Le gnostique, un étranger au monde

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Le gnostique, un étranger au monde

Message par Archange le Jeu 11 Déc - 20:42





Le gnostique, un étranger au monde
                      



     
« Si toutes les montagnes étaient des livres, et tous les lacs de l’encre, et tous les arbres des plumes, cela ne serait point encore suffisant pour décrire toute la douleur du monde… » Böhme Jakob  (1575-1624)


    Le gnosticisme est une vision du monde mais également un style de vie. C’est une interrogation de l'homme sur soi, sur sa condition dans un monde mauvais où il se sent de plus en plus étranger, de plus en plus mal adapté. La sensibilité du gnostique est interpellée par l'agitation désordonnée du monde. La gnose n’a pas vocation à changer le monde, mais à s’extraire du monde.


Est-ce que la fourmi ou le termite ont la prétention de changer le monde ? Cela fait pourtant des centaines de millions d’années qu’ils sont sur terre, et nous à peine deux cent mille ans. Et encore ce rêve messianiste n’est-il apparu chez l’homme qu’avec l’invention de ses dieux.


      Le gnostique se considère comme un exilé sur cette terre, il n'a rien à faire dans ce monde sur lequel il a échoué :


 « Tu n'es pas d'ici, ta racine n'est pas du monde .»  Le Ginzã mandéen.


    S’il se sent étranger à ce monde, c'est qu’il doit être d'une nature et d'une origine autres que celles du monde.


      Le gnostique ne pouvant reconnaître ce monde d'iniquités comme le sien, il en déduit qu'il est issu d'un autre monde certes inconnaissable, mais cela signifie qu'il préexistait en quelque sorte à lui-même. Le Dieu véritable, à la différence du Créateur, du Démiurge, de ce soi-disant grand architecte de l’univers, c’est l’agnostos theos, l’inconnaissable, l’insondable, l’ultra-mondain, l’incompréhensible (brahman), dont on ne peut rien dire. Philon d’Alexandrie (-12, +54), philosophe juif hellénisé, en insistant sur l’inconnaissabilité de Dieu, élabore une théologie négative : Dieu ne peut pas être défini. 



Ce qui signifie donc que Dieu étant indicible, l’homme ne peut dire que la Terre lui appartient parce que Dieu la lui aurait donnée.



   Pour Basilide (IIe siècle après J.C.), ce Dieu bon est inconcevable, inexprimable, in-engendré. L’on ne peut donc rien en dire et surtout, en aucune façon, le faire intervenir pour justifier quelque morale que ce soit.


« Basilide place une Divinité si inconcevable qu’on ne peut même pas dire qu’Elle est : c’est "le Dieu qui n’est point". Dire de Dieu qu’il est inexprimable, ce serait encore dire de lui quelque chose : Dieu est tellement supérieur à tout, que la notion d’existence que l’homme peut concevoir, ne peut lui être appliquée ». Serge Hutin, Les gnostiques.



    Pour tous les gnostiques, le Vrai Dieu, on ne peut le connaître car Il n’a rien à voir avec ce monde, Il n’en est pas le créateur. Ineffable, Il relève de l’apophase : on ne peut rien en dire par respect pour son mystère. En cela le rapprochement entre bouddhisme et gnosticisme est possible alors qu’il ne l’est pas avec le christianisme traditionnel :


    « Dans le bouddhisme, tout s’explique sans Dieu, alors que dans le christianisme, rien ne s’explique sans lui. » Dennis Gira, Jésus, Bouddha, quelle rencontre possible ?


    Le dieu des gnostiques n’explique rien, ne demande rien ; étant inconnaissable, on ne peut connaître sa volonté.


      Cette vision du monde, c’était déjà l’originalité de la pensée d’Épicure (342-271) pour qui les dieux n’ont aucune action sur le monde, ce qui est la condition même de leur perfection. Le maître du « Jardin » ne se représente pas Dieu comme un créateur qui chercherait à imposer sa volonté à des êtres inférieurs, mais comme une nature supérieure à tout, souverainement parfaite, la perfection de l’être suprême. C’est un dieu à qui on ne demande rien et qui ne s’intéresse nullement aux affaires des hommes. Des hommes, qui ne font donc, en aucune façon, partie d’une espèce particulière ou privilégiée. Le Dieu d’Épicure, en fait, c’est le Tao.


