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Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

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Maladie et  santé dans leur rapport avec le karma Empty Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Mar 17 Oct - 9:00

Extrait du livre de Rudolf Steiner : Manifestations du karma.

Troisième conférence. Hambourg, 18 mai 1910.

Maladie et santé dans leur rapport avec le karma


Des considérations comme celles que nous aurons à aborder aujourd’hui et ces prochains jours sont propres à éveiller très facilement certains malentendus. Nous envisagerons du point de vue du karma diverses questions ayant trait à la maladie et à la santé ; et étant donné les contradictions inhérentes à nos courants de culture actuels, particulièrement dans ce domaine, l’abord de ce chapitre des rapports de la maladie et de la santé avec le karma pourrait aisément susciter une compréhension erronée des fondements de la science de l’esprit. Vous n’ignorez pas que dans tous les milieux, dès que ces questions touchant la santé et la maladie apparaissent, la discussion prend une tournure assez violente et passionnelle.

Comme vous le savez tous, aussi bien de la part des profanes que de celle de certains médecins, on prend le parti d’attaquer ce qu’on appelle la médecine officielle. De l’autre côté, on peut remarquer facilement que les partisans de la médecine officielle, souvent provoqués d’ailleurs par d’injustes attaques, non seulement s’abandonnent à une sorte de passion dès qu’il s’agit de défendre les opinions de la science, ce qui est leur droit le plus strict, mais mènent également une campagne acharnée contre tout ce qui, sur ces questions, est propagé à partir de points de vue autres que les leurs.

La science de l’esprit ne sera digne de la grande tâche qui lui incombe que si elle sait garder en ce domaine, tellement obscurci par les discussions, un jugement impartial et objectif. Ceux qui ont assisté à d’autres de mes conférences sur ce sujet savent combien peu il m’importe de me mêler au chœur de ceux qui veulent discréditer ce qu’on appelle la « médecine universitaire ». Du reste, il ne saurait nullement être question que la science de l’esprit embrasse tel ou tel parti.

Qu’il me soit permis à cette occasion, et en guise d’introduction, d’insister sur le fait que les apports de la science durant ces dernières années et décennies, en ce qui concerne les résultats et recherches effectifs sur les phénomènes touchant précisément à la maladie et à la santé des hommes, demandent à juste titre d’être célébrés, reconnus et admirés tout comme nombre d’autres découvertes scientifiques. Par rapport à ce qui a été effectivement réalisé en ce domaine, on peut dire que si quelqu’un a le droit de se réjouir de ces découvertes médicales faites au cours de ces dernières années, c’est bien la science de l’esprit. Mais d’autre part, il convient de bien insister sur une chose qui vaut particulièrement pour toutes les sciences de la nature : les faits acquis, les connaissances et découvertes effectives ne trouvent aujourd’hui dans ce qui constitue les opinions scientifiques que des explications et des interprétations souvent bien peu exactes et bien peu satisfaisantes. En effet il est une chose des plus frappantes à notre époque, et ce dans de nombreuses branches de la recherche scientifique : c’est que les opinions, les théories, ne sont pas à la hauteur de ce qui souvent, résulte si merveilleusement des faits eux-mêmes. Et seul l’éclairage projeté par la science de l’esprit mettra en lumière ce qui dans ce domaine a été acquis au cours de ces dernières années.

A la suite de ces considérations, on comprendra que nous n’avons pas l’intention de nous mêler à une lutte trop facile contre tout ce que peut faire aujourd’hui la médecine officielle. Mais il nous sera permis de dire que les réalités admirables qui ont été mises en évidence ne porteront aucun fruit salutaire pour l’humanité parce que, de l’autre côté, toute fécondité est entravée par la coloration totalement matérialiste des convictions et des théories. C’est pourquoi il est infiniment préférable que la théosophie dite modestement ce qu’elle a à dire, plutôt que d’intervenir dans une quelconque controverse. De cette façon, les passions s’en trouveront bien moins agitées qu’elles ne le sont déjà à l’heure actuelle.

D’une façon générale, si nous désirons trouver un point de vue concernant les questions qui doivent nous occuper, il nous faut savoir que tout phénomène, quel qu’il soit, a des causes multiples qu’on doit rechercher : causes lointaines et causes immédiates. Lorsqu’il s’agira de retrouver les origines karmiques d’une maladie, la science de l’esprit ne pourra éviter de s’occuper des causes plus lointaines, bien distinctes de ce qui n’est que superficiel. Une comparaison nous fera comprendre ce fait. Une réflexion sur celle-ci vous amènera au point précis dont il s’agit.

Supposons, que quelqu’un en soit au point de penser : Jusqu’où n’avons-nous pas poussé cette science ? « -n’ayant que mépris pour les idées sur la maladie et la santé qui dominaient lors des siècles passés. Si dans tout cela vous cherchez à vous faire une vue d’ensemble, l’impression que vous en retirerez, c’est que de telles descriptions vont habituellement de pari avec un jugement tendant à dire que les découvertes des vingt à trente dernières années sont érigées en une sorte de vérité absolue. Celle-ci pourra être complétée, mais jamais contestée – contrairement à ce que pensent malheureusement ces personnes de la plupart des réflexions et des efforts des hommes d’autrefois sur ces sujets. On affirme couramment, par exemple, que ce domaine est par excellence celui où régnait jadis la plus grossière superstition. Et l’on vous donne des exemples terrifiants des moyens employés autrefois pour guérir telle ou telle affection. Ce qui semble le pire, c’est de tomber sur certaines expressions dont le sens premier s’est perdu depuis longtemps pour la conscience moderne et qui, s’étant maintenues, ne servent plus à rien dans le sens que les hommes leur donnent aujourd’hui. C’est ainsi que certains disent : il y eut un temps où toutes les maladies étaient attribuées à Dieu ou au diable ! La chose n’a rien de si terrible que veulent le croire ces personnes, car elles ignorent la complexité des idées que recouvraient ces concepts de Dieu ou de diable. Une comparaison l’éclairera.

Supposons deux personnes qui parlent ensemble. L’une raconte à l’autre : Je viens de voir une pièce qui était pleine de mouches ; quelqu’un m’a dit que c’était tout naturel et je le crois aussi, car la pièce est fort sale, ce qui fait que les mouches y trouvent ce qui leur convient. Il est tout naturel d’attribuer à ce fait, la présence des mouches, et je crois tout à fait raisonnable d’assurer qu’il n’y aura plus de mouches quand on nettoiera la pièce à fond ! – Cependant, un autre a aussi prétendu connaître une cause différente de la présence de toutes ces mouches : cela ne peut venir que du fait que depuis longtemps cette pièce est habitée par une maîtresse de maison particulièrement paresseuse. C’est vraiment là une superstition inouïe ! croire que la paresse serait comme une sorte personnalité qui n’aurait qu’à faire un signe pour que les mouches affluent ! L’autre explication qui attribue la présence des mouches à l’accumulation de la saleté est vraiment plus juste !

Il se passe à peu près la même chose dans un autre domaine quand on dit : Untel est tombé malade par suite d’une infection due à telle sorte de bacilles ; si on élimine les bacilles, la guérison intervient. Qu’ont donc certains à parler encore d’une cause spirituelle plus profonde ! Il suffit simplement de chasser les microbes ! – Il n’y a pas plus de superstition à invoquer une cause spirituelle des maladies tout en reconnaissant les autres causes, qu’il n’y en a dans le premier cas à croire que la paresse de la ménagère provoque la présence des mouches. Et il n’est nul besoin de s’emporter si quelqu’un dit que les mouches ne seront plus là une fois qu’on aura nettoyé. L’important n’est pas de se combattre, mais d’apprendre à se comprendre mutuellement et de se prêter à ce que veulent l’un et l’autre. Il ne faut jamais l’oublier quand il est question des causes immédiates ou au contraire des causes lointaines d’une maladie. Un chercher de science de l’esprit objectif ne risque pas d’être de l’avis qu’il suffit que la paresse fasse un signe pour que les mouches affluent ; il sait que d’autres agents matériels entrent également en ligne de compte, mais que tout ce qui s’exprime matériellement a ses arrière-plans spirituels, et que ceux-ci doivent être cherchés pour le bien de l’humanité. Mais rappelons à ceux qui souhaiteraient entrer en lutte sur ce terrain que les causes spirituelles ne peuvent pas toujours être comprise de la même manière ni combattues avec les mêmes armes que les causes matérielles ordinaires. Il ne faut pas s’imaginer non plus qu’en affrontant les causes spirituelles, nous sommes exemptés d’affronter les causes matérielles ; car s’il en était ainsi, on pourrait abandonner la pièce à la saleté et ne combattre que la paresse de la ménagère.

Pour étudier le karma, il nous faut parler des rapports qui existent entre des évènements tels qu’ils affectent une vie humaine à un moment du passé et qu’ils réagissent ultérieurement sur le même être. Parler de santé et de maladie du point de vue du karma, cela revient à se demander : comment pouvons-nous nous représenter que l’état de santé ou de maladie d’un homme trouve son explication dans les actions, œuvres et expériences antérieures de cet homme ? Et comment pouvons-nous nous représenter que son actuel état de santé ou de maladie puisse être en rapport avec des effets qui dans l’avenir s’appliqueront au même être ?

De nos jours, on préfère croire qu’une maladie n’a de lien qu’avec les causes les plus immédiates. Car notre conception actuelle du monde est, dans tous les domaines, dominée par le principe de la recherche du plus commode. Or, se contenter des causes immédiates est une chose commode. C’est pourquoi on ne tient compte, et les malades surtout, que ce ces causes-là ; car comment nier que ce genre de commodité doit tenter le malade ? De là vient toute l’insatisfaction de ceux qu’anime la croyance en des causes immédiates de la maladie, lesquelles doivent être découvertes par la science du médecin. Et au cas où celui-ci ne trouve pas de secours à donner, c’est qu’il s’est trompé en quelque point. De cette paresse de jugement résultent bien des affirmations actuelles, notamment sur le terrain médical. Celui qui sait tenir compte du karma dans les nombreuses ramifications de ses effets élargit toujours plus sa vision depuis ce qui se produit aujourd’hui jusqu’à des événements très reculés. Et avant tout, il acquiert cette conviction qu’une connaissance approfondie du déroulement des faits n’est possible que lorsque le regard peut s’étendre jusqu’à ce qui est situé loin en arrière. C’est ce qu’on observe en particulier dans le cas de personnes malades.
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Maladie et  santé dans leur rapport avec le karma Empty Re: Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Mar 17 Oct - 9:02

Quand on parle de malades ou de bien portants, une question s’impose tout d’abord : quelle idée faut-il se faire de la maladie en général ?

Si l’investigation spirituelle procède directement en s’aidant de la clairvoyance, elle découvrira toujours que chez le malade il y a des irrégularités, non seulement dans le corps physique, mais également dans les éléments supérieurs de l’homme, dans le corps éthérique et dans le corps astral. L’investigation clairvoyante devra toujours se demander en cas de maladie quelle est dans ce cas particulier la part du corps physique d’un côté, celle des corps éthérique et astral de l’autre : car ces trois parties constitutives de l’être humain peuvent participer à la maladie. C’est ici que se pose la question : quelles idées pouvons-nous nous former sur le comment de la maladie ?

Laissons ceux qui aiment à faire usage de toutes sortes de concepts allégorico-symboliques, même là où ils ne conviennent pas, parler de maladie des minéraux, des métaux, et dire par exemple que la rouille est une maladie du fer. Qu’on se rende compte seulement que de tels concepts purement abstraits ne nous mèneront jamais à une conception réellement féconde de la vie. Avec eux, nous jouons en quelque sorte à connaître la vie, mais nous n’atteignons pas la réalité des faits. Celui qui veut parvenir à un concept réel de la maladie et aussi de la santé doit bien se garder de dire que les minéraux et les métaux peuvent tomber malades.

Il n’en est toutefois déjà plus de même quand nous nous élevons au règne végétal. On peut certainement parler de maladie chez les plantes. Et précisément, ces maladies végétales ont un grand intérêt et une importance particulière pour la vraie notion de ce qu’est la maladie. On ne peut guère parler chez les plantes, à moins de plaisanter, de causes intérieures de maladies. Au sens où on parle chez l’animal ou chez l’homme de causes internes de maladies, on ne peut utiliser cette expression chez les plantes. Dans le règne végétal, il faut toujours ramener les maladies à des faits extérieurs ; telle influence pernicieuse du sol, insuffisance de lumière, action du vent, et autres effets des éléments et de la nature, ou bien encore influence des parasites s’attaquant aux plantes et leur nuisant. Nous dirons donc à juste titre qu’au sein du monde végétal, la notion d’une cause interne de la maladie ne se justifie absolument pas. Il ne m’est naturellement pas possible, puisque je ne puis vous entretenir de ce thème pendant six mois, de confirmer par un nombre infini de preuves ce que je viens d’indiquer. Mais plus nous approfondirons la pathologie végétale, plus nous verrons que, pour les plantes, il ne saurait être question du concept de causes internes de maladies, et qu’au contraire il s’agit là de causes et de nuisances extérieures, d’influences externes.

La plante, telle qu’elle se présente à nous à première vue dans le monde extérieur, est un composé de corps physique et éthérique, et c’est un être qui nous montre pour ainsi dire que ce que nous appelons corps physique et éthérique est sain par nature, et ne devient malade que par l’effet d’un mal infligé du dehors. Les données de la science de l’esprit confirment absolument ce fait. Tandis que dans les règnes animal et humain nous observons toujours, en employant les méthodes de l’investigation clairvoyante, des altérations manifestes dans l’être intérieur, dans les parties suprasensibles de l’être, nous ne pourront jamais dire que le corps éthérique originel d’une plante malade soit lui-même altéré. Nous constaterons seulement que toutes sortes de dommages et d’influences venus du dehors ont pénétré le corps physique jusqu’au corps éthérique. Les faits établis par la science de l’esprit confirment entièrement ce que le jugement nous permet de conclure de manière générale : dans ce qui constitue la plante, son corps physique et son corps éthérique, nous avons quelque chose d’originellement sain. Mais il y a une autre chose encore : on voit comment une plante qui a subi un dommage extérieur est capable d’utiliser toutes sortes de moyens pour lutter par sa croissance et son développement contre les nuisances, pour se guérir. Observez une plante que vous avez coupée et vous verrez qu’elle cherche à frayer d’autres voies à sa croissance, à contourner la blessure qui fait obstacle et l’endommage. Nous touchons presque du doigt la défense interne, la force curative qui se manifeste quand survient un dommage extérieur.

Ainsi, dans les corps physique et éthérique de la plante, il existe quelque chose capable de répondre par des forces internes de guérison aux nuisances extérieures. C’est là un fait d’une extrême importance pour qui veut être au clair sur ces questions.

Un être comme la plante, dotée d’un corps physique, et d’un corps éthérique, nous montre non seulement que ceux-ci sont originellement en possession de principes de santé suffisants pour leur croissance et leur développement, mais encore qu’il y a là un surplus de forces qui parviennent à se réaliser dans les forces de guérison quand les influences destructives viennent du dehors. D’où ces forces de guérison peuvent-elles provenir ?

Si vous faites une entaille dans un corps uniquement physique, le dommage subsistera. De lui-même, ce corps purement physique ne pourra rien faire pour réparer en quelque sorte le dommage. C’est pourquoi il est impropre de parler de maladie pour un corps exclusivement physique et encore moins d’un rapport quelconque entre la maladie et la guérison. Il suffit pour s’en rendre compte d’observer la maladie lorsqu’elle se manifeste dans une plante. C’est dans le corps éthérique qu’il faut chercher le principe d’une force intérieure de guérison. Ceci, encore une fois, se confirme de manière éminente par les données de la science de l’esprit.

Car autour de la blessure d’une plante, l’activité du corps éthérique devient bien plus intense qu’elle n’était auparavant. Il tire de lui-même des forces toutes différentes, il développe de tout autres courants. La chose est prodigieusement intéressante : tout dommage fait au corps physique d’une plante provoque une surabondance d’activité de la part du corps éthérique.

Ceci ne nous définit pas encore le concept de maladie, mais nous nous sommes approchés de ce qui en est le processus et nous avons atteint quelque chose qui nous donne une idée de ce qu’est le processus interne de guérison.

Suivons à présent le fil conducteur de l’observation intérieure, de la clairvoyance, continuons et essayons de comprendre par le raisonnement les phénomènes extérieurs auxquels nous conduit la science de l’esprit. Nous passons alors de ces dommages que nous occasionnons aux plantes, à ceux que nous infligeons aux animaux, c’est-à-dire à des êtres qui possèdent déjà un corps astral. Une première approche assez grossière fait apparaître chez les animaux supérieurs relativement peu de choses par rapport à ce qui se manifeste si magnifiquement chez les plantes, et c’est de moins en moins le cas à mesure que l’animal est plus développé, à savoir que le corps éthérique répond de moins en moins aux atteintes extérieures. Si on mutile le corps physique d’un mammifère inférieur ou supérieur, si par exemple on coupe la patte à un chien, on verra que le corps éthérique de l’anima ne pourra pas réagir aussi facilement avec ses forces curatives que le fait celui d’une plante soumise à une mutilation semblable. Mais même au sein du règne animal, c’est un phénomène qu’on peut observer à grande échelle. Supposons que nous descendions jusqu’aux animaux tout à fait inférieurs, aux tritons ou autres bêtes du même genre. On peut les couper en morceaux, les priver de certains organes, sans qu’ils en soient particulièrement incommodés. Les organes repoussent très rapidement et la bête reprend bientôt son aspect premier. C’est un phénomène assez semblable à celui de la plante : nous avons provoqué dans le corps éthérique l’apparition des forces de guérison. Qui pourrait nier que tenter d’éveiller cette force dans le corps éthérique de l’homme ou de l’animal supérieur serait exposé leur santé aux plus graves dangers? L’animal inférieur, au contraire, est simplement incité à faire repousser du dedans un nouveau membre grâce au corps éthérique. Mais continuons à monter.

Si par exemple nous coupons une patte à une écrevisse, elle ne sera pas capable d’en faire repousser immédiatement une nouvelle, mais dès la prochaine mue, quand elle passera à un nouveau stade de son existence, un moignon apparaîtra déjà en place du membre coupé ; la fois suivante, il aura grandi, et si la bête muait assez souvent, le membre coupé serait remplacé par un nouveau. Ce fait nous prouve que le corps éthérique de ces animaux doit faire un plus grand effort pour produire la force de guérison. Chez les animaux supérieurs, ce n’est déjà plus du tout le cas, du moins dans ces proportions. Si on ampute un animal supérieur, il ne pourra tout d’abord pas produire ces forces curatives à partir de son corps éthérique. Mais il nous faut constamment insister sur un fait mis actuellement en évidence dans une importante polémique scientifique : si on ampute un animal et que celui-ci ait des descendants, ceux-ci n’héritent pas de la mutilation ; la génération suivante possède de nouveau l’intégrité de ses membres. Le corps éthérique, quand il transmet ses caractéristiques aux descendants, est poussé à produire de nouveau un organisme complet. Chez le triton, le corps éthérique agit encore dans le même animal ; chez l’écrivisse, seulement au moment de la mue ; pour l’animal supérieur, le phénomène ne se manifeste que chez les descendants : le corps éthérique remédie à ce qui a été mutilé dans la génération précédente. Ces phénomènes de la nature doivent donc être observés selon une gradation, on se rendra alors compte qu’il faut encore parler d’une force curative dans le corps éthérique, même quand elle ne se manifeste que d’une génération à l’autre et que le corps éthérique se transmet de manière à produire l’animal complet dans son intégralité. Vous voyez ici, par conséquent, ce que peut être la recherche des processus de guérison dans le corps éthérique.

La question se pose à présent : d’où vient qu’à mesure que nous nous élevons dans l’échelle animale – et la même remarque s’applique au règne humain du point de vue extérieur -, le corps éthérique ait de plus en plus de difficultés à manifester ses forces de guérison ? c’est que le corps éthérique peut être lié de bien des manières au corps physique. Le lien qui les unit peut être en quelque sorte plus ou moins resserré ou distendu. Prenons par exemple un animal inférieur, le triton, dont un membre coupé repousse aussitôt. Ici il faut bien supposer un lien plus lâche entre les corps physique et éthérique ; et à plus forte raison dans le monde végétal. Ce lien il faut le dire, doit être de telle nature qu’il empêche le corps physique de réagir sur le corps éthérique, en sorte que celui-ci n’est pas affecté par ce qui se passe dans le corps physique dont il reste en quelque sorte indépendant. Or, l’essence du corps éthérique consiste en l’activité, la production, ne ce qui incite à croître. Il stimule la croissance jusqu’à une certaine limite.

Dès qu’une partie de l’organisme des plantes ou des animaux inférieurs est mutilé, le corps éthérique est prêt à la remplacer, c’est-à-dire à déployer sa pleine activité. Mais qu’il en est empêché ? C’est qu’il est plus dépendant du corps physique, et c’est en effet ce qui arrive chez les animaux supérieurs. Le lien qui chez eux unit le corps physique au corps éthérique est beaucoup plus étroit, plus resserré. Quand le corps physique s’organise, les formes qu’il prend – donc ce qui est de nature physique – agissent sur le corps éthérique.
Exprimons ceci en termes bien clairs : dans les formes animales les plus primitives ou bien chez les plantes, ce qui est externe même une vie indépendante et n’agit pas sur le corps éthérique, qui reste ce qu’il est. Dès que nous arrivons aux animaux supérieurs, les formes du corps physique s’imposent au corps éthérique en agissant sur lui ; il s’adapte complètement au corps physique, de telle sorte qu’en blessant celui-ci nous atteignons celui-là. Le corps éthérique doit alors naturellement faire appel à des forces plus profondes pour se guérir lui-même d’abord, et ensuite régénérer les membres physiques en question. C’est pourquoi dans le corps éthérique de l’animal supérieur il est fait appel à des forces plus profondes. Cependant, quelle est la raison de tout cela ? Pourquoi le corps éthérique d’un animal supérieur est-il si dépendant des formes du corps physique ?

Plus nous nous élevons dans l’échelle animale, plus nous devons prendre en considération non seulement l’activité du corps physique et du corps éthérique, mais aussi celle du corps astral. Chez les animaux inférieurs elle est encore très restreinte, c’est pourquoi ces animaux ont encore tant d’analogie avec les plantes. Plus nous nous élevons, plus le rôle du corps astral grandit. Or, la nature de son action est de rendre le corps éthérique dépendant de lui. Un être comme la plante, qui ne possède qu’un corps physique et qu’un corps éthérique, est peu concerné par le monde extérieur. Des excitations s’exercent sur elle, mais elles ne se traduisent pas par des phénomènes internes. Là où par contre agit un corps astral, les excitations extérieures sont reflétées par des phénomènes intérieurs. Un être dont le corps astral n’est pas actif est plus isolé du monde extérieur ; un être s’ouvre d’autant plus au monde extérieur que l’activité de son corps astral est intense. Le corps astral relie donc l’être intérieur au monde environnant. A mesure que grandit son action, le corps éthérique est obligé d’employer des forces beaucoup plus considérables pour réparer les dommages qui peuvent survenir.
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Maladie et  santé dans leur rapport avec le karma Empty Re: Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Mar 17 Oct - 9:04

Mais si à présent nous nous élevons des animaux à l’homme, il nous faut encore considérer autre chose. Dans son corps astral ne sont pas seulement inscrites ou enregistrées les fonctions prescrites, ainsi que c’est davantage le cas pour l’animal : celui-ci suit plutôt une route tracée d’avance, il vit selon un programme établi. Vous ne pourrez guère dire d’un animal qu’il mène une vie instinctive particulièrement déréglée, ou qu’il est au contraire modéré dans ses instincts ; il suit son plan de vie. Tout ce qui s’exprime chez lui est soumis à une sorte de programme-type. L’homme, précisément parce qu’il s’est élevé dans l’échelle de l’évolution est capable de faire l’expérience de toues les distinctions entre le vrai et le faux, le mensonge et la vérité, le bien et le mal. Par ses impulsions uniquement individuelles, il entre dans un rapport des plus complexes avec le monde ; toutes ces sortes de contacts rebondissent sur son corps astral et y inscrivent des impressions. Il s’ensuit que même les interactions entre le corps astral et le corps éthérique vont à présent s’exercer par rapport à ses expériences externes.

Donc, quand de quelque manière un homme mène une vie déréglée, cela veut dire que quelque chose s’en imprime dans son corps astral. Mais comme nous l’avons vu, celui-ci influence à son tour le corps éthérique ; la nature ce cette influence dépend de l’impression qui a été faite sur le corps astral. Ceci nous fait comprendre que le corps éthérique d’un homme est modifié suivant la vie qu’il mène dans le cadre du bien et du mal, du vrai et du faux, du mensonge et de la vérité, etc. : tout cela exerce une influence sur le corps éthérique de l’homme.

Rappelons-nous maintenant ce qui se passe lorsqu’on franchit les portes de la mort. Nous savons que le corps physique est rejeté et que subsiste le corps éthérique, lié encore au corps astral et au Je. Au bout d’un certain temps qui ne se mesure qu’en jours, la plus grande partie du corps éthérique est à son tour abandonnée comme un deuxième cadavre. Un extrait cependant en demeure qui est emporté et conservé pour les temps à venir. Cet extrait du corps éthérique contient comme en essence tout ce qui est survenus durant l’existence, le résultat par exemple d’une vie dissolue, ou ce que l’homme a reçu qui résulte d’une pensée, d’une manière d’agir ou de sentir justes ou erronées. Le corps éthérique contient tout cela et l’homme l’emporte avec lui pour tout le temps qui le sépare d’une nouvelle naissance. L’animal, n’ayant aucune de ces expériences, ne peut évidemment rien emporter de semblable en mourant. Quand l’homme revient à l’existence par une nouvelle naissance, l’essence de son corps éthérique précédent se déverse dans le nouveau, ce qui imprègne celui-ci tandis qu’il s’édifie. C’est pourquoi l’homme dans sa nouvelle existence porte dans son corps éthérique les résultats de ce qu’il a vécu dans sa vie d’un organisme entièrement nouveau, à la naissance tout cela va s’imprimer également dans son corps physique. Mais pourquoi cela peut-il s’imprimer dans le corps physique ?

L’investigation spirituelle nous montre que nous pouvons à peu près retrouver dans la forme d’un corps humain qui vient au monde quelles actions furent accomplies par l’être dans une vie précédente. Pourrons-nous cependant trouver une explication vraiment raisonnable pour ce qui s’est présenté à nous comme le déclin des forces de guérison au fur et à mesure que les animaux sont plus évolués ? Comme nous ne pouvons pas dire de l’animal qu’il rapporte en naissant l’individualité à toute l’espèce terrestre antérieure, c’est le corps astral commun à toute l’espèce à laquelle il appartient qui agit seul en lui et va limiter l’action curative du corps éthérique. Mais chez l’homme, nous trouvons que non seulement le corps astral, mais également le corps éthérique est imprégné des conséquences des actes de la vie précédente. Et, étant donné que le corps éthérique est doué de la force de reproduire ce qui existe déjà en lui, nous pouvons comprendre que si une autre force pénètre maintenant en lui, il sera toujours en mesure de déposer dans la structure de l’organisme ce qu’il apporte des incarnations antérieures. Nous voyons ainsi à présent de quelle façon les actions de notre vie passée peuvent continuer d’agir à travers l’état de santé de notre vie actuelle ; et comment très souvent, nous devons voir en lui un effet karmique des actes d’une vie antérieure. Cette même observation peut également se présenter par une autre voie.

Nous pouvons nous demander si tout ce que nous accomplissons durant la vie comprise entre les limites de la naissance et de la mort agit de la même manière sur notre corps éthérique. Même dans la vie ordinaire, vous pouvez percevoir une énorme différence entre l’action qu’ont sur notre organisation intérieure proprement dite les expériences que nous faisons en tant qu’êtres conscients, et les diverses autres expériences. Un fait du plus haut intérêt se découvre ici, que la science de l’esprit peut expliquer entièrement, mais que la simple raison peut également comprendre. Au cours de son existence, l’homme fait un grand nombre d’expériences qu’il saisit consciemment et qu’il rattache à son Je. En lui, elles se transforment en représentations sur lesquelles il travaille. Mais songez maintenant au nombre infini d’expériences, d’impressions qui n’arrivent jamais jusqu’à la représentation et qui cependant sont dans l’homme et agissent en lui. Il vous arrive souvent que quelqu’un vous dise : « Je t’ai vu aujourd’hui dans la vue, tu m’as même regardé ! » – et vous n’en savez absolument rien. Le fait est fréquent. Il y a évidemment eu impressions ; votre œil a bien vu votre ami, mais l’impression immédiate n’en est pas arrivé jusqu’à la représentation. – Il existe un nombre incalculable d’impressions de ce genre ; en sorte qu’en réalité notre existence se sépare en deux parties : une partie de la vie de l’âme constituée par les représentations conscientes, et l’autre qui n’a jamais atteint les représentations conscientes, et l’autre qui n’a jamais atteint la claire conscience. Mais il y a encore d’autre différences, Vous distinguez facilement entre les impressions reçues au cours de votre vie et dont vous pouvez vous souvenir, autrement dit qui vous ont frappé au point de pouvoir toujours remonter dans votre mémoire, et celles que vous avez reçues, mais dont vous ne pouvez vous souvenir.

Notre vie psychique se répartit ainsi en catégories très différentes, et cette différence, en fait, est particulièrement marquée quand on considère les effets sur l’être intérieur de l’homme. Penchons-nous à présent, quelques minutes encore, sur la vie comprise entre la naissance et la mort. L’observation exacte nous montre qu’il y a une profonde différence entre les représentations qui peuvent toujours resurgir dans notre conscience et celles qui sont retombées dans l’oublie, qui n’ont pas réellement acquis la qualité du souvenir. Voici qui vous éclairera sur cette différence : prenez une impression qui a éveillé en vous une claire représentation. Disons que c’était une impression qui a provoqué en vous de la joie ou de la peine, autrement dit qui fut accompagnée d’un sentiment. Retenons que la plupart des impressions – en fait toutes les impressions qui sont suscitées en nous de l’extérieur – s’accompagnent d’affectivité. Et les sentiments ne s’expriment pas seulement à la surface consciente de la vie, mais ils agissent profondément jusque sur le physique. Pensez simplement à la façon dont une impression peut vous faire pâlir, une autre vous faire rougir.

Ici les impressions agissent jusque sur la circulation du sang. Et maintenant, considérez ce qui ne parvient pas du tout à la conscience ou ne fait que l’effleurer, sans aboutir au souvenir. La science de l’esprit nous montre que, pour ce qui est des émotions qui les accompagnent, ces impressions n’ont rien à envier à celles qui sont conscientes.
Si vous recevez du monde extérieur une impression qui, si elle eût été consciente, aurait éveillé en vous la peur et vous aurait peut-être donné des palpitations, cette même impression, si elle reste inconsciente, est loin d’être sans effets. Non seulement est produite, mais elle agit même jusque dans le corps physique. Il se produit ici une chose singulière : c’est qu’une impression qui suscite une représentation consciente se heurte à une sorte de résistance l’empêchant d’agir profondément sur l’organisme humain ; mais si l’impression agit simplement sur nous sans que nous nous en fassions une représentation consciente, alors rien ne l’entrave, et c’est pourquoi elle n’en reste pas moins agissante.

La vie humaine est beaucoup plus riche que ce dont nous sommes conscients. Il y a dans notre vie une époque particulièrement riche pour cette sorte d’impressions qui ont une action si vivante sur l’organisme humain, mais qui ne possèdent pas la faculté du souvenir. Durant toute la période comprise entre la naissance et le moment où commence la mémoire, chacun a éprouvé un nombre incalculable de riches impressions qui sont toutes restées en nous et nous ont transformés durant tout ce temps. Elles agissent de même que les impressions conscientes, mais, particulièrement si elles sont oubliées, rien ne leur fait obstacles, rien de ce qui sinon s’ordonne dans la vie psychique en tant que représentation consciente ne vient former barrage. Et ces impressions inconscientes sont les plus profondes. La vie extérieure nous confirme déjà qu’il y a dans l’existence des moments où se manifeste cette seconde espèce d’effets intérieurs. Bien des évènements de la vie semblent inexplicables et vous n’arrivez pas à comprendre pourquoi telle ou telle chose doit être vécue précisément de telle manière. Quelque chose, par exemple, vous arrive et l’impression est des plus violentes sans que vous puissiez vous expliquer comment un événement relativement indifférent a pu provoquer un si grand bouleversement.

Si vous êtes capable de rechercher assez avant, vous trouverez peut-être que durant la période critique qui s’écoule entre la naissance et votre premier souvenir, un événement analogue vous est arrivé pour retomber ensuite dans l’oubli. Aucune représentation ne vous est restée. Vous aviez reçu à ce moment une forte impression ; celle-ci a survécu et se combine avec l’impression actuelle pour l’intensifier. Et ce qui vous aurait laissé plus indifférent fait à présent sur vous une impression particulièrement forte. En admettant ce fait, on pourra se faire une idée de l’infinie responsabilité que constitue l’éducation de l’enfant durant les premières années, et de la manière dont une chose projette ses ombres ou ses lumières sur la suite de l’existence. On a donc là une action directe des premières années sur le reste de la vie.

Il peut aussi arriver que des impressions d’enfance de ce genre, surtout si elles se sont répétées, influencent l’état d’esprit tout entier, de telle sorte qu’à partir d’un certain moment de la vie une mélancolie qui semble inexplicable se fera jour. Elle ne s’explique que si on remonte en arrière et qu’on retrouve quelles impressions passées projettent leurs lumières ou leurs ombres sur la vie ultérieure. Ce sont en effet celles-là qui s’expriment maintenant par une humeur dépressive continuelle. On constatera que les événements qui exercent l’action la plus grande sont ceux qui ont le plus particulièrement impressionné l’enfant. Ainsi nous pourrons dire ; quand, dans les impressions qui par la suite tombent dans l’oubli, entrent activement des mouvements affectifs, des sensations et des sentiments, ceux-ci contribuent considérablement à provoquer des expériences semblables à celles que nous venons d’évoquer.
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Message par obsidienne le Mar 17 Oct - 9:06

Rappelez-vous les descriptions fréquentes que nous avons faites de la vie dans le kamaloca. Après s’être dépouillé du corps éthérique comme d’un deuxième cadavre, l’homme revit à rebours  toute sa dernière vie, il repasse par toutes les expériences qu’il a vécues, mais il ne repasse pas toutes les expériences qu’il a vécues, mais il ne repasse pas simplement devant en restant indifférent. C’est justement pendant le kamaloca, du fait qu’il possède encore le corps astral de sa vie passée, que les expériences qu’il a faites suscitent en lui les sentiments les plus profonds. Supposons par exemple qu’un homme meure à soixante-dix ans ; il revit sa vie à rebours et arrive au moment où, vers quarante ans, il donna un soufflet à quelqu’un ; il éprouve  alors la douleur qu’il a causé à cette personne, et elle appelle en lui une sorte de reproche qu’il s’adresse à lui-même. Ce reproche demeure ensuite en lui comme un ardent désir, lequel l’accompagnera dans sa prochaine existence, l’amenant à réparer la chose dans le cours ultérieur de sa vie. Et comme ces expériences astrales se présentent durant le temps qui s’écoule entre la mort et une nouvelle naissance, vous comprendrez sans peine que ce que nous vivons comme des actions s’imprime  d’autant plus profondément et sûrement en notre être intérieur et devient agissant lors de l’élaboration de notre nouvelle corporéité. Du moment que même dans la vie ordinaire certains événements peuvent nous toucher si fortement, surtout quand il s’agit d’impressions affectives, au point d’amener une dissonance dans notre psychisme, il est compréhensible que les impressions beaucoup plus intenses de la vie du kamaloca doivent s’imprimer si fortement qu’elles vont agir profondément dans l’organisation du corps physique lors de la nouvelle incarnation.

Vous voyez ici l’intensification d’un phénomène qu’une observation attentive révèle déjà dans la vie qui s’écoule entre la naissance et la mort. Les représentations auxquelles la conscience n’oppose aucun barrage mènent plutôt à des déséquilibres de l’âme, à la neurasthénie, à des symptômes d’affections nerveuses, voire même aux maladies mentales. Tous ces phénomènes résultent de rapports de cause à effet entre des événements anciens et des événements ultérieurs ; ils nous fournissent la claire image de ces rapports.

Si nous voulons approfondir ce concept, nous dirons : les actions que nous avons accomplies durant la vie sont converties après la mort en émotions puissantes. Celles-ci ne sont alors plus affaiblies par aucune représentations physique ; il n’y a pas la conscience ordinaire pour les endiguer, car point n’est besoin ici d’un cerveau. Ces émotions sont éprouvées par l’autre forme de la conscience, plus profondément active, et c’est ce qui fait que nos actions et tout notre être de la vie précédente se manifestent dans nos dispositions et dans notre organisation qui  d’une nouvelle existence. Nous comprenons ainsi que quelqu’un qui, dans une incarnation, a pensé, senti et agit très égoïstement, quand après sa mort il voit les fruits de ses pensées, sentiments et actions égoïstes, se pénètre de puissantes émotions à l’encontre de son comportement passé. C’est effectivement ce qui se passe. Il accueille en lui des tendances qui se dirigent contre son propre être ; et ces tendances, dans la mesure où elles émanent de l’égoïsme cultivé dans une vie antérieure, s’expriment dans la nouvelle existence par une organisation faible. Le terme « organisation faible » provient ici de l’être même, non point de l’impression extérieure. Il nous faut bien comprendre que la faiblesse d’une organisation peut être ramenée karmiquement à un comportement égoïste dans une vie antérieure.

