Catastrophes écologiques à répétition en Algérie

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Catastrophes écologiques à répétition en Algérie

Message par obsidienne le Lun 2 Juin - 17:42

Une catastrophe écologique annoncée au lac Fatzara

Ce plan d’eau, qui recèle une faune et une flore d’une richesse insoupçonnée, risque, en effet, de subir une catastrophe écologique si on ne réagit pas dans l’immédiat.

Le dessèchement du lac Fatzara, un bassin situé entre trois communes de la wilaya de Annaba, à savoir Berrahal, El-Eulma et Chorfa représente une menace certaine pour l’environnement, alertent des spécialistes du domaine.

Ce plan d’eau, qui recèle une faune et une flore d’une richesse insoupçonnée, risque, en effet, de subir une catastrophe écologique si on ne réagit pas dans l’immédiat, affirment ces derniers. Le dessèchement de cette dépression se faisait, selon nos sources, à travers un canal d’évacuation des eaux vers l’oued Meboudja, et ce, après l’ouverture de la ponte vanne du lac. Première conséquence de cette situation : on annonce la mort de centaines de poissons et la déprédation sauvage et effrénée des œufs par des oiseaux migrateurs. Le dessèchement du lac a par ailleurs rendu l’accès facile, notamment aux endroits favorables à la niche.

Ce nouveau type de braconnage est commis par des prédateurs, qui sont en train de violer, estime-t-on, avec une farouche cupidité l’environnement. Selon une étude menée récemment, plus de 90 000 oiseaux voyageurs, dont 55 000 de différentes espèces, ont été recensés sur les lieux durant la récente période de niche.

Plus heureux sont les renards, les chacals et autres rapaces des monts de l’Edough, qui n’ont plus besoin de ruser aujourd’hui en s’attaquant aux poulaillers pour satisfaire leur faim quotidienne, en raison de l’abondance du gibier sur le rivage du lac. Ainsi, la baisse des eaux a engendré une véritable catastrophe, frappant de plein fouet les poissons, notamment la carpe, ou des pièces dépassant souvent les 10 kg gisent dans la boue.

Cette agression envers la nature n’est pas sans provoquer un déséquilibre au niveau de l’environnement et du cycle d’évolution de la nature. La région de Annaba, prolongée par le parc naturel d’El-Kala, renferme un immense patrimoine de faune et de flore très varié. Après avoir frôlé la catastrophe, en raison du déversement anarchique des déchets et rejets polluants de certaines unités de production dépendant de la zone industrielle de Berrahal, des atteintes ont fait suite également aux opérations de drainage et de mise en valeur des terres, lesquelles ont engendré la surexploitation des espèces et la détérioration de la couche végétale. Le lac Fatzara, a été classé, en 2006, zone “Ramsar”.

La classification de ce site naturel est intervenue à l’issue des visites sur ce site effectuées il y a quelques années par des experts en la matière et qui ont jugé cette étendue d’eau naturelle “d'excellent site d'accueil, en période hivernale, d'une avifaune nicheuse composée souvent d'espèces rares et protégées”. El-Garaâ, pour les anciens, est une zone de transhumance et de refuge d’oiseaux migrateurs.

Seules quelques-unes de ses parcelles se prêtent à certaines spéculations agricoles après le recul des eaux. Le reste n’était utile que pour le fourrage et le foin. “Il fallait laisser le site en l’état naturel. On ne doit jamais jouer avec la nature, et surtout toucher à des zones humides, existant depuis la nuit des temps”, regrettent des experts en écologie.



Commentaires :

Fatima* : "Les catastrophes écologistes se repetent et devient le quotidien de l'Algerie:

le lac de Kala et toute cette région qui représente l'une des plus belles régions de l'Algerie est abandonnée ,les oiseaux rares ont immigré vers la Tunisie et vers l'Afrique,les Flamands roses ont immigré vers l'Afrique du Sud,la faune est presque détruite.

La vallée Bouziane recoit grace au Génie du Ministre du transport GHOUL des tonnes de ciment pour l'assassiner;le ventre vert de constantine,de Jijel,d'Annaba a disparu sous le ciment d'Elie Cohen vrai patron du projet de l'autoroute est-ouest.
Aujourd'hui ce lac est dans cette catastrophe ,hier c'était le lac de Rouiba et demain le lac de........."


Source : http://www.liberte-algerie.com/algerie-profonde/une-catastrophe-ecologique-annoncee-au-lac-fatzara-annaba-222240

Samedi, 31 Mai 2014 09:50
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Re: Catastrophes écologiques à répétition en Algérie

Message par obsidienne le Lun 2 Juin - 17:47

ALGÉRIE - Feu vert pour le gaz de schiste - 27 mai 2014 -

Le 21 mai, le gouvernement algérien a décidé de se lancer dans l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels. Il pousse ainsi l'économie et la société à s'enfermer dans une logique rentière, et ignore les risques pour l'environnement.





