Massimo Scaligero: ISIS — SOPHIA La déesse ignorée

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Massimo Scaligero: ISIS — SOPHIA La déesse ignorée

Message par Archange le Dim 4 Mai - 17:58

http://users.skynet.be/etc/ZipFiles/Isis_Sophia.pdf



"ISIS — SOPHIA
La déesse ignorée



Au travers du silence
vit le mystère de ta musique



1. La transcendance visible



La transcendance visible est le sens ultime de la pensée humaine, pour qu’enfin elle connaisse
son être comme un être du monde, ou comme une réalité simultanément extérieure et intérieure,
vivant dans son acte de naître pur, dans lequel tout, en se développant aussi, est continuellement
en germe : comme dans le giron de la Vierge.

Le monde naît d’un giron, qui est le même que celui dans lequel se forme le Je. C’est
pourquoi la pensée qui pense et la figure de la Vierge sont unis par le fil cosmique de la création :
qu’il faut retrouver, pour que la transcendance devienne visible
et soit vie nouvelle de l’âme,
résurrection, harmonie, dépassement de l’aversion et pour cela de l’adversité : certitude de la Vie
retrouvée, de l’immortalité immanente
, qui passe au travers de la ténèbre et la mort en les
dissolvant. Tout est possible comme miracle à l’homme, au cas où il remarque que tout est
contenu dans le giron de la Vierge du monde
.

Une seule grande divinité admirable est en l’homme, mais elle dort, ou bien elle est
emprisonnée ou ensevelie, et prête, toutefois, à répondre à la fougue rédemptrice de l’âme : la
Vierge Sophia. La pensée doit parvenir à sa pureté absolue, pour entrevoir la transcendance
,
parvenir à l’avoir visible.

La pensée doit connaître sa propre apparition pure dans le monde, c’est-à-dire son acte de
naître comme puissance, avant son auto-corruption dialectique
:
elle doit connaître son être
propre, symptôme d’une unité jaillissante, qu’il faut s’exercer à laisser telle qu’elle surgit
, pour
que son apparaître se révèle germe d’une création nouvelle, germe d’une résurrection de
l’humain : lequel pour l’heure est un humain affligé, dominé par la convoitise et destiné à la
mort.

L’apparaître est maya, mais, comme pensée pré-dialectique, c’est la première forme de l’être
dans laquelle l’homme est libre soit d’une nature supérieure, soit d’une nature inférieure : il est
libre de créer. Dans une telle liberté, il commence à être créateur selon le Je. Le Je peut surgir
dans l’âme, parce que le Logos exige la libération de l’âme, pour être vie du Je. Dans l’apparition
du monde, la vie du Je commence à se manifester. Sans le Je, le monde ne pourrait pas
apparaître, ni le Logos opérer comme rédempteur du monde
.

Pour l’expérimentateur moderne, il est important de connaître la pensée comme un donné
immédiat, le plus immédiat parce que sa révélation est continuellement en acte, et pour cette
raison à contempler comme elle est, comme elle jaillit dans son immédiateté,
sans rien y ajouter,
parce qu’elle n’en a pas besoin. Dans cette immédiateté est sa transcendance : tout comme celle
de l’être dans l’apparaître. Dans cette pensée il peut pénétrer, s’il l’assume comme une forme qui
est son être. La forme ne doit pas être modifiée, mais seulement vécue, de manière à ce qu’elle
parvienne à se révéler comme puissance de son être : image, forme pure, coïncidente avec son
être : dans lequel surgit le pur vouloir. Ceci est le secret de la force-pensée : la vie du salut, ou de
la réintégration, qui s’offre à l’homme de ce temps. Mais elle exige initiative et décision de lui :
la volonté de réaliser sa propre transcendance, la puissance continuelle de son acte, à savoir de
son exister : parce qu’il existe, en effet, il meurt. Il ne réalise pas son immanence, s’il ne connaît
pas la puissance de l’apparaître, comme son imaginer.

Une force particulière peut jaillir dans l’âme à partir du penser de la corporéité de la Vierge :
parce que c’est la corporéité dans laquelle s’exprime tout l’Esprit
. Seule une puissance
d’imagination, capable de dépasser le réalisme de tout type, peut parvenir à la communion avec
cette réalité : parce que le corps physique de la Vierge est en réalité invisible. Il faut l’imaginer
vivant comme invisible et toutefois capable d’apparaître aux yeux physiques d’êtres purs,
traversant leur moment angélique.

