Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme

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Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme

Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:04



Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme
(S.PROKOFIEV)
Nos compagnons spirituels

Une particularité très importante des Nuits saintes est leur lien intérieur avec tout .le cycle de l'année, et, à travers lui, avec le grand Monde, le Macrocosme. Déjà le seul nombre de l'espace – 12 –, séparant le jour d'apparition de Jésus du jour d'apparition du Christ, nous montre directement le lien de ce temps avec le modèle primordial de toute dodecaïte dans notre Cosmos, avec les douze sphères célestes ou Forces du cercle zodiacal. Les paroles suivantes de Rudolf Steiner nous parlent également avec une clarté toute particulière de cela : "Les choses se passent comme si l'humanité, en saisissant l'occasion de prendre ces bornes du temps en tant que matière à méditation, pourra un jour être rendue attentive à sa pure origine dans les forces cosmiques de l'Univers. Là, en levant le regard vers les forces cosmiques de l'Univers en pénétrant un peu, par Théosophia, par une véritable sagesse spirituelle dans les secrets de l'Univers, là, l'humanité peut un jour devenir à nouveau mûre pour comprendre ceci, qu'un degré supérieur de la fête de la nativité de Jésus est là, ce qui un jour a été saisi en tant que fête de la naissance du Christ par les gnostiques, la fête de la naissance du Christ qui devrait en fait être fêtée seulement le 6 janvier, la fête de la naissance du Christ dans le corps de Jésus de Nazareth. Mais, comme pour (Il sera question plus loin de la signification de la treizième Nuit) pouvoir se plonger dans les douze forces universelles du Cosmos, les douze Nuits saintes se tiennent là entre la fête du Christ et la fête qui devrait être fêtée le 6 janvier, qui à présent est la fête des trois rois saints [rois mages], et qui en fait est la fête ayant été caractérisée.
A nouveau sans qu'on l'ait bien su dans la science telle qu'elle était jusqu'à présent, elles se tiennent là, ces douze Nuits saintes, comme fixées à partir des secrètes profondeurs animiques de l'humanité, comme si elles voulaient dire : Ressentez toute la profondeur de la fête du Christ, mais plongez-vous ensuite pendant les douze Nuits saintes dans les secrets les plus sacrés du Cosmos ! – Cela signifie dans le pays de l'Univers dont est parti le Christ, vers le bas sur Terre. Car c'est seule ment lorsque l'humanité aura la volonté de se laisser inspirer par la pensée concernant l'origine divine, sacrée et enfantine de l'homme, de se laisser inspirer par cette sagesse qui pénètre dans les douze forces, dans les douze forces sacrées de l'Univers, qui sont représentées symboliquement dans les douze signes du Zodiaque, mais qui ne se présentent en vérité que par la sagesse spirituelle, – c'est seulement lorsque l'humanité se sera plongée dans la vraie sagesse spirituelle et qu'elle apprendra à connaître le cours du temps dans le grand Univers et dans l'homme en particulier, c'est là seulement que l'humanité d'avenir, fructifiée pour son propre salut par la Science spirituelle, trouvera l'inspiration qui peut venir là de la fête de la nativité de Jésus, en vue de la pénétration dans les pensées d'avenir les plus confiantes, les plus riches d'espérance."
Ainsi les paroles citées nous parlent avant tout de la possibilité réelle de pénétration au cours des treize Nuits saintes non seulement dans les mystères de l'âme humaine, dans les mystères du microcosme, mais également dans les profonds mystères de l'Univers qui nous entoure, c'est-à-dire du Macrocosme même. En outre, ces derniers peuvent être reconnus à cette époque de l'année non pas directement par la pénétration dans les sphères extra-terrestres, mais seulement par leur reflet dans l'intérieur de la Terre, puisque, d'après les paroles de Rudolf Steiner, c'est précisément au temps de Noël que la Terre même se souvient des mystères du Cosmos. Bien plus, elle ne fait pas que de s'en "souvenir", mais depuis les temps du Mystère du Golgotha, elle les porte essentiellement en elle, car depuis les temps du Mystère du Golgotha, le Christ Lui-même, "Représentant de toutes les forces cosmiques sur Terre", est l'Esprit de la Terre.
Comment par contre l'homme, à cette période, traverse-t-il le passage en question, du microcosme dans lequel il se plonge de sa plus grande force au temps de Noël, en sens inverse vers le Macrocosme ? Comment trouve-t-il le chemin de sa propre "mémoire abyssale", qui se découvre à lui grâce à sa rencontre avec le petit Gardien du Seuil, vers la "mémoire abyssale" de la Terre même, embrassant tous les mystères du Macrocosme, dont les clefs sont conservées par le grand Gardien ? Pour répondre à cette question, nous devons prendre en considération encore un côté du processus que nous avons déjà décrit, de la naissance en l'homme de son Moi supérieur au cours de la période de Noël. Rudolf Steiner l'effleure dans le cycle "Macrocosme et microcosme", dans la conférence du 29.3.1910. Dans cette conférence, en particulier, ii y est question de ce que lors du passage du seuil du monde spirituel dans l'initiation – lorsque le disciple y pénètre par sa conscience imaginative –, l'un de ses premiers vécus s'exprime dans la pleine objectivisation de son Moi. Son propre Moi se place alors devant lui comme par une image rendue objective, mais pas unique, mais dodécadique.
En outre, chacune des douze images surgissantes de son Moi, lui désignent en même temps son lien avec une des forces d'Univers, et lui manifestent son affinité avec une des sphères du cercle zodiacal. Tel est un des premiers vécus du disciple, surgissant en tant que conséquence directe de la naissance en lui de son Moi supérieur. Rudolf Steiner décrit ce processus en les paroles suivantes : "Et la chose est telle, qu'à l'instant où l'on pénètre, par l'apprentissage que nous avons décrit, dans le monde imaginatif, et où l'on voit en image son Moi, on doit, à cet instant, être également au clair sur le fait que l'on peut voir douze images différentes de son Moi. Il existe ces douze différentes images du Moi pris seul. Et c'est seulement, au fond, lorsque l'on jettera un regard rétrospectif sur soi-même, à partir de douze points de vue différents que l'on avait pour ainsi dire hors de son Moi physique, que l'on aura compris son Moi complet. Cette contemplation du Moi à partir du dehors relève très exactement du même rapport que ce qui se reflète dans le rapport des douze constellations au Soleil. Tout comme le Soleil chemine à travers les douze constellations et possède dans chaque constellation une autre force, tout comme il apparaît au printemps dans une constellation donnée, puis avance et pendant l'année, et même pendant le jour, traverse les constellations et éclaire notre Terre à partir de douze points de vue différents, de même le Moi humain s'éclaire à partir de douze points de vue différents, s’éclaire à partir de douze points de vue différents lors- qu'il y jette un regard rétrospectif à partir du monde supérieur."
