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Quelques aprçus sur l'éducation selon Krishnamurti

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Message par tchektuf le Sam 25 Jan - 21:48

voici quelques extraits sur l'éducation pris sur un site consacré à Krishnamurti

La bonne sorte d’éducation signifie l’éveil de l’intelligence, l’épanouissement d’une vie intégrée, et seule une telle éducation peut créer une nouvelle culture et un monde paisible ; mais pour provoquer ce nouveau genre d’éducation, nous devons prendre un nouveau départ sur une base entièrement différente.
Éducation et la signification de la vie - chapitre 3.

<> Pendant que vous êtes jeune, ne devez-vous pas chercher à tout découvrir au sujet de la vie ? Et n’est-ce pas la vraie fonction de l’éducation de cultiver en vous l’intelligence qui essayera de trouver la réponse à tous ces problèmes ? Savez-vous ce qu’est l’intelligence ?
Le sens du bonheur. Chapitre 1.

Si vous savez lire, êtes-vous éduqué ? Sûrement, l’éducation consiste, n’est-ce pas , à cultiver l’intelligence. Ne devez-vous pas découvrir ce que c’est qu’être intelligent ?
1er entretien 1952 aux garçons et aux filles, Rajghat

L’éducation devient de la plus grande importance. L’éducation n’étant pas simplement l’acquisition de connaissance technique, mais la compréhension, avec sensibilité et intelligence, du problème global de vivre - dans lequel est inclus la mort, l’amour, le sexe, la méditation, la relation, et aussi le conflit, la colère, la brutalité et tout le reste - ce qui est la structure de l’existence humaine dans son ensemble.
Beginnings of Learning Part I Chapter 4 Conversation with Students and Teachers at Brockwood

L’éducation doit créer une intelligence qui n’est pas simple instinct ou désir ou bien quelque exigence mesquine, mais une intelligence qui fonctionnera en ce monde.
Beginnings of Learning Part I Chapter 13 School Dialogue Brockwood Park 17th June 1973

N’est-ce pas la fonction de l’éducation, alors que vous êtes très jeune, en particulier dans une école de cette sorte, d’aider à susciter une telle intelligence en chacun de vous, que vous aurez un travail qui vous plaît et que vous aimez et voulez faire, que vous ne ferez pas un travail que vous détestez ou avec lequel vous vous ennuyez, mais que vous devez faire - parce que vous êtes déjà mariés ou parce que vous avez la responsabilité de vos parents, ou parce que vos parents disent que vous devez être avocat alors qu’en réalité vous voulez être peintre ?
N’est-ce pas très important, pendant que vous êtes jeune, que le professeur comprenne ce problème de l’ambition et le prévienne, en en discutant avec chacun de vous, en expliquant, en pénétrant dans le problème entier de la compétition ?
8ème entretien du 13 janvier 1954 aux étudiants à l’Ecole de Rajghat, Bénarès, Inde.

L’éducation vraie devrait vous aider à être si intelligent qu’avec cette intelligence vous puissiez choisir un travail que vous aimez, quand bien même ne suffirait-il pas à vous nourrir, mais à ne pas faire quelque chose de stupide qui vous rendrait malheureux pour le reste de votre vie.
2nd Talk to boys & girls, 1952, Rajghat

L’éducation ne consiste pas simplement à savoir lire et passer des examens ; n’importe quelle personne dégourdie peut faire cela.
L’éducation consiste à cultiver l’intelligence, n’est-ce pas. Par intelligence je ne veux pas dire l’habileté, ou la tentative d’être astucieux afin de surpasser quelqu’un d’autre.
Face à la vie . Chapitre I - Partie I.

La question est comment être intelligent de sorte que vous puissiez être débarrassés de la peur. Si depuis votre plus précoce enfance, quelques soient les difficultés que vous ayez pu avoir, elles ont été discutées avec vous de sorte que la compréhension que vous en avez ne soit pas simplement verbale mais vous permette de voir l’ensemble de la vie, alors une telle éducation peut éveiller l’intelligence, et de ce fait, libérer l’esprit de la peur.
Face à la vie. Chapitre III - Partie II.

