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L’impulsion Christique et ses grands prophètes

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Message par obsidienne le Sam 27 Jan - 1:14

Extrait du livre de Rudolf Steiner : L’apparition du Christ dans le monde éthérique

L’impulsion Christique et ses grands prophètes

Notes prises lors de la conférence prononcée à Rome le 13 avril 1910


Aujourd’hui nous allons prendre un bref aperçu de certaines périodes d’évolution de l’humanité considérée dans son ensemble, ainsi que de sa vie spirituelle. Prenant comme point de départ notre époque actuelle, nous pouvons remonter dans un passé lointain et de là tirer des déductions pour l’avenir. Si nous nous aidons ici du regard clairvoyant, cet examen sera plus facile encore, et notre coup d’œil prophétique dans les temps à venir encore plus sûr.

Les facultés humaines n’ont pas cessé de se modifier au cours des millénaires, et les générations du passé avaient de tout autres dons que la nôtre. La conscience clairvoyante d’autrefois n’était pas identique à ce qu’aujourd’hui la discipline rosicrucienne permet d’acquérir.

C’était une conscience clairvoyante passablement assourdie, mais commune à tous les hommes. Nous-mêmes qui sommes réunis ici, nous étions incarnés dans ces hommes, mais nos facultés étaient autres, et elles ne cesseront de se modifier dans nos incarnations futures. A notre époque devaient se développer les facultés qui permettent l’observation exacte du monde physique, du monde extérieur, par exemple l’entendement qui se sert du cerveau et des organes des sens. Autrefois l’âme n’était pas comme aujourd’hui limitée à ces organes, elle possédait des organes clairvoyants qui se sont peu à peu émoussés. La capacité de perception de l’âme a été entièrement transportée du monde intérieur dans le monde extérieur ; toutefois, dans l’avenir, elle sera modifiée et accrue. La vision par le moyen des sens physiques sera complétée par une clairvoyance spirituelle qui deviendra le don normal de chacun. Nous sommes descendus dans la matière et notre regard c’est obscurci ; mais le temps est proche où la lumière se fera à nouveau autour de nous, et où notre regard traversera la matière pour s’élever jusqu’à l’esprit. Pour cela, il faut nécessaire que sans cesse il vienne des mondes spirituels des influences nouvelles. L’homme reçut don sur don, afin de pouvoir former son être dans toutes les directions et acquérir la maturité nécessaire pour recevoir du Christ le plus haut de ces dons ; cela se produisit lorsque le Christ descendit sur terre et s’incarna en Jésus de Nazareth.

Le Christ est une entité d’une telle grandeur que la conscience, eût-elle atteint les suprêmes degrés de la clairvoyance, ne saurait la concevoir. Aussi haut que puisse s’élever l’initié, il ne comprend que pour une faible part qui est le Christ. Nous qui vivons 2000 ans après lui, nous ne faisons que commencer à le comprendre. Une connaissance plus haute de la nature du Christ est réservée à l’humanité de l’avenir, lorsque des impulsions volontaires plus profondes s’éveilleront en elle. Toute notre évolution passée ne fut qu’une préparation à recevoir en nous le principe christique, et des précurseurs moins grands que le Christ eurent la mission de guider cette maturation des âmes humaines. De même, des successeurs du Christ inculqueront aux âmes humaines des idées et des sentiments de plus en plus élevés, rendant ainsi les âmes toujours plus aptes à laisser agir en elles la force divine. Ces grands guides, ces grands maîtres qui sacrifient leur force spirituelle au service de l’humanité et ouvrent nos âmes, on les appelle en Orient des bodhisattvas. Ce sont des entités, emplies de sagesse, et leur mission est de répandre de la sagesse. Choisissons dans leurs rangs et mettons en lumière celui qui vécut entre 500 et 600 ans avant Jésus-Christ : Gautama Bouddha, le grand Bouddha.

Pour nous faire de lui une image exacte, il faut que nous pensions à ses incarnations antérieures : il était alors un bodhisattva agissant sur terre, comme au cours des millénaires il y en eut beaucoup qui intervinrent dans la vie de l’humanité. Les bodhisattvas forment comme un chœur dont chaque membre est chargé d’une mission déterminée selon le degré de maturité de l’humanité.