Allons plus loin : supposons une personne qui dans une vie ait une propension particulière au mensonge ; c’est là une inclination, quelque chose qui émane des profondeurs de l’organisation psychique ; car, si l’homme n’obéissant qu’à ce qui se trouve dans sa vie la plus consciente, il ne mentirait pas. Seuls les émotions et les sentiments émanant du subconscient nous poussent aux mensonges. C’est déjà là une chose plus profondément enracinée. Si un être a été menteur, les actes auxquels l’a poussé le mensonge feront naître en lui dans sa vie post mortem les émotions les plus violentes, dirigées contre lui-même, et il s’éveillera une forte tendance contre le mensonge.

Durant sa vie suivante, cet être rapportera une organisation non seulement faible, mais – et c’est ce que montre la science de l’esprit – pour ainsi dire bâtie d’une manière irrégulière, qui présente une structure chaotique des organes internes subtils. Il y a là quelque chose qui va de travers, et la cause en est l’habitude invétérée du mensonge dans al vie passée. D’où cette propension au mensonge est-elle venue elle-même ? Car en elle existe déjà quelque chose qui ne va pas.

Il nous faut donc remonter plus loin encore. La science de l’esprit nous montre qu’une vie inconstante, qui ignore le dévouement et l’amour, une vie superficielle menée durant une incarnation, s’exprime dans la vie suivante par la disposition au mensonge – et celle-ci à son tour, deux incarnations après, par des organes mal construits. Nous pouvons ainsi suivre trois incarnations successives du point de vue karmique dans leurs effets : superficialité et inconstance dans la première ; propension au mensonge dans la seconde ; disposition physique maladive dans la  troisième.

Ici nous voyons le karma à l’œuvre dans la santé et la maladie. Nous nous sommes appuyés à présent sur les faits qui proviennent de l’investigation spirituelle. Il ne s’agit pas d’échafauder des théories, mais de prendre des cas d’observation qui peuvent être établis par des méthodes de la science de l’esprit.

Nous avons ainsi exposé les faits les plus ordinaires – les forces  de guérison du corps éthérique chez les plantes. Nous avons montré ensuite comment, par l’adjonction du corps astral, l’activité du corps éthérique diminue chez les animaux – et nous avons vu enfin comment, grâce au « Je » qui s’ajoute chez l’homme et qui développe en lui une vie individuelle dans le bien et le mal, le vrai et le faux, le corps astral qui, à mesure que l’on s’élève dans l’échelle animale, ne fait qu’entraver les forces curatives du corps éthérique, fait ici pénétrer un nouvel élément dans l’homme : les influences karmiques de maladie résultant de la vie individuelle. Dans la plante, il n’y a pas encore de causes internes de maladies parce que celles-ci restent dans l’extériorité et que l’action des forces curatives du corps éthérique n’est pas affaiblie. Chez les animaux inférieurs, nous avons encore un corps éthérique doué de forces curatives qui lui permettent de remplacer lui-même des membres ; mais plus nous nous élevons, plus le corps astral agit sur le corps éthérique et limite par là ses forces de guérison. Comme les animaux ne se survivent pas par la réincarnation, ce qui est dans le corps éthérique ne se rattache à aucune sorte de qualités morales, intellectuelles ou individuelles, mais au type général. Chez l’homme par contre, ce qu’il vit dans le « Je » agit jusque sur le corps éthérique dans le temps entre naissance et mort.

Pourquoi les expériences de l’enfance, en ce qui concerne ces effets psychiques, ne se traduisent-elles que par des maladies bénignes ? Parce que nous trouverons dans la même vie les causes de tout ce qui se manifeste en tant que neurasthénie, névrose, hystérie, etc. Par contre, nous devrons chercher dans une vie antérieure les causes de maladies plus profondes, car ce n’est que dans la transition vers une nouvelle naissance que ce que nous vivons moralement et intellectuellement peut s’implanter pleinement dans le corps éthérique. D’une manière générale, le corps éthérique de l’homme ne peut pas à l’intérieur d’une seule existence, retenir en lui des effets moraux profonds, bien qu’il existe certains cas d’exception – et même des cas bien qu’il existe certains cas d’exception – et même des cas très significatifs – dont nous reparlerons.

Tel est le lien qui existe entre notre vie en bien ou en mal, notre vie morale et intellectuelle durant une incarnation, et notre état de santé ou de maladie durant la suivante.
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Message par obsidienne le Mar 17 Oct - 19:20

Quatrième conférence

Hambourg, 19 mai 1910


On peut partir de l’idée que les deux concepts qui feront aujourd’hui l’objet de notre étude, à savoir la curabilité et l’incurabilité des maladies, donneront lieu à des représentations plus claires et – on peut le dire – plus humaines, quand les idées de karma et de rapports karmiques dans l’existence auront acquis droit de cité dans les milieux plus larges. On peut dire en effet que les opinions les plus diverses sur les concepts de maladie guérissable et de maladie incurable se sont répandues au cours des siècles. Et il n’est pas besoin de remonter bien loin pour se rendre compte des changements énormes qu’ont subis ces concepts.

A l’époque charnière entre le Moyen Age et les temps modernes, vers les XVI e et XVIIe siècles, se développèrent graduellement les convictions que l’on pouvait cerner rigoureusement les formes de maladies et qu’il existait réellement pour chacune d’elles une herbe ou une mixture quelconque qui la guérissait nécessairement. Cette croyance se maintint finalement assez longtemps, et même jusqu’au XIXe siècle. Et si un profane ou quelqu’un qui aurait assimilé les conceptions actuelles voulait relire les descriptions de traitements appliqués à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle, et jusque bien avant dans ce XIXe, il serait étonné e la quantité de remèdes et de petites recettes employés largement à ces époques, depuis les tisanes et les mixtures jusqu’à des médications plus dangereuses, aux saignées, etc. Mais c’est précisément le XIXe siècle qui, dans les milieux médicaux, dans ceux qui étaient les plus influents, a inversé toute cette conception. Et je puis dire que moi-même j’ai pu pendant toute ma jeunesse rencontrer ces opinions contradictoires dans leurs nuances et leurs formes les plus diverses. L’occasion s’en offrait, par exemple, à ceux qui adhéraient au mouvement de l’école médicale nihiliste qui s’amorça à Vienne dès le milieu du XIXe siècle et ne cessa en somme de gagner en considération par la suite. Le point de départ du revirement radical des conceptions sur la guérison et l’incurabilité des maladies fut les travaux du fameux médecin Dietl sur le déroulement de la pneumonie et de maladies de même nature. Toutes sortes d’observations l’avaient amené à se dire qu’au fond on ne peut discerner aucun effet notable de tel ou tel remède sur telle ou telle maladie. C’est précisément sous l’influence de Dietl que les jeunes médecins de l’époque apprirent à penser qu’en ce qui concernait la valeur curative des remèdes transmis pendant des siècles, et de toutes les vieilles recettes en général, on pouvait appliquer l’idée exprimée par le célèbre dicton : Quand le coq chante sur le fumier, le temps change, ou reste ce qu’il est ! – Ils étaient d’avis que, pour l’évolution d’une maladie, il est assez indifférent que l’on administre ou non tel remède plutôt que tel autre. Dietl avait établi une statistique assez probante pour l’époque, selon laquelle il y avait à peu près autant de guérisons ou de décès parmi les traitements dit d’attente dont il avait été le promoteur, que parmi celles auxquelles on avait administré les vieux remèdes vénérables. Le traitement d’attente fondé par Dietl et développé par Skoda consistait à placer le malade dans les conditions extérieures de vie le mettant à même de mobiliser au mieux ses forces d’autoguérison, de les stimuler à partir de son organisme, le rôle du médecin se réduisant à surveiller le cours de la maladie, de manière à être présent au cas où quelque chose surviendrait qui permette une intervention humaine adéquate. Pour le reste, on se contentait pour ainsi dire de voir venir la maladie, d’attendre la réaction de l’organisme jusqu’à ce qu’au bout de quelque temps la fièvre tombe et que l’organisme se guérisse tout seul.

Cette école médicale fut qualifiée, et elle l’est encore, d’ »école nihiliste », parce qu’elle s’appuyait sur certaines paroles du professeur Skoda, qui disaient à peu près ceci : Nous pouvons peut-être arriver à diagnostiquer les maladies, à les décrire, il se peut même que nous les expliquions, mais nous restons incapables de les guérir ! – Je vous raconte ces choses en tant que phénomène qui se sont constitués au XIXe siècle et qu’il vous faut relever pour que vous puissiez ressentir comment, en ce domaine, se sont transformées les idées. Mais qu’on ne s’imagine pas que le récit pur et simple de l’un ou l’autre fait implique qu’il faille immédiatement prendre parti d’une manière ou d’une autre. Car, bien évidemment, les paroles du célèbre professeur skoda exprimaient une sorte de radicalisme et il serait facile de montrer les limites d’un tel discours. Cette formulation indiquait cependant quelque chose, sans toutefois posséder les moyens d’expliquer le rapport consciemment, ni même de le décrire ou de le formuler en mots. En fait il s’avérait même impossible de l’exprimer en idées, si bien que, dans les milieux où l’on s’y référait, on ne pouvait même pas penser la chose. Car ce qui était suggéré ainsi, c’est qu’il doit se trouver en l’homme quelque chose qui, en un sens, doit être déterminant quant à l’apparition et au déroulement d’une maladie, quelque chose qui, en tant que tel, doit finalement résider au-delà de ce que peut apporter toute aide humaine.

On rendait donc attentif à quelque chose qui échappe à toute intervention humaine ; et si l’on approfondit réellement la question, on voit que cette indication ne peut se rapporter à rien d’autre qu’à la loi de karma et à son influence sur le cours de la vie humaine. Si nous suivons le déroulement d’une maladie telle qu’elle se manifeste dans une existence, son apparition, le jaillissement des forces de guérison à partir de l’organisme lui-même, si nous suivons l’évolution de la guérison, surtout si nous considérons comment dans un cas le malade guérit et dans un autre non, une observation impartiale nous amène à chercher derrière tout cela des lois plus profondes. Celles-ci doivent-elles être recherchées dans les vies terrestres antérieures de la personne ? Telle est pour nous la question.
Peut-on admettre que l’homme apporte avec lui certaines conditions qui le prédéterminent dans certains cas à tirer de son organisme ses forces de guérison, et dans un autre, en dépit de tout aide, le lui refuseront ?

Si vous vous rappelez ce qui a été dit hier, vous comprendrez qu’au cours des événements qui se déroulent entre la mort et une nouvelle naissance, l’individualité humaine reçoit des forces certes toutes particulières. Nous avons dit en effet que, durant le temps que l’homme passe dans le kamaloca, dans son âme défilent les événements de sa vie passée, les actions qu’il a accomplies en bien et en mal, ses traits de caractère, etc. La vision de sa propre vie fait naître en lui une tendance à porter remède de tout ce qu’il a d’imparfait, à compenser tout ce qui s’est avéré être une action non juste ; il tend à s’imprégner des qualités qui le rendront plus parfait sous tel ou tel rapport. Si nous avons compris cela, nous pourrons dire : l’homme conserve cette tendance en lui, ses intentions, et c’est ce qu’il rapporte dans l’existence en renaissant. Il collabore à la construction du nouveau corps qui se forme autour de lui, et il l’édifie conformément aux forces qu’il apporte de ses existences antérieures et du temps écoulé entre la mort et une nouvelle naissance. Muni de ces forces, il pénètre dans sa nouvelle corporéité, qu’il tisse à l’aide de celles-ci. Ceci nous explique pourquoi ce corps sera fort ou faible selon que l’homme sera capable d’y introduire des forces plus ou moins grandes.

Il faut se rendre bien compte que certaines conséquences surviendront si, par exemple, durant sa vie en kamaloca, l’homme s’est trouvé en face de la chose suivante : dans ta vie précédente, tu as accompli de nombreuses actions sous l’emprise de tes passions, de la colère, de la peur, de la répugnance. – Durant le kamaloca ces actions reprennent vie devant son âme, en laquelle naît cette pensée (les expressions que nous employons pour désigner cette force portent naturellement l’empreinte de la vie physique) : Il faut que tu fasses quelque chose sur toi-même afin de te perfectionner sous ce rapport et de n’être plus porté à l’avenir à agir sous l’emprise de tes passions. – Cette pensée devient partie intégrante de l’individualité psychique et, quand l’homme repasse par la naissance, elle continue à s’imprimer comme une force dans le nouveau corps en train de s’édifier. Ce dernier accueille de la sorte la tendance à faire exécuter par l’ensemble de l’organisation des corps physique, éthérique, astral, ce qui empêchera toute velléité d’agir sous l’emprise de la haine, de la colère, de la jalousie, de façon à atteindre une plus grande perfection. Ceci l’amènera à accomplir de nouvelles actions qui pourront compenser ses actes passés. C’est ainsi que sous l’influence d’une raison infiniment supérieure à sa raison ordinaire, il se pénètre d’un dessein qui peut lui permettre d’atteindre une perfection plus grande dans un domaine précis et de compenser certains actes passés. – Si vous songez à la complexité de la vie, au nombre d’actions quotidiennes qui demandent une compensation de ce genre, vous comprendrez que l’âme, en venant à l’existence, soit pleine de ces pensées impatientes de réparer et que l’ensemble de ces intentions qui se croisent et se mêlent imprime au corps physique et au corps éthérique une configuration dans laquelle s’entrelacent toutes ces tendances. Pour nous éclairer sur ces points, considérons un cas tout à fait frappant. Mais aujourd’hui plus encore que de coutume, j’insiste sur ce fait que j’évite toujours de parler au nom d’une théorie ou d’une hypothèse arbitrairement édifiée, et que les exemples que je choisis ont toujours été dûment contrôlés par la science de l’esprit.
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Message par obsidienne le Mar 17 Oct - 19:23

Supposons une personne qui, au cours de sa vie antérieure, n’a agi qu’avec une conscience beaucoup trop faible de son « Je » ; elle s’adonnait trop au monde extérieur, au point d’agir de manière trop dépendante, trop impersonnelle, ce qui ne convient plus à notre cycle actuel d’humanité. C’est donc l’absence de sentiment du «Je » qui, dans une incarnation, l’a poussée à accomplir tel ou tel acte. Lors du séjour dans le kamaloca, elle s’est trouvée confrontée à ces actes dus à l’atrophie de son « Je ». Il en résulte tout d’abord cette tendance : Il faut développer en toi des forces qui feront grandir son sens de la personnalité ; il faut que dans une prochaine incarnation tu trouves l’occasion de tremper ton « Je », en luttant contre les résistances corporelles qui te viendront des corps physique, éthérique et astral ; c’est pour ainsi dire une école à suivre. Il faut que tu te façonnes un corps qui te montrera les conséquences corporelles d’une atrophie du « Je ».


Ce qui se jouera ensuite dans l’incarnation suivante n’affleurera guère à la conscience, les choses se dérouleront plus ou moins dans une région subconsciente. La personne dont il est question aspirera alors à une incarnation où la conscience du « Je » rencontrera les plus fortes résistances, ce qui l’obligera à la tendre au plus haut degré. Cette personne sera donc attirée comme par un aimant vers des lieux et des circonstances où elle rencontrera les pires obstacles, où le sentiment de sa personnalité devra se dépenser contre l’organisation des trois corps. Et, si étrange que cela puisse paraître, des individualités ainsi chargées d’un karma qui les attire vers le genre d’existence que nous venons de caractériser, cherchent les occasions d’être exposées par exemple à des épidémies comme celle du choléra ; celle-ci leur offre l’occasion de rencontrer ces résistances dont nous avons parlé. L’activité intérieure que, dans ce cas, le malade doit opposer à la résistance des trois corps, peut accroître considérablement la conscience du « Je » pour l’incarnation suivante.

Pensons un autre cas exemplaire, et, pour bien comprendre ces rapports, choisissons la situation inverse. Un homme voit durant son kamaloca que, par suite d’un sentiment excessif du « Je » un grand nombre de ses actes ont été inspirés par une trop grande confiance en lui-même : il se rend compte qu’il doit modérer son égocentrisme, qu’il lui faut le refouler. Là encore, il va rechercher pour sa prochaine incarnation des circonstances telles que ses trois corps ne fournissent nulle part un support, une base corporelle à son sentiment du « Je » et que, quelque effort qu’il fournisse, celui-ci ne rencontre partout que le vide où s’appuyer, et qu’ainsi il se réduise lui-même à l’absurde. Ces conditions se trouvent réalisées lorsque la personne est attirée vers une situation où elle contracte la malaria.

Vous avez ici le cas d’une maladie qui est un effet karmique et démontre qu’au fond l’homme est mené, par une raison supérieure à celle qu’atteint sa conscience ordinaire, vers les circonstances qui, dans le déroulement de son karma, favorisent son développement. Si notamment vous prenez garde à ce qui vient d’être dit, il vous sera beaucoup plus facile de développer une compréhension pour le caractère épidémique des maladies. Nous pourrions en donner divers exemples : tous nous montreraient comment l’homme, incité par les expériences du kamaloca, recherche véritablement les occasions d’attraper telle ou telle maladie, car, pour la surmonter et pour mettre en œuvre les forces d’autoguérison, il lui faut acquérir des forces qui représentent un progrès pour l’ensemble de son évolution.

Je vous disais précédemment que lorsque quelqu’un a beaucoup agi sous l’emprise de ses passions, durant son kamaloca il lui faudra subir ces mêmes actions tout inspirées de passion. Cela va susciter en lui la tendance, en vue de sa prochaine incarnation, à vivre dans sa propre corporéité quelque chose qui, pour être surmonté, l’amènera à accomplir des actions qui pourront agir de manière à compenser certains actes de sa vie passée. C’est en particulier cette forme de maladie que nous connaissons aujourd’hui sous la forme de la diphtérie qui, dans un grand nombre de cas, se déclare lorsque se présente ce genre d’enchevêtrement passé sa vie à agir sous l’emprise de toutes sortes d’emportements, de passions, etc.

Au cours de ces conférences, il nous sera encore donné d’entendre bien des chose sur ce qui détermine telle ou telle maladie. Mais il nous faut maintenant nous pencher sur des bases plus profondes encore, si nous voulons répondre à la question suivante : d’où vient-il que, quand par la naissance l’homme entre dans l’existence et que par son karma il apporte avec lui une tendance qui le poussera à atteindre telle ou telle chose en surmontant telle ou telle affection, comment se fait-il donc que tantôt il triomphe vraiment de l’épreuve et sorte vainqueur de la maladie, acquérant ainsi des forces qui le font avancer, et que tantôt il soit vaincu et que ce soit la maladie qui triomphe ? Il nous faut ici remonter aux principes spirituels qui ont permis qu’en principe la maladie intervienne dans la vie humaine.

Que l’homme puisse tomber malade et que même, par son karma, il puisse rechercher la maladie, cela n’est finalement dû à nuls autres principes qu’à ceux que souvent déjà nous avons évoqués des points de vue les plus divers au cours de nos exposés de théosophie. Nous savons qu’à un moment donné de l’évolution terrestre, les forces que nous avons appelées lucifériennes, et qui proviennent de certaines entités restées en arrière durant l’évolution de l’ancienne Lune, pénétrèrent dans l’évolution humaine. Ces entités n’ont pas suffisamment progressé pour atteindre le niveau pour ainsi dire normal de l’évolution terrestre. De ce fait, quelque chose émanant de ces entités lucifériennes fut implanté dans le corps astral de l’homme avant que son « Je » puisse agir en tant que tel. L’influence de ces entités lucifériennes se caractérise donc par le fait que jadis elle s’exerça avant tout sur notre corps astral, et qu’ensuite l’homme en fut marqué dans son corps astral pour toute la suite de son évolution. Elle signifie bien des choses dans l’évolution de l’humanité. Pour ce qui nous occupe ici, il est cependant essentiel de faire ressortir que par la présence en lui des forces lucifériennes, l’homme portait en lui-même un Tentateur l’incitant à être moins bon qu’il ne l’eût été sans cette influence. Et celle-ci le poussa aussi à se laisser bien plus mener dans ses actes et jugements par toutes sortes d’émotions, de passions et désirs, qu’il ne l’eût été sans cela.  

Cette influence produisit un changement dans l’individualité proprement dite de l’homme ; elle l’incita à se livrer davantage à ce que nous pouvons appeler le monde des désirs. Et il en est résulté que l’homme a plongé plus profondément dans le monde terrestre physique que ce n’eût été le cas sinon. Par l’influence luciférienne, l’homme s’enfonce plus dans sa corporéité, s’identifie plus à elle ; il n’eût pas pénétré ce corps à un tel point si l’influence luciférienne n’était pas intervenue. Car bien des choses qui sur terre attirent le désir de l’homme  ne seraient alors pas apparues. L’homme n’aurait fait que rester indifférent aux impressions des différentes choses qui le séduisent. C’est par le monde sensible extérieur ; et l’homme les accueillit en lui. L’individualité qu’il devait au « Je » fut imprégnée des effets émanés du principe luciférien, et c’est ainsi que, dès sa première incarnation terrestre, l’homme succomba aux tentations lucifériennes qu’il garda au cours des vies suivantes. Ce qui veut dire que la manière dont il succomba aux séductions lucifériennes devint partie intégrante de son karma.

Or, si l’homme n’avait reçu que ce seul principe luciférien, il aurait résisté de moins en moins aux tentations du monde terrestre physique ; il aurait en quelque sorte dû abandonner la perspective d’échapper jamais à ce monde. Nous savons qu’une influence ultérieure, celle du Christ, a agi à l’encontre du principe luciférien et l’a du même coup contrebalancé de telle façon qu’au  cours de son évolution les moyens furent rendus à l’homme de rejeter hors de lui l’influence de Lucifer.

Mais celle-ci entraînait une autre conséquence. Le fait que cette influence avait pénétré dans le corps astral fit que l’ensemble du monde extérieur dans lequel il entrait apparut tout autre à l’homme que ce n’eût été le cas sans l’intervention luciférienne. Lucifer pénétra en l’être intérieur de l’homme. Portant en lui Lucifer, il regarda le monde qui l’entourait. Sa vision du monde terrestre en fut obscurcie et l’influence ahrimanienne se mêla en outre aux impressions extérieures. Ahriman n’a pu s’immiscer dans le monde extérieur et en faire une illusion que parce que nous avions auparavant créé au-dedans de nous-mêmes, cette disposition à l’illusion, à la mâyâ. C’est ainsi que l’influence ahrimanienne, pénétrant dans notre monde extérieur, fut une conséquence de l’influence luciférienne. Nous pouvons dire : l’homme aspira en quelque sorte ce qui de l’extérieur lui offrait la possibilité d’être capté par le monde sensible plus qu’il ne l’eût fait sans cette influence. Et par là même, il se donna la possibilité d’aspirer l’influence ahrimanienne par le biais de qui parcourt ses différentes incarnations terrestres vivent l’influence luciférienne et, résultat de celle-ci, l’influence ahrimanienne. Ces ceux puissances luttent constamment dans l’individualité humaine ainsi devenue le théâtre du combat de Lucifer et d’Ahriman.

L’homme est aujourd’hui encore exposé dans sa conscience ordinaire tant aux tentations de Lucifer,  qui se manifestent de l’intérieur de son corps astral par les passions, les désirs, qu’aux tentatives d’Ahriman : erreurs, illusions, etc. concernant le monde extérieur et pénétrant en l’homme à partir de l’extérieur. Tant qu’il est incarné, les représentations constituent une barrière qui empêche ce qui vient de Lucifer et d’Ahriman de pénétrer plus profondément en lui, elles y font obstacle ; pendant tout ce temps, ses actes restent soumis à la faculté morale ou intellectuelle de juger. Tant que, durant le temps qui s’écoule entre la naissance et la mort, l’homme pèche contre la morale en suivant Lucifer, ou contre la logique et la saine pensée en suivant Ahriman, cela ne concerne encore que la partie consciente de sa vie intérieure ordinaire. Mais quand il franchit le seuil de la mort, la vie des représentations s’arrête, car elle est liée à l’instrument du cerveau. Alors commence une nouvelle forme de la vie consciente. En fait, toutes les choses qui, durant l’incarnation, sont soumises au jugement moral ou de la raison, pénètrent alors dans les racines de l’être humain ; elles interviennent dans ce qui, après le kamaloca, préside à l’organisation de l’existence suivante et s’imprime dans les forces plastiques qui vont édifier la triple corporéité humaine. C’est alors que les erreurs provenant de l’abandon à Ahriman deviennent des forces morbides qui infectent l’homme par la voie du corps éthérique, tandis que la débauche, tout ce qui dans la vie est objet d’un jugement moral, devient cause de maladies qui agiront plutôt par le corps astral.
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Maladie et  santé dans leur rapport avec le karma Empty Re: Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Mar 17 Oct - 19:25

Nous voyons ainsi comment concrètement nos erreurs dues à l’action en nous du principe ahrimanien – y compris les erreurs conscientes : mensonges, demi-vérités, etc. – deviennent les causes de maladies, à condition de ne pas s’en tenir à une seule incarnation, mais de considérer l’effet d’une incarnation sur celle qui suit. Nous voyons comment, par la même voie, les influences lucifériennes deviennent aussi des causes de maladies. En fait, nous pouvons bien dire : ce n’est pas impunément que nous commettons nos erreurs ! Nous sommes marqués du sceau de ces erreurs dans notre incarnation suivante, mais nous le sommes en vertu d’une raison supérieure à celle de notre vie ordinaire. C’est celle qui, durant le temps qui s’écoule entre la mort et une nouvelle naissance, nous impose de nous fortifier, de nous affermir autant que possible afin de ne plus être à l’avenir soumis à ces tentations. Ainsi, les maladies s’avèrent être de puissantes éducatrices dans notre vie. En les examinant de ce point de vue, nous verrons vraiment comment les influences soit Lucifériennes, soit ahrimaniennnes, sont en jeu dans la formation d’une maladie. Le jour où ces choses seront perçues par ceux qui deviendront thérapeutes sous l’influence des conceptions de la science de l’esprit, la manière dont ils pourront intervenir sur l’organisme humain sera infiniment plus intime qu’elle ne peut l’être aujourd’hui.

Dans ce sens, nous pouvons même pénétrer dans l’organisation de certaines formes de maladies. Prenons par exemple une maladie comme la pneumonie. Dans la succession karmique, c’est un effet provenant de ce que, pendant le kamaloca, une personne se découvre un caractère porté aux excès, possédé en quelque sorte du besoin de vivre sensuellement. Gardons-nous de confondre ce que nous attribuons ici à une conscience antérieure avec ce qui apparaît dans la conscience de l’incarnation suivante. Celle-ci n’a, dans un premier temps, rien à voir avec celle-là. Par contre, ce que l’homme voit pendant son séjour dans le kamaloca se transforme de manière à l’imprégner de la pneumonie, car c’est justement en triomphant de la pneumonie, en recherchant l’autoguérison, que l’individualité humaine réagit contre les puissances lucifériennes, qu’elle mène précisément contre elles une bataille rangée. C’est ainsi que la victoire sur la pneumonie offre à l’homme l’occasion de se débarrasser de ce qui fut un défaut dans son caractère lors d’une précédente incarnation. Nous assistons donc véritablement, dans la pneumonie, à la lutte de l’homme contre les puissances lucifériennes.

La chose est tout autre lorsqu’il s’agit de ce qu’on appelle aujourd’hui la tuberculose pulmonaire. Nous voyons apparaître les singulier phénomènes par lesquels les forces personnelles de guérison entrent en activité, et qui se manifestent en enveloppant les influences nocives naissantes, en les encerclant d’enveloppements faits de tissus conjonctifs ; l’ensemble est ensuite empli d’une matière calcaire-saline qui constitue des inclusions solides. On peut porter de ces inclusions dans les poumons, et beaucoup de personnes, plus qu’on ne le croit d’ordinaire, en portent. Ce sont celles chez lesquelles un poumon tuberculeux est parvenu à guérir. Quand une telle chose s’est produite, c’est qu’à nouveau a été mené, de la part de l’être intérieur, un combat contre l’effet de forces ahrimaniennes. C’est ici un processus de défense contre l’extérieur, un assaut contre les effets de la matérialité extérieure dans le but de rendre l’individu humain indépendant à son égard.

Nous avons ainsi montré comment, de fait, les deux principes ahrimanien et luciférien sont à l’œuvre en dernier lieu dans le déroulement de la maladie. On pourrait sous bien des rapports montre comment, pour telle ou telle forme de maladie, il faudrait distinguer deux types différents : les maladies ahrimaniennes et les maladies lucifériennes. En tenir compte permettrait d’acquérir aussi des principes justes quant aux soins à apporter aux malades. Car les processus pathologiques lucifériens demandent des soins tout à fait différents des ahrimaniens.

Alors qu’aujourd’hui encore on recourt sans trop de discernement, par exemple dans les procédés de thérapie externe, à des forces telles que celles employées dans l’électrothérapie actuelle, dans l’hydrothérapie, etc., on doit dire que d’emblée la science de l’esprit jetterait une lumière sur les méthodes à appliquer si on opérait la distinction entre la nature luciférienne ou ahrimanienne de la maladie à laquelle on a affaire. Personne ne devrait par exemple employer les procédés de l’électrothérapie pour des affections d’origine luciférienne, mais uniquement pour des formes de maladie ahrimaniennes. Jamais, en effet, une maladie luciférienne ne pourra être soulagée par ce qui est sans aucun rapport avec l’activité de Lucifer, à savoir les principes de l’électricité ; car ceux-ci relèvent du domaine des entités ahrimaniennes, bien que naturellement ces entités ne soient pas seules à se servir de la force électrique. Un domaine, par contre, est tout particulièrement luciférien : c’est celui qui, en gros, se rapporte à tout ce qui est le chaud et le froid. Tout ce qui fait que l’organisme humain se réchauffe ou se refroidit, ou bien tout ce qui, même par influence externe, le réchauffe ou le refroidit, est du domaine de Lucifer. Partout où la chaleur et le froid entrent en considération, nous avons un type de pathologie luciférienne.

Ceci nous montre comment le karma agit dans l’état maladif et comment il agit pour le surmonter. Il ne nous semblera plus inconcevable désormais que dans le karma réside également la curabilité ou l’incurabilité d’une maladie. Si vous vous rendez compte que le but, en effet, le but karmique de al maladie, est de stimuler l’être humain et de le rendre plus parfait, il vous faut supposer que s’il tombe malade sous l’impulsion d’une rationalité qu’il apporte avec lui en naissant comme fruit de son séjour en kamaloca, il développe alors les forces de guérison qui signifient un affermissement de son être intérieur, et la possibilité pour lui de s’élever. Supposons les choses telles qu’une personne moyennant le reste de son organisme et son karma, soit de force à avancer encore dans cette même vie, grâce à ce que la maladie en ce cas intervient en l’homme aura alors atteint ce qu’il devait atteindre et qui se révélait dans la présence de la maladie. En triomphant d’elle, il s’est mis en mesure de disposer de forces parfaites pour remplacer celles, qui précédemment, étaient imparfaites. Si son karma l’a armé de forces telles et si les conditions favorables de sa destinée antérieure l’ont placé dans le monde de façon à ce qu’il puisse appliquer les forces nouvelles et les faire agir pour son bien et celui des autres, alors la guérison s’établit ; la maladie lui permettra alors de se tirer d’affaire.

Supposons le cas d’une personne qui triomphe de la maladie ; elle développe des forces de guérison et elle va se trouver alors devant une vie qui la placera en face d’exigences telles qu’elle ne pourra les satisfaire au degré de perfection qu’elle aura atteint jusque-là. Elle sera, certes, parvenue à quelque chose grâce à la guérison, mais il ne lui sera pas possible – le reste de son karma ne le lui permettant pas - , d’acquérir suffisamment pour venir également en aide aux autres. Ce qui se produit alors, c’est que son subconscient profond lui dit : L’occasion ne t’est pas donnée ici de recevoir dans toute sa force ce qu’il te faudrait. Il a fallu te soumettre à cette incarnation afin d’acquérir la mesure de perfection que tu ne pouvais acquérir que dans le corps physique, en triomphant d’une maladie. Tu as dû atteindre ce résultat, mais tu ne peux le développer davantage.

Ainsi, nous avons vu aujourd’hui comment la compréhension du karma nous permet seule de saisir comme il convient le cours d’une maladie et de réaliser que nous voyons directement luire dans notre vie présente les effets karmiques de nos vies passées. Nous en trouverons des exemples particuliers dans les prochains sujets que nous allons aborder.
Nous aurons maintenant à distinguer entre deux formes particulières de maladies : celles qui émanent de l’intériorité de l’homme et qui se présentent tout spécialement comme résultats du karma, et celles qui, en apparence, nous surviennent par hasard, par le fait que nous nous sommes exposés à de préjudices extérieurs, que telle chose nous arrive. En bref, il s’agira de voir comment nous pouvons comprendre le karma, même si, par exemple, nous tombons sous les roues d’un train. Autrement dit, comment expliquer par le karma les maladies dites « accidentelles » ?
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Message par obsidienne le Jeu 19 Oct - 20:15

Cinquième conférence

Hambourg, 20 mais 1910


Le contenu de la conférence d’hier est d’une grande importance, aussi bien en vue de nos prochaines études que de la compréhension des relations karmiques en général. C’est pourquoi – en raison de cette importance décisive – vous me permettrez de résumer brièvement à grands traits le contenu de cette conférence d’hier.

Nous sommes partis du point suivant : au siècle dernier, les vues sur la guérison et sur les médicaments se sont modifiées assez radicalement en un temps relativement court. Et nous avons indiqué comment, aux XVIe et XVIIe siècle notamment, s’est développée une conception qui reposait entièrement sur la base suivante : pour toute maladie que l’on désignait d’un nom et que l’on croyait pouvoir délimiter conceptuellement, il devait aussi se trouver dans le monde tel ou tel médicament. Et l’on croyait à coup sûr que, si le médicament était employé, il devait nécessairement avoir une influence sur le cours de la maladie. Nous avons ensuite indiqué que cette conception s’est maintenue plus ou moins jusqu’au début du XIXe siècle, mais qu’ensuite l’opinion absolument inverse est apparue, celle qui s’est exprimée notamment par le nihilisme de l’école de Vienne ; lequel était parti du célèbre médecin Dietl, et se poursuivit avec Skoda et ses disciples. Et nous avons caractérisé l’orientation nihiliste en disant : non seulement elle a commencé à concevoir des doutes fondamentaux sur un lie absolu entre tel ou tel médicament, entre telle ou telle pratique concernant le traitement de la maladie et la maladie elle-même, mais elle ne voulait plus rien savoir d’un lien de cette nature. Et dans la sensibilité des jeunes médecins qui se trouvaient sous l’influence de cette école pénétra la conception de ce qu’on appela l’ « autoguérison ». Skoda lui-même a prononcé cette phrase, si importante pour cette école : Nous pouvons établir le diagnostic d’une maladie, nous pouvons peut-être aussi l’expliquer et la décrire ; mais nous n’avons aucun remède pour la guérir.

Cette orientation avait pris son point de départ dans la démonstration faite par Dietl : si l’on pratique un traitement d’attente, une maladie comme la pneumonie évolue de façon telle que, dans un délai déterminé, les forces d’autoguérison se développent si seulement on crée les conditions nécessaires. Et il put prouver par des statistiques que la pratique d’un traitement d’attente aboutit à autant de guérisons ou à autant de décès que l’application des remèdes habituels.

A l’époque, le terme de « nihilisme thérapeutique » était tout à fait justifié car il était absolument exact que les médecins de cette école ne pouvaient pas se défendre contre l’opinion des malades qu’il doit y avoir un remède et une ordonnance. Le malade ne cédait pas, son entourage non plus – il fallait prescrire des remèdes, et les adeptes de cette école cherchaient ordinairement un refuge dans la prescription de gomme arabique diluée, qui selon leur opinion devait avoir exactement le même effet que les médicaments prescrits autrefois. Nous avons ensuite appris que le monde scientifique des faits évolue tout droit en direction de ce que nous pouvons appeler les relations karmiques. Car il nous a fallu répondre à la question : comment, en fait, se passe donc ce que l’on pourrait appeler l’ « autoguérison » ? Ou pour mieux dire, pourquoi cela se produit-il ? Et pourquoi, dans un autre cas, une autoguérison ou généralement une guérison ne peut-elle pas se produire ?
Dès lors que toute une école à la tête de laquelle se trouvent des coryphées a pu en venir à introduire le concept d’autoguérison, quelqu’un qui y aurait réfléchi aurait dû en venir à se dire : dans le processus pathologique, quelque chose est donc mis en mouvement qui conduit à triompher de la maladie ! Et ceci aurait dû conduire à partir en quête des causes secrètes déterminant le cours de la maladie. Nous avons alors essayé d’indiquer comment une telle relation karmique, cause du déroulement de la maladie, peut être recherchée dans le champ de l’évolution de l’humanité. Nous avons montré que certes les actions bonnes et mauvaises que l’homme accomplit dans la vie ordinaire, les actes sensés ou absurdes, les réactions justes ou inadaptées de la sensibilité par lesquelles il passe, que tout cela ne pénètre pas profondément dans le tréfonds de l’organisation humaine. Et nous en avons dévoilé la raison : ce qui, dans la vie ordinaire, est le fondement du jugement moral, intellectuel et affectif, reste à la surface de l’être dans la vie ordinaire et n’est pas soumis aux lois que nous avons pu discerner dans d’autres cas : celles qui exercent une influence sur les forces très profondes de l’organisation humaine.

