La chute des esprits des ténèbres : la conférence de Rudolf Steiner

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La chute des esprits des ténèbres : la conférence de Rudolf Steiner

Message par obsidienne le Sam 8 Fév - 1:01

La chute des Esprits des ténèbres – Douzième conférence – 26 octobre 1917

L’évènement que j’ai mentionné au cours des précédentes considérations, à savoir le rejet de certains esprits des ténèbres hors du monde spirituel dans le domaine des hommes à l’automne de l’année 1879, est un évènement important. Il faut évoquer sans cesse en son âme ce que cela signifie en fait : dans les mondes spirituels, un combat qui dura des décennies a été livré. Il a commencé au début des années 1840, et il s’est terminé par la défaite de certaines entités spirituelles, qui s’étaient comportées en rebelles dans le monde spirituel durant ce temps, des esprits ténébreux furent rejetés au plan de l’évolution humaine. Ils vivent donc maintenant parmi nous, et de façon telle qu’ils envoient leurs impulsions dans notre conception du monde, mais pas seulement dans la manière dont nous pensons le monde ; dans notre sentiment aussi, dans nos impulsions volontaires, et dans nos tempéraments.

Les hommes ne comprendront pas les évènements significatifs du présent ni ceux du proche avenir, ils ne les comprendront pas même quelque peu avant de pouvoir reconnaitre les liens qui unissent le monde physique, sensible, au monde spirituel et de prendre en considération un fait aussi important, comme ils le feraient d’un phénomène naturel. A l’époque présente, on a coutume de n’accorder de la valeur qu’aux phénomènes naturels, à ce qui se passe sur le plan physique dans le cours de l’histoire. Il faudra en venir à reconnaitre l’importance des évènements spirituels que la science spirituelle permet de connaitre, pour comprendre les faits dans lesquels nous autres humains nous nous trouvons impliqués.

Lorsqu’on envisage précisément cet évènement important, on peut, dirais-je volontiers, étudier dans quelle grande erreur est l’homme lorsque pour connaitre le monde il part de concepts, de définitions, et non pas de l’observation directe de la réalité. On a aujourd’hui le sentiment qu’il faut partir de notions définies : qu’est-ce qu’Ahriman, qu’est-ce que lucifer, que sont tels ou tels esprits de telle ou telle hiérarchie ? – Voilà les questions que l’on pose ; et quand on dispose de définitions, on croit avoir déjà compris comment ces êtres agissent. J’ai souvent montré en quoi les définitions sont insuffisantes en me servant d’un exemple frappant que l’on connaissait déjà dans la Grèce antique. Ce n’est pas la un modèle de définition, que celle de l’homme qu’on donnait ainsi dans une école en Grèce mais elle est juste : un être humain est une créature qui marche sur deux jambes et qui n’a pas de plumes. Quand le lendemain l’élève revint, il apportait un coq qu’il avait plumé ; une créature qui marchait sur deux jambes et n’avait pas de plumes. Et, disait-il, c’est un homme selon la définition.

Beaucoup des définitions que l’on trouve valables sont composées sur ce modèle, et beaucoup de celles que l’on dit scientifiques concordent de la même façon avec la réalité. Mais dans l’anthroposophie, nous ne pouvons pas prendre de telles définitions pour point de départ. La connaissance est bien piètre que l’on obtient en partant de concepts, d’abstractions. Certes on peut définir la notion d’esprits des ténèbres, d’êtres lucifériens-ahrimaniens, mais le bénéfice n’est pas grand. Ce sont des esprits des ténèbres qui en l’année 1879 ont été jetés du ciel sur la terre.

Mais en employant un concept aussi général pour les désigner, nous n’avons pas encore acquis grand-chose. Car ces esprits des ténèbres qui cheminent maintenant parmi nous sont de la même espèce que les esprits des ténèbres qui, dans le passé, avaient déjà été rejetés du monde spirituel et donc du ciel sur la terre, qui avaient à l’époque certaines tâches à accomplir jusqu’à la période gréco-latine. Ces tâches, ils les remplirent pendant toute l’époque atlantéenne et jusqu’à la période gréco-latine. Essayons donc, à l’aide de différentes données dont nous avons pris connaissance, de comprendre quelle tâche était celle de ces esprits des ténèbres, durant des millénaires et des millénaires, pendant toute l’époque atlantéenne jusqu’à la civilisation gréco-latine ; Il faut avoir toujours présent à l’esprit que le monde évolue dans l’ordre parce que des entités spirituelles supérieures, celles qui guident l’évolution normale de l’humanité, emploient certains esprits de façon à ce qu’ils agissent là où ils sont dans le bon sens.

