Les degrés de l'initation

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Les degrés de l'initation

Message par Archange le Dim 18 Jan - 15:34

Déjà posté mais disséminé en plusieurs topics, je reposte ici en un seul topic pour plus de clarté:




Les degrés de l'initiation




Les Degrés DE L’Initiation

1. La préparation. — 2. L’illumination. — 3. L’initiation.



Il n’est pas absolument nécessaire que ces trois degrés se suivent dans un ordre rigoureux, que le premier soit entièrement franchi avant le deuxième, et celui-ci avant le troisième. On peut participer déjà, sous certains rapports, à l’illumination, voire partiellement à l’initiation, et sous d’autres rapports se trouver encore à la préparation. Il faut avoir consacré toutefois un certain temps à la préparation avant qu’une illumination ne puisse poindre. Et cette illumination doit s’être produite au moins sur certains points si l’on doit aborder l’initiation. Mais pour simplifier la description, nous décrirons ici les trois degrés l’un après l’autre.

La préparation

La préparation consiste en un entraînement tout particulier de la vie des sentiments et des pensées. Il dote le « corps » de l’âme et le « corps » de l’esprit d’instruments des sens et d’organes d’activité de nature supérieure, de même que les forces de la nature tirent de la matière vivante indifférenciée les organes dont le corps physique est muni.

Pour commencer, il faut diriger son attention sur certains phénomènes du monde qui nous environne. Ces phénomènes sont, d’une part, ceux de la vie à l’état de germination, de croissance et d’épanouissement, d’autre part, ceux que présente une vie qui se fane, se flétrit, dépérit. Partout où l’on tourne ses regards, semblables phénomènes se côtoient. Partout ils éveillent tout naturellement des sentiments et des pensées. Mais, dans les circonstances ordinaires, l’homme ne se livre pas suffisamment à ces sentiments et à ces pensées; il est bien trop pressé de passer d’une sensation à l’autre. Or, il s’agit maintenant de diriger sur ces phénomènes son attention avec intensité et en pleine conscience.

Là où il rencontre la croissance et la floraison sous une forme bien caractérisée, l’homme doit bannir de son âme toute impression étrangère, et pendant quelques instants, s’abandonner exclusivement à cette unique sensation. Bientôt il constatera qu’un sentiment qui, autrefois, n’aurait fait que traverser son âme en pareil cas, grandit en lui et prend une forme affirmée, puissante. Qu’il laisse maintenant vibrer en lui avec le calme voulu l’écho de ce sentiment et qu’il fasse en son âme un silence parfait. Qu’il s’isole du reste du monde pour suivre uniquement ce qui monte en lui en réponse au phénomène de la croissance et de l’épanouissement.

Mais qu’il ne croie surtout pas que le progrès consiste à émousser ses sens à l’égard du monde. Au contraire, il doit d’abord observer avec autant d’intensité et autant d’exactitude que possible l’objet extérieur. Ensuite seulement, qu’il se livre aux sentiments ainsi éveillés, aux pensées nouvelles qui montent dans l’âme.

Le but de l’exercice, c’est de concentrer l’attention simultanément sur les deux choses : le phénomène extérieur et son écho intérieur, et cela dans un parfait équilibre des forces. Si l’on trouve le calme nécessaire et qu’avec le temps on s’abandonne aux mouvements suscités ainsi dans l’âme, on aura l’expérience suivante: on verra germer en soi tout un ordre nouveau de sentiments et de pensées que l’on n’avait pas connus auparavant. Plus on dirigera son attention, tantôt sur les êtres en voie de croissance, de floraison et d’épanouissement, tantôt sur les choses qui se flétrissent et qui meurent, plus aussi ces sentiments prendront de vitalité. Grâce à ces sentiments et à ces pensées s’édifieront les organes de la clairvoyance, de même que les yeux et les oreilles du corps physique se construisent, sous l’action des forces de la nature, avec de la substance qui devient vivante. Des sentiments d’une forme toute particulière se rattachent à la croissance et au devenir, d’autres sentiments non moins précis se rattachent à la décroissance et au dépérissement, mais seulement lorsque la culture de ces sentiments a été poursuivie de la manière décrite. Il est possible d’en donner une description approximative. Chacun peut s’en faire personnellement une représentation complète, s’il a passé par ces expériences.

Si vous avez souvent appliqué votre attention aux phénomènes du devenir, de l’épanouissement, de la floraison, vous éprouverez quelque chose qui présente des analogies lointaines avec l’impression que fait un lever de soleil. Et à la vue de ce qui se fane et dépérit, vous éprouverez un sentiment qui rappelle la montée lente de la lune au-dessus de l’horizon. Ces deux sentiments sont deux forces qui, par un entraînement approprié, par une pratique toujours plus vivante, conduisent à des résultats spirituels de la plus grande importance.

Celui qui s’y livre avec persévérance, régularité, méthode, voit s’ouvrir à lui un monde nouveau: le monde psychique, ce qu’on appelle le monde « astral », commence à poindre comme une aurore. Croissance et décroissance ne sont plus pour lui, comme auparavant, des faits éveillant des impressions vagues, mais des réalités qui s’expriment en lignes et en figures spirituelles dont il n’avait jamais encore soupçonné l’existence. En outre, ces lignes et ces figures prennent des aspects neufs pour chaque nouveau phénomène: une fleur en train de s’ouvrir fait magiquement surgir une figure précise, de même qu’un animal en voie de croissance, ou un arbre en train de mourir a sa figure correspondante. Peu à peu, le monde psychique (ou astral) se déploie lentement devant lui. Il n’y a dans ces lignes et ces figures rien d’arbitraire. Deux chercheurs qui se trouvent au même degré d’entraînement percevront des lignes et des figures identiques pour le même phénomène. Aussi sûrement que deux hommes doués d’une vue normale voient ronde une table ronde et que jamais l’un ne la voit ronde et l’autre carrée, aussi sûrement la même figure spirituelle apparaît à deux âmes contemplant une fleur qui s’ouvre.

Comme l’histoire naturelle ordinaire décrit les formes des plantes et des animaux, un homme versé dans la science de l’occulte décrit ou dessine les formes spirituelles des êtres en voie de croissance ou de dépérissement.

Lorsque l’étudiant est arrivé au point de pouvoir contempler sous leur forme spirituelle des phénomènes également perceptibles à son œil physique, il n’est pas très éloigné de voir des choses qui n’ont aucune existence physique et qui, par suite, restent intégralement cachées (occultes) à celui qui ignore la science secrète.

Il faut insister sur un point: l’investigateur ne doit pas se perdre en réflexions sur ce que signifie ce qu’il voit.

Ce travail intellectuel ne servirait qu’à l’écarter du bon chemin. Qu’il s’ouvre au monde sensible sans prévention, avec bon sens, avec pénétration, et qu’il s’abandonne ensuite à ses propres sentiments. Quant à ce que signifient les choses, ce n’est pas à lui qu’il revient de le déduire de ses spéculations. Qu’il essaie plutôt de comprendre ce que lui disent ces choses dans leur langage (Note 2 : Il faut remarquer que la sensibilité artistique, si elle est alliée à une nature méditative et concentrée, est la meilleure condition pour un développement de facultés spirituelles. La sensibilité artistique a en effet le pouvoir de pénétrer sous les apparences pour découvrir le mystère des choses.)

Un autre point important, c’est ce que la science secrète appelle « l’orientation » dans les mondes supérieurs. On y parvient en se pénétrant entièrement de la conscience que les sentiments et les pensées sont des faits réels, au même titre que les chaises ou les tables dans le monde physique. Dans le monde des âmes et le monde des idées, il se fait une réciprocité d’actions et de réactions comme dans le monde sensible entre les choses physiques.

Tant qu’on n’est pas intensément pénétré de cette conviction, on ne croit jamais qu’une pensée erronée puisse faire autant de mal aux autres pensées qui animent l’espace mental qu’une balle tirée à l’aveuglette sur les objets physiques qu’elle atteint. Bien des gens qui peut-être ne voudraient jamais accomplir extérieurement une action qu’ils considèrent comme contraire à la raison, ne verront pas de mal à nourrir des sentiments ou des pensées faussés qu’ils croient sans effet sur le reste du monde.

On ne progressera toutefois dans la science cachée que si l’on surveille ses pensées et ses sentiments avec autant d’attention que dans le monde physique on regarde où l’on pose le pied. Si vous voyez un mur, vous n’essaierez pas d’avancer au travers de ce mur, mais vous le contournerez et dirigerez vos pas selon les lois qui régissent le monde physique.

Or, il existe de semblables lois dans le monde des âmes et des esprits. Mais là, elles ne s’imposent pas de l’extérieur. Elles doivent découler de la vie même de l’âme. On parvient à les observer en s’abstenant en tout temps de pensées ou de sentiments déformés. Il faut s’interdire désormais de se laisser aller au gré de la rêverie, de céder au jeu de l’imagination, au caprice des sentiments. Ne pensez pas appauvrir ainsi votre sensibilité: vous constaterez bientôt au contraire que les sentiments ne deviennent vraiment riches, et l’imagination véritable ne devient créatrice, que si l’on contrôle ainsi le cours de sa vie intérieure.

A la place d’une sentimentalité puérile et d’associations d’idées arbitraires, surgissent des sentiments pleins de sens et des pensées fécondes. Ces sentiments et ces pensées disciplinés permettent à l’homme de s’orienter dans le monde spirituel. Il apprend à établir des rapports justes entre lui et les réalités de l’esprit. Cette discipline a pour lui des conséquences précises. De même que, dans la vie physique, il trouve son chemin a travers les choses physiques, il sait maintenant s’orienter parmi les phénomènes de croissanc eet de dépérissement qu’il vient d’approfondir de la manière décrite plus haut. Il observe désormais tout ce qui pousse et s’épanouit, tout ce qui se flétrit et meurt, comme l’exige son bien et celui de l’univers.

Le chercheur doit ensuite cultiver le rapport avec le monde des sons. Il faut distinguer entre les sons dus à des objets inanimés (un corps qui tombe, une cloche ou un instrument de musique) et les sons émis par un être vivant (animal ou homme). Entendre une cloche, c’est uniquement percevoir le son et en éprouver un sentiment agréable; mais entendre le cri d’un animal, c’est, en plus de ce sentiment, discerner encore derrière ce son la manifestation de ce que ressent intérieurement l’animal, plaisir ou souffrance. C’est à cette deuxième sorte de sons que le disciple doit s’attacher. Il doit appliquer toute son attention à recevoir du son qu’il entend une information sur un événement qui se passe en dehors de lui; il doit se plonger dans un élément étranger; il doit lier étroitement son sentiment à la douleur ou à la joie que ce son lui révèle, faire abstraction de lui-même sans chercher si pour lui le son est agréable ou non, plaisant ou antipathique.

Une seule chose doit occuper son âme: ce qui se passe dans l’être qui émet le son. Par ces exercices, méthodiquement conçus, on acquiert la faculté de vibrer pour ainsi dire à l’unisson d’un autre être. Un homme doué de sens musical trouvera cette culture de sa sensibilité plus aisée que celui qui ne l’est pas; mais il ne faut surtout pas croire que le sens musical à lui seul remplace cette discipline.

L’étudiant doit apprendre à ressentir ainsi la nature tout entière. Il sème par là des germes nouveaux dans le monde de ses idées et de ses sentiments. La nature commence alors à lui révéler ses mystères par l’intermédiaire des sons qui en expriment la vie. Ce qui n’était auparavant pour l’âme qu’un bruit inintelligible devient un langage plein de sens. Là où l’on ne croyait auparavant percevoir qu’un son, les résonances des corps soi-disant inanimés, le disciple perçoit maintenant une nouvelle langue de l’âme; s’il progresse dans cette culture de ses sentiments, il constatera bientôt qu’il peut entendre certains sons qu’il n’avait pas soupçonnés auparavant. Il commence à entendre avec l’âme.

Un nouveau progrès doit encore s’ajouter à celui-là pour qu’il atteigne la cime de ce qui peut être obtenu dans ce domaine. C’est une chose très importante pour lui que la manière dont il écoute parler les autres. Il faut s’accoutumer à le faire de telle sorte que pendant ce temps tout se taise en soi. Par exemple: si quelqu’un exprime une opinion et que vous l’écoutiez, il s’élève en vous généralement soit une approbation, soit une objection, et bien des gens se sentiront immédiatement poussés à exprimer soit leur accord, soit surtout leur critique. Il faut parvenir à réduire au silence aussi bien assentiment que riposte. Il ne s’agit pas naturellement de changer tout d’un coup sa manière d’être, et de chercher continuellement à faire régner au fond de soi ce parfait silence intérieur. On commence à l’observer en certains cas particuliers, choisis avec discernement. Ensuite, peu à peu, comme de soi-même, cette nouvelle manière d’écouter s’implantera dans vos habitudes.

Dans l’investigation spirituelle, cet exercice est pratiqué méthodiquement. On s’oblige, à temps fixe, à prêter l’oreille aux pensées les plus contradictoires et à s’abstenir en les entendant de tout jugement réprobateur. Il ne faut pas seulement — et c’est là l’important — s’interdire d’exprimer un jugement raisonné; il faut réprimer toute impression de déplaisir, d’éloignement ou même d’attirance. En particulier, l’étudiant doit s’observer lui-même avec pénétration afin d’éviter que ces tendances, qui ont peut-être disparu en apparence, ne persistent au tréfonds de l’âme. Il devra, par exemple, écouter parler des personnes qui, sous un certain rapport, lui sont de beaucoup inférieures, et réprimer pendant ce temps toute ombre de sentiment de supériorité, de suffisance. Il est pour tous utile d’écouter de cette manière parler les enfants. Le plus sage peut en tirer une immense leçon.

Ainsi l’homme parvient à écouter les paroles d’autrui avec un détachement parfait, une abstraction totale de sa propre personne, de sa manière de voir et de sentir. S’il s’exerce ainsi à écouter sans esprit critique, alors même que l’on exprime devant lui l’opinion la plus contraire à la sienne, ou l’hypothèse la plus extravagante, il apprend peu à peu à se fondre entièrement dans l’individualité d’un autre être, à pénétrer complètement en lui. Au travers des mots, il entend la voix intérieure d’une autre âme. S’il persévérait dans un exercice de ce genre, le son deviendrait le meilleur agent pour percevoir l’âme et l’esprit. Il y faut assurément une rigoureuse maîtrise de soi-même, mais elle conduit à un but élevé. Surtout lorsque cet exercice est mené de front avec ceux qui concernent l’art d’écouter résonner la nature, un nouveau sens de l’ouïe s’éveille.