C’est seulement lorsqu’il fut incarné dans le prince Siddharta, fils d’un roi hindou, qu’il s’éleva à la dignité de bouddha. Sa mission fut de préparer la doctrine de la compassion et de l’amour. On pourrait objecter que le Christ fit de même – mais non. Le Christ ne fit pas qu’enseigner cette doctrine, il insuffla l’amour et la compassion dans le cœur des hommes.
Entre la doctrine du Bouddha et la force du Christ, il y a la même différence qu’entre un connaisseur devant un tableau de Raphaël et Raphaël lui-même. C’est justement en ceci que réside la grande erreur de beaucoup de gens : ils voient dans le Bouddha le plus élevé des esprits qui aient pris forme humaine. Ils ignorent que celui qui 600 ans après lui, s’incarna en Jésus de Nazareth fut l’incarnation du Logos lui-même. Le bouddha avait à préparer l’impulsion de la compassion et de l’amour. Il prépara les âmes pour ce que le Christ devait apporter. Considérée dans son ensemble, son œuvre de préparation est la plus riche de conséquences qui ait jamais été accomplie. Pour mieux comprendre la personnalité du Bouddha, il faut que nous nous rendions bien compte de la différence entre un bodhisattva et un bouddha. Si nous nous aidons du regard clairvoyant, nous voyons qu’un bodhisattva est un être humain qui se trouve en liaison constante avec le monde spirituel et ne vit pas entièrement dans le monde physique. Son entité est en quelque sorte trop grande pour trouver place dans un corps humain, c’est seulement une partie d’elle-même qui descend dans l’enveloppe terrestre ; l’autre, la plus grande, reste dans les mondes supérieurs. Par suite, le bodhisattva demeure constamment dans l’état de conscience que nous appelons l’inspiration.

Tel fut Gautama Bouddha à sa naissance. C’est dans sa vingt-neuvième année seulement que sa personnalité terrestre devint si forte qu’elle put accueillir en elle sa partie supérieure. La légende raconte qu’au cours de ses voyages, il s’assit un jour sous un figuier, où il reçut l’illumination qui fit de lui un bouddha. Il s’éleva à une dignité supérieure, conformément à la hiérarchie en vigueur dans le monde spirituel. Dans le même temps, un autre monta d’un degré et occupa la place laissée par lui. Son successeur dans la dignité de bodhisattva remplit maintenant son office, jusqu’au jour où il aura lui-même acquis la maturité d’un bouddha. Trois mille ans passeront encore, puis devenu le Maitreya-Bouddha, il s’incarnera parmi les hommes. Il sera plus tard question de sa mission.

Maintenant, quelle signification eut pour l’humanité l’accession du bodhisattva à la dignité de bouddha ? Elle fut que de ce fait, l’humanité put acquérir des facultés nouvelles. L’opinion courante est que ces facultés ont toujours existé, à un degré plus ou moins élevé. En fait, il n’en est rien. Au cours de l’évolution, il est sans cesse apparut des facultés nouvelles ; et chaque fois que l’humanité fut mûre pour être dotée d’un don nouveau, il fallut que la faculté nouvelle s’incarnât d’abord dans un être humain éminent. Cette nouvelle faculté se manifeste d’abord dans la personne du bouddha, qui en déposa ensuite le germe dans les âmes prêtes à la recevoir. C’est pourquoi, avant l’apparition de Gautama Bouddha, les hommes sentaient et pensaient autrement. La manière de recevoir les enseignements était elle aussi différente de ce qu’elle fut plus tard chez les humains.

C’est dans un état de demi-conscience, à la manière d’une suggestion, qu’ils recevaient ce qui était donné aux bodhisattvas sous la forme de l’inspiration et que ces derniers laissaient s’écouler comme une force dans l’âme de leurs disciples. C’est par l’intermédiaire de Gautama Bouddha seulement que les hommes reçurent l’impulsion qui porte à la compassion et à l’amour du prochain ; ainsi ils furent préparés à recevoir l’impulsion du Christ. Cependant il ne suffit pas de sentir en soi cette faculté ; il faut qu’elle devienne une force de vie qui vous dirige, il faut qu’elle puisse être vécue à son tour.

Nous pourrions nous demander d’où tous ces bodhisattvas reçoivent leur force et leur doctrine. – Très haut dans les mondes spirituels jusqu’où ils atteignent, au milieu de leur chœur sublime, trône quelqu’un : c’est leur maître à tous et en même temps la source intarissable de toute la lumière, de toute la force et de toute la sagesse qu’il répand sur eux – c’est le Christ. C’est en lui qu’ils puisèrent ; puis devenus ses précurseurs, ils descendirent parmi les hommes. Lui-même descendit ensuite sur terre et s’incarna en Jésus de Nazareth. Et après lui, ils reviendront pour exécuter son plan.

