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Vérité conventionnelle et vérité ultime

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Vérité conventionnelle et vérité ultime Empty Vérité conventionnelle et vérité ultime

Message par Admin le Mer 13 Juin - 17:41



http://www.dhagpo-kagyu.org/france/enseignements/fondements/general/sages-compas_beru-kyentse_2.htm
 
 



La vérité ultime et la vérité relative




Ce cheminement vers l'éveil peut être considéré au niveau de la base, du chemin et du fruit. Au niveau de la base, la marche vers l'éveil se fait par l'union indissoluble des deux vérités: la vérité relative et la vérité ultime.



La vérité ultime est la nature fondamentale de l'univers et de la conscience. Ce ne sont pas deux choses différentes mais une seule et même chose. C'est le mode d'existence réel de tous les phénomènes: une réalité qu'il n'est pas possible de traduire par des mots et qui sous-tend toutes les illusions. Ce quelque chose qui est là mais qu'on ne peut pas saisir, c'est la réalité ultime.


La vérité relative ou conventionnelle est le niveau de réalité illusoire tel que nous le percevons. Il est vrai que, considérée du point de vue ultime, cette réalité illusoire est aussi fallacieuse qu'un reflet et aussi peu importante que de la fumée. Mais pour nous, qui sommes pris dedans, qui sommes limités à cette réalité illusoire, c'est la seule qui existe. On peut donc dire que cette expression est à la fois réalité et illusion. Pour nous, c'est la seule réalité, mais n'existant pas inttinsèquement, telle que nous la percevons, elle est illusoire. Elle n'existe que parce que soutenue par l'ignorance fondamentale.


Ces deux vérités -ultime et relative- ne sont pas deux choses différentes, mais pas non plus une seule et même chose. Elles sont une union indissoluble dans un niveau de réalité que l'on ne peut pas exprimer par des mots. L'union de ces deux vérités est la base sur laquelle s'appuie la marche vers l'éveil. Si les deux vérités n'étaient pas indissolublement liées, on ne pourrait pas parvenir à l'éveil. Etant plongé dans l'illusion, il serait impossible de passer au-delà de l'illusion. Mais, du fait que l'on n'est pas séparé de ce qui n'est pas l'illusion, on peut pleinement retourner à cet état.


Il faudrait bien se garder de traiter la vérité relative à la légère en disant : "Tout est illusion, donc rien n'a d'importance." En fait, il faut se souvenir que pour nous, actuellement, c'est la seule réalité. En effet, pour nous, certaines choses sont bonnes, mauvaises, agréables ou désagréables; le bonheur et le malheur existent réellement. Nous le vivons constamment. Evidemment, si l'on considère la véritable nature de tous ces phénomènes, ils sont vides d'existence propre et on peut intellectuellement s'en convaincre en réfléchissant à la façon dont ils nous apparaissent. En analysant attentivement leur mode d'être apparent, on va s'apercevoir que, bien qu'ils paraissent exister en eux-mêmes, ils n'existent pas ainsi et pourtant sont toujours là. On peut trouver un moyen de franchir ce miroir, d'aller au­delà de l'illusion, vers ce qui est libre de toute illusion.


Parce que l'existence de l'illusion, telle que nous la vivons, ne dépend que de notre propre esprit, c'est-à-dire qu'elle n'est ainsi que parce ce que nous la voyons ainsi. Sa manifestation dépend uniquement de notre point de vue. En fait, si nous souffrons, c'est parce que nous la voyons ainsi. Effectivement, dans ce mode illusoire de perception, il y a des choses agréables et désagréables, mais même le bonheur est souffrance. Tout ce mode de perception illusoire est souffrance parce qu'il est soumis à la même illusion, c'est-à-dire de ne pas exister tel qu'il apparaît. Il est totalement impermanent car, même au niveau de la réalité illusoire, rien n'existe indéfiniment. Comme tout dépend de causes, de conditions, d'une conscience, etc., il ne peut y avoir de réalité permanente. Quand le bonheur, la félicité disparaissent, cette disparition devient souffrance. Donc, au coeur même de la félicité est le germe de la souffrance. C'est pourquoi on dit: l'univers est souffrance, le monde manifesté est souffrance.


Toute la démarche va consister à essayer de voir, d'une manière libre, ce qu'il y a au-delà de cette illusion; de percevoir non plus cette réalité illusoire mais une réalité plus globale, plus fondamentale, qui est toujours là, en toile de fond, c'est-à-dire l'univers et moi-même tels qu'ils sont et ont toujours été.


