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Origine de la souffrance, les 12 causes interdépendantes

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Origine de la souffrance, les 12 causes interdépendantes Empty Origine de la souffrance, les 12 causes interdépendantes

Message par Admin le Mer 13 Juin - 17:30

Les douze causes interdépendantes



Par Peunlop Rinpoché



Tous les phénomènes -qu'ils appartiennent au samsara ou au nirvana - sont interdépendants. Toute la manifestation s'élève de manière identique: chaque phénomène est issu d'une cause, celle-ci produisant un fruit. Ainsi, tout phénomène doit s'appuyer sur une base. Quand on parle des douze causes interdépendantes appartiennent à ce processus de production de tous les phénomènes, en particulier ceux du samsara (il existe aussi un processus inverse).  

Il n'existe aucun phénomène pouvant se manifester spontanément, de façon autonome, indépendante. Rien ne peut apparaître de façon autonome, sans découler d'un autre élément qui le précède, sans s'appuyer sur quelque chose de plus fondamental.  

L'enseignement sur les douze causes interdépendantes est extrêmement important. Habituellement, nous nous accrochons surtout à des noms et aux représentations des choses. Nous classifions tout, toutes les choses sont répertoriées et étiquetées; on y appose une dénomination, un label. Le fait de comprendre le processus de causalité interdépendante permet de détruire cette illusion du nom, illusion qui renforce notre perception erronée d'une existence indépendante des phénomènes.

Notre esprit fonctionne à partir de concepts; ceux-ci nous semblent parfaitement adhérer à la réalité des choses. Le nom n'est pas la chose, et ainsi notre esprit est dans la confusion, dans l'illusion. Nous vivons dans un monde de concepts qui voilent chaque perception. Le dénominations concernent la vérité relative, conventionnelle, le sans-nom, la réalité ultime.  



L'ignorance



La première de ces causes interdépendantes, c'est l'ignorance, avidya en sanskrit qui signifie la "non-connaissance". C'est l'impossibilité de percevoir clairement les choses telles qu'elles sont. C'est une ignorance semblable au fait d'être aveugle, comme une infirmité de notre esprit.

En fait cette ignorance, consiste à ne pas reconnaître la véritable nature de tous les phénomènes, qui est vacuité, et donc à ne pas percevoir la véritable nature de notre propre esprit, qui est lucidité et sagesse. Ceci est la cause de toute souffrance.

Il existe deux aspects de l'ignorance. Le premier est directement lié à la production des émotions que sont, sur la base de l'ignorance, l'attachement, l'aversion, la jalousie, etc. toutes les émotions vont se combiner, proliférer et se diversifier à partir de ce terrain fondamental qu'est l'opacité mentale à partir de laquelle vont se développer attachement, aversion, puis toutes les autres émotions.



Les formations karmiques



Il existe encore une autre sorte d'ignorance qui n'est pas directement liée aux émotions perturbatrices - qui n'est pas productrice d'émotions - mais qui est une ignorance "fonctionnelle" qui affecte le fonctionnement de notre esprit. Cette ignorance fait que notre vision est opacifiée, que nous sommes incapables de percevoir la véritable nature des choses et de notre propre esprit, incapables de voir comment fonctionne notre propre esprit, etc.  

Ce qui fait que nous sommes enchaînés au samsara, que nous renaissons encore et encore dans le cycle des existences, c'est l'ignorance en tant que productrice d'émotions perturbatrices. A partir de cette ignorance fondamentale, vont se développer les formations volitionnelles, qui apparaissent sous l'influence du karma.  

Le karma peut être positif, négatif ou neutre. C'est essentiellement le résultat, l'empreinte laissée en nous par nos actions. Ce qui fait vraiment la positivité ou la négativité d'une action et de son résultat, c'est la qualité de la motivation qui est à l'origine de cette action. C'est essentiellement la motivation altruiste ou non qui va faire que le résultat, le karma, sera positif ou négatif.



