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Les mystères de l'organisme humain : Les forces de guérison. Rudolf Steiner

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Message par obsidienne le Mar 3 Jan - 0:27

Les mystères de l'organisme humain : Les forces de guérison. Rudolf Steiner

Dixième conférence. Dornach, 9 novembre 1923.

Extrait du livre : « L’homme dans ses rapports avec les animaux et les esprits des éléments »


Dans mes dernières conférences, j’ai tendu sans cesse à relier entre eux divers phénomènes de l’univers, de manière à en faire jaillir une connaissance plus vraie te plus large de l’être humain. Toutes ces études avaient ce but : l’être humain. Une véritable compréhension de l’homme n’est, en effet, possible que si l’on part des formes inférieures de l’existence, - c’est-à-dire, du monde matériel, tel que nous le percevons, - pour accéder finalement au monde des Hiérarchies supérieures. Les éléments de cette compréhension se trouvent à tous les degrés de l’échelle cosmique. Pour l’instant, dans les conférences qui vont suivre, je vais projeter une sorte d’esquisse et indiquer quelques notions fondamentales de cette science de l’homme.

L’homme, tel que nous le voyons aujourd’hui, est, vous le savez le produit d’une longue évolution cosmique que j’ai souvent retracée : ancien Saturne, ancien Soleil, ancienne Lune, enfin Terre. La phase Terre n’est pas encore achevée. Il faut bien savoir de quoi l’homme est redevable à cette phase Terre, qui est encore en cours et qui a fait suite à la période lunaire.

Lorsque vous étendez vos bras, lorsque vous remuez vos doigts, lorsque vous accomplissez un mouvement quelconque, tout ce qui, dans votre organisme, participe et collabore à ce mouvement des bras, des jambes de la tête, des lèvres, etc. (les forces nécessaires à ces manifestations résident dans les régions les plus intimes de l’organisme), tout cela a été donné à l’homme par l’évolution terrestre proprement dite.

Par contre, si vous considérez les échanges de substance qui s’accomplissent dans l’espace clos que limite la peau de l’homme, vous y trouverez l’image de ce que l’homme doit à l’évolution lunaire. Pour trouver l’image de ce que l’homme doit à l’évolution solaire, il faut se tourner vers les phénomènes rythmiques de diverses natures dont l’organisme humain est le siège. La respiration et la circulation du sang sont les plus importants. L’homme en est redevable à l’ancien Soleil. Quand au développement du système nerveux et des sens, qui sont répartis actuellement sur tout le corps humain, il date de l’ancien Saturne.

Mais il ne faut pas oublier que l’homme forme un tout, et que l’évolution de l’univers est également un tout. Lorsque nous parlons aujourd’hui de l’ancienne phase saturnienne, comme je l’ai fait dans « la science occulte », nous faisons allusion à une période écoulée depuis longtemps. Or, ce n’est là qu’une des phases saturniennes du monde.

C’est en somme une seule et unique évolution qui a commencé avec Saturne pour aboutir à notre terre. Aujourd’hui, que nous sommes en plein développement terrestre, c’est pour ainsi dire la plus récente des phases saturniennes qui se déroule. Car saturne est pour ainsi dire mêlé à la Terre et continue à évoluer avec elle. Il est l’organisme calorique de notre terre, et nous y sommes plongé par toute notre nature humaine.

Nous sommes mêlés à toute l’évolution, à son présent, son passé, son avenir. Mais nous sommes également plongés dans l’espace terrestre qui, nous enserre de toutes parts. Prenez, par exemple, le règne minéral. Nous sommes en relation perpétuelle avec lui. Nous absorbons un peu de ce règne minéral, sous forme d’aliment. Nous absorbons d’autre part en respirant, etc… Et nous l’élaborons en nous.

Or, les phénomènes sont différents selon qu’ils s’accomplissent dans l’homme ou hors de l’homme. Je l’ai déjà fait remarquer : il est risible d’étudier les phénomènes de la nutrition au laboratoire, et de croire que lorsque l’homme se nourrit, ces phénomènes se passent purement et simplement dans son corps. L’homme n’est pas un assemblage quelconque de réactions chimiques. Dans son organisme, tout prend une valeur nouvelle. Et voici comment on peut définir ce changement, à un certain point de vue : nous absorbons, par exemple, de la substance minérale. Celle-ci doit être élaborée dans l’homme jusqu’à ce qu’il en résulte de la chaleur propre ; elle est, dans le sang de l’homme normal, d’environ 37°.

La chaleur qui réside dans notre sang dépasse celle du milieu extérieur. Tout ce que nous absorbons de minéral doit être transformé, métamorphosé, en sorte que notre chaleur propre, notre chaleur intérieure, l’adopte et la reçoive volontiers. Lorsque vous consommez un grain de sel il faut que ce grain de sel soit, pour ainsi dire aspiré par votre chaleur propre, - non point par la chaleur que vous avez en commun avec l’air ambiant, - mais par votre chaleur individuelle. Ainsi toute substance minérale doit devenir éther de chaleur.

Dès que quelque chose s’oppose dans l’organisme à cette transformation, l’homme tombe malade. Ce que l’homme absorbe du règne animal, et ce qu’il développe en lui-même d’animal, doit se transformer, au moins à un instant donné en liquide, doit prendre la forme aqueuse.

L’homme ne doit rien acquérir en lui d’animal, ni par voie d’absorption, ni par son développent propre, qui ne subisse une élaboration profonde et ne finisse par devenir liquide. Dès que l’homme se montre inapte à liquéfier dans son organisme l’élément animal, de provenance étrangère ou non, (pour le ramener finalement à l’état solide), il tombe malade. Ne doit prendre forme, en lui, ne doit entrer dans le domaine solide et stable que ce qui est proprement humain, c’est-à-dire, ce qui engendre la pure forme humaine, ce qui résulte de la capacité de se tenir debout, des facultés de pensés et de parole, ce qui fait réellement de lui un être supérieur à l’animal. Ceci constitue tout au plus 10 % de son organisme total.

Dès qu’un élément animal ou végétal s’introduit dans sa forme stable et solide, il tombe malade. Ainsi, tout ce que l’homme contient ou absorbe de minéral doit devenir, à un moment donné, éther de chaleur. Tout ce qu’il contient ou absorbe de végétal doit passer par le stade transitoire de gaz, - et d’animal, par le stade transitoire du liquide. Ce qu’il a de proprement humain est le seul principe qui ait droit de cité dans sa forme solide. C’est là un des secrets de l’organisme humain.

Laissons de côté maintenant ce que l’homme a reçu de la phase terrestre (nous le reprendrons plus tarde en détail) et considérons son système d’échanges organiques. Certes, il l’a développé et transformé sur la Terre, mais le germe lui en a été donné sur l’ancienne Lune.

Nous englobons dans ce système l’ensemble des échanges de substance qui s’accomplissent à l’intérieur de la peau, les sécrétions et excrétions comprises. Cet ensemble de phénomènes varie constamment par l’effet de l’alimentation. Les aliments, substances extérieures à l’homme, pénètrent en lui et s’intègrent dans son métabolisme.

Le système des échanges organiques a la tâche d’élaborer ce qui appartient à l’entourage, au milieu, et d’en faire quelque chose d’humain. C’est lui qui commence la transformation du minéral en éther de chaleur, qui fait passer le végétal dans la sphère du gaz, de l’air et des senteurs, qui s’empare de l’élément animal, notamment des produits animaux du corps lui-même, et les rapproche de l’eau, du principe proprement humain en une forme bien organisée. Toutes ces tendances résident dans le système des échanges : vous voyez à quel point ce système est digne d’intérêt.
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Message par obsidienne le Mar 3 Jan - 0:31

Lorsque nous suivons ces processus jusqu’au niveau de la respiration, nous nous trouvons en face des faits suivants : l’homme élabore en lui du carbone, et on en trouve de toutes parts dans son corps. Au contact de l’oxygène, ce carbone se transforme en gaz carbonique, que l’homme rejette par la respiration. Le gaz carbonique, appelé autrefois acide carbonique, est une combinaison de carbone et d’oxygène.

L’oxygène que l’homme a aspiré s’empare du carbone de l’organisme, et leur combinaison est rejeté. Mais avant même d’être ainsi rejeté par l’expiration, le carbone agit en bienfaiteur de la nature humaine. En s’unissant à l’oxygène, il relie en quelque sort les résultats de la circulation sanguine à ceux de la respiration.

Et avant d’abandonner la nature humaine, il y répand une abondante effusion d’éther. La science physique enseigne simplement que le carbone est expulsé sous forme de gaz carbonique. Mais ce n’est là qu’un côté du phénomène. Avant l’expiration, tout l’organisme est inondé de l’éther provenant du carbone qui a été saisi par l’oxygène et entrainé au dehors ; cet éther pénètre jusqu’au corps éthérique. Cet éther qu’engendre sans cesse le carbone du corps, est justement ce qui permet à l’homme de s’ouvrir aux influences spirituelles et de recevoir les forces astrales et éthériques du Cosmos.

Cet éther attire à lui les impulsions cosmiques formatrices qui agissent dès lors sur l’être humain corporel et lui confèrent, entre autres dons, un système nerveux capable de devenir le porteur des pensées. Il faut que cet éther imprègne continuellement nos organes sensoriel, par exemple, notre œil, pour que cet œil puisse voir, pour qu’il soit accessible à l’éther de lumière venant de l’extérieur. C’est donc grâce au carbone que nous avons en nous une disposition éthérique qui nous permet de répondre aux incitations du monde extérieur.

Les mystères de l'organisme humain : Les forces de guérison. Rudolf Steiner Gaz_ca10
Voilà ce qui se prépare en quelque sorte par le moyen du système des échanges. Mais ce système est inséré de telle manière dans l’ensemble du Cosmos qu’il ne pourrait en aucun cas subsister isolément, exister par lui-même. C’est pourquoi il ne s’est formé dans l’homme qu’en dernier lieu. Le premier germe du système neuro-sensoriel a été formé sur l’ancien Saturne, le germe du système rythmique, sur l’ancien Soleil et c’est seulement lorsque ces deux systèmes ont été réalisés que le système des échanges a pu apparaitre. A lui seul, il n’avait pas d’existence possible. Si nous faisons abstraction des mouvements volontaires, nous pouvons dire que les intentions cosmiques ont doté l’homme d’un système d’échanges parce qu’elles avaient en vue sa nutrition.

Or, la nutrition isolée du reste, n’aurait aucun sens. L’homme en a besoin, mais sans l’homme elle ne pourrait être. Lorsqu’on étudie de très près ce système d’échanges, -Vous verrez, par la suite de cet exposé, combien c’est nécessaire, - on découvre qu’il renferme des tendances continuelles à la maladie, qu’il tend sans cesse à rendre l’homme malade. L’origine de toutes les maladies internes, - exception faite de celles qui sont provoquées par lune lésion venue du dehors, _ doit toujours être cherchée dans le métabolisme. Celui qui veut se livrer à une observation rationnelle des maladies doit donc partir de ce système.

Il doit en suivre tous les phénomènes, et poser à chacun d’eux cette question :

« A quoi tends-tu réellement ? »

Il observera l’entrée des aliments dans la bouche, leur transformation, la métamorphose de certaines substances en amidon et en sucre, etc… le revêtement de ptyaline qui se forme autour des aliments, l’action de la pepsine, qu’ils subissent dans l’estomac, leur élaboration dans l’intestin, leur passage dans les vaisseaux lymphatiques et dans le sang. L’imprégnation des produits de l’assimilation par les sécrétions pancréatiques, par la bile, etc.. , à chacun de ces innombrables phénomènes, il posera la même question :

"Que veux-tu réellement ? »
Et le phénomène répondra :
« Si j’existais isolément, je rendrais infailliblement l’homme malade ».

Aucun de ces processus d’échanges matériels ne doit s’accomplir jusqu’au bout, car chacun d’eux, s’il arrivait à terme, provoquerait une maladie. L’homme n’est en bonne santé que lorsque ces multiples processus sont en quelques sorte freinés, stoppés à temps, combinés avec d’autres.

A première vue, ceci apparait comme un non-sens dans l’organisation du monde. Quoi ! Mettre en œuvre dans l’homme de si laborieux processus pour les arrêter à mi-chemin ! Mais nous apprendrons à connaitre la profonde sagesse de cette disposition.

