Comprendre la Trinité divine

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Comprendre la Trinité divine

Message par Archange le Mer 18 Juin - 21:52





Comprendre la Trinité divine




Pour comprendre ce qu’est cette Trinité divine, il faut faire appel au soleil. Le soleil est une formidable puissance créatrice de vie qui se manifeste par la lumière et par la chaleur. Celui qui est capable d’approfondir ces manifestations découvrira les relations qui existent entre la vie, la lumière et la chaleur du soleil et les trois personnes de la Sainte Trinité.


A tous les niveaux de la création, du plan physique au plan divin, on retrouve ces trois principes : la vie, la lumière, la chaleur. Dans le plan spirituel, la vie, c'est-à-dire la toute-puissance créatrice, se manifeste comme sagesse (lumière) et comme amour (chaleur). Ce sont ces trois principes : la puissance, la sagesse et l’amour que l’on retrouve dans la Sainte Trinité : Père, Fils et Saint Esprit qui sont indissociables les uns des autres, comme sont indissociables la vie, la lumière et la chaleur du soleil. Vous voyez, le mystère d’un seul Dieu en trois personnes n’est pas si difficile à élucider. Ce qui reste mystérieux, c’est seulement l’immensité, la splendeur de cette Essence primordiale d’où sont issues toutes les existences et que nous n’aurons jamais fini d’approfondir.

Dieu, le Maître de la Vie, est Toute-Puissance, Toute-Sagesse et Tout-Amour. Et l’homme est créé à son image : par sa volonté, il cherche la puissance, par son intellect il cherche la sagesse, et par son cœur il cherche l’amour. L’homme est une trinité qui pense, qui sent et qui agit. Jésus a mentionné cette trinité quand il a dit : « Demandez et l’on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira ». Ah ! Cela vous étonne ? Et pourtant ces paroles ne s’expliquent que par la connaissance de cette trinité de l’intellect, du cœur et de la volonté qui forme notre structure psychique.


Celui qui demande, c’est le cœur, celui qui cherche, c’est l’intellect ; celle qui frappe, c’est la volonté. Le cœur demande et ce qu’il demande c’est l’amour, la chaleur, la tendresse. L’intellect, lui ne demande pas, il cherche ; mais il ne cherche ni la chaleur ni l’amour, parce que dans la chaleur l’intellect ne fonctionne pas correctement, il s’endort ; il cherche la lumière, il cherche la sagesse et surtout des méthodes pour la trouver. Et la volonté frappe, parce qu’elle est emprisonnée et qu’elle veut l’espace et la liberté pour affirmer sa puissance créatrice.


Jésus présente aussi une conception de l’être humain et le définit comme cœur, intellect et volonté, l’avons-nous compris ? Et le cœur a pour idéal l’amour divin, l’intellect a pour idéal la sagesse divine et la volonté a pour idéal la puissance divine.


Malheureusement, la trinité que représentent en l’homme ces trois facultés de penser, de sentir et d’agir, est plus souvent inspirée par la nature inférieur que par la nature divine ; aussi produit-elle des pensées, des sentiments et des actes tout à fait ordinaires, prosaïques ou même criminels ; on peut la comparer à Cerbère, le chien à trois têtes de la mythologie grecque qui gardait l’entrée des enfers. En face de lui se dresse notre nature divine, notre Moi supérieur qui est le reflet en nous des trois principes cosmiques de la Sainte Trinité : il est issu de ces trois principes du Père, du Fils et du Saint Esprit et participe des mêmes qualités. Nous portons tous en nous cette Entité qui est de la même quintessence que la Trinité divine, elle habite en nous, et nous devons lui donner les possibilités de prendre possession de tout notre être afin de se manifester en plénitude.

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Message par Archange le Ven 5 Déc - 22:33

La Trinité hindoue


Les dieux de la Trimurti





Brahma



Il y a des millions de dieux en Inde, mais trois dominent tous les autres, c'est la Trimurti hindoue. La Trimurti (trois formes) correspond à trois activités indissociables du divin dans ses rapports avec la Création, soit des activités de destruction, de protection (conservation) et de création. Les hindous ont associé trois dieux à ses activités soit Shiva, Vishnou et Brahma. Chacun de ses dieux possède une ou plusieurs conjointes et un animal qui leur sert de monture. Symboliquement, la conjointe joue le rôle d’énergie (Shakti) utilisée par le dieu pour se manifester. Les mêmes dieux peuvent porter des centaines de noms différents en fonction des régions. Les dieux de la Trimurti sont :

Brahma


Il incarne le créateur qui a créé le monde de la multiplicité dans lequel nous vivons, la ronde des naissances et des morts (samsara). Brahma, uniquement créateur, ne peut aider à échapper à cette ronde, c’est pourquoi il est peu vénéré dans les temples. À Pushkar au Rajasthan, le temple de Brahma constitue une exception. Tous les autres sont majoritairement consacrés à Shiva et Vishnou. Brahma a pour conjointe ou shakti Sarasvati, souvent appelé Shatarûpa (celle qui est toutes les formes) ou Gayatri (la prière par excellence).


Shiva





Shiva




Le rôle de destructeur attribué à Shiva tient d’abord lieu de destructeur du vieil homme, de ses attachements, de ses croyances, de son moi individuel. Il détruit l’ancien pour passer au renouveau. Sa monture est le taureau Nandi, et son symbole par excellence le lingam. Il utilise le yoga qu’il enseigne aux êtres humains comme moyen de progression, il fait office de Mahâyogi, le yogi suprême. Il porte le nom de Rudra dans son aspect dur et terrifiant (pour ceux qui ne veulent pas changer). Sa shakti, Parvati, joue un rôle plus important que celle des autres déesses., elle apprend de Shiva la danse cosmique. Ce dernier personnifie le maître de cette danse souvent symbolisé dans la statuaire comme Nataraja. Dans cette dernière il l’exécute dans un cercle de lumières qui s’allument et s’éteignent, ce qui peut être interprété comme la succession des existences ou des cycles du cosmos, avec alternance de création et destruction. Le personnage sur lequel il danse, un démon, peut se figurer comme l’âme humaine façonnée au cours des vies successives. Le croissant de la nouvelle lune que Shiva porte dans sa chevelure, et qu’on appelle lune de Shiva lorsque l’on observe cet astre à ce moment en Inde symbolise le renouveau, la recréation.



Shiva est le plus souvent représenté avec un troisième œil frontal, un chignon plus ou moins dénoué orné d’un croissant de lune et d’un crâne, un trident de cendre sur le front ou à côté et, invariablement, des serpents pour parures. Il peut posséder une, trois, cinq têtes et même plus. Le nombre de ses bras varie de deux à 10. Ithyphallique ou non, il peut figurer nu. Parfois, il apparait terrible (sous les traits de Kali ou Durga) ou bienfaisant (Parvati). On reconnaît les shivaïtes (adorateurs de Shiva) en Inde par les 3 raies de cendre horizontales sur leur front (le trident). Ils vénèrent le lingam. Shiva a deux fils, dont le célèbre Ganesh, dieu à tête d'éléphant que l'on voit partout en Inde.

