Le Transhumanisme

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Le Transhumanisme

Message par Admin le Jeu 7 Juin - 17:48

Le Transhumanisme



H , un symbole du transhumanisme



Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l'usage des sciences et des techniques afin d'améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Le transhumanisme considère certains aspects de la condition humaine tels que le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort subie comme inutiles et indésirables. Dans cette optique, les penseurs transhumanistes comptent sur les biotechnologies et sur d'autres techniques émergentes. Les dangers comme les avantages que présentent de telles évolutions préoccupent aussi le mouvement transhumaniste.

Le terme « transhumanisme » est symbolisé par « H+ » (anciennement « >H ») et est souvent employé comme synonyme d'« amélioration humaine ». Bien que le premier usage connu du mot « transhumanisme » remonte à 1957, son sens actuel trouve son origine dans les années 1980, lorsque certains futurologues américains ont commencé à structurer ce qui est devenu le mouvement transhumaniste. Les penseurs transhumanistes prédisent que les être humains pourraient être capables de se transformer en êtres dotés de capacités telles qu'ils mériteraient l'étiquette de « posthumains ». Ainsi, le transhumanisme est parfois considéré comme un posthumanisme ou encore comme une forme d'activisme caractérisé par une grande volonté de changement et influencé par les idéaux posthumanistes. En France, ce mouvement cherche à s'organiser autour de l'Association Française Transhumaniste.

La perspective transhumaniste d'une humanité transformée a suscité de nombreuses réactions, tant positives que négatives, émanant d'horizons de pensée très divers. Francis Fukuyama a ainsi déclaré, à propos du transhumanisme, qu'il s'agit de l'idée la plus dangereuse du monde, ce à quoi un de ses promoteurs, Ronald Bailey, répond que c'est, au contraire, le « mouvement qui incarne les aspirations les plus audacieuses, courageuses, imaginatives et idéalistes de l'humanité »



Spiritualité

Bien que quelques transhumanistes disent adhérer à une idéologie spirituelle laïque, ils sont pour la plupart athées. Une minorité de transhumanistes, cependant, suivent des formes libérales de traditions de la philosophie orientale comme le bouddhisme et le yoga[50] ou ont fait fusionner leurs idées transhumanistes avec des religions occidentales établies telles que le christianisme libéral[51] ou le mormonisme. En dépit de l'attitude séculaire qui prévaut, quelques transhumanistes entretiennent des espoirs traditionnellement épousés par les religions, comme l'immortalité, pendant que de nouveaux mouvements religieux controversés, nés vers la fin du XXe siècle, ont explicitement embrassé les buts transhumanistes de transformation de la condition humaine, en appliquant la technique d'altération du corps et de l'esprit, tel que le mouvement raëlien. Cependant, la plupart des penseurs associés au mouvement transhumaniste se focalisent sur les buts pratiques de l'utilisation de la technologie pour allonger la durée de la vie et améliorer la santé, tout en spéculant sur le fait que la compréhension future de la neurothéologie et de l'application de la neurotechnologie permettraient aux humains de gagner un plus grand contrôle sur les états modifiés de conscience, qui sont communément interprétés comme des "expériences spirituelles", et permettraient ainsi d'accéder à une connaissance de soi plus profonde.

La majorité des transhumanistes sont des matérialistes qui ne croient pas en une âme humaine transcendante. La théorie de la personnalité transhumaniste est également contre l'identification unique des acteurs moraux et des sujets avec les humains biologiques, jugeant comme spéciste l'exclusion des non-humains, des para-humains et des machines sophistiquées, d'un point de vue éthique. Beaucoup croient en la compatibilité entre les esprits humains et le matériel informatique, avec l'implication théorique que la conscience humaine serait un jour transférée dans des médias alternatifs, une technique spéculative communément connue comme "téléchargement de l'esprit". Une formulation extrême de cette idée peut-être trouvée dans la proposition de Frank Tipler du point Omega. En s'inspirant d'idées du digitalisme, Tipler a avancé l'idée que l'effondrement de l'Univers dans des milliards d'années pourrait créer les conditions pour la perpétuation de l'humanité dans une réalité simulée à l'intérieur d'un mégaordinateur, et achèverait ainsi la forme du "Dieu post-humain". Bien que n'étant pas un transhumaniste, la pensée de Tipler a été inspirée par les écrits de Pierre Teilhard de Chardin, un paléontologue et théologien jésuite qui a vu une cause finale évoluant dans le développement d'une noosphère, une conscience globale.

L'idée de télécharger une personnalité dans un substrat non biologique et ses hypothèses sous-jacentes sont critiquées par un large panel d'universitaires, scientifiques et activistes, quelques fois à l'égard du transhumanisme lui-même, quelques fois à l'égard de penseurs tels que Marvin Minsky ou Hans Moravec qui sont souvent vus comme ses initiateurs. Relativement aux hypothèses sous-jacentes, comme par exemple l'héritage de la cybernétique, certains ont fait valoir que cet espoir matérialiste engendre un monisme spirituel, une variante de l'idéalisme philosophique. Vu d'une perspective conservatrice chrétienne, l'idée de télécharger l'esprit est affirmée comme représentant un dénigrement du corps humain caractéristique de la croyance gnostique. Le transhumanisme et ses progéniteurs intellectuels présumés ont aussi été décrits comme "néo-gnostiques" par les commentateurs non chrétiens et séculaires.

Le premier dialogue entre le transhumanisme et la foi était l'objectif d'un séminaire académique ayant eu lieu à l'Université de Toronto en 2004. Parce que cela pourrait servir quelques-unes des mêmes fonctions que les gens ont traditionnellement vues dans la religion, les religieux et critiques séculaires ont maintenu que le transhumanisme était lui-même une religion ou, au minimum, une pseudoreligion. Les critiques religieuses à elles seules ont pris en défaut la philosophie du transhumanisme comme n'offrant aucune vérité éternelle ni une relation avec le divin. Elles ont argumenté qu'une philosophie dépossédée de ces croyances laisse l'humanité à la dérive dans une mer brumeuse du cynisme postmoderne et de l'anomie. Les transhumanistes ont répondu que de telles critiques reflètent un échec du regard sur le contenu actuel de la philosophie transhumaniste, qui loin d'être cynique, est enraciné dans des attitudes optimistes, idéalistes, qui nous ramènent aux Lumières. Suivant ce dialogue, William Sims Bainbridge a conduit une étude pilote, publiée dans le journal de l'évolution et de la technologie, suggérant que les attitudes religieuses sont négativement corrélées avec l'acceptation des idées transhumanistes, et indiquant que les individus avec des visions du monde très religieuses tendent à percevoir le transhumanisme comme étant un affront direct, compétitif (bien que ultimement futile), de leurs croyances spirituelles.

Depuis 2009, l’American Academy of Religion organisme un atelier « Transhumanisme et Religion » lors de son meeting annuel durant lequel des universitaires de l’étude des religions cherchent à identifier et évaluer de manière critique toute croyance religieuse implicite sous-tendant les assertions et postulats transhumanistes, en plus d’évaluer comment le transhumanisme défie les traditions religieuses de développer leurs propres idées du futur de l’humanité, en particulier la perspective de la transformation humaine, par la technologie ou par tout autre moyen, et enfin cherche à fournir une évaluation critique et constructive d’une vision du futur qui donne une place importante aux nanotechnologies, à la robotique, et aux technologies de l’information afin d’accéder à l’immortalité virtuelle et créer une « espèce posthumaine supérieure ».


Manifestes transhumanistes

La première déclaration transhumaniste fut formulée par FM-2030 dans son Upwingers Manifesto en 1978, comme une vue optimiste de l'avenir et une référence à l'idée politique que ni la gauche ni la droite n'apporteraient les changements nécessaires à un avenir positif.
En 1990, un code plus formel et concret pour les transhumanistes libertariens prend la forme des Principes transhumanistes d'Extropie (Transhumanist Principles of Extropy), l'extropianisme étant une synthèse du transhumanisme et du néolibéralisme.
Et, finalement, en 1999, l'Association transhumaniste mondiale, dont les membres sont dans leur immense majorité des centristes convaincus des vertus de la démocratie libérale, rédige et adopte la Déclaration transhumaniste (Transhumanist Declaration):
L’avenir de l’humanité va être radicalement transformé par la technologie. Nous envisageons la possibilité que l’être humain puisse subir des modifications, tel que son rajeunissement, l’accroissement de son intelligence par des moyens biologiques ou artificiels, la capacité de moduler son propre état psychologique, l’abolition de la souffrance et l’exploration de l’univers.
On devrait mener des recherches méthodiques pour comprendre ces futurs changements ainsi que leurs conséquences à long terme.
Les transhumanistes croient que, en étant généralement ouverts à l’égard des nouvelles techniques et en les adoptant, nous favoriserions leur utilisation à bon escient au lieu d’essayer de les interdire.
Les transhumanistes prônent le droit moral, pour ceux qui le désirent, de se servir de la technologie pour accroître leurs capacités physiques, mentales ou reproductives et d’être davantage maîtres de leur propre vie. Nous souhaitons nous épanouir en transcendant nos limites biologiques actuelles.
Pour planifier l’avenir, il est impératif de tenir compte de l’éventualité de ces progrès spectaculaires en matière de techniques. Il serait catastrophique que ces avantages potentiels ne se matérialisent pas à cause de la technophobie ou de prohibitions inutiles. Par ailleurs, il serait tout aussi tragique que la vie intelligente disparaisse à la suite d’une catastrophe ou d’une guerre faisant appel à des techniques de pointe.
Nous devons créer des forums où les gens pourront débattre en toute rationalité de ce qui devrait être fait ainsi que d’un ordre social où l’on puisse mettre en œuvre des décisions responsables.
Le transhumanisme englobe de nombreux principes de l’humanisme moderne et prône le bien-être de tout ce qui éprouve des sentiments qu’ils proviennent d’un cerveau humain, artificiel, post-humain ou animal. Le transhumanisme n’appuie aucun politicien, parti ou programme politique.
Nous prônons une large liberté de choix quant aux possibilités d'améliorations individuelles. Celles-ci incluent les techniques qui pourraient être développées afin d'améliorer la mémoire, la concentration, l'énergie mentale; Des thérapies permettant d'augmenter la durée de vie, ou d'influencer la reproduction; La cryoconservation, et beaucoup d'autres techniques de modification et d'augmentation de l'espèce humaine.
Alastair Reynolds aborde également le transhumanisme au travers de son cycle des Inhibiteurs, principalement par ses personnages Ultras et Conjoineurs.


