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L’expérience du Moi, porte sur le monde spirituel

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L’expérience du Moi, porte sur le monde spirituel Empty L’expérience du Moi, porte sur le monde spirituel

Message par obsidienne le Ven 10 Mai - 14:11

Extrait de l’ésotérisme de l’Evangile de Marc.
Rudolf Steiner.

Deuxième conférence, Berlin 24 octobre 1910.
Trois approches possibles de l’être humain : l’anthropologie, l’anthroposophie et la théosophie. Nécessité de l’humilité dans la connaissance et sens de la vérité inné de l’âme humaine. Les animaux sans yeux, preuve de l’ancienne union de la Terre avec le Soleil. L’expérience du Moi, porte sur le monde spirituel. Le caractère spécifique de la perception du Moi par rapport aux autres perceptions. L’indépendance intérieure à l’égard des sentiments personnels, condition de la recherche spirituelle. La connaissance de ce fait dans l’ancienne école pythagoricienne.



Supposez que vous saisissez une pensée, une idée, un concept à un moment donné de votre vie. Vous comprenez quelque chose qui vient à vous sous forme de concept. Qu’est-ce qui vous permet donc cette compréhension ? Uniquement les concepts que vous avez assimilés antérieurement. C’est pourquoi telle personne saisira d’une certaine manière un nouveau concept qui vient à elle, et telle autre d’une autre manière, selon l’importance de la somme de concepts dont elles disposent. L’ancien matériel conceptuel est en nous et fait face au nouveau, comme l’œil se place face à la lumière.

L’ensemble des anciens concepts que nous nous sommes appropriés constitue pour nous une sorte de tissu, organe de perception des concepts, et ceux que nous n’avons pas intégrés dans notre incarnation présente, nous disons les chercher dans des incarnations antérieures. C’est alors qu’ils se sont organisés en réseau, véritable organe conceptuel que nous opposons aux concepts nouveaux qui proviennent du monde extérieur, même si elles sont de nature hautement spirituelle, nous devons avoir un organe.

Nous ne sommes jamais spirituellement nus en face des choses du monde extérieur qui viennent à nous, nous dépendons toujours de ce que nous sommes devenus. Il n’y a qu’un seul cas où nous faisons face au monde extérieur sans intermédiaire, et c’est lorsque nous percevons notre Moi. Cette perception – et c’est une preuve pour ce qui vient d’être dit – doit être sans cesse renouvelée. Chaque matin au réveil nous renouvelons la perception de notre Moi. Le Moi est là, il est là aussi quand nous dormons. Et si nous faisions durant la nuit un voyage vers Mars, où nous trouverions un tout autre environnement que sur la Terre, seule la perception du Moi demeurerait inchangée. En effet, quelles que soient les circonstances, elle s’effectue de la même manière, car nous n’avons point besoin pour cela un organe extérieur, pas même d’un organe de perception conceptuelle. Ce qui nous fait face est une représentation immédiate du Moi, une représentation certes, une perception, mais qui le livre sous sa forme véritable. Nous percevons toutes les autres choses qui sont devant nous pour ainsi dire comme une image dépendant d’un miroir et de sa forme. La perception du Moi se présente à nous sous sa forme très fidèlement reproduite.

Si nous songeons à cela, nous pouvons vraiment dire : nous sommes nous-mêmes dans le Moi, quand nous nous le représentons ; c’est quelque chose qui ne nous est absolument pas extérieur. Demandons-nous alors, en quoi la représentation, la perception du Moi, se distingue-t-elle de toutes les autres perceptions, de tout ce dont le Moi fait par ailleurs l’expérience ? Et cela que dans la perception du Moi, dans sa représentation, nous avons ce sceau immédiat opposé par le Moi, ce qui n’est pas le cas pour toutes les autres représentations ou perceptions. De tout ce qui nous entoure, ce sont des images que nous élaborons et qui ne sont pas toutefois sans analogie avec la perception du moi : par notre Moi, nous transformons tout en une expérience intérieure. Car le monde extérieur, avant d’avoir une signification pour nous, doit devenir notre représentation.

Nous nous forgeons donc réellement des images du monde extérieur, qui continuent ensuite de vivre dans le Moi, quel que soit l’organe par lequel nous captons une expérience sensorielle. Nous sentons une substance quelconque quand nous sommes passés à côté de cette substance et que nous n’avons plus de contact immédiat avec elle, nous portons toutefois en nous l’image de ce dont nous avons senti l’odeur. De même nous emportons en nous l’image d’une couleur que nous avons vue. Les images provenant de telles perceptions restent dans notre Moi. Le Moi les garde pour lui, pourrait-on dire. Mais si nous voulons définir leurs caractéristiques, nous devons constater qu’elles sont toutes venues à nous du dehors.