 




Vishnou



Vishnou


Protecteur et conservateur du monde, chargé de veiller à son évolution, sans jamais le détruire, il descend naturellement dans le monde chaque fois que son intervention y apparaît nécessaire. Ce sont ses avatars (avatara signifie descente). Le nombre de ces descentes varie selon les textes, mais le plus couramment admis se chiffre à dix dont :



1-le poisson (Matsya) vient avertir Manu, le premier législateur de l’humanité, de construire un bateau pour échapper au déluge;

2-la tortue (Kûrma) sert de support au mont Mandara qui offre aux dieux la possibilité d’arracher à l’océan indifférencié tout ce qui peut être utile au genre humain, c’est le mythe du barattement de l’océan de lait ;

3-le sanglier (Varaha) s’incarne pour vaincre un démon qui avait entrainé la terre au fond des mers;

4- l’homme lion (Nrisimha), le quatrième, permet l’essor de la recherche spirituelle à travers le sage Prahlada. Les trois avatars suivants organisent la vie des individus de façon à ce que cette recherche devienne efficace;

5- sur le plan politique, Vamana (un nain), reprend à Bali, roi des Asuras, la souveraineté sur les trois mondes, la terre le ciel et l’espace intermédiaire. Il laisse à Bali les mondes inférieurs;

6- sur le plan social, Parashurama (le Rama à la hache), vient retirer la prépondérance aux castes qui ne se montrent pas capables d’orienter l’humanité sur la voie spirituelle;

7-le septième, Rama (Ramachandra), fait régner la morale dans la vie de famille, il fait figure de héros du Ramayana;

8- Krishna, le huitième, se présentera avec son frère Balarama, pour pouvoir conduire l’homme en tant qu’individu vers la réalisation spirituelle;

9- la neuvième incarnation de Vishnou est parfois attribuée à Balarama, frère de Krishna ou à Bouddha, Siddharta Gautama. Pour ce dernier, il s’agirait d’un ajout tardif, vers le VIIe siècle;

10-selon les écritures, Kalki, le dixième avatar, n’est pas encore venu. On le personnifie couramment sous la forme d’un cheval blanc, qui pourrait symboliser l’apparition d’un nouveau plan de conscience.



Vishnou est souvent représenté assis sur un lotus, doté de quatre bras portant respectivement un disque solaire, une conque, une massue et une fleur de lotus. Il a comme épouse Lakshmi, déesse de la beauté et de la fortune. Sa monture est Garuda, oiseau à l’allure d’aigle. On reconnaît les vishnouïstes (adorateurs de Vishnou) en Inde par un signe en forme de « V » blanc ou safran qui figure sur leurs fronts.



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Message par Archange le Ven 5 Déc - 22:45

en Théosophie:




Les Trois Rayons d’Aspect




Les trois grands rayons, qui constituent la totalité de la manifestation divine, sont des rayons d'aspect pour deux raisons :

La première, parce qu'ils sont dans leur totalité, la Déité manifestée, le Mot en incarnation. Ils sont l'expression du dessein créateur et la synthèse de la vie-qualité-apparence.

La seconde, parce qu'ils sont actifs dans chaque forme de tous les règnes et qu'ils déterminent les vastes caractéristiques générales qui gouvernent l'énergie, la qualité et le règne en question ; c'est par eux que les formes différenciées viennent à l'existence, que les vies spécialisées s'expriment et que la diversité des agents divins accomplissent leur destinée dans le plan d'existence qui leur est attribué.

C'est le long de ces trois courants de force de vie qualifiés que les opérations créatrices de Dieu se manifestent puissamment, et c'est grâce à ces activités que chaque forme est pourvue de cet attribut évolutionnaire intérieur qui doit finalement le mettre en ligne avec le dessein divin, produire inévitablement ce type de conscience qui doit donner à l'unité phénoménale la capacité de réagir à son milieu et ainsi d'accomplir sa destinée comme part intégrante du tout. C'est ainsi que la qualité intrinsèque et le type spécifique de radiation devient possible. L'interaction de ces trois rayons détermine l'apparence phénoménale extérieure, attire l'unité de vie dans l'un des règnes de la nature et dans l'une ou l'autre des myriades de divisions de ce règne. Le processus sélectif et discriminateur se répète jusqu'à ce que nous ayons les multiples ramifications dans les quatre règnes, les divisions, les groupes dans les divisions, les familles et les branches. Ainsi le processus créateur, dans sa merveilleuse beauté, sa séquence et son développement apparaît à notre conscience qui s'éveille, et nous restons frappés d'étonnement et troublés par la facilité créatrice du Grand Architecte de l'Univers.

Considérant toute cette beauté sous un angle symbolique et simplifiant ainsi le concept (ce qui est toujours la tâche de celui qui travaille avec des symboles) nous pouvons dire que le premier Rayon incorpore l'idée dynamique de Dieu et que c'est ainsi que le Très Haut commence son travail de création.

Le second Rayon est utilisé dans les premières formulations
du plan sur lequel la forme doit être construite et l'idée matérialisée ; et c'est par l'entremise de cette seconde grande émanation que les épures sont réalisées dans leur exactitude mathématique, leur unité de structure et leur perfection géométrique. Le Grand Géomètre prend la direction et rend le travail des Constructeurs possible. Sur les figures et les formes, selon le nombre et les séquences le Temple se construira, exprimant la gloire du Seigneur. Le second Rayon est celui du Maître Constructeur.

Le troisième Rayon constitue l'ensemble des forces actives de construction, et le Grand Architecte, avec ses Constructeurs, organise le matériel, commence le travail de construction et finalement (tandis que le cycle d'évolution se poursuit), matérialisera l'idée et le dessein de Dieu le Père, sous la direction de Dieu le Fils. Toutefois ces trois Êtres sont une unité, de même que l'être humain qui conçoit une idée, utilise son esprit et son cerveau pour amener cette idée en manifestation, et emploie ses mains et toutes ses forces naturelles pour parfaire sa conception. La subdivision en aspects et en force est irréelle, sauf dans le but d'en donner une compréhension intelligente.


http://www.le-tibetain.com/les-sept-rayons-et-la-vie-alice-bailey/4339-les-trois-rayons-daspect96

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Re: Comprendre la Trinité divine

Message par Archange le Jeu 11 Déc - 21:11




La Trinité par Doinel



« Tous ceux en tout cas qui ont la moindre parcelle de sagesse, quand ils sont sur le point d’entreprendre une affaire, grande ou petite, invoquent toujours une divinité, n’est-ce pas ? Or nous, qui nous apprêtons à discourir sur l’univers d’une certaine manière, selon qu’il fut engendré ou encore pour dire qu’il n’est pas engendré, nous devons, à moins d’être tout à fait égarés, appeler à l’aide dieux et déesses et les prier de faire que tout ce que nous dirons soit avant tout conforme à leur pensée, et par conséquent satisfaisant pour nous. »
 

Le Timée, Platon
 

Je définirai la Trinité pour commencer par une tri-unité, c’est-à-dire une unité composée de trois termes formant une nouvelle unité : un ternaire.
 

Le ternaire est un cycle achevé qui comporte trois temps. Il est symbolisé par le nombre Trois qui contient Un + Deux et par le triangle qui contient trois droites chacune composée de points.
 

Si j’utilise ces symboles, c’est parce qu’ils nous permettent de saisir ce que l’homme par définition ne peut comprendre en totalité. Ils sont les outils les plus puissants que l’esprit humain possède pour s’approcher des plus profonds mystères. Chacun de ses outils a son modèle analogique propre qu’il ne faut pas adapter à un autre outil.
 

Ici je prends le triangle qui est la première figure géométrique que l’on puisse dessiner en dehors du cercle qui lui compose toute figure puisque je l’assimile au point. Par analogie, j’en déduis que le ternaire est le premier cycle achevé de la manifestation divine.
 

Pour me figurer Dieu, j’utilise alors l’unité mathématique ou le point en géométrie. J’en déduis que l’Un compose tous les nombres, que le point compose toute figure. Par analogie, Dieu est l’Un, le principe Premier Originel contenant toute chose en puissance. Mais cette analogie est insuffisante à nous montrer que Un est tout avant même son extériorisation. Pour saisir cela, je compare la notion du temps et de l’éternité.
 

Le temps est composé d’instants se succédant alors que l’éternité contient tous les instants. Mais là aussi apparaît une limite qui est l’impossibilité de nous figurer quelque chose hors du temps. Voilà le problème : nous devons penser l’indéfinissable par rapport à ce qui peut nous être connu. Dieu, est par rapport à sa manifestation ce que le temps est à l’éternité. Tout est là. C’est la modalité de son extériorisation qui changera par rapport à des étapes ontologiques.
 