Pour le moment, examinons en détail les phénomènes d’échanges organiques. Chacun d’eux, poussé jusqu’à son terme ultime, fait de l’homme un malade. Cependant, ils doivent exister. Il faut donc qu’il y ait à côté d’eux d’autres phénomènes qui les corrigent ; or, ce sont ceux de la circulation. Les processus circulatoires engendrent sans trêve les forces de guérison.

On peut vraiment décrire l’homme comme ceci :

Si l’on ne voit en lui que les résultats de l’ancienne Lune, c’est un malade. Mais il porte en lui son guérisseur, qui lui a été donné sur l’ancien Soleil. L’évolution a réellement fait preuve d’une grande prévoyance, puisqu’elle a créé le guérisseur avant le malade. Et pour comprendre vraiment l’être humain, il faut remonter des processus métaboliques aux phénomènes de la circulation, à toutes les impulsions qui sont à la base des rythmes circulatoires.

Telle substance accélère la circulation, telle autre la ralentit. Nous avons en nous des mouvements circulatoires infimes, dont il faut tenir compte. Prenez un minéral, un métal quelconque, de l’or ou du cuivre ; lorsque ce métal est introduit dans l’organisme, soit par injection, soit par voie interne, il provoque une modification de la circulation, qui peut être thérapeutique.

C’est justement cela que l’on doit connaître pour apprécier les possibilités de guérison qui nous sont offertes :

ce que chaque substance du milieu extérieur déclenche à l’intérieur du corps humain, en ce qui concerne les variations du flux sanguin. On peut dire que la circulation du sang est une œuvre de guérison perpétuelle.

Vous pouvez le calculer, si vous le désirez. Rappelez-vous qu’en moyenne, l’homme respire 18 fois par minute. C’est une adaptation moyenne remarquable aux rythmes cosmiques, car l’homme fait autant de respirations en une journée que le Soleil met d’années à parcourir son cycle. Le soleil met 25.920 années à retrouver le même point équinoxial. L’homme adulte respire en moyenne 25.920 fois par jour. Les battements du pouls sont quatre fois plus nombreux.

La circulation proprement dite, qui est plus concentrée à l’intérieur du corps, est influencée par les échanges organiques, tandis que la respiration a la tâche de dompter sans cesse le rythme circulatoire et de le maintenir dans la proportion de quatre à un. Sinon, le rythme circulatoire prendrait une allure capricieuse et irrégulière. Il se mettrait à répondre au nombre 103.680, ce qui n’a aucune signification cosmique. L’homme s’arracherait alors aux lois du Cosmos. C’est là la tendance de son système d’échange, qui cherche sans cesse à le libérer du Cosmos, à le rendre étranger au reste de l’univers. Le rythme respiratoire le ramène perpétuellement dans les limites de la loi cosmique.

Cette division par quatre, cette domination de la circulation par la respiration, c’est l’œuvre originelle de guérison, qui se poursuit sans trêve dans l’homme. La tâche des médecins est de venir en aide au phénomène respiratoire, - qui se prolonge de manière subtile à travers tout l’organisme, - lui permettant de maîtriser convenablement le phénomène circulatoire, de le ramener aux justes proportions et aux lois mathématiques qui régissent l’univers.

Nous passons ainsi de la nutrition à la guérison. Considéré dans la partie inférieure de son être, l’homme a toujours une tendance à la maladie. C’est dans son système médian, dans son système rythmique, qu’il trouve la force de guérir. Cette impulsion favorable à la santé réagit vers le haut, jusque sur le système neuro-sensoriel.
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Message par obsidienne le Mar 3 Jan - 0:38

Quelles forces trouvons-nous dans ce troisième système ?

Nous y trouvons les forces que le guérisseur qui est en nous laisse en surplus dans l’organisme, après qu’il a effectué son œuvre concernant les échanges organiques. En accomplissant cette guérison perpétuelle de l’organisme, il tombe sous le coup d’un jugement cosmique.

Ce que je dis là n’est pas une fantaisie poétique, c’est une réalité absolue :

cette oeuvre de guérison et de salubrité, accomplie dans notre système d’échanges, éveille la satisfaction et la bienveillance des Hiérarchies supérieures.

C’est là, pourrait-on dire, la joie que prennent les Hiérarchies à la bonne ordonnance de la terre. Elles abaissent leur regard vers le monde terrestre et elles sentent cette ascension continuelle de la maladie à travers tout ce qui monte dans l’homme d’éléments terrestres, à travers tout ce qui demeure en lui des propriétés terrestres de la matière. Et elles voient d’autre part comment d’autres forces terrestres, agissant notamment dans l’air atmosphérique, sont des impulsions de guérison perpétuelle. Cela leur procure une intime satisfaction.

Les mystères de l'organisme humain : Les forces de guérison. Rudolf Steiner Saturn12

Représentez-vous maintenant ce corps céleste qui gravite aux confins de notre système planétaire de qui est un des plus nobles objets que puisse se proposer l’étude spirituelle. Le noyau de saturne renferme les forces qui, si nous les imaginons projetées sur la terre, y provoquent la maladie. Et les anneaux qui entourent ce corps central contiennent les forces de la guérison.

Celui qui a le sens intime de ces choses aperçoit dans les anneaux de Saturne ce qu’il ne saurait voir aussi nettement autour du globe terrestre lui-même, parce qu’il s’y trouve inclus :

la gravitation circulaire des forces de santé. Ces anneaux planétaires sont tout autre chose qui ce que pensent les astronomes. Ils sont faits de santé, ils sont l’incessante circulation de la santé cosmique, tandis que le noyau de Saturne apparaît comme une pure concentration des forces morbides de l’univers.

Ainsi, dans cette planète située aux confins de notre système planétaire, nous trouvons réalisés les mêmes phénomènes que dans notre organisme, où les échanges matériels engendrent des forces morbides auxquels contreviennent les rythmes circulatoires.

Par là même, notre regard est dirigé vers le monde spirituel, notamment vers le monde de la première et de la seconde Hiérarchie. La seconde Hiérarchie comprend les Kyrotetes, les Dynamis, les Exusiaï.

La première : Les Saraphins, les Chérubins et les Trônes. Lorsque notre regard spirituel se fixe avec attention sur la planète Saturne et sur son anneau, il est dirigé vers ces Hiérarchies supérieures et il perçoit la bienveillance, la joie intime avec laquelle les grands êtres cosmiques assistent à l’opposition que la santé crée à la maladie.

Cette satisfaction des Hiérarchies supérieures, c’est un des constituants de l’univers. Elle se déverse dans notre système neuro-sensoriel, et elle y dépose les forces qui permettent à l’homme un développement spirituel. Ce sont là des forces qui émanent pour ainsi dire des processus incessants de guérison dans l’être humain, qui en sont la floraison ultime.

1) Echanges organiques : nutrition.
2) Circulation : Guérison.
3) Système neuro-sensoriel : développement spirituel.

Reprenons à présent l’évolution de l’homme à travers les quatre phases cosmiques : anciens Saturne, ancien Soleil, ancienne Lune et Terre. On est en droit de dire :

L’homme est tout d’abord un esprit né du Cosmos. Il développe en lui le guérisseur, et par là, il devient capable de recevoir également en lui le malade cosmique. Ensuite par l’action et la réaction de ces trois principes, une base est donnée à la formation de l’homme terrestre proprement dit, c’est-à-dire de l’homme doué de mouvements volontaires, de libre locomotion.

Toutes les branches de la science humaine devraient s’inspirer des vastes notions que je viens d’esquisser à grands traits. Prenez, par exemple, l’art de guérir. Un véritable art de guérir, une méthode thérapeutique rationnelle, doit avant tout acquérir la maîtrise des processus de guérison.

Et d’où procèdent, d’où partent ces processus ? Des échanges organiques. Le reste ne peut être qu’une préparation : l’anatomie par exemple : même la plus subtile des anatomies, ne peut servir que de point de départ, car elle n’étudie que les forces stabilisées, solidifiées.

Ces formes se réalisent d’elles-mêmes et tout naturellement. Mais, dans un système médical vraiment rationnel, les phénomènes du métabolisme devront être étudiés du point de vue des tendances morbides qui s’y manifestent sans cesse. Il est juste que l’étude médicale parte de ce système, de son fonctionnement normal, et qu’elle y cherche les principes et les causes de toutes les maladies internes.

Ensuite, une connaissance intime des processus rythmiques et de leurs effets doit fournir au médecin le fondement de la thérapeutique. Un système médical moderne et rationnel doit donc commencer par l’étude des échanges organiques, puis passer à l’étude des phénomènes rythmiques.

On atteint enfin à une sorte de couronnement de ces études, lorsqu’on parvient à comprendre que le développement sain des facultés spirituelles de l’homme repose sur la connaissance des forces de guérison et de leurs effets. La pédagogie, c’est-à-dire l’art de développer sainement la nature spirituelle de l’homme, doit prendre son point de départ dans les forces de guérison ; celles-ci représentent (appliqué à l’organisme médian, rythmique) le principe même qui, utilisé dans la pensée pure, travaille au développement spirituel de l’être humain.

L’artiste éducateur a donc la tâche de travailler, sur un mode spirituel, avec les forces mêmes qui, condensées sous forme physique ou éthérique, provoquent la guérison. Donnons un exemple : j’exerce une activité d’ordre pédagogique sur un enfant quelconque.

C’est là un phénomène derrière lequel il existe quelque chose de spirituel. Si je traduis ce phénomène, si je le transpose, si, au lieu de l’accomplir en esprit, je l’accomplis dans le monde matériel à l’aide d’une substance, d’un processus quelconque ; alors, cette substance guérit, ce processus est thérapeutique. On peut exprimer la chose autrement, et dire : la médecine est la métamorphose matérielle, la descente dans le monde physique des activités spirituelles que l’homme exerce sur ses semblables. J’ai indiqué ces choses-là dans le « cours aux éducateurs », que j’ai fait à l’occasion de la visite de nos amis anglais.

Si vous vous en souvenez encore, vous constaterez que j’ai sans cesse attiré l’attention sur ce fait :

Tout acte de l’éducateur comporte un début d’activité thérapeutique générale et largement humaine. Telle ou telle mesure intempestive, tel ou tel procédé pédagogique fâcheux, peuvent entraîner plus tard, à l’âge adulte, des troubles de la santé : des dépôts anormaux, de résidus organiques, ou bien une absorption nocive de ces résidus qui devraient être éliminés.

Ainsi, ce qu’accomplit l’éducateur dans l’esprit a un prolongement dans les régions inférieures : c’est la thérapeutique. Et le contraire exact de la thérapeutique, ce qui monte du bas vers le haut, ce sont les processus d’échanges matériels.
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Message par obsidienne le Mar 3 Jan - 0:45

Vous voyez du même coup que la médecine moderne doit être issue d’une connaissance globale de l’être humain. Ce but peut être atteint. Beaucoup l’ont senti déjà. Mais rien ne sera réalisé tant qu’un système complet de la médecine n’aura pas été édifié sur ces bases nouvelles. C’est là une des nécessités les plus criantes de notre époque. Lisez les manuels de médecine : vous verrez qu’ils débutent rarement par cette étude des échanges entre les substances. Or, c’est de ces échanges qu’il faut partir si l’on veut apprendre à connaître la nature de la maladie.

Voyez-vous, on peut encore considérer les choses sous l’angle que voici : les processus de la nutrition passent insensiblement à des processus de guérison ; les processus de guérison, à des processus spirituels et inversement, les processus spirituels deviennent des processus de guérison. Ou bien, lorsque les processus spirituels sont des causes de troubles dans le système des échanges, ils tombent à leur tour sous le coup de forces de guérison qui résident dans le système rythmique.

Tout cela s’entremêle dans l’homme, et son organisme est le siège d’une métamorphose perpétuelle, digne d’admiration. Prenons, par exemple, les phénomènes de cette circulation du sang dont les pouvoirs sont si merveilleux.

Que sont en réalité ces phénomènes ?

Faites momentanément abstraction de tout le reste de l’organisme et considérez le sang qui ruisselle à travers les artères et les veines. Considérez ce système vasculaire qui parcourt toute la forme humaine, et joignez-y ce qui s’y rattache étroitement, muscles et os. Vous voyez d’une part une structure solide, et de l’autre, le liquide qui la traverse. Restons-en tout d’abord à l’élément liquide, au sang. Des processus s’y accomplissent sans cesse. Lorsque ces processus débordent de l’élément liquide, qui est leur milieu normal, et s’emparent soit de la paroi des vaisseaux, soit des muscles et des os, c’est-à-dire de la partie solide, de la forme stable de l’organisme, alors ils se convertissent en phénomènes inflammatoires.

