une incarnation à l’autre. Les corps sont renouvelés à chaque incarnation. Le karma est défini comme le lien qui rattache un être aux conséquences de ses actions. L’esprit humain suit une évolution ascendante. Lorsque l’être humain psycho-spirituel, après la mort, s’est débarrassé de ce qui le rattachait à la terre, l’esprit s’élève dans les mondes spirituels aussi haut que lui permet son degré d’évolution. L’esprit humain n’est pas inactif dans les mondes spirituels; en collaborant avec les entités spirituelles, il prépare sa prochaine incarnation. Quand il est prêt et que les conditions terrestres sont adéquates, le processus s’inverse et l’esprit humain redescend vers la terre.




Sommeil et après-vie

Selon la conception de Steiner, au cours du sommeil, le corps physique resterait imprégné de l’éthérique (qui le maintient en vie), mais l’astral (l’âme) et le moi (je) s’en sépareraient. En revanche, au moment de la mort, le corps éthérique, le corps astral et le moi quitteraient définitivement le corps physique.

À partir du moment de la mort, l’individu revivrait toutes ses nuits de sommeil, soit un tiers de la durée totale de sa vie. Il retrouverait aussi ses proches décédés avant lui. Il ne pourrait que contempler le spectacle de ses actions – tel que le conçoit Aristote -, impuissant, parce qu’il ne peut plus rien y changer, ce qui l’attristerait au plus haut point. Plus l’individu aurait eu un comportement moral, plus il serait entouré et en bonne compagnie. Après avoir traversé la sphère lunaire, la sphère de Mercure et celle de Vénus, il poursuivrait son ascension à travers les sphères, solaire, de Mars, de Jupiter et de Saturne qui correspondraient à des niveaux spirituels de plus en plus élevés. Au fur et à mesure de son ascension à travers les sphères spirituelles, l’individu se dépouillerait successivement de ses corps éthérique et astral. Par la suite le processus s’inverserait, et l’individualité se reconstruirait des corps au fur et à mesure de sa descente vers une nouvelle incarnation terrestre.





Durée entre les incarnations

Les êtres humains étant très dissemblables, la durée typique entre les incarnations (environ 1000 ans) serait susceptible de variations considérables. Par exemple, les personnalités très liées à une conception matérialiste de la vie, ou fortement marquées par l’intellectualité, auraient du mal à évoluer dans les mondes supérieurs et se réincarneraient de ce fait plus rapidement; les individus morts prématurément se réincarneraient d’autant plus rapidement qu’ils sont morts plus jeunes.




La redescente sur Terre

Peu de temps avant la naissance, l’individu verrait le germe de son corps physique se lier à l’organisme de la future mère. Après la troisième semaine de développement fœtal, le Moi s’engagerait activement dans le processus de formation du corps, lui donnerait sa forme et commencerait à s’y incarner. Durant les sept premières années après la naissance, l’enfant édifierait son corps éthérique, plus ou moins jusqu’au changement de dentition. À partir de ce moment, une bonne partie des forces formatrices éthériques seraient libérées et disponibles pour l’activité représentative. Entre la douzième et la seizième année à l’époque de la puberté, le corps astral se séparerait de l’enveloppe astrale qui le construisait. Le Moi, par contre, ne s’incarnerait complètement que vers l’âge de 20 ou 21 ans.




Homme et femme

Dans l’image de l’homme selon l’anthroposophie, il n’existerait pas deux sortes d’humains mais une seule: tout être humain serait en réalité masculin-féminin. Plutôt que de parler d’homme et de femme, il faudrait donc parler de nature masculine et de nature féminine. La femme possèderait un corps physique de nature féminine, mais son corps éthérique serait de nature masculine. L’homme, par contre, possèderait un corps physique de nature masculine et son corps éthérique serait de nature féminine. Ce qui est extérieur chez l’un vivrait intérieurement chez l’autre, et inversement, ce qui expliquerait notamment l’attraction entre les sexes. Quant à l’âme et au moi, ils ne seraient pas sexués. Le moi éternel s’incarnerait soit en homme soit en femme, en général alternativement, sauf exceptions et nécessités liées au karma. Une incarnation en tant qu’homme n’apporterait pas les mêmes expériences qu’une incarnation en tant que femme. L’homme serait plus incrusté dans la matière, davantage conduit par le cerveau et l’intellect. À l’inverse, la femme serait moins profondément incarnée. Elle resterait plus proche de l’intériorité de sa psyché, de son âme, de son monde intérieur. Selon cette vision, une vie d’homme serait la cause d’une réincarnation en femme et vice versa.




L'Amour

Pour s'élever plus haut encore dans la connaissance, il faut faire de la force de l'amour une force de connaissance. Il ne peut s'agir ici du sentiment généralement connu sous ce nom, qui est presque le seul dont on parle à notre époque matérialiste. L'amour que nous avons en vue est celui qui nous rend capable de nous sentir un avec un être qui n'est pas nous dans le monde physique, à nous sentir vraiment un avec lui, de manière à éprouver ce qui se passe en lui aussi bien que ce qui se passe en nous, et à sortir, par conséquent, complètement de nous pour revivre en lui. Au cours de la vie humaine ordinaire, l'amour n'atteint pas à ce degré auquel pourtant il faudrait qu'il s'élève pour devenir un pouvoir de connaissance.





En conclusion, l’œuvre de Rudolf Steiner est bien plus qu’un simple courant de la théosophie, et elle n’a même plus qu’un lointain rapport avec ce qu’on entend par "théosophie" au sens moderne du terme. Son rayonnement en Europe et dans le monde est tout de même le signe que quelque chose opère qui est de l’ordre de l’esprit, qui nous tire réellement vers En-Haut.





« Nous comprendrons le monde quand nous nous comprendrons nous-mêmes,
parce que nous sommes, lui et nous, des moitiés intégrantes.
Enfants de Dieu, germes divins nous sommes.
Un jour, nous serons ce que Dieu est. »



Rudolf Steiner




sources:
étoiles 1 http://thomassonjeanmicl.wordpress.com/2011/06/26/antroposophie-rudolf-steiner/
étoiles 1 http://www.planete-revelations.com/t8272-rudolf-steiner-et-l-anthroposophie
étoiles 1 http://editionsear.com/pourSiteEAR/Steinerdixiten1911.pdf

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Message par obsidienne le Jeu 24 Déc - 23:44

La vision du monde d'après Rudolf Steiner

D'après la vision du monde issue des recherches occultes de Rudolf Steiner :

http://www.the-savoisien.com/blog/index.php?post/La-vision-du-monde-d-apres-Rudolf-Steiner
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Message par obsidienne le Ven 25 Déc - 22:41

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Message par obsidienne le Ven 25 Déc - 22:45

Théosophie

Etude sur la connaissance suprasensible et la destiné humaine.

Rudolf Steiner

Version PDF

http://anthroposophie.doc.pagesperso-orange.fr/pdf/Theosophie_RS_EP_1923.pdf
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Message par obsidienne le Ven 25 Déc - 22:53

GOETHEANUM

Société anthroposophique 2009-2010

https://www.goetheanum.org/fileadmin/_migrated/content_uploads/JB2009_FR.pdf

Coordination internationale de la médecine anthroposophique / IKAM
Rapport annuel d’activité 2011 – Manifestations, perspectives 2012

Section médicale

http://www.medsektion-goetheanum.org/EYED2/files/file/FR_Jahresbericht_2011.pdf
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Message par obsidienne le Ven 25 Déc - 22:57

La médecine anthroposophique

Weleda

http://www.weleda.fr/le-laboratoire/histoire/anthroposophie#

http://www.apma.fr/med2.html

Inciter l’organisme à se guérir lui-même

Dans la mesure du possible, il faut utiliser pour le traitement médicamenteux des substances naturelles et des préparations aptes à soutenir l’autorégulation de l’organisme physique au sein de la structure psycho-spirituelle, en ne faisant appel aux médicaments conventionnels – qui n’ont qu’une action symptomatique – que si les forces d’autoguérison sont insuffisantes. Les thérapies artistiques, l’eurythmie curative, le travail biographique, les soins anthroposophiques et les diverses branches de la médecine anthroposophique font de celle-ci un système moderne de médecine humaine, reposant à la fois sur l’approche scientifique de la nature et sur la science de l’esprit.

http://www.fondsgoetheanum.ch/fr/campagnes/medecine-therapies-et-soins/la-medecine-anthroposophique-efficace-economique-adequate.html
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Message par obsidienne le Ven 25 Déc - 23:18

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Message par obsidienne le Jeu 28 Jan - 23:38

http://www.rentrer.fr/archives/2012/08/11/24732846.html

RUDOLF STEINER



Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol. XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p. 577-595. ©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
Ce document peut être reproduit librement, à condition d’en mentionner la source.

RUDOLPH STEINER (1861-1925)

Heiner Ullrich1

Les idées réformatrices de Steiner ont aujourd’hui, dans de nombreux domaines, éducation, médecine, agriculture et arts plastiques, notamment, un impact pratique tout à fait extraordinaire. Sur le plan théorique, en revanche, ses écrits n’ont suscité, de la part des milieux scientifiques et philosophiques, que peu d’intérêt et encore moins remporté l’adhésion. Cela étant, sa pensée soulève des controverses passionnées parmi ceux qui la connaissent. Alors que ses partisans y adhèrent sans réserve, les chercheurs universitaires en font un sujet de polémique et la critiquent en bloc. Il n’y a pas de juste milieu dans l’appréciation des idées de Steiner.