La première manifestation de Dieu est le Verbe.
 

Comment passe-t-on du Un au Deux ? En ajoutant Un.
 

Comment passe-t-on du point à la droite ? En superposant une infinité de points.
 

Cela n’est pas d’une très grande aide pour comprendre comment le Père devient le Fils. Je préfère le penser comme le passage du Même, de l’Immuable à l’Autre, au Mouvement. Tout est Un, il contient toute chose, il est l’infini au repos, c’est par opposition que le repos devient mouvement, que l’Un devient Deux. Le Verbe, symbolisé par le Deux, est la puissance infinie de vie en action dont tout va découler.
 

Mais le deuxième terme du Ternaire divin est opposition au Un, il est un cycle ouvert nécessitant un réceptacle fixe pour s’actualiser.
 

Ce réceptacle est le Saint-Esprit qui concilie le feu des opposés. Pourquoi j’utilise le terme de feu ? Parce que je pense qu’il symbolise parfaitement la puissance à l’état pur qui était Une au départ et qui s’est confronté à elle-même pour permettre à la vie d’être. Il est important de souligner que l’Immuabilité de l’Un n’est pas un état passif, mais au contraire l’état actif par excellence. Quand deux termes s’opposent, une unité intermédiaire se crée. Cette unité intermédiaire est le Ternaire divin achevé par le Saint-Esprit. Je pense qu’il contient en lui le passage en acte de la Création en puissance, car il est le réceptacle qui concentre en lui deux puissances infinies opposées : celle du Père et du Fils qui donnent un état équilibré apte à structurer un nouveau cycle distinct du Premier Ternaire. La Kabbale figure très bien cela : Iod – Hé – Vav – Hé : le tétragramme divin est représenté par un ternaire s’ouvrant sur un autre plan figuré par le second Hé. Ce plan tire son origine de la puissance de Vie Universelle, du Verbe qui a vu sa puissance focalisée par le Saint-Esprit.
 


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Re: Comprendre la Trinité divine

Message par obsidienne le Jeu 11 Déc - 23:56

C'est une base pour comprendre l'esprit .....

citation : Cela n’est pas d’une très grande aide pour comprendre comment le Père devient le Fils. Je préfère le penser comme le passage du Même, de l’Immuable à l’Autre, au Mouvement. Tout est Un, il contient toute chose, il est l’infini au repos, c’est par opposition que le repos devient mouvement, que l’Un devient Deux. Le Verbe, symbolisé par le Deux, est la puissance infinie de vie en action dont tout va découler.

Mais le deuxième terme du Ternaire divin est opposition au Un, il est un cycle ouvert nécessitant un réceptacle fixe pour s’actualiser.

Ce réceptacle est le Saint-Esprit qui concilie le feu des opposés.


Si l'on pense Dieu est un alors j'imagine que je fais partie d'un tout qui est Dieu ;

quand on dit que ce tout est un infini de points formant une droite alors j'imagine l'horizon infini et j'imagine un espace mais je sais que je suis sur la terre et cela me ramène à un cercle mais ce cercle est mouvement puisque les lignes convergent infiniment partout alors je pense un entrelassement invisible qui retient la fluidité ....  l'eau est fluide et le feu cet élément dévorant aussi...

On imagine la fluidité des éléments en mouvement ..... l'esprit vivant !

C'est une façon de voir ...... car le "un" Dieu et le "deux" le contenant (le verbe) donne le "trois" le feu revivifiant ......
Si le feu est un opposé alors c'est que "un" et "deux" s'inversent ....  d'où ce feu né de cette opposition alors Dieu et le contenant (= dieu et son opposé la création) donne naissance au feu (l'esprit vivant) .....

Steiner dit que la terre est un trou, un vide dans la matière cosmique ; On peut penser que notre galaxie c'est la création, donc l'opposé de Dieu, le contenant (le verbe) et le feu né de cette opposition est le vivant qui se met en mouvement ...

le vide est un mouvement !
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Re: Comprendre la Trinité divine

Message par Archange le Mer 26 Aoû - 19:24













La vision de la Sainte Trinité de Sainte Hildegarde de Bingen

(Scivias, IIe livre, 2e vision)

 
« Ensuite je vis une splendide lumière et, dans elle, une forme humaine, couleur de saphir, qui brûlait d'un feu brillant et suave ; et cette splendide lumière pénétra tout ce feu brillant, et ce feu brillant s'infusa dans cette splendide lumière ; et cette splendide lumière et ce feu brillant pénétrèrent toute cette forme humaine, ne faisant qu'une seule lumière, par une même vertu et une même Puissance. Et, de nouveau, j'entendis cette lumière vivante qui me disait : « C'est le sens des mystères de Dieu, afin que l'on distingue et que l'on comprenne discrètement quelle est cette plénitude qui n'a pas d'origine, et à laquelle il ne manque rien ; qui, par sa vertu toute puissante, fixe les bornes de toutes les puissances. Car, si le Seigneur était exempt de sa propre vertu, quelle serait alors son œuvre ? Elle serait certainement vaine, car c'est dans l'œuvre parfaite que l'on voit quel est l'artisan. 

C'est pourquoi tu vois une splendide lumière qui n'a pas d'origine, et à laquelle il ne peut rien manquer : Elle désigne le Père et, dans elle, une forme humaine, couleur de saphir, sans aucune tache d'imperfection, d'envie et d'iniquité, désigne le Fils, engendré par le Père, avant le temps, selon la divinité ; mais ensuite, incarné dans le temps, selon l'humanité, et venu dans le monde.

Elle brûle entièrement d'un feu brillant et suave, qui sans aucune atteinte de nulle aride et ténébreuse mortalité, démontre le Saint-Esprit, dont le même Fils unique de Dieu, conçu selon la chair et né d'une vierge dans le temps, répandit dans le monde la lumière de la vraie clarté. 

Mais, que cette splendide lumière pénètre tout ce feu brillant, et que ce feu brillant s'infuse dans toute cette splendide lumière, et que cette splendide lumière et ce feu brillant remplissent toute cette forme humaine, ne faisant qu'une seule lumière dans une même vertu et une même puissance : cela signifie que le Père qui est l'équité souveraine, mais qui n'est pas sans le Fils et le Saint Esprit ; et le Saint Esprit qui embrase le cœur des fidèles, mais non sans le Père et le Fils ; et le Fils qui est la plénitude de la vertu, mais non sans le Père et le Saint Esprit : sont inséparables dans la majesté de la divinité, parce que le Père n'est pas sans le Fils, ni le Fils sans le Père, ni le Père et le Fils sans le Saint Esprit, ni le Saint Esprit sans eux ; et ces trois personnes ne forment qu'un seul Dieu, dans l'intégrité de la divinité et de la majesté ; l'unité de la divinité restant inséparable dans ces trois personnes, parce que la divinité ne peut être divisée, mais demeure toujours inviolable, sans aucun changement ; et le Père se manifeste par le Fils ; le Fils par l'origine des créatures ; et le Saint-Esprit par le même Fils incarné. Comment ? C'est le Père qui, avant les siècles, a engendré le Fils ; le Fils par lequel toutes choses ont été faites par le Père, à l'origine des créatures ; et le Saint Esprit qui apparut sous la forme d'une colombe, au baptême du Fils de Dieu, quand le temps fut venu. C'est pourquoi ; que jamais l'homme n'oublie de m'invoquer, moi le seul Dieu dans ces trois personnes, parce que je les ai montrées à l'homme, afin que l'homme brûle d'autant plus d'amour pour moi, que j'ai envoyé, par amour pour lui, mon propre Fils dans le monde ; comme Jean mon bien-aimé en rend témoignage lorsqu'il dit : « C'est en cela qu'apparut la charité de Dieu envers nous, que Dieu envoya dans le monde son Fils unique, afin que nous vivions par lui. En cela est la charité, non que nous ayons aimé Dieu ; mais parce que lui le premier nous a aimés, et a envoyé son Fils propitiateur pour nos péchés » (1).

