Histoire occulte : Epopée de Gilgamesh

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Message par obsidienne le Jeu 9 Mai - 12:43

Livre de Rudolf Steiner : Histoire Occulte. Considérations ésotériques.

Première conférence, Stuttgart, 27 décembre 1910.


Intervention d’êtres spirituels dans l’évolution humaine. Mythes et légendes. Les différentes époques de civilisation ; rapports entre la troisième et la quatrième époques. Epopée de Gilgamesh. Alexandre et Aristote. La civilisation d’Alexandrie. Hypatie.

Quand il s’agit de la Science de l’Esprit, les vérités, les connaissances, deviennent d’autant plus difficiles à saisir que l’on passe des notions générales aux faits concrets. Vous avez déjà pu le remarquer, dans différents groupes de travail, lorsqu’on s’est efforcé de donner des indications historiques, par exemple sur les réincarnations du grand guide de la religion perse, Zarathoustra, et lorsqu’on a parlé du lien de Zarathoustra avec Moïse, avec Hermès et aussi avec Jésus de Nazareth. En d’autres occasions encore, des questions historiques concrètes ont déjà été abordées.

Nous avons dû passer de sujets à propos desquels le cœur humain accepte assez facilement telle ou telle chose surprenante, à des domaines qui paraissent remplis d’invraisemblances, lorsqu’on quitte les grandes vérités au sujet d’un monde tissé et imprégné d’esprit, les grandes lois cosmiques, pour parler d’une individualité particulière, d’une personnalité précise.

Chez les êtres insuffisamment préparés, c’est en général devant ce fossé entre les vérités d’ordre général et les vérités particulières que commence l’incrédulité.
Or, dans ces conférences, sur l’histoire occulte, pour lesquelles l’étude d’aujourd’hui doit être une manière d’introduction, et qui auront trait à des personnalités et à des faits historiques envisagés à la lumière de la Science de l’Esprit, j’aurai beaucoup de choses surprenantes à vous dire. Vous entendrez pas mal de choses étranges qui devrons, pour être acceptées, faire appel à votre bonne volonté, cette bonne volonté qu’ont suscitée les connaissances de la science spirituelle enseignées au cours de ces dernières années. Car le fruit le plus beau, le plus important, que nous recueillons de notre conception spirituelle du monde, c’est que quelque compliquées, quelque détaillées que soient les connaissances que nous acquérons, ce n’est pas un simple ensemble de dogmes que nous possédons à la fin, mais un élan intérieur qui conduit notre cœur au-delà du point atteint par tout autre conception du monde.

Ce ne sont ni les dogmes, ni des règles, ni un simple avoir que nous acquérons, mais nos connaissances font de nous d’autres hommes. Sous un certain rapport, ce qu’il convient d’apporter à cette partie de Science de l’Esprit que nous allons aborder, ce n’est pas une compréhension intellectuelle mais une compréhension de l’âme. Cette compréhension de l’âme, en bien des endroits, devra être prête à recevoir des explications abusives qui deviendraient lourdes, voire grossières, si on voulait leur donner un aperçu du fait que, dans tout le développement historique de l’humanité au cours des différents millénaires et jusqu’à nos jours, derrière tous les événements de l’évolution humaine, se tiennent des êtres spirituels, des individualités spirituelles, qui conduisent, qui guident. Je voudrais montrer que, pour réaliser les événements historiques les plus importants, tel ou tel homme avec toute son âme, avec tout son être, apparaît comme l’instrument d’individualités agissant consciemment à l’arrière-plan. Mais il nous faut assimiler de nombreuses notions que nous n’avons pas dans la vie ordinaire, si nous voulons saisir les liens merveilleux et cachés qui relient, dans l’histoire, les faits intérieurs aux fait ultérieurs.

Si vous vous rappelez un certain nombre de choses qui ont été dites au cours des années précédentes, votre âme pourra comprendre que, dans des temps très anciens, et aussi pendant les civilisations post-atlantéennes, - Il suffit de remonter à quelques millénaires avant notre ère -, les hommes avaient des états de clairvoyance plus ou moins normaux. Entre ce que nous appelons aujourd’hui l’état de veille objectif, limité au monde physique, et l’état de sommeil inconscient avec le royaume confus des rêves, il existait un état de conscience grâce auquel l’homme plongeait dans une réalité spirituelle. Nous savons que ce que tant de savants, qui inventent scientifiquement des mythes et des légendes, attribuent à l’imagination poétique populaire, remonte en vérité à une ancienne clairvoyance, à un état clairvoyant de l’âme humaine qui, à cette époque, derrière l’existence physique, a vu les choses et les être, et les a évoqués sous forme de mythes, de contes et de légendes. Ainsi, dans les mythes, légendes, comtes anciens et authentiques, nous pouvons trouver plus de connaissances, plus de sagesse et de vérité que dans notre érudition abstraite et notre science actuelles.

C’est donc un homme véritablement clairvoyant que notre regard spirituel rencontre quand il remonte vers les temps très anciens et nous savons que cette clairvoyance s’est progressivement perdue dans les différents peuples, à diverses époques. Aujourd’hui, dans la conférence que j’ai faite pour la fête de Noël, j’ai même fait remarquer qu’en Europe des restes de l’ancienne clairvoyance ont persisté dans une large mesure relativement tard.

L’extinction de la clairvoyance et l’apparition d’une conscience limitée au plan physique se sont produites à des époques différentes pour chaque peuple.

Vous pouvez maintenant vous représenter qu’au cours des périodes de civilisation qui ont suivi la grande catastrophe atlantéenne, au cours des civilisations proto-hindoue, proto-perse, égypto-chaldéenne, gréco-latine et au cours de la nôtre, les hommes ont dû agir de façons les plus diverses sur le plan de l’histoire mondiale parce qu’ils étaient reliés de façons diverses au monde spirituel. Quand nous retournons à l’époque perse ou, encore à l’époque égypto-chaldéenne, nous voyons pour ainsi dire s’élever dans les mondes spirituels ce que l’homme sentait et vivait dans osn âme, et des puissances spirituelles agir dans son âme. Ce lien vivant entre l’âme humaine et les mondes spirituels ne cessa pour l’essentiel qu’à la quatrième époque, l’époque gréco-latine, et ce n’est qu’à notre époque qu’il a entièrement disparu. Pour l’histoire extérieure, il n’existe aujourd’hui que là où, par des moyens accessibles aux hommes actuels, on cherche consciemment à rétablir ce lien entre la vie de l’âme humaine et les mondes spirituels. Ainsi donc aux temps anciens, quand l’homme regardait dans son âme, il constatait que cette âme recelait ce qu’elle avait appris dans le monde physique, ce qu’elle avait pensé au sujet des choses du monde physique, mais aussi que vivait en elle, directement, ce que nous avons par exemple décrit comme des hiérarchies spirituelles, au-dessus de l’homme, dans les mondes spirituels. Elles agissaient en se servant de l’âme humaine comme d’un instrument sur le plan physique et les hommes se savaient reliés à ces individualités des hiérarchies supérieures. Quand nous dirigeons notre regard vers l’époque égypto-chaldéenne, - nous pouvons prendre des époques encore plus anciennes -, nous trouvons des hommes qui sont, pour ainsi dire, des personnalités historiques ; mais nous ne les comprenons pas, si nous les considérons comme des personnalités historiques au sens actuel du mot.

Quand nous parlons aujourd’hui de personnalités historiques, nous qui appartenons à une époque matérialiste, nous sommes convaincus que les actes, les décisions de ces hommes influent seuls sur le cours de l’histoire. Au fond nous ne pouvons guère comprendre de cette manière que les personnalités des trois derniers millénaires ; c’est-à-dire tout au plus celles qui ont vécu au cours du millénaire qui a précédé le Christ, et des deux mille ans de l’ère chrétienne où nous sommes encore. Platon, Socrate, peut-être aussi Thalès et Périclès, nous pouvons encore à la rigueur les considérer comme semblables à nous. Mais si l’on remonte plus loin dans le passé, il devient impossible de comprendre les hommes par analogue avec ceux d’aujourd’hui. On ne peut comprendre ainsi ni l’égyptien Hermès, le grand instructeur de la civilisation égyptienne, ni Zarathoustra, ni Moïse. Quand nous remontons au-delà du millénaire qui précède l’ère chrétienne, nous devons déjà compter avec le fait que partout où il est question de personnalités historiques, des individualités plus hautes, celles des hiérarchies supérieures se tiennent derrière elles ; elles en sont « possédées », dans le meilleur sens du terme évidemment. Un phénomène singulier se manifeste sans la connaissance duquel on ne peut comprendre le cours de l’histoire.

