Le Soleil, mythes et légendes

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Le Soleil, mythes et légendes

Message par Archange le Sam 15 Mar - 19:42



 
Le Soleil

" mythes et légendes "
 

 

Le soleil, les hommes, et les dieux
observations / justice / divinations
Dès que l’homme a su regarder le ciel et interpréter les phénomènes visibles, il a pris conscience que le Soleil était l’élément nécessaire, qui lui apportait lumière, chaleur, et subsistance – la vie.
 
Au moins 15 000 ans avant notre ère, des graveurs anonymes ont tracé en Asie centrale, des figures qui indiquent l'importance qu'avait déjà pour eux le Soleil. Ce n'était encore qu'une image primitive, un cercle entouré de rayons, mais sa représentation fréquente avait valeur de symbole. Ainsi au Kazakhstan, en Suède, ou en France, des pierres gravées représentent le Soleil.
 
Des constructions très anciennes, surtout dans les régions peuplées par les Celtes, ont été également édifiées en fonction de l’apparition ou de la disparition du Soleil : le tunnel du cairn de Gavrinis, dans le Morbihan, ou celui de Newgrange en Irlande, ne laissent entrer le Soleil qu’une fois par an, au moment du solstice d’hiver. Le site de Stonehenge, en Angleterre, a servi pendant plusieurs millénaires, d’observatoire primitif des mouvements du Soleil. (cite-sciences.fr)

Grande-Bretagne
Stonehenge - Un observatoire solaire
Situé dans la plaine de Salisbury, dans le sud-ouest de l'Angleterre, Stonehenge est une construction mégalithique des plus connue et des plus mystérieuses.
 
Les premiers aménagements du lieu remonteraient au troisième millénaire avant notre ère. La fonction de Stonehenge fut l'objet de nombreuses théories : Prédiction des solstices et équinoxes, des éclipses de soleil et de lune, calendrier par calcul des positions du soleil et de la lune par rapport à la terre, et bien entendu cérémonies religieuses.
 

mythe sumérien
 
 
utu -  un oeil étincelant, témoin et juge
Dieu sumérien du Soleil, Utu est également considéré comme le Dieu de la Justice. Sa position dans le ciel lui confère en effet le pouvoir de voir tout ce qui se passe sur Terre. C'est probablement pour cette même raison qu'on lui attribue le pouvoir de connaître l'avenir et celui de le révéler aux Hommes.
 
Son symbole est un disque orné d'une étoile à quatre branches séparées par des faisceaux de rayons ondulés. Il est caractérisé sur des monuments par des flammes qui s'élèvent au-dessus de ses épaules.
" Utu le vaillant, le père de la Grande Cité à l'orient, le grand héros d'An le saint, le juge, celui qui rend les sentences à la place des dieux, celui qui, adorné d'une barbe de lazulite, monte de l'horizon au ciel."

mythe Babylonien
 
Shamash  - Un regard omniscient sur le monde
Après avoir tué sa mère Tiamat, Mardouk coupa son corps en deux afin de créer un nouveau monde. Avec l'une des moitiés il forma la Terre, et avec l'autre il conçut la voûte céleste sur laquelle il plaça les astres.
Nés de cette dépouille, Sin Dieu de la Lune, et Shamash Dieu du Soleil se partageaient la maîtrise du temps. Alors que Shamash gérait l'écoulement des jours et des années, son père Sin ne dirigeait que les mois.
 
Le dieu Soleil Shamash était également capable de tout voir. Il fut ainsi associé aux questions de justice et de divination comme Utu son prédécesseur. Ce rôle l'impliquait directement dans les décisions politiques et sociales prises par les rois.

 

un Char céleste enflammé

mythe Perse
Mithra  - « Lève-toi, Soleil, aux chevaux rapides » 
Monté sur son char attelé à des chevaux blancs, Mithra est associé au Soleil et apparaît comme l'esprit du bien et l'ordonnateur du monde. Dieu aux milles oreilles et aux dix milles yeux, son regard embrase l'Univers et rien ne lui échappe. Son parcours annuel était considéré comme une illustration cosmique de la destinée humaine : naissance, vie, mort et résurrection.
 
« La lumière qui voit tout est l'emblème de la vérité, et c'est surtout comme témoin universel que Mithra est devenu l'incarnation céleste de la conscience et de la vérité.» (Darmsteter, Zend Avesta, II, 141, 142)
 

mythe Grecque
 
 
Hélios 
L'astre diurne est représenté par le Dieu Hélios. Fils des Titans Hypérion et Théia, il est également le frère de Séléné, Déesse de la Lune. Chaque jour, Hélios traversait les Cieux dans un char doré, tiré par quatre chevaux. Précédé par Éos, l’Aurore, il procurait la lumière aux dieux et aux mortels.
 
Hélios était également le seul à savoir contrôler les chevaux de son char ardent, mais suite aux demandes de son fils Phaéton, il lui laissa les rênes. Rapidement, Phaéton en perdit le contrôle et traça une longue entaille dans la voûte céleste, cette entaille fut ensuite nommée la Voie Lactée.
La place d'Hélios dans le ciel lui permettait aussi d’être le témoin de tout ce qui se produisait sur Terre. Aussi put-il avertir Héphaïstos des infidélités de son épouse Aphrodite avec le dieu Arès. Il mit également fin à la quête désespérée de Déméter partie à la recherche de sa fille Perséphone en lui annonçant son enlèvement par Hadès, dieu des Enfers.

mythe Hindou
 
Surya  -  « l’œil du ciel, qui veille sur le monde »
Surya est le dieu brahmanique du soleil, fils d'Aditî et de Kashyapa. Il est le Dieu Soleil, source d'énergie et de lumière qui enveloppe et pénètre la Terre. Il est également le père de Manu, le premier homme de l'humanité.
 
Surya est celui qui met en mouvement les êtres et les choses. Chaque jours, il traverse le ciel accompagné d'Usas (l'Aurore). Sa chaleur et sa force peuvent à la fois créer, nourrir, et détruire tous les êtres. Son éclat était tellement éblouissant que son épouse finira d'ailleurs par le quitter.
 
Dans les Védas, le Dieu Surya est représenté par un jeune homme auréolé du disque solaire, et conduisant un char de lumière tiré par sept chevaux (pouvant représenter les 7 jours de la semaine)
 

mythe Égyptien
 
" Il apparaît le matin, dans sa barque divine, et prend le nom de KHEPRI. Au zénith, il est vraiment RÂ, puis il descend à l'horizon, se couche et devient ATOUM "
 
ATOUM - C'est sous la forme d'un grand lotus que le Dieu du Soleil, Atoum sortit des Eaux primordiales et devint le créateur du monde. Avec sa semence, le Dieu Solaire donna naissance à 4 divinités : Shou (l'Air), Tefnout (l'Eau), Geb (la Terre) et Nout(le Ciel).
Dans l'Égypte ancienne, le Soleil représentait l'élément central autour duquel tout s'organise. Les Égyptiens se sont tout particulièrement attachés à décrire la navigation nocturne du disque solaire : chaque nuit, le Soleil dans sa barque doit affronter des épreuves et vaincre des forces hostiles, notamment l'attaque du serpent géant Apopis.
 
la barque céleste - Chaque matin, Rê se lève à l’Orient aux sons des chants et des danses. Il ouvre son œil étincelant, puis monte dans la Barque du Jour qui naviguera dans le firmament jusqu’au soir.  Il passera alors dans la Barque de la Nuit, à bord de laquelle il traversera le monde inférieur, un monde nocturne habité par la mort.
 