Ces tendances à l’inflammation, qui peuvent se trouver de-ci, de –là, dans le corps, ce sont les tendances qui existent constamment dans le sang liquide et qui y sont normales. Lorsqu’elles débordent illégitimement, lorsqu’elles s’emparent des parties fixes et solides, elles deviennent morbides. Car un processus normal et absolument sain, dès qu’il est déplacé, dès qu’il s’impose en dehors de son lieu propre, devient un processus morbide. Certaines maladies du système nerveux proviennent précisément du fait que le système sanguin, qui forme avec lui un contraste absolu, l’envahit de forces qui ne sont pas les siennes propres. Ces forces, en passant des trajets sanguins dans les trajets nerveux, occasionnent une inflammation.

C’est là le début habituel des multiples maladies du système nerveux.

Je viens de dire que le système nerveux est en absolue polarité avec le système sanguin. Les phénomènes qui se déroulent dans ces deux systèmes sont en opposition formelle. Ceux du sang tendent à la formation du phosphore, et c’est justement cette force phosphorée qui, lorsqu’elle déborde sur les régions voisines, est la cause des inflammations. Considérons, par contre, les phénomènes nerveux. Lorsque ces derniers débordent sur les régions qui avoisinent leur système, et lorsqu’ils envahissent le sang, il en résulte des tendances à l’enflure. Nous pouvons dire que toutes les formations de l’ordre de l’enflure ou de la tumeur sont des processus nerveux transposés et modifiés, apparaissant en des lieux d’où ils devraient être exclus.

Car, voyez-vous, ce qui parcourt le nerf doit rester dans le nerf, et ce qui parcourt le sang doit rester dans le sang. Il faut qu’un rythme convenable s’établisse entre ces deux systèmes.

Nous revenons ainsi au domaine de la thérapeutique, des processus de guérison. Tout existe dans l’homme : le principe de toute maladie est un principe sain, à la condition qu’il n’outrepasse pas ses limites. C’est illégitimement que chacun de ces principes vient à se déplacer. Mais chacun d’eux est indispensable.

L’homme ne pourrait exister s’il ne portait en lui la cause des inflammations ; c’est une force constituante de la vie du sang. Je sous-entends tout ceci lorsque je répète, si fréquemment, que les diverses connaissances doivent procéder d’une science totale de l’homme. Ainsi, la pédagogie ordinaire, que l’on invente à coups de concepts abstraits, tout à fait superficiellement, n’est presque qu’un non-sens. En réalité, on ne devrait pratiquer la pédagogie qu’en partant de la connaissance des phénomènes pathologiques, et de leur possibilité de guérison.

Celui qui connaît réellement une maladie du cerveau, et l’art de la guérir, celui-là possède, à l’état brut, la technique de tout art pédagogique. Je dis « à l’état brut », en dépit de la difficulté de cette connaissance, parce qu’il ne s’agit en somme que de processus physiques ; donc, lorsqu’on veut fonder un institut d’art pédagogique, on doit exiger des futurs éducateurs qu’ils se livrent à des études de pathologie et de thérapeutique. Cela seul peut former leur pensée ; elle ne sera vivante et concrète que dans la mesure où ils auront pris contact avec des réalités profondément ancrées dans la matière.

Inversement, rien n’est plus précieux au médecin, notamment à celui qui veut traiter les maladies internes, que de savoir comment agit telle ou telle mesure pédagogique. Il n’a plus ensuite qu’à trouver le pont vers le mode matériel. Les voies et les méthodes de la pédagogie, transposées dans l’ordre physique, y indiquent les remèdes, les médications.

A-t-on découvert, par exemple, le moyen pédagogique de combattre avec efficacité certains phénomènes de paresse qui proviennent, chez l’enfant, de troubles du système digestif, on acquiert soi-même des tendances bien particulières. Je parle évidemment d’un éducateur qui vit tout entier dans l’accomplissement de sa mission, et non pas de ces gens qui font extérieurement métier d’enseigner, mais qui, dès la fin de la classe, ne pensent qu’à aller s’attabler au café, pour y oublier tout ce qui concerne leur école.

Donc, ce traitement a institué et qu’on a vu réussir chez un enfant paresseux, vous donne personnellement des lueurs insoupçonnées sur le rapport des processus de la tête avec ceux de l’abdomen. Que cet éducateur s’adonne alors à la minéralogie, par exemple, et que son attention se porte sur le cuivre. Il verra le cuivre donner lieu, dans le sol même, à telle ou telle combinaison.

Dans toutes les forces du cuivre, dans ses métamorphoses en minerais divers, dans ses relations avec d’autres minerais, il découvrira l’analogue de l’œuvre qu’il accomplit vis-à-vis de l’enfant paresseux. Il apercevra, dans les processus du cuivre, l’image exacte de son activité. Et c’est pour un éducateur une expérience saisissante, que d’obtenir ainsi des clartés nouvelles, des lueurs intuitives, qui restent tout d’abord dans le domaine de l’instinct et du sentiment, de comprendre ce qu’il fait, comment il agit, puis de se tourner vers la nature et de voir que là-bas, au dehors, la nature elle-même exerce des activités pédagogiques ! Partout où les forces du calcaire amènent des accidents ou des malformations, les forces du cuivre interviennent pour y remédier. Oui, dans ces combinaisons du cuivre, qui s’accomplissent au sein de la terre, entre mille autres phénomènes, résident des forces d’incessante guérison.

C’est une chose charmante que de trouver, par exemple, un morceau de pyrite et de songer :

C’est tout à fait analogue à un bon procédé pédagogique…

Ce sont les esprits de la nature, des hautes Hiérarchies jusqu’aux esprits élémentaires, qui traitent en guérisseurs les apparitions morbides et destructrices de la vie universelle.

Avant d’employer une substance minérale à titre de médicament, avant de convertir en remède, il faut toujours se demander :

Où apparaît-elle ? Où apparaît, par exemple, le fer ? Où se trouvent les filons de tel ou tel métal ? Il faut étudier les environs du gisement. On finira par comprendre sa raison d’être et comment tout gisement métallique est le signe d’une activité thérapeutique exercée par les esprits de la nature. Des forces de guérison y résident. Il n’y a plus qu’à s’emparer de ces forces, leur donner libre accès à l’organisme humain, leur permettre de s’y prolonger et d’y agir. Une telle thérapeutique est dictée par les exemples que la nature elle-même a fournis.
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Message par obsidienne le Mar 3 Jan - 0:47

Ainsi, tout incursion de la pensée dans l’univers conduit à une triple méditation : sur ce qui nourrit, sur ce qui guérit, et sur ce qui éveille les activités spirituelles : nutrition, guérison, esprit. Dans la nature, tout oscille sans cesse entre la maladie et la guérison. Il s’y déroule de grands processus thérapeutiques. Le tout est de les appliquer à l’homme.

Telle est la concordance merveilleuse du macrocosme et du microcosme. C’est ce que résument les paroles que j’ai déjà données à maints d’entre vous, sous une forme ou sous une autre :

Veux-tu te connaître toi-même,
Tourne tes yeux vers l’univers.
Veux-tu connaître l’univers,
Regarde au tréfonds de toi-même.

Vous pouvez appliquer cette sentence dans bien des domaines :

Veux-tu guérir l’homme, dirige ton regard de tous côtés dans l’univers, tu trouveras partout des processus de guérison.

Veux-tu comprendre les mystères de la maladie et de la guérison dans l’univers, plonge aux profondeurs de la nature humaine.

Mais il ne faut jamais se lasser d’observer les faits de la nature et de les mettre en relation vivante avec l’homme lui-même.

C’est une habitude qu’on a perdue de nos jours. On s’éloigne de la nature autant qu’on le peut. On applique des méthodes qui ont pour tout premier résultat de nous fermer les yeux sur le monde environnant : et ce qu’on veut étudier, on le met sous verre, on le pose sur une tablette minuscule : on appelle cela un microscope, et on s’hypnotise sur cet instrument, au lieu de penser à la vie du Cosmos. On pourrait dire tout aussi bien, non pas microscope, mais nulloscope. Car cet instrument enchaîne le regard et le tient éloigné de la grande nature.

Ce qui se passe en réalité sous le microscope, qu’est-ce donc pour la connaissance spirituelle ?

Imaginez qu’on agrandisse, par exemple, une petite fraction de l’organisme humain, un tout petit morceau du corps. C’est comme si on déchirait l’homme en mille pièces, comme si on le morcelait à l’infini pour mieux l’observer ! C’est bien plus terrible que la légende du lit de Procuste ! Et croit-on que ce que l’on examine ainsi, croit-on que ce qu’on a sous l’objectif est encore réellement à l’homme ? Ce n’est plus rien d’humain. Ce que l’on voit dans le microscope n’est pas la vérité, car la vérité agrandie, démesurément agrandie, n’est plus qu’une illusion. On n’a pas le droit de couper ainsi les ponts avec la nature, d’enfermer jusqu’à son regard.

Certes, cela peut être utile dans certains cas, et dans certains buts, mais en ce qui concerne une véritable connaissance de l’être humain, cela ne peut servir. Au contraire, le microscope nous éloigne immensément de cette véritable connaissance. Elle ne peut être trouvée que par des méthodes spirituelles. Elle doit procéder de la nutrition à la guérison, et de là, aux vastes phénomènes de la pédagogie humaine, de la pédagogie cosmique.

En résumé : de la nutrition, par la guérison, à la culture spirituelle, à la civilisation. Car la base de toutes choses est physique, et pour l’homme c’est la nutrition. Les processus de guérison entourent tout de leur rythme, de leur mouvement circulaire, et ils se ressemblent chez l’homme dans le système rythmique ; et ce qui est en haut, ce qui provient des sphères supérieures, se condense dans ses nerfs, dans ses sens. Le monde est construit sur ces trois échelons.

J’ai posé aujourd’hui des fondement. Je continuerai cette étude en me servant de ces fondements pour ébaucher le corps de l’édifice. N’oublions pas que toute cette connaissance nous conduit, d’une part, à une certaine maîtrise des choses de la vie dans le domaine pratique, d’autre part, à la contemplation purement spirituelle des Hiérarchies.
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Message par obsidienne le Mar 3 Jan - 0:49

Onzième conférence. Dornach, 10 novembre 1923.

Les relations qui existent entre l’homme et son entourage naturel sont tout autres que ce qu’enseigne la science de nos jours. On a tendance à penser que l’entourage naturel de l’homme, les minéraux, les végétaux et les plantes, lorsqu’ils sont absorbés et assimilés par l’organisme humain, poursuivent à l’intérieur de cet organisme leurs processus habituels, - ces réactions chimiques ou physiques que le savant analyse au laboratoire. Il n’en est rien. A l’intérieur ce cette enceinte qu’est notre peau, tout est différent, tout est nouveau. Tant qu’on n’y aura pas pris garde, on continuera évidemment à chercher dans l’organisme humain le simple prolongement des phénomènes physico-chimiques qu’on a observés dans les cornues et autres appareils, et l’on continuera à considérer l’organisme humain comme un agencement compliqué de réaction de laboratoire.

Mais souvenez-vous de ce qui a été dit dans la précédente conférence. Tout ce qui est minéral se métamorphose dans l’homme en éther de chaleur. Ainsi tout élément minéral qui pénètre dans notre organisme subit des transformations diverses qui doivent aboutir, à un moment donné, à de la pure chaleur, cette chaleur propre que l’homme développe de lui-même et qui est plus élevée que celle de son milieu. Prenons un sel, par exemple ; ce sel avant que l’organisme ne puisse l’utiliser à ses synthèses, à ses constructions, devra passer par le stade de l’éther de chaleur.

Nous observons un sel dans la nature, hors de l’homme, et nous croyons que ce sel va voyager tout simplement à travers notre organisme pour entrer dans la composition de nos os, de nos dents, etc… c’est une pure folie !

Ce qui réapparaît dans ces os, dans ces dents, est passé tout d’abord par le stade de l’éther de chaleur, et a été retransformé ensuite en un élément humain.
Voici comment les choses se passent : un élément qui est absorbé sous une forme solide se dissout dans la bouche, prend la forme liquide, puis ensuite des formes de plus en plus subtiles, jusqu’au stade de chaleur. En se liquéfiant, cet élément avait déjà perdu de sa densité, de son poids, il était devenu moins terrestre ; et lorsqu’il parvient à l’état d’éther de chaleur, il est prêt à recevoir l’impulsion spirituelle es espaces cosmiques.