L’éducation est venue à être simple conformité à un système particulier ; au lieu d’éveiller l’intelligence de l’individu, elle le contraint simplement à se conformer et gêne ainsi sa vraie moralité et son accomplissement.
Entretien public du 2 août 1935. Université nationale, La Plata, Argentine

N’est-ce pas la fonction de l’éducation de cultiver cette intelligence qui est capable d’examiner objectivement chaque influence, d’étudier l’arrière plan, l’arrière plan immédiat aussi bien que l’arrière plan profond , de sorte que l’esprit ne soit pris dans aucun conditionnement ?
5ème entretien public du 20 juillet 1955 ; Ojai.

Notre problème est : comment provoquer, par l’éducation, un être humain qui soit créateur, qui soit capable, qui possède cette intelligence qui n’est pas chargée et qui n’est formée à aucune direction particulière, mais qui est totale, et n’appartient à aucune société, caste ou religion particulière, de sorte que, par cette éducation et avec cette intelligence, il arrive à la maturité et soit donc capable de faire sa vie, pas simplement en tant que technicien mais comme être humain.
3ème entretien public le 31 janvier 1953 ; Poona

Si vous étiez vraiment libre, si vous aviez l’intelligence créatrice, alors à partir de celle-ci viendrait l’action ; vous aborderiez le problème fondamentalement, c’est-à-dire, par l’éducation, par les écoles, par la littérature, par l’art ; non par ce perpétuel discours sur les organisations. Pour avoir des écoles, pour avoir le bon genre d’éducation, vous devez avoir de l’organisation ; mais tout ceci viendra naturellement si des individus, si quelques personnes sont vraiment éveillées, sont vraiment intelligentes.
6ème entretien public le 3 janvier 1934 ; Adyar.

Dans notre civilisation nous avons divisé la vie en tant de compartiments que l’éducation a très peu de signification, excepté dans le fait d’apprendre une technique ou une profession particulière. Au lieu d’éveiller l’intelligence intégrée de l’individu, l’éducation l’encourage à se conformer à un modèle et ainsi gêne sa compréhension de lui-même en tant que processus total. Essayer de résoudre les nombreux problèmes de l’existence à leurs niveaux respectifs, séparés comme ils sont dans diverses catégories, indique un manque total de compréhension.
Nous avons fait des examens et des degrés le critère de l’intelligence et avons développé des esprits habiles qui évitent les questions humaines essentielles. L’intelligence est la capacité de percevoir l’essentiel, ce qui est ; et éveiller cette capacité, en soi-même et chez les autres, c’est de l’éducation.
Éducation et la signification de la vie. Chapitre 1

Il doit leur parler, en expliquant que l’état confus du monde reflète leur propre confusion individuelle. Il doit préciser que le progrès scientifique en soi ne peut pas provoquer un changement radical des valeurs existantes ; cette formation technique, qui s’appelle maintenant l’éducation, n’a pas donné la liberté à l’homme ou ne l’a pas rendu plus heureux ; et ce qui conditionne l’étudiant à accepter l’environnement actuel ne favorise pas l’intelligence. Il doit leur dire ce qu’il essaye de faire pour leur enfant, et comment il a l’intention de le faire.
Éducation et la signification de la vie. Chapitre 6. (Ce passage suggère au professeur comment il peut s’adresser aux parents)