Horus - Le Soleil et la Lune furent ensuite vénérés comme les 2 yeux du Dieu Horus, maître du Ciel.

mythe Chinois
 
les 10 soleils
Au commencement du monde se trouvaient 10 soleils (fils de Jun, Dieu du Ciel et de Xihe, Déesse du Soleil) qui vivaient ensemble dans les branches d'un arbre géant, le Fu Sang. Chaque jour, un des soleils était autorisé à se lever et à grimper jusqu’au sommet de l’arbre.
Il partait ensuite dans un char tiré par six dragon pour accomplir sa ronde dans le ciel. Il rejoignait ensuite ses frères au pied de l'arbre géant, et l’obscurité retombait sur la Terre.
Les astres se levaient ainsi à tour de rôle, et il n’y en avait jamais plus d’un par jour dans le ciel. Jusqu’au jour où ils décidèrent de partir en même temps, infligeant aux hommes une chaleur intolérable. La Terre fut grillée, des monstres sortirent de nulle part, et les Hommes faillirent mourir de soif et de faim. Jun eut alors pitié des hommes et envoya son meilleur archer Yi. Ce dernier régla le compte aux dix frères rebelles, sauf à un seul qu'il décida finalement d'épargner.


 

Autres mythes solaires

mythe aztèque
Les « cinq soleils »
Les Aztèques croyaient que 4 mondes avaient précédé le nôtre et s’étaient effondrés lors de cataclysmes : ce sont les « quatre soleils ». Actuellement, nous vivons le cinquième, né du combat entre les dieux : Quetzalcoatl - le serpent à plumes, et Tezcatlipoca - le miroir fumant.
 
Tonatiuh
Le dieu Soleil Tonatiuh symbolise la cinquième ère actuelle. Il est souvent représenté la langue pendante, réclamant les offrandes de sang humain. Le sacrifice humain chez les Aztèques n’était inspiré ni par la cruauté, ni par la haine, mais par un devoir sacré envers le Soleil. Messager envoyé aux dieux, le sacrifié était ainsi investi d’une mission mystique, et était honoré comme tel.

mythe celtique
Belenos   "Le brillant"  -  "Le resplendissant"
Belenos (ou Bel, Beli, Belen, Belinus) est le Dieu du Soleil - fils de Dagda, dieu des Druides et père de tous les Dieux. Jeune et beau comme l'éclat du soleil, Belenos est le symbole de l'harmonie et de la beauté. Il réchauffe l'âme et le corps. Il provoque l'illumination spirituelle et sait guérir tous les maux.
 
Il est souvent représenté avec des éléments qui ont trait à la lumière, aux chevaux, et à la navigation (représentations récurrentes de la course du soleil dans le ciel).

mythe  japonais
 
 
Amaterasu  -  "La grande déesse qui illumine le ciel"
Le Dieu Izanagi fit sortir de son oeil gauche la déesse Soleil Amaterasu, et de son oeil droit le dieu Lune Tsukiyomi. Amaterasu était si brillante que ses parents l'envoyèrent au ciel dans les hautes plaines célestes, où elle règne désormais en tant que protectrice des Hommes.
 
Le frère d'Amaterasu était si violent et destructeur que la déesse du soleil décida de se réfugier dans une grotte céleste. Privée de lumière, la Terre et ses habitants subirent le froid et la nuit. Les dieux décidèrent alors de se réunir afin de résoudre cette terrible situation.
 
L'un d'entre eux suggéra de piéger Amaterasu, et plaça un grand miroir devant sa grotte. Les divinités se mirent à danser et, entendant ce joyeux tumulte, Amaterasu se risqua dehors. Éblouie par son propre reflet, elle ne pu empêcher l'un des dieux de la saisir par la main, pour la faire sortir de son refuge. La chaleur du Soleil revint alors sur Terre pour le bonheur de tous.

mythe Chinois
 
la mort de P'an-kou  -  la naissance du soleil
P'an-Kou se mit à grandir démesurément de dix pieds par jour. Il sépara au sein d'un oeuf le ciel et la Terre, qui s’éloignèrent l’un de l’autre au rythme effréné imposée par sa croissance. Il ne s’arrêta de grandir que 18000 années plus tard, lorsque le ciel atteignit finalement sa hauteur maximale.
 
Mourant, ses yeux devinrent le Soleil et la Lune, sa graisse se liquéfia pour donner les mers et les fleuves, et les végétaux naquirent de ses poils et de ses cheveux. Sa respiration se transforma en vent, sa voix se changea en tonnerre, et les éclairs jaillirent de son regard.
 

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Re: Le Soleil, mythes et légendes

Message par Archange le Sam 15 Mar - 19:49






HELIOS



Personnification hellénique du soleil et de la lumière, Hélios ('Hλιος) était le fils du Titan Hypérion et la Titanide Théia. Toutefois Hyginus lui donne comme mère Aethra

Il était donc le frère d'Eôs et de Séléné.

Parfois il y a confusion entre Apollon, dieu du soleil et Hélios, dieu-soleil, d'autant qu'ils ont parfois le même surnom, Phoébus, "le brillant".

Les romains l'identifièrent à la divinité sabine Sol.

LEGENDES






Hélios sur son char

Hélios séjournait volontiers en Ethiopie ou dans l'île d'Aéa; il habitait un palais aux colonnes d'or et de bronze ornées d'ivoire qui abritait un sompteux trône de diverses personnifications de la division du temps. Chaque matin, précédé du char d'Eôs, Hélios s'élançait dans le ciel sur son char tiré par quatre chevaux blancs et rapides (Pyroïs, Eoos, Aethon, Phlégon). Il était considéré comme l'inventeur du char à quatre chevaux.

De là-haut il surveillait les hommes et aussi les dieux car Hélios voyait tout et à ce titre il était le garant des serments.

C'est lui par exemple qui rapporta l'adultère d'Arès et d'Aphrodite, et c'est lui encore qui dénonça Hadès lors de l'enlèvement de Perséphone.

Le soir, il arrivait à l'ouest où se trouvait un autre palais puis revenait au point de départ

- soit par un chemin souterrain sur son lit en or,

- soit en navigant sur l'océan dans une coupe d'or, remarquable travail d'Héphaïstos, qui sera utilisée par Héraclès lors de son dixième travail.

Helios participa à la guerre des dieux contre les Géants et les Titans et il sauva même Héraclès en le prenant sur son char.


Hélios et ses quatre chevaux

Cepandant Hélios a toujours eu un peu de mal à faire valoir ses droits.