« S’imaginer que les dieux ont créé le monde, et qu’ils l’ont créé pour l’homme, c’est pure déraison […]



Quel dieu aurait le pouvoir de diriger la totalité de l’univers, qui pourrait tenir fermement les rênes puissantes de cet abîme infini ? Qui, quel dieu pourrait faire se mouvoir de concert tous les cieux? […] Être présent en tous lieux, en tout temps ? » Lucrèce.



 



À la différence de la conception providentialiste des stoïciens pour qui dans le monde, les dieux ont tout organisé pour l’homme.



En revanche Épicure ne discerne aucune étincelle divine dans l’homme, et sa sagesse sait regarder en face la mort et la souffrance. L’esprit et l’âme font partie du corps et sont donc mortels. Liée  au corps et abritée par lui, l’âme est donc incapable de survivre hors de lui.



 



« Y-a-t-il hypothèse plus illogique, plus incohérente, plus inesthétique, que celle qui, supposant l’union du mortel et de l’immortel, du mortel et de l’éternel, leur fait essuyer de  concert les mêmes sévères tempêtes ? 



[…] Et dès que l’on tient pour mortelle la substance de l’âme, la mort n’est plus rien pour nous, la mort ne nous concerne en rien ! » Lucrèce.



 



Pour Lucrèce, la vie est une chaîne qui lie la naissance des uns à la mort des autres : « Personne ne reçoit la vie en  toute propriété ; tous, nous n’en avons que la jouissance. »



Si nous refusons notre mortalité, si nous nous persuadons de l’immortalité de l’âme, nous nous mentons à nous même et nous enfonçons dans le désarroi. Comment pourrions-nous trouver le Salut dans l’illusion et la négation de ce que nous sommes. La vie, le bien le plus précieux que nous possédons, devrait-il être méprisé, renié, sous prétexte de sa fugacité et de son imperfection, alors que c’est à nous de la rendre parfaite, de nous rendre parfait, et non de rejeter la proie pour son ombre. Les maux que nous redoutons sont faciles à écarter dès que nous prenons conscience de la vanité de nos attachements et que nos besoins sont en réalité, très limités.



La sagesse d’Épicure est intelligence, elle est aux antipodes  de la superstition, des fanatismes, mais aussi de la pitié, des consolations et de la recherche d’un hypothétique salut. La sagesse d’Épicure (et plus tard de Lucrèce), est l’art de trouver la paix même au sein de ce monde qui apparaît bien incohérent. Parce que la paix est à rechercher à l’intérieur de nous-même. Si elle dépend d’une réalité extérieure, elle n’est pas la paix.



C’est pourquoi, à la différence de ce qu’en dit le sens commun, l’épicurisme est une quête de l’ataraxie, de l’absence de trouble, comme le bouddhisme. 



Selon les Esquisses pyrrhoniennes de Sextus Empiricus (III siècle av. J.-.C), l’ataraxie est « l’absence continue de tourment et le calme de l’âme ». 



À la différence d’Épicure, le Dieu Vrai des gnostiques représente le Salut, Il est chargé d’espoir.



Mais en fait n’est-Il pas qu’une abstraction, comme déjà Aristote répliquait à Platon en ce qui concerne le Beau, le Juste, le Vrai ?



Pour Platon en effet la connaissance ne peut venir du monde des  sens, mais de l’intérieur de nous-même, d’une source interne ; et elle ne saurait donc se transmettre. C’est-à-dire qu’il n’y a donc pas de mots, pas de langage, pour parler du monde des Idées. C’est ainsi qu’il différencie bien cette « intuition intellectuelle » de ce qui est « intelligible » et qui ne relève que du raisonnement. Le Noũs des gnostiques a sans doute pour origine ce siège des Idées, cet Esprit universel, qui procède de l’Un, qui est également le Tout (et le Tao), la physique quantique parle de l’auto-cohérence de l’univers.