A partir de ce qui a été dit il devient clair que dès que le disciple s'élève vers son Moi supérieur, pendant ce temps, il se quitte en un certain sens en tant que microcosme, en sentant en soi l'action des douze forces du Macrocosme, et en se vivant en un lien direct avec lui. A présent, sa tâche consiste à faire le tour de toutes les douze images de son Moi, tout comme le Soleil fait le tour des douze constellations zodiacales, afin de les unir en une nouvelle synthèse, d'amener à nouveau la dodécaïté en l'unité, mais à présent déjà sur un plan plus élevé. Cette dernière chose n'est possible que dans le cas où au cours des douze Nuits saintes, le disciple trouve le chemin à partir de son Moi supérieur, lui découvrant les douze Forces d'Univers situées dans le fondement de son Moi individuel, vers son Moi authentique, c'est-à-dire directement vers l'impulsion du Christ en lui. En s'exprimant de façon davantage cosmologique, on peut dire : au cours des douze Nuits saintes, le disciple doit traverser toutes les douze sphères du cercle zodiacal, afin de surgir à la treizième Nuit au-delà des limites du Zodiaque, dans le monde duquel provient l'Etre- même du Christ, en tant que le Moi de tout notre Cosmos, étant, à partir du Golgotha, en même temps "l'authentique Moi" de chaque homme sur Terre.
De cette façon, en partant de l'examen que nous avons entrepris, les treize Nuits saintes deviennent pour nous ce fil conducteur qui nous mène à travers toutes les douze sphères célestes du cercle zodiacal, qui nous mène à partir du vécu de l'initiation humaine de Jésus (le Moi supérieur) vers l'initiation universelle, macrocosmique du Christ (le Moi authentique). – Dans le signe des Poissons, le signe lié à l'origine de l'humanité à l'époque de la Lémurie, se trouve l'initiation de 3ésus de Nazareth (de l'Ame nathanéenne). C'est dans ce signe en effet que se trouve l'initiation des apôtres, qui tous furent des "pêcheurs" ; plus tard, cette tradition est poursuivie par le Graal, dans lequel apparaît la représentation de l'initié, gardien de la sainte Coupe, en tant que "roi des pêcheurs".
Dans ce lien, Rudolf Steiner rend attentif par les paroles suivantes à toute l’originalité de l'initiation de 3ésus de Nazareth, en la comparant également à l'initiation de Jean-Baptiste : "C'est pourquoi 3ean-Baptiste disait à ses élèves intimes : je ne peux mettre à la disposition de mon Ange, par l'initiation- Verseau, que les forces lui permettant d'annoncer que le Sei gneur, le Kyrios, vient ; mais viendra celui qui possède la force symbolisée par l'initiation avec la constellation des Poissons. Et celui-là accueillera le Christ ! Par cela Jean-Baptiste signala Jésus de Nazareth."
Et plus loin, Rudolf Steiner poursuit : "Lorsque quelqu'un surgit dans le Monde avec l'initiation-Poisson, et est en mesure d'accueillir les forces spirituelles, l'impulsion spirituelle à laquelle doit servir d'outil cette initiation-Poissons, alors il est possible que le baptême n'ait pas seulement lieu comme baptisait 3ean, mais que le baptême ait lieu au sens supérieur, comme cela est indiqué par 3ean en tant que baptême par l'Esprit saint."
Ainsi le chemin spirituel à travers le Macrocosme, commence au signe des Poissons, symbole de l'initiation de 3ésus de Naza- reth (c'est-à-dire l'initiation de l'Ame nathanéenne manifestant par soi l'image de l'authentique homme, de l'Anthropos). Et ce chemin montant doit, au cours des Nuits saintes, embrasser toutes les douze régions du cercle zodiacal, afin de culminer dans l'"Initiation" du Christ, se tenant sous le signe du Bélier et embrassant tout le cercle du Zodiaque.(93) De cette "Initiation" universelle du Christ, Rudolf Steiner parle de la façon suivante dans la conférence du 27.1.1908 à Berlin : "De là on désigne cette Entité [le Christ] en tant que "l'Agneau mystique" se sacrifiant, car Agneau est la même chose que Bélier ; de là la qualification d'Agneau se sacrifiant ou de Bélier, à l'adresse du Christ. Le Christ vous est caractérisé maintenant de façon à appartenir à tout le Cosmos. Son Moi aspire jusqu'au Bélier ; et le Moi rayonne-t-il jusqu'au Bélier, qu'il devient par cela la "grande offrande" elle-même, et se trouve ainsi en rapport avec toute l'humanité, et dans une certaine mesure les entités et les forces qui sont sur Terre, sont ses créations."
C'est d'un point de vue quelque peu différent que Rudolf Steiner rend attentif à cet état de choses également au dernier chapitre de son ouvrage "De la conduite spirituelle de l'homme et de l'humanité", où il parle, en particulier, du fait que si chaque homme peut, sur l’étendue de toute sa vie, ne vivre que l'influence principale exercée sur lui par un seul signe du Zodiaque, le Christ par contre, aux temps de Son séjour sur Terre, se tenait sous l'influence de tout le Macrocosme, c'est-à-dire de toute la dodécaïté du cercle zodiacal : "C'est constamment que le Christ se tenait sous l'influence de tout le Cosmos, il ne faisait aucun pas sans que les forces cosmiques n'aient agi en le pénétrant. Ce qui se jouait là chez Jésus de Nazareth [après son Baptême dans le 3ourdain], fut une constante
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Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:05

réalisation de l'horoscope ; car à chaque moment advint ce qui d'ordinaire n'arrive que 1ors de la naissance de l'homme. Cela ne pouvait être ainsi que par le fait que tout le corps du Jésus nathanéen fut resté influençable en face de la totalité des forces, guidant notre Terre, des Hierarchies spirituelles-cosmiques... tout l'Esprit du Cosmos agissait en pénétrant le Christ Jésus."(Q5) Cette dernière chose, que nous avons mise en caractères gras, renvoie encore à un aspect de la signification ésotérique des treize Nuits saintes, car le chemin suprasensible, qui y est contenu, à travers les douze régions du Zodiaque, est en même temps le chemin menant l'homme à travers la suite ascendante des Hiérarchies vers la cause originelle spirituelle-divine du Monde. Ainsi, si dans le signe des Poissons se découvre l'initiation humaine proprement originelle, l'initiation de l'Anthropos lui-même, alors dans le signe du Verseau, nous pénétrons déjà dans le monde des Anges (c'est pour cette raison que l'initiation de 3ean-Baptiste fut une initiation-Verseau, c'est-à-dire agissant à travers son Ange(V6)), puis dans le signe du Capricorne nous nous élevons dans le monde des Archanges, et dans le signe du Sagittaire, dans le monde des Archais. C'est de faqon semblable que se découvrent dans le signe du Scorpion les Exousiai ayant fait don autrefois à l'homme du principe du Moi, dans le signe de la Balance, les Esprits du Mouvement, les Dynameis, et dans le signe de la Vierge, de la divine Isis-Sophia, les Esprits de la Sagesse, les Kyriotéteis.