Il avait été oublié lors de la distribution des territoires mais heureusement l'île de Rhodes venait de surgir des flots et Zeus la lui attribua en dernier ressort. Il en devint le protecteur et ses descendants règneront sur plusieurs cités de l'île.

Des légendes plus tardives lui attribuent aussi l'île d'Erythée.

De même lorsque les compagnons d'Ulysse, dans l'île de Thrinacie, mangèrent les bœufs sacrés gardés par les Héliades, Phaethousa (la déesse de la lumière) et Lampétia, il dut menacer de se retirer sous terre avant d'obtenir réparation. En fait ce troupeau, composé de 350 moutons et de 350 bœufs d'une blancheur immaculée et aux cornes d'or, ne devait jamais diminuer ou augmenter car les 700 bêtes représentaient les jours et les nuits de l'année lunaire.

Hélios disputa la ville de Corinthe à Poséidon; choisi comme arbitre, le géant aux cent bras, Briarée lui attribua la citadelle (l'Acrocorinthe) et la ville basse revint à Poséidon.

On lui prêtait de nombreuses aventures amoureuses dont certaines furent difficiles sans doute à cause de la rancœur d'Aphrodite qui avait mal supporté la dénonciation de sa liaison avec Arès à son époux Héphaïstos.

De plus c'était un séducteur sans scrupule qui abandonnait ses amantes pour en chercher une nouvelle.

Sa nombreuse descendance porte le nom d'Héliade.

AMOURS

Il séduisit Leucothoé en délaissant Clytia qui dénonça par jalousie la jeune fille à son père et fut enterrée vivante. Hélios transforma l'infortunée Leucothoé en arbre à encens et Clytia se métamorphosa en héliotrope dont la fleur se tourne désespérément vers le soleil. Ovide dans ses Métamorphoses raconte ces amours tragiques et mais assimile Hélios à Apollon

Il épousa Rhodè, fille de Poséidon et d'Amphitrite dont il eut plusieurs enfants.

Il eut plusieurs enfants de l'Océanide Clyméné, en particulier Phaéthon qui se tua en conduisant le char de son père et ses soeurs le pleurèrent tellement que leurs larmes se solidifièrent en gouttes d'ambre et qu'elles furent changées en peupliers.

Il eut de nombreux enfants de son épouse, l'Océanide Perséis.

CULTE


Colosse de Rhodes

Il avait des sanctuaires en divers endroits comme à Corinthe ou dans l'île de Rhodes, dont il était le protecteur et où se trouvait le fameux colosse de Rhodes qui le représentait. La statue haute de 70 coudées fut détruite par un tremblement de terre et un oracle demanda qu'elle ne fût jamais reconstruite.

Les animaux blancs comme des bœufs ou des chevaux mais aussi des moutons ou des coqs lui étaient consacrés de même que des arbres comme le peuplier blanc ou le miel.

On célébrait pendant l'été des fêtes appelées Hélieia, où l'on précipitait à la mer des quadriges en son honneur.

A Rome, son culte assimilé à celui de Sol, était célébrait le 8 aout sur le Quirinal mais il a été supplanté par celui de Mithras.

Hélios a été souvent confondu à tort avec Phoebus et Apollon.

ICONOGRAPHIE

On le figurait toujours jeune, la chevelure abondante et dorée, ceinte d'une couronne radiée.

On voyait à Rhodes sa statue colossale faite par Charès de Lindos. Il est représenté au fronton oriental du Parthénon, et, très fréquemment, sur les peintures de vases ou les monnaies de Rhodes.

FILIATION


ThéiaHypérion
HELIOS
Epouse* / amanteEnfants
AegléCharites
Clyméné*Phaéthon
Aeglé,
Aetheria,
Astris,
Dioxippe,
Helie,
Lampetia,
Merope,
Phaethusa,
Phoebe
Clytia 
Leucothoé 
NausidaméAugias
Rhodè*Electryone
Actis
Auges
Candalos
Cercaphos
Macar
Ochimos
Tenages
Thrinax
Triopas
  
Perséis *Aeétès
Persès
Circé
Pasiphaé
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Re: Le Soleil, mythes et légendes

Message par Archange le Sam 15 Mar - 20:00





Les mythes solaires.  




    Les grandes civilisations ont toutes perçu dans le Soleil une divinité omnipotente à qui elles devaient la vie.

Les mythes se veulent un éclairage apaisant sur les phénomènes naturels encore inexpliqués. N. Gombert



La Préhistoire.

Homo sapiens se tait. Os décorés, silex taillés, parois ornées, autant de dignes d’une activité intellectuelle qui reste pour beaucoup indéchiffrable. Faute de connaître les mythes de l’Homme de la préhistoire, nous en devinons les prémices. Stonehenge (sud de l’Angleterre), observatoire et temple solaire, évoque un culte solaire à peu près certain, même si les rites pratiqués nous sont inconnus. Les orientations des tombes néolithiques vers le Soleil, celles des pierres levées de Carnac en sont encore les témoignages vivants.

Sur les premières pierres gravées, on trouve des images solaires, ainsi sur une remarquable pierre dressée du Rocher-des-Doms (Avignon), voilà plus de 5 000 ans, l’artiste a représenté un Soleil à huit rayons.


A Babylone.


C’est la civilisation babylonienne qui nous offre le 1er récit de la Création, 17 siècles avant J.-C., connu sous le nom de Enouma Elish. Au commencement, avant le temps, il n’y avait que l’eau douce, domaine du dieu Apsou, et l’eau salée, domaine de la déesse Tiamat. L’union de ces 2 divinités originelle fut fertile, et le monde se mit peu à peu en place, avec le  Temps, le Ciel (Anu), la Terre (Enlin), l’Esprit (Ea). Des luttes intestines surgirent entre tous ces dieux, et un dieu de la nouvelle génération, Mardouk, vint à bout de la vieille déesse-mère Tiamat. Du corps de la vieille déesse vaincue, de sa sève féconde, il créa un monde nouveau pourvu d’une voûte céleste où il accrocha les astres. Sin (la Lune) et Shamash (le Soleil), nés ensemble de cette dépouille, se partagèrent la maîtrise du temps : lumière du jour et lumière de la nuit. Le Soleil, qui gère les jours et les ans, est 2 fois plus puissant que la Lune qui ne dirige que les mois. La bonne marche du monde, sécurisante, est parfois altérée par la menace redoutable des éclipses : c’est au roi qu’il appartient de les conjurer par un rituel attentif. Dès cette époque reculée, le Soleil est toujours associé au pouvoir.


En Egypte.