À partir de ce Dieu parfait, Platon va en déduire que la Providence divine s’exerce sur toutes choses et que l’homme doit s’écarter du Mal parce qu’il sera jugé après sa mort. Une conception qui influencera le christianisme, puisqu’elle est tout à fait étrangère à la Bible hébraïque.



Mais à la différence de la Gnose, l’« intuition intellectuelle »  révèle chez Platon le cosmos comme un chef d’œuvre qui ne peut qu’avoir été créé par un architecte, puisque sa perfection défie le hasard. Le divin ne peut-être que parfait. Alors que pour les gnostiques ce monde ne peut-être que la création d’un mauvais démiurge, ce qui relève encore, mais dans une moindre mesure, de l’anthropomorphisme. En revanche pour les taoïstes, le monde n’a pas été « créé » et il n’y a dans le Tao aucun plan d’architecte, aucune volonté  dans le sens où nous l’entendons.



Certains gnostiques, comme Justin, auteur du Livre de Baruch (2e moitié du IIe siècle), considèrent le démiurge comme un principe agissant d’une manière aveugle, ignorante. Selon Serge Hutin, d’autres gnostiques, les Pseudo-Clémentines, placent la Divinité suprême au-dessus du bien et du mal ; le dualisme devient alors une théorie des contraires.  



      Pour Marcion (85-160), Jésus ne peut pas être le fils du Jéhovah de l’Ancien Testament. Jésus n’est bien évidemment pas le fils de Dieu.



 



 « N’est-il pas évident que le Christ se présente comme le Fils d’un Dieu inconnu et souverainement bon tout à la fois, et que le Jéhovah de l’Ancien Testament est tout le contraire d’un Dieu de pure bonté ? Marcion interprète les Écritures de la manière la plus littérale qui soit ». Serge Hutin, Les gnostiques.



 Pour Adolf von Harnack (1851-1930), théologien pro-marcionite, la Bible juive ne peut être lue que de façon « juive ». Jésus ayant rompu avec la Loi, les Écritures juives demeurent illisibles d’un point de vue chrétien.


    D’ailleurs, il n’est pas le messie attendu, il est galiléen et ne descend pas de David comme prévu dans la Bible.


 C’est un grand initié, et pour ceux qui le comprennent, il cesse d’être le Maître. C’est ainsi que l’apôtre Thomas qui l’a compris, n’est plus son disciple, mais est devenu son égal.


  « Je ne suis pas ton Maître, puisque tu as bu, tu t’es enivré à la source bouillonnante, que moi, j’ai mesurée. » Évangile selon Thomas, Logion 13.


    « Celui qui s’abreuvera à ma bouche deviendra comme moi, et moi aussi, je deviendrai lui, et les choses cachées se révèleront à lui. » Logion 108.


    Les gnostiques distinguent trois niveaux d’Êtres :




    Les hyliques qui ne sont attachés qu’au côté matériel des choses.




    Les psychiques qui sont tiraillés entre leur conscience du bien et leurs désirs qui les entraînent vers les frustrations et les souffrances.




    Enfin, les spirituels ou pneumatiques, qui ont la conscience du Tout. Lorsque l’attachement au corps se dissout, c’est la conscience d’être dans toutes choses ; c’est la conscience suprême.


    Est gnostique celui qui possède l'évidente conscience que l'existence n'a aucune justification connaissable. Cela demande déjà de faire table rase de toutes les croyances et de tous les conditionnements sociaux.


    Tous les gnostiques se reconnaissent donc spontanément sans recours à quelque religion, quelque politique ou quelque culture que ce soit.


    Le gnosticisme est une sorte de communauté de l'évidence de l'irrationalité du monde.


      Le gnostique va chercher le moyen d'échapper à ce cloaque.


    Tout d'abord il ne peut, et n’a aucune raison d’assumer la brutalité du monde.


    Il se sent innocent des turpitudes et des souillures du monde.


    Il renonce donc au monde et à son devenir.


    Pour lui tout pouvoir est créateur d’aliénation.




Sa seule attitude possible c'est l'impassibilité, l' « apatheïa », la paix profonde.


Une attitude pas très éloignée du non-agir taoïste.