Nous avons distingué cinq époques jusqu’à nos jours. Nous avons ainsi la première civilisation post-atlantéenne, qui remonte loin dans les millénaires, c’est l’époque proto-hindoue ; nous avons la deuxième : l’époque proto-perse ; la troisième : l’égypto-chaldéenne ; la quatrième : la gréco-latine ; et la cinquième : notre propre époque. Déjà quand nous remontons du caractère de la civilisation gréco-latine à celui de la civilisation égyptienne, nous devons passer d’une considération purement humaine de l’histoire, telle qu’elle peut encore à la rigueur nous servir pour les figures du monde grec jusqu’à l’époque des héros, à une tout autre manière d’observer : nous devons commencer à chercher, derrière les individus, les puissances spirituelles qui sont supra-personnelles et qui se servent des personnalités comme d’instruments. Ces individualités spirituelles, nous devons les saisir par le regard de l’âme, pour voir formellement un homme qui est sur le plan physique, et un être des hiérarchies supérieures qui agit derrière lui et le met à la place qu’il doit occuper dans l’évolution de l’humanité.

De ce point de vue, il est déjà intéressant d’aborder les rapports entre les événements particulièrement importants, les faits historiques déterminants de l’époque égypto-chaldéenne et de l’époque gréco-latine. Ces deux civilisations successives nous ramènent jusque vers les années 2800, 3200, jusqu’à 3500 avant notre ère, donc relativement pas si loin de nous. Cependant, nous ne saisirons ce qui s’est passé là, ce que l’histoire ancienne ne fait qu’énoncer, nous ne le comprendrons que lorsque, derrière les personnages historiques, nous distinguerons les individualités supérieures. Mais alors nous découvrons que tous les événements importants de cette troisième époque se répètent en quelque sorte au cours de la quatrième, l’époque gréco-latine. C’est presque comme si, ce qui dans l’époque précédente s’expliquait par des lois supérieures, se soumettait, dans la suivante, aux lois du monde physique ; comme si tout cela était descendu d’un degré, s’était matérialisé, était devenu plus physique. Les grands événements de l’époque précédente semblent se refléter dans le monde physique.
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Message par obsidienne le Jeu 9 Mai - 12:47

Dans l’introduction que je vais faire aujourd’hui, je voudrais montrer comment, dans un mythe remarquable, un des faits les plus importants de l’époque égypto-chaldéenne se trouve exprimé, et comment ensuite cet événement se reflète, mais transposé d’un degré, dans l’époque gréco-latine. Ce sont donc deux faits parallèles, reliés entre eux par un lien occulte, que je voudrais présenter : l’un sur un plan pour ainsi dire d’un demi-degré plus élevé, l’autre sur le plan entièrement physique, mais comme une sorte de reflet physique d’un événement spirituel de l’époque précédente. Ce n’est qu’à travers les mythes que l’humanité a pu raconter extérieurement de tels événements, dans lesquels interviennent les forces des hiérarchies supérieures. Mais nous verrons ce qui en fait se trouve derrière ce mythe qui nous décrit l’événement le plus remarquable des temps chaldéens. Nous n’exposerons que les traits principaux de ce mythe.

Ce mythe dit ce qui suit : Il y avait une fois un grand roi du nom de Gilgamesh. Déjà le nom même indique à celui qui connaît le caractère des noms que nous n’avons pas simplement affaire à un roi physique mais à une divinité présente derrière lui, à une individualité spirituelle par qui le roi d’Erck était « possédé », et qui agissait à travers lui. Nous avons donc affaire à ce que, dans un sens tout à fait réel, nous appelons un Homme-Dieu. On nous raconte qu’il opprimait la ville d’Erek. La ville d’Erek se tourne vers sa divinité, Aruru, et cette divinité fait sortir un héros de la terre elle-même pour venir en aide à la ville.
Voilà donc les images de ce mythe ; nous verrons la profondeur des événements historiques qui se cachent dans ce mythe. La divinité fait surgir de la terre Eabani, une sorte d’être humain qui, par rapport à Gilgamesh, apparaît comme un être inférieur, car il est dit qu’il porte des peaux de bêtes et est lui-même recouvert de poils, que c’est un sauvage. Mais dans ce caractère sauvage vivait une âme imprégnée de divinité, une clairvoyance ancienne, un savoir clairvoyant, une ancienne connaissance clairvoyante.

Eabani fit la connaissance d’une femme d’Erek et fut ainsi introduit dans la ville. Il devint l’ami de Gilgamesh et de cette façon ramena la paix dans la ville. Gilgamesh et Eabani régnèrent alors ensemble, tous les deux. Alors la déesse de la ville, Ishtar, fut enlevée par une ville voisine. Gilgamesh et Eabani entreprirent une campagne contre la ville coupable du rapt. Ils vainquirent le roi et ramenèrent la déesse. Maintenant la déesse est revenue à Erek, Gilgamesh se trouve face à elle et là nous constatons le fait singulier que Gilgamesh n’a aucune compréhension de la nature propre de la déesse de la ville. Une scène se déroule alors qui nous rappelle immédiatement une scène analogue de l’Evangile de Jean : Gilgamesh se tient devant Ishtar. Mais il se conduit tout autrement que le Christ Jésus. Il reproche à la déesse d’avoir aimé beaucoup d’autres hommes avant de l’avoir rencontré. Il lui reproche en particulier sa relation avec le dernier. Là-dessus elle va se plaindre à la divinité, à l’entité des hiérarchies supérieures à laquelle elle, la déesse de la ville, est rattachée : elle va trouver Anou. Anou envoie un taureau sur la terre et Gilgamesh doit le combattre. Celui qui se souvient de Mithra combattant le taureau fera là le rapprochement avec ce taureau envoyé par Anou et que doit combattre Gilgamesh. Tout ces événements, - nous verrons quelles profondeurs ils recèlent quand nous expliqueront le mythe – ont fait qu’entretemps Eabani est mort. Maintenant Gilgamesh est seul. Une pensée lui vient qui tourmente son âme. Sous l’impression des expériences par lesquelles il est passé, lui vient la pensée, pour la première fois consciente, que l’homme est mortel. Cette pensée, qu’il n’avait auparavant jamais prise en considération, surgit devant son âme dans toute son horreur. Et il apprend qu’un seul homme terrestre est resté immortel alors que tous les autres, pendant la période post-atlantéenne, ont pris conscience de la mortalité. Il entend parler de l’immortel Xisuthros qui vit au loin, à l’ouest. Parce qu’il veut percer le mystère de la vie et de la mort, il entreprend le difficile voyage vers l’ouest. Dès aujourd’hui, je peux dire que ce voyage vers l’ouest n’est autre que la recherche des mystères de l’ancienne Atlantide, de ce qu’il y avait avant la grande catastrophe atlantéenne.

Gilgamesh entreprend le voyage dans ce but. Il est très intéressant qu’il ait à passer par une porte gardée par des Géants-Scorpions, que l’esprit le conduise dans le royaume de la mort, qu’il pénètre dans le royaume de Xisuthros et que dans ce royaume de xisuthros il apprenne que de plus en plus, pendant la période post-atlantéenne, tous les hommes devront être pénétrés de la conscience de la mort. Il demande alors à Xisuthros d’où lui vient la connaissance du noyau éternel de son être, pourquoi il est si intimement pénétré de la conscience de son immortalité. Alors Xisuthros lui dit : « Tu peux aussi acquérir cette conscience mais tu dois pour cela, comme je l’ai fait moi-même, traverser et surmonter la crainte, la peur et la solitude.

Quand le dieu Ea eut décidé – dans ce que nous appelons la catastrophe atlantéenne – de faire succomber la partie de l’humanité qui ne devait pas survivre, il m’ordonna de me retirer dans une sorte de bateau. Je devais y faire entrer les animaux destinés à survivre ainsi que ces individualités qui sont appelées véritablement les Maitres. C’est avec ce bateau que j’ai survécu à la grande catastrophe. » Voilà ce que Xisuthros raconta à Gilgamesh et il ajouta : « Ce qui s’est passé là, tu ne peux le revivre qu’intérieurement. Mais tu peux ainsi arriver à la conscience de l’immortalité si tu t’abstiens de dormir pendant sept nuits et six jours. » Gilgamesh voulut se soumettre à cette épreuve mais il s’endormit très rapidement. Alors la femme de Xisuthros fit cuire sept pains mystiques qui devaient remplacer, lorsqu’ils étaient mangés, ce qui aurait du être conquis pendant les sept nuits et les six jours. Gilgamesh, muni de cette sorte d’élixir de vie, reprit sa route. Il passa par une sorte de bain de jouvence et arriva de nouveau aux rivages de son pays, aux environs de l’Euphrate et du Tigre. Mais la force de l’élixir de vie lui fut ravie par un serpent et il revint dans son royaume sans l’élixir de vie, avec toutefois la conscience qu’il existe une immortalité et la nostalgie de voir au moins l’esprit d’Eabani. Celui-ci lui apparut réellement et la conversation qui s’engagea alors nous révèle comment, pendant la civilisation égypto-chaldéenne, la conscience du lien avec le monde spirituel pouvait être éveillée. Il est important, ce lien de Gilgamesh et Eabani.