On devient capable de capter des informations qui émanent du monde spirituel et qui ne trouvent pas à s’exprimer par les sons extérieurs perceptibles à l’oreille physique. On entend alors « le verbe intérieur » et des vérités d’origine spirituelle vous sont révélées progressivement. On écoute en esprit. (Note 3 : On ne peut entendre la voix des Êtres supérieurs dont parle la science de l’occulte que si l’on est devenu capable d’écouter ainsi du dedans en faisant le silence, et sans le moindre remous d’opinion personnelle, ce qui est dit devant nous. Ces Êtres du monde spirituel se taisent aussi longtemps que l’on projette encore sur tous les sons entendus la réaction de sentiments personnels.)

Toutes les plus hautes vérités sont accessibles à ce « verbe intérieur »; les enseignements que l’on peut recueillir de tout véritable investigateur, il en a pris conscience de cette manière.

Cela ne veut pas dire qu’il soit inutile de s’adonner à l’étude des ouvrages de science occulte avant d’être à même de percevoir ce langage intérieur. Au contraire, en lisant ces écrits, en écoutant l’enseignement des maîtres, on se prépare pour accueillir soi-même la connaissance. Tout élément de science occulte que l’on entend est fait pour diriger vers le but qu’on atteindra si l’âme fait de réels progrès. A tout ce que nous avons dit doit donc bien plutôt s’ajouter l’étude zélée de la science communiquée par les occultistes.

Dans tout entraînement, cette étude fait partie de la préparation; et l’on aurait beau employer tous les autres moyens que l’on ne parviendrait à rien si l’on ne s’assimilait pas les enseignements occultes. Parce qu’ils procèdent du « verbe intérieur » vivant, parce qu’ils sont puisés aux sources vivantes de la révélation directe, ils possèdent en effet une vie spirituelle. Ce ne sont pas de simples mots, ce sont des forces de vie. Pendant que tu suis les paroles d’un initié, pendant que tu lis un livre qui s’inspire d’une véritable expérience intérieure, des forces agissent en toi qui te rendront clairvoyant aussi sûrement que les forces de la nature physique ont tiré de la substance vivante tes yeux et tes oreilles.

L’illumination

L’illumination résulte d’exercices préparatoires très simples. Ici aussi, il s’agit de faire appel à certaines pensées, certains sentiments qui sommeillent dans l’homme et qui doivent s’éveiller. Mais celui-là seul qui accomplit ces exercices simples avec une patience rigoureuse et une persévérance totale peut aboutir à la perception de la lumière intérieure. Les premiers pas consistent à observer d’une façon toute particulière certains phénomènes et certains être naturels; par exemple un cristal transparent aux belles facettes, puis une plante, un animal. Que l’on commence par concentrer toute son attention sur une comparaison entre la pierre et l’animal de la manière qui va être décrite. Les pensées indiquées ici doivent s’emparer de toute l’âme en s’accompagnant de sentiments très vifs. Aucune autre pensée, aucun autre sentiment, ne doit s’y mêler et troubler l’intensité de l’observation.

Que l’on se dise donc ceci : « La pierre a une forme, l’animal aussi a une forme. La pierre demeure immobile à sa place, l’animal change de place. C’est le désir, l’instinct qui pousse l’animal à changer de place, et c’est aussi à la satisfaction de ses instincts que sert la forme de l’animal; ses organes et les membres qui lui servent d’instruments sont façonnés conformément à ces instincts par le désir, tandis que la forme de la pierre est la résultante de forces où le désir n’entre pas » (Note 4 : L’exercice décrit ici, en ce qui concerne la contemplation d’un cristal, est interprété tout de travers par ceux qui n’en connaissent que le côté extérieur (exotérique). Les déformations ont donné lieu à des pratiques telles que la « lecture dans le cristal ». Elles reposent évidemment sur un malentendu. On en rencontre souvent la description. Mais ces pratiques ne peuvent jamais faire l’objet d’un véritable enseignement ésotérique.)

Si l’on plonge intensément dans ces pensées et que, ce faisant, l’on considère la pierre et l’animal avec une attention soutenue, il surgit dans l’âme deux sortes de sentiments très différents. Le premier inspiré par la pierre, le second par l’animal. La chose ne réussira vraisemblablement pas dès le début, mais peu à peu, par des exercices très patients, ces deux sentiments s’acclimateront dans l’âme. Il faut seulement continuer l’exercice sans se lasser. Au début, ces sentiments ne se maintiennent que pendant la durée de l’observation; plus tard, ils subsistent au-delà de cette durée et finalement ils prennent une vie qui persistera. Il n’est plus besoin ensuite que de s’en souvenir pour que ces deux sentiments grandissent, même sans le secours de l’observation appliquée à un objet extérieur. De ces sentiments et des pensées qui leur sont liées naissent les organes de la clairvoyance.

Si à cette observation s’ajoute celle de la plante, on constate alors que le sentiment qu’elle inspire, par sa nature aussi bien que par son degré d’intensité, tient le milieu entre le sentiment que fait naître la pierre et celui que provoque l’animal. Les organes qui se forment de cette manière sont les yeux spirituels. On apprend progressivement à percevoir par eux les couleurs du monde de l’âme et de l’esprit. Tant que l’on a seulement assimilé ce qui a été décrit pour la « préparation », le monde spirituel, ses lignes et ses figures restent obscurs. Par l’illumination, il s’éclaire. Ici aussi, remarquons bien que les mots « clair » et « obscur », ainsi que les autres expressions que nous avons employées, n’expriment notre pensée que très approximativement. Du moment que l’on se sert de la langue commune, il ne saurait toutefois pas en être autrement. Cette langue n’est faite que pour les conditions physiques.

La science secrète qualifie de « bleu » ou « bleu-rouge » ce que les organes de la clairvoyance voient rayonner de la pierre, et « rouge » ou « rouge-jaune » ce qui est ressenti comme émanant d’un animal. En réalité, les couleurs ainsi perçues sont « de nature spirituelle ». Celle qui sort de la plante est « verte », tendant progressivement vers un clair rouge-rose éthérique. Car la plante, de tous les êtres vivants, est celui qui, dans les mondes supérieurs, ressemble sous certains rapports à son aspect dans le monde physique. Il n’en est pas de même pour la pierre ou pour l’animal.

Mais il faut bien comprendre que les couleurs indiquées là désignent simplement la nuance fondamentale des règnes: minéral, animal et végétal. En réalité toutes les nuances intermédiaires existent. Chaque pierre, chaque plante, chaque animal possède sa couleur propre. En outre, les êtres des mondes supérieurs, qui ne revêtent jamais un corps physique, ont aussi des couleurs souvent admirables, mais aussi souvent hideuses. En fait, dans ces mondes supérieurs, la richesse des coloris est infiniment plus variée que dans le monde physique.

Si l’homme a pu acquérir la faculté de voir avec « l’œil de l’esprit », il rencontre tôt ou tard des êtres, les uns plus haut, les autres plus bas que lui, qui ne pénètrent jamais dans la réalité physique.

Quand il en est arrivé à ce point, bien des routes s’ouvrent à lui. Mais on ne saurait conseiller à personne d’aller plus loin sans observer attentivement ce que dit l’investigateur spirituel, ce qu’il a prescrit et enseigné. Même pour les exercices précédents, cette direction éclairée est excellente; et si le chercheur a en lui la force et la ténacité nécessaires pour franchir les premiers degrés de l’illumination, il ne manquera pas de rencontrer la direction appropriée.

Une précaution est en tout cas nécessaire et celui qui ne voudrait pas la prendre ferait mieux de renoncer à tout progrès dans l’occultisme; celui qui veut s’engager sur cette voie ne doit pas perdre ses qualités de noblesse, de bonté et de sensibilité à l’égard de toutes les réalités physiques. Bien plus: sa force morale, sa pureté intérieure, ses facultés d’observation, doivent constamment grandir au cours de l’apprentissage occulte. Par exemple, pendant les premiers exercices de l’illumination, il doit veiller à développer par tous les moyens sa compassion et sa sympathie vis-à-vis des animaux et des hommes, son sens des beautés de la nature. S’il n’y prenait pas garde, ses sentiments pourraient s’émousser, son sens de la beauté s’éteindre sous l’action de ces exercices; son cœur deviendrait dur, sa sensibilité bloquée et il pourrait en résulter des conséquences fâcheuses.

Comment se présente l’illumination, lorsqu’on s’est élevé par la pierre, la plante et l’animal, jusqu’à l’homme ? Comment, après l’illumination, la communion de l’âme avec le monde spirituel va-t-elle s’accomplir et, à travers tous les obstacles, aboutir à l’initiation ? C’est ce que nous allons exposer maintenant dans la mesure du possible.

A notre époque, beaucoup de gens cherchent le chemin de la science secrète, mais ils le font de bien des manière; plusieurs recourent à des procédés dangereux ou même répréhensibles. C’est pourquoi ceux qui pensent posséder la vérité en ce domaine doivent donner aux autres la possibilité de connaître certains traits de la discipline occulte. Nous ne parlerons ici que dans les limites de cette possibilité. Il est nécessaire que quelque chose de la vérité soit révélé pour que l’erreur ne cause pas de trop grands dommages. Par les moyens que nous indiquons ici, personne ne peut subir un dommage, s’il ne cherche pas à forcer la mesure. Mais notons bien par ailleurs que personne ne doit consacrer aux exercices plus de temps et de force que ses devoirs et sa situation dans la vie n’en laissent à sa disposition.

Personne ne doit, parce qu’il suit le sentier, changer pour le moment quoi que ce soit à sa vie. Si l’on poursuit des résultats sérieux, il faut avoir de la patience, être capable après quelques minutes d’application, d’interrompre l’exercice et de retourner tranquillement à son travail coutumier. Il ne faut même pas mêler à ce travail la pensée des exercices. Celui qui n’a pas appris à attendre, dans le sens le meilleur et le plus élevé du mot, ne vaut rien pour l’entraînement et ne parviendra jamais à des résultats de notable valeur.




http://www.elishean.fr/?p=30829&

_________________
Sois le changement que tu veux voir en ce monde
avatar
Archange

Messages : 2694
Date d'inscription : 01/04/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les degrés de l'initation

Message par Archange le Dim 18 Jan - 15:35




Contrôle des pensées et des sentiments


Si l’on recherche l’accès de la science occulte de la manière décrite dans les chapitres précédents, il ne faut pas manquer de se fortifier, au cours de son travail, par une pensée particulièrement stimulante. Il faut avoir constamment à l’esprit qu’on peut réaliser des progrès très sérieux sans que ces progrès soient visibles sous la forme que peut-être on attendait. Si l’on ne tient pas compte de ce fait, on risque fort de perdre patience et d’abandonner au bout de peu de temps toute espèce de tentative. Les forces et les facultés qu’il s’agit de développer sont dans les commencements d’une nature très délicate et leur essence diffère entièrement de tout ce que l’homme a pu se représenter auparavant. Jusqu’ici, il ne connaissait que le contact avec le monde physique. Les réalités de l’esprit et de l’âme échappaient à son regard comme à ses concepts. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’il ne remarque pas immédiatement la présence des forces spirituelles et psychiques qui font leur apparition en lui.

C’est là un risque d’erreur pour celui qui pénètre sur le sentier sans tenir compte des expériences amassées par des chercheurs avertis. Un occultiste constate les progrès que le disciple accomplit longtemps avant que celui-ci n’en ait conscience. Il sait de quelle manière se forme l’œil de l’esprit dans sa structure délicate avant que le disciple n’en sache rien. Une des parties les plus importantes des indications qu’il donne consiste précisément à exprimer les règles qui permettent à l’étudiant de ne pas perdre la confiance, la patience et la ténacité, avant d’avoir obtenu la connaissance. Le maître ne peut à vrai dire rien donner à l’élève, si celui-ci ne le possède déjà, au moins d’une manière cachée; on ne peut que le guider vers l’éveil des facultés qui sommeillent. Mais la description du chemin par lequel lui-même a passé peut être un appui pour celui qui veut aller de l’obscurité à la lumière.

Il en est beaucoup qui abandonnent le sentier de la science occulte après peu de temps, parce que leurs progrès ne leur semblent pas dès l’abord remarquables. Et même quand surviennent les premières expériences supérieures dont l’élève ait conscience, il les considère souvent comme des illusions, parce qu’il s’était imaginé tout autrement ce qu’il devait ressentir. Il perd courage, soit parce qu’il considère ces premières expériences comme sans valeur, soit parce qu’elles lui semblent trop minimes pour le conduire bientôt à un résultat sérieux. Or, courage et confiance en soi sont deux lumières qu’on ne doit pas laisser s’éteindre sur le sentier de l’occultisme. Si l’on ne peut prendre sur soi de répéter avec patience et sans se lasser un exercice qui a semblé un nombre incalculable de fois ne pas réussir, on n’ira pas loin.

Bien avant une perception nette des progrès accomplis, un sentiment confus avertit qu’on est sur la bonne route. Il faut nourrir et cultiver ce sentiment, car il peut devenir un guide sûr. Il importe avant tout d’extirper de soi la superstition que l’on peut parvenir à la connaissance supérieure à l’aide de procédés bizarres et mystérieux. Il faut bien voir, au contraire, qu’on peut prendre pour point de départ les sentiments et les pensées de la vie journalière, en leur imprimant seulement une direction nouvelle. Chacun peut se dire: dans la sphère de mes sentiments personnels et de mes idées se trouvent cachés les mystères les plus augustes; mais jusqu’ici je n’ai pas su les percevoir. Le problème réside donc finalement en ceci: l’homme porte partout avec lui son corps, son âme et son esprit, mais il n’est conscient que de son corps et non de son âme et de son esprit. Or, l’occultiste devient conscient de l’âme et de l’esprit, comme l’homme ordinaire l’est de son corps.