Si le judéo-chrétien, avec l’aide de Dieu,  cherche à améliorer le monde matériel, à transformer l’Histoire, le gnostique pense que la corruption est inhérente au monde et qu’il ne sert à rien de tenter de l’améliorer. Le gnostique échappe ainsi à l’Histoire.




Le taoïste également évite de modifier le monde, mais parce qu’il ne sert à rien de toucher au processus parfait du Tao, même si nous ne le comprenons pas toujours.  


 Une des conséquences pour le gnostique, c’est la vanité de la charité. Certes il essaie de soulager la souffrance si c’est en son pouvoir, mais ce ne sont pas les bonnes œuvres qui vont sauver un monde créé par Satan. Jésus n’est pas venu sur terre pour gérer le mieux-être ou le bien-être des hommes, ni pour donner un sens à leur vie ici-bas, mais  « pour délivrer [en eux] les parcelles lumineuses qui s’y sont dévoyées ».  Madeleine Scopello, Les gnostiques.


Serge Latouche relève d’ailleurs avec justesse que le bien-être est un terme éminemment hypocrite pour désigner, en fait, le bien-avoir.


Et pour le taoïsme, l’amour universel est encore une glorification de l’ego.


Confucius demande à Chuang-tzu, si l’essentiel n’est pas la charité et l’amour universel.


Chuang-tzu : « L’amour universel ne se contredit-il pas lui-même ? Votre élimination du soi n’est-elle pas une manifestation positive du soi ? Maître, si vous empêchiez l’empire de perdre sa source de nourriture, il y a l’univers, sa régularité est permanente ; il y a le soleil et la lune, leur clarté est permanente ; il y a les étoiles, leurs positions sont invariables ; il y a les oiseaux et les bêtes, ils s’attroupent selon un mode invariable ; il y a les arbres et les buissons, tous croissent vers le ciel sans exception. Soyez comme eux, suivez le Tao et vous serez parfaits. À quoi bon ces vaines querelles sur la charité et les devoirs envers le prochain, comme si l’on battait le tambour derrière un fugitif ? Hélas, maître, vous avez mis beaucoup de confusions dans l’esprit de l’homme ». Chuang-tzu, cité par Alan Watts dans Le bouddhisme zen.


 



Une réflexion qui rejoint celle de Jésus : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez pas plus qu’eux ? » Mathieu 6, 26.


Si ce n’est que pour les gnostiques, il s’agit de la Grande Mère (Gaïa de l’écologie profonde) et non du Père patriarcal judéo-chrétien.


Et pour les taoïstes, le Ciel, c’est le Tao, le Tout.


Ainsi ce sont les hommes, par leurs constructions idéologiques, leur soif de domination et de richesses, leur frénésie à tout vouloir régenter et contrôler, qui créent les conditions qui amènent l’injustice et l’inégalité. Les lois de la nature sont claires, elles ne prêtent pas à discussion et font que chacun est à sa place. À chaque fois que l’homme veut les remplacer par ses propres lois, ce n’est plus le Tao, mais son « ordure » qui règne.


    La caractéristique principale du gnostique, c’est qu’il a conscience en effet, de la présence en lui, d’une parcelle, d’une étincelle divine, le noos ou le noûs (une partie des esprits éternels, les éons). Le gnostique porte en lui le germe de l’éternité. Le noûs chez Marie-Madeleine est un niveau de conscience qui nous permet de nous dégager des illusions. C’est la vision pénétrante du bouddhisme, la vision du Ciel du taoïsme, vision du Tout, vision des choses dans leur globalité, où aucune n’est séparée des autres.



Rappelons-nous la métaphore de l’hologramme brisé, dont l’une des parties conserve la représentation du tout. Ce morceau est un et tout.






L’être humain étant une parcelle du divin, il est donc également une émanation de la source de toute chose. Il n’a donc en aucune manière besoin d’un prétendu intermédiaire entre lui et la divinité ou entre lui et le Tao. C’est la Voie intérieure, sans aucune servitude à des rites, à des dogmes ou à un clergé quel qu’il soit. C’est la Voie de la seule responsabilité et de la liberté.



Voilà pourquoi les gnostiques furent pourchassés par les églises et les pouvoirs. Pour le gnostique il n’y a ni droit divin ni représentant de Dieu sur terre.



