Interprétation mystique de Pâques

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Interprétation mystique de Pâques

Message par Archange le Sam 19 Avr - 16:27

http://www.rosicrucien.info/mi/miefre00.htm#preface




INTERPRÉTATION MYSTIQUE DE PÂQUES


par Max Heindel




LE CHRIST COSMIQUE


"Le Christ serait-il né mille fois à Bethléem,
S'il ne naît en toi, ton âme reste solitaire.
La Croix du Golgotha tu contemples en vain,
Tant qu'en toi-même elle ne s'élève point."


Angelus Silesius



La chanson à la mode que tout le monde répète avec entrain et qui, demain, sera oubliée; la pièce de théâtre qui tient l'affiche pendant une centaine de soirées, pour être ensuite reléguée à jamais dans l'oubli; toutes les choses éphémères prouvent, par leur nature même, qu'elles sont sans valeur permanente. Une étoile filante n'illumine le ciel que pendant un bref instant, mais bien que les autres étoiles brillent d'un éclat moins vif et retiennent moins l'attention, c'est durant des siècles et des siècles que leur lueur réjouit le voyageur par les nuits solitaires.

Seuls, les chants qui méritent de survivre au temps, ceux qui ne nous lassent pas, possèdent une valeur réelle. Il en est de même des cycles cosmiques qui se répètent, signalés par les fêtes de l'année. Chaque fois qu'ils se renouvellent, ils nous enseignent les anciennes leçons, toujours les mêmes, vues sous un angle différent.

Nous voici revenus à l'époque de Pâques. L'impulsion vitale apportée par le Christ cosmique, qui a pénétré dans la Terre à l'automne dernier et dont la naissance mystique a eu lieu à Noël, a maintenant accompli son oeuvre merveilleuse de fécondation durant les mois qui séparent l'automne de la présente saison de Pâques. Il se libère de la croix de la matière pour remonter vers le trône du Père en laissant la Terre revêtue de sa splendeur printanière, toute prête pour les activités physiques de la saison d'été.

"En bas comme en haut": le processus qui a lieu sur terre se reproduit également dans l'être humain, sur une plus petite échelle. Nous avons été, vous et moi, durant les six mois qui viennent de s'écouler, plus complètement imprégnés des vibrations spirituelles qui prédominent durant tout l'hiver, que nous ne pourrons l'être sous les conditions plus matérielles qui règnent en été.

A l'automne, nous avons ressenti une nouvelle impulsion vers la vie supérieure; elle a atteint son maximum lors de la Nuit sainte. Elle a influencé notre nature par sa magie, dans la mesure où nous avons su saisir les occasions qui se présentaient. Selon notre diligence ou notre négligence durant la saison passée, nos progrès se trouvent accélérés ou retardés, car il n'y a rien de plus vrai que l'axiome "nous sommes les fils de nos oeuvres". Selon les services que nous aurons rendus ou négligé de rendre, une occasion plus importante de servir nous fera monter plus haut.

On ne saurait trop répéter qu'il est inutile de s'attendre à notre libération de la croix de la matière avant d'avoir mis à profit nos occasions de servir ici-bas et d'avoir ainsi mérité d'avoir de l'avancement dans une sphère où nous pourrons nous rendre encore plus utiles. Les "clous" qui ont fixé le Christ sur la croix du Calvaire nous retiendront, vous et moi, tant que l'impulsion dynamique de l'amour Christique n'aura pas émané de nous en ondes rythmiques comparables à celles qui, d'année en année, pénètrent la Terre et lui redonnent vie.

Vous connaissez l'analogie entre, d'une part, l'homme qui au réveil, entre dans ses véhicules, y demeure et y travaille pendant la journée, mais qui, la nuit, est un esprit libéré des entraves de son corps dense et, d'autre part, l'esprit du Christ qui habite une partie de l'année dans notre Terre. Nous savons tous à quel point notre corps est une entrave et une prison, combien nous sommes contraints par la maladie et la souffrance, car aucun de nous n'a jamais eu une santé absolument parfaite et exempte de toute douleur; du moins, aucun de ceux qui se sont engagés sur le Sentier.

Il en est de même du Christ cosmique, lequel porte son attention sur notre petite Terre et y concentre sa conscience afin de nous permettre de continuer à vivre. Il doit, d'année en année, stimuler et ranimer cette masse inerte que nous avons cristallisée lors de sa séparation du soleil et qui est pour lui une entrave, un boulet, voire une prison.

Il est donc tout naturel de se réjouir lorsqu'il revient chaque année à Noël et qu'il renaît dans notre monde pour nous aider à jouer le rôle de levain qui allégera cette lourde masse dont nous nous sommes embarrassés. A cette époque de l'année, nos coeurs devraient se tourner vers lui avec un sentiment de reconnaissance pour le sacrifice qu'il accepte en revenant chaque hiver pénétrer notre planète de sa Vie, afin de la réveiller de son sommeil hivernal, dont elle ne se réveillerait pas sans ce divin sacrifice. Durant les mois d'hiver, le Christ subit une vraie torture, "gémissant et souffrant les douleurs de l'enfantement" (Galates 4:19) dans l'attente du jour de la libération, jour qui, selon l'Eglise, correspond à la semaine de la Passion. Cependant, à la lumière des enseignements mystiques, nous comprenons que cette semaine est aussi le point extrême de sa souffrance, alors qu'il est sur le point de quitter sa prison; qu'au moment où le Soleil croise l'Equateur, il est suspendu à la croix et s'écrie: "Consummatum est", tout est accompli. Cela signifie que, pour cette "journée" de son ministère, son oeuvre est terminée; ce n'est donc pas un cri d'agonie, mais bien de triomphe, un cri de joie parce que l'heure de la libération est venue et que, de nouveau, il peut s'élever, étant libéré de notre planète et de ses entraves.

Le point sur lequel je voudrais attirer votre attention est que nous devons nous réjouir avec lui en cette heure glorieuse et triomphale de libération, où il s'écrie: "Tout est accompli!" Accordons nos coeurs à ce grand événement cosmique; réjouissons-nous avec le Christ, notre Sauveur, de ce qu'il ait de nouveau atteint le terme de son sacrifice annuel. Du fond du coeur, soyons reconnaissants de ce qu'il se libère à nouveau des entraves terrestres, et de ce que la vie dont il a imprégné notre planète soit à même de nous soutenir jusqu'au prochain Noël.

La nature est l'expression symbolique de Dieu. Par conséquent, pour connaître Dieu, il nous faut étudier la nature, tout en nous rappelant que, derrière chacune de ses manifestations, il y a une intention; que la vie est une école et qu'en y étudiant ses nombreuses leçons, l'humanité évolue lentement de la divine petite étincelle jusqu'à la divinité. Si nous avions appris les nombreuses leçons de la vie telles que nous les avons reçues, le grand sacrifice que s'impose, d'année en année, l'Esprit Christique, incarnation de l'amour, n'aurait pas été nécessaire.