Et cette défense contre la pénétration dans les forces de notre organisation de ce que nous faisons et pensons, elle réside dans le fait que nous accompagnons les actions accomplies entre la naissance et la mort de nos représentations conscientes. En accompagnant une action ou une expérience quelconque d’une représentation consciente, nous créons une digue empêchant la pénétration dans notre organisme du résultat de nos actions.

Nous avons ensuite indiqué quelle signification revient aux expériences qui sont définitivement oubliées. La possibilité a disparu de les ramener jusqu’à la vie de représentations conscientes, et de ces expériences-là nous avons été obligés de dire que d’une façon déterminée déjà, et parce que la protection de la représentation fait défaut, elles descendent dans notre organisation intérieure et peuvent alors participer à l’action sur les forces modelantes de notre organisme. Nous avons pu ensuite indiquer quelles formes de maladie se situent encore davantage à la surface : névroses, neurasthénie, et ainsi de suite. Les états hystériques mêmes peuvent s’expliquer ainsi. Nous avons dit qu’il faut chercher les causes de tels états dans les représentations oubliées, perdues pour la conscience et qui sombrent dans l’être intérieur où – telles des surplus de la vie de l’âme – elles se manifestent sous une forme pathologique.

Nous avons indiqué l’importance considérable du temps qui sépare la naissance du moment où l’être humain peut se remémorer ce qu’il a vécu, et nous avons attiré l’attention sur ce qui, ayant été oublié, continue d’agir dans l’organisme vivant en nouant comme une alliance avec ses forces profondes, exerçant une influence sur notre organisation elle-même. Il faut donc qu’un complexe de représentations, une série d’expériences sombre dans les profondeurs de notre être avant de pouvoir intervenir dans l’organisation.
Nous avons ensuite indiqué que cette disparition s’effectue le plus complètement quand l’homme a franchi le porche de la mort, et parcourt l’existence entre la mort et une nouvelle naissance. Alors toutes nos expériences, avec leurs qualités, se transforment en forces qui maintenant exercent une action organisante. Et ce que l’homme a ressenti, a éprouvé entre la mort et la nouvelle naissance, il l’incorpore aux forces plastiques qui participent à la construction du nouveau corps qu’il revêt en pénétrant à nouveau dans l’existence. Il a donc maintenant au sein de ses forces formatrices le résultat de ce qu’il avait auparavant dans la vie de son âme et peut- être même dans sa vie consciente de représentation. Et nous avons pu indiquer comment, avec sa vie des représentations imprégnée par le Je, il oscille entre deux influences, entre l’influence luciférienne et l’ahrimanienne. Lorsque l’être humain commet une faute provoquée par des propriétés de son corps astral, par des mouvements affectifs néfastes, par la colère, etc., il est poussé à certains actes par les puissances lucifériennes. Lorsqu’ensuite ces actes suivent le chemin qui vient d’être décrit et deviennent des forces formatrices, nous les avons dans les forces modelantes qui désormais deviennent la vase de son nouvel être corporel sous la forme de causes de maladie lucifériennes. Nous avons vu ensuite que l’homme est livré aux forces ahrimaniennes qui agissent davantage de l’extérieur. Et il nous a fallu dire à nouveau des influences ahrimaniennes qu’elles se transforment en forces formatrices, en forces modelantes de l’organisme nouvellement édifié, qui se forme tandis que l’être humain entre dans l’existence en venant au monde. Et dans la mesure où les influences d’Ahriman viennent se mêler aux forces formatrices, nous pouvons parler de tendances à la maladie de caractère ahrimanien. Puis nous avons indiqué en détail comment agissent les forces qui se forment de cette façon. Je vous ai donné des exemples frappants de cette action, parce que ces exemples frappants engendrent des représentations plus discernables, aux contours marqués. Je vous disais : supposons qu’au cours de son existence précédente un être humain ait fait tout ce qui peut le conduire à n’avoir en lui-même qu’un sentiment personnel et une confiance amoindris, qu’il ait préparé son Je de façon à ne s’accorder à lui-même que peu d’importance, ne s’attachant qu’à des généralités, etc.

Un être ainsi fait s’ouvre après la mort à la tendance à surmonter cette résistance et à assimiler les forces qui le rendent aptes à fortifier son Je, à le rendre plus parfait au cours de son incarnation. Il en vient alors à rechercher des situations qui lui permettent de lutter contre ce qu’il est bon de combattre avec un sentiment personnel faible, si bien que ce sentiment personnel affaibli peut se fortifier grâce à cette résistance. Et il est vrai qu’une pareille tendance l’amène à rechercher des occasions, pour ainsi dire, d’avoir le choléra, parce qu’il y trouve ce qui lui permet de triompher de ces résistances. Et dans cette victoire sur ces résistances réside ce qui, dans l’incarnation suivante ou, après la guérison, dans celle-ci, peut le conduire à un sentiment personnel plus vigoureux ou à des forces qui, par l’auto-éducation, peuvent faire mûrir en lui peu à peu un sentiment personnel plus vigoureux. Nous avons dit ensuite que, dans une maladie comme la malaria, l’occasion est donné de compenser le sentiment personnel excessif que l’âme a cultivé par ses actes et ses sentiments dans une vie antérieure. – Ceux d’entre vous qui ont participé déjà à des travaux de notre vie théosophique pourront se représenter distinctement un tel chemin.
Il y a toujours été dit que le Je de l’homme trouve son expression physique dans le sang.

Or, les deux maladies dont nous venons de parler sont liées au sang et à ses lois ; dans le cas du choléra, ce lien se manifeste par un épaississement du sang. C’est cet épaississement dont on peut dire qu’il est la résistance que doit franchir le sentiment personnel affaibli, et qui lui permet de se fortifier. Vous pouvez de même voir clairement que dans la malaria, où se produit une sorte de désagrégation du sang, un sentiment personnel trop développé a besoin de la possibilité d’être conduit ad absurdum, et que dans cette désagrégation du sang un Je trop puissant est, dans son effort, conduit à la nullité. C’est ce qu’offre la désagrégation du sang. – Les choses sont naturellement très fortement et intimement liées dans l’organisme ; mais si vous vous y consacrez, vous arriverez à les comprendre.

De tout ceci, il est ressorti pour nous ce qui suit. Lorsque nous avons un organisme édifié par une âme qui porte en elle la tendance à triompher de ceci ou de cela dans telle ou telle direction, cette tendance conduit l’individu à imprimer en lui la possibilité de la maladie, parce qu’en effet la maladie n’est suscitée qu’en vue de la possibilité de guérir. Et la guérison se produit quand l’être humain, en fonction de la totalité de son karma, peut acquérir en triomphant de la maladie des forces telles que, pour le restant de sa vie jusqu’à la mort, par son travail sur le plan physique, il pourra réellement progresser.

Ce qui signifie ceci : si les forces à susciter sont assez puissantes pour qu’il puisse atteindre aussi sur le plan physique le but qui a provoqué la maladie, alors il travaille justement avec les forces que lui a apportées le processus de guérison, et qu’il ne possédait pas auparavant. Mais si l’ensemble de son karma est tel qu’ayant eu, il est vrai, l’intention de modeler son organisme pour l’enrichir, par la victoire sur la maladie, de forces qui l’amènent à être plus parfait – mais que, les choses étant diverses, il a été obligé de laisser son organisme s’affaiblir dans une autre direction, alors il peut arriver que les forces suscitées et utilisées dans le processus de guérison le fortifient certes, mais pas suffisamment pour qu’il puisse accomplir ses tâches sur le plan physique. Alors, ce qu’il a déjà acquis – parce que ce n’est pas utilisable sur le plan physique -, il s’en servira quand il franchira le porche de la mort, et il essaiera d’ajouter à ses forces ce qu’il n’a pas pu leur ajouter sur le plan physique, pour manifester ces forces dans l’édification de son prochain corps quand il viendra au monde.
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Message par obsidienne le Jeu 19 Oct - 20:19

Il nous reste encore, ayant une vue de tout cela, à donner une indication sur ce qui concerne les forces de maladie qui ne conduisent ni à une véritable guérison, ni à la mort, mais à des états chroniques, à une sorte de dépérissement, etc. Il se produit certes dans ce cas quelque chose qu’il est pour la plupart des hommes très important de savoir. C’est que, certes, plus le processus de guérison dans le champ des enveloppes corporelles de l’homme, le but accessible a été atteint, que donc, en un certain sens, la maladie est vaincu. Mais dans un autre sens, elle ne l’est cependant pas ; c’est-à-dire que tout l’équilibre à rétablir entre le corps éthérique et le corps physique a certes été obtenu, mais que n’a pas été compensée la dysharmonie entre le corps éthérique et le corps astral. Elle subsiste, et l’homme oscille entre des tentatives qui aboutissent à la guérison ou à l’impossibilité de guérir. En pareil cas, il est d’une importance toute particulière que l’être humain utilise autant que possible la guérison qu’il a déjà vraiment obtenue. Et c’est ce qui se passe le moins souvent dans la vie. Car justement, dans ces cas d’affections devenant chroniques, l’être humain en vient à tourner en rond.

Si en pareil cas il était capable d’isoler, de laisser vivre pour soi, pour ainsi dire, la partie de son organisation qui a déjà atteint une certaine guérison, et s’il pouvait en soustraire ce qui s’y agite encore et n’est pas remis en ordre, et qui ordinairement, en pareil cas, se situe plutôt près de l’être psychique intérieur, alors l’être humain pourrait faire beaucoup pour améliorer son état. Mais les choses les plus diverses viennent s’y opposer, et notamment ceci : quand un être humain a été malade de quelque façon et qu’il lui en reste un état chronique, il vit constamment sous l’influence de cet état et – si je puis me permettre de m’exprimer grosso modo – il n’arrive en réalité jamais à oublier parfaitement cet état et à en préserver pour le soigner ce qui en lui n’est pas encore guéri ; au contraire, du fait de ce qu’on peut appeler la pensée constante de cette partie de son organisation, il est amené à relier toujours la part  saine avec celle qui était malade auparavant, et ainsi à irriter celle-ci à nouveau.

C’est là un processus particulier. Et pour vous le rendre clair, je voudrais vous exposer une fois les données de la science de l’esprit, ce que la conscience clairvoyante voit quand quelqu’un, après avoir subi une maladie, en garde quelque chose que l’on peut appeler chronique. D’ailleurs, il se passe la même chose en l’absence d’une affection aiguë particulièrement frappante, simplement quand un état chronique s’établit sans qu’un mal aigu ait été remarqué. On peut alors voir effectivement qu’un certain équilibre instable s’établit entre le corps éthérique et le corps physique, une oscillation de forces qui ne devrait pas se produire, mais qui permet de vivre cependant.

L’être humain pris dans ce va-et-vient de forces entre le corps éthérique et le corps physique est constamment irrité et de ce fait habité par des états constants d’excitation. C’est ce que la conscience clairvoyante voit constamment surgir dans le corps astral, et cette excitation gagne constamment la partie à demi malade et à demi saine de l’organisation, ce qui provoque un équilibre non pas stable, mais instable. Cette invasion par les états d’excitation astrale aggrave en effet beaucoup l’état de l’intéressé, qui pourrait être bien meilleur. Je vous  prie de tenir compte du fait qu’en pareil cas l’astralité ne coïncide pas avec la conscience, mais bien avec ces excitations intérieures de l’âme, que toutefois le patient ne veut pas s’avouer. Parce qu’en pareil cas le frein des représentations est absent, ces états et mouvements affectifs, les ébranlements de la sensibilité, les moments constants de lassitude, d’insatisfaction, n’agissent pas toujours comme des forces conscientes, mais bien comme des forces organisantes, des forces de vie ancrées dans l’être profond de l’homme, et irritent constamment la partie de l’être à demi saine et à demi malade. Si le patient, grâce à une volonté forte, à une éducation de l’âme, pouvait parvenir à oublier son état au moins pour un certaine temps, il en ressentirait un bien-être dans lequel il pourrait puiser la force de continuer. S’il pouvait oublier son état, s’en abstraire complètement, et dire avec une forte volonté : Maintenant, je ne veux plus me soucier de mon état ! – et s’il pouvait appliquer les forces de l’âme qui seraient ainsi libérées à un contenu spirituel qui l’élève, qui nourrisse son âme, s’il pouvait disposer librement de ces forces qui sinon sont toujours occupées à ressentir les sentiments de douleur, d’oppression et de piqûre, et tout cela, il en retirerait une grande satisfaction. Car lorsqu’on ne ressent pas ces sentiments, on dispose librement des forces ; elles sont disponibles. Certes la situation n’est guère améliorée lorsqu’on se dit seulement qu’on ne veut pas remarquer ces pincements et ces piqûres, etc ; car quand on n’applique pas à quelque chose de spirituel les forces ainsi libérées, les états précédents réapparaissent bientôt.

Mais quand on les utilise pour un contenu spirituel qui occupe l’âme tout entière, on remarque que l’on obtient par une voie compliquée ce que sinon notre organisation elle-même, sans notre participation, peut atteindre en triomphant du processus pathologique. Il est certes naturel que l’intéressé veille soigneusement à ne pas nourrir son âme sur une voie qui est à nouveau directement liée avec sa maladie. Quand quelqu’un par exemple souffre d’une faiblesse des yeux et occupe son temps, pour ne pas penser à ses yeux affaiblis, à lire beaucoup afin de recevoir beaucoup de forces spirituelles, il est évident que cela ne peut pas le conduire au but. Mais vous n’avez pas besoin d’aller chercher si loin ce qu’on appelle les petites preuves. Chacun peut remarquer sur soi-même, quand il souffre d’une petite indisposition, combien il lui est utile de parvenir à l’oublier, et notamment à trouver l’oubli  dans une autre occupation. C’est là un oubli positif, sain !

Vous avez là une indication : nous ne sommes pas tout à fait sans armes contre les effets karmiques des fautes commises dans des existences antérieures et qui s’expriment par des maladies. Car il faut se dire : si nous admettons que ce qui, dans la vie entre la naissance et la mort, est soumis à une appréciation morale, affective et intellectuelle, ne peut pas dans une vie atteindre l’être assez profondément pour devenir cause de maladie organique, mais que dans le temps entre la mort et une nouvelle naissance cela peut descendre assez profondément dans la vie pour provoquer une maladie, alors il devrait être également possible de ramener ce processus à un processus de conscience !

La question peut aussi être posée ainsi : lorsque des maladies se manifestent comme un effet karmique d’expériences spirituelles ou autres, provoquées ou subies par l’âme, lorsque donc elles sont la métamorphose de telles causes, ne pouvons-nous pas aussi penser – ou les faits spirituels ne nous disent-ils rien à ce sujet ? – Que le produit de cette métamorphose, la maladie, est évitable dans la mesure où au lieu du processus de guérison, à la place de ce qui provient des régions organiques, de la maladie destinée à nous éduquer, nous pouvons placer une réalité spirituelle, un équivalent spirituel ? Afin que, si nous sommes assez sages, nous transformions la maladie en un processus spirituel et procédions pour ainsi dire, grâce aux forces de notre âme, à l’auto-éducation que nous devons accomplir par la maladie ?

Ceci relève du domaine des faits réels, et j’aimerais l’illustrer à nouveau par un exemple. Mais alors, il faut dire à nouveau que seuls de tels exemples sont présentés qui sont étudiés par la méthode de la science de l’esprit ; ce ne sont pas des hypothèses inventées, mais des cas. C’est pourquoi vous ne pouvez exiger un exposé complet, car ce ne sont pas des hypothèses, mais des faits, qui doivent être pris comme ils sont.

Supposons qu’à un certain âge une personnalité ait la rougeole, et que nous recherchions l’origine karmique de ce cas.  Nous trouvons alors que cette rougeole apparaît comme effet karmique de faits dans une vie antérieure que nous pouvons décrire comme suit : l’individu a été, dans une vie précédente, quelqu’un qui ne se souciait pas volontiers du monde environnant, qui était préoccupé tout de même beaucoup de lui-même ; une personnalité donc qui a beaucoup exploré, beaucoup réfléchi, mais non pas sur les faits du monde extérieur, qui est restée cantonnée dans sa vie intérieure. Vous trouvez aussi aujourd’hui beaucoup de gens qui croient qu’en s’enfermant en eux-mêmes, en remâchant beaucoup, etc. ils peuvent parvenir à résoudre les énigmes du monde. Chez la personnalité dont je parle, il s’agissait de trouver l’équilibre dans la vie en remâchant beaucoup intérieurement pour savoir comment on doit se comporter dans tel ou tel cas. La faiblesse de l’âme qui en a résulté au cours de la vie a provoqué dans la vie entre la mort et une nouvelle naissance des forces qui, assez tard dans l’existence, ont exposé l’organisme à la rougeole.

Nous pouvons nous demander maintenant : d’un côté nous avons l’attaque de rougeole, qui est l’effet physique-karmique d’une vie précédente ; mais qu’en est-il donc de l’état de l’âme ? Car la vie précédente a aussi pour effet karmique un certain état de l’âme.
Cet état de l’âme se présente de façon telle que la personnalité concernée, dans la vie où elle subit cette attaque de rougeole, était constamment victime d’illusions sur son propre compte. Vous avez donc à considérer ces illusions comme la conséquence karmique dans l’âme de cette vie antérieure et l’intervention de la rougeole comme la conséquence karmique dans le physique de cette vie.

Supposons maintenant que cette personnalité ait réussi, avant qu’apparaisse la rougeole, à faire quelque chose pour s’améliorer foncièrement, c’est-à-dire pour acquérir une force d’âme telle qu’elle ne serait plus exposée à toutes les illusions possibles. La force d’âme ainsi obtenue aurait conduit à rendre la rougeole inutile, parce que ce qui avait déjà té provoqué dans cet organisme lors de la formation de cette organisation aurait trouvé une compensation dans les forces d’âme plus intenses nées de l’auto-éducation. Naturellement, je ne peux pas parler pendant six mois de ces choses, mais si vous embrassez du regard un vaste champ de vie et que vous considériez du point de vue indiqué ici tous les faits que nous offrent les expériences, vous trouveriez que le savoir extérieur confirme ce qui a été dit ici. Et ce que je viens de dire d’une rougeole peut conduire à des points de vue qui expliquent pourquoi la rougeole peut conduire à des points de vue qui expliquent pourquoi la rougeole fait précisément partie des maladies d’enfance habituelles. Car les qualités qui ont été mentionnées se rencontrent dans de très nombreuses vies. Elles ont sévi en particulier à certaines périodes dans beaucoup de vies. Et quand une telle personnalité entre dans l’existence, elle voudra, aussi vite que possible, pratiquer la correction dans ce domaine et, durant le temps entre la naissance et l’apparition des maladies d’enfance, subir la rougeole en vue d’une auto-éducation organique ; car à cet âge, en règle générale, il ne peut être question d’une éducation de l’âme.

Vous voyez par là que nous pouvons réellement parler d’une transformation, en un certain sens, de la maladie et un processus spirituel. Et c’est ce qu’il y a d’extrêmement important : quand ce processus est accepté par l’âme sous la forme d’une maxime de vie, il engendre une manière de voir qui exerce sur l’âme une action bénéfique. A notre époque, point n’est besoin d’être particulièrement surpris que l’on puisse si peu agir sur les âmes. Et celui qui aujourd’hui voit clairement ce qu’est notre temps du point de vue de la science de l’esprit, comprendra pourquoi tant de médecins peuvent devenir matérialistes, c’est-à-dire désespèrent d’exercer une influence sur l’âme. Car la majorité des gens ne s’occupe absolument pas de ce qui a une force fécondante. Rien de ce qui constitue la littérature courante n’a pour l’âme de force fécondante. C’est pourquoi celui qui veut agir pour la science de l’esprit ressent dans cette activité théosophique quelque chose d’éminemment assainissant, parce que le savoir né de la science de l’esprit peut à nouveau apporter à l’humanité ce qui pénètre dans les âmes en les détachant de ce qui a formé l’organisation corporelle. Il ne faut seulement pas confondre ce qui apparaît au début d’un tel mouvement avec ce que le mouvement peut réellement devenir. Certes, des choses sont effectivement introduites dans le mouvement théosophique qui sévissent aussi dans le monde extérieur ; c’est-à-dire que les hommes quand ils deviennent théosophes, viennent souvent à la théosophie avec exactement les même intérêts qu’ils ont aussi vis-à-vis des choses dans le monde extérieur, et aussi les mêmes comportements fâcheux. On introduit alors bien des choses qui appartiennent à l’aspect d’ombre de notre époque. Mais alors, quand quelques-uns de ces côtés d’ombre se manifestent chez les intéressés, on dit que c’est la théosophie qui en est l’origine. Ce qui est naturellement une information très douteuse !

Quand ainsi nous voyons le fil karmique s’allonger d’une incarnation à l’autre, nous n’avons saisi la vérité que d’un côté seulement. En celui qui acquiert un sentiment pour ce fil karmique allant d’une incarnation à l’autre, bien des questions surgiront encore, qui doivent être esquissées au cours de ces conférences. Et avant tout celle-ci : comment distinguer entre une maladie dont on peut indiquer les causes extérieures et une autre dont l’origine réside tout à fait dans l’organisation humaine, si bien que l’on croit pouvoir régler ce qui se passe là en disant que la maladie est née d’elle-même, et qu’il n’y a aucune incitation extérieure. – Il n’en est pas tout à fait ainsi. Mais d’un certain côté il est cependant justifié de dire que des maladies apparaissent auxquelles l’homme est disposé particulièrement de par son être intérieur. Pour de  nombreuses manifestations de la maladie, on pourra par contre indiquer des causes extérieures cependant. Naturellement pas pour tout ce qui nous arrive, mais pour bien des choses qui nous viennent en liaison avec l’extérieur, par exemple quand nous nous cassons une jambe, il nous faut mettre en cause l’extérieur.

Pour ce qui est dû aux intempéries aussi, il nous faut parler de causes extérieures, et de même pour les nombreux cas de maladie dont les causes doivent être recherchées dans les habitations malsaines de la vielle. Un vaste champ s’ouvre ici à nouveau devant nous. Et pour celui qui, avec ses expériences, porte un regard dans le monde, il est aussi explicable que vient s’y ajouter l’orientation des modes médicales actuelles, qui recherchent les causes de maladie dans les influences extérieures, et en particulier dans les microbes, dont un monsieur spirituel a dit, et non sans justification : Aujourd’hui les maladies proviennent des microbes, comme on a dit autrefois qu’elles viennent de Dieu ou du diable. Au XIIIe siècle, on disait que les maladies viennent de Dieu, au XVe siècle on disait qu’elles venaient du diable. Plus tard on a dit qu’elles viennent des humeurs, et aujourd’hui on dit qu’elles viennent des microbes. Ce sont là des opinions qui se sont succédé au cours des temps.

Il nous faut donc parler de causes extérieures de l’état de maladie ou de santé de l’homme. Et c’est là que l’homme moderne peut être facilement tenté d’employer un mot qui au fond est propre à introduire le désordre dans toute notre conception du monde. Lorsque quelqu’un qui était auparavant en très bonne santé parvient dans une région où sévissent la grippe ou la diphtérie et tombe malade, l’homme moderne sera à coup sûr enclin à dire que l’intéressé a contracté le germe de la maladie parce qu’il est venu dans cette région, et il emploiera facilement le mot de hasard. On parlera volontiers aujourd’hui d’influences fortuites. – Le mot « hasard » est vraiment une « croix » pour toute conception du monde. Et aussi longtemps que l’on n’essaie même pas de voir un peu clairement ce qu’on désigne si facilement du terme de hasard, on ne pourra pas progresser en direction d’une conception du monde à peu près satisfaisante. Nous nous trouvons donc au point de départ du chapitre « Affections naturelles et fortuites de l’homme ». Mais alors, on ne peut faire autrement que d’essayer aujourd’hui à titre d’introduction, de projeter quelque clarté sur le mot « hasard ».

Le hasard n’est-il pas lui-même quelque chose qui peut nous rendre méfiants à l’égard de ce que l’homme en pense aujourd’hui ? J’ai déjà autrefois attiré l’attention sur un homme d’esprit qui, au XVIIIe siècle, n’avait pas tout à fait tort de dire à propos de l’usage qu’on avait d’ériger aux grands découvreurs, inventeurs, etc, des monuments, qu’il faudrait bien, dès lors que l’on étudie objectivement le cours de l’histoire, ériger au « hasard » le plus grand nombre possible de monuments ! Et chose étrange : lorsqu’on se penche sur l’histoire, on peut faire d’étranges découvertes sur ce qui se cache derrière le hasard.
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Maladie et  santé dans leur rapport avec le karma Empty Re: Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Jeu 19 Oct - 20:25

Je vous ai raconté que l’invention de la longue-vue est due aux jeux auxquels se livraient des enfants avec des verres optiques dans l’atelier d’un opticien ; c’est ainsi que s’établit une constellation grâce à laquelle quelqu’un fabriqua la longue-vue. On pourrait aussi mentionner la célèbre lampe dans la cathédrale de Pise, qui auparavant avait exécuté devant des milliers et des milliers de gens ses oscillations avec la même régularité que devant Galilée. Mais Galilée fut le premier à essayer de voir comment ces oscillations concordaient avec le rythme de sa circulation sanguine, et put ainsi découvrir les lois du pendule. Si nous n’avions pas eu connaissance de ces lois, notre civilisation aurait pris un tout autre aspect. Essayez de voir si vous ne pouvez pas rechercher dans l’évolution de l’humanité un sens, et si vous aimeriez dire encore qu’elle n’est régie que par un hasard, comme dans le cas de Galilée par exemple, un hasard, comme dans le cas de Galilée par exemple, un hasard qui l’aurait conduit vers cette découverte importante. Mais prenons un autre cas.

Pensons à ce que la traduction de la Bible par Luther signifie pour les pays civilisés du monde européen. Voyons clairement quelle influence profonde elle a prise sur le sentiment et la pensée religieuse et d’autre part sur le développement de ce que nous appelons la langue allemande écrite. Je mentionne seulement le fait sans parler de ce qu’il faut en penser ; je veux seulement souligner qu’elle a eu cette influence profonde.

Il vous faut tout de même essayer de voir le sens de cette éducation de l’humanité qui est due depuis plusieurs siècles à la traduction de la Bible par Luther. Si vous essayez d’y trouver un sens, placez donc, en regard des vues si pleines d’esprit que vous pouvez exprimer sur le sens de l’évolution depuis le XVIe et le XVIIe siècle, le fait suivant.

Jusqu’à une certaine époque de sa vie, Luther s’est intensément occupé de tout ce qui , par la lecture de la Bible, pouvait conduire sa propre personnalité à une sorte de filiation divine. Il avait passé de l’habitude des moines augustins de lire surtout les pères de l’église à la jouissance que procurait la lecture de la Bible elle-même. Mais tout montrait alors qu’en son âme allait s’allumer comme un sentiment universel cette filiation divine. Et c’est à partir de ce point de vue qu’il répondit à la tâche que lui imposait son enseignement de la théologie dans sa première période à Wittenberg. Le fait que je voudrais souligner maintenant, c’est une certaine répulsion de Luther à obtenir la coiffe de docteur en théologie, et au cours d’un entretien fortuit avec un vieux camarade du couvent d’Erfurt, il faut vraiment persuadé par celui-ci qu’il devait conquérir cette coiffe de docteur en théologie. Mais cela signifiait pour lui qu’il fallait reprendre et répéter l’étude de la Bible. La rencontre de hasard avec son ami l’a donc conduit à étudier encore une fois la Bible et à tout ce qui s’est ensuite manifesté de ce fait.

Essayez de faire coïncider en pensée le sens de ce qui a été esquissé pour les derniers siècles avec le fait que Luther s’est trouvé une fois assis auprès de cet ami et s’est laissé persuader de conquérir la coiffe de docteur en théologie : vous serez contraints de réunir en un assemblage grotesque et étrange le sens de l’évolution et l’évènement fortuit.
Ce qui dégagera pour vous tout d’abord de ce qui a été dit, c’est que peut-être la signification du hasard est quelque chose d’un peu différent de ce qu’on pense habituellement. A l’ordinaire, on pense que le hasard est quelque chose qui pour ainsi dire ne s’explique pas complètement par les lois naturelles, qu’il constitue une sorte de surplus à ce qui se laisse expliquer.

Prenez maintenant, avec ce qui vient d’être dit, un fait qui nous a déjà aidés à comprendre tant d’aspects de la vie ; à savoir que l’être humain dans son individualité, depuis l’existence terrestre, est soumis aux deux forces des principes luciférien et ahrimanien. Ces forces et ces principes interviennent constamment en l’homme, les forces lucifériennes agissant davantage par l’emprise sur l’intérieur du corps astral de l’homme, tandis que les forces ahrimaniennes agissent plutôt à travers les impressions extérieures que l’homme reçoit. Dans ce que nous recevons du monde extérieur gîtent les forces ahrimaniennes, et dans ce qui monte de l’âme et y agit : plaisir ou déplaisir, mouvements affectifs, etc, gîtent les forces lucifériennes. Or, le principe luciférien aussi bien que le principe ahrimanien nous conduit à tomber dans des illusions, le principe luciférien nous conduit à tomber dans l’erreur et jugeant notre propre être intérieur, à nous abuser dans l’appréciation de nous-même, et à contempler dans notre propre être une illusion. Il ne vous sera pas difficile, si vous envisagez raisonnablement la vie, de percevoir cette mâyâ dans votre propre vie intérieure. Essayez de considérer combien infiniment fréquents sont les moments ou l’être humain se persuade qu’il fait ceci ou cela pour telle ou telle raison. Ordinairement, il le fait pour une tout autre raison, beaucoup plus profonde ; mais dans sa conscience supérieure, il s’explique une action à laquelle le pousse la colère, ou la passion, tout autrement. Et, notamment, il s’efforce de décréter que les jugements négatifs du monde sont sans valeur. Et lorsqu’il est poussé à faire quelque chose par des mouvements affectifs bien égoïstes, vous verrez qu’il habille ses pulsions grossièrement égoïstes d’une apparence désintéressée en expliquant pourquoi il a dû agir ainsi. Mais à l’ordinaire, l’homme ne sait pas qu’il procède ainsi. Quand il le sait, alors apparaît ordinairement le début d’une amélioration sous la forme d’un certains sentiment de honte. Le plus grave, c’est quand l’homme est poussé à quelque chose par ce qui monte des profondeurs de son âme et quand il imagine un motif qui l’y aurait amené. C’est ce que les psychologues modernes ont déjà remarqué. Mais des présentations aussi grotesques de telles vérités ne se produisent que parce qu’aujourd’hui il y a si peu de culture psychologique, ce qui est le cas chez les psychologues matérialistes d’aujourd’hui. Ils en viennent alors à des interprétations tout à fait singulières de la vie.

L’investigateur spirituel qui remarque un pareil fait en pénètre parfaitement la véritable signification, naturellement, et il la caractérisera en montrant qu’en fait deux choses agissent ensemble : la conscience, et les raisons profondes régnant en dessous du seuil de la conscience. Mais quand elle est remarquée par un psychologue matérialiste, elle est maniée tout autrement. Il échafaude aussitôt une théorie sur la différence entre le prétexte que l’homme admet comme la cause de l’action, et le véritable mobile. – Lorsque par exemple un psychologue parle aujourd’hui des suicides d’élèves si fréquemment mentionnés, il dit que la cause apparente avancée n’était pas le véritable mobile, que les mobiles réels résident beaucoup plus profondément, et la plupart du temps dans une vie sexuelle déviée. Etant ainsi transformés, ils proposent à la conscience telles ou telles raisons trompeuses.

Une chose de ce genre peut souvent être juste. Mais celui-là n’en fera jamais une théorie complète qui aurait été, si peu que ce soit , en contact avec un mode de pensée psychologiquement vraiment profond. Une telle théorie peut être facilement récusée, car il faudrait que l’intéressé songe à la chose suivante : si vraiment le cas est tel que le prétexte proposé n’est rien et le mobile tout, il faudrait aussi que l’on puisse appliquer cela à ce psychologue et dire : ce que tu présentes ici et développes sous la forme d’une théorie est aussi chez toi une apparence ; recherchons-en les raisons profondes, peut-être celles que tu avances sont-elles de même nature. – Si un tel psychologue avait sérieusement appris pourquoi est impossible un jugement construit sur le modèle de : Tous les Crétois sont des menteurs - et que ce jugement est faux même quand un Crétois lui-même le formule ; s’il avait appris la raison pour laquelle il en est ainsi, il aurait également appris la raison pour laquelle il en est ainsi, il aurait également appris quelles étranges déductions en cercle apparaissent quand dans certains domaines on peut ramener certaines affirmations à soi-même. Mais dans presque toute notre littérature, on ne trouve qu’une culture vraiment extrêmement peu profonde. C’est pourquoi les gens ne remarquent ordinairement plus ce qu’ils font eux-mêmes. C’est pourquoi, pour la science de l’esprit justement, il sera absolument nécessaire d’éviter à tous égards des confusions logiques de ce genre. Les philosophes modernes qui s’occupent de psychologie sont ceux qui les évitent le moins. Et notre exemple en est un cas typique. Nous y rencontrons les tours que jouent à l’être humain les influences lucifériennes qui ainsi transforment à ses yeux la vie de l’âme en une mâyâ, et nous voyons qu’il peut inventer de tous autres mobiles que ceux qui habitent réellement son être intérieur.

Il faudrait que, dans ce domaine, l’être humain s’efforce de pratiquer une auto-éducation plus rigoureuse. Aujourd’hui, on manie très facilement le mot. Mais ce mot comporte aussi une terrible tentation. Et si seulement le mot rend un son agréable et donne l’impression qu’une phrase propose une action bienfaisante, alors c’est bien la belle résonance de la phrase qui sera le tentateur, et qui fera croire que le mot indiqué se trouve dans l’âme, tandis qu’en vérité, ce qui peut se cacher derrière, c’est le principe égoïste dont l’intéressé n’a pas besoin d’avoir une idée parce qu’il n’a pas la volonté de pratiquer une véritable connaissance de soi. Ainsi voyons-nous Lucifer agir d’une part. Comment alors Ahriman agit-il de l’autre ?

Ahriman est le principe qui se mêle à nos perceptions et s’introduit en nous, venant de l’extérieur. Or, il agit avec le plus d’intensité dans les cas où nous avons le sentiment suivant : Ici tu ne peux plus suivre avec ta pensée ; tu te trouves avec ton penser à un point critique, et là, il se trouve capté comme dans un nœud de pensées. – c’est alors que le principe ahrimanien saisit l’occasion pour pénétrer en nous comme par une faille du monde extérieur.

Lorsque nous suivons la marche des évènements universels et que nous considérons ceux qui sont plus manifestes, quand par exemple nous remontons le cours de la physique moderne jusqu’au moment où Galilée s’est trouvé dans la cathédrale de Pise devant la lampe qui oscillait, nous pouvons jeter sur tous les événements un filet de pensées qui nous explique facilement la chose ; en tous points les choses nous deviendront explicables. Mais là où nous en arrivons à la lampe en train d’osciller, nos pensées s’embrouillent. C’est là que se situe la fenêtre par laquelle les forces ahrimaniennes pénètrent en nous avec le plus de force, et alors notre penser cesse de saisir parmi les phénomènes ce qui peut apporter raison et compréhension. Mais c’est là aussi que se trouve ce que l’on appelle le hasard. Il est présent là où Ahriman est pour nous le plus dangereux. L’être humain appelle fortuits les phénomènes à propos desquels l’homme peut être le plus facilement abusé par l’influence ahrimanienne.

L’être humain comprendra ainsi qu’il ne tient pas à la nature des faits qu’il soit amené à parler de hasard, mais que cela tient à lui, à son évolution. Et il lui faudra s’éduquer peu à peu à pénétrer à fond la nature de la mâyâ et de l’illusion, c’est-à-dire les choses au point où Ahriman exerce l’action la plus forte. Et là précisément où nous avons à parler de causes plus forte. Et là précisément où nous avons à parler de causes importantes des maladies et d’une lumière qui doit être projetée sur plus d’un processus pathologique, nous aurons besoin d’aborder les phénomènes de ce côté. Nous aurons tout d’abord à chercher à comprendre en quoi ce n’est pas un hasard qu’un homme prenne justement le train dans lequel il peut trouver la mort, ou bien ce qui fait qu’un homme, à un moment déterminé, se trouve exposé à un germe de maladie agissant de l’extérieur, ou à une autre cause de maladie. Et si nous pouvons étudier les choses à l’aide d’une faculté de connaissance intensifiée, nous serons capables de comprendre plus profondément encore la véritable nature et toute la signification pour la vie humaine de la maladie et de la santé.

