L’idée de Pâque – Le message de l’Ascension – Le mystère de la Pentecôte

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Message par obsidienne le Mer 17 Avr - 19:07

Extrait du livre de Rudolf Steiner : Les fêtes de l’année et leur intériorisation.

Huitième conférence. Dornach 1923


L’idée de Pâque – Le message de l’Ascension – Le mystère de la Pentecôte

Au cours de son évolution terrestre, l’humanité a composé, au moyen des différents systèmes religieux, un tableau grandiose qui, pour être entièrement compris, exige déjà une certaine connaissance ésotérique. Nous avons pu au cours des dernières années interpréter ainsi, grâce à l’anthroposophie, les quatre Evangiles, et faire monter à la lumière le sens profond qu’ils renferment. En général, ce qu’il s’agit de révéler ainsi est dépeint en images, parce que les images sont plus vastes que les idées.

Quand il a compris une idée, l’homme croit posséder entièrement le sens de ce qu’elle exprimait. Il n’en est pas de même pour le tableau, ou l’image, car ils exercent une action. Ils sont vivants, et ils agissent sur nous comme le ferait un être vivant. Pensons à un ami, par exemple, que nous connaissons bien ; nous découvrons de lui plusieurs aspects, mais nous le retrouvons toujours sous ces aspects nouveaux. Des définitions ne suffiront jamais à embrasser le tout ; il faut alors tenter de le caractériser par différents côtés de façon à ce que son image se précise de plus en plus à notre pensée.

Je voudrais aujourd’hui évoquer devant vous deux visions que vous connaissez bien. La première, c’est celle qui représente les apôtres du Christ Jésus le jour de l’Ascension, au moment où le Christ disparaît à leurs regards, s’élevant dans les nuées. Elle donne en général, l’impression que le Christ a quitté la terre pour le ciel, et que les apôtres se retrouvent seuls, livrés à eux-mêmes – comme si l’humanité, pour laquelle le Christ a traversé le Mystère du Golgotha, se retrouvait abandonnée à elle-même après l’Ascension.

Vous en viendrez facilement à penser que cette impression contredit dans un certain sens la réalité du Mystère du Golgotha. Nous savons en effet que par ce Mystère, le Christ a décidé d’unir son être à la terre, donc que depuis ce moment, il reste perpétuellement lié à l’évolution terrestre ; ainsi la vision grandiose de l’Ascension apparaît-elle en contradiction avec le Mystère du Golgotha, l’union du Christ avec la terre et l’humanité telle que nous la révélé l’observation ésotérique. Nous allons essayer aujourd’hui de résoudre cette contradiction en faisant appel aux véritables faits spirituels.

La deuxième image que je voudrais évoquer devant vous, c’est celle qui montre les apôtres rassemblés dix jours après l’Ascension ; les langues de feu viennent d’effleurer leurs têtes, de sorte qu’ils se sentent inspirés et disposés à parler en différentes langues, ainsi que le veut l’expression courante. En fait cela veut dire qu’ils ont, à partir de ce moment, la possibilité de communiquer les mystères du Golgotha à tout cœur humain, quelle que soit la religion à laquelle il appartienne. Telles sont les deux images que nous allons étudier aujourd’hui, et dont nous allons préciser quelques traits caractéristiques.

Nous savons que l’évolution de l’humanité ne commence pas avec la terre. Avant la terre, s’est déroulée une évolution lunaire, précédée d’une évolution solaire, elle-même précédée d’une évolution saturnienne. Rappelez-vous aussi que pendant la période saturnienne, l’homme reçut le premier germe de son corps physique, mais que ce corps consistait autrefois uniquement en un corps de chaleur, en courants de chaleurs diverses. Pendant la période solaire, son corps fut de nature gazeuse, liquide pendant la période lunaire, et enfin il acquit la nature matérielle, solide, pendant la période terrestre.