Que signifie cela ? Parce que Dieu nous a aimés, un autre salut en est résulté que celui que nous eûmes dans une première naissance, lorsque nous devînmes les héritiers de l'innocence et de la sainteté, parce que le Père d'en-haut montra sa charité dans nos périls, lorsque nous étions dans la peine : envoyant, par la vertu d'en-haut, son Verbe seul parmi les enfants des hommes, dans une parfaite sainteté, au milieu des ténèbres des siècles, ou le même Verbe, ayant accompli tout bien, ramena à la vie par sa mansuétude, ceux qui en étaient rejetés à cause de l'impureté de la prévarication, et ne pouvaient revenir à l'état de sainteté qu'ils avaient perdu.

Pourquoi cela ? Car la paternelle dilection de l'amour de Dieu vint par la source même de vie, qui nous forma pour la vie, et qui dans nos périls fut notre protectrice, celle qui est la très profonde et très suave charité, qui nous exerce à la pénitence. Comment ? Dieu se souvint miséricordieusement de son grand ouvrage et de sa perle précieuse, c'est de l'homme que je parle, qu'il avait formé du limon de la terre, et auquel il avait inspiré le souffle de vie. Comment ? Lui-même organisa la vie pour la pénitence, dont l'efficacité ne périra jamais - parce que le rusé serpent trompa l'homme par son invasion orgueilleuse ; mais Dieu le rejeta par la pénitence, qui manifesta l'humilité, que le démon ignora et ne pratiqua pas ; parce qu'il ne sut jamais monter vers la voie de justice. Aussi cette rédemption de charité n'est pas venue de nous, parce que nous n'avons pas su, et nous n'avons pas pu aimer Dieu dans (pour) (l'œuvre) du salut ; mais le Créateur lui-même et le Seigneur de toutes choses a tellement aimé le monde, que pour le sauver il a envoyé son Fils, le prince et le Sauveur des fidèles, lequel a lavé et pansé nos plaies ; et c'est de lui que dégoutte le baume médicinal qui procure tous les bienfaits de la rédemption. C'est pourquoi, toi, ô homme, comprends que nulle instabilité de changement ne peut atteindre Dieu.
Car le Père est le Père, le Fils est le Fils, le Saint Esprit est le Saint Esprit, trois personnes dans l'unité de la divinité, indivisiblement dans toute leur puissance. Comment ? Trois vertus sont dans la pierre, trois dans la flamme et trois dans le verbe. Comment ? Dans la pierre est une vertu d'humidité, une vertu de palpabilité et une force ignée ; elle a la vertu d'humidité pour qu'elle ne se dissolve pas et ne se diminue pas ; elle est palpable au toucher, pour qu'elle serve à la défense et à l'habitation ; elle a une force ignée, pour qu'elle s'échauffe et se consolide par sa dureté : Sa force humide indique le Père, qui n'est jamais aride et n'a pas de borne à sa vertu, la vertu de palpabilité désigne le Fils, qui né d'une vierge peut être touché et saisi ; et la vertu du feu brillant démontre le Saint-Esprit, qui embrase et illumine le cœur des hommes. Comment cela ? De même que l'homme qui attire fréquemment par son corps la vertu humide de la pierre, devient débile et infirme : ainsi l'homme qui par l'instabilité de ses pensées, veut regarder témérairement le Père, périt dans la foi ; et de même que, par la palpabilité saisissable de la pierre, les hommes construisent leur habitation, afin de se défendre contre l'ennemi : ainsi le Fils de Dieu qui est la vraie pierre angulaire, devient la demeure du peuple fidèle, pour le protéger contre les malins esprits. Mais aussi, comme le feu brillant éclaire les ténèbres et brûle ce sur quoi il se repose : ainsi le Saint Esprit écarte l'infidélité, enlevant toute rouille d'iniquité. Et de même que ces trois forces sont dans une même pierre, ainsi la vraie trinité est dans une même divinité.

Aussi, comme la flamme dans un même foyer a trois vertus, ainsi un Dieu en trois personnes. Comment ? La flamme, en effet, consiste dans la splendeur de la clarté, et dans sa force inhérente, et dans son ardeur ignée mais elle a la clarté splendide, pour briller et sa vigueur inhérente pour montrer sa force ; et son ardeur ignée afin de brûler. Aussi, dans la splendeur de clarté, considère le Père, qui par bonté paternelle, répandit sa clarté sur ses fidèles ; et dans la vigueur inhérente, par laquelle cette flamme montre sa vertu de flamme splendide, reconnais le Fils, qui prit son corps dans le sein d'une vierge, et dans lequel la divinité manifesta ses merveilles ; et dans l'ardeur ignée, considère le Saint Esprit, qui consume d'une manière suave l'esprit des croyants. Mais ou ne se trouve ni la splendide clarté, ni la force inhérente, ni l'ardeur ignée, il n'y a pas la flamme ; ainsi, ou le Père ni le Fils, ni le Saint Esprit n'est honoré, la divinité n'est pas adorée dignement. Donc, de même que, dans une même flamme, on distingue ces trois vertus, ainsi, dans l'unité de la divinité, on comprend trois personnes. De même aussi que trois vertus sont indiquées dans le Verbe, ainsi la Trinité doit être considérée dans l'unité de la divinité. Comment ? Dans le Verbe est le son (la parole), la vertu et le souffle. Mais le son est pour qu'on l'entende, la vertu pour qu'on la comprenne, le souffle pour qu'il s'accomplisse. Le son indique le Père, qui fait toutes choses par sa puissance incompréhensible. La vertu désigne le Fils, qui est engendré merveilleusement du Père. Le souffle dénote le Saint Esprit, qui souffle ou il veut, et consume toutes choses. Mais ou le son n'est pas entendu, la vertu ne saurait agir et le souffle s'élever ; et là, le Verbe n'est pas compris. Ainsi le Père, le Fils et le Saint Esprit ne sont pas séparés l'un de l'autre ; mais ils accomplissent leur œuvre dans un parfait accord.

C'est pourquoi comme ces trois choses sont dans un seul verbe, ainsi également la suprême Trinité est dans la suprême unité. Et, de même que dans la pierre, la vertu humide n'est, ni n'agit, sans la palpabilité saisissable et sans la vertu ignée ; ni la vertu palpable sans la vertu humide et la vigueur ignée du feu brillant ; ni la force du feu brillant sans la force humide et la force palpable ; et de même que, dans la flamme, la splendide clarté n'est, ni n'agit, sans la vigueur inhérente et l'ardeur ignée, ni l'ardeur ignée sans la splendide clarté et la vigueur inhérente ; et, de même que dans le Verbe le son n'est, ni n'agit sans la vertu et le souffle, ni la vertu sans le son et le souffle, ni le souffle sans le son et la vertu, mais ils sont indivisiblement unis dans leur œuvre : ainsi également, les trois personnes de la suprême Trinité résident sans être divisées, inséparablement, dans la majesté de la divinité.

Ainsi, ô homme, comprends un Dieu en trois personnes. Mais toi, dans l'aveuglement de ton esprit, tu penses que Dieu est si impuissant, qu'il lui est impossible de subsister vraiment en trois personnes, mais qu'il peut subsister seulement en une ; lorsque tu ne peux voir la voix exister sans ses trois vertus. Pourquoi cela ? Certes, Dieu est en trois personnes, vrai et unique Dieu, le premier et le dernier.