Implanter simplement des valeurs existantes dans l’esprit de l’enfant, pour l’inciter à se conformer aux idéaux, c’est le conditionner sans éveiller son intelligence. L’éducation est intimement liée à la crise actuelle du monde, et l’éducateur qui voit les causes de ce chaos universel devrait se demander comment éveiller l’intelligence chez l’étudiant, et ainsi aider la génération à venir à ne pas provoquer davantage de conflit et de désastre. Il doit donner toute sa réflexion, tous ses soins et son affection à la création du bon environnement et au développement de la compréhension, de sorte que lorsque l’enfant grandira en maturité, il soit capable de traiter intelligemment les problèmes humains auxquels il sera confronté.
Ne pensons pas en termes de principes et d’idéaux, mais soyons concernés par les choses telles qu’elles sont ; car c’est la prise en considération de ce qui est qui éveille l’intelligence, et l’intelligence de l’éducateur est bien plus importante que sa connaissance d’une nouvelle méthode d’éducation. Quand on suit une méthode, même si elle a été mise au point par une personne réfléchie et intelligente, la méthode devient très importante, et les enfants sont importants seulement s’ils s’y adaptent.
É



L’énergie est hors du temps et ne se mesure pas. Mais nos actions sont mesurables et nous ramenons ainsi cette énergie illimitée dans le cercle étroit du moi, et l’ayant circonscrite nous cherchons alors l’incommensurable. Cette quête fait partie de l’action positive et elle est par conséquent un gaspillage d’énergie psychologique. Il existe ainsi un mouvement sans fin dans les archives du moi.

Pour nous, l’objet de l’éducation, c’est de libérer l’esprit du moi. Comme nous l’avons dit à maintes reprises <>, notre rôle est de faire éclore une génération nouvelle libérée de cette énergie limitée qu’on appelle le moi.

La vraie éducation est une tâche mutuelle qui exige de la patience, de la considération et de la bienveillance.


Si l’éducateur s’intéresse réellement à l’enfant en tant qu’individu, les parents auront confiance en lui. Ce contact permettra au maître d’instruire les parents tout en s’instruisant lui-même et en se faisant instruire. La vraie éducation est ainsi une tâche mutuelle qui exige de la patience, de la considération et de la bienveillance. Dans une communauté éclairée, le corps enseignant devrait étudier de ce point de vue le problème de l’éducation ; des expériences à petite échelle devraient être entreprises à cet effet par les éducateurs et les parents.

Est-ce là le but de l’éducation, de vous obliger volontairement ou non à vous adapter à cette structure démente qu’on appelle la société ?

Voyez-vous, vous vivez dans une des plus belles vallées que j’aie jamais vue. Il s’y attache une atmosphère particulière. Avez-vous remarqué, surtout au crépuscule et aussi au point du jour, une certaine qualité de silence qui pénètre, qui imprègne toute la vallée ? Je crois qu’il y a autour de nous des collines parmi les plus anciennes du monde et l’homme ne les a pas encore abîmées. Partout où l’on va, dans les villes et ailleurs, l’homme détruit la nature, abat les arbres pour construire de plus en plus de maisons, polluant l’air avec ses automobiles et ses industries ; il détruit les animaux - comme le tigre qui a presque disparu. Il détruit tout parce qu’il naît de plus en plus d’enfants et qu’ils ont besoin de plus en plus d’espace. L’homme répand graduellement la destruction dans le monde entier. Quand on arrive dans une vallée comme celle-ci - où la population est peu nombreuse, où la nature n’est pas profanée, où règnent le silence, le calme, la beauté - on en est tout étonné. Chaque fois que l’on vient ici, on ressent l’étrange particularité de cette terre, mais il est probable que vous vous y êtes habitués. Vous ne contemplez plus les collines, vous n’écoutez plus les oiseaux, vous n’entendez plus le vent dans les feuilles. Petit à petit, vous êtes devenus indifférents.