Notre égoïsme, notre désobéissance à la Loi, nos coutumes dépravées nous ont fait rapidement cristalliser, non seulement nos propres corps, mais aussi notre globe à un tel point qu'ils devenaient inutilisables comme facteurs d'évolution. Au moment où rien ne pouvait plus nous sauver des résultats de nos propres erreurs, le Christ compatissant s'est offert, dans son grand amour, pour défaire cet état de cristallisation de nos corps et de la Terre. Pendant trois ans, il a enseigné les humains par la parole, les préceptes et l'exemple.

Au moment de sa crucifixion sur le Calvaire, son grand sacrifice en faveur de l'humanité ne faisait que commencer. Depuis lors, chaque année, au moment où, le 21 septembre, le soleil passe du signe de la Vierge à celui de la Balance, l'esprit du Christ retournant vers la Terre, entre en contact avec son atmosphère. Il a commencé à descendre dès le 21 juin, au solstice d'été, lors de l'entrée du soleil dans le Cancer. Il atteint le centre de notre globe au solstice d'hiver et y reste trois jours, après quoi il commence à se retirer. Cette libération s'achève à Pâques. Dès lors, et jusqu'au solstice d'été, il remonte dans les mondes supérieurs et atteint le monde de l'Esprit divin, le trône du Père, le 21 juin. Au cours des mois de juillet et août, pendant que le soleil traverse les signes du Cancer et du Lion, il reconstruit le véhicule d'Esprit de Vie qu'il apportera de nouveau à la Terre pour la régénérer, elle et les règnes qui la peuplent. De Noël à Pâques, il se consacre entièrement à cette oeuvre en donnant vie, non seulement aux graines, mais à tout ce qui est sous terre, sur terre et autour de la Terre.

Sans cet influx annuel de vie et d'énergie divines, toutes choses vivantes sur terre ne tarderaient pas à périr, et tous les progrès de l'évolution humaine cesseraient. Cette activité de la vie du Père, qui fait germer tout ce qui doit renaître, nous est apportée par le Christ, lequel a complètement achevé sa tâche à Pâques avec le renouveau et l'activation des plantes, des animaux et du règne humain. Le Christ ne quitte pas notre planète à Pâques avant de s'être donné sans restriction. A cette époque, son influx vital, aidé par les rayons solaires se rapprochant de la verticale, fait croître les graines, fleurir les arbres, tandis que les oiseaux, sous la direction de leurs esprits-groupes, s'accouplent et construisent leurs nids. Un renouveau d'énergie donne aux humains le courage de faire face aux problèmes de leur existence et d'en tirer un profit à la fois mental et spirituel.

Pour ceux qui ont choisi de travailler avec discernement et intelligence, en accord avec les lois du cosmos, Pâques revêt une portée grandiose. Pour eux, Il signifie la libération annuelle de l'esprit du Christ qui, dégagé de la Terre où il s'était confiné, entreprend sa joyeuse ascension vers son véritable domaine, où il demeurera, pour la durée d'une saison, dans le sein du Père. Et ceux des aspirants qui auront déjà les yeux ouverts pourront contempler les cohortes d'anges en attente, prêts à accompagner le Christ dans son voyage vers les cieux. Si leurs oreilles sont prêtes à capter la musique céleste, ils entendront des choeurs chantant les louanges du Seigneur ressuscité et entonnant de joyeux hosannas en son honneur.

Pour eux, Pâques fait comprendre que tous les êtres humains sont des pèlerins en ce monde, mais que la vraie demeure de l'esprit est le royaume des cieux que chacun devrait s'efforcer d'atteindre en apprenant ses leçons à l'école de la vie pour voir poindre le jour où nous serons libérés en permanence de la servitude de l'existence terrestre. C'est alors qu'à l'instar du Christ libéré, nous saurons ce qu'est l'immortalité glorieuse qui récompense l'esprit ayant atteint la perfection.

Pour ceux qui ont atteint l'illumination, Pâques symbolise l'aube du jour béni où toute l'humanité sera, de même que le Christ, libérée à jamais des conditions étriquées de la matière et où elle s'élèvera dans les régions célestes pour devenir des piliers dans la maison du Père, dont ils ne sortiront plus (Apocalypse 3:12).


UN ÉVÉNEMENT D'UNE GRANDE PORTÉE MYSTIQUE


"Simon Pierre luit dit: Seigneur, où vas-tu? - Jésus répondit: "Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais tu me suivras plus tard." (Jean 13:36) "En vérité (...) celui qui croit en moi fera les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes" (Jean 14:12).

Si nous assistions à un service religieux dans une église un dimanche de Pâques, nous y entendrions conter l'histoire de Jésus, fils de Dieu, conçu sans péché et qui, à l'âge de trente ans, entreprit un ministère d'une durée de trois ans, lequel se termina par la crucifixion et la mort, afin que nous soyons sauvés par son sang. On nous dirait peut-être aussi qu'à Pâques il est ressuscité, qu'il est monté au ciel et qu'il est assis à la droite du Père, d'où il reviendra pour juger les vivants et les morts.

Alors que, grâce à la faculté de lire dans la Mémoire de la Nature, nous avons acquis la certitude que Jésus a effectivement vécu et que les éléments principaux de sa vie se sont produits comme le relatent les Evangiles, nous savons que la mission du Christ mystique est infiniment plus glorieuse que tout ce qui a pu entrer dans le coeur de ceux qui connaissent uniquement l'interprétation traditionnelle des Evangiles.La fête de la Résurrection que nous appelons Pâques ne commémore pas uniquement la résurrection d'un homme, si sublime soit-il; c'est également un événement cosmique. Il serait totalement absurde de célébrer une mort et une résurrection ayant eu lieu à des jours fixes, par une fête mobile dont la date est chaque fois déterminée par les positions respectives du Soleil et de la Lune dans le signe du Bélier.

Chaque année, une vague spirituelle de vitalité pénètre, au solstice d'hiver, dans notre Terre presque privée de vie, pour fertiliser les graines endormies dans le sol glacé et donner au monde une vie nouvelle. Ce travail s'accomplit pendant les mois d'hiver, où le Soleil passe successivement par le Capricorne, le Verseau et les Poissons. Après avoir parcouru ces signes, il croise l'équateur céleste, et ce "croisement", cette "mise en croix" ou "crucifixion", est en rapport étroit avec l'entrée du Soleil dans le signe du Bélier, autrement dit de l'Agneau . Le Soleil monte ensuite dans les signes septentrionaux pour réchauffer de ses rayons les graines germant dans un sol revitalisé pendant l'hiver par la force de vie du Christ qui y a pénétré.

Sans cette vague mystique annuelle d'énergie vitale émanant du Christ cosmique, la vie physique serait impossible. Sans elle, il n'y aurait ni pain, ni vin physiques, ni cette essence spirituelle transsubstantielle préparée par alchimie avec le sang du coeur du disciple.