Mais le Père n'est pas sans le Fils, ni le Fils sans le Père, ni le Père ni le Fils sans le Saint Esprit, ni le Saint Esprit sans eux, parce que ces trois personnes sont inséparables dans l'unité de la divinité : Comme le verbe résonne de la bouche de l'homme, mais non la bouche sans la parole, ni la parole sans la vie. Et ou demeure le Verbe ? Dans l'homme. D'où sort-il ? De l'homme. Comment ? Pendant la vie de l'homme.

Ainsi est le Fils dans le Père, que le Père a envoyé sur la terre, pour le salut des hommes qui sont plongés dans les ténèbres ; et ce fils a été conçu dans une Vierge, par le Saint Esprit. Ce Fils, de même qu'il est fils unique dans la divinité, ainsi il est fils unique dans la virginité ; et de même qu'il est fils unique du Père, ainsi il est fils unique de la mère ; parce que comme le Père l'a engendré, seul avant les temps, ainsi la vierge mère l'a engendré, seul, dans le temps, parce qu'elle est restée vierge après l'enfantement. C'est pourquoi, ô homme, comprends, dans ces trois personnes, ton Dieu qui t'a créé dans la force de sa divinité, et qui t'a racheté de la perdition. N'oublie donc pas ton Créateur, comme t'y exhorte Salomon lorsqu'il dit : « Souviens-toi de ton Créateur dans les jours de ta jeunesse, avant que vienne le temps de ton affliction et qu'approchent de toi les années desquelles tu dises : 'Elles ne me plaisent pas' » (2).

Que signifie cela ? Rappelle à ton esprit celui qui t'a créé, lorsque dans les jours de ta téméraire audace, tu penses qu'il t'est possible de t'élever, selon ton  désir, vers les sommets, en te précipitant dans les abîmes ; et lorsque, affermi dans la prospérité, tu tombes dans les pires adversités. Car, la vie qui est en toi évolue toujours vers la perfection, jusqu'au temps ou elle apparaîtra parfaite. Comment ? L'Enfant, dès sa naissance, s'achemine vers l'état parfait, et ensuite il reste dans cet état, délaissant la pétulance des mœurs de la folle adolescence, et n'ayant de souci que pour les affaires sérieuses, pour mener à bonne fin son œuvre ; ce qu'il n'a jamais fait lorsqu'il était dans la fougue de la jeunesse inconstante.

Ainsi doit faire l'homme fidèle : Qu'il délaisse l'enfance des mœurs et qu'il gravisse le sommet des vertus en persévérant dans leur force ; méprisant l'orgueil de sa cupidité, qui est féconde dans les égarements des vices; et que, dans la retraite, il médite sur ce qui est digne de sa sollicitude, après avoir traversé l'enfance des mœurs puériles. C'est pourquoi, ô homme, attache toi à ton Dieu, dans la force de ta virilité, avant que vienne l'homme qui devra être ton juge, lorsque toutes choses seront manifestées, et qu'il ne restera rien de caché ; avant que viennent les temps qui ne verront jamais de fin ; de peur que, murmurant de ces choses dans ton sentiment humain, tu ne dises : « Elles ne me plaisent pas, et je ne comprends pas si elles sont pour mon avantage ou mon détriment », parce que l'esprit humain est en cela toujours dans le doute ; car, même lorsqu'il fait le bien, il est dans l'anxiété de savoir s'il plaît à Dieu ou non. Et tandis qu'il fait le mal, il tremble pour son salut. Mais que celui qui regarde avec des yeux vigilants, et qui entend avec des oreilles attentives, embrasse du fond du cœur ces paroles mystiques, qui émanent de Moi qui suis la Vie.

 
Notes : (1) In hoc apparuit charitar Dei in nobis, quoniam Filium Suum Unigenitum misit Deus in mundum, ut, vivamus per eurn. In hoc est charitas non quasi nos dilexerimus De-am, sed quoniam ipse prior dilexit nos et misit Filium suum propitiationem pro peccatis nos tris. (jean IV). (2). Memento Creatoris tui in diebus juventutis tuœ, antequam veniat tempus afflictionis tuœ, et appropinquent anni de quibus dicas : Non mihi placent. (Eccles. XII).


Prière

 
Louange à la Trinité, son, vie et créatrice de toutes choses !

Et louange à la troupe des Anges,

merveilleux éclat des mystères éclat des mystères inconnus des hommes, et vie de toutes choses !

 
(Sainte Hildegarde, Antienne « Laus Trinitati »)



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Re: Comprendre la Trinité divine

Message par Archange le Mer 9 Sep - 18:31







La nouvelle Trinité



Hans Bonneval




Sitôt que l'on entre plus profondément dans l'étude de la science de l'esprit, on commence à se poser la question de la raison pour laquelle on a pu si peu réaliser ce que Rudolf Steiner a décrit et prédit sur les possibilités d'évolutions spirituelles du temps présent. Même s'il existe aujourd'hui quelques hommes qui ont apporté avec eux ou développé certaines facultés, on ne peut pourtant pas affirmer que ces prédictions se seraient réalisées dans un sens positif. À titre d'exemple, la spiritualisation indispensable de la société fait toujours défaut, jusqu'à présent. Au lieu de celle-ci, c'est le matérialisme qui triomphe. Des concepts comme vérité, beauté, bonté ont perdu leur signification. En outre, de nombreuses institutions ou initiatives anthroposophiques sont en crise et on s'interroge sur les causes profondes de cette évolution accablante.

Selon moi, les causes reposent dans le fait que l'humanité actuelle et le monde ne peuvent pas réellement se comprendre, parce que chacun a presque adopté une conception dualiste du monde qui rend fondamentalement impossible toute conception de la vie. L'être humain, que les dieux ont envoyé en bas sur le plan physique, a façonné une vision du monde dualiste et polarisée, par laquelle l'humanité et le monde ne peuvent se laisser concevoir. C'est aussi grotesque que tragique, mais on tient cela aujourd'hui pour normal. Même la science, à plus forte raison l'humanité non-scientifique en général, n'a plus la prétention de pouvoir se comprendre et comprendre le monde. L'Anthroposophie au contraire, a constamment tenté de rendre cette compréhension possible, parce que celle-ci est la condition préalable absolument nécessaire pour toute évolution féconde. Il est à présumer qu'un être humain doté d'une image dualiste du monde, ne pourra pas appréhender les cohérences spirituelles universelles avec toute la perception supérieure. Car l'homme et le cosmos ne sont pas construits duaux, mais ternaires, et conformément à cela, ne peuvent être compris que "ternairement". Nous devons apprendre à penser ternairement, si nous voulons essayer de comprendre le monde et nous-mêmes. Si nous en restons à la polarité, alors aucune compréhension réelle ne peut être trouvée. Un telle non-compréhension caractérise la culture bourgeoise actuelle. Et l'exemple classique de cette conception du monde si largement répandue, c'est la compréhension (ou selon le cas l'incompréhension) bourgeoise du bien et du mal. Selon la représentation religieuse bourgeoise, l'homme doit pouvoir choisir entre le bien et le mal. Certes un penseur autonome ne pourra pas être d'accord avec cette affirmation, car pourquoi quelqu'un choisirait-il le mal, alors qu'il pourrait choisir le bien? Mais comme la majorité des hommes ne pensent pas par eux-mêmes, mais apprennent seulement ce que d'autres pensent, des millions de gens vivent dans cette erreur: l'homme peut choisir entre le bien et le mal.

Au contraire de cela, Rudolf Steiner dès l'introduction de sa Philosophie de la Liberté expose que la liberté de l'être humain ne repose pas dans une présumée possibilité de choix. En vérité, nous ne pouvons donc pas choisir entre le bien et le mal, car ce serait un monde double, un monde polaire et duel. Selon Rudolf Steiner, à partir des deux forces fondamentalement opposées du cosmos, à partir de Lucifer et de Ahrimane, nous pouvons cependant générer une troisième, à savoir rétablir une vie humaine christique (c'est-à-dire avec l'aide du Christ, ici l'aspect religieux importe vraiment peu, ndt). Cela serait quelque peu une caractérisation juste de l'être humain au sens d'une image trinitaire du monde. À la place du bien et du mal, il nous faut donc mettre ce qu'on appelle anthroposophiquement une "nouvelle trinité", si l'on doit faire naître une image du monde pertinente.