C’est pourquoi il importe d’orienter dans la bonne direction les sentiments et les pensées. Alors se développera dans la vie ordinaire la faculté de percevoir les choses invisibles. Nous allons donner ici l’un des moyens d’y parvenir. Il est d’une extrême simplicité, comme presque tous ceux que nous avons décrits jusqu’ici, mais il produit les plus grands effets quand on le met en pratique avec continuité et qu’on sait l’accompagner des dispositions intérieures nécessaires.

Que l’on pose devant soi une petite graine de plante. Il s’agit en face de cet objet minime de faire naître intensément en soi les pensées qui s’y rapportent, et par ces pensées d’éveiller certains sentiments. Tout d’abord, rendez-vous compte très clairement de ce que vos yeux perçoivent en réalité. Faites-vous une bonne description de la forme, de la couleur et de tous les autres caractères de la graine. Puis réfléchissez à ceci: Si l’on mettait cette graine en terre il en naîtrait une plante très complexe. Représentez-vous bien cette plante. Évoquez-la en imagination. Et dites-vous alors: ce que j’évoque actuellement en imagination, les forces de la terre et de la lumière vont en réalité le faire surgir un jour du sein de cette graine. Si j’avais devant moi une imitation artificielle de la graine, la reproduisant à s’y méprendre au point que mes yeux ne pourraient la distinguer de la vraie, il n’existerait en fait aucune force, dans la terre ni dans la lumière, pour en faire jaillir une plante. Que l’on réalise très clairement cette pensée, qu’on la vive en soi, et l’on va être capable de concevoir ce qui suit en y joignant le sentiment approprié. On va se dire: dans cette graine repose déjà, bien que d’une manière cachée, toute la plante en puissance, tout l’organisme qui en sortira plus tard. Cette force ne réside pas dans la graine imitée. Cependant, à mes yeux, toutes deux sont identiques. Dans la graine réelle existe donc quelque chose d’invisible qui ne se trouve pas dans l’objet fabriqué. C’est sur cet invisible qu’il faut diriger maintenant pensées et sentiments. (Note 5 : Si l’on objectait qu’à l’examen microscopique l’objet réel arrive à se distinguer de l’imitation, on démontrerait seulement qu’on n’a pas compris le vrai but de ces exercices; l’essentiel n’est pas tant l’objet réel, sensible, que l’on a devant soi, que l’impulsion de développer à son sujet des forces latentes dans l’âme et dans l’esprit.)

Représentez-vous bien ceci: c’est cet invisible qui, plus tard, se transformera en la plante visible que je pourrai contempler dans sa forme et sa couleur. Et attachez-vous à cette pensée: l’invisible deviendra visible. Si je n’étais pas capable de penser, ce qui ne sera visible que plus tard ne pourrait pas dès maintenant se faire connaître à moi.

Il faut bien préciser un point: ce que l’on pense doit être intensément ressenti. Dans le calme, sans se laisser distraire par aucune autre pensée, on vit en soi ce qui vient d’être décrit; et on se donne tout le temps nécessaire pour y rattacher les pensées et le sentiment, afin qu’ils creusent dans l’âme une empreinte profonde. Si l’on réussit comme il convient, on parviendra après un certain temps, peut-être seulement après des essais très nombreux, à prendre conscience d’une force. Et cette force ouvrira une nouvelle vision des choses: la graine apparaîtra comme au centre d’un léger nuage lumineux.

On peut la ressentir, selon un mode sensoriel-spirituel, comme une sorte de flamme. On ressent devant le centre de cette flamme ce qu’on ressent en face de la couleur lilas-mauve; tandis que le bord évoque l’impression qu’on retire d’une couleur bleuâtre. Alors apparaît ce que l’on n’a pas vu auparavant et qu’a créé la force de la pensée et des sentiments éveillés en nous par la méditation. Une chose, invisible aux sens physiques et qui, à l’état de plante, ne devait apparaître que plus tard, se révèle dès à présent spirituellement visible.

Il est évident que la plupart des gens tiendront ces révélations pour une pure illusion. Beaucoup diront: que signifient ces visions, ces phantasmes ? Et plus d’un se découragera sans poursuivre sa route. La difficulté est justement de traverser ces étapes si ardues de l’évolution humaine sans confondre l’imagination avec la réalité spirituelle et de trouver, en outre, le courage nécessaire pour continuer sa marche en avant sans effroi et sans appréhension.

D’autre part, il ne faut pas cesser un instant de renforcer le bon sens qui distingue la vérité de l’illusion. Pendant tous ces exercices, on ne doit pas perdre une seule minute la pleine maîtrise consciente de soi-même. On doit penser avec autant d’assurance que s’il s’agissait des choses et des événements de la vie journalière. Il serait fâcheux que l’on tombât dans un état proche de l’hallucination. Les idées doivent rester claires, pour ne pas dire froides, et cela sans défaillance. Si ces exercices faisaient perdre l’équilibre intérieur et s’ils empêchaient de juger aussi sainement les choses de la vie ordinaire qu’on le faisait auparavant, une très grande faute aurait été commise. Le disciple doit s’examiner consciencieusement lui-même pour vérifier si cet équilibre demeure intact et s’il reste bien lui-même au sein des conditions dans lesquelles il vit. Un calme inébranlable en soi-même, un sens clair à l’égard de tout, voilà ce qu’il faut savoir conserver.

En outre, il faut bien prendre garde de ne pas se laisser aller à n’importe quel vagabondage d’idées et de ne pas se livrer aux premiers exercices venus. Les directives que nous avons données ici pour la méditation ont été éprouvées et pratiquées depuis la plus haute antiquité dans les écoles d’occultisme, et nous ne communiquons que celles-là. Celui qui voudrait en appliquer d’une autre nature, s’en forger lui-même ou en emprunter ça et là à des lectures, à des rencontres de hasard, tomberait fatalement dans l’erreur et ne tarderait pas à se laisser aller à des divagations sans fin.

Un nouvel exercice doit venir compléter celui qui vient d’être décrit. Mettez-vous devant une plante en état de plein épanouissement et pénétrez-vous de cette pensée qu’un temps viendra où cette plante périra. De ce que je vois devant moi, un jour plus rien n’existera. Mais cette plante aura mûri en elle des graines capables de donner la vie à des plantes nouvelles. Me voilà de nouveau arrivé à la constatation qu’il existe au sein de ce que je vois quelque chose de caché que je ne vois pas. Je remplis mon esprit de la pensée que cette plante, avec sa forme et ses couleurs, mourra un jour; mais la représentation intense qu’elle porte en elle des germes d’avenir m’enseigne qu’elle ne disparaîtra pas dans le néant. Ce qui la préserve de l’anéantissement échappe tout autant à ma vue que précédemment la plante en puissance dans la graine. Il y a donc dans cette plante quelque chose que je ne vois pas avec mes yeux. Si je fais vivre en moi cette pensée, en l’unissant au sentiment qui lui correspond, il se développera en moi, après un certain temps, une force qui provoquera un nouveau mode de vision. Je verrai ici encore sortir de la plante une sorte de forme spirituelle semblable à une flamme. Mais cette flamme est naturellement plus grande que celle que nous avons précédemment décrite; elle peut donner une impression semblable à du bleu-verdâtre en son milieu, à du rouge-jaunâtre en sa bordure extérieure.

Soulignons ici expressément que l’on ne voit pas ce que nous appelons « couleurs » comme les yeux physiques voient les couleurs; mais que la perception spirituelle donne une impression analogue à celle qu’on ressent devant une couleur physique. Avoir la perception spirituelle du « bleu » signifie: ressentir une impression analogue à celle que la couleur bleue transmet par l’intermédiaire de l’œil physique. Il faut y prendre garde si l’on veut arriver réellement à un progrès dans la perception spirituelle. Sinon on n’attend du spirituel qu’une répétition du phénomène physique, ce qui cause forcément des déceptions amères.

Si l’on est parvenu à cette faculté de voir en esprit, on a fait un grand pas en avant, car les choses se révèlent alors non seulement dans leur existence présente, mais aussi dans leurs phases de croissance et de dépérissement. On commence à voir de toutes parts l’esprit dont les sens physiques ne peuvent rien savoir. On accomplit les premiers pas vers la contemplation d’un mystère: celui de la naissance et de la mort. Pour les sens extérieurs, un être apparaît à la naissance et disparaît à la mort. S’il en est ainsi, c’est parce que les sens ne sauraient percevoir l’esprit caché des êtres. Pour l’esprit, la naissance et la mort ne sont qu’une métamorphose, comme la floraison qui, du bouton, fait surgir la fleur, est elle aussi une métamorphose qui s’opère sous nos yeux. Mais si l’on veut pénétrer par soi-même dans l’essence qui se transforme, il faut travailler à l’éveil des sens supérieurs par les méthodes que nous avons indiquées.

Afin d’écarter tout de suite une autre objection qui pourrait être faite par des personnes douées de quelque expérience psychique, disons encore ceci: on ne saurait contester qu’il existe des chemins plus courts et plus simples, et que d’autre part il peut se trouver des gens qui ont par eux-mêmes le sens des phénomènes de croissance et de mort, sans avoir pratiqué tous les exercices que nous venons de décrire. Il y a, en effet des humains qui possèdent naturellement des dispositions psychiques remarquables, auxquelles il suffit d’une légère impulsion pour s’épanouir. Ce sont là des exceptions. Tandis que le chemin indiqué ici est sûr et ouvert à tous. Il n’est pas impossible non plus d’acquérir des notions de chimie par des moyens d’exception; mais si l’on veut devenir chimiste, il faut passer par la route commune et vérifiée.

On commettrait une erreur grosse de conséquences si l’on pensait parvenir au but plus facilement en se contentant de se représenter, d’imaginer la graine ou la plante. En procédant ainsi, on peut aussi obtenir un résultat, mais bien moins certain que par la méthode indiquée. La vision qu’on obtiendra ne sera dans la plupart des cas qu’un mirage de l’imagination; et il faudra attendre qu’il se transforme en une vision véritablement spirituelle. Car l’essentiel est de ne pas s’inventer à soi-même, au gré de son caprice, des perceptions nouvelles, mais bien de laisser la réalité les créer en soi. La vérité doit jaillir des profondeurs de mon âme, certes, mais ce n’est pas à mon moi ordinaire que revient le rôle du magicien tirant de rien cette vérité. Les êtres eux-mêmes dont je veux contempler la réalité spirituelle doivent remplir la fonction de ce magicien.

_________________
Sois le changement que tu veux voir en ce monde
avatar
Archange

Messages : 2694
Date d'inscription : 01/04/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les degrés de l'initation

Message par Archange le Dim 18 Jan - 15:36




Si, par cette discipline, on a dégagé en soi les rudiments de la perception spirituelle, on va pouvoir s’élever jusqu’à la contemplation de l’être humain lui-même, en choisissant tout d’abord les manifestations les plus simples de la vie humaine.

Mais avant qu’on en vienne là, il est nécessaire de travailler énergiquement à la purification complète de son être moral. Il faut écarter toute tentation d’utiliser pour son usage personnel la connaissance ainsi acquise. Il faut s’être engagé vis-à-vis de soi-même à ne jamais se servir dans le sens du mal de la puissance que l’on pourrait acquérir sur ses semblables. Aussi, tous ceux qui cherchent à pénétrer par eux-mêmes dans les secrets de la nature humaine doivent-ils observer la règle d’or du véritable occultisme. Cette règle est ainsi conçue: « Quand tu tentes de faire un pas en avant dans la connaissance des vérités occultes, fais en même temps trois pas pour perfectionner ton caractère en vue du bien. » Celui qui observe cette règle peut entreprendre des exercices du genre de celui que nous allons décrire maintenant.

Évoquez l’image d’un homme que vous avez observé un jour qu’il convoitait la possession immédiate d’un objet, et concentrez votre observation sur ce désir, cette convoitise. Il est préférable d’évoquer le moment où ce désir atteignait son plus haut point d’intensité, mais où l’on pouvait encore se demander si l’homme pourrait effectivement le satisfaire. Et maintenant livrez-vous tout entier à la représentation de ce qu’évoque votre souvenir. Faites régner en votre âme un calme aussi absolu que possible; essayez autant qu’il est en votre pouvoir d’être aveugle et sourd pour tout ce qui vous environne; veillez attentivement à ce que la représentation évoquée éveille en votre âme un sentiment. Laissez ce sentiment monter en vous comme un nuage monte à l’horizon dans un ciel parfaitement limpide. Naturellement, en règle générale, l’observation sera suspendue par le fait que l’on ne peut pas assez longtemps observer dans son état de désir l’homme sur lequel on dirige son attention. Il faut recommencer cent fois cet essai sans résultat; mais ne perdez pas patience. A la fin vous sentirez tout de suite monter en vous le sentiment correspondant à l’état d’âme de celui que vous observez.

Après un certain temps, vous remarquerez que ce sentiment développe dans votre âme une force qui donnera naissance à la vision spirituelle des états intérieurs. Vous verrez dans votre champ visuel apparaître une image qui donne une impression lumineuse; cette image lumineuse, de nature spirituelle, est la manifestation « astrale » de l’état de désir observé. C’est de nouveau à une impression de flamme que nous pouvons comparer cette image. Elle est ressentie comme une coloration rouge-jaune dans le centre, et bleu-rouge ou lilas dans son pourtour. Tout dépend ensuite du tact dont on entoure ces visions spirituelles. Le mieux est de n’en parler d’abord à personne, sauf éventuellement à son guide si l’on en possède un. Car si l’on essaie de décrire maladroitement, par le moyen des mots, un phénomène de ce genre, on peut être souvent la proie de cruelles désillusions. On emploie des mots habituels qui ne conviennent pas à de pareils sujets et qui sont pour eux grossiers, trop appuyés. Par suite, en voulant ainsi décrire ses expériences, on est tenté de mêler aux visions authentiques des mirages de toutes sortes.

A nouveau, une règle importante s’impose ici au disciple: apprends à garder le silence sur tes visions. Oui, sache te taire jusque devant toi-même. Ce que tu as vu en esprit, ne tente ni de l’exprimer par des mots, ni de l’interpréter par des raisonnements maladroits. Donne-toi sans parti-pris à ta vision spirituelle, et crains de la troubler par trop de réflexions. Songe, en effet, que tes réflexions ne sont, au début, nullement en harmonie avec ce que tu as vu. Elles n’ont été jusqu’ici alimentées que par des impressions bornées au monde physique. Or, tes expériences actuelles dépassent de beaucoup ces limites. N’essaie donc pas d’appliquer à ces expériences nouvelles et plus hautes une mesure adaptée aux anciennes. Il faut avoir acquis beaucoup de fermeté et d’assurance dans l’expérience intérieure pour pouvoir en parler d’une manière qui soit profitable à ses semblables.