La conscience individuelle



A partir de ce karma, de l'influence et des traces laissées en nous par nos actes passés, va apparaître ce que l'on appelle la conscience individuelle. Il y a deux aspects à cette conscience, un aspect relié au passé, qui se manifeste à travers ce qui nous constitue actuellement, qui est la cristallisation des tendances fondamentales issues du karma antérieur, tendances qui vont se manifester et se perpétuer dans la conscience; l'autre aspect, c'est la possibilité de changement, de transformation, la potentialité liée au devenir. Notre conscience est, en quelque sorte, "l'interface" entre notre passé et notre devenir. Ceci est directement lié aux caractéristiques de cette conscience qui est faculté d'appréhension, cognition, possède le pouvoir d'interpréter, discriminer, choisir. A partir de là, nous avons la potentialité de nous déterminer nous-mêmes (libre-arbitre), de ce fait, notre karma n'est pas pur determinatio.



Le nom et la forme



Ensuite apparaît, en conséquence de cette conscience, nama rupa, le nom et la forme. A départ, la conscience est pure perception, simple réceptacle; elle appréhende toutes choses, au moyen des messages transmis par les cinq sens. Ces messages eux-mêmes seraient inutiles si on n'était pas capables de les trier, et de les définir en les étiquetant. Tout est reconnu par notre conscience à partir des messages de nos sens parce que ces messages sont transformés en nama rupa, ou "capacité de conceptualiser". Pour nous, les choses n'ont d'existence que dans la mesure où nous pouvons leur donner nom et forme, les conceptualiser.



Les six domaines de la perception



Sur la base de cette faculté de conceptualisation peuvent se déployer ce que l'on appelle les "six domaines de la perception"; aux cinq facultés sensorielles de base (vue, ouïe, toucher, odorat, goût) s'ajoute, dans le bouddhisme, le mental, considéré comme un sixième sens, du fait que, au même titre que les cinq autres, il produit et intègre des informations, celles-ci n'étant toutefois pas directement liées à une expérience sensorielle.



Le contact



Par la conjonction de tous ces différents aspects qui se sont développés successivement à partir de l'ignorance, va pouvoir se produire ce que l'on appelle le contact, ré-pa. L'exemple grossier, est le contact tactile, on peut aussi évoquer un contact plus subtil, par exemple sur le pan sonore: si j'entends un bruit, cela signifie que le son est capté par mon oreille et perçu au niveau de ma conscience auditive; il y a donc là encore contact entre un objet extérieur, le son, objet de l'ouïe, bien que n'étant pas tangible, et la conscience auditive.



La sensation



A partir du contact, va se produire une appréciation au niveau de la conscience, et ce contact va être considéré comme positif, négatif ou neutre. Cette appréciation, est ce que l'on nomme la sensation; de là, cette sensation va être appelée plaisir, souffrance ou indifférence.
Quand se produit la sensation, apparaît ce que l'on appelle "la soif"; cette soif est une tendance de notre esprit à prolonger la sensation. L'esprit ne vit que de sensations; n'existe qu'à travers elles; il souhaite pouvoir continuer à alimenter sa perception par la sensation, mais naturellement pas sous forme de souffrance. En fait, la soif va être le désir que cette souffrance s'arrête: or, la disparition de cette sensation pénible, c'est encore en soi une sensation, une forme de plaisir en négatif.



La saisie



Cette soif va entraîner l'apparition de l'élément suivant: la saisie. La saisie est le mouvement intérieur, l'orientation de l'esprit vers la satisfaction de cette soif. Ayant engendré la volonté de prolonger ou supprimer la sensation, l'esprit ne va pas en rester là, il va être poussé à agir pour maintenir ou interrompre cette sensation, il va être porté à l'action, dans un sens ou dans un autre.Ce mouvement de l'esprit va se concrétiser dans l'action même, ce qui va provoquer le devenir. On entre dans le devenir, on va créer des causes à travers notre action.  



La naissance



Finalement, l'aboutissement de tout ce processus est la naissance; elle va entraîner inéluctablement la vieillesse et la mort, non seulement au niveau de l'existence d'un être, mais aussi au niveau de tous les phénomènes, sans exception, même les plus infimes. La totalité des phénomènes manifestés, produits par notre esprit d'instant en instant, sont soumis à l'ensemble de ce processus tel qu'il vient d'être décrit. Dès lors qu'un phénomène existe, il s'inscrit dans une évolution en trois phases: apparition, maintien, destruction; c'est-à-dire qu'une fois produit, tout phénomène va demeurer dans une période de maintien plus ou moins longue, et va finalement se dégrader, se détruire et disparaître. Ceci s'applique à tous les phénomènes, quelle que soit leur durée, c'est ce qui caractérise la nature impermanente des choses et des êtres. Du fait de notre naissance, nous sommes amenées à viellir et à mourir; du fait de son apparition, tout phénomène est voué à la destruction; c'est un processus universel.