Cela tient tout d’abord à la diversité et à l’hétérogénéité et à l’importance de son œuvre littéraire et rhétorique2, ainsi qu’à l’impossibilité de l’appréhender dans son intégralité ; son style, souvent étrange et ésotérique, constitue un obstacle quasi insurmontable pour l’analyse scientifique et philosophique. En outre, il n’existe à ce jour aucune biographie critique de Steiner, celles que l’on trouve s’apparentant plus ou moins à l’hagiographie2 : pour ne pas nuire à son prestige, elles passent sous silence les nombreuses influences intellectuelles qui l’ont marqué et ses faiblesses de caractère, et s’arrangent pour présenter comme un tout harmonieux une vie personnelle et professionnelle caractérisée par d’évidentes discontinuités. Nous nous bornerons, dans cet article, à exposer brièvement les principaux faits indiscutables de sa vie et ses grands principe les plus accessibles qui fondent son approche de l’éducation.

Fils d’un employé des chemins de fer autrichiens, Rudolf Steiner naît le 25 février 1861 à Kraljevec (Croatie). Après avoir fréquenté l’école secondaire (pas de latin ni de grec), il étudie les mathématiques, l’histoire naturelle et la chimie à l’École supérieure technique de Vienne de 1879 à 1883 en vue de devenir professeur de l’enseignement secondaire général. Toutefois, il ne termine pas ces études et s’attache plutôt à approfondir ses connaissances littéraires et philosophiques. A l’expiration de sa bourse, il travaille de 1884 à 1890 comme précepteur et éducateur d’un enfant handicapé dans une famille juive de la grande bourgeoisie viennoise. Philosophe dilettante et autodidacte, il entreprend entre 1882 et 1897, à l’instigation de son professeur de littérature et mentor intellectuel Schroer, l’édition et le commentaire des œuvres scientifiques de Johann Wolfgang Goethe (1749-1832). A partir de 1890, il travaille, en tant que collaborateur indépendant, aux Archives Goethe et Schiller de Weimar (Allemagne). Ses premiers écrits, et notamment son œuvre principale Der Philosophie der Freiheit [La philosophie de la liberté] (1894), sont l’aboutissement de ses efforts pour donner une explication philosophique systématique du mode de pensée objectif en même temps qu’idéaliste de Goethe. En 1891, il passe en tant qu’étudiant libre son doctorat en philosophie à l’Université de Rostock (Allemagne) en soutenant une thèse ultérieurement qui deviendra ultérieurement une de ses œuvres majeures, Wahrheit und Wissenschaft [Vérité et science].

En 1897, une fois terminés ses travaux d’édition, Steiner va s’établir à Berlin. Il travaille comme rédacteur, écrivain, conférencier et chargé de cours et participe aux activités des milieux littéraires bohèmes d’avant-garde, du mouvement ouvrier et des réformateurs religieux. En 1900, il donne un cycle de conférences à la « Bibliothèque théosophique » occultiste, où il rencontre Marie von Sivers qui deviendra plus tard sa seconde femme. De 1902 à 1913, il assume, en qualité de

1

secrétaire général, la direction de la section allemande de la Société théosophique dont le porte- parole international était Annie Besant. En tant que chef de file d’un mouvement de renouveau spirituel le « Docteur Steiner » déploie alors une immense activité, multipliant conférences et voyages, comme en témoignent un nombre impressionnant de comptes rendus sténographiques de conférences (plus de 6.000) et près de trente monographies.

En 1913, Steiner rompt avec Annie Besant, en raison, essentiellement, de divergences d’opinion sur l’interprétation ésotérique de la vie du Christ, et fonde avec la majorité de ses partisans allemands la Société anthroposophique dont le siège se trouve aujourd’hui encore au « Goetheanum » de Dornach, près de Bâle (Suisse), dont il avait lui-même dessiné les plans. En tant que fondateur charismatique d’une communauté idéologique entièrement axée sur lui, Steiner développe au cours des vingt dernières années de sa vie, dans d’innombrables cours et conférences donnés dans toute l’Europe, un programme de réforme spirituelle dans les domaines de l’art, de l’éducation, de la politique et de l’économie, de la médecine, de l’agriculture et de la religion chrétienne.

L’ambiance révolutionnaire qui règne dans l’Allemagne vaincue des années 1918-1919 lui offre l’occasion de mettre en pratique ses idées sur l’éducation dans une nouvelle école. Le 7 septembre 1919, il inaugure solennellement pour 256 élèves issus essentiellement de familles ouvrières travaillant à la fabrique de cigarettes Waldorf-Astoria de Stuttgart (Allemagne), la première « Libre École Waldorf », établissement d’éducation mixte du primaire et du secondaire. Il faut replacer sa réforme pédagogique dans le contexte de l’utopie radicale de « structuration tripartite de l’organisme social » qu’il avait lui-même proclamée : la création spontanée de nouveaux établissements dotés d’une constitution autonome (jardins d’enfants, écoles et collèges) ainsi que l’organisation coopérative d’entreprises économiques doivent permettre de parvenir à une stricte séparation entre la vie culturelle et économique d’un côté et le système politique étatique de l’autre.

Le programme politique de « liberté de la vie spirituelle » et « d’économie associative » défini par Steiner a échoué ; ses écoles en revanche ont été une réussite. Lorsqu’il meurt à Dornach, le 30 mars 1925, en laissant inachevée la rédaction de son autobiographie, la première promotion d’élèves de l’École Waldorf prépare le baccalauréat.

Le « Goethéanisme »

La perception intérieure du monde spirituel et la spiritualisation de tous les domaines de la vie constituent le thème central de l’œuvre de Steiner. A dix-neuf ans déjà, Steiner souffre de la démythification du monde due à l’économie, la technique, les sciences naturelles et la philosophie critique. Au plus profond de son être persiste au contraire la certitude, courante en d’autre temps, de l’existence d’un univers spirituel. Au début de ses études, censément en sciences naturelles, il écritàunami:

« L’année dernière je me suis efforcé de comprendre si Schelling a raison de dire qu’il existe en chacun d’entre nous ‘une merveilleuse faculté cachée, au-delà de l’instabilité du moment, de se retirer au plus profond de soi-même pour y observer ce qu’il y a d’éternel en nous dans sa forme immuable’. Je pensais et pense encore avoir indubitablement découvert en moi cette faculté intérieure. Il y a d’ailleurs longtemps déjà que je l’avais pressentie »4.

Dans ses œuvres préthéosophiques Steiner, réfutant délibérément le criticisme de Kant, qui limite l’expérience objective, s’efforce de justifier par la théorie de la connaissance cette expérience mystique solitaire. Il part au contraire du principe que par-delà les limites de la connaissance définies par Kant, tout ce qui est nécessaire à « l’explication du monde » est accessible à la pensée humaine, car il est convaincu que la pensée est, sous la forme des idées, l’essence du monde. La connaissance de soi permet de « pénétrer progressivement les fondements de l’univers ». Le spirituel s’incarne dans l’ « organisme universel » ; sa manifestation la plus haute et la plus achevée est la pensée

2

humaine car l’homme exprime le contenu de la pensée, c’est-à-dire les idées éternelles. La « perception intellectuelle » permet à l’homme de faire l’expérience directe des idées et de fusionner ainsi (à nouveau) de manière altruiste avec les fondements de l’univers. La théorie de la connaissance du jeune Steiner est donc à la fois une ontologie et une cosmogonie - un retour à la doctrine prémoderne, à la fois naïve et réaliste, du réalisme des Universaux : elle a pour but de montrer à l’homme sa mission et sa place dans le monde par le biais de la réflexion sur soi et doit lui permettre de « conquérir par le travail de la pensée ce que l’on obtenait naguère par la foi en la révélation : la satisfaction de l’esprit »5.

Le désir de réhabiliter une vision du monde objective et idéaliste explique aussi l’intérêt de Steiner pour les recherches de Goethe sur la nature : contrairement aux sciences naturelles expérimentales, basées sur l’analyse de causalité, Goethe était, dans sa morphologie idéaliste, à la recherche de l’unité universelle de la nature ; il découvrit dans ses phénomènes primitifs ou dans les archétypes du règne végétal et animal, les manifestations graduelles du spirituel qui est susceptible de s’exprimer consciemment dans le microcosme que constitue l’homme.

Ce « goethéanisme » métaphysique, avec son anthropomorphisme implicite, est la première réponse de Steiner à la question romantique fondamentale qu’il se posait : comment est-il possible de transcender intellectuellement l’intellect afin d’exprimer l’invisible dimension spirituelle ? Comme les premiers romantiques, Steiner cherche dans sa critique de la modernité, à réconcilier la science, la religion et l’art, c’est-à-dire à remythifier la culture en faisant accéder la pensée à l’expérience intuitive du « savoir originel ». Sa deuxième réponse, qui est moins philosophique et systématique que théosophique et ésotérique est « la science spirituelle anthroposophique » sur laquelle repose aussi pour l’essentiel son anthropologie pédagogique.

L’ «anthroposophie »

Steiner considère l’anthroposophie comme une forme plus large de la connaissance scientifique, qui mène du « spirituel en l’homme jusqu’au spirituel dans l’univers », comme une forme de mystique rationalisée. A la connaissance scientifique normale du monde physique, elle ajoute celle d’un monde spirituel immatériel de prime abord invisible. L’hypothèse fondamentale de Steiner est « que derrière le monde visible existe un monde invisible qui est tout d’abord caché aux sens, ainsi qu’à la pensée liée à ces sens », et « qu’il est possible à l’homme de pénétrer dans ce monde caché s’il développe certaines facultés qui sommeillent en lui »6.