A la fin, dans le signe du Lion se découvrent les Trônes, les Esprits de la Volonté, dans le signe du Cancer, les Chérubins, dans le signe des Gémeaux, les Séraphins, derrière lesquels suit, dans le signe du Taureau, la Révélation de la sphère de l'Esprit Saint, et dans le signe du Bélier, la Révélation de la sphère du Fils, de "l'Agneau mystique",(47) du Christ+. Et ce (Cf. à ce sujet en détail "Les douze Nuits saintes et les Hiérarchies spirituelles"). grandiose chemin dodécadique, se découvrant à l'âme seulement au cours de la période des Nuits saintes, s'achève par le sublime : dans la treizième Nuit, après que l'âme a embrassé, par l'union intérieure avec la mémoire abyssale de la Terre, les forces de tous les douze signes du Zodiaque, elle peut être touchée par l'influence de la plus haute sphère cosmique, post- zodiacale, de cette sphère à partir de laquelle est descendu autrefois sur Terre le Christ,(48) en tant que Porteur du Principe d'Univers du Moi. A ce lien du Christ avec la plus haute sphère de l'existence cosmique, renvoient les paroles, résonnant du Macrocosme lui-même au moment du Baptême dans le Jourdain : "Celui-ci est mon Fils que j'aime, en lui je veux me manifester", et également les paroles du Christ Lui-même : "Moi et le Père sommes un".
Tout cela, l'âme peut le lire au temps de Noël dans la vivante mémoire de la Terre. Et un tel vécu, par l'âme, des forces de la sphère supra-stellaire en tant qu'immémoriale Patrie originelle du Christ, avec laquelle elle entre en contact dans les couches les plus abyssales de la mémoire de la Terre, lui permet de s'approcher également du porteur de cette mémoire, du Moi lui-même de la Terre, qui, depuis les temps du Mystère du Colgotha, n'est rien d'autre que le Moi du Christ Lui-même, car depuis les temps du Mystère du Golgotha Il est le nouvel Esprit de la Terre. Par cette cognition simultanée du plus haut et du plus profond, des réelles hauteurs et profondeurs du Monde s'unissant en un tout dans le vécu universel de l'Etre du Christ, s'achève le 6 janvier le chemin "De Jésus au Christ" ; chemin commençant par le plongement dans l'intérieur de l'âme humaine, et menant ensuite au vécu direct du Christ en tant que nouvel Esprit de la Terre, conservant en Soi tous les mystères du Macrocosme. Désormais le Christ agit dans le Moi humain lui-même, en tant que son plus haut aspect, en tant que "l'authentique Moi", et Sa présence divine peut être rendue consciente par l'homme : "Et en tant que rayonnante vie du souvenir Le Christ luira Dans toute ténèbre immédiate du temps présent."
A présent, à partir de l'âme humaine elle-même, à partir des plus profonds soubassements de l'homme, à partir de Son authentique Moi, la Lumière divine du Christ peut trouver le chemin vers le dehors, vers le monde, et pour cela Il doit d'abord vaincre toute "ténèbre immédiate" des enveloppes humaines, se dressant comme un grand obstacle sur le chemin du Christ vers la spiritualisation progressive de tout notre Cosmos, qui doit précéder le passage de la Terre vers son incarnation planétaire suivante, l'incarnation de Jupiter.
A ce chemin de l'impulsion du Christ, partant de l'authentique Moi de l'homme et pénétrant peu à peu les enveloppes humaines : le corps astral, le corps éthérique, et, à la fin, le corps physique même, à ce chemin nous rendent attentifs également les paroles ci-dessus de Rudolf Steiner, dans lesquelles il dit que les résultats de la rencontre directe avec le Christ au cours de la période de Noël doivent, vers le temps de Pâques, s'unir au corps physique de l'homme.


Introduction

Si nous sommes attentifs, nous rencontrerons souvent des gens qui vécurent à certaines époques de leur vie, des expériences qui vont au delà de celles que nous procurent habituellement nos sens. Ils peuvent s'être ressenti comme hors de leur corps physique, eurent des rêves qui laissèrent l'impression d'une rencontre avec une réalité inconnue d'eux, sentirent la présence ou l'aide d'un ami ou d'un proche pourtant mort. Souvent ces expériences furent déroutantes, et ces personnes peuvent avoir éprouvé des difficultés à en parler ou à les communiquer, bien que de tels moments eurent peut être une forte influence sur leur vie.
Notre civilisation ne laisse pas de place pour de telles expériences, excepté lorsqu'elles deviennent trop perturbantes. On parle alors de malaises mentaux, qu'on cherche à contourner par le biais de traitements psychiatriques. C'est particulièrement chez les jeunes gens qui n'ont pas encore trouvé de place définitive dans le monde que de tels problèmes dévastateurs peuvent se développer et il existe en fait, une grande demande de gens capables de se mettre à l'écoute de telles expériences , sans notions préconçues ou jugements hâtifs. Nous avons besoin d'une reconnaissance qu'il existe des mondes qui nous entourent, et pour lesquels nous ne possédons pas de géographie. Des descriptions de tels mondes, non pas dans le sens de lignes sur le papier, ont en fait toujours existé et ce bien avant que les continents et les océans sur terre furent recensés. Nous les avons oubliées, et nous ne les retrouveront ou ne les referons, qu'au moment ou le besoin s'en fera sentir de façon suffisament profonde.Mais il est apparu quelque chose d'autre, quelque chose d'autre arriva, quoique cela n'aboutit pas complètement. Dans l'univers tel qu'il est conçu par les astronomes d'aujourd'hui, il n'y a pas de raison pour que n'existent pas des millions de planètes avec la vie sur elles, bien que nos voisines immédiates semblent plutôt inhospitalières. Plusieurs de ces planètes pourraient avoir hébergé des êtres intelligents bien avant que la terre ne le fit. Pourquoi alors, n'avons nous pas de preuves de l'existence de ces intelligences supérieures, avec des technologies plus avancées que les nôtres, communiquant avec nous et nous donnant le bénéfice de leurs conseils ?