Il m’a fallu aujourd’hui vous montrer en détail comment Lucifer, à l’œuvre dans l’être intérieur de l’homme, le conduit vers l’illusion, et comment Ahriman s’insinue dans les perceptions extérieures et le conduit ainsi vers la mâyâ ; comment c’est sous l’action de Lucifer que l’homme s’abuse sur le mobile d’un acte, et comment une hypothèse fausse concernant le monde des phénomènes – la tromperie qui vient d’Ahriman – nous amène à admettre l’existence d’un hasard. Il me fallait préparer ce terrain avant de pouvoir montrer comment les événements karmiques, les résultats d’une vie antérieure, agissent aussi en l’homme et expliquent aussi les phénomènes là où des conditions extérieures apparemment fortuites engendrent des maladies.
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Message par obsidienne le Sam 21 Oct - 1:57

Sixième conférence

Hambourg, 21 mai 1910


Que les lois du karma puissent être à l’œuvre quand, dans le sens indiqué hier et avant-hier, la cause de la maladie se manifeste comme provenant de l’intérieur de l’homme, voilà certes qui se comprendra facilement. Mais quand cette cause exerce en un certain sens une action venue de l’extérieur – et pour combien de choses la cause de la maladie n’est-elle pas recherchée par la science à l’extérieur, dans l’infection -, quand donc le regard doit surtout se fixer sur une origine extérieure de la maladie ; qu’alors les lois karmiques aux effets des expériences et des actes de sa vie antérieure – puissent agir aussi de telle façon qu’elles provoquent ces causes extérieures de la maladie, voilà certes ce qui semble à beaucoup, et avec raison, peu compréhensible. Cependant, si nous poursuivons encore le cheminement que suit la nature réelle du karma, nous apprendrons à comprendre non seulement que des causes extérieures peuvent avoir un lien avec ce que nous avons vécu et fait d ans des vies passées, nous apprendrons même à comprendre que des accidents extérieurs qui nous frappent, donc des événements qu’aujourd’hui on dirait si volontiers fortuits, peuvent avoir un lien déterminé par une loi avec le cours de vies antérieures. Certes, il nous faudra pénétrer plus profondément encore dans toute la nature de l’entité humaine si nous voulons éclairer précisément des conditions de cette nature, que dissimule en réalité toute notre vision humaine.

Nous avons clos notre étude hier en montrant comment le hasard nous offre toujours en fait de l’événement extérieur un visage voilé, parce que là où nous parlons de hasard, la possibilité de l’illusion extérieure que créent les puissances ahrimaniennes est la plus grande. Nous allons établir comment, dans certains cas, naissent ces hasards, c’est-à-dire ces événements que dans la vie ordinaire on qualifie de « hasards ».

Pour cela, il est nécessaire que tout d’abord nous ayons présente à l’esprit une loi, une vérité, une connaissance : dans la vie, bien des choses que nous désignons par l’expression « venant de l’intérieur », « ayant sa source à l’intérieur de l’homme », ont déjà pris en réalité l’aspect de l’illusion parce que bien des choses dont tout d’abord nous croyons voir la cause dans l’être intérieur de l’homme, il nous faut les indiquer comme affluant de l’extérieur vers l’intérieur lorsqu’en vérité nous dépassons l’illusion. Et c’est toujours ce qui nous apparaît là où nous avons à faire avec toutes les expériences vécues par l’homme, avec toutes les influences qu’il subit et que nous comprenons sous le terme de « caractères héréditaires ». Ces caractères héréditaires, qui s’offrent à nous comme si nous ne les avions que parce que nos ancêtres les avaient aussi, peuvent dans une mesure éminente nous apparaître comme si nous en étions dotés sans notre faute, sans notre participation. Et nous pouvons facilement en venir à mal distinguer entre ce que nous apportons de nos incarnations antérieures et ce que nous avons hérité de nos parents et de leurs prédécesseurs. Mais le retour à une incarnation ne s’effectue nullement comme si nous étions poussés vers tel ou tel couple de parents, vers tel ou tel peuple, vers telle ou telle contrée, sans le moindre motif qui soit lié à notre être intérieur. Nous ne devons absolument pas supposer cela déjà quand il s’agit des caractères héréditaires qui ne relèvent absolument pas du domaine des maladies ; il nous faut au contraire nous dire : si dans une famille comme celle du musicien Bach par exemple, à travers plusieurs générations, il naît constamment des musiciens plus ou moins talentueux – font l’un est ordinairement plus remarquable, mais dans la famille Bach il est né plus de vingt musicien plus ou moins doués -, on pourrait facilement croire qu’on a affaire à la ligne héréditaire pure, que donc des caractères sont transmis par des ascendants, et que l’homme, précisément parce que ces caractères sont présents, a pu développer certaines qualités apportées d’incarnations antérieures jusqu’au niveau du talent musical. Il n’en est cependant pas ainsi, la réalité est plutôt tout autre.

Supposons que, durant la vie entre la naissance et la mort, quelqu’un ait l’occasion de recevoir de nombreuses impressions musicales, mais que dans cette vie celles-ci passent sans le toucher pour cette simple raison qu’il n’a pas d’oreille. D’autres impressions de sa vie ne passeront pas de la même façon, sans le toucher, parce qu’il a précisément des organes construits de façon telle qu’il peut transformer ces expériences et ces impressions en facultés. C’est pourquoi nous pourrons dire qu’un homme a dans sa vie des impressions que, par la tendance qu’il a apportée de sa dernière naissance, il peut transformer en facultés et en talents ; et qu’il a d’autres impressions qu’en raison de l’ensemble de son karma il ne peut transformer en les facultés correspondantes, n’ayant pas reçu les dispositions correspondantes. Mais ces facultés restent présentes, mises en réserve, et se transforment, durant le temps entre la mort et une nouvelle naissance, en la tendance particulière à s’épanouir dans l’incarnation suivante. Et cette tendance conduit l’être humain à rechercher dans la vie suivante son corps précisément dans une famille qui peut lui offrir les dispositions correspondantes. Si donc quelqu’un a reçu de nombreuses impressions musicales et n’a pas pu, à cause de l’absence d’une oreille musicienne, les transformer en facultés ou en jouissances musicales, cette impossibilité éveillera justement dans son âme la tendance à entrer dans une famille qui peut lui transmettre une oreille musicienne. Nous comprenons alors que, si dans une famille la structure de l’oreille peut être héritée aussi bien que la forme extérieure du nez, toutes les individualités se rassemblerons dans cette famille qui précisément – en raison de leurs incarnations antérieures – aspirent à posséder une oreille musicienne. Nous voyons donc qu’en fait l’être humain n’hérite pas « par hasard » d’une oreille musicienne ou de quelque chose d’analogue, mais qu’il a recherché, vraiment recherché ces caractères héréditaires.

Observons maintenant un tel homme depuis sa naissance, il va nous apparaître comme si l’oreille musicienne était en lui, était une qualité de son être intérieur. Mais si nous pouvions dans nos considérations remonter avant sa naissance, nous trouverions que l’oreille musicienne qu’il lui a fallu rechercher et venue à lui de l’extérieur. Avant la naissance ou la conception, elle n’était pas présente en lui, il ne s’y trouvait que la tendance à être poussé vers cette oreille. L’homme a ainsi attiré à lui un élément extérieur. Avant la réincarnation, la qualité que nous qualifions ensuite d’héréditaire était quelque chose d’extérieur ; elle est venue à lui, il s’est hâté vers elle. Avec l’incarnation, elle s’intériorise et apparaît dans l’être intérieur de cet homme. – En parlant de « dispositions héréditaires », nous nous abandonnons à nouveau à une illusion qui consiste, devant ce qui est devenu intérieur, à ne pas l’observer au moment où c’était encore extérieur.

Demandons-nous alors une fois s’il ne pourrait en aller comme dans le cas que nous venons d’exposer avec les événements extérieurs qui se produisent dans notre vie entre la naissance et la mort : qu’un élément extérieur soit susceptible de se transformer en une réalité intérieure. – Nous ne pourrions pas répondre à cette question sans envisager, avec plus de profondeur encore que jusqu’à présent, la nature de la maladie et de la santé. Pour les caractériser, nous avons exposé certaines choses, et vous savez que je ne définis pas, mais que j’essaie de décrire les choses peu à peu, d’y ajouter toujours plus d’éléments caractéristiques, afin qu’elles deviennent progressivement compréhensibles. Nous allons donc maintenant ajouter à ceux que nous avons déjà rassemblés davantage de ces éléments, chose qui se produit dans la vie normale ; nous découvrirons alors quelque chose de plus profond, à savoir la comparaison avec le sommeil et la veille. Que se passe-t-il dans l’être humain quand ces états quotidiens du sommeil et de la veille alternent ?

Nous savons que quand nous nous endormons, le corps physique et le corps éthérique restent dans le lit, et sont abandonnés par le corps astral et par le Je. Pour nous, l’endormissement signifie donc que le Je et le corps astral s’extraient du corps physique et du corps éthérique ; le réveil par contre est à nouveau une pénétration du corps astral et du Je dans le corps physique et le corps éthérique. Chaque matin au réveil donc, l’être humain plonge à nouveau dans ses corps physique et éthérique avec son être intérieur, son corps astral et son Je. Qu’advient-il alors de l’expérience que vit l’être humain quand il s’endort et quand il se réveille ?

Envisageons le moment de l’endormissement : il se révèle à nous par la disparition dans l’inconscient de toutes les expériences qui affluent et refluent du matin jusqu’au soir dans notre vie et surtout de ce que vit l’âme : le plaisir et la peine, la joie et la douleur, les passions, les représentations. Nous-mêmes sommes dans al vie normale, quand nous dormons, adonnés à un inconscient. Pourquoi devenons-nous inconscients quand nous nous endormons ?

Nous savons bien que, pendant le sommeil, nous sommes entourés d’un monde spirituel, de même que dans la veille nous sommes entourés des objets et des faits du monde physique –sensible. Pourquoi ne voyons-nous pas ce monde spirituel ?

Dans la vie normale ordinaire, nous ne voyons pas les faits et les objets spirituels parce que, dans l’état de maturité actuel de l’homme de l’endormissement au réveil, cette vision serait au plus haut point dangereuse. A l’instant où l’homme aujourd’hui passerait dans le monde qui l’entoure entre l’endormissement et le réveil, son corps astral, qui certes a connu un plein développement pendant l’ancienne Lune, se déverserait, il est vrai, dans le monde spirituel ; mais le Je ne pourrait pas le faire, qui doit se développer pendant la phase terrestre seulement et sera en effet pleinement développé à la fin de cette phase. Le Je n’est pas encore assez développé pour pouvoir déployer sa pleine activité de l’endormissement jusqu’au réveil.

Avec le Je, il en est ainsi que nous pourrions comparer l’état dans lequel l’homme se trouverait s’il s’endormait consciemment, avec ce qu’expriment les termes suivants : Supposons que nous avons une petite goutte d’un liquide coloré et que nous la laissons se disperser dans un récipient plein d’eau. On ne verra plus rien de la couleur de cette petite goutte parce qu’elle aura dû se délayer dans la large masse globale. – C’est aussi ce qui se passe quand l’homme, en s’endormant, sort des corps physique et éthérique. Ces corps physique et éthérique sont ce qui maintient la cohésion de toute l’entité humaine. A l’instant où le corps astral et le Je quitte les deux éléments constitutifs inférieurs, ils se dispersent dans toutes les directions, ils n’aspirent qu’à se dilater constamment. Il arriverait au Je ceci, qu’il serait dissous, et l’homme aurait bien devant lui les images du monde spirituel, mais sans pouvoir, les accompagner des forces que seul son Je peut déployer – puisque ce Je serait dissous - , donc des forces de jugement et de la faculté de conceptualisation, etc., donc du même état de conscience dans lequel il accompagne les situations de la vie quotidienne. Il serait « hors de lui », ballotté dans tous les sens, décentré et sans orientation, baignant dans l’océan des impressions astrales. Pour cette raison qu’il n’est pas encore assez vigoureux à l’état normal, le Je agira sur le corps astral et l’empêchera d’entrer consciemment dans sa partie véritable, dans le monde spirituel, jusqu’à ce que ce Je puisse lui-même aller partout où pénètre le corps astral. Le fait de perdre conscience quand on s’endort a donc bien un sens. Sinon nous ne pourrions maintenir notre Je dans sa cohésion. Nous ne pourrons le faire suffisamment que quand l’évolution terrestre sera à son terme. C’est pourquoi nous ne devons pas pouvoir déployer dans notre corps astral toutes ses facultés conscientes.

C’est juste l’inverse qui se produit quand l’être humain s’éveille. Lorsque, s’éveillant, il plonge dans les corps physique et éthérique, il lui faudrait en réalité vivre ce qu’est l’intérieur du corps physique et du corps éthérique. Mais il ne le fait pas. A l’instant du réveil, il est empêché de plonger le regard au sein de sa personne corporelle, car son attention est immédiatement orientée vers les expériences extérieures. Sa force visuelle, sa force de connaissance ne sont pas orientées vers la perception de son être intérieur, elles sont détournées vers le monde extérieur. Si l’être humain se saisissait lui-même intérieurement, il se produirait exactement le contraire de ce qui se passerait si l’homme pouvait, en s’endormant, pénétrer consciemment dans le monde spirituel. Tout ce que l’homme a déjà conquis de spirituel grâce à son Je au cours de la vie terrestre se concentrerait et agirait sur lui de toute sa force dans les corps physique et éthérique après qu’il y aurait plongé. Ce qui aurait pour conséquence que tout ce qui est le moindrement qualité égoïste se déploierait avec toute sa puissance. Et l’être humain plongerait avec son Je en baignerait avec ses passions, ses pulsions et ses désirs dans un égoïsme toujours plus fort. Tout son égoïsme ne déverserait dans sa vie instinctive. Pour que cela ne se produise pas, nous sommes détournés vers le monde extérieur et ne pouvons pénétrer avec notre conscience dans notre être intérieur.

Qu’il en est ainsi, cela peut aussi apparaître dans les récits de ceux qui, en mystiques, ne sont efforcés de vraiment pénétrer dans l’être intérieur de l’homme. Etudiez donc Maître Eckhart, Jonannes Tauler ou d’autres mystiques du Moyen Age qui ont vraiment entrepris la descente dans l’être intérieur de l’homme. Vous avez là des mystiques qui se sont abandonnés à un état où ils ont complètement détourné leur attention de ce qui pouvait les intéresser dans le monde extérieur, pour plonger dans leur propre être intérieur. Lisez les biographies des saints ou des mystiques qui ont fait cette tentative. Qu’ont-ils vécu ? Des tentations, des obsessions et ainsi de suite, qu’ils dépeignent en couleurs vives. Voilà ce qui se manifestait comme une force contraire issue du corps astral et du Je comprimés.

C’est pourquoi ceux qui pour ainsi dire voulaient descendre indemnes dans leur être intérieur ont veillé rigoureusement à ce que, dans la mesure même où ils descendaient, le Je soit éliminé. Maître Eckhart a même trouvé une belle expression pour qualifier cette descente dans sa propre personne corporelle. Il parle de « ne plus devenir » c’est-à-dire d’éliminer le Je. Et lisez dans la Théologie allemande comment l’auteur décrit la descente mystique dans l’être intérieur de l’homme, comment il insiste sur le fait que celui qui veut descendre dans sa personne corporelle n’agit plus de par son Je, mais qu’en lui c’est le Christ qui agit, dont il s’est imprégné tout entier. De tels mystiques voulaient éliminer leur Je. Ce n’est pas eux qui devaient penser, ressentir et vouloir, mais le Christ en eux, afin que ne surgissent pas d’eux les passions, les pulsions et les désirs qui vivent en eux, mais le Christ se déversant en eux. C’est pourquoi saint Paul dit : « Non pas moi, mais le Christ en moi ! ». C’est de pareilles profondeurs que viennent ces choses.
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Message par obsidienne le Sam 21 Oct - 2:02

Nous pouvons donc décrire l’endormissement et le réveil comme des expériences intérieures de l’entité humaine : le réveil de l’homme, l’endormissement comme une libération de la conscience, parce qu’on n’est pas encore assez mûr pour contempler le monde dans lequel il faut pénétrer quand on s’endort. C’est pourquoi nous comprenons la veille et le sommeil dans le sens où il nous faut comprendre bien des choses dans le monde : comme une pénétration réciproque des différents éléments de l’entité humaine. Regardons de ce point de vue un homme éveillé, nous dirons que dans l’homme éveillé se trouve quatre éléments constitutifs de l’entité humaine : le corps physique, le corps éthérique, le corps astral et le Je, et qu’ils s’y trouvent liés l’un à l’autre d’une certaine façon. Qu’en résulte-t-il ? L’état de veille justement ! Car l’être humain ne pourrait pas rester éveillé s’il ne descendait pas dans son corps de façon telle que son attention soit détournée vers le monde extérieur. Que l’homme reste éveillé, cela dépend justement d’une action commune bien déterminée et réglée de ses quatre éléments constitutifs. Et d’autre part, c’est à nouveau de leur correcte dissociation qu’il dépend que l’homme dorme. Nous n’en disons pas assez quand nous déclarons : l’homme est constitué d’un corps physique, d’un corps éthérique, d’un corps astral et d’un Je, et nous ne comprenons l’être humain que quand nous savons dans quelle mesure ses différents éléments sont rattachés l’un à l’autre dans un état déterminé, et comment ils s’insèrent les uns dans les autres. C’est là l’essentiel pour la connaissance de la nature humaine. Or, nous considérons l’imbrication des quatre éléments constitutifs de l’homme, telle qu’elle nous apparaît dans l’homme endormi, comme la normale. Nous allons une fois partir de ce concept : considérer l’état de l’homme éveillé comme normal.

La plupart d’entre vous se rappelleront que la conscience dont nous disposons présentement en qualité d’être terrestres, entre la naissance et la mort, n’est qu’une des formes possibles de conscience. Si vous étudiez par exemple « la science de l’occulte » ou les articles antérieurs de la « Chronique de l’akasha », vous verrez que la conscience actuelle n’est qu’un stade parmi sept degrés de conscience, que cette conscience que nous avons aujourd’hui s’est développée à partir de trois autres états de conscience antérieurs, et qu’elle évoluera plus tard vers trois autres formes de conscience ultérieures. Pendant que l’homme était un être lunaire, il n’avait pas encore de Je. Le Je ne s’est uni à l’être humain que pendant la période terrestre. C’est pourquoi l’homme n’a pu disposer de l’actuelle forme de conscience que depuis l’époque terrestre. Une conscience comme celle qui est la nôtre aujourd’hui entre la naissance et la mort implique que le Je, exactement comme c’est le cas aujourd’hui, agisse avec les trois autres éléments constitutifs et qu’il soit parmi les quatre celui qui domine. Avant d’être fécondé en recevant le Je, l’homme n’était constitué que d’un corps physique, d’un corps éthérique et d’un corps astral. Ce dernier était le plus élevé, et son état de conscience était tel qu’aujourd’hui, si nous nous référons à la vie ordinaire, nous ne pouvons le comparer qu’à la conscience de rêve que l’homme garde comme un vieil héritage. Seulement vous ne devez pas vous représenter l’actuelle conscience de rêve, mais bien un état qui rend par les images du rêve des réalités. Si vous étudiez bien des choses chaotiques parce que la conscience de rêve actuelle est un vieil héritage. Mais si vous étudiez la conscience qui a précédé celle d’aujourd’hui, vous constateriez qu’autrefois, vous ne voyiez pas les objets extérieurs, par exemple les plantes. Une impression faite sur l’homme par l’extérieur aurait été impossible.

Si quelque chose s’était approché de vous, vous auriez eu une impression faisant un détour par l’image de rêve dans l’être intérieur, qui donc était un symbole, mais qui aurait correspondu à un objet extérieur déterminé et à une impression. Donc, avant la conscience du Je, nous avons affaire à une conscience liée au corps astral, autrefois l’élément constitutif supérieur, à la conscience astrale assourdie et crépusculaire, non encore éclairée par la lumière du Je. Lorsque l’être humain est devenu une créature terrestre, cette conscience astrale a été recouverte par la lumière, dominée par la sonorité de la conscience du Je. Or, ce corps astral existe toujours en nous, et nous pourrions demander : comment se fait-il que notre conscience astrale a pu être entièrement recouverte, éliminée, de sorte que la conscience du Je a pu prendre sa place ? – c’est devenu possible parce que la fécondation de l’être humain par le Je a beaucoup détendu le lien antérieur entre le corps astral et le corps éthérique. L’union plus étroite d’autrefois s’est pour ainsi dire relâchée. Avant donc qu’intervienne la conscience du Je, le lien entre le corps astral de l’homme et les éléments inférieurs de son entité était beaucoup plus étroit. Le corps astral pénétrait bien plus avant dans les autres éléments qu’il ne le fait aujourd’hui. En un certain sens le corps astral a été arraché au corps éthérique et au corps physique.

Il nous faut à présent nous faire une idée bien claire de ce processus de dégagement partiel pour ainsi dire, de ce détachement du corps astral hors du corps éthérique et du corps physique. Nous nous demanderons ensuite : Existe-t-il peut-être encore aujourd’hui la possibilité, étant donné notre habituelle conscience du Je. D’établir quelque chose qui serait analogue à cet ancien lien ? Pourrait-il arriver aussi aujourd’hui dans la vie de l’homme que le corps astral veuille pénétrer plus avant dans les autres éléments qu’il ne le doit, s’imprègne et se pénètre plus qu’il ne lui convient de toutes sortes de choses ?

Un certain niveau normal de la pénétration du corps astral par le corps éthérique et le corps physique est donc nécessaire. Supposons maintenant que ce degré normal soit dépassé dans une direction quelconque. Un trouble devra alors se produire dans l’ensemble de l’organisme humain ; car ce qu’est l’homme aujourd’hui dépend de l’existence de ce rapport déterminé entre les différents éléments constitutifs tel qu’il nous apparaît chez l’homme éveillé. A l’instant où le comportement du corps astral n’est pas normal, où il pénètre trop profondément dans les corps physique et éthérique, une perturbation doit nécessairement se produire. Or, nous avons vu lors de nos dernières considérations que ce que nous déduisons ici arrive réellement. Nous avons décrit tout le phénomène de l’autre côté seulement. Quand cela se produit-il donc ?

Cela se produit quand l’homme, dans une vie antérieure, a imprimé dans son corps astral, y a laissé pénétrer quelque chose que dans le contexte de cette vie antérieure nous considérons comme une faute morale ou intellectuelle. C’est cela qui s’est gravé dans le corps astral. Lorsque l’être humain entre à nouveau dans l’existence, c’est quelque chose qui peut effectivement amener le corps astral à rechercher avec les corps physique et éthérique un lien autre que celui qu’il aurait recherché s’il n’avait pas imprimé en lui cette faute dans sa vie précédente. Ce sont donc justement nos erreurs, qui ont été commises sous l’influence d’Ahriman et de Lucifer et qui se sont métamorphosées en forces organisantes, qui amènent dans la nouvelle vie le corps astral à avoir avec les corps physique et éthérique un autre rapport que si de telles forces ne l’avaient pas envahi.

Nous voyons ainsi comment précisément les effets de pensées, de sensations et de sentiments antérieurs amènent le corps astral à faire ce qui doit nécessairement causer du désordre dans l’organisation humaine. Mais lorsqu’un tel désordre est provoqué, que se passe-t-il ? Lorsque le corps astral pénètre dans les corps physique et éthérique plus profondément qu’il ne le devrait chez l’homme normal, il fait quelque chose de tout à fait semblable à ce que nous faisons le matin au réveil, au moment où nous plongeons avec notre Je dans nos deux corps. Le réveil consiste en la plongée de l’homme-Je dans les corps physique et éthérique. En quoi consiste alors ce que fait le corps astral lorsqu’il pénètre dans les corps physique et éthérique quand le matin nous nous éveillons et percevons quelque chose, apparaît justement du fait que nous nous réveillons. Comme l’état de veille dans son ensemble est la conséquence de la plongée de l’homme-Je dans les corps physique et éthérique, il faut maintenant que se produise quelque chose que fait le corps astral, donc ce que normalement nous faisons du fait que nous sommes des hommes-Je. Il plonge dans les corps éthérique et physique. Lorsque nous avons devant nous un être humain chez lequel le corps astral a adopté la tendance à s’unir plus profondément avec les corps éthérique et physique qu’il ne devrait le faire normalement, nous avons sous les yeux pour le corps astral le même phénomène qu’habituellement nous avons au réveil pour l’homme-Je.

Qu’est-ce donc que cette pénétration trop intense du corps astral dans les corps éthérique et physique ? C’est ce que normalement nous pouvons appeler la nature de la maladie. Quand notre corps astral fait ce que normalement nous faisons au réveil, c’est-à-dire pénètre avec intensité dans les corps physique et éthérique, quand le corps astral, qui sinon ne devrait développer en nous aucune conscience, recherche une conscience dans les corps physique et éthérique, quand il veut s’éveiller en nous, alors nous tombons malades.

La maladie est un état de veille anormal de notre corps astral. Que faisons-nous donc en réalité quand nous sommes dans un état normal de bien-être, quand nous vivons dans l’état de veille ordinaire ? Alors nous sommes éveillés pour la vie normale. Mais pour pouvoir être dans la conscience de veille ordinaire, il nous a fallu en effet, autrefois, établir pour le corps astral une autre relation. Il nous a fallu le mettre en sommeil. Quand nous disposons le jour de notre conscience du Je, il faut que notre corps astral dorme ; nous ne pouvons être en bonne santé que si notre corps astral dort en nous. C’est pourquoi nous pouvons concevoir maintenant la nature de la santé et de la maladie de la façon suivante : la maladie est un état d’éveil anormal du corps astral en l’homme, et la santé est l’état normal de sommeil du corps astral.

Et qu’est-ce donc que la conscience de ce corps astral ? Si réellement la maladie était le réveil du corps astral, il faudrait qu’en lui apparaisse quelque chose comme une conscience. Il s’éveille anormalement ; nous pourrions donc attendre une conscience anormale ; mais il faut qu’une conscience soit présente. Quand nous tombons malades, il devrait se produire quelque chose d’analogue à ce qui se passe ordinairement le matin au réveil. Il faudrait que la faculté de vivre les expériences soit détournée vers autre chose. Le matin, notre conscience habituelle émerge ordinairement. Quand nous tombons malades, une conscience apparaît-elle ?

Oui, une conscience apparaît que l’homme ne connaît que trop. Et laquelle ? Une conscience s’exprime par des expériences. Celle qui apparaît alors s’exprime dans ce que nous appelons la souffrance de la maladie, que nous n’éprouvons pas dans l’état normal de bien-être durant la veille, parce que justement notre corps astral dort. Le sommeil du corps astral signifie qu’il se trouve dans une relation régulière avec les corps physique et éthérique, il signifie absence de douleur. La souffrance est l’expression de la pression qu’exerce le corps astral en pénétrant dans les corps physique et éthérique comme il ne devrait pas le faire – et du fait qu’il devient conscient. C’est cela la souffrance.

Il s’agit maintenant de ne pas appliquer ce qui vient d’être dit sans connaître de limites. Quand on parle le langage de la science de l’esprit, il faut toujours veiller à ne pas dépasser les limites dans le cadre desquelles les choses sont dites. – Il a été dit que quand notre corps astral s’éveille, une conscience naît, qui est imprégnée de souffrance. Il ne faudrait pas en déduire que la souffrance et la maladie vont toujours de pair. Toute pression du corps astral pénétrant dans les corps éthérique et physique est absolument un état pathologique. Mais inversement, la maladie n’a pas à tout coup cette cause, et peut avoir un autre caractère que nous pourrons comprendre par le fait que la maladie n’est nullement toujours accompagnée de souffrances. C’est ce que la plupart des gens ne remarquent seulement pas, parce que le plus souvent ils n’aspirent pas dans la vie à être en bonne santé, ils aspirent seulement à ne pas souffrir, et quand ils ne souffrent pas, ils se considèrent comme en bonne santé. Il n’en est pas toujours ainsi ; mais, dans de nombreux cas, l’homme croit que s’il ne souffre pas, il est en bonne santé. Nous nous adonnerions à une énorme illusion si nous voulions croire que le sentiment de souffrir et la maladie coïncident toujours. Le foie d’un homme peut être en très mauvais état ; si le dommage n’est pas tel qu’il affecte par exemple le péritoine, aucune douleur n’apparaît.

L’être humain peut porter en lui un processus pathologique qui ne se manifeste nullement par des souffrances. Il peut en être ainsi dans de nombreux cas. Pour l’observateur plus objectif, ces affections sont même les plus graves. Car, quand l’homme souffre, il cherche à se débarrasser de la souffrance ; quand il ne ressent pas de douleur, il ne se donne gère la peine de triompher de la maladie.

Qu’en est-il alors des cas où la maladie ne s’accompagne pas de souffrances ? Qu’avons-nous fait là ? Il nous suffit de nous remémorer que vraiment nous ne sommes devenus les êtres humains que nous sommes aujourd’hui qu’en évoluant peu à peu, que pendant la période terrestre nous avons adjoint aux corps astral, éthérique et physique le Je. Mais nous avons été aussi autrefois un être humain qui n’avait que le corps physique et le corps éthérique. Un être qui n’a que les corps physique et éthérique est comme une plante actuelle. Chez de tels êtres nous rencontrons un troisième état de conscience, une conscience infiniment plus assourdie, qui n’atteint même pas à la clarté de l’actuelle conscience de rêve. C’est tout à fait une erreur de croire que dans le sommeil l’homme n’a aucune conscience. Il en a bien une, mais si étouffée qu’il ne peut en réveiller le souvenir dans son Je. Et dans la plante, il y a une telle conscience. Une sorte de conscience du sommeil, donc plus profonde encore que la conscience astrale. Nous descendons ici jusqu’à une conscience humaine enfouie plus profondément encore.

Supposons maintenant que, par des expériences au cours d’incarnations antérieures, l’homme ait non seulement mis dans son organisation un tel désordre, qui amène le corps astral à se plonger de façon désordonnée dans ses corps physique et éthérique, mais qu’il ait fait quelque chose qui conduit le corps éthérique à pénétrer dans le corps physique comme il ne devrait pas le faire. Il peut alors absolument se présenter un état dans lequel le lien entre corps éthérique et corps physique ne soit pas celui qui est normal pour l’homme d’aujourd’hui, que le corps éthérique pénètre trop profondément dans le corps physique. Disons que le corps astral ne serait pas concerné, mais que les dispositions préparées par la vie antérieure provoquent dans l’organisation humaine une liaison trop étroite entre le corps éthérique et le corps physique, est autre qu’il le faudrait. Nous avons alors pour le corps éthérique ce que nous avons pour le corps astral dans la conscience de la souffrance.

Lorsque de son côté le corps éthérique plonge trop profondément dans le corps physique, une conscience émerge, analogue à celle du sommeil chez l’homme, à la conscience du végétal. On ne sera pas surpris que l’homme ne ressente en rien cet état. De même que dans le sommeil il ne ressent rien, il ne ressent pas non plus cet état. Et pourtant, c’est un réveil !

De même que notre corps astral s’éveille anormalement lorsqu’il plonge trop profondément dans les corps éthérique et physique, le corps éthérique s’éveille anormalement lorsqu’il descend trop profondément dans le corps physique. Seulement l’homme ne peut pas le percevoir, parce que c’est un réveil accédant à une conscience plus assourdie encore que celle qui accompagne la douleur. Mais supposons que l’homme, dans une vie antérieure, ait accompli quelque chose qui se transforme entre la mort et une nouvelle naissance de façon à ce que le corps éthérique s’éveille pour lui, c’est-à-dire prenne intensément possession du corps physique. Lorsque cela est arrivé, en l’homme s’éveille une conscience profonde, mais qui ne peut pas être perçue comme le sont les expériences habituelles de l’âme humaine. N’a-t-elle pas besoin d’agir parce qu’elle n’est pas perçue ?

Essayons de voir clairement quelle tendance singulière adopte la conscience quand elle commence à se situer un degré plus bas.

Quand vous ressentez une impression extérieure, par exemple une brûlure, elle provoque une souffrance. Pour qu’une souffrance devienne sensible, il faut que la conscience atteigne au moins le degré de conscience du corps astral. Une souffrance doit vivre dans le corps astral. Donc, là où à un moment quelconque une souffrance naît dans l’âme humaine, il existe un fait du corps astral. Supposons cependant qu’il se produise quelque chose qui ne soit pas accompagné de douleurs, mais cependant provoque une excitation, une impression extérieure. Quand quelque chose vole en direction de votre œil, cela provoque une excitation extérieure ; l’œil se ferme. Mais il n’y a pas de douleur. Que provoque l’excitation ? Un mouvement. C’est un peu comme quand quelque chose effleure la plante de votre pied : ce n’est pas une souffrance – pourtant le pied tressaille.

Il y a donc des impressions reçues par l’homme qui ne sont pas accompagnées de souffrances, et qui pourtant provoquent un fait quelconque, un mouvement. L’homme alors ignore – parce qu’il ne peut pas descendre jusqu’à ce niveau profond de la conscience – comment il se fait qu’un mouvement fait suite à l’excitation. Quand vous ressentez une douleur et que pour cette raison vous repoussez quelque chose, c’est la douleur qui vous a rendu attentif à ce que vous repoussez ainsi. Mais il peut se produire quelque chose qui vous pousse à un mouvement intérieur, à un réflexe. La conscience ne descend pas jusqu’au niveau où l’excitation se transforme en mouvement. Vous avez alors un degré de conscience qui n’atteint pas à celui de vos expériences astrales, qui n’est pas vécu consciemment, qui se déroule dans une sorte de sphère de conscience du sommeil, mais qui cependant n’est pas tel qu’il ne pourrait pas conduire à des faits. Lorsque s’accomplit une pénétration aussi profonde du corps éthérique dans le corps physique, il apparaît une conscience qui n’est pas celle de la douleur parce que le corps astral n’y participe pas, mais qui est si étouffée que l’homme ne la perçoit pas. Ce qui ne veut pas dire que dans cet état de conscience il ne puisse pas accomplir un acte, qu’il ne puisse pas faire quelque chose qui corresponde à toute la situation. L’homme accomplit bien aussi des actions que sa conscience n’accompagne pas. Il vous suffit de penser aux moments où la conscience de veille ordinaire est obscurcie et où le somnambule exécute toutes les actions possibles. Ce n’est pas qu’il n’y ait pas conscience, mais la conscience qui y participe est elle que l’homme ne la perçoit pas, parce qu’il ne peut percevoir que les deux plus hautes formes de conscience : la conscience astrale dans le plaisir et la douleur, etc, et la conscience du Je dans le jugement et dans la conscience de veille habituelle. Cependant la situation n’est pas telle que l’homme ne puisse pas agir dans cet état de conscience de sommeil.

Nous avons donc aussi une conscience pareillement profonde au point que l’homme ne peut plus l’atteindre quand le corps éthérique plonge dans le corps physique. Supposons qu’il veuille cependant faire quelque chose dont il ne peut rien savoir dans la vie normale, et qui ait un lien quelconque avec la situation, il le fera sans rien en savoir. En lui, quelque chose, la situation elle-même fera cela sans qu’il ne sache rien. – Considérons maintenant un être humain, lequel, en raison de certains événements dans une vie passée, a déposé en lui des causes qui, dans le temps qui s’écoule entre la mort et une nouvelle naissance, exercent une action telle qu’elles provoquent une pénétration profonde du corps éthérique dans le corps physique. Ceci conduira à des actes qui aboutiront à la manifestation de processus pathologiques profonds. Cet homme pourra être poussé à rechercher effectivement des causes extérieures de maladie.

Il peut paraître étrange que ceci ne soit pas clair pour la conscience habituelle du Je. Mais cet homme ne le ferait jamais en restant dans le champ de la conscience habituelle du Je. Il ne sera jamais amené par sa conscience ordinaire du Je à se donner l’ordre de pénétrer dans un foyer de bacilles. Mais supposons cependant que cette conscience assourdie trouve nécessaire qu’un dommage extérieur se produise et que puisse se réaliser ce que nous avons appelé hier tout le sens de la maladie. Alors cette conscience qui pénètre dans le corps physique recherche la cause de la maladie pour obtenir ce que nous avons nommé hier le processus pathologique. Sachant ce qu’est la nature profonde de la maladie, vous comprendrez que même s’il n’apparaît pas de douleurs, il peut toujours se manifester des contre-effets. Et si des douleurs se manifestent, il peut toujours arriver, si seulement le corps éthérique pénètre trop profondément dans le corps physique, ce qu’on peut appeler la recherche de causes extérieures de maladie à travers des couches plus profondes de la conscience humaine elle-même. Si grotesque que cela sonne, c’est pourtant exact : nous recherchons, comme les caractères héréditaires, mais avec un autre degré de conscience, les causes extérieures de nos maladies quand nous en avons besoin. Mais encore une fois, ce qui vient d’être dit n’est valable que dans le contexte présenté aujourd’hui.

Aujourd’hui, il s’agissait surtout de faire apparaître clairement que l’être humain, sans qu’il puisse suivre la chose avec le degré de conscience qu’il connaît, peut être capable de rechercher la maladie grâce à un état de conscience anormal et profond qu’il atteint. C’est pourquoi, dans la maladie, nous avons affaire à un éveil de niveaux de conscience que l’homme que nous étions autrefois a déjà dépassés. Du fait que dans une vie antérieure nous nous sommes chargés de fautes, nous causons l’apparition de degrés de conscience plus profonds qu’il ne conviendrait dans notre vie actuelle. Et ce que nous faisons poussés par ces degrés de conscience influence le cours du processus pathologique comme aussi le processus qui a tout d’abord conduit à la maladie.

Nous voyons ainsi que dans les états anormaux, d’anciens degrés de conscience émergent que l’homme a dépassés depuis longtemps. Si vous observez seulement un peu les faits de la vie ordinaire, vous pouvez voir déjà un peu distinctement ce qui a été dit aujourd’hui. Il en est bien ainsi que, par les souffrances, l’homme descend en quelque sorte plus profondément dans son être. Vous connaissez bien la parole selon laquelle il ne sait qu’il a un organe que quand celui-ci commence à le faire souffrir. C’est une formule populaire, mais qui n’est pas si bête. Pourquoi l’homme ne sait-il rien de cela dans l’état de conscience normal ? Parce qu’à l’état normal sa conscience dort bien et ne plonge plus assez intensément dans le corps astral. Mais si elle le fait, alors la douleur apparaît, et par la douleur l’être humain apprend qu’il possède l’organe concerné. Dans bien des formules de la vie ordinaire, il y a quelque chose de tout à fait vrai, parce que ce sont des héritages de degré de conscience passés grâce auxquels, lorsqu’il portait son regard sur le monde spirituel, l’homme savait encore beaucoup de choses qu’il nous faut aujourd’hui faire ressurgir avec peine.

