Les bases d'une pensée juste selon Rudolf Steiner

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Les bases d'une pensée juste selon Rudolf Steiner

Message par Archange le Mer 4 Juin - 18:52





Les bases d'une pensée juste...



"La véritable pratique de la pensée suppose que l'on ait le sentiment, l'idée juste de ce qu'est la pensée. Comment l'acquérir ? Nul ne peut avoir une idée juste de la pensée tant qu'il croit que c'est quelque chose qui ne se passe qu'en l'homme, dans sa tête ou dans son âme. Tant qu'on aura cette idée fausse, on ne pourra pas trouver le véritable usage de la pensée ni exiger d'elle ce qu'on peut en attendre. Qui veut se faire de la pensée une idée juste, doit se dire : "Si je peux concevoir des pensées sur les choses, si je peux pénétrer dans leur structure intime par la pensée, il faut bien que les pensées préexistent dans les choses. Les choses doivent être structurées selon les lois de la pensée; alors seulement je puis en tirer, en "abstraire" des pensées".

Issu de "Culture pratique de la pensée" de Rudolf Steiner - Editions Triades Science de l'esprit – page 15  

 

"La véritable pratique de la pensée", Rudolf Steiner nous indique sur quoi elle repose. Il nous dit que nous devons d'abord "avoir le sentiment, l'idée juste de ce qu'est la pensée". Sans cela, sans cette base, sur une idée juste, nous ne serions trouver son véritable usage. Heureusement, il n'exige pas de nous quelque chose de plus que d'en avoir un sentiment, une idée !


Comment pouvons-nous nous en faire une idée, un sentiment ?

Rudolf Steiner nous propose, implicitement, de changer quelque chose à notre manière "habituelle" de concevoir la pensée. C'est assez courant de sa part, de nous inviter à un retournement et cela demande toujours un gros effort... Ce n'est pas inné, en tout cas : pas chez moi.


Il faut dire que : Nous croyons fermement que nous pensons par nous-mêmes.

Sommes-nous tellement imprégnés du "Je pense donc je suis" de René Descartes et jusqu'à quel point ? Pourtant ce qui était une découverte nécessaire au XVIIème siècle devrait avoir évolué à notre époque ! Justement, la proposition de Rudolf Steiner vient-elle peut-être nous aider à remettre en cause ce postulat ? Entre-autres.

Mais, on dirait qu'un "mécanisme" presque, s'est installé en nous, auquel nous sommes comme "attelés". Si ce n'est pas moi qui pense, suis-je en danger de ne pas être ?

Penser est un "agir". Nous croyons que nous agissons, quand nous pensons … et je remarque combien je revendique en moi-même cet agir. Je m'y sens attachée, et me voilà devant un effort pour retourner l'idée devenue fausse, la regarder, la penser autrement, entrevoir autre chose de plus juste, me diriger vers un hypothétique : "cela penserait en moi
?!"...

Pourtant, plus jeune, quand j'étais étudiante, avec un groupe de copains, nous nous essayions de temps en temps à l'écriture. Nous avions parfois du mal à trouver un sujet, mais un jour, peut-être plus ouverte que d'ordinaire, plus à l'écoute, il était venu en moi : "Les idées sont toutes prêtes autour de nous, il n'y a qu'à les laisser passer dans notre tête et les attraper, pour les coucher sur le papier..." Comme si, j'avais perçu leur arrivée.


Rudolf Steiner nous guide, un peu plus loin dans ce paragraphe, vers : regarder plutôt du côté des antécédents, des "préexistants" aux choses.

... "les pensées préexistent dans les choses ".

Pour les choses, c'est presque évident ! Forcément, l'objet a été pensé avant d'être créé. La bougie, par exemple, a du être pensée avant d'exister. Je peux penser : "bougie"; parce que je connais matériellement la bougie, son existence physique, et son existence repose bien sûr sur une pensée "créatrice". Je connais peut-être même la personne qui l'a pensée.

Mais pour les phénomènes vivants ? C'est plus difficile.

Je peux penser "la marée" par exemple. Je peux la penser parce qu'elle existe, mais son existence repose-t-elle sur une pensée ? Sur quelle(s) pensée(s) ?

Si nous voulons avancer, nous sommes invités à faire un pas de plus. Rudolf Steiner nous indique que la pensée ne se passe pas seulement dans la tête, dans l'homme, ni dans son âme. Ce serait rester avec une idée fausse !


Les pensées préexistent-elles à l'homme, au monde ?


Si les pensées préexistent à l'homme, au monde, alors forcément elles ne sont plus des pensées humaines ?! Le monde des pensées existerait en quelque sorte, en dehors de l'homme ? "Cela penserait-il ?"