Nous avons souvent souligné que ce qu’on appelle l’intervention luciférienne dans le passé à eu pour l’évolution humaine une grande importance. Certes, à l’origine, elle est née d’une aspiration de Lucifer. Mais cette aspiration de Lucifer – qui plus tard, à partir de l’époque atlantéenne, oeuvrait en collaboration avec Ahriman – engendra une action opposée à ceux que nous appelons les bons esprits, les esprits de la lumière ? Au fond, dans ce lointain passé, les esprits des ténèbres voulaient à leur manière le bien des hommes, ils voulaient les former en vue de la liberté absolue ; mais certes les hommes n’avaient pas, à ce moment, atteint la maturité nécessaire. Ces esprits voulaient munir les hommes des impulsions par lesquelles chacun d’eux serait individuellement centré sur lui-même ; Mais cela n’aurait pas dû se faire, parce que les hommes n’étaient pas encore mûrs.
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Message par obsidienne le Sam 8 Fév - 1:02

Il fallut que les esprits de la lumière interviennent avec une force de sens contraire qui provoqua la descente de l’homme des hauteurs spirituelles sur la terre, ce que décrit symboliquement l’exclusion hors du Paradis. En réalité, cette expulsion de l’homme hors du ciel se produisit lorsqu’il se trouva pris dans le courant des qualités héritées ou héréditaires. Lucifer et les puissances ahrimaniennes voulaient faire de lui une individualité prenant appui sur elle-même. Cette Action aurait amené la spiritualisation rapide d’un être qui était encore immature, ce qui ne devait pas se faire. L’homme devait être éduqué sur la Terre, formé par les forces de la terre. Ce qui se réalisa par son insertion dans le réseau des liens héréditaires, de la descendance physique. Dès lors, il n’avait plus appui sur lui-même, il héritait certaines qualités de ses ascendants, il se trouvait chargé de caractères terrestres auxquels Lucifer n’avait pas voulu qu’il soit soumis. Tout ce qui constitue l’hérédité physique a été imprimé à l’homme par les esprits de la lumière ; c’est le courant opposé à celui de Lucifer. C’est une sorte de poids dont l’homme fut grevé en relation avec l’hérédité, avec la procréation, la reproduction, avec l’amour sur le plan terrestre, nous avons à nous le représenter lié aux entités spirituelles que conduit l’être qu’on appelle Iahvé, Jéhovah.

C’est pourquoi nous rencontrons partout dans les anciennes religions les symboles de la procréation, de l’hérédité terrestre. Jusque dans les lois de l’hébraïsme, qui devait préparer le christianisme, partout on constate la grande importance attachée à régler, à ordonner dans le champ terrestre ce qui relève des lois de l’hérédité. Les hommes devaient apprendre à vivre en communautés tribales, en peuples, en races. Les liens du sang devaient constituer la signature marquant l’ordre terrestre.

Cela s’était préparé durant la phase atlantéenne et s’était répété pour l’essentiel notamment par les institutions de la troisième civilisation, de la période chaldéo-égyptienne, puis de la quatrième, de la gréco-latine. Nous le voyons durant ces périodes qui précisément devaient répéter la Lémurie et l’Atlantide, toutes les institutions humaines tenaient compte des races, des peuples, des liens tribaux, bref de ces caractères héréditaire qui reposent sur les liens du sang. Les prêtres des Mystères qui pour l’essentiel étaient à l’origine de tout ordre – on dirait aujourd’hui de tout ordre dans l’Etat – avaient à cœur d’observer partout comment les mœurs, les tendances, les habitudes des humains s’établissaient en fonction des liens du sang, de l’appartenance au peuple, à la tribu. Et ils instituaient les lois dans ce sens. On ne peut pas comprendre ce qui est issu des mystères des troisième et quatrième périodes pastatlantéennes si ‘on ne s’appuie pas sur l’étude minutieuse des liens au sein des races, des peuples et des tribus, étude à laquelle se consacraient les prêtres des mystères, qui instituèrent les lois dans les différentes régions de la Terre, où devait régner seul un ordre régissant les liens du sang.