Il n’y a pas d’artiste qui ait pu concevoir nu le corps de la Vierge : en vérité ce corps est
invisible, parce que transparent. La Vierge est toute Esprit, en substance
, représentée vêtue pour
qu’apparaisse son être physique : tout comme apparaît une quelconque entité physique, parce
qu’elle est éclairée par la Lumière. Nous ne voyons pas la lumière, mais l’objet éclairé par la
lumière.
Tout artiste qui veuille représenter la corporéité de la Vierge, sait au plus profond de luimême
qu’il ne peut la faire apparaître que revêtue de lumière, laquelle est la lumière spirituelle
du Soleil. Dante la voit ainsi « revêtue du Soleil » : parce que c’est l’image qui parle directement
avec le coeur, là où la puissance du Soleil est recueillie et rayonnante : toujours entravée chez
l’homme ordinaire, mais prompte à se libérer, si elle est sollicitée par la puissance originaire du
Soleil, qui est le Logos, l’Esprit : celui qui dans la corporéité de la Vierge, justement, naît dans sa
totalité.

Évoquer la figure de la Vierge, c’est réunir, selon une idée vivante, la vie terrestre avec sa
pureté originaire
: cette réunion est l’expérience la plus élevée de l’âme. L’âme se souvient de sa
propre origine et pour cette raison, quand bien même pendant un bref moment, elle pressent le
sens de sa présence sur la Terre. L’âme souffre sur la Terre, entravée par des instincts et des
passions qui sans cesse détruisent son véhicule physico-éthérique. Elle souffre parce que, ouverte
au Je seulement dans la pensée abstraite, elle est radicalement dominée par la convoitise des
choses qui apparaissent. Dans le cas où elle peut ce libérer de cette convoitise, dans le cas ou, en
s’ouvrant au Je dans la pensée pure, elle retrouve l’être au travers de l’apparaître, elle sent alors
ressurgir au plus profond d’elle la puissance du dévouement, comme transformation de la
convoitise
.
La convoitise redevient volonté pure. Les forces les plus basses sont en vérité les plus
hautes, renversées. Les forces inférieures deviennent dans les profondeurs forces d’évocation de
ce qui est en haut,
des forces de médiation entre l’humain et le Divin, des forces de prières, si
elles sont réunies avec leur origine transcendante. Celle-ci est l’expérience de la Vierge. La
convoitise est volonté de Divin, inversée : il ne s’agit pas d’éliminer la convoitise, mais de lui
donner un objet divin : parce que l’humain est naturellement divin. La conscience dialectique
l’ignore, parce qu’elle tire sa force du sous-humain.

Qui veut retrouver tout de suite la lumière de l’âme, obtenir un rapport immédiat avec le
Divin, sortir de la ténèbre, surmonter une situation désespérée, celui-là peut oser la voie la plus
simple : s’adresser à l’image de la Vierge, parce qu’elle est la lumière de l’âme, parée : parce
qu’elle peut être seulement conçue pour autant que « revêtue », à savoir, habillée du Soleil. Toute
figuration, en effet, est une expression de la lumière solaire. Dans le corps physique de la Vierge,
l’Esprit apparaît comme une figure maternelle dispensatrice de vie, de guérison, prompte à
donner toute sa puissance
, le secret radical de son être, pour peu que l’homme connaisse le
mantram, qui est la première phrase de la prière « Ave, Maria, pleine de grâce… ». À partir de
l’image de la corporéité de la Vierge, doit pouvoir jaillir la puissance de chasteté qui l’a
construite, parce qu’une telle chasteté doit redevenir vertu guérissante du mal humain
. Le
méditant peut évoquer cette corporéité pure, dans laquelle l’âme originelle est incarnée. C’était la
pure force incarnée de l’âme, lorsqu’elle engendra le Christ, mais seulement le Monde Spirituel
pouvait la reconnaître comme telle, et non pas les hommes.

Ce n’est qu’après le Golgotha, à partir de la puissance qui se libéra comme Résurrection, que
certains illuminés d’Orient et d’Occident reçurent la faculté de reconnaître la Vierge comme
l’âme du monde, l’antique Isis-Sophia réalisée, l’Ève originaire revenue guérir l’homme du mal
le plus subtil dont il souffre.
Elle, elle a la clef de la vertu christique du miracle. Le miracle c’est
la guérison. Cette déesse-femme, qui apparaît une créature physique féminine en qui est réalisé
Christ, c’est pourquoi Elle, comme femme, est immaculée, en étant la mère humaine de Lui,
apporte le secret de la guérison radicale de l’humain."

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