Cette prise de conscience est salvatrice, puisqu’elle calme l’angoisse existentielle issue de l’ignorance. Surtout, celui qui parvient à retrouver en lui-même cette étincelle de lumière, cette lumière intérieure, prend alors conscience de son origine divine, et s’affranchit des lois humaines. Cette « illumination connaissance » réunit l’homme à Dieu.

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Re: Le gnostique, un étranger au monde

Message par obsidienne le Jeu 11 Déc - 21:13

citation : Le gnosticisme est une vision du monde mais également un style de vie. C’est une interrogation de l'homme sur soi, sur sa condition dans un monde mauvais où il se sent de plus en plus étranger, de plus en plus mal adapté. La sensibilité du gnostique est interpellée par l'agitation désordonnée du monde. La gnose n’a pas vocation à changer le monde, mais à s’extraire du monde.

C'est pas ce qu'indique Steiner car lui dit qu'il faut s'adapter à l'époque que nous traversons ; Il y a un archange qui règne pour 350 à 400 ans environ qui change à chaque fois ; actuellement c'est L'archange Michael qui règne ..... Il permet de travailler notre spiritualité notre intérieur ....

Ce qu'il faut savoir aussi c'est qu'on ne peut pas vivre isolé dans sa coquille à faire évoluer ses composant et s'extraire du chemin que donne l' Esprits du temps aussi sinon après on peut pas s'incarner dans l'époque suivante et on va rester en arrière et donc ne plus être apte à suivre l'évolution sociale ; on s'incarnera mais on sera comment dire sans choquer Rolling Eyes interné dans un hopital psy ou avec des maladies chroniques etc......  être un peu à l'écart des autres et ne pas pouvoir "supporter" ce qui s'y déroule ....

Mais bon d'un autre point de vue Steiner évoque l'égoisme nécessaire parfois pour nous empecher de tomber dans les filets d'ahriman Twisted Evil  Toutefois je pense que le gnosticisme peut être vu contre son contraire car voir le monde comme "mauvais" et s'extraire du monde pour s'enfermer dans un idéal que l'on ne peut atteindre c'est donner son âme à lucifer Suspect "Dieu est tellement supérieur à tout, que la notion d’existence que l’homme peut concevoir, ne peut lui être appliquée"

Jonglant entre lucifer et ahriman est-ce que le gnostique trouve son équilibre ?

citation : L’être humain étant une parcelle du divin, il est donc également une émanation de la source de toute chose. Il n’a donc en aucune manière besoin d’un prétendu intermédiaire entre lui et la divinité ou entre lui et le Tao. C’est la Voie intérieure, sans aucune servitude à des rites, à des dogmes ou à un clergé quel qu’il soit. C’est la Voie de la seule responsabilité et de la liberté.

Concevoir une liberté infini c'est cool ça !   Mais carrément idéaliste

Même en son intérieur on peut trouver des épreuves car l'initié se sert depuis son monde intérieur pour monter dans les mondes supérieur et il découvre qu'il n'est pas seul et qu'il y a des lois à respecter, si !  Déjà dans les mondes supérieurs (ou "parallèles" car ils sont proches de nous en fait) il y a des niveaux et un gardien à chacun !

Donc si on se sort des rites il faut peut être créer les siens pour savoir nager dans les mondes supérieurs je pense ......  On ne peut pas s'émanciper d'un dieu sachant que celui ci a mit tout un réseau d'intermédiaires qui constituent notre monde !

A savoir que l'humain n'est libre que dans son pensé !
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Re: Le gnostique, un étranger au monde

Message par Archange le Jeu 11 Déc - 22:22

C'est vrai que j'ai tiqué sur certains passages, globalement l'article décrit bien l'état d'esprit du gnostique, avec lequel je ne suis pas en accord sur tout, notamment le passage où il faut éviter de faire des enfants car "donner la vie c'est donner la mort" que j'avais d'ailleurs supprimé. Selon Steiner c'est l'activité ahrimanienne qui cherche à dégouter l'homme de l'incarnation en le coupant du réel en le déviant dans le mental abstrait coupé de la vie et d'un rapport direct avec ce qui est; d'une relation directe avec ce qui est (l'écran du langage, de l'image, du mot qui s'interpose et est source de toute division...) et le Christ a montré la voie de la rédemption à travers l'amour et donc une voie qui diverge de celle du bouddhisme en ce sens qu'il ne s'agit plus dorénavant de se libérer à tout prix de l'incarnation mais d'accomplir la mission de l'homme sur terre au travers de l'incarnation à savoir spiritualiser la matière. C'est pourquoi Steiner qualifie le bouddhisme de religion de libération et le christianisme de religion de résurrection...


