Le cycle de l'année, les saisons, les fêtes spirituelles; alternance conscience de la nature (printemps été) et conscience du Soi (automne hiver) mort, résurrection: l'enseignement du langage de l'esprit vivant dans la nature; l'homme citoyen du cosmos

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Le cycle de l'année, les saisons, les fêtes spirituelles; alternance conscience de la nature (printemps été) et conscience du Soi (automne hiver) mort, résurrection: l'enseignement du langage de l'esprit vivant dans la nature; l'homme citoyen du cosmos

Message par Archange le Mer 15 Oct - 21:16

Le cycle de l'année, les saisons, les fêtes spirituelles


alternance entre conscience de la nature (printemps été) et conscience du Soi (automne hiver), mort et résurrection: l'enseignement du langage de l'esprit vivant dans la nature


l'homme comme citoyen de la terre et du cosmos





"A notre expérience printanière de la vie jaillissante et bourgeonnante vient s'ajouter celle de la vie qui se meurt. (...) les entités spirituelles que nous pouvons nommer êtres spirituels élémentaires, et qui sont en fait le principe vivifiant en particulier des plantes, ces êtres se retirent dans la terre elle-même, se lient intimement à la terre. (...) la terre accueille dans son corps les êtres spirituels élémentaires, elle les abrite. C'est en hiver que la terre est la plus spirituelle, c'est-à-dire la plus imprégnée des êtres spirituels élémentaires. (...)


Lorsque vient le printemps, les affinités de ces êtres spirituels élémentaires avec la terre se transforment en affinités avec l'environnement cosmique. (...) et le printemps, c'est en fait le temps où la terre, libérant de son être les êtres élémentaires, les offre à l'univers dans un geste de dévotion. (...) En réalité, ce qui se passe là est comparable à un processus qui, chez l'homme, est plus matériel: celui de la respiration. (...) La terre a inspiré en hiver toute sa spiritualité, et quand vient le printemps, elle se met à l'expirer, la rendant au cosmos. Et cela, l'homme le ressentait en des temps très reculés de l'évolution humaine, alors qu'il existait encore une sorte de clairvoyance instinctive; c'est ce qui lui permettait de savoir en son coeur qu'il était juste pour la terre de célébrer Noël au moment du solstice d'hiver. C'est le moment où la terre est la plus spirituelle - c'était donc celui où elle pouvait abriter le Mystère de Noël. Le Rédempteur ne pouvait se lier qu'à une terre ayant recueilli en son sein toute sa spiritualité.


Mais la fête qui demandait un tout autre sentiment, celui que l'homme n'appartient pas seulement à la terre, mais à l'univers tout entier, qu'il est capable, en tant que citoyen terrestre, de s'éveiller avec son âme à la réalité de l'univers, cette fête de la Résurrection, elle, exigeait une autre époque: celle qui emporte tout le spirituel de la terre vers les lointains du cosmos. C'est pourquoi la fête de Noël est liée à de réalités terrestres, à l'obscurité hivernale, à ce qu'on peut appeler en un sens le sommeil de la terre. La fête de Pâques, par contre, s'inscrit dans le cycle annuel de manière que la date en est fixée en fonction de données qui ne sont pas terrestres, mais cosmiques. (...)


Et lorsque nous allons du printemps vers l'été, l'intérieur de la terre se vide peu à peu de sa spiritualité. Cette spiritualité - disons: ces êtres élémentaires, passent du terrestre à l'extra-terrestre, et subissent alors totalement l'influence du monde planétaire cosmique.


(...) Ce qu'il t'a fallu chercher au plus profond de l'hiver, au moment du solstice d'hiver, en plongeant ton regard dans les entrailles de la terre au travers du manteau de neige devenant transparent pour l'esprit, tu le trouves maintenant quand tu diriges le regard de ton âme vers l'extérieur. Et les êtres élémentaires, qui, en hiver, étaient soumis à l'influence des entrailles de la terre, les voici maintenant régis par les planètes.