Ainsi, ce cycle des douze causes interdépendantes, s'applique à notre existence et à celle des phénomènes, à tous les niveaux. On va la retrouver par exemple, dans le processus de la renaissance: à partir du moment où la conscience individuelle est totalement résorbée en la conscience de base au moment de la mort, on va retrouver le développement des douze phases successives qui vont condionner la réapparition de la conscience individuelle, du nom et de la forme, des six domaines de perception etc. Ainsi, ce processus des douze causes va être à la racine même de notre re-manifestation.  
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Message par Admin le Mer 13 Juin - 17:35

Origine de la souffrance, les douze causes interdépendantes





Ignorance --> formations mentales --> conscience --> nom et forme --> six sens --> contact --> sensation --> soif --> attachement --> devenir --> naissance --> vieillesse et mort






La chaîne des origines interdépendantes, ou "production conditionnée", se présente sous la forme d'une causalité circulaire, ou chaque facteur réagit sur les autres.
La tâche de la méditation est de faire expérimenter la complexité de ce qui se prend naïvement pour un moi monolithique existant par lui-même. Mais réaliser ce que le Bouddha nomme l'illusion du moi est bien difficile. Le moi résiste, l'intellect dualiste, déchiré entre l'être et le néant, ne peut voir dans le non-moi bouddhiste, que le néant, ce qui le révulse.
La vacuité est l'absence en tout phénomène d'une nature propre, autonome, indépendante. La coproduction conditionnée est la vacuité. Comme Nagarjuna l'a déclaré, "Les Victorieux ont proclamé que la vacuité est le fait d'échapper à tous les points de vue. Quand à ceux qui font de la vacuité un point de vue, ils les ont déclarés incurables".


Ignorance


Elle encadre les formations karmiques (samskâra) dans leur orientation dynamique,
Détermine le dualisme fondamental de la conscience discriminative,
encadre et sépare le "nom et la forme" ou mental et matière,
sectionne entre eux les six sens,
limite étroitement leur contact avec leurs objets,
confère à la sensation isolée sa puissance,
cela est encore plus vrai pour la soif qu'elle dirige et oriente,
cependant qu'elle engendre l'attachement,
et déclenche le devenir,
il en résulte une naissance dans un état d'être, à l'exclusion des autres,
tant qu'elle dure, vieillesse et mort se succèdent et lèguent l'ignorance à l'état suivant.


Formations karmiques, mentales ou volitionnelles


Elles fournissent la conscience duelle des cadres formels et l'énergie qui la rend efficace,
déterminent et mobilisent notre appréhension des phénomènes internes et externes,
chargent positivement ou négativement nos six sens,
daterminent donc la qualité du contact,
sélectionnent la sensation et son retentissement,
Ces expériences passées nourrissent ou inhibent la soif,
sous-tendent et orientent l'énergie des actions et donc du devenir,
font choisir une nouvelle naissance,
tout au long de la vie préparent ce que seront la vieillesse et la mort,
perpétuent l'ignorance par leur énergie cachée,
et naturellement passent d'une vie à l'autre, rien ne se perd


La conscience duelle


La première coupure dualiste est entre le mental et le corps, moi et autrui,
en détail cela influence les six sens bouddhistes (les cinq grossiers plus le mental),
et les contacts qu'ils fournissent,
ainsi que les sensations externes et internes.
Ces informations bien sélectionnées nourrissent des désirs électifs,
et donc des attachements spécifiques,
qui agissent efficacement sur le devenir, chacun poussant vers son but,
et contribuant ainsi au devenir et au choix d'une nouvelle naissance.
La vieillesse et la mort sont encadrées par les conflits dualistes,
qui confortent l'ignorance et relancent la roue,
en entretenant l'énergie des formations mentales karmiques,
qui à leur tour maintiennent le dualisme dans son cercle vicieux.