A cette époque, où en quelque sorte les esprits de la lumière avaient soin de régler les relations entre humains en fonction des liens du sang, les esprits des ténèbres chassés du ciel sur la Terre eurent à cœur de travailler contre tout ce qui est l’hérédité, la consanguinité. Et tout ce que nous trouvons à cette époque caractéristique en matière de rébellion, de contestation s’élevant contre l’ordre établi sur la consanguinité, toutes les doctrines formulées naturellement par des hommes, mais inspirées par les esprits des ténèbres, tout ce qui se dressait contre l’hérédité, contre les liens raciaux ou tribaux, tout ce qui prônait la liberté individuelle et voulait fonder les lois sur elle, provenait des esprits chassés du ciel.

Ces temps se prolongèrent jusqu’au XVe siècle, mais naturellement des traces en subsistèrent au-delà, car un ordre établi ne disparait pas immédiatement au moment où une césure franche se produit dans l’évolution ? Jusqu’au XVe siècle en particulier, nous voyons fleurir partout des doctrines qui s’élèvent contre les liens simplement naturels, contre la consanguinité, les attaches familiales, l’appartenance à un même peuple, ect…
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Message par obsidienne le Sam 8 Fév - 1:04

Nous avons donc deux courants : l’un prend sous sa protection – si l’on peut s’exprimer ainsi – les liens du sang : c’est celui des esprits de la lumière ; de l’autre côté, le courant des ténèbres favorise tout ce qui veut se dégager des liens du sang, tout ce qui tend à libérer l’homme des attaches familiales, de l’hérédité. Certes, tout cela ne prend pas fin tout à coup, de même que dans la nature rien ne s’arrête d’un seul coup. En 1413, l’année qui marque la césure entre la quatrième et la cinquième période postatlantéenne, tout cela n’a pas cessé brusquement. Et ces deux courants exercent encore une action à notre époque. Car depuis le XIXe siècle depuis ces évènements importants que je vous ai décrits, nous voyons apparaitre tout autre chose – je l’ai déjà décrits, nous voyons apparaitre tout autre chose – je l’ai déjà esquissé : ce sont des êtres angéliques, des êtres de la hiérarchie des anges qui sont à l’œuvre parmi nous depuis l’année 1879, c’est l’arrière garde des esprits des ténèbres d’autrefois, de même famille, de même nature qu’eux, mais qui n’ont été précipités sur la terre que par l’évènement de 1879. Jusque là, ils accomplissaient leur tâche dans les hauteurs tandis que les esprits qui leur étaient apparentés, et qui ont agi comme je viens de le décrire, étaient parmi les hommes depuis la Lémurie et l’Atlantide. Nous pouvons donc dire : en 747 avant lère chrétienne se situe une première césure dans l’évolution ; en 1413 après le mystère du Golgotha, nous avons une nouvelle césure, et en 1879 enfin celle qui est pour nous particulièrement importante.

Durant tout ce temps-là, les esprits des ténèbres sont actifs sur la Terre, tandis que d’autres, qui leur sont apparentés, se trouvent encore dans le monde spirituel. En 1841 commence le combat violent dont je vous ai parlé. Ces esprits, apparentés aux autres, viennent alors se joindre à eux, ils les rejoignent et sur terre. La force des premiers rebelles, la force du courant continu des esprits des ténèbres qui ont accompli leur tâche à la période chaldéo-égyptienne, puis durant la civilisation gréco-latine – et qui l’accomplissaient depuis la Lémurie et l’Atlantide. – cette force s’éteint progressivement ; et ce qui commence précisément à agir, ce sont les forces des esprits rejetés sur terre en 1879 seulement. Ces esprits-là commencent à agir, tandis que leurs frères perdent leur pouvoir en quelque sorte. Si bien que depuis ce troisième tiers du XIXe siècle nous avons en fait un renversement complet du toutes les conditions ; Les esprits de la lumière dont l’activité est légitime ont fait assez pour affermir les liens du sang, ceux de la tribu et de la race, car dans l’évolution tout a un temps déterminé. Dans l’ordre du monde, il a été fait assez pour affermir en l’humanité ce qui vient des liens du sang. Si bien que depuis cette époque, les esprits de la lumière agissent différemment : ce sont eux maintenant qui inspirent en l’homme les idées et les sentiments libres, qui veulent que l’homme s’appuie sur son individualité. Et les esprits apparentés aux esprits des ténèbres d’autrefois ont maintenant progressivement pour tâche d’agir sur les liens du sang.