Toutes les images que nous pouvons incorporer à notre Moi, tant que nous vivons dans le monde sensible, sont des reliquats, siégeant dans le Moi, d’impressions du monde sensible. Il n’y a qu’une chose que le monde sensible ne puisse nous donner ; la perception du Moi. C’est en nous-même qu’elle surgit. Dans la perception du Moi, nous avons une image, si elle est réduite à un simple point qui s’élève en nous-même.

A côté de cette dernière, placez maintenant d’autres images qui n’ont pas été captées par des sens extérieurs, mais qui s’élèvent dans le Moi aussi librement que la représentation du Moi elle-même, qui sont formées de la même manière que la représentation du Moi : vous avez alors la catégorie d’images qui apparaissent dans ce que nous appelons le monde astral. Des représentations imagées qui apparaissent dans le Moi sans que nous ayons eu d’impression préalable venant du monde extérieur, du monde sensible.
Qu’est-ce qui distingue les images qui nous viennent du monde sensible de nos autres expériences intérieures ? Nous ne pouvons porte en nous les images sensibles sous forme d’expérience que lorsque nous avons eu un contact avec le monde extérieur. Elles sont alors devenues expériences intérieures, mais suscitées par le monde extérieur.

Qu’y a-t-il comme expérience du Moi qui ne soient pas suscitées immédiatement par le monde extérieur ? Nos sentiments, nos désirs, nos pulsions, nos instincts etc. Ils ne sont pas suscités par le monde extérieur. Bien que nous ne soyons pas totalement à l’intérieur de ces sentiments de ces pulsions, comme dans le cas que nous avons précédemment exposé, nous devons dire : avec les sentiments, pulsions, instincts, un élément s’introduit dans notre monde intérieur. En quoi se distinguent les pulsions et instincts des images que nous portons en nous à la suite de perceptions sensibles ? Vous pouvez le ressentir : l’image sensible est quelque chose qui demeure paisiblement en nous, que nous essayons de porter en nous le plus fidèlement possible, après nous être confrontés au monde extérieur. Nos pulsions, désirs, instincts, eux, sont quelque chose qui travaille en nous, ils sont porteurs d’une dynamique.

Si le monde extérieur n’est pas à la source de l’apparition des images astrales, il doit y avoir des forces qui les créent. Car sans moteur, rien ne peut naître. L’image sensible est engendrée par une impression du monde extérieur. Dans le cas de l’image astrale, cette force génitrice est constituée par le fondement des désirs, des pulsions, des sentiments. Seulement, dans la vie ordinaire actuelle, pulsions et instincts n’ont pas une force si intense qu’elle puisse engendrer des images de même nature que celle du Moi : de cela, il est protégé. C’est la principale caractéristique de l’âme humaine contemporaine : pulsion et désirs n’agissent pas assez fort pour transformer en images ce que le Moi leur oppose.

Quand le Moi s’oppose aux forces puissantes du monde extérieur, il est stimulé pour engendrer des images. Si ce moi vit en lui, il n’a – chez l’homme normal – qu’une seule occasion de recevoir une image : c’est lorsque cette image est celle du Moi lui-même.
Ni pulsions ni désirs n’agissent donc suffisamment fort pour devenir des images comme celle de l’expérience du Moi. S’ils agissent assez fort, ils doivent avoir alors une caractéristique que l’on retrouve dans toutes les expériences sensibles extérieures. Cette caractéristique est d’une très grande importance. Les perceptions sensorielles ne nous font pas l’amabilité de s’adapter à nous. Si par exemple une personne habite dans une pièce où l’on entend un bruit désagréable quelconque, elle ne peut le faire disparaître par le pouvoir de ses pulsions ou de ses désirs. Personne ne peut, du seul fait d’une pulsion ou d’un désir, rendre rouge une fleur jaune parce qu’il préférerait la voir de cette couleur.

Le monde des sens a cette particularité d’apparaître absolument indépendamment de nous. Il n’en va certes pas de même pour nos pulsions, nos désirs et nos passions. Ils se conforment, eux, à notre vie personnelle. Quelle métamorphose doivent-ils donc subir pour qu’ils puissent passer au stade d’images ? Ils doivent devenir comme le monde extérieur dont ni la structure ni la forme des images sensibles ne se plient à nos désirs : le monde extérieur nous oblige à reprendre, pour l’image sensible que nous forgeons, la forme qu’il nous a donnée par l’impression.