Menaces existentielles

Question existentielle: le film "Bienvenue à Gattacca" expose la lutte d'un homme non transformé, avec ses défauts et ses qualités, dans un monde ou l'amélioration bio-technologique est devenue la règle. Aussi appelé "l'argument Terminator", en référence au film de même nom dans lequel une intelligence artificielle planétaire devenue consciente, Skynet, décide d'exterminer l'humanité pour éviter d'être "débranchée" par ses créateurs. Voir aussi la trilogie Matrix.





http://fr.wikipedia.org/wiki/Transhumanisme
 
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Re: Le Transhumanisme

Message par Admin le Jeu 7 Juin - 17:49

Manifeste des mutants


Pour 2001, nos parents rêvaient d’une odyssée de l’espace où des ordinateurs intelligents regardent leurs ancêtres australopithèques en clignant de l’œil. Au lieu de cela, on nous enferme chaque jour davantage dans la gestion ennuyeuse de la planète. Le principe de précaution se métastase à l’infini et gangrène les esprits : toujours plus de confort et toujours moins de risque, toujours plus de sécurité et toujours moins d’audace. On ne crée rien, on ne transforme rien, on conserve tout. Bref : on étouffe.
Pas d’idées, pas de projets, pas d’horizon. En terme évolutif, cela signifie : pas de mutation ni de variation, donc plus de sélection ni d’évolution. Le principe est simple : ce qui se reproduit sans se modifier ne peut s’adapter et finit par disparaître. La diversité, c’est la vie ; l’uniformité, c’est la mort. Vous avez envie de finir votre existence dans la peau d’un fossile vivant en train de regarder bouche bée un astéroïde cogner la planète bleue ? Pas nous !
Nous sommes différents. Nous sommes les premiers mutants.
Nous aimons vivre. Evoluer encore et toujours, plus vite et plus loin. Nous voulons devenir l’origine du futur. Changer la vie, au sens propre et non plus au sens figuré : créer des espèces nouvelles, adopter les clones humains, sélectionner nos gamètes, sculpter le corps et l’esprit, apprivoiser nos germes, dévorer des festins transgéniques, faire don de nos cellules-souches, voir les infrarouges, écouter les ultrasons, sentir les phéromones, cultiver nos gènes, remplacer nos neurones, faire l’amour dans l’espace, débattre avec des robots, tester des états cérébraux modifiés, faire des projets avec notre cerveau reptilien, pratiquer des clonages diversifiants vers l’infini, ajouter de nouveaux sens, vivre vingt ans ou deux siècles, habiter la Lune, terraformer Mars, tutoyer les galaxies ; nous portons en nous le plus civilisé et le plus sauvage, le plus raffiné et le plus barbare, le plus complexe et le plus simple, le plus rationnel et le plus passionné. Tout s’est réuni un matin clair et la mortelle tiédeur des temps passés n’est plus qu’un mauvais souvenir.
Nous sommes les agents secrets de la vie. Elle-même ne le sait pas encore.
Petits-fils de Darwin en colère, nous revendiquons pour les nôtres le principe d’imprécaution. Et pour cause : il mène le monde depuis ses origines. Qui ne tente rien n’a rien : l’évolution l’a compris voici 3,5 milliards d’années, le primate humain depuis 15 petites décennies. Il serait temps de combler le retard.
Avons-nous le choix ? Certains y croient et souhaitent en revenir à ce bon vieux temps qu’ils n’ont jamais connu : tant mieux pour eux ! Nous n’avons ni haine ni mépris. Nous aimons la variété, même celle des espèces humaines à venir. A un carrefour, chacun doit choisir sa direction : nos ancêtres en ont fait ainsi, nous continuons leur geste. Après tout, le dernier saut évolutif qui nous a séparés de nos presque-frères les singes n’a pas si mal réussi aux uns comme aux autres. Maintenant que cette histoire est finie, nous souhaitons tout simplement en commencer une autre. En toute liberté. En toute innocence.
Au loin brillent les étoiles, qui nous attendent depuis le commencement de l’univers. Il est minuit, Dr Faust.
Nous évoluerons. Et personne ne nous en empêchera.



http://www.transhumanism.org/index.php/WTA/more/848/
 
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Re: Le Transhumanisme

Message par Admin le Jeu 7 Juin - 17:52

La secte derrière les nanotechnologies



Quoi que disent les communicants du Commissariat à l’Energie Atomique, de Minatec, NanoBio et du réseau Nano2Life, on avait compris que leurs projets de "changer en profondeur notre vie quotidienne" allait bien au-delà de la mise sur le marché de nouveaux gadgets électroniques (objets "communicants", écharpes "multimédia", frigos "intelligents"), de verres auto-nettoyants, voire de nouvelles armes ("poussières de surveillance", "carapaces" de fantassin, missiles "intelligents").


L’aiguillage vers les labos et les programmes de recherche en nanotechnologies de gigantesques flux de crédits ne vise pas seulement à s’assurer la suprématie lors du prochain cycle militaro-industriel. Il existe au-delà tout un courant fondateur et dominant des nano-sciences (Eric Drexler, Ray Kurzweil, Marvin Minsky, Hans Moravec, Mihail Roco, William S. Bainbridge, etc) qui, sous des noms divers : "cyborg", "successeur", "mutant", vise à l’avènement de l’homme-machine. Roboman, si l’on veut, censé être la version technoïde du surhomme nietzchéen. "Ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap", déclare le cybernéticien Kevin Warwick ( Libération , 11-12/05/02). "Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur."


N’importe quel enfant pourrait dire à Warwick et à ses congénères que sa quête de la surhumanité par nano-processeurs aboutira à son contraire : l’automatisation du cheptel humain. L’asservissement assisté par ordinateur et les "technologies convergentes" (nano-bio-technologies, génétique, intelligence artificielle, robotique) d’une sous-humanité technifiée.


Les nanotechnologies ne donnent davantage de pouvoir qu’aux nanomaîtres : elles leur donnent le contrôle de l’immense masse des nano-serfs. Sous le terme "technique" de cyborg, c’est l’esclave, l’outil humain qui reparaît.


En Europe, à Grenoble, "ville des micro et nanotechnologies", les technarques du CEA, de l’UJF, de l’INPG ou de l’INRIA n’en disent pas si long. A quoi bon choquer les douairières progressistes qui, de la Ligue des Droits de l’Homme à l’Association Démocratie, Ecologie, Solidarité, couvent d’un œil bénin ces "recherches scientifiques" ? Tout au plus les verra-t-on un jour former des recours contre les nuisances collatérales de ces activités. Les nanotubes et nano-particules de carbone, particulièrement dangereux pour les organismes, semblent ainsi de bons candidats à une critique parcellaire d’accompagnement.


Cependant que toutes sortes d’"unités mixtes" et de "recherches multidisciplinaires" s’emploient à faire ce qui n’est pas dit, un mystérieux "comité d’éthique" s’occupe lui de taire ce qui est fait. "Bruxelles craint de répéter ce qui s’est passé avec les OGM, explique Patrick Boisseau. Le chercheur au Commissariat à l’Energie Atomique (NDR : Grenoble) coordonne le réseau Nano2Life sur les applications médicales des nanotechnologies. "Nous voulons informer le public sur les risques éventuels. Nous suivons plusieurs groupes de citoyens pour voir leur perception des nanotechnologies (...) le réseau a son propre comité d’éthique de dix membres, sans doute le seul au monde sur les nanotechnologies."


( Le Figaro , 13/05/04)


Et en novembre 2003, c’est Françoise Charbit, responsable du projet NanoBio au CEA Grenoble, qui tentait d’entraîner Doug Parr, un responsable de Greenpeace, dans un fructueux dialogue sur "l’impact sociétal des nanotechs" : "Dear Mr Parr, (...) I would be very grateful if you could send me some contacts related to societal and ethical impacts of nanotechnology, especially people who could be interested by the convergence with life sciences. The network of Excellence Nano2Life, coordinated by the CEA Grenoble and to be launched in 2004, considers these points with a great interest. (...) We would be also interested in exploiting your idea to introduce civil society views in the definition of upstream research. We have already some collaborations with hospitals for instance, but introduce nanotechnology benefits to patients themselves is rather far from now (...)" 1


Il semble que ce courrier électronique ait connu une diffusion plus large que prévue. N’importe, on a saisi la tactique du CEA et des laboratoires satellites. Passer sous silence, et quand on ne peut le faire, compromettre des idiots utiles dans le "dialogue" ; mettre en place un service de surveillance et de prévention, chargé de "suivre" d’éventuels opposants et de prévenir leurs critiques ; recruter des "lanceurs d’alerte" afin de les intégrer au système de détection avancée de Nano2Life, et de répondre aux objections mineures pour mieux les faire collaborer à l’objectif final.


On a vu ainsi tel opposant à une centrale nucléaire la connaître mieux que son directeur lui-même et signaler avec beaucoup d’application chaque incident, chaque faille de ladite centrale pour en améliorer grandement le fonctionnement, sans jamais rapprocher d’un jour sa fermeture.


C’est à ces filandreuses précautions qu’on mesure le "retard" comme disent Jean Therme (CEA Grenoble), Alain Mérieux (Biomérieux) ou Philippe Busquin (commissaire européen à la Recherche) de l’Europe sur les Etats-Unis dans le domaine des nano-bio-technologies. Là-bas, non seulement les crédits affluent sans restriction, mais une secte scientiste, les "Transhumanistes", infiltre les lieux de pouvoir avec un programme d’automatisation de l’humain. Nous aussi, comme Patrick Boisseau et Françoise Charbit, découvrons les transhumanistes et leur projet. Pour une première approche, ci-dessous une enquête de Dorothée Benoit-Browaeys, journaliste à "Vivant"2.


www.piecesetmaindoeuvre.com


Grenoble, le 24 mai 2004



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Enquête
Les transhumains s’emparent des nanotechs
Aux abords du namomonde, les scientifiques entrevoient des possibilités techniques fascinantes : calcul quantique, électronique moléculaire, matériaux aux propriétés inédites ou médicaments pilotés... Tant mieux ! Mais attention ! Des mouvements “ transhumanistes ” infiltrent les nanosciences avec un impératif : doper les humains en intégrant les technologies disponibles, piloter les états mentaux et les foules. Sommes-nous partants pour ces usages ? Qui se mobilise pour débattre de ces projets politiques ?


Mikhail Roco est un rouquin plutôt timide, mais il ne fait pas dans l’ambiguïté : “ Le programme américain qui associe les nano-bio-info-cognitio-socio-technologies vise à améliorer les performances humaines, ses capacités d’apprentissage comme de défense ”, a-t-il affirmé lors du premier EuroNanoForum, organisé à Trieste (Italie), en décembre 2003, par la Communauté européenne. Mihail Roco est le coordonnateur de l’initiative américaine en matière de nanotechnologies, la NNI (National Nanotechnology Initiative).


Ses propos confirment le cap du volumineux rapport produit en juin 2002 par la National Science Foundation (NSF) et dont il fut coéditeur [1]. Désignant la nouvelle frontière par le sigle NBIC (Nanotechnology, Biotechnology, Information technology, and Cognitive science), il a l’avantage de préciser les ambitions des nanosciences outre-Atlantique. “ Ces technologies en convergence vont permettre l’unification des sciences et des techniques, le bien-être matériel et spirituel universel, l’interaction pacifique et mutuellement avantageuse entre les humains et les machines intelligentes, la disparition complète des obstacles à la communication généralisée, en particulier ceux qui résultent de la diversité des langues, l’accès à des sources d’énergie inépuisables, la fin des soucis liés à la dégradation de l’environnement ”, peut-on lire.