On a pourtant le sentiment qu'il pourrait y avoir des failles dans cette supposition, bien que cette image de l'univers qui existe aujourd'hui ne paraisse pas entièrement irraisonnable. En allant plus loin, on pourrait se demander ce que des intelligences supérieures pourraient penser réellement de notre civilisation. Peut être la désaprouveraient elles, ce qui nous mettrait mal à l'aise. Ou peut être, proposeraient elles de communiquer avec nous et nous demanderaient si ce serait bien à proposqu'elles le fassent. On oublie souvent qu'il y a peu de temps encore, la plupart des gens sur terre étaient sûrs que des intelligences supérieures existaient, communiquaient avec nous et nous prodiguaient leurs conseils.Les grands changements dans l'esprit sont graduels, et les témoignages les entourant, très diversifiés. Prenons, ne fut ce que la partie de l'Europe comprise entre l'Ouest de la Pologne et de la Hongrie, où on pourrait dire qu'en 1450 la plupart desgens croyaient que les Anges gardaient et guidaient les êtres humains, et qu'en 1700 déjà, beaucoup n'en étaient plus convaincus. Les peintres et les sculpteurs européens du 15ème siècle, aimaient à représenter les Anges avec chaleur et conviction. Mais au 18ème siècle, les artistes, à l'exception de W.Blake, le faisaient à peine. Il serait de fait, difficile d'obtenir un bon conseil de la part d'un Ange en marbre datant de l'époque baroque. Avec la perte de cette croyance dans les hiérarchies angéliques, l'idée de Dieu et l'idée de l'homme se modifièrent. La perspective donnée par une conception étagée et graduelle des êtres spirituels s'échelonnant depuis les Anges jusqu'aux Séraphins ayant disparu, il devint possible de penser à Dieu plus égocentriquement, comme un conseiller personnel. A la fin du 17ème siècle, ces idées s'étaient dejà répandues sur une grande échelle, et l'homme pouvait penser à lui même comme la créature favorite de Dieu, la seule autre créature intelligente. A la même période, peut être un peu plus tôt, la conscience humaine s'appauvrit d'une autre façon encore. Des êtres que l'esprit humain ne peut mesurer ou comptabiliser et qui étaient ressentis jadis comme peuplant les forêts et les rivières à la frontière de nos yeux et de nos oreilles, tous ces êtres, s'évanouirent complètement. Ces existences élémentaires furent ainsi reléguées à la poésie fantastique, et l'on oublia que les gens ordinaires crurent en elles et les connaissaient bien. Et pourtant, ce n'était que la tête de l'homme qui les rejetaient, les sens et le cerveau qui disaient qu'elles n'étaient plus là. Dans nos sentiments et dans notre volonté, nous étions et sommes encore avec elles. Parfois aidés, ou d'autrefois objet de leurs moqueries, elles sont une énigme croissante pour nous mêmes. Dans nos villes et dans nos maisons, dans les champs et les forêts, elles nous manquent et nous ne nous souvenons ni de leurs noms et encore moins de leurs formes. Il fut toujours difficile de représenter extérieurement ou en esprit, de tels êtres aussi constants dans leurs changements. Au tournant du 15ème siècle et du 16ème siècle, nous découvrons quelques témoignages marquants de la réalité des hiérarchies spirituelles et des êtres élémentaires. Beaucoup de ces témoignages ne furent pas remarqués ou furent rétractés par les gens qui les avaient fait, le climat de l'opinion se tournant contre eux. Vint alors un témoin très écouté à l'époque et qui l'est encore partout aujourd'hui. Mais il n'était pas et n'est toujours pas considéré comme un témoin de réalités spirituelles. Il s'agit de Shakespeare. Pour Shakespeare, l'homme est constamment surplombé par les anges, les élémentaires et les morts, qu'il le sache ou non. Ce n'est pas seulement dans "le songe d'une nuit d'été" ou dans "l'île de Prospero", que la nature se peuple d'esprits. L'homme dans les moments d'épreuves, fut toujours conduit vers des endroits où les arbres possèdent des voix et où les rivières apportent sagesse et réconfort, que ce soit au Pays de Galles, sur les côtes de Bohème, ou près du Temple de Diane, à Ephèse. Dans ce livre, Shakespeare sera cit22 plus que tout autre écrivain anglais. Sa grandeur peut sembler n'avoir que peu de rapport avec les hiérarchies angéliques, c'est pourtant dans le sentiment de la dépendance de l'homme vis à vis d'un univers spirituel peuplé d'êtres vivants que cette grandeur trouve ses sources. Nulle part ailleurs dans la littérature anglaise, nous ne trouvons une imagination qui s'harmonise autant avec l’œuvre créatrice des neuf hiérarchies, telle qu'elle se manifeste dans la nature et les destinée humaines. Evidemment ceci ne peut être prouvé, mais c'est l'un des desseins de ce livre de montrer comment on peut néanmoins acquérir une telle conviction. Bien que l'idée des hiérarchies fut profondément ressentie et comprise par un Londonien, John Colet, quelques années avant cette époque, nous ne les trouvons pas souvent mentionnées dans l’œuvre de Shakespaere. Colet était doyen de St Paul. Grand prêcheur et érudit de l'histoire du christianisme, il était soucieux de la situation spirituelle critique de son époque. Colet connaissait bien la question, et écrivit un commentaire plein de cœur sur les "hiérarchies célestes", texte attribué à Denis l'Aréopagite: l'élève de St Paul. Cet écrit ainsi que d'autres attribués à Denis, jouirent d'une grande autorité pendant presque un millier d'années, influencant fortement des hommes comme J.Scott.Erigène, Thomas d'Aquin et Dante. Mais à l'époque de Colet, ils commencèrent à être discrédités lorsque l'érudit italien Lorenzo Valla maintint qu'ils devaient avoir été écrit plus tardivement qu'au siècle premier. On admet généralement à l'heure actuelle, qu'ils sont originaires de la première moitié du 6ème siècle environ, mais leur valeur intrinsèque reste intacte et on peut les relier par une tradition ésotérique continue, avec l'école de St.Paul à Athènes. Lorsque Denis ou Colet écrivaient au sujet des hiérarchies, c'est comme s'ils décrivaient des amis profondément respectés et honorés. Ils se montrent craintifs, mais leur amour parvient à surmonter cette crainte de sorte qu'ils osent prendre la plume. Et que pouvait on leur reprocher? Comme prêtres, ils ne faisaient que ce qu'on attendait d'eux, qu'ils parlent de Dieu et de ses anges. Par contre, ce n'était pas cela qu'on attendait d'un auteur dramatique Londonien sous le règne d'Elisabeth. Et de fait, les autorités civiles puritaines de Londres réagirent. Shakespeare évite généralement aussi bien le nom de Dieu que le nom du Christ. Mais il possède le même sens de la proximité du monde spirituel que J Colet, Thomas More, ou à son époque le sensible et charitable théologien Richard Hooker. Il