Embrassons du regard cette dernière. Nous savons qu’elle se répartis en sept époques successives. La première est en quelque sorte une répétition de la période saturnienne, la seconde une répétition de la période solaire, la troisième de la période lunaire – c’est celle que nous appelons l’époque lémurienne. Avec la quatrième commence l’évolution terrestre proprement dite et vous savez que nous en sommes aujourd’hui à la cinquième époque ; celle-ci sera suivie encore de deux autres : une sixième et une septième.

1e époque : Répétition de l’évolution saturnienne.
2e éposue : Répétition de l’évolution solaire.
3e époque : Répétition de l’évolution lunaire (Lémurie).
4e époque : Début de l’évolution terrestre proprement dite (Atlantide).
5e époque : Epoque-postatlantéenne.

6e époque : à venir…
… 7e époque

Le milieu de l’évolution terrestre coïncide avec le milieu de la période atlantéenne. La terre a donc déjà passé son point culminant, le centre de son évolution. Elle se trouve par conséquent sur le versant descendant de la ligne d’évolution. J’ai souvent attiré l’attention sur le fait que cette constatation est en parfait accord avec les résultats des recherches géologiques.

Dans son ouvrage « le visage de la terre », Edouard Suess montre que le sol sur lequel nous marchons aujourd’hui appartient déjà à une terre mourante. La terre était dans la force de l’âge lors de l’époque atlantéenne : elle était alors pleine de vie. On n’y trouvait pas ces formations minérales pétrifiées s’effritant facilement, que l’on voit aujourd’hui ; les minéraux y étaient aussi actifs qu’ils le sont aujourd’hui par exemple au sein d’un organisme animal, où ils ne forment des dépôts figés qu’en cas de maladie. Si l’organisme est sain, seuls les os sont à peu près formés par des dépôts, et encore sont-ils animés d’une vie toute secrète. Ils ne sont pas définitifs, morts, ne tombent pas en poussière comme des rochers de nos montagnes. Cet effritement de nos rochers est le signe visible du processus de mort qui gagne lentement la terre.

Comme je le disais tout à l’heure, ce fait est déjà reconnu par la géologie officielle. L’anthroposophie ajoute qu’en effet, depuis le milieu de la période atlantéenne, la terre redescend l’autre versant de l’évolution. La terre, et avec elle les plantes, les animaux et surtout l’homme physique. Car l’homme physique appartient à la terre. Et comme elle, l’organisme physique est pris dans le mouvement de décadence. En d’autres termes ésotériques, tout ce qui s’est formé, tout ce qui a germé pendant la période saturnienne est terminé, fixé, depuis le milieu de l’époque atlantéenne. Le corps physique humain est définitivement formé depuis ce moment. Depuis, il évolue, mais selon une ligne descendante.

L’évolution de la terre ne s’accomplit pas d’une façon absolument uniforme ; un peuple ou une race entrera plus tôt ou plus tard qu’un autre dans une nouvelle phase. Cependant, on peut dire qu’au temps où allait s’accomplir le Mystère du Golgotha, l’évolution de l’être physique de l’homme en était arrivée à un point tel que l’humanité toute entière courait le danger de ne plus pouvoir se réincarner, de ne plus pouvoir continuer à suivre cette évolution. Cela on le savait autrefois dans les écoles d’initiation, comme on le sait aujourd’hui : à l’époque du Mystère du Golgotha, le corps physique humain était tombé si bas que les hommes incarnés à ce moment, ou un peu plus tard, jusqu’au 4e siècle environ, risquaient de déserter la terre, de ne plus trouver à l’avenir la possibilité de descendre des mondes spirituels pour former avec l’aide des forces terrestres spirituels pour former un corps physique. L’homme courait le danger de faillir à sa mission terrestre. Par l’action conjuguée des forces ahrimaniennes et lucifériennes, l’humanité devait s’éteindre sur la terre. L’évènement du Golgotha la sauva de cette agonie. Une jeunesse nouvelle ranima le corps physique de l’homme. Les hommes purent continuer à suivre la voie de l’évolution terrestre, à descendre des mondes spirituels dans un corps physique. Tel fut le résultat tangible, réel, du Mystère du Golgotha.