Je vous ai, pour ainsi dire, présenté les images d’un mythe, du mythe remarquable de Gilgamesh, du mythe qui va nous conduire aux profondeurs spirituelles reposant derrière l’époque chadéo-babylonienne. J’ai évoqué ces images parce qu’elles vous présentent deux individualité : l’individualité d’un être qui a pris en lui une entité spirituelle divine : gilgamesh – et une autre qui est plus un être humain, que nous pourrions appeler une « âme jeune », qui n’a encore vécu que peu d’incarnations et qui, de ce fait, a pu apporter une ancienne clairvoyance dans des temps avancés : Eabani.

Extérieurement, cet Eabani nous est présenté comme vêtu de peaux de bêtes. C’est ainsi que nous est signifié son caractère sauvage. Mais précisément, à travers cet élément sauvage, il est encore doué d’une ancienne clairvoyance d’une part, et, d’autre part, il est une âme jeune qui a vécu beaucoup moins d’incarnations que d’autres âmes qui étaient alors à la pointe de l’évolution. Gilgamesh se présente comme une individualité mûre pour l’initiation, mais qui n’a plus pu atteindre cette initiation, car son chemin vers l’ouest est le chemin d’une initiation qui n’a pas pu arriver à son terme. Nous voyons d’une part Gilgamesh, le fondateur de la civilisation chaldéo-babylonienne et, agissant derrière lui, une entité spirituelle divine, une sorte d’Esprit du Feu, et ensuite, à ses côtés, une autre individualité, une âme jeune : Eabani, une individualité qui n’est descendue que tardivement vers l’incarnation terrestre. Si vous lisez « La science de l’Occulte », vous verrez que les individualités ne sont redescendues que peu à peu des planètes. De l’échange de ce que deux êtres avaient, dépend la civilisation chaldéo-babylonienne et nous verrons que toute la civilisation chaldéo-babylonienne est un résultat de ce qui vient de Gilgamesh et Eabani. La clairvoyance de l’homme divin, Gilgamesh, et la clairvoyance de l’âme jeune, Eabani, se déversèrent dans la civilisation chaldéo-babylonienne. Cette association de deux êtres agissant l’un à côté de l’autre, se reflète plus tard, dans la quatrième époque de civilisation, la gréco-latine, cette fois sur le plan physique. Nous n’arriverons évidemment que progressivement à comprendre un tel phénomène de réflexion. Un événement de nature plus spirituelle se reflète ainsi sur le plan physique alors que l’humanité est déjà descendue très loin et que la personnalité humaine ne ressent plus son appartenance au monde spirituel divin.

Ces secrets du monde spirituel divin étaient gardés dans les lieux de Mystères. Ainsi, par exemple, bien des secrets anciens et sacrés relatifs à l’union de l’âme humaine avec les mondes spirituels divins étaient conservés dans le Mystère de Diane d’Ephèse et dans le temple d’Ephèse. On y enseignait encore bien des choses qu’une époque orientée vers le développement de la personnalité humaine ne pouvait plus guère comprendre. Et, comme un témoignage de cette incompréhension d’une personnalité fermée au monde spirituel, se dresse la figure à demi-mythique d’Erostrate qui ne voit que l’aspect le plus extérieur de la personnalité, Erostrate qui jette la torche dans le temple du sanctuaire d’Ephèse. Ce fait est un témoignage du choc de la personnalité avec ce qui restait de la spiritualité des temps anciens. Et le jour même où, dans le seul but de léguer son nom à la postérité, un homme jette la torche dans le temple du sanctuaire d’Ephèse, le même jour, naît l’homme qui a le plus fait pour la civilisation de la personnalité sur le terrain même où la pure civilisation de la personnalité devait être dépassée : Erostrate jette la torche le jour même où naît Alexandre le Grand qui est toute personnalité. Ainsi Alexandre le Grand apparaît comme la projection de Gilgamesh.

Et cela recèle une profonde vérité. Tel la silhouette de Gilgamesh, Alexandre le grand se tient à la quatrième époque, la gréco-latine, comme la projection d’un être spirituel sur le plan physique. Et, projeté sur le plan physique, Eabani, c’est Aristote, le maître d’Alexandre le Grand. Aussi étrange que ce soit : Alexandre et Aristote sont l’un à côté de l’autre comme Gilgamesh et Eabani. Et nous voyons pour ainsi dire comment, dans le premier tiers de l’époque gréco-latine, Alexandre le Grand rapporte, mais cette fois selon les lois du plan physique, ce que Gilgamesh avait donné à la civilisation chaldéo-babylonienne.
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Message par obsidienne le Jeu 9 Mai - 12:49

Un fait le marque de manière admirable, c’est que, continuant l’œuvre d’Alexandre le grand, fut fondée Alexandrie, sur les lieux qui furent la scène de la civilisation égypto-chaldéenne, là où la troisième époque, égypto-chaldéo-babylonienne, s’était si magistralement développée. Et tout devait se retrouver dans ce centre de culture d’Alexandrie. Peu à peu y affluent tous les courants de civilisation de la période post-atlantéenne qui devaient se rencontrer. Comme dans un centre, ils se rejoignent à Alexandrie, à l’endroit qui avait été le lieu d’expression de la troisième époque de civilisation, mais cette fois avec le caractère de la quatrième époque. Et Alexandrie survit à l’installation du christianisme. C’est à Alexandrie en effet que se manifestent d’abord les choses les plus importantes de la quatrième époque de civilisation, alors que le christianisme est déjà là. De grands savants y sont actifs et les trois courants les plus importants de l’époque s’y rejoignent : l’ancien courant grec-païen, le courant chrétien et le courant mosaïque hébraïque. Ils étaient présents ensemble à Alexandrie et agissaient pêle-mêle. Et il est impensable que la culture d’Alexandrie, qui est tout entière construite sur la personnalité, ait pu être inaugurée autrement que par l’être inspiré par la personnalité que fut Alexandre le Grand. Désormais grâce à Alexandrie, ce centre de culture, tout ce qui auparavant était supra-personnel, tout ce qui dans la personnalité humaine était encore uni avec les mondes spirituels supérieurs, prit un caractère personnel. Les personnalités que nous y trouvons ont pour ainsi dire tout en elles. Nous voyons de moins en moins les puissances des hiérarchies supérieures les diriger et agir à leur place. Tous les sages et les philosophes qui ont agi à Alexandrie représentent l’ancienne sagesse entièrement transposée dans la personnalité humaine. Partout s’exprime le personnel. C’est la particularité. Alors que l’ancien paganisme n’expliquait les choses que par la descente des dieux sur terre et leur union avec les « filles des hommes » pour engendrer des héros, tout cela est transposé à Alexandrie dans la force agissante personnelle de l’homme.

Et ce que le judaïsme, la culture mosaïque a pris comme formes à Alexandrie, on peut le voir dans les temps où le christianisme était déjà présent. Il ne reste plus rien de cette conception d’un lien unissant le monde des hommes au monde spirituel telle qu’elle existait au temps des prophètes et telle qu’on pouvait encore la trouver dans les deux derniers siècles qui ont précédé notre ère : dans le judaïsme aussi, tout est devenu personnel. On trouve des hommes profondément versés dans les secrets des anciennes connaissances occultes, mais tout est devenu personnel. Ce sont des personnalités qui agissent à Alexandrie. Et on pourrait dire qu’à Alexandrie, le christianisme passe par son « âge ingrat ».

Le christianisme, qui est appelé à toujours plus élever vers l’impersonnel ce qui est personnel dans l’homme, prit cependant à Alexandrie une force particulière. Les personnalités chrétiennes agissaient notamment de telle façon que l’on a souvent l’impression suivante : elles anticipent dans leurs actes les comportements ultérieurs d’évêques et d’archevêques qui agiront de manière purement personnelle. C’est ainsi qu’à agit l’archevêque Théophile au quatrième siècle, de même que son successeur et parent, Saint Cyrille. Nous ne les connaissons que par leurs faiblesses humaines. Le christianisme qui est censé apporter à l’humanité la chose la plus grande apparaît d’abord dans ses plus grandes faiblesses et sous son aspect personnel. Mais à Alexandrie un symbole devait surgir devant toute l’évolution de l’humanité.

Nous avons à nouveau là une projection sur le plan physique extérieur de quelque chose qui fut autrefois plus spirituel. Dans les anciens Mystères orphiques, il y avait une remarquable personnalité, initiée aux secrets de ces Mystères. C’était l’un des plus sympathiques, des plus intéressants disciples des anciens Mystères orphiques grecs. Il avait été préparé tout particulièrement par un certain enseignement secret celtique reçu dans des incarnations antérieures et avait cherché avec une profonde ferveur, les secrets des mystères orphiques. Or les disciples de ces Mystères devaient revivre dans leur propre âme ce que décrit le mythe de Dionysos Zagreus qui fut déchiqueté par les Titans, mais dont le corps fut élevé par Zeus à une vie plus haute. Les Orphiques devaient vivre comme une expérience humaine individuelle le fait que l’homme qui suit une certaine voie de Mystère se répand pour ainsi dire dans le monde extérieur son être entier est morcelé et il cesse de se trouver en lui-même.