A cet exercice doit venir s’en adjoindre un autre qui le complète. Il faut observer de la même manière comment se comporte un homme qui vient de satisfaire un de ses désirs, de remplir une de ses espérances. Si l’on observe les mêmes règles et les mêmes précautions que nous avons indiquées dans le cas précédent, on parviendra également à une vue spirituelle du phénomène. On observera une forme spirituelle semblable à une flamme qui donne le sentiment d’être jaune au centre et verdâtre en son pourtour.

Par une observation de ce genre, appliquée à ses semblables, on peut facilement tomber dans une faute morale grave: on peut devenir insensible, sans amour. Évitez à tout prix qu’il en soit ainsi. Pour faire de telles observations, il faut avoir atteint le point d’évolution où l’on possède une certitude absolue: celle que les pensées sont des réalités. Si l’on en est convaincu, on ne doit plus se permettre d’avoir à l’égard de ses semblables des pensées qui ne seraient pas conciliables avec le plus profond respect de la dignité et de la liberté humaines. L’idée qu’un homme pourrait n’être pour nous qu’un objet d’observation ne doit pas nous habiter un instant. L’éducation de soi-même doit toujours marcher de pair avec une observation occulte de l’être humain. Elle nous permet d’affirmer sans réserve le droit de chaque homme à être lui-même; nous considérons l’âme d’autrui comme un sanctuaire pour nous inviolable en pensée comme en sentiment; un sentiment de respect sacré nous pénètre à l’égard de tout phénomène humain, même lorsqu’il n’est évoqué que dans notre souvenir.

Pour le moment, il n’est encore possible de donner ici que ces deux exemples de ce qu’on doit à l’illumination en ce qui concerne la nature humaine; ils suffisent d’ailleurs à montrer la voie dans laquelle il faut avancer. Celui qui peut s’assurer ce silence et ce calme intérieur qui sont indispensables pour réussir ces exercices, opère déjà une grande transformation en lui. Cette transformation enrichit à tel point sa vie intérieure qu’elle confère du calme et de l’assurance jusque dans le comportement extérieur, et, à son tour, celui-ci a sa répercussion sur l’âme. C’est ainsi qu’il avancera, qu’il trouvera les moyens de découvrir toujours davantage les aspects de la nature humaine qui restent cachés aux sens extérieurs. Et il aura un jour la maturité voulue pour plonger ses regards jusque dans les rapports mystérieux qui mettent l’homme en harmonie avec tout ce qui existe dans l’univers.

Sur cette voie, l’homme ne cesse de s’approcher du moment où il va pouvoir réaliser ses premiers pas dans l’initiation. Mais avant qu’ils puissent être entrepris, une chose est encore nécessaire, une chose dont le disciple ne comprendra peut-être la nécessité que plus tard. Mais il y arrivera.

En effet, ce que doit apporter le candidat à l’initiation, c’est un courage parfait et, en une certaine mesure, une absence totale de peur. On doit rechercher les occasions favorables au développement de ces vertus. Elles doivent être systématiquement cultivées au cours de l’entraînement occulte; mais la vie elle-même est en cela une excellente école, peut-être la meilleure. Savoir regarder en face un danger, chercher sans hésiter à surmonter les difficultés, c’est ce dont il faut être capable. Par exemple, en face d’un danger, il doit immédiatement s’affermir dans un sentiment tel que celui-ci: « Mon angoisse ne servira à rien; je dois m’en délivrer pour me concentrer sur ce qu’il y a lieu de faire. » Il doit en arriver à ce qu’en face de situations qui auparavant le rendaient anxieux il sente au fond de lui que l’anxiété ou le découragement lui sont devenus totalement impossibles.

Par cette éducation de soi-même, le disciple éveille en lui certaines forces dont il a besoin pour être initié à des mystères plus élevés. De même que l’homme physique a besoin de force nerveuse pour employer ses sens physiques, l’homme psychique a besoin d’une force qui ne se développe que dans les natures intrépides et courageuses.

Celui qui pénètre dans les mystères supérieurs voit un certain nombre de choses, que les illusions des sens cachent à la vision ordinaire. Et, précisément, lorsque les sens physiques nous empêchent de voir les vérités supérieures, cette entrave est un bienfait pour l’homme ordinaire. Grâce à elle, certaines choses en effet restent cachées qui pourraient jeter dans un trouble sans bornes celui qui, n’y étant pas préparé, ne saurait en supporter la vue. Le chercheur spirituel doit se rendre capable de supporter ces spectacles. Il perd un certain nombre d’appuis dans le monde extérieur. Il était justement redevable de ces appuis à l’illusion sensible qui le captivait.

Les choses se passent littéralement comme si l’on signalait brusquement à quelqu’un un danger dans lequel il se trouvait depuis longtemps déjà, mais sans le savoir. Auparavant il ne tremblait pas; mais maintenant qu’il sait, la peur le saisit, bien que le danger n’ait pas empiré du fait qu’on en a pris conscience.

Les forces de l’univers sont d’une nature qui à la fois détruit et édifie; la destinée de tout ce qui existe extérieurement est de naître et de mourir. Celui qui a la connaissance doit plonger un regard dans le jeu de ces forces, le mouvement de cette destinée. Il faut pour cela qu’il écarte le voile qui obscurcit habituellement sa vision spirituelle. Mais l’homme lui-même est mêlé à l’action de ces forces et de cette destinée. Ces forces, constructives et destructives, il les retrouve dans sa propre nature. Aussi nue qu’apparaît au voyant la vie, aussi nue se dévoile à lui sa propre âme.

En face de cette connaissance de soi-même, l’étudiant ne doit pas perdre ses forces. Pour qu’elles ne lui manquent pas, il faut qu’il en ait surabondamment. Et dans ce but, il doit apprendre à conserver le calme et la tranquillité intérieurs dans les circonstances les plus difficiles de la vie. Il doit édifier en lui une confiance inébranlable dans les forces bonnes de l’existence et prendre son parti de perdre un certain nombre d’impulsions qui le faisaient agir jusqu’alors. Il se rend compte qu’il n’a bien souvent agi et pensé que par pure ignorance et que les mobiles qu’il avait auparavant lui manquent désormais. Par exemple, il a souvent agi par vanité et par amour-propre: il constate que l’amour-propre n’a aucune valeur pour celui qui sait. Il a souvent agi par convoitise et cupidité: il se rend compte que de tels désirs exercent des ravages. Il faudra donc de nouveaux mobiles à ses actions, à ses pensées, et c’est à ce moment-là que doivent intervenir le courage et l’absence totale de peur.

Il convient principalement de cultiver ce courage et cette intrépidité au plus profond de la vie des pensées. Jamais un échec ne doit porter l’étudiant au découragement. Chaque fois, il doit recourir à cette pensée: « J’oublierai que souvent déjà j’ai échoué dans cette entreprise, et je vais recommencer ma tentative comme si rien n’avait été fait. » Il conquiert ainsi la conviction que les sources de forces auxquelles il peut puiser dans l’univers sont intarissables. Il aspire au monde spirituel qui est prêt a l’aider, à le soutenir, si souvent que se soit révélée la faiblesse de son être terrestre. Il se rend capable d’aller vers l’avenir et ne se laisse troubler dans sa marche en avant par le souvenir d’aucune expérience du passé.

Si quelqu’un possède jusqu’à un certain degré les qualités que nous venons de décrire, il est mûr pour entendre les vrais noms des choses qui sont la clef de la connaissance supérieure. Car l’initiation consiste à connaître les choses de l’univers sous le nom qu’elles ont dans l’esprit de leurs divins auteurs. Dans ces noms résident les mystères des choses. Si les initiés parlent une autre langue que les profanes, c’est parce qu’ils peuvent donner aux êtres l’appellation qui a servi à les créer. (Notre prochain chapitre traitera de l’initiation elle-même dans la mesure où cela est possible.)

_________________
Sois le changement que tu veux voir en ce monde
avatar
Archange

Messages : 2694
Date d'inscription : 01/04/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les degrés de l'initation

Message par Archange le Dim 18 Jan - 15:37




L’Initiation



L’initiation est le suprême degré d’une discipline occulte sur laquelle on puisse dans un livre donner des indicationsencore accessibles à tous. Ce qu’on pourrait dire sur les degrés qui sont au-delà de l’initiation ne serait plus guère compréhensible. Mais on sait en trouver le chemin, si, à travers la préparation, l’illumination et l’initiation, on a pénétré jusqu’aux mystères mineurs.

Sans l’initiation, l’homme ne pourrait acquérir que dans un avenir éloigné, après de nombreuses incarnations, par une voie et sous une forme tout autres, le savoir et le savoir-faire qu’elle confère. Celui qui est initié aujourd’hui expérimente ce qu’il n’aurait été appelé à connaître que bien plus tard et dans des circonstances très différentes.

Chacun ne peut découvrir sur les mystères de l’existence que ce qui répond à son degré de maturité. C’est pour cette seule raison qu’il rencontre des obstacles à mesure qu’il avance vers les degrés supérieurs du savoir et du savoir-faire. Vous ne mettriez pas une arme à feu entre les mains d’un individu avant qu’il n’ait assez d’expérience pour s’en servir sans causer de malheur.

Si aujourd’hui quelqu’un était initié de but en blanc, il lui manquerait l’expérience qu’il doit encore acquérir au cours de ses incarnations futures jusqu’au moment où les mystères correspondant à son évolution normale lui seront dévoilés. C’est pourquoi, au seuil de l’initiation, il faut qu’en attendant cette expérience quelque chose d’autre en tienne lieu. Les premières instructions que reçoit le candidat à l’initiation sont donc destinées à compenser provisoirement l’expérience à venir. C’est ce qu’on appelle les « épreuves probatoires » qu’il faut traverser. Elles sont l’aboutissement normal du travail intérieur si les exercices ont suivi correctement la voie décrite dans les chapitres précédents.

Certes, on rencontre souvent des livres qui font allusion à ces « épreuves ». Mais ils ne peuvent évoquer qu’une image fausse de la réalité. Car celui qui n’a pas passé par la préparation et l’illumination, n’a jamais eu l’expérience de ces épreuves, est incapable d’en donner une description véridique.

Devant l’âme du candidat se présentent un certain nombre de choses et de phénomènes provenant des mondes supérieurs; mais il ne peut naturellement les voir et les entendre que s’il est capable de ressentir les figures, les couleurs, les sons, etc. dont nous avons parlé en traitant de la préparation et de l’illumination.

La première « épreuve » consiste à acquérir au sujet des propriétés matérielles des corps inanimés, puis des plantes, des animaux, enfin de l’homme, des vues plus exactes que les vues habituelles. Nous n’entendons pas par là ce qu’on appelle aujourd’hui la connaissance scientifique. Il ne s’agit pas de science, mais de vision.

Ce qui se produit généralement, c’est que le candidat à l’initiation apprend à reconnaître de quelle manière les choses de la nature et les êtres vivants se manifestent à l’œil et à l’oreille spirituels, de sorte que, dans une certaine mesure, ces phénomènes apparaissent à l’observateur comme dévoilés et nus. Ce qu’il voit et qu’il entend se dérobe à l’oeil et à l’oreille physiques. Pour la vision sensorielle, ils sont recouverts d’un voile. Ce voile tombe devant le candidat suivant un processus que l’on peut appeler un phénomène spirituel de consomption. C’est pourquoi l’on nomme cette première probation « l’épreuve du feu ».

Pour beaucoup d’hommes, la vie ordinaire constitue déjà par elle-même de manière plus ou moins consciente une épreuve d’initiation par le feu. Ces hommes accomplissent des expériences enrichissantes, grâce auxquelles ils voient croître d’une manière saine et normale leur confiance en soi, leur courage et leur fermeté; par suite, ils supportent la douleur, les déceptions et l’échec de leurs entreprises avec une grandeur d’âme, un calme, une force inébranlables. Celui qui a passé par de telles expériences est souvent sans le savoir déjà un initié. Un rien suffit pour ouvrir ses yeux et ses oreilles spirituels et faire de lui un clairvoyant. Car, il faut bien le remarquer, une véritable « épreuve du feu » n’a pas pour but de satisfaire la curiosité du candidat. Certes, il découvre des faits inhabituels, dont on n’a d’ordinaire aucune idée. Mais cette découverte n’est pas le but, elle n’est que le moyen d’arriver au but. Le but est d’acquérir par cette connaissance des mondes supérieurs une confiance en soi plus profonde et mieux fondée, un courage plus ferme, une grandeur d’âme et une persévérance tout autres que celles qui s’acquièrent généralement sur terre.

Après « l’épreuve du feu », il est encore possible à tout candidat de retourner en arrière. Il continuera son existence, fortifié dans son corps et dans son âme, et ne reprendra son chemin d’initiation que dans sa prochaine incarnation. Dans cette incarnation-ci, il sera un membre plus utile de la communauté humaine qu’il ne l’était auparavant. Dans quelque situation qu’il se trouve, sa fermeté, son jugement et son heureuse influence sur ses semblables, aussi bien que son esprit de décision, auront fait de notables progrès.

Si le candidat qui a subi l’épreuve du feu veut continuer d’avancer dans son entraînement, il faut que lui soit révélé le « système d’écriture particulier » en usage dans la discipline occulte. Les véritables enseignements occultes sont rédigés dans cette écriture, car ce qui constitue le caractère « caché » (occulte) des choses ne peut par définition s’exprimer ni par les mots de la langue commune, ni par les signes de l’écriture courante.

Ceux qui ont reçu l’enseignement des initiés traduisent de leur mieux en langue commune les leçons de la sagesse. L’écriture occulte se révèle à l’âme qui acquiert la perception spirituelle; les caractères en sont toujours gravés dans le monde de l’esprit. On ne l’apprend pas comme une écriture artificielle. Dans l’âme où grandit la connaissance clairvoyante, objective, une faculté se développe, une force la pousse à déchiffrer les phénomènes et les êtres spirituels comme les caractères d’une écriture. Il pourrait se faire que cette force, avec « l’épreuve » qu’elle comporte, s’éveille tout naturellement au cours du développement intérieur. On parvient pourtant plus sûrement au but en suivant les indications des occultistes versés dans la lecture de ces caractères.