L'Algérie s'enfonce encore plus dans cette logique rentière qui lui fait croire que les portes du bonheur collectif vont s'ouvrir comme par enchantement en accélérant l'exploitation de toutes nos richesses minières et souterraines. Le dernier feu vert accordé le 21 mai par le Conseil des ministres présidé par Abdelaziz Bouteflika pour lancer l'exploitation du gaz de schiste dans notre pays prouve, une nouvelle fois, que nos décideurs manquent cruellement “d'idées, de méthodes et de conceptions nouvelles” [référence à une citation de Malcolm X]. Nos décideurs ont préféré encore recourir au sol plutôt qu'à leurs cerveaux pour développer un pays riche en potentialités humaines.

Le gaz de schiste est un grand danger pour l'environnement. Tous les spécialistes du monde le disent et l'affirment avec preuves à l'appui. Son efficacité économique n'a guère été encore prouvée. Les pays qui se sont lancés dans son exploration et exploitation comme les Etats-Unis subissent d'ores et déjà une tragique pollution. De nombreuses puissances mondiales qui maîtrisent la technologie nécessaire pour l'exploitation du gaz de schiste ont fait marche arrière à l'image de la France dont la législation interdit de lancer des travaux de prospection [même si, selon Algérie Focus, les entreprises françaises pouraient être les premières à prospecter en Algérie].

Encore des pétrodollars

On savait depuis belle lurette que nos dirigeants se désintéressent entièrement de nos paysages et des joyaux de notre nature, mais se lancer dans la programmation systématique d'une destruction massive de notre patrimoine naturel est un crime contre la souveraineté de notre pays. L'histoire n'oubliera jamais cette dangereuse dérive où un système politique a délibérément choisi de transformer la moindre richesse de notre sous-sol en dollars pour soutenir la courbe de nos importations. Que va réellement apporter de nouveau l'exploitation du gaz de schiste ?

Encore des pétrodollars ? Mais l'Algérie en manque-t-elle réellement ? De nouveaux revenus conséquents dans les caisses de l'Etat ? Mais qu'a fait cet Etat des revenus disponibles en ce moment dans ses caisses ? Sommes-nous devenus plus développés, plus puissants ou plus prospères grâce à nos pétrodollars ? Les Algériens sont-ils plus heureux grâce à leurs débordantes réserves de change ? “La difficulté n'est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d'échapper aux idées anciennes”, disait le célèbre économiste Keynes.

Le régime algérien est exactement dans ce schéma où il tente à chaque fois de se renouveler en empruntant les mêmes vieilles méthodes. Les mêmes vieilles recettes. Les mêmes vieilles idées pour donner l'impression qu'on sait gérer un pays. Ou du moins qu'on tente de le gouverner. Pas besoin donc de tracer des stratégies visionnaires pour bâtir une économie productive. “Le made in Algeria” va se contenter encore dans les années à venir du baril de pétrole, de la turbine de gaz et d'un bassin de gaz de schiste.

Dérives politiques

Le sous-sol, c'est le lieu de pensée de nos décideurs. A leur image, le pays n'arrive pas à émerger, à voir plus loin que le bout de son champ de pétrole. Pomper du gaz, du pétrole et le revendre, c'est le seul effort que l'Algérie peut se permettre. Réfléchir à une nouvelle vision de son avenir économique, non cela est trop compliqué, ennuyeux ou demande une intelligence que nous ne voulons pas avoir. L'intelligence exige la liberté. La liberté exige l'émancipation de la société. Or ce danger n'est pas tolérable pour nos décideurs. Alors la terre qui t'a fait naître te donnera tes seules sources de revenus.

Mais attention, la logique rentière de nos élites dirigeantes n'est pas la seule responsable de la future catastrophe écologique et économique que préfigure l'exploitation du gaz de schiste. L'incapacité de la société civile à se structurer pour peser sur les grandes décisions de l'Etat algérien est aussi la tare tragique qui explique ce gâchis. Cette absence prolongée d'une force de proposition au sein de notre société laisse libre cours à toutes les dérives politiques.

L'échec d'une mobilisation autour d'un nouveau projet de gouvernance en Algérie expose l'avenir de nos enfants à des incertitudes périlleuses. Mais est-il trop tard pour réagir ? Non, certainement pas, car il est toujours temps de diffuser de nouvelles idées, de nouvelles façons de penser, de nouvelles méthodes de mobilisation, pour obliger nos vieilles élites à lâcher du lest et à remettre en cause leur vision rentière de notre avenir.


Source : http://www.courrierinternational.com/article/2014/05/27/feu-vert-pour-le-gaz-de-schiste
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