savait aussi que le contact avec le monde spirituel pouvait être à l'origine de graves perturbations intérieures. Ceux qui ne sont pas instruits du contact avec l'esprit peuvent facilement s'irriter des incertitudes d'Hamlet. Mais, les visions du fantôme de son père étaient elles envoyées par les cieux, par l'enfer, ou par un lieu intermédiaire? Pour beaucoup de gens d'aujourd'hui, il s'agit d'un problème réel et attristant; comment réagir à ce qui semble être un contact réel avec quelqu'un qui est mort? Ne risque t'on pas de susciter en même temps des tentations, des contraintes, des fardeaux pour cette me?. La nécessité d'acquérir certaines connaissances au sujet de l'environnement de la mort peut alors s'avérer, indispensable. Shakespeare, considère que les vivants autant que les défunts, suivent des sentiers qui mènent par une purification, vers la maturité. Les mes humaines peuvent dans l'un ou l'autre état et par étapes successives, s'élever de la contemplation des Anges jusqu'au Trône de Dieu. Mais sur terre, parler de ces êtres ou parler avec eux, sera toujours un combat avec les mots. C'est une caractéristique extraordinaire de l’œuvre de Shakespeare, qu'il rende toujours apparent pour quiconque écoute assez attentivement, où se situe n'importe
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Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:06

lequel de ses personnages sur la voie de son cheminement intérieur. Il devient vite évident, par exemple, quel degré de connaissance de soi un homme ou une femme possèdent. Dans la "12ème nuit", Sir Toby Belch et Sir Andrew Agwacheek , possèdent une connaissance d'eux mêmes aussi splendide, qu'absente. En Malvolio, elle est de manière grotesque déformée par sa relation avec un Dieu personnel qu'il appelle Jupiter. En Sébastien par contre, elle s'illumine non seulement par la conscience de ses propres limites, mais aussi par la reconnaissance du tiraillement en lequel chaque être humain vit. On pensa qu'il s'était noyé et lorsqu'il réapparut, on cru à un fantôme "Je suis un esprit, en effet, mais revêtu des proportions grossières de la matrice..." (1)La connaissance de soi, doit nous rendre apte à nous situer face à l'individualité éternelle de l'homme et aux circonstances en lesquelles elle nait sur terre. Nous naissons en une position sociale particulière, et on disait souvent que Shakespeare regardait comme un désastre, que cette ordonnance dans les rangs de la société soit perturbée. Cette vue s'exprime de la façon la plus éclatante dans le fameux discours d'Ulysse extrait de "Troilus et Cressida ": "Supprimez la hiérarchie, faussez seulement cette corde d'un degré, et malheur, quelle discorde s'ensuit..."(2)Ulysse décrit une chaîne d'existences qui s'étend des étoiles au travers de la société humaine, jusqu'à la nature entière; toutes choses possédant leurs justes mouvements et fonctions. C'était une vue médiévale familière. Cet ordre des étoiles, des hommes et de la nature, était ressenti comme réfléchissant bien qu'imparfaitement, l'ordre des hiérarchies. Malgré les apparences, Shakespeare ne soutient pas ici ce qu'on pourrait appeler une vue simplement conservatrice. Un homme ou une femme peuvent très bien naître dans un rang de la société ou ils ne devraient pas. Tout dépendra alors des motivations qui sous-tendent un éventuel désir de changement. Macbeth et Coriolan parlent avec des voix pleines d'ambition. Héléna, la fille du médecin dans "tout est bien qui finit bien", cherche par contre, avec la noblesse d'une résolution claire et profonde. Un être humain qui aspire au changement, peut être guidé par son Ange, ou le contrarier. Là où il vient à recevoir, prendre des responsabilités ou s'en désinvestir, existeront toujours d'autres êtres au dessus et en dessous. Ici se présente une nouvelle difficulté. Pouvons nous accepter d'occuper une place particulière, d'être enfermé dans une catégorie, et pouvons nous le refuser? Est ce que tout dans l'univers ne reçoit ou ne prend des ordres que venant d'en haut? Est ce une bonne chose? Là ou le sentier du développement fut bien compris, il ne fut jamais considéré comme un sentier d'obéissance, mais plutôt comme une croissance vers la liberté tout autant qu'un éveil à la volonté du monde spirituel. Tous deux appartiennent à cette maturité; et sur le chemin, doit s'opérer une réconciliation entre la place qu'occupe quelqu'un dans le monde, son individualité unique et son destin. Shakespeare décrit dans un de ses sonnets, ce combat quelquefois amer: "Lorsqu'en disgrâce auprès de la fortune et des hommes, tout seul je pleure sur ma vie proscrite, et importunant le ciel de mes cris stériles, me considère et maudit mon destin. Lorsque me souhaitant pareil à un autre plus riche d'espérance, je désire les traits d'un tel, les nombreux amis d'un tel, le talent de celui ci, le talent de celui là, mécontent surtout de ce qui est surtout mon bien. Si parmi ces pensées, me regardant presque avec dédain, il m'advient de penser à toi, alors ma vie telle l'alouette qui au point du jour s'élance du sol maussade, va chanter des hymnes à la porte du ciel. Car le souvenir de ton cher amour m'apporte telle richesse que je dédaigne de changer ma vie avec les rois." (3)Se sentant lui même aimant et aimé, Shakespeare peut accepter tant son statut extérieur d'écrivain dramatique, que sa condition intérieure avec ses souffrances et ses traits de génie pénétrants qui le séparent des autres. Mais le problème de la liberté et de l'obéissance est il vraiment résolu de cette façon? Sans aucun doute, l'humanité actuelle a résolu ce problème à sa façon. Nous avons congédié les Anges et les Rois, et finalement Dieu lui même, afin de n'avoir ni personne ni quelque chose au dessus de nous. En chaque unité sociale, petite ou grande, le problème de l'autorité est aigu. Nous essayons de nous débarrasser de tous les types de hiérarchies sur la terre; est il alors pensable d'accepter à nouveau l'idée des hiérarchies célestes? Ce réel problème, et non seulement cette question de morale théorique, doit pouvoir se résoudre par des actions véritables. Ce qui pourrait nous aider, c'est de constater que les quelques témoins dispersés des hiérarchies spirituelles, depuis Shakespeare jusqu'à notre temps, sont sans conteste des hommes avec leurs contingences d'hommes, mais ils montrent une liberté considérable face aux conventions extérieures, et au monde de leurs propres visions. Pour Swedenborg, W.Blake, Goethe, le monde des Anges est aussi réel que le monde humain; mais ils suivent néanmoins leurs propres décisions. Et nous constatons qu'ils adoptent une indication de Shakespeare qui est que cette énigme doit être résolue par l'amour.