Les signes de l’écriture cachée ne sont pas arbitrairement composés, mais conformes aux forces qui agissent dans l’univers. On apprend par eux le langage des choses. Le candidat constate bientôt que les signes qu’il découvre correspondent aux figures, aux couleurs, aux sons, etc. qu’il a appris à percevoir au cours de la préparation et de l’illumination. Il se rend compte qu’il n’a encore fait qu’épeler l’alphabet. Maintenant seulement, il va commencer à lire dans les mondes supérieurs. Comme un majestueux ensemble se découvre tout ce qui ne lui apparaissait auparavant qu’en phénomènes isolés. Maintenant seulement ses observations spirituelles sont vraiment authentiques. Auparavant il ne pouvait jamais avoir la certitude complète que les choses qu’il avait vues avaient bien été vues. Maintenant seulement un accord assuré peut exister entre le candidat et l’initié dans les domaines de la science supérieure. Car, quelles que soient les relations d’un initié et d’un autre homme dans la vie ordinaire, l’initié ne saurait communiquer sa science sous une forme immédiate qu’au moyen de ce langage des signes. Par cette langue, le disciple se familiarise également avec un certain nombre de règles de conduite de vie. Il prend conscience de certains devoirs dont il n’avait aucune idée auparavant. Et quand il sait mettre en pratique ces règles de conduite, il peut accomplir des actions chargées d’un sens que ne peuvent jamais avoir les actes d’un homme qui ne serait pas initié. Sa conduite s’inspire des mondes supérieurs. Ces inspirations ne peuvent être saisies que dans cette langue dont nous parlons.

Il faut bien dire cependant que certains êtres peuvent accomplir inconsciemment des actions inspirées, bien qu’ils n’aient jamais suivi d’entraînement occulte. Ces aides de l’humanité et de l’univers traversent la vie en répandant bienfaits et bénédictions. Pour des raisons que nous ne pouvons expliquer ici, ils ont reçu des dons qui paraissent naturels. La seule chose qui les distingue du chercheur, c’est que ce dernier agit avec conscience et en discernant ce qu’il veut réaliser par rapport à l’ensemble; il conquiert par discipline ce que les puissances supérieures donnent aux autres pour le bien du monde. Ces hommes bénis de Dieu méritent la vénération, mais on ne doit pas pour autant tenir l’entraînement pour superflu.

Quand le disciple a appris la langue des signes, il va rencontrer une autre « épreuve ». Celle-ci doit révéler s’il peut évoluer dans les mondes supérieurs avec liberté et sûreté. Dans la vie ordinaire, c’est du dehors que les impulsions poussent l’homme à agir. Il accomplit telle ou telle besogne parce que les circonstances lui en imposent le devoir. — Nous n’avons pas besoin de faire remarquer que l’étudiant ne doit abandonner aucun de ses devoirs quotidiens sous prétexte qu’il participe à une vie supérieure. Nul devoir assumé à l’égard du monde spirituel ne peut forcer quelqu’un à négliger une seule de ses obligations pratiques. Le père de famille demeure aussi bon père de famille, la mère aussi bonne mère; ni le fonctionnaire, ni le soldat, ni aucun citoyen ne peut être détourné de ses devoirs par la pratique de l’occultisme. Au contraire, toutes les qualités qui font la valeur d’un homme dans la vie doivent progresser chez l’étudiant dans une mesure dont le profane ne saurait se faire aucune idée. Et si les non-initiés ont parfois une autre impression, chose peu fréquente et même rare, cela vient de ce qu’ils ne sont pas toujours à même de porter un jugement exact sur un initié. Ce que fait ce dernier est souvent pour eux inexplicable, du moins en certains cas.

Pour celui qui est arrivé au degré précité de l’initiation, il existe des devoirs qui ne sont plus déterminés par aucun mobile extérieur. Ce ne sont pas les circonstances du dehors qui le guident en ce domaine, mais bien des règles de conduite qui lui ont été révélées par la langue « cachée ». Par la deuxième « épreuve », il doit prouver maintenant que ces règles le dirigent avec autant de sûreté et de fermeté qu’un fonctionnaire soumis à son règlement. — Dans ce but, le candidat doit se sentir placé, à un moment de son entraînement, en face d’une certaine tâche. Il doit accomplir une action en s’inspirant de ce qu’il a perçu pendant les périodes de préparation et d’illumination. Et cette action elle-même, il doit la déchiffrer dans le langage des signes. S’il sait reconnaître son devoir et agir en conséquence, il a subi victorieusement l’épreuve. On reconnaît le succès au changement provoqué par l’action dans les figures, les couleurs et les sons que perçoivent l’oreille et l’œil spirituels. A mesure qu’on progresse dans l’entraînement occulte, on voit parfaitement comment ces figures, etc., vous font une autre impression d’après l’action accomplie. Et le candidat doit savoir comment il peut amener ce changement.

On appelle cette épreuve: « épreuve de l’eau », parce qu’on perd le sol ferme que procurent les conditions extérieures, de même que tout appui fait défaut à celui qui nage dans une eau profonde. L’épreuve doit être renouvelée jusqu’à ce que le candidat ait conquis une parfaite assurance.

Dans cette épreuve aussi, il s’agit d’acquérir une qualité nouvelle et, par ces expériences dans les mondes supérieurs, on porte cette qualité en peu de temps jusqu’à un degré qu’on n’aurait atteint normalement qu’après de nombreuses incarnations. Le point essentiel est le suivant: pour obtenir la transformation voulue dans cette région supérieure de l’existence, le candidat ne doit suivre aucune autre indication que sa perception spirituelle et ce qu’il a déchiffré dans la langue secrète. Si, au cours de l’action qu’il doit accomplir, ses désirs, ses opinions, etc. exerçaient sur lui la moindre pression et qu’il oubliât un seul moment de se conformer aux lois qu’il a personnellement reconnues comme vraies, alors il arriverait tout autre chose que ce qui doit arriver. Le candidat cesserait bientôt de s’orienter vers le but de son action et la confusion l’égarerait. Aussi l’homme a-t-il, par cette épreuve, une occasion exceptionnelle de développer la maîtrise de soi. Et c’est là le point.

A nouveau, cette épreuve sera franchie plus facilement par ceux qui, avant l’initiation, auront mené une existence capable de leur donner la maîtrise d’eux-mêmes. Celui qui a conquis le pouvoir de mettre de côté ses caprices et ses volontés personnelles pour servir un idéal et des principes élevés, celui qui sait toujours faire son devoir, même lorsque ses penchants et ses sympathies vont à l’encontre, celui-là inconsciemment est déjà dans la vie ordinaire un initié. Il ne lui faut plus que peu de chose pour qu’il puisse triompher de l’épreuve décrite. Disons même qu’il est indispensable d’avoir déjà inconsciemment acquis dans l’existence un certain degré d’initiation pour affronter avec succès la deuxième épreuve. En effet, les gens qui n’ont pas, dès leur jeunesse, appris à écrire correctement éprouvent de grandes difficultés à le faire dans leur âge mûr.

De même, il sera difficile d’atteindre en présence des mondes supérieurs le degré nécessaire de maîtrise de soi, si l’on n’en possède pas déjà un certain degré dans l’existence quotidienne. Les choses du monde physique restent ce qu’elles sont quels que soient nos désirs, nos exigences, quelles que soient nos tendances. Mais dans les mondes supérieurs, ces désirs, ces passions, ces tendances modifient l’environnement; si donc nous voulons obtenir dans ces domaines un résultat certain, il faut que nous ayons une complète domination de nous-même et suivions uniquement la règle de conduite parfaite, sans jamais céder à l’arbitraire.

Une qualité essentielle à ce stade de l’initiation est, sans contredit, un jugement sûr et sain. Il faut veiller à le développer dès les premiers degrés, car à ce moment-là le candidat doit prouver qu’il en possède suffisamment pour pénétrer dans le véritable sentier de la connaissance. Il ne saurait progresser que s’il peut distinguer de la vraie réalité tout ce qui est illusion, fantasmagorie, superstition ou mirage. Aux degrés supérieurs de l’existence, ce discernement est plus difficile que dans le monde physique. Tout préjugé, toute opinion préférée doit disparaître en face de ce qu’on aborde; l’unique vérité doit servir de boussole. On doit être entièrement préparé à abandonner une pensée, une opinion, une vue personnelle si la pensée logique le réclame, car on ne peut acquérir des certitudes dans le monde supérieur que si l’on ne cherche jamais à flatter sa propre opinion.

Des hommes enclins aux rêveries, aux superstitions, ne peuvent faire aucun progrès dans le sentier. Le chercheur doit acquérir un bien précieux: celui d’être délivré de tout doute à l’égard des mondes supérieurs. Ceux-ci vont se révéler à son regard dans leur essence et dans leurs lois. Mais il ne peut pas en être ainsi tant qu’il se laisse prendre à des mirages et à des illusions. Il serait dangereux pour lui que son imagination ou ses préjugés entraînent sa raison.

Les rêveurs et les fantasques ne sont pas faits pour l’occultisme, pas plus que les superstitieux. On ne saurait assez le répéter. La rêverie, l’imagination déréglée, la superstition sont les pires ennemis qui guettent le disciple sur le sentier de la connaissance spirituelle. Ne vous figurez pourtant pas que la poésie de la vie, le don d’enthousiasme lui échappent parce qu’il aura lu sur la porte qui mène à la deuxième probation ces mots: « Abandonne tout préjugé », et sur la porte qui conduit à la première cette phrase: « Sans un bon sens éprouvé, tes pas sont vains. »

Si le candidat a suffisamment progressé en ce sens, la troisième probation l’attend. Là, il ne perçoit plus aucun but extérieur. Tout est remis entre ses mains. Il se trouve dans une situation où rien ne le pousse à agir. Il est complètement seul pour trouver sa route. Nul être, nulle chose qui puisse l’influencer. Rien ni personne ne saurait lui donner la force dont il a besoin, si ce n’est lui-même. S’il ne trouvait pas cette force en lui, il serait bientôt revenu à la même place qu’auparavant. Mais il faut dire que, parmi ceux qui ont triomphé des précédentes épreuves, il en est peu qui ne trouvent cette force. Ou bien l’on reste en route à l’une des étapes précédentes, ou bien l’on triomphe ici encore.

La chose essentielle consiste à y voir clair sur-le-champ, car ici il faut trouver son Moi supérieur dans le vrai sens du mot. Il faut rapidement se décider à suivre l’indication de l’esprit en toute chose. On n’a plus le temps de délibérer ou de mettre en doute. Toute minute d’hésitation prouverait que l’on n’est pas encore mûr.

Ce qui empêche de prêter l’oreille aux avis de l’esprit doit être surmonté hardiment. La qualité dont il faut témoigner en cette situation, c’est la présence d’esprit et c’est aussi la qualité qu’il s’agit, dans cette phase de l’évolution, de porter à la perfection. Tout ce qui conduisait à penser ou agir par habitude, par réflexe, disparaît. Pour ne pas se sentir paralysé, il faut ne pas se perdre soi-même, car il ne vous reste plus de point ferme qu’en vous-même. Nul de ceux qui lisent ces lignes sans être familiarisé avec ces sujets ne doit se laisser rebuter par cette épreuve d’être ainsi rejeté sur soi-même. Car celui qui la subit avec succès connaît alors un profond bonheur.

Ici, tout autant que dans les autres cas, la vie ordinaire est déjà pour bien des hommes une discipline occulte. Pour ceux qui, dans la vie, sont devenus capables de prendre sans hésiter une prompte décision en face de situations survenant à l’improviste, l’existence est déjà une école. Les situations les plus favorables sont celles où il est impossible de s’en sortir si l’on ne se décide pas sur-le-champ. Si, dans un cas où une minute d’hésitation causerait un malheur, vous êtes à même de vous décider immédiatement, et si cette rapidité de décision est devenue partie intégrante de votre être, vous avez déjà inconsciemment acquis la maturité nécessaire à la troisième épreuve, car celle-ci est destinée à perfectionner la présence d’esprit.

Elle est nommée dans les écoles d’occultisme: « l’épreuve de l’air », parce que le candidat se trouve privé aussi bien de l’appui solide des impulsions venues du dehors que de l’aide des perceptions spirituelles de formes, de couleurs, etc., acquises au cours de la préparation et de l’illumination. Il est réduit exclusivement à lui-même.

Si le disciple a satisfait à cette dernière épreuve, alors il possède le droit de pénétrer dans le « temple des connaissances supérieures ».

Nous ne ferons qu’effleurer ce qu’il y aurait encore à dire ici. Ce qui attend le disciple est souvent représenté comme une sorte de « serment » qu’il doit prêter, un serment de ne pas « trahir » les enseignements secrets. Mais ces expressions « serment » et « trahison » ne sont nullement conformes à la réalité; elles peuvent même induire en erreur. Car il ne s’agit en aucune façon d’un serment au sens ordinaire du mot: c’est bien plutôt une expérience qui s’attache à cette étape du développement. On apprend comment mettre en pratique au service de l’humanité l’enseignement reçu. On commence seulement alors à comprendre le vrai sens de l’univers.

Il ne s’agit pas de taire les vérités supérieures, mais bien plutôt de savoir comment les défendre avec tout le tact nécessaire. Savoir ce qu’il faut « taire », c’est quelque chose de tout différent. On acquiert cette qualité remarquable tout particulièrement à l’égard de sujets dont on parlait auparavant et surtout de la manière dont on en parlait. Il serait un mauvais initié, celui qui ne mettrait pas ses connaissances occultes au service de l’humanité dans la plus large mesure possible.

En ce domaine, il n’y a d’autre obstacle aux communications que l’on peut faire que l’incompréhension de celui auquel on s’adresse. Assurément les mystères supérieurs ne sont pas là pour servir de thème à n’importe quel discours, mais il n’est pas « défendu » de parler à celui qui s’est élevé à ce degré d’évolution. Aucun homme, aucun être ne lui impose dans ce sens un serment. Tout est remis à son sens des responsabilités; ce qu’il apprend, c’est à trouver en toute situation uniquement par lui-même ce qu’il doit faire, et le mot de « serment » signifie simplement qu’il a atteint la maturité nécessaire pour porter cette responsabilité.