Le nom et la forme grossière, ou les phénomènes mentaux et physiques


Ils s'imposent aux six organes des sens dans leur style dualiste,
et aux contacts séparés de ceux-ci avec leurs objets.
Les informations ou sensations fournies sont séparées les unes des autres,
et donnent aux désirs, à la soif, son cadre strict,
ainsi qu'aux attachements correspondants (alcool, sexe, gloire,...)
le flux constant du devenir s'écoule à des vitesses variables dans les mondes physique et mental.
A chaque naissance le psychisme s'empare d'un nouveau corps,
qui ne manquera pas de mourir à son tour,
transmettant à travers l'ignorance fondamentale,
les problèmes non résolus des formations mentales,
qui continuent à s'agripper à la conscience duelle.


Les six sens


Ils conduisent les informations (physiques et mentales) à travers leurs filtres,
et les sensations résultantes dressent le tableau d'un monde particulier et privé,
dont le sujet désire les caractéristiques,
et s'y attache d'autant plus qu'il les a choisies.
L'action attachée concernant ces objets s'ensuit et détermine le devenir,
menant à une nouvelle naissance (non dans une terre "pure"), mais dans un monde corporel et mental,
sujet à la vieillesse et à la mort,
si bien que l'ignorance persistante
nourrit les formations karmiques résiduelles, la conscience duelle et l'enlisement dans le mental et le corps.


Le contact


avec des phénomènes internes ou externes met en jeu la puissance orientée du sujet, qui donne sa valeur personnelle à la sensation,
ainsi qu'au désir ou à la répulsion qu'elle suscite,
l'attachement dépend donc de ce contact,
qui entretient aussi les actes et le devenir.
Le contact avec des parents éventuels suscite la renaissance,
et donc la vieillesse et la mort.
Renouvelé, il relance l'ignorance,
déclenche et stimule les formations mentales,
fait fonctionner la conscience duelle, qui le choisit ou l'écarte,
dans les cases diverses du physique et du mental,
et des six sens.


La sensation


Elle interprète le contact, le valorise (j'aime, je n'aime pas, ou je m'en moque) à l'intérieur du monde privé. Elle déclenche un dynamisme, la soif,
elle nourrit l'attachement qui souhaite maintenir la sensation agréable ou supprimer la sensation désagréable.
Le comportement est ainsi déterminé et avec lui les actions et la destinée.
Le poids karmique engendre la renaissance, dont le choix apparaît comme largement déterminés,
les constructions subjectives édifiées par les sensations qui informent sur le monde (et le forment) entretiennent les attachements jusqu'à la mort,
maintiennent dans l'ignorance,
et déclenchent les formations mentales sensibles,
confirmant la conscience duelle dans ses opinions sur ce qui est bon ou dangereux,
dans l'état de coupure de la matière et du mental, des sens et des phénomènes.


La soif


Ce désir avide de jouir et de ne pas souffrir nourrit l'attachement à ce qui apparaît comme agréable ou sécurisant, et la répulsion envers ce qui menace. C'est le facteur déterminant du comportement alors même que le désir est momentanément calmé.
la soif pousse à recommencer les mêmes actions, entretient le courant des actes et du devenir,
c'est la soif insatisfaite qui pousse à la renaissance et choisit les parents et les conditions qui lui conviennent,
la vie, la vieillesse et la mort lui doivent leur élan,
au nouvel être elle transmet l'énergie qui dynamise l'ignorance,
irrigue les formations mentales,
fige la conscience duelle,
nourrit la séparation du corps et du mental,
et celle des six organes des sens, des contacts et des sensations.


L'attachement


c'est la fixation du désir ou de la répulsion qui est nocive, pas la faim ou la soif seulement nécessaires pour entretenir la vie. La fixation aveugle et durable, par contre, engendre les excès et les drames. L'attachement ligote en permanence et pousse aux actions sans fin des recommencements douloureux.
ainsi de tels défunts renaissent dans des conditions analogues et rejouent les mêmes erreurs, tel alcoolique et tel criminel redeviennent alcoolique et criminel.
Il fixe les comportements et conduit aux échecs jusqu'à la vieillesse et la mort,
il enferme dans l'ignorance, la cause cachée banale des jugements erronés systématiques est une fixation inconsciente qui cadre un point de vue partiel. De là découlent erreurs, conflits et persécutions.
L'énergie des attachements dynamise les formations karmiques,
et sous-tend la conscience duelle,
ainsi que le maintien dans les mondes matériels grossiers, et mentaux fixés aux premiers,
avec leurs organes des sens, leurs contacts et leurs sensations,
et la soif que l'attachement renforce en un cercle vicieux.