L'agneau a été immolé dès le début de l'époque Aryenne dans laquelle nous vivons. Son sang était le symbole de ce qui a sauvé de la mort le "Peuple élu de Dieu" lors de sa fuite de l'Egypte mythique où l'on adorait encore le boeuf Apis, en relation avec le signe du Taureau.

Dès ce moment, tous ceux qui avaient été sauvés par le sang de l'Agneau ont été considérés comme idolâtres s'ils se remettaient à adorer le veau d'or, car les anciennes religions du Taureau avaient été remplacées par celles de l'Agneau dès le moment où le point vernal du Soleil était entré, par précession, dans la constellation du Bélier. Plus tard, lorsque le point vernal atteignait le septième degré de la constellation du Bélier, le Christ est venu dans le corps de Jésus pour établir une nouvelle alliance sous le sceau et le symbole du pain mystique et de l'eau vive. L'Agneau de Dieu était près de terminer son règne; il l'a fait individuellement lorsque le Christ a quitté le corps de Jésus, et au point de vue cosmique, au moment où le point vernal du Soleil a quitté le signe du Bélier ou de l'Agneau. Ceux qui, durant l'ère des Poissons, devaient êtres les messagers du divin Maître représentant lui-même, lors de la dernière Cène, l'agneau du sacrifice, allaient recevoir de nouveaux symboles: le pain de vie et l'eau vive leur ont été offerts comme des représentations de son corps et de son sang pour qu'ils les consomment en souvenir de lui durant l'ère nouvelle. Il existe donc un rapport entre le vin mystique et le sang, ainsi qu'entre le pain mystique et le corps, un rapport qu'il nous faut saisir si nous désirons connaître le sens réel de la mort mystique et de la résurrection.

Dans ce monde-ci, nous avons quatre règnes: minéral, végétal, animal et humain. On estime généralement que la vague de vie qui est devenue le genre humain a méthodiquement progressé à partir du règne minéral. Les enseignements ésotériques sont en accord avec cette théorie, mais avec certaines réserves. Ce qui est aujourd'hui notre Terre a précédemment passé par trois "incarnations" antérieures, respectivement appelées Périodes de Saturne, du Soleil et de la Lune. Quant à l'évolution de la Période actuelle de la Terre, elle se divise en deux phases, dont celle de Mars appartient au passé, alors que nous sommes en ce moment au début de celle de Mercure.

Pendant la période de Saturne, nous étions dans une condition semblable à celle des minéraux, car nous avions simplement le germe, une simple forme- pensée, de ce qui est maintenant devenu notre corps dense. Pendant la période du Soleil, notre condition était analogue à celle des plantes actuelles, car nous avions un début de corps physique, plus le germe d'un corps vital. Ainsi, nous avions des véhicules nous permettant de croître et de nous reproduire ce qui est le cas des plantes, et notre conscience était également celle du sommeil sans rêves. Pendant la période de la Lune, notre condition était analogue à celle des animaux, une "nature-désir" ayant été ajoutée aux véhicules antérieurs, ce qui nous a donné une conscience comparable à celle des animaux inférieurs, lesquels voient les choses, mais sont incapables de raisonner à leur sujet. Vers le milieu de la période de la Terre, nous avons reçu l'intellect, ce qui a fait de nous des êtres humains, bien qu'il ait fallu attendre pendant des âges avant que le cerveau soit formé et puisse servir d'instrument à la raison, instrument d'ailleurs loin d'avoir atteint la perfection, car même de nos jours, il n'est rien de plus difficile que de se rendre maître de ses pensées. Cependant, le jour viendra où nous pourrons nous servir de nos pensées comme nous le faisons maintenant d'une main ou d'un pied, et elles seront bien plus efficaces pour accomplir désirs ou souhaits que tous les instruments dont nous disposons aujourd'hui.

Toutefois, cet intellect rétif serait aussi inutilisable qu'un circuit télégraphique où l'électricité ne circulerait pas le long des fils pour actionner les instruments et délivrer des messages. C'est pourquoi l'esprit de l'homme réchauffe son sang et utilise sa chaleur pour produire des pensées et imposer l'action. Si vous voulez une preuve, imaginez que l'on puisse amputer un homme de ses bras et de ses jambes, lui couper la langue pour l'empêcher de parler, lui crever les tympans et les yeux pour qu'il ne puisse plus voir, ni entendre. Malgré toutes ces pertes, l'homme pourrait tout aussi bien penser qu'auparavant, et ses autres facultés n'auraient pas été affectées, parce qu'il pourrait encore respirer et que son sang circulerait encore dans ce qui reste de son corps. Au contraire, même si le corps est entier et robuste, il suffit de faire une petite incision et de laisser couler le sang d'une veine, ou jaillir d'une artère, pour que l'on se rende compte que la vie s'en va, que le corps devient faible, sans énergie. Si l'expérience se poursuit, le corps va bientôt mourir de cette hémorragie, l'Ego ne pouvant plus y fonctionner, ni s'en servir, faute de ce précieux liquide. C'est bien en vertu de ce fait que le texte massorétique de la Bible (Lévitique 17:11) dit que "l'âme de la chair est dans le sang", et c'est pourquoi Méphisto, dans le mythe de "Faust", a raison de dire que "le sang est une essence très spéciale". Il demande à Faust de signer avec son sang, sachant que quiconque détient le sang de quelqu'un exerce un pouvoir sur l'esprit qui l'a produit. C'est pour cette raison que, sous la loi de Moïse, le sang des sacrifices était traité avec le plus grand respect, et il était interdit aux enfants d'Israël d'en consommer.

Ceci nous montre que, tant que le sang ne s'était pas formé, l'esprit de l'homme ne pouvait vivre à l'intérieur de ses véhicules, mais planait au- dessus et les adombrait. On peut ajouter que, l'évolution se faisant par spirales, les animaux actuels ont des corps plus parfaits que nous n'en avions dans notre phase animale, car le sang rouge et chaud est une acquisition relativement récente.

Dans la Période de la Lune, où nous étions comparables à des animaux, nous étions encore plus ou moins indifférenciés, et les conditions du monde extérieur étaient également différentes. Pendant la vie intra-utérine, on distingue trois parties principales: l'une est le placenta, rempli du sang maternel, la seconde est le cordon ombilical qui conduit le courant vivifiant vers la troisième partie, le foetus qui, de cette façon, se développe jusqu'à ce qu'il puisse naître et vivre d'une existence séparée dans le monde extérieur.

De même, dans la Période de la Lune, le firmament pouvait être comparé à un immense placenta d'où pendaient des milliards de cordons ombilicaux aboutissant à des sortes de foetus, mais ce n'était pas du sang qui s'écoulait du placenta de Mère Nature vers la famille humaine en devenir. C'étaient des courants de passion et de désir produits par les ardents esprits Lucifer, et comme la somme de matière cosmique formant le corps de l'homme avait été modelée par les anges lunaires et était particulièrement sensible aux émotions, et l'est encore, la conscience de chacun a été stimulée par les images ainsi générées, au point de devenir un état de rêve.

