Exercices spirituels pour l'accès au monde astral, et au Verbe intérieur (Rudolf Steiner)

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Exercices spirituels pour l'accès au monde astral, et au Verbe intérieur (Rudolf Steiner)

Message par Admin le Lun 11 Juin - 11:54

(Tiré de l'ouvrage de Rudolf Steiner "L"initiation" http://anthroposophie.doc.pagesperso-orange.fr/pdf/Initiation_RS_JS.pdf )



Préparation


"La préparation consiste en une culture toute spéciale du sentiment et de la pensée. Par cette
culture se développent dans les corps « animique » et « spirituel » des sens et des organes qui leur
sont propres, de même que les forces de la nature tirent de la matière vivante, informe, les organes
dont le corps physique est muni.
Avant tout, il faut diriger l’attention de l’âme sur certains phénomènes du monde extérieur.
Ces phénomènes sont, d’une part, ceux de la germination, de la croissance et de l’épanouissement,
d’autre part, ceux que présentent les organismes qui se fanent, se flétrissent et dépérissent.
Partout des phénomènes semblables se présentent aux regards de l’homme, partout ils
éveillent tout naturellement dans l’âme humaine des sentiments et des pensées. Mais dans les
circonstances ordinaires, l’homme ne se livre pas assez complètement à ces sentiments et à ces
pensées, il en est empêché par la recherche incessante de sensations nouvelles. Or, il s’agit de
diriger son attention, consciemment et avec intensité sur ces phénomènes.
Partout où l’homme rencontre la croissance et la floraison sous une forme déterminée, il faut
qu’il bannisse de son âme toute autre impression, et que pendant un temps il s’abandonne
exclusivement à cette seule sensation. Bientôt il constatera qu’un sentiment qui, autrefois en pareil
cas, ne faisait que traverser sa conscience, grandit maintenant et revêt une forme énergique et
puissante. Il faut qu’il laisse cette nouvelle forme de sentiment résonner paisiblement en lui-même,
dans le silence de sa vie intérieure. Il s’abstraira de tous les autres phénomènes du monde extérieur
pour suivre uniquement ce qui se passe en son âme en réponse aux phénomènes de la croissance et
de l’épanouissement.

Il faut arriver à savoir concentrer son attention simultanément sur les deux choses, sur le
phénomène extérieur, et sur le phénomène intérieur, et cela dans un parfait équilibre des forces. Si
l’on trouve le calme nécessaire et qu’on s’abandonne aux mouvements nouveaux de l’âme, on fera
au bout d’un certain temps l’expérience suivante : On sentira germer tout un ordre nouveau de
sentiments et de pensées que l’on n’avait pas connus auparavant, et plus on dirigera son attention,
tantôt sur les êtres en voie de croissance, de floraison et d’épanouissement, tantôt sur les choses qui
se flétrissent et qui meurent, plus aussi ces sentiments prendront de force et de vitalité. Or c’est
grâce à ces sentiments et à ces pensées que s’édifient les organes de la clairvoyance, de même que
les yeux et les oreilles du corps physique se construisent avec des matériaux vivants sous l’action
des forces de la nature.

Si vous avez souvent appliqué votre attention aux phénomènes du devenir, de
l’épanouissement et de la floraison, vous éprouverez quelque chose qui présente des analogies
lointaines avec l’impression que fait sur nous le lever du soleil. À la vue du défleurissement et du
dépérissement, on éprouvera un sentiment qui rappelle la montée lente de la lune au-dessus de
l’horizon. Ces deux sentiments sont deux forces qui, convenablement cultivées, peuvent produire
les effets occultes les plus importants. Celui qui, régulièrement, méthodiquement, les développe en
lui voit s’ouvrir un monde nouveau. Le monde animique, ce qu’on appelle le plan astral, commence
à poindre comme une aurore. Croissance et décroissance sont pour lui, non plus des phénomènes,
qui lui font une impression vague, mais des réalités qui s’expriment en lignes et en figures dont il
n’avait jamais pressenti l’existence.

Peu à peu le plan astral se déroule lentement devant l’élève. Il n’y a dans ces lignes ou dans
ces figures rien d’arbitraire. Deux élèves, également développés, percevront les mêmes lignes et les
mêmes figures pour le même phénomène.

Qu’il observe le monde sensible sans prévention, avec bon sens, avec pénétration, et qu’il
s’abandonne ensuite à ses propres sentiments. Quant à ce que signifient les choses, ce n’est pas par
ses spéculations qu’il doit entreprendre de le deviner. Ces choses elles-mêmes sauront le lui
apprendre.