Interrogé sur les moyens à déployer et leur portée, Mihail Roco modère ses propos : “ nous ne voulons pas modifier l’intégrité humaine, ni contrôler les cerveaux ”. La question de la main-mise sur les capacités humaines est cependant posée. Car son collègue William Sims Bainbridge, coauteur du rapport NBIC, est un expert des idéologies. Sociologue des religions, ce dernier a étudié et infiltré divers groupes sectaires comme “ Children of God ” appelée aussi “ The Family ” ; il a développé des projets d’analyse des émotions et des croyances (Cyclone Project) et a publié plus de 15 ouvrages sur les religions, le contrôle social, les dimensions de la science fiction [2] avant d’être recruté par la NSF en 1999.


Aujourd’hui directeur de l’information et des systèmes intelligents de la fondation, son rôle dans la justification des NBIC est essentiel. À qui s’inquiète de l’avenir de la planète, il sait être rassurant : “ La science et la technologie vont de plus en plus dominer le monde alors que la population, l’exploitation des ressources et les conflits sociaux potentiels augmentent. De ce fait, le succès de ce secteur prioritaire est essentiel pour l’avenir de l’humanité. ” [1]


La réinvention de la nature


Pourquoi la NSF, puissante institution américaine qui emploie 1 360 personnes, confie-t-elle sa stratégie technologique à un spécialiste des phénomènes de manipulation mentale et d’adhésion des foules ? Serait-ce pour mieux anticiper d’éventuelles contestations de la société civile ? On ne peut l’exclure tant on constate l’implication de chercheurs en sciences humaines dans la promotion des technosciences et plus particulièrement des sciences cognitives. Patricia Churchland avec la neurophilosophie forgée autour du co-découvreur de la structure de l’ADN, Francis Crick [3], l’historienne Donna Haraway et son “ cyborg manifesto ” pour la “ réinvention de la nature ” [4] ou encore l’économiste Robin Hanson, entendent abolir les frontières entre le vivant et l’inerte, entre la machine et l’humain, entre le masculin et le féminin, et proclament qu’il faut construire des “ corps nouveaux ” pour une “ vie nouvelle ”.


Ce mouvement apparaît comme la suite logique des thèses cybernétiques pour lesquelles le réel et le virtuel se confondent par la réduction successive des objets physiques puis biologiques à des principes informationnels. Comme l’explique l’historienne américaine Lily Kay (Harvard), le code génétique est devenu après guerre le centre métaphorique de commande et de contrôle des êtres vivants [5]. Dans son ouvrage récent sur “ L’empire cybernétique ”, la sociologue Céline Lafontaine (Université de Montréal) précise : “ La cybernétique place non seulement les notions de communication et de contrôle au cœur de son projet, mais elle rend effectif le passage de la physique à la biologie en annulant toute distinction entre vivant et non-vivant. ” Avec les cyborgs, les biobots, “ on fait littéralement face à la mise en chair des métaphores cybernétiques (...) ”. Puis de commenter : “ Ce qui est oublié dans cette indifférenciation entre les êtres et les choses, c’est le fondement corporel inaliénable de toute vie terrestre. Le réductionnisme informationnel revient à nier que les êtres vivants sont d’abord des unités synthétiques indécomposables en segments codés. ” [6].


La culture par les automates mentaux


Le projet NBIC s’inscrit pleinement dans la mouvance cybernétique. Juste après guerre, celle-ci a procédé à la numérisation du monde, étendant ensuite son principe réducteur à l’information génétique (la biologie devint 100 % moléculaire) puis à l’information mentale avec la “ mémétique ”, transposition au monde cérébral du modèle informationnel a-corporel et a-temporel du gène, proposée en 1976 par l’évolutionniste britannique Richard Dawkins [7].


Il se trouve justement que William Bainbridge a publié en 1985 un livre intitulé “ Génétique culturelle ” [8]. Et il développe dans le rapport NBIC les perspectives de la mémétique (pp. 318 et suivantes) : “ Certaines idées peuvent avoir la force de "virus sociaux" aux effets aussi délétères que des virus biologiques ”, explique-t-il dans ce rapport. Il propose donc d’“ étudier la culture avec les méthodes de la bioinformatique ” et recommande une initiative analogue au projet Génome humain, le “ Human Cognome Project ”, pour “ comprendre et maîtriser les mystères du génome culturel ” [8].


On arrive ici au point culminant de cette nouvelle idéologie. Sa prétention est de décrire les “ automates mentaux ” de façon à les maîtriser puis les manipuler. Les courants de pensée deviennent des objets quantifiables. De même que l’on a abandonné la compréhension de la vie avec le gène, on abandonne celle de la pensée avec la neuroéthique (qui vise à localiser les aires de la morale ou de la religion) puis avec la mémétique. “ C’est seulement si nous renonçons à une explication de la vie au sens commun du mot que s’offre à nous une possibilité de prendre en compte ce qui la caractérise. ” estimait Niels Bohr. “ Dans la science moderne, la mathématisation de la nature s’est imposée comme une fin en soi ”, souligne le mathématicien Olivier Rey [9]. Mais avec elle, “ le monde n’est pas compris, il est mathématisé : par là il est fonctionnalisé mais il ne reçoit aucun sens. Au contraire tout sens lui est ôté : l’homme n’y trouve plus rien qui lui parle. ”


Davantage de technique, de moins en moins de sens


Avec le projet NBIC, on assiste donc à un effondrement, à un remplacement du réel par du “ quantifiable ”. Non limité aux phénomènes physiques, la prétention du modèle s’étend aux organismes vivants, aux cerveaux humains comme à leurs sociétés. On en arrive à confondre manifestation cérébrale mesurée par le débit sanguin capté par IRM (Imagerie par résonance magnétique) et expérience mentale. Avec pour corollaire de fausses équivalences : la douleur d’une personne, par exemple, est assimilée à la visualisation sur écran de son cerveau souffrant.


Dans ce tour de passe-passe, “ la science finit par constituer son propre remède à la crise qu’elle engendre en bouleversant les ordres anciens : une manière de supporter cette crise n’étant autre, en effet, que davantage de science, davantage de technique ”, poursuit Olivier Rey. “ Il ne peut en aller autrement quand, dans une large mesure, les présupposés de la technoscience se sont confondus avec les présupposés de la pensée tout court. ”Le monde fabriqué de la technique semble être le seul que ses promoteurs comprennent, comme le pressentait le philosophe Italien Giambattista Vico, qui constatait dès 1725 : “ Nous ne connaissons que ce que nous faisons. ” Parce qu’il est très opérationnel, ce système de réduction s’emballe. Le continuum “ nano-bio-info-cognitivo-sociologique ” apparaît finalement comme l’apothéose de l’impérialisme technique.


Certains scientifiques se complaisent à entretenir cet amalgame, en collaborant au “ neuromarketing ” ou aux expériences neuropolitiques de localisation cérébrale des “ zones de Bush ” ! [10]. Et l’on entend résonner ici les propos d’Hannah Arendt [11] : “ cet homme futur que les savants produiront comme un ouvrage de leurs propres mains paraît en proie à la révolte contre l’existence humaine telle qu’elle est donnée (...) La seule question est de savoir si nous souhaitons employer dans ce sens nos nouvelles connaissances scientifiques et techniques, et l’on ne saurait en décider par des méthodes scientifiques. ”


Y a-t-il un pilote dans les nanotech ?


L’expérience des OGM a montré que nos sociétés ne disposent pas d’outils appropriés pour arbitrer les choix techniques. Se posent donc aujourd’hui, avec les nanosciences, la question de savoir comment nous allons organiser la discussion sociale indispensable sur les applications souhaitées. Va-t-on reproduire les débats stériles et les invectives à propos d’analyses et de rapports strictement scientifiques ?


Le rapport dense et rigoureux produit en France le 29 avril 2004 par l’Académie des sciences et par l’Académie des technologies [12] a le mérite de poser les connaissances propices au débat. Mais en plaçant délibérément les nanobiotechnologies hors du champ analysé, toute l’interrogation centrale sur les connexions possibles entre le monde physique et le monde vivant (machines hybrides, prothèses nanométriques, pilotage cérébral...) est évacuée.


De même, le colloque “ Nanosciences et médecine du XXIème siècle ”, organisé par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) le 6 février dernier, n’a fait que répertorier le potentiel, les enjeux économiques, les conséquences sociales. La question du pilotage de ces productions techniques n’est jamais discutée. Qui sonde les citoyens sur leur besoin d’“ améliorer leurs performances humaines ” ? Que reste-t-il de libre dans l’exercice politique qui ne soit pas arrimé à l’ambition technique ?


Les connexions du transhumanisme


L’enjeu de la discussion démocratique s’impose ici d’autant plus que le pouvoir scientifique et technique est de plus en plus relayé par un noyautage idéologique puissant, celui de la doctrine transhumaniste. Laquelle revendique l’utilisation libre des nouvelles technologies pour dépasser les limites du genre humain et améliorer ses capacités physiques et mentales : “ De meilleurs esprits, de meilleurs corps, de meilleures vies ”, proclame l’Association mondiale des transhumanistes (WTA). D’ailleurs, William Bainbridge, grand promoteur des NBIC au niveau national, est éditeur associé de la principale revue des transhumanistes, le Journal of Evolution and Technology (JET). Son article sur l’“ opposition religieuse au clonage ”, paru en octobre 2003, y souligne la nécessité d’anticiper sur les conflits violents entre “ religieux, ou ennemis des sciences ” et “ laïcs ” [13].


Ce mouvement transhumaniste est en plein essor dans le monde, appuyé par des réseaux où se signalent trois autres éditeurs du JET : le philosophe suédois Nick Bostrom, David Pearce, promoteur de l’“ impératif hédoniste ” qui proclame que “ le génie génétique et la nanotechnologie vont abolir la souffrance de toute vie sensible ”, et le secrétaire de la WTA, James Hughes. Des adeptes ont créé la revue Extropy (5 000 abonnés) - l’extropie ou l’extropianisme étant un dérivé du transhumanisme - et ont fondé d’autres associations internationales (l’Extropy Institute) et nationales (Aleph en Suède, Transcedo aux Pays-Bas) et le colloque bisannuel “ Extro ”.


Avec les transhumanistes, l’humain n’est plus destiné à devenir meilleur par l’éducation (humaniste), et le monde par des réformes sociales et politiques, mais simplement par l’application de la technologie à l’espèce humaine. “ Ancrés dans un véritable messiannisme de substitution, les transhumanistes sont dans leur immense majorité des libertaires anarcho-capitalistes convaincus des seules vertus du marché ”, explique le philosophe Klaus-Gerd Giesen (Université de Leipzig) [14]. Ils rejoignent ainsi les prophètes-managers des biotechnologies comme William Haseltine, fondateur de la société Human Genome Sciences et de la société de médecine régénérative, ou Gregory Stock (Université de Californie, Los Angeles), apôtre de l’amélioration génétique de l’homme par la technique [15].