Alors que de manière habituelle nous ne prenons connaissance que de façon abstraite des animaux, des plantes, des minéraux, parce que nous restons en dehors d’eux, celui qui veut acquérir une véritable connaissance au sens occulte doit s’exercer à se sentir vivre dans les animaux, les plantes, les minéraux, dans l’air et l’eau, dans les sources et les montagnes, dans les pierres et les étoiles, dans les autres hommes, comme s’il ne faisait qu’un avec eux. Et cependant un Orphique devait développer une grande force d’âme, intérieurement, pour triompher du morcellement dans le monde extérieur en se retrouvant comme individualité ferme en elle-même. Cela appartenait précisément aux plus hauts secrets initiatiques que l’on pouvait vivre, quand ce que je vous ai décrit devenait une expérience humaine. Et de nombreux disciples des Mystères orphiques ont eu de telles expériences, ils ont vécu de cette façon le morcellement dans le monde et ont ainsi passé par l’aspect le plus élevé de ce qui pouvait être vécu dans les temps pré-chrétiens comme une sorte de préparation au christianisme.

Parmi les disciples des Mystères orphiques, se trouvait entre autres la personnalité sympathique à laquelle je faisais allusion, dont le nom n’est pas passé à la postérité mais qui se révèle nettement comme un disciple des Mystères Orphiques. Déjà comme jeune homme et au cours des longues années, cette personnalité fut étroitement liée à tous les Orphiques grecs.

Elle a vécu a l’époque qui précéda la philosophie grecque et que les livres d’histoire de la philosophie ne mentionnent plus. Car ce qui est décrit avec Thalès et Héraclite est un écho de ce que les disciples des Mystères avaient auparavant vécu à leur manière. A ces disciples des Mystères appartient celui dont je vous parle. Il eut à son tour comme disciple Phérécyde de Syros dont il fut question l’an dernier dans le cycle de Munich : « L’Orient à la lumière de l’Occident ».

Voyez-vous, cette individualité qui se manifesta dans ce disciple des Mystères orphiques, nous la trouvons, par la recherche dans la Chronique de l’Akasha, réincarnée au quatrième siècle de l’ère chrétienne. Nous la trouvons, dans cette réincarnation, au milieu du mouvement des cercles d’Alexandrie, où, de la manière la plus remarquable, elle transforme les secrets orphiques en expériences personnelles. Il est extraordinaire de voir comment, dans cette incarnation, tout est transformé en expérience personnelle. Nous voyons cette individualité renaître à la fin du quatrième siècle de l’ère chrétienne comme la fille d’un grand mathématicien, Théon. Nous pouvons voir comment toutes les expériences que l’on peut faire dans les Mystères orphiques revivent dans son âme en tant que conception des grands et lumineux rapports mathématiques du monde. C’était devenu maintenant un talent personnel, une faculté personnelle. Et elle avait recherché un père mathématicien pour que, grâce à l’hérédité, ses facultés fussent encore plus personnellement ancrées.

Ainsi plongeant dans l’époque où l’homme était encore relié au monde spirituel, notre regard découvre cette personnalité dans les Mystère orphiques, puis retrouve son reflet parmi ceux qui enseignaient à Alexandrie à la limite du quatrième siècle et du cinquième siècle. Or cette individualité n’avait encore rien accepté de ce qui, pourrait-on dire, aveuglait les hommes d’alors sur les côtes d’ombre du christianisme naissant. L’écho des Mystères orphiques était trop grand dans cette âme pour qu’elle puisse être éclairée par cette autre lumière, le nouvel événement christique. Ce qui s’exprimait autour d’elle en fait de christianisme, comme chez Théophile et Cyrille, était tel, en vérité, que cette individualité orphique qui avait pris maintenant un caractère personnel avait à dire et à donner quelque chose de plus grand et de plus rempli de sagesse que ceux qui répandaient le christianisme à Alexandrie à ce moment-là.

Théophile et Cyrille étaient animés de la haine la plus vive contre tout ce qui n’était pas chrétien dans le sens ecclésiastique étroit où ces deux archevêques en particulier le concevaient. Le christianisme avait trouvé en eux un tel caractère entièrement personnel que ces deux archevêques employaient des mercenaires. On enrôlait partout des hommes pour former des troupes de protection des archevêques. C’est le pouvoir, au sens le plus personnel, qui leur importait. Et ce qui les animait, c’était la haine de tout ce qui venait des temps anciens et qui pourtant était plus grand que la forme caricaturale sous laquelle apparaissait le nouveau. La haine la plus profonde vivait chez ces dignitaires chrétiens d’Alexandrie contre l’individualité de l’Orphique réincarné. Et c’est pourquoi, il ne faut pas s’étonner que cette individualité orphique réincarnée ait été accusée de magie noire. Cela suffit à exciter toute la populace constituée par les mercenaires contre la figure noble et éminente de l’ancien disciple des Mystères orphiques. Cette personne était encore jeune, et, malgré son jeune âge, malgré toutes les difficultés qu’imposaient alors à une femme de longues études, elle s’était élevée jusqu’à la lumière qui se répandait sur toute la sagesse et la connaissance de son temps. Et c’était vraiment une chose admirable de voir Hypatie, car tel était le nom de l’Orphique réincarné, enseigner dans ses cours à Alexandrie la sagesse la plus pure, la plus lumineuse à des auditeurs enthousiastes. Elle avait attiré non seulement d’anciens païens mais aussi des chrétiens à l’esprit éclairé et profond comme Synésius. Elle exerça une influence très importante et on avait l’impression que l’ancienne sagesse païenne d’Orphée renaissait dans la personnalité d’Hypathie.

Et c’est vraiment d’une manière symbolique qu’agit le karma des mondes ; ce qui constituait le secret de son initiation apparut vraiment comme projeté, reflété sur le plan physique. Et nous touchons à un événement qui fut symboliquement actif et significatif dans beaucoup de ce qui se passa dans les temps historiques. Nous touchons à un événement qui n’est en apparence qu’un martyre mais qui, en fait, est un symbole dans lequel s’expriment des forces et des significations spirituelles.

La fureur de ceux qui entouraient l’archevêque d’Alexandrie se déversa sur Hypatie un jour de mars de l’année 415. On voulait anéantir sa puissance, sa puissance spirituelle. Les hordes les plus incultes, les plus sauvages furent entraînées, même des environs d’Alexandrie, et on s’empara par ruse de la jeune orpheline. Alors qu’elle montait sur son char, à un signal donné, ils lancèrent sur elle leur gens qui lui arrachèrent ses vêtements, la traînèrent dans une église et là, lui arrachèrent littéralement la chair des os ; ils la dépecèrent et la mirent en pièces, et les morceaux de son corps furent encore traînés dans la ville par ces masses complètement déshumanisées par leurs passions avides. Tel fut le destin de la grande philosophe Hypatie.

De manière symbolique, peut-on dire, une chose est indiquée, là qui est profondément liée à la fondation d’Alexandrie par Alexandre le Grand bien que l’événement ait eu lieu longtemps après la fondation de la ville. Dans cet événement se reflètent d’importants secrets de la quatrième époque post-atlantéenne. Cette époque avait en elle quelque chose de si grand, de si important, et ce qu’elle devait montrer en fait de dissolution de l’ancien, de balayage du passé, elle le fit de cette manière si paradoxalement grandiose en mettant devant le monde un symbole si important : le massacre, car comment appeler autrement, de la femme la plus remarquable du tournant des quatrième et cinquième siècles que fut Hypatie.


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Histoire occulte : Epopée de Gilgamesh Empty Re: Histoire occulte : Epopée de Gilgamesh

Message par obsidienne le Ven 24 Mai - 23:26

Quatrième conférence. Stuttgart, 30 décembre 1910

La civilisation gréco-latine occupe une situation centrale au milieu des civilisations post-atlantéennes. Les trois précédentes sont comme une préparation à ce travail de l’âme humaine, du « Je » dans le « Je », tel que nous l’avons exposé pour la civilisation grecque. Au cours des civilisations proto-hindoue, proto-perse et égypto-chaldéenne, la vision clairvoyante s’affaiblit graduellement et atteint le niveau de la vision humaine terrestre. C’est comme une remontée, une reconquête de la clairvoyance que doit nous apparaître ce qui commence à notre époque et qui doit être atteint par l’humanité dans une mesure de plus en plus large dans les siècles et les millénaires à venir. Nous pouvons donc dire : la civilisation égypto-chaldéo-babylonienne est, pour ainsi dire, la dernière étape préparatoire avant la Grèce, purement humaine. A cette époque, l’homme perd graduellement l’ancienne clairvoyance, grâce à laquelle il pouvait encore participer directement au monde spirituel, et il prépare la civilisation de la personnalité purement humaine, qui se caractérise par ce travail de l’âme que l’on peut appeler « le Je dans le Je ». De là vient aussi le fait que la vision rétrospective des incarnations précédentes, liée à la clairvoyance, se perd insensiblement, se trouble, et en premier lieu pour Gilgamesh, le fondateur de la civilisation babylonienne. Il ne sait plus très bien utiliser les facultés qu’Eabani lui a transmises pour plonger son regard dans ses incarnations précédentes. Correspondant entièrement à cette chute des hauteurs spirituelles dans la simple personnalité d’un homme particulier, correspondant à ce trait spécifique de l’âme babylonienne, nous constatons ensuite ce que le travail de ces âmes babyloniennes a introduit dans le monde ultérieur.