Si vous comprenez que l’homme peut faire l’expérience intérieure de couches plus profondes de la conscience, vous aurez aussi la possibilité de comprendre que l’homme peut rechercher non seulement des causes extérieures de maladie, mais aussi des coups du sort qu’il ne peut pas interpréter comme étant raisonnables, dont cependant la nature raisonnable agit sur des couches profondes de la conscience. – Ainsi peut-il apparaître admirable que l’homme, après une réflexion ordinaire, n’ira pas se placer là justement où la foudre peut le frapper. Il l’évitera conformément à sa conscience supérieure. Mais une conscience situé beaucoup plus profondément que celle-ci pourrait être active en lui, et le conduire justement à l’endroit où la foudre peut le frapper, guidée par une prévoyance que la conscience supérieure ne possède pas, une conscience qui donc veut que la foudre le frappe, en sorte qu’il recherchera tout droit l’accident.

Que des accidents soient recherchés sous l’influence d’effets karmiques, ou bien aussi des causes extérieures de maladie, c’est aujourd’hui seulement que nous en avons compris la possibilité. Comment cela se passe dans chaque cas, comment agissent en l’homme les forces qui résident dans des couches plus profondes de la conscience, et ce qu’il en est de la possibilité qu’a notre conscience lucide d’éviter de pareils accidents, c’est là à nouveau une question qui nous occupera encore . Comme nous pouvons comprendre que, si un homme va dans une région où il peut être contaminé par une infection, c’est qu’un degré de conscience agit qui l’a poussé à y aller, il nous faut aussi pouvoir comprendre comment il se fait que l’homme prend des dispositions pour que de telles infections soient toujours moins dangereuses, et que par les règles d’hygiène établies par la conscience lucide nous pouvons toujours éviter la contagion. Nous pouvons aussi comprendre la possibilité qu’a la conscience supérieure de détourner cette action, et il nous faut dire qu’il serait infiniment déraisonnable que le subconscient puisse rechercher des germes de maladie, si d’autre part les causes de maladie ne pouvaient être évitées par la conscience supérieure.

Nous verrons qu’il est « raisonnable » de rechercher des germes de maladie, et qu’il est également « raisonnable » que la conscience supérieure prenne des mesures d’hygiène contre l’invasion de substances pathogènes, afin d’éliminer par là des causes de maladie.


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Message par obsidienne le Sam 28 Oct - 20:36

Septième Conférence

Hambourg, 22 mai 1910


Vous avez déjà vu dans ces conférences que nous approchons progressivement de notre but, en essayant à chaque pas en avant de pénétrer plus profondément dans le sujet. Nous avons pour terminer parlé de la nature des souffrances qui sont liées au cheminement d’une maladie ; mais nous avons aussi attiré l’attention sur la manière dont, dans d’autres cas – sous un certain rapport tout au moins -, le cours de la maladie peut se dérouler sans qu’elle soit accompagnée de souffrances.

Il nous faut maintenant nous occuper d’un peu plus près de la nature de la souffrance. Il nous faut encore une fois avoir présent à l’esprit que la souffrance peut apparaître comme un phénomène parallèle au déroulement de la maladie. Car il nous a fallu en effet déduire déjà de notre précédente étude que nous ne sommes pas autorisés à considérer la maladie et la souffrance comme allant nécessairement de pair. Il nous faut garder à la conscience le fait que, quand une souffrance est liée à une maladie, c’est que nécessairement quelque chose d’autre est en jeu que le simple mal. Or, nous avons déjà rendu attentif au fait que, chaque fois que s’accomplit le passage d’une incarnation à une autre, où des expériences d’incarnations antérieures sont transformées en causes de maladie, d’une part le principe luciférien et d’autre part le principe ahrimanien sont en action.

Comment l’homme en vient-il donc, en fait, à créer en lui la base de la maladie ? Pourquoi fait-il place en lui à la tendance à être malade ? Qu’est-ce qui le conduit à préparer entre la mort et la nouvelle naissance – nous avons caractérisé comment c’est le temps où sont rassemblées les forces qui provoquent la maladie – des forces qui dans la prochaine existence se manifestent par la maladie ? Ce qui y amène l’homme, c’est que d’une part il peut succomber à la tentation de la puissance luciférienne, et d’autre part à celle de la puissance ahrimanienne.

Nous savons aussi déjà ce que signifie : tomber aux mains de la puissance luciférienne. – Tout ce qui en nous agit en tant que désir, nature égoïste, ambition, orgueil, vanité, toute les qualités qui sont liées à une sorte d’enflure de notre « Je » pour se mettre en valeur, tout cela est lié à la séduction des puissances lucifériennes en nous. Si, en d’autres termes, nous succombons aux forces qui sont à l’œuvre dans notre corps astral et s’y expriment par nos désirs et nos passions égoïstes, nous commettrons dans l’incarnation correspondante des actions vers lesquelles conduisait la séduction luciférienne. Nous voyons le résultat de telles actions influencées par Lucifer durant le temps qui sépare la mort de la nouvelle naissance et nous assimilons la tendance à nous incarner de façon à passer par un processus pathologique qui peut, quand nous l’avons surmonté, contribuer à nous libérer des tentacules de ces puissances lucifériennes. Si donc celles-ci n’étaient jamais présentes, nous ne pourrions pas succomber aux tentations qui nous amènent à laisser de telles forces pénétrer en nous.

Or, s’il n’existait rien d’autre dans la vie que cela uniquement qui est en nous l’œuvre de Lucifer : le déploiement de pulsions et de passions égoïstes, nous ne pourrions en fait jamais, dans la vie, nous débarrasser des tentations lucifériennes. Nous ne pourrions pas non plus nous en débarrasser au cours d’incarnations successives, car nous retomberions constamment en leur pouvoir. Si par exemple, dans le cours de l’évolution terrestre, nous avions été simplement abandonnés à nous-mêmes, l’influence luciférienne étant cependant présente, nous aurions subi dans une incarnation les tentations des puissances lucifériennes, nous percevrions après la mort à quoi elles nous ont amenés, et nous provoquerions un processus pathologique ; mais si rien d’autre n’intervenait dans la situation, ce processus pathologique ne nous conduirait à aucune amélioration particulière durant la vie où il se manifeste. Il ne nous conduit à une amélioration que si les puissances dont Lucifer est l’adversaire introduisent quelque chose dans l’ensemble du processus.
Quand donc d’une part nous succombons aux puissances lucifériennes, des puissances exerçant une action opposée interviennent dont les puissances lucifériennes sont les adversaires, et elles s’efforcent de déployer une contre-force grâce à laquelle l’influence luciférienne peut réellement être éliminée.

Et ces puissances, dont l’adversaire est donc la puissance luciférienne, ajoutent au processus causé par l’influence de Lucifer la douleur. Il nous faut donc considérer la douleur comme quelque chose – si nous appelons les puissances lucifériennes les mauvaises puissances – que nous devons aux bonnes puissances, afin que justement, par la douleur, nous puissions nous arracher aux tentacules des mauvaises puissances et que nous ne tombions plus entre leurs mains. Si le processus pathologique qui apparaît comme une conséquence de l’influence des puissances lucifériennes n’était pas accompagné de douleur, nous ferions en nous-mêmes cette expérience : ce n’est pas si grave de tomber aux mains des puissances lucifériennes ! – Et nous n’aurions rien en nous qui nous amènerait à utiliser nos forces pour nous arracher à leurs mains. La douleur, qui est le fait du corps astral devenant conscient et s’éveillant anormalement, est en même temps ce qui peut nous détourner de continuer à tomber au pouvoir des puissances lucifériennes dans ce domaine où nous leur sommes déjà soumis. C’est ainsi que la douleur est, en ce qui concerne les tentations des puissances lucifériennes, notre éducateur.

Ne dites pas maintenant : comment la douleur peut-elle être notre éducateur si nous ne faisons que la ressentir sans du tout percevoir sa force bienfaisante ? Que nous ne percevions pas cette force bienfaisante, ce n’est qu’une conséquence de notre conscience du « Je ». Dans la conscience que j’ai décrite comme se trouvant en dessous de la conscience du « Je » se déroule déjà ce processus, bien que l’homme n’en sache rien dans sa conscience diurne : Maintenant je ressens la douleur, et elle est la conséquence de ce qu’ajoutent les bonnes puissances en complément à mes fautes ! – C’est dans le subconscient une force qui agit tout à fait comme un accomplissement karmique, comme une impulsion à ne plus se livrer aux actes, aux désirs et aux pulsions qui ont justement provoqué cette maladie.

Nous voyons donc comment le karma agit, comment nous succombons aux puissances lucifériennes et comment elles nous apportent une maladie apparaissant dans une prochaine incarnation ; et nous voyons comment des puissances bienfaisantes ajoutent la douleur au seul dommage causé à nos organes, afin que nous ayons dans la douleur, sous la surface de notre conscience, un instrument d’éducation. C’est pourquoi nous pouvons dire : partout où, lors d’une maladie, la douleur apparaît, c’est qu’une puissance luciférienne a causé cette maladie.

La douleur est exactement le signe que nous avons affaire à une origine luciférienne. Les personnes qui aiment les classifications éprouveront le besoin de distinguer de façon générale entre les maladies qui reposent uniquement sur l’influence luciférienne, et celles qui sont à attribuer à une influence ahrimanienne, car dans toutes les activités théoriques la répartition, la confection de schémas est certes toujours le plus commode, et l’on croit ainsi avoir compris beaucoup de choses. Mais en réalité, les choses ne se comportent pas de telle façon qu’on puisse les saisir par ces moyens commodes. Elles s’entrecroisent et confluent constamment.

Et nous pourrons aussi comprendre facilement, quand on se trouve en présence d’un processus pathologique réel, qu’une partie peut en être attribuée à l’influence luciférienne, donc à des choses qu’il faut plutôt chercher parmi les propriétés de notre corps astral, et une autre partie en même temps à des causes qu’il faut chercher dans l’influence arhimanienne. Ainsi, personne ne doit croire non plus que quand quelque chose lui fait mal, ce ne peut être attribué qu’à l’influence luciférienne. Qu’il éprouve une souffrance, cela lui révèle la partie de la maladie qui est à attribuer à l’influence luciférienne.

Mais nous comprendrons cela plus facilement encore ne nous posant cette question : d’où provient donc l’influence ahrimanienne ?

Les humains n’auraient jamais succombé à l’influence ahrimanienne s’ils n’avaient pas d’abord été victimes de celle de Lucifer. Mais, du fait qu’ils s’ouvrirent à celle-ci, il s’établit entre les quatre éléments constitutifs de l’homme : corps physique, corps éthérique, corps astral et « Je », un lien qui ne se serait pas formé si Lucifer n’avait pas agi et si seules avaient été actives les puissances dont Lucifer est l’adversaire. L’homme aurait alors évolué de façon différente. Le principe luciférien a donc provoqué une perturbation dans son être intérieur.

Mais c’est de l’être intérieur que dépend la façon dont l’homme entre en contact avec le monde extérieur. Et exactement comme, ayant un œil dans lequel quelque chose a té détruit, vous ne voyez pas le monde extérieur correctement à cause de ce défaut interne, en raison de l’influence luciférienne vous ne voyez nullement le monde extérieur comme il est. Et parce que l’homme avait une raison de ne pas voir le monde extérieur comme il est, l’influence ahrimanienne a pu envahir la fausse image de ce monde extérieur, de sorte qu’Ahriman n’a pu aborder l’être humain que grâce à l’action de l’influence luciférienne.

L’influence ahrimanienne eut pour effet que non seulement l’homme peut succomber aux passions égoïste, aux pulsions, aux désirs, à la vanité, à l’orgueil, etc., mais qu’alors, dans un organisme humain où l’égoïsme peut agir de la sorte, des organes se formèrent qui devraient avoir du monde extérieur une vision fausse, inexacte. C’est ainsi qu’Ahriman put s’insinuer dans les images inexactes du monde extérieur. Il s’approcha, et de ce fait l’être humain se trouva exposé à l’autre influence, et peut ainsi succomber aux séductions intérieures, mais aussi à l’erreur et – dans le jugement qu’il porte sur le monde extérieur et dans ce qu’il en dit – au mensonge. Ainsi ahriman agit-il certes de l’extérieur, mais c’est nous qui lui avons donné la possibilité de nous atteindre.

Ainsi l’influence ahrimanienne et l’influence luciférienne ne sont en réalité jamais seules à l’œuvre. Elles agissent toujours l’une sur l’autre, et d’une certaine façon elles se font équilibre.
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Maladie et  santé dans leur rapport avec le karma Empty Re: Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Sam 28 Oct - 20:38

Lucifer exerce se pression de l’intérieur, Ahriman de l’extérieur, et l’image du monde se forme entre les deux. Si dans quelque incarnation l’être intérieur prend de la force, si l’homme est davantage exposé aux influences internes, il s’abandonnera davantage à l’influence luciférienne dans les choses où l’être intérieur agit de telle façon que l’orgueil, la vanité, etc. s’emparent de lui. Dans une incarnation où l’être humain a moins tendance, de par l’ensemble de son karma, à succomber aux influences intérieures, il succombera plus facilement aux erreurs et aux tentations d’Ahriman. Ainsi en est-il en fait dans notre vie.

Dans notre cheminement quotidien à travers la vie, nous succombons tantôt davantage aux séductions de Lucifer, et tantôt davantage à celles d’Ahriman. Nous oscillons entre les deux, qui d’un côté nous amènent à une enflure de notre être intérieur, et de l’autre à nous faire des illusions sur le monde extérieur.

On est autorisé à mentionner ici – car la chose est extrêmement importante – qu’aux tentations de part et d’autre doit en particulier opposer une résistance l’homme qui s’efforce d’atteindre à un développement supérieur et de pénétrer dans le monde spirituel, soit qu’il veuille atteindre le spirituel derrière les phénomènes du monde extérieur, soit qu’il veuille accomplir une descente mystique dans son être intérieur. En pénétrant dans le monde spirituel extérieur qui se trouve derrière le monde physique, il trouve toujours les images trompeuses dont Arhiman l’abuse ; lorsqu’il veut plonger en mystique dans sa propre âme, les tentations lucifériennes sont toujours particulièrement possibles.

Lorsque l’être humain devient un mystique et opère avec bonheur cette descente sans avoir au préalable veillé, en formant son caractère, à se munir d’armes contre l’orgueil, la vanité, et ainsi de suite, lorsqu’il réussit à vivre en mystique, mais sans avoir particulièrement veillé à sa formation morale, il peut d’autant mieux succomber aux séductions de Lucifer dont l’action se déploie dans l’âme, montant de l’être intérieur.

Quand ainsi le mystique n’a pas bien veillé à sa formation morale, il peut, s’il parvient à plonger un peu dans son être intérieur, être exposé à un grand danger : il peut invoquer plus vigoureusement que c’était le cas jusqu’à présent la force de l’influence luciférienne et devenir plus vain et plus orgueilleux qu’auparavant. C’est pourquoi il est nécessaire de veiller auparavant, par la formation du caractère, à se munir d’une arme contre les séductions toujours présentes de la vanité, de la folie des grandeurs, de l’orgueil. Et nous ne pouvons jamais trop travailler à acquérir les qualités qui conduisent à la modestie et à la l’humilité.

Ceci est éminemment nécessaire pour l’aspect de notre développement supérieur que nous disons mystique. D’autre part, il est nécessaire que l’homme se protège aussi contre les illusions ahrimaniennes quand il cherche, par une évolution qui le conduit derrière les phénomènes du monde extérieur, à atteindre le fondement spirituel des choses. Si à ce moment il ne s’efforce pas d’acquérir par la formation du caractère force et vigueur intérieure, et l’appui sûr que lui donne son être intérieur, il pourra très facilement arriver que cet homme – et précisément quand il aura la chance de pénétrer dans le monde spirituel – tombe, aux mains d’Ahriman, que celui-ci l’abuse en le menant d’illusion en illusion, d’hallucination en hallucination.

On se trouve souvent dans la situation où les gens vous « prennent au mot ». Parce qu’on souligne souvent que le développement supérieur qui conduit derrière les phénomènes du monde extérieur doit être lié à la pleine conscience, il arrive que les gens vous amènent constamment des personnes à demi somnambules qui assurent : Oui, je perçois le monde spirituel, et en pleine conscience ! – Et on ne peut que toujours dire : si seulement tu voulais bien n’être pas toujours conscient, cela vaudrait bien mieux ! – Car les gens s’abusent sur le fait de cette « conscience ». Ce n’est qu’une conscience en images, une conscience astrale ; car si ces personnes n’étaient pas conscientes à un niveau subconscient, elles ne percevraient rien. Mais ce dont il s’agit lorsqu’on pénètre dans le monde spirituel, c’est de maintenir la cohésion de sa conscience du Je. Or, à cette conscience du « Je » sont liées la faculté de jugement et une claire faculté de discernement. C’est ce dont les gens ne disposent pas pour les êtres qu’ils voient dans le monde spirituel. Il ne faut pas s’étonner qu’ils soient dotés d’une conscience ; mais ce qu’il nous faut a voir, c’est la conscience qui est liée à la formation de notre Je. C’est pourquoi l’on ne souligne pas par exemple, lors d’un développement conduisant à la vision des mondes supérieurs, que les gens doivent parvenir aussi rapidement que possible dans un monde supérieur pour y voir toutes sortes de personnages ou peut-être entendre toutes sortes de voix ; ce qui est souligné, c’est que l’entrée dans le monde spirituel ne peut être heureuse et féconde que quand on affine sa conscience, sa faculté de discernement, et sa force de jugement. Et cela ne peut s’accomplir de la meilleure façon que par l’étude des vérités de la science de l’esprit. C’est pourquoi il est souligné que l’intérêt actif pour les vérités de la science de l’esprit est un bouclier contre la prétendue vision de toutes sortes d’êtres que n’atteint aucune faculté de jugement. Celui qui a réellement été formé de cette façon ne tiendra aucune apparition quelconque pour ceci ou cela, il pourra avant tout distinguer entre la réalité et l’image confuse, et surtout il verra clairement que, notamment avec les perceptions auditives qui se présentent, il faut être particulièrement prudent, parce qu’une perception auditive ne peut jamais être exacte quand l’intéressé n’a pas d’abord traversé la sphère du calme absolu.

Et celui qui n’a pas connu d’abord le silence absolu et la totale insonorité du monde spirituel, celui-là peut se dire à coup sûr que ce qu’il perçoit, ce sont des images trompeuses, et si sage que lui apparaisse ce qu’elles lui disent. Seul celui qui s’est donné la peine d’affirmer sa force de jugement en cherchant comprendre les vérités des mondes supérieurs peut se protéger contre les images trompeuses. Les moyens de la science n’y suffisent pas. La science extérieure ne procure pas une faculté de jugement aussi aiguë, aussi affermissante qu’il faudrait pour pouvoir réellement discerner les choses dans le monde spirituel. C’est pourquoi on peut vraiment dire : quand les gens communiquent quelque chose des mondes supérieurs sans avoir veillé soigneusement d’abord à affiner leur faculté de jugement – ce qui est possible en particulier grâce à l’étude de la science de l’esprit -, ces communications sont toujours au plus haut point sujettes à caution, et il faut au moins qu’elles soient toujours d’abord contrôlées par les méthodes acquises conformément à la préparation d’une formation réelle.

Il n’existe qu’une puissance devant laquelle Lucifer recule – c’est la moralité. C’est quelque chose qui le brûle à l’égal du feu le plus terrible. Et il n’existe aucun moyen de neutraliser Ahriman, sinon la force de jugement et la faculté de discernement développées à l’école de la science de l’esprit. Car la faculté de jugement saine que nous acquérons sur la terre, c’est une chose devant quoi il prend la fuite. Il ne ressent au fond aucune répugnance aussi forte que devant ce que nous acquérons grâce à un entraînement sain de notre conscience du Je. Car nous verrons qu’Ahriman appartient à une région tout autre, très éloignée de la saine faculté de jugement que nous cultivons.

A l’instant où Ahriman entre en contact, avec la force de jugement saine que nous acquérons dans l’existence terrestre, il éprouve une terrible frayeur, car c’est une chose qui lui est tout à fait inconnue, et il en a très peur. Plus donc nous nous efforçons de développer la force saine de jugement qui peut nous être donnée pendant la vie entre la naissance et la mort, et mieux nous neutralisons Ahriman. Ceci se révèle en particulier chez toutes sortes de personnalités qu’on nous amène et qui décrivent les mondes spirituels et leurs « châteaux en Espagne ». Et lorsqu’ensuite on fait la moindre tentative pour expliquer à ces personnes quelque chose, leur faire acquérir la compréhension et la faculté de discernement, Ahriman les a ordinairement si bien en mains qu’elles peuvent à peine s’y intéresser ; et la chose s’accentue d’autant plus que les séductions d’Ahriman se déploient dans le domaine de l’audition. Contre ce qui se manifeste par des visions, il existe encore plus de remèdes que contre ce qui se manifeste par l’audition, par des voix que l’on entend, etc. De telles personnes éprouvent une grande répulsion devant la nécessité d’apprendre ce qu’il faut acquérir pour la conscience du Je entre la naissance et la mort. Elles n’aiment pas cela. Mais ce ne sont pas elles qui ne l’aiment pas. Ce sont les puissances ahrimaniennes qui les en écartent. Mais lorsqu’ensuite on amène une telle personne à développer une saine force de jugement et qu’elle consent à accepter qu’on l’enseigne, il apparaît bientôt ce qui suit. Les voix et les hallucinations cessent, parce que ce n’étaient auparavant que des images ahrimaniennes nébuleuses, et qu’Ahriman prend terriblement peur dès qu’il sent que de cet homme émane une saine force de jugement !

En vérité, le meilleur remède contre ces maladies nuisibles causées par la vision et l’audition hallucinatoires que provoque Ahriman est ceci : amener l’homme par tous les moyens dont on dispose à acquérir une force de jugement saine et raisonnable.

C’est pour bien des personnalités d’une extrême difficulté. Car elles se trouvent dans la situation où l’autre puissance leur rend la tâche facile, elle les dirige. Mais celui qui veut se débarrasser de cette puissance ne peut pas régler la chose si commodément. Avec de telles personnalités on n’obtient que très difficilement un résultat, car elles prétendent qu’on les a dépouillées de ce qui les amenait autrefois dans le monde spirituel, alors qu’en réalité on les a guéries et préservées de tomber toujours davantage au pouvoir de ces puissances !
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Maladie et  santé dans leur rapport avec le karma Empty Re: Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Sam 28 Oct - 20:41

Nous voyons donc ce qui provoque chez les puissances lucifériennes et ahrimaniennes une très grande répugnance. L’humilité, la modestie, le fait pour l’homme de ne se tenir que pour ce qu’autorise un jugement sain, c’est quelque chose qui ne plaît pas du tout à Lucifer. Par contre, quand quelque part les qualités d’ambition, de vanité veulent se manifester, il est là comme les mouches dans une chambre qui n’est pas propre. Tout cela , et en particulier les choses qui reposent sur les idées fausses qu’on se fait de soi-même, agit à nouveau dans un sens qui nous prépare à être influencés par Ahriman.

Rien ne nous protège mieux contre Ahriman que de nous donner réellement dans la vie la peine de penser sainement, comme nous enseigne à le faire la vie entre la naissance et la mort. Et ceux-là justement qui se tiennent sur le terrain de la science de l’esprit ont tout lieu de souligner, aussi intensément qu’il est possible, qu’il ne nous convient pas, à nous hommes de la terre, d’ignorer de  qui doit nous être donné par la vie terrestre. Les humains qui dédaignent d’acquérir un jugement sain et une faculté de discernement raisonnable, et qui veulent, sans les posséder, s’élever aisément dans le monde spirituel, veulent au fond se soustraire à la vie terrestre. Ils veulent s’élever en planant au-dessus de la vie terrestre ; ils trouvent que c’est pour eux une activité  bien trop humble que de s’occuper de toutes sortes de choses qui peuvent conduire à la compréhension de la vie terrestre. Ils se prennent pour  quelque chose de supérieur. Mais c’est précisément ce sentiment qui fournit un nouveau terrain à l’orgueil.

C’est pourquoi nous pouvons voir constamment que les personnalités qui sont enclines à des rêveries passionnées, à refuser le contact avec les choses de la terre et avec la vie terrestre, se refusent à apprendre, « parce qu’elles sont déjà dans tout cela » et ne veulent rien avoir de commun avec un courant comme le nôtre. Ces gens disent : il faut que l’humanité entre dans le monde spirituel !

Certes, mais il n’existe qu’un seul bon passeport pour y pénétrer, et c’est la moralité au sens supérieur du terme, acquise sur la terre, qui ne nous laisse pas nous surestimer, ne nous conduit pas à avoir sur nous-mêmes un jugement faux, et ne nous laisse pas dépendre de nos pulsions, de nos désirs et de nos passions ; et d’autre part, c’est une collaboration saine et diligente avec les conditions de la vie sur terre, et non un désir de planer au-dessus de ces conditions.

Nous avons ainsi puisé aux profondeurs du Karma quelque chose qui est lié aux profondeurs de la vie spirituelle. Et ceci peut avoir une grande valeur. Mais rien n’a de valeur pour l’évolution de l’homme et de son individualité qui soit puisé au monde spirituel sans une saine raison ; et rien n’a de valeur non plus qui y soit puisé sans moralité.

On peut l’admettre en considérant les faits qui ont été exposés la dernière fois et aujourd’hui. Et si nous l’admettons, nous pouvons nous dire : Pourquoi l’influence luciférienne, précisément parce qu’elle agit depuis le passé et s’est métamorphosée en maladie, puis est compensée par la souffrance, pourquoi ne devrait-elle pas, chez l’homme, entraîner l’influence ahrimanienne ? Et pourquoi ce qui nous cause de la souffrance et témoigne du cours luciférien d’une maladie ne devrait-il pas avoir pour conséquence de cette influence luciférienne l’influence ahrimanienne ? Et comment les tentations d’Ahriman se transforment-elles en causes de maladies ? Comment cela apparaît dans une incarnation ultérieure ?

Ce qui est imputable à l’influence ahrimanienne est cependant à ramener à Lucifer indirectement ; mais quand l’influence luciférienne a été si puissante qu’elle a provoqué l’influence ahrimanienne, celle-ci est la plus perfide. Elle gîte beaucoup plus profondément non seulement dans les fautes du corps astral, mais dans celles du corps éthérique. Dans une conscience située au-dessous du niveau de la souffrance, l’influence ahrimanienne se présente accompagnée d’un dommage qui n’a pas besoin d’être accompagné de douleur, d’un dommage qui peut amener l’organe où ce dommage s’exprime à devenir inutilisable.

Supposons que dans une incarnation l’influence ahrimanienne ait agi et ait provoqué ce que précisément une influence ahrimanienne peut entraîner. L’être humain traverse ensuite la phase entre la mort et une nouvelle naissance – et réapparaît dans une nouvelle incarnation. Il se révèle alors qu’un organe quelconque est atteint par l’action ahrimanienne ou, en d’autres termes : au niveau de cet organe, le corps éthérique est ancré beaucoup plus profondément qu’il le devrait ; l’organe est imprégné par le corps éthérique beaucoup plus qu’il ne faudrait.

En pareil cas, l’être humain, à cause de cet organe déficient, est conduit à s’embourber encore davantage dans l’erreur – dans ce qu’Ahriman accomplit dans le monde. Avec l’organe qui doit à l’influence ahrimanienne d’être endommagé, et dans lequel le corps éthérique s’est si profondément ancré, l’être humain, s’il voulait faire l’expérience totale de ce processus, s’empêtrait plus profondément dans ce qu’Ahriman peut engendrer : dans la mâyâ. Mais comme toute la mâyâ que produit le monde extérieur ne peut pas être emportée dans le monde spirituel, ce monde spirituel se dérobe à nous de plus en plus. Car là, il n’existe que la vérité, et aucune illusion ! Donc, plus nous sommes dans l’illusion engendrée par Ahriman, et plus justement nous sommes poussés à nous situer dans le monde sensible extérieur, dans l’illusion du physique-sensible, davantage que nous ne le ferions en l’absence d’un tel organe défectueux.

Mais c’est alors que se manifeste l’action opposée, tout comme dans la douleur apparaît l’action opposée quand il y a une influence luciférienne. Cette action opposée apparaît alors de façon telle qu’à l’instant où se présente le danger de nous enchaîner par trop au monde physique-sensible, et par là de nous priver par trop de ce qui pourrait nous conduire dans le monde spirituel, à cet instant l’organe est détruit ; il est ou bien paralysé, ou bien devenu trop faible pour agir. Un processus de destruction s’accomplit donc. Quand donc nous voyons qu’un organe est détruit, il nous faut voir clairement que cela, nous le devons en fait à des puissances bienfaisantes : l’organe nous est enlevé afin que nous trouvions le chemin du retour vers le monde spirituel. Il en est effectivement ainsi que – si cela ne peut se faire autrement – des organes sont détruits par certaines puissances, ou bien que nous sommes munis d’organes malades, afin de n’être pas trop profondément enfoncés dans l’illusion.

Quand donc par exemple quelqu’un est atteint d’une maladie de foie qui n’est pas accompagnée d’expériences douloureuses, nous avons affaire à l’effet d’une influence ahrimanienne antérieure qui a provoqué le dommage correspondant dans le foie, parce que, si cet organe ne nous avait pas été enlevé, les forces qui sont liées à une imprégnation trop profonde du corps éthérique nous auraient entraînés trop avant dans l’illusion.

Les légendes et les mythes ont toujours connu la vérité la plus profonde et l’ont exprimée. Le foie est en la circonstance un bon exemple. Car c’est un organe qui peut être le plus facilement actif dans ce qui fait glisser l’homme dans le monde de l’illusion physique. Et le foie est en même temps l’organe qui en fait nous enchaîne à la terre. A cette vérité est lié le fait qu’à l’entité qui, selon la légende, a apporté aux hommes la force qui doit les conduire dans la vie terrestre et les rendre efficaces dans ce domaine – à savoir Prométhée -, un vautour ronge précisément le foie. Un vautour ronge son foie ; non pas parce que cela doit causer à Prométhée une douleur particulièrement profonde ; car en ce cas la légende ne concorderait pas avec les faits réels. Or les légendes sont toujours en accord avec les faits physiologiques. Le vautour ronge le foie parce que ce n’est pas douloureux ! Car il fallait indiquer que Prométhée a apporté à l’humanité quelque chose qui devait l’enchaîner plus profondément au domaine ahrimanien si l’action opposée, compensatrice, ne pouvait se produire. Les documents occultes sont toujours en accord avec les vérités que nous communiquons par la science de l’esprit.

Je vous ai montré aujourd’hui strictement par les faits que ce sont les bonnes puissances qui infligent aux hommes la souffrance en s’opposant à l’influence de Lucifer. Etablissez ici le lien avec ce document qu’est l’Ancien Testament. Quand l’influence de Lucifer eut agit, ce qui nous est symbolisé par le Serpent qui vient tenter Eve, il fallait donc que les adversaires de Lucifer punissent par la souffrance ce à quoi Lucifer voulait amener les hommes. Il fallait que la puissance dont Lucifer est l’adversaire intervienne et dise que désormais la souffrance serait le lot de l’homme. C’est ce que f ait Iavhé ou Jéhovah en disant : « Tu enfanteras dans la douleur ! »

On ne sait généralement pas interpréter ces choses dans les documents occultes aussi longtemps que l’on ne dispose pas encore des explications de la science de l’esprit. C’est ensuite que l’on s’aperçoit combien ces documents sont profonds. C’est pourquoi vous ne pouvez pas exiger de moi que je puisse vous expliquer les choses tout de go, en les tirant du néant – sans les connaissances correspondantes. Pour qu’il soit tout à fait possible de parler de ce passage : « Tu enfanteras dans la douleur ! », il faut qu’il ait été précédé des considérations sur le karma, car c’est seulement parvenu à ce point que l’on peut y joindre l’explication. C’est pourquoi il ne sert pas à grand-chose de vouloir expliquer ceci ou cela dans les documents occultes avant d’avoir atteint dans le cours de son évolution occulte le point correspondant. Et c’est une chose sans profil que toujours demander : que signifie cela ? Que veut dire ceci ? – Il faut que l’homme attende toujours et prenne patience jusqu’à ce que le point concerné soit proche ; on n’atteindrait pas le but à l’aide des seules explications.

Nous voyons donc agir dans notre vie d’une part les puissances lucifériennes, et d’autre part celles dont Lucifer est l’adversaire. Puis les puissances ahrimaniennes agissent ensuite dans notre vie, et il nous faut voir clairement que les puissances qui rendent nos organes inutilisables quand nous succombons à l’influence ahrimanienne sont à compter parmi les bonnes, celles dont justement Ahriman est l’adversaire.
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Maladie et  santé dans leur rapport avec le karma Empty Re: Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Sam 28 Oct - 20:47

Si vous prenez pour point de départ tout ce qui a été dit maintenant, vous pourrez plonger profondément le regard dans l’appareil complexe de la nature humaine et vous en viendrez à vous dire : les puissances lucifériennes sont celles qui sont restées en arrière au temps de l’ancienne Lune ; aujourd’hui, elles sont actives dans notre évolution terrestre avec les forces qui en fait sont des forces lunaires et ne peuvent absolument pas être actives dans le plan universel qui ne correspond par exemple qu’aux puissances dont Lucifer est l’adversaire. Ainsi Lucifer exerce-t-il son action dans le plan d’une autre entité.
Mais nous pouvons maintenant remonter à des époques de l’évolution beaucoup plus lointaines encore.

Lorsque nous voyons d’un côté que sur la Lune des entités ont été retardées dans leur évolution pour intervenir sur la terre dans la vie humaine, il peut nous apparaître explicable que sur l’ancien soleil aussi des êtres se sont trouvés retardés, qui ont alors joué sur la Lune un rôle analogue à celui des entités lucifériennes maintenant sur la terre. Nous avons aujourd’hui dans l’entité humaine quelque chose que nous pouvons appeler en fait un combat : le combat qui se déroule entre les puissances lucifériennes qui se logent dans notre corps astral, et celles qui agissent sur nous à travers notre Je, à travers les conquêtes que nous faisons sur la terre. Car les puissances dont Lucifer est l’adversaire ne peuvent agir sur nous qu’à travers notre Je. Nous ne pouvons atteindre à la clarté et à une juste estimation de nous-même qu’avec l’aide des puissances qui agissent sur notre Je. Pour y parvenir, il nous faut bien utiliser notre "Je".

C’est pourquoi nous pouvons dire : Quand notre Je se cabre contre les puissances lucifériennes, c’est Iahvé ou Jéhovah qui lutte en nous contre Lucifer ; ce qui lutte là, c’est ce qui veille au bon plan universel et combat ce qui se rebelle contre ce plan universel dans la valeur exclusive qu’il s’accorde, et nous sommes impliqués avec notre être le plus intime dans ce combat de Lucifer avec d’autres entités. Nous sommes nous-mêmes le théâtre de ce combat. Et que nous soyons le théâtre de ce combat, cela nous implique dans un karma, mais seulement indirectement, du fait qu’a lieu cette lutte avec Lucifer. Par contre, quand nous dirigeons le regard vers l’extérieur, nous sommes entraînés vers les puissances ahrimaniennes. Il se déroule là quelque chose qui vient de l’extérieur, et c’est alors qu’Ahriman pénètre en nous.

Or, nous savons que sur l’ancienne Lune des entités ont vécu qui de façon analogue ont atteint à ce moment le stade humain, tel que nous le traversons au cours de l’évolution terrestre. Dans « la Chronique de l’Akasha » et dans la science de l’occulte » vous trouvez ces êtres désignés par le terme d’anges, Angeloï, Dhyanis ; ce n’est pas la dénomination qui importe. A cette époque se déroula dans l’être intérieur de ces entités un combat analogue à celui qui concerne Lucifer dans notre propre être. Ces entités furent sur l’ancienne Lune le théâtre d’un combat qui se déroula à cause des êtres qui s’étaient attardés sur le Soleil. Ce combat n’a rien à voir avec notre Je, car sur la lune nous ne l’avions pas encore. Son champ est extérieur à ce à quoi notre « Je » peut participer, il s’est déroulé sur l’ancienne Lune « dans la poitrine des Anges ». De ce fait, ces entités sont devenues à l’époque ce qu’elles ne pouvaient devenir que sous l’influence d’autres entités qui avaient pris du retard sur l’évolution solaire normale, et qui jouèrent pour les Anges le même rôle que jouent aujourd’hui les entités lucifériennes pour nous. Et ce sont les entités ahrimaniennes qui prirent du retard pendant l’évolution solaire, tout comme les entités lucifériennes pendant l’évolution lunaire. C’est pourquoi nous ne pouvons les atteindre qu’indirectement. Mais c’est Ahriman qui fut en quelque sorte le Tentateur dans la poitrine des Anges, et il agissait en eux. C’est par lui que les Anges sont devenus ce qu’ils devinrent, et ce qu’ils devinrent grâce à Ahriman, ils l’ont apporté tout comme ce qu’ils ont acquis de bon.