Infiltrations


Les posthumanistes commencent à infiltrer des mouvements sociaux comme la Progress Action Coalition (Pro-Act). Ils sont aussi très actifs pour revendiquer le droit illimité aux “ neuroceutiques ” ou “ emoticeutiques ”, produits permettant de jouer sur les états mentaux. Le juriste Richard Glen Boire, au sein du Center for Cognitive Liberty & Ethics (CCLE) - organisation qui co-sponsorisait avec la NSF la récente conférence “ NBIC Convergence 2004 ” - est ainsi parfaitement connecté avec la “ Neurosocieté ” portée par Zach Lynch, un évolutionniste versé dans le marketing qui annonce la prochaine “ vague des neurotechnologies ” directement soutenue par des nanosystèmes implantés.


En Europe, les mouvements “ extropiens ” trouvent des soutiens au sein de l’industrie pharmaceutique. Celle-ci a bien entendu de gros intérêts à développer les marchés de la médecine régénérative, du dopage des facultés physiques comme intellectuelles par nanopuces ou thérapies cellulaires. Très présents dans les milieux intellectuels et éthiques parisiens, les extropiens défendent la libre disposition des corps, l’accès à tous les moyens techniques pour les manipuler . Ils ont réalisé un important lobbying auprès des députés lors de la révision des lois de bioéthique, en décembre 2003. Ils caricaturent tellement leurs arguments qu’ils semblent jouer le même jeu que les dénonciateurs de catastrophes... dont on retrouve d’ailleurs, chez eux, quelques figures ! Confirmant ainsi qu’“ éthiciens-prophètes de malheur ” et “ promoteurs de la mutation ” peuvent concourir au même but : occuper l’opinion à des broutilles.


Un bras de fer idéologique



Nul ne peut nier le riche potentiel d’innovations des nanotechnologies. Avec le foisonnement d’applications qui se profile, il serait dangereux de laisser les scientifiques, préoccupés de connaissance et de performance, se laisser déborder par les projets politiques transhumanistes. Pour piloter ces affaires, où sont les philosophes, sociologues, historiens, citoyens, capables de peser dans le bras de fer redoutable qui s’amorce ?


Après avoir défini sa stratégie en matière de nanotechnologie, dans un rapport qui vient d’être rendu public [16], l’Europe devrait produire dans les mois qui viennent une réponse au rapport américain NBIC publié voilà deux ans. Un groupe de travail, présidé par l’historienne norvégienne Kristine Bruland (universié d’Oslo) et coordonné par Élie Faroult à la direction générale de la Recherche de la Commission européenne, entend poser les enjeux sociaux et les risques pour la santé des nanotechnologies. Mais osera-t-il interroger les finalités des réarrangements de la matière et du vivant ?





http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article24


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Re: Le Transhumanisme

Message par Admin le Jeu 7 Juin - 17:54

Transhumanistes sans gêne


L’homme percera-t-il un jour le secret de son cerveau ? Dans vingt ans, cinquante ans, un siècle ? Les spéculations les plus aléatoires circulent. Cette quête apparaît comme la prochaine frontière de l’homme, celle qui lui permettra de se dépasser, prétend le mouvement transhumaniste. Les efforts de la recherche tendraient à les conforter. Simuler le cerveau humain sur un ordinateur. Visualiser le réseau de milliards de neurones connectés les uns aux autres, suivre le trajet d’une impulsion à l’intérieur de la Toile, détecter les racines de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson.

C’est l’incroyable défi du Human Brain Project, initié par le neurobiologiste Henry Markram, associant treize centres de recherche en Europe et réclamant un milliard d’euros sur dix ans. Ce projet d’envergure prend pour assise les travaux de Blue Brain basé à l’Ecole polytechnique de Lausanne, en collaboration avec IBM, et se vante d’avoir réussi à copier une colonne néocorticale d’un cerveau de rat en neuf ans. Parvenir à reconstituer la complexité d’un cerveau humain, ses quelque 100 milliards de cellules avec leurs connexions, paraît plus chimérique. L’aventure, qui prend des allures d’une course avec le projet Human Cognome aux États-Unis, est comparée à la conquête de la Lune. Orateur volontiers iconoclaste, Henry Markram prédit : « D’ici dix ans, nous pourrons savoir si la conscience peut être simulée dans un ordinateur. » Ces recherches nourrissent les spéculations les plus outrancières du transhumanisme, courant de pensée né dans la Silicon Valley à la fin des années 80. Certains y détectent les prémices de l’uploading, scénario selon lequel le contenu d’un cerveau humain pourra être transféré sur un autre support, téléchargé sur un ordinateur, dématérialisé dans le cyberespace ou réimplanté sur un corps robotique inaltérable. Et de toucher du doigt le plus vieux rêve de l’humanité : l’immortalité.


« Matrix » et « Avatar »

Une vieille lune qu’on pensait cantonnée à la littérature de science-fiction. L’uploading est le thème du livre la Cité des permutants, de l’Australien Greg Egan, qui imagine qu’il sera un jour possible de simuler son cerveau sur un ordinateur pour le faire vivre dans un monde virtuel pour l’éternité. On le retrouve dans les anticipations cyberpunk de William Gibson ou de Bruce Sterling, ou dans Accelerando du Britannique Charles Stross, classique de la littérature transhumaniste, non traduit en français. Au cinéma, la trilogie Matrix ou Avatar procède du même imaginaire. Mais l’uploading figure également sur l’agenda de chercheurs de renom, comme Marvin Minsky pape de l’intelligence artificielle au MIT (Institut de technologie du Massachussetts), ou Hans Moravec, l’un des concepteurs de la robotique intelligente à l’université Carnegie Mellon, qui voit la chose se réaliser dans un futur proche. L’informaticien Ray Kurzweil fixe lui l’échéance à 2040. Là, une machine serait en théorie capable d’émuler le cerveau humain.

Le transhumanisme, frange extrême de la cyberculture californienne, professe que l’humanité se trouverait au seuil de la plus grande transformation de son histoire. Grâce à l’union des biotechnologies et des nanotechnologies, des sciences de l’information (robotique et informatique) et des sciences cognitives, l’homme pourra enfin s’affranchir des limites assignées au corps, ce tombeau de l’âme décrit par Platon. Ses capacités physiques et mentales vont être sublimées. Et le dispenseront bientôt de naître, de souffrir, de vieillir, et même de mourir.

Ce courant de pensée radical se développe dans la Silicon Valley, en pleine révolution numérique retrace Rémi Sussan dans Les utopies post humaines. Le mot serait apparu pour la première fois sous la plume du biologiste évolutionniste, Julian Huxley, frère d’Aldous (auteur du Meilleur des mondes). Mais c’est en 1989, avec son livre Are You a Transhuman que le futuriste F.M. Esfandiary — cryogénisé après sa mort dans un bain d’azote en attendant une hypothétique résurrection — pose le concept de transhumanisme. Le mouvement se structure au début des années 90, lors de la fondation de la première organisation, l’Extropy Institute du philosophe anglais Max More, puis du Foresight Institute d’Eric Drexler, chantre des nanotechnologies et surtout, en 1998, de la prosélytique World Transhumanist Association (WTA) qui compte près de 6 000 membres, parmi lesquels des académiciens réputés, essentiellement issus de l’informatique, de la robotique, ou des nanotechnologies, une poignée de biologistes, des philosophes, des sociologues, des médecins… Mouvement très hétérogène, selon Jean-Michel Besnier, professeur de philosophie à la Sorbonne et auteur de Demain les posthumains : « C’est une nébuleuse avec des modérés qui pensent que l’humain n’est pas au bout de son évolution et peut s’améliorer et des extrémistes qui veulent en finir avec l’homme, passer au posthumain. »



Défiance de la chair


L’humain est « inadapté » au monde contemporain, estime Nick Borstrom, philosophe suédois de la mouvance, et l’amélioration de la condition humaine nécessite d’abord une modification du corps par les technologies. On retrouve chez les transhumanistes cette défiance de la chair qui irrigue toute la cyberculture, analyse Jean-Claude Guillebaud, dans la Vie Vivante, plaidoyer contre « les nouveaux pudibonds ». Un corps biologique, faible et imparfait, incarnation de la finitude, volontiers qualifiée de « meat », viande anachronique. « Le transhumanisme dessine un avenir où le corps n’aura plus sa part », écrit Besnier. « Le fantasme de l’homme remodelé, puis intégralement autofabriqué, fait plus que jamais partie de l’imaginaire d’aujourd’hui. Il est dans la stricte continuité des illusions générées par la modernité. »

Devenir un homme d’acier préconisait déjà le futuriste Marinetti dans les années 20. Fusionner avec la machine, qui est, d’après Kevin Warwick, l’avenir de l’homme. Le scientifique britannique, qui s’est implanté une puce dans le bras pour lier son système nerveux à un ordinateur, se proclame « premier cyborg ». « La technologie risque de se retourner contre nous. Sauf si nous fusionnons avec elle. Ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur », déclarait-il en 2002.

D’autres vont encore plus loin, annonçant l’avènement imminent d’une nouvelle espèce. C’est le cas de la frange la plus radicale du transhumanisme, les Extropiens qui récusent l’entropie, cet inéluctable processus qui conduit l’univers à sa désagrégation. Mais également des partisans de la Singularité, telle qu’énoncée par Ray Kurzweil. L’informaticien et futurologue médiatique anticipe l’avènement imminent d’une superintelligence qui rendra celle des hommes obsolètes. D’après lui, nous sommes à la veille d’un saut technologique reposant sur la croissance exponentielle de la puissance de calcul des ordinateurs. « La Singularité, écrit Kurzweil qui s’y prépare en gobant plus de 200 vitamines par jour, est une période future où le rythme des changements technologiques sera si rapide et son impact si profond que la vie humaine sera transformée de manière irréversible. »

Le terme Singularité, emprunté à l’astrophysique, se réfère à un point dans l’espace-temps où les règles de la physique ordinaire ne s’appliquent plus, un trou noir inobservable. Le concept fut d’abord proposé par Vernor Vinge, mathématicien et écrivain de SF. Dans un symposium à la Nasa en 1993, il annonce que « dans trente ans, nous aurons les moyens technologiques de créer une intelligence surhumaine. Peu après, l’ère humaine cessera ».