A notre époque, un grand voile a été soulevé par Rudolf Steiner qui durant sa trentaine décrivit ce qu'est la liberté dans l'âme humaine, comment elle y naît et comment elle se réalise effectivement. Il montra plus clairement et plus fermement que n'importe quel autre philosophe, que l'être humain ne se doit de suivre aucun conseil ou obéir à aucun commandement, mais peut grandir vers sa propre stature en accomplissant des images d'actions que son imagination morale est capable de créer par elle même. La "philosophie de la liberté" fut publiée en 1894. A partir de 1900, R.Steiner commença à parler à propos des êtres et des événements du monde spirituel, ainsi que de ses propres perceptions de ceux ci. Ses dires, d'apparence prosaïques, se réunirent bientôt en une vision de l'univers multiforme et immensément riche. Ce n'était jamais clos, jamais complet. Lorsque des réponses étaient apportées, de nouvelles et plus grandes questions se posaient. Les neuf hiérarchies, telles que Denis l'Aréopagite les avait décrites, étaient là à nouveau. Elles étaient montrées à l’œuvre, non seulement comme des messagères entre la divinité supérieure et les hommes, non seulement dans leurs incessantes relations de travail et leurs prières, mais aussi comme recevant des tâches particulières afin qu'aboutissent l'évolution du cosmos, de la terre et de l'humanité. Rudolf Steiner pu décrire ces êtres comme il le fit, car il les rencontra. De telles rencontres étaient pour lui aussi claires et définies que ses rencontres avec d'autres êtres humains; mais ceci ne fut rendu possible, que parce qu'il passa par la plus sérieuse connaissance de soi et pu rester ainsi face à ces êtres, sans orgueil et sans peur. Dans l'utilisation des noms de Christ et de Dieu, R.Steiner fut lui aussi très économe. Mais, de 1900 jusqu'à sa mort en 1925, il les utilisa plus fréquemment en montrant comment la contemplation de la nature, de l'histoire et des hiérarchies spirituelles, pouvait conduire à une compréhension nouvelle du Christianisme. Dans les huit dernières années de sa vie, il se pencha sans répit vers les questions du corps physique de l'homme comme révélation du Père, du Fils et de l'Esprit Saint. Il montra que l'homme moderne a besoin de cette connaissance autant dans l'ordonnance de sa vie sociale, que sur la voie de son propre être intérieur. Lorsqu'il parlait des hiérarchies spirituelles, Steiner rendait souvent attentif au fait qu'elles pourvoyaient à l'environnement des mes humaines entre la mort et une nouvelle naissance. Les êtres du monde spirituels sont innombrables, et très différents les uns des autres, mais pouvoir distinguer la Troisième Hiérarchie de la Seconde et de la Première, est aussi fondamental dans cet autre monde, que ne l'est ici bas notre compréhension des différences entre la pierre, la plante qui croît, ou l'animal. Lorsque nous observons une plante, une pierre, un animal, nous participons en quelque sorte à l'histoire des autres. Avec une fleur de jardin par exemple, il est bon lorsque nous la cultivons, de s'intéresser aux variétés sauvages apparentées. D'un être humain, il est bon de savoir quelle école il fréquentait et si son enfance fut heureuse ou non. Il peut sembler très étrange à certains d'entre nous, s'il est dit qu'une attitude semblable peut s'appliquer aux hiérarchies angéliques. Pourtant, il est dans leur essence de posséder une mémoire cosmique tout comme nous nous souvenons d'événements de nos vies terrestres. Si d'autres êtres humains nous décrivent leur jeune enfance, notre pouvoir d'imaginer ce qu'ils ont vécu, est limité; de même nous pouvons tout au plus ébaucher des tentatives pour comprendre ces puissants royaumes d'expériences vers lesquels un être spirituel est capable de regarder en arrière. C'est dans sa "Science de l'Occulte en esquisse", que Rudolf Steiner donna d'importantes aides dans cette direction. Certains passages des chapitres concernant les hiérarchies nécessiteront un regard rétrospectif vers de telles conditions de l'univers telles qu'il les décrivit; et il ne pourra s'agir que d'un résumé très concentré de ces conditions que nous donneront ici. Quiconque, à qui de telles descriptions semblent inhabituelles, est simplement demandé de les envisager; les mots dans lesquelles elles sont décrites, sont en fait si inadéquats, qu'une acceptation immédiate serait de moindre valeur que de suspendre son jugement jusqu'à ce que leur signification grandisse. Nombres de faits dans notre univers présent, sont de l'ordre du prévisible. Citons les mouvements des planètes en relation avec le soleil et la terre, qui peuvent être calculés dans des limites très précises. D'innombrables processus tant dans le domaine du vivant que de l'inanimé, vont dans le même sens. Nous avons tendance à prendre cela pour de l'argent comptant, et considérer les failles dans nos prédictions comme dues simplement aux défauts de notre connaissance. Nous pourrions décrire un monde qui est si calculable, en disant: maintenant nous vivons dans un monde hivernal, un monde qui s'est gelé en des lois. Et intérieurement, nous devenons de glace si nous contemplons cette régularité seule et ne sentons pas la présence d'une spontanéité partout autour de nous. Car là ou nous ne reconnaissons pas une activité créatrice libre, et principalement en d'autres êtres humains, là, cet hiver semble intact. Mais il n'en fut pas toujours ainsi. R.Steiner décrit un monde qu'on ne peut relier au notre par une chaîne continue de causalités physiques, et ou se manifestait partout le libre pouvoir créateur d'êtres spirituels. C'était comme un univers printanier, un monde de débuts, de commencements nouveaux. Il décrit quelque chose qu'il est très difficile pour nous d'imaginer, car de ce qu'on appelle traditionnellement les quatre éléments: le feu, l'air, l'eau et la terre, seul le feu était présent. Si un être muni de nos sens physiques actuels et rien de plus avait visité cet univers primordial, il n'aurait observé que des variations de chaleur. Mais qualitativement, cette chaleur aurait contenu toutes les promesses et les merveilles que nous découvrons dans notre monde actuel, là ou les choses sont au commencement comme dans de très jeunes créatures. A cet ancien univers, pour des raisons qui n'ont pas à être considérées ici, R.Steiner donna le nom d'Ancien Saturne. L'Univers qui suivit l'Ancien Saturne et est appelé Ancien Soleil, fut un monde estival empli de lumière, d'abondance et de beauté. Lorsqu'il eut disparu, un autre univers vînt à l'existence; comparable actuellement dans régions tempérées, à l'automne. Un temps d'orage. Tandis que sur l'Ancien Soleil existaient la lumière, la chaleur, et l'air; sur ce troisième univers appelé l'Ancienne Lune, on trouvait ce qui correspond à notre élément liquide ou fluide, ainsi que les forces que nous connaissons comme se tenant derrière les processus chimiques. De ce monde, nous pouvons penser comme à des atmosphères d'espoir et de chagrin, un combat entre le rêve et l'éveil. La séquence conduit ensuite à notre univers actuel avec ses substances solides et ses événements calculables qui contient à l'état hivernal, sa propre promesse d'un développement d'une liberté pleine et consciente. Les êtres des hiérarchies sont concernés par cet ensemble de puissants processus, et lorsque nous nous imprégnons des sentiments que suscite leur participation à cette évolution, nous aidons à créer de véritables relations avec eux, ainsi qu'il peut être bénéfique lorsque nous rencontrons un autre être humain, de savoir quelque chose des joies, des tristesses et des responsabilités