L’éducation ne consiste pas à apprendre dans des livres, à confier certains faits à la mémoire, mais à apprendre comment regarder, comment écouter toutes ces choses que racontent les livres, que ce qu’ils racontent soit vrai ou faux. Tout cela fait partie de l’éducation. Elle ne consiste pas simplement à passer des examens, à obtenir un diplôme et une situation, à se marier et à s’installer, mais encore à savoir comment écouter les oiseaux, comment voir le ciel, l’étonnante beauté d’un arbre, le dessin des collines, comment les sentir, comment être vraiment en contact avec toutes ces choses. Tandis que vous allez vieillir, ce sentiment d’écouter, de regarder, disparaîtra malheureusement, parce que vous aurez des soucis, parce qu’il vous faudra plus d’argent, une plus belle automobile, plus ou moins d’enfants. On devient jaloux, ambitieux, avide, envieux ; et ainsi on perd ce sentiment de la beauté de la terre. Vous savez ce qui se passe dans le monde. Vous êtes forcément au courant de l’actualité. Il y a des guerres, des émeutes, une nation se dressant contre une autre. Dans ce pays également, il y a des divisions, des séparations, et il y a un taux de natalité croissant, une misère, des conditions sordides, une dureté grandissante. L’homme est indifférent à tout ce qui peut arriver à son prochain, pourvu qu’il soit, lui, bien en sécurité.

On vous éduque, on vous prépare à l’acceptation de tout. Savez-vous que le monde est dément, que tout ce qui se passe participe de la folie, les combats, les querelles, les brutalités, les agressions ? Et vous allez grandir de façon à vous insérer dans cet état de choses. Peut-on dire que c’est bien ? Est-ce là le but de l’éducation, de vous obliger volontairement ou non à vous adapter à cette structure démente qu’on appelle la société ? Savez-vous ce qui se passe avec les religions à travers le monde ? Là encore, l’humanité est en pleine désintégration : personne ne croit plus à rien. L’homme n’a pas de foi et les religions ne sont que le résultat d’une vaste propagande.

Mais puisque vous êtes jeunes, encore pleins de fraîcheur et d’innocence, ne pouvez-vous pas contempler toute la beauté de la terre, et vous emplir de cette qualité d’affection ? Et ne pouvez-vous la faire vivre en vous ? Si vous n’en êtes pas capables, vous grandirez en vous conformant aux usages parce que c’est la façon la plus facile de vivre. A mesure que vous allez grandir, certains d’entre vous se révolteront, mais cette révolte, elle non plus, ne résoudra pas le problème. Certains d’entre vous chercheront à fuir la société, mais cette fuite n’aura pas de sens. Il vous faut changer la société, mais pas en tuant des gens. La société, c’est vous et c’est moi. Vous et moi, nous créons cette société dans laquelle nous vivons. Donc, vous devez la changer.

Vous ne pouvez pas vous adapter à cette société monstrueuse... Êtes-vous disposés à vous conformer, à vous adapter et à accepter toutes les vieilles valeurs ? Vous savez ce qu’elles sont, ces valeurs : l’argent, la situation, le prestige, la puissance. C’est là ce que l’homme désire et la société se propose de vous couler dans ce moule. Mais si, maintenant, vous commencez à observer, à apprendre, non pas dans des livres, mais apprendre par vous-mêmes en regardant, en écoutant tout ce qui se passe autour de vous, vous deviendrez un être humain différent, quelqu’un qui a le souci des autres, qui est plein d’affection, qui aime".
Réponses sur l’éducation. Pocket ou Editions Bartillat p.15-16
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Est-il possible d’éduquer sans esprit de comparaison ?

Le meilleur est le résultat de la comparaison La meilleure image, la meilleure technique, le plus grand musicien, le plus talentueux, le plus beau et le plus intelligent, tout cela dépend de la comparaison. Nous regardons rarement un tableau pour lui-même, un homme ou une femme pour eux-mêmes. Il y a toujours cette tendance innée à la comparaison. L’amour est-il comparaison ? Pouvez-vous jamais dire que vous aimez celui-ci plus que celui-là ? Quand on compare ainsi, est-ce l’amour ? Quand il y a ce sentiment du plus, ce qui revient à mesurer, alors la pensée est à l’oeuvre. L’amour n’est pas le mouvement de la pensée. Cette mesure est comparaison. Tout au long de notre vie on nous incite à comparer. Quand, dans votre école, vous comparez B à A, vous les détruisez tous les deux.

Est-il possible d’éduquer sans esprit de comparaison ? Pourquoi comparons-nous ? Nous comparons pour la simple raison que mesurer est l’activité de la pensée et notre façon de vivre. C’est dans cette corruption que nous sommes élevés. Le meilleur est toujours plus noble que ce qui est, que ce qui se passe réellement. Observer ce qui est, sans comparer, sans mesure, c’est aller au-delà de ce qui est.