Si nous observons l’histoire de manière occulte, nous devons reconnaître que le travail des peuples, leur œuvre civilisatrice, ne restent pas isolés dans le cours de l’évolution, dans la marche de l’humanité. Chaque peuple a sa mission spirituelle, chacun apporte sa contribution propre à ce que nous appelons le progrès humain. Notre civilisation est déjà extrêmement compliquée. Elle l’est devenue parce que beaucoup de courants particuliers y confluent. Notre vie spirituelle actuelle et notre vie extérieure sont en effet au confluent des cultures les plus diverses, chaque peuple ayant apporté la sienne, dans le sens de sa mission, pour ensuite former un courant commun. C’est pour cela que les peuples se sont séparés et distingués les uns des autres et que nous pouvons parler d’une mission particulière à chacun d’eux. Nous pouvons nous demander, nous qui retrouvons le travail de nos ancêtres au sein de la civilisation commune : de quelle manière tel ou tel peuple a-t-il coopéré au progrès général de l’humanité ?

A cet égard il est tout à fait intéressant de considérer l’apport du peuple babylonien. Oh, ce peuple babylonien ! Au siècle dernier, il a posé de singulières énigmes, même à l’historien obligé de déchiffrer l’écriture cunéiforme. Ce que cela nous a révélé, même extérieurement, est déjà merveilleux. Car on peut dire aujourd’hui que les connaissances historiques ont quasiment doublé de volume depuis qu’on a pu déchiffrer l’écriture cunéiforme. Les documents découverts permettent de remonter à cinq ou dix mille ans avant l’ère chrétienne et l’on peut affirmer qu’à cette époque, dans la région où plus tard vécurent les Babyloniens et les Assyriens, une civilisation puissante et très importante s’était déjà développée. Dans les temps les plus anciens, des peuples étonnants habitaient là, que l’histoire appelle les Sumériens. Ils étaient installés dans les régions de l’Euphrate et du Tigre, plutôt vers le cours supérieur mais aussi vers le cours inférieur des fleuves. Le temps nous manque pour parler de documents historiques. Nous devons nous occuper de ce que peut nous apprendre l’histoire occulte.

Ce peuple, avec tout ce qu’il pouvait penser et créer, et aussi avec ce qu’il a réalisé extérieurement, appartenait à une civilisation relativement très ancienne de l’évolution post-atlantéenne. Plus nous remontons dans l’histoire de ces Sumériens, que nous pouvons considérer comme les prédécesseurs des Babyloniens, plus il devient clair que ce peuple possédait des traditions spirituelles d’une haute importance et une sagesse spirituelle très élevée, une sagesse que nous pouvons approcher en disant que leur vie, leur manière non seulement de penser, mais encore de vivre dans l’âme et dans l’esprit, était bien différente de celle des hommes qui sont venus plus tard. Chez les hommes venant après s’est établi par exemple une sorte de hiatus entre ce qui est pensé et ce qui est dit. Qui ne sait aujourd’hui que penser et parler sont deux choses tout à fait différentes, que la parole est, sous un certain rapport, un moyen d’expression conventionnel pour ce que l’homme pense ? Cela nous a conduit à disposer de nombreuses langues différentes avec lesquelles nous exprimons cependant un grand nombre d’idées communes. Il y a donc une certaine distance entre la pensée et la parole. Or cela n’existait pas chez ce peuple, car il possédait une langue liée à la vie de l’âme tout autrement que les langues ultérieures. Quand nous remontons vers les temps vraiment très anciens, nous y trouvons, bien que ce ne soit déjà plus tout à fait pur, une sorte de langue originelle de l’humanité. Evidemment, cette langue originelle de l’humanité. Evidemment, cette langue était déjà différenciée dans les diverses races et tribus dispersées à travers les vastes étendues de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique. Mais il existait chez les Sumériens une sorte de langue commune, susceptible d’être comprise sur toute la surface alors connue de la terre, notamment par les hommes profondément spirituels. D’où cela venait-il ? De ce que l’âme de ces hommes ressentait quelque chose de tout à fait précis à l’audition d’un son, d’une tonalité et devait exprimer nettement ce qui était ressenti à la fois dans la pensée et dans la sonorité.

A ce sujet je voudrais faire remarquer, que même encore dans les noms que j’ai cités en vous racontant l’épopée de Gilgamesh, les sonorités sont très expressives : Ishtar, Ishulan, etc… Quand on prononce ces mots et qu’on en connaît la valeur occulte, on sait qu’au fond ils ne peuvent pas contenir d’autres sonorités pour désigner les êtres en question, parce qu’un U, un I, un A ne peuvent se rapporter qu’à quelque chose de très précis. L’évolution du langage a justement entraîné la disparition du sentiment que les sonorités, consonnes et voyelles, pouvaient se rapporter à quelque chose de très précis, de sorte que dans ces anciens temps, on ne pouvait désigner une chose ou un être que par une suite de sons tout à fait précise. De même qu’aujourd’hui, si nous voulons signifier quelque chose, nous n’avons pas des pensées différentes en Angleterre ou en Allemagne, de même autrefois, quand on avait encore le sentiment spirituel immédiat du son parlé, on ne pouvait désigner une chose ou un être que par le même ensemble très précis de sons. Dans ces temps anciens, et la langue sumérienne en avait encore un écho, le langage était tout à fait précis et était perçu simplement par la nature de l’âme chez ceux qui l’entendaient. Quand nous parlons ainsi du langage, nous devons naturellement remonter aux tout premiers temps des civilisations post-atlantéennes.

Mais par la suite, le peuple babylonien eut la mission de faire descendre ce lien vivant de l’homme avec le monde spirituel jusque dans le personnel, pour que la personnalité repose sur elle-même, sur sa spécificité. Ce fut la mission des Babyloniens de faire descendre le monde spirituel sur le plan physique. Et c’est en lien avec ce fait que ce sentiment spirituel, ce sentiment vivant que l’on avait du langage cessa, et que la langue se conforma au climat, à la situation géographique, à la race, etc… c’est pourquoi ce que nous dit la Bible sur ces choses est plus exact que les idées fantaisistes de Monsieur Fritz Mauthmer qui se nomme linguiste. Elle nous rapporte, dans le récit de la Tour de Babel, ce fait capital que tous les hommes qui parlaient une langue commune furent dispersés. Et nous pouvons en outre comprendre le sens spirituel de cette Tour de Babel quand nous savons comment on bâtissait dans ces temps anciens. Les édifices élevés pour abriter les cérémonies dédiées à la sagesse sacrée ou qui devaient servir de symboles vivants pour les vérités sacrées, de tels édifices étaient construits selon les mesures prises soit au ciel, soit en rapport avec l’homme, ce qui au fond revient au même, car l’homme est le microcosme qui reproduit le macrocosme. Ainsi, les mesures mystérieuses inscrites dans les pyramides sont issues à la fois du ciel et de l’homme.

Si nous pouvions remonter dans les temps anciens, dans les temps relativement lointains, nous trouverions partout, dans les édifices consacrés au culte, des reproductions symboliques de mesures humaines ou célestes. Longueurs, largeurs, profondeurs, structures architecturales intérieures, tout était construit sur les proportions du ciel ou du corps humain. Mais cela se passait ainsi : là où l’on avait une conscience vivante du lien qui unissait l’homme au monde spirituel, les mesures étaient issues du monde spirituel. Qu’allait-il advenir à l’époque où la connaissance devait être ramenée pour ainsi dire du ciel sur la terre, de l’humain spirituel général à l’humain personnel ? Les mesures ne pouvaient plus être empruntées qu’à l’homme lui-même, à la personnalité humaine en tant que manifestation de l’égoïté personnelle. C’est ce que devait être la Tour de Babel : un lieu de culte de ceux qui n’utiliseraient plus que les mesures de la personnalité. Mais, en même temps, il fallait montrer que la personnalité ne devait acquérir que progressivement la maturité nécessaire pour accéder à nouveau aux mondes spirituels. Nous avons vu qu’il fallait passer par là au cours des quatrième et cinquième époques pour, à nouveau, remonter. Il ne fut plus alors possible de remonter simplement vers le monde des régions spirituelles. Le récit indique donc que la Tour de Babel devait être un échec, car, à ce moment-là, ce qu’on pouvait tirer de la personnalité humaine ne permettait pas encore d’atteindre le ciel. Ce symbole mondial, cette Tour de Babel est vraiment d’une extrême profondeur : il montre que désormais les hommes sont limités à leur personnalité humaine, limités à ce que pouvait devenir la personnalité chez un peuple quelconque soumis à des nécessités particulières.
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Message par obsidienne le Ven 24 Mai - 23:28