Plus tard, au moment où l'esprit de l'homme est entré dans ses véhicules, le chef des anges, Jéhovah, souffla un esprit de vie dans ses narines (Genèse 2:7). Dès lors, tant que l'Ego vivra par la chaleur du sang, les esprits de race, de tribu et de famille seront des facteurs puissants de notre évolution, quoique invisibles. Ils vivent dans l'air que nous respirons, et c'est cela qui produit les différences de race, de type, de langage et de coutumes chez les diverses nations. Chacune d'entre elles évolue dans son propre esprit de race et reçoit son empreinte raciale. L'Ego de chaque individu est influencé par ces esprits de manière à aimer ses compatriotes et à détester ceux appartenant aux autres nations, car si les particularités infusées dans le sang ne sont pas conservées, l'esprit tutélaire perd son pouvoir sur la race ou la tribu qu'il conduit. Il enjoint donc à ses protégés de le considérer comme un dieu jaloux et de se bien garder de tout mariage en dehors du clan ou de la tribu en question. En cela, il ne diffère pas de l'esprit-groupe des espèces animales, qui s'efforce également de conserver la pureté de son espèce. Si des animaux d'espèce différente s'accouplent, il se produit une destruction partielle du sang par hémolyse, qui rend l'hybride incapable de se reproduire.

Tant que les humains se mariaient dans leur tribu ou leur petit clan, ils conservaient une phase particulière de clairvoyance, car le sang qui circulait dans les veines de la famille pendant des générations, contenait les images des vies des ancêtres. Ils se voyaient donc vivre à une époque bien antérieure à leur naissance, ce qui les faisait s'identifier à leurs aïeux, et cet état commun de vie antérieure constituait, entre les membres du clan, un lien extrêmement fort. C'est de cette ancienne condition que nous est venu le proverbe:

"Le sang est plus épais que l'eau".

L'esprit-groupe peut régler les rapports sexuels de ses protégés pour éviter des ramifications de son espèce, parce que les animaux n'ont ni intellect, ni volonté, ni choix, ni prérogative, mais les êtres humains sont périodiquement amenés à se réincarner par la loi irrésistible de cause à effet. Par conséquent, lorsque les mariages entre nations ont été institués, lorsque, comme l'exprime la Bible, "les fils de Dieu prirent pour femmes les filles des hommes" (Genèse 6:2), la seconde vue qui avait jusqu'ici identifié chaque membre d'une tribu avec sa famille a peu à peu fait place à une conscience strictement individuelle. Plus les mariages entre nations se multiplieront, moins l'esprit de tribu ou de nation aura d'influence sur les individus, et il est essentiel que nous en soyons libérés pour que l'humanité puisse devenir une fraternité universelle.

Pour le bien de l'humanité, il avait été nécessaire qu'elle soit séparée en nations et en tribus, chacune avec ses idéaux et ses idées, mais cette séparativité a nui à l'amitié universelle. Avant que la paix sur la terre et la bienveillance envers les hommes puissent être rétablies, les esprits de nations et de tribus devront être laissés de côté, l'homme devant se libérer de toute influence extérieure et, pour faire tomber les préjugés qui divisent les nations, rien ne vaut les mariages internationaux qui mélangent les sangs des différentes races en une essence commune contenant les idéaux de toutes les races, tout en étant libérée des influences séparatives des esprits de nations, de races ou de tribus. La paix sur terre et la bonne volonté envers les hommes devront devenir une réalité lorsque les nations de la terre auront été jetées dans le creuset et amalgamées en un unique type commun. Que l'on s'en rende compte ou non, nous sommes lentement, mais sûrement, guidés vers cet idéal.

Réaliser cet idéal a été, et est encore, la mission du Christ et, même si cela paraît paradoxal, les guerres elles-mêmes, que nous déplorons, contribuent à la réalisation de la Fraternité Universelle.

Mais comme le sang dans lequel vit l'esprit est lui-même un extrait de notre nourriture, ce facteur joue un grand rôle dans notre évolution. La qualité du sang varie selon la nourriture, et c'est pourquoi, pour comprendre la vraie signification du sacrement donné par le Christ lors de la dernière Cène, ou réunion ésotérique avec ses disciples, il nous faut voir quelle était notre nourriture au cours des différentes phases de notre évolution.

Les divers véhicules mentionnés au cours de cet article, corps dense, vital et du désir, ont été acquis par l'homme au cours des Périodes de Saturne, du Soleil et de la Lune, mais à ce moment-là ils étaient très primitifs, bien qu'ils se soient ensuite bien perfectionnés au cours de l'évolution. A l'heure actuelle, le corps dense est encore le seul qui soit bien organisé et utilisable comme instrument de l'esprit; quant aux véhicules dits supérieurs, ils sont encore à différents degrés d'inachèvement. Dans chaque Jour de création, ainsi que nous pourrions appeler les Périodes, il y a plusieurs spirales dans d'autres spirales, et dans chacune d'elles nos véhicules sont l'objet d'une attention accrue.

Pendant ces anciennes époques, de grandes Hiérarchies créatrices ont guidé chacun de nos pas. Rien n'était laissé au hasard, et la nourriture elle-même était choisie de manière à fournir à l'être humain les matières lui permettant de construire les véhicules de conscience nécessaires au développement de son âme. La Bible mentionne les phases successives de cette évolution, bien que Nemrod soit mal placé, car il n'a pas symbolisé les rois atlantéens d'avant le déluge, mais bien ceux qui ont suivi.

Au cous de l'époque Polaire, la première, lorsque ce qui est devenu notre Terre émergeait du chaos, la matière pure minérale est devenue partie constituante de l'homme, et c'est ainsi que la Bible dit qu'Adam a été formé du limon de la terre, du moins en ce qui concerne son corps dense.

L'époque Hyperboréenne, la deuxième, a été celle de l'adjonction et de la reconstruction du corps vital, donnant à l'homme une constitution comparable à celle de la plante, et Caïn , l'homme de cette époque, vivait des produits du sol (Genèse 4:2).

L'époque Lémurienne, la troisième, a été celle de l'évolution du corps du désir qui a rendu l'homme comparable à nos animaux actuels. Pour répondre à cette nouvelle situation, le lait , produit d'animaux vivants, a été ajouté à la nourriture de l'homme. Abel était berger, mais il n'est dit nulle part qu'il ait tué un animal.