Quand il n’y a pas comparaison, il y a intégrité. Cela ne veut pas dire que vous êtes honnête envers vous-même, ce qui est une façon de mesurer, mais quand il n’y a nulle mesure, il y a cette qualité de plénitude. L’essence de l’ego, le moi, c’est la mesure. Lorsqu’il y a mesure, il y a fragmentation. Cela, il nous faut bien le comprendre, non comme une idée mais comme une réalité. En lisant ce qui précède, peut-être allez-vous en faire une abstraction, c’est-à-dire une idée ou un concept, mais l’abstraction est une autre forme de mesure. Ce qui est ne mesure pas. S’il vous plaît, mettez tout votre coeur à le comprendre. Une fois que vous en avez saisi la pleine signification, votre relation avec l’élève et aussi avec votre famille deviendra quelque chose de tout différent. En demandant si cette différence est pour le mieux, vous êtes pris dans l’engrenage de la mesure. Alors vous êtes perdu. Vous verrez la différence lorsque vous mettrez réellement la chose à l’épreuve. Le mot même de différence implique la mesure, mais ici nous l’utilisons de façon non comparative.
Lettres aux écoles, 18, Courrier du livre, p. 59-60.

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Il est essentiel pour nous de créer cette atmosphère au sein de l’école, une atmosphère de liberté où l’amour soit présent, où chacun ait un immense sentiment de confiance


L’un des grands problèmes qui perturbent le monde est celui de l’égalité. En un sens, l’égalité n’existe pas, car nous avons tous de nombreuses aptitudes différentes ; mais nous parlons de l’égalité au sens où tous les hommes devraient être traités de manière identique. A l’école, par exemple, les postes de principal, de professeur ou de coordinateur ne sont que des fonctions professionnelles, un métier ; mais certaines fonctions, certains métiers vont de pair avec un certain statut social, et ce statut est respecté parce qu’il implique un pouvoir, un prestige, cela veut dire qu’on est en position de sélectionner les gens, de leur donner des ordres, d’attribuer des postes aux amis et aux membres de sa famille. Fonction et statut vont de pair. Mais si l’on pouvait éliminer toute notion de statut social, de pouvoir, d’influence, de prestige, de privilèges distribués, la fonction prendrait un tout autre sens, n’est-ce pas ? Dans ce cas, qu’il soit gouverneur, Premier ministre, cuisinier ou simple instituteur, chacun serait traité avec le même respect puisque chacun assume une fonction différente mais indispensable à la société.

Savez-vous ce qui se passerait, tout particulièrement dans une école, si l’on pouvait réellement ôter à la fonction toute connotation de pouvoir, d’influence, de prestige - ce sentiment qui fait dire : « Je suis proviseur, donc je suis important » ? Nous vivrions tous dans une atmosphère tout à fait différente, n’est-ce pas ? Il n’y aurait pas d’autorité au sens d’une distinction entre le haut et le bas, entre l’homme important et l’homme modeste, et la liberté régnerait. Et il est essentiel pour nous de créer cette atmosphère au sein de l’école, une atmosphère de liberté où l’amour soit présent, où chacun ait un immense sentiment de confiance ; car en fait la confiance naît lorsqu’on se sent parfaitement à l’aise, totalement rassuré. Vous sentez-vous à l’aise chez vous si votre père, votre mère et votre grand-mère ne cessent de vous dire ce qu’il faut faire, de sorte que vous perdez peu à peu toute confiance de pouvoir agir seul ? En grandissant, vous devez être capables de discuter, de découvrir ce que vous estimez vrai, et de tenir bon. Vous devez être capables de soutenir ce que vous pensez être juste, même si cela est source de douleur, de souffrances, de pertes d’argent, et j’en passe ; mais pour y parvenir, vous devez, dès votre plus jeune âge, vous sentir complètement rassurés et à l’aise.