Examinons donc ce que dit Rudolf Steiner sur l'image duelle du monde du bien et de mal et sur la trinité.


“Comme au fond vous n'avez rien d'une compréhension de la structure réellement articulée en ternaire du monde, vous avez donc un combat entre un prétendu bien et un prétendu mal , une lutte entre la ciel et l' enfer . Alors vous avez donc à plus forte raison apporté l' erreur grossière de la dualité dans l'évolution spirituelle humaine. Alors, vous avez ce qui s'enracine dans la conscience populaire comme l' opposition pleine d'illusion entre le ciel et l'enfer (...)”
( GA 194 , Conférence du 21 novembre 1919)


“On doit justement commencer à voir clairement que l'être humain représente avec sa vie un état d'équilibre entre deux forces qui s'opposent mutuellement. Toute représentation qui procède en imaginant simplement une dualité, disons un principe bon et un principe mauvais , ne pourra jamais éclairer la vie. On ne peut éclairer la vie que si on se la représente comme un ternaire, dans lequel un élément est un état d'équilibre et les deux autres sont les deux pôles vers lequel oscille sans cesse cet état d'équilibre. C'est pourquoi nous voulons représenter cette trinité par notre groupe sculpté, celui du Représentant de l'humanité et de Ahrimane et Lucifer , placé au centre de notre édifice.
( GA 186 , Conférence du 7 décembre 1918.)


C'est une suggestion effroyable qui nous laisse penser qu'il y aurait dans le monde simplement le bien luttant contre le mal et que nous, les hommes, nous nous tiendrions entre les bonnes hiérarchies et les mauvaises forces d'opposition, mais nous nous trouvons ensemble avec les bonnes puissances entre "mal" et "mal", entre les deux contradicteurs, entre Lucifer et Ahrimane, qui vus pour eux-mêmes ne sont aucunement mauvais. Le mal, il ne l'exerce purement et simplement lorsque l'être humain laisse régner leurs forces au mauvais moment et à de mauvais endroit, lorsqu'il ne permet pas l'instauration de l'équilibre correspondant entre ces deux forces. Lucifer et Ahrimane forment ensemble avec le Christ la nouvelle Trinité , qui repose à la base de notre époque. En haut, règne le principe spirituel diffusant de Lucifer - comparable à la lumière solaire - en bas, le principe matériel contractant de Ahrimane. - comparable à la gravitation. Les bonnes puissances se situent au milieu - ensemble avec nous - exerçant l'équilibre, pour générer la troisième composante, le monde humain. À ma connaissance, c'est l'image du monde unique et vraie, parce que véritablement trinitaire -, que l'Anthroposophie donne et qui mène le penseur conséquent dans des profondeurs insoupçonnées de la compréhension de l'univers, sitôt qu'il s'engage à la cultiver.


“Et à ce Mystère de l'Enfant se rattache l'idée de Noël, qui dans une nouvelle révélation christique trouvera son approfondissement. Car cette nouvelle révélation christique comptera avec la nouvelle Trinité : avec l'élément humain , tel qu'il représente immédiatement l'humanité, l'élément ahrimanien et l'élément luciférien . Et l'on reconnaîtra comment l'être humain est placé dans l'existence universelle comme dans un état d'équilibre entre l'ahrimanien et le luciférien, on comprendra ce qu'est en réalité cet être humain également dans son existence extérieure physique.”
( GA 187 , Conférence du 22 décembre 1918.)


Cette image polaire du monde a probablement été amenée dans l'humanité à l'époque du concile de Constantinople en 869, de concert avec l'abrogation de la trichotomie de l'être humain en corps, âme, esprit. On ôta alors par principe à l'homme le droit à l'esprit. L'homme ne consisterait plus dès lors qu'en une âme et un corps - c'est quelque peu ainsi que Rudolf Steiner a décrit les conséquences de ces décisions conciliaires. Certains milieux voudraient empêcher que l'homme puisse trouver le Christ, et ces milieux y sont justement parvenus. Aujourd'hui c'est le dualisme universel qui domine. Récapitulée, l'ancienne Trinité devint le "Trois en Un", comme le "Bon Dieu", et pareillement récapitulés furent les deux contradicteurs comme le "Mauvais Diable". Entre deux, l'homme déspiritualisé, qui - d'après les décisions du Concile - ne doit avoir aucune possibilité d'atteindre l'esprit en s'élevant, car cela devait rester réservé à la seule Église. Et qu'advint-il de ce fait avec le dieu solaire Christ? Il fut réduit au fils humain de Dieu, réduit à l'homme Jésus, à cet homme modeste originaire de Nazareth.


“Le Christianisme n'est pas encore avancé au point d'avoir réellement pénétré les coeurs humains. L'Église romaine y a déjà veillé, elle a fait ce qui était nécessaire pour cela, cette Église, qui se place en effet totalement elle-même sous l'influence du spectre romain à l'égard de la théologie. Comme je l'ai souvent mentionné l'Église romaine a effectivement plus contribué à réprimer, qu'à amener la figure du Christ dans les coeurs des hommes et dans les âmes des hommes.”
( GA 186 , Conférence du 29 novembre 1918.)


“3Cette confusion, qui affleure même jusque dans le Faust de Goethe, est absolument fondée du fait que dans une certaine orientation - dans les époques plus anciennes il en allait autrement - l'illusion s'est fait prévaloir en effet dans l'évolution plus récente de l'humanité, de placer le nombre deux à la place du nombre trois, lorsqu'on regarde la structure du monde, le principe bon d'un côté et, de l'autre le mauvais, Dieu et le Diable.”
( GA 194 , Conférence du 21 novembre 1919.)


“La façon de penser plus tardive, qui parle véritablement toujours d'une dualité, du bien et du mal, de Dieu et du Diable et ainsi de suite (...) Et c'est là la grosse erreur, qui a été commise de concevoir ce dualisme ainsi (...) La relation est beaucoup plus celle de Lucifer et de Ahrimane (...) Et l'homme est situé au entre les deux (...) Car l'époque plus tardive a perpétré cette bizarrerie de laisser tomber la Trinité; c'est-à-dire les dieux supérieurs qui sont dans l' Asgard (Lucifer) et les dieux inférieurs, les dieux géants, qui sont dans le royaume ahrimamien, ceux-ci ont été conçus comme en un tout (...) l'époque antérieure avait encore envisagé avec justesse cette opposition entre Lucifer et Ahrimane (...) parce que l'on voulait placer le Christ dans le Mittelgard , dans ce qui se trouve au milieu."
( GA 205 , Conférence du 15 juillet 1921.)


Si nous nous demandons donc pourquoi il se produit tant de choses déplaisantes, insensées, vide d'esprit, mauvaises, à l'époque actuelle, alors on doit dire que cela se produit surtout parce que cette image dualiste du monde du "bien et du "mal" et que 99,99999% des gens portent en eux, est un mensonge qui en étant multiplié et renforcé par les hommes pensant a déployé de terribles conséquences sur le monde. Elle coupe l'être humain du véritable sens de sa vie: de la connaissance de l'univers. On ne peut comprendre - selon Steiner - le monde et soi-même que si l'on pense en terme de ternaire. La compréhension de son soi et du monde est le besoin le plus important de l'âme et la tâche principale de l'être humain. Sans compréhension, on perd le spirituel et on finit dans le matérialisme ce qui, en définitive, aboutit à une déshumanisation.