Ce que nous avons de bon venant de Lucifer, c’est la possibilité de distinguer entre le bien et le mal, de développer une libre faculté de discernement, d’acquérir une volonté libre. Nous ne pouvons y atteindre que grâce à Lucifer. Mais ces entités ont acquis et apporté dans l’existence terrestre quelque chose dont nous pouvons dire : les anges nous entourent maintenant en qualité d’êtres spirituels, ils se sont préparés à cette forme d’existence actuelle par le combat ahrimanien qui s’est déroulé dans leur âme à l’époque de l’ancienne évolution lunaire. Ce que ces entités ont vécu, et les effets qu’elles portent en elles après ce qu’elles ont vécu, cela ne concerne pas notre « Je » le plus intérieur, nous n’y participerons pas par notre « Je » - Nous verrons comment nous y parvenons indirectement parce qu’en effet l’influence ahrimanienne exerce son action sur nous. – ce que ces entités ont conquis sous l’influence d’Ahriman, ce sont certains effets dont elles ont acquis les causes pendant leur existence lunaire. Pendant cette existence lunaire, ces entités ont, sous l’influence ahrimanienne, acquis quelque chose qu’elles ont apporté dans notre existence terrestre. Essayons de découvrir dans notre existence terrestre ce qui peut nous apparaître comme un tel effet du combat ahrimanien d’autrefois.

Si ce combat ahrimanien n’avait pas eu lieu sur l’ancienne Lune, ces entités ne pourraient pas apporter dans notre existence terrestre ce qui appartenait à l’ancienne existence lunaire. Car après la disparition de l’ancienne Lune, cela n’aurait pas existé.

Du fait que les Anges ont accepté l’influence ahrimanienne, ils ont été pris dans l’existence lunaire tout comme nous sommes pris dans l’existence lunaire tout comme nous sommes pris dans l’existence terrestre par l’influence luciférienne. Ils ont assimilé par leur être le plus intime ce qu’est l’élément lunaire et l’ont apporté dans notre existence terrestre. Ils se sont trouvés par là capables de provoquer dans notre existence terrestre ce qui justement doit y être provoqué dans notre existence terrestre ce qui justement doit y être provoqué pour que notre terre ne tombe pas entièrement sous l’influence de Lucifer. Elle succomberait dans sa totalité à cette influence si le fait qui correspond au combat des Anges contre Ahriman sur la Lune n’avait pas été transmis à notre existence terrestre.
Quels sont donc dans l’existence terrestre les processus que nous qualifierons de normaux ? Lorsque notre actuel système solaire s’est organisé conformément au but de la terre, sont apparus les mouvements réguliers du soleil, de la terre et des autres planètes et ce qui eut pour effet le jour et la nuit, la succession régulière des saisons, le soleil et la pluie, le développement de nos fruits dans nos champs, etc….

Ce sont des ordonnancements qui se reproduisent constamment selon le rythme du cosmos qui s’est formé en vue de l’existence terrestre actuelle après que l’existence lunaire eut disparu dans l’ombre.

Mais au sein de l’existence terrestre, c’est Lucifer qui agit. Et nous verrons qu’il agit encore beaucoup plus que seulement dans le domaine où nous avons déjà suivi sa présence, en l’homme lui-même, où certes il s’est réservé son champ d’action le plus important. Mais même si Lucifer n’était présent que dans le cadre de l’existence terrestre, et déjà par tous les ordonnancements établis par la marche régulière des planètes autour du soleil, par l’alternance de l’été et de l’hiver, de la pluie et du beau temps, etc, les humains succomberaient à ce que nous pouvons appeler « la tentation luciférienne ». si les humains avaient pour lot tout ce qui peut leur être assuré par l’ordre du cosmos, ce que produisent les mouvements rythmés et réguliers du système solaire, si ne régnaient que les lois qui conviennent à notre cosmos actuel, l’homme devrait nécessairement succomber à l’influence luciférienne, il préférerait une vie agréable à ce qu’il doit acquérir pour son salut cosmique : il préférerait la marche régulière des choses à ce qu’il doit conquérir.

C’est pourquoi il fallut créer des forces contraires. Il fallut qu’entrent en action des forces adverses qui apparurent quand se mêlèrent aux processus cosmiques réguliers de notre vue terrestre des processus cosmiques réguliers de notre vie terrestre des processus qui étaient pour l’ancienne Lune hautement bienfaisants et normaux, mais qui aujourd’hui, quand ils agissent sur l’existence terrestre, sont anormaux et compromettent la marche régulière de la terre. Ces influences ne manifestent de telle sorte qu’elles remettent en place en quelque sorte ce qui deviendrait penchant à la vie agréable, confort et prospérité si le rythme existait seul, et ces forces nous apparaissent par exemple dans la violente tempête de grêle. Et si ce qui sinon serait créé par les forces régulières de la terre, est détruit, dans ce cas une rectification s’effectue dont l’effet général est bienfaisant, encore que l’homme tout d’abord ne l’admette pas, car il existe une raison supérieure à celle que l’homme comprend.

Lorsqu’une tempête de grêle atteint nos champs, nous pouvons dire : sur l’ancienne Lune, ces forces qui créent la tempête de grêle étaient bénéfiques comme le sont aujourd’hui celles qui agissent dans la pluie et le soleil. Aujourd’hui elles créent la tempête afin de rectifier les mauvais effets de l’influence luciférienne. Et lorsque la marche régulière se poursuit, elles interviennent avec toujours plus de violence pour provoquer encore davantage de rectifications. Tout ce qui conduit à prolonger l’évolution régulière appartient aux forces de la terre elle-même. Lorsque le volcan projette sa lave hors du cratère, des forces sont à l’œuvre qui ont été apportées, venant des forces attardées de l’ancienne Lune, afin de provoquer des rectifications dans la vie terrestre. Ainsi en est-il des tremblements de terre et des événements causés par les éléments en général. Et nous pouvons voir que bien des choses qui viennent de l’extérieur trouvent dans la marche d’ensemble de l’évolution leur justification raisonnable. Quel lien ont ces choses avec la conscience du Je en l’homme, c’est ce que nous verrons encore ; ce qui paraît peu satisfaisant dans la conférence d’aujourd’hui sera ainsi compensé demain.

Mais il nous faut pourtant faire apparaître clairement que toutes ces choses ne constituent qu’un aspect de l’existence humaine, de l’existence terrestre, de l’existence cosmique en général. Et si d’une part nous disons que lorsqu’un de nos organes est détruit, c’est par l’action bienfaisante de puissances spirituelles, et si nous avons trouvé aujourd’hui que la marche générale de l’évolution terrestre doit être rectifiée par des forces originaires de l’ancienne Lune, il nous faut maintenant poser une question : qu’en est-il donc du fait qu’il nous faut essayer, étant des hommes terrestres, de rectifier d’autre part les influences nocives des anciennes forces lunaires ? Nous pressentons bien déjà qu’étant des hommes terrestres, nous n’avons pas à espérer justement que se produisent des éruptions volcaniques et des tremblements de terre, que nous n’avons pas le droit de détruire nous-mêmes des organes pour soutenir effet bénéfiques des puissances spirituelles.

Mais nous pourrons nous dire aussi, et cela est certainement justifié : si quelque part une épidémie se propage, quelque chose est ainsi provoqué que l’être humain recherche directement afin qu’en lui quelque chose soit compensé. Et nous pouvons admettre que l’homme est conduit vers certaines circonstances pour faire l’expérience d’un dommage par la maîtrise duquel il s’approche de la perfection.

Mais qu’en est-il alors des mesures hygiéniques et sanitaires ? Ne pourrait-on pas dire : les épidémies peuvent donc avoir de très bons résultats ; n’est-il donc pas inopportun de mettre obstacle, par toutes sortes de mesures favorisant la santé, par des mesures de prévention, à la possibilité de telles influences ?

Quelqu’un pourrait en venir à penser qu’on ne devrait rien faire pour neutraliser les événements dus aux éléments, et pourrait justifier la chose en disant que ce serait tout à fait dans l’esprit des exposés d’aujourd’hui et d’hier.

Nous verrons, que ce n’est pas le cas, mais que ce ne l’est pas uniquement sous certaines conditions préalables. En effet, c’est seulement maintenant que nous serons bien préparés à comprendre d’une part, lors de notre prochaine étude des circonstances, comment des influences bienfaisantes nous infligent exactement des dommages à un organe afin que nous ne succombions pas à l’action de la mâyâ, et d’autre part à prendre conscience de l’action que nous provoquons quand nous nous dérobons nous-mêmes aux effets de ces influences bienfaisantes, en prenant contre les maladies des mesures sanitaires et hygiéniques. – Nous verrons que nous nous trouvons ici en un point où l’être humain se trouve très souvent : lorsqu’une contradiction apparente se manifeste et qu’il est poussé par toute la force de la contradiction, il est tout près d’en venir à un point où les forces ahrimaniennes peuvent exercer sur lui une grande influence. Nulle part la possibilité n’est aussi proche de s’abandonner à des illusions que maintenant, où nous sommes entrés dans un étroit goulet. Et qu’il est bon que nous y soyons entrés ; car maintenant nous pouvons dire : des puissances bienfaisantes ont rendu un de nos organes inutilisable, car c’est là ce qui neutralise Ahriman ; il faudrait donc que ce soient maintenant les être nuisibles à l’humanité qui ne favorisent pas ce que l’on peut appeler les « effet neutralisants et bienfaisants s’opposent aux puissances ahrimaniennes ». Car les mesures d’hygiène et autre limiteraient cet effet neutralisant et bienfaisant.

Nous sommes dans un goulet. Et il est bon que nous ayons été conduits à cette situation de contradiction, afin de réfléchir au fait que de telles contradictions sont possibles et sont même un bon entraînement pour notre esprit. Car quand nous aurons vu comment sortir de cette contradiction, nous aurons fait par nous-même quelque chose qui peut nous donner la force d’éviter les tromperies d’Ahriman.
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Message par obsidienne le Jeu 2 Nov - 19:33

Huitième Conférence

Hambourg, 25 mai 1910


Si nous revenons en pensées à la contradiction que nous avons exposée à la fin de notre dernière étude, il faut, pour la résoudre, que nous nous reportions aujourd’hui aux deux forces, aux deux principes qui nous sont apparus au cours du temps comme les agents qui suscitent notre karma, et en sont aussi les régulateurs.

Nous avons vu que notre karma n’est mis en mouvement que par les influences des puissances lucifériennes que nous subissons, qu’en raison de la tentation de ces puissances nous en venons à manifester des sentiments, des instincts et des passions qui en quelque sorte nous font plus imparfaits que nous ne le serions sans eux. Lorsqu’alors les influences lucifériennes agissent sur nous, elles provoquent d’autre part les influences ahrimaniennes, ces forces qui agissent sur nous non pas de l’intérieur, mais de l’extérieur, qui agissent dans les relations avec le monde à travers ce qui nous arrive de l’extérieur.
C’est donc Ahriman qui est provoqué par Lucifer, et nous autres humains nous trouvons alors pris vivants, en fait, dans le conflit entre ces deux principes. Et dans la vie, il nous faut essayer de progresser justement, quand nous sommes pris dans les tentacules de Lucifer ou d’Ahriman, en cherchant les moyens et les voies grâce auxquels nous triompherons de ce qui a été détérioré en nous.

Or, nous pouvons voir très distinctement comment en fait se déroule autour de notre personne ce jeu d’influences alternant entre les puissances lucifériennes et ahrimaniennes, quand nous nous remémorons sous une forme un peu différente le cas que nous avons présenté la dernière fois : le cas dans lequel quelqu’un est la proie des influences ahrimaniennes et vit ainsi toutes sortes d’illusions, de tromperies, croyant que ceci ou cela lui est communiqué à lui particulièrement, ou fait sur lui une impression dans telle ou telle direction, alors qu’un autre qui a conservé sa saine force de jugement discerne facilement que l’intéressé est victime d’erreurs et d’illusions. Nous avons parlé la dernière fois des cas où quelqu’un est victime d’illusions clairvoyantes – mais clairvoyantes au mouvais sens du terme – qui émanent du monde spirituel. Et nous avons expressément mentionné que ce sont là des illusions que provoquent les forces ahrimaniennes. Et nous avons vu que contre de telles illusions naissant d’une fausse clairvoyance, il n’existe pas d’autre ou tout au moins fausse clairvoyance, il n’existe pas d’autre ou tout au moins pas de meilleur moyen que la saine force de jugement qui s’acquiert dans la vie physique entre la naissance et la mort.

Ce que nous avons dit dans la dernière conférence a une signification importante, essentielle, dès lors que nous avons affaire aux égarements de la clairvoyance. Car lors d’une clairvoyance qui n’a pas été obtenue par un entraînement bien réglé, par des exercices systématiques guidés judicieusement et rigoureusement, mais qui apparaît marquée par les signes d’une transmission héréditaire, se manifestant par des images ou des sonorités, etc., lors d’une fausse clairvoyance, nous pouvons toujours constater qu’elle régresse, qu’elle cesse même, quand l’intéressé trouve la possibilité de se consacrer sérieusement aux études théosophiques, est enclin à réellement acquérir la connaissance de la théosophie, ou même se consacre à un entraînement réel et judicieux. En pareil cas donc, quand nous avons affaire à des erreurs de la connaissance suprasensible, nous pouvons dire que les sources authentiques de la connaissance, quand l’intéressé s’ouvre à elles, seront aussi toujours pour lui une aide qui le conduira sur la bonne voie.

Vous n’êtes pas autorisés à opposer à cela ce qu’il faut justement avancer à l’encontre, et qui est une vérité si banale que chacun la connais. Chacun sait que lorsque quelqu’un, en raison de complications karmiques, en est venu à cultiver des états qui le conduisent aux symptômes de la folie de la persécution, de la folie des grandeurs, il peut alors développer en son âme tout un système d’idées fixes qu’il fonde aussi logiquement que possible, mais qui pourtant sont des idées fixes. Il peut arriver par exemple que quelqu’un, dans d’autres domaines de la vie, pense de façon tout à fait juste et logique, qu’il ait cependant l’idée fixe qu’on le surveille partout pour telle ou telle raison. Il sera alors capable, où qu’il se trouve, d’échafauder à partir des incidents les plus minimes des combinaisons des plus savantes : Il y a là une clique qui ne veut rien d’autre que me faire du mal ! – et il vous démontrera de la façon la plus sagace combien son soupçon est justifié. Quelqu’un peut ainsi être une tête parfaitement logique et manifester intérieurement certains symptômes de folie. Il sera complètement impossible de réfuter ce qu’il dit à l’aide d’arguments logiques. Au contraire, lorsqu’en pareil cas on avance des raisons logiques, il peut arriver que les idées fixes ancrées dans l’être intérieur de l’intéressé se manifestent d’autant mieux et recherchent des preuves plus irréfutables encore de ce qu’il avançait comme étant le contenu de son idée fixe de persécution.

Lorsqu’on parle dans le sens de la science de l’esprit, il faut prendre les choses avec la plus grande précision. Si précédemment, et aussi la dernière fois, il a été souligné que l’on a dans les connaissances de la science de l’esprit auxquelles quelqu’un se consacre de tout son effort, ou même en s’adonnant à un entraînement systématique par principe, un pouvoir qui s’oppose à tout errement des forces de clairvoyance, il est question d’un tout autre cas que celui qui vient d’être caractérisé.

Il ne s’agit plus maintenant d’avoir prise sur l’intéressé à l’aide des connaissances issues de la science de l’esprit. En règle générale, on veut le convaincre par des raisons tirées du domaine du bon sens ordinaire. Mais un tel homme est absolument inaccessible à ces raisons. Et pourquoi ?

Lorsqu’on apparaît une pareille image pathologique se manifestant par les symptômes décrits, nous avons affaire à ceci : l’intéressé rend visible par là une cause karmique liée à des incarnations antérieures et à des errements antérieurs. Ce que l’on doit considérer comme un égarement intérieur ne réside pas, et dans ce cas ne peut pas résider, dans la présente incarnation, mais bien dans une incarnation passée. Faisons-nous maintenant une image de la façon dont cela peut se transmettre de l’incarnation passée à l’incarnation présente.

Pour y parvenir, il nous faut envisager comment se déroule l’évolution de notre âme. Notre personne extérieure est constituée d’un corps physique, d’un corps éthérique et d’un corps astral, et au cours des temps nous avons édifié à l’intérieur de ces enveloppes, grâce au travail du Je, l’âme de sensibilité dans le corps de sensibilité, l’âme de conscience dans le corps physique.

Ce qu’en notre être intérieur nous développons avec ces trois éléments de l’âme, nous l’avons édifié dans les trois enveloppes où ils vivent maintenant. Supposons maintenant que dans une incarnation quelconque nous soyons séduit par l’influence luciférienne – du fait que nous cultivons en nous des instincts, des désirs, des pulsions égoïstes ou autres - , séduits de façon telle que nous chargeons notre âme d’errements qui peuvent résider dans l’âme de sensibilité, dans l’âme de raison et de cœur, ou aussi dans l’âme de conscience. Ceci est alors, dans une incarnation suivante quelconque, la cause présente dans l’une des trois parties de l’âme. Supposons que ce soit une faute reposant surtout sur les forces de l’âme de raison et de cœur, de l’âme d’entendement. Durant la phase entre la mort et une nouvelle naissance, elle est transformée de telle sorte que les erreurs commises par l’âme de raison se manifestent dans leur action sur le corps éthérique. Entre temps, durant le passage de la mort à la nouvelle naissance, un travail s’est accompli dans le corps éthérique. Nous sommes alors en présence, dans la nouvelle incarnation, d’un effet qu’il faut ramener à une cause dans l’âme d’entendement d’une incarnation précédente. Mais l’âme d’entendement de l’incarnation suivante opère à son tour un travail autonome durant cette incarnation, et de façon différente suivant que les erreurs ont été ou non commises dans le passé. Si elles l’ont été, l’intéressé à maintenant un corps éthérique défectueux plus en profondeur, la déficience n’affecte plus l’âme d’entendement, mais le corps éthérique.

Mais le travail qui peut être accompli sur le plan physique dans le domaine de la raison, de la faculté de compréhension, agit seulement sur l’âme de raison, non pas sur l’activité de celle-ci dans une incarnation précédente, activité qui a déjà atteint le corps éthérique. C’est pourquoi il peut arriver que les forces de l’âme d’entendement, telle qu’elles nous apparaissent chez un être, disposent d’une logique intacte, que donc l’être intérieur proprement dit soit tout à fait intact, mais que la collaboration de l’âme d’entendement avec la partie pathologiquement atteinte du corps éthérique provoque à partir de celui-ci la projection d’un errement dans une certaine direction.

On peut alors certes, au moyen des raisons qu’on peut avancer sur le plan physique, agir sur l’âme de raison, mais non directement sur le corps éthérique. C’est pourquoi vous ne pouvez rien obtenir par la logique ou par la persuasion, pas plus que vous ne pouvez commencer à agir par la logique quand, ayant placé quelqu’un devant un miroir convexe de façon telle que l’intéressé voit son image déformée, vous voulez lui prouver qu’il a tort de voir son image sous cette forme. Il voit vraiment une caricature. Ainsi ne dépend-il pas de l’homme qu’il comprenne mal, pathologiquement, quelque chose, sa logique habituellement saine n’étant pas reflétée sainement par son corps éthérique.

C’est de cette manière que nous pouvons porter en nous l’effet karmique d’incarnation antérieures au plus profond de notre organisation. Et nous pouvons exactement indiquer où le dommage se situe dans une partie de celle-ci – comme ici dans le corps éthérique. Nous voyons alors ce que nous avons provoqué sous l’influence luciférienne dans une incarnation antérieure, et que nous avons ensuite transformé. Et durant la phase entre la mort et une nouvelle naissance s’accomplit la transformation d’un élément intérieur en  élément extérieur, et Ahriman exerce sur nous son action à partir de notre propre corps éthérique.

Ce qui nous montre comment Ahriman est attiré par Lucifer vers notre propre corps éthérique. L’errement passé était de nature luciférienne, mais il est   transformé de façon telle que c’est Ahriman qui nous le rembourse dans l’incarnation suivante. Il s’agit alors pour l’être humain d’éliminer ce dommage de son corps éthérique. Ce qui ne peut se faire que par une intervention dans son organisation plus profonde qu’il n’est possible par les moyens ordinaires au cours d’une incarnation.
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Message par obsidienne le Jeu 2 Nov - 19:36

Celui qui par exemple, est atteint dans une certaine incarnation des symptômes d’un délire de persécution aura devant lui, lorsqu’à nouveau il franchira le porche de la mort, tous les actes qu’il aura commis en raison de ce dommage ahrimanien, il les verra dans toute leur absurdité. De là lui viendra la force qui, dans sa prochaine incarnation, le guérira radicalement. Car il ne peut être guéri que si lui apparait absurde dans le monde extérieur, pour la suite, ce qu’il a commis sous l’effet de ces symptômes. Vous avez ainsi l’indication de ce que nous pouvons faire en vue d’une telle guérison. Quand quelqu’un souffre d’idées fixes de ce genre, les arguments logiques seront les moins propres à l’en débarrasser ; vous ne ferez ainsi que mieux l’amener à vous contredire. Mais vous obtiendrez quelque chose, surtout si le phénomène se manifeste pendant son jeune âge, en le plaçant dans des situations où les conséquences des symptômes lui apparaissent dans leur totale absurdité, quand vous le placez devant les faits qu’il provoque, et dont il subit le contre-choc parfaitement absurde. C’est par cette voie que vous pouvez d’une certaine façon amener une guérison.

Vous pouvez aussi exercer une action bénéfique si vous avez-vous-mêmes si bien assimilé les vérités de la science de l’esprit qu’elles sont devenues le bien intérieur de votre âme. Si elles le sont assez pour que votre personnalité en dispose toujours, quoi qu’il arrive, alors vous les possédez dans la foi la plus intense qui puisse se penser ; alors leur rayonnement se dégage de toute votre personnalité. Avec ces vérités qui affluent vers vous dans la vie entre la naissance et la mort, et l’emplissent, et qui pourtant dépassent cette vie même, qui sont des connaissances venues du monde suprasensible, vous pouvez obtenir des effets plus pénétrants qu’avec l’aide des vérités extérieures de la raison. Tandis qu’avec les raisons logiques extérieures vous ne pouvez rien faire, vous pourrez, si vous utilisez les vérités de la science de l’esprit et si vous avez assez d’occasions et de temps, faire certes agir assez d’impulsions sur l’intéressé, si bien que, pour ainsi dire, vous pourrez obtenir ce qui, sinon, ne peut s’accomplir que par le détour du passage d’une incarnation à l’autre, à savoir agir à partir de l’âme d’entendement sur le corps éthérique. Car les vérités du plan physique ne sont pas capables de combler, si peu que ce soit, l’abîme entre l’âme de sensibilité et le corps de sensation, entre l’âme d’entendement et le corps éthérique, et moins encore entre l’âme de conscience et le corps physique.

C’est pourquoi vous ferez toujours cette expérience que sur le plan physique, si grande que soit la sagesse acquise par quelqu’un au sujet du monde sensible, cette sagesse n’aura qu’un lien très tenu avec le monde de sa sensibilité, avec ce que nous appelons l’imprégnation de son corps de sensation par les impulsions et les passions correspondantes. C’est pourquoi il peut arriver que quelqu’un soit un grand érudit, possède un grand savoir théorique sur les choses du monde physique, qu’il soit devenu un vieux professeur – sans être parvenu intérieurement à transformer ses pulsions, ses passions et sa sensibilité, qui sont actifs dans son corps de sensation. Il peut au fond savoir beaucoup de choses sur le monde physique et être un égoïste invétéré, parce qu’il aura acquis les impulsions correspondantes pendant sa jeunesse. – Naturellement, la science physique extérieure et le travail qui aura formé le corps de sensation et le corps éthérique de l’intérieur peuvent très bien aller de pair. Et e même l’homme peut assimiler des vérités relevant de la raison, bien des choses enrichissant les forces de sa sensibilité et concernant le plan physique, mais il ne peut pas franchir l’abîme profond qui sépare l’âme d’entendement du corps éthérique. En d’autres termes, vous pouvez toujours constater ceci : quand quelqu’un assimile des vérités extérieures, et quelle que soit la quantité de ses acquisitions – vous trouverez rarement que ce qu’il a appris ait un pouvoir réel sur les forces formatrices de son corps.

Chez un homme en lequel les vérités agissent de telle façon qu’elles s’emparent de tout son être, vous pourrez faire cette expérience que sa physionomie aura changé en dix ans, que vous pouvez lire sur son front combien il a dû lutter, et comment par exemple il a lutté dans son cœur avec certains doutes. Ou vous pouvez aussi remarquer à ses gestes si par exemple, par son propre comportement, il est devenu un être calme. Cela pénètre dans les forces formatrices de l’organisme, qui en est imprégné dans ses parties les plus subtiles.
Ce que l’être humain assimile de substance spirituelle agit jusque dans les parties subtiles de son organisation. Lorsque ce qui s’empare de la sensibilité ne l’oriente pas seulement vers le plan physique, alors l’être est devenu un autre au bout de dix ans. Mais le changement s’effectue dans la direction normale dans le sens où les tendances se développent et se transforment dans la vie ordinaire normale. Peut-être peut-on , au cours de dix années, faire se modifier l’expression de son visage ; mais si l’on ne franchit pas intérieurement l’abîme, c’est sous l’effet d’influences extérieures. Ce qui transforme l’être n’est pas alors une force intervenant de l’intérieur. Nous pouvons voir ainsi que seule la spiritualité qui s’unit réellement en nous avec notre être le plus intime est capable d’agir dans le temps entre la naissance et la mort en transformant les forces formatrices, mais que très certainement ce passage, ce franchissement de l’abîme, s’effectue dans l’activité karmique entre la mort et une nouvelle naissance. Lorsque par exemple ce que l’âme de sensibilité a vécu est déposé dans les mondes que nous traversons entre la mort et la nouvelle naissance, cela se manifeste à coup sûr dans l’incarnation suivante en tant que force formatrice, modelante.

De cette façon, nous avons compris comment s’effectuent les influences réciproques d’Ahriman et de Lucifer. Et maintenant, demandons-nous : comment se présente cette collaboration quand les choses sont encore moins rapprochées, quand par exemple l’influence luciférienne n’a pas seulement à franchir l’abîme entre l’âme d’entendement et le corps éthérique, mais quand elle doit pour ainsi dire parcourir un plus long chemin ?

Supposons que dans une vie nous sommes tout particulièrement sous l’influence de Lucifer. En pareil cas, nous sommes avec tout notre être intérieur devenus sensiblement moins parfaits qu’auparavant ; et durant la période du kamaloca, nous avons cela éminemment sous les yeux, et nous nous disons : il faut que tu accomplisses quelque chose de tout à fait remarquable pour compenser cette imperfection ! – Nous assimilons donc cette tendance et donnons à notre nouvel organisme, dans l’incarnation suivante ou dans l’une des suivantes, avec ce que sont devenues maintenant les forces formatrices, une forme telle que celui-ci doit nécessairement tendre à compenser ce qui a été vécu autrefois.

Mais supposons que ce qui a provoqué l’influence luciférienne ait été causé par quelque chose d’extérieur, par un désir extérieur. Il faut donc que Lucifer ait été présent sous la forme d’une influence. L’élément extérieur n’aurait pas pu agir sur nous si Lucifer n’avait pas agi en nous. Nous avons donc tendance à compenser ce que nous sommes devenus sous son influence.

Or, nous avons vu que l’influence luciférienne dans une incarnation déclenche l’influence ahrimanienne dans une incarnation suivante, l’attire, de sorte que les deux ensemble exercent une double action alternante. Mais l’influence luciférienne est telle que nous avons pu dire : elle se révèle à nous dans la conscience, c’est-à-dire que nous pouvons encore, tant bien que mal, atteindre jusqu’à notre corps astral, à notre corps éthérique. Nous avons dit que, quand des souffrances atteignent notre conscience, il s’agit d’une influence luciférienne. Mais nous ne pouvons pas atteindre jusqu’aux domaines que nous pouvons désigner comme étant la conscience de notre corps éthérique et de notre corps physique. Nous avons certes une conscience aussi dans le sommeil sans rêve, mais une conscience d’un niveau si inférieur que, dans la vie ordinaire, l’homme n’est pas dans la situation où il peut simplement en savoir quelque chose. Mais ce n’est absolument pas une raison pour que dans cet état de conscience nous ne fassions rien. Cette conscience, la plante par exemple l’a normalement, et elle n’est constituée que d’un corps éthérique et d’un corps physique. La plante vit constamment dans un état de sommeil sans rêve.
Notre conscience du corps éthérique et du corps physique est présente aussi à l’état de veille ; mais nous ne pouvons pas l’atteindre. Mais qu’elle puisse agir, cela se voit par exemple quand en dormant nous nous comportons en somnambules et accomplissons des actes dont nous ne savons rien. C’est la conscience du sommeil sans rêve qui les accomplit. La conscience ordinaire du Je et al conscience astrale n’atteignent pas jusqu’aux zones où par exemple les actions du somnambule sont exécutées.

Mais nous ne sommes pas autorisés à croire que, parce que de jour nous vivons dans la conscience du Je et dans la conscience astrale, les autres sortes de conscience ne vivent pas en nous. Seulement nous n’en savons rien. Supposons maintenant que dans une incarnation antérieure nous avons, en raison d’une influence luciférienne, provoqué une forte influence ahrimanienne ; celle-ci ne pourra pas agir sur notre conscience ordinaire. Mais elle s’emparera de la conscience qui habite notre corps éthérique, et celle-ci pourra nous conduire non seulement jusqu’à une certaine organisation de notre corps éthérique, mais même à des actes qui se manifesteront de telle sorte que la conscience de notre corps éthérique dise : Tu ne peux éloigner de toi maintenant que ce qu’a commis en toit l’influence luciférienne, à laquelle tu as été si fortement soumis dans ton incarnation précédente ; et tu ne pourras le faire qu’en accomplissant un acte orienté à l’inverse de ce qui fut ton erreur luciférienne.

Supposons que nous ayons été amenés par une influence luciférienne à abandonner un point de vue religieux antérieur, ou un point de vue orienté vers le spirituel, pour un autre tel que l’homme en vient à dire : je peux jouir de la vie ici ! – où donc il emploie toute sa force à faire le saut dans le sensible. Ceci provoque l’influence ahrimanienne de telle sorte que c’est exactement l’inverse qui s’accomplit. Il arrive alors que l’être humain, en cheminant à travers la vie, recherche un point où, d’un saut, il repasse de la vie des sens à la vie spirituelle.

D’abord il est d’un saut tombé dans le sensible – ensuite il veut d’un saut revenir à la vie spirituelle. La conscience supérieure ne le remarque pas : mais le mystérieux subconscient qui est enchaîné aux corps physique et éthérique le pousse à recherche le lieu où l’on peut s’attendre à un orage, où un chêne se dresse, avec un banc en dessous et – la foudre tombe ! Son subconscient a fait compenser par l’homme ce qu’il a commis dans une incarnation précédente. Nous avons là l’inverse. Et nous comprenons qu’une action sous une influence luciférienne dans une vie antérieure ait pour conséquence une influence d’Ahriman dans la vie actuelle. Il faut qu’Ahriman agisse ici dans le but que nous éliminons notre conscience supérieure suffisamment pour que, dans ce cas, notre être tout entier n’obéisse qu’à la conscience du corps éthérique ou du corps physique.
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Message par obsidienne le Jeu 2 Nov - 19:38

De cette façon, nous comprenons bien des choses qui peuvent aussi arriver dans la vie. Mais nous ne sommes pas autorisés, quand quelqu’un vient à mourir ou est grièvement blessé par exemple, à ramener chaque cas de ce genre à quelque chose d’analogue. Ce serait une conception bien étriquée du karma. Mais il existe vraiment, et dans notre mouvement théosophique aussi, des courants qui ont du karma cette compréhension très limitée, qui certes croient que dans le karma ils ont quelque chose qui conduit à un point de vue élevé, mais qui ne le connaissent pas vraiment. Ils en ont une conception selon laquelle, s’il en était vraiment ainsi, l’ensemble de l’ordre du monde devrait être prévu en fonction d’un seul être humain particulièrement, afin de servir le cours harmonieux et l’équilibre de chacun dans la vie, que donc dans une existence les circonstances soient toujours combinées de façon à apporter exactement la compensation de ce qui s’est produit dans une vie antérieure. Mais ce point de vue n’est pas soutenable. Qu’en serait-il donc si quelqu’un, se plaçant devant un autre à qui un malheur est arrivé, lui disait : C’est ton karma, c’est l’effet karmique d’une vie antérieure ; c’est la faute que tu as commise autrefois ! – Mais si maintenant il arrive un coup de chance à l’intéressé, l’autre lui dit : Ceci est dû à un bienfait que tu as accompli autrefois ! – Or pour que cela ait vraiment de la valeur, il faudrait que celui qui parle ainsi voie d’abord ce qui s’est passé dans la vie antérieure qui puisse produire cet effet. S’il s’était placé dans cette vie antérieure, il verrait quelles causes en proviennent et devrait ensuite, s’il voulait en voir les effets, regarder l’incarnation ultérieure. Il voulait en voir les effets, regarder l’incarnation ultérieure. Il s’ensuit alors logiquement pour nous ce qui suit : dans chaque incarnation, il se produit des faits qui représentent dans la vie de tout homme des premiers événements, suivant la manière dont se déroulent les choses d’incarnations en incarnation, et ceux-ci auront leur compensation dans la prochaine existence. Lorsqu’on regarde les effets dans la vie suivante, on peut porter le regard sur les causes. Mais lorsqu’un malheur arrive maintenant et que, malgré tous les moyens employés, on ne trouve aucune cause dans al vie précédente, il faut se dire que la compensation s’effectuera dans une vie ultérieure. Le karma n’est pas une fatalité ! De chaque vie il passe quelque chose dans celles qui suivent.

Si nous comprenons cela, nous trouverons également compréhensible que l’être humain trouve dans son existence de nouveaux événements pleins de sens et d’importance. Pensons-y : les grands événements dans le cours de l’évolution de l’humanité ne se produisent que s’ils sont portés par certaines personnes. Il faut qu’à un moment déterminé des personnes prennent en charge les desseins de l’évolution. Songez au cours qu’aurait pris l’évolution au Moyen Age si Charlemagne n’était pas intervenu à une époque déterminée, ou au cours qu’aurait suivi la vie spirituelle du passé si à un moment déterminé  Aristote n’avait pas été actif. Pensez que si vous voulez comprendre le cours de l’évolution humaine, il vous faut insérer en pensée Aristote dans l’époque où il a vécu ; car sans lui, beaucoup de choses se seraient plus tard passées autrement.

Nous voyons par là que des personnalités comme Charlemagne, Aristote, Luther et ainsi de suite, devaient vivre à l’époque qui fut la leur non pas pour eux-mêmes, mais pour le monde. Cependant, leur destin personnel est intimement lié à ce qui s’est passé dans le monde. Mais pouvons-nous pour cette raison dire que leurs actes correspondent à ce qu’ils ont autrefois mérité ou aux fautes qu’ils ont commises ?

Prenez le cas de Luther : vous ne pouvez pas vous contenter d’inscrire au compte de son karma tout ce qu’il a vécu et supporté ; il vous faut être au clair sur ce point : tout ce qui doit arriver en un moment déterminé de l’évolution humaine s’accomplit grâce à la place qu’occupent les individualités déterminées. Il faut que celles-ci soient amenées du haut du monde spirituel sans qu’il soit assuré qu’elles sont assez évoluées pour être conduites en ce monde, car elles le sont pour les besoins de l’évolution humaine. Et il faut peut-être qu’un chemin karmique soit prématurément interrompu, ou qu’il soit prolongé, afin que les personnalités concernées soient introduites dans la vie à un moment déterminé. Un sort est alors promis à des êtres qui n’a pas nécessairement à faire avec le karma précédent. Mais lorsqu’un être humain a ainsi occupé une place et a accompli entre la naissance et la mort ce que l’on peut faire, cela engendre des causes karmiques. Aussi vrai qu’un Luther est placé dans la vie pour l’humanité et peut avoir à supporter un sort qui n’a rien à voir avec son karma antérieur, il est vrai que ce qu’il accomplira à ce moment aura quelque chose à faire avec son karma ultérieur. Le karma est une loi générale, et chacun doit la vivre. Mais nous ne devons pas concevoir qu’elle n’oriente notre regard que vers des incarnations passées, il faut comprendre que nous avons aussi à regarder vers l’avenir. C’est pourquoi nous pouvons absolument dire : de ce point de vue, il peut nous apparaître que certes c’est seulement une vie ultérieure qui peut justifier aussi des incarnations antérieures, dès lors que certaines choses nous sont arrivées qui ne se situent pas du tout dans la ligne de notre karma.

Prenons le cas suivant, qui s’est effectivement passé : un certain nombre d’âmes avaient péri dans une catastrophe naturelle. Nous n’avons absolument pas besoin de croire que cette mort collective était due à leur karma ; ce serait là une hypothèse très facile. Il n’est pas dit du tout qu’un pareil fait ramène toujours à des fautes antérieures. Il existe un cas qui a été étudié, où un certain nombre e gens ont péri au cours d’une catastrophe naturelle. Ce qui eut pour résultat que ces personnes, plus tard, ce sont senties liées entre elles et, en raison du destin vécu en commun, se sentaient assez fortes pour entreprendre une œuvre commune dans le monde. Du fait de cette catastrophe, la cause existait pour que dans leur vie ultérieure elles se dégagent de tout attachement à la matière, si bien que pour cette vie ultérieure elles apportaient une mentalité qui les conduisit vers le spirituel.