Voici un minéral. Il entre dans l’être humain, il y devient d’abord liquide, puis éther de chaleur. L’éther de chaleur a une tendance très marquée à capter les forces qui descendent et rayonnent du fond des espaces cosmiques. Il adopte ces forces et les fait siennes. Ce sont des forces spirituelles, qui viennent pénétrer de part en part la matière terrestre transformée en éther de chaleur. Ainsi s’introduit dans le corps humain l’impulsion dont il a besoin pour se construire.

Si nous prenons, selon l’usage ancien, le mot de Feu dans le sens de chaleur, nous pouvons dire : Tout ce qui entre de minéral dans l’homme est élevé à l’état de Feu, à l’état igné. L’état igné a la faculté particulière de capter les impulsions des hautes Hiérarchies, et ensuite c’est ce feu intérieur qui va pénétrer toutes les parties du corps, et y constituer par une nouvelle solidification le fondement matériel des organes. Rien de ce qu’absorbe l’homme ne demeure à l’état brut. Rien ne demeure terrestre. Tout, - et notamment les minéraux, - se métamorphose assez complètement pour pouvoir capter le spirituel, le cosmique, et c’est avec l’aide du spirituel qu’ensuite, tout redevient matériel et terrestre.

Prenez, par exemple, un peu de phosphate de calcium provenant d’un os humain. Ce n’est pas du tout la même chose que du phosphate de calcium emprunté à la nature extérieure, ou synthétisé au laboratoire. C’est un phosphate de calcium entièrement transformé selon le processus que je viens de définir, autrement dit, humanisé.

L’être humain a besoin de nombreuses substances différentes qu’il transforme toutes, selon son âge et sa constitution, en éther de chaleur. Le petit enfant n’est pas encore assez fort pour transformer les corps inanimés en éther de chaleur. Il lui faut encore du lait, substance dont la nature est extrêmement proche de celle de l’organisme humain. Ce lait, l’enfant l’amène jusqu’à l’état d’éther de chaleur, et c’est ce qui permet l’élaboration plastique si considérable dont son corps est le siège.

On ne comprend la nature du corps humain que lorsqu’on tient compte de ces métamorphoses, affectant tous les éléments qui s’y introduisent. En conséquence, il est vain de chercher à déterminer par des analyses chimiques la vraie valeur d’un aliment. Il faut savoir quel quantum de force l’organisme aura à dépenser pour amener les constituants minéraux de cet aliment à l’état d’éther de chaleur.

Lorsque cette métamorphose ne peut pas s’accomplir, le minéral se dépose dans l’organisme, y forme un résidu pesant et terrestre, et il arrive alors que ces dépôts étrangers, demeurés inorganiques, envahissent les tissus au plus grand dommage de la santé.

C’est ce qui peut survenir, par exemple, lorsque le sucre, - qui est originairement organique, mais qui a été minéralisé, - ne parvient pas à se transformer dans l’organisme en éther de chaleur. Le sucre se dépose, et l’organisme est incapable de l’utiliser ; il en résulte une maladie redoutable, le diabète.

Il faut donc, au sujet de chacun des aliments, considérer jusqu’à quel point l’organisme est réellement apte à métamorphoser en éther de chaleur les substances minérales qu’il comporte, (soit primitivement, comme c’est le cas pour le sel de cuisine, soit par minéralisation, comme c’est le cas pour le sucre). Car ce sont les substances amenées à l’état igné qui permettent à l’organisme, enraciné par ailleurs dans la terre, de se relier naturellement aux forces spirituelles du Cosmos.

Tous les dépôts, tous les résidus non élaborés, qui peuvent se produire dans le corps, révèlent que l’individu n’a pas été assez fort pour relier au Cosmos spirituel les substances absorbées. Le diabète n’est qu’un cas particulier. Tout élément introduit dans le corps humain doit y être complètement sous peine d’engendrer une maladie. Pour préserver la santé d’un être humain, il faut veiller soigneusement à ce que rien, pas le moindre atome, n’y reste à l’état brut. Ceci ne s’applique pas seulement aux matières, mais également aux forces.

Considérons par exemple la chaleur du dehors, celle que nous percevons lorsque nous touchons les objets, ou la chaleur de l’air. Pour être assimilée par l’organisme, il faut qu’elle aussi soit transformée ; il faut que la chaleur soit devenue humaine, ait été élevée à un niveau supérieur.

L’organisme s’empare de la chaleur extérieure, dans laquelle il est plongé, mais en s’en emparant, il change sa nature.

Or, supposons par exemple, que je sorte par un temps froid, et que par suite de ce froid rigoureux, ou par l’effet du vent et des courants d’air, je me trouve incapable de métamorphoser aussi vite qu’il le faudrait la chaleur du dehors en ma chaleur propre. Le danger qui me menace alors, c’est d’être réchauffé par la chaleur extérieure à l’état brut ; c’est d’être simplement échauffé du dehors, comme un bout de bois, comme une pierre. Cela est dangereux. On ne doit pas recevoir et laisser s’épandre passivement en soi la chaleur du dehors.

On doit être sans cesse en état de la saisir par tous les pores de sa peau et de la transformer en chaleur humaine. Lorsqu’on ne peut le faire, on s’enrhume.
Telle est la véritable cause du rhume. C’est une intoxication par la chaleur extérieure, qui n’a pas pu être assimilée à temps par l’organisme.

Vous voyez, ce qui est extérieur à l’être humain agit sur lui à la manière d’un poison, et ne devient utilisable qu’après avoir subi les métamorphoses nécessaires ; pour cela, il faut que l’homme s’empare des éléments extérieurs, en prenne possession de par ses propres forces. C’est grâce à l’homme seul que les forces naturelles peuvent s’élever et monter vers les Hiérarchies supérieures ; tant qu’elles restent dans la nature, elles appartiennent aux esprits élémentaires.

C’est dans l’homme que s’accomplit cette prodigieuse ascension, par laquelle les esprits élémentaires transmettent le produit de leur travail aux Hiérarchies supérieures. En ce qui concerne le minéral, cela ne peut avoir lieu que lorsqu’il a été transformé dans l’homme en éther de chaleur….

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Message par obsidienne le Mer 4 Jan - 13:20

Passons maintenant aux plantes. Le monde végétal, lorsqu’on commence à le contempler avec les yeux de l’esprit, a quelque chose de fascinant, d’ensorcelant. Marchons sur une prairie, ou bien entrons dans la forêt. Déterrons une plante. Regardons-là avec les yeux de l’esprit : ce que nous voyons est un complexe merveilleux, qui éveille dans l’âme un véritable enchantement. De la racine, on peut dire : elle est toute entière dans le domaine terrestre. Oui, une racine de plante, vue brutalement, est quelque chose de terriblement terrestre !

Une racine, surtout s’il s’agit d’un navet, d’une betterave, fait penser un peu à un homme cossu, repu. La racine est incroyablement confortable, satisfaite d’elle-même. Elle a absorbé les sels de la terre, et elle en ressent un bien-être extrême : elle a épuisé pour ainsi dire, le sol. Rien au monde n’est aussi typique, à ce point de vue, qu’une belle grosse rave gorgée de sucs nutritifs.

Contemplons, par contre, la fleur. Il est impossible de contempler une fleur avec les yeux de l’esprit sans y apercevoir l’image de l’âme : de notre propre âme, lorsqu’elle et animé de désirs tendres et délicats. Regardez bien une fleur printanière : elle n’est à vrai dire que souffle, aspiration. Elle est une nostalgie matérialisée. Et par-dessus tout ce monde de fleurs qui nous environne au printemps, il flotte une émanation indiciblement belle.
Voici une violette, une pulmonaire, une fleur de muguet, ou bien encore quelque fleur de couleur jaune. Nous sommes saisis à sa vue, - comme si cette fleur de printemps voulait nous dire : « ô homme ! Avec quelle pureté, avec quelle innocence tu pourrais orienter tes désirs vers le monde spirituel ! » C’est bien la force du désir, qui jaillit et s’exhale de toutes les corolles printanières, mais du désir innocent et pieux.

Ensuite, apparaissent des fleurs plus tardives : prenons comme exemple la plus automnale, le colchique ; est-il possible de contempler le colchique dans les prés à l’automne, sans éprouver un léger sentiment de honte ? Ne nous met-il pas en garde contre nos propres désirs qui risquent de devenir impurs et entachés d’illicité ?

Les colchiques répandus dans les près de l’automne ne nous chuchotent-ils pas de toutes parts :
« Examine bien le monde de tes désirs, ô homme ! Vois comme tu deviens facilement un pécheur ! »

Ainsi le monde des plantes est le miroir naturel de la conscience morale. Rien n’est plus poétique que de se représenter cette voix de la conscience concentrée en un seul point à l’intérieur de l’âme, mais multiplié à l’infini dans les innombrables formes florales qui traversent les saisons et adressent leur parole aux hommes.

Le monde végétal, pour peu qu’on sache le comprendre, apparaît comme un immense miroir de la conscience morale.

Voyez à quel point il est important de faire la différence entre la fleur qui n’est qu’aspiration, désir entièrement tourné vers la lumière lointaine des espaces cosmiques, qui ne s’épanouit réellement que pour offrir et transmettre au Cosmos les désirs de la terre, - et la racine, confortable, satisfaite, enchaînant la plante à la terre, rabattant sans cesse vers des sentiments de bien-être et de tranquillité terrestre les aspirations célestes de la fleur.

Pour comprendre la raison de ce contraste, il faut suivre l’évolution passée de la terre jusqu’au point où se forma le germe de ce qui est devenu plus tard la racine des plantes. C’était où la lune était encore réunit à la terre.

Les forces de la lune agissaient alors si intensément dans le globe terrestre qu’elles risquaient de transformer toutes les plantes en de simples racines. La terre était alors formée d’une autre substance qu’elle ne le fut par la suite ; la lune faisait corps avec elle. Et le monde des racines s’orienta vigoureusement vers le bas. On peut dire que le règne végétal se répandit presque tout entier dans le monde souterrain, et ne put jeter qu’un coup d’œil furtif vers le haut.

Les plantes n’élevèrent vers le Cosmos que des pousses minces et fragiles. La lune, les forces lunaires, tant qu’elles furent impliquées dans le globe terrestre, attachèrent solidement la plante à ce globe. Il en est resté, chez les végétaux actuels, la tendance géotropique, la nécessité de « prendre racine ».

Mais à partir de l’époque où la lune se libéra de la terre, l’aspiration cosmique des plantes, qui n’avait jusqu’alors d’autre moyen d’expression que des pousses minces et fragiles, put s’épanouir à la face du ciel et tendre à la lumière de véritables fleurs.

La sortie du globe lunaire représente donc pour le monde des plantes une délivrance, une libération.

Rappelons-nous pourtant que toute chose terrestre a son origine dans le monde spirituel. Car, au temps de l’ancien Saturne (reportez-vous à « la science de l’occulte »), la terre était entièrement spirituelle, entièrement éther de chaleur.

La terre toute entière a été engendrée par l’esprit. Voyez la plante. Sa forme exprime les souvenirs vivants de toute l’évolution. Sa racine a prolongé jusqu’à nous une tendance à devenir terrestre, à devenir matérielle, physique.

Cette racine nous dit :

« Si j’existe c’est parce que la matière terrestre est née de l’esprit ».

Mais dès que la terre fut délivrée du fardeau lunaire, la plante reprit son essor vers les lointains lumineux du Cosmos.

Lorsque les végétaux nous servent d’aliments, nous leur donnons, par là même, une possibilité d’achever l’acte qu’ils esquissent dans la nature extérieure ; dehors les plantes aspirent aux horizons lumineux du Cosmos ; à l’intérieur de l’organisme, elles tendent aux horizons spirituels. C’est pour cette raison que nous devons amener nos aliments végétaux jusqu’à l’état gazeux, aérien, ainsi que je l’ai défini. Cela permet à la plante de poursuivre son ascension vers l’esprit.
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Message par obsidienne le Jeu 5 Jan - 0:31

Nous voici dans la prairie. Nous regardons les fleurs, qui s’exaltent vers la lumière. Et maintenant, nous consommons des plantes à notre repas. Notre monde intérieur est tout autre chose que le monde du dehors. Ce qui n’était, au dehors, qu’aspiration des plantes vers la lumière, y devient montée réelle vers l’esprit. La nature, le tapis végétal qui recouvre la terre, est l’expression d’une immense nostalgie. En consommant la plante, nous la transmettons au monde spirituel. Il faut pour cela que nous élevions nos aliments végétaux jusqu’à la sphère de l’air ; cet état plus léger leur permet l’accès du monde spirituel.