de sa vie passée. En développant sur terre un sentiment clair et vivant envers les hiérarchies spirituelles, nous renforçons les relations entre les vivants et les morts. C'est notre grande tâche après la mort, de trouver une juste relation avec les êtres supérieurs qui servent le Bien, et cela ne s'accomplit pas d'un coup. Les atmosphères troublantes et les impressions expérimentées par beaucoup de gens sont souvent en rapport avec ces faits. Comme sur terre, après la mort les questions ne trouvent pas immédiatement des réponses; l'effort pour trouver une réponse, l'effort d'apprendre, ont une valeur en eux mêmes. Pour ceux qui sont morts, la vie extérieure de ceux qu'ils ont laissé derrière eux, est généralement moins importante que le prolongement vers lequel ceux qui sont sur terre, grandissent en maturité. Les morts regardent à l'intérieur de notre peine, à l'intérieur de nos tristesses, en notre sens de nos faiblesses. Ils observent ce qui se passe en nous, comme nous pouvons observer des mouvements dans un paysage. ILs voient comment, l'acceptation de notre destinée et notre liberté créatrice se rencontrent continuellement, et ils peuvent être réconfortés par la parenté entre leurs tches et les nôtres. Si nous commençons à regarder du côté des hiérarchies, avec compréhension pour leur signification dans nos vies, alors nous respirons avec les morts, une lumière commune. Nous rencontrons sur la terre, ce que nous considérons comme étant le mal. Nous apprenons à accepter que des choses très valables en soi, comme les améliorations dans l'ordre social, une meilleure éducation et ainsi de suite, n'éradiqueront pas la violence et le crime. Ceux ci ont de plus profondes racines. Le mal est à trouver aussi bien dans le monde spirituel et peut s'exprimer au travers d'impressions spirituelles troublantes, particulièrement chez les jeunes gens et même les enfants. Certaines drogues peuvent créer en concert avec ces différentes impressions, des ouvertures vers l'enfer épouvantablement réelles et persistantes dans leurs effets. Même être trop préoccupé par l'activité du mal dans l'histoire récente ou ancienne, peut exercer une sorte de fascination et en fin de compte, troubler la balance spirituelle intérieure. Pourtant il est nécessaire d'affronter le fait du mal non seulement théoriquement, mais avec toutes nos capacités d'âme et d'esprit." Dans toute chose mauvaise, il y a une certaine essence de bien, pour les hommes qui savent la distiller?"(4)Mais cette distillation doit se faire en présence de la plus haute compassion. Longtemps devrons nous contempler les Archanges qui prient Dieu et le servent sans trêve, avant d'être prêts à considérer ce qui se passe lorsque un Archange tourne mal. Cette phrase appliquée aux choses de l'Esprit est une métaphore délicate; mais ainsi que cela fut toujours décrit, Lucifer se doit d'être considéré comme un très noble esprit, et néanmoins comme un esprit déchu. L'homme doit racheter les esprits du mal, non par une obéissance aveugle au bien, mais par l'exercice d'une liberté éveillée, qui contient en elle, de toutes nouvelles actions créatrices. La relation entre le plus grand et le plus petit dans l'univers, n'est pas telle que le plus grand commande simplement aux plus petites créatures. Le plus grand peut révéler un dessein, que le petit peut recevoir en une révérence fervente, et la faire sienne dans l'action. Mais le plus grand peut être aussi absolument silencieux, et attendre. êmeet nous pouvons espérer tout au plus de faire des débuts de tentatives pour comprendre ces puissants royaumes d'expérience vers lesquels un être spirituel peut regarder en arrière. Particulièrement dans sa science de l'occulte en esquisse, R.Steiner donna d'importantes indications dans cette direction. A certains passages dans les chapitres sur les hiérarchies, nous auront besoin de regarder en arrière vers de telles conditions de l'univers telles que R.Steiner les décrit; et il ne s'agira que d'un résumé très concentré de ces conditions que nous pourrons donner ici. Quiconque à qui de telles descriptions semblent inhabituelles, est demandé simplement de les accepter; les mots dans lesquels elles sont décrites sont en fait si inadéquates, qu'une acceptation immédiate serait de moindre valeur qu'une bonne volonté de suspendre son jugement jusqu'à ce que leur signification grandisse. Beaucoup dans notre univers présent est de l'ordre du prévisible; les mouvements des planètes par exemple, en relation avec le soleil et la terre peuvent être calculés dans des limites très précises. D'innombrables processus sur terre, tant dans le domaine du vivant que de l'inanimé, vont dans le sens du prédicable. Nous avons tendance à prendre cela pour de l'argent comptant, et sommes inclinés à regarder nos failles à prédire à l'avance comme du simplement aux défauts de notre connaissance. Maintenant, une façon de décrire un monde qui est si calculable, serait de dire: maintenant nous vivons dans un monde hivernal, un monde s'est gelé en des lois. Intérieurement, nous devenons froids si nous contemplons cette régularité seule et ne sentons pas la présence d'une spontanéité partout autour de nous. Où nous ne reconnaissons pas une activité créatrice libre, et principalement en d'autres êtres humains, là, l'hiver semble intact.


R.Coroze

S'appliquant à en (de Dieu) reproduire une parfaite image, elles s'élèvent de toutes leurs forces vers leur Archétype, et à leur tour s'inclinent, à la façon de la divinité, vers les essences inférieures, pour les transformer.
Denys l'Aréopagite (La Hiérarchie céleste, chap. VIII)
L'homme dit : « Dieu... » et il s'élève sans transition vers un absolu immuable et transcendant à toutes les créatures. Il dit : « Dieu... » par une exigence intérieure qui pose l'antithèse de tout ce qui lui apparaît sur terre borné, bas, périssable, impur. Son esprit a un besoin non seulement sentimental, mais rigoureusement logique, de Dieu comme d'un contrepoids à l'irrationnel qui l'entoure. Et, quand bien même il ne connaît pas Dieu, il l'imagine. Il ouvre dans un coin de son âme le paradis d'une divinité qui sera le point d'appui fixe, l'absolu aux pieds duquel viendra battre le flux déconcertant de la vie. L'homme moderne n'a plus la vision de Dieu ; mais sa pensée sèche et aride le pose comme un axiome qu'il juge nécessaire. Cependant Dieu n'est pas en réalité cette abstraction inaccessible qui se soutient dans le vide. Si la pensée moderne trop liée au corps s'est appesantie au point de ne plus pouvoir appréhender l'Être divin dans su réalité, il n'en u pas toujours été ainsi. Entre elle et la divinité, elle a connu et vénéré toute une gamme d'intermédiaires ; elle a même possédé la vision de ces esprits médiateurs entre sa petitesse et l'incommensurable grandeur divine. Cette vision a nourri sa vie spirituelle. Il n'en reste plus de trace profonde dans l'âme moderne ; celle-ci trouve bien encore dans l’Eglise un enseignement théorique relatif aux Hiérarchies, mais plus aucun commerce affectif avec ces êtres surnaturels ; on ne les connaît plus qu'à travers les documents d'un art religieux qu'inspire la tradition. Interrogeons la science spirituelle sur la nature de ces êtres, l'origine de la vision qu'en eut l'homme autrefois, les raisons pour lesquelles il rien a plus conscience aujourd'hui. Elle nous dit : ce que l'art et la tradition religieuse transmettent au sujet des Hiérarchies célestes remonte certes à un lointain passé ; mais ce n'est encore qu'une pâle survivance d'époques bien plus reculées, pendant lesquelles l'humanité a possédé une vision directe de