Solve et Coagula et le problème du mal

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Solve et Coagula et le problème du mal

Message par Archange le Dim 4 Jan - 14:39




SOLVE ET COAGULA

Et

LE PROBLÈME DU MAL




«Ce qui est en haut est comme

Ce qui est en bas.»

Hermès Trismégiste.


(La Table d’émeraude).




Ce qui fait l’immense intérêt de la science d’Hermès, c’est d’avoir connu et renfermé dans des formules mystérieuses les grandes lois de la nature et de la vie, bien avant leur découverte par les savants et les métaphysiciens. L’une de ces formules est : Solvé et coagula. Elle signifie dissoudre et coaguler ou rassembler. Or, elle concerne, comme nous allons voir, les deux plus grandes lois du monde physique et du monde moral en rapport avec le Dieu suprême et concernant le plus difficile problème : celui du Bien et du Mal.

Mais tout d’abord, le mal existe-t-il? Alors que son existence a été admise par toute l’antiquité, il en est aujourd’hui qui déclarent qu’il n’a pas d’existence propre, qu’il n’est que l’absence du bien ou le produit de notre imagination. Or, est-il raisonnable de se cacher ainsi la tête sous l’aile comme l’autruche, en
déclarant que le mal n’existe pas? Il est probable que ceux qui parlent ainsi sont des satisfaits de la vie qui n’ont connue aucune douleur ni physique, ni morale, qui n’ont perdu aucun être cher, qui n’ont été victimes d’aucune des catastrophes qui se sont abattues sur le monde au cours des dernières années, qui n’ont vu assassiner ou emprisonner aucune des leurs, qui ne l’ont pas été eux-mêmes, qui ont conservé tout situation et le toit qui les abrites, qui ne souffrent d’aucune terrible maladie comme le cancer et la tuberculose, etc… Il leur est alors facile de se désintéresser du problème du mal et d’oublier égoïstement les souffrances des autres, mais les âmes sensibles ne peuvent s’empêcher de souffrir en pensant à tous les maux qui accablent l’humanité. Ce ne sont que catastrophes de toute nature, comme ces immenses incendies des forêts landaises qui ont failli détruire notre Pignada et firent l’objet d’un deuil national, et il ne se passe pas de jour où nous n’apprenions quelques nouveau désastre survenu en un point du globe.

Et n’oublions pas les maladies, les infirmités, les épidémies. En réalité, tout souffre sur la terre. Tout lutte dans la nature; le minéral lutte contre la force de destruction de ses éléments; les plantes luttent contre la sécheresse et le froid; elles se disputent le soleil et la nourriture et s’entourent parfois d’épine pour se défendre. Les espèces animales se font une guerre d’extermination et ne subsistent qu’aux dépens les unes des autres. La plante souffre obscurément, car elle possède la sensibilité; l’animal, qui possède, en outre, l’intelligence, connaît la douleur et la crainte de la douleur (beuglements des boeufs emmenés vers l’abattoir, aboiements craintifs des chiens en attente de la vivisection).

Et il y a les souffrances morales, l’angoisse, la peur, qui sont parfois plus cruelles que les souffrances physiques. Tel est le cas de ces condamnés à mort que l’on fait parfois attendre pendant de longues périodes avant leur exécution ou leur grâce. Le mal existe donc dans la nature animée et inanimée, et il serait vain de le nier.Je sais bien que l’on donne du mal diverses explications. Il est des souffrances que
l’on explique soit par la nécessité de l’expiation de fautes commises dans des existences antérieures, soit par l’utilité des épreuves pour notre évolution spirituelle, un moyen de progrès.

L’homme est un apprenti, la douleur est son maître, Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert
. A écrit Musset, et François Coppée a parlé de la «bonne souffrance».