Sculpter le corps et l’esprit


Kurzweil, inventeur visionnaire aux 39 brevets et 19 doctorats honorifiques, a créé en 1976 la première machine capable de lire des livres aux aveugles, puis l’un des premiers synthétiseurs et des logiciels éducatifs. Sa théorie de la Singularité lui a valu moqueries et critiques de scientifiques prestigieux qui l’ont qualifié de parascience. Ce qui ne l’empêche pas de trouver un écho grandissant dans le grand public. En février, il faisait la une du Time Magazine sous le titre racoleur : « 2045, l’année où l’homme devient immortel. » L’article, consacré à l’auteur du best-seller The Singularity is near, également héros de deux documentaires sortis début 2011, avance que la Singularité « n’est pas une idée marginale mais une hypothèse sérieuse qui mérite qu’on l’évalue sobrement et avec précaution ». Sorti en France sous le titre Humanité 2.0 : la bible du changement, le technoprophète Ray Kurzweil y livre une profession de foi dont le lyrisme rappelle celui du manifeste du futurisme de 1909. « Nous voulons devenir l’origine du futur, changer la vie au sens propre et non plus au sens figuré, créer des espèces nouvelles, adopter des clones humains, sélectionner nos gamètes, sculpter nos corps et nos esprits, apprivoiser nos gènes, dévorer des festins transgéniques, faire don de nos cellules souches, voir les infrarouges, écouter les ultrasons, sentir les phéromones, cultiver nos gènes, remplacer nos neurones, faire l’amour dans l’espace, débattre avec des robots, pratiquer des clonages divers à l’infini, ajouter de nouveaux sens, vivre vingt ans ou deux siècles, habiter la Lune, tutoyer les galaxies. » Une utopie positiv(ist)e, qui incite l’homme à embrasser joyeusement et sans crainte les mutations à venir. Comme c’est inéluctable, autant s’y préparer, disent les transhumanistes.

Jean-Michel Besnier parle d’une « utopie de substitution pour une humanité fatiguée d’elle-même », et évoque la « honte prométhéenne » de l’homme contemporain qui a le sentiment d’être dépassé par ses innovations techniques, décrite par Günther Anders dans le prémonitoire l’Obsolescence de l’homme en 1956. Le désarroi que procure cette sensation de foncer vers l’inconnu expliquerait que les promesses transhumanismes, y compris les plus fantaisistes, trouvent des oreilles de plus en plus réceptives. La recherche ne fait-elle pas elle-même régulièrement des annonces spectaculaires et de plus en plus surprenantes ? Dans la course aux fonds, certains chercheurs prestigieux n’hésitent pas à se transformer en camelots, usant du même registre technoprophétique… Henri Markram et sa conscience simulée sur ordinateur en font partie.

Les transhumanistes réfutent vigoureusement ceux qui les taxent d’affabulateurs, et se considèrent comme des rationnalistes purs et durs : leurs prédictions s’appuient sur des avancées techniques qu’ils se contentent d’extrapoler. Le recours de l’homme à des prothèses ne date pas d’hier. Plus de 30 000 malades atteints de Parkinson portent des implants cérébraux. Les premiers essais pour ralentir Alzheimer avec des implants viennent de débuter. Les progrès de la médecine régénérative, qui répare ou remplace des tissus et organes défectueux ou encore la télomérase, enzyme découverte par trois chercheurs américains nobelisés en 2010 qui a la capacité d’inhiber le raccourcissement des télomères impliqués dans la sénescence des cellules, sont autant d’avancées qui donnent à penser que l’on pourrait un jour cesser de vieillir. Et pourquoi pas de mourir.


C’est bien ce genre de raccourcis qui irrite les détracteurs du transhumanisme. La sociologue canadienne, Michèle Robitaille s’emploie à démontrer dans la revue Futuribles comment ils instrumentalisent la science à des fins idéologiques. « Leur projet brouille les frontières entre science et science-fiction parce qu’il fait constamment appel à notre imagination tout en se référant à la science. » Ce mélange des genres rend le mouvement peu crédible, estime François Taddéi, directeur de l’Institut de recherche interdisciplinaire de Cochin-Necker, chercheur en biologie des systèmes à l’Inserm. « Bien sûr que les ordinateurs, les robots, peuvent nous aider à améliorer certaines fonctions mais avoir une technologie capable d’intégrer l’ensemble des fonctions humaines, on en est loin. Ce n’est pas parce qu’on comprend une composante d’un système qu’on est capable de comprendre un système complexe. On connaît tous les gènes, mais on ignore comment ils interagissent. Pareil pour le cerveau. »

Le chercheur pilote l’une des rares équipes françaises en biologie de synthèse, secteur de pointe qui consiste en la reconstruction délibérée d’organismes vivants. « Pour l’instant, tempère Taddéi, on ne sait pas prédire le comportement d’une bactérie, il ne suffit pas d’augmenter la puissance de calcul pour simuler un être humain. Les cellules ne sont pas des ordinateurs. C’est une vision simpliste du monde. » Même modestie dans le domaine de l’intelligence artificielle. On est loin des utopies qu’avait suscitées l’IA lorsque les pionniers de l’informatique, Turing en tête, pensaient pouvoir doter une machine d’une intelligence similaire à l’homme.

Tout ceci n’est qu’une affaire de temps, estiment les transhumanistes qui ont foi dans le progrès perpétuel et exponentiel de la science et de la technologie, érigeant la loi de Moore, selon laquelle la puissance informatique double tous les dix-huit mois sans tenir compte de l’apparition éventuelle de facteurs limitants comme la crise énergétique ou quelque catastrophe écologique.

Leurs thèses sont prises au sérieux outre-Atlantique. Notamment la fameuse « convergence NBIC », au cœur de la rhétorique transhumaniste. Ce mariage entre bit, gène, neurone et atome est la théorie qui a fait grand bruit en 2002. Commandité par la National Science Foundation, l’objectif du rapport réalisé sous la tutelle de William S. Bainbridge, sociologue diplômé de Harvard et militant de la cause transhumaniste, et qui a mobilisé une cinquantaine de chercheurs, était explicite : « Improving Human performance ». En plus de participer à la constitution d’un imaginaire, le projet transhumaniste a réussi à noyauter des institutions de premier plan aux Etats-Unis. Il inspire des programmes de recherche très concrets ou la création d’universités spécialisées comme la Singularity University. Créé en 2009 avec l’appui de Google et de la Nasa, ce think tank interdisciplinaire qui réunit le gratin international de jeunes chercheurs, se présente comme le MIT du futur.



Soigner ou créer un super-soldat


Aux États-Unis, les transhumanistes n’ont pas de mal à convaincre de riches donateurs, convaincus qu’il y a là un marché colossal. « Les États-Unis sont pilotés par des recherches de rupture, faire un super-soldat, rendre quelqu’un immortel. Ils sont dans ce mythe perpétuel de nouvelle frontière, d’abord de l’Ouest, puis de l’espace, puis d’Internet, puis de la transformation de l’homme. Ils pensent que la technologie peut résoudre tous les problèmes et sont moins sensibles à leurs effets négatifs », constate François Taddéi. En France, selon lui, « on est plus prudent concernant le vivant. On cherche plutôt à soigner les pathologies qu’à améliorer l’homme ». Ce qui ne l’empêche pas de penser que la convergence est une réalité, et qu’il est nécessaire de favoriser l’interdisciplinarité dans un système de recherche français très cloisonné, anachronique.

« L’État français n’a pas compris l’impact d’Internet, ni de la génomique et il reste aveugle concernant les NBIC, une synergie qui va entraîner une révolution du vivant, porteuse de croissance », harangue le généticien Laurent Alexandre, lors d’un débat houleux à la Gaîté lyrique le 16 mai, promouvant son thriller d’anticipation Google Démocratie, co-écrit avec David Angevin, qui vulgarise cette convergence balbutiante. D’après le généticien, toutes les NBIC ne sont pas au même niveau. Pour les nanotechnologies et surtout les neurosciences, on en est au tout début. « Ce sont surtout les sciences de l’information qui ont explosé, les biotechnologies commencent à décoller, avec la démocratisation du séquençage », analyse-t-il. « Le premier séquençage, celui de Craig Venter [biologiste et homme d’affaires qui a annoncé avec fracas avoir créé la première cellule à génome synthétique en mai 2010, ndlr], a pris treize ans et coûté des milliards. Dans dix ans, ça coûtera le prix d’une paire de baskets », assène-t-il devant un public médusé, en brandissant une clé USB de 700 Megaoctets contenant son génome.


« Plus le nombre de gens séquencés augmentera et plus on pourra faire de corrélations, détecter des maladies », continue le Dr Alexandre, auteur de la Mort de la mort, et également entrepreneur (créateur du site Doctissimo) à la tête de la plus grande boîte de séquençage d’ADN d’Europe. « Bien sûr, dit-il devant les réactions outrées, on sera libre d’être séquencé ou non. »

La France, berceau des Lumières, s’est longtemps montrée hermétique au transhumanisme, qui prolifère depuis des années dans le milieu fertile de la culture geek anglo-saxonne, via les listes de diffusion et forums sur Internet. Mais ses idées finissent par essaimer dans nos contrées, quoique très édulcorées. Fin 2007, une première liste de diffusion transhumaniste est lancée par Stéphane Gounari, 27 ans, spécialiste de la gestion du risque et Alberto Masala, 31 ans, philosophe italien de la Sorbonne, avant de se constituer en association, sous l’impulsion de l’enseignant Marc Roux, son président. Baptisée Technoprog, elle ne compte qu’une vingtaine de membres (informaticiens, sociologues, philosophes, et quelques biologistes), façade institutionnelle qui permet de prendre part aux débats sur la révision de la loi de bioéthique, et à celui sur les nanotechnologies… « Notre objectif, avance Marc Roux, est de diffuser la réflexion sur le transhumanisme et de promouvoir des chercheurs travaillant dans le domaine des NBIC. »

Leur pouvoir d’influence s’arrête là. Du pain sur la planche en perspective dans un pays d’arracheurs de maïs transgéniques et de saccageurs de bornes biométriques. La méfiance envers les biotechnologies s’exprime aussi au niveau européen, où seuls 53 % considèrent qu’elles auront un impact positif sur les modes de vie au cours des vingt prochaines années, selon un récent sondage de la Commission européenne. « En présentant les NBIC comme remède à tous les maux, ces chercheurs participent d’un déterminisme technologique, écrit la sociologue Michèle Robitaille. Vous avez un sentiment de mal-être ? Les prothèses neuromorphiques, les antidépresseurs ou les nanorobots inhibiteurs de stimuli sensoriels peuvent y remédier. » Comme si seules les technosciences étaient en mesure d’améliorer la condition humaine, annihilant la confiance en tout projet politique.



Barbares restés à l’état naturel


L’idéologie transhumaniste — surtout sa frange la plus radicale, l’extropisme — puise ses racines dans l’anarcho-capitalisme et la droite la plus libérale, rappelle le journaliste Rémi Sussan , une approche individualiste qui ne se préoccupe guère du reste de la société. Plus encore que la transformation de l’homme, ce sont les dominations et logiques inégalitaires qu’elle porte qui dérangent. La perspective d’une humanité à deux vitesses avec d’un côté les post-humains améliorés, sort réservé à une élite fortunée et, de l’autre, les milliards de « barbares », demeurés à l’état naturel. C’est également la toile de fond du roman Google Démocratie, qui oppose transhumanistes et bioconservateurs.

L’association française tient précisément à se démarquer du transhumanisme californien des origines, et s’inscrit dans la tendance techno-progressiste, plus policée, initiée sous la présidence de James Hughes qui a rebaptisé l’association transhumaniste mondiale « H+ ». L’ancien moine bouddhiste et expert de technologie d’amélioration cognitive promet une sorte d’« hyperhumanisme », soucieux de la collectivité, d’éthique, préoccupé d’écologie et susceptible d’être accepté par un public plus large. Un transhumanisme « démocratique de gauche », qu’Hughes développe dans son livre Citizen Cyborg, qui veut permettre l’accès à tous à ce « corps choisi », via l’instauration d’un revenu universel.