L’Egypte, don du Nil, est aussi un donc du Soleil fertilisant l’étroit couloir de la vallée. Pharaon, fils du Soleil, régnant sur son peuple comme l’astre du jour, donna de plus en plus d’importance à son culte. Vers 3000 avant J.-C., le Soleil et la Lune, sources de Lumière, étaient vénérés comme les 2 yeux du dieu Horus. Le pharaon Ménès, fondateur de la 1ère dynastie, transporta sa capitale à Memphis, tout près du grand centre du culte solaire, Héliopolis, qui honorait Râ. Ce dieu absorba peu à peu les attributions solaires des autres divinités, Horus et Osiris, et devint le dieu officiel de l’Etat, le plus important du panthéon égyptien. Son indéniable prépondérance le chargea de plusieurs noms. Le Soleil levant était appelé Khépri, scarabée géant poussant devant lui le disque solaire comme le scarabée sacrée pousse sa boulette de bouse : de cette boulette enterrée, les Egyptiens voyaient surgir un nouveau scarabée (elle sert, en fait, de nourriture à la larve jusqu’à sa métamorphose). Ce qui contribua à faire de cet animal le symbole de la vie, renaissant toujours comme le Soleil levant. Disque solaire, il était Aton, et au zénith, c’était Râ, le grand dieu d’Héliopolis. Au coucher, c’était le vieillard Atoum. Il était aussi appelé Râ-Horakhti, pour associer en lui les vertus de Râ et d’Horus. Chaque matin, la vache sacrée engendrait ce veau d’or, englouti chaque soir par la femme du ciel ; le Soleil était aussi parfois un œuf, pondu par Geb, dieu de la Terre, sous la forme d’une poule d’eau. Mais l’image la plus répandue est celle du parcours sur la barque solaire, où Râ accomplissait son périple sacré.


En Grèce.

Hélios, le Soleil, lumière du monde, est fils des Titans Hypérion et Théia. Représenté comme un beau jeune homme blond, il conduit chaque matin le char de feu du Soleil, attelé de 4 chevaux ailés éclatants de blancheur, du pays des Indiens jusqu’à l’Océan. Puis il regagne l’Orient en barque, sur le fleuve Océan qui passe sous la Terre. Parmi ses multiples amantes, citons la nymphe Rhodé, à qui il offrit l’île de Rhodes où il fut particulièrement honoré (sa statue, le fameux colosse de Rhodes, s’élevait à 35 m. au-dessus de la mer et offrait, entre ses jambes, le passage aux navires), et Clymène, dont il aura pour fils l’infortuné Phaéton. Son culte, très populaire en Grèce, se retrouve aussi à Corinthe et à Rhodes.

A l’époque classique, c’est Apollon, dieu du Soleil, qui se charge peu à peu des attributions d’Hélios. Beau dieu aux cheveux d’or, protecteur des muses et des arts et aimé de tant de femmes, c’est Phoebos, le brillant, qui gagne à la fin de l’automne les pays nordiques des Hyperboréens, pour revenir passer l’été en sa résidence de Delphes, où la Pythie rendait son oracle. Son culte y est prépondérant pour toute la Grèce, ainsi qu’à Délos, île sacrée où il naquit.

Dieu ambivalent, Apollon est d’abord bienfaisant, purificateur, source de vie, et, à ce titre, dieu pastoral, poète et musicien, dont l’oracle répand la clarté sur les hommes. Mais, en ces régions de Soleil impitoyable, il présente aussi une autre facette, celle du destructeur (le verbe grec apollumi signifie détruire) : les Anciens voyaient parfois dans les rayons du Soleil des flèches meurtrières, celles que le cruel archer de Niobé, ou sur la population de Thèbes décimée par la peste, au début d’Œdipe Roi de Sophocle.

Créateur et destructeur, il est l’incarnation de l’ordre du monde et de l’harmonie. Sa toute-puissance reparaîtra sous l’Empire romain avec le culte oriental de Mithra (nommé, avant le Christ, Sol invictus) et tendra de plus en plus vers un monothéisme récupéré par le christianisme.


En Amérique Centrale & Amérique du Sud.

Les Aztèques, peuple élu du Soleil, occupants de l’actuel Mexique, croyaient que 4 mondes avaient précédé le notre et s’étaient effondrés lors de cataclysmes : ce sont les « quatre soleils », et nous vivons actuellement le cinquième, né des efforts de deux dieux, Quetzalcóatl, le serpent à plumes, dieu de la lumière, et Tezcatlipoca, dieu des ténèbres, miroir fumant, qui avait relevé le monde. Mais ce cinquième monde restait noir & froid, et les dieux créèrent le Soleil, né du sacrifice & du sang : ils se jetèrent dans un énorme brasier à Teotihuacan, et de leur sang naquit le Soleil. Ressuscité de ce sacrifice, Quetzalcóatl créa la nouvelle humanité avec les os de ces morts imprégnés de son sang.

Création tragique & sanglante, qui fait de la mort la source fondamentale de la vie. Vie qui dépend étroitement de celle du Soleil, à qui il faut offrir, chaque jour « l’eau précieuse » (chalchiuatl), c'est-à-dire le sang humain, pour ne pas sombrer dans les ténèbres. Le dieu Soleil, Tonatiuh, est souvent représenté la langue pendante, réclamant les offrandes de sang humain. Sous un autre nom, Uitzilopochtli était le Soleil au zénith, le Soleil écrasant de midi, représenté par un aigle tenant dans son bec le serpent étoilé de la nuit.

Le sacrifice humain, chez les Aztèques, n’était inspiré ni par la cruauté, ni par la haine, mais par le devoir sacré envers le Soleil, et pour assurer la pérennité de l’homme. Le prêtre qui accroche le cœur du sacrifié au sommet de la pyramide diffère ainsi le cataclysme toujours imminent. Messager envoyé aux dieux, le sacrifié est investi d’une mission mystique, et honoré comme tel, qu’il soit prisonnier de guerre ou victime vouée au sacrifice pour les dieux.

Les Incas, tribu du peuple Quichua, au Pérou, avait pour souverain le Grand Inca, fils du Soleil est vénéré comme lui. Dans leur panthéon, le Soleil, divinité masculine, s’unit à sa sœur la Lune et engendre avec elle les étoiles. L’importance du culte solaire est liée au rôle prépondérant du pourvoir impérial.


En Afrique.

Moins fortement hiérarchisées, les sociétés africaines présentent des cultes solaires moins marqués, souvent liés seulement à la météorologie. Au Togo, les Dagombas voient dans le Soleil un champ de foire où vit le bélier de Dieu. Lorsqu’il frappe le Soleil de ses sabots, il tonne, et l’éclair est produit par l’agitation de sa queue. Le vent émane du souffle de son galop, et la pluie de la chute de flocons de laine de sa toison. Il est l’œil du dieu suprême pour les pygmées Semong et les Bochimans. Chez les Dogons du Mali, il est femelle, représenté comme un pot de terre chauffé à blanc (image de la matrice), entouré d’une hélice de cuivre fécondante, image que l’on retrouve aussi chez les Fali du Cameroun.


En Asie.

En Chine, de multiples soleils embrasaient la Terre (il y en avait dix), répandaient la sécheresse et s’opposaient à la pluie fécondante : nous sommes ici en présence d’un aspect destructeur de l’astre. Ils durent être abattus à coups de flèches de l’Arbre de Vie, symbole de la résurrection. C’est le Yang par rapport à la Lune Yin, principe actif de la connaissance, plus philosophique que mythique. C’est souvent l’emblème de Vishnu et de Bouddha (appelé l’Homme d’or, le Bouddha-Soleil dans certains textes chinois).
Les Veda font du Soleil le centre du ciel, le cœur du monde. Demeure de Brahma, il est l’esprit universel, au centre de la roue zodiacale.