C’est ainsi que les Babyloniens furent ramenés du monde spirituel sur notre terre. Ce fut leur mission, ce fut leur tâche. Toutefois, comme je l’ai déjà signalé, à la base de la civilisation babylonienne extérieure il y avait la culture des Mystères chaldéens, qui restait ésotérique mais se déversait de manière précise dans la civilisation extérieure. Et c’est pourquoi nous voyons percer la lumière de la sagesse originelle dans les mesures des Babyloniens. Ils devaient en user de façon à ne pas être ramenés dans les régions spirituelles, mais à la diriger sur notre terre. Ce qui relevait ainsi de la mission des Babyloniens s’est incorporés à la civilisation et est arrivé jusqu’à nos jours. Nous pouvons le montrer. Nous devons seulement éprouver quelque respect devant cette vision encore si vaste, si étendue, qui plongeait au sein des mondes spirituels, que les anciennes traditions maintenaient encore dans l’âme et qui commençait seulement à disparaître. Nous devons avoir le respect de cette science céleste des Babyloniens, de leur remarquable mission qui consistait à emprunter à la connaissance que l’humanité avait du monde spirituel, aux mesures prises au ciel, tout ce qui était nécessaire à la vie pratique dans la civilisation humaine. Mais ils avaient en même temps la mission de tout rapporter à l’homme. Il est donc intéressant, à cet égard, de voir survivre jusque dans notre époque certaines représentations qui sont comme un écho de ces sentiments encore si vivants chez les Babyloniens : sentiments que le macrocosme entier se déverse dans l’homme, que les lois qui régissent la personne humaine terrestre reproduisent les grandes lois célestes.

Il y avait un adage dans l’ancienne Babylone qui disait : « Regarde cet homme qui marche, ni comme un vieillard, ni comme un enfant ; il marche comme quelqu’un en bonne santé et non   comme un malade ; qui ne court pas trop vite et ne va pas trop lentement ; tu verras alors la mesure de la marche du soleil. » Merveilleuse expression qui nous fait pénétrer profondément dans l’âme des anciens Babyloniens. Car ils pensaient qu’un homme en bonne santé, dont le pas est normal, un homme dont l’allure correspond à une vie saine, s’il marchait autour de la terre ni trop vite ni trop lentement, mettrait pour en faire le tour 365 jours ¼ - et cela est à peu près juste, en supposant qu’il marche nuit et jour sans arrêt. Ils se disaient donc que c’est le temps que pourrait mettre un homme en bonne santé pour faire le tour de la terre et que c’est aussi le temps – car ils croyaient au mouvement apparent du soleil autour de la terre – que met le soleil pour tourner autour de la terre. Donc, si tu marches comme un homme en bonne santé, ni trop vite ni trop lentement autour de la terre, tu marches au rythme du soleil dans son cours. Et cela signifie : « Homme, ta santé est réglée de telle sorte qu’elle doive suivre la marche du soleil autour de la terre. »

C’est bien là quelque chose qui peut nous inspirer du respect, cette puissante conception cosmique du peuple babylonien. Partant de là, ils ont divisé ce parcours de l’homme autour de la terre. Ils en ont calculé certaines sections et ont déterminé ainsi ce que peut dire le chemin parcouru par l’homme qui marche pendant deux heures : cela correspond à un « mille » environ. Ils ont fondé ce calcul sur la marche normale et ils en ont fait l’unité de mesure pour mesurer le sol sur une plus grande échelle. Cette mesure, mes chers amis, était encore en usage il y a peu de temps, avant que l’évolution humaine ne tombe dans l’abstraction : c’était le « mille » allemand que l’on parcourt en effet en deux heures. Ainsi donc, jusqu’en plein dix-neuvième siècle, s’est maintenu ce que les anciens Babyloniens, selon leur mission, avaient tiré du cosmos et qu’ils avaient calculé d’après le cours du soleil.

Ce n’est qu’à notre époque que la nécessité s’est imposé de ramener ces mesures empruntées à l’homme à des mesures abstraites, issues de quelque chose de mort. Car il est clair que les mesures actuelles sont abstraites comparées à celles qui se rattachaient directement à l’homme, aux phénomènes célestes, et qui au font remontent toutes à la mission de l’ancien peuple babylonien. D’autres mesures aussi tirent leur origine des lois du corps humain, du microcosme : le « pied » par exemple, qui vient d’un membre du corps humain, ou la « coudée », que l’on mesure en rapport avec la main et le bras de l’homme. Il n’y a pas si longtemps, notre système de mesure correspondait encore aux conceptions babyloniennes. Les douze images du zodiaque et les cinq planètes leur donnaient 5 fois 12 = 60 qui est un nombre de base. Ils comptaient jusqu’à 60 et repartaient de là. Pour les choses de la vie quotidienne, ils utilisaient le nombre 12, qui, parce qu’il vient des lois du cosmos, s’adapte bien mieux aux situations concrètes extérieures. Car le nombre a douze parties. Douze, c’est bien sûr la « douzaine », et la « douzaine » n’est rien d’autre qu’un don de la mission des Babyloniens. Partout maintenant, c’est le nombre dix que nous mettons à la base de nos calculs, un nombre qui nous cause de grandes difficultés quand nous voulons diviser en parties, alors que la douzaine, dans son rapport avec 60 et ses différentes possibilités de division, s’adapte concrètement aux conditions, comme base d’un système de calcul et de mesure.

Quand on dit que l’humanité se livre à l’abstraction même en ce qui concerne les nombres et les mesures, ce ne doit pas être une critique   contre notre époque, car une époque ne peut faire la même chose que la précédente. Si nous voulons décrire le cours des    civilisations depuis la catastrophe atlantéenne jusqu’à l’époque grecque et, au-delà, à travers la nôtre, nous pouvons dire que les civilisations hindoue, perse, égyptienne descendent vers la terre et que, dans la civilisation grecque, se situe le point où l’humanité purement liée au plan physique se forme ; puis une remontée s’amorce. Mais cette remontée ne constitue pour ainsi dire qu’une branche de la véritable évolution, et il faut considérer d’autre part une plongée qui se poursuit dans le matérialisme. C’est ainsi que nous avons aujourd’hui, à côté d’un énergique effort spirituel vers le haut, le matérialisme le plus grossier qui descend profondément dans la matière. Les deux tendances sont présentes l’une à côté de l’autre, car ce courant matérialiste constitue l’opposition à surmonter pour le développement d’une force plus haute. Dans le sens de ce courant, il s’agit de rendre tout abstrait ; car tout le système décimal est un système abstrait ; ceci non pour critiquer mais pour caractériser. On veut ainsi vaincre le concret. On s’efforce de mettre la fête de Pâques à un jour fixe d’avril, par exemple, afin d’éviter des incommodités pour le commerce et l’industrie. On ne prête pas attention à ce que l’on a là quelque chose qui vient des temps anciens et est en harmonie avec le ciel étoilé. Tout doit aboutir à l’abstrait, et le concret qui s’oriente vers le spirituel ne s’infiltre plus dans notre civilisation que comme un mince filet d’eau.

A ce sujet, il est très intéressant de voir que non seulement dans la science spirituelle mais aussi en dehors d’elle, l’humanité est instinctivement poussée à répondre le chemin vers le haut, à retrouver un ajustement de la mesure, du nombre et de la forme, analogue à celui des anciens Babyloniens et Egyptiens. Car, en fait, il se produit à notre époque une sorte de répétition de la civilisation babylonienne et égyptienne. Les époques passées se répètent : l’époque égyptienne dans la nôtre, l’époque perse dans la sixième, l’hindoue dans la septième. La première correspond à la septième, la deuxième à la sixième, la troisième à notre cinquième, et la quatrième à elle-même, formant le milieu. C’est pourquoi tant de choses se répètent, qui faisaient partie des conceptions des anciens Egyptiens. A cet égard on peut constater des choses bien curieuses. Sous la pression des faits – et non des théories qui, elles, sont toutes matérialistes – des hommes dont les conceptions sont essentiellement matérialistes, ainsi que leurs représentations, peuvent être conduits à des faits de la vie spirituelle.

Voyez-vous, il y a par exemple un intéressant médecin berlinois qui a fait une curieuse observation. Je vais vous la raconter au tableau ; c’est une constatation empirique faite en dehors de toute théorie.