Au terme de son éminente carrière, un bodhisattva devient bouddha et n’a plus besoin de revêtir un corps physique. La dignité de bouddha vient clore le cycle de ses incarnations, et il s’engage dans une nouvelle évolution, plus haute que la précédente. Alors son élément constitutif le moins élevé n’est plus un corps physique, mais un corps éthérique, et le bouddha n’est plus perceptible qu’au regard clairvoyant. Seul le voyant peut suivre Gautama Bouddha dans sa vie ultérieure et voir comment, après sa mort, il a continué à agir pour le salut de l’humanité et aidé développer sur terre les forces qui ont permis au Christ lui-même de s’incarner dans un instrument terrestre, lequel devin sa personnalité : Jésus de Nazareth. Il fallut pour cela que bien des choses se produisent, en liaison avec une série d’évènements importants, ainsi que nous pouvons le voir dans l’Evangile de Luc.
Il y est dit que les bergers reçurent dans les champs la grâce de percevoir ce qu’autrement aucun œil terrestre ne peut voir. Ils devinrent clairvoyants, et au-dessus du lieu où naquit l’enfant Jésus, ils virent planer les anges. Qu’étaient ces esprits célestes ?

Ils étaient le don que Bouddha dispensa en se sacrifiant. C’est lui qu’ils virent, et les forces du Bouddha tissèrent l’aura qui enveloppait ce lieu. Toutefois, le Bouddha n’était pas seul à devoir contribuer à cet événement capital, chacun des bodhisattvas antérieurs devait donner sa part. La part du Bouddha, la plus grande, devint visible dans l’aura angélique.
Cette interprétation peut sembler à beaucoup ne pas s’accorder avec ce qu’ils savent du Bouddha et du bouddhisme. Ils ne songent pas que ce qu’ils savent du Bouddha, ils le tiennent d’écrits anciens, et que Bouddha n’est pas demeuré le même qu’à sa mort. Ils oublient que lui aussi a progressé au sein de l’évolution. Le Bouddha historique prépara le christianisme, le Bouddha actuel est au cœur du christianisme.

Si à présent nous regardons les prédécesseurs du Bouddha, nous apprenons par leurs doctrines que déjà dans le passé le plus lointain, les hommes connaissaient l’existence de l’être du Christ. Les grands guides de tous les peuples et de tous les temps ont parlé de lui. C’est ainsi par exemple que dans les Védas de l’Inde ancienne nous retrouvons, bien que réduites à peu de chose, les doctrines des saints Richis. Ils appelaient Vishva-Karman l’être inconcevable qu’ils pressentaient au-delà de leur sphère. Plus tard, dans l’ancienne Perse, Zarathoustra annonça ce que percevait son œil spirituel. C’était – on a traité ce point dans la première conférence – ce qu’on obtenait par l’initiation : la vision du soleil à minuit. A travers la matière physique, Zarathoustra voyait l’esprit du soleil.

Pour mieux comprendre cela, rappelons-nous une fois de plus que le corps physique d’un astre – tout comme le corps physique d’un être humain – n’est qu’une partie de l’être tout entier, et que l’astre, comme l’être humain, possède des principes plus subtils, visibles pour le clairvoyant sous la forme de l’aura. De même que l’homme a une aura formée par son corps astral et son corps éthérique, la petite aura, de même nous distinguons dans le macrocosme la grande aura, « Ahura Mazdâ » comme l’appelait Zarathoustra. Ce nom donna plus tard Ohrmazd, équivalent d’ »esprit de lumière ». A l’époque, le Christ était encore loin de nous ; c’est pourquoi Zarathoustra disait à ses disciples : aussi longtemps que votre regard reste posé sur la terre, vous ne Le verrez pas ; mais si avec la force de la clairvoyance vous vous élevez dans les hauteurs des espaces célestes jusqu’au soleil, vous trouverez alors le grand esprit solaire.