Ainsi ce qui était bon dans le passé, ou, pour dire mieux ce qui était dans la sphère des bons esprits de la lumière, passe aux mains des esprits des ténèbres dans le dernier tiers du XIXe siècle. A partir de ce moment, les anciennes impulsions qui reposent sur les liens du sang, de la race, de la tribu, du peuple, passent sous la régence des esprits des ténèbres, ceux qui avaient été autrefois les partisans rebelles de la liberté, et qui commencent alors à inspirer les humains de façon à ce qu’ils fondent les institutions sur les liens qui unissent les hommes dans le cadre de la race.
Vous le voyez, on ne peut pas donner ici de définition. Car si l’on définit les esprits des ténèbres en fonction de la tâche qui leur incombait autrefois, on obtient exactement l’inverse de ce qu’ils accomplissent depuis le dernier tiers du XIXe siècle. Dans le passé, ils avaient pour tâche de neutraliser les caractères héréditaires ; depuis le dernier tiers du XIXe siècle, ils restent en arrière, ils veulent s’attarder, ils veulent guider les hommes de façon à ce que ceux-ci attachent du prix à ce qui les lie par le sang, par l’hérédité, par l’ascendance.

Tout ceci est un exposé de la vérité, mais d’une vérité qui est aujourd’hui pour les humains aussi inconfortable que possible, et dont ils ne veulent pas entendre parler, parce que depuis des millénaires ils se font gloire des liens du sang. Par indolence, ils gardent cette habitude, maintenant régie par les esprits des ténèbres ; nous voyons ainsi, au XIXe siècle précisément, la valeur qui est attachée aux liens de la race, du peuple, de la tribu, comment cette attitude est présentée comme idéaliste, alors qu’en vérité elle est le début d’une décadence. Aussi longtemps que tout ce qui était édifié sur les liens du sang se trouvait sous la régence des esprits de la lumière, ce domaine était celui du progrès ; sous la domination des esprits des ténèbres, c’est celui de la décadence. Les esprits des ténèbres feront, au cours des trois phases de l’évolution à venir, les mêmes efforts intenses pour maintenir les caractères héréditaires, et en les conservant cultiver la mentalité qui en nait, jusqu’à la dégénérescence et à la grande catastrophe, comme ils ont fait effort autrefois pour implanter en l’homme l’esprit de rébellion luttant pour la liberté, alors que les caractères héréditaires étaient cultivés dans un sens bénéfique par les esprits ouvrant pour le progrès.
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Message par obsidienne le Sam 8 Fév - 1:05

C’est là, à nouveau, un point en face duquel il faut être vigilant. Et en particulier, on en peut pas comprendre l’époque présente si l’on ignore cette permutation des fonctions qui s’est accomplie au dernier tiers du XIXe siècle. Un homme du XIVe siècle encore, lorsqu’il parlait de l’idéal des races, de l’idéal national, parlait dans le sens du progrès de l’évolution humaine et des qualités qu’il devait développer ; un homme qui parle aujourd’hui de l’idéal, racial, de l’idéal national, de la communauté tribale parle au nom d’impulsions de décadence. Et s’il croit en parlant ainsi, proposer à l’humanité les idées qui servent le progrès, il s’abuse. Rien ne fera glisser l’humanité davantage sur la pente de la décadence que la diffusion d’idéaux fondés sur la race, sur le peuple, sur le sang. Rien ne freinera e progrès réel de l’humanité mieux que les discours déclamatoires sur les idéaux des peuples, inspirés par les puissances lucifériennes et ahrimaniennes et datant du passé ; le véritable idéal devrait être puisé au monde spirituel, et non pas fondé sur le sang.

Le Christ, qui doit apparaitre au cours du XXe siècle sous une forme particulière (dans son corps éthérique), ignorera tout de ce qu’on appelle aujourd’hui des idéaux, qui inspirent aux hommes tant de discours. L’être de la hiérarchie des archanges que nous appelons Michael a été en quelque sorte le lieutenant de Jéhovah (Iahvé) dans le passé ; Il sera de par les fonctions qui lu ont été transmises en 1879, le lieutenant du Christ, de l’impulsion christique qui travaille à remplacer les liens du sang, les liens uniquement naturels, par des liens spirituels entre humains. Car seuls les liens que noue une communauté spirituelle pourront apporter un élément de progrès compensant la décadence inscrite dans la nature des choses. Je dis : la décadence est conforme à la nature.