Supposons que ce point marque la date de la mort d’une dame : c’est un fait réel et non imaginaire. Cette dame fait partie d’une famille : elle est la grand-mère. Un certain nombre de jours avant sa   mort, un petit fils est né, exactement 1428 jours avant. Ce qui est curieux, c’est que 1428 jours après cette mort un autre petit-enfant naît ; puis un arrière petit enfant naît 9996 jours après la mort de la grand-mère. En divisant 9996 par 1428 on obtient 7. Ce qui veut dire qu’après l’intervalle de temps qui représente sept fois celui qui a séparé la naissance d’un petit-enfant de la mort de la grand-mère, un arrière petit-enfant est né. Le même médecin montre que ce n’est pas là un cas isolé, mais qu’il en est ainsi pour des familles entières, et qu’en ce qui concerne la mort et la naissance on peut constater des rapports très précis entre les nombres. L’intéressant est que dans le nombre 1428 vous avez à nouveau un multiple de sept. Bref, aujourd’hui, les faits obligent les gens à retrouver dans la succession des événements certains rythmes liés à des nombres sacrés. Et les faits établis par Fliess – c’est le nom du médecin berlinois – et ses élèves, sont assez nombreux pour démontrer le rôle que jouent certains nombres très précis dans le cours de certains événements. On en a déjà  trouvé une quantité remarquable. L’interprétation qu’on en donne est entièrement matérialiste, mais la puissance des faits oblige à reconnaître l’action du nombre dans les événements du monde. Je remarque expressément que l’utilisation que font Fliess et ses élèves de ce principe est absolument fausse. La manière dont il emploie les nombres qu’il a trouvés, notamment 23 et 28, qui égale 4 fois 7, demande encore à être très améliorée. Cependant, dans ces constatations, nous voyons resurgir instinctivement, à l’époque où l’humanité reprend un chemin ascendant, quelque-chose de l’ancienne civilisation babylonienne
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Histoire occulte : Epopée de Gilgamesh Empty Re: Histoire occulte : Epopée de Gilgamesh

Message par obsidienne le Ven 24 Mai - 23:32

Naturellement la grande masse des hommes n’a encore aucun sentiment, aucune idée de ces choses qui restent limitées à des cercles très étroits. Mais il est vraiment curieux de voir ces gens, comme par exemple les élèves de Fliess, qui trouvent de telles choses, avoir ensuite des pensées et des sentiments particuliers. Ainsi un des élèves de Fliess dit : « Si ces choses avaient été connues dans les temps anciens (elles l’étaient justement !), qu’auraient dit les hommes d’alors ? » Et le passage suivant me paraît particulièrement caractéristique.

Après avoir cité beaucoup de faits, l’élève de Fliess ajoute : « Des espaces de temps de la structure mathématique la plus claire sont ici empruntés à la nature et pourtant des choses sont devenues inacceptables pour les têtes les plus douées de tous les temps et habituées aux problèmes les plus difficiles. Avec quelle ferveur religieuse les Babyloniens auraient fait des recherches à ce sujet et de quelle magie ces questions auraient-elles été entourées ! » Comme on a déjà progressé dans le sens de la réalité et comme instinctivement on a travaillé dans le sens de la vie spirituelle ! Mais là précisément où la science courante de notre temps reste habituellement aveugle, on peut souvent trouver ce qui est profondément éclairant pour la force occulte et dont les gens sont tout à fait inconscients. Car ceux-là même qui signalent cette loi des nombres l’expliquent d’une manière tout à fait matérialiste. Pourtant, la pression des faits oblige déjà les hommes à retrouver dans les choses les lois mathématiques spirituelles.

Vous voyez donc combien il est vrai qu’au fond tout ce qui, dans le cours de l’évolution humaine, s’exprime d’une manière personnelle est un reflet de ce qui autrefois se manifestait avec une grandeur élémentaire, originelle, parce qu’il existait un lien réel avec le monde spirituel. Et je répète, pour que cela s’inscrive dans vos âmes, que les Babyloniens, dans leur marche vers la quatrième civilisation, furent ceux qui ont pour ainsi dire fait descendre le ciel sur la terre, qui ont secrètement introduit ce qui est d’ordre céleste, dans le nombre, le poids, la mesure.

De nos jours encore, nous trouvons des traces de cela, et nous retournerons à cette technique du nombre qui retrouvera de plus en plus de valeur, même si dans d’autres domaines de la vie un système abstrait de mesure et de calcul est quand même juste. Nous devons aussi rappeler que, dans cette descente de l’humanité marque le point central où s’affirme l’empreinte de la personnalité sur le plan physique et que par la suite une remontée s’effectue. Dans la suite des civilisations post-atlantéennes, la Grèce se situe donc bien au milieu.

Toutefois, nous ne devons pas oublier que c’est pendant cette époque grecque qu’a surgi l’impulsion du christianisme qui doit conduire l’humanité toujours plus haut dans d’autres régions. Nous avons déjà vu que ce christianisme, dans les premiers temps de son développement, n’a pas manifesté, loin de là, toute la grandeur de son contenu spirituel. Nous avons constaté, à propos de la conduite des gens d’Alexandrie à l’égard d’Hypatie, de quelles faiblesses, de quelles ombres le christianisme fut d’abord entaché. Nous avons souvent affirmé que les temps où le christianisme sera compris dans toute sa profondeur sont encore à venir, qu’il recèle encore en lui des profondeurs infinies et qu’il appartient bien plutôt à l’avenir qu’au présent et à plus forte raison qu’au passé des hommes. De sorte qu’au fond, c’est dans l’héritage d’une sagesse et d’une spiritualité cosmiques originelles, qu’on a pu trouver au commencement une compréhension du christianisme. Car ce que la Grèce avait reçu, ce qu’elle portait en elle, c’était vraiment une sorte d’héritage de ce que les hommes, au cours d’innombrables incarnations, avaient conquis grâce au lien vivant qui les unissait au monde spirituel. Toute la spiritualité qui avait vécu dans les temps antérieurs s’était répandue dans les âmes et les cœurs des Grecs et s’y déploya. C’est pourquoi il a pu exister des hommes, qui, au contact du christianisme et particulièrement de ce qu’était devenue dans les premiers siècles l’impulsion chrétienne, n’ont pu reconnaître à cet événement autant de valeur qu’à cet héritage de millénaires de spiritualité grandiose dont la Grèce s’était enrichie. Il y eut une personnalité tout à fait caractéristique, qui vécut pour ainsi dire dans son âme ce combat de l’ancien et du nouveau, ce combat des trésors de sagesse de la spiritualité originelle avec ce qui n’était qu’à son début et ruisselait faiblement : cette personnalité de l’époque gréco-latine du quatrième siècle, qui vécut cela sur la scène de son âme, c’était Julien l’Apostat ».

Oh qu’il est intéressant de suivre la vie de Julien, l’empereur romain ! Neveu de l’ambitieux et vindicatif empereur Constantin, Julien, encore enfant fut destiné à être tué avec son frère. On le laissa en vie uniquement parce qu’on redoutait le bruit que ferait sa mort et qu’on espérait pouvoir plus tard mettre obstacle à ce qu’il pourrait faire de dommageable. C’est au cours de voyages dans telle ou telle communauté humaine qu’il fit son éducation. Et on veilla strictement à ce qu’il prenne dans son âme ce qui alors à Rome et par Rome, par l’empire romain pour des raisons d’opportunité, était considéré comme développement chrétien. Or c’était un mélange confus de ce qui s’était élaboré peu à peu comme église catholique et de ce qui vivait dans l’arianisme. On ne voulait pour ainsi dire se brouiller avec personne. On était ainsi plus fort pour combattre l’ancien idéal païen hellénistique, les anciens dieux et les anciens Mystères. Tout fut mis en œuvre pour faire de Julien, dont on pouvait s’attendre à ce qu’il monte malgré tout un jour sur le trône des Césars, ce qu’on appelle un bon chrétien.

Une curieuse impulsion vivait dans cette âme. Il n’arriva jamais à une réelle compréhension du christianisme. Partout où l’enfant était conduit et où se trouvaient encore des vestiges, non seulement de l’ancien paganisme mais aussi de l’ancienne spiritualité, cela parlait à son cœur. Il se nourrissait de tradition sacrées qui subsistaient encore dans certains courants de la quatrième époque. Il advint qu’au cours des déplacements les plus divers auxquels le contraignaient les persécutions de son oncle, il arriva dans le voisinage de maîtres de l’école néo-platonicienne et d’élèves des alexandrins qui avaient reçu d’Alexandrie les anciennes traditions. Là seulement, le cœur de Julien put se nourrir de la spiritualité pour laquelle il avait un si profond attrait. Et il prit connaissance des anciens trésors de sagesse que la Grèce possédait encore. A tout ce que la Grèce lui donna, tout ce que le monde antique apportait de sagesse, Julien devait unir une compréhension vivante du langage du ciel étoilé, des secrets de l’espace cosmique que cette écriture des étoiles nous révèle. Le moment vint alors où il fut initié dans les Mystères d’Eleusis par l’un des derniers hiérophantes. Julien nous offre le spectacle tout particulier d’un inspiré des anciens Mystères dans ce qu’on peut recevoir quand la vie spirituelle devient réalité grâce aux Mystères. Un tel initié est placé sur le trône des Césars romains. Bien que beaucoup de malentendus se soient glissés dans l’écrit de Julien contre les chrétiens, nous connaissons cependant la grandeur de sa conception du monde, puisée dans la grandeur de son initiation.