De même, la doctrine secrète des anciens Hébreux parle du grand esprit qui traverse de son vol les espaces de l’univers et que le voyant doit chercher dans les hautes sphères. Mais il est ensuite prophétisé que ce grand esprit descendra et s’unira à l’aura de la terre. Paul a été l’un de ceux qui l’ont perçu dans notre sphère terrestre. Il savait bien, lorsqu’il était Saul, que le Messie viendrait et que la terre s’unirait à l’esprit solaire, mais il croyait le Messie bien loin encore. Sur le chemin de Damas, il devint soudain clairvoyant ; il sut que le grand événement avait déjà eu lieu et que Jésus de Nazareth était celui qu’on attendait depuis si longtemps. Cette vision le transforma et il devint Paul ; dès lors, il fut l’apôtre enthousiaste qui annonça ce qui s’était passé.

L’impulsion christique ne doit pas être conçue uniquement comme une illumination réservée à quelques-uns. Le clairvoyant est en droit de dire que du fait de cette impulsion, toute la terre est devenue quelque chose de nouveau. Lorsque le sang du Christ coula sur le Golgotha, il se reproduisit une union intime de notre terre avec l’entité la plus haute, qui des espaces célestes inaccessibles est descendue pour le salut de l’humanité. Beaucoup ont déjà reconnu le Christ comme celui à la venue duquel les bodhisattvas préparèrent les hommes au cours de longs millénaires. Mais ils sont peu nombreux, ceux dans lesquels le christianisme a pris vraiment vie. L’impulsion christique est encore un germe en développement ; l’humanité aura encore besoin de beaucoup de temps, il faudra que bien des guides spirituels attisent en elle le feu divin, d’ici que cette impulsion s’impose dans toutes les manifestations de la vie de l’homme en société.

Cependant nous enregistrons, dans le bref laps de temps, qui sépare le Bouddha du Christ, un progrès considérable dans la manière de concevoir la vie. Il y a un fait dont la clarté ne laisse en rien à désirer. C’est le suivant :

Lorsque Siddharta, le jeune fils du roi, le futur Bouddha, sortit un jour de son palais dans lequel ne s’étaient jamais offerts à sa vue que le plaisir et le faste, la jeunesse et la beauté, il aperçut un infirme dont la vue le remplit d’horreur, et il se dit : la vie apporte la maladie, et la maladie est souffrance. – Une autre fois, il rencontre un vieillard, et il conclut : La vie apporte la vieillesse, et la vieillesse est souffrance. Peu de temps après, il vit le spectacle le plus repoussant, un cadavre pourrissant, et rempli d’horreur il se répéta : La vie apporte la mort, et la mort est souffrance. – Partout où il allait, il ne trouvait qu’infirmités du corps, douleurs de l’âme et séparation d’avec tout ce qui dans la vie vous est cher. Toute vie est souffrance, se disait-il, et sur cet axiome, il édifia la doctrine du renoncement à la vie. L’être humain, enseigna-t-il, devrait, pour échapper à la souffrance, tendre à se dégager le plus rapidement possible du cycle des incarnations, afin de se soustraire à jamais à l’alternance douloureuse entre la vie et la mort.

Avançons maintenant de quelques siècles. Nous voyons des hommes sans nombre, qui n’étaient pas des bouddhas, mais des âmes simples – âmes qui cependant pressentaient en elles la puissance du Christ -, nous les voyons regarder un cadavre, mais sans effroi. Ces âmes ne sont pas habitées par cette seule pensée : la mort est souffrance -, car dans la mort du Christ elles ont vu la mort exemplaire, qui signifie : la mort est la victoire de l’esprit sur tout ce qui est corporel. La mort est la victoire de l’éternel sur le temporel.

Jamais encore il n’avait été donné d’impulsion pareille à celle qui vint du Mystère du Golgotha, et jamais l’être humain n’en recevra de plus grande. Tel est le sentiment qu’éprouvaient ces âmes naïves lorsqu’elles levaient les yeux vers la croix, le plus puissant des symboles. Elles sentaient qu’il existe quelque chose de plus haut et de plus fort que le corps qui se délabre, le corps soumis à la maladie, à la vieillesse et à la mort.

Considérons maintenant selon notre conception anthroposophique, centrée sur le Christ, les autres énoncés de la doctrine du Bouddha. La maladie et la vieillesse ne sauraient nous décourager et nous inviter à fuir la vie, car nous savons maintenant la raison de l’une et de l’autre. Nous avons vu hier les facultés nouvellement acquises de notre corps astral rendre le corps physique insuffisamment souple, de moins en moins habitable, et la dysharmonie croissante entre l’âme et le corps détruire peu à peu ce dernier, dont pour finir l’âme se dépouille.