Pendant les premières époques, la planète sur laquelle nous vivions était brûlante, et "Adm", qui est le nom hébraïque de l'humanité, signifie réellement "terre rouge", parce que la matière minérale terrestre dont étaient faits les corps était presque en feu. La chaleur dégagée par notre globe, d'une part, et le froid de l'espace, d'autre part, produisaient un très épais brouillard, dans lequel vivaient les premiers habitants de notre monde. Dans les anciens écrits, cette race humaine était appelée "Niebelungen", ce qui signifie "enfants du brouillard". Ils étaient incapables de se voir mutuellement en contours clairs et nets, comme nous le faisons de nos jours, mais ils se percevaient d'âme à âme et se considéraient comme les enfants d'un Père Céleste qui les guidait sur le chemin de l'évolution.

Mais ces conditions ont changé au cours de la quatrième époque, celle de l'Atlantide, où l'homme a reçu un intellect. La pensée use les tissus, alors que les désirs et les émotions épuisent le corps. Plus la pensée est inférieure et matérialiste, plus les dégâts sont importants, et plus le besoin d'albumine s'accroît par rapport au régime ancien. Ainsi, la nécessité, mère de l'invention, a entraîné l'habitude répugnante de se nourrir de viande, et tant que nous continuerons à penser d'une manière purement matérialiste, la nourriture carnée sera nécessaire. Le mental inférieur est plus rusé que raisonnable, et cette faculté de ruse, pour s'exprimer, exige une abondance de viande. Les Indiens d'Amérique, qui vivaient presque entièrement de viande, sont un exemple de cette relation entre le régime carné et l'extrême astuce des créatures douées d'un mental. Donc, lors de l'acquisition de l'intellect, la viande a été donnée à l'homme pour nourrir cet organe et favoriser le développement de sa ruse, et c'est ainsi que la Bible nous apprend que Nemrod était un grand chasseur Genèse 10:8-10, Michée 5:5).

A cette époque, les brouillards de l'Atlantide tendaient à se condenser en pluie qui s'amoncelait dans les bas-fonds et forçait les habitants à monter de plus en plus haut. En même temps, un grand changement physiologique se produisait chez l'homme en vue de l'adapter aux nouvelles conditions atmosphériques. Les branchies qui lui avaient permis jusqu'ici de respirer l'air chargé d'humidité de l'Atlantide et qui se retrouvent de nos jours chez le foetus, ont graduellement disparu, leurs fonctions ayant été assumées par les poumons. D'autre part, l'air pur qui passait par le larynx a permis à l'Ego, jusqu'ici muet dans sa prison de chair, de s'exprimer en paroles, ainsi qu'en action.

L'homme s'est alors vu pour la première fois comme une entité séparée; également pour la première fois, l'arc-en-ciel s'est profilé sur un nuage pluvieux. Une alliance s'est conclue pour cet Age de l'arc-en-ciel avec les êtres qui guidaient l'homme; il lui a été donné un certain libre arbitre et des prérogatives, mais en même temps il est devenu responsable de ses actes sous le régime de la loi de cause à effet, si bien qu'aujourd'hui il récolte ce qu'il sème. Sa vue spirituelle a peu à peu diminué, et le voile de la chair s'est épaissi entre lui et les anges gardiens. Ne voyant plus que des formes animales et humaines, menaçantes pour la plupart, il a vécu dans la crainte, et il a fallu lui donner un nouvel aliment pour le rendre plus vaillant dans sa lutte pour la vie et pour lui permettre de s'affirmer.

Pour aider à l'évolution des véhicules de l'homme, un aliment approprié lui a été donné à chaque phase de son développement. Un véhicule tel que notre corps physique, composé d'éléments chimiques, ne peut être nourri qu'à l'aide de ces éléments. De même, pour agir sur l'esprit, un esprit est nécessaire, et c'est pourquoi le vin a été ajouté à la nourriture de l'homme pour l'aider à rompre les lourdes molécules de la chair et lui fournir un stimulant dans sa lutte pour la vie. C'est ce que nous lisons dans l'histoire de Noé (Genèse 9:20) qui, avec ceux qui l'ont suivi, représente l'humanité de l'ère de l'arc-en-ciel, où un régime mixte accompagné de vin a fourni la nourriture nécessaire pendant cette phase de l'évolution.

Fortifié par le mental nourri de chair et par l'esprit de l'alcool, l'homme s'est écarté de plus en plus du sentier de la fraternité, car en se nourrissant de la chair des animaux, il est devenu nécessairement féroce comme une bête de proie et, d'instinct, il s'est acharné sur tous les autres humains. Tant que durait le système, institué par Jéhovah, des mariages consanguins ou avec des membres du même clan, il témoignait au moins de l'affection à ces derniers, mais depuis que les mariages entre nations l'ont détaché jusqu'à un certain point de l'esprit de race, il dépouille les autres chaque fois qu'il le peut, et même les membres de sa famille.

Il n'y a pas de limites à son égoïsme, rien n'est plus à l'abri de sa convoitise, et chacun craint d'être dépouillé par les autres. En outre, la boisson qui réjouit les hommes ne le fait qu'occasionnellement, et il n'y a ni repos, ni paix durable, ni bonheur sur le sentier des passions et du laisser- aller. Vient alors un temps où l'homme n'aspire plus qu'à une chose: être pour toujours délivré de ses peines. C'est alors qu'il commence à rechercher le sentier de la paix, qui est aussi celui de la pureté et du sacrifice de soi. Le mystère du Calvaire (Golgotha) lui est alors révélé, ainsi que celui du sang purificateur et de la Rose-Croix, comme suit:

"Purifier le sang des hommes de leur égocentrisme, tel est le mystère du Calvaire (Golgotha); il a commencé quand le sang de Jésus a coulé. Il a continué sous la forme des guerres entre nations chrétiennes chaque fois que les hommes ont combattu pour un idéal; il durera jusqu'à ce que, par contraste, les horreurs de la guerre aient suffisamment impressionné les humains pour leur faire préférer la fraternité.

"Au-dessous de nous, dans l'échelle de l'évolution, sont les plantes, et les animaux; au-dessus de nous sont les dieux. Anatomiquement, nous appartenons au règne animal et nous avons vécu en dessous du niveau prévu. Comme les animaux, nous avons satisfait nos désirs sexuels et nos appétits; mais alors que dans le règne animal ils sont limités par la sagesse de l'esprit-groupe, nous n'avons opposé aucune restriction à nos appétits, et c'est pourquoi la maladie, les peines et la souffrance sont notre lot. Nous aspirons maintenant à fouler le sentier de la paix, qui conduit à la félicité sereine des dieux. Pour y parvenir, il nous faut prendre exemple sur les plantes, qui sont pures et sans passion.

"Songez à l'ancien Temple atlantéen des Mystères, appelé le "Tabernacle dans le désert". Lorsque, au temps reculé de ce lointain régime, la chair offerte en expiation des péchés brûlait sur l'autel des holocaustes, la puanteur qui s'en dégageait montait vers le ciel, attestant la nature nauséabonde des passions, des transgressions et de l'impureté. Mais à l'intérieur même du Tabernacle se trouvait le chandelier à sept branches, où brûlait, sans émettre d'odeur désagréable, l'huile d'olive.