« Un autre transhumanisme est possible », tente Marc Roux. L’ancien militant d’extrême gauche, syndicaliste, en catogan, animait jeudi la deuxième conférence dédiée au mouvement à la Sorbonne, donnant la parole à deux de ses éminents représentants, l’artiste Natasha Vita-More et le gourou de la jeunesse éternelle Aubrey de Grey (par visioconférence), chacun réfutant le terme d’immortalité au profit d’un plus modeste « allongement radical de la durée de vie en bonne santé ». Et concluant leur intervention par des appels aux dons pour leurs fondations privées afin de faire de ce séduisant programme une réalité...




http://www.ecrans.fr/Transhumanistes-sans-gene,13003.html



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Re: Le Transhumanisme

Message par Admin le Jeu 7 Juin - 17:55


L'humanité va-t-elle bientôt être dirigée par une nouvelle élite d'humains, implantés afin d'optimiser leur intelligence et capacités (donc ceux qui ont les moyens de se faire implanter)? Voici le genre de questions qui se posent chez les pro-transhumanisme, sur un forum dédié à ce sujet:



La coexistence entre humains et transhumains est-elle possible?


"Déjà d'un point de vue humain il y'a de graves problemes entre les différentes ethnies.

Le truc si l'évolution intellectuelle est possible grâce à la science, quand est il de la coexistence avec ceux qui s'y refuseront?

Je n'ai rien contre les singes, je les traitent avec autant de respect que j'aimerais qu'ils me traitent. Néanmoins espérer du respect d'un orang outang ou d'un chimpanzé serait inutile. Si je deviens spirituellement plus évolué je deviendrais sans doute plus tolérant. Cependant comment traiter sur un pied d'égalité des êtres qui me seront de très loin inférieur intellectuellement? Pourra t'on leur laisser le droit de vote d'ailleurs? Est ce qu'un employé qui s'est fait transhumaniser et acquiert une compréhension de l'humanité et du travail au delà de ce que nous pouvons imaginer pour le moment, pourra prendre au sérieux un responsable hiérarchique "non transhumanisé" qui croit que le fait d'avoir 5 ans d'ancienneté supplémentaire le met plus à même de comprendr eque son employé? Quand on est de très loin supérieur (oui, le mot supéieur est adapté. Sans racisme ni vanité aucune), comment peut on respecter l'avis de quelq'un en sachant parfaitement combien il a tort? Si le sacrifice humain au nom des dieux mayas étaient encore pratiqués, devrais je laisser faire en disant "je respecte leur avis", ou bien ma connaissance du monde devrait elle m'ôbliger à agir contre cela?

Est ce qu'un transhumain au coeur pur et à l'esprit limpide aura envie de vivre, au nom de l'égalité avec des arriérés obscurantiste des temps jadis?

Je grossis un peu les choses pour les souligner mais pour simplifier, est ce que des transhumain qui batissent le paradis sur terre pourront vivre en harmonie avec des primates qui le souille?

Quelle solution proposer alors? Supporter la situation et tendre l'autre joue au prix du sang des innocents encore et toujours? Laisser la surpopulation des obscurantistes prendre le fruti du travail des transhumanisé qui chercheront à bâtir un monde meilleur? Transhumaniser de force toute l'humanité? "Parquer" ceux qui refusent d'etre transhumanisé dans des réserves naturelles avec une porte de sortie "si vous voulez être transhumanisé, appuyez sur le bouton bleu, un agent d'acueil va venir vous chercher"?

Lenfer est pavé de bonnes intentions. Hors là y'a carrément de quoi batîr une autoroute avec tout ça.

C'est une variante du vieux problème colonialiste des siècles passés. Les races supérieures ont le devoir d'aider les races inférieures (je ne sais plus qui à dit ça). Historiquement cette philosophie n'a pas donné les résultats souhaités. Parceque c'était mené par des humains imparfaits. Si justement des êtres surhumains parfaits moralements (affirmation à confirmer de par ailleurs) le faisaient dans el futur est ce que ce ne serait pas au contraire une bonne chose?

Est ce q'une humanité plus évolué et donc plus à même de prendre els bonens décisions peut coexister
avec une humanité arriéré qui prend les mauvaises ou faut il faire une séparation des genres?"



http://forum.transhumanistes.com/t314-la-coexistence-entre-humain-et-transhumain-est-elle-possible

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Re: Le Transhumanisme

Message par Admin le Jeu 7 Juin - 18:04

DOCUMENTAIRE: Un Homme presque parfait

Aujourd'hui les progrès de la science sont tels qu'ils nous permettent d'imaginer un humain "augmenté". Pour la première fois de notre histoire, nous avons la possibilité de modifier radicalement ce que seront nos enfants, et nos petits-enfants. Dans les laboratoires, un nouvel individu, partiellement reconfiguré, est en train d'être imaginé, testé... fabriqué. Bientôt, promettent certains scientifiques, nous considérerons l'Homo Sapiens (c'est à dire nous !) comme une version charmante, certes, mais totalement démodée ! L'Homo Technologicus sera tellement mieux ! C'est précisément ce que propose le marché de l'amélioration de l'être. Le temps est venu, disent ses promoteurs, de passer à la vitesse supérieure : un corps parfait et sans âge, un cerveau infaillible, une reproduction maîtrisée, et à terme... l'immortalité. Quitte à acheter quelques pièces détachées pour faire du "tuning" avec notre propre corps comme certains le font avec leur automobile. Voyage à la recherche de cet homme du futur... hybride mi-homme mi-machine, humain génétiquement modifié. Un homme presque parfait.



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Re: Le Transhumanisme

Message par Admin le Jeu 7 Juin - 18:11


Cette vidéo, tirée d'un jeu vidéo, rejoint la problématique abordée dans ce topic... transhumanisme... déshumanisation... Une brève histoire de l'avenir?

Pour rappel, dans le premier Deus ex il était question d'attaque terroriste sous couvert d'une organisation secrète, au cours du jeu on pouvait voyager dans la Zone 51 (base militaire américaine secrète, voir vidéo sur ce sujet dans la section vidéos secrets, paranormal...), choisir d'aider les illuminati,...


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Re: Le Transhumanisme

Message par Admin le Jeu 7 Juin - 18:12

Le transhumanisme dans certains clips

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Re: Le Transhumanisme

Message par Archange le Mer 2 Avr - 20:01

Source: E&R





Qu’est-ce que le transhumanisme ?




Dans la culture populaire, le terme de « transhumanisme » est associé à des images de science-fiction comme le clonage, le mutant génétique, le cyborg, mi-homme/mi-robot, et toutes sortes d’utopies futuristes. Or, il semble bien que la réalité soit en train de dépasser la fiction. Des phénomènes de société ayant émergé récemment, comme la théorie du genre, le « mariage homo », la PMA et la GPA, l’antispécisme, s’inscrivent effectivement dans une logique transhumaniste.
Il est possible de définir le transhumanisme en quelques mots comme le projet de modifier la nature humaine durablement au point d’en sortir définitivement. Il s’agit d’aller « après » l’humain, de sorte à périmer l’espèce humaine, la rendre dépassée, obsolète. En ce sens, le vocable de « transhumain » est synonyme de « post-humain », mais le premier semble avoir gagné la compétition pour s’imposer dans l’usage courant. Une masse documentaire importante sur le sujet est accessible sur l’Internet ou dans des ouvrages grand public que l’on peut se procurer en librairies.
Cette introduction se limitera à mettre en évidence la stratégie par étapes qui anime le transhumanisme et qui va s’imposer dans les années à venir, sur le modèle de la théorie de la confusion des genres ou du lobby LGBT, qui ont incubé pendant une quarantaine d’années discrètement et tissé leurs réseaux d’influence patiemment avant de se révéler ces derniers mois dans ce qu’il faut bien appeler une explosion de haine antihumaine coordonnée au niveau international. Ainsi, après un résumé de l’arrière-fond théorique et historique du projet transhumaniste, nous décrirons de quoi il retourne en pratique, soit les réseaux de pouvoir bien concrets et installés qui le soutiennent aujourd’hui.
Le sociologue américain Vance Packard (1914-1996) publiait en 1977 l’un de ses ouvrages majeurs, intitulé The People Shapers, traduit en français l’année suivante par L’Homme remodelé. Cet auteur s’était fait connaître dès 1957 avec ce qui reste son ouvrage le plus célèbre, La Persuasion clandestine, dans lequel il analysait les techniques de manipulation subliminale appliquées dans le marketing.
Vingt ans plus tard, sa perspective s’était donc élargie à un propos politique général, consistant dans la critique d’une approche scientiste de la question politique. À la fin des années 1970, la cybernétique et ses applications sociales avaient eu le temps de diffuser certaines idées, notamment que la société ou l’être humain sont des mécanismes comme les autres, justiciables d’une ingénierie permettant de les remodeler pour mieux les contrôler ou les améliorer selon un dessein précis. Vance Packard intitule ainsi son avant-propos : « La malléabilité de l’homme : une idée nouvelle. » Puis il met en exergue une citation de Skinner : « De ce que l’Homme peut faire de l’Homme, nous n’avons encore rien vu », qu’il commente ainsi :
« Cette déclaration fracassante de Skinner relève de l’ambition autant que de la réalité. Mais il est vrai que des tentatives acharnées sont faites actuellement pour remodeler les individus et leur comportement. Leurs implications vont loin, et sont souvent inquiétantes. Des “ingénieurs de l’Homme” sont au travail dans toute une série de domaines. (…) Les psychologues du comportement comptent dans leurs rangs une armée de fougueux révolutionnaires. Le plus célèbre des behavioristes, B. F. Skinner, de l’université Harvard, a appelé de ses vœux une “technologie du comportement” parce que “nous avons besoin de réaliser de grands changements dans le comportement humain”. Quelques années auparavant, un groupe de ses disciples, essayant de décrire ce qu’est l’ingénierie du comportement, expliquait : “Nous pouvons mettre en place des techniques capables de produire en masse des êtres humains supérieurs… Nous disposons d’une technologie suffisante pour obtenir le type de comportement que nous désirons.” »