Un être humain qui prend de l’âge ne peut pas rester un enfant ; il s’engage avec son corps dans une évolution déclinante ; et de même l’évolution est entrée dans une phase de décadence. Nous avons dépassé la quatrième période de la civilisation, nous sommes maintenant dans la cinquième ; avec cette cinquième, la sixième et la septième constitueront la vieillesse de la présente évolution du monde. Croire que les idéaux du passé se maintiendront est aussi sensé que de croire qu’un homme doit épeler toute sa vie parce qu’il est bon pour l’enfant d’apprendre à épeler. Et ce serait tout aussi judicieux de vouloir propager à l’avenir l’idée d’une structure sociale se répandant par toutes la terre, fondée sur le liens du sang, sur qui peut-être appliquée à l’âme et à l’esprit. Goethe n’en a donné que le début avec son idée de la métamorphose, principe de l’évolution organique ; nous avons maintenant l’évolution de l’esprit vers laquelle marche l’humanité de cette cinquième période postatlantéenne, au cours de laquelle l’homme s’intériorise, comme je l’ai exposé précédemment.

Le goethéanisme peut avoir devant lui un grand avenir, car m’anthroposophie tout entière est dans sa ligne. Le darwinisme considère l’évolution physique dans son aspect physique : impulsions venues de l’extérieur, lutte pour la vie, sélection, etc. Il présente ainsi l’évolution déclinante, tout ce que l’on peut constater de la vie organique quand on se consacre aux impulsions qui ont pris autrefois de l’importance. Si l’on veut comprendre Darwin, il suffit de faire une synthèse de toutes les lois qui ont été découvertes dans le passé ; si l’on veut comprendre Goethe, il faut s’élever à la conception de lois nouvelles, toujours nouvelles, dans l’existence. Les deux choses sont nécessaires. Le mal ne vient pas de qu’il existe un darwinisme, ou un goethéanisme ; il vient de ce que les hommes ne veulent accepter que l’un ou bien l’autre, et non pas l’un et l’autre. Voilà ce qui importe.
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Message par obsidienne le Sam 8 Fév - 1:07

Que l’être humain soit de plus en plus jeune en prenant de l’âge s’il développe son âme sainement, ce ne sera possible à l’avenir que s’il s’ouvre à des impulsions spirituelles. Il pourra dans ce cas avoir des cheveux gris, des rides et toutes sortes de défaillances : il n’en sera pas moins de plus en plus jeune parce qu’en son âme vivront les impulsions qui peuvent être emportées au-delà de la mort. Mais lorsqu’on s’identifie à son corps, on ne peut pas rajeunir. On ressent dans l’âme tout ce que vit le corps. Bien entendu, on ne peut éviter de grisonner, mais une tête grise peut puiser aux sources de la vie spirituelle une âme jeune. L’évolution de l’humanité au cours des cinquième, sixième et septième civilisations se déroulera dans le sens de la théorie darwinienne « grisonnante » - si vous me permettez cette expression étrange.

Les hommes devront conquérir la force de jeunesse enclose dans l’idée de la métamorphose, de l’évolution spirituelle, substance du goethéanisme, s’ils veulent pouvoir traverser la catastrophe que l’on peut comparer à une mort terrestre –la catastrophe que l’on peut comparer à une mort terrestre – la catastrophe de l’avenir. Cette force de jeunesse doit être portée à travers la catastrophe de l’avenir, tout comme l’âme rajeunie est portée à travers la mort par l’être individuel.

Lorsqu’il est descendu du ciel sur la terre – si nous pouvons employer cette expression – et avec lui ces esprits des ténèbres qui lui ont transmis ce qu’il fallait pour qu’il se rende libre à l’époque où régnaient les lois de l’hérédité, les lois de la nationalité, de la race – l’homme a trouvé la possibilité de s’unir à la Terre. L’action de Lucifer et d’Ahriman a engendré un bien du fait que l’homme a pu, grâce o lui, se lier à la Terre.