La plupart des jeunes ne se sentent pas en sécurité car ils ont peur. Peur de leurs aînés, de leurs professeurs, de surs père et mère, ils ne se sentent donc jamais à l’aise. Mais lorsque vous vous sentez vraiment bien, il se passe quelque chose de très étrange. Lorsque vous pouvez aller dans votre chambre, en fermer la porte à clé, et y rester seul sans que quiconque le remarque, sans que quiconque vous dise ce que vous avez à faire, cela vous sécurise complètement ; vous commencez à vous épanouir, à comprendre, à vous révéler. Vous aider à vous révéler : telle est la fonction de l’éducation, et si l’école ne contribue pas à vous révéler, ;e n’est pas du tout une école.

Lorsqu’on se sent bien quelque part, au sens où l’on se sent en sécurité, et pas rabaissé, pas contraint de faire telle ou telle chose, lorsqu’on se sent très heureux, complètement à l’aise, alors on n’est pas méchant, n’est-ce pas ? quand on est vraiment heureux, on n’a pas envie de faire du mal à qui que ce soit ni de détruire quoi que ce soit. Mais faire en sorte que l’élève soit parfaitement heureux est une tâche extrêmement difficile, car l’enfant vient à l’école avec l’idée que le directeur, les professeurs et les surveillants vont lui imposer des choses et lui donner des ordres, d’où un sentiment de peur.

Vous venez pour la plupart de familles ou d’écoles dans lesquelles on vous a enseigné le respect du statut social. Votre père et votre mère jouissent d’un certain statut, le directeur aussi, vous arrivez donc ici en étant craintifs, et respectueux de ce statut. Mais nous devons créer au sein de l’école une véritable atmosphère de liberté, et cela n’est possible que si la fonction est dissociée du statut, et qu’il existe donc un sentiment d’égalité. La vraie préoccupation d’une éducation authentique est de contribuer à faire de chacun de vous un être humain plein de vitalité et de sensibilité, sans peur et sans faux sentiment de respect lié à un statut quelconque.  Le sens du bonheur. Egalité et liberté.

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Nous aimerions, dans l’éducation, donner à la mort une certaine réalité factuelle


<> nous voudrions aider - non, ce n’est pas le mot juste - nous aimerions, dans l’éducation, donner à la mort une certaine réalité factuelle, non pas la mort d’un autre, mais la nôtre. Jeunes ou vieux, nous devrons inévitablement lui faire face. Ce n’est pas une chose triste, faite de larmes, de solitude, de séparation. Nous tuons si facilement, non seulement les animaux destinés à notre alimentation, mais encore ceux que nous massacrons inutilement, par divertissement - on appelle cela un sport. Tuer un cerf, parce que c’est la saison, équivaut à tuer son voisin. On tue les animaux parce que l’on a perdu contact avec la nature, avec les créatures qui vivent sur cette terre. On tue à la guerre au nom de tant d’idéologies romantiques, nationalistes ou politiques. Nous avons tué des hommes au nom de Dieu. La violence et la tuerie vont de pair. Et devant cette feuille morte dans toute sa beauté, sa couleur, peut-être pourrions-nous être conscients au plus profond de nous-mêmes, saisir ce que doit être notre propre mort, non pas à la fin ultime, mais au tout début de notre vie.

La mort n’est pas une chose horrible, une chose à éviter, à différer, mais plutôt une compagne de chaque jour. De cette perception naît alors un sens extraordinaire de l’immensité.
Dernier journal - Vendredi 30 mars 1984
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Message par tchektuf le Sam 25 Jan - 22:05

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Message par Archange le Dim 26 Jan - 18:00

C'est la Vie elle-même qui s'exprime à travers Krishnamurti! La Vie et sa liberté fondamentale...

Tant d'erreurs ont été faites; les parents, faute d'amour et de compréhension, détruisent leurs enfants, au lieu de leur montrer comment apprendre, se contentent de les formater à la société malade qu'ils n'ont su ou pu confronter...

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