Que s’est-il passé dans ce cas ?  En nous reportant à leur vie précédente, nous constatons un événement particulier, périr ensemble lors d’un tremblement de terre : à l’instant du tremblement de terre leur est apparue toute l’absence de valeur de la matière, et l’intérêt tourné vers le spirituel s’est développé en elles. Nous voyons là comment des êtres humains qui avaient à apporter au monde une spiritualité y ont été préparés par un tel cas, exploré par la science de l’esprit, qui nous montre ce qu’est la sagesse de l’évolution, et qui s’est effectivement produit. – Nous pouvons ainsi montrer que l’on voit des événements se produire dans la vie de l’homme pour la première fois et que, lors de la mort d’un ou de plusieurs humains dans une catastrophe ou dans un accident, nous ne pouvons pas ramener toujours la mort prématurée d’un homme à une faute commise autrefois, mais que cela peut se produire en constituant une première cause, dont la compensation interviendra dans l’existence suivante.

Bien d’autre cas sont encore possibles. Il peut arriver que quelqu’un doive terminer précocement une vie dans deux ou trois incarnations successives. Cela peut se produire parce que cette individualité est appelée à apporter à l’humanité durant trois incarnations quelque chose que l’on ne peut apporter que si l’on vit dans le monde physique muni de forces qui sont présentes dans un corps se construisant. C’est tout autre chose que de vivre dans un corps encore en voie de développement jusqu’à la trente-cinquième année, ou dans un corps vieillissant. Car jusqu’à trente-cinq ans, l’être humain projette sa force dans sa personne corporelle, si bien qu’il déploie cette force de l’intérieur. Mais ensuite, à partir de la trente-cinquième année, une vie commence où l’homme ne progresse qu’intérieurement, et doit constamment se défendre avec ses forces de vie contre les forces extérieures. Ces deux moitiés de l’existence sont tout à fait différentes l’une de l’autre, si nous regardons l’organisation interne. Supposons maintenant qu’en conformité avec la sagesse régissant l’évolution de l’humanité, on ait besoin d’humains qui ne peuvent être en bonne santé que s’ils n’ont pas à se défendre contre tout ce qui nous assaille dans la seconde moitié de la vie : il peut alors arriver que les incarnations s’interrompent prématurément. Il existe de ces cas. Et déjà lors de nos réunions, nous avons même indiqué une individualité qui est apparue successivement comme un grand prophète, comme un peintre important, puis comme un grand poète, et dont l’existence s’est chaque fois terminée par une mort précoce, ce que cette individualité avait à accomplir en trois incarnation n’étant possible que si ces existences prenaient fin avant que la vie atteigne sa seconde moitié. Vous avez dans de tels faits le caractère singulier des imbrications étroites qui lient le karma individuel au karma général de l’humanité.

Nous pouvons approfondir encore notre étude et rechercher dans le karma général de l’humanité certaines causes karmiques qui apparaissent ultérieurement dans leurs effets ; et là il faut que l’individu se voie inséré dans le karma de l’humanité. Si nous considérons l’évolution postatlantéenne, nous avons au milieu l’époque gréco-latine, précédée par l’époque égptochaldéenne et suivie de la nôtre, la cinquième civilisation, que suivront une sixième et une septième époque. Mais, à une autre occasion, j’ai déjà indiqué que sous un certain rapport la succession des différentes civilisation suit un parcours cyclique, si bien que l’époque gréco-latine occupe une place particulière, mais que l’époque égyptochaldéenne se répète dans la nôtre.

Or, j’ai déjà souligné dans ce cycle que Kepler a vécu durant notre époque, qu’autrefois la même individualité a vécu dans un corps égyptien, et qu’à ce moment, sous l’influence des sages prêtres égyptiens, elle put élever son regard vers la voûte céleste, de sorte que les secrets des étoiles lui furent dévoilés comme d’en haut. Elle les découvrit à nouveau dans son incarnation de Kepler, qui se situa là où la cinquième époque reproduit d’une certaine façon la troisième. Mais cela va plus loin encore. Du point de vue de la science de l’esprit, on peut vraiment affirmer que la plupart des humains aujourd’hui regardent en vrais aveugles l’évolution du monde et la vie de l’homme. Vous pouvez suivre jusque dans les détails ces correspondances, ces répétitions, cette vie par cycles.

Si l’on prend un certain moment dans l’évolution de l’humanité qui se situe environ en 747 avant J.-C., vous avez là une sorte d’hypomochlion, une sorte de point zéro, en ce qui se trouve avant et après ce point se correspond d’une manière bien déterminée. Nous pouvons nous reporter à un moment de l’évolution égyptienne où nous trouvons certaines lois régissant les cérémonies et des commandements qui apparaissent comme des « commandements des dieux ». Et c’est aussi ce qu’ils étaient. Des commandements indiquant par exemple que l’Egyptien devait se livrer le jour à des ablutions bien déterminées, et donc réglées par des usages et des prescriptions rituels. Et l’on disait alors à l’Egyptien qu’il ne pouvait vivre comme les dieux le voulaient qu’en se livrant tel ou tel jour à tant d’ablutions. C’était un commandement divin qui se réalisait par certains cultes de purification. Et lorsqu’après une période intermédiaire un peu moins soucieuse de propreté nous en venons à des règles d’hygiène comme celles qui sont maintenant prescrites à l’humanité pour des motifs matérialistes, nous voyons vraiment se répéter parmi nous ce qui, à une certaine époque, s’est perdu en Egypte. L’accomplissement du passé revêt dans l’ensemble du karma un visage tout à fait étrange. Le caractère d’ensemble est seulement toujours autre. Kepler, dans son incarnation égyptienne, avait élevé son regard vers le ciel étoilé, et ce que son individualité y vit, elle l’exprima par les grandes vérités spirituelles de l’astrologie égyptienne. Durant sa réincarnation à l’époque à laquelle incombait l’oeuvre du matérialisme, cette même individualité exprima ces faits – sous une forme adaptée à notre temps – par les lois de Kepler, colorées de matérialisme. Dans l’ancienne Egypte, les lois de purification étaient « révélées par les dieux ». L’Egyptien croyait seulement remplir son devoir envers l’humanité en veillant à toute occasion, et de la façon la plus incroyable, à sa purification. C’est ce qui réapparaît aujourd’hui, mais uniquement sous l’influence de pensées tout à fait matérialistes. L’homme d’aujourd’hui ne pense pas servir les dieux en observant de telles prescriptions, mais servir sa personne. Cependant, par là, c’est le passé qui réapparaît.

Ainsi s’accomplissent toutes choses dans le monde, et en outre, en un certain sens, tout à fait par cycles. Et maintenant vous pressentirez qu’en ce qui concerne les choses que la dernière fois nous avons rassemblées en une contradiction, rien n’est aussi simple qu’on est enclin à le croire. Si à une époque déterminée les humains n’étaient pas en situation de prendre certaines mesures contre les épidémies, c’était en un temps où ils ne pouvaient pas le faire parce que, conformément au plan universel plein de sagesse, les épidémies devaient agir en donnant aux âmes humaines l’occasion de compenser ce qui avait eu lieu sous l’influence ahrimanienne et sous certaines influences lucifériennes antérieures. Si maintenant d’autres conditions sont établies, c’est à nouveau pour obéir à de grandes lois karmiques déterminées. Nous pouvons en déduire que rien ne nous autorise à considérer superficiellement ces questions.
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Maladie et  santé dans leur rapport avec le karma Empty Re: Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Jeu 2 Nov - 19:41

Comment les choses se concilient-elles ? Nous disions que, quand l’homme recherche une occasion d’être atteint par une épidémie, par une infection, c’est là l’effet nécessaire pour compenser une cause karmique antérieure. Sommes-nous alors autorisés à prendre là-contre des mesures d’hygiène ou autres ?

La question va loin, et il nous faut d’abord rassembler le matériau propre à la trancher. Il nous faut être au clair sur ce point : là où – simultanément ou après de longs intervalles – le principe luciférien et le principe ahrimanien agissent conjointement ou en opposition, certaines complications se produisent dans la vie humaine. Et ces complications agissent de telle façon qu’elles se présentent dans les cas les plus différents et sous les formes les plus variées, si bien que nous ne verrons pas deux cas semblables. Mais si nous étudions la vie humaine, nous pourrons nous y retrouver de la façon suivante : si nous recherchons comment, dans un cas isolé, Lucifer et Ahriman agissent de concert, nous trouverons partout un fil qui nous permettra de démêler ces relations. Mais il faut, dans un tel cas, distinguer entre l’homme intérieur et l’homme extérieur. Il nous a fallu, aujourd’hui déjà, distinguer strictement entre ce qui est à l’œuvre dans l’âme d’entendement, et ce que son action provoque dans le corps éthérique. Il nous faut étudier le cheminement par lequel le karma s’accomplit, et il faut en même temps être tout à fait au clair sur le fait que nous avons par ailleurs la possibilité, par des influences karmiques correspondantes, d’agir sur l’être intérieur de façon à ce qu’une autre compensation karmique se prépare en vue de l’avenir. C’est ainsi qu’il est possible que cela puisse intervenir.

Il peut arriver qu’un être humain, dans une vie passée tout particulièrement, en raison d’impression et de sentiments, etc., ait été poussé à manquer d’affection envers son prochain. Imaginons par exemple qu’il a passé par des expériences où, par un effet du karma, il a été imprégné par cette froideur. Il peut tout à fait arriver que, comme poursuivant sur la voie descendante, nous donnions naissance au mal, que donc, tout d’abord, nous restions sur cette voie descendante pour développer l’énergie opposée et reprendre la montée. Supposons donc qu’en se soumettant à certaines influences, un homme devienne enclin à une certaine froideur ; cette froideur apparaît dans une vie ultérieure comme effet karmique et engendre dans son organisation des forces intérieures. Nous pouvons alors faire deux choses, consciemment ou non, car notre culture intérieure n’est pas encore suffisamment développée pour que nous le fassions consciemment. Chez un tel être, nous pourrons faire en sorte que les qualités qu’a engendrées dans son organisation l’absence d’affection soient éliminées. Nous pouvons faire ce qui agit comme l’effet qui, dans l’organisation extérieure, se manifeste par la froideur ; mais par là, toute absence d’affection ne sera pas encore neutralisée dans l’âme, ce qui sera éliminé, ce sera seulement l’organe extérieur de la froideur. Si nous ne faisons rien de plus, nous n’aurons accompli que la moitié du travail, peut-être même aucun. Nous avons peut-être aidé l’homme extérieurement, physiquement ; mais à son âme nous n’avons apporté aucune aide. Dès lors que nous avons supprimé dans la personne corporelle extérieure l’organe de la froideur, il ne peut plus la manifester ; il faut qu’il la garde dans son organisation intérieure en vue d’une prochaine incarnation.

Supposons que nombre de gens se soient sentis enclins, en raison de leur absence d’amour pour autrui, à assimiler certains agents d’infection pour être victimes d’une épidémie. Supposons en outre que nous puissions faire quelque chose contre cette épidémie. En pareil cas, nous préserverions la personne corporelle de manifester la froideur, mais nous n’aurions pas encore pour autant éliminé la tendance intérieure à la froideur. Mais imaginons le cas de telle façon que, en supprimant l’organe extérieur de la froideur, nous prenions l’engagement d’agir sur l’âme de façon telle que nous supprimions aussi en elle la tendance à la froideur. L’organe de la froideur est éminemment éliminé – au sens corporel extérieur – par la vaccination antivariolique. Il apparaît alors par exemple ceci, qui a été exploré par les moyens de la science de l’esprit : durant une période de civilisation, la variole apparut alors que la tendance se généralisait de développer à un haut degré l’égoïsme, l’absence d’amour ; voici ce qu’il en est : dans le champ de la théosophie, on a vraiment le devoir de dire la vérité.

Nous pouvons comprendre maintenant pourquoi la vaccination est apparue à notre époque. Mais nous pouvons comprendre encore autre chose, à savoir que les meilleurs esprits de notre temps se sentent portés à refuser la vaccination. Ceci est en rapport avec une réalité intérieure, c’est l’aspect extérieur d’un fait intérieur. Et maintenant nous pouvons dire : si d’un côté nous tuons l’organe, nous aurions aussi le devoir de compenser le caractère matérialiste de cette intervention chez cet homme par une éducation spirituelle correspondante. Ce serait la contre-mesure nécessaire. Sinon, nous n’avons accompli qu’une moitié du travail. Oui, nous n’accomplissons qu’un travail dont l’intéressé, dans une incarnation ultérieure, devra de quelque façon créer la contre-mesure s’il porte en lui le poison de la variole et a éliminé la qualité par laquelle on est exactement enclin à contracter la variole. En éliminant la réceptivité à la maladie, on n’a envisagé que l’aspect extérieur des effets karmiques. Si d’un côté on pratique l’hygiène, il faut de l’autre se sentir engagé à faire aussi quelque chose pour les êtres dont on a  modifié l’organisation. La vaccination ne nuira en rien à l’être qui aura reçu plus tard une éducation spirituelle.

Nous faisons pencher le plateau de la balance si nous ne visons qu’un côté et négligeons l’autre. C’est ce que l’on sent, au fond, dans les cercles où l’on dit : là où l’hygiène va trop loin, on ne forme que des natures faibles. Ceci, il est vrai, n’est pas justifié, mais vous le voyez, il est important de ne pas se charger d’une tâche sans prendre aussi l’autre.

Nous en venons donc à une loi importante dans l’évolution humaine qui agit de façon telle que toujours une réalité extérieure et une réalité intérieure doivent se faire équilibre, qu’on ne doit pas seulement envisager l’une, et que l’autre ne doit pas être négligée. Notre regard plonge ici dans de vastes rapports, et nous n’en sommes même pas encore venus à étudier la question : dans quel rapport se situent réciproquement l’hygiène et le karma ? Vous verrez que répondre à cette question va nous conduire encore plus avant dans le karma. Et nous verrons encore qu’entre la naissance et la mort de l’homme, il y a aussi des rapports  karmiques ; en outre, que d’autres personnalités interviennent dans une vie humaine, et comment se concilie avec le karma la libre volonté de l’homme.
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Message par obsidienne le Mer 8 Nov - 14:55

Neuvième conférence

Hambourg, 26 mai 1910


Il ne sera possible, comme je l’ai remarqué à plusieurs reprises, que d’indiquer par une esquisse de quelques lignes les grandes lois du karma, afin de faire quelques suggestions concernant ce domaine quasiment incommensurable. Si vous tenez compte de tout ce qui a été commenté ces derniers jours, vous ne trouverez plus exceptionnel le fait que l’être humain soit poussé, directement à partir de certaines couches de la conscience, à rechercher aussi dans le monde extérieur les effets compensateurs de causes karmiques qu’il a lui-même liées à son être. Il peut être poussé tout droit vers un lieu où il peut par exemple, contracter une infection pour rechercher dans celle-ci les effets venant compenser une cause karmique liée à sa personne, et il peut même être poussé vers ce qu’on peut appeler des accidents pour trouver dans l’intervention brutale d’un de ceux-ci une rectification.

Qu’en est-il du cheminement karmique quand, en raison de mesures quelconques, nous nous plaçons dans une situation où nous empêchons l’intéressé de rechercher cette compensation ?

Supposons qu’à l’aide de certaines mesures d’hygiène, nous agissons de telle sorte que certaines causes, certaines choses qui peut-être attireraient l’intéressé en raison de ses appartenances karmiques, ne peuvent absolument pas être présentes. Imaginons que, grâce à des mesures d’hygiène, nous parvenions à combattre dans un domaine défini certains agents pathologiques. Or, nous venons justement d’évoquer devant notre âme qu’il ne dépend absolument pas du bon gré de l’être humain de pouvoir prendre de telles mesures. Nous avons vu qu’à une certaine époque par exemple, l’intérêt pour les prescriptions de propreté est réapparu tout simplement, ayant entre temps disparu, parce qu’une phase de l’évolution se répétait en sens inverse. Nous en avons déduit que selon les grandes lois du karma de l’humanité, à un moment déterminé l’homme en vient à prendre telles ou telles mesures. Mais nous comprendrons aussi facilement que dans une époque passée, l’homme n’en est pas venu à faire de même parce qu’à ce moment l’humanité avait besoin des épidémies que maintenant les mesures d’hygiène doivent faire disparaître. En ce qui concerne les grandes institutions dans la vie, l’humanité est réellement soumise à des lois bien déterminées, et avant que quelque chose puisse avoir pour l’ensemble de l’évolution humaine de l’importance et de l’utilité, la possibilité de telles mesures ne se présente absolument pas. Car ces mesures ne sont pas le fruit de la vie pleinement consciente, raisonnable, compréhensive, que l’homme peut cultiver entre la naissance et la mort, mais de l’ensemble de l’esprit de l’humanité. Et il vous suffit de réfléchir une fois à la façon dont telle ou telle invention ou découverte n’apparaît que quand l’humanité a vraiment atteint la maturité nécessaire. Une brève vue d’ensemble de l’histoire de l’humanité sur le terre peut vous en offrir maint exemple.

Songez seulement que nos ancêtres – c’est-à-dire nos propres âmes – ont vécu sur l’ancien continent atlantéen dans des corps ayant une tout autre forme que les corps humains actuels, qu’ensuite ce continent atlantéen a sombré et que les structures que nous rencontrons aujourd’hui ne sont apparues que sur le territoire de notre continent actuel. C’est seulement à une époque déterminée que les habitants de l’une des moitiés visibles de la terre rejoignirent les habitants de l’autre moitié. C’est seulement dans un passé qui n’est nullement éloigné que les peuples d’Europe purent à nouveau atteindre les territoires qui s’étaient séparés et formèrent les terres situées de l’autre côté. Dans cet ordre de choses, il règne vraiment de grandes lois. Et si telle ou telle découverte est faite, ou si telles mesures sont prises qui permettent au karma d’intervenir dans telle ou telle direction, cela ne dépend pas de l’opinion des humains que ce qu’ils veulent, mais cela arrive quand ce doit être fait. Mais sans nous arrêter à cela : lorsque nous éliminons certaines causes qui auraient pu sinon exister, recherchées par certains êtres en raison d’implications karmiques, nous pouvons par là exercer une influence sur le karma des humains. L’influencer ne veut pas dire éliminer, mais l’orienter autrement.

Représentons-nous donc le cas où un certain nombre de gens se sentiraient poussés, en raison de complications karmiques, à rechercher certaines influences qui pourraient amener une compensation karmique. Mais du fait des mesures d’hygiène, ces influences ou circonstances ont été entre temps éliminées, les hommes ne peuvent plus les rechercher. Néanmoins ils ne sont pas pour autant libérés de l’effet karmique qui est exigé d’eux, ils sont poussés à rechercher d’autres influences. L’être humain n’échappe pas à son karma. De telles mesures ne le dispensent pas de faire ce qu’il aurait sinon recherché.

Vous pouvez en déduire que si nous sommes en situation d’éliminer d’un côté une compensation karmique, il faut en faire naître une autre dans une autre direction. Quand nous éliminons certaines influences, nous créons seulement la nécessité de rechercher d’autres occasions et d’autres influences. Supposons maintenant que de nombreuses épidémies, des causes collectives de maladie, soient simplement à attribuer au fait que les humains  qui recherchent ces causes de maladie veulent que les humains qui recherchent des causes de maladie veulent éliminer ce qu’ils ont cultivé en eux, comme par exemple, lors d’une épidémie de variole, les organes de l’absence d’amour.

Si nous arrivions à supprimer ces organes, la cause du manque d’amour subsisterait, et les âmes concernées devraient alors, dans cette incarnation ou dans une autre, rechercher par une autre voie la compensation karmique. Nous pouvons comprendre ce qui se produit en indiquant quelque chose sur quoi il nous faut compter à coup sûr, et c’est ce qui suit.
Il est de fait aujourd’hui, une grande quantité d’influences et de causes extérieures sont éliminées qui sinon auraient été recherchées pour compenser certaines réalités karmiques dont le poids pèse sur l’humanité depuis des époques passées. Mais par là nous ne faisons qu’éliminer la possibilité pour l’homme d’être soumis à des influences extérieures. Nous lui rendons la vie extérieure plus agréable ou aussi plus saine. Mais par là, nous ne faisons qu’obtenir que la compensation karmique recherchée par l’homme dans la situation créée par la maladie, il lui faut rechercher par une autre voie. Les âmes dont la  santé est aujourd’hui sauvée par ce moyen sont donc condamnées à rechercher cette compensation karmique par une autre voie. Et il leur faudra la rechercher dans de nombreux cas qui font justement partie de ceux que nous avons décrits. Elles mènent une vie plus saine, plus agréable, leur vie physique est plus facile, mais par là l’âme est influencée dans un sens opposé, de telle sorte qu’elle ressentira peu à peu un certain vide intérieur, une insatisfaction, un manque. Et si les choses continuaient ainsi, si la vie extérieure devenait toujours plus agréable, toujours plus saine, comme elle peut l’être selon ce qu’on se représente généralement dans al vie purement matérialiste, ces âmes seraient de moins en moins incitées à progresser en elles-mêmes. Parallèlement, il se produirait en un certain sens un dessèchement des âmes.

Celui qui observe plus exactement la vie peut le remarquer aujourd’hui déjà. Il n’est guère d’époque où autant de gens aient vécu dans des conditions extérieures aussi agréables, mais avec des âmes vides et inoccupées, que c’est le cas aujourd’hui.

C’est pourquoi ces gens courent de sensation en sensation ; s’ils sont bien pourvus, ils voyagent de ville en ville pour voir quelque chose, ou bien, s’ils sont obligés de rester dans la même ville, ils vont de plaisir en plaisir. L’âme reste cependant vide, ne sait finalement plus où chercher dans le monde ce qui lui apporterait un contenu. Et notamment, par une vie faite d’états extérieurs physiquement agréables, se crée la tendance à ne réfléchir qu’à propos du physique. Et si cette tendance à ne s’occuper que du physique n’existait pas déjà depuis longtemps, celle qui cultive le matérialisme théorique ne serait pas devenue aussi forte qu’aujourd’hui. Ainsi, tandis que la vie extérieure est rendue plus saine, les âmes souffrent davantage.

C’est le théosophe qui a le moins lieu de déplorer un pareil fait, car partout la théosophie nous apporte la compréhension des choses et par là nous montre où se trouve la compensation. Les âmes ne peuvent rester vides que jusqu’à un certain degré ; ensuite, elles sont projetées dans l’autre direction comme par leur propre élasticité. Elles cherchent alors un contenu qui soit en affinité avec leurs propres profondeurs, et elles comprendront combien il leur est nécessaire de parvenir à une conception théosophique du monde.

Nous voyons ainsi comment ce qui naît des conceptions matérialistes de l’existence rend la vie extérieure plus légère, mais engendre dans la vie intérieure des difficultés qui conduisent l’âme, parce qu’elle souffre, à rechercher le contenu d’une conception spirituelle du monde. La conception spirituelle du monde, telle qu’elle  se manifeste sous la forme théosophique, se propose aux âmes de façon telle que celles-ci, dans le désert intérieur, dans toues les impressions que peut leur apporter une vie extérieure pleine d’agrément, ne peuvent trouver de satisfaction. Elles chercheront si longtemps à rencontrer toujours du nouveau, et leur élasticité les entraînera avec tant de force dans l’autre direction, qu’elles s’uniront à ce que l’on peut appeler une vie spirituelle. Il y a donc un rapport entre l’hygiène et les espoirs d’avenir de la conception du monde issue de la science de l’esprit.

Vous pouvez déjà remarquer cela dans les détails. Il existe aujourd’hui des âmes qui, à d’autres éléments extérieurs, en ajoutent un nouveau : l’intérêt pour la conception théosophique du monde, et qui en guise de nouvelle sensation s’assimilent la conception théosophique du monde. C’est là quelque chose qui se révèle dans chaque courant dans l’évolution de l’humanité : ce qui a une profonde signification intérieure agit aussi comme une mode, comme une sensation. Mais les âmes vraiment préparées à la théosophie  sont de celles qui, ou bien ne se sentent pas satisfaites par les sensations extérieures, ou bien se rendent compte que la science extérieure ne peut pas expliquer les faits malgré toutes ses explications. Ce sont celles qui sont préparées par l’ensemble de leur karma de telle façon qu’elles peuvent s’unir par les fibres les plus intimes de leur âme à la théosophie. La science de l’esprit fait aussi partie du karma d’ensemble de l’humanité, et c’est en tant que telle qu’elle y prendra place.

C’est ainsi que nous pouvons orienter le karma des hommes dans l’une ou l’autre direction, mais nous ne pouvons pas en supprimer les effets sur l’être humain. Ce qu’il s’est lui-même préparé au cours de vie antérieures revient toujours à lui d’une façon quelconque.

Combien pleine de sens est l’action du karma dans le monde, c’est ce que peut nous enseigner au mieux une observation montrant comment le karma agit, sans coloration morale encore pour ainsi dire, comment, il s’agit dans le monde sans avoir rien à faire avec les impulsions morales que l’homme peut développer en son âme, et qui le conduisent ensuite à des actes moraux ou immoraux. Nous allons évoquer un domaine du karma dans lequel l’élément moral ne joue aucun rôle, mais où quelque chose de neutre se présente comme un enchaînement karmique.

Supposons une femme qui vive une incarnation déterminée. Vous ne nierez pas que la femme, du fait qu’elle est une femme, doit vivre d’autres expériences que l’homme, et que ces expériences ne sont pas simplement liées à des processus psychiques intérieurs, mais que dans une ample mesure elles le sont aussi à des événements extérieurs, à des situations dans lesquelles la femme se trouve du fait uniquement qu’elle est une femme, et qui  se répercutent sur toute l’attitude, sur toute l’atmosphère de l’âme.

Ainsi pouvons-nous dire que la femme est conduite à accomplir certains actes qui sont en rapport étroit avec l’existence féminine. L’équilibre entre l’homme et la femme ne se rétablit que dans le domaine de la vie spirituelle. Plus nous descendons profondément dans ce qui relève seulement de l’âme et de la personne extérieure, plus s’accentue la différence entre l’homme et la femme en ce qui concerne la vie. Nous pouvons donc dire que la femme est différente de l’homme par certaines qualités de l’âme aussi, qu’elle incline davantage vers certaines propriétés de l’âme qui conduisent à des impulsions qu’il faut qualifier d’émotionnelles ; et nous la trouvons prédisposée à avoir plus que l’homme des expériences psychiques. En revanche, l’intellectualisme et le matérialisme – donc ce qui a été apporté par l’homme – se trouvent davantage à leur place dans la vie masculine, ce qui a sur la vie de l’âme une grande influence. Psychisme et éléments émotionnels chez la femme, facteurs intellectuels et matérialistes chez l’homme – C’est ainsi qu’ils sont déterminés par leur nature. C’est pourquoi la femme possède certaines nuances de la vie de l’âme du fait qu’elle est une femme.

Nous avons décrit comment les qualités de l’âme dont nous faisons l’expérience entre la mort et une nouvelle naissance s’impriment dans notre prochaine organisation corporelle. Or, ce qui est plus fortement psychique, plus intensément émotionnel, et se situe davantage dans l’intérieur de l’âme durant la vie entre la naissance et la mort, a aussi davantage tendance à atteindre plus profondément l’organisation, à l’imprégner avec plus d’intensité. Et du fait que la femme reçoit de telles impressions qui sont liées au psychisme, à la nature émotionnelle, elle recueille aussi au plus profond de l’âme les expériences de la vie. L’homme peut faire des expériences plus riches, plus scientifiques aussi, mais elles ne pénètrent pas aussi profondément dans son âme que chez la femme. Chez celle-ci, tout le monde du vécu s’imprime profondément dans l’âme. Et par là, les expériences ont une forte tendance à agir jusque dans l’organisation, et à l’enserrer plus vigoureusement à l’avenir.


Dernière édition par obsidienne le Mer 8 Nov - 21:37, édité 1 fois
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Message par obsidienne le Mer 8 Nov - 15:02

Ainsi une vie de femme acquiert-elle la tendance à intervenir plus profondément dans l’organisme par ses expériences au cours d’une incarnation, et à modeler celui-ci elle-même dans la prochaine. Mais ce travail approfondi modelant entièrement l’organisme signifie : faire naître un organisme masculin. Un organisme masculin est produit lorsque les forces de l’âme veulent s’imprimer plus profondément dans la matière. Vous voyez ici que les expériences faites par une femme dans une incarnation ont pour effet de produire un organisme masculin dans la suivante. Vous avez ici, donnée par la nature de l’occultisme, une relation qui se situe au-delà de l’élément moral. C’est pourquoi on dit en occultisme : l’homme est le karma de la femme. – Effectivement, l’organisation masculine dans une incarnation ultérieure est le résultat des expériences et de ce qui a été vécu dans une incarnation féminine précédente.

Même au risque d’éveiller des pensées d’antipathie chez quelques auditeurs – il arrive toujours que des hommes modernes éprouvent une crainte irrémédiable à la perspective de s’incarner dans une femme -, je suis obligé de projeter sur ces faits une lumière tout à fait objective.

Qu’en est-il des expériences de l’homme ? Ce qu’il en est, nous le comprendrons mieux en partant tout de suite de ce que nous venons d’exposer à l’instant. Dans l’organisation masculine, l’être intérieur a plongé dans la matière plus fondamentalement que chez la femme, il l’a enserrée de plus près. La femme garde davantage du spirituel dans son être incorporel ; elle ne plonge pas aussi avant dans la matière, elle maintient sa nature corporelle plus souple. Elle ne s’éloigne pas autant du spirituel. Ce qui est caractéristique chez la femme, c’est qu’elle conserve davantage de spiritualité libre et pour cette raison plonge moins dans la matière, et surtout garde un cerveau plus souple. C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner de voir que les femmes ressentent un attrait particulier pour ce qui est nouveau, surtout dans le domaine spirituel, parce qu’elles ont gardé une nature spirituelle plus libre et parce que celle-ci rencontre moins de résistance. Et ce n’est pas le fait d’un hasard, mais correspond à des lois profondes que, dans un mouvement qui par nature s’occupe de l’esprit, les femmes sont bien plus nombreuses que les hommes.

Un homme sait bien quel instrument malaisé est souvent un cerveau masculin. Il offre de terribles obstacles quand on veut s’en servir pour penser des enchaînements plus souples, et il refuse le service. Il faut qu’il soit d’abord modelé par tous les moyens possibles, pour se dégager de sa rigidité. Cela peut absolument donner lieu à une expérience particulière de la vie masculine.

La nature masculine est donc plus densifiée, plus contractée ; elle a été plus concentrée, rendue plus rigide, plus dure par ce qu’est en l’homme l’être humain intérieur ; elle a été rendue plus matérielle. Or un cerveau plus rigide est avant tout un instrument pour l’activité intellectuelle, bien moins pour le psychisme. Car l’intellectualité est quelque chose qui se rapporte beaucoup plus au plan physique. Ce qu’il faut appeler l’intellectualisme de l’homme vient de son cerveau rigide, durci. On pourrait ici parler d’un certain degré de « congélation » du cerveau. Pour s’adapter à des démarches de pensée plus amené à appréhender davantage les faits extérieurs, et à moins s’ouvrir à des expériences qui sont liées aux profondeurs de la vie de l’âme. Et ce qu’il assimile n’atteint pas non plus les profondeurs.

Une preuve extérieure de ceci, c’est la faible profondeur qu’atteint la science, et combien peu elle saisir les réalités intérieures – certes, l’horizon de la pensée est toujours vaste, mais les faits ne sont pas saisis en profondeur dans leurs rapports. Celui qui se trouve poussé par une discipline qu’il impose lui-même à sa pensée à relier les faits entre eux, pourrait parfois ressentir un vrai malaise à voir les rapprochements que la science ne craint pas de faire. On peut voir par là combien les choses sont peu approfondies.

Voici un exemple du caractère superficiel des choses proposées par la science : Supposez qu’un jeune homme assiste à un cours fait par un darwiniste enragé. Et l’étudiant peut entendre présenter par ce partisan de la théorie de la sélection ce genre de choses : comment se fait-il que les plumes du coq présentent ces belles couleurs d’un bleu diapré ? C’est en raison de la sélection naturelle : car par les couleurs il attire les poules, et parmi les coqs celles-ci choisissent ceux qui ont de belles plumes d’un bleu diapré. Les autres n’ont naturellement pas leur compte, et c’est ainsi que l’une des variétés est particulièrement développée. C’est un progrès dans l’évolution dû à la « sélection naturelle » ! Et l’étudiant est tout content de savoir maintenant comment s’accomplit une évolution ascendante. Il se rend ensuite au cours suivant où l’on traite, disons, de la physiologie des sens. Et il peut alors arriver que, dans ce deuxième cours, l’étudiant en vienne à entendre ceci : On a fait des expériences qui montrent que les couleurs du spectre agissent différemment sur les différents êtres. On peut par exemple prouver que, de toutes les couleurs du spectre, les poules ne perçoivent pas ce qui penche vers le bleu et le violet, mais seulement celles qui vont du vert à l’orange, au rouge et à l’infrarouge !

Maintenant, si l’étudiant veut penser conjointement les deux faits qu’il peut vraiment entendre exposer ce jour-là, il est obligé de prendre les choses superficiellement. Toute la théorie de la sélection naturelle est forcée sur le fait que les poules veulent voir sur le coq des couleurs qui leur plaisent particulièrement, mais qu’en réalité elles ne voient pas du tout et qui leur apparaissent d’un noir de corbeau.

Ceci n’est qu’un exemple. Mais les choses sont telles qu’elles apparaissent ainsi à chaque pas à celui qui veut réellement se livrer à la recherche scientifique. Vous voyez par là que l’intellectualité n’atteint pas très profondément la vie, qu’elle reste superficielle. Je choisis intentionnellement les exemples les plus crus.

On ne croira pas facilement que l’intellectualité est quelque chose qui agit plutôt extérieurement, ne descend pas profondément dans la vie de l’âme et saisit peu l’être intérieur de l’homme. Et la mentalité matérialiste encore moins. Mais la conséquence en est que, d’une incarnation où il agit peu en atteignant l’âme, l’être humain acquiert la tendance à pénétrer moins avant dans l’organisation entre la naissance et la mort durant la prochaine incarnation. Il en a trop peu recueilli la force, et c’est pourquoi celle-ci agit de façon telle qu’il imprègne moins bien sa personne corporelle. Ainsi naît la tendance à construire un corps féminin. Il est donc encor une fois juste de dire comme l’occultiste : la femme est le karma de l’homme !

Dans ce domaine neutre quant à la moralité, nous voyons comment ce que l’être humain prépare pour lui-même organise sa personne corporelle dans l’incarnation suivante. Et parce que ces choses interviennent profondément non seulement dans notre vie intérieure, mais aussi dans nos expériences extérieures et dans nos agissements, il nous faut dire :

parce que l’être humain a dans une incarnation des expériences masculines ou féminines, son comportement extérieur sera déterminé de telle ou telle façon, les expériences féminines faisant naître la tendance à former une organisation masculine, et inversement les expériences masculines une organisation féminine. C’est dans des cas rares que se répète une incarnation du même sexe, elle ne peut se répéter que sept fois.

La règle cependant est telle que chaque organisation masculine aspire à devenir féminine dans la prochaine incarnation, et inversement. La répugnance ne sert de rien, car l’important n’est pas ce qu’on aimerait dans le monde physique, ce qui importe, ce sont les tendances que l’on a entre la mort et la nouvelle naissance, et celles-ci sont déterminées par des motifs plus raisonnables que l’homme qu’on peut éprouver dans une incarnation masculine à l’idée de se réincarner dans une femme. Vous pouvez ainsi voir comment l’existence ultérieure est déterminée par la précédente, et comment aussi les comportements de l’existence ultérieure peuvent être déterminés.

Il s’agit maintenant d’apprendre à saisir une autre relation karmique dont nous avons encore besoin si nous voulons éclairer les considérations importantes des prochaines journées.

Reportons-nous encore une fois à un moment bien éloigné de l’évolution humaine, au moment où sur la terre ont commencé les incarnations humaines. Ceci s’est passé durant l’ancienne époque lémurienne. Or, ce dont il s’agit, c’est qu’à ce moment l’influence luciférienne a agi tout d’abord en profondeur sur l’homme, et a ensuite provoqué l’influence ahrimanienne.

Essayons une fois de nous représenter comment l’influence luciférienne a agi extérieurement sur l’être humain. – Du fait que celui-ci s’est trouvé essentiellement dans la situation de recevoir cette influence luciférienne, et donc d’en imprégner complètement son corps astral, ce dernier tendit à pénétrer beaucoup plus profondément dans son organisation, dans la matière du corps physique, et surtout de tout autre façon qu’il l’aurait fait en l’absence de l’influence luciférienne. A cause de cette influence, l’homme devint plus matériel. En l’absence de celle-ci, la tendance de l’homme à descendre dans le monde matériel eût été plus faible, il se serait maintenu dans des zones supérieures de l’existence. Une interpénétration de l’homme extérieur et de l’homme intérieur s’est donc effectuée, beaucoup plus forte que ce n’eût été le cas sans l’influence luciférienne.


