Qu'est-ce le véritable "je"

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Qu'est-ce le véritable "je"

Message par obsidienne le Sam 5 Avr - 22:10

Extrait du livre de Rudolf STEINER : Etudes psychologiques, imagination, inspiration, intuition. Série à thèmes n° 7.

La faculté humaine de connaissance dans le monde éthérique. Dornach, le 22 avril 1923.


Si nous progressons jusqu’à l’expérience du « Je » qui passe de vie terrestre en vie terrestre et qui, entre-temps, passe chaque fois par les vies entre la mort et une nouvelle naissance, nous entrons alors dans un monde qui est le monde de l’esprit proprement dit, le monde supérieur de l’esprit. Dans ce monde, nous nous trouvons dans une relation tout à fait particulière avec notre véritable Je.

Le Je que nous ressentons intérieurement ici dans l’existence terrestre entre naissance et mort, il est en fait lié à la corporéité physique. Il est perceptible par nous tant que nous nous ressentons dans la corporéité physique ; mais nous sommes d’une certaine manière forcés au désintéressement lorsque nous nous élevons dans le monde éthérique et dans le monde astral. Là nous avons tout au plus un souvenir de ce Je de la terre.

Mais nous trouvons alors de la manière indiquée le Je véritable, tel qu’il passe de vie terrestre en vie terrestre. Nous découvrons ce Je véritable de façon telle qu’il se présente tout d’abord à nous comme un être tout différent. Nous nous disons : je me trouve ici dans l’existence terrestre, dans cette vie entre naissance et mort. Je regarde en arrière jusqu’à ma naissance terrestre grâce au morceau de monde éthérique qui m’apparait. Ensuite je regarde plus loin dans des mondes, dans de larges sphères qui en fait n’ont une existence que dans le temps , où parler d’un espace est au fond un non-sens ; mais le monde avec tout son contenu, tel qu’il vit autour de nous entre la mort et une nouvelle naissance, m’apparait dans une vaste perspective.

Lorsque je parcours du regard l’éther, le monde de la troisième Hiérarchie, lorsque je parcours du regard astral, dans lequel j’étais entre la mort et une nouvelle naissance comme dans un monde suprasensible vivant dans la révélation du logos, comme dans un monde suprasensible se manifestant lui-même à travers la parole universelle, lorsque je regarde à travers tout cela, je vois finalement jusqu’à un être qui d’emblée est éloigné de moi, et qui est ce que fut le contenu de ma vie terrestre précédente. La chose m’apparaît tout d’abord de façon telle que je me dis : je me trouve ici dans la vie terrestre avec mon Je actuel fantomatique, et ensuite je vois loin en arrière, à travers ce que je viens de décrire, le contenu de ma vie terrestre antérieure. Mais je vois en même temps comment le Je est passé comme en se faufilant à travers les mondes, ces mondes dans lesquels j’ai pu porter mon regard comme en perspective, pour arriver jusque dans ma vie terrestre actuelle. Je regarde tout d’abord mon Je véritable et vivant comme un être étranger et lointain. Puis je me reconnais à nouveau dans cet être qui m’apparait tout d’abord comme étranger.

Dans cette phrase chaque mot devrait vraiment être pris de façon tout à fait intense, car chaque mot a dans cette phrase une importance toute particulière. Cela fait partie de toute l’expérience que de finir par se dire, à partir de la perception de son propre Je comme quelque chose qui est tout d’abord étranger : cela, qui t’est tout d’abord apparu comme quelque chose d’étranger , cela tu l’es toi-même. Cela t’est apparu comme si c’était un autre être qui avait vécu dans un lointain passé, mais tu es toi-même cet être.

Et ensuite on prend conscience de comment ce soi est précisément provenu de l’existence terrestre antérieure jusque dans cette vie terrestre, mais de comment il est pour ainsi dire étouffé maintenant dans cette vie terrestre, il apparaitrait seulement si se déroulait devant l’âme humaine tous les évènements qui se présentent entre l’endormissement et le réveil. Là continue à vivre et à agir ce qui est parvenu jusqu’à nous venant de notre existence terrestre antérieure, affluant à travers les mondes astral et éthérique.