Si le candidat acquiert cette maturité, il reçoit ce qu’on appelle symboliquement la « boisson d’oubli », c’est-à-dire qu’il possède le secret d’agir sans se laisser à tout instant troubler par la mémoire inférieure. C’est indispensable à l’initié, car il doit toujours avoir pleine confiance en le présent immédiat. Il doit pouvoir déchirer le voile du souvenir qui s’interpose entre l’homme et les faits à chaque instant de la vie. Si je juge ce qui se présente à moi aujourd’hui d’après mes expériences d’hier, je m’expose à des erreurs multiples. Naturellement cela ne veut pas dire qu’il faille renoncer à l’expérience que la vie vous a donnée. Il faut s’en servir de son mieux.

Mais en tant qu’initié, on doit pouvoir juger par soi-même chaque nouvel événement, et le laisser agir librement sur l’esprit, sans se laisser troubler par les souvenirs du passé. Il faut qu’à chaque instant, je sois prêt à ce qu’une chose ou un être puisse m’apporter une révélation entièrement neuve. Si j’évalue le nouveau d’après l’ancien, je suis sujet à l’erreur. Toutefois, le souvenir des expériences anciennes m’est d’une extrême utilité, car il me permet de voir le nouveau. Si je n’avais pas déjà une certaine expérience des choses, il est probable que certaines qualités d’un objet ou d’un être qui se présentent à moi m’échapperaient entièrement. L’expérience doit précisément servir à voir le nouveau, mais non à le juger d’après l’ancien. L’initié acquiert à cet égard des facultés très précises qui lui révèlent bien des choses restant entièrement cachées au non-initié.

La seconde boisson qui s’offre à l’initié est la « boisson du souvenir ». Grâce à elle, il lui devient possible d’avoir toujours présentes à l’esprit les vérités supérieures. La mémoire ordinaire n’y suffirait pas. Il faut « devenir un » avec ces vérités. Il ne suffit pas de les connaître, elles doivent s’intégrer tout naturellement à l’action vivante comme la nourriture ou la boisson à la vie physique. Elles doivent devenir exercice, habitude, penchant. Il ne doit plus être nécessaire d’y réfléchir dans le sens ordinaire du mot. Elles doivent s’exprimer par ce qui est l’homme lui-même, se répandre en lui et devenir comme les fonctions vitales de son organisme. Ainsi réalise-t-il toujours plus spirituellement l’objectif pour lequel la nature l’a physiquement construit.

_________________
Sois le changement que tu veux voir en ce monde
avatar
Archange

Messages : 2694
Date d'inscription : 01/04/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les degrés de l'initation

Message par Archange le Dim 18 Jan - 15:38




Aperçus Pratiques


Quand un homme travaille à perfectionner ses sentiments, ses pensées, ses dispositions intérieures d’après les méthodes décrites dans les chapitres sur la préparation, l’illumination et l’initiation, il donne à son âme et à son esprit une structure semblable à celle que la nature a donnée à son corps physique. Avant cette formation, l’âme et l’esprit sont des masses non structurées. Le clairvoyant les perçoit sous l’aspect de tourbillons nuageux, de spirales qui s’entremêlent, donnant des impressions de couleurs ternes tirant le plus souvent sur le rouge, le rouge-brun ou parfois le jaune-rougeâtre. Une fois organisées, ces masses commencent à prendre un éclat spirituel, nuancé de vert-jaune ou de bleu-vert, en même temps qu’elles présentent une structure régulière. L’homme parvient à cette régularité de structure et par là à des connaissances supérieures en ordonnant ses sentiments, ses pensées, ses dispositions psychiques, comme la nature ordonne en lui les fonctions corporelles pour lui permettre de voir, d’entendre, de digérer, de respirer. Il apprend peu à peu à respirer et à voir par l’âme, à entendre et à parler par l’esprit.

Citons encore ici quelques aspects pratiques plus précis de cette éducation de l’âme et de l’esprit. Ce sont au fond des règles que chacun peut observer même s’il n’en suit pas d’autres, et qui font avancer dans la science de l’esprit.

Il faut particulièrement s’efforcer de cultiver la patience. Chaque mouvement d’impatience paralyse et peut même détruire les facultés supérieures qui sommeillent en l’homme. On ne doit pas s’attendre à ce que du jour au lendemain de vastes horizons s’ouvrent sur le monde spirituel, car ainsi on n’obtient rien du tout. Il faut savoir être content du moindre progrès, rester calme et serein jusqu’au fond de l’âme. Il est compréhensible que l’étudiant attende impatiemment des résultats; cependant rien ne se produira aussi longtemps qu’il n’aura pas maîtrisé cette impatience. Il ne sert à rien de la combattre dans le sens ordinaire du mot, ce qui ne fait que l’accroître. On n’arriverait ainsi qu’à s’illusionner au point de la croire disparue alors qu’elle serait d’autant plus forte au fond de l’âme.

Il faut, pour réussir, se plonger continuellement dans une pensée bien définie, en la faisant totalement sienne. Cette pensée est la suivante : « Certes je dois tout faire pour développer mon âme et mon esprit; mais j’attendrai avec sérénité que les puissances supérieures me jugent digne de l’illumination qui me correspond. » Si cette pensée s’enracine en l’homme assez profondément pour devenir un trait de caractère, il est dans le bon chemin. Cette disposition se reflète même dans son aspect extérieur : le regard devient calme, les mouvements assurés, les décisions précises et tout ce qu’on appelle nervosité disparaît peu à peu.

Ainsi de petites règles de conduite qui ont l’air insignifiantes peuvent exercer une action considérable. Par exemple, quelqu’un nous cause une offense; avant notre entrée sur le chemin, nous nous serions élevé contre l’offenseur et la colère aurait rempli notre âme. Chez le disciple, au contraire, en telle occasion une seule pensée domine : « Cette offense ne m’enlève rien de ma valeur personnelle. » Et il prend les mesures nécessaires pour y parer avec calme, sérénité, sans irritation. Il ne s’agit pas naturellement de se laisser offenser sans protester, mais simplement de se comporter avec autant de calme et de sang-froid dans le cas d’une offense qui nous atteint personnellement que si elle s’adressait à une autre personne dans des circonstances où nous aurions le droit de la réprouver. Remarquez une fois de plus que le progrès occulte ne se manifeste pas par un changement éclatant de notre comportement, mais par une transformation subtile et silencieuse de nos sentiments et de nos pensées.

La patience exerce un véritable attrait sur les trésors du savoir occulte, tandis que l’impatience les repousse. Par la fièvre et l’agitation, on ne peut rien acquérir dans les domaines supérieurs de l’existence. Il faut avant tout imposer silence au désir et à l’avidité. Ce sont des attitudes de l’âme qui effarouchent toute connaissance supérieure. Si précieuse que soit la connaissance occulte, il ne faut pas la convoiter; elle doit venir à nous. Celui qui la désire pour en faire sa chose ne l’obtient jamais.

Dans ce but, il faut avant tout être franc vis-à-vis de soi-même, ne pas se permettre d’avoir sur soi des illusions. On doit savoir regarder en face avec franchise ses fautes, ses faiblesses, ses incapacités. Dès l’instant que tu cherches une excuse à tes faiblesses, tu dresses un obstacle sur le chemin de ton progrès spirituel. Tu ne peux éviter ces obstacles que par un regard franc sur toi-même. Il n’y a qu’un moyen de se dépouiller de ses défauts et de ses faiblesses, c’est de les regarder en face. Toutes les possibilités dorment en l’homme et l’on peut les éveiller. L’entendement et la raison eux-mêmes sont susceptibles d’être améliorés si on les étudie avec sang-froid et calme pour se rendre un compte exact de leurs imperfections. Cette connaissance de soi-même est naturellement malaisée, car la tentation de s’illusionner sur son propre compte est sans bornes. Mais celui qui s’accoutume à être véridique envers lui-même s’ouvre les portes de la perception supérieure.

Toute curiosité vaine doit également disparaître chez le chercheur. Il doit autant que possible perdre l’habitude de poser des questions pour le seul apaisement d’un désir personnel de connaissance. Il ne doit s’informer que de ce qui peut perfectionner son être pour le service de l’évolution. Cela ne doit pas freiner en quoi que ce soit la joie, l’enthousiasme pour la connaissance. Tout ce qui sert ce but doit être pour lui une exhortation qu’il écoute avec dévotion et qu’il recherche.

La formation occulte exige particulièrement une éducation du désir. Il ne s’agit pas de ne plus rien souhaiter, car il est naturel que nous aspirions à ce que nous devons atteindre et un désir se réalise d’autant mieux qu’on met en lui une plus grande force ; mais cette force doit provenir de la vraie connaissance.

« Ne jamais rien souhaiter en un domaine, avant d’avoir appris à connaître ce qui en lui est juste », telle est la règle d’or que doit suivre le disciple.

Le sage apprend d’abord quelles sont les lois de l’univers; ensuite ses désirs se changent en forces de réalisation. Voici un exemple probant : Beaucoup d’hommes désirent savoir ce qu’a pu être leur vie antérieurement à leur naissance. Un tel désir est sans objet et sans issue tant qu’on ne s’est pas assimilé par l’étude de la science spirituelle la connaissance des lois ainsi que de la nature des choses éternelles et cela dans leur caractère le plus subtil. Lorsqu’on a réellement acquis cette connaissance et qu’on veut aller plus loin ensuite, alors un désir ennobli et purifié vous porte.

Il ne sert non plus à rien de dire : « Mais je veux à tout prix connaître ma vie antérieure et c’est justement dans cette intention que je travaille à m’instruire. » Il vaut bien mieux être capable d’écarter ce désir personnel, de l’éliminer totalement et de travailler d’abord sans cette intention. Il faut nourrir la joie et le don de soi à l’étude, sans cette intention personnelle. C’est seulement ainsi qu’en même temps on apprend à développer le genre de désir qui entraînera une réalisation.

Dès que je me mets en colère ou que je m’irrite, je construis une barrière qui m’isole dans le monde psychique, et les forces qui doivent édifier mes organes spirituels ne peuvent plus parvenir jusqu’à moi.

Par exemple, quelqu’un m’irrite; tant que je suis en colère, il m’est impossible de percevoir le courant que son âme émet dans le monde psychique. Je ne le perçois pas tant que je suis encore capable de me fâcher. Mon irritation me le cache. Mais il ne faut pas croire qu’il me suffira de ne plus m’irriter pour percevoir aussitôt un phénomène psychique. Il faudra encore qu’en moi s’ouvre l’œil de l’âme. Or les rudiments de cet œil existent chez tout être humain. Ils demeurent cependant inertes aussi longtemps que l’homme est capable de s’irriter. D’ailleurs, il ne suffit pas, pour les rendre actifs, d’avoir quelque peu combattu le sentiment de la colère. Il faut, sans se lasser, continuer la lutte, la poursuivre avec patience. Et un jour on remarquera que l’œil intérieur vient de s’ouvrir.

A vrai dire, pour arriver à ce but, il ne suffit pas de combattre uniquement l’irritation. Beaucoup s’abandonnent à l’impatience et au doute parce que pendant des années ils ont combattu certaines dispositions de caractère et que la clairvoyance n’est quand même pas venue. Ils ont effectivement perfectionné certains côtés de leur nature, mais ont laissé d’autant plus proliférer les autres.

Le don de clairvoyance n’apparaîtra pas avant que ne soit maîtrisé tout ce qui faisait obstacle à l’éveil des facultés qui sommeillent. Assurément, la clairvoyance et la clairaudience commencent à poindre auparavant, mais ce sont des bourgeons infiniment délicats, facilement soumis à toutes les erreurs, ou bien qui se flétrissent vite si on les prive des soins nécessaires.

Parmi les dispositions adverses qu’il faut combattre tout autant que la colère et l’irritabilité, citons la tendance à la peur, la superstition et les partis pris, la vanité et l’ambition, la curiosité et les confidences inconsidérées, les barrières qu’on établit entre les êtres d’après leur rang, leur race ou leur origine. On ne comprend guère à notre époque que combattre ces défauts ait quelque chose à faire avec l’affinement des facultés de connaissance. Mais tout occultiste sait bien que cette maîtrise a beaucoup plus d’influence sur le développement que des conquêtes d’intelligence et la pratique d’exercices artificiels. On pourrait facilement se méprendre et croire que pour combattre la crainte il faille devenir follement audacieux et que pour vaincre les préjugés de race ou de classe on ne doive plus faire aucune distinction entre les hommes.

Il s’agit bien plutôt d’avoir un jugement droit, ce qui n’est pas possible tant qu’on obéit à des préventions. Déjà, la simple réflexion nous montre que, par exemple, la peur d’un phénomène empêche de le juger clairement; de même, un préjugé de race interdit de pénétrer dans l’âme d’un homme. Cette simple réflexion, le disciple doit la méditer avec finesse et pénétration.

Un autre obstacle pour l’entraînement occulte consiste à parler sans avoir suffisamment éclairé par la réflexion ce que l’on veut dire, et ici il faut considérer un point que seul un exemple peut mettre en lumière. Si quelqu’un me dit une chose à laquelle je dois répliquer, il faut que je m’efforce de tenir compte de son opinion, de son sentiment, voire même de ses préjugés, plutôt que de l’argument qui me vient à l’esprit. Il y a ici tout un affinement du tact auquel le disciple doit consacrer ses soins les plus attentifs. Il doit apprendre à discerner de quelle importance sera pour son interlocuteur ce qu’il va répliquer.

Il ne s’agit pas de refouler ce qu’on pense soi-même : il n’en est pas question ici; mais il faut écouter aussi exactement que possible ce que dit l’autre et ne donner forme à sa propre réplique que d’après ce qu’on a entendu. En pareil cas, une pensée revient toujours à l’esprit du disciple et si elle vit en lui au point de devenir un trait de caractère, il sait qu’il est sur la bonne voie.