J'avais posté sur le forum cet article : http://portail-initiation.forumgratuit.org/t598-les-religions-de-liberation-et-les-religions-de-resurrection



Steiner a écrit:
"Les religions hindoues et bouddhistes et autres religions préchrétiennes sont des religions de libération, affirme Steiner : l’humain voulait retourner à l’esprit et fuyait l’incarnation, la matière et la terre (Archiati, 1996).

Dans le monde hébreu, puis chrétien, a germé une religion de résurrection, qui vise à unir l’homme avec la terre et la matière et à les transformer par amour. La résurrection n’est pas la libération : ce n’est pas l’âme qui fuit la matière vers l’esprit mais bien l’esprit qui s’unit parfaitement à la matière. L’homme est présentement trop faible pour rester uni à la terre et à la matière. Le Christ est tellement plein d’amour qu’Il s’est uni avec la terre et le devenir humain.

Il est tellement sans résistance qu’Il n’a pas besoin de se désincarner
(Archiati, 1996). Parce que nous endommageons nos corps physique, éthérique et astral, nous devons quitter le corps périodiquement. Or les dommages faits au corps astral ne peuvent trouver leur expres​sion(sous forme de retour karmique) en une seule vie parce que le corps est devenu, au fil des millénaires, imperméable à l’esprit (Archiati, 1996).

Il faut donc se réincarner pour récolter les fruits de ses actes, pensées, paroles, bref de tout ce qui découle de notre libre choix. Ultimement, nous ferons comme le Christ et nous nous unirons avec la Terre dans l’amour. Puis l’amour rendra la poussière minérale au cosmos car l’amour dissous (Archiati, 1996). Il restera un corps humain-terrestre parfaitement spiritualisé, dépourvu de poussière minérale.

Des théosophistes accusèrent Steiner de donner préséance à la religion chrétienne, or pour lui le Christ transcende les religions et n'est aucunement limité par les dénominations chrétiennes. Le Christ se serait manifesté avant le christianisme dans Vishvakarman (ancienne Inde), Ahura-Mazda (ancienne Perse), Osiris (ancienne Égypte) et dans Odin dans les mythes nordiques avant de s'incarner dans un corps physique en Palestine et de révéler son imagination du Graal pour le futur : la transformation-résurrection de l’humanité et de la Terre (Archiati, 1996).

Les anciennes religions à mystères devaient servir à préparer la voie à la venue du Christ et jouent un rôle de Précurseur. La Gnose issue des anciens mystères est une voie dépassé qui selon Steiner appartiendrait à l'époque égypto-chaldéenne, soit du quatrième millénaire à l’an 747 avant notre ère (Steiner, 1910). La voie d’initiation moderne n’est plus une gnose ancienne reçue passivement lors d’une initiation de trois jours. Le christianisme a transformé de fond en comble les anciens mystères et les a rendus publics en les révélant dans les sept stations de la Passion du Christ.

Les premiers chrétiens gnostiques ont compris le mystère du Christ à travers le prisme de la philosophie grecque et de la sagesse des mystères d’Orient, que Steiner appelle "luciférienne", c'est-à-dire découlant des révélations anciennes de Lucifer, qui se serait incarné en 3000 avant notre ère (Steiner, 1910).Son dualisme esprit-corps et son attitude de fuite devant le monde illustrent son côté « luciférien ». La voie d'initiation moderne, rosicrucienne, renouvelle le courant du Graal, lequel a renouvelé le christianisme manichéen et gnostique (Steiner, 1910)."