Le devenir


quel drame que ce devenir, ce flux constant, cette ronde dans les six conditions d'existence du monde du désir,
l'impermanence foncière coule dans la vieillesse et la mort, le changement et la fin de tous les états.
protégé par l'ignorance, le devenir poursuit sa course,
et maintient les structures formées et formantes des constructions karmiques d'une existence à l'autre,
leur causalité fluide et complexe dynamise la conscience duelle, qui isole et ne voit que ce qui sépare,
à l'intérieur du courant ascendant et descendant des êtres emportés par un flot qu'ils ne questionnent pas,
et prennent pour une loi ultime les organes des sens, leurs objets, leurs sensations, dans leur pluralité changeante,
le devenir exalte la soif, qui à son tour le nourrit,
et ce cercle vicieux l'attachement.


La naissance ou renaissance


cette continuité changeante de l'apparition des phénomènes internes et externes, dure dans l'évolution jusqu'à la mort, qui est la naissance à un autre état d'être héritier du précédent, après un passage habituellement bref dans le bardo.
la connaissance juste n'est pas identifiable à la connaissance duelle, vouée à la coupure diabolique (au sens étymologique) , du sujet et de l'objet, de moi et de l'autre, qui est le premier voile de la connaissance, le premier acte de l'ignorance,
le nouvel être héberge les formations karmiques élaborées par le précédent, ni le même, ni un autre, il en subit les conséquences,
la conscience qui s'éveille chez l'enfant d'emblée se distingue, sépare, prend position pour ou contre, et en portera le poids,
le mental et la matière vivent, évoluent, croissent et se complexifient suivant les schémas organisateurs qu'ils ont apportés,
les organes des sens, leurs contacts avec des objets, et les sensations, sont nés de ces formes dynamiques,
ainsi que les désirs et attachements suscités et entretenus par cette histoire karmique et ce qu'elle a rencontré sur son chemin,
ce qui résume l'histoire du devenir de ce nouvel être.



La vieillesse et la mort


cette histoire n'est telle que par la persistance de l'ignorance, dans ce cas, le cercle des origines interdépendantes continue à tourner sans fin, s'engendrant lui-même comme nous l'avons vu.
Mais il peut s'arrêter. Esquissons le mouvement inverse de la rotation habituelle du cycle:


Si le sujet cesse de se croire identifié aux phénomènes; s'il découvre qu'il n'en est pas le possesseur; s'il comprend que le moi psychologique n'est pas la réalité ultime, est relatif et peut être dépassé; s'il voit que la conscience sage et pure est déjà là, et que c'est cette nature de Bouddha seule qui est ultimement réelle, il peut enfin laisser se dissoudre le voile des illusions et voir ce qui est et ce qui n'est pas.


Alors la conscience primordiale (ou la sagesse) dissipe l'ignorance,
les formations mentales sont vues pour ce qu'elles sont: des productions du passé dépourvues de tout fondement dans la sagesse intemporelle. Elles se dissolvent alors.
Sans support énergétique perturbateur la conscience duelle se résorbe dans la non-dualité,
la coupure entre mental et matière, moi et l'autre, disparaît dans l'expérience unifiante des inter relations complémentaires,
les six sens travaillent désormais en commun,
il n'y a plus d'objets séparés mais des phénomènes interdépendants,
les sensations informent sur un univers de réseaux interdépendants ou rien n'est isolé,
la soif, les désirs positifs et négatifs, sont au service de l'organisme, sans conflit insoluble avec l'environnement,
il n'y a plus d'attachement mais détachement et liberté,
le devenir est l'expression naturelle du mouvement vital, au service de la réalisation spirituelle, unissant la sagesse et l'amour,
la renaissance s'il y a lieu s'effectue consciemment au service du lien indissociable d'autrui et de soi,
la vieillesse et la mort sont l'occasion rêvée du détachement ultime par rapport au moi et aux phénomènes. La mort devient la porte du Nirvâna.

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