(...) Et lorsque vient le déclin de l'été, la terre se remet à inspirer sa spiritualité, si bien qu'à partir de la Saint-Jean, où la terre reprend son souffle spirituel, le temps à nouveau se prépare où la terre portera sa spiritualité en son sein. (...) cette circulation des êtres élémentaires qui vont et viennent entre la terre et le ciel est essentielle pour l'existence des hommes. Et seule l'épaisseur de sa sensibilité empêche l'homme de se douter de ce qui en lui-même dépend de ce mouvement extérieur tout au long de l'année.


(...) On apprendra à  ressentir le cours de l'année véritablement comme on ressent les expressions d'un être doué de vie et d'âme. (...) le langage du cours de l'année deviendra assez éloquent pour qu'on le ressente comme on ressent les encouragements ou les objections d'une âme amie. Il en sera de la nature comme d'une amie, dont on reconnait, à ses paroles, à son attitude toute entière, la chaude pulsation de l'être doué d'âme (...) la nature pourra se mettre à parler à l'homme en être doué d'âme. Dans le cours de l'année, l'homme apprendra à ressentir de l'âme, de l'âme en devenir, à tendre l'oreille vers ce que l'année, ce grand être vivant a à lui dire , à lui qui a d'ordinaire affaire à de petits êtres vivants, et il apprendra à trouver sa place dans le cosmos tout entier, le cosmos doué d'âme. Mais alors, lorsque l'été glisse vers l'automne et que s'approche l'hiver, c'est un message tout particulier qui lui viendra de la nature.


Celui qui acquiert peu à peu cette subtilité de perception pour la nature, (...) apprendra à distinguer l'une de l'autre de deux sortes de conscience: la conscience de la nature, qui apparaît au printemps et en été, et la conscience de soi, à proprement parler, qui se sent en automne et en hiver. Conscience de la nature: lorsque vient le printemps, la terre bourgeonne et déborde de vie. Celui dont la sensibilité réagit de manière juste à ce jaillissement, ce bourgeonnement de vie, celui qui laisse parler en lui cette réalité printanière (...) celui qui ressent tout cela ne se satisfait pas de dire que la fleur s'épanouit, que la plante germe: il se sent à tel point offert à la nature qu'il peut dire: Mon Moi fleurit dans la fleur, mon Moi germe dans la plante. (...) Etre capable de germer avec la plante, de fleurir avec la plante, de fructifier avec elle, voilà ce que veut dire pour l'homme sortir de lui-même, éclore dans la nature extérieure.


Non, vraiment, devenir plus spirituel cela ne veut pas dire se perdre dans l'abstraction. Cela veut dire: être capable de suivre l'esprit dans ses oeuvres et son devenir. Et l'homme qui, fleurissant avec la fleur, germant avec la graine, fructifiant avec le fruit, développe lui-même son sentiment de la nature dans la subtilité de la perception qu'il en a tout au long du printemps et de l'été, se prépare ainsi à vivre au plus haut de l'été dans un état de dévotion envers l'univers, envers le firmament étoilé. Le plus petit ver luisant devient alors comme une mystérieuse manifestation du cosmique; chaque souffle, dirais-je, de l'atmosphère, devient alors un héraut du cosmique au sein du terrestre.


Mais vient ensuite le moment où la terre reprend son souffle: alors, du fait (...) que l'on a appris à être dans la nature avec son être propre, on ne peut faire autrement que d'être l'automne avec l'automne, l'hiver avec l'hiver. Celui qui a appris à vivre avec la nature en vient aussi à mourir avec la nature. (...) Mais il ne faut pas que l'homme meure. Il ne faut pas que l'homme succombe. (...) Lorsque c'est à la mort de la nature qu'il participe, cette expérience-là le met en demeure de mener une lutte intérieure, d'opposer les forces créatrices de son propre être à ce processus de mort. Et c'est alors que germe et croît en lui le principe âme-esprit, la conscience du Soi à proprement parler; et dans sa participation intime à la mort automnale et hivernale de la nature, il devient, au degré le plus haut, l'éveilleur de sa propre conscience du Soi. Et c'est ainsi que l'être humain devient, qu'il se métamorphose lui-même au fil des saisons: en faisant l'expérience vivante de cette alternance d'une conscience de la nature avec une conscience du Soi. Cela signifie que lorsqu'on participe à la mort de la nature, il faut que s'éveille la force de vie intérieure. (...)