La seconde hypothèse est que tout un chacun peut, en entraînant son « organe de la connaissance » à la méditation, acquérir les facultés lui permettant d’accéder aux mondes supérieurs : « l’être humain s’élève à la connaissance des mondes supérieurs lorsqu’en dehors du sommeil et de la veille, il accède à un troisième état de conscience »7 où toutes les impressions sensorielles sont éliminées alors même qu’il conserve toute sa conscience. Au cours de son apprentissage, l’élève spirituel abandonne la forme conceptuelle figée de la pensée ordinaire et franchit les phases imaginative et inspirée pour atteindre le stade intuitif de la « vision claire et exacte ». Une fois devenue une enveloppe vide, l’âme se répand dans l’univers tout entier, ne fait plus qu’un avec lui, sans pour autant perdre sa propre individualité8. L’ «organe de la connaissance » est alors ouvert à l’expérience de la « logique vivante » du monde spirituel et de son ordre cosmique. Les lois fondamentales de ce monde spirituel occulte sont les processus de la réincarnation, du karma et la corrélation entre le macrocosme et le microcosme.

D’après Steiner, le fonctionnement de ces lois explique pleinement l’évolution de l’univers et le cours de la vie de chacun. Pour lui et pour ses adeptes, l’univers et l’homme ont une seule et même origine première spirituelle ; par le biais de l’incarnation en sept âges planétaires ou de la réincarnation en d’innombrables vies, le monde et l’homme s’élèvent de nouveau jusqu’au spirituel. La cosmogonie de Steiner a la forme fondamentale du mythe gnostique : chute hors de l’esprit

3

universel et asservissement à la matière, élévation de l’âme et du monde jusqu’à l’autorédemption dans une nouvelle fusion avec la source divine et spirituelle qu’ils portent l’un et l’autre en eux. L’homme moderne vit au quatrième stade planétaire de développement de la terre, caractérisé par l’expérience de l’individuation et de la respiritualisation. Il est utile à ce stade de croire en Jésus- Christ, que Steiner ne considère pas d’abord comme un personnage historique mais comme un « être solaire » cosmique qui, en tant que réincarnation conjointe de l’esprit de Bouddha et de Zarathoustra, en représente la sagesse religieuse. Avec sa mort sacrificielle, ces « forces » se sont répandues dans le monde ; depuis, elles aident l’homme à retrouver, au sein d’une civilisation matérialiste séculière, le chemin du monde de l’esprit 9

Il existe donc en chaque homme un noyau spirituel qui descend des mondes spirituels avant la naissance pour s’unir à son « enveloppe » physique et psychique ; il s’en sépare à nouveau au moment de la mort pour se réincarner dans une autre vie terrestre. Lors de sa réincarnation suivante, et du fait de son karma, c’est-à-dire l’enchaînement des vies successives, âme fait l’expérience de la récompense ou de la punition pour les pensées et les actes de la vie antérieure, tout comme dans la doctrine boudhiste de la sagesse.

Dans l’anthroposophie de Steiner, la loi de la réincarnation entraîne une compréhension radicalement différente de la mort et de la naissance et de l’expérience historique et sociale. Chez le nouveau-né, nous rencontrons, en tant que parents un être primitif et unique doté de dispositions innées encore inconnues, qu’il n’est pas encore capable de manifester sous sa nouvelle forme physique. L’éducation devient un moyen d’aider à l’incarnation, de soutenir et d’harmoniser la croissance de l’être spirituel pour qu’il prenne sa forme physique qui est génétiquement et spirituellement déterminée et qui porte dès avant la naissance l’empreinte du karma. Là où l’on parlait jusqu’alors de « hasard » pour expliquer les événements de la vie, existe en réalité un réseau de « dettes » non acquittées et de relations remontant à des existences antérieures.

La deuxième loi du monde spirituel est l’analogie microcosmique : l’homme est le monde à échelle réduite, un microcosme, et le monde est l’homme à grande échelle, le « macroanthrope ». La hiérarchie des divisions de la nature - règne minéral, règne végétal, règne animal et espèce humaine – représente un ordre ascendant vers la spiritualité ; l’être humain, qui est le couronnement de la création, réunit en soi les quatre formes d’existence ou « forces cosmiques actives ». De la doctrine de l’être découle également une doctrine de l’évolution (ou plus exactement de l’émanation) : animaux, plantes, minéraux se sont progressivement séparés de l’être humain avec lequel ils ne faisaient qu’un ; ils lui demeurent cependant étroitement apparentés. Le monde minéral est pour ainsi dire la partie solide de l’homme qui est restée au stade saturnien de développement de la terre ; les plantes proviennent de la partie végétative éthérique de l’homme, qui est restée au stade solaire, et les animaux enfin du corps humain du stade lunaire, déjà doté d’une âme animale, mais qui n’est pas parvenu à aller plus loin dans le processus d’incarnation de l’esprit 10.

Ces différents règnes de la nature qui ont été éliminés du processus d’évolution de l’homme se retrouvent aujourd’hui face à lui - non pas comme des éléments étrangers, mais comme des êtres étroitement apparentés. La médecine homéopathique et la thérapeutique naturelle de Steiner, ainsi que l’enseignement scientifique et écologique des écoles Steiner, se fondent sur cette doctrine primitive, prémoderne, de l’unité du Cosmos. Dans l’optique anthroposophique, la nature de l’homme est présentée comme la combinaison génétique de quatre sortes de forces ou éléments cosmiques : le « corps physique », seul visible, soumis aux lois mécaniques du règne minéral ; deuxièmement, le corps « surnaturel » ou corps de vie, caché, dans lequel opèrent les forces de la croissance et de la reproduction, comme dans le règne végétal ; troisièmement, le corps « astral » occulte, ou corps sensible, qui recèle les forces animales que sont les pulsions, les désirs, et les passions, et quatrièmement, le corps humain individuel qui se réincarne, et qui ennoblit et purifie les trois autres éléments11.

Pour l’anthroposophie considère ces quatre « corps », entités ou champs de force permettent essentiellement de comprendre l’homme et l’univers ; de nombreux phénomènes sont

4

attribués à l’action du chiffre « 4 », par exemple les quatre éléments, les quatre saisons, les quatre tempéraments, les quatre stades de la connaissance, etc., ce qui les explique en apparence12. Dans ses ouvrages ultérieurs, Steiner ajoute à cela une structure tripartite de la nature humaine fondée sur l’ancienne triade spirituelle : pensée, sentiment, volonté.

Revenons un instant en arrière : la pensée romantique de Steiner qui a commencé, en tant que théorie de la connaissance faisant référence à Fichte et Schelling, par une auto-intuition intellectuelle de la pensée, a abouti à une conception anthroposophique occulte du monde assorti d’une nouvelle mythologie. De la réflexion sur la pensée, on passe à l’hétéronomie d’une unité magico-mythique du monde dans laquelle le corps humain devient un élément du processus de salut.

Le paradoxe de l’anthroposophie est de déclarer comme scientifique ce qui n’est en vérité qu’un mythe de deuxième ordre. Présence universelle du spirituel, symbolique des chiffres, magie de l’analogie, la « logique vivante des images » de Steiner est une tentative de réhabilitation de la pensée mythique13 et de la vie rituelle dans une civilisation dominée par la science.

Les fondements anthropologiques de l’éducation

Steiner définit les grands principes de sa théorie de l’éducation entre 1906 et 1909 sur un mode qui semble de prime abord naturaliste : « C’est de la nature de l’être humain en devenir que se dégageront comme d’eux-mêmes les points de vue à partir desquels on peut éduquer»14. Cependant, au lieu de fonder, comme Dewey et Montessori par exemple, sa nouvelle pédagogie sur la psychologie empirique de l’enfant, qui venait tout juste de voir le jour, Steiner la bâtit entièrement sur son anthropologie spiritualiste cosmique : « Pour connaître la nature de l’homme en devenir, il faut avant tout se fonder sur l’observation de la nature cachée de l’être humain »15. Pour Steiner le « goethéaniste », l’homme est un microcosme au sein duquel opèrent toutes les forces ou idées qui déterminent les degrés ascendants de la nature. Il considère le développement de l’enfant et de l’adolescent comme un processus de croissance et de métamorphose au cours duquel se développent progressivement et successivement les forces cosmiques végétatives d’abord, puis les forces animales et enfin les forces intellectuelles. Selon Steiner, le drame de la crise, de la métamorphose et de la renaissance se reflète dans la transformation physique de l’enfant qui obéit au rythme cosmique de sept ans.

A la fin de la première période de sept ans, les forces « surnaturelles » de croissance ont achevé de construire l’organisme de l’enfant, depuis la pointe des pieds jusqu’à la nouvelle dentition ; ces forces physiques sont désormais « nées », c’est-à-dire qu’elles se métamorphosent en forces d’apprentissage, et l’enfant développe ses sens intérieurs - il est prêt à aller à l’école. Au cours des sept années suivantes, les forces « astrales » encore cachées de l’âme modèlent le monde des pulsions, des passions et des sentiments. Celles-ci se libèrent au moment de la puberté et se métamorphosent en capacité de pensée abstraite et de jugement. Elles aident les forces cachées du moi à atteindre la maturité intellectuelle et sociale qui intervient à la fin de la troisième période de sept ans, au moment de la naissance du moi.