Aux sources de l’ingénierie du comportement, le behavioriste B. F. Skinner

 
Nous sommes ici dans un constructivisme intégral. L’une des constantes de l’ingénierie sociale, dont le transhumanisme est un volet, est de considérer l’existence entière comme une construction. Tout ce qui est donné, tout ce qui est naturel, peut être déconstruit et reconstruit selon un nouveau plan. Pour le transhumanisme, tout peut donc être transformé et artificialisé sans dommages fondamentaux, bien au contraire, car cela doit permettre de se « libérer » d’une nature humaine jugée encombrante ou trop limitée.
Ce schéma général de déconstruction-reconstruction de tous les aspects de la vie, Jean Baudrillard l’appelait le « crime parfait » pour dénoncer le fait que cela aboutirait en fait à un simulacre technologique du monde réel. Une illustration saisissante nous en est fournie dans la série de films Matrix, où le monde réel est détruit et réduit à un désert, et entièrement reproduit de manière virtuelle et sous contrôle dans un monde informatique simulé. Dans cette théologie constructiviste, l’univers entier est un édifice, un bâtiment, un « temple à reconstruire », où la place de « grand architecte » divin doit être occupée par l’Initié dès lors qu’il maîtrise les règles démiurgiques de la démolition contrôlée et de la reconstruction artefactuelle (destruction créatrice, « dissoudre et coaguler », Ordo ab chao, etc.).
Cette filiation illuministe et cabaliste du transhumanisme a façonné le visage d’une modernité largement placée sous le règne de la quantité et du nombre. Or, de l’imaginaire artistique aux sciences exactes, l’artificialisation du vivant et sa réduction au quantitatif ne visent pas franchement à son émancipation mais bien plutôt à sa simplification, de sorte à en faciliter la gestion rationnelle, numérique, industrielle et standardisée.
Pour fabriquer le consentement à cet appauvrissement de l’existence et de la biodiversité, ainsi qu’aux pathologies physiques et mentales qui en résultent, des sommes colossales sont investies dans tous les domaines de la société pour y impulser des tendances sociétales technophiles et humanophobes.
Parmi les agents de conformité, passés et présents, on relève des initiatives comme les conférences Macy entre 1946 et 1953, le rapport Meadows du club de Rome en 1972 (point de départ médiatique de l’idée de décroissance démographique contrôlée), l’Association transhumaniste mondiale créée en 1998 (dont la branche française « Technoprog ! » a tenu son premier colloque à Paris en janvier 2011), des essayistes prévisionnistes tels que Jacques Attali, Timothy Leary, Douglas Rushkoff, Ray Kurzweil (informaticien ayant fixé la date de péremption de l’humain à 2045, quand la « singularité technologique » de l’intelligence artificielle aura dépassé celle de l’Homme), des médias spécialisés comme Wired Magazine ou LaSpirale.org (le webzine francophone pour les « mutants digitaux »).
Ces initiatives sont chargées de diffuser des mèmes viraux tels que l’Humain 2.0 augmenté par la technologie, le piratage de l’esprit et du corps (bio-hacking, body-hacking, extropianisme), l’eugénisme par le clonage reproductif, la Procréation médicalement assistée (PMA), la Gestation pour autrui (GPA), l’utérus artificiel (ectogenèse), la banalisation de l’avortement et de l’euthanasie, les Organismes génétiquement modifiés (OGM) végétaux, puis les « chimères », c’est-à-dire le métissage génétique entre humains et animaux, et enfin les hybrides humain/animal/machine mis en scène par des artistes comme Matthew Barney et Enki Bilal (« Mécanhumanimal »).
 


Les dessins d’Enki Bilal, une illustration artistique de l’hybridation

 
Le transhumanisme n’est pas une émergence spontanée, naturelle. Il s’agit d’un projet politique arbitraire soutenu par des « minorités agissantes » et des réseaux de pouvoir dont il faut décrypter la logique pour comprendre non pas à quoi elle sert, mais à qui elle sert.
En pratique, la montée en puissance du transhumanisme ces dernières années, notamment par le biais du lobbying LGBT, a révélé son vrai visage : il s’agit en fait d’une humanophobie. Nous trouvons là un cas d’école de « hameçonnage » : sous prétexte de défendre positivement quelque chose, on attaque en réalité autre chose. Sur le même modèle, le féminisme est en réalité anti-hommes, la théorie du genre est anti-hommes ET anti-femmes, le lobby homo est hétérophobe, la protection des minorités consiste à attaquer la majorité, etc. Le transhumanisme n’aura donc évidemment jamais aucune réalisation positive, pas plus que le féminisme, la confusion des genres, le LGBT ou la protection des minorités.
Ces diverses idéologies ne sont pas là pour ça, mais seulement pour attaquer l’Humain sous couvert de projets positifs. La haine de l’espèce humaine véhiculée par le transhumanisme est largement perceptible dans les mouvements politiques qui l’ont portée au siècle dernier. Le mythe du Nouvel Homme, régénéré par la science et la technique, a irrigué tout le fonds idéologique eugéniste des totalitarismes du XXe siècle, communisme, fascisme, nazisme, capitalisme, ainsi que leur esthétique futuriste. Seul le quatrième de ces totalitarismes a survécu, dans la mesure où c’est lui qui tirait les ficelles des autres depuis le début et où ils dérivent tous des mêmes réseaux de pouvoir, contrôlés par les mêmes personnes versées dans l’illuminisme et le progressisme scientiste, dont la figure la plus représentative est évidemment Aldous Huxley et son Meilleur des mondes.
De nos jours, le mouvement transhumaniste est transnational et dispose de soutiens puissants. Loin d’être groupusculaire et confiné à la culture geek, il est en train de se constituer comme un authentique lobby politico-économique aux ramifications tentaculaires. On le voit commencer à construire des passerelles avec les groupes de pression déjà en place et hégémoniques, pro-israélien (pinkwashing), LGBT, pharmaceutique, ainsi qu’avec le complexe militaro-industriel, notamment dans le domaine des NBIC, acronyme pour les disciplines convergentes que sont les nano et biotechnologies, l’intelligence artificielle et les sciences cognitives (voir la Recherche & Développement militaire, DARPA, Pentagone, pour mettre au point de nouvelles armes et le « soldat du futur »).
L’objectif de ces réseaux d’influence étant toujours de se liguer contre leur ennemi commun, l’être humain, ils ajoutent leurs forces afin de se donner les moyens d’exercer une véritable terreur intellectuelle et de dicter leurs caprices aux institutions juridiques. Nul doute que nous verrons apparaître un de ces jours des lois antihumaines avançant masquées sous le prétexte moral de lutter contre la « transhumanophobie » et pour l’égalité humain/transhumain. Annonçant ce déferlement de haine antihumaine (dont le délit imaginaire d’homophobie crée par Sarkozy en 2004 ne fut que le prélude), des réflexions sont déjà en cours sur un nouveau statut juridique des animaux ou sur le Droit des robots.
Des avocats et des juristes comme Alain Bensoussan et Anthony Bem posent ainsi sérieusement la question : « Quel statut juridique pour les robots ? [1] » Le remplacement des humains par les robots pour effectuer des tâches mécaniques simples est en cours depuis longtemps, mais la Commission européenne a franchi un pas supplémentaire avec le projet PETROBOT qui prévoit de confier à des robots des tâches de contrôle de sécurité réclamant une véritable expertise :
« (…) le but est d’élaborer des robots pouvant se substituer aux êtres humains pour l’inspection des cuves à pression et des réservoirs de stockage largement utilisés dans l’industrie du pétrole, du gaz et de la pétrochimie [2]. »
Perspective de chômeurs humains en plus, mais puisque la rhétorique antihumaine consiste à inverser systématiquement les rapports de force, ce sont les humains qui seront accusés d’opprimer les robots depuis la nuit des temps. Bientôt des associations « SOS robots battus »…
La discrimination positive des robots pour leur accorder plus de droits qu’aux humains se fera sur le modèle juridique et sociétal éprouvé et testé de la discrimination positive des prétendues « minorités » : préférence aux étrangers sur les nationaux dans le cadre de l’antiracisme, préférence aux animaux sur les humains dans le cadre de l’antispécisme, préférence aux handicapés sur les valides dans le cadre de l’antidiscrimination des handicapés, etc. Sous couvert de protéger les minorités, il s’agit en fait de leur accorder plus de droits qu’à la majorité, donc de reconstituer un véritable régime de privilèges, donc une oligarchie des minorités qui serait moralement justifiée par la lutte contre les discriminations. Ces nouvelles lois antihumaines ne seront pas populaires et les votes parlementaires pour les faire passer seront truqués, comme pour le « mariage homo ». Ces lois resteront donc des projets de lois, non-votées donc illégales, mais seront appliquées quand même par la force, ce qui nous fera entrer dans un véritable fascisme des minorités.
La fusion de tous les groupes de pression antihumains dans un seul front commun se fera sous la houlette de textes tels que Manifeste Cyborg – Science, technologie et féminisme socialiste à la fin du XXème siècle, de Donna Haraway, ou d’initiatives comme le colloque international intitulé The Israeli Presidential Conference – Facing Tomorrow, qui se tient depuis 2008 à Jérusalem. La liste des intervenants comporte Sergueï Brin (2008), Ray Kurzweil (2009), Jacques Attali (2008, 2009, 2012), et l’édition de 2013 fut titrée « The Human factor ». Sergueï Brin est l’un des deux cofondateurs avec Larry Page de Google, où ils occupent maintenant respectivement les fonctions de directeur technique et de PDG. Ils ont recruté en 2001 Éric Schmidt, aujourd’hui président exécutif, qui fut invité à la conférence du groupe de Bilderberg de 2013. Ces trois hommes, convertis au transhumanisme, ont embauché en 2012 Ray Kurzweil, le pape de cette nouvelle religion, pour travailler à renforcer encore les capacités du célèbre moteur de recherche et de son extension « Google Zeitgeist », cerveau informatique qui révèle les grandes tendances de l’état d’esprit mondial à partir des milliards de mots-clés tapés chaque année.
 


Jacques Attali à la tribune du colloque The Israeli Presidential Conference – Facing Tomorrow (2012). Les connexions des sphères scientifiques et technologiques avec les sphères politiques laissent deviner les fins idéologiques du transhumanisme.
 
L’informatisation de la société, pour citer le célèbre rapport d’Alain Minc et Simon Nora de 1978, ne cesse d’avancer. Le puçage électronique du bétail humain pour assurer sa traçabilité complète au moyen de composants RFID (ou autres) se met en place lentement mais sûrement. La chasse à l’Homme est ouverte et le piège risque de se refermer sur nous. Une prise de conscience collective, accompagnée de réactions militantes de mêmes ampleurs que la Manif pour tous ou que les Journées de retrait de l’école (JRE) lancées par Farida Belghoul, est donc nécessaire.
Il devient urgent de réfléchir à la constitution d’un front général de défense de l’humain, fédération d’organisations qui rassemblerait des humains de toutes origines et obédiences pour défendre notre nature humaine commune contre toutes les tentatives de l’exterminer ou de la réduire en esclavage.
 
Pour aller plus loin :
 « L’homme programmé », Méridien Zéro, émission n°135 du 10/03/2013 avec Maurice Gendre, Lucien Cerise, Thibault Philippe, Gilles (de Métanoïa – « Pour une révolution spirituelle face à la tyrannie technoscientiste »).
http://www.meridien-zero.com/archive/2013/03/05/emission-n-135-l-homme-programme.html
 « La nouvelle conception de l’Homme – La construction de l’être humain », Centre culturel français de Karlsruhe et Zentrum für Kunst und Medientechnologie (ZKM), débat public organisé le 03/05/2000 avec Alain Finkielkraut, Michel Houellebecq, Peter Weibel, Peter Sloterdijk.
http://www.cairn.info/revue-le-philosophoire-2004-2-page-32.htm

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Re: Le Transhumanisme

Message par Archange le Jeu 26 Fév - 22:25

La fabrique du transhumanisme : mirage de l’économie 2.0




National Geographic – février 2015 : prospective médicale © Olivier Munday



Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

François Rabelais, Pantagruel, 1542, chap. VIII.