Au total, les grandes civilisations orientales dont du Soleil plus un symbole qu’une véritable divinité.


Quelques survivances.

Dans les religions judéo-chrétienne et islamique qui ont rythmé nos civilisations, il n’y a aucun mythe solaire ; le Soleil n’est pas Dieu mais il est soumis à sa puissance : dans le Livre de Josué, ce dernier fort de l’aide de Yahvé, fit arrêter le Soleil, immobile un jour entier au milieu du ciel. Mais le christianisme sut très bien intégrer les fêtes païennes, et la nativité du Christ fut célébrée à Noël pour le solstice d’hiver, alors que, au solstice d’été, nous conservons les vieilles traditions des feux de la St-Jean.

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Re: Le Soleil, mythes et légendes

Message par Archange le Sam 15 Mar - 20:06





Le Mythe solaire ou du cycle du jour


Il est des mythes et des légendes qui se retrouvent dans un grand nombre de civilisations. En ce qui concerne la création et l’au-delà, le commencement et la fin, on le comprend aisement. Il en est de même pour les origines du Soleil. Bienfaisant ou sanguinaire, volant sur un char ou naviguant sur une barque, l’astre vit des aventures à rebondissements.

Saisis d’admiration, de vénération, d’adoration devant la splendeur lumineuse du Soleil créateur, comme aussi devant le Nil (iterou) nourricier et le miracle cyclique de la végétation, les Égyptiens ne peuvent pourtant cesser de s’angoisser.

Le soleil moribond du soir ressuscitra-t-il, vigoureux, au lendemain matin ? Chaque cycle qui se termine - qu’il soit diurne, saisonnier, politique (règne royal), humain (le cours d’une vie) - est comme menacé de ne pas recommencer, de mourir pour de bon, de ne pouvoir renaître, de retourner au « sommeil » (Chaos) dont il a « la première fois » émergé.



Source : Collectif, Passion de l’Égypte, Collection de fiches - Éditions Atlas, 1997


Y aura-t-il une “nouvelle fois” ce qu’il y a eu la “première fois” ? On comprend mieux pourquoi, dans les conditions mêmes de cette angoisse existentielle, le mythe de la Première Fois revêt tant d’importance et de valeur exemplaire. Et combien, chaque réapparition du Soleil, l’astre-dieu, créateur par excellence, est fêtée comme une victoire de la Lumière sur l’Obscurité, de la Création sur le Chaos, comme une répétition de la première émergence.

C’est dans et sur ce grand océan d’eaux primordiales (Noun) qui entoure la terre et qui est tout autant le haut ciel bleu que les noirs abîmes en dessous de la terre, que la barque solaire navigue. De jour, dans le ciel, Rê rayonne, mais de moins en moins vigoureux. Et de nuit, sous terre, il est affaibli et menacé.

Mais c’est sous terre, dans le Noun ténébreux qu’il éclaire à peine, que Rê affaibli va retrouver, va puiser la force de « renaître » et de repousser ce qui tente de faire obstacle à sa réapparition triomphante et rayonnante comme au Premier Matin, comme la « Première Fois ». Étant donné cette fonction incomparable, il n’est pas étonnant que Rê, le créateur par excellence, partie de la Triade-Un de l’Énnéade héliopolitaine, demeurera durant toute l’histoire pharaonique le grand dieu national.

Beaucoup de mythes racontent ses faits et gestes qui ne diffèrent des récits des prêtres théologiens que par leur anthropomorphisme plus « réaliste », « trop humain » ou par des péripéties qui nous semblent, à nous, « indignes » des dieux.



Rê, roi des dieux

Le seul dieu important, adoré de façon constante, fut Rê, roi des divinités cosmiques. Son culte débuta probablement au Moyen Empire (v. 2000 av. J.-C.) et prit par la suite les proportions d’une religion d’État. Le dieu fut confondu peu à peu avec Amon lorsque les dynasties thébaines prirent le pouvoir : il devint alors le dieu suprême Amon-Rê. Au cours de la XVIIIe Dynastie, le pharaon Aménophis III donna au dieu du Soleil le nom d’Aton, terme ancien pour désigner la force solaire physique. Mais c’est son fils et successeur, Aménophis IV, qui accomplit une véritable révolution religieuse en Égypte, en proclamant qu’Aton était le seul et le vrai dieu. Il changea son propre nom en celui d’Akhenaton (ou Akhnaton), terme qui signifie « Serviteur d’Aton ». Ce pharaon, le premier grand adepte du monothéisme, fut un iconoclaste ; il fit effacer des monuments le nom de « dieux » mis au pluriel, et persécuta sans relâche les prêtres d’Amon. Malgré l’influence considérable qu’elle exerça sur l’art et sur la pensée des contemporains, la religion solaire voulue par Akhenaton ne lui survécut pas, et l’Égypte revint à son polythéisme antérieur après la mort d’Akhenaton sous le règne de son successeur Toutankhamon.



Voyage de Rê sur la barque sacrée

Maintenant, Seth a rejoint Rê (son arrière grand-père) à bord de la barque mandjet où il a navigué tout le jour. Il est Atoum, le Soleil couchant, le dieu à tête de bélier. Il a traversé le ciel d’est en ouest et s’approche du port du soir, près de la bouche de Nout, la déesse du ciel courbée au-dessus de la terre. Là, le fleuve du ciel s’élargit. Une nouvelle embarcation, la barque solaire de la nuit, meserket, attend Atoum et ses compagnons.

Les membres de l’équipage : Ouadjet, le cobra royal (l’Œil de Rê) devenu son gardien ; Seth, l’ardent, qui porte une lance et des couteaux bien affutés ; une nuée de petits génies armés jusqu’aux dents et, juste devant Atoum, la tranquille déesse de la vérité, Maât, assise et portant une plume sur la tête.

Avalés par Noun, ils pénètrent dans une région pleine d’ombre, le Nil souterrain, un fleuve de sable sans eau ni vent. C’est le royaume des morts.


Illustration du mythe solaire chez les Égyptiens
Source : Magazine Géo n° 318, août 2005
Curieux et respectueux, les défunts s’assemblent près de la barque nocturne pour profiter du faible éclairage dispensé par Atoum. Chacun espérant (mais il lui faudra une autorisation écrite de Thot, le Scribe divin à tête d’ibis) accompagner le soleil au-dessus de la terre, chante les louanges d’Atoum et saisit une corde pour tirer la barque sacrée. Leur “ba” (l’essence de la personnalité de l’individu), représenté par un oiseau à tête humaine, pourra alors virevolter au-dessus des régions aimées où il fait bon vivre. Quand ce ne sont pas les morts, ce sont les étoiles (celles que l’on nomme les « infatigables ») qui emportent l’embarcation jusqu’à la caverne de la première heure de la nuit. Une porte monumentale la défend. Une déesse est chargée d’acceuillir Atoum qui nomme au passage toutes les divinités, tous les personnages ou monstres qui se tiennent sur la rive. S’ils avaient le projet de lui nuire, les voilà paralysés par la parole du dieu.