"Toute chair est conçue dans la passion et le péché, mais la génération de la plante est pure et immaculée. C'est pourquoi la fleur odorante , spécialement la rose rouge, est le symbole diamétralement opposé à la chair souillée. La fleur est l'organe générateur de la plante; elle nous enseigne que la conception immaculée, dans l'amour et la pureté, est le sentier vers la paix et le progrès. Lors de la dernière Cène avec les disciples, le Christ a pris la coupe comme symbole de la nouvelle alliance; il leur a donné à manger le pain qui symbolisait son corps, alors que la coupe symbolisait son sang. Cette coupe n'était pas un vase ordinaire dans lequel on pouvait verser n'importe quel liquide, ce ce n'était pas non plus le liquide qui pouvait, à lui seul, servir à ratifier la nouvelle alliance. Le mystère réside dans le fait que la coupe et son contenu formaient les parties intégrantes et nécessaires d'un Tout sublime . Le nom latin de cette coupe mystique était "calix", en français calice; en grec, il était appelé "poterion".

Sous l'ancienne alliance, l'eau était seule utilisée dans le service du Temple, mais par la suite le vin est devenu un facteur nécessaire de l'évolution humaine. Bacchus, dieu du vin, a été adoré, et des orgies des plus dépravées ont eu lieu en vue de noyer l'esprit supérieur pour qu'il s'applique à conquérir le monde physique.

Même sous la loi de Moïse, il était strictement interdit aux prêtres d'utiliser du vin pour officier dans le Temple, mais le Christ, lors de son premier acte en public, a changé l'eau en vin , ratifiant ainsi son usage dans l'ordre des choses de l'époque (Jean 2:9 et 4:46). Notons bien, toutefois, que ce miracle a été accompli en public , mais que lors du dernier entretien ésotérique du Christ avec ses disciples, lorsqu'il a établi la nouvelle alliance, il n'y avait ni chair d'agneau (Bélier) comme l'exigeait la loi mosaïque, ni vin, mais uniquement le pain, produit végétal, et la coupe, dont nous allons parler après avoir pris note des mots prononcés par le Christ à cette occasion:"Je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu'à ce que je le boive nouveau avec vous dans le Royaume des cieux" (Matthieu 26:29, Marc 14:25, Luc 22:17-18). Le jus de raisin, fraîchement pressé, ne contient pas d'esprit de fermentation et de corruption, et c'est une boisson nourrissante et pure. C'est donc ainsi que le Christ a donné à ses disciples ésotériques l'instruction de s'en tenir à un régime sans viande ni alcool (Romains 14:21, I Corinthiens 8:8-13).

On suppose généralement que la coupe utilisée par le Christ lors de la dernière Cène contenait du vin, bien que cela ne soit mentionné dans aucun texte biblique. Nous possédons trois relations des préparatifs en vue de cette cérémonie. Alors que Marc et Luc écrivent que les messagers ont reçu l'ordre de se rendre dans une certaine ville et d'y rencontrer un homme porteur d'une cruche d'eau , aucun des quatre évangiles ne dit que la coupe ait contenu du vin.

En outre, des recherches dans la Mémoire de la Nature ont révélé que c'est bien l'eau qui a été employée et que, pour les aspirants ésotériques, le vin avait eu son temps. C'est aussi cet acte qui a marqué le début des mouvements anti-alcooliques, car des changements cosmiques tels que celui-ci exigent de longs préparatifs dans les mondes intérieurs avant de se manifester dans la société humaine. Pour de tels changements, des milliers d'années ne sont pas de trop.

L'emploi de l'eau à la dernière Cène concorde également avec les exigences astrologiques et morales. Le point vernal du Soleil allait bientôt quitter le Bélier, signe de l'Agneau, pour entrer dans le signe d'eau des Poissons. Une nouvelle note plus élevée devait résonner, une nouvelle phase de l'évolution humaine devait se manifester pendant l'ère des Poissons qui approchait alors. Au lieu de se laisser aller à ses appétits, l'homme devait apprendre le renoncement.

Le pain, facteur essentiel de vie, formé à partir du grain immaculé, ne nourrit pas les passions comme le fait la viande, et notre sang, lorsqu'il est dilué dans de l'eau , ne bouillonne pas avec la passion que lui communique le vin. Ainsi, le pain et l'eau sont la nourriture et la boisson qui conviennent à l'ère de l'axe Poissons-Vierge. Ils représentent la pureté, et l'Eglise Catholique offre à ses fidèles l'eau bénite du signe des Poissons , à la porte des églises, et le pain , ou hostie, du signe de la Vierge , à l'autel , mais pas de vin. Toutefois, les conditions précédentes ne nous conduisent pas encore au coeur du mystère caché dans la Coupe de la Nouvelle Alliance .

L'ancienne coupe de vin , reçue lors de notre entrée dans l'"Aryana", le pays de la génération, était remplie de germes de destruction, de poison et de mort, et le Verbe que nous avions appris à prononcer est mort et dénué de tout pouvoir. La nouvelle coupe de vin , présentée comme un idéal pour la future sixième Epoque ou Nouvelle Galilée (à ne pas confondre avec l'ère du Verseau) est un organe éthérique se formant dans la tête et la gorge, grâce à la force sexuelle inutilisée. Au regard du clairvoyant, cet organe apparaît comme la tige d'une fleur qui prendrait racine dans la partie inférieure du tronc. Le calice, ou coupe des semences , est en réalité un organe créateur, capable de prononcer le Verbe de Vie et de pouvoir .

Notre langage actuel s'élabore péniblement par des mouvements musculaires qui ajustent ensemble le larynx, la langue et les lèvres de manière à ce que l'air provenant des poumons produise certains sons. Mais l'air est un instrument lourd, difficile à mettre en mouvement, si on le compare aux forces plus subtiles de la nature, telle que l'électricité qui se meut bien plus rapidement dans l'éther. Une fois que l'organe en question aura été développé, il aura le pouvoir de prononcer le Verbe de Vie, d'infuser de la vitalité dans des substances précédemment inertes. C'est en rendant service que nous construisons actuellement cet organe .

Notons bien que le Christ n'a pas donné le calice à la multitude, mais à ses disciples, messagers et serviteurs de la Croix. Ceux qui, de nos jours, boivent à la coupe du renoncement afin de pouvoir dépenser leur énergie à servir leurs semblables, construisent cet organe, en même temps que le "corps de l'âme" ou robe nuptiale. Ils apprennent déjà à se servir, dans une faible mesure, de ce nouvel organe en qualité d'aides invisibles lorsque, la nuit, ils sont hors de leur corps. Ils sont, alors, dans l'obligation de prononcer la parole salvatrice qui enlève la maladie et reconstruit des tissus sains.