Cette interpénétration a donc amené l’homme, en raison d’une union plus intense avec la matière du corps physique, à perdre le regard rétrospectif sur les événements qui ont précédé son incarnation. L’être humain entrait désormais dans l’existence par une naissance de telle nature qu’il s’unissait profondément à la matière et, de ce fait, éliminait toute vue rétrospective sur les expériences qui avaient précédé. Sinon il aurait gardé le souvenir de ce qu’il avait vécu avant la naissance dans le monde spirituel. En raison de l’influence luciférienne, la naissance devenait un acte par lequel l’homme établit entre sa nature extérieure et son être intérieur des liens si intenses que se trouve effacé ce qu’il a vécu auparavant dans le monde spirituel.

Il fut dépouillé par l’influence luciférienne de ses souvenirs des expériences spirituelles précédentes. C’est l’union avec la nature corporelle extérieure qui le rend inapte à porter son regard sur le passé. Mais par là, durant sa vie, l’être humain est contraint à ne rechercher toujours que dans le monde extérieur ses expériences et ce qu’il vit intérieurement.

Mais vous vous trouveriez sur une voie tout à fait fausse si vous croyiez que seules agissent sur l’homme les substances extérieures grossières qu’il absorbe. Non seulement les aliments et les forces nutritives agissent sur lui, mais aussi les expériences qu’il fait par ailleurs et ce qui pénètre en lui par les sens.

Toutefois, du fait de l’union plus affirmée avec la matière, les aliments agissent autrement. Vous représentez-vous l’absence de l’influence luciférienne : des aliments jusqu’aux impressions sensorielles, tout agirait sur l’homme plus délicatement. Il imprégnerait l’ensemble des échanges entre le monde extérieur et lui de ce qu’il a vécu entre la mort et la nouvelle naissance. Du fait qu’il a donné à la matérialité une plus grande densité, il est enclin à assimiler aussi des substances plus denses.

L’influence luciférienne exerce donc une action telle qu’en raison de la densification de la matière, l’homme recherche aussi dans le monde extérieur des choses plus denses que sinon il eût fait. Mais ces éléments plus denses qu’il tire de l’extérieur sont tout autres que ceux de moindre densité. Ces derniers auraient conservé les souvenirs de la vie antérieure ; ils engendreraient aussi la certitude que tout ce que l’homme vit entre la naissance et la mort étend ses effets dans un espace de temps indéfini. L’homme saurait alors que, certes, la mort se produit extérieurement, mais que tout ce qui se passe continue d’exercer cette action. Du fait qu’il lui a fallu s’assimiler des substances plus denses, il crée à partir de la naissance une forte alternance des influences entre sa propre nature corporelle et le monde extérieur.


Quelle est la conséquence de ce changement ? Depuis la naissance le monde spirituel a disparu. Et pour que l’homme puisse vivre et s’éveiller dans le monde spirituel, il faut d’abord que s’établisse cet état dans lequel les humains sont débarrassés de toute la matérialité dense qui, de l’extérieur, pénètre en nous. Parce que nous avons acquis une matérialité plus dense, il nous faut, pour pénétrer à nouveau dans l’esprit, attendre le moment où nous serons dépouillés de notre nature corporelle extérieure. Ce qui pénètre en nous de matérialité dense détruit progressivement, à partir de la naissance, notre nature corporelle humaine. Ce qui afflue en nous, c’est ce qui détruit de plus en plus la nature corporelle jusqu’à sa destruction totale, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus exister. A partir de la naissance, nous absorbons une matérialité plus dense que nous ne l’aurions fait en l’absence de l’influence luciférienne, de sorte que nous anéantissons lentement notre nature corporelle jusqu’à ce qu’à la mort elle soit devenue inutilisable.

Nous voyons par là que l’influence luciférienne est la cause karmique de la mort de l’homme. Si cette forme de naissance n’existait pas, il n’y aurait pas pour l’homme cette forme de mort. Il serait devant la mort avec sous les yeux la sûre perspective de ce qui va venir. La mort est la conséquence karmique de la naissance, naissance et mort sont liées karmiquement. Sans la naissance telle que l’homme la vit, il n’y aurait pas de mort elle que l’homme la vit.

J’ai déjà dit auparavant qu’en ce qui concerne l’animal, on ne peut pas parler de karma comme pour l’homme. Si quelqu’un disait que pour l’animal aussi naissance et mort sont liées karmiquement, c’est qu’il ne saurait pas que la naissance et la mort sont pour l’homme tout autre chose que pour l’animal.
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Message par obsidienne le Mer 8 Nov - 15:04

Ce qui est extérieurement semblable ne l’est pas intérieurement ; dans la naissance et la mort il ne s’agit plus du déroulement extérieur, mais de ce qui est vécu intérieurement. Chez l’animal, seule l’âme de l’espèce, l’âme-groupe, vit quelque chose. La mort d’un animal signifie pour l’âme-groupe à peu près ce que vous vivez quand à l’approche de l’été vous vus faites couper les cheveux, qui repousseront lentement. L’âme-groupe d’une espèce animale ressent la mort d’un animal comme la mort d’un membre qui sera peu à peu remplacé. L’âme-groupe est donc ce que nous pouvons comparer au Je de l’homme. Elle ne connaît ni naissance ni mort, elle voit constamment ce qui précède la naissance, et voit aussi constamment ce qui suit la mort.

Parler de la naissance et de la mort d’un animal comme on le fait pour l’homme est un non-sens, parce que les causes en sont tout autres. Et l’on nie l’efficacité intérieure de l’esprit quand on croit que ce qui se présente extérieurement comme semblable est aussi, intérieurement, dû à des causes semblables. La naissance de l’homme est fondée sur des causes tout autres que celle de l’animal, et de même l’homme meurt par de tout autres causes que l’animal.

Si l’on réfléchissait seulement un peu au fait que l’être extérieur peut-être tout à fait semblable sans que l’être intérieur vive le moindrement la même chose, on s’apercevrait déjà du point de vue méthodologique qu’il en est bien ainsi. Vous pouvez même découvrir le plus simplement du monde que l’apparence sensible extérieure n’est pas une preuve de ce qu’est la vie intérieure. Imaginez deux êtres humains ; vous arrivez à neuf heures à un endroit précis et vous voyez là les deux personnes debout côte à côte. Après vous en être éloigné, vous revenez à trois heures au même endroit. Les deux personnes se trouvent encore là. Vous pouvez maintenant en tirer des conclusions. A est toujours au même endroit, B est toujours au même endroit où il se trouvait déjà à neuf heures. Mais si vous cherchez ce que ces deux personnes ont fait entre temps, vous trouverez peut-être que l’une est restée à sans bouger, tandis que l’autre a marché longtemps et qu’elle s’est fatiguée.

De tout autres processus se sont donc déroulés. Et de même qu’il serait absurde, si les deux personnes se trouvent à nouveau au même endroit à trois heures, de dire qu’il s’est passé en elles la même chose, il est tout aussi absurde, quand on trouve deux cellules de forme semblable, de déduire de leur structure identique qu’elles ont la même importance. Il s’agit donc de connaître l’ensemble des liens entre les faits qui ont conduit une cellule à l’endroit où elle se trouve. C’est pourquoi la physiologie cellulaire qui part de l’étude de la structure intérieure des cellules, est sur une voie tout à fait fausse. Jamais ce qui constitue l’apparence sensible extérieure n’est déterminant pour la nature intérieure des choses.

Ce sont ces pensées qu’il faut suivre lorsqu’on veut comprendre les choses telles qu’elles apparaissent à l’occultiste en fonction de ses observations occultes, comme par exemple que naître et mourir est chez l’homme tout autre chose que chez le mammifère ou même chez les oiseaux. L’étude de ces choses ne sera possible que si les gens s’occupent un peu de ce que l’investigation spirituelle a à dire. Avant qu’on ne s’en occupe, la science extérieure qui en reste à l’apparence sensible et aux faits extérieurs découvrira certes de très belles choses ; mais tout ce que les hommes pourront penser de ces choses à parti de semblables présupposés ne sera jamais déterminant pour la réalité. C’est pourquoi tout ce qui est aujourd’hui science théorique est une construction fantastique née de ce qu’on a combiné les faits extérieurs en fonction de l’apparence. Dans bien des domaines les faits extérieurs poussent exactement à en donner la juste interprétation ; mais on en est empêché par les opinions actuelles.

Nous avons donc aujourd’hui laissé agir sur nous deux domaines neutres dans le champ des lois karmiques, et vous verrez qu’ils seront pour nous une base pour la suite de notre étude. Nous avons compris que l’organisation féminine est la conséquence karmique des expériences masculines et l’organisation masculine une conséquence karmique des expériences féminines ; et enfin nous avons compris que la mort est un effet karmique de la naissance dans la vie humaine. C’est là quelque chose qui, quand on essaie de le comprendre peu à peu, peut nous conduire très avant dans les rapports karmiques de la vie humaine.
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Message par obsidienne le Ven 10 Nov - 1:38

Dixième conférence

Hambourg, 27 mai 1910



Il y a certaines questions profondes des relations karmiques qui se rapportent notamment à notre influence humaine sur le karma et particulièrement sur le karma d’autres êtres humains, de ces questions donc qui concernent un changement d’orientation du karma dans les petites choses et dans les grandes ; on ne peut pas y donner réponse, ni éveiller une représentation des réponses qu’elles nécessitent, si l’on n’effleure pas certains secrets importants de notre existence dans l’univers. Peut être certaines questions peuvent-elles apparaître à propos de ce qui vient d’être dit si vous poursuivez pour vous-même telle ou telle pensée à laquelle il a été fait allusion, ou qui a été éclairée de l’un ou de l’autre côté.

C’est ainsi que peut surgir la question : que se passe-t-il lorsque, dans le contexte karmique concernant un homme en raison de ce qu’il a vécu et fait autrefois, un processus de maladie devient nécessaire pour éliminer ce fait karmique, et qu’une aide est apportée à cet homme par des médicaments ou par une autre intervention, de sorte que grâce à une aide humaine il est réellement guéri ? Que s’est-il produit et quel est le rapport entre un pareil fait et la compréhension profonde des lois du karma ?

Je remarque d’emblée ceci : en général, pour jeter même seulement quelque lumières importantes sur cette question, il faut effleurer des choses qui sont très éloignées de la science actuelle et de la pensée moderne, qui également ne peuvent être commentées pour ainsi dire qu’entre théosophes qui s’y sont déjà préparés en assimilant bien des vérités se rapportant aux fondements derniers de l’existence, et qui ont également acquis un sentiment du fait que des choses qui ne peuvent être aujourd’hui qu’esquissées peuvent être pleinement fondées.

J’aimerais cependant, à cette occasion, formuler une prière : ce que je suis obligé de dire sur les profondeurs les plus grandes de l’existence terrestre, par exemple ce que je m’efforcerai de formuler dans les termes les plus précis, et qui serait immédiatement faux si c’était prononcé dans un autre contexte ou même en l’absence de contexte, qui par là donnerait lieu à des malentendus, je prie qu’il n’en soit pas parlé autrement que comme on l’a reçu. Il me faut pour cette raison, et dans ce genre de choses justement, veiller à ce que personne ne les considère comme un enseignement qu’il puisse en quelque façon communiquer, parce que seul le contexte justifie cet exposé, et qu’un tel exposé n’est justifié que si à l’arrière-plan est présente la conscience des mots qu’on doit former pour exprimer par des pensées ce genre de choses.

Ce dont il s’agit, c’est de la nature profonde de l’existence matérielle d’une part, et de la nature de l’existence de l’âme d’autre part. Il nous sera aujourd’hui nécessaire d’acquérir une compréhension plus profonde du psychisme et du matériel, et en outre nous en aurons besoin pour une raison bien déterminée, pour cette raison que dans les conférences passées nous avons mentionné que l’être psychique de l’homme peut pénétrer plus ou moins profondément dans la matière. Oui, nous avons pu hier caractériser la nature masculine en disant : chez l’homme, le psychisme plus profondément dans la matière, s’y imprime plus profondément, tandis que chez la femme le psychisme s’en retire en un certain sens davantage et se réserve plutôt une existence autonome vis-à-vis de la matière. Nous avons vu ainsi que beaucoup de choses dans les manifestations karmiques reposent sur la manière dont s’accomplit la pénétration du psychisme dans la matière. Nous avons vu aussi qu’un certain processus de maladie apparaissant dans une incarnation se présente comme la conséquence karmique de fautes commises par l’âme dans les incarnations antérieures, l’âme ayant élaboré en elle-même autrefois ses actes, ses expériences et ses impulsions, et ayant acquis, dans le cheminement entre la mort et la naissance, la tendance à imprimer avec force dans l’être corporel ce qui autrefois n’a pris la forme que d’un caractère, d’une influence du psychisme. Et parce qu’ensuite l’entité humaine s’imprègne de ce psychisme qui a reçu l’influence luciférienne ou ahrimanienne, la nature matérielle humaine est corrompue. C’est en cela précisément que réside le processus de maladie. C’est pourquoi nous pouvons dire : dans un corps malade gîte un psychisme atteint qui a subi une mauvaise influence, l’influence luciférienne ou l’ahrimanienne ; et à l’instant où nous pourrions débarrasser l’âme de cette influence luciférienne ou ahrimanienne, l’interpénétration de l’âme et du corps s’effectuerait correctement, c’est-à-dire que la santé se rétablirait. Il nous faut donc demander : qu’en est-il donc de ces deux éléments constitutifs de l’existence humaine terrestre qui se présentent à notre regard, qu’en est-il de la matière et du psychisme ? Quelle est leur nature profonde ?

Lorsque cette question est posée, l’homme d’aujourd’hui est ordinairement d’avis que la réponse à la question : qu’est-ce que la matière ? Qu’est-ce que l’âme ? – doit être la même partout dans le monde ; et je ne c rois pas qu’il serait facile à un être humain de faire connaissance avec l’opinion selon laquelle, pour des êtres qui ont vécu sur l’ancienne Lune, la réponse à la question : qu’est-ce que la matière ? Qu’est-ce que l’âme ? – aurait dû être tout autre que pour des êtres qui vivent sur la terre. Mais l’existence est si bien en évolution que se modifient même des choses comme les représentations que peut se faire un être des fondements derniers de son propre être. Et c’est ainsi que se modifie également la réponse à faire à la question : qu’est-ce que la matière ? Qu’est-ce que l’âme ? – Il faut donc souligner d’emblée que les réponses données ne sont que celles que peut donner l’homme terrestre, et qu’elles n’ont de sens que pour celui-ci.

La « matière », l’homme en jugera tout d’abord selon ce qui lui apparaît dans le monde extérieur, dans les êtres et les choses différentes, et qui fait sur lui impression de quelque façon. L’être humain trouve ensuite qu’il existe plusieurs sortes de matière ; et je n’ai pas besoin d’aller chercher bien loin, car ce qui serait à dire à ce sujet si nous disposions de plus de temps, vous pouvez le trouver dans tous les ouvrages de vulgarisation. J’en aurai donc assez dit pour l’instant en indiquant que la matière se présente sous un aspect différent à l’homme du fait qu’il voit les différents métaux : or, cuivre, plomb, etc., ou quand il voit ce qui n’est pas classé parmi les métaux. Vous savez aussi que la chimie a progressivement ramené ces matières à certaines substances fondamentales qu’elle appelle éléments. Jusqu’au XIXe siècle encore, ces éléments étaient considérés comme des matières impossibles à dissocier. Tandis qu’une substance quelconque qui nous apparaît comme une matière, l’eau par exemple, nous pouvons la décomposer en hydrogène et oxygène, ces deux substances sont de celles qui, selon l’opinion des chimistes du XIXe siècle, ne peuvent plus être dissociées. On a distingué jusqu’à 70 de ces éléments. Et vous savez probablement aussi qu’en raison des phénomènes qui ont pu être observés à propos de quelques éléments particuliers, par exemple le radium, ou aussi à propos de maint phénomène relevant de la théorie de l’électricité, le concept d’élément s’est trouvé mis en cause sur des points différents, qu’on en est venu à penser que les 70 éléments environ que l’on connaît ne représentent qu’une limite provisoire de la matière, et qu’on peut ramener leur faculté de dissociation à une seule matière fondamentale ; qui ensuite, par la combinaison intérieure, par l’élément interne de son être, se spécialise pour devenir une fois de l’or, la fois suivante de la potasse, du calcaire, et ainsi de suite.

Ce sont là des théories scientifiques variables. Et exactement comme les théories scientifiques se sont modifiées au cours du XIXe siècle en l’espace de cinquante ans, comme il a pu arriver que certains physiciens ont vu dans ce qui doit être de la matière quelque chose que l’on désigne du terme d’entité, quelque chose qui est emprunté à l’électricité, comme maintenant la théorie des ions – ce sont des modes scientifiques -, de même il y aura dans un temps pas trop éloigné d’autres modes, et l’on se représentera la matière constituée autrement. Ce sont là des faits. Les opinions scientifiques sont variables, il faut aussi qu’elles le soient, car elles dépendent entièrement des faits qui exercent une action significative sur une époque. Par contre, la doctrine de la science de l’esprit a toujours eu, à travers toutes les époques depuis qu’il y a eu des civilisations sur terre – et elle subsistera aussi longtemps qu’il y en aura -, une vision unique et semblable de la nature de l’existence matérielle, de la matière. Pour vous amener à ce que la science de l’esprit considère comme l’essentiel de la matière, de ce qui est matériel, j’aimerais dire ce qui suit.

Vous connaissez le processus tout à fait ordinaire : quand nous avons de la glace, c’est un corps solide, une matière solide. Elle ne l’est pas de par son être propre, elle l’est en raison de circonstances extérieures. Elle cesse immédiatement d’être une matière solide quand nous élevons la température comme il convient ; elle est alors une matière liquide. La façon dont une matière se présente dans le monde extérieur dépend donc, non pas de ce qui est en elle-même, mais de toutes les conditions de l’univers qui l’entoure. – Nous pouvons ensuite continuer à lui fournir de la chaleur, et à partir d’un certain moment cette eau deviendra de la vapeur. Nous avons donc de la glace, de l’eau, de la vapeur, et grâce à l’élévation de la température ambiante nous avons provoqué ce que nous pouvons appeler « la matière en ses différentes formes ». Dans la matière telle qu’elle se présente à nous, nous n’avons pas à distinguer une nature interne la constituant, il nous faut voir clairement que la forme sous laquelle elle nous apparaît dépend de celle de la constitution globale de l’univers et que l’on ne peut rien considérer dans l’univers comme des matières isolées.

Certes, les choses sont telles que les méthodes de la science moderne ne suffisent pas pour parvenir là où la science de l’esprit peut atteindre. La science actuelle ne pourra jamais, à l’aide de ses moyens, amener la matière qui, ayant tout d’abord la forme d’un morceau de glace, devient d’abord liquide, puis gazeuse par l’élévation de la température, jusqu’à l’état ultime qu’elle atteindra sur la terre, et auquel on peut amener toute matière. Il n’est pas possible aujourd’hui, avec les moyens de la science, de provoquer les conditions qui permettraient de montrer par exemple : Si tu prends de l’or et que tu le dissous de plus en plus, autant que tu peux le faire sur la terre, tu parviendras finalement à tel ou tel état. Si tu fais de même avec de l’argent, il en sera de même, avec du cuivre aussi, etc. – La science de l’esprit peut le faire, parce qu’en fin de compte elle repose sur les méthodes d’investigation de la clairvoyance. Elle est ainsi en état d’observer une chose : que dans ce que l’on pourrait appeler les espaces intercalaires de notre matière, il se trouve toujours et partout un élément identique qui représente la limite ultime à laquelle toute matière puisse être amenée, quelle qu’elle soit.

Il existe réellement un état de dissolution de toute matière, où toute matière se montre sous une forme égale ; seulement ce qui apparaît là n’est plus de la matière, c’est quelque chose qui se trouve au-delà de toutes les matières spécialisées qui nous entourent. Et chaque matière se présente comme une forme condensée, concentrée, de cette matière fondamentale – qui n’est plus de la matière, qu’elle soit de l’or, de l’argent ou toue autre matière. Il existe une essence fondamentale de notre existence terrestre matérielle par la condensation de laquelle toute matière est née. Et à la question : quelle est cette matière fondamentale de notre existence terrestre ? – La science de l’esprit répond : toute matière sur la terre est de la lumière condensée ! Il n’existe rien dans le champ de l’existence terrestre qui soit autre chose que de la lumière condensée sous une forme quelconque.

C’est pourquoi vous voyez que pour celui qui connaît les faits, il n’y a pas à fonder une théorie comme l’hypothèse des vibrations du XIX e siècle qui a conduit à essayer de représenter la lumière par des moyens qui sont plus grossiers que la lumière elle-même. La lumière ne peut être ramenée à quelque chose d’autre existant dans notre champ matériel. Où que vous portiez la main et où que vous sentiez une matière, vous avez partout de la lumière condensée, comprimée. La matière est, dans son essence, de la lumière.

Par ces paroles, nous avons indiqué, du point de vue de la science de l’esprit, un des côtés de la chose. Nous avons donc à voir dans la lumière le fondement de toute existence matérielle. Et quand nous regardons le corps humain matériel il n’est, lui non plus, rien d’autre que ce que tisse la lumière. Dans la mesure où il est matière, il est tissé de lumière.
Prenons maintenant l’autre question : quelle est la nature du psychisme ? Si nous explorons de façon analogue, avec des moyens issus de la science de l’esprit, la substance, l’essence fondamentale réelle du psychisme, de l’âme, ce qui se présenterait à nous – de même que toute matière est de la lumière comprimée -, c’est que toutes manifestations psychiques sur la terre, si différentes soient-elles, se révéleraient comme des modifications, des transformations multiples de ce qu’il faut appeler l’amour, si nous saisissons vraiment la signification fondamentale de ce mot. Tout mouvement de nature psychique, où qu’il apparaisse, est de l’amour transformé de façon quelconque. Et lorsque nous avons, comme imbriqués l’un dans l’autre, encastrés l’un dans l’autre, l’être intérieur et l’être extérieur de l’homme, nous avons son être corporel extérieur tissé de lumière, son psychisme intérieur tissé d’amour sous une forme spiritualisé. L’amour et la lumière sont en fait, dans tous les phénomènes de notre existence terrestre, un tissu unique. Et celui qui doit comprendre les choses dans la perspective de la science de l’esprit interroge avant toute chose : à quel degré l’amour et la lumière sont-ils entretissés ?

L’amour et la lumière sont les deux éléments, les deux composantes imprégnant toute existence terrestre : l’amour le psychisme vivant sur terre, la lumière la matière extérieure sur la terre.

Mais alors il apparaît justement ceci que pour les deux éléments lumière et amour, qui par ailleurs, en fait et selon le grand cheminement de l’existence universelle, devraient se trouver côte à côte, il faut qu’il y ait un médiateur qui introduise un des éléments dans l’autre, qui tisse ensemble lumière et amour. Il faut que ce soit une puissance qui, pour ainsi dire, ne s’intéresse pas particulièrement à l’amour, qui donc introduise dans l’amour la lumière – qui n’ait qu’un intérêt : donner à la lumière la plus grande extension possible, qui donc fasse pénétrer dans l’élément de l’amour les rayons de la lumière. Une pareille puissance ne peut pas être terrestre, car la terre est justement le cosmos de l’amour. La terre a pour mission d’adjoindre à toute chose l’amour. Et donc tout ce qui est bien lié à l’existence terrestre n’a aucun intérêt qui ne serait pas, de quelque façon, touché par l’amour.

Mais un intérêt de cette nature, les entités lucifériennes en ont un ; elles se sont justement attardées sur la Lune, dans le cosmos de la sagesse. Elles ont l’intérêt particulier d’adjoindre la lumière à l’amour. C’est pourquoi elles sont partout à l’œuvre là où notre être intérieur, qui est en réalité tissé d’amour, entre de quelque façon en contact avec la lumière, là où elle est présente sous une forme quelconque ; et certes la lumière nous apparaît en toute existence matérielle. Quand nous entrons de façon quelconque en relation avec la lumière, les entités lucifériennes entrent en scène, et l’élément luciférien s’unit au tissu de l’amour. C’est ainsi que l’être humain n’a pénétré en toute chose dans l’élément luciférien qu’au cours des incarnations : Lucifer s’est uni à l’élément de l’amour. Si bien que dans ce qui est tissé d’amour s’introduit l’élément de Lucifer, qui seul peut nous apporter ce qui non seulement fait de l’amour un don sans réserve, mais l’imprègne de sagesse ; de sorte qu’il est un amour imprégné de sagesse au plus profond. Car sinon, en l’absence de cette sagesse, l’amour serait une force toute spontanée dont l’être humain ne pourrait pas être responsable.
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Maladie et  santé dans leur rapport avec le karma Empty Re: Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Ven 10 Nov - 1:42

Mais ainsi l’amour devient la véritable force du Je avec laquelle fusionne l’élément luciférien, qui sinon n’était qu’ailleurs, dans la matière. Ainsi seulement devient-il possible que notre être intérieur, qui devrait porter dans toue son ampleur le sceau de l’amour, est imprégné de tout ce que nous pouvons appeler une action de Lucifer, ce qui conduit à une imprégnation de la matière extérieure : de sorte que l’amour n’est pas seulement tissé de ce qui est fait de lumière, mais devient un amour imprégné de Lucifer. En accueillant l’élément luciférien, l’homme mêle dans l’existence terrestre à son propre être corporel un psychisme qui certes est tissé d’amour, mais dans le tissu duquel s’est introduit l’élément luciférien. L’amour imprégné de l’élément luciférien qui vient imprégner l’être matériel, c’est la cause de la maladie agissant de l’intérieur. Et en reliant ceci à tout ce que nous avons mentionné comme étant une conséquence nécessaire de la maladie issue de l’élément luciférien, nous sommes maintenant autorisés à dire : nous avons à considérer la souffrance comme une de ces conséquences – nous avons vu en effet qu’elle est une conséquence de l’élément luciférien -, et cela nous montre comment l’effet des lois du karma est tel que l’effet d’un acte ou d’une tentation dont la source est en Lucifer agit de façon telle que dans la souffrance se manifeste ce qui doit conduire à triompher de l’effet correspondant.

Qu’en est-il cependant ? Sommes-nous autorisés à aider en pareil cas ?  A éliminer par une voie quelconque ce qui, de l’élément luciférien, s’est concentré avec toutes ses conséquences dans la souffrance ?

Après avoir répondu à la question de la nature du psychisme, la nécessité nous apparaît que nous n’y sommes autorisés que si nous trouvons, pour un homme qui porte en lui sous la forme d’une cause de maladie l’élément luciférien, le moyen de chasser cet élément luciférien par la bonne voie. Quel est donc le moyen qui puisse agir avec assez d’intensité pour que cet élément luciférien soit éliminé de manière juste ? Qu’est-ce qui est souillé par l’élément luciférien de notre terre ? – L’amour ! Nous ne pouvons apporter une aide véritable que par l’apport de l’amour, afin que l’élément karmique suive un déroulement juste. C’est ainsi que finalement, dans tout ce qui dans cette direction devient une cause de maladie, dans l’élément de l’amour qui a été affaibli dans le psychisme par l’influence luciférienne, nous avons à voir quelque chose qu’il nous faut intensifier. Pour qu’un acte d’amour qui intervient, puisse être une aide, il faut y insuffler de l’amour.

Toutes les guérisons qui reposent plus ou moins sur ce qu’on peut appeler des processus thérapeutiques ont ce caractère d’amour apporté de surcroît. Ce qui est mis en œuvre dans les guérisons psychiques est lié sous une forme quelconque à un complément d’amour. Le baume que nous insufflons à l’autre, c’est l’amour. Il faut que cela puisse être ramené finalement à de l’amour. Et cela peut se faire aussi. Cela peut être ramené à de l’amour quand nous mettons en œuvre de simples facteurs psychiques, quand nous faisons en sorte que l’autre puisse peut-être rétablir l’équilibre dans une âme déprimée. Il faut que cette impulsion ait sa source dans l’amour du simple processus de guérison jusqu’à ce qu’aujourd’hui, dans un langage profane, on qualifie souvent de « magnétisme ».

En réalité, que communique à celui qui doit être guéri celui qui le guérit ? C’est – si nous voulons parler le langage des physiciens – un « échange de tensions ». Ce qui vit dans le thérapeute, et notamment certains processus dans le corps éthérique, est placé du fait que s’établit un certain rapport avec celui qui doit être guéri, dans un rapport de polarité avec l’être à guérir. Une polarité est provoquée comme lorsque, dans un sens plus abstrait, vous en établissez une normalement en provoquant une sorte d’électricité positive, et que l’autre, qui lui correspond, la négative, apparaît d’une certaine façon.

On provoque des polarités. Et c’est ce qu’il faut comprendre comme un acte sacrificiel au sens éminent du terme. On provoque en soi-même, en effet, un processus qui n’est pas seulement destiné à avoir en nous une certaine signification – sinon on ne fait que provoquer un processus ; dans ce cas, ce processus est destiné à provoquer une polarité par rapport au premier. Et cette polarité qui dépend naturellement du contact établi entre le guérisseur et celui qui doit être guéri, le fait de provoquer en l’autre cet autre processus, est au sens éminent du terme le sacrifice d’une force qui n’est rien d’autre qu’une force d’amour transformée, un acte d’amour sous une forme quelconque. C’est en fait  ce qui est actif lors des guérisons psychiques : la force de l’amour sous une autre forme quelconque. Et il nous faut être au clair sur ce point que sans le fondement de cette force d’amour, la chose aura toujours en elle ce qui empêchera de conduire au but. Mais les processus d’amour ne doivent pas toujours se dérouler de façon telle que, dans son état de conscience ordinaire, l’homme en soit parfaitement conscient ; ils s’accomplissent aussi au niveau du subconscient. Même dans ce qui peut être considéré comme la technique des processus de guérison, même dans la façon dont il est procédé aux impositions des mains, il y a quelque chose comme l’image d’un acte sacrificiel. Donc, même là où nous ne percevons pas directement un processus de guérison, où nous ne voyons pas ce qui est accompli, il y a pourtant un acte d’amour, alors même qu’il est tout à fait transformé en technique.

Nous voyons donc que, parce que le psychisme est d ans son essence de l’amour, nous pouvons intervenir au moyen de facteurs de guérison psychique qui peuvent être en apparence des processus s’effectuant très à la périphérie de l’être , et que grâce à de tels processus, ce qui est au fond amour s’enrichit de l’amour dont il a besoin. Ainsi voyons-nous d’un côté l’aide que nous sommes autorisés à apporter parce qu’il nous faut dispenser à l’homme notre assistance afin qu’après être tombé dans les tentacules de Lucifer il puisse s’en libérer. Parce que la nature foncière du psychisme est l’amour, nous sommes tout à fait autorisés à influencer le karma dans ce sens.

Eh bien – de l’autre côté -, demandons-nous ce qu’il est advenu de la matière tissée de lumière dans laquelle est plongée l’âme. Qu’est-il advenu de la matière humaine tissée de lumière ?

Prenons la personne corporelle d’un homme, l’homme extérieur dans son corps matériel. Si à partir de l’âme, et par le processus karmique, l’être matériel n’était pas imprégné d’une substance d’amour imprégnée de Lucifer et d’Ahriman, si seule une substance d’amour pure affluait vers nous, nous ne la ressentirions pas comme souillant et corrompant la matière tissée de lumière. Si l’amour seul se déversait dans la matière, il affluerait dans la nature corporelle de l’homme de façon telle qu’il ne pourrait la corrompre ; c’est seulement parce que peut la pénétrer un amour qui a reçu les forces lucifériennes et ahrimaniennes que la matière tissée de lumière peut devenir plus mauvaise qu’elle ne devrait l’être en fonction de son origine. Que nous ayons donc dans l’organisation humaine quelque chose qui n’est pas ce que cela devrait être, cela ne peut venir que des dommages de nature luciférienne ou ahrimanienne qui ont atteint les hommes au cours des incarnations successives. Si c’était ce que cela doit être, cela représenterait la matière saine ; mais parce qu’elle a accueilli les effets causés par Ahriman et Lucifer, la nature corporelle peut être malade.

Comment pouvons-nous éliminer de l’extérieur les influences qui se sont déversées de l’intérieur à travers un psychisme non intact, à travers une substance d’amour non authentique ?

Qu’advient-il d’un corps du fait que s’y déverse quelque chose qui est atteint ? Pour la science de l’esprit, il se passe alors quelque chose qui, de la lumière tissée, fait de façon quelconque son contraire. La lumière a un contraire dans une sorte quelconque de ténèbres. Si étrange que cela paraisse, tout ce qui se présente comme la souillure de ce qui est tissé de lumière est une obscurité ou une ténèbre qui s’y est introduite sous l’influence d’Ahriman ou de Lucifer. Mais cette ténèbre y fut introduite du fait que cette nature corporelle humaine est devenue porteuse du « Je » qui vit à travers les incarnations. Il n’était pas présent autrefois. Seule une nature humaine corporelle peut être spécifiquement atteinte de pareilles altérations. Il ne s’en trouvait pas dans ce que la lumière avait tissé.

Maintenant, l’être humain puise la base de son être matériel dans ce qu’il a peu à peu extériorisé au cours de l’évolution, c’est-à-dire le règne animal, le règne végétal et le règne minéral. Ces règnes contiennent aussi les différentes matières, c’est-à-dire ce qui a été tissé de lumière en vue de l’existence terrestre. Mais dans toutes ces matières ne se trouve pas encore ce qui, au cours du karma, venant de l’intérieur de l’homme, a pu pénétrer dans l’existence matérielle. Nous avons donc dans les trois règnes autour de nous quelque chose sur quoi l’être humain, dans la mesure où il agit en puisant à sa substance d’amour, n’a jamais pu exercer une action dégradante à partir d’une influence luciférienne ou ahrimanienne. Dans ces trois règnes, rien ne vient de lui, si bien qu’a pu se déployer dans sa pureté ce qui, en l’homme, a été altéré dans sa pureté. Si par exemple nous avons à l’extérieur une matière minérale, un sel ou autre chose, c’est une matière que l’homme porte ou peut porter en lui. Mais en lui, elle est imprégnée de ce que nous pouvons appeler la substance d’amour altérée par Ahriman ou Lucifer. A l’extérieur cependant, elle est pure. Ainsi, toute substance à l’extérieur se distingue de ce que l’homme porte en lui. Ce qui est à l’extérieur est toujours autre qu’en l’homme, parce qu’en celui-ci c’est imprégné des influences ahrimanienne et luciférienne. C’est la raison pour laquelle, pour tout ce que l’être humain peut plus ou moins altérer de sa substantialité extérieure, il faut qu’il ait à l’extérieur quelque chose qui représente la substance correspondante à l’état pur, exempte de tout dommage humain. Ce qui, dans le monde extérieur, existe à l’état pur, c’est le remède extérieur correspondant à ce qui est endommagé. Introduisez cela dans l’entité humaine de la bonne manière, et vous avez la spécifique de l’altération correspondante.

Vous avez donc, tout à fait objectivement, ce que vous apportez au corps humain comme remède. Vous avez l’altération, caractérisée comme étant une obscurité spécifique, et ce qui n’es pas encore obscur comme étant la lumière pure, tissée à l’extérieur – et vous voyez pourquoi vous pouvez éliminer l’obscurité qui se trouve en l’homme, la sombre  matière, quand vous pouvez lui apporter la matière tissée de lumière. Nous avons ainsi, dans cette matière pure, tissée de lumière, un remède spécifique contre l’altération.

Il s’agit maintenant – et votre attention a souvent été attirée sur une erreur dans laquelle la théosophie précisément ne doit pas tomber – que ce serait une étroitesse de cœur de vouloir nier qu’en fait il existe dans de tels cas quelque chose que dans le cas de tel ou tel dommage on peut prescrire en qualité de remède spécifique agissant sur tel ou tel organe.

Il a certes souvent été dit que l’organisme dispose des forces propres à aider ; mais bien que soit exact ce que l’école viennoise de la thérapie nihiliste a mis en valeur : mettre en branle le processus de guérison par l’appel aux forces opposées -, nous pouvons cependant aider ce processus au moyen des remèdes spécifiques. Nous voyons régner ici un parallélisme que la science de l’esprit permet de décrire.

De ce que j’ai décrit par exemple à propos de la diphtérie, vous pouvez déduire qu’il s’agit là de quelque chose dont la cause karmique a tout particulièrement atteint le corps astral. Or, nous trouvons quelque chose qui est apparenté de très près au corps astral dans l’environnement de l’homme, dans le règne animal. C’est pourquoi, à propos des formes de maladie qui menacent éminemment le corps astral, vous trouverez toujours que la science thérapeutique, inconsciemment, par une impulsion obscure, recherche des remèdes provenant du règne animal. Pour des maladies dont la cause réside dans le corps éthérique, elle utilise des remèdes provenant du règne végétal. Et l’on pourrait maintenant faire une conférence intéressante sur le rapport de « Digitalis purpurea » avec les affections cardiaques. Ce sont là des choses qui, dans la mesure  où elles reposent sur la réalité, ne restent  pas justes pendant cinq ans pour ensuite commencer à devenir fausses, comme le disait un médecin, et comme c’est le cas en effet lorsque l’on tire des conclusions de symptômes extérieurs. Mais il existe un certain trésor de remèdes qui se ramènent toujours à un lien avec la science de l’esprit, un héritage dont les gens ne savent pas d’où il vient. De même que les astronomes ignorent aujourd’hui que la théorie de Kant-Laplace provient des écoles occultes du Moyen Age, les gens ignorent aujourd’hui d’où proviennent souvent les remèdes proprement dits. – Et les causes de maladie qui sont en rapport avec la nature du corps physique conduisent à se servir de remèdes tirés du règne minéral.
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