Plafond solaireNout, déesse du ciel, s’étend sur tout le plafond. Ses mains et ses pieds touchent le sol, formant ainsi la voûte céleste.

La partie haute représente le livre de la nuit (étoiles).
La partie basse représente le livre du jour (disque solaire) : à gauche, Nout donne naissance au soleil le matin (sous la forme du scarabée Khépri) et, à droite, elle l'avale au crépuscule.

On voit le soleil à la fois traverser son corps sous forme de disques représentant les heures et parcourir le ciel dans la barque solaire qui est parfois tirée par des chacals.

Le voyage ne fait que commencer : il y a douze heures à traverser, douze portes bien défendues, douze cavernes profondes. Et soudain, c’est l’attaque ! Le grand serpent Apophis a surgi. Il déroule ses anneaux interminables et cherche à renverser l’embarcation et ses passagers. Seth s’est élancé et, avec lui les petits génies. Ils plantent leurs couteaux qui hérissent le corps d’Apophis sans lui faire lâcher prise. Puisqu’il le faut, ils lancent des flêches, avec des arcs, s’ils en ont, et s’ils n’en ont pas, tant pis, ils les crachent, ça marche aussi. Apophis est terrassé. La barque peut continuer.


Osiris, juge des morts

Au cours de leur voyage, Atoum et son équipage pénètrent dans la grotte d’Osiris. C’est là que, devenu dieu de l’Au-Delà, celui-ci juge les morts, les rois comme les enfants, les nobles comme les paysans. Tous ont droit à la vie éternelle, s’ils ont pu être momifiés avant d’être enterrés.
C’est une longue histoire qui vaut la peine d’être racontée, mais seulement quand le soleil aura terminé sa journée.
 --> voir  : Le Mythe de la mort (lien en pied de page)

Pour l’instant, il s’approche de la douzième porte. La nuit va se terminer. Atoum à tête de bélier est arrivé dans la queue d’un grand serpent, bienfaisant celui-là, appelé le serpent des dieux, long de presque un kilomètre !


Maintenant, bien à l’abri, Atoum change de nom et de tête. Il devient Khépri et prend la forme d’un scarabée. Comme l’insecte qui pousse devant lui une boule de terre et de débris bien plus grosse que lui, Khépri va faire tourner la planète terre. Il est le jeune soleil levant. Khépri ne met pied à terre que pour changer de barque et prendre celle de jour, qui navigue grâce au vent.


Illustration du mythe solaire chez les Égyptiens
Source : Magazine Géo n° 318, août 2005


Les métamorphoses du soleil ou le mythe du cycle du jour
Le mythe décrit le combat que mène Rê chaque nuit contre les « forces du chaos » représenté par le serpent Apophis afin de permettre la réapparition du soleil chaque matin sur le « monde d’en haut ». Maître des dieux, Rê parcourt le ciel d’est en ouest pour dispenser généreusement la lumière et la chaleur du soleil. En sa personne, vénérée dans le pays tout entier, il résume les trois phases de la course céleste de l’astre symbolisant les trois moments de la vie des hommes, l’enfance, l’âge adulte et la vieillesse.

Triomphant, Khépri passe alors entre les cuisses de Nout et se montre à l’est de la terre. Ni Seth ni personne ne l’abandonne, car beaucoup d’ennemis peuvent surgir : les tempêtes, les pluies et l’abominable Apophis qui, à midi, invente de boire l’eau du fleuve céleste pour tenter d’immobiliser la barque. Les génies ne le laissent pas faire et le forcent à tout recracher.


Les trois formes du soleilScarabée (Khépri) et homme à tête de bélier (Atoum) dans le disque (Rê).
Entrée de la tombe de Séthy II, Vallée des Rois - Thèbes-Ouest

Le soleil se métamorphose une troisième fois : il est Rê, l’astre triomphant. Son image est le disque solaire, rayonnant. C’est lui qui fait pousser et mûrir les récoltes et permet la vie en Égypte.

En déclinant le soir, il devient Atoum à tête de bélier, s’adoucit et s’achemine vers son coucher, à l’ouest de la terre.

Les aventures et les dangers de la nuit recommencent pour lui. Toujours à l’affût, ses défenseurs vont encore se surpasser. C’est dans ces combats, dit-on, qu’Atoum retrouve l’énergie qu’il déploie le jour en réchauffant la terre. Il est le dieu qui ne dort jamais afin que la vie au goût de miel recommence sans cesse en Égypte, pour les hommes comme pour les dieux.



Le voyage nocturne de Rê

Le livre des Morts nous donne le trajet accompli par Rê pendant les douze heures nocturnes. À chaque heure de la traversée du soleil dans la Douat (l’au-delà) correspond une étape. En voici une des nombreuses variantes.

Première heure : Grande Cité (Net-Ra) - C’est l’heure du passage, la barque de Rê entre sous l’horizon. Neuf divinités à tête de chien, précédées par des déesses, lui ouvrent les portes.
Rê a une tête de bélier et se nomme alors « chair ».

Deuxième heure : Champs d’Ouernes - Rê se purifie et change de barque. Des personnes apportent des offrandes récolées, épis de blé et pousses de palmier.
Rê établit le droit des dieux des céréales.

Troisième heure : Champ des dieux des céréales (Net-neb-ua-kheper-aut) - Rê est accueilli dans le domaine d’Osiris. Les divinités protègent et acclament Rê.
Rê ressuscite Osiris.

Quatrième heure : Grotte de la vie des formes (ankhet-kheperu) - C’est le territoire hostile de Sokaris, à tête de faucon, dieu des morts memphite (assimilé à Osiris). La porte devant laquelle il se trouve est gardée par des dieux serpents.
La barque de Rê, transformée en serpent, glisse sur le sable, halée par des divinités. Derrière la porte : le tombeau d’Osiris et le corps de Sokaris.

Cinquième heure : Grotte de Sokaris - Même contrée, les ténèbres sont absolues. La barque solaire se retrouve face à une butte de sable donnant naissance au scarabée (Khépri, symbole du renouveau). Des gardiens surveillent le cœur de la butte.
Rê sort victorieux et régénéré : il peut accéder au domaine de Sokaris.

Sixième heure : Eaux profondes (metchet-mu-nebt-tuat) - La barque retrouve enfin le fleuve pour traverser la région où repose Osiris. La barque de Rê est précédée de Thot (représenté en babouin) tenant un ibis sacré. Khépri est prisonnier d’un serpent à cinq têtes.
Rê prend alors l’aspect du mort pour l’observer. Le voyage réel de Rê vers la vie commence.