Voyez-vous, il y a un monde de contradictions terrestres et d’harmonies célestes dans cette constatation des contradictions terrestres dans le fait que, à travers tout ce que l’on a d’emblée pour la vie quotidienne ici sur terre, on ne peut pas au fond parvenir jusqu’à ce véritable Je personnel.

Tout ce Je de la terre ne vit en fait que le tout premier rudiment de l’amour. Mais déjà un éclat est donné à la vie sur terre par ce fait que la force de l’amour rayonne dans cette vie terrestre. Mais cet amour doit être intensifié pour que l’homme devienne capable de percevoir, par cette intensification de l’amour, le monde éthérique et le monde astral et qu’il devienne aussi, de ce fait, capable de surmonter ce qui vit en lui comme étant son Je, en tant qu’égoïsme, en tant que contraire de l’amour, ce qui, dans la vie, en tant que contraire de l’amour, lu donne la possibilité de se ressentir comme Je personnel dans la vie terrestre. L’amour doit devenir tellement fort que l’on apprenne à omettre ce Je de la terre, à l’oublier, à ne plus lui prêter attention. L’amour, c’est l’éveil de son propre être à l’autre. Cela doit être si fort que l’on ne fasse plus attention à son propre Je tel qu’il vit dans le corps terrestre. En suite il y a la contradiction que c’est justement par le désintéressement, par la plus haute capacité d’amour, que l’on atteint à son propre Je véritable, qui brille en face de nous dans les lointain des temps.

Il faut d’abord perdre son Je terrestre pour recevoir dans la vision son Je réel et véritable. Et celui qui ne pratiquerait pas ce sacrifice ne pourrait pas parvenir en fait à ce Je véritable. On pourrait dire : pour apparaitre, pour se manifester. On pourrait dire : pour apparaitre, pour se manifester, le je véritable ne veut pas être cherché ; il se cache quand il est recherché. Car il n’est trouvé que dans l’amour. Et l’amour est le sacrifice de son propre être à l’autre être. C’est pour quoi le Je véritable doit être trouvé comme un être étranger.

Et dans ce même moment où on pénètre dans cette perception du Je personnel véritable, on aperçoit en même temps ce qui vit dès lors dans un monde différent, dans le monde de l’esprit à proprement parler. On rencontre les êtres de la première Hiérarchie : Séraphins, Chérubins, trônes.

Et de même que l’on retrouve alors son Je, dont on n’a en fait qu’un reflet ici dans la vie terrestre, on trouve aussi la véritable forme spirituelle pour tout le monde de l’environnement terrestre. On doit aussi perdre ce monde terrestre pour cette connaissance, pour trouver le véritable monde qui est à son origine, en même temps que notre Je véritable.

Si bien que l’on peut dire : ce qui se manifeste dans le monde de l’esprit est « re-connaissance », « toucher », « parole », mais « re-connaissance » de quelque chose qu’on a connu auparavant seulement en reflet, en réplique.
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Message par obsidienne le Sam 5 Avr - 22:12

Ainsi en faisant l’expérience de son propre être, par la connaissance de son propre être humain, on s’introduit dans la totalité de l’univers. Et cette partition de l’homme en corps physique, corps éthérique, corps astral et Je n’est en fait présentée de façon complète que si on décrit en même temps comment ces différents éléments de la nature humaine sont en rapport avec les mondes qui leur correspondent dans l’univers.

Ce que je viens de présenter maintenant doit être bien compris et bien étudié si l’on veut arriver à ce qui constitue le fondement de cette énumération des quatre éléments de la nature humaine. C’est vraiment là un de ces points où il apparait très nettement que, pour accéder à la réalité du monde spirituel, l’homme doit non seulement penser autre chose mais encore penser d’une autre façon. Il doit transformer en pensée vivante toute cette pensée qui n’est en fait qu’image morte dans la vision purement sensible-physique.