Ce n'est pas facile, de le concevoir, prisonniers orgueilleux que nous sommes dans notre petit volume incarné. Nous nous sommes tellement approprié le monde, nous l'avons tellement réduit, pour qu'il ne nous dépasse pas, pour que nous le maitrisions... Nous nous sommes tellement approprié le monde et même ce mot "penser", que nous pourrions bien être "coincés"!

 
Mais, si nous essayons la méditation, nous sommes bien confrontés à voir les pensées qui nous "assaillent" de toute part et combien il nous faut lutter même, pour trier, trancher, pour choisir comment les orienter, les diriger pour tendre vers le but que nous recherchons, que nous nous sommes fixés, ou simplement (et ce n'est pas si simple!) pour obtenir le silence et le laisser préserver un moment... Alors, nous pouvons vérifier que : "Cela pense".


Et, si nous contemplons la nature, nous pouvons pressentir qu'elle est harmonisée, organisée, structurée, peut-être selon des lois. Nous pouvons l'observer, découvrir et observer les lois qui la régissent et qui révèlent comme un système de pensées "en amont", ou autour, ou dedans, ou avant, ou toujours... De prime abord, ce "système" ne nous apparaît pas, nous pouvons tout de même le pressentir derrière les phénomènes, comme quelque chose de préexistant et de complètement extérieur à nous-mêmes justement.


Derrière le phénomène de la marée qu'y a-t-il comme pensée ? Le mouvement des vagues qui s'éloigne puis qui revient près du rivage, qui s'éloigne encore et revient encore, et plus haut à cette équinoxe, plus bas à ce solstice...

Le rythme est-il pensé dans l'univers ?

Le phénomène se déroule, en dehors de nous, il a sa vie propre, une vie qu'il tient d'une origine autre...

 
Alors, nous pouvons reprendre la première hypothèse que nous soumet Rudolf Steiner dans la Science de l'occulte. Elle est bien posée ainsi : "derrière le monde visible existe un monde invisible." Si nous la faisons notre, si nous décidons de vivre avec, nous voilà amenés à agrandir notre "petit volume incarné", à le ré-agrandir, nous voilà conduits à essayer autre chose, à nous ouvrir à une force nouvelle, à l'imagination...

Nous pouvons alors, tenter d'élever nos pensées, oser par exemple un regard vers les hiérarchies, et là, il nous est permis de concevoir que la création toute entière est comme "pensée" .

Et "Dieu géométrise quand il crée" disait Pythagore, parait-il.

Les pensées divines seraient derrière la nature et ce qui s'y passe...

Nous pouvons commencer à réapprendre à le concevoir, à le penser, et peu à peu peut-être à le percevoir...


Nous sommes obligés maintenant, si nous voulons nous faire une idée plus juste qu'au départ, avoir un réel sentiment sur la pensée, de faire référence, à un monde des causes, un monde au-delà du perceptible par nos sens, un monde que Rudolf Steiner appelle supra-sensible, un monde spirituel. Puis nous pouvons continuer à cheminer...

Ce monde spirituel crée la pensée du monde réalisé, et la porte, vivante, dans ce monde : Une véritable pensée créatrice !

Serge O.Prokofieff décrit une partie du processus dans son livre "Les douze nuits saintes" : "Si les séraphins reçoivent directement leur tâche supérieure de la Divinité même, alors les chérubins la métamorphosent de façon telle qu'elle puisse donner la première impulsion (à partir du centre du tourbillon, où ses spirales sont entrouvertes) vers une nouvelle manifestation, qui est ensuite menée plus loin et réalisée par les Trônes. (Ga110, 14.04.1909)"

Ce monde, spirituel, a donné, donne, et donnera sans doute, une structure au monde réalisé, structure que nous pouvons retrouver avec notre "pensée". Notre pensée comme don, don d'une, de la, sagesse universelle et que nous pouvons faire fructifier...

Notre pensée, outil, miroir d'une pensée préexistante, spirituelle et vivante.

Pouvons-nous aller jusqu'au "Je suis le Je suis" ?... une autre fois peut-être.


Les pensées préexistent, cela évoque aussi pour moi : "Au commencement était le verbe"... Alors une suite vient en moi : et le verbe était aussi pensée … ?

L'homme lui même serait-il pensé pour la pensée ?

Après tout ça, le véritable usage de la pensée, comment l'imaginer ?...

Un exercice en tout cas nous est présenté, dans le troisième volet de "La pierre de fondation" donnée par Rudolf Steiner au congrès de Noël 1923,

"Dans le calme de tes pensées exerce la voyance de l'esprit."  

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