Modèle de bateau provenant de la tombe de Toutankhamon.
MCMXCVIII © Éditions Atlas

Septième heure : Ville de la grotte mystérieuse - C’est l’heure la plus dangereuse du voyage. C’est là que règne le redoutable et belliqueux serpent Apophis. Rê assiste à l’exécution de ses ennemis.
Apophis est cloué au sol par des couteaux (il existe plusieurs versions de ce passage : Apophis est terrassé par la magie d’Isis, par Seth ou encore par Myesis le lion, fils de Bastet). C’est à cet endroit que se trouve le tombeau d’Osiris, formé de quatre monticules (quatre pour les quatre formes du soleil, comme les quatre directions terrestres). Chaque monticule renferme une âme : Khépri – Atoum – Osiris – Rê. Horus est alors présent et trône devant les dieux alors que les déesses se dirigent vers la sépulture d’Osiris.

Huitième heure : Ville des sarcophages du dieu (Tebat-neteru-s) - Rê traverse la région des morts, précédée par des divinités qui détruisent les ennemis du dieu Rê. Les habitants de cette contrée se tournent vers le Soleil qu’ils n’ont pas revu. Leurs voix s’élèvent sous la forme d’un grand miaulement de chat.
De nombreuses divinités se manifestent pacifiquement à Rê.

Neuvième heure : Ville des manifestations vivantes (Best-aru-ankhet-kheperu) - Douze uraeus, gardiens d’Osiris, protègent le dieu Rê par leurs flammes. C’est la contrée où les rameurs obscurs de la barque de Rê rentrent chez eux, dans les cavernes de la douat, le monde inférieur. Désormais Rê n’a plus besoin de leurs services.

Dixième heure : Ville des eaux profondes et des rives escarpées (Metet-qa-utchebu) - Douze divinités précèdent la barque solaire, protégeant le dieu Rê de ses ennemis.
Rê se transforme en scarabée. Il se nomme alors Khépri et prépare sa renaissance.

Onzième heure : Ville du décompte des cadavres (Re-en-qerert-apt-khatu) - Les yeux s’ouvrent à la vérité. Tous les ennemis ont été terrassés. La corde de halage de la barque redevient serpent.
Rê assiste au châtiment des non-justifiés qui doivent subir les tourments de l’enfer : ils sont plongés dans six brasiers.

Douzième heure : Grotte de la fin des ténèbres, ville de la beauté de Rê réincarné (kheper-khekiu-khau-mestu) - La transformation de Rê est accomplie. Son corps renaît au monde céleste sous sa forme définitive du scarabée Khépri. Rê s’installe sur sa nouvelle barque, blotti contre le sein de Nout, déesse du ciel, fille de Shou, le souffle et de Geb, la matière (terre). Tous les défunts, restés dans la douat, contemplent la transformation de Rê et l’acclament.
Rê quitte alors sa barque nocturne pour prendre sa barque diurne et entamer un nouveau cycle de vie.

Il parcourt ainsi les deux Royaumes, diurne et nocturne.

Parfois il s’arrête dans son palais du ciel (akhet) pour recevoir ses courtisans ou le pharaon en compagnie de Maât.



La moquerie des hommes

Un autre mythe raconte que Rê, devenu vieux et décrépit, fut la cible des moqueries des hommes. Irrité, il lança contre eux son « œil » qui, prenant la forme de la déesse Hathor (laquelle se transforma en lionne), commença à massacrer les hommes sacrilèges.

Comme le carnage prenait des proportions incompatibles avec la bonté de Rê qui ne tenait nullement à exterminer l’espèce humaine, il profita du sommeil de la lionne divine, qui faisait une pause entre deux carnages, pour répandre autour d’elle une liqueur enivrante, couleur sang. À son réveil, Hathor y goûta et s’enivra, oubliant ainsi de reprendre sa mission punitive.

Rê dégouté de l’humanité, se désinteressa de la conduite des hommes et se retira dans le Ciel où il mène désormais l’existence réglée du dieu soleil ayant définitivement quitté notre monde terrestre. Pour s’ccuper de celui-ci, il céda la place à plus jeunes que lui, Shou et Geb, lesquels à leur tour connaîtront semblables mésaventures avec le genre humain. Le flambeau de cette royauté finalement échoira à Horus, comme nous l’avons vu précédemment.
 --> voir  : Le Mythe osirien (lien en pied de page)
Le nom de Rê

Connaître un nom est un pouvoir. Un des mythes raconte comment Isis, alors simple servante de Rê, parvint à lui extorquer son nom secret et à accroitre ainsi sa puissance de magicienne. En effet, profitant de la sénilité du vieux roi qui bavait, elle fabriqua un serpent venimeux avec de la terre imprégnée de la salive royale. Le serpent ayant piqué Rê, Isis refusa de le soigner à moins qu’il ne lui révélât son nom secret. Cédant à la douleur et au chantage, Rê lui révéla son nom caché, son vrai nom, le faisant passer, à l’insu de tous les autres dieux, directement de son corps au sien.

Le texte égyptien ne l’a pas noté. Cela reste un secret entre Rê, Isis et peut-être Horus. Personne ne semble en avoir abusé, puisque Rê est resté le maître de l’univers.

La ruse d’Isis

Le texte de cette légende a été retrouvé sur un papyrus datant d’environ 1250 avant J.-C. (XIXe dynastie). Il met en scène Isis, fille de Râ, sœur et épouse d’Osiris. Déesse magicienne, elle sait aussi être habile et cruelle. Même Râ, le soleil, se laisse prendre à ses pièges :

Paroles du dieu qui vint à l’existence de lui-même, qui créa le ciel, la terre et l’eau, le souffle de la vie et le feu, les divinités et les hommes, le bétail, les serpents, les oiseaux et les poissons ; le roi des hommes et des dieux réunis, dont les limites vont au-delà des années, et possédant beaucoup de noms, inconnus de celui-ci ou inconnus de celui-là.

Isis était une femme intelligente ; son cœur était plus habile que celui de millions d’hommes ; elle avait plus de discernement qu’un million de dieux ; elle était plus judicieuse qu’un million d’esprits. Elle n’ignorait rien de ce qui était dans le ciel et sur la terre, à l’égal de Rê, qui avait créé ce qui est sur la terre. Mais elle souhaitait, en son cœur, connaître le nom de ce dieu auguste.

Râ, chaque jour, entrait à la tête de son équipage et s’asseyait sur le trône des Deux Horizons. Le grand âge du dieu rendait sa bouche molle ; aussi laissait-il tomber sa salive sur le sol, ou bien il la crachait en la jetant à terre. Isis [un jour] la pétrit en ses mains avec la terre sur laquelle elle se trouvait ; elle lui donna la forme d’un serpent sacré, et le modela tel un trait [prêt à s’élancer]. Mais, devant elle, il ne bougea pas ; aussi put-elle le placer à la croisée des chemins que le dieu auguste avait coutume de suivre, selon son désir, sur le Double Pays.