Cette indépendance qu’a l’homme à l’égard du monde extérieur lorsqu’il élabore ses images sensibles, il doit l’avoir également vis-à-vis de lui-même de ses sympathies et antipathies personnelles pour que les images du monde astral puissent se former correctement. Ce qu’il souhaite, ce qu’il désire, ne doit avoir aucun poids. La dernière fois, je vous ai dit que l’on pouvait formuler cette règle, ainsi il faut se dépouiller de son égoïsme. Mais il ne faut pas prendre cela à la légère : il n’est pas si facile de se dépouiller de son égoïsme.
obsidienne
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Message par obsidienne le Sam 11 Mai - 0:11

Nous devons à présent considérer la chose suivante : quelle est la différence entre notre intérêt pour ce qui nous vient du dehors par rapport à ce qui nous vient de l’intérieur ?

L’intérêt que l’homme porte à sa vie intérieure est infiniment plus grand que celui qu’il accorde au monde extérieur. Vous savez certes que pour de nombreuses personnes le monde extérieur lui aussi, quand elles s’en sont fait une image, se modèle parfois sur leurs sentiments subjectifs. Car vous savez que les gens fantasment souvent dans leurs discours, même s’ils ne mentent pas et font leur récit en toute bonne foi. Il y a toujours des sentiments de sympathie et d’antipathie qui interfèrent, ils font illusion sur ce qui est réellement  donné de l’extérieur, et provoquent ainsi une altération dans la construction de l’image. Mais on peut dire que ce sont des cas exceptionnels, car l’homme arriverait rapidement dans une impasse s’il se forgeait de semblables chimères dans la vie quotidienne. Il serait en continuel déphasage avec la vie extérieure. Le seul et unique remède, c’est qu’il s’avoue la vérité à l’égard du monde extérieur, et c’est la réalité elle-même qui le corrige. Il en est ainsi avec les expériences sensorielles habituelles : la réalité extérieure est un bon régulateur. Mais elle n’est plus là lorsqu’il s’agit de nos expériences intérieures. L’homme n’y bénéficie plus si aisément de la correction offerte par la réalité extérieure : c’est pourquoi il laisse libre cours à ses désirs, à ses mouvements de sympathie et d’antipathie.

Nous devons donc nous dire : la chose essentielle que nous avons à envisager si nous voulons aborder un tant soit peu le monde spirituel. C’est d’apprendre à nous faire face de façon neutre, comme nous faisons face au monde extérieur. Dans l’antique école pythagoricienne, cette vérité était formulée sévèrement, spécialement pour un domaine important de la connaissance humaine : la question de l’immortalité. Regardez autour de vous le nombre de personnes intéressées par la question de l’immortalité !


Habituellement dans la vie, l’homme aspire à l’immortalité, à une vie en dehors de la naissance et de la mort. Mais cela relève de l’intérêt personnel, du souhait personnel. Le fait de casser un verre d’eau suscitera relativement peu d’intérêt des gens. Mais s’ils avaient un intérêt personnel pour la pérennité d’un verre d’eau même cassé, de même qu’ils ont un intérêt pour l’immortalité de l’âme humaine, vous pouvez alors être sûr que la plupart croiraient également en l’immortalité du verre d’eau.

C’est pourquoi, dans l’école pythagoricienne, on formulait l’exigence en question de la façon suivante : seul est mûr pour connaître la vérité au sujet de l’immortalité celui qui pourrait tout aussi bien supporter que le contraire soit vrai, qui pourrait supporter que la réponse sur la réalité de l’immortalité soit « non ». Selon les maîtres des antiques écoles pythagoriciennes, si l’on veut affirmer soi-même quelque chose au sujet de l’immortalité dans le monde spirituel, il ne faut pas aspirer à l’immortalité, car tant que persiste ce désir, ce que l’on dit n’est pas objectif. Et tous les jugements fondés, relatifs à la vie au-delà de la naissance et de la mort, ne peuvent émaner que de ceux qui seraient capables de se coucher sereinement dans la tombe même s’il n’y avait pas d’immortalité. On disait cela aux élèves des antiques écoles pythagoriciennes pour qu’ils comprennent bien la difficulté d’acquérir la maturité nécessaire pour accéder à une vérité quelconque.