Il ne faut pas se laisser prendre au piège du vocabulaire. Quand on dit "réalité illusoire", on a immédiatement tendance à penser à quelque chose qui n'existe pas. Mais il faut bien comprendre que cette réalité illusoire, à partir du moment où l'on se place en termes d'exister et de ne pas exister, existe mais est autant dépourvue d'existence intrinsèque que la vérité ultime. En fait, les termes d'existence ou de non-existence sont totalement inappropriés pour décrire la vérité ultime. C'est la raison pour laquelle on ne peut pas, si l'on souhaite pratiquer l'enseignement du dharma, nier la réalité illusoire, en disant: "Ça, c'est faux, ça n'existe pas." Il faut au contraire s'appuyer dessus, parce que ce n'est qu'en prenant cette réalité illusoire comme support que l'on pourra réaliser ce qu'est la vérité ultime. Il n'y a pas d'autres possibilités.



Samsara et nirvana ne sont qu'un



Parfois on entend dire que pour un être éveillé la réalité illusoire n'existe pas. C'est faux. La réalité illusoire existe autant que la réalité ultime à tel point qu'il n'ya pas de différence entre les deux. Il n'y a pas d'un côté un samsara illusoire et inexistant et d'un autre côté le nirvana vrai et existant. Il y a au contraire, et c'est pour cela que l'on parle d'union, une seule et même chose que nous ne percevons pas parce que nous sommes plongés dans une aberration. On voit deux choses là où il n 'yen a qu'une : samsara et nirvana ne sont qu'un.


Mais on ne peut pas dire non plus qu'il n'y a pas de différence. Nous sommes plongés dans un mode d'existence où nous souffrons parce que nous ne voyons qu'un seul côté des choses. A partir du moment où il se manifeste, un être éveillé est lui aussi investi dans le monde mais, conscient de la vérité ultime de tous les phénomènes, il ne fait pas de différence. Donc un bouddha naît, tombe malade, vieillit et meurt. Il doit manger, éliminer, dormir comme tout le monde parce que c'est ainsi que fonctionne la réalité illusoire. Pour se manifester à ce niveau, il emploie les moyens de ce type de réalité. Il n 'y a pas possibilité de faire autrement. Si l'on veut être perçu à ce niveau-là, il faut être à ce niveau-là. Pour un bouddha, cela ne fait pas de différence de se manifester au niveau de la réalité illusoire ou de demeurer absorbé dans la vérité ultime. Il n 'y a pas un moment où un bouddha demeure dans la vérité ultime et puis un moment où il se manifeste au niveau de la réalité illusoire. Au moment où il se manifeste dans la réalité illusoire, il est en même temps plongé dans le nirvana. On ne peut pas atteindre la vérité ultime en se débarrassant de la réalité illusoire, car il n'y a pas de vérité ultime en dehors de la vérité relative.



La saisie de l'existence réelle



On ne peut pas dire non plus qu'il n'y a pas de différence entre le mode de vie d'un bouddha et celui d'un être ordinaire. Un bouddha tout autant qu'un être ordinaire est plongé dans le monde relatif. Mais, contrairement à un être ordinaire, il ne se saisit pas de cette existence. Il ne saisit pas la réalité illusoire comme existante au sens où nous la percevons. Par exemple, pour moi une chose est ou n'est pas. Si elle est, je peux la percevoir, donc elle existe. Même si elle existe à un niveau subtil, au niveau par exemple d'une illusion, d'un rêve ou d'un mensonge, c'est quand même quelque chose que j'ai perçu. Donc, il ya une partie de mon esprit qui s'accroche à cette existence. Ce que je ne perçois pas, pour moi n'existe pas, donc je n'ai aucune idée de ce qui n'est pas. Alors, je me saisis de ce que je perçois comme étant réel et le reste, tout ce que je ne saisis pas, n'existe pas. La conscience va en permanence se saisir de quelque chose en se disant: ça existe. C'est ce qu'on appelle la saisie de l'existence réelle.



Un grand maître qui a atteint l'éveil est libéré de cette saisie. Il perçoit tout autant que nous et même mieux que nous le monde relatif, cette réalité illusoire. Mais il ne va pas s'en saisir comme existant par rapport à ce qui n'existe pas parce que pour lui, ces termes exister et ne pas exister ne correspondent pas à la réalité.  

Pour lui, il y a un troisième terme qui définit l'ensemble de ce qui pour nous existe ou n'existe pas. Ce troisième terme est la réalisation de la vérité ultime.
Un bouddha, comme Milarépa ou Gampopa, vit dans la réalité illusoire mais sans être entaché par la saisie. Cette saisie nous rend malheureux, car elle nous emprisonne dans cette vision étroite de l'univers. Tant que nous sommes sous son influence, nous ne pouvons pas nous libérer de la souffrance et de l'illusion.
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