Et on peut ressentir quelque chose de tout à fait particulier venant de la culture actuelle, de la vie de l’esprit, actuelle, quelque chose qui montre bien quels obstacles sont à surmonter pour que l’anthroposophie entre dans l’âme humaine.
Pour l’homme, on se trouve à un niveau supérieur. On n’a plus affaire à une simple division, corps physique, corps éthérique, corps astral, Je mais on doit dire : ce qui est le corps physique de l’homme, cela appartient à la terre. Et quand l’homme passe la porte de la mort et abandonne son cadavre physique, le corps physique va alors à la terre mais le corps éthérique s’élève vers l’éther. Quant au corps astral, il quitte les deux pour les mondes où se situe la deuxième Hiérarchie. Et le Je appartient à son tour à un autre monde, le monde où se situe la première Hiérarchie. Ces quatre éléments ne sont pas de simples éléments de classification, ils font partie de sphères tout à fait distinctes dans l’univers. Dans cette partition est en même temps indiquée l’essence de l’être humain.

Si on veut parvenir à une anthroposophie véridique il faut arriver à surmonter la chose suivante : On apprend à connaitre directement le psychisme, le spirituel, et on peut alors parler du psychisme et du spirituel indépendamment du physique. On ne parle pas du psychique et du spirituel à partir de quelconque raisonnement mais on parle du psychique et du spirituel parce qu’on les observe précisément dans leur réalité même.

Aujourd’hui on voit arriver des gens qui ne peuvent faire autrement que d’admettre de quelque manière le psychique comme une nécessité interne, mais ils disent alors que l’on doit déduire le psychique des effets du physique.
Pour définir l’être humain il faut dépasser les notions usuelles de preuve et de réfutation, celles que les gens ont la plupart du temps. Car voyez-vous, lorsqu’on apprend à connaitre l’être humain à partir de ce point de vue véritable non découvre ce qui s’exprime dans l’homme en tant que nature physique : cela devient dans la vie terrestre une réplique complète de ce qu’est l’homme en tant qu’être spirituel. Et aussi vrai que vous avez dans la cire à cacheter l’empreinte du cachet, vous pouvez trouver partout dans le corps physique de l’homme la réplique de ce qu’est l’homme spirituel et psychique. Ce que l’homme est spirituellement et psychiquement, vous pouvez partout le retrouver dans les circonvolutions du cerveau. Dans l’homme il ne manque absolument rien de ce qu’est la nature.
Passer du physique au spirituel, ce doit être un acte intérieur humain et pas une démonstration abstraite. C’est grâce à un acte intérieur humain, prolongeant de façon active la connaissance, que l’on arrive précisément à la véritable anthroposophie.

On doit considérer qu’il est dans la liberté de l’homme de pouvoir s’élever du physique au spirituel, que cette accession aux mondes spirituels n’est pas le fait de démonstrations non-libres, mais le fait de l’expérience intérieure humaine consciente. Et c’est seulement quand on ressent vraiment intérieurement cela que l’on a ce qui est nécessaire pour envisager de manière juste la situation de l’anthroposophie par rapport aux formes de connaissance purement physiques.
Et cela est tellement nécessaire à notre temps. Nous ne pouvons pas attendre d’une philosophie qui, dans ses analyses, n’est applicable qu’à des abstractions, quelle comprenne réellement ce qui est digne de l’homme ; on peut seulement comprendre ainsi ce qui est au niveau de la dignité d’un fauteuil.

Mais l’humanité a aujourd’hui besoin de ce qui conduit l’homme à l’homme lui-même, et non pas seulement à sa réplique. Pour la simple vision, la réplique offre tout ce qui est présent dans l’entité spirituelle en tant qu’image originelle, mais pas pour l’expérience vivante. Car dans l’expérience vivante, l’homme doit se trouver en tant qu’être d’esprit et d’âme. Il découvre alors aussi l’univers en tant qu’entité d’esprit et d’âme. C’est pourquoi, au fond, tout chemin de connaissance est lié au fait de se reconnaitre soi-même comme l’image reflétée de l’homme vrai. De ce processus vivant de connaissance, l’univers se manifeste à l’homme dans son essence propre, et l’essence propre de l’homme se manifeste dehors dans l’expérience de l’univers.