(...) si nous avons une compréhension vivante de l'alternance d'une conscience de la nature et d'une conscience du Soi, (...) nous voyons, vers la fin de septembre, ressurgir devant l'homme cette même force qui lui remet à l'esprit ce qui doit sortir du tombeau de la nature lorsqu'on participe à sa mort, cette force victorieuse qui allume en l'homme la flamme claire d'une forte et vraie conscience du Soi. Il est de retour, Michaël, le vainqueur du Dragon. (...) Il est tout simplement indispensable que le savoir anthroposophique, la connaissance anthroposophique soit une force qui se déverse dans le coeur (...) le chemin, qui part de nos représentations sèches et abstraites, mais exactes, nous conduit là où la connaissance vivante que nous avons accueillie dans notre coeur.(...)


Au fil des ans, les rencontres anthroposophiques m'ont souvent donné l'occasion d'exposer comment l'être humain peut acquérir la conscience de l'immortalité, la conscience de l'existence prénatale. (...) L'esprit n'a pour nous de sens qu'à partir du moment où il nous parle en détails concrets, lorsqu'à chaque instant il se révèle à nous en détails concrets, lorsqu'il peut nous réconforter, nous exalter, nous donner de la joie. (...) L'esprit vivant, qui nous parle dans la nature, tout comme l'âme humaine nous parle dans un être humain, lui seul peut pénétrer dans le naturel humain de manière à le vivifier et à l'exalter.


(...) Mais tout cela, il est nécessaire de l'évoquer dans l'intimité de son âme lorsqu'on envisage de compléter par la fête d'automne, la fête de Michaël, les trois fêtes à Noël, à Pâques, et à la Saint-Jean. Célébrer cette fête de Michaël à la fin de septembre en y engageant toute la force du coeur humain, cela serait véritablement merveilleux.


(...) que représente Pâques dans le cycle des fêtes annuelles? C'est une fête de la résurrection. Elle nous rappelle certaine résurrection, celle qui s'est accomplie dans le Mystère du Golgotha grâce à la descente du Christ, l'Esprit solaire, dans un corps humain. La mort, puis la résurrection: tel est l'aspect extérieur du Mystère du Golgotha. Celui qui le comprend ainsi situe la mort et la résurrection sur ce chemin de rédemption. Et peut-être se dit-il alors dans son âme: il faut que, dans mon coeur je m'allie au Christ, le vainqueur de la mort, afin de trouver dans la mort la résurrection. (...) commencer le cycle annuel par la résurrection de l'âme, accomplir la résurrection de l'âme, la rendant capable de franchir avec dignité les portes de la mort. Fête de Pâques: la mort d'abord, puis la résurrection. Fête de Michaël: d'abord la résurrection de l'âme, et ensuite la mort.


La fête de Michaël devient ainsi une fête de Pâques inversée. A Pâques, l'homme célèbre la résurrection du Christ, son retour de la mort à la vie. La fête de Michaël doit être pour l'homme le moment de ressentir, dans la forte ferveur de son âme: Si je ne veux pas passer la porte de la mort dans un état d'hébétude moribonde entraînant une conscience léthargique de moi-même entre ma mort et une nouvelle naissance, si je veux, au contraire, franchir la porte de la mort en toute lucidité, il me faut ressusciter mon âme de la mort, grâce à mes forces intérieures. D'abord la résurrection de l'âme, et ensuite la mort, de façon que dans la mort puisse s'opérer la résurrection que l'homme célèbre lui-même dans son for-intérieur.


Puissent ces conférences avoir un tant soi peu contribué à établir un pont entre le contenu de connaissance purement rationnel de l'anthroposophie et ce que peut être l'anthroposophie pour le coeur des hommes. (...) je voulais aussi attirer l'attention sur les impulsions sociales qui font aujourd'hui tant besoin à l'humanité. Voyez-vous, ce n'est que par un approfondissement intérieur des forces du coeur que les hommes apprendront peu à peu à ouvrir leurs oreilles à des impulsions sociales. Voici ce qui se présente avec force à mon âme maintenant."



Rudolf Steiner, Le combat intérieur

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