Lorsque l'ère Atlantéenne arrivait à son déclin, et que les humains abandonnaient les bas-fonds où ils avaient vécu leur enfance sous la tutelle directe d'instructeurs divins, l'ancienne alliance a été conclue, qui leur apportait à la fois la viande et le vin, et ces deux produits, avec l'emploi sans retenue de la force sexuelle, ont fait de l'ère Aryenne un âge de mort et de destruction. Nous sommes sur le point de sortir de cette ère de cruauté et nous nous préparons pour le Royaume des cieux, la "Nouvelle Galilée". C'est à cet effet que le Christ nous a donné l'eau et le pain de vie , tout en nous enjoignant de nous abstenir de la luxure. Après avoir conclu cette nouvelle alliance, il est monté sur la croix de la libération, laissant derrière lui le corps de mort , pour s'élever dans un véhicule de vie , le corps vital. Il a donné à ses disciples l'assurance que, même s'ils ne pouvaient le suivre tout de suite, ils le rencontreraient plus tard. Nous sommes tous des Christs en devenir, et un jour viendra qui sera pour chacun de nous celui de "Pâques".


LA CROIX DU CHRIST

"Si quelqu'un veut venir avec moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive." (Matthieu 16:24)

Selon une ancienne légende, Adam, lorsqu'il fut contraint de quitter le Paradis, prit avec lui trois boutures de l'Arbre de Vie. Seth, son fils, planta ces trois boutures qui se développèrent. L'une d'entre elles fut utilisée plus tard pour devenir le sceptre d'Aaron, avec lequel il accomplit des miracles devant le Pharaon.

Ayant aussi grandi, la seconde fut apportée au Temple de Salomon en vue d'en faire une colonne ou de l'ajuster quelque part à l'intérieur, mais on ne trouva nulle place qui pourrait convenir. C'est pourquoi on s'en servit pour établir un pont sur un ruisseau qui était à l'extérieur du Temple.

L'arbre produit par la troisième bouture fut utilisé pour la croix sur laquelle le Christ souffrit pour nous avant d'être libéré, avant de pénétrer dans la Terre pour devenir l'Esprit planétaire de notre globe, où il souffre maintenant les douleurs de l'enfantement dans l'attente du jour de sa libération.

Cette ancienne légende contient des enseignements importants. Le premier rameau représente le pouvoir spirituel que détenaient les Hiérarchies divines alors que l'humanité était encore dans l'enfance. Ce pouvoir était utilisé en notre faveur, mais par d'autres que nous . La seconde bouture devait servir pour le Temple de Salomon, mais personne n'étant capable de l'apprécier, sauf la reine de Saba, on ne put lui trouver d'emplacement convenable, car le Temple de Salomon est le chef d'oeuvre des arts et métiers et, dans une civilisation matérialiste, ce qui est spirituel ne saurait être apprécié. Les fils de Caïn travaillaient à leur salut par des moyens matériels et n'avaient que faire des pouvoirs spirituels. Par conséquent, on en disposa pour établir un pont sur le ruisseau . Il s'est toujours trouvé des âmes, les vrais Maçons mystiques , capables de se servir de ce pont conduisant du visible à l'invisible, qui sont capables de retrouver le Jardin d'Eden, le Paradis, en passant par ce pont.

C'est la troisième bouture qui est devenue la croix du Christ. En montant sur cette croix, il est parvenu à la libération de cette existence physique et il est arrivé dans les sphères supérieures. De la même manière, nous aussi, en nous chargeant de notre croix pour le suivre, nous pouvons développer nos pouvoirs spirituels et obtenir une plus large sphère d'action utile dans le monde invisible. Puissions-nous tous faire l'effort de nous retrouver de jour en jour à genoux, puissions-nous triompher, accrochés à la croix du Christ de telle manière qu'en un jour pas trop lointain nous puissions monter sur notre propre croix pour atteindre la libération glorieuse, la résurrection à la vie dont le Christ a été les prémices pour tous les croyants ( I Corinthiens 15:12-26).

Tel est le réel, le véritable message de Pâques, et chacun d'entre nous devra comprendre que nous sommes des Christs en devenir, et que lorsque le Christ sera réellement et véritablement né en nous , ce Christ intérieur nous montrera le chemin de la croix qui nous permettra d'arriver au but, de progresser de l'Arbre de la connaissance, qui nous a valu la mort, à l'Arbre de Vie du corps vital, qui nous donne l'immortalité.


Dernière édition par Archange le Ven 3 Avr - 13:24, édité 1 fois

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Interprétation mystique de Pâques (Max Heindel)

Message par Graal le Mer 23 Avr - 16:09

Selon mon avis, Max Heindel ne précise pas le terme de Christ ou de Jésus car on ne sait pas à qui on a affaire dans ce texte.
Le Christ est une provenance de Dieu et notamment du Dieu Vivant et Animé tandis que Jésus est un être humain notamment un homme.
L'Être Divin du Christ s'est inséré dans l'être humain de Jésus formant ainsi ce terme de Jésus-Christ ou Christ-Jésus.
Dans la religion catholique, on représente l'Esprit du Christ par une Colombe qui s'est inséré en Jésus lors de son baptême dans le Jourdain.
Le Christ porte un autre Nom en ce terme "Je Suis" dont on retrouve un certain nombre de fois dans la Bible. Ce terme est bien entendu imprécis et incomplet mais on sait déjà que ce "JE" est du Moi Supérieur et ce "Suis" est du Verbe Être. Pour ce" Je Suis", il y manque l'alpha et l'oméga en ces termes "Au Commencement, Je Suis Eternel".
C'est le Nom Divin du Christ que Notre Seigneur Dieu donne par le biais du chakra du coeur lorsqu'on se trouve en voyage astral ou en sortie hors corps dans les Cieux ou dans les Plans supérieurs de la divinité. Notre Seigneur exprime aussi par l'intermédiaire du chakra du coeur que l'Être de Lumière d'Or "Je Suis" lui appartient, provient ou est issu de lui et est envoyé par lui. Donc "Je Suis" est divin mais pas humain.

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Re: Interprétation mystique de Pâques

Message par Archange le Mer 23 Avr - 20:05

C'est bien du Christ cosmique dont il est question dans ce texte, tu fais bien de rappeler cette distinction entre l'homme Jésus et le principe cosmique du Christ qui utilisa Jésus comme véhicule.

Heindel rappelle via ce texte, que les fêtes comme Pâques ou Noël ont une correspondance avec des faits cosmiques cycliques; probablement à l'avenir, l'humanité célébrera avec plus de conscience et d'implication, avec un vrai sentiment d'insertion dans le processus cosmique, ces fêtes spirituelles. A l'heure actuelle, l'humanité est comme un "ermite" dans l'univers comme le souligne Rudolf Steiner et c'est ainsi que tout perd son sens, car l'humanité actuelle reste à la surface des choses, dans un univers de mots morts, vidés de contenu, très éloignés du verbe divin. C'est sans doute cela le sens de la "parole perdue" chez les franc-maçons? L'humanité s'est retrouvée refoulée des contacts intérieurs avec le cosmos, pour conquérir sa liberté, il est maintenant temps de retrouver ce contact, cette fois consciemment, comme une entité individuelle qui s'imbrique volontairement dans le grand Tout pour travailler consciemment à la mise en œuvre du plan divin.