C’est donc dans cette perspective que Steiner conçoit l’évolution au sens platonicien de processus d’ascension rigoureusement continu : les sens extérieurs se forment en premier grâce aux activités d’imitation, puis les sens intérieurs grâce à l’imagination créatrice et les différentes catégories du jugement grâce à la pensée propre, enfin une vision du monde grâce à la réflexion sur soi-même. Pour Steiner le théosophe, la formation de l’élève est en même temps un processus de réincarnation. Un « moi » spirituel éternel descend prendre possession de son nouveau corps et le modèle, également selon un rythme de sept ans, depuis la tête jusqu’aux mains en passant par le cœur. Au début de la troisième période du cycle de sept ans, le « moi » spirituel a ainsi pris possession du tout corps entier, jusqu’aux extrémités. La spiritualisation de l’âme et du monde conceptuel peut alors commencer.

5

Les concepts d’évolution et de personnalité sont les deux piliers de l’anthropologie pédagogique de Steiner. Sa conception de la personnalité est, elle aussi, en opposition avec la recherche en psychologie de l’époque qui suivait une voie empirique : il renouvelle, sur fond de spiritualisme, la vieille doctrine européenne des quatre tempéraments. Selon lui, on doit pouvoir classer le caractère particulier de chaque être dans l’un des types de tempérament définis dans l’Antiquité par Galien : mélancolique, flegmatique, sanguin et colérique. Chacun de ces quatre tempéraments représente un type psychophysique complet que l’on reconnaît psychologiquement par le type de stimuli auquel chaque individu est le plus réceptif, et physiquement par la forme du corps.

Pour Steiner, un tempérament donné tient à la prépondérance de l’une des quatre forces cosmiques (physique, surnaturel, astrale ou spirituelle) au cours de la réincarnation 16. L’une des tâches essentielles de l’éducation consiste donc à équilibrer harmonieusement les tendances du tempérament en évitant que l’une d’elles ne prédomine.

La conception de l’éducation que défend Rudolf Steiner n’a ni fondement éthico- philosophique (comme par exemple chez Kant et Herbart), ni dimension socioculturelle (comme chez Durkheim et Dewey) ni origine empirico-psychologique (comme chez Claparède et Montessori). Elle découle de la néomythologie anthroposophique et possède un caractère métaphorique. A la lumière de la notion de microcosme, l’éducation apparaît comme une croissance et une métamorphose, l’enseignant étant le « jardinier » et celui qui « modéle ». De la foi en la réincarnation découle l’image de l’éducation en tant qu’auxiliaire de l’incarnation et éveil spirituel, l’éducateur devenant prêtre et directeur spirituel ; de la doctrine des tempéraments découle la mission pédagogique d’harmonisation, l’éducateur étant alors perçu comme un thérapeute. Avec ses métaphores organiques du « laisser grandir » l’enfant et celles de la guérison, ainsi que sa métaphore religieuse de l’éveil, avec ces « vérités à faire », Steiner a créé les instruments dont les enseignants et les éducateurs de ses écoles et de ses jardins d’enfants se servent encore de nos jours.

La physionomie de l’Éducation nouvelle

Pendant une dizaine d’années, les idées de Steiner sur l’éducation restent pendant 10 ans pure rhétoriques. C’est seulement en 1919, année de la révolution allemande, à l’apogée du mouvement international pour une éducation nouvelle (« Pédagogie réformée »), que Steiner, l’autodidacte en la matière, fonde une nouvelle école. C’est alors qu’il intègre dans son anthropologie pédagogique, parfois en contradiction avec ses propres conceptions idéologiques, de nombreux concepts de l’époque qu’il emprunte à la réalité de l’enseignement, ne pouvant atteindre ses objectifs en utilisant simplement une formule abstraite.

Dans la pratique, les écoles et jardins d’enfants Rudolf Steiner présentent des similitudes très étroites, du point de vue historique et systématique, avec d’autres orientations du Mouvement de l’éducation nouvelle, surtout en ce qui concerne leur structure et leur organisation, restées pratiquement inchangées jusqu’à aujourd’hui :

Ce sont des établissements autonomes sur le plan économique et sur celui des programmes,

pédagogiquement centrés sur l’enfant, où parents et enseignants œuvrent ensemble dans

l’intérêt de l’épanouissement de celui-ci.

Les jardins d’enfants Rudolf Steiner se caractérisent par une atmosphère familiale avec des

éducateurs de type maternel. Ils ont pour principaux objectifs de développer les sens par l’imitation et de faire l’expérience de la collectivité tout au long d’une évolution marquée par les rythmes de la vie. C’est à cela que servent les deux heures quotidiennes de jeux libres avec des matériaux naturels et l’importance particulière accordée à la formation artistique et à la méditation sur la religion de la nature.

Les écoles Rudolf Steiner sont des établissements regroupant le primaire et le secondaire ; 6

les élèves, répartis en classes d’âge stables de la première à la douzième année de scolarité, étudient ensemble sans jamais être notés ni redoubler. Au lieu de remplir un carnet de notes officiel, les enseignants rédigent chaque année, en termes libres, un compte rendu décrivant les caractéristiques ou les résultats que l’élève a obtenus. Le développement génético- organique de l’enfant est la principale considération qui doit guider le choix des programmes d’études et des méthodes pédagogiques.

L’instauration d’un équilibre entre activités cognitives, artistico-affectives et technico- pratiques en salle de classe et dans la vie scolaire doit permettre de former la personnalité de l’élève dans son intégralité. Les activités pratiques, qu’elles soient de type horticoles, agricoles, artisanales ou industrielles, doivent permettre à l’élève de s’ouvrir à la vie pratique.

Pendant les huit premières années de scolarité, l’enseignant se considère avant tout comme un éducateur. Il a, en qualité de maître (professeur principal), la charge de la même classe pendant huit ans ; dans le cadre d’un enseignement « par périodes », il enseigne chaque jour pendant deux heures les matières principales traditionnelles, en consacrant quatre semaines à chacune d’elles. Il n’utilise pas de manuel standard, les « cahiers de période » préparés par les élèves eux-mêmes constituant le matériel pédagogique principal. Deux langues étrangères modernes sont étudiées dès la première année sous forme de jeux, conversations et récitations.

Les écoles Rudolf Steiner n’ont pas de directeur ; les problèmes d’organisation et les problèmes pédagogiques y sont gérés collégialement au cours de conférences hebdomadaires. Elles sont regroupées à l’échelon mondial au sein de la Fédération des libres écoles Waldorf, dont le siège est à Stuttgart, Allemagne, qui subventionne la création de nouvelles écoles Rudolf Steiner et, surtout, organise ses propres cours de formation pédagogique, fondée sur l’anthropologie de Steiner.

Ces caractéristiques structurelles conduisent généralement tous les observateurs, qu’il s’agisse de parents, de spécialistes de l’éducation ou de responsables politiques de l’éducation, à considérer, avec raison, les écoles Waldorf avant tout comme un modèle pratique d’éducation nouvelle. Sur le plan historique, il existe - la seule date de fondation (1919) en témoigne déjà - une étroite parenté entre ces écoles et les « Écoles de vie communautaire » qui se sont simultanément développées à Hambourg dans le cadre des écoles expérimentales des années 1920 et de leur synthèse, les écoles du Plan de Jéna Petersen créées en Allemagne, par Peter Petersen, qui en sont la synthèse.

Ce qui caractérise les écoles Steiner et les écoles du Plan de Jéna en tant qu’établissements autonomes d’éducation mixte ayant l’enfant pour motivation principale, c’est leur atmosphère de type familial, l’attention extrême qu’on y porte à la vie scolaire, les jardins, ateliers et les cours pratiques qui viennent compléter l’enseignement en classe, le souci qu’on y a du bien-être physique et spirituel des élèves, l’accent qu’on y met sur l’éducation musicale et un rythme de vie scolaire marqué par des fêtes et cérémonies. Les parents sont étroitement associés à la vie scolaire ; les enseignants se considèrent avant tout comme des accompagnateurs du développement de l’enfant ; tout compromis avec le souci bureaucratique de sélection et avec le système étatique de notes et de certificats y est mal vu. Ce qui, parmi les initiatives de l’éducation nouvelle, donne aux écoles et jardins d’enfants Rudolf Steiner leur profil particulier c’est l’importance qui y est accordée (i) à la direction pédagogique (maître ; cours magistral) ; (ii) à l’expérience artistique et religieuse (contes, textes sacrés, eurythmie, etc.) ainsi qu’à (iii) l’organisation systématique, quasiment rituelle, de l’éducation et des cours.

L’éducation en tant qu’intégration au cosmos

Dans la pratique, l’éducation selon Steiner ne laisse rien au hasard. Une structure rythmique est délibérément appliquée à tous les aspects de la réalité pédagogique - espace, temps, environnement

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social et matériel. L’activité pédagogique tout entière apparaît de ce fait intégrée à un ordre cosmique tel un événement rituel.

L’architecture des écoles Rudolf Steiner qui évite l’angle droit, crée un monde en miniature dont l’organisation reflète la structure cosmique de l’univers. Les élèves et les enseignants pénètrent dans l’école, comme dans un lieu de culte, par un hall grandiose ; là ils se réunissent sous un même toit pour former une congrégation qui se rassemble dans la salle de cérémonie pour les fêtes selon le rythme cyclique des quatre saisons. Comme une cathédrale du Moyen-Âge, le bâtiment scolaire doit, par son plan, ses proportions, son acoustique, ses coloris, ses motifs picturaux, l’incidence de la lumière et son orientation par rapport aux points cardinaux, s’efforcer de favoriser l’élévation de l’âme17. Dans les salles de classe, par exemple, la couleur murs se « développe » de la première à la huitième année de scolarité en suivant les couleurs du spectre, passant ainsi du rouge au jaune, puis au vert, au bleu et au violet ; de même, les éléments qui décorent les classes suivent, eux aussi, l’évolution du matériel de lecture utilisé dans les programmes scolaires des écoles Waldorf, depuis les contes de fées jusqu’à la littérature moderne.