La plante parcourt donc un cycle remarquable. Voici ce qui se passe lorsque l’homme la consomme. Partons de la racine et suivons l’ascension à travers les feuilles jusqu’à la fleur. La racine, qui était enchaînée à la terre, monte à présent ; c’est elle qui, une fois introduite dans l’organisme, tend le plus fortement vers les hauteurs. L’aspiration des fleurs est, de beaucoup, dépassée. Il faut se représenter la plante à l’envers, épanouie vers le bas. C’est un renversement complet.

Je le dessine ainsi : le haut est en bas, le bas est en haut. Ce qui était parvenu jusqu’au niveau de la fleur, ce qui, dans l’existence naturelle et matérielle, avait joui de la lumière et l’avait absorbée, ce qui avait amené la matière jusqu’à son niveau le plus subtil, paie la rançon de cette ascension prématurée, et demeure à présent en arrière. La racine, par contre, cette esclave de la pesanteur terrestre, qui n’en porte pas moins en elle, virtuellement, la totalité de l’être végétal, comme vous avez pu le lire dans la théorie goethéenne de la métamorphose, la racine monte à présent vers le haut d’une poussée irrésistible.

Evidemment, lorsqu’un homme a été un pécheur endurci, il persiste généralement dans le mal. La racine des plantes est autre. Tant qu’elle était liée à la terre, elle donnait l’impression d’un individu gorgé de richesses. Mais dès qu’un être humain l’a absorbée, elle se convertit, elle se tourne vers le haut, vers l’esprit. Au contraire, la fleur, qui avait fait monter la matière terrestre vers la lumière, se tourne vers le bas. La racine, devenue aliment, monte dans le corps humain vers la région de la tête, tandis que la fleur descend dans la région abdominale, dans le système des échanges : la fleur ne participe pas à l’édification de la tête humaine.

C’est un spectacle curieux et admirable : l’homme se nourrit de plantes ; les plantes deviennent en lui de l’air ; à ce moment, elles poussent en lui, d’une manière invisible, elles poussent la tête en bas, et fleurissent du côté inférieur. Il n’est pas nécessaire pour cela que l’on mange les plantes entières ; chacune de leurs parties contient virtuellement tout l’être végétal, ainsi que l’a enseigné Goethe.

Dans les temps anciens où l’on avait la notion de ces choses, on classait les plantes d’après leurs propriétés naturelles apparentes et l’on distinguait celles qui peuvent être de quelque utilité pour la tête humaine, c’est-à-dire celles dont la racine manifeste déjà, dans la nature, une forte propension à se spiritualiser. Ces plantes-là, une fois digérées, montent jusque dans la tête ; ce là elles s’élancent vers le Cosmos spirituel, et effectuent avec ce dernier les liaisons indispensables à l’organisme.

Chez les plantes qui ont déjà subi, dans la nature, une forte pénétration d’astralité, - c’est le cas des légumineuses, - le fruit lui-même demeure dans les basses régions de l’organisme humain, sans jamais attendre la tête. Ces plantes rendent le sommeil lourd, et l’homme en est comme abêti à son réveil. Les Pythagoriciens qui voulaient rester de purs penseurs, et qui évitaient tout ce qui peut mêler des phénomènes digestifs aux activités de la tête, s’interdisaient de manger des haricots, des fèves ou des pois.

De cette manière, on peut conclure de l’apparence extérieure des plantes à leur véritable rôle dans l’organisme. Lorsqu’on possède sur ces questions les données de la science initiatique, on se demande comment la science matérialiste arrive à comprendre quoi que ce soit aux phénomènes digestifs. Qu’elle comprenne la digestion des ruminants, passe encore ; c’est une chose toute autre que celle de l’homme.

Mais elle se figure que les végétaux introduits dans l’organisme humain sont acceptés purement et simplement par cet organisme ! Non, les végétaux ne sont pas acceptés, ils sont totalement spiritualisés. Ils sont métamorphosés à tel point que ce qui était en haut se trouve en bas et que ce qui était en bas se trouve en haut. Il est impossible de se représenter une inversion plus complète ! Et dès qu’un fragment minime de végétal est absorbé par l’individu sans que cette inversion ait lieu, la maladie apparaît.

Vous en tirerez facilement la conclusion suivante : l’homme ne porte rien en lui qui ne soit l’œuvre de l’esprit. Tout ce qu’il absorbe de matériel doit revêtir en lui une forme accessible aux influences spirituelles.
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Message par obsidienne le Jeu 5 Jan - 20:57

Tournons-nous à présent vers le règne animal. L’animal est doué lui-même d’un pouvoir digestif ; il broute les plantes et les digère. Considérons d’abord les herbivores. L’animal a absorbé le végétal. C’est là un phénomène qui est déjà très compliqué. Car l’animal ne saurait donner au végétal des propriétés humaines. Le végétal ne se retourne pas dans l’organisme animal, comme il fait dans l’organisme humain.

La colonne vertébrale de l’animal est parallèle à la surface du soi. Il en résulte que les processus spirituels de la digestion ne s’accomplissent pas chez l’animal aussi harmonieusement que chez l’homme Normalement, la partie inférieure des plantes tend vers le haut, et la partie supérieure, vers le bas. Mais chez l’animal ce renversement reste partiel, il est comme arrêté à mi-chemin. Ainsi donc, la digestion animale diffère profondément de la digestion humaine.

L’aspiration des plantes est ici endiguée, freinée. Il semble que la plante reçoive une promesse, qui n’est pas tenue. On lui dit :

« Tu satisferas ton désir d’ascension vers les lointains cosmiques ».

Mais en fait, il n’en est rien. Et la plante est rejetée à terre.

Retenons bien ce fait qu’au sein de l’organisme animal la plante se trouve rejetée, refoulée vers le monde terrestre. Il en résulte qu’au lieu de recevoir l’influence des hautes Hiérarchies, elle devient la porte d’entrée par laquelle les esprits élémentaires font irruption dans l’animal. Ce sont des esprits de frayeur et d’angoisse. Et le regard spirituel observe ceci : tandis que l’herbivore se repaît, il éprouve une certaine satisfaction, un apaisement intime.

Mais en même temps, il part des esprits élémentaires un courant de frayeur et d’angoisse, qui traverse la bête en sens contraire.

Ces deux courants s’entrecroisent : l’un, de satisfaction et de jouissance, suit la direction normale des aliments, à travers le système digestif de l’herbivore ; l’autre, de peur, d’épouvante, part des esprits élémentaires et traverse l’herbivore de bas en haut.
Et c’est cela que les animaux laissent à la terre au moment de leur mort. Lorsque les animaux meurent (je parle des animaux qui n’appartiennent pas forcément aux groupes définis précédemment, mais qui peuvent être néanmoins des mammifère, des quadrupèdes), une entité faite d’angoisse meurt en même temps queux, ou plutôt, se libère à l’instant de leur mort et prend corps dans l’astral. De la peur se libère à la mort des bêtes.

Chez les carnassiers, chez les bêtes de proie, cette frayeur existe d’ores et déjà pendant le cours de la vie : c’est une angoisse affreuse qui se croise en eux avec la joie de la curée. Le plaisir ardent qu’éprouvent les carnassiers à déchirer de la chair vivante s’accompagne d’une puissante émanation de peur élémentaire.

Chez les herbivores, cette peur reste inconsciente, et ne se précise qu’à l’instant de leur mort. Mais le tigre, le lion, les fauves en général, ont un corps astral tout imprégné d’une angoisse affreuse, qui prend corps à leur mort. Ces animaux carnassiers connaissent, en conséquence, une sorte de survie au sein de leur âme-groupe ; ils ont un Kamaloka bien plus terrible que celui des hommes. C’est là une suite naturelle, un effet inévitable de leur nature féroce.

Il ne faut pas perdre de vue que les animaux éprouvent tout ceci dans un état de conscience bien différent du nôtre. La tentation est grande de raisonner en matérialiste, et de se demander : qu’est-ce que ces bêtes de proie peuvent bien ressentir ?

On se met à leur place, on se transpose dans l’animal, et on songe : Un tel Kamaloka, que serai-ce pour moi ? On est alors le jouet d’une illusion. On se met à juger la bête de proie d’après ses propres sentiments humains, et rien n’est plus matérialiste qu’une telle attitude d’esprit. Certes, il faut s’efforcer de comprendre les faits spirituels de la nature, mais on n’a pas le droit de se transposer purement et simplement dans des êtres étrangers à l’humanité. C’est là justement l’erreur des matérialistes. Ils se transposent dans la matière inanimée.

Vouez-vous, il y a là un chapitre sur lequel je me garde bien de donner aucune indication d’ordre pratique, me réservant seulement d’exposer les choses telles qu’elles sont. L’Anthroposophie ne prend pas fait et cause pour telle ou telle doctrine, pour tel ou tel système d’alimentation. Elle se borne à dire ce qui est la vérité. A chacun d’en tirer, pour sa vie pratique, les conséquences qu’il veut : l’Anthroposophie ne donne aucun programme, aucun règlement. Je me garderais d’émettre des conseils dont les fanatiques auraient vite tiré parti, et de prôner, par exemple, le régime végétarien. Ce sont là des questions personnelles que chacun doit peser par lui-même. Elles n’ont précisément toute leur valeur que lorsqu’elles ont passé par la réflexion et le jugement personnel. Je fais cette parenthèse afin qu’on n’aille pas dire qu’être anthroposophe, c’est être végétarien : l’Anthroposophie jette simplement des clartés sur les questions de régime alimentaire. Elle les fait comprendre, elle n’impose rien.

Tout ce que je voulais signaler, c’était la métamorphose des aliments dans l’organisme humain : comment le minéral y doit être élevé jusqu’au stade d’éther de chaleur, afin de pouvoir capter le spirituel ; l’homme en est alors construit, édifié. Le petit enfant, je l’ai déjà dit, n’est pas assez fort pour transporter le minéral pur jusqu’au niveau de l’éther de chaleur. Ce travail est fait d’avance, dans le lait. Le lait que consomme le petit enfant se répand rapidement jusqu’à la région de la tête, et de là, il donne naissance aux impulsions formatrices dont le jeune être a besoin. Car toute l’organisation enfantine a son point de départ dans la tête.

Mais on aurait tort de croire que l’homme adulte favorise le travail de ces forces formatrices en se nourrissant de lait. Ce qui existe chez le petit enfant n’existe plus chez l’adulte. Ces forces particulières de la tête ne sont actives que jusqu’à l’âge de la seconde dentition ; c’est à cette époque seulement qu’elles peuvent rayonner, de la tête à travers tout le corps. Chez l’adulte, il faut que l’organisme tout entier émane ces forces constructrices. Et celles-ci peuvent être très intensément secondées par d’autres éléments, ne passant nullement par la région « tête ».

La tête humaine est close de toutes parts. Elle contient, pendant l’enfance, des impulsions qui commandent à la croissance de tout l’organisme. Le corps humain contient un squelette, qui est intérieur, tandis que le crâne est une enveloppe extérieure. Dans le corps les forces formatrices ne sont pas au-dedans, elles sont au dehors. Pour les seconder, pour les intensifier, il faut agir du dehors. L’effet du lait est localisé à l’intérieur du crâne. Cet effet est excellent tant que nous sommes petits. Mais lorsque nous sommes grands, tout change. Comment seconder et intensifier du dehors les forces formatrices ?
Il s’agit en somme d’accomplir du dehors ce que la tête accomplit du dedans, au sein de sa cavité close. Les forces qui, chez l’enfant, résident dans cette cavité close, sont secondées par les forces éthériques du lait, et celui-ci fournit une excellente base à leurs activités. Pour l’adulte, il s’agit de trouver un aliment qui exerce un effet tout aussi stimulant, sans faire appel à des forces qui n’existent plus dans la tête, - un aliment qui ne soit plus le produit de l’être humain lui-même, mais d’un être extérieur.

Cet aliment existe, car il y a, dans la nature, un correspondant exact de la tête : une tête sans boîte crânienne, une tête pour ainsi dire ouverte de toutes parts. Les même forces qui existaient dans la tête de l’enfant et qui appelaient à leur aide celle du lait, - (on peut même dire qu’elles régénéraient le lait dans l’organisme, car l’enfant amène le lait jusqu’au stade d’éther de chaleur, et de là, il le régénère, il le produit à nouveau -), ces mêmes forces existent dans la nature.