La vieillesse ne nous effraie pas, car nous savons que lorsque la vie terrestre atteint ici son sommet et que le corps commence à se flétrir, les facultés nouvellement acquises se concentrent en un germe qui viendra un jour à éclore en une vie plus riche. Cette évolution dans l’esprit, telle que le christianisme l’enseigne, est la source d’une infinie consolation et rend moins douloureuse la séparation d’avec ceux que nous aimons ; nous savons en effet que la séparation n’est que physique, et que nous pouvons en esprit trouver le chemin vers ceux que nous aimons.

Si telles sont nos pensées et tels nos sentiments, toute la vie ici-bas s’en trouve renouvelée et spiritualisée ; elle gagne de plus en plus en valeur. Notre regarde spirituel perce à jour les infirmités du corps et nous aide à les supporter avec sérénité. Nous savons que le champ de notre activité se trouve ici-bas, et qu’ici doit être mise en terre la semence d’une nouvelle vie. Ce que la doctrine spirituelle peut nous enseigner aujourd’hui deviendra pour nous, aux stades futurs de l’évolution, une certitude. La force du Christ qui est en train de grandir provoquera bientôt un accroissement de nos facultés de perception. Nous sommes au terme d’une époque de transition qui marque le point le plus bas de notre plongée dans la matière et de notre aveuglement spirituel ; le temps n’est plus éloigné où un début de clairvoyance viendra s’ajouter à la perception sensorielle. On reconnaîtra cet essor à deux ordres de phénomènes. Chez certains individus – et leur nombre ira croissant -, une faculté s’éveillera : ils verront les formes éthériques qui entourent le physique. Autour du corps humain, ils verront briller la délicate enveloppe du corps de vie.

Outre cet enrichissement de la vision, certains individus verront, au moment d’accomplir un acte, surgir quelque chose comme une image de rêve. Au début ils prendront à peine garde à ces images, et surtout ils ne les comprendront pas. Ces images seront d’abord comme des ombres, et c’est peu à peu seulement qu’elles deviendront plus nettes. Ce sera le cas en particulier chez ceux qui ont une mentalité matérialiste. Car plus on est captif du matérialisme, plus il est difficile de prendre conscience du spirituel et de percevoir les faits supra-physiques. Les clairvoyants futurs seront bien entendu tenus pour fous et tournés en dérision – peut-être même les enfermera-t-on comme malades mentaux. Cela ne saurait cependant empêcher ce qui doit arriver. La perception suprasensible deviendra de plus en plus nette et de plus en plus fréquente, et les hommes comprendront ce qui s’ouvrira à leur regard. Les formes éthériques leur apprendront que la vie est partout, et dans les visions qui surgiront, les clairvoyants ne tarderont pas à reconnaître l’image de compensation karmiques. Ils verront ce qu’ils ont fait en exécutant tel ou tel acte, et ils comprendront que si cet acte était mauvais, ils auront à le compenser.

D’autres facultés encore seront liées à celles que l’on vient de citer : un petit nombre d’êtres humains vivront à leur tour ce qui sur le chemin de Damas transforma Saul en l’apôtre Paul. Tout comme lui, ils verront soudain que le Christ s’est uni à la terre par sa mort sur la croix au Golgotha. Ce puissant événement intérieur que vivra plus d’un homme dans un avenir proche, c’est le « retour du Christ » qui a été promis. Car c’est une fois seulement que le christ est apparu dans la chair et qu’il fut visible avec les sens du corps, au temps où l’humanité n’était pas clairvoyante. Mais il est resté auprès des hommes, comme il l’avait promis lui-même : « Je suis avec vous chaque jour jusqu’à la fin du Monde. » - Le christ n’est pas resté dans une enveloppe de chair et ne réapparaitra pas dans la chair. Quiconque croit à un accroissement des facultés humaines comprendra cela.

Grâce à la force du Christ, les hommes sont appelés à reprendre leur marche vers les hauteurs, à dépasser les limites du monde physique : leur faculté de perception ne restera pas liée aux seuls êtres incarnés dans la matière. Le monde spirituel avec tous ses êtres s’ouvrira à nouveau à leur regard, et ils verront celui qui nous a délivrés des ténèbres et du péché.