Un autre point important, c’est ce que l’occultiste appelle « l’orientation » dans les mondes
supérieurs. On y parvient en se pénétrant de la conviction que les sentiments et les pensées sont des
réalités au même titre que les chaises ou les tables dans le monde physique.
Dans le monde de l’âme (ou plan astral), dans le monde de la pensée (ou plan mental),
pensées ou sentiments agissent réciproquement les uns sur les autres comme les choses sensibles
dans le monde physique. Aussi longtemps que l’on n’est pas pénétré de ces idées, on ne croira
jamais qu’une pensée mauvaise peut exercer une influence aussi néfaste sur les autres pensées qui
remplissent l’espace mental, qu’une balle tirée à l’aveuglette sur les objets physiques qu’elle atteint.
Bien des gens ne se permettront peut-être jamais d’accomplir une action visible qu’ils considèrent
comme contraire à la raison, mais ils ne verront pas le danger de nourrir des sentiments ou des
pensées déraisonnables, car ces derniers leur paraissent inoffensifs pour les autres êtres. On ne
saurait progresser dans l’occultisme que si l’on prend garde à ses pensées et à ses sentiments avec
autant de sévérité qu’à ses actions.

Une autre discipline concerne les rapports avec le monde des sons. Il faut distinguer entre
les sons dus à des objets inanimés (un corps qui tombe, une cloche ou un instrument de musique) et
les sons issus d’êtres vivants (animaux ou hommes). Entendre une cloche, c’est uniquement
percevoir le son et en éprouver un sentiment agréable ; mais entendre le cri d’un animal, c’est, en
plus de ce sentiment, percevoir au travers de ce son une impression vécue par l’animal, plaisir ou
souffrance.
C’est de cette dernière catégorie de sons que l’élève doit s’occuper. Il doit appliquer toute
son attention à recevoir du son une information sur un événement qui se passe en dehors de lui, il
doit se plonger dans cette chose étrangère, il doit s’unir par le sentiment à la douleur ou à la joie que
ce son lui révèle, et oublier, s’il lui est agréable ou désagréable, plaisant ou déplaisant. Une seule
chose doit occuper son âme, c’est ce qui se passe dans l’être qui a fait entendre ce son. En faisant
ces expériences méthodiquement et après réflexion, on s’assimilera la faculté de vibrer pour ainsi
dire à l’unisson d’un autre être. Un homme doué de sentiment musical trouvera cette culture plus
aisée qu’un autre : mais il ne faudrait pas croire que le sens musical peut à lui seul remplacer cette
discipline.

La nature tout entière commence à lui
révéler des mystères par l’intermédiaire des sons qu’elle lui fait entendre. Ce qui n’était auparavant
pour son âme qu’un bruit dépourvu de sens, devient le langage intelligible des choses. Là où il n’a
auparavant entendu qu’un son, dû au choc d’objets soi-disant inanimés, il perçoit maintenant une
nouvelle langue de l’âme et s’il progresse dans cette culture de ses sentiments, il constatera bientôt
qu’il peut entendre certains sons qu’il n’avait pas soupçonnés auparavant. Il commence à entendre
avec l’âme.

Il faut qu’un autre exercice s’ajoute au précédent pour permettre à l’élève de parvenir au
sommet le plus haut qui lui soit accessible dans ce domaine spécial. C’est une chose très importante
pour lui que la manière dont il écoute la parole des autres hommes. Il doit s’accoutumer à le faire de
telle sorte que le silence règne en lui-même. Par exemple : Si quelqu’un exprime une opinion et que
vous l’écoutiez, il s’élèvera en vous d’une manière générale soit une approbation, soit une
contradiction, et bien des hommes se considèrent comme obligés d’exprimer aussitôt leur
approbation et principalement leur critique.
Il faut que l’étudiant parvienne à réduire au silence, à son gré, aussi bien cette approbation
que cette désapprobation. Il ne s’agit pas naturellement de changer son existence tout d’un coup et
de travailler continuellement à atteindre ce silence intérieur dans son intégrité. Il faudra commencer
par le faire dans certains cas particuliers, choisis avec discernement. Alors peu à peu, comme de
soi-même cette nouvelle manière d’écouter s’implantera en lui.

Lorsque ces exercices sont menés de front avec ceux précédemment décrits qui
concernent l’art d’écouter le son dans la nature, de nouvelles facultés auditives s’éveillent dans
l’âme. Elle devient capable d’entendre des communications qui viennent du monde animique et qui
ne sauraient s’exprimer par les sons perceptibles à l’oreille physique. Le disciple entend alors « le
Verbe intérieur » et des vérités d’origine spirituelle lui sont révélées. Il écoute en esprit. Toutes les
vérités supérieures sont accessibles à ce Verbe intérieur, les enseignements de tout véritable
occultiste lui ont été communiqués ainsi.
Cela ne veut pas dire qu’il soit inutile de s’adonner à la lecture des écrits mystiques ou
occultes avant d’être à même de percevoir le Verbe intérieur."

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