Cette tête ouverte de toutes parts, c’est la ruche. L’activité des abeilles, c’est dans le monde extérieur, l’analogue de l’activité interne de la tête. Tout au plus donne-t-on à ce travail des abeilles le léger abri d’une corbeille, d’une maisonnette. Ici, l’activité n’est plus interne, n’est plus enclose, elle est externe et ouverte. Les influences spirituelles s’exercent sur le rucher comme sur le contenu de la tête. Leur produit, c’est le miel. Lorsque nous consommons du miel, à l’âge adulte, ce miel nous fournit le même stimulant, les mêmes forces, que le lait fournissait à l’enfant. Ce sont des forces formatrices agissant maintenant du dehors et sur tout l’organisme, tandis que chez l’enfant celles du lait agissaient du dedans et au sein de la tête.

En résumé, l’enfant nourri de lait stimule par cet aliment les activités plastiques de son organisme à partir de la tête. L’adulte, lorsqu’il éprouve la nécessité de stimuler ces mêmes activités plastiques, doit consommer du miel. Il n’est pas utile d’en manger des quantités énormes, car ce qui importe, ces sont les forces présentes dans le miel.

Ainsi, les préceptes d’une saine hygiène alimentaire sont inscrits dans la nature extérieure elle-même. Et lorsqu’on cherche à imaginer un pays où les enfants sont beaux, où les vieillards sont également beaux, que fait-on ? On imagine une contrée où ruissellent des fleuves de lait et de miel. Voyez avec quelle justesse l’antique clairvoyance instinctive inspira les poètes, qui rêvèrent toujours de pays fabuleux « où ruissellent des fleuves de lait et de miel ».

Un mot poétique aussi simple que celui-là dissimule des vérités d’une profondeur inouïe ! Et, pour celui qui a longtemps cherché à comprendre les réalités de la nature, c’est une joie magnifique que de se rencontrer soudain avec l’une de ces paroles traditionnelles, d’une ancienneté vénérable, dont le sens apparaît et figure tout à coup. Il en est ainsi de la légende des fleuves de lait et de miel. Ce pays existe-t-il ? S’il existe, on n’y peut trouver que de beaux enfants et de beaux vieillards.

Vous voyez, comprendre l’homme, c’est tout d’abord comprendre la nature. La connaissance de la nature fournit un fondement à la connaissance de l’homme. Dans la nature, tout ce qui est en bas, tout ce qui est matériel, monte, en une ascension incessante, vers le spirituel. A l’un des pôles se trouvent les règnes de la nature : minéral, végétal et animal. A l’autre pôle se trouvent les hautes Hiérarchies.


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Les mystères de l'organisme humain : Les forces de guérison. Rudolf Steiner Empty Re: Les mystères de l'organisme humain : Les forces de guérison. Rudolf Steiner

Message par obsidienne le Dim 8 Jan - 23:49

Douzième conférence – Dornach, 11 novembre 1923.

Lorsqu’on a compris que, dans l’organisme humain, les éléments naturels subissent des transformations radicales, et s’élèvent, par exemple de l’était minéral à l’état d’éther de chaleur, on finit par saisir aussi comment toute la vie du corps et des organes se rattache au monde spirituel. Tant que l’on s’en tient aux données des manuels d’anatomie et de physiologie, on croit que l’homme est un complexe solide, recevant ses constituants de la nature extérieure, et les conservant presque inchangés. On se heurte alors à l’impossibilité absolue de relier l’homme naturel à l’homme psychique, à l’homme moral.

Il est, par exemple, impossible de trouver une relation entre le système osseux, le système musculaire, considérés comme corps solides, et l’ordonnance morale de l’univers.

On se dira : d’un côté, il y a la nature, de l’autre, un monde totalement étranger à la nature. Mais nous avons montré dans les conférences précédentes qu’il existe dans l’être humain des modalités de substances infiniment variées, passant elles-mêmes à des états plus subtils. Et nous avons vu qu’à ces niveaux supérieurs la substance peut parfaitement entrer en relation avec les forces spirituelles, c’est-à-dire avec les impulsions morales qui constituent la trame de l’ordre universel.

C’est de ces considérations qu’il faut partir, pour s’élever jusqu’à la connaissance des relations spirituelles qui existent entre l’homme et les hautes Hiérarchies. Dans les conférences qui précèdent, nous avons pris notre point de départ dans le monde naturel. Aujourd’hui, nous le prendrons dans les relations morales et spirituelles qui unissent les être humains les uns aux autres.

Parler de réalités morales, spirituelles, dans notre civilisation moderne, c’est déjà évoquer des idées désuètes, conventionnelles. Car le sentiment primitif et élémentaire d’une réalité morale, présente dans l’être humain, s’est progressivement estompé dans les âmes.
Notre civilisation moderne, toute l’éducation que nous recevons, nous incitent à demander sans cesse : « Quel est l’usage, quelles sont les convenances, quelle est la règle, la loi ? etc… »

On se préoccupe peu des impulsions qui émanent réellement de l’homme, qui sont enracinées dans son âme en ce point mystérieux qu’on dénomme d’un terme vague : « conscience ». Se proposer à soi-même une direction, un but, on en est généralement incapable. C’est pourquoi la notion d’une moralité interne, du spirituel, s’est affaiblie de plus en plus, faisant place à la tradition et à la convention.

Les anciennes conceptions philosophiques, en particulier celles qui reposaient sur la clairvoyance instinctive, faisaient surgir tout naturellement de l’âme humaine les impulsions directrices de chaque époque. Ces impulsions, elles existent encore de nos jours. Mais elles ont revêtu un aspect de convention.

Il faut bien s’en rendre compte, la morale est presque entièrement devenue traditionnelle. Bien entendu, ceci n’est pas une attaque contre les traditions. Mais réfléchissez un peu !

Quel est l’âge des Dix commandements ? On les enseigne encore, comme un reliquat des époques reculées de l’histoire. Est-on en droit de dire qu’obéir à ces Dix commandements est tout aussi naturel à l’homme en notre temps qu’au temps de Moïse, et qu’ils jaillissent de sa nature intime avec la même force élémentaire ?

Qu’est-ce qui jaillit, de nos jours, spontanément, de l’homme, en fait d’impulsion morale et spirituelle unissant les membres des sociétés humaines ? Où sont les liens qui relient un individu à un autre, où sont les sources de la morale et de la spiritualité ?

La véritable source de la morale et de la spiritualité dans l’humanité moderne, c’est la compréhension humaine, la compréhension de l’homme par l’homme, et l’amour mutuel basé sur cette compréhension. Si loin que nous allions dans notre recherche des impulsions sociales, morales et spirituelles, nous ne les trouverons vraiment présentes et vraiment efficaces que là où elles procèdent de la compréhension réciproque, de l’amour mutuel. Ce sont là leurs ressorts. Et, à voir le fond des choses, l’homme vivant parmi d’autres hommes, en tant qu’être spirituel, n’est soutenu dans la vie sociale que par la compréhension et l’amour de ses semblables.

A présent, vous pouvez poser une question qui est rarement jetée sur le tapis, quoiqu’elle se présente à l’esprit de chacun.

Si l’amour entre les créatures humaines et la compréhension mutuelle sont à la base de la vie sociale, comment se fait-il que nos sociétés actuelles soient le théâtre de tant de haines et d’incompréhensions ?

C’est là une question qui, de tous temps, et dans tous les groupements humains, préoccupa grandement les initiés. La science initiatique a toujours considéré ce problème comme le plus grave qui soit. Mais elle avait, à son origine, des méthodes qui lui permettaient de le résoudre.

Aujourd’hui, à la vue des institutions habituelles et de la science courante, on se dit : « L’âme créée par les dieux est prédisposée à l’amour et à la compréhension. D’où vient que ces principes jouent en sens contraire dans nos organisations sociales ?

Quelle est la cause de cette hostilité générale et de cette incompréhension qui fleurissent partout entre les hommes ? »

Cette cause, nous ne la trouvons pas dans le domaine de l’âme et de l’esprit. Il est donc naturel que, pour la trouver, nous nous tournions vers le domaine physique et corporel.
Quelle réponse nous fournit la science ?

Elle nous enseigne que l’homme physique est un assemblage de sang, de nerfs, de muscles et d’os. Certes, tant qu’on observe un os avec les yeux du savant matérialiste, on n’en viendra jamais à se dire : Ici réside le tentateur qui conduit l’être humain à haïr. Et l’on aura beau examiner à la loupe une goutte de sang, on n’y découvrira pas le principe tentateur qui mène les être humains à se nuire les uns aux autres.

Autrefois, il en allait autrement. La science initiatique basée sur la clairvoyance instinctive apercevait dans l’homme corporel la contre-partie de l’homme spirituel. Lorsqu’on parle aujourd’hui de l’homme spirituel, on a en vue un assemblage de pensées abstraites ; ces pensées abstraites, on croit que c’est le spirituel ! Et lorsqu’elles s’évaporent en fumée, il ne reste plus que des mots. On parvient à rendre les concepts de plus en plus insaisissables, jusqu’à ce que l’esprit s’évanouisse en de pures abstractions.

Mais autrefois, l’esprit ne passait pas ainsi par le domaine stérile des abstractions. La science initiatique « voyait » l’esprit dans sa réalité vivante. Et du même coup, elle voyait dans sa réalité vivante l’être physique de l’homme : nerfs, muscles, sang, os. Elle voyait l’esprit sous des formes imagées, qui pouvaient parler, résonner, se faire entendre. Elle voyait la vie de l’esprit. Et par là-même elle pouvait voir aussi la vie spirituelle du physique, des os, du sang. Le squelette n’était pas cette simple construction matérielle que nous présente la science de nos jours.

Actuellement, le squelette est décrit par les anatomistes comme le résultat des calculs ingénieux d’un quelconque architecte. Mais il n’est pas cela. Il est, comme nous l’avons vu, le produit du règne minéral élevé jusqu’au stade de l’éther de chaleur, pour que les hautes Hiérarchies spirituelles puissent y faire descendre leurs forces, et engendrer la forme propre des os.

Celui qui contemple le squelette humain, sous son véritable aspect, peut y lire la révélation de son origine spirituelle. Tandis que celui qui étudie le squelette par les procédés scientifiques courants fait penser à une personne à qui l’on donnerait un feuillet imprimé, et qui se mettrait à décrire minutieusement tous les caractères d’imprimerie sans les relier les uns aux autres. Elle ne verrait que la forme, elle ne découvrirait pas le sens. C’est à peu près ainsi que l’anatomiste étudie le squelette. Il ne se doute pas le moins du monde de ce qui y est inscrit. Il ignore que la forme des os humains indique clairement leur origine spirituelle.

Il en est ainsi de tout c »e qui se rapporte aux lois naturelles et aux forces éthériques. Tout y est écriture indicatrice du monde spirituel. On ne comprend les choses de la nature que lorsqu’on déchiffre cette écriture secrète.

Mais alors, au moment où l’on franchit le seuil des mondes spirituels, on commence à entrevoir une chose qui fait partie du monde naturel, et dont les initiés (c’est-à-dire, ceux qui l’étaient vraiment !) ont parlé de tous temps. Cette chose est pénible à apprendre, elle inspire de la peur, elle est difficile à supporter tout d’abord. Les hommes en général, désirent être agréablement impressionnés par les révélations vers lesquelles ils ont tendu leurs efforts. Mais il est inévitable que pour connaître les mondes spirituels on doive tout d’abord braver certaines frayeurs. En ce qui concerne la forme humaine, telle qu’elle se présente anatomiquement à nos yeux, nous nous apercevons qu’elle est constituée de deux éléments spirituels qu’on peut dénommer : « le froid moral et la haine ».
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Message par obsidienne le Dim 8 Jan - 23:55

Il est profondément vrai que notre âme est mue par une tendance à l’amour, une chaleur morale qui engendre la compréhension mutuelle. Mais au tréfonds de la structure solide de notre organisme, réside le froid moral. C’est cette force de froid moral qui, du fond des mondes spirituels, est venue donner à notre organisme une certaine cohésion. Quant à l’impulsion de la haine, c’est elle qui, du fond des mondes spirituels, actionne la circulation de notre sang.