L’évolution se poursuit. Nous vivons à l’époque où l’être humain vit sur la terre, est uni à la terre. Des esprits lucifériens-ahrimaniens, des esprits des ténèbres, ont été précipités du ciel sur la terre. Lhomme doit alors être à nouveau libéré de la terre, lui être enlevé, en ramenant une partie de son être vers le monde spirituel. Il faut qu’en l’humanité se développe la conscience que nous ne sommes pas de cette terre, il faut que cette conscience s’intensifie de plus en plus. A l’avenir, l’homme devra cheminer sur la Terre en se disant : certes, par la naissance je pénètre dans un corps physique, mais c’est un passage. Je reste en réalité dans le monde spirituel, j’ai conscience que seule une partie de mon être est liée à la Terre, que tout mon être ne quitte pas le monde dans lequel je réside entre la mort et une nouvelle naissance – ce qui doit se développer, c’est ce sentiment d’appartenir au monde spirituel.

Dans les siècles passés, une ombre fausse de cette réalité a été projetée du fait que l’on n’a pas voulu comprendre la vie physique, qu’on s’est adonné à un ascétisme erroné, qu’on a cru pouvoir obtenir ce résultat en portant atteinte à la vie du corps. Il faut maintenant comprendre que ce n’est pas un ascétisme mal compris, mais l’union avec le spirituel, avec la nature fondamentale, avec l’essence des choses, qui fera  percevoir qu’en réalité l’homme n’est pas seulement un être terrestre, mais qu’il appartient au Cosmos tout entier. Ce que fait la science physique, ce ne sont pas seulement un être terrestre, mais qu’il appartient au cosmos tout entier. Ce que fait la science physique, ce ne sont que des préparatifs.

Pensez combien, jusqu’au XVe siècle, jusqu’à la fin de la période gréco-latine, l’homme a été dépendant du sol sur lequel il avait grandi, dans quelles attaches avec le sol se déroulait son développement ; C’était bien ainsi – mais ce ne doit pas rester la chose essentielle.

La conscience psychologique doit se détacher de la Terre, de même que la science physique n’a détaché l’homme de la terre qu’au point de vue physique dans la conception copernicienne. La Terre est devenue dans l’espace sidéral un corps de dimension réduite ; pour l’instant, la chose est valable spatialement parlant. Par la théorie copernicienne déjà, bien que sous une forme tout à fait abstraite, l’homme a été orienté vers la sphère cosmique. Il faut poursuivre ce cheminement mais sans y englober la vie physique, ce serait une erreur. Le physique va son chemin.

Prenez l’Amérique, c’est-à-dire non pas la population autochtone qui l’habitait depuis des siècles. Vous le savez, une nouvelle population s’y est installée, originaire d’Europe. Celui qui observe avec subtilité cette population s’aperçoit qu’en elle la vie physique ne se libère pas de ses liens avec la terre physique : les Américains qui sont en fait des Européens transplantés révèlent peu à peu des qualités qui rappellent les anciens Indiens ;  leurs bras ont maintenant une autre longueur qu’en Europe, et la cause en est cette transplantation en Amérique. L’homme physique s’adapte donc au sol. La chose va si loin qu’on constate une différence notable de la forme physique entre les Américains de l’Ouest et ceux de l’Est. Voilà ce qui s’appelle s’adapter au sol. Extérieurement physiquement, l’Européen qui vit en Amérique s’ »indianise ». Si l’âme venait à suivre ce cheminement, ce processus physique, comme c’était le cas autrefois au cours de la phase européenne, nous verrions se produire une renaissance de la civilisation indienne. L’affirmation est un peu excessive, mais juste cependant. A l’avenir, l’humanité ne pourra pas être liée à ce qui enchaine au sol ; il faut qu’elle s’en libère. L’homme pourra alors , de par la terre, être doté des qualités physiques correspondant à son sol, le corps de l’Européen, lorsqu’il s’installera en Amérique, pourra s’ « indianiser » : l’homme, lui se libérera dans son âme des éléments physiques, terrestres, et deviendra un citoyen des mondes spirituels. Et dans les mondes spirituels, il existe non pas des races, ou des nations, mais d’autres liens.

Ce sont là des choses qu’il faudra comprendre en face des grands, des puissants évènements qui se déroulent sur la Terre, si l’on ne veut pas être – pardonnez-moi l’expression – un âne têtu qui tient à présenter les vieux préjugés comme un idéal nouveau.

Extrait du Livre : La chute des Esprits des Ténèbres. Rudolf Steiner.
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