On pourrait l’exprimer d’ailleurs d’une toute autre manière. C’est ce que j’ai essayé dans le cycle de conférences intitulé « De Jésus au Christ », tenu à Karlsruhe et qui fut particulièrement attaqué par nombre de personnes qui tiennent à ce que ces vérités soient occultés. Mon sentiment du devoir occulte me dictait cependant de les faire connaître. D’un point de vue général, on peut dire que l’opposition à l’anthroposophie à réellement commencé à la suite de ces conférences. Ce fut donc un effet concret dans une des directions. On peut évidemment aborder un fait par divers côtés. Dans ce cycle de conférences, je l’ai abordé autrement, mais ce que je désire caractériser aujourd’hui n’en est qu’un autre aspect, le fait reste le même.

Le mystère du Golgotha a ranimé les forces de vie et de croissance dans l’être humain physique. Grâce à lui il devint possible à l’homme de recevoir pendant son sommeil une impulsion à laquelle il serait resté fermé sans cela. La vie de l’homme sur terre alterne entre la veille et le sommeil. Pendant le sommeil, le corps physique et le corps éthérique restent seuls sur la terre. Le Moi et le corps astral sont libérés. C’est alors que la force du Christ agit sur les êtres humains qui se sont convenablement préparés au sommeil par leur travail intérieur. C’est donc pendant le sommeil que la force du Christ peut agir sur l’homme. Au moment qui est représenté dans la bible par la vision de l’Ascension, les apôtres ont atteint un développement intérieur suffisant pour que leur regard perçoive ce qui est le véritable mystère de l’évolution terrestre ; ce mystère reste impénétrable à la conscience ordinaire des hommes, impuissante à distinguer le moment de l’histoire où se placent les événements d’importance capitale pour l’évolution de la terre. Bien des choses passent ainsi inaperçues au regard des hommes. L’image de l’Ascension signifie au fond qu’à ce moment précis, les apôtres du Christ deviennent capables d’observer quelque chose de très important qui s’accomplit comme derrière les décors du théâtre terrestre.

Ils ont ainsi, dans toute sa réalité spirituelle, la vision de ce qui serait arrivé à l’événement du Golgotha n’avait pas eu lieu. Ce qui serait arrivé, c’est que le corps physique humain aurait sombré dans une telle déchéance terrestre, que l’avenir de l’humanité en eût été définitivement compromis. Quant au corps éthérique de l’homme, il eût suivi sa propre impulsion ; car le corps éthérique tend constamment, non pas vers la terre, mais vers le soleil. Notre corps physique est tout entier soumis à la pesanteur terrestre ; notre corps éthérique est doué d’une légèreté solaire. Il tend constamment à s’évader vers le soleil. Si le corps physique avait succombé à la décadence, comme il n’aurait pas manqué de le faire sans l’événement du Golgotha, le corps éthérique de l’homme aurait suivi l’impulsion qui le pousse vers le soleil. Et il n’y aurait plus eu d’êtres humains sur la terre.

Jusqu’au Mystère du Golgotha, le soleil fut la résidence du Christ au sens où nous l’avons évoqué souvent déjà. C’est vers le Christ que tend le corps éthérique de l’homme, lorsqu’il est attiré vers le soleil. Evoquez à nouveau la vision de l’Ascension. Devant le regard intérieur de ses apôtres, le Christ s’élève vers le ciel. En d’autres termes, le corps éthérique de l’homme s’unit à l’impulsion du Christ ; à l’époque du mystère du Golgotha, l’homme court le danger de voir son corps éthérique s’échapper vers le soleil ; mais le Christ est là qui le retient.

Cette vision, qu’il faut bien comprendre, est au fond un avertissement. Le Christ, uni à la terre et apparenté aux forces dans l’être humain qui tendent constamment vers le soleil pour échapper à la terre, retient cependant les hommes dans le champ terrestre.