Dans les petites classes, les élèves sont placés en fonction de leur tempérament : les flegmatiques et les colériques sont assis à la périphérie, les mélancoliques et les sanguins au milieu. Pendant le cours, l’enseignant s’adresse à tour de rôle à chaque groupe en lui apportant des stimuli propres à équilibrer les tendances naturelles de ses membres.

La dimension temporelle du processus pédagogique est organisée de façon « rythmique », exactement comme pour sa dimension spatiale. Les périodes de développement de sept ans, marquées par la « naissance » des nouvelles forces de l’être, notamment au début du changement de dentition et au moment de la maturité sexuelle, en constituent le cadre général. Comme indiqué précédemment, chaque période de sept ans s’adresse à une « partie » différente de la personnalité de l’élève en allant pour ainsi dire progressivement de l’extérieur vers l’intérieur; à chacune correspond une méthode différente d’apprentissage et d’enseignement, depuis l’activité extérieure d’imitation jusqu’à la pensée abstraite autonome en passant par la représentation intérieure. (Contrairement à son modèle Comenius, Steiner subdivise en outre chaque période de sept ans en trois périodes de deux années et un tiers chacune). Pendant l’année, le début des quatre saisons est souligné par des fêtes particulières concordant avec les grands moments de l’année religieuse (chrétienne), auxquelles on se prépare en classe en étudiant les légendes correspondantes. Le rythme mensuel est créé par le découpage des matières principales en période de quatre semaines et par des fêtes ou cérémonies au cours desquelles les élèves présentent à toute l’école rassemblée les résultats de leur apprentissage. Le rythme de la semaine est ponctué par le retour de la récitation du verset que le maître rédige à l’intention de chaque élève des petites classes (de la première à la huitième année) et inscrit dans son « témoignage » (bulletin) et que chacun d’entre eux doit réciter le matin au début des cours, le jour de la semaine où il est né ; en outre, les cours de dessin et de peinture ont toujours lieu le samedi et les réunions pédagogiques le jeudi après-midi et soir. Le rythme quotidien veut que les disciplines à caractère plutôt théorique soient successivement enseignées chaque jour avant les activités artistiques et pratiques. Enfin, chaque heure de cours est en général conçue de manière à ce que la première phase rythmique s’adresse à la volonté de l’enfant, la seconde à ses sentiments et la conclusion, plus calme, à sa pensée.

L’environnement social de l’élève est nettement séparé en deux zones, celle toute proche où évolue le maître, omnipotent, qui est avant tout un éducateur, et celle plus éloignée où évoluent les professeurs spécialisés qui ne font qu’enseigner certaines disciplines.

Le maître, perçu comme détenteur de l’autorité, enseigne toutes les disciplines traditionnellement importantes, dispensant un « enseignement formateur du caractère », au sens qu’Herbart donne au mot, du type narratif moralisateur, devant servir d’exemple et fondé sur la reproduction par l’élève, sous forme picturale ou écrite, du monde iconographique ou linguistique avec lequel il a ainsi été familiarisé. Le maître rédige chaque année un rapport pédagogique ou « témoignage » dans lequel il dépeint le caractère de l’enfant en se fondant sur le sentiment intime

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qu’il a de sa nature. Au début de la troisième période de sept ans, commence le second cycle du secondaire, qui dure quatre ans et qui est marqué par le passage sans transition à un système exclusivement établi sur le principe de l’enseignement spécialisé, c’est-à-dire par le passage de la primauté de l’individu et de l’image à la primauté de l’objet et du concept.

Là encore, nous avons affaire à un « cosmos organisé » selon un ordre systématique qui découle du concept de concentration pédagogique et de classification génétique des thèmes ou de la teneur des cours. La pédagogie de Steiner se rattache ici au système des « phases culturelles » d’Herbart et de ses disciples, en le replaçant dans son propre contexte anthropologique. Dans ce « programme pédagogique « , l’étude des époques de l’histoire humaine est synchronisée génétiquement avec les étapes du développement de l’enfant.

A chaque niveau d’âge, un matériel narratif spécifique doit servir de base pour l’ensemble de l’enseignement dispensé pendant l’année scolaire. On commence en première année avec les contes, les fables et les légendes, puis on passe à l’histoire de l’Ancien Testament, aux mythes et récits héroïques locaux, à la mythologie et à l’histoire grecques et romaines, au Moyen-Âge et à l’ère des grandes découvertes ou de la réforme, pour arriver en huitième année à l’histoire de la culture moderne. Dans les écoles Steiner, on retrouve cette classification « organique » dans toutes les disciplines, jusque et y compris dans l’éducation musicale et les travaux manuels. L’exemple de l’enseignement des sciences naturelles montre bien qu’il est possible, sur la base de ce principe génétique, de dispenser un enseignement moderne de l’écologie. Dans les écoles Steiner, les cours de sciences naturelles commencent pour ainsi dire par faire appel aux sentiments de l’enfant de six à neuf ans, qui vit encore dans un état d’union magico-animiste avec la nature ; des formes narratives imagées doivent permettre de préserver le plus longtemps possible un sentiment fondamental de sympathie avec les manifestations de la nature.

L’enfant, dont la pensée est à la fois naïve et réaliste, commence à partir de la troisième année à observer les éléments de l’environnement naturel : partant de la notion anthroposophique d’unité universelle, le monde animal est considéré comme le prolongement de l’homme ou l’homme comme la synthèse du règne animal, tandis que le monde végétal est perçu comme la manifestation visible et active, de l’âme de la Terre. Le sentiment de l’unité cosmique et l’observation de l’analogie morphologique entre tous les êtres vivants sont renforcés par un apprentissage des soins à donner à la nature : depuis l’aménagement et l’entretien du jardin de l’école jusqu’aux activités pratiques d’agriculture et de sylviculture biologiques en passant par les cours d’horticulture. Le sentiment de responsabilité commune envers la nature ne doit pas être induit de façon théorique mais trouver son accomplissement dans une occupation active, l’élève se pénétrant de la profonde interdépendance entre l’homme et la nature grâce à son expérience personnelle.

C’est seulement à partir de la septième année d’études que, partant du monde des solides, l’élève est progressivement initié à l’analyse causale du « savoir dominant » de la physique moderne. L’enseignement des sciences naturelles dans les écoles Rudolf Steiner est donc en même temps une éducation environnementale « globale » Il constitue une tentative pour préserver aussi longtemps que possible chez l’élève le sentiment du lien entre l’homme et la nature ou, de le restaurer par un savoir acquis lorsqu’il parvient aux stades ultérieurs de la réflexion. Compte tenu de ces objectifs, il a indubitablement des points communs systématiques avec les actuelles contributions de la philosophie de la nature au problème de l’éducation environnementale.

Pour résumer, la pédagogie pratique des jardins d’enfants et écoles Rudolf Steiner ressemble, beaucoup, à première vue aux initiatives du Mouvement de l’éducation nouvelle qui lui sont contemporaines, car tous les objectifs et les mesures pédagogiques tendent uniquement à favoriser la « croissance » de la personnalité de l’enfant et de l’adolescent. Ce qui les distingue des autres établissements appartenant à ce mouvement, c’est l’importance particulière qu’elles accordent à la systématisation et à la ritualisation spatiales, temporelles et conceptuelles de la pratique éducative et pédagogique.

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Contrairement à ce qui se passe dans le monde largement démythifié et pluraliste de l’école publique, l’éducation et l’enseignement y retrouvent une dimension culturelle, c’est-à-dire à la fois esthétique, morale et enfin religieuse. Cette orientation métaphysique de la pédagogie steinérienne découle directement de la vision antimoderniste du monde qui caractérise l’anthroposophie.

Un succès retentissant

Dans le monde de l’enseignement, on assiste à un phénomène particulièrement frappant : la popularité croissante des écoles et jardins d’enfants Rudolf Steiner. Marginaux il y a peu de temps encore, ils sont devenus, en l’espace d’une vingtaine d’années, les chefs de file du Mouvement pour une éducation nouvelle. Depuis sa création en Allemagne en 1919, le modèle d’école Steiner s’est propagé en Grande-Bretagne, au Canada, en Afrique du Sud et en Australie puis dans les métropoles d’Amérique latine et jusqu’au Japon, pour revenir aujourd’hui vers les États d’Europe orientale en pleine réforme. Cet étonnant succès se traduit comme suit dans les chiffres :

TABLEAU 1: Nombre d’écoles Rudolf Steiner entre 1919 et 199218

Allemagne page10image10160 page10image10360 page10image10560Europe Outre-mer Total 1919 page10image11024 page10image11224 page10image114241001 1925 page10image11824 page10image12024 page10image122244307

1938 page10image12792 page10image12992 page10image131928 8 0 16 1955 page10image13712 page10image13912 page10image1411225 8 8 41 1971 page10image14632 page10image14832 page10image1503232 42 21 95 1983 page10image15568 page10image15768 page10image1596880 page10image16200 page10image16400154 76 350 1992 page10image16904 page10image17104 page10image17304144 page10image17536 page10image17736289 149 582

Le nombre de jardins d’enfants Steiner et d’instituts de formation pédagogique « Waldorf » a augmenté parallèlement. Face à cette impressionnante prolifération d’établissements nouveaux, il convient de souligner que la création d’écoles Rudolf Steiner n’est ni planifiée par l’administration scolaire, ni le fait d’un individu mais bien plutôt le fruit d’initiatives indépendantes des parents et des éducateurs, au prix de sacrifices assez considérables en temps et en argent (frais mensuels de scolarité et dons en ce qui concerne les parents, réductions volontaires de salaires pour les enseignants et éducateurs). Ce sont principalement le refus de la sélection constante des élèves par un système de notation, la critique de l’apprentissage « scolastique » purement cognitif, une aversion pour la rigidité bureaucratique et pour le manque de transparence et l’anonymat pluraliste des grands complexes scolaires de l’enseignement public qui incitent de nombreux parents et enseignants à contribuer à la création et au développement d’écoles Rudolf Steiner.