Notre âme peut être extrêmement aimante, elle peut être assoiffée d’amour humain, de compréhension humaine. Cela n’empêche qu’en notre subconscient, là où l’âme déverse ses forces et ses pulsations dans le corps, le froid règne en maître. (Je parlerai, dans ce qui suit, de froid. J’entends par là le froid moral. Mais sous les actions et réactions de l’éther de chaleur, il peut parfaitement se transformer en froid physique).

Ainsi, tout au fond de nous, dans le subconscient, règnent le froid et la haine. Et l’homme n’apporte que trop souvent jusqu’à la vie consciente ce qui sommeille ainsi aux confins du corporel, de sorte que son âme est fréquemment tentée de méconnaître les besoins de ses semblables. Cette incompréhension résulte de la haine et du froid moral. L’individu doit donc s’efforcer d’éduquer le plus possible son âme, dans le sens de la chaleur morale et de l’amour ; de telle sorte que ces dernières forces triomphent du froid et de la haine qui montent de son corps.

On ne saurait nier, - c’est absolument évident au regard de l’esprit, - qu’avec notre époque moderne et notre civilisation, telle qu’elle a débuté avec le XVe siècle, c’est-à-dire matérialiste d’une part, intellectualiste de l’autre, les manifestations de la haine et de l’incompréhension mutuelle se sont multipliées. C’est encore bien plus vrai qu’on ne le croit couramment. Car ce n’est qu’en franchissant les portes de la mort qu’on s’en rend compte. On voit alors combien de haine et d’incompréhension habitent l’âme humaine. A ce moment, l’âme se libère du corps et l’abandonne : le froid moral et la haine qui y résidaient apparaissent librement, comme de pures forces naturelles, car c’est ce qu’elles sont en réalité.

Observons un cadavre. Contemplons, avec les yeux de l’esprit, le cadavre éthérique. Ce qui s’offre, à ce moment, à notre regard, ne suscite aucun jugement moral : pas plus qu’une plante ou une pierre. L’élément moral qui habitait ce corps s’est transformé en forces naturelles. Mais l’âme a puisé dans ces forces du corps, et ce qu’elle y a pris, elle l’emporte avec elle au-delà de la mort. Le moi et le corps astral, qui se retirent, emportent dans le monde spirituel tout ce que l’âme avait capté, pendant la vie terrestre, de haine et de froid moral emprunté au domaine corporel. Comme je le disais tout à l’heure, c’est après avoir franchi les portes de la mort qu’on découvre à quel point notre civilisation est entachée de haine et d’incompréhension, car l’homme moderne entre dans le monde spirituel tout chargé de ces impulsions.

Ces impulsions appartiennent au monde physique, et leur rôle normal était de constituer le corps physique et le corps éthérique, mais elles ont été détournées de leur but et l’homme les emporte dans le monde spirituel, sous une forme spiritualisée.

Il serait préjudiciable à l’homme désincarné de demeurer chargé de ces impulsions pendant le temps qui sépare la mort d’une nouvelle naissance. Son progrès en serait entravé, il trébucherait à chaque pas.

Le monde spirituel où il évolue dès lors, est à vrai dire tout sillonné de courants nuisibles à l’homme, et qui l’arrêteraient dans son développement, s’il les subissait tels qu’ils sont.

D’où proviennent ces courants ?

Pour le comprendre, il suffit d’observer la vie des hommes actuels. Ils se coudoient avec indifférence, lorsque ce n’est pas avec hostilité. Chacun s’intéresse le moins possible aux caractères personnels de son voisin. Les hommes ne sont-ils pas, pour la plupart, faits de telle sorte que chacun croit avoir réalisé en lui ce qu’il estime être juste et bon ? Quand on voit son semblable différent de soi, on ne l’approche pas avec bienveillance, mais on décrète :

« Cet homme devrait changer sa manière d’être ! »,
ce qui sous-entend !
« Il devrait être comme moi ! ».

On n’en est pas toujours conscient, mais tel est le fond des rapports sociaux. Le désir de se comprendre est même absent des formes du langage. Les hommes crient bien fort que l’on devrait être comme ceci ou comme cela, en d’autres termes, chacun prône son propre exemple. Et dès qu’on rencontre une personnalité qui diffère profondément de soi, on la considère tout de suite comme un adversaire, comme un ennemi, un être antipathique.

La compréhension, la chaleur morale, l’amour des hommes, voilà ce qui fait défaut. Et dans la mesure de cette lacune, l’homme emporte avec lui, au-delà des portes de la mort, un fardeau moral de froid et de haine.

Or, le développement ultérieur de l’homme n’est pas seulement un but qui lui est propre ; c’est le but que se propose toute l’harmonie universelle, toute la sagesse du Cosmos. L’homme rencontre dans l’au-delà les entités de la troisième Hiérarchie : Anges, Archanges et Archées. Ces entités, dès que les portes de la mort ont été franchies, se penchent, pleines de grâce, vers l’homme, et le déchargent du fardeau de froid qu’il apporte avec lui. Le clairvoyant perçoit de quelle manière ces trois Hiérarchies le délivrent de tout ce qui peut lui rester d’incompréhension humaine.

Quand à la haine, l’homme la conserve plus longtemps. Elle ne peut lu être enlevée que plus tard, lorsque se penchent vers lui, pleines de grâce, les entités de la seconde Hiérarchie : Esprits de la Forme, du Mouvement et de la Sagesse. Ces entités prennent sur elles tout ce que l’homme avait conservé de haine vis-à-vis de ses semblables.

Entre temps, l’homme est arrivé dans la région des Hiérarchies les plus élevées : Trônes, Chérubins, Séraphins. C’est ce qui est appelé dans les « mystères » « L’heure de minuit de l’existence spirituelle ».

L’homme ne saurait traverser cette région des Séraphins, des Chérubins, et des Trônes sans être intérieurement anéanti, sans être aussi radicalement supprimé que la flamme d’une bougie qu’un souffle… si les Hiérarchies précédentes ne l’avaient, par grâce, délivré de son fardeau de froid et de haine. Nous le voyons, l’homme ne peut se relier aux hautes impulsions spirituelles qui favorisent son progrès que lorsqu’il a chargé les Hiérarchies de tout ce qu’il avait entraîné avec lui de physique et d’éthérique.

Lorsqu’on a compris tout ceci, et lorsqu’on observe le froid spirituel qui règne dans les mondes d’en haut, on saisit aussi la parenté qui existe entre ce froid spirituel et le froid physique qui règne sur la terre. Le froid de la neige et de la glace n’est qu’un reflet physique de ces forces morales et spirituelles qui siègent dans les hauteurs. Et l’on peut comparer ce reflet à la réalité.

Tandis que l’homme est ainsi progressivement délivré de son fardeau de haine et d’incompréhension, sa forme se perd et se dissout peu à peu dans le monde spirituel.
Au regard de la clairvoyance imaginative, l’homme qui vient de franchir les portes de la mort conserve une forme assez analogue à celle qu’il avait revêtue sur la terre.

L’apparence physique de l’homme terrestre est plus ou moins constituée de substances granuleuses, de particules, d’atomes. Mais la forme de cette apparence physique est spirituelle. Il faut le comprendre clairement : il est absurde de se représenter l’homme terrestre comme une forme physique, c’est une forme spirituelle. Le physique y est seulement introduit, à l’état de fines particules. La forme que remplissent ces particules physiques n’est qu’un « corps de forces », qui tient ces atomes cohérents entre eux ; sans le « corps de forces », ils s’écrouleraient et ne formeraient plus qu’un tas de poussière. Qu’on retire à un individu sa « forme », aussitôt le physique et l’éthérique lui-même s’effondrent en un simple tas de sable. S’ils s’agglomèrent et demeurent cohérents, qu’ils se différencient, ce n’est pas grâce au monde physique, c’est grâce au monde spirituel. C’est donc un non-sens que de considérer l’homme comme un être physique.

Or, cette forme, l’homme la possède encore lorsqu’il vient de franchir les portes de la mort. Le voyant la contemple : elle étincelle, elle chatoie de mille couleurs brillantes. Puis, la forme de la tête disparaît la première, et ensuite toute la forme du corps s’évanouit. L’homme se métamorphose en une sorte d’image du Cosmos, pour la durée de son séjour dans la région des Séraphins, des Chérubins et des Trônes.

Aussi, lorsqu’on suit du regard spirituel le destin d’un homme dans le monde spirituel, on voit ses activités multiples qui se poursuivent, cependant que sa forme se perd peu à peu, du haut en bas, à commencer par la tête. A l’instant où la partie inférieure du corps achève de disparaître, on voit se former une configuration spirituelle d’une grande beauté, reflet de tout le Cosmos et, en même temps, préfiguration de la tête que portera l’homme lors de sa future incarnation. Les activités dans lesquelles il est impliqué, à cette époque de son existence spirituelle, ne dépendent pas seulement de la seconde et de la troisième Hiérarchie, mais aussi de la première.

Ce qui s’accomplit alors, c’est la chose la plus admirable qu’un esprit humain puisse jamais concevoir. Ce que l’homme a été, sur la terre, en tant que système d’échanges matériels, en tant qu’homme inférieur, devient le point de départ de la tête future.

Sur la terre, notre tête sert à penser, à nous représenter les choses. Elle est le support de nos pensées. Mais les pensées habitent aussi notre poitrine, notre organisme thoracique ; et elles habitent aussi nos membres. A l’instant où nous cessons de penser seulement avec notre tête, où nous commençons à penser, par exemple, avec nos membres, à cet instant, la réalité du karma se révèle à nos yeux. Si, dans l’existence ordinaire, nous ignorons tout de notre Karma, c’est parce que nous ne pensons qu’avec cet organe tellement superficiel : le cerveau. Dès que nous nous mettons à penser avec nos doigts ou avec nos orteils, (et l’on peut penser bien plus clairement avec ses doigts ou ses orteils, lorsqu’on y est entraîné, qu’avec les cellules nerveuses de la tête !) – et dès que nous nous mettons à penser avec la région inférieure de l’organisme, qui, je l’ai dit, n’a pas été entièrement matérialisée, entièrement convertie en substance physique, - dès cet instant, nos pensées sont adéquates aux pensée du Karma. Lorsque notre main ne nous sert plus seulement à la préhension des objets, mais aussi à penser, nous devenons capables de comprendre et de suivre, à l’aide de la main, le sens intelligible de notre Karma. Et lorsque nous utilisons nos pieds non plus pour marcher, mais pour penser, le Karma nous apparaît sous un jour plus lumineux encore. Si l’homme dans sa vie terrestre, est si borné… (Excusez ce mot, il ne m’en vient aucun autre à l’esprit), cela tient à ce qu’il limite sa pensée à la tête et l’y enferme. On peut penser avec son être tout entier. Et lorsque cette pensée totale est réalisée, l’organisme médian, la poitrine, devient le théâtre de toute une cosmologie, car ce qui s’y révèle, c’est la sagesse merveilleuse de l’univers. Quant à l’organisme inférieur, auquel se rattachent, comme on sait, les membres, il nous fournit la révélation du karma.
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Message par obsidienne le Dim 8 Jan - 23:59

Regardons ici-bas, un être humain qui marche : si notre sensibilité n’est pas trop obtuse, nous percevons la beauté, la grâce de sa marche, les caractères individuels de son pas. C’est déjà beaucoup. Et si nous laissons agir sur nous la vie de ses mains, si nous interprétons ses mains, nous découvrons que chaque mouvement de ses doigts est le témoignage le plus étonnant de sa réalité personnelle. En ces doigts qui remuent, qui saisissent les objets, en ces pieds qui marchent, on voit remuer, saisir et marcher, tout l’homme moral, toute la destiné de l’être, tout ce qui réside en lui de spirituel. Ensuite, lorsque l’homme a franchi les portes de la mort, lorsque sa forme s’évanouit, comme je l’ai dit tout à l’heure, (Ce qui s’évanouit, en premier lieu c’est ce qui rappelle l’apparence physique de l’homme), on voit apparaître clairement une configuration qui, tout en évoquant encore l’apparence physique disparue, exprime clairement l’être moral de l’homme.

Voilà ce que devient l’homme lorsqu’il est entré dans la région des Séraphins, des Chérubins, et des Trônes, et lorsqu’approche pour lui « l’heure de minuit de l’existence spirituelle ».