Ruine de l’âme et de l’homme… Il y a infiniment plus dérangeant, dans le registre des curiosités modernes, que le transgenre, c’est le transhumain. Le transgenre est un homme qui se cherche, le transhumain, un homme qui se perd. La journaliste Corine Lesnes, auteure d’un article récent sur le sujet dans le supplément culture du Monde, définit ainsi la philosophie transhumaniste : « Un jour, l’homme ne sera plus un mammifère. » Le transhumain est une créature dénaturée qui mécanise la part encore vivante d’elle-même pour décupler ses capacités déclinantes ou altérées et se rendre à terme immortelle. Le transhumanisme se développe dans un contexte d’effondrement du vivant qui trouve son origine dans l’avènement, il y a deux siècles et demi, au sein des sociétés humaines, d’une économie vampirique : le capitalisme. À l’heure où nous commençons à voir, à l’échelle de tout le globe, en quels abîmes nous précipite la courbe exponentielle du progrès technique, le transhumanisme prend le parti non pas de freiner mais d’accélérer la chute en parlant de nous élever au rang de dieux. Par la faute de l’homme, la source unique de vie dans l’univers (jusqu’à preuve du contraire) se tarit, y compris en l’homme, mais l’homme aspire encore à régner, dût-il, mort à lui-même, régner sur un monde mort.

Le transhumanisme promeut l’homme bionique, l’homme « augmenté », l’homme-cyborg, pour faire pièce (si j’ose dire) à l’androïde façon Z6PO ou, mieux, « hubot » (cf. la série Real Humans). Le transhumaniste est un diable animé de bonnes intentions. Il financera le perfectionnement de l’intelligence artificielle sans y mettre de bornes, jusqu’à ce qu’elle prenne conscience d’elle-même (et alors elle nous surclassera). Comme il veut sauver les apparences de l’humanité, il cherchera parallèlement à perfectionner l’homme par tous les moyens, génétiques, électroniques et mécaniques. En faisant croire qu’il n’est de solution que technique aux maux de l’humanité, le transhumaniste donne un second souffle à un capitalisme moribond. C’est ce dernier qu’il « augmente », et non l’homme. La courbe du progrès technique, fléchage pavlovien pour peuples déboussolés et garantie de profits continus, ne doit surtout pas s’infléchir. La démesure dans un domaine ne peut se soigner que par la démesure dans un autre domaine. Si la technologie devient indispensable à l’homme, il ne faudra pas s’étonner que la technologie, quelque jour prochain, trouve l’homme dispensable. Voilà où nous en sommes, à peine sortis de la préhistoire : déjà au bord de l’extinction.


Le pire est que le transhumanisme est un totalitarisme doux qui, depuis une dizaine d’années, a débordé largement le cadre de la culture geek et du roman d’anticipation pour s’imposer à nous de la manière la plus « naturelle » du monde, à travers les gadgets du quotidiens, devenus extensions de nous-mêmes, qui seront des prothèses demain, des implants après-demain. Le premier propagandiste du transhumanisme est la société Google, comme aime à le rappeler Laurent Alexandre, chirurgien, expert en nouvelles technologies et intelligence artificielle, président de DNA Vision, société spécialisée dans le séquençage du génome humain, et accessoirement fondateur de Doctissimo.fr. Larry Page, cofondateur de Google, expliquait récemment que 9 emplois sur 10 sont menacés à brève échéance par l’automatisation des tâches. Google est leader mondial dans le développement de la robotique utilitaire et a investi massivement dans une myriade de start-ups biotechnologiques comme CALICO qui se sont donné pour objectif d’« euthanasier la mort ». Bill Gates, technophile modéré, prophétise la disparition des infirmières d’ici 2030-2035. Le même s’alarme de voir qu’il n’y a quasiment aucun débat sur les problèmes éthiques posés par l’intelligence artificielle. Le premier colloque sérieux sur le transhumanisme en France s’est tenu en novembre 2014.


Entretemps, la technique aura suivi sa courbe ascensionnelle, indifférente aux soubresauts du scrupule qui agitent la conscience des rares humanistes du monde savant. Le premier séquençage de l’ADN date de 2003 et depuis, on a séquencé des millions d’ADN. Le coût du séquençage a été divisé par 3 millions en 10 ans. En 31 ans, la puissance des serveurs informatiques a été multipliée par 1 milliard. Le neurone, qui existe depuis 550 millions d’années, est en passe d’être dépassé par le transistor, né il y a à peine 60 ans. Actuellement, la fabrication d’une enzyme capable de modifier vos chromosomes  ne coûte que 11 $. Quant à l’homme bionique, il existe déjà, puisqu’en 2013, un cœur artificiel a été implanté pour la première fois sur un homme. 100 % des Français, paraît-il, sont favorables au développement des cœurs artificiels. Personne ne s’interroge sur les implications profondes de cette remarquable « première ». Pourvu qu’on souffre moins, qu’on cesse de vieillir et de mourir, on serait prêts à accepter toutes les formes d’artificialisation du vivant, comme on accepte l’artificialisation des terres arables, sur lesquelles les promoteurs font pousser leurs temples de la consommation et du loisir.


Bientôt, dès demain peut-être, grâce aux imprimantes 3D qui mettent en transe le ludion Jeremy Rifkin, le transhumain pourra s’artificialiser lui-même, à domicile. Mirage de l’autoproduction ! Comme elle fait rêver, cette imprimante 3D ! Les bricoleurs du dimanche se pâment et tous ceux qui ne savent pas quoi faire de leurs mains et maîtrisent mal l’outil informatique (90 % des gens) s’imaginent déjà en « créatifs », même si le travail de conception est fait par d’autres et le travail de production par la machine elle-même. Philippe Bihouix, dans L’Âge des low tech (Paris, Le Seuil, « Anthropocène », 2014), montre bien quelles sont les limites de ce nouveau gadget qui prétend résoudre en aval, du reste en l’amplifiant, un problème qu’il conviendrait de résoudre en amont : celui de la complexification des procédures de production, qui a pour corollaires la mort des savoir-faire simples et la perte de la maîtrise des outils de production. L’imprimante 3D, qu’elle soit un bien personnel ou un bien prêté ou loué par unFab Lab (FABrication LABoratory), ne révolutionne en rien les modes de production et ajoute même un étage à l’édifice compliqué de l’économie industrielle en tant que collectivisation de l’impuissance. L’imprimante 3D étant incapable de s’imprimer elle-même, il faut bien une usine et même plusieurs pour en fabriquer tous les composants, ainsi que des mains pour les assembler. Ils sont peu nombreux ceux qui disposent des matériaux et du savoir technique pour s’en fabriquer une eux-mêmes. Par ailleurs, il faut des usines chimiques bien traditionnelles et bien polluantes pour élaborer le polymère thermoplastique qui est utilisé par les modèles standards accessibles au commun des mortels. Il existe des modèles qui travaillent l’aluminium, le titane ou l’acier inox en portant le métal à la température de fusion, mais ils sont inabordables et dépendent de l’industrie métallurgique. Une imprimante 3D n’est pas une petite unité de production industrielle. Les produits « monomatériaux » qu’elle imprime ne sont pas usinés. Son procédé est additif (elle dépose une couche après l’autre), alors que le procédé industriel est soustractif (filetage, perçage, découpage). Enfin, si par aventure vous parveniez à concevoir et à imprimer plusieurs parties de l’objet complexe utile qui vous intéresse (une prothèse bon marché pour handicapé, par exemple, et non une prothèse pour homme augmenté), la charge du montage vous reviendrait de toute façon. En attendant, impossible à l’heure actuelle d’imprimer un bon vieux clou.


L’imprimante 3D peut d’ores et déjà être remisée dans le cimetière des gadgétoïdes du transhumanisme béat qui en dénoncent la péremption prochaine. Les transhumanistes et leurs détracteurs pensent qu’on a déjà atteint le point de bascule. Erreur ! Comme très souvent, la sottise humaine est rappelée à l’ordre par ce qu’elle foule aux pieds : la nature. Lesdits gadgétoïdes du transhumanisme engloutissent des ressources non renouvelables ou mal recyclables (la faute aux alliages complexes et aux insuffisances irrémédiables, deuxième principe de la thermodynamique oblige, de l’industrie du recyclage

[*]). L’artificialisation de l’être humain bute sur cette limite physique. Les premières applications industrielles des nanotechnologies versent dans le ridicule. Pour chasser les mauvaises odeurs des chaussettes, des ingénieurs ont eu cette idée géniale, assurément digne de l’eurêka d’Archimède, de mêler au tissu des nanoparticules d’argent, un métal réputé antiseptique et antibactérien. Impossible de récupérer des nanoparticules d’argent. C’est de l’argent (mal)proprement jeté par les fenêtres. L’économie 2.0 ne verra pas le jour, du moins pas pour la majorité des hommes, qui devra faire face, dans les années qui viennent, à la pénurie de tout ce sur quoi la civilisation capitaliste s’est construite. L’avenir n’est pas au surhomme artificialisé mais à l’homme décroissant, et tels que nous sommes partis, cette décroissance ne sera pas un choix de société mais un retour de bâton plutôt sévère et peut-être définitif.

______________


[*]Le recyclage du nickel, aisément repérable dans l’acier inox par exemple, coûte très cher. De plus, seulement 55 % de cet alliage mis en circulation se retrouve en filière de recyclage. De fait, au bout de trois cycles de recyclage, on a perdu 80 % de la ressource nickel initiale. Or, le nickel est ce qui se recycle le mieux. En effet, le pourcentage de récupération habituel des petits métaux, i.e. des métaux courants, est généralement de l’ordre de 25 %. Quant aux alliages complexes dont sont faits les aciers spéciaux, qui intègrent des métaux moins courants, ils sont quasiment irrécupérables : il faudrait trop d’énergie pour casser les chaînes atomiques et désamalgamer les métaux de base. Aussi finissent-ils, pour une grande partie d’entre eux, comme armatures pour le béton armé dès après leur première utilisation. De même, il est impossible, à moins d’y consacrer des quantités colossales d’énergie, de désamalgamer les métaux rares entrant dans la composition des puces et des circuits microélectroniques de nos appareils high tech (sans parler des monstres éoliens dont les aimants des génératrices réclament des terres rares comme le néodyme ou le dysprosium).

[*]


http://blogs.mediapart.fr/blog/bertrand-rouzies/200215/la-fabrique-du-transhumanisme-mirage-de-l-economie-20





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Re: Le Transhumanisme

Message par Archange le Ven 12 Mai - 19:34




LAURA MARIE : TRANSHUMANISME



La guerre ultime, prédation sur la conscience humaine




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