Les parents des élèves des écoles Rudolf Steiner se recrutent essentiellement dans la classe moyenne aisée, particulièrement sensibilisée aux problèmes et aux besoins de l’enfant et souvent issue de milieux universitaires. Ce groupe trouve dans les établissements Rudolf Steiner une nouvelle forme de communauté et par là même le soutien social que les institutions traditionnelles -

église, communauté locale et famille - ne sont plus à même de leur donner. Non seulement les écoles Rudolf Steiner remportent un vif succès, mais encore les résultats des élèves qui les ont fréquentées en Allemagne sont impressionnants, comme en témoigne le seul fait que, en 1990, le pourcentage (57,5 %) de leurs élèves ayant atteint le niveau requis pour poursuivre des études universitaires ait été deux fois supérieur à celui des élèves de la même classe d’âge fréquentant des établissements publics19, et cela alors même que pendant douzeans leur travail n’avait été sanctionné par aucune note. Par ailleurs, une enquête quantitative assez ancienne, réalisée auprès d’anciens élèves (nés en 1940-1941) des écoles Rudolf Steiner en Allemagne, a fait apparaître entre les personnes interrogées et un groupe-contrôle des différences significatives : plus grande mobilité
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Message par obsidienne le Jeu 28 Jan - 23:39



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géographique et sociale, tendance plus marquée à consacrer ses loisirs à la lecture, à l’art, à la pratique de la musique, au travail manuel et à la formation permanente20. Une étude qualitative plus récente portant sur la formation d’anciens élèves d’une école Rudolf Steiner assurant à la fois une préparation universitaire et professionnelle (Hiberniaschule de Herm, en Allemagne) a permis elle aussi de constater que ces élèves étaient mieux armés pour la vie et en particulier plus qualifiés pour les tâches techniques. Ils avaient davantage confiance en eux-mêmes et s’intéressaient à davantage de choses, étaient plus ouverts aux idées nouvelles et étaient particulièrement nombreux à accepter d’assumer une responsabilité sociale21.

L’école Rudolf Steiner en question possédait toutes les caractéristiques principales d’une « bonne école » : (1) des enseignants compétents sur le plan méthodologique et soucieux de tout ce qui touche aux enfants ; (2) une approche harmonieuse et cohérente assurée par l’existence d’un consensus sur les grands principes pédagogiques, (3) une réflexion constante des enseignants sur leur propre travail lors de conférences pédagogiques et de cours de formation permanente ; (4) un sens de la continuité dû à la création d’une tradition propre. Ce profil est typique des écoles du Mouvement de l’éducation nouvelle ainsi que de nombreuses écoles Rudolf Steiner.

Toutefois, le fait que ces écoles obtiennent de bons résultats ne tient toutefois pas uniquement à leur orientation pédagogique particulière et à la forte identification des parents avec un établissement qu’ils ont eux-mêmes choisis, mais également au statut social privilégié de leur clientèle. En effet, du fait même qu’en tant qu’établissements privés, elles sont librement choisies par les parents, les écoles Steiner se trouvent involontairement investies de la tâche de perpétuer certaines distinctions et d’opérer une redifférenciation sociales. Ainsi échappent-elles d’emblée à de nombreux problèmes auxquels les écoles ordinaires, « ouvertes à tous », se heurtent inévitablement dans l’accomplissement de leurs tâches.

Un bilan contradictoire

Le débat auquel donne lieu la pédagogie de Rudolf Steiner dans les milieux spécialisés a, encore aujourd’hui, ceci de paradoxal que cette pédagogie est acceptée dans la pratique et méconnue sur le plan théorique. Alors que jusqu’aux années 80 les spécialistes de l’éducation ont, à de rares exceptions près, négligé l’œuvre pédagogique de Steiner et de ses disciples, en Allemagne par exemple, d’éminents spécialistes des programmes et praticiens de l’éducation nouvelle avaient, dès les années 20, constaté en visitant la première « Libre école Waldorf » (à Stuttgart) que l’établissement créé par Steiner était animé par le même esprit réformiste. La Ligue mondiale pour l’éducation nouvelle, fondée en 1921, n’a toutefois admis les écoles Rudolf Steiner comme membres de sa Section germanophone qu’en 1970, les tirant ainsi de 50 ans de « splendide isolement ». Entre-temps, elles sont, parmi les écoles du Mouvement de l’éducation nouvelle en Allemagne, de plus en plus nettement apparues comme la véritable alternative aux établissements publics et confessionnels.

Compte tenu de cette évolution, les milieux allemands de l’enseignement se sont depuis dix ans environ lancés dans une étude et une discussion approfondies de la pédagogie de Steiner22. Les positions sur le sujet sont extrêmement contrastées allant de l’approbation enthousiaste jusqu’à la critique impitoyable.

Les uns soulignent la pratique positive d’une éducation « complète » adaptée à l’enfant et passent sous silence l’anthropologie métaphysique de Steiner. Les autres critiquent justement sans merci cette néomythologie occulte de l’éducation et mettent en garde contre les risques d’endoctrination qui en découlent (« école où est enseignée une conception du monde ») leur insistance sur ce point les empêchant de juger impartialement les multiples facettes de la pratique steinérienne. La position des critiques idéologiques est encore confortée par l’assertion des pédagogues anthroposophes selon laquelle toutes les normes et toutes les formes de leur pratique éducative procèdent de l’anthropologie « cosmique » du maître.

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Est-il possible de résoudre ce paradoxe fondamental de la pédagogie de Steiner : la création d’une pratique fructueuse sur la base d’une théorie douteuse ? Nous estimons quant à nous qu’il ne faut pas chercher le fondement systématique de la pratique éducative étonnamment stimulante et efficace des écoles Steiner dans les « vérités » simples de la doctrine anthroposophique, mais dans la diversité des points de vue, métaphores et maximes pédagogiques sur lesquels elle s’appuie. La pédagogie de Steiner demeure fidèle aux principes de bon sens qui fondent la pédagogie moderne depuis Comenius et Pestalozzi : premièrement, le concept d’enseignement et d’apprentissage génétiques (progressivité de la formation en fonction du développement des capacités et des connaissances culturelles de l’enfant et, deuxièmement, le postulat de l’offre d’une formation « complète » (faisant appel à la tête, au cœur et à la main), troisièmement, le principe de l’apprentissage et de l’activité communautaires grâce, par exemple , au maintien, pendant toute la scolarité de classes homogènes quant à l’âge mais hétérogènes quant au niveau et à l’organisation d’une vie scolaire aux aspects multiples.

C’est sur cet ensemble de dogmes pédagogiques classiques que repose le consensus fondamental entre les enseignants, éducateurs et parents associés à la pratique éducative des établissements Rudolf Steiner. Contrairement aux autres pédagogues du Mouvement de l’éducation nouvelle (Montessori, Neill, Geheeb, etc.), dont le dogmatisme est moins affirmé, les pédagogues des écoles et jardins d’enfants Rudolf Steiner manifestent une indiscutable volonté d’orthodoxie, de prosélytisme, d’orgueil ou d’isolement sectaires, ce qui rend d’autant plus remarquable lr dialogue que d’éminents disciples de Steiner ont noué en Allemagne avec des spécialistes de l’éducation ; à cette occasion ils ont pu comparer leur conception anthropologique de la pédagogie, et les formes d’enseignement qui en découlent, avec les concept et les modèle des sciences humaines ainsi que les critères de recherche. 23

Compte tenu de la propagation de la pédagogie de Steiner dans le monde entier, même hors de la sphère culturelle européenne, et du dialogue tout juste entamé avec les spécialistes de l’éducation, il sera peut-être possible d’en adopter et d’en développer les éléments sous de nouvelles formes moins empreintes du culte de la personnalité. Enfin, la pratique de cet enseignement, avec son large éventail de possibilités d’apprentissage dans le domaine des arts, des travaux manuels, des soins à apporter à la nature et les nombreuses occasions de participer à des tâches communautaires, est beaucoup trop importante pour qu’on se contente de la laisser aux inconditionnels de Rudolf Steiner.

Notes

Heiner Ullrich (Allemagne). A étudié la littérature allemande et française, ainsi que les sciences de l’éducation aux Universités de Francfort, Fribourg, Tübingen et Heidelberg. Est devenu professeur de l’enseignement secondaire avant d’être nommé à l’Institut d’éducation de l’Université de Mayence comme spécialiste des sciences de l’éducation. S’intéresse à la théorie de l’enseignement, à l’histoire de l’éducation et aux écoles Waldorf. Citons parmi ses publications récentes : Kinder am ende Ihres Jahrhunderts : Pädagogische Perspektive [Les enfants à la fin du siècle : perspectives de l’éducation]. (dir. publ. F. Hamburger, 1991) ; et Die Reformpädagogik [Réforme de l’éducation] (1990).

Depuis 1955 les éditions Rudolf Steiner publient à Dornach (Suisse) l’œuvre complète (ouvrages et conférences) de Rudolf Steiner qui représente à ce jour plus de 350 volumes. On en trouvera un aperçu systématique dans: Hella Wiesberger: Rudolf Steiner, Das literarische und künstlerische werk eine bibliographische Übersicht [Panorama, bibliographique de l’œuvre littéraire et artistique de Rudolf Steiner], Dornach, 1961.