Cette pensée est la suivante : « L’important n’est pas que j’aie un autre avis que cet homme, mais bien qu’il trouve de lui-même la vérité grâce à ce que je puis apporter. » Par de semblables pensées, le caractère et la manière d’agir du disciple prennent une certaine douceur, ce ressort essentiel de toute discipline occulte. La dureté écarte de vous les formations astrales qui doivent éveiller le regard de votre âme. La douceur bienveillante dissipe les obstacles, et ouvre vos organes spirituels.

Avec la douceur s’affirme bientôt un autre trait de caractère : l’attention sympathique et calme dirigée sur toutes les nuances de la vie intérieure des êtres qui nous entourent, grâce au silence parfait de nos propres mouvements intérieurs. Si un homme parvient à ce résultat, alors ce qui anime les âmes qui l’entourent agit sur lui de telle sorte qu’intérieurement il grandit et se structure, comme la plante dans la lumière solaire. Douceur et silence, accompagnés de véritable patience, font accéder l’âme au monde des âmes, l’esprit au monde des esprits.

« Attends dans le calme et le recueillement, ferme tes sens aux impressions qu’ils ont reçues avant que tu ne prennes en main ton éducation intérieure. Fais taire parmi tes pensées celles qui avaient l’habitude d’occuper ton âme. Établis en toi un silence, et puis attends patiemment. L’action des mondes supérieurs commencera alors à se faire sentir, à édifier le regard de ton âme et l’oreille de ton esprit. N’espère pas voir et entendre aussitôt dans les mondes de l’âme et de l’esprit. Car ce que tu fais contribue seulement à développer tes sens supérieurs. Mais tu ne saurais voir avec l’âme et entendre avec l’esprit que lorsque tu posséderas ces sens-là. Si tu es ainsi resté quelques instants dans un état d’attente calme et recueillie, va à tes occupations courantes après t’être encore une fois profondément pénétré de la pensée suivante : « Il m’arrivera un jour ce qui doit m’arriver quand je serai mûr pour le recevoir. » Interdis-toi sévèrement toute tentative pour attirer à toi les puissances supérieures par ta volonté arbitraire. »

Telles sont les indications que tout étudiant en occultisme reçoit de son instructeur à l’entrée du sentier. S’il en tient compte, il se perfectionne; s’il ne les observe pas, il travaille en pure perte. Elles ne sont difficiles que pour celui qui manque de patience et de persévérance. Il n’existe point d’autres obstacles que ceux que chacun se crée à soi-même et qu’on peut éviter si on le veut vraiment. Il faut sans cesse rappeler ces vérités, car bien des gens se font une idée très fausse des difficultés que rencontre le disciple. Il est dans un certain sens plus facile de franchir les premières étapes de ce sentier que de venir à bout des difficultés constantes de la vie journalière si l’on n’a pas suivi cet entraînement.

En outre, nous ne devons faire connaître ici que ce qui est incapable de faire courir le moindre danger à l’équilibre corporel et psychique. Certes, il existe des procédés plus rapides pour arriver au but, mais le chemin que nous indiquons n’a rien de commun avec eux, car ils peuvent avoir sur l’homme certains effets que ne peut souhaiter un occultiste éprouvé. Comme plusieurs aspects de ces procédés sont toujours à nouveau livrés au public, nous avons le devoir de mettre expressément en garde ceux qui voudraient les pratiquer. Pour des motifs que seul un initié peut comprendre, les procédés de cette espèce ne devraient pas être communiqués publiquement sous leur véritable forme, et quant aux fragments qui sont révélés ça et là, ils ne peuvent avoir aucun bon résultat ; bien au contraire, ils ruinent la santé, le bonheur et la paix intérieure. Celui qui ne veut pas se livrer entièrement à des puissances ténébreuses dont il ne peut apprécier ni l’origine, ni la véritable essence, doit soigneusement éviter de se laisser prendre à ces méthodes.

Nous pouvons encore donner quelques indications sur le milieu dans lequel les exercices occultes doivent être entrepris. Car il exerce une certaine influence. Toutefois, les conditions varient pour chaque individu. Celui qui les pratique dans un milieu qui n’est rempli que d’intérêts égoïstes, par exemple des formes modernes de la lutte pour l’existence, celui-là doit savoir que cette atmosphère n’est pas sans influence sur le développement de ses organes spirituels.

A vrai dire, les lois intérieures qui gouvernent ces organes sont assez fortes pour résister en partie à la mauvaise influence du milieu. Le terrain le plus défavorable ne saurait faire qu’une graine de lys donne naissance à un chardon; de même les plus âpres luttes d’intérêt de nos cités modernes ne sauraient faire qu’un organe spirituel devienne autre chose que ce qu’il doit être. Mais en tout cas, il est excellent pour le chercheur de s’environner de temps à autre de la paix silencieuse, de la majesté grave et du charme qu’il trouve dans la nature. Il est particulièrement favorable pour l’étudiant de poursuivre son développement entouré d’une végétation verdoyante ou dans une contrée montagneuse ensoleillée, baignée dans les charmes d’une vie simple. Un tel milieu imprime aux organes spirituels une croissance harmonieuse qu’on ne peut jamais réaliser dans nos cités modernes.

Celui qui, du moins dans son enfance, a respiré l’air des sapins, contemplé les sommets neigeux, observé l’activité silencieuse des insectes et des animaux dans la forêt, est déjà mieux placé que l’homme des villes. Mais celui dont la destinée est de vivre dans une ville ne doit pas négliger de nourrir les organes de son âme et de son esprit par la lecture de pages inspirées des grands maîtres de la sagesse. Si vos yeux ne peuvent suivre jour par jour l’éclosion du printemps dans les jeunes pousses de la forêt, vous trouverez une compensation à nourrir votre cœur des pensées sublimes de la Bhagavad Gita, de l’Évangile selon saint Jean, de Thomas a Kempis (Note 6 : « L’Imitation de Jésus-Christ. ») et des descriptions de la science spirituelle. Il y a bien des chemins pour gravir les sommets de la clairvoyance, mais il faut entre eux choisir avec discernement.

L’initié aurait à décrire bien des aspects du chemin qui paraissent singuliers aux non-initiés. Il peut arriver, par exemple, que quelqu’un soit très avancé sur le sentier, qu’il touche pour ainsi dire au moment où vont s’ouvrir l’œil de l’âme et l’oreille de l’esprit. Or, il a la chance de faire alors un voyage sur une mer calme ou parfois au contraire agitée par la tempête, et un bandeau tombe de ses yeux. Brusquement il s’éveille à la vision. Un autre est également arrivé au point où ce bandeau est prêt à tomber, ce qui se produit sous un violent coup du sort. Sur un autre homme, ce coup aurait eu pour effet de paralyser sa force, d’endormir son énergie. Pour le disciple, il marque le point de départ de l’illumination. Un troisième attend depuis longtemps avec patience; voici des années qu’il attend ainsi sans percevoir les fruits de son travail; un jour, assis paisiblement dans sa chambre silencieuse, soudain une lumière spirituelle l’entoure; les murs disparaissent, deviennent transparents au regard de l’âme et un nouvel univers se déroule à son œil désormais clairvoyant, résonne à son oreille désormais ouverte à l’esprit.

_________________
Sois le changement que tu veux voir en ce monde
avatar
Archange

Messages : 2694
Date d'inscription : 01/04/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les degrés de l'initation

Message par Archange le Dim 18 Jan - 15:40




Les conditions de l’entraînement occulte


Les conditions qu’impose un entraînement occulte n’ont pas été établies par la volonté arbitraire de qui que ce soit. Elles résultent de la nature même du savoir occulte. De même qu’un homme ne saurait devenir peintre, s’il ne veut pas prendre un pinceau en main, de même personne ne saurait recevoir une formation occulte s’il ne consent à remplir les conditions que les maîtres de ce savoir considèrent comme indispensables. Au fond, l’instructeur ne saurait jamais donner autre chose que des conseils et c’est bien dans ce sens qu’il faut accueillir tout ce qu’il dit. Il a lui-même passé par les étapes préparatoires à la connaissance des monde supérieurs. Il sait par expérience ce qui est nécessaire. C’est entièrement de la volonté libre de chacun qu’il dépend de parcourir ou non ces mêmes étapes. Si quelqu’un voulait recevoir les instructions d’un occultiste sans se plier aux conditions nécessaires, il agirait comme un jeune homme qui dirait à un professeur de peinture : « Enseigne-moi à peindre, mais épargne-moi donc la peine de prendre un pinceau en main. »

Jamais non plus l’instructeur ne peut proposer quelque chose si la libre volonté du disciple ne vient à sa rencontre. Toutefois il faut remarquer que le souhait vague de posséder un savoir supérieur n’est pas un mobile suffisant. Beaucoup de gens ont naturellement ce désir, mais si l’on n’a que lui, sans vouloir se plier aux conditions particulières de la discipline occulte, on ne saurait rien obtenir. C’est à quoi doivent songer ceux qui se plaignent des difficultés que présente l’entraînement. Si vous ne pouvez pas ou bien ne voulez pas remplir ces conditions dans toute leur rigueur, il faut renoncer provisoirement à tout progrès occulte. Ces conditions sont, à vrai dire, rigoureuses mais non pas dures, du fait qu’on les remplit par un acte qui non seulement doit être libre, mais qui exige cette liberté.

Si l’on ne voit pas bien ce caractère du progrès occulte, les exigences de l’instructeur apparaissent facilement comme une contrainte imposée à l’âme et à l’esprit. La discipline consistant en une culture de la vie intérieure, il faut donc bien que l’occultiste donne des conseils qui se rapportent à cette vie intérieure. Mais on ne saurait considérer comme une contrainte des obligations auxquelles on se soumet librement. Si quelqu’un exigeait d’un maître : « Communique-moi tes secrets tout en me laissant à mes sensations, à mes sentiments et à mes représentations d’autrefois », il réclamerait quelque chose d’impossible. Au fond, il ne demanderait qu’à contenter sa curiosité, sa soif de connaître. Mais avec de telles dispositions, on n’acquiert pas la science secrète.

Nous devons maintenant énumérer en suivant leur ordre les conditions qui s’imposent au disciple. Avant tout, insistons bien sur le fait qu’aucune d’elles n’exige une réalisation totale. Ce que l’on demande, c’est seulement qu’on s’efforce sincèrement d’y parvenir. Personne ne peut remplir entièrement ces conditions, mais il est au pouvoir de chacun de s’y appliquer. L’essentiel, c’est la volonté et la décision de s’engager dans cette voie.

La première condition est la suivante : il faut veiller avec soin à sauvegarder sa santé, pour le corps et pour l’esprit. Naturellement, il ne dépend pas d’un homme d’être bien portant; mais il dépend de lui d’y tendre et de se donner la peine d’y parvenir. Une connaissance saine ne peut provenir que d’un organisme sain. La discipline occulte ne repoussera pas un candidat pour manque de santé, mais elle doit exiger que l’étudiant ait la volonté de mener une vie saine.

Dans ce domaine, il faut que l’on acquière la plus grande autonomie. Les bons conseils d’autrui — le plus souvent on ne les a pas demandés, — sont en règle générale tout à fait superflus. Chacun doit s’efforcer de veiller sur soi-même.

Au point de vue physique, il s’agit surtout d’écarter les influences nuisibles. Certes, pour remplir nos devoirs, nous devons souvent nous imposer certaines fatigues qui ne sont pas bonnes pour notre santé. Il faut savoir placer le devoir au-dessus du souci de la santé au moment voulu. Mais que de choses auxquelles on peut renoncer avec un peu de bonne volonté ! Le devoir doit, dans bien des cas, être mis au-dessus de la santé, souvent même au-dessus de la vie; la jouissance, jamais.

Pour le chercheur, la jouissance ne doit être qu’un moyen d’assurer la santé et la vie. En ce domaine, il est absolument nécessaire d’être très sincère et franc vis-à-vis de soi-même. Il ne sert à rien de mener une vie ascétique, si c’est pour rechercher d’autres jouissances. Il se peut qu’on trouve dans l’ascétisme une volupté semblable à celle que quelqu’un d’autre trouve à boire. Mais dans ce cas, il ne faut pas espérer de ce genre d’ascétisme qu’il serve les buts de la connaissance supérieure.

Beaucoup accusent leurs conditions d’existence d’entraver leur progrès. « Dans ma situation, disent-ils, il m’est impossible de me développer. » Certes, il peut être souhaitable pour beaucoup d’améliorer leur situation, mais pour d’autres motifs, car en vue du progrès occulte, cette modification n’est jamais indispensable. Ce but exige simplement que l’on fasse, précisément dans la situation où l’on se trouve, tout ce qu’il faut pour la santé du corps et de l’âme. Toute besogne, tout travail peut servir l’ensemble de l’humanité. Il y a bien plus de grandeur à reconnaître qu’un travail, si infime, si détesté soit-il, est utile à l’ensemble qu’à se dire : « Ce travail est trop bas pour moi, je suis fait pour autre chose. » Il est en tout cas d’une importance toute particulière de rechercher un équilibre spirituel parfait.

Un déséquilibre dans les sentiments ou les pensées nous détourne infailliblement des sentiers de la connaissance supérieure. La base nécessaire de tout progrès, c’est la clarté et le calme dans les pensées, la sûreté dans les impressions et les sentiments. Rien ne doit être plus étranger qu’une attirance vers tout ce qui est fantastique, vers l’excitation, la nervosité, l’exaltation, le fanatisme. On doit acquérir en face de toutes les situations de la vie un regard équilibré, savoir se conduire avec sûreté, et laisser calmement les choses vous informer et agir sur vous. Partout où c’est nécessaire, on doit s’efforcer de faire confiance à la vie. On doit éviter tout ce qui pourrait être exagéré et partial dans les jugements ou les sentiments. Si cette condition n’était pas remplie, au lieu de pénétrer dans les mondes supérieurs réels, le chercheur risquerait de se trouver dans un univers imaginaire. Au lieu de la vérité, ce sont des fantaisies et des préjugés qui régneraient en lui. Mieux vaut un bon sens « terre à terre » que l’exaltation ou l’imagination débridée.