Le dieu fit son apparition hors des portes [de son palais], tandis que les divinités du palais étaient en sa suite, afin de se promener, comme chaque jour. Alors le serpent sacré le mordit, et le feu de la vie sortit de lui, puis l’animal se cacha dans les roseaux. Le dieu ouvrit la bouche et la voix de Sa Majesté atteignit le ciel. Son Ennéade dit : « Qu’est-ce donc ? Qu’est-ce donc ? » ; ses dieux dirent : « :Quoi donc ? Quoi donc ? » Il ne pouvait leur répondre, ses lèvres tremblaient, ses membres étaient secoués, car le poison avait pris possession de son corps, de même que le grand Nil charrie tout derrière lui.

Le grand dieu affermit alors son cœur et il appela ceux qui étaient en sa suite : « Venez à moi, vous qui êtes venus à l’existence hors de mon corps, dieux qui êtes issus de moi, afin que le vous fasse connaître ce qui m’est arrivé. Une chose douloureuse m’a mordu. Mon cœur ne la connaît pas, mes yeux ne l’ont pas vue, ma main ne l’a pas faite. je ne reconnais en elle aucun des éléments de ma création. Mais je n’ai jamais ressenti une souffrance comme celle-là ; il n’y a rien de plus pénible que cela. je suis un Souverain, fils de Souverain, une semence divine venue à l’existence comme dieu. Je suis le Grand, fils du Grand, celui dont le nom fut pensé par son père. J’ai beaucoup de noms et beaucoup de formes. Ma forme est aussi en chaque dieu. Je suis celui que l’on appelle Atoum et Horus le Loué. Mon père et ma mère m’ont dit mon nom, et je l’ai caché en mon corps [hors de portée] de mes enfants, de peur qu’un pouvoir soit donné à un magicien contre moi. Or je sortais pour voir ce que j’avais créé, je me promenais sur le Double Pays que j’avais fait, lorsqu’une chose me mordit que je ne connais point. Ce n’est pas le feu, ce n’est pas l’eau, mais mon cœur brûle, mon corps tremble et mes membres ont froid. Que mes enfants, les dieux, me soient amenés, avec des paroles bénéfiques - [les dieux] qui savent les formules magiques et dont la connaissance atteint le ciel. »

Alors les enfants du dieu vinrent à lui, chacun d’eux se lamentant. Isis s’en vint avec son pouvoir et ses incantations magiques, possédant le souffle de la vie, avec ses incantations magiques pour repousser la maladie, avec ses paroles capables de rendre la vie à une gorge qui étouffe. Elle dit : « Qu’est-ce donc ? Qu’est-ce donc ? ô mon divin père ! L’un de tes enfants aurait-il levé la tête à ton encontre ? Alors je le ferai tomber grâce à mon pouvoir magique parfait, et je ferai qu’il soit chassé de la vue de tes rayons. »

Le dieu auguste ouvrit la bouche : « En vérité, je marchais sur le chemin, je me promenais dans le Double Pays, mon cœur souhaitant de revoir ce que J’avais créé, lorsque je fus mordu par un serpent que je n’aperçus même point. Ce n’est pas le feu, ce n’est pas l’eau, mais je suis plus froid que l’eau et plus chaud que le feu ; tout mon corps transpire, et je tremble ; mon regard n’est pas ferme, je ne vois plus ; et le ciel fait que l’eau inonde mon visage comme au temps de l’été. »

Isis répondit : « Dis-moi ton nom, mon divin père ! Car un homme revit lorsqu’il est appelé par son nom. » &laqio; Je suis celui qui a fait le ciel et la terre, qui a lié les montagnes, qui a créé ce qui existe sur eux. je suis celui qui a fait l’eau, de telle sorte que la vache [nommée] Mehet-Ouret put venir à l’existence J’ai fait le taureau pour la vache, de telle sorte que la jouissance sexuelle vint aussi à l’existence. je suis celui qui a fait l’empyrée et les mystères des deux horizons, j’ai placé là les ba des dieux. je suis celui qui fait venir la lumière lorsqu’il ouvre les yeux, et amène l’obscurité lorsqu’il les ferme. L’eau du Nil coule selon son ordre, celui dont les dieux ignorent le nom. Je suis celui qui a fait venir à l’existence les heures et les jours, je suis celui qui a établi la répartition des fêtes de l’année, et qui a créé le fleuve. Je suis celui qui a fait le feu de la vie, afin de donner existence aux œuvres des temples. je suis Khepri au matin, Râ au zénith, Atoum dans le soir. »

Mais cela n’arrêta pas le poison dans sa course, et le grand dieu ne se remettait point.

Isis dit alors à Râ : « Ton nom n’est pas parmi ceux que tu m as dits. Dis-le-moi donc, et le poison sortira, car un homme revit lorsque son nom est prononcé. »

Le poison brûlait de [toute] sa brûlure, il était plus fort que la cuisson du feu. Alors Râ dit : « Prête-moi tes oreilles, ma fille Isis, de telle sorte que mon nom passe de mon corps dans ton corps. Le plus divin des dieux l’a caché, pour que ma place soit vaste dans le navire des millions d’années. Lorsqu’il sera sorti de mon cœur, dis-le à ton fils Horus, en le liant par un serment divin, en ayant placé Dieu devant son regard. » Et le grand dieu divulgua son nom auprès d’Isis, la Grande Magicienne. « Écoule-toi, poison du scorpion. Sors de Rê et de l’Œil d’Horus ! Sors du dieu, ô brûlant, selon mon incantation ! je suis celle qui agit et je suis celle qui chasse. Va-t’en dedans la terre, puissant poison ! Vois, le grand dieu a divulgué son nom. Rê vit, le poison est mort ! » Selon les mots d’Isis, la grande magicienne, la maîtresse des dieux, qui connaît Rê par son nom. Paroles à prononcer sur une figure d’Atoum, Horus le Loué, une figure d’Isis et une image d’Horus, peintes sur la main du malade et qui doivent être léchées par cet homme. Cela peut être fait aussi sur une bande de lin très fin que l’on placera sur la gorge du malade. Ceci est un procédé pour agir contre le poison du scorpion. Ou bien encore, on pourra agir [de même] avec de la bière et du vin qui sera bus par l’homme qu’un scorpion a mordu. C’est cela qui détruit le poison. Vraiment efficace, un million de fois.



Le soleil brille aussi dans l’au-delà

Stèle de la Dame de Tanetperet
La défunte prie le Soleil à son zénith, Rê-Horakhty, qui se confond avec Horus, le dieu à tête de faucon, paré du disque solaire qui le caractérise au-dessus de la tête. Elle lui présente en offrande une table garnie de mets et reçoit ses rayons bienfaisants figurés par des fleurs de lotus. Le cadre cosmique de la scène est formé par le hiéroglyphe du ciel ici légèrement cintré, soutenu par les plantes héraldiques des deux terres : à gauche, le papyrus pour la Basse-Égypte ; à droite, le lotus pour la Haute-Égypte. Ces deux plantes surgissent d’une tête d’homme à même le sol, qu’il faut peut-être interpréter comme le symbole de l’humanité entière.

Troisième période intermédiaire, XXIIe dynastie, vers 850 av. J.-C.
Musée du Louvre, Paris

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