Les ouvrages suivants sont essentiels pour mieux connaître les idées de Rudolf Steiner. Mein Lebensgang. Eine nicht vollendete Autobiographie [L’histoire de ma vie : une autobiographie incomplète], publié par Marie Steiner, 1925, Dornach 1983 (Bib. no 28), paru en français sous le titre Autobiographie, Genève, Éditions Anthroposophiques Romandes, 1979 ; Christoph Lindenberg, Rudolf Steiner. Eine Chronik 1861-1925 [Rudfolf Steiner : l’histoire de ma vie, 1861-1925]. Stuttgart 1988 et Gerhard Wehr : Rudolf Steiner. Leben- Erkenntnis-Kulturimpuls [Rudolf Steiner, l’élan de la vie, de la connaissance et de la culture], Munich 1987.

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4 Rudolf Steiner, Briefe I 1881-1891 [Correspondance, vol. 1, 1881-1891], dir. publ. Edwin Froboese et Werner Teichert. 2e édition. Dornach 1955, p. 63.

Rudolf Steiner, Grundlinien einer Erkenntnistheorie der Goetheschen Werltanchauung, mit besonderer Rücksicht auf Schiller [L’épistémologie, dans ses grandes lignes de la conception goethéenne dumonde avec des considérations particulières sur Schiller], 1886, seconde édition revue et augmentée, 1924 ; Donarch 1960, p. 17 (Bibl. no2 ) : paru en français sous le titre une théorie de la connaissance chez Goethe. Genève, Éditions Anthropologiques Romandes, 1985, p. 19.

Rudolf Steiner, Die Geheimwissenschaft im Umriss, 1910 ; Franckfort, 1985, p. 41 (Bibl. no13 ; paru en français sous le titre La science de l’occulte, Éditions Centre Triades, 1970, p. 22-23.

Ibidem, p. 177.

8 Ibidem, p. 229.

Voir Ibidem p. 172 et suivantes.

Voir Ibidem, chapitre IV, « L’évolution cosmique et l’être humain ».

Rudolf Steiner , Die Erziehung des Kindes vom Gesichtspunkte de Geiteswissenschaft, 1907 : 9e édition,

Berlin, 1919, p. 16 : paru en français sous le titre L’éducation de l’enfant à la lumière de la science spirituelle,

5e édition revue, 1989, Éditions Centre Triades, Paris.

Voir Heiner Ullrich : Waldorfpädaogogik und okkulte Weltanschauung [La pédagogie des écoles Waldrof et la

vision du monde à paritir des sciences occultes], 3e édition Weinheim/Münich 1991, p. 163.

Voir Ernst Cassirer, Philosophie der symbolischen Formen. Zweiter Teil : das mythische Denken [Philosophie

de la forme symbolique, vol. 2, Pensée mythique] 7e édition, Darmstadt 1977.

Rudolf Steiner, Die Erziehung des Kindes [L’éducation de l’enfant], Opus cit., p. 7.

Ibidem. p. 8

Voir Rudolf Steiner, Das Geheimnis der Temperamente, 1908-1909 : Bâle, 1980, p. 20 et suiv. ; paru en

français sous le titre Tempéraments, dans : Études psychologiques, Genève, Éditions Anthropologiques

Romandes.

Voir Rex Raab, Die Waldorfschule baut : 60 jahre Architektur del Waldorfschule, Stuttgart, 1982 ; paru en

français sous le tire Bâtir pour la pédagogie Rudolf Steiner, 60 ans d’architecture pour la pédagogie Waldorf,

Genève, Éditions Anthroposophiques Romandes, 1983.

D’après les statistiques de la Fédération des Libres Écoles Waldorf, Stuttgart, Allemagne au 15 décembre

1992.

Voir Bundesministerium für Bildung und Wissenschaft (Ministère fédéral de l’éducation et des sciences) :

Grund und Strukturdaten 1991-1992 [Éléments et chiffres de base 1991-1992]. Bonn 1991, p. 84.

20 Voir Stefan Leber, Die Waldorfschule im gesellschaftlichen Unfeld. Zahlen, Daten und Erläuterungen zu Bildungslebensläufen ehemaliger Waldrofschüler [L’école Waldorf dans le contexte de la société : chiffres,

dates et explications concernant le cursus éducatif des anciens élèves des écoles Waldorf]. Stuttgart 1981.

21 Voir Luzius Gessler, Bildungserfolg im Spiegel von Bildungsbiographien, Begegnungen mit schülerinnen und schulern der hiberniaschule [Biographies sur l’éducation décrivant des réussites pédagogiques : rencontres

avec des écoliers et des écolières de l’école Hibernia]. Francfort-sur-le Main/Berne/New York/Paris 1988.

Sur ce sujet, voir par exemple Otto Hansmann (dir. publ.) : Pro und contra waldorfpädaogik. Akademische pädagogik in der auseinandersetzung mit der Rudolf Steiner pädagogik [Pour ou contre l’éducation Waldorf.

Comparaison avec l’éducation Steiner]. Würzburg 1987.

Voir Heiner Ullrich, «Kleiner Grenzverkehr: Über eine neue Phase in den Beziehungen zwischen

Erziehungswissenschaft und Waldorfpädagogik» [Mouvements aux frontières: une nouvelle phase des relations entre les sciences de l’éducation et l’enseignement dispensé dans les écoles Waldorf]. Pädagogische Rundschau (Francfort-sur-le Main), no 46 (1992), p. 461-480.

Œuvres de Rudolf Steiner relatives é l’éducation

Dans l’ordre chronologique

A l’exception de quelques essais, les déclarations de Rudolf Steiner relatives à l’éducation se présentent sous forme de conférences. Ses conférences sur l’éducation et l’école figurent dans ses œuvres complètes (voir note 1, bibliographie no 293-311). Les principaux ouvrages publiés sont les suivants :

1907- Die Erziehung des Kindes vom Gesichtspunkte de Geiteswissenschaft, Donarch, 1978. Die Erziehung des Kindes vom Gesichtspunkte de Geiteswissenschaft, 1907 : 9e édition, Berlin, 1919, p. 16 : [paru en français sous le titre L’éducation de l’enfant à la lumière de la science spirituelle, 5e édition revue, 1989, Éditions

13

Centre Triades, 1989.]
1919a. Allgemeine Menschenkunde als Grundlage der Pädagogik. Dornach, 1974, bibl. no 293 [Paru en français sous

le titre La nature humaine : la connaissance de l’homme, fondement de l’éducation. Paris, Éditions Centre

Triades, 1987.]
1919b. Erziehungskunst. Metodisch-Didaktisches. Dornach, 1975, bibl. no 294 [paru en français sous le titre Méthode

et pratique. Paris, Éditions Centre Triades, 1982.]
1919c. Erziehungskunst. Seminarbesprechungen und Lehrplanvorträge [L’art d’enseigner : aspects méthodologique et

didactique]. Dornach, 1985 (Bibl. no 295).
1922. Die Geistig-Seelischen Grundkräfte der Erziehungskunst. Dornach, 1972 [Paru en français sous le

titre Les bases spirituelles de l’éducation. Paris, Éditions Centre Triades, 1982.]

Sélection bibliographique d’ouvrages concernant la pédagogie de Rudolf Steiner

Fritz Bohnsack ; Ernst-Michael Kranich (dir. publ.). Erziehungswissenschaft und waldorfpädagogik der beginn eines notwendigen dialogs. Weinheim [Sciences de l’éducation et enseignement Waldorf. Le début d’un dialogue nécessaire]. Weinheim/Bâle 1990.

Stefan Leber (dir. publ.) ̈. Die pädagogik der Waldorfschule und ihere gundlagen [Les bases de l’enseignement dans les écoles Waldorf]. Darmstadt 1983.

Klaus Prange : Erziehung zur anthorposophie. Darstelling und kritik der Wadorfpädagogik [Éducation et anthroposophie, grandes lignes et bilan de l’éducation Waldorf]. Bad Heilbrunn 1985.

Peter Schneider : Einführung in die Waldorfpädagogik [Introduction à l’éducation Waldorf]. 2e édition, Stuttgart 1985.

Wolfgang Schneider : Das Menschenbild der Warldorfpädagogik [L’image humaine dans l’enseignement Waldorf]. 2e édition, Fribourg/Bâle/Vienne 1992.

Heiner Ullrich : Waldorfpädagogik und okkulte weltanschauung [La pédagogie des écoles Waldorf et la vision du monde à partir des sciences occultes]. 3e édition, Weinheim/Münich 1991.

Heiner Ullrich : « Wissenschaft als rationalisierte Mystik. Eine problemgeschichtliche Untersuchung der Grundlagen der Anthroposophie » [Les sciences en tant que mysticisme rationalisé : étude historique sur les fondements de l’anthroposophie]. Neue sammlung (Stuttgart), no28 (1988), p. 168-19
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Message par obsidienne le Jeu 28 Jan - 23:42

Rudolf Steiner
(1861 - 1925)
Initiateur d'une approche du monde par la science de l'esprit, promoteur d'impulsions d'avenir.


Rudolf Steiner a connu, jeune, la réalité de ce qu'il nommera plus tard " le monde suprasensible ". Il cherche à établir la base philosophique de ses connaissances élargies à ce monde.
Il trouve dans l'approche goethéenne un exemple du passage de l'observation de la nature à celle du monde spirituel. C'est avec la " Philosophie de la liberté " qu'il établit en 1894 les fondements de sa recherche.