“Nous devons en revenir à ces représentations en pleine conscience, autrement si nous ne parlons que de la dualité entre Dieu et le Diable, nous ne parviendrons pas à la Trinité: aux dieux lucifériens, aux puissances ahrimaniennes et entre les deux à ce qu'est le royaume du Christ. Sans progresser vers cela, nous ne parvenons pas à une connaissance réelle du monde. Pensez-donc, il y a là-dedans un énorme mystère de l'évolution historique de l'humanité européenne (...).”
( GA 205 , Conférence du 15 juillet 1921)


Cet énorme mystère consiste vraisemblablement dans le fait que par l'introduction ciblée en temps utile du dualisme en Europe du Centre, au premier millénaire, on a rendu impossible aux hommes toute pénétration dans la vérité des rapports universels de l'époque actuelle. D'abord dans la foulée du Concile de Constantinople, la trichotomie et la Trinité furent supprimées. Lorsque ensuite, en 1413, commença à poindre l'âme de conscience, le dualisme était déjà en place depuis longtemps, sans que suffisamment d'hommes eussent pu démêler cette problématique. Maintenant on disposerait certes en principe de la possibilité de pénétrer jusqu'à la vérité des rapports universels, mais le dualisme catégorique a corrompu cette faculté au moment même de sa naissance. La compréhension devenue finalement possible de l'être humain et du monde par le penser propre, ne put pas se réaliser en général, et ainsi en est-il jusqu'à aujourd'hui. Certes le grand initié, en tant que Thomas d'Aquin puis en tant que Rudolf Steiner, a tenté d'agir à l'encontre de cette évolution, pourtant il n'y parvint pas - comme il semble - dans les deux cas. Car sans une compréhension fondamentale du monde et de son Soi, l'impulsion du Christ ne peut pas être saisie, de même aussi la présence du Christ dans le monde éthérique ne peut pas être correctement vécue. Ce fut et c'est précisément l'objectif de ces groupements occultes et mages qui furent reliés à l'impulsion de Gondishapur, qui inspirèrent le Concile de Constantinople pour la suppression de l'esprit et qui fondèrent la science naturelle purement ahrimanienne. Ils avaient et ont toujours des plans différents pour l'humanité que ceux du Christ.


“Si vous envisagez la chose dans sa totalité, alors vous vous direz: Je ne peux véritablement comprendre le monde que si je l'envisage en relation avec le ternaire . Car nous avons d'un côté tout ce qui est luciférien, et de l'autre côté, tout ce qui est ahrimanien, et l'être humain placé au milieu, qui, tel un troisième en équilibre entre les deux, doit ressentir son élément divin. Ce n'est que par ce moyen que l'on vient à bout de la compréhension du monde qui repose à la base de ce ternaire, et que l'on est au fait sur ceci: c'est cette vie humaine, qui est disposée comme le fléau de la balance. Ici l'hypomochlion, comme le plateau luciférien de la balance, mais qui en réalité tire vers le haut. De l'autre côté, le plateau ahrimanien, qui en réalité tire vers le bas. Maintenir le fléau de la balance en équilibre, c'est l'essence de l'être humain . Ceux qui furent initiés dans un tel mystère dans l'évolution spirituelle de l'humanité, ont toujours insisté sur le fait que l'existence du monde, dans laquelle l'être humain est placé, ne peut être comprise que dans l'esprit du ternaire , et que l'on ne peut pas comprendre le monde, si on veut pour ainsi dire le concevoir dans sa structure fondamentale dans une dynamique autre que dans l'esprit du ternaire. Si bien que nous pouvons dire en nous exprimant dans notre langage: dans l'existence de l'univers, nous avons à faire au luciférien, c'est l'un des plateaux de la balance, à l'ahrimanien, qui représente l'autre plateau, et l'état d'équilibre, c'est ce que représente pour nous l' Impulsion du Christ .
( GA 194 , Conférence du 21 novembre 1919.)


L'homme ne parvient donc pas à la liberté en détalant devant Lucifer et Ahrimane et en s'adressant au Christ à la recherche d'une aide. Certes, le Christ possède bien la force de mettre Lucifer et Ahrimane en équilibre, et de former un troisième élément à partir de cette polarité: le monde humain. Il a toutefois transmis cette force par le Mystère du Golgotha à tout homme individuel. Nous sommes constitués par toutes nos fibres à partir de l'équilibre de Lucifer et de Ahrimane, portés dans un équilibre relatif par notre Je, par le Christ en nous. Nous pouvons certes affirmer à bon droit que le Christ est notre créateur. Certainement qu'il l'est. Mais nous ne sommes pas fait du Christ, mais à partir de Lucifer et de Ahrimane en équilibre, un équilibre que nous instaurons nous-mêmes grâce au Christ en nous, par ce que le Christ nous a octroyé, par notre Je.

Quand à un moment quelconque nous parvenons à instaurer cet équilibre relatif, nous vivons selon le Christ. Lorsque nous perdons cet équilibre, ou que nous ne l'atteignons pas, nous vivons, selon Lucifer ou Ahrimane. Cela mène aux violations, duretés et dommages de la vie, aux formes de vie exclusives, qui ne peuvent pas être équilibrées par des contre-mesures pendant notre vie actuelle, ou bien qui pourront l'être dans d'autres vies, par le Karma et la réincarnation. Si nous devenons par exemple illusoires, égoïstes, futiles, exaltés et fuyants le monde, ne serait-ce qu'en tendance, alors nous sommes sortis de l'équilibre et nous sommes tombés du côté luciférien. Sous l'effet de la prépondérance ahrimanienne, nous devenons matérialistes, centrés sur le corps, affamés de pouvoir, petits-bourgeois, intellectuels, aveuglément croyants dans l'autorité, menteurs ou même méchants. Et souvent les déséquilibres les plus variés se présentent simultanément, si bien qu'une coordination se produit très difficilement, car Lucifer et Ahriman travaillent en interdépendance. Les aspects négatifs de Lucifer et de Ahrimane apparaissent souvent lorsqu'il existe un déséquilibre et une unilatéralité, lorsque donc le Christ n'agit pas ou peu. Dans l'équilibre convenable, les forces lucifériennes et ahrimaniennes sont cependant à évaluer positivement, et je pense que l'on doit caractériser les deux contradicteurs comme les co-créateurs du monde humain.


“Dieu est pur amour, rien qu'amour, non pas sagesse sublime, ni puissance suprême. Dieu a conservé l'amour, mais il a partagé la puissance et la sagesse avec Lucifer et Ahrimane. La sagesse, il l'a partagée avec Lucifer, la puissance avec Ahrimane, pour que l'homme soit libre , pour que l'homme puisse continuer de progresser sous l'influence de la sagesse.”
( GA 143 , Conférence du 15 janvier 1912.)


“On doit absolument reconnaître que l'on ne doit pas seulement diriger ses sentiments vers le Christ, mais que l'on doit diriger ses sentiments sur la triple configuration d'essences que sont le Christ, Lucifer et Ahrimane. Je ne peux que donner une indication. La science spirituelle produira seulement tout ce qui repose dans ce mystère: le Christ en relation avec Lucifer et Ahrimane.”
( GA 159/160 , Conférence du 18 mai 1915.)


“3On doit être justement au fait sur le fait que l'être humain avec sa vie représente un état d'équilibre entre deux puissances qui s'opposent l'une l'autre (...) l'être humain est l'état d'équilibre entre le luciférien et l'ahrimanien.”
( GA 186 , Conférence du 7 décembre 1918.)