Il faut une préparation très particulière avant d’être mûr pour une vérité et l’affirmer soi-même. Cette préparation consiste en une approche totalement désintéressée de la vérité considérée. En ce qui concerne l’immortalité, on peut dire : il est absolument impossible qu’un grand nombre de personnes aient ce désintéressement envers l’immortalité. Il ne peut pas y en avoir beaucoup. On peut parler de réincarnation et de l’éternité de l’existence humaine à ceux qui ne sont pas désintéressés. Recevoir la vérité, et s’en servir pour un usage personnel dans sa vie, tout le monde le peut, même ceux qui n’ont pas à énoncer eux-mêmes cette vérité. On peut ne pas se sentir mûr, mais ce n’est pas une raison pour ne pas accueillir la vérité. Au contraire, pour ce dont on a besoin dans l’existence, il est parfaitement suffisant de recevoir la vérité, et de placer la vie à son service.

Mais quelle est la contre-image nécessaire de ce geste d’accueil de la vérité ? On peut certes la recevoir, même si la maturité nous manque. La contre-image nécessaire est celle-ci : De même que nous recherchons la vérité, par un désir de tranquillité, de satisfaction, d’assurance dans la vie, de même nous devons effectuer un travail intérieur de maturation pour approcher la vérité, et apporter beaucoup de soin à notre définition personnelle des vérités supérieures, ces vérités qui ne peuvent être établies que dans le monde spirituel.

Il ressort de cela un principe important pour notre vie spirituelle. Accueillons avec sensibilité tout ce dont nous avons besoin. Mettons-le en application dans notre vie. Mais soyons aussi méfiants que possible envers notre propre élaboration des vérités, surtout celles qui concernent nos expériences astrales. Gardons-nous donc avant tout d’une chose : utiliser ces expériences astrales dans un domaine pour lequel il nous est impossible de ne pas avoir d’intérêt : celui de notre propre vie.

Supposons qu’une personne, par son développement astral, ait acquis la maturité nécessaire pour dire ce que sera son destin le lendemain, ce qu’elle vivra. Il s’agit d’une expérience personnelle, or il faut se garder de scruter le livre de sa vie personnelle car il est impossible de n’y voir aucun intérêt. On pourrait dire un peu vite pourquoi dont les clairvoyants n’investiguent-il pas très précisément le moment de leur propre mort ? Parce qu’ils ne peuvent jamais être complètement désintéressés par rapport à cet événement, ils doivent repousser loin d’eux tout ce qui se rapporte à leur propre personne. Tout ce qui ne se rapporte pas à sa propre personne peut être investigué dans les mondes spirituels avec une validité objective des résultats. On ne peut pas énoncer des données objectives là où existe un intérêt personnel. Qui veut donc se limiter à établir des faits objectifs, des faits vrais en dehors de tout intérêt personnel, ne peut pas parler, à partir d’investigations ou d’impressions d’un monde supérieur, de quelque chose qui le concerne lui-même. S’il y a des faits qui le concerne lui-même, il doit être tout à fait sûr qu’il ne les a pas introduits pour répondre à ses propres intérêts. Mais il est alors extraordinairement difficile de parvenir à déterminer si c’est ou non par intérêt personnel que l’on a introduit telle donnée nous concernant.

Vous voyez donc qu’il doit y avoir un principe de base pour tout travail d’approche du monde spirituel rien de ce qui se rapporte à notre personnalité ne doit être tenu pour déterminant. Il faut exclure totalement notre personnalité. J’ajoute seulement que cette exclusion de la propre personnalité est extraordinairement difficile, que l’on croit souvent l’avoir faite alors que ce n’est pas du tout le cas. C’est pourquoi la plupart des images astrales captées pour telle ou telle personne ne sont rien d’autre qu’une sorte de reflet de ses propres vœux et passions. Tant que l’on est assez fort en esprit pour se dire « Tu dois te méfier de tes propres expériences spirituelles », ces dernières ne peuvent avoir aucun effet négatif. Mais si l’on ne possède pas cette force, si l’on prend ses expériences comme références pour sa vie, on commence à être désorienté. C’est comme si on essayait de sortir d’une pièce sans porte, courant se frapper là tête contre le mur. C’est pourquoi il faut toujours respecter ce précepte : être extrêmement prudent avec l’examen de ses propres expériences supra-sensibles. Et cette prudence doit en fait aller jusqu’à n’accorder à ses expériences personnelles qu’une valeur de connaissance, d’information : loin de les prendre pour guides dans notre vie personnelle, il faut les considérer comme une simple information. Si on les approche avec ce sentiment : « Tu veux seulement avoir une information ! », c’est bien, car c’est une attitude qui permet de corriger notre appréciation, dès que paraît une représentation opposée.

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