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Krishnamurti, le voyant qui marchait seul

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Message par Admin le Ven 8 Juin - 20:15


http://www.lemondedesreligions.fr/archives/2007/03/01/krishnamurti-le-voyant-qui-marchait-seul,8729803.php





Krishnamurti, le voyant qui marchait seul




Le sage indien Jiddu Krishnamurti (1895-1986), proclamé « Instructeur du Monde » à seize ans par les responsables de la Société théosophique, renonce à ce rôle après plusieurs révélations intérieures. Il devient alors l'apôtre itinérant d'une nouvelle vision du monde libertaire et humaniste.

La vie de Krishnamurti est un mythe religieux moderne. Pour en saisir le fil directeur, il nous faut revenir vingt ans avant sa naissance en 1895. En 1875, Helena Blavatsky, à l'instigation de « maîtres de sagesse » rencontrés au Tibet, avec qui elle dit communiquer par voie parapsychique, fonde la Société théosophique (ST) dans le but de révéler leur existence qui aurait jusque-là été tenue secrète. En 1889, deux ans avant sa mort, elle annonce que le but de la ST est de préparer la venue prochaine de l'« Instructeur du Monde » (les bouddhistes le nomment Maitreya, les chrétiens Christ). Il aura pour tâche d'établir la paix et la coopération entre les peuples. Ses proches partent à la recherche de l'enfant qui servira de « véhicule » à « l'Élu ».
Après d'infructueuses tentatives, le choix des théosophes se porte sur un jeune Indien que ses parents, d'origine brahmane, ont nommé Krishnamurti (« qui a la forme de Krishna ») en hommage au dieu hindou. Sa mère meurt alors qu'il a dix ans. Pour subsister, son père, théosophe, se déplace avec sa famille au siège de la ST où il occupe un poste de secrétaire. C'est là, sur la plage d'Adyar, que Leadbeater, un des responsables du mouvement théosophique, « découvre » Krishnamurti. Instantanément, il reconnaît en cet enfant une entité exceptionnelle : « La plus magnifique aura qu'il m'ait été donné de voir, sans la moindre trace d'égoïsme. ».

Pour préparer le jeune messie à sa mission, ses nouveaux tuteurs l'envoient avec son frère Nitya en Europe. Le 11 janvier 1911, à Bénarès, Annie Besant, présidente de la ST, fonde l'ordre de l'Étoile d'Orient et place le jeune homme à sa tête. Son objectif : faire connaître l'enseignement de Maitreya par l'intermédiaire de Krishnamurti. Cette décision crée un schisme au sein de la ST : Rudolph Steiner (1861-1925), responsable de la branche allemande, dénonce une mystification et crée son propre mouvement, l'Anthroposophie (1913).

Relayée par les réseaux théosophes, la popularité de Krishnamurti croît rapidement. Du monde entier, les donations affluent. Les disciples se comptent par milliers. Nouveau dieu vivant, il est adulé à la manière des grands gurus indiens. Mais sa notoriété a une contrepartie : un douloureux isolement, renforcé par les exercices occultes, l'ascèse sexuelle et les initiations auxquelles le soumettent ses instructeurs.


L'« apocalypse intérieure »


En 1922, un événement inattendu survient, à Ojaï, en Californie, où Krishnamurti et son frère, atteint de tuberculose, sont venus se reposer. Le 17 août, lors d'une méditation, Krishnamurti ressent une vive douleur dans la nuque, qui empire les jours suivants. Contraint de s'aliter, il sombre dans le coma tout en continuant à percevoir ce qui se passe autour de lui. Sa conscience s'élargit : il s'identifie aux éléments, au cosmos et à tous les êtres vivants. Revenu à lui, il s'assied sous le poivrier proche de la maison et une seconde expérience extraordinaire s'ensuit. « Plus rien ne [sera] comme avant, rapporte-t-il. [...] J'ai vu la Lumière. J'ai touché la compassion qui guérit toute peine et toute souffrance [...]. Je suis ivre de Dieu. »
Ainsi débute ce que Krishnamurti nommera le « processus », qui persistera jusqu'à sa mort, se caractérisant par des états altérés de conscience et des douleurs aiguës et constantes à la base de la moelle épinière et à la nuque. Pareille « apocalypse intérieure » ne reste pas sans conséquences : Krishnamurti va progressivement remettre en question son statut de messie et son appartenance à la ST.

Tournant décisif en 1925 : Nitya tombe gravement malade, alors que Krishnamurti s'apprête à partir en Inde pour une tournée de conférences. Les théosophes clairvoyants affirment que Nitya va guérir. Krishnamurti les croit et part. Alors que son bateau est en mer Rouge, il apprend, déchiré, bouleversé, révolté, la mort de son frère. Sa « descente aux enfers » va durer dix jours. Au terme de cette longue agonie, c'est un homme nouveau qui surgit. Le divorce d'avec les théosophes devient inévitable. Krishnamurti cesse de parler des Maîtres, en conteste l'existence, n'évoque plus que son « union avec le Bien-aimé ». « J'ai trouvé, écrit-il en 1927, ce que j'ai tant désiré [...]. À présent [...] je me sens ne faire qu'un avec mon Bien-aimé. [...] Celui qui a atteint la libération est devenu l'Instructeur - comme moi. [...] Personne ne peut vous donner la libération, il vous faut la trouver en vous, mais puisque je l'ai trouvée, je vous montrerai la voie... »

C'est à cet instant précis que Krishnamurti devient réellement Krishnamurti et que les prophéties faites au cours de sa jeunesse se révèlent exactes. Le 3 août 1929, lors du camp d'Ommen (Hollande), il renonce à son statut de messie et dissout l'ordre de l'Étoile. « L'Instructeur mondial » cède la place à un instructeur spirituel d'un nouveau type, universellement connu, dont le seul but est de « rendre les hommes absolument et inconditionnellement libres ».


Une révolution de la conscience


L'essentiel de son propos tient en une phrase : « La Vérité est un pays sans chemin. » Lorsque sa biographe anglaise, Mary Luytens, lui demande en 1980 de résumer son enseignement, Krishnamurti ajoute : « [Les croyances] sont les causes de nos difficultés, car, dans chaque relation, elles séparent l'homme de l'homme. [...] La nature unique de l'individu [réside] dans une liberté totale à l'égard du contenu de la conscience. [...] [Seule la] vision pénétrante [de tous les mouvements de la conscience], hors du temps, produit dans l'esprit un changement profond et radical. » Pendant cinquante ans, il appelle à une révolution de la conscience, ne fondant ni groupe, ni mouvement. Ses paroles incendiaires bouleversent des millions de personnes de toutes races, religions et classes ; les plus grands esprits, de David Bohm au Dalaï-Lama, le rencontrent pour débattre de l'amour, la mort, la nature, la pensée, l'observation, la méditation, l'éducation... ; il sera aussi critiqué, combattu, haï, trahi.
Il meurt à Ojaï le 17 février 1986, d'un cancer, à quelques pas du poivrier au pied duquel, soixante-quatre ans auparavant, tout a commencé. Lors de son incinération, ni cérémonie, ni prière. Pas de stèle commémorative non plus pour éviter tout culte de la personnalité. Son héritage ? Un enseignement hors du commun, une soixantaine d'ouvrages traduits en cinquante langues, des centaines d'heures d'enregistrement vidéo, sept écoles pour enfants, germe possible d'une humanité nouvelle.

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