Il est certain que l'idée d'exister à partir de Lucifer et d'Ahrimane sera bien difficile à admettre pour beaucoup de gens - à cause d'un dualisme agissant avec autant de succès. Pourtant Rudolf Steiner a donné une représentation de Lucifer qui fait clairement comprendre pourquoi les hommes ne peuvent devenir des êtres libres qu'à partir des forces lucifériennes, selon le grand projet du Christ. Dans le GA 129 (conférence du 25 août 1911) il expose que jadis les dieux créateurs se sont représentés eux-mêmes. Ils se sont pensés, ils se sont représentés eux-mêmes. Mais comme ils étaient des dieux créateurs, chacune de leurs idées produisait une création nouvelle. Ce qu'ils pensaient était aussitôt créé. De même la représentation de soi. Par celle-ci les dieux généraient des reflets vivants d'eux-mêmes. Et ces reflets vivants étaient et sont toujours les esprits lucifériens. Ce ne sont pas les dieux, ce ne sont que leurs reflets et ils ne sont réels qu'en tant que reflets. Le reflet est leur nature, et les habitants de l'Ancienne Inde, appelèrent cette nature "Maya", le reflet, l'empreinte, l'illusion = maya-matrice-Maria-Mama. Cette nature-reflet est également celle de nos idées. Elles ne sont pas les choses, elles n'en sont que leurs reflets, et ne sont réelles qu'en tant que reflets. En serait-il autrement, que nous fussions dotés du Logos, alors par exemple, toute erreur de notre part, que nous commettrions, représenterait une création. Ce serait effroyable. Car pour devenir libres, nous devons pouvoir faire des erreurs, jusqu'à ce qu'un jour, nous ayons surmonté l'erreur en tant qu'être libre. En attendant ce moment, nos idées ne doivent pas générer de réalités. Par conséquent, nous devons faire venir notre sagesse de la nature de Lucifer et non du Saint Esprit. Jusqu'à ce qu'un jour, nous délivrions Lucifer et que nous puissions nous retransformer au sein du principe mère, du Saint Esprit.


C'est sans doute là un fait très étrange, que la nouvelle Trinité décrite ici semble à peine jouer un rôle parmi les Anthroposophes organisés. Toujours est-il que je ne trouve pas jusqu'à présent de conférence, séminaire, ni d'écrit quelconque sur ce thème. En outre le Vorstand de la SAG recommande aux branches de travailler le thème annuel suivant pour l'année 2002/2003: "L'être humain dans le champ de tension entre les Anges et les puissances adverses", ce qui doit être tout simplement caractérisé comme une contre-vérité, puisque l'être humain ne se trouve pas entre les Anges et les puissances adverses, mais entre Lucifer et Ahrimane, les Anges se trouvant à ses côtés, c'est-à-dire au milieu! Dans un article accompagnant l'annonce de ce thème de l'année - faisant probablement allusion au 11 septembre 2001 - on parle d'une confrontation entre les forces du bien et les forces du mal [langage typique du Président Bush, ndt] qui laisse inférer que ni la nouvelle Trinité, ni la problématique du bien et du mal ne semblent être connues par les membres du Vorstand dans toutes leurs significations. Chacun en tirera les conséquences nécessaires. Cela est un fait, mais c'est aussi la raison pour laquelle ce fait est si étrange, parce qu'à Dornach même, le symbole immense de la nouvelle Trinité est à visiter. Car finalement, Rudolf Steiner a fait réaliser ce groupe sculpté de neuf mètres de hauteur du Représentant de l'humanité comme une image puissante de ce ternaire dont les forces pénètrent tout. Elle devait se tenir sur la scène du premier Goetheanum, de manière à être visible de tout visiteur, parce qu'elle représente le grand mystère: la trinité composée de Lucifer, du Christ et de Ahrimane. (Lors de la reconfiguration de la grande salle du second Goethéanum, dans les années 90, certains architectes avaient préconisé de replacer le groupe à l'arrière plan de la scène; le projet n'a pas abouti, surtout parce que la scène du second Goeuthanum a subi une légère rénovation, insuffisante pour envisager de replacer le groupe à cet endroit, et n'a pas fait l'objet d'une restructuration aussi fondamentale que la grande salle. La raison invoquée était essentiellement financière, mais finalement, vu ce qu'a coûté la grande salle, cette raison me semble peu crédible. ndt)


" Nous plaçons à l'intérieur même de notre édifice de Dornach cette relation entre le Christ, Lucifer et Ahriman, parce que, la science spirituelle nous montre d'une certaine manière que la tâche la plus imminente en ce qui concerne la compréhension de l'impulsion du Christ consiste en ce que l'être humain apprenne finalement à savoir quels rapports existent dans le monde entre ces trois puissances, le Christ, Lucifer et Ahrimane. Car jusqu'à présent on parle certes beaucoup de christianisme et d'impulsion du Christ, mais ce qui est survenu dans le monde, en réalité suite au Mystère du Golgotha, cela n'est pas encore parvenu dans toute sa clarté aux hommes. On dit bien, en effet, qu'il y a Lucifer, qu'il y a Ahrimane, mais en parlant ainsi de Lucifer et de Ahrimane, on le fait fréquemment comme s'il fallait fuir ces entités, comme si l'on devait se dire: je ne veux rien savoir, je ne veux absolument rien savoir du tout, de Lucifer et de Ahrimane. - Si les puissances divines et spirituelles qui ont été découvertes de la manière que j'ai décrite hier dans la conférence publique, ne voulaient pas, elles non plus, ne rien savoir du tout de Lucifer et de Ahrimane, alors il faut bien dire que le monde n'aurait jamais pu exister. Ce n'est pas de cette façon, en disant: Lucifer! Je le fuis, Ahrimane, je le fuis - que l'on se situe dans une relation correcte avec elles, mais de la manière dont on considère la position d'équilibre d'un balancier que l'homme doit aspirer à réaliser en conséquence de l'impulsion du Christ.
( GA 159/160 , Conférence du 18 mai 1915)


Ce n'est que sur la base d'une compréhension trinitaire du monde que l'Anthroposophie peut devenir réellement féconde et conduire l'être humain vers le vrai christianisme. C'est là que se trouve donc l'explication pour la spiritualisation de l'humanité qui n'est pas venue, et sur le manque de réalisation des objectifs et idéaux anthroposophiques.


"De fait l'humanité européenne, l'humanité de la civilisation présente a sombré dans une grande confusion, et cette confusion passe finalement au travers de toutes les pensées . Elle ne sera compensée seulement du fait que de la dualité on réintroduira la trinité, car tout dualisme conduit finalement vers quelque chose dans lequel l'être humain ne peut pas vivre, et qu'il doit envisager plutôt comme une polarité dans laquelle il peut à présent trouver réellement un équilibre: Christ est là, compensant Lucifer et Ahrimane, équilibrant Ormuzd et Ahrimane et ainsi de suite.”
( GA 205 , Conférence du 154 juillet 1921.)


“À présent vous pouvez bien vous figurer que c'est dans l'intérêt des puissances ahrimaniennes et lucifériennes de voiler ce mystère du ternaire (...) L'état d'esprit le plus normal de l'être humain consiste à se transposer de manière correcte dans cette trinité de l'univers, dans cette structure du monde, dans la mesure où le ternaire en est le fondement (...) Une forte tendance existe à embrouiller l'homme eu égard à ce saint ternaire, comme nous sommes en droit de le dire. Et nous pouvons très nettement voir dans la culture récente de l'humanité combien on a rapidement recouvert cette articulation selon le ternaire par une articulation selon le binaire.”
( GA 194 , Conférence du 21 novembre 1919.)



L'abondance du matériel steinérien pour la nouvelle trinité est impressionnante. Puisse cet article contribuer à ce que cesse la confusion qui a surgi. Vous trouverez plus de détails sur ce thème dans mon ouvrage La manifestation de l'Ange et la huitième sphère (Verlag Ch. Möllmann).


Der Europäer, 7ème année, n°2/3 Décembre-Janvier 2002/2003.

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Re: Comprendre la Trinité divine

Message par solasido le Mar 17 Mai - 15:41

Exercer sa divinité durant l'entretien infini du quotidien





















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Re: Comprendre la Trinité divine

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