Mais, disciple des Mystères déjà sur leur déclin, il ne sut pas s’adapter correctement à son temps. Aussi alla-t-il au devant du martyre que doit subir l’inspiré qui ne sait plus exactement quels secrets il doit faire et lesquels il peut révéler. Le zèle et l’enthousiasme qu’avait éveillés en lui son éducation hellénistique, les expériences grandioses qu’il avait pu faire avec l’aide de son hiérophante, le poussèrent à rétablir ce qu’il considérait comme la vie et la substance de l’antique spiritualité. Et il chercha de nombreuses mesures à restaurer le culte des anciens dieux dans la civilisation où le christianisme s’était introduit. Il alla trop loin, tant dans la révélation des secrets des Mystères que dans sa position vis-à-vis du christianisme. Et c’est ainsi qu’en 363, alors qu’il devait entreprendre une campagne contre les Perses, il rencontra son destin. Comme cela arrive à celui qui a dit inconsidérément ce qui ne devait pas être dit, Julien fut frappé par le destin et l’histoire peut établir qu’il fut tué de la main d’un chrétien au cours de cette campagne contre les Perses. Car non seulement cette interprétation se répandit très rapidement et ne fut désavouée par aucun écrivain important, mais il est plus que probable que si les Perses avaient causé la mort de leur ennemi mortel, ils s’en seraient vantés. Parmi eux aussi d’ailleurs, l’opinion qu’il était tombé sous une main chrétienne se répandit immédiatement. Ce fut vraiment comme une tempête qui vint de cette âme inspirée, de cet enthousiasme que Julien l’Apostat avait tiré de son initiation dans les Mystères d’Eleusis qui allaient vers leur crépuscule. Tel fut le destin d’un homme du quatrième siècle, d’un homme tout à fait individualisé dont le karma cosmique fut d’extérioriser dans une colère personnelle, dans une rancune personnelle, dans un enthousiasme personnel, ce qu’il avait reçu en héritage. Ce fut la loi fondamentale de sa vie.

Et maintenant, dans le but de connaître l’histoire occulte, il est intéressant de considérer cette vie, cette individualité, dans sa manifestation ultérieure. Au XVIe siècle, en 1546, naquit dans une famille noble du Nord de l’Europe un homme remarquable. Il naissait dans une famille riche, et dans son berceau fut pour ainsi dire déposé tout ce qui aurait pu le conduire aux plus hautes dignités dans le sens de la vie traditionnelle d’alors. Et parce que, selon les traditions de sa famille, un homme devait devenir éminent homme d’état ou avoir une autre haute situation, il fut naturellement destiné à la profession juridique et envoyé à l’université de Leipzig avec un précepteur pour y étudier le droit ; il le tourmentait toutefois tant que durait le jour. Mais dès que le précepteur dormait du sommeil du juste et rêvait de théories juridiques, l’enfant se glissait hors du lit, et, dans la nuit, avec des instruments très simples qu’il s’était fabriqués lui-même, il observait les étoiles. Il arriva bientôt à en savoir sur les secrets du ciel étoilé, non seulement plus qu’un maître quelconque, mais plus encore que tout ce qu’on pouvait trouver alors dans les livres d’astronomie. Car il remarqua par exemple très vite une position très précise de Saturne et de Jupiter dans la constellation du Lion, fit des recherches dans les livres et constata que ce qu’on en disait était tout à fait faux. Il conçut alors le désir d’apprendre avant toute autre chose cette écriture des étoiles et de décrire avec le plus de précision possible le cours des astres. Et là merveille est que, très vite, cet homme, malgré toutes les résistances de sa famille, obtint la permission de devenir un savant et astronome et de ne pas passer sa vie à rêver sur les livres et les doctrines juridique. Comme il disposait d’une grande fortune, il lui fut possible de se montrer une installation complète.

Cet institut était remarquablement agencé. Les étages supérieurs contenaient les instruments destinés à observer les mystères du ciel étoilé et, dans la cave, il y avait des appareils pour effectuer les mélanges et les décompositions des substances. Et il travaillait là, partageant son temps entre les observations aux étages supérieurs et la cuisson, les mélanges, les pesées dans les caves. Cet esprit travaillait à montrer comment les lois inscrites dans les étoiles, les planètes et les étoiles fixes, les lois du macrocosme se retrouvent microcosmiquement dans les nombres mathématiques qui sont à la base de la composition et de la décomposition des substances. Cette révélation vivante qu’il avait trouvée entre les choses célestes et les choses terrestres l’orienta vers la pharmacie et il chercha à fabriquer des médicaments, qui lui causèrent beaucoup de tort, car il les distribuait gratuitement à ceux qu’il voulait aider. Ceux qui, en tant que médecins, étaient préoccupés de percevoir des honoraires élevés, se dressèrent contre cet homme qui agissait d’une manière si « épouvantable » avec ce qu’il ramenait du ciel sur la terre.

Par bonheur, grâce à un certain événement, cet homme obtint la faveur du roi de Danemark, Frédéric II, et aussi longtemps qu’il put jouir de cette faveur, tout alla bien. Pendant tout ce temps il apporta une contribution très importante pour la compréhension de l’action spirituelle des lois cosmiques dans le sens que j’ai déjà caractérisé. Oui, cet homme connut quelque chose du sens spirituel des lois universelles. Il étonna le monde en révélant des choses qui aujourd’hui, évidemment ne trouveraient plus un tel crédit. Alors qu’il était à Rostock, il prophétisa, à partir de l’observation des étoiles, la mort du sultan Soliman, et quelques jours après, la nouvelle en arriva, rendant le nom de Tycho-Brahé populaire dans toute l’Europe. Aujourd’hui le monde sait tout au plus que ce Tycho-Brahé, qui vécut si peu de temps avant nous, était si naïf qu’il n’avait pas encore adopté le haut point de vue matérialiste de notre temps. Il a pourtant ajouté mille étoiles nouvelles à la carte stellaire. C’est aussi à lui que l’on doit la découverte qui a fait tant de bruit à l’époque, d’une étoile qui s’allume puis disparait, qu’il a décrite, la Nova-Stella. Mais ces choses sont le plus souvent passées sous silence. Le monde ne sait rien d’autre de lui sinon que, dans sa stupidité, il a imaginé un système du monde dans lequel la terre est immobile, le soleil et les planètes tournant autour d’elle. Voilà ce qu’on sait aujourd’hui. Mais que nous ayons affaire à une personnalité remarquable du XVIe siècle, une personnalité qui a enrichi l’astronomie d’une quantité énorme de connaissances utilisables encore aujourd’hui, qu’une somme de profonde sagesse repose dans ce qu’il a donné, cela on ne le publie généralement pas, pour la simple raison qu’on ignore que tycho-Brahé, par la profondeur de ses vues, a pressenti que la conception moderne du monde se heurterait à des difficultés que Copernic n’a pas vues. Et il est possible d’y faire allusion, car cela paraît certes paradoxal, en ce qui concerne le système de Copernic, le dernier mot n’est pas dit. La controverse entre les deux systèmes occupera encore l’humanité future. Toutefois, cela n’est dit qu’en passant car c’est trop paradoxal pour les temps actuels.

C’est seulement sous le règne du successeur du roi qui lui était favorable, que les adversaires de Tycho-Brahé se manifestèrent de toutes parts. Médecins et professeurs de l’université de Copenhague réussirent à exciter contre lui le successeur de son protecteur. Il fut exilé de son pays et dut repartir vers le sud. Il avait déjà construit à Augsburg, sa première grande planisphère et le globe doré sur lequel il marquait les étoiles qu’il découvrait et dont le nombre à la fin s’élevait à mille. Cet homme devait mourir en exil, à Prague. Aujourd’hui encore, en laissant de côté les manuels courants, mais en retournant aux sources, nous pouvons voir que Kléper a pu formuler ses lois parce que Tycho-Brahé, par ses observations astronomiques si précises, lui avait préparé la voie. C’était une personnalité de grand style qui portait en elle l’empreinte de tout ce qui existait de grand et d’important en fait de sagesse avant son temps et qui n’a pu accepter ce qui tout de suite après est devenu populaire dans la conception matérialiste du monde. N’est-ce pas un singulier destin que celui de Tycho-Brahé ?

Et maintenant réfléchissez à cela : en mettant l’une à côté de l’autre ces deux destinées personnelles, quelle richesse d’enseignement il y a quand nous apprenons, par la Chronique de l’Akasha, que l’individualité de Julien l’Apostat ressurgit en Tycho-Brahé, que Tycho-Brahé est en quelque sorte la réincarnation de Julien l’Apostat. La loi de réincarnation se manifeste vraiment de manière étrange, paradoxale, quand les liens karmiques de l’individualité humaine se modifient sous l’effet du karma historique, quand les puissances cosmiques saisissent l’individualité humaine pour leur servir d’instrument.
Je voudrais faire expressément remarquer que je ne parle pas de ces choses, telles que le lien de Julien et de Tycho-Brahé pour que vous alliez demain le crier sur les toits ou le colporter à toutes les tables de restaurant et de café, mais pour que ces enseignements de la sagesse occulte pénètrent dans les âmes et que nous comprenions de mieux en mieux que le suprasensible est en vérité à l’arrière-plan de tout le physique-sensible de l’être humain.



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