Tu as bien résumé la chose, fuir le monde est une tentation luciférienne et cet aspect de la gnose est bel et bien dépassé, comme est dépassé, mentionné dans l'article plus haut, cette dualité radicale entre la matière et l'esprit. Le Christ montre la voie de l'équilibre entre les opposés à travers l'amour... et dans l'amour, c'est la fusion, alors que le mental infecté par Ahriman, grand meurtrier du réel, ne cesse de diviser... c'est pourquoi "a paru le Fils de Dieu: pour détruire les oeuvres du diable..."




Dernière édition par Archange le Ven 12 Déc - 12:39, édité 1 fois

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Re: Le gnostique, un étranger au monde

Message par obsidienne le Jeu 11 Déc - 22:45

citation : C'est vrai que j'ai tiqué sur certains passages, globalement l'article décrit bien l'état d'esprit du gnostique, avec lequel je ne suis pas en accord sur tout, notamment le passage où il faut éviter de faire des enfants car "donner la vie c'est donner la mort" que j'avais d'ailleurs supprimé. Selon Steiner c'est l'activité ahrimanienne qui cherche à dégouter l'homme de l'incarnation en le coupant du réel en le déviant dans le mental abstrait coupé de la vie et d'un rapport direct avec ce qui est; d'une relation directe avec ce qui est (l'écran du langage, de l'image, du mot qui s'interpose et est source de toute division...) et le Christ a montré la voie de la rédemption à travers l'amour et donc une voie qui diverge de celle du bouddhisme en ce sens qu'il ne s'agit plus dorénavant de se libérer à tout prix de l'incarnation mais d'accomplir la mission de l'homme sur terre au travers de l'incarnation à savoir spiritualiser la matière. C'est pourquoi Steiner qualifie le bouddhisme de religion de libération et le christianisme de religion de résurrection...

Tout à fait !  En fait ahriman retient les âmes dans le monde matérialiste à partir de la mort ....  J'explique :  Quand un individu meurt avec des penchant pour les plaisirs et intérêts qui le lie à la matière et bien Ahriman a gagné un adepte !

Si l'individu ne croit pas en la vie après la mort ou une ascension de son âme après celle ci et bien il n'a pas les forces nécessaires pour monter dans le dévachan (le monde des morts entre la terre et la lune ou séjournent les défunts) et il va rester à errer proche de la terre au grès des émanations que laissent passer les vivants dans le monde astral proche d'eux et se laisser porter par celles-ci jusqu'à retrouver une incarnation pour assouvir ses passions terre à terre

Après pour rentrer dans le cliché du bouddhisme et christianisme je préfère m'en tenir au vrai message profond de ces religions qui ne se trouve pas au premier abord !

Un curé deviendra houleux si vous lui parlez de résurrection car seul le christ a ressuscité et cela n'est pas réservé à l'humain mortel

Il faut aller chercher dans le bouddhisme le vrai message du christ sur la résurrection de l'ame, oui !

Puis pour la liberté qu'enseigne le bouddhisme je ne vois pas trop où elle peut servir d'enseignement car c'est pas en ce coupant du monde que l'on va pouvoir progresser spirituellement c'est surtout en pleine conscience !

Il faut approfondir le bouddhisme certes mais surtout le message du bouddha Gautama avec les expérience qu'il a faite lui en s'incarnant sur terre !  Car le bouddha un grand être qui s'est incarné et a pu faire des expériences que nous humains ne pouvons pas faire nous a laissé son enseignement autant que le christ encore plus grand est descendu sur terre expérimenter les forces que nous humains ne pouvons voir ni comprendre à notre niveau.  Mais maintenant on peut savoir de leurs expériences et avancer sur le chemin qu'ils nous ont tracé !
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Re: Le gnostique, un étranger au monde

Message par obsidienne le Jeu 11 Déc - 23:24

C'est sur que de nos jours quand on regarde ce qu'enseigne les religions on est loin de tout ce que dit Steiner et on comprend que la majorité des gens se rebellent devant tant d'incompréhensions.

Mais si tout le monde se donnait la peine de faire fonctionner son âme avec les bonnes clefs le monde s'en porterait beaucoup mieux !

Au lieu de cela on voit des individus se rebeller contre les religions et devenir de "grands athés" matérialistes qui sont sans se rendre compte influencés par ahriman Twisted Evil
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