En d’autres circonstances, il s’agirait de punitions infligées par la puissance divine. C’est ainsi que dans la Bible mosaïque, Jéhovah détruit Sodome et Gomorrhe, demande de massacré des Samaritains et fait exterminer les Cananéens. Et l’on entendit avec stupeur, lors de l’incendie du Bazar de la Charité, qui fit tant de victimes il y a quelques années, le P. Ollivier déclarer, dans la chaire de Notre-Dame de Paris, que ces malheureuses femmes, réunies pour faire le bien, avaient été brûler vives pour punir la France de son impiété. Mais il reste les catastrophes géologiques, tremblements de terre, éruptions volcaniques raz de marée, qui font périr à la fois des milliers d’êtres humains, et ici l’idée de la bonne souffrance ou d’une punition divine ne sont pas des explications suffisantes.

Alors se présente l’idée d’un esprit du mal dont le mazdéisme, comme le manichéisme, le judaïsme et le christianisme ont enseigné l’existence sans en dégager la nature. Le problème du mal pose donc nécessairement la question de l’existence d’un Dieu que l’on déclare infiniment bon et infiniment puissant, ce qui paraît inconciliable avec l’existence du mal. En réalité, les maux dont nous souffrons ont diverses causes. Il en est qui proviennent de la cruauté, de la férocité de certains êtres qui n’ont au coeur aucune sensibilité, aucun sentiment de pitié et se complaisent dans le mal avec une sorte de volupté. Ils obéissent parfois à une idéologie qui les entraîne à des actes horribles, et l’on a connu des révolutions sanglantes envoyant à la mort des hommes intègres et commettant d’effroyables tueries au nom de la liberté et de l’égalité. De même, les religions ont commis des crimes; la religion du Christ a eu des représentants féroces oubliant la morale chrétienne : Aimez-vous les uns les autres. Aimez vos ennemis. L’Homo homini lupus reste un adage rempli de vérité, mais il se peut que les êtres cruels soient à leur insu les agents d’une puissance invisible qui les pousse à faire le mal, en profitant de la bassesse de leurs âmes.

S’il existe des êtres cruels, pervers, injustes, égoïstes, il existe aussi des êtres pleins de bonté, de charité de justice, comme il existe des animaux inoffensifs et des animaux féroces, et ces différences originelles posent une énigme aussi difficile à résoudre que le problème du mal. Y aurait-il donc pour ces êtres deux origines différentes? Une autre cause provient de ce que notre créateur n’est pas omnipotent,car il n’est pas le Dieu universel, le Dieu absolu que Wells, dans son livre si curieux Dieu l’invisible roi, appelle l’Être voilé. Cette distinction existe dans saint Jean et dans saint Paul, mais les théologiens n’en tiennent pas compte et font de notre Dieu solaire, que Platon appelle le Démiurge, l’équivalent du Dieu suprême (décision du Concile de Nicée).

Cette limitation est d’ailleurs figurée depuis des millénaires par le signe du soleil : un point entouré d’un cercle, ce cercle représentant la limitation de sa puissance, alors que le Dieu absolu peut être imaginé comme un point rayonnant à l’infini dans toutes les directions. Au cours de la création, le démiurge dut lutter contre les mouvements de la matière terrestre à peine assagie de nos jours. En effet, il a utilisé la matière vierge, la prima matera créée par le Dieu suprême, et celle-ci a été agitée par les forces qu’elle renferme et dont nous allons parler. N’étant pas tout puissant, il ne peut pas plus empêcher les catastrophes terrestres que les guerres dues à l’esprit des hommes, car celuici, comme la matière, sont indépendants de lui et proviennent du Dieu suprême qui est à la fois Esprit et Matière.