Ses investigations dans le domaine spirituel ne cesseront de se développer, apportant des connaissances sur la nature de l'homme, (corps, âme, esprit), la réincarnation et le karma (Théosophie, 1904), la cosmogonie et l'histoire de la terre (Science de l'occulte, 1910), la Christologie. Il a favorisé la création artistique (théâtre, architecture, eurythmie).

Steiner donne des conférences dans de nombreuses villes d'Europe jusqu'à la fin de sa vie, et répond aux questions concrètes qui lui sont posées.
Ainsi est lancé en 1919, le mouvement pour la triple articulation sociale (Liberté dans la vie culturelle, Egalité dans les rapports entre les êtres, Fraternité dans la vie économique), et sont donnés, de 1921 à 1924, les cours aux pédagogues (Ecoles Steiner / Waldorf), aux médecins (médecine anthroposophique), aux thérapeutes (pédagogie curative) et aux agriculteurs (Agriculture bio-dynamique).
Un siècle plus tard :

Les impulsions données par Steiner proposent des éléments concrets de réponse aux problèmes actuels (éducation, santé, écologie, problèmes sociaux...).

Les ouvertures sur la nature humaine et ses liens avec le monde élargissent le champ de la réflexion et donnent une autre pertinence aux actes.
Elargir la connaissance au domaine du non-quantifiable, au-delà du sensible, pourrait-il conduire à réconcilier science, art et religion ?

CONFERENCES

Rudolf Steiner a donné environ 6000 conférences, la plupart du temps sténographiées. Elles ont fait l'objet de publications et de nombreux cycles sont disponibles en français. Il convient de les replacer dans leur contexte : époque, public concerné, situation dans le cours du développement de la pensée de l'auteur.

On trouvera tous les ouvrages disponibles en français à la Librairie Triades, 4 rue de la Grande Chaumière, 75006 PARIS. Téléphone 01 43 26 46 76
triades.ed@wanadoo.fr

Parcours :

Etudes supérieures à l'Institut Polytechnique de Vienne.

1891 : Doctorat en philosophie.

De 21 à 35 ans, collaborateur aux archives scientifiques de Goethe, à Weimar.

A partir de 1898, conférencier :

1898 à 1904 : à l'Université populaire de Berlin ·

1904 à 1912 : à la Société théosophique

1912 à 1923 : à la Société anthroposophique, créée en 1912

1923 : Fondation de la Société anthroposophique universelle.

http://www.rentrer.fr/archives/2012/08/11/24732846.html

OEUVRES ECRITES de Rudolf STEINER :

1886 Une théorie de la connaissance chez Goethe.
1886 Goethe, père d'une esthétique nouvelle.
1891 Vérité et Science.
1894 Philosophie de la liberté.
1895 Nietzsche, un homme en lutte contre son temps.
1897 Goethe et sa conception du monde.
1902 Le christianisme et les mystères antiques.
1904 Théosophie.
1904 Comment parvenir à des connaissances supérieures ou l'initiation.
1907 L'éducation de l'enfant à la lumière de la science spirituelle.
1910 La Science de l'occulte.
1911 Les guides spirituels de l'homme et de l'humanité.
1912 Le calendrier de l'âme.
1912 Un chemin vers la connaissance de soi.
1913 Le seuil du monde spirituel.
1910/1913 Les quatre drames mystères.
1917 Des énigmes de l'âme.
1919 Eléments fondamentaux du problème social.
1923/1925 Autobiographie.
1923 Bases pour un élargissement de l'art de guérir (avec le Dr. Ita Wegmann).
1924/1925 Les lignes directrices de l'anthroposophie. Le Mystère de Michaël. La Pierre de fondation de la Société Anthroposophique universelle.
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Message par obsidienne le Sam 20 Fév - 22:14

vidéo Rudolf Steiner (anthroposophie) en français :

https://www.youtube.com/results?search_query=anthroposophie+en+fran%C3%A7ais
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Message par obsidienne le Jeu 2 Juin - 23:52

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Message par obsidienne le Jeu 2 Juin - 23:54

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Message par obsidienne le Lun 17 Oct - 19:25

http://etikamondo.com/a-la-rencontre-de-la-ferme-biodynamique-widar-1ere-partie-belgique/

A la rencontre de la ferme biodynamique Widar, 1e partie (Belgique)



Et hop une belle initiative de plus ! Elle se trouve en Belgique à Merksplas tout près de la frontière des Pays Bas : la ferme biodynamique WIDAR.



L’établissement accueille les personnes ayant un handicap physique/mental afin de les réinsérer dans la vie de tous les jours, avec chacun sa chambre et ses habitudes. Widar se base sur trois piliers fondamentaux : vivre ensemble, travailler ensemble et développer une culture riche dans le respect de soi et des autres. La philosophie de Widar est très intéressante : les individus vivent et développent l’anthroposophie. Qu’est ce que cela signifie ?



L’anthroposophie à Widar



C’est un principe de vie dans lequel on tient non seulement compte de la dimension physique mais surtout spirituelle, que nous formons ‘un tout’ une unité avec l’univers. L’anthroposophie favorise et développe la libre autodétermination c’est-à-dire que l’être humain se reconnaisse dans les conséquences de ses propres actes. Widar s’inspire du philosophe Rudolf Steiner (le fondateur même de l’anthroposophie). Par exemple tous les matins avant le petit déjeuner et le soir avant de se coucher, la communauté récite les différents récits de Rudolf Steiner autour d’une bougie, la croyance y est très forte !!



La rythme de vie a Widar



Avec ses 40 hectares, ses 6 maisons dont 46 résidents, 14 employés (et 15 enfants d’employés), Widar ne manque pas d’occupations ! La semaine débute tous les lundis à 8h30 avec une réunion de tous les résidents pour établir le programme de la semaine dans les différents domaines :



> le travail à la ferme : s’occuper du bétail (vaches laitières, cochons poules) dans la forêt qui est gérée durablement (couper le bois pour chauffer les maisons)



> le travail à la fromagerie : fabrication de fromage biologique (issu du lait de leurs vaches évidemment)



> le travail au jardin : Widar pratique l’agriculture biodynamique, méthode plus poussée que l’agriculture biologique où l’on tient compte de l’influence des astres et des rythmes de la nature. Mais aussi par des préparations faites à base de produits naturels, utilisées pour dynamiser les sols et soigner les cultures. Les récoltes du jardin sont essentiellement utilisées pour nourrir la communauté.



> le travail à la boulangerie : fabrication de pain biologique avec un large choix (au raisins, sésame, noisettes.. ) et de pâtisseries (tartes aux pommes, gâteaux..)



> atelier tissage : création de poupées en laine, tapis…



> la boutique Widar : vente direct de pain, fromages, confitures, compotes et autres produits biologiques. Les tapis et poupées faits à l’atelier sont également mis en vente.



Et enfin le travail dans les maisons qui prend une place importante, avec tout ce monde ! (Préparation des repas, nettoyage, rangement.. )

La semaine se termine par un rassemblement tous les vendredis vers 18h pour établir le bilan de la semaine.



Le travail débute à 8h30 avec une pause café conviviale de 10h30 à 11h. Nous mangeons tous ensembles à 12h30 et reprenons le travail à 14h/14h30 jusqu’ à 17h30. La journée se termine par le repas à 18h. Le soir les résidents se réunissent vers 20h autour d’un thé jusqu’à 21h, l’heure à laquelle tout le monde doit aller dans sa chambre.



L’ambiance y est conviviale, décontractée !



Dans chaque maison, en plus des personnes handicapées, résident un ou deux employés qui ont leur propre appartement. Voici le témoignage des deux employés qui habitent dans la maison ou j’ai été accueillie :



Auprès de Maria, (60 ans) très belle rencontre : « Pourquoi as-tu fais le choix de venir vivre et travailler à Widar ? – C’est la vie qui m’a menée ici. » Auparavant Maria travaillait en tant qu’enseignante dans une école anthroposophique, elle avait besoin de calme tout en restant dans une vision anthroposophique. Elle a débuté il y a 4 ans en tant que bénévole, puis Widar lui a proposé un poste et l’un des appartements s’étant libéré, la porte était donc grandement ouverte pour Maria ! « Vivre à Widar demande beaucoup d’énergie« , comme elle me l’a souligné, « C’est une question d’âge, il faut vraiment le vouloir. » Elle ne regrette rien bien au contraire, Widar c’est comme une deuxième famille pour elle !



Auprès de Hans, (24 ans) : Hans est lié à la nature depuis son enfance, fils d’agriculteur, il a fait ses études dans l’agriculture, et le voila agriculteur à Widar depuis 7 mois. Pour Hans ce n’est pas toujours facile car : « Il faut savoir gérer les conflits entre les personnes handicapées. Les relations sont très fortes. » Fermier à Widar, un travail physique mais surtout spirituel.



Widar, lieu de stage pour étudiants



Nombreuses sont les personnes qui viennent à Widar pour un stage dans le cadre scolaire. Par exemple, à Landvidi (une des 6 maisons) j’ai rencontré Sarah, 20 ans, qui y reste 3 mois. Il y a aussi de nombreux volontaires, par exemple Andrea, infirmière qui y reste 4 mois. Les woofers sont aussi les bienvenus. J’en suis la preuve !



Concernant mon expérience, j’ai logé pendant un mois à la maison Landvidi, à vivre au rythme de la communauté. J’ai été tout de suite bien accueillie, malgré la barrière de la langue au début (flamand), les liens se sont très vite créés !!



(à suivre..!) Joséphina
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