La deuxième condition est de se ressentir comme un membre de la vie universelle. Remplir cette condition comporte des obligations multiples. Chacun ne peut toutefois y satisfaire qu’à sa manière. Si je suis, par exemple, éducateur et que mon élève ne réponde pas à ce que j’attends de lui, je ne dois pas m’en prendre d’abord à lui, mais à moi. Je dois avoir si profondément conscience d’être un avec lui que je me demande : est-ce que les faiblesses de mon élève ne sont pas précisément la conséquence de ma manière d’être ? Et, au lieu de m’élever contre lui, je réfléchirai plutôt à ce que je dois faire pour qu’à l’avenir il réponde mieux à ce que j’exige de lui. Cet état d’esprit modifie peu à peu ma manière de penser tout entière, aussi bien dans les petites choses que dans les grandes. Dans ces dispositions, je considère par exemple un criminel d’un autre œil qu’auparavant, je suspends mon jugement et je me dis : « Je ne suis comme lui qu’un humain. Seule peut-être l’éducation que j’ai reçue m’a préservé du même sort. » Et j’en viens à penser que ce frère en humanité aurait pu devenir tout autre si les maîtres qui se sont donné la peine de m’élever s’étaient occupés de lui. Je considérerai donc que j’ai joui d’un bienfait qui lui a été refusé et que je suis redevable de mon honnêteté précisément aux circonstances dont il a été privé. Je ne serai plus très éloigné de l’idée que moi, membre de l’organisme humain, je suis solidairement responsable de tout ce qui se passe dans cet organisme.

Cela ne veut pas dire que cette pensée doive se traduire immédiatement par des manifestations extérieures, de l’agitation. C’est au contraire dans le silence de l’âme qu’il faut la cultiver. La conduite de l’individu s’en imprégnera ensuite lentement. Dans de pareils domaines, on ne peut commencer à réformer que soi-même. Rien n’est plus stérile que de vouloir réformer l’humanité en lui imposant des exigences générales. Il est bien facile d’avoir l’idée de ce qui devrait être ; mais l’occultiste travaille d’une manière profonde et non superficielle. Il ne serait donc pas juste de vouloir établir un rapport entre cette condition posée par les maîtres et une règle de conduite extérieure, à plus forte raison politique qui n’a rien à voir avec la discipline spirituelle. En général, les agitateurs politiques savent bien ce qu’ils veulent exiger d’autrui; ils savent moins bien ce qu’ils doivent exiger d’eux-mêmes.

A la deuxième condition se rattache tout naturellement la troisième. Le disciple doit arriver par son effort à voir que ses pensées et ses sentiments ont pour l’univers autant d’importance que ses actions. Il lui faut reconnaître qu’il est tout aussi néfaste de haïr son semblable que de le frapper. Il en vient par là tout naturellement à comprendre que lorsqu’il travaille à son perfectionnement intérieur, il ne travaille pas seulement pour lui, mais pour l’univers. Si mes pensées et mes sentiments sont purs, le monde en tire autant de profit que si mon comportement est juste. Tant que je n’ai pas foi en cette importance de ma vie intérieure pour l’univers, je ne vaux rien comme occultiste. Je n’exerce cette foi dans l’importance de l’âme et de la vie intérieure qu’en travaillant à les développer comme s’il s’agissait d’une action au moins aussi réelle que les actions extérieures. Car je dois savoir qu’un de mes sentiments produit autant d’effet qu’un mouvement de ma main.

Cette certitude renferme déjà la quatrième condition : acquérir la conviction que la véritable essence de l’homme ne réside pas au dehors mais au dedans de lui. Celui qui ne se considère que comme un produit du monde extérieur, un résultat d’éléments physiques, ne saurait tirer de cette notion aucun progrès en occultisme. Avoir conscience d’être une âme et un esprit, c’est la base de la discipline. Si l’on progresse dans ce sentiment, on devient capable de distinguer entre l’obligation intérieure et le succès extérieur. On comprend que l’on ne puisse pas immédiatement comparer l’un à l’autre.

Le chercheur doit trouver le juste milieu entre ce que les circonstances extérieures lui prescrivent et ce qu’il juge bon pour son comportement. Il ne doit certes pas imposer à son entourage quelque chose que celui-ci ne puisse pas comprendre, mais il doit être par ailleurs complètement dégagé du désir de faire seulement ce qui convient à son entourage. La confirmation qu’il est dans le vrai, il ne peut l’attendre que de son âme, si, avec courage et loyauté, elle lutte pour la connaissance. Mais il doit apprendre de ceux qui l’entourent tout ce qui peut lui être utile et profitable. Ainsi, il édifiera en lui-même ce que la science occulte appelle « la balance spirituelle ». Sur l’un des plateaux de cette balance se trouve un « cœur largement ouvert » aux besoins du monde extérieur; sur l’autre plateau, une « fermeté intérieure » et une « endurance à toute épreuve ».

Ces qualités annoncent déjà la cinquième condition : la persévérance dans l’accomplissement d’une décision une fois prise. Rien ne doit en détourner le disciple, sauf s’il constate avec évidence qu’il se trouve dans l’erreur; car chaque résolution est une force, et, même si cette force ne produit pas un résultat immédiat là où on l’attendait, elle agit pourtant à sa manière. Le succès peut bien couronner une entreprise née du désir; mais les actions nées du désir et de la passion sont sans valeur pour le monde supérieur. En ce monde-là, il n’y a qu’un élément déterminant pour l’action, — c’est l’amour.

Dans cet amour, tous les mobiles qui incitent le chercheur à agir doivent prendre une forme vivante. Alors rien ne le découragera; il continuera infatigablement à transmuer ses résolutions en actions, si nombreux qu’aient pu être ses échecs. Il en arrivera à ne plus attendre seulement les résultats extérieurs de ses actes, mais à trouver une satisfaction dans l’action elle-même. Il apprendra ainsi à offrir au monde en sacrifice toutes ses actions et même son être tout entier, quelle que soit la manière dont le monde accueillera ce sacrifice. Celui qui veut devenir un occultiste doit se déclarer prêt à cette vie d’abnégation.

La sixième condition est de développer le sentiment de la reconnaissance envers tout ce qui vous arrive. Il faut savoir que l’existence qu’on a reçue est un présent de l’univers entier. Que de conditions sont nécessaires pour que chacun de nous reçoive la vie et puisse la conserver ! Que ne devons-nous pas à la nature et à nos semblables ! Ces pensées doivent devenir naturelles à ceux qui veulent suivre la discipline. Celui qui ne les cultive pas ne saurait nourrir en lui l’amour universel qui est nécessaire pour parvenir à une connaissance supérieure. Quelque chose que je n’aime pas est incapable de se manifester à moi; et chaque révélation doit me pénétrer de gratitude, car par elle je suis enrichi.

Toutes les conditions susdites doivent se réunir dans la septième : concevoir de plus en plus la vie dans le sens que ces conditions exigent. Le disciple se donne ainsi la possibilité de mettre de l’unité dans son existence. Les divers modes de son activité s’harmonisent et ne se contredisent plus. C’est ainsi qu’il se prépare au calme auquel il doit parvenir dès ses premiers pas dans le sentier.

Si quelqu’un a la volonté ferme et sincère de remplir ces conditions, qu’il entreprenne alors son entraînement spirituel. Il est prêt pour appliquer les conseils qui lui sont donnés. Il se peut que certains lui apparaissent comme des formalités extérieures. Peut-être aussi ne s’attendait-il pas à des formes si rigoureuses. Mais tout acte de la vie intérieure doit s’exprimer par un acte extérieur et, de même qu’il ne suffit pas à un tableau d’exister seulement dans la tête du peintre, de même il n’existe point de discipline occulte sans manifestations extérieures. Ceux-là seuls méprisent les formes rigoureuses qui ignorent que la vie intérieure doit arriver à s’exprimer au dehors. Il est vrai que c’est l’esprit d’une chose qui importe et non sa forme, mais de même que la forme sans l’esprit est un néant, de même l’esprit qui ne peut créer une forme à son image est stérile.

Les conditions imposées au chercheur ont pour objet de le fortifier en vue également des exigences ultérieures que la discipline doit lui imposer. S’il n’a pas rempli les premières conditions, il n’abordera qu’avec appréhension toute obligation nouvelle; il n’aura pas envers les hommes la confiance qui est nécessaire. Or, c’est sur la confiance et sur un réel amour de l’humanité que doit être édifiée toute recherche de la vérité. Celle-ci doit vraiment avoir à sa base l’amour des hommes, bien qu’elle ne puisse pas être engendrée par cet amour, mais seulement par notre propre force intérieure.

Ensuite, l’amour du genre humain doit s’élargir progressivement jusqu’à l’amour de tout être, de toute vie. Celui qui ne remplirait pas les conditions énoncées ne pourrait pas éprouver un amour total envers tout ce qui crée, édifie, ni toute la répulsion correspondante envers ce qui détruit, anéantit. Car on doit devenir incapable de détruire pour détruire, et cela, non seulement en action, mais même en paroles, en sentiments ou en pensées. Tout ce qui est croissance, devenir, doit être une joie, et il ne faut prêter la main à un acte destructif que si l’on se sent capable de stimuler ainsi l’éclosion d’une vie nouvelle. Nous ne voulons pas dire par là que le disciple doive assister impassible au déchaînement du mal, mais il doit chercher jusque dans un mal les côtés par lesquels on peut le transformer en un bien. Il acquiert de plus en plus la certitude que la meilleure façon de combattre le mal et l’imparfait, c’est de réaliser du bien et du parfait. Il sait que l’on ne saurait rien faire sortir du néant, mais que l’imparfait peut être transformé en parfait. Celui qui développe en lui la tendance à l’activité créatrice trouve bientôt aussi le moyen de se comporter comme il convient vis-à-vis du mal.

Quiconque s’engage à suivre un entraînement occulte doit savoir qu’il aura pour but d’édifier et non de démolir. Il doit donc y apporter une volonté de travail sincère et désintéressé, et non pas de critique destructive. Il doit être capable de dévotion, car quand on ne sait pas encore, il faut apprendre et il faut regarder avec respect ce qui s’ouvre à nous. Amour du travail et dévotion, tels sont les sentiments fondamentaux qui doivent être exigés du chercheur. Plus d’un constate qu’il n’avance pas, malgré tout le mal qu’il se donne, lui semble-t-il. Cela vient de ce qu’il n’a pas compris le vrai sens du travail et de la dévotion. Un travail aura d’autant moins de succès qu’on ne l’entreprend qu’en vue du succès et l’étude fera d’autant moins vite avancer qu’elle n’est pas accompagnée de dévotion. Le seul ressort du progrès, c’est l’amour du travail, non pas celui du succès. Si l’étudiant essaie d’avoir des pensées justes et des jugements sûrs, qu’il n’entame pas sa dévotion par le doute et par la méfiance.

Si l’on accueille la communication qui vous est faite non pas de prime abord par une réaction personnelle, mais dans un état d’esprit calme, respectueux et confiant, il ne s’agit là nullement d’une soumission servile. Ceux qui ont obtenu quelques résultats dans la connaissance savent qu’ils doivent tout, non pas à un jugement personnel qui s’entête sur sa position, mais à leur décision d’écouter avec calme et d’élaborer ensuite ce qui a été reçu.

On doit avoir sans cesse présent à l’esprit qu’on n’apprend plus rien d’un fait que l’on a jugé d’avance. Si l’on veut uniquement juger, on ne peut en principe plus rien apprendre. Il faut avoir la volonté très ferme d’être un « élève ». Si l’on ne peut comprendre quelque chose, mieux vaut s’abstenir de juger que de juger faux; la compréhension viendra plus tard.

A mesure qu’on gravit les degrés de la connaissance, la nécessité s’impose davantage d’accueillir l’enseignement avec calme et respect. Toute activité connaissante, toute vie, toute action dans le monde de l’esprit est infiniment subtile et délicate dans ces régions supérieures, comparée aux opérations de l’entendement ordinaire et de la vie dans le monde physique. Plus s’élargit le champ d’action de l’individu, plus les activités dont il a la charge prennent de subtilité. C’est parce qu’il en est ainsi que les hommes arrivent à des « opinions » et à des « points de vue » si différents en ce qui concerne les mondes supérieurs. Toutefois, il n’existe en réalité qu’une seule opinion vraie à l’égard des vérités suprêmes. On peut y parvenir en s’élevant par le travail et la dévotion jusqu’au point où l’on contemple la vérité sous son aspect réel. Si l’on se fait une opinion qui jure avec cette unique opinion vraie, cela prouve qu’on s’est insuffisamment préparé et qu’on juge encore d’après ses préférences, ses goûts, ses habitudes de pensées. Il n’y a qu’une seule façon de comprendre un théorème de mathématiques et il en est de même pour les vérités du monde supérieur. Mais il faut d’abord se préparer pour pouvoir arriver à une telle « vue ». S

i l’on songeait suffisamment à cela, les conditions imposées par l’instructeur ne surprendraient personne. Il est parfaitement exact que la vérité et la vie supérieure résident en chaque être humain et que chacun peut et doit les trouver par lui-même. Mais elles sont enfouies à une grande profondeur et ce n’est qu’après avoir écarté tous les obstacles qu’on peut les en extraire. Comment y parvenir ? Celui qui a l’expérience de l’occultisme peut seul le dire. La science spirituelle donne des conseils en ce sens. Elle n’impose à personne une vérité et ne promulgue aucun dogme : elle indique un chemin. Au fond, chacun pourrait trouver tout seul ce chemin, mais peut-être seulement après bien des incarnations. On arrive pourtant à raccourcir le chemin, au moyen de l’entraînement occulte. Grâce à lui, l’homme atteint plus tôt le moment d’agir dans les mondes où son travail spirituel peut contribuer au salut et à l’évolution de l’humanité.

Voilà les premières indications qu’il fallait donner sur la manière d’acquérir l’expérience des mondes supérieurs. Dans le chapitre suivant, cet exposé va être suivi d’explications sur le changement qui se produit au cours de cette évolution dans les éléments supérieurs de la nature humaine, c’est-à-dire dans l’organisme psychique (corps astral) et dans l’esprit ou corps de pensée.

Ainsi les communications qui précèdent seront éclairées d’une lumière nouvelle et l’on pourra en pénétrer plus profondément le sens.


RUDOLF STEINER



http://wn.rsarchive.org

http://www.elishean.fr/?p=30829&


_________________
Sois le changement que tu veux voir en ce monde
avatar
Archange

Messages : 2694
Date d'inscription : 01/04/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les degrés de l'initation

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum