La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

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La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Mer 19 Fév - 21:21

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Dernière édition par Archange le Jeu 27 Fév - 21:46, édité 1 fois

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Mer 19 Mar - 19:31

tchektuf a écrit:  quand on voit que la crimée risque d'être le point de départ d'une réorganisation du monde,on peut rester songeur
c'est dans cette région que la paix a été décidée à Yalta  en février 1945 avec 2 francs maçons:Roosevelt et Churchill et un tyran staline .(que du beau linge) que risque de se rallumer les feux de la guerre.

ah oui c'est vrai ça!  Shocked décidément............ c'est vraiment open bar pour Ahriman et sa clique de serviteurs....





http://french.ruvr.ru/news/2014_03_18/Un-OVNI-surveille-l-Ukraine-2446/



Un OVNI « surveille » l’Ukraine





Par La Voix de la Russie |  Une vidéo publiée sur YouTube connait une grande popularité sur internet. Sur ces images, on peut voir assez distinctement dans le ciel un objet en forme de cigare. Cet OVNI ne ressemble visiblement en rien à un appareil volant créé par l’homme. La légende indique que l’OVNI a été filmé au-dessus de la ville de Korosten, dans la région de Jytomyr, le 6 mars 2014.

La nouvelle concernant cette OVNI au-dessus de Korosten s’est rapidement répandue sur les pages de plusieurs médias en ligne, lançant des rumeurs sur l’arrivée de « visiteurs de l’espace » dans une Ukraine martyre dans une période aussi difficile.



Un ovni en Ukraine
Un avion disparu tel une épée de Damoclès au dessus de nos têtes...
J'ignore ce que les infâmes scénaristes des événements mondiaux ont décidé mais on va pas tarder à le savoir visiblement...

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Jeu 20 Mar - 13:07

La Grèce, Chypre et la crise ukrainienne

http://www.mondialisation.ca/la-grece-chypre-et-la-crise-ukrainienne/5374345

La réunification de la Crimée à la Russie marque le début de la fin de l’attractivité et de l’hégémonie du bloc États-Unis/Union européenne sur le continent européen, et probablement dans le monde. Pour Savvas Kalèdéridès, ce renversement historique bouleverse également la politique énergétique européenne et remet en question le tracé des voies d’approvisionnement. La question de Crimée va rebondir, l’un après l’autre, sur tous les aspects de la politique en Europe et particulièrement dans les Balkans.

Dans un article précédent, nous avions qualifié de « mémorables » les événements survenus en Ukraine, car l’Occident limite l’influence du facteur russe en Europe, et particulièrement dans un pays d’importance stratégique pour les intérêts de Moscou et ayant des liens historiques avec la Russie, telle que la ville natale de l’épique cosaque Tarass Boulba.

Nous les caractérisions de « capitaux » parce qu’ils clôturent en fait aujourd’hui le chapitre de la dissolution de l’Union Soviétique, l’Occident terminant son activité d’affaiblissement et de repoussement du facteur russe hors d’Europe, qui avait commencé au lendemain de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, et avait pour but de « contenir » la Russie sur ses frontières, lui laissant en Europe le seul bastion de la Biélorussie d’Alexandre Loukachenko et de l’enclave de Kaliningrad .

Ces développements capitaux, au-delà des réarrangements au sein de l’Ukraine elle-même, avec la réunification de la Crimée à la Russie, et peut-être l’autonomisation des régions russophiles de l’Est et du Sud de l’Ukraine, vont peser sur un certain nombre de questions, qui, dans un sens ou dans un autre affectent la Grèce et Chypre.

Voyant que parallèlement au déroulement de la crise en Ukraine, l’Union européenne soulève la question du gel de la construction du gazoduc South Stream —lequel a assuré son financement et dispose des réserves nécessaires à son approvisionnement—, la première chose qui vient à l’esprit de quiconque observe avec recul, c’est la chute du gouvernement Karamanlis. Il avait apparemment pris une décision d’une si grande importance qu’il gênait certains centres de décision possédant la force capable d’initier et de créer non seulement les événements en Ukraine mais aussi dans l’Union européenne elle-même.

Cette évolution, d’autre part, en ce qui concerne le South Steam —étant donné que 70 % à 80 % du gaz russe qui est dirigé vers les marchés à forte consommation de l’UE passe par des gazoducs traversant le territoire ukrainien—, montre que l’Europe ferme volontairement et à dessein les routes d’accès au gaz russe, facilitant ainsi l’ensemble du plan d’exploitation des champs de gaz en Méditerranée orientale et en Grèce, mais aussi la construction du gazoduc qui transportera ce gaz naturel vers l’Europe, et nous espérons pour notre part qu’il s’agira de celui de la Méditerranée orientale (East Mediterranean Pipeline).

Un autre développement qui concerne la Grèce à propos de la réunification de la Crimée à la Russie est la possibilité qui s’offre pour les forces pro-russes dans les régions orientales et méridionales de l’Ukraine d’exiger leur autonomie, ce qui conduirait à l’exclusion de l’Ukraine pro-occidentale de la mer d’Azov et du Pont-Euxin (mer Noire).

Une telle évolution transformerait l’Ukraine pro-occidentale en un pays enclavé, dépendant directement de l’Europe et de la Russie dominante dans le Pont-Euxin (mer Noire), principalement au détriment de la Turquie, modifiant l’équilibre des forces en présence et lui permettant d’établir une nouvelle carte géostratégique dans la région.

Et cela parce que la Russie dominante dans le Pont-Euxin (la mer Noire) exercerait de facto une pression sur la Turquie et le détroit du Bosphore, alors que parallèlement elle consoliderait sa présence en mer Égée et en Méditerranée orientale.


Ces deux questions découlant de la situation en Ukraine, à savoir l’énergie et la géopolitique, devraient être une préoccupation majeure pour la Grèce et Chypre, en ce qui concernent nos intérêts nationaux et au vu des expériences négatives du passé, quand notre inexpérience géopolitique nous a coûté si cher, à notre pays et à l’hellénisme .

S’agissant de géopolitique, la Grèce devra gérer politiquement la question de la présence de la Russie en mer Égée et dans la Méditerranée orientale, étant donné, en particulier, l’intérêt perpétuel et le soutien de Moscou à Chypre, quelque soit la raison pour laquelle ces décisions furent prises.

En qui concerne la composante énergétique, comme déjà mentionné, l’exclusion possible ou la limitation de l’approvisionnement de l’UE en gaz russe, privilégient les projets d’exploitation des gisements de Chypre et de la Grèce, mais aussi la construction du gazoduc qui devrait transporter ce gaz naturel vers l’Europe.

Et c’est là justement qu’il faudrait concentrer la plus grande attention, parce que si le gaz d’Israël et de Chypre était finalement transporté par un gazoduc passant par la Turquie, cela annulerait le projet du gazoduc de la Méditerranée orientale (East Mediterranean Pipeline), ce qui constituerait une défaite stratégique pour l’Hellénisme.

De toute évidence, aux faits décrits ci-dessus, il faut y ajouter l’impératif indispensable de protection qu’Athènes devra assurer pour les 150 000 Grecs d’Ukraine et pour les 150 000 à 200 000 Grecs de Russie.

Par conséquent, une fois de plus, le temps est venu, pour les stratèges d’Athènes et de Nicosie, de prendre à nouveau leurs crayons !
Savvas Kalèdéridès

Article original : Δημοκρατία της Κυριακής

Traduction : Christian, voltairenet.org
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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Jeu 20 Mar - 14:38

Le nouveau Gladio en Ukraine
par Manlio Dinucci


pour comprendre ce qu'est gladio
consulter le 2éme article de ce post en le lisant ,si vous en avez le courage,vous aurez à vous demander pourquoi cela n'est révélé que maintenant et ce que vaut votre compréhension du monde

http://www.voltairenet.org/article182785.html

Revenant sur le coup d’État de Kiev et sur les différentes informations que nous avons publiées au cours des événements, Manlio Dinucci décrit le dispositif des États-Unis et de l’Otan tel qu’il apparaît aujourd’hui : un nouveau « Gladio », c’est-à-dire une structure militaire secrète capable de manipuler les faits politiques.
Pour paraphraser une célèbre série états-unienne : « Le Pentagone niera avoir eu connaissance de vos agissements… »
Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 18 mars 2014
italiano  Español
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« Delta », vétéran de l’armée israélienne dirigeant un commando militaire lors du coup d’État de Kiev

Son nom de guerre est Delta. C’est un des chefs militaires de la « révolution ukrainienne » même si, comme il le déclare lui-même, il ne se considère pas comme Ukrainien. Sous le casque il porte la kippa. C’est l’agence de presse juive Jta (dont le siège est à New York) qui en raconte l’histoire, après l’avoir interviewé de façon anonyme, en le photographiant en tenue de camouflage et gilet pare-balle, le visage couvert par des lunettes et une écharpe noires [1].

Delta est un vétéran de l’armée israélienne, qui s’est spécialisé en combat urbain dans la brigade d’infanterie Givati, utilisée dans l’opération Plomb Durci et dans d’autres actions contre Gaza, notamment le massacre de civils dans le quartier Tel el-Hawa. Rentré en Ukraine il y a quelques années en habits d’homme d’affaires, il a formé et entraîné avec d’autres ex-militaires israéliens le peloton « Casques bleus de Maïdan », en appliquant à Kiev les techniques de combat urbain expérimentées à Gaza.

Son peloton, déclare-t-il à la Jta, est aux ordres de Svoboda, autrement dit d’un parti qui derrière sa nouvelle façade conserve sa matrice néonazie. Pour tranquilliser justement les juifs ukrainiens qui se sentent menacés par les néonazis, Delta souligne que l’accusation d’antisémitisme à l’égard de Svoboda est une « connerie ».

La présence en Ukraine de spécialistes militaires israéliens est confirmée par l’information, diffusée par la Jta et d’autres agences juives, que plusieurs blessés dans les affrontements avec la police à Kiev ont immédiatement été transportés dans des hôpitaux israéliens, évidemment pour empêcher que quelqu’un ne révélât d’autres vérités incommodes. Comme celle sur les gens qui ont entraîné et armé les snipers qui, avec les mêmes fusils de précision, ont tiré, place Maïdan, à la fois sur les manifestants et sur les policiers (presque tous touchés à la tête).

Ces faits apportent une nouvelle lumière sur la façon dont a été préparé et mis en œuvre le coup d’État de Kiev. Sous direction des USA et de l’Otan, à travers la CIA et d’autres services secrets, ont été pendant des années recrutés, financés, entraînés et armés les militants néonazis qui à Kiev ont donné l’assaut aux palais gouvernementaux, et qui ont ensuite été institutionnalisés comme « Garde nationale ».

Une documentation photographique, qui circule ces jours-ci, montre de jeunes militants néonazis ukrainiens de Uno-Unso entraînés en 2006 en Estonie par des instructeurs Otan, qui leur enseignent des techniques de combat urbain et d’utilisation d’explosifs pour des sabotages et des attentats [2]. L’Otan fit la même chose pendant la Guerre froide pour former la structure paramilitaire secrète de type « stay-behind », avec le nom de code « Gladio » [3]. Active aussi en Italie où, à Camp Darby (base étasunienne à côté de Pise) et dans d’autres bases, furent entraînés des groupes néofascistes en les préparant à des attentats et à un éventuel coup d’État. Une structure paramilitaire analogue a été créée et employée aujourd’hui en Ukraine, en se servant aussi de spécialistes israéliens.

Le coup d’État n’aurait cependant pas pu réussir si l’Otan ne s’était attachée une grande partie des sommets de la hiérarchie militaire ukrainienne, en les formant pendant des années au NATO Defense College et dans des « opérations pour la paix » sous conduite de l’Alliance atlantique. Et il n’est pas difficile d’imaginer que, sous le réseau officiel, ait été construit un réseau secret. Les forces armées ukrainiennes ont ainsi obéi à l’ordre de l’Otan de « rester neutres », pendant que le coup d’État était en cours. Ensuite, leur direction a été prise par Andriy Parubiy, co-fondateur du parti national-socialiste renommé Svoboda, devenu secrétaire du Comité de défense nationale, et, en habits de ministre de la Défense, par le contre-amiral Igor Tenjukh, lié à Svoboda.

À coup sûr est déjà en œuvre l’épuration (ou élimination) des officiers jugés non fiables. Tandis que l’Otan, qui a déjà de fait annexé l’Ukraine, déclare le référendum en Crimée « illégal et illégitime ».
Manlio Dinucci

Traduction
Marie-Ange Patrizio






Quand le Gladio fut découvert dans les États européens…





Fin 1990, le scandale Gladio éclate alors que le président français, François Mitterrand, prépare son opinion publique à l’entrée en guerre aux côtés des États-Unis en Irak. Il confie à son ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement (bras croisés sur cette photo) le soin d’étouffer la vérité. Les citoyens doivent ignorer que depuis un demi-siècle, une structure militaire clandestine dirige les États ouest-européens à l’abri des institutions démocratiques.

Cet article fait suite à « Quand le juge Felice Casson a dévoilé le Gladio »

===

Les journalistes étrangers réunis au club de la presse de Rome à l’été 1990 se plaignaient de la frilosité de leurs rédactions vis-à-vis de la délicate affaire Gladio et de sa dimension internationale. En effet, il faut rappeler le contexte délicat dans lequel survinrent les révélations du Premier ministre italien Giulio Andreotti devant le Sénat le 3 août sur l’existence d’une armée secrète stay-behind créée par l’OTAN dans toute l’Europe de l’Ouest . L’édifiante allocution eut lieu le lendemain du 2 août 1990, jour de l’invasion du Koweit par le dictateur irakien Saddam Hussein. À Paris, Londres et Washington, rédacteurs en chef et conseillers militaires craignaient que ce scandale n’entache sérieusement l’image de nombreuses démocraties occidentales et surtout perturbe les préparatifs de la guerre du Golfe. Le 2 août à New York, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, « effrayés par l’invasion du Koweït », avaient, avec l’assentiment de la Chine et de la Russie, fait adopter par le Conseil de Sécurité des Nations Unies la résolution 660, ordonnant « le retrait immédiat et inconditionnel de toutes les forces irakiennes des positions occupées au 1er août 1990 ».

En Occident et dans le monde entier, les médias étaient alors focalisés sur « la crise du Golfe » et relataient comment les USA, sous la présidence de George Bush senior, avaient engagé la plus grande opération militaire depuis la Seconde Guerre mondiale à la tête d’une coalition de pays rassemblant notamment l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et les Pays-Bas pour libérer le Koweït de l’occupation irakienne, au cours d’une opération baptisée « Tempête du Désert », en janvier et février 1991 [1]. Ainsi, les grands networks eurent simultanément deux étranges histoires à livrer au public : une guerre propre dans le golfe Persique et le scandale Gladio en Europe, qu’ils choisirent finalement d’étouffer [2].

Suite aux révélations du Premier ministre italien Giulio Andreotti, le scandale franchit les frontières de l’Italie quand, le 30 octobre, l’ancien Premier ministre socialiste de la Grèce Andreas Papandreou confirma dans le quotidien grec Ta Nea qu’il avait découvert, en 1984, une structure secrète de l’OTAN très similaire au Gladio italien dont il avait alors aussitôt ordonné le démantèlement. Des voix s’élevèrent pour réclamer une enquête parlementaire sur l’armée secrète et son rôle supposé dans le putsch des colonels de 1967 mais le gouvernement conservateur de l’époque ne donna pas suite. Le ministre de la Défense Varvitsiotis expliqua qu’un ancien attaché militaire grec à Washington qui avait travaillé pour l’OTAN examinerait les accusations mais annonça d’office : « Le gouvernement n’a rien à craindre » [3].

De Grèce, le scandale gagna ensuite l’Allemagne où, le 5 novembre, un parlementaire vert, Manfred Such, ayant pris connaissance de l’affaire dans le quotidien allemand TAZ, somma solennellement le gouvernement d’Helmut Kohl de s’exprimer sur l’existence soupçonnée de structures de type Gladio en Allemagne. Tandis qu’au ministère de la Défense allemand, on réfléchissait à la manière dont il convenait de traiter cette requête, la chaîne de télévision privée RTL provoqua l’indignation publique en révélant, au cours d’un reportage spécial consacré à Gladio, que d’anciens membres de la Waffen SS d’Hitler avaient fait partie de la branche allemande du réseau et que, dans de nombreux autres pays, des partisans de l’extrême droite avaient été enrôlés dans l’armée secrète anticommuniste.

La tension monta encore d’un cran lorsque le porte-parole du gouvernement allemand Hans Klein tenta d’expliquer, de manière confuse, que « le Gladio allemand n’était pas, comme on a pu le prétendre, un commando secret ou une unité de guérilla », et ajouta qu’il ne pouvait évoquer les détails à cause du secret-défense [4]. Les déclarations de Klein provoquèrent un tollé parmi les socio-démocrates et les verts de l’opposition qui y virent un tremplin à l’approche des élections fédérales. Le parlementaire Hermann Scheer, le spécialiste des questions de Défense du SPD, le parti social-démocrate allemand, compara ce mystérieux réseau à une sorte de « Ku Klux Klan », davantage voué à mener des opérations clandestines contre la population et l’opposition qu’à lutter contre une improbable invasion soviétique. Scheer insistait sur l’urgence de diligenter une enquête sur Gladio « avant qu’on puisse faire disparaître les preuves » [5]. « Cette affaire est du ressort du procureur général (Generalbundesanwalt) », expliqua Scheer, « car l’existence d’une organisation militaire secrète en dehors de tout contrôle gouvernemental ou parlementaire est totalement contraire à la loi fondamentale et relève, à ce titre, de la justice pénale » [6].

Le parlementaire social-démocrate Wilfried Penner, membre de la Commission parlementaire de contrôle (PKK) des services secrets allemands, précisa bien qu’il n’avait jamais entendu parler du réseau secret de l’OTAN ni « de ses ramifications mafieuses », et que « cette affaire devait être traitée publiquement, aux yeux de tous » [7]. Burkhard Hirsch, responsable des services secrets au sein du gouvernement et membre de la PKK, se déclara lui aussi « extrêmement inquiet » car « si quelque chose peut rester secret aussi longtemps, croyez-en ma longue expérience, ça cache forcément quelque chose de pourri » [8]. Cependant les voix s’élevant parmi les rangs du SPD pour réclamer une enquête officielle se turent rapidement quand le gouvernement chrétien-démocrate révéla que les ministres socio-démocrates eux aussi, durant leurs années au pouvoir, avaient couvert le secret. C’est pour cette raison que, en dépit des protestations émises par le parti des verts, l’affaire fut réglée à huis clos.

En Belgique, le soir du 7 novembre, le ministre de la Défense socialiste Guy Coëme confirma à une population effrayée qu’une armée secrète liée à l’OTAN avait aussi existé en Belgique. En faisant implicitement allusion aux tueries du Brabant —dans les années 1980, de mystérieux hommes vêtus de noir avaient ouvert le feu sur les clients de supermarchés, faisant de nombreux mort
s— le ministre ajouta : « Je veux maintenant découvrir s’il existe un lien entre les activités de ce réseau secret et la vague de crimes qui a ensanglanté notre pays durant ces dernières années » [9]. Affrontant les flashes de la presse, le Premier ministre belge Wilfried Martens, visiblement très préoccupé, déclara : « Je suis Premier ministre depuis maintenant 11 ans mais j’ai toujours ignoré l’existence d’un tel réseau dans notre pays ». Les journalistes relevèrent que le Premier ministre, « d’ordinaire si à l’aise en toutes circonstances », semblait cette fois « tout sauf détendu » [10]. Sur quoi, le Parlement belge décida de former une commission spéciale chargée d’enquêter sur le réseau stay-behind de Belgique. Après avoir obtenu le démantèlement du réseau un an plus tard, celle-ci présenta un précieux rapport public de pas moins de 250 pages [11].

Les parlementaires belges parvinrent à découvrir que l’armée clandestine de l’OTAN était toujours active. Ils apprirent que l’ACC, composé des généraux commandant les armées stay-behind de nombreux pays d’Europe occidentale, s’était réuni dans le plus grand secret à son quartier général bruxellois, les 23 et 24 octobre 1990. Ce conseil s’était tenu sous la présidence du général Raymond Van Calster, chef du Service général de Renseignement (SGR), les services secrets militaires belges. Van Calster entra dans une colère noire lorsque des journalistes parvinrent à remonter jusqu’à lui et le harcelèrent au téléphone. Il mentit une première fois à la presse en niant catégoriquement, le 9 novembre, avoir présidé la réunion internationale de l’ACC et en prétendant que Gladio était une affaire strictement italienne. Plus tard, il admit qu’un réseau secret avait effectivement été bâti en Belgique après la Seconde Guerre mondiale « afin de récolter des renseignements dans l’hypothèse d’une invasion soviétique » [12]. Tout en démentant énergiquement tout « lien direct avec l’OTAN », il refusa d’entrer dans les détails, mais affirma solennellement : « Nous n’avons rien à cacher » [13].

En France, le gouvernement du Président socialiste François Mitterrand tenta de minimiser l’affaire en faisant annoncer par un représentant quasi-inconnu que l’armée secrète « était dissoute de longue date [dans notre pays] » [14]. En outre, le général Constantin Melnik, chef des services secrets français entre 1959 et 1962, répandit dans le plus grand quotidien du pays la rumeur selon laquelle le Gladio français avait « probablement été démantelé sitôt après la mort de Staline en 1953 et ne devait plus exister sous la présidence de de Gaulle [c’est-à-dire après 1958] » [15]. La presse française se rangea derrière le gouvernement, alors en pleins préparatifs pour la guerre du Golfe, et se garda de poser des questions trop délicates, c’est ainsi qu’une « affaire qui faisait la une de tous les quotidiens d’Europe n’eut droit qu’à un entrefilet dans les journaux parisiens » [16].

Le Premier ministre italien Andreotti démonta implacablement le mensonge français en déclarant avec amusement le 10 novembre 1990 que la France avait également participé à la toute dernière réunion du commandement de Gladio, l’ACC, en Belgique le 23 octobre 1990. Suite à cela, le ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement, quelque peu embarrassé, tenta de limiter les dégâts en arguant que l’armée secrète française était demeurée totalement passive : « D’après les informations dont je dispose, elle n’a jamais eu d’autre fonction que de rester en sommeil et d’assurer un rôle de liaison ». Répondant à un journaliste de radio qui lui demandait si la France connaîtrait la même tourmente politique que l’Italie ou la Belgique, le ministre se livra à quelques spéculations sur les activités terroristes ou autres de l’armée secrète avant de répondre calmement : « Je ne pense pas ». [17] La presse remarqua que le gouvernement faisait tout son possible pour éviter que la population voie en Gladio une « abomination nationale » [18].

En Grande-Bretagne, plusieurs porte-parole du ministère de la Défense se relayaient jour après jour pour répondre invariablement à la presse véhémente : « Je regrette, mais nous n’évoquons jamais les questions de sécurité » ou « Il s’agit d’une question relevant de la sécurité. Nous ne l’aborderons donc pas » ou encore « Nous ne nous laisserons pas entraîner sur le terrain de la Sécurité nationale » [19]. Tandis que les journaux continuaient jour après jour de titrer sur l’affaire Gladio, le ministre de la Défense britannique Tom King se hasarda à traiter l’affaire, pourtant si inquiétante, avec désinvolture : « Je ne sais trop après quelle chimère vous courez. Ça a l’air terriblement passionnant, mais j’ai peur d’être totalement ignorant en la matière. J’en sais beaucoup plus sur le Golfe » [20]. Dans le contexte des préparatifs de l’Opération Tempête du Désert et de la guerre contre l’Irak, le Parlement britannique ne vit pas d’urgence à la création d’une commission ou à l’ouverture d’un débat parlementaire et préféra se ranger derrière le gouvernement du Premier ministre John Major. À l’été 1992, aucune version officielle n’avait encore été fournie au sujet de Gladio, au grand dam de journalistes comme Hugh O’Shaughnessy : « Le silence de Whitehall [21] et l’absence quasi-totale de curiosité dont ont fait preuve les parlementaires sur une affaire dans laquelle la Grande-Bretagne est si profondément impliquée sont extraordinaires » [22].

Aux Pays-Bas, le Premier ministre Ruud Lubbers, en fonction depuis 1982, décida de réagir à ce délicat problème en adressant une lettre au Parlement le 13 novembre, dans laquelle il confirmait l’existence dans le pays d’une armée secrète similaire en soulignant que « cette organisation n’avait jamais été sous le contrôle de l’OTAN » [23]. Puis, Lubbers et le ministre de la Défense des Pays-Bas Relus Ter Beek informèrent à huis clos le Comité responsable du renseignement et de la sécurité au Parlement des détails sensibles relatifs au Gladio néerlandais. « Les chefs de gouvernements et ministres de la Défense successifs ont toujours jugé préférable ne pas mettre dans la confidence les autres membres de leur cabinet ou le Parlement », déclara Lubbers devant la représentation nationale, en ajoutant qu’il était fier qu’une trentaine de ministres aient su garder le secret. Tandis que des parlementaires dénonçaient le danger inhérent à l’existence d’une armée secrète inconnue du Parlement et de l’immense majorité des citoyens, il fut décidé que le réseau secret ne ferait l’objet ni d’une enquête parlementaire ni d’un rapport public. « Le problème n’est pas tant qu’une telle chose ait pu ou puisse exister encore aujourd’hui », déclara Hans Dijkstal de l’opposition libérale, « mais plutôt que le Parlement n’en ait rien su avant hier soir » [24].

Au Luxembourg voisin, le Premier ministre Jacques Santer se présenta devant le Parlement le 14 novembre 1990 et confirma qu’une armée secrète créée à l’initiative de l’OTAN avait également existé dans ce pays. « Les activités de ces personnes se limitaient, et il en fut ainsi dès l’origine, à s’entraîner en vue de leurs mission, c’est-à-dire à apprendre à réagir individuellement dans un environnement hostile ou à coordonner les efforts avec les pays alliés », insista Santer [25]. La requête de Jean Huss, un représentant du parti vert alternatif qui demandait en premier lieu l’ouverture d’un débat au Parlement sur cette question, avant la convocation d’une commission d’enquête parlementaire, fut rejetée à la majorité des voix.

Quand la presse internationale relata qu’« au Portugal, une radio de Lisbonne a rapporté que des cellules du réseau associé à l’Opération Gladio avaient servi pendant les années cinquante à défendre la dictature de droite de Salazar », le gouvernement en place répondit par un démenti formel [26]. Le ministre de la Défense portugais Fernando Nogueira déclara le 16 novembre 1990 n’avoir jamais eu connaissance de la présence d’un réseau Gladio de quelque nature que ce soit au Portugal et prétendit que l’on ne disposait au ministère de la Défense et au Commandement des Forces armées « d’aucune information concernant l’existence ou les activités d’une “structure Gladio” au Portugal » [27]. Un général à la retraite démentit la version du gouvernement et confirma dans la presse, sous couvert de l’anonymat, qu’une armée secrète parallèle existait aussi au Portugal « dépendant du ministère de la Défense, du ministère de l’Intérieur et du ministère des Affaires coloniales » [28]. Dans l’Espagne voisine, qui, comme le Portugal, avait vécu pendant la majeure partie de la guerre froide sous le joug d’une dictature de droite qui réprimait l’opposition politique par la terreur et la torture, Alberto Oliart, ministre de la Défense au début des années 1980, qualifia de « puéril » le fait de se demander si l’Espagne franquiste avait elle aussi abrité une armée secrète extrême droite étant donné qu’« ici, Gladio était le gouvernement même » [29].

Au Danemark, le ministre de la Défense Knud Engaard, contraint par la pression publique, s’adressa au Parlement, le Folketing, le 21 novembre, pour démentir qu’une organisation « de quelque nature que ce soit » ait été créée par l’OTAN dans le pays et soutenue par la CIA. « Les informations relatives à une opération montée par les services secrets dans l’hypothèse d’une occupation du pays étant confidentielles, même hautement confidentielles », souligna le ministre, « il m’est impossible d’en faire part au Parlement danois ». Pelle Voigt, qui avait soulevé l’affaire Gladio à l’Assemblée, remarqua que « la réponse du ministre de la Défense était contradictoire et confirmait indirectement que le Danemark disposait lui aussi de son réseau clandestin » [30]. S’en suivit une discussion à huis clos au sein de la commission du Parlement Danois chargée de contrôler l’action des services secrets.

Quand la presse norvégienne commença à questionner le gouvernement au sujet de Gladio, elle reçut la réponse la plus brève jamais apportée à ce sujet. « Les propos d’Hansen demeurent exacts », déclara Erik Senstad, le porte-parole du ministère de la Défense, en faisant référence à une intervention du ministre de la Défense Rolf Hansen devant le Parlement en 1978, au cours de laquelle il n’avait pu que reconnaître, après sa découverte, l’existence d’une armée secrète en Norvège. Le contre-amiral Jan Ingebristen, qui avait démissionné de son poste de chef du renseignement militaire norvégien en 1985, provoqua l’indignation de la population en justifiant le secret entourant ces armées : « Il n’y a là rien de suspect. Mais ces unités sont vouées à agir clandestinement en territoire occupé, elles doivent donc impérativement demeurer top secret » [31].

En Turquie, l’élite au pouvoir réagit à l’affaire Gladio le 3 décembre, par l’intermédiaire du général Dogan Beyazit, président du Département des Opérations de l’armée turque, et du général Kemal Yilmaz, commandant des Forces Spéciales, qui confirmèrent dans la presse l’existence d’une armée secrète créée par l’OTAN et dirigée par le « Département des Opérations Spéciales » avec pour mission d’« organiser la résistance dans l’éventualité d’une occupation communiste » [32]. Tandis que les généraux tentaient de convaincre l’opinion que les membres du Gladio turc étaient tous de bons « patriotes », les journalistes et l’ancien Premier ministre Bulent Ecevit révélèrent que l’armée secrète baptisée contre-guérilla était impliquée dans des actes de torture, des attentats et des assassinats ainsi que dans les coups d’État successifs qui avaient marqué l’histoire récente du pays et qu’elle était pour l’heure employée à opprimer la minorité kurde de Turquie. L’armée refusa de répondre aux questions du Parlement et des ministres civils et le ministre de la Défense turc avertit Ecevit qu’il « aurait mieux fait de fermer sa gueule ! » [33].

Alors que la contre-guérilla poursuivait des opérations, le département d’État états-unien lui-même fit remarquer dans son rapport sur les droits de l’Homme de 1995 que « des sources fiables au sein d’organisations humanitaires, des représentants de la communauté kurde et des kurdes présents sur place prétendent que le gouvernement autorise, voire organise, le meurtre de civils ». Ce rapport précisait que « les associations de défense des droits de l’Homme évoquent une thèse répandue et crédible selon laquelle un groupe de contre-guérilla associé aux forces de sécurité aurait perpétré des “tueries secrètes” ». Quand la journaliste Lucy Komisar tenta de mener l’enquête aux États-Unis, elle découvrit bien vite que, s’agissant de secrets militaires, son gouvernement ne valait pas mieux que les généraux turcs. « Le Pentagone a refusé de me dire si Washington fournissait toujours des fonds ou une aide quelconque au Département des Opérations Spéciales ; en fait, ils ont éludé toutes mes questions à ce sujet. » Komisar fut régulièrement éconduite : « Les représentants que j’ai rencontrés m’ont répondu soit qu’ils n’en savaient rien, soit que les faits étaient trop anciens pour qu’il en reste des traces dans les archives, soit que je décrivais une opération de la CIA sur laquelle ils ne pouvaient me renseigner ». Un historien du Pentagone lui répondit : « Ah, vous voulez parler de l’organisation “stay-behind” ? C’est confidentiel » [34].

Cependant, le problème de la contre-guérilla ne tarda pas à ressurgir. Le 3 novembre 1996, une Mercedes noire percuta un tracteur sur une autoroute, aux abords du village reculé de Susurluk, à un peu plus de 150 kilomètres au sud d’Istanbul. Un dirigeant de la contre-guérilla turque, un haut responsable de la police et un membre du Parlement furent tués dans l’accident. Beaucoup y virent la preuve formelle de l’implication profonde du gouvernement dans la guerre sale menée par la contre-guérilla et des milliers de personnes descendirent dans la rue pour manifester contre l’« État de Susurluk » et exiger que l’on libère le pays « de l’emprise des gangs ». En janvier 1998, le Premier ministre Mesut Ylmaz dut informer des millions de téléspectateurs des conclusions des 7 mois d’enquête parlementaire sur le scandale de Susurluk. « Ceci est l’anatomie d’un chaos scandaleux », commença-t-il avant de reconnaître qu’un « escadron de la mort avait été entretenu au sein de l’État » tandis que « tous les organes du pouvoir avaient connaissance de la situation » [35].

Suite à la multiplication des révélations accablantes dans toute l’Europe de l’Ouest, l’affaire Gladio fut débattue au Parlement européen le 22 novembre 1990. La Communauté Européenne comptait alors 12 membres, tous affectés par le scandale [36]. Les 12 avaient établi entre eux une coopération renforcée et s’apprêtaient à instaurer le Marché Commun, garantissant la libre circulation des personnes, des biens et services et des capitaux ; en revanche, les questions de sécurité et de Défense restaient l’affaire des États membres, toujours souverains en la matière. « M. le Président, Mesdames et Messieurs, une exigence morale et politique s’impose à la nouvelle Europe que nous construisons petit à petit », c’est par ces paroles sages que l’eurodéputé Falqui ouvrit le débat ce jour-là. « Cette Europe ne pourra survivre qu’à la condition de reposer sur la vérité et sur la parfaite transparence de ses institutions vis-à-vis des sombres intrigues tramées contre la démocratie qui ont marqué l’histoire, y compris récente, des nombreux pays européens. » Falqui souligna qu’il n’y aurait « aucun avenir, Mesdames et Messieurs, si nous ne dissipons pas ce sentiment d’avoir vécu dans ce que l’on pourrait appeler un État double, l’un ouvert et démocratique, l’autre clandestin et réactionnaire. C’est pourquoi nous devons connaître la nature et le nombre de ces réseaux “Gladio” qu’ont abrités ces dernières années les États membres de la Communauté Européenne » [37].

L’eurodéputé belge Dury (socialiste) partageait ces préoccupations, il déclara à ses confrères parlementaires : « Ce qui nous inquiète dans l’affaire Gladio, c’est que de tels réseaux aient pu exister à l’insu et hors de tout contrôle des institutions politiques démocratiques. C’est, à mon sens, le principal problème qui subsiste. » Dury conclut que l’histoire des armées secrètes devait faire l’objet d’une enquête : « Nous sommes, pour notre part, convaincus de la nécessité de faire la lumière sur toute cette affaire afin d’en définir toutes les implications et de mettre un terme aux abus qui pourraient perdurer et toucher d’autres organisations ou de prévenir les éventuelles tentations qui pourraient être suscitées ». Selon le Belge, l’enquête devait également porter sur le rôle de l’OTAN « bien qu’en ce qui concerne sa responsabilité et celle du SHAPE, je ne pense pas que l’on puisse parler d’une conspiration », indiqua-t-il. « Il me semble tout de même que nous devons demeurer particulièrement vigilants et attentifs si nous voulons faire éclater toute la vérité. Nous savons très bien que certains membres de Gladio siègent également aux comités de l’OTAN », puis il conclut : « Faire la lumière sur ce type de zones d’ombre relève justement des obligations que nous confère notre mandat démocratique » [38].

« M. le Président, le système Gladio a opéré pendant 40 ans sous divers noms », déclara le parlementaire grec Ephremidis devant ses collègues. « Il a opéré dans la clandestinité et nous pouvons raisonnablement lui attribuer une responsabilité dans tous les actes de déstabilisation, de provocation et de terrorisme commis dans nos pays pendant ces 4 décennies, et dans lesquels il se trouve certainement, directement ou indirectement, impliqué ». Ephremidis dénonça vigoureusement le réseau stay-behind dans son ensemble et notamment :« le fait qu’il ait été mis sur pied par la CIA et l’OTAN qui, sous prétexte de défendre la démocratie, l’ont en fait bafouée et utilisée à leurs funestes desseins ». En faisant implicitement allusion au rôle joué par le Gladio grec dans le coup d’État de 1967, il s’indigna du fait que « la démocratie dont nous sommes supposés jouir n’a été et n’est en réalité qu’une façade » et encouragea le Parlement européen à diligenter une enquête. « Il faut découvrir chacune des subtilités de l’affaire et, pour cela, nous devons former une sous-commission d’enquête chargée d’entendre les témoins et de faire éclater l’entière vérité afin que soient prises toutes les mesures nécessaires pour enfin débarrasser nos pays de ces organisations clandestines » [39]

Le parlementaire belge de Donnea (réformateur libéral) offrit, quant à lui, une vision très différente : « M. le Président, il était parfaitement justifié, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, pour la majorité de nos États de créer des services ayant pour mission de préparer des réseaux de résistance susceptibles d’être activés dans le cas d’une occupation de notre territoire par les armées du Pacte de Varsovie ». L’eurodéputé belge souligna : « Nous sommes donc redevables à tous ceux qui, alors que la guerre froide s’éternisait, ont œuvré dans ces réseaux ». Pour de Donnea, il semblait clair que les armées secrètes devaient le rester : « Pour conserver leur efficacité, ces réseaux devaient nécessairement rester dans l’ombre », tandis que dans le même temps, il souhaitait tout de même que la lumière soit faite sur les liens supposés avec des activités terroristes : « Ceci étant dit, s’il existe des indications ou de fortes présomptions laissant supposer que ces réseaux ont pu agir de manière illégale et anormale dans certains pays, il est dans l’intérêt de tous d’établir la vérité sur cette affaire et de punir les coupables » [40].

Le député flamand Vandemeulebroucke résuma assez justement le sentiment partagé par de nombreux Européens : « Cette affaire laisse un arrière-goût amer parce qu’elle remonte à la création de la Communauté Européenne et que nous prétendons justement instaurer une nouvelle forme de démocratie ». Vandemeulebroucke précisa que c’était surtout le secret entourant l’opération qui le gênait, en tant que parlementaire, car « les budgets de ces organisations clandestines ont également été tenus secrets. Ils n’ont jamais été discutés dans aucun Parlement et nous voulons manifester notre inquiétude quant au fait que (...) il apparaît clairement qu’il existe des organes capables de prendre des décisions et de les faire appliquer sans être soumis à aucun contrôle démocratique d’aucune sorte ». Le député néerlandais conclut : « Je souhaite m’insurger plus vivement encore contre le fait que l’armée américaine, que ce soit par le biais du SHAPE, de l’OTAN ou de la CIA, s’arroge le droit d’interférer dans notre démocratie ». Tout en reconnaissant l’incapacité du Parlement européen à traiter cette affaire : « J’ai parfaitement conscience que nous sommes incompétents en matière de sécurité et de maintien de la paix », expliqua-t-il, « c’est pourquoi la résolution votée demande la création d’une commission d’enquête parlementaire dans chacun des 12 États membres afin que toute la lumière soit faite » [41].

Suite à ces débats, le Parlement européen décida d’adopter une résolution sur l’affaire Gladio contenant une vive dénonciation du phénomène et, dans son préambule, une tentative de description de l’opération en 7 points :

1. « Attendu que plusieurs gouvernements européens ont révélé l’existence depuis 40 ans et dans plusieurs États membres de la Communauté d’une organisation menant des opérations armées et de renseignement parallèle » ;

2. « Attendu que pendant ces 40 ans, cette organisation a échappé à tout contrôle démocratique et été commandée par les services secrets des États concernés en collaboration avec l’OTAN » ;

3. « Craignant que de tels réseaux clandestins n’aient interféré illégalement dans les affaires politiques internes des États membres ou soient toujours en mesure de le faire » ;

4. « Attendu que dans certains États membres, les services secrets militaires (ou des éléments incontrôlables au sein de ces services) ont été impliqués dans de graves actes de terrorisme et criminels comme l’ont prouvé diverses enquêtes judiciaires » ;

5. « Attendu que ces organisations ont agi et continuent d’agir hors de tout cadre légal, ne sont soumises à aucun contrôle parlementaire et, le plus souvent, sans qu’en soient informés les plus hauts responsables du gouvernement et les garants de la Constitution » ;

6. « Attendu que les différentes organisations "GLADIO" disposent de leurs propres arsenaux et équipements militaires qui leur procurent une force de frappe inconnue, constituant ainsi une menace pour les structures démocratiques des pays dans lesquels ils opèrent et ont opéré » ;

7. « Vivement inquiété par l’existence d’organes de décision et d’exécution en dehors de tout contrôle démocratique et de nature totalement clandestine, à l’heure où un renforcement de la coopération communautaire en matière de sécurité est au centre de tous les débats ».

À la suite de ce préambule, la résolution condamnait, dans un premier temps, « la création clandestine de réseaux d’action et de manipulation et [appelait] à ouvrir une enquête approfondie sur la nature, la structure, les buts et tout autre aspect de ces organisations secrètes ou de tout groupe dissident, sur leur utilisation à des fins d’ingérence dans les affaires politiques internes des pays concernés, sur le problème du terrorisme en Europe et sur la possible complicité des services secrets des États membres ou de pays tiers ». En second lieu, l’Union Européenne protestait « énergiquement contre le droit que se sont arrogé certains responsables de l’armée états-unienne travaillant pour le SHAPE et pour l’OTAN d’encourager la création en Europe d’un réseau de renseignement et d’action clandestin ». Dans un troisième point, la résolution appelait « les gouvernements des États membres à démanteler tous les réseaux militaires et paramilitaires clandestins ». Quatrième point, l’Union Européenne enjoignait « les juridictions des pays dans lesquels la présence de telles organisations militaires [était] avérée à déterminer avec exactitude leur composition et leur mode opératoire et à établir la liste de toutes les actions qu’elles auraient entreprises dans le but de déstabiliser les structures démocratiques des États membres ». En outre, l’UE réclamait que « tous les États membres prennent les mesures nécessaires, au besoin en nommant des commissions d’enquêtes parlementaires, afin de dresser la liste exhaustive des organisations actives dans ce contexte et, dans le même temps, de contrôler leurs liens avec leurs services de renseignement respectifs et, le cas échéant, avec des groupes terroristes et/ou d’autres pratiques illégales ». Le sixième point de la résolution s’adressait au Conseil des ministres de l’Union Européenne, et tout particulièrement aux ministres de la Défense, et appelait celui-ci « à fournir toute information sur les activités de ces services de renseignement et d’action clandestins ». Septièmement, le Parlement demandait « à sa commission compétente d’entendre des témoins afin de clarifier le rôle et l’impact de l’organisation "GLADIO" et d’autres réseaux similaires ». Dernier point et non des moindres, s’adressant explicitement à l’OTAN et aux États-Unis, le Parlement européen « [ordonnait] à son président de transmettre la présente résolution à la Commission, au Conseil Européen, au secrétaire général de l’OTAN, aux gouvernements des États membres et au gouvernement des États-Unis » [42].

Beaucoup de bruit pour rien : sur les 8 mesures exigées par le Parlement, pas une ne fut exécutée convenablement. Seules la Belgique, l’Italie et la Suisse nommèrent une commission d’enquête parlementaire et fournirent un rapport public substantiel et détaillé. Et bien que la résolution fut portée à la connaissance des services concernés respectifs de l’UE, de l’OTAN et de l’administration états-unienne, ni le secrétaire général de l’OTAN Manfred Wörner ni le Président des États-Unis George Bush senior, n’appuyèrent l’ouverture d’une enquête approfondie ou n’offrirent d’explication publique.

(À suivre…)
Daniele Ganser



les articles sur le gladio dans tous les pays d'europ se trouve sur ce lien

http://www.voltairenet.org/auteur124764.html?lang=fr


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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Jeu 20 Mar - 19:08

j'avais bien raison de dire que la crimée serait un tournant
selon le potelet narcissique hollande
"Il y a une suspension des relations politiques (...) la réunion UE-Russie ne peut avoir lieu dans ces conditions"
et Usa_arhiman via Obama menace de s'en prendre à des «secteurs clé» de l'économie russe.

attendons de voir comment va se dérouler ce qui a ete exrprimé  su ce conflit ouvert  maintenant dans les articles qui précedent.

en tout cas ce n'est pas dans ce contexte que l'économie mondiale va progresser
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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Ven 21 Mar - 1:18

voici le discours de V.Poutine sur l'adhesion de la crimée à la fédération de russie
un discours qui explique la situation de la crimée et
la nature du coup d'état ukrainien et la diablisation usuelle de la russie, à partir des mensonges usuels.
une occasion pour chacun de tester sa lucidité

lien ici

http://www.voltairenet.org/article182817.html

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Dim 23 Mar - 23:47

Voici l'avis de Michel Colon sur l'affaire Ukrainienne
Michel Colon  est un des rares journalistes  à ne pas être aligné sur la crapullerie médiatique qui fonctionne selon l'adage hitlerien : plus c'est gros mieux ça passe.
ainsi colon sort des arguments qui completent
ce que dit Daniel Ganser sur l'otan et les buts de ceux qui l'utilisent.

il faut comprendre que si ces evenements arrivent c'est que ce que générent les populations comme pensées et sentiments le permet.en d'autres termes,
ce que générent les populations comme pensées et sentiments n'activent pas dans le monde invisible la matrice collective qui permeterait aux ëtres spirituels bénéfiques d'intervenir plus massivement surterre pour juguler les forces négatives maintenant qui ont le champ libre.
Regarder les événements avec lucidité en percevant le faux du vrai permet permeterait aux ëtres spirituels bénéfiques d'intervenir plus fortement, pârce que nous servons ainsi d'ancrage de leurs energies.
C'est ce que fait Michel Colon comme d'autres qui percoivent que la décadence du bloc euro_atlantique s'accelere, mais fait encore illusion par l'emploi de la force et du mensonge.





Evidemment
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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Dim 23 Mar - 23:54

asselineau enfonce le clou

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Lun 24 Mar - 20:13

Excellent Colon, clair et concis. Evidemment, cette intervention était programmée de longue date, rien n'arrive jamais par hasard comme ce fut le cas pour la Lybie etc :



http://www.programme-tv.net/news/tv/19819-kadhafi-mort-annoncee-serie-annees-80/





Le général Wesley Clark affirme que dix jours après le 911 les invasions militaires de l'Irak et de la Libye, et de plusieurs autres pays du Moyen-Orient, étaient déjà prévues et réglées d'avance. Maintenant, nous avons l'explication pour la guerre d'Irak, celle de Libye, et toutes les autres guerres à venir dans un futur proche. Il serait sage pour nous de garder les yeux sur la Syrie, le Soudan, la Somalie, le Liban, et/ou l'Iran, et les autres pays que Clark cite sur la liste pour un projet d'invasion occidentale.
L'invasion de la Libye par l'ONU, et l'invasion de l'Irak en 2003, ont toutes deux été lancées un 19 Mars, comme de nombreux autres conflits militaires. Il existe une connexion occulte avec la 19 Mars.




BHL le sayanim accessoirement trafiquant d'armes http://www.egaliteetreconciliation.fr/Quand-Bernard-Henri-Levy-se-livrait-au-trafic-d-armes-23839.html  est prêt à absolument tout pour contribuer à faire avancer le Plan démoniaque y compris soutenir les neonazis du Maidan contre la Russie...

"Ce 9 février, BHL, l’imposteur Bernard-Henry Levy, mentait en direct sur la vraie nature du ‘Maidan’. Après avoir tant menti sur la Tchétchénie, la Libye ou la Syrie…

Sur l’antenne d’EURONEWS ou sur son Blog ‘La Règle du Jeu/BHL en ligne’, il déclare sans rire ce qui suit : « Je n’ai pas vu de néo-nazis, je n’ai pas entendu d’antisémites, j’ai entendu au contraire un mouvement incroyablement mûr, incroyablement déterminé et très profondement libéral. Je crois que l’ambition de cette révolution ukrainienne est beaucoup plus importante et ce que j’entends au Maïdan, c’est la volonté de revivifier le rêve européen »…

BHL NE VOIT PAS LES NEONAZIS … MAIS LEURS DRAPEAUX FLOTTENT DEVANT LUI

Mais ces néonazis antisémites que BHL ne « voit pas », ils sont pourtant là devant lui, dans les manifestants qui l’applaudissent. Comme le démontrent sans aucune contestation les images filmées !

http://blogs.mediapart.fr/blog/di-leta/200214/bernard-henri-levy-une-erreur-de-la-nature

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Lun 24 Mar - 20:16

Discours de Vladimir Poutine sur l’intégration de la Crimée à la Fédération de Russie





Vladimir Poutine s’est adressé aux députés de la Douma, aux membres du Conseil de la Fédération, aux délégués des régions russes et aux représentants de la société civile au Kremlin.



Vladimir Poutine : Membres du Conseil de la Fédération, députés de la Douma, je vous souhaite le bonjour. Les représentants de la République de Crimée et de la municipalité de Sébastopol sont ici parmi nous. Citoyens de Russie, habitants de Crimée et de Sébastopol ! (Standing ovation)

Chers amis,

Nous sommes réunis ici aujourd’hui au sujet d’une question qui est d’une importance vitale, d’une portée historique pour nous tous. Un référendum a été organisé en Crimée le 16 mars, dans le plein respect des procédures et des normes démocratiques internationales en vigueur.

Plus de 82% de l’électorat a pris part au vote. Plus de 96% d’entre eux se sont prononcés en faveur de la réunification avec la Russie. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. (Applaudissements)

Pour comprendre la raison d’un tel choix, il suffit de connaître l’histoire de la Crimée et ce que la Russie et la Crimée ont toujours signifié l’une pour l’autre.

Tout en Crimée évoque notre histoire et notre fierté communes. C’est l’emplacement de l’ancienne Chersonèse Taurique, où le Grand-prince Vladimir Ier a été baptisé. Son exploit spirituel, à savoir l’adoption du christianisme orthodoxe, a prédéterminé la base globale de la culture, de la civilisation et des valeurs humaines qui unissent les peuples de la Russie, de l’Ukraine et de la Biélorussie. Les tombes des soldats russes dont la bravoure a permis l’intégration de la Crimée à l’Empire russe se trouvent également en Crimée. C’est aussi Sébastopol – une ville légendaire ayant une histoire exceptionnelle, une forteresse qui constitue le lieu de naissance de la Flotte russe de la mer Noire. (Applaudissements). La Crimée est Balaklava et Kertch, Malakhov Kurgan et le mont Sapoun. Chacun de ces lieux est cher à nos cœurs, symbolisant la gloire de l’armée russe et sa bravoure exceptionnelle.

La Crimée est un mélange unique de cultures et de traditions de différents peuples. Elle est en cela similaire à la Russie dans son ensemble, où pas un seul groupe ethnique n’a été perdu au cours des siècles. Russes et Ukrainiens, Tatars de Crimée et personnes d’autres groupes ethniques ont vécu côte à côte en Crimée, en conservant leurs propres identités, leurs traditions, leurs langues et leurs confessions.

Il faut noter que la population totale de la péninsule de Crimée est aujourd’hui de 2,2 millions de personnes, dont près de 1,5 million sont Russes, 350 000 sont des Ukrainiens qui considèrent majoritairement le russe comme leur langue maternelle, et environ 290 000-300 000 sont des Tatars de Crimée, qui, comme le référendum l’a montré, sont eux aussi favorables à un rapprochement avec la Russie.

Certes, il fut un temps où les Tatars de Crimée étaient traités injustement, tout comme un certain nombre d’autres peuples de l’URSS. Il n’y a qu’une seule chose que je puis dire ici : des millions de personnes de différentes ethnies ont souffert durant ces répressions, et principalement des Russes.

Les Tatars de Crimée retournèrent dans leur patrie. J’estime qu’il est de notre devoir de prendre toutes les décisions politiques et législatives nécessaires afin de finaliser la réhabilitation des Tatars de Crimée, de les restaurer dans leurs droits et de rétablir pleinement leur renom. (Applaudissements)

Nous avons énormément de respect pour les membres de tous les groupes ethniques vivant en Crimée. C’est leur foyer commun, leur patrie, et il serait juste – je sais que la population locale y est favorable – que la Crimée ait trois langues nationales sur un même pied d’égalité : le russe, l’ukrainien et le tatar. (Applaudissements)

Chers collègues,

Dans les cœurs et les esprits des gens, la Crimée a toujours été une partie inséparable de la Russie. Cette conviction profonde est fondée sur la vérité et la justice et a été transmise de génération en génération, au fil du temps, en toutes circonstances, malgré tous les changements dramatiques que notre pays a connus tout au long du XXe siècle.

Après la révolution, les bolcheviks, pour diverses raisons – que Dieu les juge – ont ajouté de grandes sections du Sud historique de la Russie à la République d’Ukraine. Cela a été fait sans tenir compte de la composition ethnique de la population, et aujourd’hui, ces zones forment le Sud-Est de l’Ukraine. Puis, en 1954, il a été décidé que la région de Crimée serait transférée à l’Ukraine, ainsi que Sébastopol, en dépit du fait qu’il s’agissait d’une ville fédérale. Ce fut là l’initiative personnelle du chef du Parti communiste Nikita Khrouchtchev. Déterminer ce qui a motivé sa décision – un désir de gagner le soutien de l’establishment politique ukrainien ou d’expier les répressions de masse des années 1930 en Ukraine – est la tâche des historiens.

Ce qui importe maintenant, c’est que cette décision avait été prise en violation flagrante des normes constitutionnelles qui étaient en vigueur à l’époque même. La décision avait été prise dans les coulisses. Naturellement, puisque cela se passait dans un État totalitaire, personne n’avait pris la peine de demander l’avis des citoyens de Crimée et de Sébastopol. Ils ont été mis devant le fait accompli. Les gens, bien sûr, se sont demandés pourquoi tout d’un coup la Crimée devenait une partie de l’Ukraine. Mais dans l’ensemble – et nous devons le dire clairement, car nous le savons tous – cette décision a été considérée comme une simple formalité parce que le territoire de Crimée était transféré à l’intérieur des limites d’un seul et même État [l’URSS]. À l’époque, il était impossible d’imaginer que l’Ukraine et la Russie pouvaient se séparer et devenir deux États distincts. Cependant, c’est ce qui s’est produit.

Malheureusement, ce qui semblait impossible est devenu une réalité. L’URSS s’est effondrée. Les choses ont évolué si rapidement que peu de gens ont réalisé à quel point ces événements et leurs conséquences allaient prendre des proportions véritablement dramatiques. Beaucoup de gens en Russie et en Ukraine, ainsi que dans d’autres républiques, espéraient que la Communauté des États indépendants qui a été créé à ce moment deviendrait la nouvelle forme commune de l’État. On leur a dit qu’il y aurait une monnaie unique, un espace économique unique, des forces armées conjointes ; mais tout cela n’a pas dépassé le stade des promesses vides, alors que le grand pays avait disparu. Ce n’est que lorsque la Crimée a fini en tant que partie d’un autre pays que la Russie s’est rendue compte qu’elle n’était pas simplement spoliée, mais bel et bien pillée.

Dans le même temps, nous devons reconnaître qu’en lançant le mouvement des souverainetés, la Russie elle-même a contribué à l’effondrement de l’Union soviétique. Et lorsque cet effondrement a été légalisé, tout le monde a oublié la Crimée et Sébastopol – la base principale de la Flotte de la mer Noire. Des millions de personnes se sont couchées dans un pays et se sont réveillées dans d’autres, devenant du jour au lendemain des minorités ethniques dans les anciennes républiques de l’Union, tandis que la nation russe est devenue l’un des plus grands, sinon le plus grand groupe ethnique au monde à être divisé par des frontières.

Maintenant, des années plus tard, j’ai entendu des résidents de Crimée dire qu’en 1991, ils ont été abandonnés comme un sac de pommes de terre. Il est difficile d’être en désaccord avec cette affirmation. Qu’a fait l’État russe ? Qu’a fait la Russie ? Elle a accepté humblement la situation. Ce pays traversait alors des temps si difficiles qu’il était alors absolument incapable de protéger ses intérêts. Cependant, les gens ne pouvaient pas se résigner à cette injustice historique scandaleuse. Durant toutes ces années, des citoyens et de nombreuses personnalités sont revenus sur cette question, affirmant que la Crimée est une terre historiquement russe et que Sébastopol est une ville russe. Oui, nous le savions tous dans nos cœurs et dans nos esprits, mais nous devions agir selon la réalité existante et construire nos relations de bon voisinage avec l’Ukraine indépendante sur une nouvelle base. Durant toutes ces années, nos relations avec l’Ukraine, avec le peuple ukrainien frère ont toujours été et resteront de toute première importance pour nous. (Applaudissements)

Aujourd’hui, nous pouvons en parler ouvertement, et je voudrais partager avec vous quelques détails concernant les négociations qui ont eu lieu au début des années 2000. Le Président de l’Ukraine d’alors, M. Koutchma, m’a demandé d’accélérer le processus de délimitation de la frontière russo-ukrainienne. À ce moment, le processus était pratiquement à l’arrêt. La Russie semblait avoir reconnu la Crimée comme une partie de l’Ukraine, mais il n’y avait pas de négociations sur la délimitation des frontières. Malgré la complexité de la situation, j’ai immédiatement donné des instructions aux organismes gouvernementaux russes afin d’accélérer leur travail pour documenter les frontières, de sorte que tout le monde ait une compréhension claire du fait qu’en acceptant de délimiter la frontière, nous admettions de facto et de jure que la Crimée était un territoire ukrainien, mettant ainsi un terme à cette question.

Nous avons donné satisfaction à l’Ukraine non seulement en ce qui concerne la Crimée, mais aussi sur une question aussi complexe que les frontières maritimes dans la mer d’Azov et le détroit de Kertch. Les considérations qui motivaient alors nos actions étaient qu’avoir de bonnes relations avec l’Ukraine était primordial pour nous et que cela ne devait pas être compromis par une impasse dans des conflits territoriaux. Toutefois, nous nous attendions à ce que l’Ukraine reste notre bon voisin, et nous espérions que les citoyens russes et russophones d’Ukraine, en particulier le Sud-Est et la Crimée, vivraient dans un État ami, démocratique et civilisé qui protégerait leurs droits, conformément aux normes du droit international.

Cependant, ce n’est pas la manière dont les choses ont évolué. Maintes et maintes fois, des tentatives ont été faites pour priver les Russes de leur mémoire historique et même de leur langue, et pour les soumettre à une assimilation forcée. En outre, les Russes, tout comme d’autres citoyens de l’Ukraine, souffrent de la crise politique et institutionnelle constante qui a secoué le pays depuis plus de 20 ans.

Je comprends pourquoi le peuple ukrainien voulait un changement. Il en a eu assez des autorités au pouvoir durant les années de l’indépendance de l’Ukraine. (Applaudissements) Les présidents, les Premiers ministres et les parlementaires changeaient, mais leur attitude à l’égard du pays et de ses habitants restait la même. Ils ont dépouillé le pays, se sont battus entre eux pour obtenir du pouvoir, des actifs et des liquidités et ne se sont guère souciés des gens du quotidien. Ils ne se sont pas demandés pourquoi des millions de citoyens ukrainiens ne voyaient aucune opportunité chez eux et partaient dans d’autres pays pour travailler comme journaliers. Je tiens à souligner cela : ils n’ont pas fui en direction d’une quelconque Silicon Valley, mais pour devenir journaliers. L’an dernier seulement, près de 3 millions de personnes ont trouvé de tels emplois en Russie. Selon diverses sources, en 2013, leurs revenus en Russie ont totalisé plus de 20 milliards de dollars, ce qui représente environ 12% du PIB de l’Ukraine.

Je tiens à répéter que je comprends ceux qui sont venus sur la place Maïdan avec des slogans pacifiques contre la corruption, la mauvaise gestion de l’État et la pauvreté. Le droit à la manifestation pacifique, à des procédures démocratiques et à des élections pacifiques existe dans le seul but de remplacer les autorités qui ne donnent pas satisfaction au peuple par d’autres. Cependant, ceux qui étaient derrière les derniers événements en Ukraine avaient un ordre du jour différent : ils préparaient un nouveau renversement du gouvernement ; ils voulaient s’emparer du pouvoir et ne reculaient devant rien. Ils ont eu recours à la terreur, à l’assassinat et aux pogroms. Des nationalistes, des néo-nazis, des russophobes et des antisémites ont exécuté ce coup d’État. Ils continuent à donner le ton en Ukraine jusqu’à ce jour.

Les nouvelles soi-disant autorités ont commencé par l’introduction d’un projet de loi de révision de la politique linguistique, qui était une violation directe des droits des minorités ethniques. Cependant, ils ont été immédiatement « rappelés à l’ordre » par les bailleurs de fonds étrangers de ces soi-disant politiciens. Il faut admettre que les mentors de ces autorités actuelles sont intelligents et savent bien à quoi ces tentatives de construire un État purement ukrainien peuvent conduire. Le projet de loi a été mis de côté, mais clairement gardé en réserve pour l’avenir. Aujourd’hui, pratiquement plus aucune mention n’est faite de cette tentative, probablement sur ​​la présomption que les gens ont la mémoire courte. Néanmoins, nous pouvons tous clairement percevoir les intentions de ces héritiers idéologiques de Bandera, le complice d’Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il est également évident qu’il n’y a pas d’autorité exécutive légitime en Ukraine à présent, il n’y a personne à qui parler. De nombreux organismes gouvernementaux ont été saisis par les imposteurs, mais ils n’ont aucun contrôle sur le pays, alors qu’eux-mêmes – et je tiens à le souligner – sont souvent contrôlés par des radicaux. Dans certains cas, vous avez besoin d’un permis spécial des militants de la place Maïdan pour rencontrer certains ministres de l’actuel gouvernement. Ce n’est pas une plaisanterie : c’est la réalité.

Ceux qui se sont opposés au coup d’État ont été immédiatement menacés de répression. Bien entendu, la première ligne a été la Crimée, la Crimée russophone. Face à ces événements, les habitants de Crimée et de Sébastopol se sont tournés vers la Russie pour qu’elle les aide à défendre leurs droits et leurs vies et à empêcher la propagation des événements qui se déroulaient et sont toujours en cours à Kiev, Donetsk, Kharkov et dans d’autres villes ukrainiennes.

Naturellement, nous ne pouvions pas laisser cet appel sans réponse ; nous ne pouvions pas abandonner la Crimée et ses habitants en détresse. Cela aurait été une trahison de notre part. (Applaudissements)

Tout d’abord, nous avons dû les aider à créer des conditions telles que les habitants de la Crimée puissent, pour la première fois dans l’histoire, exprimer pacifiquement leur libre arbitre quant à leur propre avenir. Cependant, qu’est-ce que nous entendons de la part de nos collègues en Europe occidentale et en Amérique du Nord ? Ils disent que nous violons les normes du droit international. Tout d’abord, c’est une bonne chose qu’ils se souviennent enfin, au moins, qu’il existe une telle chose, à savoir le droit international – mieux vaut tard que jamais. (Applaudissements)

Deuxièmement, et plus important encore – qu’est-ce que nous violons exactement ? Certes, le président de la Fédération de Russie a reçu l’autorisation de la Chambre haute du Parlement d’utiliser les forces armées en Ukraine. Cependant, à proprement parler, personne n’a encore donné suite à cette autorisation. Les forces armées russes ne sont jamais entrées en Crimée ; elles étaient déjà là, conformément à un accord international. Certes, nous avons rehaussé nos forces en présence, mais – c’est quelque chose que je voudrais que tout le monde entende et sache – nous n’avons pas dépassé la limite en personnel pour nos forces armées en Crimée, qui est fixée à 25 000 hommes, parce qu’il n’y avait pas besoin de le faire.

Point suivant. Lorsqu’il a déclaré son indépendance et a décidé d’organiser un référendum, le Conseil suprême de Crimée s’est référé à la Charte des Nations unies, qui parle du droit des nations à l’autodétermination. A ce propos, je tiens à vous rappeler que lorsque l’Ukraine a fait sécession de l’URSS, elle a fait exactement la même chose, presque mot pour mot. L’Ukraine a utilisé ce droit, mais les habitants de la Crimée se le voient dénié. Pourquoi donc ?

En outre, les autorités de Crimée se sont référées au précédent bien connu du Kosovo – un précédent que nos collègues occidentaux ont créé de leurs propres mains dans une situation très semblable, quand ils ont convenu que la séparation unilatérale du Kosovo d’avec la Serbie, exactement ce que la Crimée est en train de faire en ce moment, était légitime et n’avait pas besoin d’une quelconque autorisation des autorités centrales du pays. Conformément à l’article 2 du chapitre 1 de la Charte des Nations Unies, la Cour internationale de l’ONU a approuvé cette approche et a fait le commentaire suivant dans sa décision du 22 juillet 2010, et je cite : « Aucune interdiction générale ne peut être déduite de la pratique du Conseil de sécurité en ce qui concerne les déclarations d’indépendance. » Et encore : « Le droit international général ne contient aucune interdiction contre les déclarations d’indépendance. » Clair comme de l’eau de roche, comme ils disent.

Je n’aime pas à recourir à des citations, mais dans ce cas, je ne peux pas faire autrement. Voici une citation extraite d’un autre document officiel : l’exposé écrit des États-Unis d’Amérique du 17 avril 2009, soumis à la même Cour internationale des Nations Unies dans le cadre des audiences sur le Kosovo. Encore une fois, je cite : « Les déclarations d’indépendance peuvent – et c’est souvent le cas – violer la législation nationale. Toutefois, cela n’en fait pas des violations du droit international. » Fin de citation. Ils ont écrit cela, ils l’ont disséminé partout dans le monde, ils ont obtenu l’accord de tous, et maintenant, ils sont scandalisés. Qu’est-ce qui les outrage ainsi ? (Applaudissements) En l’occurrence, les actions du peuple de Crimée sont tout à fait conformes à ces instruction. Pour une raison quelconque, des choses que les Albanais du Kosovo (et nous avons beaucoup de respect pour eux) ont été autorisés à faire, les Russes, les Ukrainiens et les Tatars de Crimée ne sont pas autorisés à le faire. Encore une fois, on se demande pourquoi.

Nous ne cessons d’entendre de la part des États-Unis et de l’Europe occidentale que le Kosovo est une sorte de cas particulier. Qu’est-ce qui le rend si spécial aux yeux de nos collègues ? Il s’avère que c’est le fait que le conflit au Kosovo ait donné lieu à tant de pertes en vies humaines. Est-ce là un argument juridique ? La décision de la Cour internationale ne dit rien à ce sujet. Ce n’est même pas un « deux poids deux mesures » ; c’est du cynisme brutal, primitif, colossal. Il ne faut pas essayer aussi crûment de tout adapter à ses intérêts particuliers, caractérisant une même chose comme « blanche » aujourd’hui et « noire » demain. Selon cette logique, nous devrions faire en sorte que tous les conflits conduisent à des pertes en vies humaines.

Je vais l’affirmer clairement : si les forces locales d’auto-défense de Crimée n’avaient pas pris la situation en main, il y aurait également pu y avoir des victimes. Heureusement, cela n’est pas arrivé. Il n’y a pas eu la moindre confrontation armée en Crimée et il n’y a eu aucune victime. (Applaudissements) D’après vous, pourquoi les choses se sont-elles passées ainsi ? La réponse est simple : parce qu’il est très difficile, pratiquement impossible de lutter contre la volonté du peuple. Ici, je tiens à remercier l’armée ukrainienne – et il s’agit de 22 000 militaires portant les armes. Je tiens à remercier les membres des forces de sécurité ukrainiennes qui se sont abstenus de répandre le sang et qui n’en ont pas tâché leurs uniformes. (Applaudissements)

D’autres réflexions viennent à l’esprit à cet égard. Ils n’arrêtent pas de parler de quelque intervention russe en Crimée, d’une sorte d’agression. Il est étrange d’entendre cela. Je ne connais pas un seul cas dans l’histoire où une telle intervention se soit produite sans un seul coup de feu et sans faire de victimes.

Chers collègues,

Comme un miroir, la situation en Ukraine reflète ce qui se passe et ce qui s’est passé dans le monde au cours des dernières décennies. Depuis la dissolution de la bipolarité sur la planète, nous n’avons plus de stabilité. Les principales institutions internationales ne sont pas renforcées ; au contraire, dans de nombreux cas, elles se dégradent gravement. Nos partenaires occidentaux, menés par les États-Unis d’Amérique, préfèrent ne pas être guidés par le droit international dans leurs politiques concrètes, mais par la force des armes. Ils en sont venus à croire en leur exclusivité et à leur exceptionnalisme, à croire qu’ils peuvent décider eux-mêmes ce que doivent être les destinées du monde, à croire qu’ils sont les seuls à être toujours dans leur bon droit. Ils agissent à leur guise : ici et là, ils utilisent la force contre des États souverains, créant des coalitions sur la base du principe « Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous. » Afin de donner un semblant de légitimité à leurs agressions, ils forcent les organisations internationales à adopter les résolutions nécessaires, et si pour quelque raison cela ne fonctionne pas, ils ignorent tout simplement le Conseil de sécurité de l’ONU et même l’ONU dans son ensemble.

Cela s’est produit en Yougoslavie ; nous nous souvenons très bien de l’année 1999. Il était difficile de croire, même en le voyant de mes propres yeux, qu’à la fin du XXe siècle, l’une des capitales de l’Europe, Belgrade, était soumise à une attaque de missiles pendant plusieurs semaines, avant que l’intervention réelle n’ait lieu. Y a-t-il eu une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur cette question, autorisant de telles actions ? Rien de tel. Puis ils ont frappé l’Afghanistan, l’Irak, et ils ont franchement violé la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Libye, quand, au lieu d’imposer la zone dite d’exclusion aérienne au-dessus de ce pays, ils ont également commencé à le bombarder.

Il y a eu toute une série de révolutions « colorées » contrôlées depuis l’extérieur. De toute évidence, les populations de ces pays, dans lesquels ces événements ont eu lieu, en avaient assez de la tyrannie et de la pauvreté, de leur manque de perspectives ; mais ces sentiments ont été cyniquement mis à profit. Des normes qui ne correspondaient en aucune façon aux modes de vie, aux traditions ou aux cultures de ces peuples leur ont été imposées. En conséquence, au lieu de la démocratie et de la liberté, il y eut le chaos, les flambées de violences et une série de bouleversements dramatiques. Le « Printemps arabe » s’est transformé en « Hiver arabe ».

Des événements similaires se sont déroulés en Ukraine. En 2004, pour faire passer leur candidat aux élections présidentielles, ils ont concocté une sorte de troisième tour qui n’était pas prévu par la loi. C’était un simulacre absurde, un détournement grossier de la constitution. Et maintenant, ils ont jeté au pouvoir une armée de militants organisés et bien équipés.

Nous comprenons parfaitement ce qui se passe ; nous comprenons que ces actions ont été dirigées contre l’Ukraine et la Russie et contre l’intégration eurasienne. Et tout cela alors que la Russie s’efforçait d’engager un dialogue avec nos collègues de l’Ouest. Nous proposons constamment la coopération sur toutes les questions clés ; nous voulons renforcer notre niveau de confiance et nous voulons que nos relations se fassent sur un pied d’égalité, et soient ouvertes et équitables. Mais nous n’avons vu aucune mesure réciproque.

Au contraire, ils nous ont menti à plusieurs reprises, ils ont pris des décisions dans notre dos, ils nous ont placés devant des faits accomplis. Cela s’est produit avec l’expansion de l’OTAN vers l’Est, ainsi qu’avec le déploiement d’infrastructures militaires à nos frontières. Ils nous répétaient à chaque fois la même chose : « Eh bien, cela ne vous concerne pas. » Facile à dire.

Cela s’est produit avec le déploiement d’un système de défense antimissile. En dépit de toutes nos appréhensions, le projet a été mis en place et va de l’avant. Cela s’est produit avec les atermoiements sempiternels dans les négociations sur les questions de visa, les promesses d’une concurrence loyale et le libre accès aux marchés mondiaux.

Aujourd’hui, nous sommes menacés de sanctions, mais nous subissons déjà de nombreuses limitations qui ont un impact majeur pour nous, pour notre économie et pour notre nation. Par exemple, toujours à l’époque de la guerre froide, les États-Unis et par la suite d’autres nations ont dressé une grande liste de technologies et d’équipements qui ne pouvaient pas être importés par l’URSS, créant pour cela le Comité de coordination pour le contrôle multilatéral des exportations. Aujourd’hui, il a officiellement été dissout, mais seulement formellement, et en réalité, de nombreuses limitations sont toujours en vigueur.

En bref, nous avons toutes les raisons de supposer que l’infâme politique d’endiguement conduite aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles se poursuit aujourd’hui. Ils sont constamment en train d’essayer de nous confiner dans un coin parce que nous avons une position indépendante, parce que nous la maintenons et parce que nous appelons les choses par leur nom et ne nous engageons pas dans l’hypocrisie. Mais il y a une limite à tout. Et avec l’Ukraine, nos partenaires occidentaux ont dépassé les bornes, en jouant les durs et en agissant de façon irresponsable et non professionnelle. (Applaudissements)

Après tout, ils étaient pleinement conscients du fait qu’il y a des millions de Russes vivant en Ukraine et en Crimée. Ils doivent avoir vraiment manqué d’instinct politique et de bon sens pour ne pas avoir prévu toutes les conséquences de leurs actes. La Russie s’est trouvée dans une position d’où elle ne pouvait pas se retirer. Si vous compressez le ressort au maximum, il se détendra avec vigueur. Vous devez toujours vous souvenir de cela.

Aujourd’hui, il est impératif de mettre fin à cette hystérie, de réfuter la rhétorique de la guerre froide et d’accepter l’évidence : la Russie est un participant indépendant et actif dans les affaires internationales ; comme d’autres pays, elle a ses propres intérêts nationaux qui doivent être pris en compte et respectés. (Applaudissements)

Dans le même temps, nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui ont compris nos actions en Crimée ; nous sommes reconnaissants envers le peuple chinois (applaudissements), dont les dirigeants ont toujours considéré la situation en Ukraine et en Crimée en tenant compte de tout le contexte historique et politique, et nous apprécions grandement la réserve et l’objectivité de l’Inde.

Aujourd’hui, je voudrais m’adresser au peuple des États-Unis d’Amérique, ce peuple qui, depuis la fondation de sa nation et l’adoption de la Déclaration d’Indépendance, s’est toujours enorgueilli de placer la liberté par-dessus tout. Le désir des habitants de Crimée de choisir librement leur sort n’est-il pas basé sur une valeur similaire ? Je vous prie de nous comprendre.

Je crois que les Européens, surtout les Allemands, pourront aussi me comprendre. Permettez-moi de vous rappeler que dans le cadre des consultations politiques sur l’unification de l’Allemagne de l’Est et de l’Ouest, les experts – pourtant placés à un très haut niveau de responsabilités – de certains pays qui étaient alors et sont maintenant les alliés de l’Allemagne n’ont pas soutenu l’idée de l’unification. Notre nation, cependant, a soutenu sans équivoque le désir sincère et irrésistible des Allemands pour une unité nationale. Je suis convaincu que vous n’avez pas oublié cela, et je m’attends à ce que les citoyens d’Allemagne soutiennent également l’aspiration des Russes, de la Russie historique, à restaurer l’unité. (Applaudissements)

Je tiens également à m’adresser au peuple d’Ukraine. Je souhaite sincèrement que vous nous compreniez : nous ne voulons vous nuire en aucune façon, pas plus que nous ne voulons blesser vos sentiments nationaux. Nous avons toujours respecté l’intégrité territoriale de l’État ukrainien, contrairement – il faut le souligner – à ceux qui ont sacrifié l’unité de l’Ukraine à leurs ambitions politiques. Ils affichent des slogans sur la grandeur de l’Ukraine, mais ce sont eux qui ont tout fait pour diviser la nation. L’impasse civile d’aujourd’hui repose entièrement sur leur conscience. Je veux que vous m’écoutiez, mes chers amis. Ne croyez pas ceux qui veulent que vous ayez peur de la Russie, et qui crient que d’autres régions suivront la Crimée. Nous ne voulons pas diviser l’Ukraine ; nous n’avons pas besoin de cela. Quant à la Crimée, elle était et demeure une terre russe, ukrainienne et tatare. (Applaudissements)

Je le répète, tout comme elle l’a été durant des siècles, elle sera un foyer pour tous les peuples qui y vivent. Ce qu’elle ne sera et ne fera jamais, c’est suivre la voie de Bandera ! (Ovation)

La Crimée est notre héritage historique commun et un facteur très important pour la stabilité régionale. Et ce territoire stratégique devrait faire partie d’une souveraineté forte et stable, qui, aujourd’hui, ne peut être que russe. (Ovation) Sinon, mes chers amis (je m’adresse à la fois à l’Ukraine et à la Russie), vous et nous – les Russes et les Ukrainiens – pourrions perdre complètement la Crimée, et cela pourrait se produire dans une perspective historique proche. Je vous prie de réfléchir à cela.

Permettez-moi de souligner également que nous avons déjà entendu des déclarations de Kiev selon lesquelles l’Ukraine allait bientôt rejoindre l’OTAN. Qu’est-ce que cela aurait impliqué pour la Crimée et Sébastopol dans l’avenir ? Cela aurait signifié que la marine de l’OTAN serait juste là, dans cette ville de la gloire militaire de la Russie, et cela ne créerait non pas une menace illusoire mais une menace parfaitement réelle pour l’ensemble du Sud de la Russie. Ce sont des choses qui auraient pu devenir réalité sans le choix qu’a fait le peuple de Crimée, et je tiens à le remercier pour cela. (Applaudissements)

Mais permettez-moi également de vous dire que nous ne sommes pas opposés à la coopération avec l’OTAN, parce que ce n’est certainement pas le cas. Malgré tous les processus internes à l’œuvre dans cette organisation, l’OTAN demeure une alliance militaire, et nous sommes contre le fait qu’une alliance militaire prenne ses quartiers dans notre arrière-cour ou dans notre territoire historique. Je ne peux tout simplement pas imaginer que nous allions rendre visite aux marins de l’OTAN à Sébastopol. Bien sûr, la plupart d’entre eux sont des gens merveilleux, mais il serait préférable que ce soit eux qui nous rendent visite et soient nos hôtes [à Sébastopol], plutôt que l’inverse. (Applaudissements)

Permettez-moi de dire très franchement que ce qui se passe actuellement en Ukraine nous touche profondément, et qu’il est douloureux pour nous de voir la souffrance de la population et son incertitude sur la façon de s’en sortir aujourd’hui et sur ce qui l’attend demain. Nos préoccupations sont compréhensibles parce que nous ne sommes pas simplement de proches voisins, mais, comme je l’ai dit plusieurs fois déjà, nous sommes un même peuple. Kiev est la mère des villes russes. (Applaudissements) La Rus’ de Kiev ancienne est notre source commune et nous ne pouvons pas vivre l’un sans l’autre.

Permettez-moi de dire encore une autre chose. Des millions de Russes et de russophones vivent en Ukraine et continueront à y vivre. La Russie défendra toujours leurs intérêts par des moyens politiques, diplomatiques et juridiques. (Applaudissements) Mais il devrait être avant tout dans l’intérêt de l’Ukraine elle-même de garantir que les droits et les intérêts de ces personnes soient pleinement protégés. C’est la garantie de la stabilité de l’État de l’Ukraine et de son intégrité territoriale.

Nous voulons être amis avec l’Ukraine et nous voulons que l’Ukraine soit un pays fort, souverain et autonome. Après tout, l’Ukraine est l’un de nos principaux partenaires. Nous avons beaucoup de projets communs et je crois en leur succès, malgré les difficultés actuelles. Plus important encore, nous voulons que la paix et l’harmonie règnent en Ukraine, et nous sommes prêts à travailler avec d’autres pays et à faire tout notre possible pour faciliter et soutenir ces objectifs. Mais comme je l’ai dit, seul le peuple de l’Ukraine lui-même peut redresser sa propre maison.

Résidents de Crimée et de la municipalité de Sébastopol, la Russie tout entière a admiré votre courage, votre dignité et votre bravoure. (Applaudissements) C’est vous qui avez décidé de l’avenir de la Crimée. Nous étions plus proches que jamais durant ces jours, nous soutenant mutuellement. C’étaient des sentiments sincères de solidarité. C’est lors de tournants historiques tels que ceux-ci qu’une nation démontre sa maturité et sa force d’esprit. Le peuple russe a démontré sa maturité et sa force par son soutien uni en faveur de ses compatriotes. (Applaudissements)

Sur cette question, la politique étrangère de la Russie a tiré sa fermeté de la volonté de millions de personnes parmi notre peuple, de notre unité nationale et du soutien des principales forces politiques et publiques de notre pays. Je tiens à remercier tout le monde pour cet esprit patriotique, tout le monde sans exception. Maintenant, nous devons continuer dans cette voie et maintenir ce genre de consolidation afin de résoudre les tâches auxquelles notre pays est confronté sur le chemin qu’il a à parcourir.

Évidemment, nous rencontrerons une opposition externe, mais c’est une décision que nous devons prendre pour nous-mêmes. Sommes-nous prêts à défendre systématiquement nos intérêts nationaux, ou bien allons-nous toujours céder, nous retirer Dieu sait où ? Certains politiciens occidentaux nous menacent déjà non seulement de sanctions, mais aussi de la perspective de problèmes de plus en plus graves sur le plan intérieur. Je voudrais savoir ce qu’ils ont précisément à l’esprit : des actions par une cinquième colonne, ce groupe disparate de « traîtres à la nation » ? Ou bien ont-ils l’espoir de nous mettre dans une situation sociale et économique qui se dégrade de manière à provoquer le mécontentement populaire ? Nous considérons de telles déclarations comme irresponsables et clairement agressives dans leur ton, et nous allons y répondre en conséquence. Dans le même temps, nous ne rechercherons jamais la confrontation avec nos partenaires, que ce soit à l’Est ou à l’Ouest, mais au contraire, nous ferons tout notre possible pour bâtir les relations civilisées et de bon voisinage que l’on est censé avoir dans le monde moderne.

Chers collègues,

Je comprends le peuple de Crimée, qui a posé la question du référendum dans les termes les plus clairs possibles : la Crimée devrait-elle être avec l’Ukraine ou avec la Russie ? Nous pouvons affirmer avec certitude que les autorités de Crimée et de Sébastopol, les autorités législatives, lorsqu’elles ont formulé la question, ont mis de côté les intérêts de groupe et les intérêts politiques, faisant des seuls intérêts fondamentaux du peuple la pierre angulaire de leur tâche. Les circonstances particulières de la Crimée – historiques, démographiques, politiques et économiques – auraient rendu toute autre option proposée, si tentante qu’elle puisse être à première vue, seulement temporaire et fragile, et auraient inévitablement conduit à une nouvelle aggravation de la situation locale, ce qui aurait eu des effets désastreux sur la vie des habitants. Le peuple de Crimée a donc décidé de poser la question dans des termes fermes et sans compromis, sans zones d’ombre. Le référendum a été équitable et transparent, et le peuple de Crimée a exprimé sa volonté de manière claire et convaincante et a déclaré qu’il veut être avec la Russie. (Applaudissements)

La Russie devra maintenant elle aussi prendre une décision difficile, en tenant compte des diverses considérations internes et externes. Qu’en pense le peuple ici en Russie ? Ici, comme dans tout pays démocratique, les gens ont différents points de vue, mais je tiens à faire remarquer que la majorité absolue de notre peuple soutient clairement ce qui se passe.

Les sondages les plus récents de l’opinion publique menés ici en Russie montrent que 95 % de notre peuple pense que la Russie doit protéger les intérêts des Russes et des membres d’autres groupes ethniques vivant en Crimée – 95 % de nos concitoyens. (Applaudissements) Plus de 83 % pensent que la Russie devrait le faire même si cela devait compliquer nos relations avec d’autres pays. (Applaudissements) Un total de 86 % de notre peuple considère la Crimée comme étant toujours un territoire russe et une partie des terres de notre pays. (Applaudissements) Et un chiffre particulièrement important, qui correspond exactement aux résultats du référendum de Crimée : près de 92 % de notre peuple soutient la réunification de la Crimée avec la Russie. (Applaudissements)

Ainsi, nous voyons que l’écrasante majorité du peuple de Crimée et la majorité absolue du peuple de la Fédération de Russie sont favorables à la réunification de la République de Crimée et de la ville de Sébastopol avec la Russie. (Standing ovation)

Maintenant, c’est la propre décision politique de la Russie qui doit intervenir, et toute décision ici ne peut être fondée que sur la volonté du peuple, car le peuple est la source ultime de toute autorité. (Applaudissements)

Membres du Conseil de la Fédération, députés de la Douma nationale, citoyens de Russie, habitants de Crimée et de Sébastopol, aujourd’hui, conformément à la volonté du peuple, je soumets à l’Assemblée fédérale une demande pour envisager une loi constitutionnelle sur la création de deux nouvelles entités constitutives de la Fédération de Russie : la République de Crimée et la municipalité de Sébastopol (Standing ovation), et pour ratifier le traité d’admission de Crimée et de Sébastopol à la Fédération de Russie, qui est déjà prêt à être signé. Je suis persuadé de votre soutien. (Standing ovation)



Traduction : sayed7asan.blogspot.fr


http://www.egaliteetreconciliation.fr/Discours-de-Vladimir-Poutine-sur-l-integration-de-la-Crimee-a-la-Federation-de-Russie-24245.html

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Lun 24 Mar - 20:22

Le basculement de la Crimée est-il le premier d’une longue série ?


Source : voltairenet.org



Au-delà des pleurs emphatiques de l’Occident face à l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie, le vrai enjeu est de savoir s’il s’agit d’un événement orphelin ou s’il préfigure le basculement de l’Europe orientale vers Moscou. N’ayant plus que l’asservissement à la bureaucratie bruxelloise à offrir, Bruxelles craint que ses actuels clients soient attirés par la liberté et l’argent de Moscou.

Les Occidentaux s’époumonent à dénoncer l’« annexion militaire » de la Crimée par la Russie. Selon eux, Moscou, revenant à la « doctrine Brejnev », menace la souveraineté de tous les États qui furent membres non seulement de l’ex-URSS, mais aussi du Pacte de Varsovie, et s’apprête à les envahir comme il le fit en Hongrie en 1956 et en Tchécoslovaquie en 1968.
Est-ce bien vrai ? Manifestement, les mêmes Occidentaux ne sont pas convaincus de l’imminence du danger. S’ils assimilent en paroles l’« annexion » de la Crimée par Vladimir Poutine à celle des Sudètes par Adolf Hitler, ils ne pensent pas que l’on se dirige vers une Troisième Guerre mondiale.

Tout au plus ont-ils pris des sanctions théoriques contre quelques dirigeants russes — y compris criméens — en bloquant leurs comptes, au cas ou ils voudraient en ouvrir dans des banques occidentales, ou en leur interdisant d’y voyager, si l’envie leur en prenait. Le Pentagone a bien envoyé 22 avions de combats en Pologne et dans les États baltes, mais il n’a pas l’intention de faire plus que cette gesticulation, pour le moment.

Que se passe t-il au juste ? Depuis la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, et le sommet de Malte qui l’a suivie, les 2 et 3 décembre, les États-Unis n’ont cessé de gagner du terrain et, en violation de leurs promesses, de faire basculer un à un tous les États européens — sauf la Russie — dans l’Otan.

Le processus a débuté quelques jours plus tard, à la Noël 1989, avec le renversement des Ceaușescu en Roumanie et leur remplacement par un autre dignitaire communiste subitement converti au libéralisme, Ion Iliescu. Pour la première fois, la CIA organisait un coup d’État aux yeux de tous, tout en le mettant en scène comme une « révolution » grâce à une nouvelle chaîne de télévision, CNN International. C’était le début d’une longue série.

Une vingtaine d’autres cibles allaient suivre, souvent par des moyens tout aussi frauduleux : l’Albanie, l’Allemagne de l’Est, l’Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, la Géorgie, la Hongrie, le Kosovo, la Lettonie, la Lituanie, la Macédoine, la Moldavie, le Monténégro, la Pologne, la Serbie, la Slovaquie, la Slovénie, la Tchéquie et l’Ukraine.
Aucun document ne fut signé lors du sommet de Malte, mais le président Bush Sr., conseillé par Condoleezza Rice, prit l’engagement oral qu’aucun membre du Pacte de Varsovie ne serait accepté dans l’Otan. En réalité, l’Allemagne de l’Est y entra de facto, par le simple jeu de son adhésion à l’Allemagne de l’Ouest. La porte étant ainsi ouverte, ce sont aujourd’hui 12 États ex-membres de l’URSS ou du Pacte de Varsovie qui y ont adhéré et les autres qui sont en attente de rejoindre l’Alliance.
Cependant, « les meilleures choses ont une fin ». La puissance de l’Otan et de son versant civil, l’Union européenne, vacille. Certes l’Alliance n’a jamais été si nombreuse, mais ses armées sont peu efficaces. Elle excelle sur de petits théâtres d’opération, comme en Afghanistan, mais ne peut plus entrer en guerre contre la Chine, ni contre la Russie, sans la certitude de perdre comme on l’a vu en Syrie cet été.

En définitive, les Occidentaux sont stupéfaits de la rapidité et de l’efficacité russes. Durant les jeux Olympiques de Sotchi, Vladimir Poutine n’a stoïquement livré aucun commentaire sur les événements de la place Maidan. Mais il a réagi dès qu’il a eu les mains libres. Chacun a pu alors constater qu’il abattait des cartes qu’il avait préparées durant son long silence. En quelques heures, des forces pro-russes ont neutralisé les forces pro-Kiev de Crimée tandis qu’une révolution était organisée à Semferopol pour porter au pouvoir une équipe pro-russe. Le nouveau gouvernement a appelé à un référendum d’autodétermination qui a enregistré une immense vague pro-russe, population tatare incluse. Puis, les Forces officielles russes ont fait prisonniers avec leurs matériels les soldats se réclamant encore de Kiev. Tout cela sans tirer un coup de feu, à l’exception d’un sniper ukrainien pro-Otan qui fut arrêté à Semferopol après avoir tué une personne de chaque bord.

Il y a vingt ans, les mêmes Criméens auraient certainement voté contre la Russie. Mais aujourd’hui, leur liberté est bien mieux assurée par Moscou que par Kiev, où un tiers du gouvernement revient aux nazis et les deux autres tiers aux représentants des oligarques. En outre, leur économie en faillite a immédiatement été relevée par la Banque de Russie, tandis que, malgré le FMI et les prêts des États-Unis et de l’UE, Kiev est condamné à une longue période de pauvreté. Il n’était pas nécessaire de parler russe pour faire ce choix et, malgré la propagande occidentale, les musulmans Tatars l’ont fait comme les russophones. C’est également le choix de 88 % des militaires ukrainiens stationnés en Crimée, qui se sont ralliés à Moscou avec la ferme intention de faire venir leurs familles et de leur obtenir la nationalité russe. C’est aussi le choix de 82 % des marins ukrainiens qui se trouvaient en mer, trop heureux de pouvoir devenir Russes, ils se sont ralliés à Moscou avec leurs bâtiments sans y être contraints d’aucune manière.

La liberté et la prospérité, qui ont été les arguments de vente de l’Occident depuis presque 70 ans, ont changé de camp.

Il ne s’agit pas d’affirmer ici que la Russie est parfaite, mais de constater que pour les Criméens et en réalité pour la plupart des Européens, elle est plus attractive que le camp occidental.

C’est pourquoi l’indépendance de la Crimée et son adhésion à la Fédération de Russie marquent le retour du balancier. Pour la première fois, un peuple ex-soviétique décide librement de reconnaître l’autorité de Moscou. Ce que craignent les Occidentaux, c’est que cet événement ait un effet comparable à la chute du Mur de Berlin, mais dans l’autre sens. Pourquoi ne verrait-on pas des États membres de l’Otan — comme la Grèce — ou simplement de l’Union européenne — comme Chypre — suivre le même chemin ? Le camp occidental se déliterait alors et sombrerait dans une très forte récession — comme la Russie d’Eltsine.

En outre, la question de la survie des États-Unis ne manquerait pas de se poser. La dissolution de l’URSS aurait dû entrainer celle de son ennemi et néanmoins partenaire, ces deux super-puissances n’existant que l’une face à l’autre. Or, il n’en fut rien. Washington étant débarrassé de son compétiteur se lança à la conquête du monde, globalisa l’économie et installa un Nouvel Ordre. Il fallut deux ans et un mois à l’Union soviétique pour se dissoudre après la chute du Mur de Berlin. Verrons-nous bientôt la dissolution des États-Unis et de l’Union européenne en plusieurs entités, ainsi que l’enseigne Igor Panarin à l’Académie diplomatique de Moscou ? L’effondrement sera d’autant plus rapide que Washington réduira ses subventions à ses alliés et Bruxelles ses fonds structurels.

Personne ne doit craindre l’attractivité de la Russie, car c’est une puissance impériale, mais pas impérialiste. Si Moscou a tendance à rabrouer les petits pays qu’il protège, il n’entend pas étendre son hégémonie par la force. Sa stratégie militaire est celle du « déni d’accès » à son territoire. Ses armées sont les premières au monde en termes de défense anti-aérienne et anti-navale. Elles peuvent détruire des flottes de bombardiers et de porte-avions. Mais elles ne sont pas équipées pour partir à la conquête du monde, ni déployées dans quantité de bases extérieures.

Il est particulièrement étrange d’entendre les Occidentaux dénoncer l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie comme contraire au droit international et à la Constitution ukrainienne. N’est-ce pas eux qui démembrèrent l’URSS et le Pacte de Varsovie ? N’est-ce pas eux qui rompirent l’ordre constitutionnel à Kiev ?

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, déplore une prétendue volonté russe de « couper l’Europe en deux ». Mais la Russie s’est débarrassée de la dictature bureaucratique soviétique et n’entend pas restaurer le Rideau de fer. Ce sont les États-Unis qui veulent couper l’Europe en deux pour éviter l’hémorragie vers l’Est. La nouvelle dictature bureaucratique n’est plus à Moscou, mais à Bruxelles, elle se nomme Union européenne.

D’ores et déjà, Washington tente de fixer ses alliés dans son camp, il développe sa couverture de missiles en Pologne, en Roumanie et en Azerbaïdjan. Il ne fait plus mystère que son « bouclier » n’a jamais été destiné à contrer des missiles iraniens, mais est conçu pour attaquer la Russie. Il tente aussi de pousser ses alliés européens à prendre des sanctions économiques qui paralyseraient le continent et pousseraient les capitaux à fuir… aux États-Unis.

L’ampleur de ces ajustements est telle que le Pentagone examine la possibilité d’interrompre son « pivot vers l’Extrême-Orient », c’est-à-dire le déplacement de ses troupes d’Europe et du Proche-Orient pour les positionner en vue d’une guerre contre la Chine. Quoi qu’il en soit, toute modification de sa stratégie à long terme désorganisera encore plus ses armées sur le court et le moyen terme. Moscou n’en demandait pas autant, qui observe avec volupté les réactions des populations de l’Est de l’Ukraine et, pourquoi pas, de la Transnistrie.

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Mar 25 Mar - 20:29

Et bien Archange tu suis l'afffaire de prés  , je comptais citer l'article ci sessus un peu plus tars ,histoire de ne pas faire d' l'ukraine une obsession.
Comme l'auteur de larticle a differentes entrées hors occident dont il ne fait pas le jeu ,je suis toujours étonné de sa lucidité ; mais il sait comment se préparent les piéces de théâtres géopolitiques.

Et il s'en prépare une sacrée maintenant



FIN DU PÉTRODOLLAR: Poutine se prépare à mettre à mort le dollar, en annonçant le «Saint Graal» : un accord gaz avec la Chine
Nous allons surement vivre cette année (d’ici cet été)
   



LA FIN DU PETRO-DOLLAR !!!

C’est une évolution majeure…  

Revue de presse 2013-2014 Z@laresistance

...

Pendant que l’ouest est axée sur la journée et l’évolution du jour en Ukraine, et  sur comment stopper l’expansion russe à travers un apaisement ( une tactique à peine gagnante comme les événements dans les années 1930 l’ont démontré), la Russie pense de nouveau trois pas en avant … et un certain nombre de pas à l’ est.”
Alors que l’Europe se démène  furieusement  pour trouver des sources alternatives d’énergie , Gazprom devrait  retirer de sa fiche les exportations de NATGAS en Allemagne et en Europe (la hausse imminente des prix du gaz en Ukraine de 40% est probablement la meilleure indication de ce que serait le résultat)
la Russie se prépare à l’annonce du “Saint-Graal” : un accord énergétique avec nul autre que la Chine, un geste qui enverrait des ondes de choc géopolitique dans le monde entier et lierait les deux nations dans un axe basé autour de produits adossés aux matières 1eres  .
Ce qui, comme certains en particulier sur ces pages, l’ ont suggéré , jetterait les bases d’une nouvelle monnaie commune de réserve adossée à  des matières 1eres (or ?) qui contourne le dollar, ce que la Russie avait implicitement indiqué il y a un moment  , quand son ministre des Finances Siluanov avait déclaré que la Russie pouvait retrouver de l’emprunt étranger cette année.
Traduire : contourner les achats de la dette russe par l’ouest , financé par les achats chinois d’us treasuries, et aller directement à la source .


Voici ce qui va probablement se passer, comme expliqué par Reuters :
Igor Setchine a réunit les médias à Tokyo le lendemain (des nouvelles sanctions) pour avertir les gouvernements occidentaux que de nouvelles sanctions sur la saisie de la péninsule Ukrainienne de la mer Noire par Moscou, seraient “contre-productives”.
Le message sous-jacent des chefs de la plus grande compagnie pétrolière de Russie, Rosneft, était clair: Si l’Europe et les Etats-Unis tentent d’isoler la Russie, Moscou regardera vers l’Est pour les nouvelles entreprises, les offres d’énergie, les contrats militaires et les alliances politiques.
Le Saint-Graal pour Moscou est un accord de fourniture de gaz naturel avec la Chine qui est apparemment maintenant près après des années de négociations . Si  cela  peut être signé lorsque Poutine sera en visite en Chine en mai, il sera en mesure de  montrer que la puissance mondiale s’est déplacé vers l’est et qu’il n’a pas besoin de l’Occident.  
“le mois de Mai est dans nos plans», a déclaré un porte-parole de Gazprom, interrogé sur le moment de l’accord. Une source de la compagnie a déclaré: “Il serait logique de s’attendre à ce que l’accord soit signé lors de la visite de Poutine en Chine.”


Bingo ! Et maintenant ajoutez le commerce bilatéral libellé soit en Roubles ou en Renminbi (ou en or ), ajoutez l’Iran, l’Irak, l’Inde, et bientôt les Saoudiens (La plus grande source étrangère de pétrole brut pour la Chine , dont le prince a aussi rencontré le président Xi Jinping la semaine dernière , quant à l’expansion de leur  commerce  bilatéral) … et dites adieu aux pétrodollars !

La Russie vit  ses pires relations avec l’Occident  , la Russie voudra se  rapprocher de la Chine. Si la Chine vous soutient, personne ne peut dire que vous êtes isolé », a déclaré Vassili Kashin, un expert de la Chine , et de  l’analyse des stratégies et des technologies ( CAST)


Comme l’a signalé previoisly, la Chine a déjà implicitement soutenu Poutine sans risquer ses relations avec l’Occident.“Samedi dernier, la Chine s’est abstenue lors d’un vote du Conseil de sécurité de l’ONU sur un projet de résolution déclarant la nullité du référendum en Crimée , ce qui a contribué à soutenir son’union avec la Russie. Bien que la Chine soit nerveuse sur les référendums dans les régions agitées, car ce sont d’autres pays qui pourraient servir de précédent pour le Tibet et à Taiwan, elle a refusé de critiquer Moscou .

L’appui de Pékin est vitale pour Poutine. La Chine est non seulement un membre permanent de membre de Conseil de sécurité des Nations Unies avec lesquels la Russie pense la même chose, il est aussi la deuxième plus grande économie du monde et elle s’oppose à la propagation de la démocratie à l’occidentale “

Cela a culminé hier, lorsque nous rapportions hier soir que Poutine avait remercié la Chine pour sa “compréhension sur l’Ukraine.” La Chine ne s’est  pas exactement gardée de ses sentiments au sujet de relations plus étroites avec la Russie .

Le président chinois Xi Jinping a montré combien il apprécie les liens avec Moscou, et avec Poutine en particulier, en faisant de la Russie sa première visite à l’étranger en tant que chef de la Chine l’an dernier, et en assistant  à l’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi , le mois dernier.

La punchline: “ Une alliance forte conviendrait aux deux pays qui formeraient comme un contrepoids aux États-Unis. ” Une alliance qui ne serait que le prolongement des tendances actuelles dans leurs relations bilatérales étroites, y compris non seulement les investissements en infrastructures, mais aussi les fournitures militaires .

Pour résumer : alors que le plus grand changement tectonique géopolitique depuis la guerre froide s’accélère avec le raffermissement inévitable de «l’axe asiatique”,  

[color=#660000]l’ouest monétise  sa dette, se complaît dans la richesse du papier créée à partir de rien et d’un niveau record de manipulation du marché boursier, tout en essayant en même temps  d’expliquer pourquoi il y a 6,5% de chômage, qui accuse le climat pour chaque point de données économiques décevantes… ce qui est indicatif d’une économie vraiment faible, et tout le monde se fait avoir, en essayant de retrouver un avion qui a disparu ![/color


ZERO HEDGE




les pays qui se sont enhardis à passer du dollar à l'euro ont comme par hasard capoté Irak Lybie Macédoine  .....
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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Mer 26 Mar - 19:29

J'avais hésité aussi à le poster de suite, mais la question se pose même si pour l'heure c'est prématuré...

Ca sent un peu le gaz!!

_____________


La propagande anti-russe et la fabrication d'un nouveau consensus pro-guerre

Par Alex Lantier
22 mars 2014

Depuis que la Crimée a voté dimanche pour faire sécession de l'Ukraine et rejoindre la Russie, les responsables et les médias américains ont monté une campagne de propagande assourdissante, se présentant comme les défenseurs de la paix mondiale, des droits des petites nations et du droit international, en opposition à la Russie. Dans cette campagne, aucun mensonge n'est trop absurde pour justifier un soutien au régime ukrainien qui a émergé du coup d'État mené par des fascistes le mois dernier.

Alors qu'il annonçait de nouvelles sanctions contre la Russie jeudi, le président Obama a dénoncé l'annexion de la Crimée par la Russie. «Des principes de base doivent être respectés entre les gouvernements du monde au 21e siècle», a psalmodié Obama, des principes comme «le concept que les nations ne redessinent pas les frontières simplement parce qu'elles sont plus grandes ou plus puissantes».

Dans la même veine, le Washington Post a affirmé dans son éditorial que «L'affirmation de M. Poutine que la Russie devrait avoir son mot à dire dans l'orientation politique de ses voisins et dans leur décision de se joindre à des alliances comme l'Union européenne ou l'OTAN est entièrement inacceptable.»

Qui est censé croire ces inepties? Le principe directeur de la politique étrangère américaine est qu'elle a le droit incontestable de déterminer l'orientation politique de ses infortunés «voisins» dans l'hémisphère occidental et de n'importe quel autre pays du monde.

Déjà avec la doctrine Monroe en 1823, les États-Unis défendaient que l'ensemble de l'hémisphère occidental constituait leur sphère d'influence et qu'ils pouvaient donc dicter les relations de toute cette région du globe avec les puissances européennes.

Une histoire détaillée des interventions sanglantes des États-Unis dans les affaires internes des pays d'Amérique du Sud, d'Amérique centrale, du Mexique et des Caraïbes exigerait un travail d'encyclopédistes s'étalant sur des dizaines de volumes. Une liste partielle des déprédations causées par l'impérialisme américain contre ses voisins du Sud comprendrait l'incursion au Mexique entre 1914 et 1917, l'occupation militaire d'Haïti et du Nicaragua, le renversement du gouvernement Arbenz au Guatemala en 1954, l'invasion de Cuba dans la Baie des cochons en 1961 et les tentatives d'assassinats innombrables de la CIA contre Castro, ainsi que le renversement du régime Allende en 1973 au Chili.

Pour justifier le soutien de Washington au renversement du régime chilien et au meurtre du président Salvador Allende, le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Henry Kissinger, avait lancé la remarque cynique: «Je ne vois pas pourquoi ne devrions laisser un pays devenir communiste par l'irresponsabilité de son propre peuple. Ces enjeux sont bien trop importants pour laisser les électeurs chiliens décider eux-mêmes.»

Mais il n'est même pas nécessaire de s'occuper d'«histoire ancienne». Au cours des 31 dernières années, les États-Unis ont envahi la Grenade, le Panama et Haïti, et renversé leur gouvernement. Ils ont organisé des opérations d'insurrection ou de contre-insurrection au Nicaragua, en El Salvador et au Guatemala. Washington a soutenu le renversement d'un gouvernement légalement élu en 2009 au Honduras. Et depuis 2002, ils sont engagés dans des efforts incessants (dont un coup d'État qui a échoué) pour faire tomber le gouvernement du Venezuela.

Le gouvernement Obama et le gouvernement Merkel en Allemagne auraient difficilement pu être surpris que la Russie réagisse à l'installation d'un régime hostile à la solde de l'Occident à sa frontière. Et s'ils ont pu être quelque peu surpris par la rapidité avec laquelle Poutine a agi pour prendre le contrôle de la Crimée, ils ne voient pas les plus récents développements comme étant entièrement négatifs.

Comme le montrent clairement une déclaration récente des dirigeants américains et européens et les commentaires des experts dans les médias, les actions défensives de Poutine leur donnent une occasion de changer la présentation de leur programme militariste qui avait perdu de la crédibilité auprès d'une grande partie de la population et de lui redonner une légitimité.

L'effet des attentats du 11 septembre 2001 et de la «guerre contre le terrorisme» s'est estompé et les mensonges sur les armes de destruction massives qui ont servi à déclencher l'invasion de l'Irak ont discrédité la guerre au sein de la classe ouvrière. Les puissances impérialistes ont dû admettre qu'elles ne pouvaient pas se lancer dans le bombardement de la Syrie en septembre dernier, en grande partie en raison de l'opposition à la guerre dans la population.

Confrontés à un large sentiment anti-guerre dans la classe ouvrière et aux limitations que cela impose à leur politique étrangère, les stratèges impérialistes et les agents des médias cherchent à exploiter la crise qu'ils ont provoquée en Ukraine pour faire basculer l'opinion publique.

C'était le sujet d'un commentaire du chroniqueur du Washington Post, E. J. Dionne, mercredi, dans cet article intitulé «Est-ce que la prise de la Crimée par Poutine peut nous rassembler?» Dionne se demande comment un «public qui en a assez de la guerre peut être réveillé et gagné à cette cause». Il se plaint des statistiques qui montrent que seulement 29 pour cent de la population américaine est contre, et 56 pour cent sont pour, l'idée que les États-Unis ne devraient pas «trop s'impliquer» en Ukraine.

Il écrit: «Nous devons confronter Poutine, mais cela va exiger un consensus sur la politique étrangère qui a disparu. Un nouveau consensus devra s'appuyer sur des principes qui précèdent l'engagement en Irak et qui impliquent un usage plus calculé de la puissance américaine. D'où le paradoxe final: Poutine a donné à Obama l'occasion de commencer à reconstruire le consensus – si le président décide d'en profiter et si ses critiques sont prêtes à l'aider.»

Le but de la campagne de propagande en cours est donc de fabriquer un nouveau discours pro-guerre, comme si cela était suffisant pour faire oublier les mensonges sur l'Irak et l'Afghanistan de la mémoire du public.


https://www.wsws.org/fr/articles/2014/mar2014/cons-m22.shtml


Les médias allemands cherchent à dépeindre Poutine comme un nouveau «Hitler»

Par Ulrich Rippert
24 mars 2014

Mercredi, le journal allemand Bild a publié un entretien avec la politicienne et oligarque russe Yulia Timoshenko, qui est en traitement dans un hôpital de Berlin. Quand on lui a demandé ce qu'elle pensait d'un récent discours du président russe Vladimir Poutine, Timoshenko a déclaré que Poutine avait fait des remarques «dont le monde n'a pas entendu de semblables depuis 1938

Pour elle, Poutine représente «le fascisme pur», encore plus dangereux que le national-socialisme [d'Hitler] parce qu’«il le dissimule derrière des phrases sur l'amitié entre les peuples». Elle a dit que Poutine veut «redessiner la carte du monde par la guerre, les meurtres de masse et le sang». Ce serait le «Mein Kampf» de Poutine.

Le fait que le quotidien d'information le plus vendu en Allemagne, avec près de 2,5 millions d'exemplaires quotidiens et un public de plus de 12 millions de lecteurs, répande une telle propagande en dit long sur la dépravation politique de son équipe éditoriale.

Mis à part le quotidien économique Handelsblatt, qui a écrit que les déclarations de Timoshenko soulèvent «des doutes sur son état mental», personne dans le monde politique allemand et les médias n'a réfuté sa comparaison entre Poutine et Hitler.

L'opinion générale de l'élite allemande est qu'il est permis de falsifier à volonté le contexte historique et les faits. Aux yeux des propagandistes du militarisme allemand, la véracité des déclarations importe peu tant que leur contenu politique leur convient. C'est cette distorsion sans vergogne de la vérité historique, et non le comportement de Poutine, qui rappelle l'époque où les publications nazies comme la Völkische Beobachte ou le torchon de Goebbels Der Angriff répandaient des mensonges grotesques et des articles enflammés, auxquels personne n'osait s'opposer.

Les remarques de Timoshenko représentent une telle trivialisation du nazisme que, sur la base des lois allemandes, le procureur général devrait ouvrir une enquête. D'après le paragraphe [article] 130 du Code pénal allemand, si quelqu'un «nie ou minimise jusqu'à le rendre inoffensif un acte commis sous le régime national-socialiste», comme les génocides ou les crimes contre l'humanité, il encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et une amende.

Timoshenko assimile l'annexion de la Crimée, qui s’appuie sur un vote clair des habitants de la Crimée, avec la guerre de destruction de Hitler contre l'Union soviétique, au cours de laquelle 20 millions de citoyens soviétiques furent tués, dont des millions de juifs, de communistes et de résistants massacrés sans merci, et notamment en Ukraine.

Si cette comparaison ne revient pas à minimiser le nazisme dans la droite ligne des pires négationnistes de l'holocauste, alors on se pose des questions. Cela montre clairement l'état d'esprit de Timoshenko, qui a été louée dans les médias occidentaux pendant des années comme une icône de la démocratie ukrainienne. Ce n'est pas une coïncidence si son parti de droite, le Parti de la patrie, vient de former une alliance avec le parti fasciste Svoboda pour les élections à venir en mai.

Les industriels allemands avaient financé Hitler, et le président Paul von Hindenburg l'avait nommé chancelier en janvier 1933 parce qu'il promettait deux choses à la classe dirigeante capitaliste : premièrement d'écraser une fois pour toutes la classe ouvrière organisée, et deuxièmement de mener la guerre contre l'Union soviétique.

Avec sa campagne à l'Est, la Wehrmacht de Hitler s'inscrivait dans la continuité directe des objectifs de guerre du Reich allemand durant la Première Guerre mondiale. Durant la Première Guerre, le gouvernement allemand cherchait à attiser une rébellion en Ukraine pour lutter contre la Russie. Berlin soutenait les groupes de l'opposition ukrainienne pour faire arriver un gouvernement pro-allemand au pouvoir à Kiev après un soulèvement.

Les nazis avaient ensuite poursuivi cette politique de conquête sous le slogan «Lebensraum im Osten» (un espace vital à l'Est). Une fois de plus, l'Ukraine, faisant alors partie de l'Union soviétique, avait servi de scène de bataille contre le cœur de la Russie. Une fois de plus, l'Allemagne avait tenté de mettre les vastes étendues de terres cultivables et des ressources naturelles de l'Ukraine au service de son économie de guerre. Une fois de plus, elle s'était appuyée sur le soutien de collaborateurs locaux.

Un rôle central était joué par l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) de Stepan Bandera, qui est maintenant révéré comme un héros par Svoboda. La collaboration entre Bandera et les nazis s'étendit également à l'holocauste. Le 30 juin 1941, avant l'invasion par les troupes régulières allemandes, la section de l'OUN de la ville de Lviv, menée par Bandera, perpétra un massacre au cours duquel environ 7.000 communistes et juifs furent tués.

Maintenant nous assistons à la troisième tentative de l'impérialisme allemand d'acquérir un «Lebensraum», en d'autres termes, de faire main basse sur les marchés et les sources de matières premières à l'Est. Consciente des crimes du passé, cette nouvelle offensive est camouflée derrière un discours sur la démocratie et la liberté, et menée en étroite collaboration avec l'UE et les alliés de l'OTAN.

Mais en dépit de toute la propagande qui prétend le contraire, l'expansion de l'influence allemande à l'Est est une fois de plus fondée sur une collaboration étroite avec des partis fascistes. Parmi ceux-ci, on compte Svoboda, qui est applaudi par le parti fasciste allemand (NPD) comme «l'un des plus importants partis de droite d'Europe,» étroitement lié politiquement et pratiquement avec le British National Party (BNP), avec Jobbik en Hongrie, Fiamma Tricolore en Italie et le Front national (FN) en France. En mai de l'année dernière, les députés NPD au Parlement de Saxe ont reçu à leurs frais une délégation de Svoboda.

Il y a dix ans, quand Oleh Tiahnybok a pris la direction de Svoboda, il a dit à ses partisans dans un discours, «Prenez les fusils, combattez les porcs russes, les Allemands, les porcs juifs et les autres vermines. Battez-vous pour notre patrie ukrainienne !»

Voilà les alliés du gouvernement allemand. De son propre aveu, l'ambassadeur allemand à Kiev a rencontré Tiahnybok à plusieurs reprises au cours de l'année dernière, et la Fondation Konrad Adenauer a invité des membres de Svoboda à des «tournées d'étude» à Berlin.

Au début de l'année, Svoboda était la force politique la plus importante dans les manifestations de la place Maidan (indépendance). Ses gros bras fascistes ont joué un rôle clé dans le renversement du gouvernement et dans l'organisation du putsch de droite à Kiev. En retour, trois de ses cadres dirigeants ont reçu des postes influents au gouvernement

Yulia Timoshenko sait très bien tout cela. Son Parti de la patrie ne diffère que légèrement de ceux qui défendent des points de vue fascistes et antisémites. Son alliance électorale avec Svoboda a été passée en consultant de près le gouvernement allemand.

Cet étrange entretien de Timoshenko avec Bild cache le fait que le gouvernement allemand collabore avec les partis fascistes afin de faire passer des attaques sociales massives, et d'imposer les intérêts impérialistes de Berlin par la force militaire si nécessaire.

Il est grand temps de s'opposer à ces développements. Voilà pourquoi le Parteï für Soziale Gleichheit (PSG - Parti de l'égalité socialiste) participe aux élections européennes. Le PSG cherche à mobiliser la classe ouvrière avec son parti frère en Grande-Bretagne, le Socialist Equality Party, sur la base d'un programme socialiste international.


https://www.wsws.org/fr/articles/2014/mar2014/pout-m24.shtml

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Jeu 27 Mar - 18:26

Pierre Hillard au Salon du Livre 2014 : analyse de la situation en Ukraine



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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Ven 28 Mar - 14:40

eh bien j'attendais l'avis de P.Hillard sur la question de l'Ukraine   et bien t'as servi le plat .
Il était excellent.
Largeur et hauteur de vue qui permet de faire prévaloir la lucidité sur les esperances

et  oui nous sommes à un tournant et lempire anglosaxon  qui domibne depuis 2  siecles   ne
renoncera pas à ses plans.
une 3éme leçon mondiale est inévitable / quand on se rappelle comment la 2éme leçon mondiale s'est achevée et comment la 3éme se prépare avec oblabla prix nobel de la paix et toujours en guerre;
drone qui peut ....

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Sam 29 Mar - 23:31

Lucide ça oui, et il se dit clairement inquiet, attendons de voir comment avance le dossier et ce que nous ont concocté les narrateurs cachés dans les coulisses!! Quelle époque!!

_____________



Ukraine : le milliardaire Petro Porochenko favori des présidentielles





"Une Ukraine dans laquelle les citoyens riches, libres et honnêtes seront fiers d’être Ukrainiens" lol



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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Dim 30 Mar - 1:43

Poutine me fait peur…

Il est temps de dire la vérité sur «l’abominable nouveau tsar du Kremlin


Publié le 27 mars 2014 à 9:00 dans Monde


 Il est grand temps de dénoncer haut et fort Vladimir Poutine. D’abord sur le plan économique. Car qu’a-t-il fait depuis 15 ans, concrètement ?

  Le pouvoir d’achat des Russes : il a doublé.  

L’inflation : passée de 100 % à presque rien.

La balance commerciale : largement redressée et désormais excédentaire.

Le taux d’emploi : en très forte hausse. La dette publique : passée de 90 % du PIB à 10  %.  

La pauvreté : divisée par 2=#660066]Bref, les chiffres parlent d’eux-mêmes : un
échec lamentable.
 

Au niveau politique : des élections régulières, de gros succès électoraux – bien loin de la situation de nos alliés en Chine ou en Arabie Saoudite.

Évidemment, sa côte de popularité n’est jamais descendue sous les 65 % d’opinions positives,
et elle est remontée à 80 % actuellement
– tout ceci étant prévisible
vu les chiffres économiques catastrophiques précédemment avancés.
D’ailleurs, on se rend bien compte que les chiffres sont évidemment truqués,
Obama plafonnant à 40%, Hollande étant descendu à 15 %,
et le taux d’approbation du Congrès américain venant de réussir l’exploit
d’atteindre un seul chiffre, avec 9 % de satisfaction des Américains.


Mais c’est au niveau géopolitique que le pire est à craindre.
Car que prône M. Poutine ? Des référendums ! Pour demander leur avis aux gens ! Non mais, sérieusement, jusqu’à quand allons-nous tolérer ceci en Europe ?


Faisons bien attention aux conséquences de notre pusillanimité
si nous laissons des référendums se développer en Europe,
cela en sera fini de la marche vers le « Progrès Européen ».
Terminé les traités budgétaires.
Fini l’austérité pour complaire aux marchés financiers.
Plus d’augmentation de l’âge des retraites jusqu’à 69 ans.
Personne n’acceptera de saigner la Grèce pour rembourser
des hedge-funds vampires.
Personne n’élira Hermann Van Rompuy Président du
Praesidium Européen

De même, si nous faisons un référendum au Royaume-Uni,
il est clair que ce pays quittera rapidement l’Union.
Comme le feront pas mal d’autres pays si nous demandons leur avis
aux citoyens.

Et quel peuple acceptera de voter pour l’accord d’association
UE/Ukraine ,signé le 21 mars dernier, qui met
désormais les entreprises européennes en concurrence
avec le pays  le plus pauvre d’Europe
où le salaire minimal est de 100 € par mois ?
,  
Aucun peuple sensé ne l’acceptera – craignant évidemment le chômage

Il faut donc bannir le référendum et laisser Bruxelles décider.

Mais là où apparaît clairement la perfidie du président russe,
c’est que, non seulement il fait voter les habitants de Crimée
sur leur avenir pour la première fois,

mais en plus, alors que, essentiellement Russes,
ils ont logiquement demandé leur rattachement à la Russie
à une écrasante majorité, incontestable,
eh bien il les écoute et il répond à leur demande !


Imagine-t-on ceci en Europe
? Mais nous n’aurions jamais pu signer le traité de Lisbonne si on avait accepté
la demande des Français de 2005.

.

Alors que, dans cette affaire, la solution était
tellement simple – et nous l’aurions surement appliquée si des ministres
russes avaient alimenté des manifestations populaires pro-russes
Canada, puis avaient  surtout fomenté un coup d’État
avec des néonazis qui auraient interdit français au Québec.


Il fallait donc punir très fortement Poutine
(la punition étant désormais un axe central en Diplomatie),
renvoyer la Crimée dans le giron du gouvernement putschiste ukrainien
non élu, puis envoyer des chars ukrainiens noyer dans le
sang le soulèvement qu’il n’y aurait pas manqué d’avoir envers .

un gouvernement comportant un tiers de néonazis
russophobes assumés  et soutenu par un Occident cynique comme jamais

Là, au moins, dans un scénario à la yougoslave, l’UE sait
agir : tweets, discours enflammés, résolutions, condamnations, envois
d’observateurs et de Bernard-Henri Lévy, puis d’enquêteurs, puis
de médecins légistes, saisie de la Cour pénale internationale, etc.

Mais au lieu de cela, Poutine à tout gâché, et le peuple
de Crimée a fêté dans la liesse populaire son rattachement à la Russie.
Et le peuple de a manifesté sa révolte le 23 mars,
l’ampleur de la phénoménale de 5 000 personnes montrant bie
le caractère totalement  illégitime de la chose pour les Ukrainiens
tout comme le fait qu’à peine 20 % des militaires ukrainiens en
Crimée aient obéi à l’ordre de rentrer au pays


Tout ceci est donc désolant, c’est à désespérer du « rêve européen
Et comme  nous ne savons pas jusqu’où ira Poutine, il nous faut donc
surtout nous armer de lucidité !

 Dénoncés par la Knesset ou le Congrès Juif Mondial, et ré-inhumant
 régulièrement des Waffen-SS avec les honneurs militaires par exemple.
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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Mar 1 Avr - 18:43

Ca c'est sur, il ne fait pas bon être patriote et travailler en faveur de son pays et de son peuple à l'aube de l'établissement d'une dictature mondiale! Entre la fermeté d'un Poutine et la liquéfaction et la dégénérescence totale de nos autorités politiques baillonnées par l'Europe, et la dégénérescence dans tous les domaines, de l'occident, on peut trouver en effet un certain charme à cette Russie fière de sa souveraineté, fière de rester fidèle à certaines valeurs et traditions. Attali a bien essayé récemment sur un plateau tv de qualifier la Russie de dictature, nous ne sommes pas en reste nous-mêmes avec l'Europe qui nous baîllonne et nous saigne impitoyablement... et cette espèce de dictature molle-dure sous Flamby 1er qui veut accroître la surveillance et la fermeté envers les "groupuscules contestataires"........ et c'est la gauche qui fait cela...   

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Jeu 3 Avr - 19:23

Source : fr.ria.ru


L’Otan met le paquet sur l’Ukraine
  
 



Le partenariat pragmatique entre la Russie et l’Otan est suspendu. Les contacts diplomatiques entre les représentants permanents seront maintenus tout en restant formels, écrit jeudi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.
La direction de l’Alliance a annoncé ses plans vis-à-vis de l’Ukraine. Ils pourraient se résumer par une phrase du communiqué émis à l’issue de la réunion de deux jours entre les ministres des Affaires étrangères de l’Otan à Bruxelles : "Il est primordial pour l’Otan que l’Ukraine dispose d’une armée opérationnelle". Deux questions légitimes se posent. Premièrement, pourquoi est-ce si important pour l’Alliance ? Deuxièmement, quel sera l’ennemi potentiel de cette armée opérationnelle ukrainienne ?
Les autorités de Kiev affirment verbalement que la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’Alliance, qui plus est le déploiement de bases de l’Otan sur son territoire, ne se pose pas. D’ailleurs, les politiciens se réfèrent au statut non aligné du pays fixé par la Constitution. Mais en pratique, la situation est différente. Les militaires de l’Otan se préparent déjà à s’installer en Ukraine. Il suffit d’écouter les candidats à la présidentielle Ioulia Timochenko ou Petr Porochenko pour comprendre que le statut de non aligné ne tiendra pas longtemps. L’Otan n’hésitera pas à profiter de la moindre occasion pour déployer ses bases en Ukraine. C’est la raison pour laquelle il est aussi important pour l’Alliance d’élargir sa coopération militaire avec Kiev et d’habituer les Ukrainiens à l’idée que les militaires de l’Otan sont leurs nouveaux amis. C’est pour cette raison que la direction de l’Alliance souhaite créer en Ukraine une armée aux normes de l’Otan avec des armes otaniennes, qui considérerait la Russie comme son ennemi.
Auparavant, lors des réunions ministérielles Otan-Russie, l’Alliance affirmait que sous sa forme actuelle elle n’était pas un bloc militaire, mais politique avant tout. Dans ce sens, les experts prédisaient la dissolution de l’Otan, car son existence était dénuée de tout sens en l’absence d’ennemis extérieurs. Le partenariat avec Moscou privait les stratèges de l’Alliance d’un ennemi concret et les poussait à chercher de toute urgence de nouveaux ennemis tels que le terrorisme international, l’Iran et ou la Corée du Nord.
Mais aujourd’hui, la situation a changé du point de vue de l’Otan. La réunification de la Crimée et de la Russie s’est immédiatement reflétée dans le discours des dirigeants otaniens – à l’instar des acteurs trop longtemps forcés à parler d’une voix artificielle, ils ont enfin pu redevenir eux-mêmes.
La liste des mesures que l’Alliance a l’intention d’entreprendre impressionne par son niveau d’hostilité à l’égard de la Russie. Washington a demandé aux autorités roumaines d’augmenter son contingent de soldats et d’avions sur la base aérienne Mikhaïl Kogalniceanu sur la mer Noire. Le nombre de militaires américains passera de 1 000 à 1 600 hommes. Aucune information n’a encore été annoncée concernant les avions.
Des avions munis de systèmes de détection et de commandement aéroporté effectuent des survols réguliers du territoire de la Roumanie et de la Pologne. Le nombre de chasseurs dans les pays baltes a doublé grâce aux États-Unis. "Nous avons l’intention de renforcer et de mettre à jour la planification militaire ainsi que l’organisation des exercices, et de prendre une décision sur le déploiement de forces supplémentaires", a déclaré le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen.
Un groupe d’officiers américains se rendra en Europe pour convenir les plans d’extension des manœuvres militaires communes dans la région. Le Pentagone étudie la possibilité d’envoyer un navire américain supplémentaire en mer Noire. Le premier ministre polonais Donald Tusk, insatisfait par la lenteur de l’augmentation de la présence de l’Otan dans son pays, a appelé l’Alliance à agir avec davantage de détermination. A long terme, il est question d’installer en Europe de l’est des bases permanentes de l’Otan. Un partenariat entre Moscou et Bruxelles avait été possible lorsqu’en 1999, les premiers pays du Pacte de Varsovie ayant adhéré à l’Otan avaient renoncé à la construction de tels sites. Les experts sont persuadés que la décision de construire ces bases serait interprétée par Moscou comme une provocation exigeant une réaction symétrique.
La liste des initiatives militaires de l’Otan donne l’impression que l’Alliance se prépare à une guerre. Mais contre qui ? Après tout, personne n’a menacé les pays de l’Otan et aucun changement géopolitique concernant les frontières des États membres de l’Alliance ne s’est produit.
 

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Ven 4 Avr - 20:50

POUTINE LACHE LA MONAIE DE SINGE
LE BEAU BONOBO BOBINE SEVERE



http://www.mondialisation.ca/crise-ukrainienne-poutine-pret-a-lacher-le-dollar

Crise ukrainienne : Poutine prêt à lâcher le dollar
La Russie, « contrainte et forcée » par les sanctions internationales, crée un système indépendant du dollar
.
















La Russie, « contrainte et forcée » par les sanctions internationales, crée un système indépendant du dollar. Moscou annonce qu’elle vendra (et achètera) ses produits et matières premières, comme le pétrole, en roubles et non plus en dollars. Cela fait un certain temps que Poutine prépare cette transition, avec la création d’un système de paiement en roubles complètement indépendant et protégé du dollar et des spéculations meurtrières des grandes institutions financières occidentales.

Après avoir sanctionné plusieurs banques russes pour punir Moscou suite à l’affaire e la Crimée, les dirigeants de Washington ont reçu un ordre du pouvoir financier leur intimant de faire marche arrière, puisqu’évidemment, les vampires de Wall Street comprennent bien que mettre les banques russes hors de portée de leurs griffes n’est en aucun cas une bonne idée. [...]

Pour Wall Street et les organisations financières de la City, des pays comme la Russie devraient toujours conserver une porte financière ouverte, à travers laquelle leur économie réelle puisse être périodiquement saccagée. Ainsi Washington a annoncé que cela fut une erreur d’appliquer des sanctions à l’ensemble des banques russes, mais qu’une seule d’entre elles, la Banque Rossija, devait être frappée de sanctions, pour des raisons de propagande et aussi pour faire un exemple.

Cela a suffi à Poutine, qui cherchait depuis au moins 2007 à lancer un système indépendant basé sur le rouble, un système financier qui s’appuiera sur l’économie réelle et les ressources de la Russie, garanti par ses réserves d’or.

Aucune tolérance pour le saccage et la spéculation financière : une manoeuvre discrète, mais aussi une déclaration d’indépendance que Wall Street prendra [très certainement] comme une « déclaration de guerre. »

Comme le veut la stratégie en judo, l’attaque menée au travers des sanctions a créé la situation idéale pour une mesure « défensive » qui renvoie la force brute de l’adversaire contre lui-même. C’est ce qui se passe actuellement. La Banque Rossija deviendra la première banque russe à utiliser exclusivement le rouble russe.

La manoeuvre n’est pas un secret. Bien au contraire. Un énorme symbole d’un rouble en or sera érigé face à la Banque Rossija à Moscou, « afin de symboliser la stabilité du rouble basé sur les réserves d’or du pays, » explique l’agence Itar-Tass, citant les fonctionnaires de la banque.

En réalité, les fonctionnaires se montrent clairs quant à la volonté de punir les spéculateurs occidentaux qui ont mis à sac leur pays pendant une si longue période : « La Russie, à son stade actuel de développement, ne devrait pas dépendre de valeurs extérieures. Ses ressources internes rendront sa propre économie invulnérable aux manigances politiques. »

Et ce n’est que la première étape, a déclaré Andrej Kostin, président de la VTB, une autre banque déjà sanctionnée : « Nous nous dirigeons depuis déjà quelque temps vers un large usage du rouble russe comme valeur de règlements. Le rouble est devenu pleinement convertible depuis longtemps. Malheureusement, nous avons vu les conséquences essentiellement négatives de cette mesure, sous la forme de fuite des capitaux du pays. L’afflux d’investissements étrangers en Russie fut motivé par la spéculation et a grandement déstabilisé nos marchés d’actions. »

D’après l’agence Itar-Tass, Kostin s’est montré très précis et concret : « La Russie devrait vendre à l’étranger ses produits nationaux, des armes au gaz en passant par le pétrole, en roubles, et acheter les marchandises étrangères également en roubles. Alors seulement nous pourrons utiliser les avantages du rouble en tant que monnaie d’échange internationale. »

Poutine lui-même a poussé pour l’adoption de ce nouveau système lors des réunions au sommet le 28 mars devant les députés de la Chambre haute de la Douma, le Parlement, effaçant les derniers doutes et controverses : «Pourquoi ne le ferions-nous pas ? Il est certain que c’est la chose à faire. Nous devons protéger nos intérêts, et nous allons le faire. Ces systèmes fonctionnent, et ils rencontrent un grand succès dans des pays comme le Japon et la Chine. À l’origine il s’agissait de systèmes exclusivement nationaux limités aux seuls marchés et territoires internes, et à la seule population du pays, mais progressivement, ils sont devenus de plus en plus populaires. »

Umberto Pascali

Article original en italien :  popoff.globalist.it, le 3 avril 2014

Article publié également en anglais :
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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Lun 7 Avr - 4:26

La politique de la terreur, armée par le terrorisme banquaire depuis le début du 20éme siécle a crée des sillons béants dans le psychisme des peuples d'Europe qui n'ont pas été réveillés par la catastrophes des conflits mondiaux qui ont ravagé les économies nationales et les vies privées.
ces peuples n'ont toujours pas compris la raison des guerres et n'ont tojours pas compris  ce qu le N.O.M. va installer sur terre .

ils repartiront dans les mondes invisibles encore plus idiots en rapport de l'inteliigence qu'ils auraient du développer pour comprendre ce monde.


Ainsi l'otan a les mains libres pour continuer la politique impérialiste des Usa, à  la mode Usa mondialement connue.
la complicité passive des peuples ne fera qu'entériner la montée rapide de la peur générale qui prépare les conditions d'un conflit généralisé ,comme le début du 20éme siécle l'a déjà montré.

Les manifestations naturelles sismiques et volcaniques montrent que la terre est saturée des éménations humaines.

R.Steiner a parlé réguliérement de l'influence  de ces émanations humaines  dans les couches interieures de la terre.
l'exemple le plus frappant qu'il en ait donné  est la destruction de la lémurie par le feu incontrolé des passions des hommes d'alors, qui a crée des cataclismes volcaniques, poussant à l'émigration vers l'atlantide.

Actuellement  la région du parc usa du Yelow_stone
est travaillée par des secousses sismiques qui a fait prendre des dispositions d'évacuation des populations de cette régions au gouvenement Usa
notamment pour les transposer en afrique du Sud.
Le magma s'etend sous une vallée de 100 Km de long;la croute solidifiée correspond au parc du Yelow_stone fermé maintenat au public.
Si cette croute explose sous le pression magmatique , le volume des cendres laché dans l'atmosphéré aménera un ére glaciére pour au moins 10 ans. c'est avec cela que l'on joue actuellement  et je ne parle pas de nibiru qui travaillera ,par son champs magnétique énorme ,toute la croute terrestre.
Certains pensent d'ailleurs que l'accroissement des perturbations  sur saturne ,jupiter,mars et maintenant vénus marquent l'avancée de Nibiru dans notre systéme solaire

Ainsi la montée des conflits ne fera qu'accélerer  la décharge de toute la pollution psychique dont  l'homme a saturé la terre dans son être invisible.


Voici L'article  qui décrit les manigances de l'otan


La Russie met en garde l’OTAN contre un renforcement de la présence militaire en Europe de l’Est
 



http://www.mondialisation.ca/la-russie-met-en-garde-lotan-contre-un-renforcement-de-la-presence-militaire-en-europe-de-lest/5376856


Les responsables russes ont officiellement protesté hier contre le renforcement militaire de l’OTAN en Europe de l’Est, mettant en garde sur le fait que cela déstabilise les relations qui existent entre l’OTAN et la Russie depuis la dissolution de l’URSS par la bureaucratie stalinienne en 1991.

L’OTAN a rompu cette semaine sa coopération avec la Russie et pratiqué des exercices miliaires dans plusieurs pays bordant les frontières de la Russie ou lui étant proches, dont les Etats baltes et la Bulgarie. Cela fait partie d’un renforcement militaire plus large, mis en œuvre depuis le coup d’Etat mené par les fascistes et qui a installé en février dernier en Ukraine un régime pro-occidental. Ce renforcement militaire a entraîné le déploiement de forces de l’OTAN ou la planification d’exercices militaires en Pologne, en Ukraine et dans les Etats baltes.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a dit hier que Moscou exige des explications de l’OTAN au sujet de ce renforcement militaire. « Nous avons posé des questions à l’alliance militaire de l’Atlantique Nord. Nous n’attendons pas n’importe quelle réponse, mais une réponse pleinement fondée sur le respect des règles que nous avons coordonnées. »

Lavrov a accusé l’OTAN de contrevenir à l’accord de 1997 entre l’OTAN et la Russie qui stipule que l’OTAN ne procédera pas à un nouveau « stationnement permanent supplémentaire d’importantes forces de combat ». Il a aussi accusé l’OTAN de violer la Convention de Montreux sur les déploiements de navires en Mer noire qui exige que les navires de guerre des pays non riverains ne puissent rester plus de 21 jours dans cette région. « Ces derniers temps, les bâtiments américains ont plusieurs fois prolongé leur séjour en Mer noire. Ce prolongement n’a pas toujours été conforme aux règles en vigueur dans le cadre de la Convention de Montreux, » a dit Lavrov.

Deux jours après la suspension de la coopération de l’OTAN avec la Russie, celle-ci rappelait son ambassadeur auprès de l’OTAN, soi-disant pour consultation. « La politique consistant à exacerber les tensions n’est pas notre choix. Néanmoins, nous ne voyons aucune possibilité de continuer une coopération militaire avec l’OTAN comme si de rien n’était, » a dit le vice-ministre de la Défense, Anatoly Antonov. »

Les responsables de l’OTAN ont signalé vouloir poursuivre leur escalade en ignorant les objections russes. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen a rejeté le discours de Lavrov comme n’étant « rien de plus qu’un nouvel élément de propagande et de désinformation russes. »

Rasmussen a indiqué qu’à son avis, l’OTAN n’était plus liée au traité de 1997. En citant la guerre en Géorgie de 2008 et la crise actuelle en Ukraine, il a dit : « La Russie viole tous les principes et les engagements internationaux qu’elle a pris, et en premier lieu celui de ne pas envahir de pays tiers. »

Les arguments de Rasmussen visant à justifier l’escalade irresponsable de l’OTAN en Europe de l’Est en dépeignant la Russie comme l’agresseur sont un tissu de mensonges. La guerre de 2008 en Géorgie, comme l’ont reconnu plus tard même les responsables américains, avait commencé avec l’assaut par le régime géorgien soutenu par les Etats-Unis des forces russes de maintien de la paix, stationnés en Abkhazie et en Ossétie du Sud, qui n’avaient attaqué personne.

Les tentatives pour présenter l’OTAN comme un défenseur de l’ordre mondial et du droit international sont une escroquerie évidente. Même en faisant abstraction du fait que les puissances de l’OTAN pratiquent la torture à l’échelle mondiale et commettent des assassinats par drone, elles ont maintes et maintes fois cherché à mener une guerre agressive, lors de l’invasion de l’Irak en 2003 dirigée par les Etats-Unis ou le risque de guerre en Syrie l’année dernière, en dépit de l’opposition du Conseil de sécurité de l’ONU et en violation du droit international

En ce qui concerne la crise actuelle en Ukraine, elle a explosé après que les puissances de l’OTAN ont de manière flagrante appuyé le coup d’Etat à Kiev, conduit par des groupes fascistes tels Secteur droit et le parti Svoboda, pour renverser le régime ukrainien pro-russe et mettre en place, directement aux frontières de la Russie, un régime militairement aligné sur l’OTAN.
.


L’escalade agressive de l’OTAN, effectuée malgré les avertissements du Kremlin sur le fait que cela réduit à néant tous les fondements juridiques d’une paix extrêmement fragile en Europe, risque de déclencher une guerre entre l’OTAN et la Russie, grande puissance militaire dotée d’un arsenal massif d’armes nucléaires. Ce fait reflète l’intensification des contradictions internationales qui déchirent le capitalisme européen et mondial et qui ne peut être combattu qu’en unissant la classe ouvrière internationale contre le danger d’une guerre impérialiste.

L’oligarchie capitaliste russe corrompue, au nom de laquelle le Kremlin s’exprime, est incapable d’en appeler au sentiment anti-guerre largement répandu et qui existe au sein de la classe ouvrière internationale. En réalité, cette oligarchie cherche désespérément à convaincre certaines factions de l’establishment politique au sein des puissances impérialistes en vue de conclure un accord, alors même que l’OTAN entreprend de faire éclater les formes limitées de la coopération établies depuis les années 1990.

Ainsi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Aleksandr Lukashevich, s’est plaint dans une déclaration faite mercredi que l’OTAN revenait au « temps de la Guerre froide. » Il a averti que ceci entraverait la collaboration conjointe entre la Russie et l’OTAN en matière de « lutte contre le terrorisme, la piraterie et les catastrophes naturelles et celles provoquées par l’homme. »

Les positions de Lukashevich sont l’exemple même la faillite du Kremlin. Sa collaboration réactionnaire avec l’OTAN a fait que la Russie a agi en complice de crimes telle la guerre sanglante en Afghanistan – dans le transport terrestre de fournitures à travers la Russie et l’ancienne Asie centrale soviétique à destination des forces d’occupation de l’OTAN en Afghanistan.

Les puissances impérialistes occidentales abandonnent toutefois leur collaboration avec le Kremlin pour ce qui est de questions comme les opérations de lutte contre la piraterie, cherchant à obtenir un plus gros lot : le contrôle géostratégique et financier de l’Europe de l’Est et en dernière analyse de la Russie elle-même.

Mardi, soit le lendemain de la décision prise par l’OTAN de mettre un terme à la coopération avec la Russie, le plus grand quotidien allemand par abonnement, le Süddeutsche Zeitung, a carrément déclaré que « l’OTAN considère maintenant la Russie comme un ennemi. »

Hier, dans un entretien accordé à l’hebdomadaire allemand Die Zeit qui a été publié sous le titre « Une invasion est possible, » le premier ministre polonais, Donald Tusk a exigé l’installation d’un bouclier antimissile et le déploiement de troupes de l’OTAN en Pologne. « Notre formule comptable est simple, » a-t-il affirmé. « La présence physique de l’OTAN en Pologne vaut mieux que toutes les garanties écrites. C’est également dans l’intérêt de l’Europe parce qu’ici à l’Est, il y a la véritable frontière extérieure de l’Union [européenne]. »

Les conséquences désastreuses de la restauration du capitalisme en Europe de l’Est par la bureaucratie stalinienne sur la base d’un point de vue simpliste que l’impérialisme n’était qu’une histoire inventée par le marxisme, apparaissent dans toute leur évidence. Poussées par la crise géostratégique et socio-économique grandissante du capitalisme mondial, les puissances impérialistes au sein de l’OTAN poursuivent une escalade qui vise à asseoir impitoyablement leur mainmise sur l’Europe de l’Est et à justifier le détournement de fonds massifs à des fins militaires.

Elles avancent des accusations non fondées d’une invasion imminente de l’Ukraine par la Russie comme prétexte pour renforcer leurs forces en Europe de l’Est et élaborer des projets de guerre contre la Russie. Dans une interview accordée à Reuters et au Wall Street Journal, le commandant suprême de l’OTAN pour l’Europe, le général d’armée aérienne, Philip Breedlove, a déclaré que 40.000 soldats russes s’étaient massés à la frontière ukrainienne. Il a lancé de sérieux avertissements d’un assaut russe imminent : « Nous pensons que cette armée est prête à se lancer et qu’elle pourrait atteindre ses objectifs en trois à cinq jours si elle en recevait l’instruction. »

Bien que les responsables occidentaux et les médias n’aient fourni aucune preuve du présumé renforcement massif russe à la frontière ukrainienne, ils brandissent hystériquement la menace d’une invasion russe imminente.

En qualifiant la situation d’« extrêmement préoccupante », Breedlove a mis en garde que l’armée russe dispose de « tout ce qui lui est nécessaire pour réussir une incursion en Ukraine, si la décision en était prise. » Il a suggéré que la Russie pourrait tenter d’envahir tout le Sud et l’Est de l’Ukraine, peut-être dans le but de créer un corridor terrestre vers la Transnistrie, une région russophone qui s’est séparée de la Moldavie, et avancer vers l’Ouest de l’Ukraine.

Breedlove a présenté les grandes lignes des projets de l’OTAN d’encercler la Russie en armant jusqu’aux dents les Etats de l’Europe de l’Est et en augmentant considérablement les dépenses militaires des pays de l’OTAN : « Nous allons développer les « garanties » au niveau aérien, terrestre et maritime et nous allons faire en sorte de positionner ces « garanties » dans tout le secteur où nous serons exposés : au Nord, au centre et au Sud… Et maintenant la discussion la plus dure sera celle que nous aurons avec nos alliés pour savoir quelle sera cette composante terrestre qui constituera la garantie qui nous conduira à ce nouveau paradigme. »

De tels projets impliqueraient la militarisation de l’Europe ainsi que de profondes attaques contre les travailleurs des pays impérialistes pour financer cette escalade militaire massive que l’OTAN est en train de planifier
.


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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Lun 7 Avr - 18:53




Le Premier ministre ukrainien accuse la Russie de vouloir "démembrer" son pays

Le gouvernement a envoyé des ministres dans l'est du pays, où des manifestants pro-russes ont pris le contrôle de bâtiments officiels dimanche.


Un manifestant pro-Moscou brandit un drapeau russe lors de l'occupation d'un bâtiment officiel à Donetsk (Ukraine), le 6 avril 2014. (ALEXANDER KHUDOTEPLY / AFP)

Après une brusque montée des tensions, Kiev a envoyé ses ministres pour reprendre la main dans les régions russophones de l'est du pays. Par la voix du chef du gouvernement, l'Ukraine accuse, lundi 7 avril, la Russie de vouloir l'envahir pour la "démembrer".

Dimanche, des manifestants pro-russes, certains masqués ou cagoulés, ont attaqué et pris le contrôle de bâtiments officiels dans les grandes villes de Kharkiv, Lougansk et Donetsk. Ils ont immédiatement descendu les drapeaux ukrainiens bleu et jaune pour hisser à leur place le blanc-bleu-rouge russe, et réclamé pour certains l'organisation de référendums sur le rattachement de leurs régions à la Russie voisine.

Le gouvernement réuni en urgence

Face à cette situation, le Premier ministre, Arseni Iatseniouk, a réuni en urgence son gouvernement, et a directement accusé Moscou. Ces incidents font partie d'un "plan pour déstabiliser la situation, pour qu'une armée étrangère passe la frontière et envahisse le territoire ukrainien, ce que nous ne permettrons pas", dénonce-t-il. "Ce scénario est écrit par la Fédération de Russie, et son seul but est de démembrer l'Ukraine."

Depuis la chute du régime pro-russe de Kiev, la tension entre les deux voisins ex-soviétiques n'a cessé de s'accentuer, notamment en mars avec le rattachement à Moscou de la province de Crimée. Le président russe, Vladimir Poutine, s'est engagé à défendre "par tous les moyens" les populations russophones des républiques de l'ex-URSS, et a massé jusqu'à 40 000 soldats russes aux frontières de l'Ukraine, faisant redouter une invasion.

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Dim 13 Avr - 12:41

Ukraine: Des manifestants pro-Russes exigent la tenue d’un référendum


La tension monte entre le gouvernement provisoire, appuyé par l’Occident, à Kiev et les régions de l’est de l’Ukraine qui ont des liens économiques et linguistiques étroits avec la Russie. Cette situation fait non seulement peser la menace d’une guerre civile en Ukraine, mais aussi d’un conflit militaire entre les puissances impérialistes et la Russie.

Lundi, des manifestants pro-Russes de la ville industrielle de Donetsk à l’est de l’Ukraine ont mis sur pied un «conseil populaire» et annoncé la création de la «république de Donetsk».

Trois semaines après le vote de sécession de la Crimée, le conseil de Donetsk appelle maintenant à un référendum semblable pour le 11 mai qui vise l’annexion à la Russie et qui demandera à cette dernière de déployer des «gardiens de la paix» pour en assurer le bon déroulement. On peut lire dans une déclaration du conseil: «Sans appui, il sera difficile de résister à la junte de Kiev… Nous nous adressons au président russe Poutine, car seule la Russie peut garantir notre sécurité.»

Cette annonce faisait suite à l’occupation dimanche de bâtiments des gouvernements municipaux de Donetsk, Kharkiv, la deuxième ville d’Ukraine en importance ainsi que Luhansk, située à l’est, par des manifestants anti-gouvernement. Des images et des vidéos des protestations montrent l’érection de barricades de pneus et de fils barbelés: une situation semblable à ce que les manifestants pro-Occident avaient fait à Kiev contre l’ancien président Viktor Ianoukovitch avant qu’il ne soit renversé par un coup d’État fasciste organisé le 22 février par les États-Unis et l’Union européenne.

L’installation par les puissances impérialistes d’un gouvernement anti-russe d’extrême droite à Kiev, qui s’est empressé de retirer au russe le statut de langue officielle et d’imposer des mesures d’austérité du FMI à la classe ouvrière, a créé une situation encore plus volatile.

À Kharkiv, des affrontements ont eu lieu entre des activistes anti-gouvernement et les forces policières qui tentaient de reprendre le bâtiment administratif. Des protestataires anti-gouvernement ont violemment dispersé une manifestation de partisans du gouvernement à Kiev.

À Luhansk, des manifestants se sont emparés d’un dépôt d’armes. L’agence de presse ukrainienne UNIAN a rapporté que neuf personnes, y compris des policiers, avaient été blessées lors de l’attaque.

La mort d’un officier militaire atteint par balle en Crimée a exacerbé encore plus les tensions entre le gouvernement provisoire à Kiev et la Russie. Selon un porte-parole du ministère de la Défense ukrainien, l’officier aurait été abattu lors d’une dispute avec des soldats russes dans la nuit de dimanche.

La montée des tensions dans l’Est ukrainien montre à quel point les puissances impérialistes sont irresponsables: elles risquent non seulement la guerre civile en Ukraine, mais aussi une guerre contre la Russie pour arriver à leurs fins économiques et géopolitiques.
Les manifestations contre le régime à Kiev par des forces pro-Russes situées dans les régions de l’Ukraine qui formaient la base politique de Ianoukovitch sont le résultat du renversement illégal de son régime par les puissances occidentales, à l’aide de troupes de choc ultra-nationalistes et fascistes.

Dans le régime mis en place par Washington et ses alliés européens se trouvent des ministres du parti fasciste Svoboda. Ce dernier a accepté d’imposer une hausse du prix de l’énergie exigée par le Fonds monétaire international qui va ravager les industries et les travailleurs de l’Est ukrainien.

Le régime ukrainien et ses bailleurs de fonds impérialistes accusent la Russie d’être responsable des protestations anti-gouvernement à l’est de l’Ukraine et utilisent celles-ci pour faire monter la tension. Lundi, le président ukrainien par intérim Oleksander Turchinov a menacé de recourir à des mesures d’«antiterrorisme» pour réprimer les manifestations qu’il a qualifiées de complot de la Russie. «Hier, la deuxième phase d’une opération spéciale russe a été déclenchée. Son but est de déstabiliser le pays, de renverser les autorités ukrainiennes, de perturber les élections et de mettre notre nation en pièces», a-t-il déclaré.

Le premier ministre de l’Ukraine Arseniy Yatsenyuk a accusé la Russie de vouloir «déstabiliser la situation, de vouloir envoyer des troupes étrangères à l’intérieur de la frontière pour s’emparer du territoire». Lors d’une réunion du gouvernement, il a déclaré: «La Fédération de Russie prépare un scénario qui n’a qu’un seul objectif: le démembrement et la destruction de l’Ukraine et sa transformation en un territoire soumis aux diktats de la Russie.»

Le but ultime des puissances impérialistes n’est pas seulement de s’emparer de l’Ukraine, mais de dépecer la Russie elle-même. Elles montent d’un cran leurs provocations, leurs menaces et leurs sanctions afin de miner le régime du président russe Vladimir Poutine. Le Kremlin, pour sa part, qui est bien conscient du mécontentement social qui est généralisé dans la population russe, craint qu’il pourrait être visé par une opération de changement de régime similaire à celle qui a renversé Ianoukovitch.

Lundi, à un réunion du Service fédéral de sécurité russe, Poutine a affirmé que la Russie était sur un pied d’alerte en raison d’agitateurs étrangers qui tentaient de provoquer des conflits ethniques. «Nous devons faire une distinction nette entre une opposition civilisée aux autorités et le fait de servir des intérêts étrangers aux dépens de notre propre pays, a-t-il dit. Nous n’accepterons pas une situation telle que ce qui est survenu en Ukraine, où ce fut souvent à travers des organisations non gouvernementales que des groupes et des militants nationalistes et néo-nazis, qui devinrent les troupes de choc dans le coup d’État anticonstitutionnel, obtinrent du financement de l’étranger

Washington et les puissances européennes exploitent les manifestations dans l’Est ukrainien pour intensifier leurs menaces de guerre contre la Russie. Commentant les manifestations survenues à Donetsk, le ministre des Affaires étrangères suédois Carl Bildt a écrit sur Twitter: «Des brutes pro-Russes tentent de causer des troubles en Ukraine de l’Est. Fortement appuyées par la machine de propagande du Kremlin.»

Le président tchèque Milos Zeman est allé plus loin, exigeant qu’il y ait une intervention de l’OTAN en Ukraine si la Russie tentait d’entrer dans l’est du pays. «Si la Russie décide d’orienter son expansion territoriale vers la partie est de l’Ukraine, la situation sera alors sérieuse», a affirmé Zeman à la radio publique tchèque. «J’exigerais alors non seulement les sections les plus sévères de la part de l’UE, mais même que l’Alliance de l’Atlantique Nord soit prête à intervenir militairement; par exemple, que les forces de l’OTAN interviennent sur le territoire ukrainien.»

Washington a averti la Russie de ne pas tenter d’annexer «ouvertement ou secrètement» une autre partie du territoire de l’Ukraine et a accusé les manifestants pro-Russes d’être à la solde de Moscou. «Tout porte à croire que certains de ces manifestants ont été payés et n’habitaient pas la région», a déclaré lundi l’attaché de presse de la Maison-Blanche, Jay Carney. «Plusieurs actes de provocation organisés en Ukraine ce week-end nous inquiètent et nous pensons que c’est le résultat d’une plus grande pression exercée par la Russie sur l’Ukraine.»

Daniel Baer, le représentant des États-Unis dans l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a soutenu que la Russie avait massé des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne «à des positions ou dans des garnisons qui ne correspondaient pas à la situation normale en temps de paix». Baer a exigé que le gouvernement russe agisse pour «calmer» la situation.

Ces déclarations sont incroyablement hypocrites. Ce dont Carney et Baer accusent le Kremlin (intervenir en Ukraine pour manipuler politiquement les manifestations) est précisément ce que les puissances occidentales ont fait. Des représentants de l’Union européenne et des États-Unis sont allés rejoindre les manifestants anti-Ianoukovitch place de l’Indépendance à Kiev et ont rencontré les dirigeants du parti néofasciste Svoboda. L’administration Obama et ses alliés européens ont, d’après la sous-secrétaire d’État américaine pour l’Europe et l’Eurasie Victoria Nuland, dépensé quelque 5 milliards de dollars depuis les années 1990 pour financer un changement de régime pro-Occident en Ukraine.


http://www.mondialisation.ca/ukraine-des-manifestants-pro-russes-exigent-la-tenue-dun-referendum/5377367

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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par Archange le Lun 21 Avr - 18:35

Bassam Tahhan et Pierre Dortiguier sur l’accord de Genève sur l’Ukraine



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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Lun 21 Avr - 21:01

nous sommes dans une écroulement économique inévitable et les clowns dégénérés (dont  les peuples qui les ont élus sont du même tonneau ) vont continué
a gaspillé les budgets publics pour semer d'aventages de désordre.

nous finirons par avoir la guerre de tous contre tous que les apprentis humains ont déclanché en votant pour des maitres sorciers
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Re: La guerre froide II? En Ukraine, c'est la guerre entre l'OTAN et la Russie

Message par tchektuf le Mer 23 Avr - 15:36

[b]afin de montrer  quel monde nous préparons maintenant pour notre décénnie et suivante
voici ce que prépare la civilisation
:

Que reste t-il des Droits de l’homme en Ukraine ?

 

En Ukraine, les atteintes aux droits de l’homme ont pris une ampleur inégalée depuis le coup d’État pro-occidental déclenché en février dernier avec la bénédiction de l’Otan. Alors que les grands organes de presse de l’Occident ferment délibérément les yeux sur cette réalité de tous les instants, la Revue Orientale documente pour ses lecteurs trente cas avérés d’abus caractérisés, montrant que les rues sont passées sous le contrôle de nervis nazis qui menacent, agressent, torturent et tuent en toute impunité.
 


 

 

La machine répressive tourne désormais à plein régime en Ukraine. Le pouvoir intérimaire aux commandes à Kiev n’a pas balancé longtemps avant de lancer ses forces répressives contre les populations qui, dans l’Est et le Sud du pays, se soulèvent et s’opposent de plus en plus ouvertement au régime néo-nazi. On est décidément bien loin de l’approche libérale adoptée par le président Ianoukovitch à l’égard des désordres et des violences de l’Euromaidan.

Aujourd’hui (le 8 avril), rien qu’à Kharkov, soixante-dix militants au moins ont été arrêtés durant la soi-disant « opération anti-terroriste » [1]. Les informations recueillies font état de la participation à cette opération de mercenaires étrangers, vraisemblablement stipendiés par la firme Greystone Ldt, spécialisée dans la sous-traitance des opérations militaires, aux côtés d’unités sûres du ministère de l’Intérieur, et de la Garde nationale, dont les combattants du parti nationaliste extrémiste Pravy Sector fournissent le contingent principal.

George Orwell eut sans conteste une inspiration prémonitoire quand il grava dans le marbre l’aphorisme « La guerre, c’est la paix » pour en faire la devise de la société totalitaire du futur dont il dresse le portrait dans sa fiction, 1984. Il aurait tout de suite trouvé un air familier à la propagande qui s’étalait en grostitres, lors du renversement du gouvernement ukrainien, pendant que les « manifestants pacifiques » se vautraient dans les pillages, les incendies et les assassinats ... comme ils n’ont cessé de le faire depuis.

Pour autant, les putschistes n’ont pas encore gagné. Prendre le pouvoir est une chose, c‘en est une autre de le conserver. C’est maintenant que déferle la cohorte inévitable des difficultés. Il y a à peine plus d’un mois, le gouvernement ukrainien a perdu la Crimée et s’est trouvé confronté à une résistance acharnée dans le Sud et dans l’Est de l’Ukraine.

C’est en claironnant des slogans comme « Manifestons pacifiquement ! », « Battons-nous pour la Démocratie ! », « Revendiquons la liberté d’expression ! » que le nouveau gouvernement s’est installé aux commandes. À peine était-il dans la place que déjà il pourchassait et écartait les opposants, instaurait une mainmise absolue sur la télévision, la radio et la presse écrite, et recourait à la répression politique pour étouffer les protestations populaires dans le Sud et dans l’Est du pays.




Des manifestants antigouvernementaux agressent Vitaly Grushevsky, député du Parti des régions, devant le parlement, à Kiev, le 22 février 2014.

Dès les premières heures du coup d’État du 20 février, une répression brutale, accompagnée de violences physiques délibérées, s’est abattue à travers le pays, s’appliquant à briser la moindre velléité d’opposition. Les élus de la majorité pro-Maidan de la Chambre suprême du Parlement (Verkhovnaya Rada) ont assailli sans ménagement les députés du Parti communiste tout comme ceux du Parti des régions. Nombre de députés agressés se sont vu confisquer la carte permettant d’exprimer leurs votes au Parlement, d’autres s’empressant de les utiliser pour faire enregistrer les votes « adéquats ».

Il y a eu ensuite l’attaque menée contre la chaîne de télévision « Inter » [2], regardée dans tout le pays, la deuxième en termes d’audience. Des hommes armés ont fait irruption dans un studio au beau milieu d’une diffusion en direct. Le journaliste Mustafa Nayyem (l’un des organisateurs de l’Euromaidan), avait déjà fait connaître l’intention du nouveau gouvernement de nationaliser la chaîne. Mentionnons au passage que cette chaîne appartient à l’oligarque Dmytro Firtash, récemment arrêté à Vienne à la demande du FBI [3].

Ce qui ne manque pas de piquant, c’est que Mustafa Nayyem et ses complices de la chaîne publique Hromadske TV (un projet de canal télévisuel en ligne, lancé avec des subsides US en concomitance presque parfaite avec le déclenchement des manifestations de l’Euromaidan ), avait procédé quelques semaines plus tôt à une manœuvre diamétralement opposée, en « s’appropriant » une partie du temps d’antenne de la Première chaîne nationale (publique) de télévision.

Après une série de demi-mesures infructueuses, le Conseil national de la Radio et de la Télévision a finalement décidé de bannir des ondes et des écrans toutes les chaînes de télévision russes diffusant des émissions dans le pays [4]. Tous les programmes TV produits par les compagnies détenues par Igor Kolomoïsky [5], Victor Pintchouk [6], Rinat Akhmetov [7], et Dmitro Fintash sont alors entrés en synergie parfaite pour diffuser à l‘unisson la propagande savamment orchestrée du régime.

Des dizaines d’attaques ont été menées, au cours, du dernier mois, contre les rédactions des organes de presse et de télévision contrôlés par l’opposition. Le 27 février, les soi-disant Forces populaires d’autodéfense se sont emparées des bureaux de l’agence de presse Golos.ua. La chaîne de télévision ukrainienne Gamma, qui collabore étroitement avec cette agence, a été l’objet de toutes sortes d’intimidations. Le siège du journal Communiste, l’organe officiel du Parti communiste ukrainien, a tout de suite été investi, et le site web du PCU est souvent mis dans l’impossibilité de fonctionner. Dans la ville de Vinnitsa, les studios de la chaîne de télévision locale, coupable de travailler avec les communistes ukrainiens, ont été pris d’assaut et investis avec une brutalité inqualifiable. Les journalistes pro-Maidan n’ont pas caché leur joie en annonçant triomphalement la nouvelle.

La page web Ukrainian Kryvda, qui confronte la réalité des faits aux canons de la doctrine officielle, et parodie les informations pro-Maidan, a vu, elle aussi, ses locaux attaqués et son site bloqué.

Des journalistes du site web que dirige le politologue bien connu Vladimir Kornilov, ont été sommés de choisir entre l’expulsion hors des frontières et l’arrêt de la publication de leurs articles. Ils ont été menacés de représailles barbares et d’assassinat.

Le seul organe d’information de l’opposition qui soit accessible dans tout le pays, l’hebdomadaire 2000 , une publication reconnue, appréciée des lecteurs, a sorti son dernier numéro le 14 mars. La publication a dû être abandonnée suite aux pressions exercées sur l’imprimeur, « La Presse d’Ukraine », qui en assurait la mise en page au format habituel. L’imprimerie, une société à financement public, a décidé sans préavis ni concertation, de modifier les conditions convenues pour l’impression du magazine, rendant ainsi sa publication impossible.

Il y a eu en outre l’extraordinaire irruption des nervis du parti nationaliste Svoboda dans les bureaux de la Première chaîne de télévision nationale. Les violences infligées à Aleksandr Panteleïmonov ont été enregistrées par les caméras. C’est sous une pluie de coups et de menaces qu’il a été contraint de rédiger une lettre de démission.




Les organes de presse occidentaux affichent avec une compassion théâtrale leur consternation devant les allégations de « violations des Droits de l’homme en Crimée ». En revanche, les observateurs internationaux semblent beaucoup trop occupés pour s’intéresser à ce qui se passe ailleurs en Ukraine [8]. Ceux qui sont en quête de vérité trouveront ici la chronique d’une série d’évènements avérés, qui ne sont que « l’écume » de la vague de répression politique qui déferle sur le pays.

Le 22 février, à Lvov, Rostislav Vasilko, le Premier secrétaire du comité local du Parti communiste d’Ukraine, a été faussement accusé d’avoir fait usage d’armes à feu contre le Maidan. Il a ensuite été soumis à d’abominables tortures [9]. Selon des témoins oculaires, on lui a enfoncé des aiguilles sous les ongles, son poumon droit a été perforé, trois de ses côtes, son nez, et d’autres os de son visage ont été cassés. On l’a menacé d’éliminer tous les membres de sa famille. Il est désormais en Russie où il reçoit les soins que requiert son état.

Le 23 février, Alexander Pataman, le chef de la Milice populaire antifasciste de Zaporozhye a été kidnappé.

Le 24 février, sur décision de la Chambre suprême du Parlement, six membres de la Cour constitutionnelle de l’Ukraine ont été contraints à la démission pour « avoir violé leur serment » [10]. Plusieurs d’entre eux ont subi des violences et ont fait l’objet de menaces. Les juges évincés ont présenté, trois jours plus tard, un recours en annulation, auprès des organisations internationales de défense des Droits de l’homme, compétentes en la matière. [11]

Le 28 février, Boris Filatov, le Gouverneur délégué de la région de Dniepropetrovsk, a publié, sur sa page Facebook, des instructions sur l’attitude à adopter envers les militants pro-russes qui contestent les décisions du gouvernement central de Kiev : « Dites oui à toutes les revendications, à toutes les demandes de garanties et de promesses que présentent ces sacs de merde. Et… nous les pendrons tous plus tard ». [12]

Le 5 mars, Andrei Purgin, l’un des dirigeants de l’organisation pro-russe « La République du Donetsk » a été capturé dans la ville de Donetsk, et transporté vers une destination inconnue. [13] Ses amis assurent que, le jour précédant son enlèvement, il avait reçu une visite d’intimidation. On l’avait averti que « sa femme n’aurait pas à pleurer sa mort s’il choisissait de rester sagement chez lui ce jour-là ». Mais, parce que les autres comptaient sur lui, il s’était malgré tout rendu sur le parvis où ses amis l’attendaient. On est depuis sans nouvelle de lui.



Le 6 mars, Vladimir Rogov, premier responsable de la Garde slave, une organisation citoyenne ukrainienne, a été victime d’un enlèvement. Il est aujourd’hui en sécurité mais a été contraint de quitter la région de Zaporozhye et le territoire ukrainien.

Pavel Gubarev

Le 6 mars, Pavel Gubarev, le « Gouverneur du Peuple », tête de file d’un groupe de militants pro-russe, a été emprisonné à Donetsk. [14] Après son enlèvement, il a été passé à tabac pendant le trajet le menant de Donetsk à Kiev, puis au centre de détention du BSU (les services de sécurité ukrainiens). Pavel a souffert d’un coma à la mi-mars. Il est actuellement maintenu en détention dans un hôpital pénitentiaire. On lui dénie le droit de recevoir la visite d’un avocat, de peur d’ébruiter le sort qui lui est infligé. Après l’incarcération de son mari, sa femme Ekaterina et ses trois enfants ont été obligés de s’expatrier.

Alexander Karitonov, le « Gouverneur du Peuple » de la région de Luhansk , qui dirige la Garde de Luhansk, est détenu dans les locaux du BSU depuis le 14 mars.

Le 17 mars, Anton Davidchenko, le dirigeant du groupe « Alternative Populaire », a été arrêté par les services du BSU à Odessa. Il est actuellement incarcéré dans une de leurs prisons à Kiev.

Toujours le 17 mars, une bande de militants d’extrême droite, membres du soi-disant « Tribunal du Peuple » de Vinnitsa, a impudemment exigé la démission de Tatyana Antonets, le médecin-chef de l’hôpital pour enfants de la région, au prétexte qu’elle n’avait ni renié publiquement le Parti des régions, ni condamné « les crimes du gouvernement précédent ». [15] Les extrémistes ont averti le médecin que, faute d’obéir à leurs ordres, elle aurait à rendre des comptes « en application des lois inflexibles de la révolution en marche ».

Le 17 mars, après des menaces répétées, la voiture d’Artyom Timchenko, le chef du « Front du Sud-Est », a été incendiée. Alexander Shatsky, le tout nouveau procureur de la région de Zaporozhye, mandaté par Kiev, a décrit l’événement comme « un cas typique d’auto-immolation ».

Le 19 mars, à Vinnitsa, une troupe de trois cents hommes armés, emmenée par des militants du groupe extrémiste Pravy Sector, s’est emparée d’une distillerie régionale appartenant à la compagnie Nemiroff. [16]

Le 20 mars, des militants de Pravy Sector ont agressé des écoliers hongrois qui participaient à un voyage pédagogique en Transcarpatie, organisé à partir de leur ville de Miskolsc, en Hongrie [17]. Par ailleurs, des extrémistes armés ont fait irruption au beau milieu d’une réunion du conseil municipal de Berehove, près de la frontière hongroise, interrompant les travaux de l’assemblée, brutalisant et rouant de coups les participants. La majorité des membres du conseil étaient, à l’image de la population de la ville, d’origine hongroise. Deux années auparavant, dans ce même secteur, la population avait eu à déplorer la profanation d’un monument érigé dans le défilé de Verecke pour commémorer la traversée des Carpates par les troupes hongroises [18]. La base du monument avait été barbouillée de slogans proclamant : « Mort aux Hongrois ! » et « Ici, c’est l’Ukraine !  ».

Le 20 mars, quatre journalistes russes de la chaine de télévision Russie 1 ont été placés en détention à Donetsk [19]. Leurs papiers d’identité ont été confisqués. On les a ensuite conduits au poste de contrôle de Vasilievska, où ils sont restés plusieurs heures avant d’être expulsés du territoire ukrainien.

Le 20 mars, les services de sécurité ukrainiens ont tenté de dissoudre l’association formée par le Comité de Vigilance de Lugansk, qui préconise la fédéralisation de l’Ukraine et l’octroi du statut de langue officielle à la langue russe. Trois militants ont été arrêtés. Les bureaux de l’organisation ont été fouillés ainsi que les logements de tous les adhérents. L’une des dirigeantes du département « Jeunesse » du groupe, Anastasiya Pyaterikova, a lancé un message d’alerte sur les réseaux sociaux, dénonçant les fouilles opérées par les services du BSU, avec le concours d’un député de la Chambre suprême du Parlement, pour mettre la main sur les membres du Comité de vigilance de Lugansk . Elle dénonçait en même temps les violences infligées aux adhérents et à leurs familles. [20]

Enregistrement video : Olek Lyashko, un politicien ukrainien, chef de file du Parti radical, kidnappe l’un des adjoints du conseil municipal de la ville de Lugansk, Arsen Klinchaev.


Le 20 mars, une vingtaine de délégués du soi-disant Groupe autoMaidan, a tenté d’extorquer du carburant, des liquidités, et d’autres articles de valeur au directeur de l’une des succursales de la société russe Lukoïl-Ukraine pour « alimenter les caisses de la révolution ». [21]



Le 20 mars à Kiev, une horde d’individus masqués détenteurs d’armes à feu et d’armes blanches, a fait irruption au siège de la Commission officielle de contrôle de l’architecture et des industries du bâtiment en Ukraine. Ils ont pris le contrôle des septième et onzième étages de l’immeuble, arguant de leur prétendue appartenance à un Comité de lutte contre la corruption. Ils ont également tenté de confisquer des dossiers d’archives.

Le 21 mars à Kiev, la maison appartenant à Victor Medvedchouk, l’un des dirigeants du mouvement pro-russe Le Choix de l’Ukraine, a été incendiée.

Le 23 mars à Kiev, des militants de l’Euromaidan ont tenté d’occuper le siège de la société Rossotrudnichestvo, une agence russe qui œuvre au maintien et au développement des liens avec les Russes de l’étranger. La voiture de l’un des employés de l’agence a été volée. L’objectif de cette opération-commando était la confiscation des bureaux de l’agence pour en faire le quartier général des forces d’autodéfense du Maidan.

Le 23 mars à Rovno, brandissant des fusils mitrailleurs, des militants de Pravy Sector ont précipité dans le chaos un concert organisé dans le cadre d’un festival régional de musique rock. Ils ont ensuite dispersé les participants sous la menace de leurs armes.

Le 23 mars, quelques dizaines de recrues des Forces d’auto-défense de l’Euromaidan ont attaqué les automobilistes qui participaient au rallye automobile de l’amitié de Melitopol-Zaporozhye, avec des pierres, des bâtons, et des barres de fer. Plusieurs personnes ont été rouées de coups et des voitures ont été endommagées.



Le 24 mars, des équipages d’Aéroflot ont de nouveau été consignés à bord de leurs appareils sur ordre des garde-frontières ukrainiens, pendant toute la durée des escales effectuées. Aucune explication n’a été fournie. Ces agissements discriminatoires sont autant de violations flagrantes des pratiques admises, en la matière, au plan international, et présentent de réels dangers pour la sécurité des vols de l’aviation civile. Les mêmes vexations ont été infligées aux personnels navigants, à plusieurs reprises, le mois dernier, sur les aéroports de Kiev, Donetsk et Kharkov. Ces derniers jours, les garde-frontières ukrainiens ont refoulé manu militari un très grand nombre de voyageurs débarquant de vols en provenance de la Russie. À 32 reprises, la compagnie Aéroflot a dû rapatrier, à ses frais, des voyageurs arrivés en Ukraine à bord de l’un de ses appareils, avec un aller simple.

Depuis la mi-mars, les garde-frontières ukrainiens du secteur de Kharkov ont interdit l’entrée sur le territoire ukrainien à toutes les personnes de nationalité russe. Ils refoulent ainsi chaque jour 120 à 130 personnes.

Le 26 mars, à Dniepropetrovsk, Donetsk et Kharkov, les partisans du groupe extrémiste Pravy Sector ont pris à partie et agressé physiquement toutes les personnes croisées dans les rues qui arboraient les rubans honorifiques orange-et-noir de Saint George, portés en hommage à la victoire des Soviétiques sur les nazis. [22]



Le 26 mars, dans la région de Kirovograd, des délégués du Conseil du peuple et des adhérents du parti Svoboda ont agressé le médecin-chef de l’hôpital central du district d’Ulyanovsk, Aleksander Tkalenko, tentant de lui porter des coups à l’intérieur même de son bureau [23]. Ses seuls torts étaient d’être affilié au Parti des régions et d’avoir été affecté à son poste par l’administration de Victor Ianoukovitch.

Le 26 mars, Vasily Tretetsky, l’ancien maire de Mirgorod (dans la région de Poltava), président en exercice du conseil municipal, est décédé à l’hôpital des suites des coups et blessures par armes à feu qui lui avaient été infligés le 16 mars. [24]

Le 26 mars, à Kiev, des adeptes du mouvement Avtodozor, flanqués d’une centaine de militants des Forces d’auto-défense de l’Euromaidan, ont envahi et occupé les bureaux des banques russes de la rue Kreshchatik (VTB, Alfa, Sherbank de Russie, et Prominvest), exigeant leur fermeture et réclamant la nationalisation de leurs branches ukrainiennes [25]. L’immeuble de la Sherbank a fait l’objet d’une confiscation et d’un pillage en règle.

Le 1er avril, les services de sécurité ukrainiens ont procédé à la fouille des appartements occupés par des militants pro-russes d’Odessa. Ils ont notamment passé au peigne fin le logement appartenant à Alexei Albou, l’un des élus du Conseil régional d’Odessa. « Les agents du BSU sont arrivés sur place à huit heures du matin. Ils ont ouvert la porte et ont procédé à la fouille de l’appartement. Ils étaient porteurs d’une injonction de la Cour de Justice. Les agents ont eux-mêmes indiqué qu’ils recherchaient des listes de militants de notre organisation, et des armes. Il leur a fallu toutefois se résoudre à signer, au bout du compte, une attestation stipulant que rien d’illégal n’avait été découvert dans l’appartement fouillé  ». Alexei a affirmé par ailleurs qu’il avait été préalablement convoqué par les services spéciaux ukrainiens pour une « conversation ».

 Les nazis ukrainiens adressent un dernier avertissement catégorique au révérend Alexander Shirokov, le sommant de cesser immédiatement « {toute propagande moscovite} », sous peine de mort.

Les menaces proférées à l’encontre des prêtres orthodoxes russes font malheureusement partie du paysage ordinaire de l’Ukraine d’aujourd’hui. C’est grâce au communiqué spécial que le ministère des Affaires étrangères de la Russie a publié à propos de l’affaire, que les persécutions infligées au révérend Alexander Shirokov par les séides du Parti national-socialiste des travailleurs d’Ukraine, non enregistré officiellement, ont pu être portées à la connaissance du public. [26] Beaucoup d’autres cas d’intimidations à l’encontre du clergé pro-russe, ne reçoivent pas la même couverture médiatique, mais sont néanmoins exercées au quotidien par les autorités administratives locales fidèles au gouvernement intérimaire de Kiev.

Ce climat délétère a provoqué une émigration massive de l’intelligentsia ukrainienne pro-russe. Ce mouvement se poursuit actuellement. Les dernières statistiques montrent que 30 000 personnes ont dû fuir leur propre pays, passé sous le joug des nationalistes.


Où les organisations internationales de défense des Droits de l’homme peuvent-elles bien trouver leurs informations ? Comment ne pas être confondu en constatant qu’elles ne dénoncent que les violations irréelles, extravagantes, d’un seul camp : la Russie, détournant ostensiblement leurs yeux de la débauche d’anarchie qui se rencontre à maintes occasions et en tant de lieux en Ukraine ?

Quoi qu’il en soit, il est clair qu’en de telles circonstances, les élections présidentielles annoncées ne pourront en aucun cas intervenir dans des conditions acceptables le 25 mai. En conséquence, la Russie, sur laquelle comptent la plupart des Ukrainiens pour trouver une issue à la crise, ne reconnaitra la validité d’aucun scrutin qui interviendrait durant cette période de troubles exacerbés.

Traduction
Gérard Jeannesson

Source
Oriental Review

[1] “Kiev cracks down on eastern Ukraine after 2 regions proclaim independence” (Les forces répressives de Kiev s’abattent sur l’Ukraine oriental, après la proclamation, par deux régions, de leur indépendance).Russia Today, le 8 avril 2014.

[2] “2014 . Захват канала " ИНТЕР " в прямом эфире”, YouTube, 22 February 2014.

[3] Dmytro Fintash est un homme d’affaires et un investisseur ukrainien, enclin au mécénat. Il préside le directoire du groupe DF (le consortium des entreprises Fintash) qui concentre des avoirs dans l’industrie chimique, le secteur énergétique et l’immobilier, en Ukraine, en Allemagne, en Italie, à Chypre, au Tadjikistan, en Suisse, en Hongrie, en Autriche et en Estonie. Il préside également l’organisation patronale FEU (Fédération des employeurs d’Ukraine) et le Conseil national tripartite économique et social d’Ukraine (CNTES).

[4] “Ukrainian court bans Russian TV broadcast” (Une cour ukrainienne décide d’interdire la diffusion des chaînes de télévision russes). Russia Today, le 26 mars 2014.

[5] Igor Kolomoïsky est un oligarque israélo-ukrainien d’ascendance juive. C’est un homme d’affaires. Il est l’actuel gouverneur de la Région de Dniepropetrovsk. Multimilliardaire, il se classe au deuxième ou au troisième rang des plus grosses fortunes d’Ukraine, après Rinat Akhmetov et/ou Victor Pintchouk. Depuis 2006, Kolomoïsky est l’associé principal du Groupe Privat (un géant du monde des affaires, de la finance, de l’industrie et de la presse. Le groupe contrôle des milliers d’entreprises en Ukraine, en Europe, en Russie, aux États Unis et dans d’autres pays). Il est aussi le président de fait du Dnipro Dniepropetrovsk (le club de football).

[6] Victor Pintchouk est un homme d’affaires ukrainien versé dans le mécénat. En mars 2012, Forbes l’a classé au 255ème rang de la liste des plus grosses fortunes du monde, avec un patrimoine de 4,2 milliards de dollars. Pintchouk est le fondateur et principal actionnaire de l’EastOne Group, une société de placements et de consultance pour les investissements internationaux, basée à Londres. Il est pareillement le fondateur et principal actionnaire de la société Interpipe, l’un des plus importants producteurs de tuyaux, de roues et d’acier en Ukraine. Victor Pintchouk possède aussi quatre chaînes de télévision et un quotidien populaire à grand tirage Fakty i Kommentarii (Faits et Commentaires), créé en 1997, est le quotidien en langue russe qui a le tirage le plus important. Élu une première fois au Parlement suprême (Verkhovna Rada) en 1998, il a ensuite été reconduit pour un deuxième mandat jusqu’en 2006. Il est marié à Helena Pintchouk, la fille de Leonid Davilovytch Koutchma, l’ancien président de l’Ukraine (de 1994 à 2005). C’est un proche des Clinton (« La Clinton-Pintchouk Connection », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto/Réseau Voltaire, 22 février 2014.)

[7] Rinat Akhmetov est un homme d’affaires appartenant au cercle des oligarques ukrainiens. Il est le fondateur président de la société SCM (System Capital Management) et possède l’une des plus grosses fortunes du pays. Akhmetov est également le propriétaire président du club de football Shaktar Donetsk. Rinat Akhmetov a siégé au Parlement ukrainien (Verkhovna Rada) de 2006 à 2007 et de 2007 à 2012 en tant que député du Parti des régions.

[8] “Crimean Tatars Seek Autonomy in Light of Massive Russian Human Rights Violations” (Victimes de multiples atteintes aux Droits de l’homme perpétrées en Russie, les Tatars de Crimée revendiquent leur autonomie).Daily Kos, le 29 mars 2014.

[9] “Communist tells of atrocious tortures on Maidan” (Un militant communiste fait le récit des tortures qui lui ont été infligées sur le Maidan).Pravda TV.

[10] “Ukraine Parliament Sacks Constitutional Court Judges” (Le Parlement Ukrainien limoge les juges de la Cour Constitutionnelle). RIA-Novosti, le 24 février 2014.

[11] “Address of judges of the Constitutional Court of Ukraine to European and international organisations and human rights institutions”, (Requête des juges de la Cour Constitutionnelle de l’Ukraine auprès des organisations européennes et internationales et des associations de défense des Droits de l’homme). Voltaire Network, le 27 février 2014.

[12] Boris Filatov’s Facebook.

[13] “Andrei Purgin has been kidnapped by armed men thought to be oligarch Rinat Akhmetov’s men who’s loyalty is with Kiev’s self-proclaimed regime” (Andreï Purgin est enlevé par des hommes armés aux ordres de l’oligarque Rinat Akhmetov, qui soutient le régime autoproclamé de Kiev).Ukraine Maidan Related Info and News, le 5 mars 2014.

[14] “Pavel Gubarev kidnapped by nazi self-proclaimed government in Kiev” (Le gouvernement nazi autoproclamé de Kiev fait enlever Pavel Gubarev).Ukraine Maidan Related Info and News, le 6 mars 2014.

[15] “Фашисты сыкуны угрожают детскому врачу Татьяне Антонец, если не уйдет с должности”, YouTube, 19 March 2014.

[16] “В Винницкой области вооруженные люди захватили ликеро-водочный завод”, YouTube, 19 March 2014.

[17] “« Правый Сектор » принялся за венгров”, euromaidanu.net, 21 March 2014.

[18] “Монумент в честь перехода древних венгров через Карпаты осквернили на Украине”, Finugor, 22 August 2012.

[19] “На украинской границе задержали и допросили российского корреспондента”, NTV, 21 March 2014.

[20] “Обращение от лица "Луганской гвардии". Луганск нуждается в помощи !”, YouTube, 19 March 2014.

[21] “Автомайдан и Правый Сектор требуют у компании Лукойл горючее на нужды революции !”, YouTube, 20 March 2014.

[22] “Right Sector terrorizing Dnepropetrovsk, beating pro-Russian activists” (Les nervis de Pravy Sector sèment la terreur à Dniepropetrovsk et rouent de coups les militants pro-russes). YouTube, le 28 mars 2014.

[23] “Беспредел в Ульяновке”, YouTube, 24 March 2014.

[24] “Замах на вбивство голови народної ради Миргорода Василя Третецького”, YouTube, 18 March 2014.

[25] “Пикет российских банков в Киеве”, YouTube, 26 March 2013.

[26] “Comment by the Russian Ministry of Foreign Affairs regarding threats to priests in Ukraine” (Commentaire du ministre des Affaires étrangères de la Russie à propos des menaces proférées à l’encontre des prêtres ukrainiens). Ministère Russe des Affaires étrangères, le 25 mars 2014.

 

 

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