L’Ascension fait donc surgir devant le regard intérieur des apôtres ce qui serait arrivé si le Mystère du Golgotha n’avait pas eu lieu. Imaginez un instant, en effet, qu’il ne se soit pas accompli, et que tout un groupe d’hommes soient devenus clairvoyants comme les apôtres à ce moment-là : ils auraient alors perçu comment le corps éthérique de certains êtres s’échapperait vers le soleil. Ils auraient su que ce chemin-là, c’est celui du corps éthérique ; les forces éthériques de l’homme sur terre se seraient enfuies vers le soleil.

Mais le mystère du Golgotha s’accomplit. Le Christ put garder à la terre ces forces qui la désertaient. Et, c’est en cela justement qu’apparaît le lien qui unit le Christ à l’humanité terrestre. Mais il y a autre chose encore. Par le Mystère du Golgotha, le Christ a mêlé à l’évolution terrestre un événement cosmique. Descendu des hauteurs spirituelles, il s’est uni aux hommes dans le corps de Jésus de Nazareth, il a confondu son évolution avec celle de l’humanité. Et cet acte a été accompli pour l’humanité tout entière.  

C’est bien pour tous les hommes qu’a eu lieu le Mystère du Golgotha. Le regard clairvoyant revoit sans cesse comment les forces éthériques de l’homme, sur le point de fuir la terre, ont été unies au Christ, et comment celui-ci les lui a conservées ; et ceci pour l’humanité tout entière.

Supposons que seul un petit nombre d’hommes aient su acquérir la connaissance des choses qui sont en rapport avec le mystère du Golgotha, la plus grande partie de l’humanité continuant à ignorer l’importance de cet événement – comme c’est en effet le cas, la réalité. La terre serait donc peuplée d’un petit nombre de véritables chrétiens, et d’un grand nombre d’hommes qui méconnaissent le sens du mystère du Golgotha. Que se passe-t-il donc pour ceux-ci ? Quelle est leur attitude vis-à-vis de l’acte christique, ou plutôt quelle valeur prend-il pour eux ? C’est ici qu’il faut bien se rendre compte d’une chose. L’acte du Christ sur le Golgotha a un sens par lui-même ; il ne tient sa valeur que de lui, indépendamment de ce que les hommes en pensent.

Un fait objectif a sa réalité en soi. Si un poêle est chaud il ne se refroidira pas parce que des gens croient qu’il est froid. Le Mystère du Golgotha a sauvé l’humanité de la décadence physique, que les hommes y croient ou non. Il a été accompli pour tous les hommes, même pour les incrédules. C’est un premier fait à retenir.

Ainsi l’événement du Golgotha a réellement eu lieu pour que des forces nouvelles viennent ranimer le corps physique humain ; pour rénover, pourrait-on dire, pour rajeunir l’humanité terrestre. Et par lui les hommes ont eu désormais la possibilité de trouver encore sur la terre, pour un très long avenir des corps dans lesquels ils peuvent se réincarner.

L’essence spirituelle, l’essence psychique de l’homme, peut s’unir à des corps ainsi rajeunir. Mais l’impulsion christique ne concerne pas seulement le corporel ; elle agit également sur l’être spirituel de l’homme. Par son action sur le corps physique, elle anime l’homme à l’état de veille ; pour qu’elle agisse également pendant le sommeil, il faut que l’âme humaine acquière cette fois la connaissance de l’impulsion du Christ.

On peut donc dire que l’action du Golgotha aurait agi sur les hommes à l’état de veille, même s’ils l’avaient ignoré ; mais elle n’aurait pu s’étendre à l’être humain endormi. Et voici ce qui serait arrivé. Les hommes auraient continué à se réincarner sur la terre : mais pendant leur sommeil, s’ils n’avaient pas eu la connaissance du Christ, leur âme aurait perdu tout contact avec lui.

Et c’est là où diffèrent ceux qui dans leur âme ignorent le Mystère du Golgotha. Pour rendre possible à leur corps la vie sur terre, le Christ a accompli son œuvre sur le Golgotha. Il l’a fait aussi pour les païens les plus enracinés. Mais pour que son action pénètre l’esprit et l’âme, ce qui se fait pendant le sommeil, il faut que l’homme ait consciemment foi en l’événement du Golgotha. L’acte christique ne prend toute sa portée spirituelle que s’il est soutenu par la connaissance. Il faut donc que l’humanité terrestre reconnaisse que d’une part le Christ retient sur la terre les forces éthériques qui tendraient à s’enfuir, et que d’autre part l’être spirituel de l’homme, son moi et son corps astral, doivent recevoir pendant le sommeil l’impulsion christique en s’y étant préparés pendant la veille par la connaissance.

Tournons à nouveau nos regards vers la vision de l’Ascension : devenus clairvoyants, les apôtres perçoivent la tendance qu’ont les corps éthériques des hommes à monter vers le soleil. Le Christ s’unit à eux et les retient dans cette montée. Telle est l’image grandiose que symbolise le tableau de l’Ascension : Le salut de l’homme dans sa nature physique et éthérique.

Mais les apôtres se retirent, pensifs dans leur méditation. En eux brille une certitude : le Mystère du Golgotha a sauvé l’être physique et éthérique de tous les hommes. Mais qu’en est-il de l’être spirituel et l’âme ? Où l’homme prendra-t-il la force qui ouvrira son âme, son esprit (corps astral et Moi) à l’impulsion christique ?

L’impulsion christique s’est unie à la terre par l’évènement du Golgotha de façon telle que seules des forces spirituelles de connaissance peuvent l’atteindre, la comprendre. Aucune connaissance ou science matérialiste n’y a accès. Pour saisir comment l’impulsion du Christ s’est unie sur le Golgotha aux forces terrestres, il faut que l’âme acquière la force de convaincre, de voir, et de ressentir l’esprit.

Pour que ce but fût réalisable, le Christ a parfait l’œuvre accomplie sur le Golgotha. Dix jours après l’Ascension, il donna aux hommes la possibilité d’unir leur être spirituel, leur moi et leur corps astral à l’impulsion christique. Et c’est là le sens de la Pentecôte : l’esprit et l’âme pénètrent avec la compréhension le sens du Mystère du Golgotha. C’est la descente du Saint-Esprit. Le Christ a accompli son œuvre pour l’humanité tout entière. A l’homme qui doit comprendre cette œuvre, il envoie l’esprit, afin que l’âme puisse trouver accès, participer à l’acte universel. C’est par l’esprit que l’homme se pénètre intérieurement du Mystère christique.

Ces deux visions se suivent et s’enchaînent : Ascension, Pentecôte. L’Ascension nous dit : en ce qui concerne le corps physique et le corps éthérique, l’événement du Golgotha a sauvé tous les hommes. Mais il faut que chaque être humain, pour en féconder son âme, s’ouvre au Saint-Esprit. L’impulsion christique agira alors en chaque individu. Et c’est la Pentecôte.

Un autre trait caractérise l’Ascension : une vision comme celle qu’eurent les apôtres a un sens pour l’être humain dans quelque état de conscience qu’il soit. Mais vous savez qu’après la mort, le corps éthérique se sépare du corps physique. Il lui reste uni quelques jours, puis il se dissout pour s’unir réellement avec le soleil. Cette dissolution du corps éthérique après la mort consiste donc en une union avec les forces solaires qui emplissent l’espace dans lequel se trouve également notre terre. Depuis l’événement du Golgotha, on peut voir dans ce corps éthérique qui s’éloigne de l’homme une image du Sauveur. Tout être humain a en mourant la vision de l’Ascension que les apôtres ont perçue grâce à leur clairvoyance.

Celui qui comprend aussi le Mystère de la Pentecôte, et qui s’ouvre au Saint-Esprit, trouve dans cette vision qu’il contemple après sa mort la grande consolation : car il perçoit alors toute la réalité du mystère du Golgotha. Cette image de l’Ascension semble lui dire : tu peux, à travers toutes tes vies successives, garder ta foi en l’issue de l’évolution terrestre, car par le Mystère du Golgotha, le Christ est devenu le Sauveur de cette évolution.

Celui dont le Moi et le corps astral, dont la pensée, le sentiment sont restés fermés au sens du Mystère du Golgotha, perçoit dans cette vision un reproche, jusqu’au moment où il a compris que lui aussi doit à son tour comprendre ce Mystère. Elle lui apporte comme un avertissement après la mort : essaie de te munir pour ta prochaine incarnation des forces qui te permettront de comprendre le Mystère du Golgotha. Dans tes vies suivantes, mets-les en œuvre.

Vous apercevez maintenant tout ce qui sépare les hommes qui, par la foi, par la connaissance, par le cœur, ont compris le Mystère du Golgotha, et ceux qui le méconnaissent. L’action du Christ ne s’applique à tous qu’à l’égard du physique et de l’éthérique. La descente de l’Esprit, le Mystère de la Pentecôte, nous indiquent que l’esprit de l’homme doit s’élever par lui-même à la connaissance véritable du Golgotha, pour en recevoir le fruit intérieur.

Et cette connaissance doit être une connaissance spirituelle : la Pentecôte, ou descente de l’Esprit, vient rappeler à l’humanité qu’elle doit s’efforcer d’acquérir peu à peu la connaissance de l’esprit, la seule qui lui permette de comprendre le Mystère du Golgotha.

Comprenez la portée de ce Mystère ! Voilà l’appel que nous fait entendre la Pentecôte. Il s’est accompli pour tous les hommes, c’est ce que nous révèle l’Ascension. Ainsi se succèdent dans l’histoire de l’évolution humaine ces deux événements : La révélation de l’Ascension : Christ a accompli son œuvre pour tous les hommes – et l’appel de la Pentecôte : pour que chaque être humain s’efforce de la comprendre.

On ne peut mieux saisir ce qu’est l’anthroposophie qu’en voyant justement en elle ce qui ouvre aux hommes actuels le sens véritable du Mystère de la Pentecôte. Elle est une sorte de héraut, qui annonce à notre époque la signification de ces fêtes de printemps. C’est là un trait de plus à ajouter à ce qu’elle nous a déjà apporté par ailleurs.

Ceci vous indique un peu de quel cœur il faut s’apprêter à célébrer les fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte. Les tableaux qu’évoquent ces fêtes dans l’âme des hommes sont comme des réalités vivantes : elles nous deviennent avec le temps toujours plus intimes, plus familières. Quand les hommes auront su accomplir l’effort nécessaire pour comprendre spirituellement ces fêtes, l’année prendra à leurs yeux un sens concret, et en même temps un sens cosmique, spirituel. Ils sauront comment participer sur la terre à la vie du cosmos.

Lorsqu’il sait comprendre vraiment la Pentecôte, qui est avant tout aussi une fête des fleur, l’homme s’en va partout où les fleurs s’épanouissent, où elles s’ouvrent sous l’action du soleil, des forces éthériques et astrales – et la terre fleurie lui apparaît comme l’image de tout ce que symbolise l’Ascension du Christ, et se complète par les langues de feu descendant sur les têtes des apôtres. Le cœur de l’homme peut être aussi comparé à la fleur qui s’ouvre au soleil – et la force fécondante que le soleil lui envoie peut être aussi comparé à la fleur qui s’ouvre au soleil – et la force fécondante que le soleil lui envoie peut être symbolisée par les langues de feu qui descendent sur la tête des apôtres. C’est à l’aide de cette force aussi, née de la compréhension profonde des fêtes, de toutes les fêtes, que l’anthroposophie peut agir sur le cœur des hommes, et les ouvrir au sentiment qui doit les animer pendant ces fêtes de printemps.
obsidienne
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