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Interprétation mystique de Pâques

Message par Graal le Ven 25 Avr - 16:14

Je crois que la durée de temps qu'on interprète dans un calendrier pour des fêtes a de raison que pour cette terre matérielle car dans le monde spirituel ce temps d'une durée n'existe pas. Donc qu'on fête Pâques ou Noël par une date déterminée ne représente rien ou pas grand chose en comparaison au temps spirituel et divin.

Noël est la date de naissance de Jésus et Pâques est la date du décès de Jésus.

Quant au Christ, il est toujours là ou présent autant à Noel qu'à Pâques.






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Re: Interprétation mystique de Pâques

Message par Archange le Ven 3 Avr - 13:55









« La résurrection est un état de conscience : c’est la vie divine qui commence à irriguer notre être intérieur et repousse tout ce qui ne vibre pas à l’unisson avec elle. Cet état de conscience se manifeste par la formation d’un autre corps en l’homme, un corps qui est le double lumineux du corps physique. C’est le corps d’immortalité... »


« La résurrection est un processus spirituel de purification, d'illumination qui, porté à un certain degré d'intensité, finit par produire des effets jusque dans le moindre atome du corps physique. Ressusciter, c'est ouvrir à la vie divine des passages dans toutes les régions de notre être, car le propre de la vie, c'est de ne pas rester en place, mais de couler et de s'introduire partout pour tout renouveler. »


« Noël et Pâques, la naissance de Jésus et sa résurrection, sont les deux principales fêtes des chrétiens. La première se situe au commencement de l’hiver, et la seconde au printemps. Leur place dans le calendrier doit nous faire comprendre que ces fêtes sont à interpréter symboliquement, en relation avec la vie de la nature. Ceux qui en ont fixé les dates, il y a très longtemps, étaient des êtres qui possédaient une grande connaissance des correspondances qui existent entre la nature et l’âme humaine. Ils avaient profondément médité la vie de Jésus et son enseignement et ils avaient compris qu’en s’identifiant au principe cosmique du Christ, une rencontre idéale s’était faite en lui entre la vie spirituelle et la vie de la nature, la vie de l’univers. »




Omraam




Le sentiment chrétien universel a placé les fêtes de Noël et de Pâques, telles deux imposantes colonnes spirituelles, dans le cours de l'année qui doit symboliser le cours de la vie humaine. Et l'on peut dire que dans la pensée de Noël et celle de Pâques, se dressent devant l'âme humaine ces deux colonnes spirituelles sur lesquelles sont gravés les deux grands mystères de l'existence humaine sur terre, que l'être humain doit regarder d'une tout autre manière que les autres événements de la vie terrestre. Dans la pensée de Noël et dans celle de Pâques, l'âme humaine se tourne vers ces deux grands mystères (de la naissance et de la mort).



Rudolf Steiner, Comment retrouver le Christ?





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Re: Interprétation mystique de Pâques

Message par obsidienne le Ven 3 Avr - 21:54

Graal a écrit:Je crois que la durée de temps qu'on interprète dans un calendrier pour des fêtes a de raison que pour cette terre matérielle car dans le monde spirituel ce temps d'une durée n'existe pas. Donc qu'on fête Pâques ou Noël par une date déterminée ne représente rien ou pas grand chose en comparaison au temps spirituel et divin.

Noël est la date de naissance de Jésus et Pâques est la date du décès de Jésus.

Quant au Christ, il est toujours là ou présent autant à Noel qu'à Pâques.

La pâques justement à ce côté intemporel que lui donne la présence du Saint Esprit ...  Les langues de feu ....

LE "JE" recevant le Saint Esprit !

Chaque année à cette période Graal entre Pâques et la Pentecôte,  ton "JE" reçoit l'impulsion du Saint Esprit

Entre Pâques et la Pentecôte (49 jours),
nous vivons un processus consistant à se libérer
de la puissance interne étroite de l’égoïté.


Pentecôte:
moment où l’homme terrestre
qui a vécu intérieurement et pleinement
la Fête de Pâques
peut découvrir qu’il est maintenant habité
par un esprit individuel propre
qui n’est pas de ce monde
mais qui descend des mondes de l’Esprit.
Ce qui veut dire
que le Père envoie le Fils
qui apporte la nouvelle du Saint-Esprit.


http://www.guylorge.net/Judith_von_Halle_Conf_du_14_mai_2005.pdf


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Re: Interprétation mystique de Pâques

Message par obsidienne le Ven 3 Avr - 22:05

Graal j'ai lu ce livre et je te le conseille vivement :

Le Cycle de l'année, un chemin d'initiation vers le vécu de l'être du Christ de Serge O. PROKOFIEFF

Présentation de l’éditeur

Notre vécu du temps de l’année est naturellement lié au cycle des saisons dont nous percevons les effets dons les métamorphoses de la nature. Mais nous n’avons pas vraiment conscience de ce qui est à l’oeuvre dans ce temps qui court d’une saison à l’autre. Il faut se faire la représentation de ce qui se passe pour la terre, entre les deux extrêmes des solstices, pour percevoir qu’il s’agit ou fond d’une grande respiration : un expir jusqu’à la St Jean, suivi d’un inspir jusqu’à Noël. De quelle mort’ sommes-nous insérés dons ce grand rythme, invités pendant six mois à l’expansion de notre moi jusqu’aux lointains du cosmos, puis, dès que les jours commencent à raccourcir, à nous concentrer de nouveau jusqu’à la nuit la plus profondes ?

Sergueï prokofieff a rassemblé, en le prolongeant par ses propres recherches, les nombreuses contributions de Rudolf Steiner, concernant ce vécu du temps de l’année partagé avec les êtres spirituels qui accompagnent le développement de l’homme, dans son livre : "Le cycle de l’année, un chemin d’initiation vers le vécu de l’être du Christ".
(Daniel Léon)



http://www.editions-mirandole.com/index2.php?url_principal=le-cycle-de-l-annee--un-chemin-cycle-de-l-annee-0.htm
http://www.editions-mirandole.com/index2.php?url_principal=--serge-prokofieff-prokofieff-0.htm

http://www.editions-triades.com/livres/spiritualite/themes-generaux/le-cycle-de-l-annee-un-chemin-d-art1749.html
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Re: Interprétation mystique de Pâques

Message par Graal le Dim 3 Mai - 19:08

 pour toutes ces informations. C'est sympa

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Re: Interprétation mystique de Pâques

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