L’homme devient alors réellement un être qui se retrouve dans l’ensemble de l’univers car, en se connaissant, il découvre aussi l’univers, et en connaissant l’univers, il se découvre lui-même. Dans l’échange entre l’univers et l’homme se dévoile ce qui relie l’être humain au divin-spirituel, ce qui enflamme l’homme intérieurement de la tonalité « religieuse » propre à toute réelle connaissance supérieure. Et lorsque, finalement, la connaissance la plus sérieuse se conclut dans l’expérience religieuse, la lumière du religieux est alors apportée à la connaissance, et la transparence de la connaissance est alors élevée dans le domaine où la foi devient savoir, grâce à sa propre force intérieure de connaissance. L’univers est trouvé dans l’homme, l’homme dans l’univers, par le chemin de connaissance à travers l’univers.

Alors univers et homme sont réunis dans l’être unique embrassant, tout, l’être cosmique, spirituel-divin, dans lequel l’homme se rend et trouve l’univers, ce n’est qu’ainsi qu’il accède à sa réelle et véritable dignité humaine, qui peut alors passer véritablement dans son éthos religieux, moral, et faire de lui l’homme plein.

Dans le monde éthérique, par la pensée vivante : toucher.
Dans le monde astral, par le silence profond : parole.
Dans le monde de l’esprit : re-connaissance.
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Message par obsidienne le Sam 5 Avr - 23:29

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Re: Qu'est-ce le véritable "je"

Message par Archange le Dim 6 Avr - 11:51

obsidienne a écrit:
Tout ce Je de la terre ne vit en fait que le tout premier rudiment de l’amour. Mais déjà un éclat est donné à la vie sur terre par ce fait que la force de l’amour rayonne dans cette vie terrestre. Mais cet amour doit être intensifié pour que l’homme devienne capable de percevoir, par cette intensification de l’amour, le monde éthérique et le monde astral et qu’il devienne aussi, de ce fait, capable de surmonter ce qui vit en lui comme étant son Je, en tant qu’égoïsme, en tant que contraire de l’amour, ce qui, dans la vie, en tant que contraire de l’amour, lu donne la possibilité de se ressentir comme Je personnel dans la vie terrestre. L’amour doit devenir tellement fort que l’on apprenne à omettre ce Je de la terre, à l’oublier, à ne plus lui prêter attention. L’amour, c’est l’éveil de son propre être à l’autre. Cela doit être si fort que l’on ne fasse plus attention à son propre Je tel qu’il vit dans le corps terrestre. En suite il y a la contradiction que c’est justement par le désintéressement, par la plus haute capacité d’amour, que l’on atteint à son propre Je véritable, qui brille en face de nous dans les lointain des temps.

Il faut d’abord perdre son Je terrestre pour recevoir dans la vision son Je réel et véritable.

Et celui qui ne pratiquerait pas ce sacrifice ne pourrait pas parvenir en fait à ce Je véritable.


Steiner dit souvent que l'amour est une force de connaissance... il dit que l'univers ne dévoile pas ses secrets à celui qui est sans affection, sans sympathie pour toutes choses...

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Message par obsidienne le Dim 6 Avr - 19:41

Archange tu dis :
Steiner dit souvent que l'amour est une force de connaissance... il dit que l'univers ne dévoile pas ses secrets à celui qui est sans affection, sans sympathie pour toutes choses...


En effet c'est avec émerveillement qu'on peut regarder une fleur, un couché de soleil, la nature entière est tellement belle; on est un peu avec lucifer    Après si on parle des sentiments pour une personne la on rentre dans la patience et beaucoup d'apprentissage  Twisted Evil 
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