On ne cessera pas de répéter cela aux hommes. Beaucoup l’accepteront sous la forme où la Science spirituelle d’aujourd’hui l’apporte. D’autres cependant ne voudront pas abandonner l’opinion erronée selon laquelle le christ reviendra dans un corps de chair ; ils se laisseront abuser par de faux Messie et s’égareront. Ceux qui ne veulent pas du spirituel, qui ne veulent pas le percevoir, chercheront le Christ ici, dans la matière, parmi les hommes ; des forces hostiles enverront leurs représentants et utiliseront à leurs propres fins l’entêtement et l’aveuglement. Au cours des siècles, il a souvent été question de ces Messies, et l’histoire extérieure en signale beaucoup qui vécurent effectivement.

Ces Messies seront la pierre de touche pour ceux qui se disent théosophes. Car beaucoup parlent en théosophes et volontiers se disent tels, mais ils ont la théosophie sur les lèvres, et non dans le cœur. Mais celui qui se fiera plus à l’œil spirituel en train de s’ouvrir qu’à l’œil physique, celui-là connaîtra l’illumination du chemin de Damas.

D’abord les voyants seront peu nombreux, puis leur nombre grandira ; avec le temps, leur influence sur toute l’humanité ira croissant, et ils la transformeront. Au cours des deux prochains millénaires, de nouvelles facultés morales s’ajouteront à la perception spirituelle. Pour ce qu’il crée actuellement, il faut à l’homme entendement et intelligence, et la valeur morale de l’inventeur est sans importance. Plus tard, il en sera autrement. Maintenant par exemple, le chimiste ne fait rien d’autre que combiner des substances. Le temps viendra où il pourra insuffler la vie aux combinaisons ainsi obtenues. Mais pour en arriver là, il faudra d’abord que l’homme ait développé en lui les impulsions les plus délicates et les plus nobles ; alors il sera en mesure d’insuffler à son œuvre la force contenue dans ces impulsions. Aujourd’hui l’homme est encore un être trop peu évolué et trop peu moral et il provoquerait les pires catastrophes si des forces de cette nature étaient à sa disposition. C’est pourquoi il ne réussira pas à créer du vivant s’il ne s’est d’abord rendu capable de faire entrer dans son œuvre non seulement intelligence, mais aussi morale, sensibilité et amour. L’expérimentation dénuée de piété et conduire dans un esprit égoïste doit être rendue impossible, l’amour doit devenir le ressort de toute création, et la table du laboratoire un autel.

Une ère nouvelle commence avec l’apparition de la force du Christ ; c’est ce qu’indique Jean-Baptiste lorsqu’il dit : « Changez les dispositions de votre âme, car le royaume des cieux est proche. » - Il avait vu descendre le dieu solaire, Ahura Mazdâ, et il en avait reconnu le porteur en Jésus de Nazareth. Il faut que nous nous préparions à cette ère nouvelle et que nous dépassions le matérialisme. Nous devons prendre conscience que notre horizon va s’élargir, et qu'aux organes physiques actuellement les nôtres d’autres vont s’ajouter, permettant une perception plus parfaite. Ne doutons pas de cette vérité, ne la tenons pas pour un phantasme, pour une doctrine dangereuse susceptible de nuire à l’impulsion christique. Cette vérité sera de plus en plus clairement et profondément comprise et ressentie ; et le nombre de ceux chez qui le germe de l’impulsion christique commencera à croître ira toujours grandissant. Mais pour qu’il s’épanouisse pleinement dans l’humanité tout entière, il faut d’abord qu’une haute individualité s’incarne parmi nous.

Le bodhisattva qui est venu occuper la place de Gautama lorsque celui-ci est devenu bouddha descendra sur terre sous la forme du Maitreya-Bouddha, pour amener les hommes à reconnaître pleinement le Christ. Il sera plus grand parmi ceux qui ont annoncé l’impulsion christique, et il rendra possible à beaucoup l’illumination de Damas. Beaucoup de temps passera encore, et la Science spirituelle fera toujours mieux comprendre aux hommes qui est le Christ ; cela se fera sous des formes toujours renouvelées et à partir de points de vue de plus en plus élevés. Alors viendra le jour où le dernier bodhisattva aura accompli sa mission sur terre. L’humanité aura compris le Christ dans toute sa signification, et son impulsion s’emparera sans réserve de la vie tout entière.

Cette grandiose perception nous montre que l’homme doit lever les yeux vers l’histoire suprasensible pour comprendre le sens de l’histoire terrestre. Tout ce qui se passe est une préparation destinée à faire comprendre à l’être humain l’accomplissement que traduisent ces paroles : « Je suis avec vous chaque jour jusqu’à la fin des temps. »
obsidienne
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