La forme humaine s’évanouit ou plutôt il semble qu’elle s’évanouisse, qu’elle se dissolve. Mais l’essentiel n’est pas cette disparition. L’essentiel, c’est le travail qu’accomplissent à ce moment les hautes Hierarchies spirituelles, de concert avec les hommes : avec ceux qui ont déjà volontairement élevé leur être, comme avec ceux qui restent captifs des nécessités du Karma, car les uns travaillent pour les autres, et les Hiérarchies oeuvrent avec tous. De la forme passée de l’homme, elles construisent sa forme future, c’est-à-dire, ce qui, dans son incarnation suivante, sera le principe spirituel de son apparence physique.

Ce principe s’unit ensuite à l’embryon humain qui se forme sur le plan physique. Mais ce qui était, la-haut, dans le monde spirituel, la jambe et le pied de l’homme, se métamorphose et devient sa mâchoire. Ce qui était le bras et la jambe devient l’os malaire, l’homme tout entier se transpose dans le germe spirituel de la tête à venir.

Cette métamorphose est bien la réalité la plus surprenante et la plus prodigieuse qui soit. D’abord apparaît une image du Cosmos tout entier, puis elle se différencie en image morale et spirituelle de l’être humain (mais après que cet être a été épuré, comme je l’ai dit), et enfin de ce qui était, surgit ce qui sera. L’homme pérégrine alors de nouveau, mais en sens contraire, à travers le monde des Hiérarchies. Et, à ce germe de tête, les Hiérarchies adjoignent tout ce qui doit s’y ajouter pour constituer un homme complet : poitrine, membres, système d’échanges. De quelle manière se fait cette adjonction, et d’où l’impulsion première en est-elle venue ?

Les entités des six Hiérarchies inférieures se sont penchées pleines de grâce vers l’homme qui venait de franchir les portes de la mort. Elles l’ont déchargé de son fardeau moral. A présent qu’il va se réincarner, elles le lui rapportent ; elles en forment le germe spirituel du système rythmique et du système des échanges. Ainsi, à ce stade, l’homme reçoit les constituants, les substances spirituelles qui serviront de base à son organisme physique. Sa forme spirituelle pénètre l’embryon, et y dépose ce qui va devenir des forces physiques et éthériques, c’est-à-dire le reflet physico-éthérique de la haine et de l’incompréhension dont l’individu s’était chargé pendant son existence précédente. C’est de cela que sont spirituellement construits les membres.

Pour s’adapter à ces notions grandioses, il faut à vrai dire acquérir un mode de sensibilité tout à fait particulier, qui, dans le monde physique, ne serait pas à sa place. On arrive à suivre parfaitement cette descente du principe spirituel de l’être humain jusque dans la matière, et à supporter l’idée que le froid moral, à l’état de reflet, habite dans nos os, que la haine morale, à l’état de reflet, habite dans notre sang. On réapprend à considérer ces choses avec objectivité.

C’est alors qu’on conçoit réellement la profonde différence qui existe entre le monde intérieur de l’homme et la nature extérieure.

Rappelez-vous ce que j’ai dit du règne végétal : on aperçoit dans les fleurs une image multipliée à l’infini de la conscience morale de l’homme. Ce qui existe là, au dehors, c’est le reflet de notre monde intérieur, de notre vie psychique. Les forces que nous trouvons en nous-mêmes, nous croyons tout d’abord qu’elles sont totalement étrangères à la nature.

Les os ne peuvent être ce qu’ils sont que parce qu’ils ont pour ainsi dire reculé devant l’apport minéral de carbonate et de phosphate de calcium, qui leur était fourni, parce qu’ils ont haï ce minéral extérieur tel qu’il était, et parce qu’il sont devenus quelque chose de complètement différent : des os humains, formés de carbonate et de phosphate de calcium humanisés. Pour que la forme physique de l’homme se réalise, la haine et le froid sont indispensables.

Vouez-vous, les mots prennent ici un sens interne, dont il faut tenir compte. Il est bon que nos os soient durs, et cette dureté est le reflet physique des forces spirituelles du froid. Par contre, lorsque notre âme est endurcie, c’est une chose préjudiciable à la vie sociale. L’être physique de l’homme est régi par d’autres lois que son âme. C’est cela qui permet à l’homme d’être vraiment humain. Mais l’être physique de l’homme diffère également de la nature qui l’entoure et c’est pourquoi s’impose la métamorphose complète de tous les éléments qui sont introduits.

Il était nécessaire que je donne ce complément, cet achèvement, aux considérations qui j’avais exposées déjà dans mon cours : « Philosophie, cosmologie, religion », traitant de l’union de l’homme avec les Hiérarchies supérieures. Avant de le faire, il me fallait indiquer tout ce qui précède. De même qu’on peut observer d’un regard spirituel la vie des êtres qui composent la nature terrestre : minéral, végétal, animal, - de même on peut s’élever à la perception du travail grandiose qu’accomplissent, à travers le temps, les Hiérarchies.

Il est alors possible de décrire l’existence de l’homme entre la mort et une nouvelle naissance, avec autant de sécurité qu’on raconte sa biographie terrestre. Et l’on est en droit d’espérer que la haine et l’incompréhension dont les hommes se rendent fautifs ici bas seront ennoblies et lui serviront à engendrer dans le monde spirituel de nouvelles formes humaines.

Mais au cours de ces derniers siècles, il s’est produit un fait particulier. Toute cette haine, toute cette incompréhension n’ont pu être utilisées comme je viens de le dire. Il en est resté un résidu. Ce résidu spirituel s’est précipité sur la terre et l’a envahie. De telle sorte que l’atmosphère spirituelle de la terre, la lumière astrale, qui environne notre globe, a été altérée par cette irruption de forces mauvaise, dues à la haine mutuelle et au mépris mutuel. Elles agissent sur les êtres humains, non pas sur les êtres humains, non pas sur les êtres individuels, mais sur les collectivités. Elles pénètrent la civilisation. Et elles y ont provoqué un mal redoutable. J’ai pu déclarer, à Vienne, au printemps de l’année 1914, que la civilisation actuelle était atteinte d’un sarcome, d’un cancer spirituel…

A cette date, nul n’y fit attention, mais par la suite, les hommes purent comprendre de quoi il s’agissait, et vérifier ce diagnostic. Nul ne s’attardait à des pensées sérieuses sur ce mal redoutable qui pénétrait toute la civilisation. Nul ne voyait qu’il se formait une tumeur, un abcès, qui allaient éclater.

De nos jours les substances spirituelles dont sont formées nos civilisations apparaissent comme des substances infectées, corrompues. Toutes ces impulsions de haine, de mépris et de froid, qui n’ont pas été normalement utilisées à la genèse humaine, ont envahi la vie sociale des peuples à la façon de parasites.

La civilisation moderne est complètement envahie par des parasites spirituels. Elle ressemble à un organisme infecté de bacilles. Les hommes ont accumulé une somme énorme de pensées mais ces pensées restent en suspens, sans aucun lien organique avec leur tête. Cela se manifeste, dans la vie quotidienne, sous mille formes diverses.

Voici, par exemple, un homme qui se met en devoir d’apprendre quelque chose, pour suivre l’usage, ou même, tout simplement, parce que la matière à apprendre existe et qu’il veut la posséder, - il apprend sans aucun enthousiasme, il s’assied devant ses livres et se force à apprendre, soit pour passer un examen, soit pour devenir un bon fonctionnaire. Il n’existe aucun lien organique entre cet homme et ce qu’il a décidé d’apprendre. Son étude ne répond pas à un désir de développement mental. Il fait penser à quelqu’un qui, sans être aucunement affamé, avalerait une somme inouïe d’aliments. Qu’arrive-t-il ? Ces aliments inutiles, ces notions apprises sans nécessité, ne s’assimilent pas et alourdissent l’organisme de leur dépôt. A la fin, cet état de choses favorise l’éclosion des parasites dont j’ai parlé.

Notre civilisation est bourrée de ces dépôts inutiles, qui en font une proie facile à tous les parasitismes spirituels. Au dessus du monde d’impulsions sincères et vivantes qui montent des âmes et des cœurs, il se forme toute une végétation, comparable à celle du gui sur les arbres. Pour celui qui possédait la voyance spirituelle, l’humanité apparaissait déjà atteinte, en 1914, d’un cancer, d’une tumeur, et totalement envahie par cette formation parasitaire, visible dans la lumière astrale.

Je vous ai exposé précédemment, du point de vue de la physiologie spirituelle, si l’on peut dire, l’apparition des parasites dans l’organisme humain, par l’effet d’impulsions provenant des Gnômes et des Ondines, et montant de bas en haut. Je vous ai exposé comment les Sylphes et les Esprits du feu font descendre de haut en bas le principe vénéneux dans les plantes. Ainsi, dans notre civilisation, marquée au sceau du parasitisme, la vérité spirituelle se déversant de haut en as, puisqu’elle ne soit pas elle-même un poison, se transforme en poison dans l’homme ; il la repousse alors avec frayeur et découvre mille raisons pour ne pas l’accepter. J’ai parlé de cela dans le « Goetheanum ».

Les deux phénomènes se répondent : en bas, une civilisation envahie de divers parasitismes, parce qu’elle ne répond pas aux nécessités spirituelles, - en haut, une descente de spiritualité qui se transforme en toxique dès qu’elle pénètre dans les hommes. Ce sont là les caractères les plus symptomatiques de la double maladie dont souffre notre époque.

Dès qu’on a compris cet état de choses, une nouvelle pédagogie s’impose comme étant le seul moyen de salut. De même qu’une thérapeutique rationnelle est dictée par un bon diagnostic, de même la guérison de notre civilisation dépend de la connaissance réelle du mal qui l’a frappée.

Il est tout à fait évident que l’humanité a besoin d’une civilisation plus conforme à son tempérament et à se sentiments, et qui en jaillisse directement. Un enfant qui va s’asseoir, de nos jours, sur les bancs de l’école, apporte avec lui un manuel de lecture : ces formes de lettres, qu’il va lui falloir apprendre, cet abécédaire, n’a rien de commun avec son cœur d’enfant, son tempérament d’enfant.

Il n’existe aucune relation entre lui et ces signes abstraits, fruits d’une civilisation déjà très avancée. Tandis qu’il se débat avec l’abécédaire, un germe de parasitisme s’établit dans son cerveau et dans son cœur.

Il en est ainsi de toute notre culture. Des parasites font sans cesse irruption dans l’individu. Aussi, lorsque l’enfant entre à l’école, devrait-on s’ingénier à faire jaillir le travail pédagogique de son tempérament même, et à le rendre actif, vivant. Il faut laisser l’enfant, par exemple, jouer librement avec les couleurs. Par ces couleurs issues de ses joies, de ses déceptions ou d’autres sentiments, il s’exprime lui-même sur la page blanche. Douleur… joie… son tempérament se déploie alors avec candeur et naturel, selon le fond même de l’être qu’il porte en lui. Aucun parasitisme ne peut en découler. Ce qui en découlera sera aussi naturel que la croissance elle-même. Tandis qu’en enseignant tout de suite aux enfants à lire les lettres, fruits d’une civilisation avancée et déjà très abstraite, on les intoxique. Quand l’Art de l’éducation éveille l’élément vivant qui est au cœur de l’être humain, il lui apporte un aliment de spiritualité qui ne peut nullement l’empoisonner. Le mal dont souffre la civilisation, vous le voyez, c’est un cancer !

Et le remède, c’est la pédagogie de l’Ecole Waldorf ! Cette pédagogie est un cas particulier de ce que j’ai dit il y a quelques jours : l’être humain se développe à travers trois stades : la nutrition, la guérison, et le développement spirituel. Il faut considérer la pédagogie comme une médecine transposée dans le domaine spirituel. La thérapeutique qui peut être appliquée à la civilisation toute entière et qui peut la guérir, c’est la pédagogie de l’Ecole Waldorf (Pédagogie appliquée dans les Ecoles qui portent aujourd’hui le nom même du fondateur : Ecoles Rudolf Steiner).

Quels sentiments n’éprouve-t-on pas lorsque, non satisfait de comprendre et d’observer le cancer dont souffre la civilisation, on tente d’y remédier activement par des essais tels que l’Ecole Waldorf ! Malheureusement, sous l’influence des événements d’ordre général qu’a engendrés le cancer européen, l’œuvre entreprise est menacée, vous le pressentez ; peut-être sera-t-il totalement impossible de la poursuivre.

N’écartons pas systématiquement de notre esprit de telles pensées. Qu’elles deviennent en nous des impulsions, et quelles nous incitent à collaborer de toutes nos forces, partout où nous nous trouvons à la guérison de notre humanité !
obsidienne
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