Platon, dans le Timée, montre le démiurge formant l’univers «autant que possible selon le Bien», ce qui signifie qu’il n’a pu faire mieux. Il n’a pas créé ex nihito; il s’est servi d’une matière extérieure et mal obéissante. Cette omnipotence de notre démiurge est la raison de l’imperfection de la nature humaine. Notre corps est une machine admirable, mais délicate, formée de 80% d’hydrogène et d’oxygène. Ces deux bioéléments reconstituent le milieu marin où se sont formés les premiers organismes. Dans ce milieu vivent les cellules. Une charpente osseuse formée de calcium maintient le tout.
La station verticale a été obtenue tardivement; nous sommes des quadrupèdes redressés en équilibre instable, et cette position engendre des descentes d’organes; c’est pourquoi la position couchée pendant un tiers de la journée est nécessaire pour le repos du corps. Les fonctions alimentaires et les fonctions digestives sont grossières; l’homme doit tuer pour manger, car il est un animal carnassier, et le régime végétarien ne réussit pas toujours à ceux qui veulent s’affranchir de cette horrible servitude.
Ce corps est exposé aux plus terribles maladies (cancer, tuberculose, lèpre) et à des infirmités diverse (cécité, surdité, etc...). Une chute ou un choc provoque des fractures de la charpente osseuse.
Il faut bien le reconnaître, le corps humain destiné à recevoir du démiurge l’influt vital, l’intelligence et la parole, puis, du Dieu suprême l’étincelle spirituelle et la volonté, n’est pas parfaite, parce que notre créateur n’est pas tout-puissant. Mais, dans sa bienfaisance, il a mis à côté le remède; ce sont certains sanctuaires : Épidaure, Lourdes, les sources miraculeuses, les eaux thermales bienfaisantes jaillissant du sein de la terremère et l’action vitalisante de ceux auxquels il donne ce pouvoir de guérison, dont parle
saint Paul dans son Épitre aux Corinthiens. Et n’oublions pas que, pendant son court séjour sur la terre, il accomplit de nombreuses guérisons, ressuscité des morts et chassa les démons.

Il y a autre chose encore, puisque, selon la doctrine hermétique, celui qui a trouvé le secret de la pierre philosophale (qui est le Christ, dont le nom en égyptien signifie «le possesseur du secret») possède l’élixir de longue vie, qui est aussi l’ambroisie ou breuvage des dieux (des initiés) et ne connaît pas la maladie.

L’impuissance relative de notre créateur ne doit pas nous empêcher de lui vouer nos pensées reconnaissantes, car c’est à lui que nous devons notre âme intelligente et sensible. Elle constitue l’instrument permettant à notre esprit de progresser vers les joies de plus en plus grandes de connaître et d’aimer. Notre moi, notre individualité, sont appelés à grandir sans cesses, grâce à cet instrument, si nous en avons la volonté et le courage. C’est donc grâce à l’animus que le spiritus se perfectionne à travers son éternel voyage et ses métamorphoses successives. Je n’ai jamais oublié cette phrase venue del’invisible, alors que je me penchais sur le problème de la mort (au cours de recherches
qui durèrent dix ans) : Regardez l’avenir, toujours l’avenir, car il est grandiose et sans fin.

Notre créateur ne peut donc être rendu responsable des maux qu’il n’a pu éviter, et il lutte sans cesse contre les formes du mal. Wells, dans Mr Britting, dit : Je suis incapable de penser à rien d’autre qu’à ce Dieu qui lutte et devra finalement devenir le roi du monde. Or il a besoin de nous. Pour parfaire son oeuvre, il lui faut des collaborateurs, et l’homme, fait à son image, éprouve le besoin ardent de créer. Ce besoin anime non seulement les artistes, mais tous ceux qui s’efforcent de réaliser une oeuvre sociale ou philosophique; c’est lui qui pousse les dictateurs et les fondateurs d’ordre religieux, qui provoque la multitude de sectes diverses, qui anima les compagnons constructeurs de cathédrales; et, si l’homme ne peut créer dans l’esprit, il crée dans la chair; de là, la quantité d’enfants qui naissent actuellement, ce qui constitue un grand danger pour un proche avenir. Le but suprême de l’existence c’est de devenir un créateur, et notre démiurge est passé lui-même par la série des existences humaines; c’est la raison de l’insistance avec laquelle il s’est désigné par l’expression de «fils de l’homme», qui est si inexplicable pour celui qui l’identifie au Dieu suprême. Mais nous n’avons pas encore trouvé l’origine de certains maux qui ne peuvent être attribués ni aux hommes, ni à notre démiurge. D’où proviennent-il donc?



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