l'univers. Cette vision, sans comparaison possible avec la conscience actuelle, était moins une perception qu'une communion de l'être humain avec un univers lui aussi bien différent de celui que nous connaissons. Il faut remonter, pour s'en faire une idée, à un passé qui précède même celui qu'atteint la préhistoire : la terre n'était pas encore le sol ferme qu'elle est devenue sous nos pieds ; le corps humain n'avait pas non plus acquis son actuelle densité ; les éléments n'étaient pas différenciés comme de notre temps où le liquide est distinct du solide, le gaz de la chaleur. Quant à la vie humaine, elle oscillait entre la terre et le milieu cosmique au sein duquel lentement elle se chargeait de densité terrestre. Les investigations de Rudolf Steiner permettent de se représenter ces étapes. Aux époques de sa vie où il est davantage un habitant de la terre, l'homme ressent la planète comme le point où tout l'univers vient se condenser, se contracter ; il a d'elle l’impression qu'on aurait de ses os au fond de la chair. Il la voit baigner dans une atmosphère vivante ; depuis ce sol – vers lequel son corps l'attire toujours plus – jusqu'aux confins du ciel, il ressent des couches successives dont chacune dépasse en subtilité celle qu'elle laisse au-dessous d'elle. Ces sphères, que cernent les orbites des planètes, forment autour de la terre des cercles successifs qu'occupent la lune, Mercure, Vénus, le soleil, Mars, Jupiter, Saturne, jusqu'à la ceinture des astres fixes – le Zodiaque. A d'autres moments de sa vie, l'homme perd la conscience terrestre et déserte son corps. Il s'identifie complètement pur sa nature spirituelle avec l'univers dont aucune conscience personnelle ne le sépare encore, comme l'enfant dans le sein de sa mère. S'unissant par une partie de son être à chacune des sphères planétaires, il en prend la couleur, le rythme : ce rythme particulier est la pulsation même des entités spirituelles qui composent cette sphère. Car des colonies d'êtres divins, de qualités diverses et hiérarchisées, s'expriment dans ces substances planétaires, lieu électif de leur manifestation. La gradation se poursuit depuis les entités les plus proches de la nature humaine terrestre – les Anges – jusqu'aux Chérubins et Séraphins qui dépassent même la sphère des planètes les plus parfaites, les plus proches de la divinité ne s'exprimant plus par des astres mouvants, errants, en qui le mouvement même est encore signe d'imperfection, mais par les constellations du Zodiaque, qui ont acquis déjà quelque chose du caractère divin: l'immutabilité. Ainsi, par ses deux états de conscience, l'homme contemple les deux faces d'une même réalité : il voit tantôt l'astre par les yeux de la chair, tantôt l'entité par ceux de l'esprit. Et il se sent vivre et respirer dans cet univers comme dans un organisme vivant, lui qui ressent le mouvement des planètes dans ses membres, leur rythme dans sa circulation, la majesté des étoiles immobiles dans la fixité de sa tête, il voit l'entité spirituelle transparaître dans l'astre qui en est le vêtement. Pour lui, astre et entité sont inséparables ; l'un est le corps de l'autre. Dès que la conscience terrestre s'affirme, la différence devient plus marquée entre ce que l'homme perçoit lorsqu'il est dans son corps et ce qu'il vit dans les moments semblables au sommeil, alors qu'il participe à la vie spirituelle de l'univers. Pendant de longues périodes encore il voit dans les étoiles la manifestation multiforme du grand Être vivant qui exprime à travers elles les aspects infinis de sa nature insondable. A mesure que l'évolution avance, l'homme garde un souvenir plus vif, plus personnel, du temps de veille qu'il passe dans son corps que du temps où le sentiment de l'univers l'arrache à lui-même. De ce sentiment confus, il conserve comme un rêve l'image d'êtres surnaturels peuplant les sphères étoilées ; tandis que ce qu'il observe dans le ciel matériel lui paraît de plus en plus précis. Il voit les astres se déplacer d'après les rythmes qui fixent pour lui le temps, les années, les saisons et les jours ; il suit des yeux les lignes décrites et qui dotent l'espace de points de repère. Il sait encore que toute sa vie est réglée, gouvernée par ces mouvements et ces rythmes qui traduisent en signes visibles la sagesse de Dieu. Mais sa conscience se divise de plus en plus, sa perception se dédouble. La lumière des sens baigne le monde physique où il contemple l'astre ; c'est dans une autre lumière, celle de l'âme, celle du sens intérieur, que continuent de lui apparaître en songe, ou dans des moments d'évasion hors du terrestre, les Hiérarchies. Et la distance grandit entre le ciel où plongent ses regards sensibles et le ciel de son âme. Quand il aspire à celui-ci, il cherche à en conserver les visions dans les formes du culte, les rites, la religion. Quand il observe avec un intérêt croissant les phénomènes célestes, sur lesquels vont bientôt s'exercer ses facultés naissantes de raisonnement, de calcul, il fait ses premiers pas vers la science. Un jour, il ne subsistera même plus le souvenir que le moindre rapport ait pu exister entre le monde des étoiles qu'étudie l’astronomie et les Hiérarchies divines qu'enseigne la théologie. Mais cette séparation ne s'est accomplie que fort lentement, et bien des siècles se sont écoulés avant qu'elle soit consommée comme elle l'est aujourd'hui. Quand les cultes et les religions apparaissent, à l'aube des temps vers lesquels remonte la préhistoire, la connaissance des légions célestes n'est pas encore perdue pour le regard intérieur. Toute l'antiquité et les premiers temps du christianisme en portent la marque. Aucune religion antique n'a conçu la divinité sans ces intermédiaires qui traduisent les aspects infiniment variés de la Face qu'eux seuls sont admis à contempler. Ils sont la « pensée » de Dieu, son « œil », son bras », la divinité impensable s'entoure comme d'une couronne de ces grandes puissances célestes ; à leur tour les grands dieux sont environnés de dieux moins élevés et plus proches des hommes. Les monuments et les sculptures antiques fourmillent de ces êtres surnaturels, depuis les esprits les plus sublimes jusqu'aux moindres de ces « génies » ailés familiers à tout l'Orient. Le matérialiste ne voit plus aujourd'hui dans ce pullulement d'êtres surnaturels que le fruit de l'imagination orientale qui s'est complu à décrire somptueusement ses délires, ses cauchemars et ses rêves. Certes, à mesure que la vision s'atténue, les ordres spirituels se mêlent et se confondent. Entre la milice céleste et l'infernale, la frontière est incertaine. Des natures intermédiaires et neutres comme les êtres élémentaires la
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obsidienne

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Re: Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme

Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:07

la chevauchent vaguement. Mais le christianisme intervient dans ce désordre transmis par l'Orient. Il sait faire le partage entre le céleste et l'infernal. La pensée humaine naissante s'efforce de refléter en elle-même l'ordre hiérarchique des entités qui portent les attributs de Dieu. Le génie hellène christianisé coordonne, harmonise. Ce n'est plus exactement une vision, mais une conception spirituelle que donne, aux premiers siècles chrétiens, l'école de Denys l'Aréopagite dans sa Hiérarchie céleste, lorsqu'elle établit entre l'unité, principe et fin ultérieure de tout, et les créatures, qui n'ont en elles ni leur raison, ni leur terme, un milieu qui est à la fois science et action, connaissance et énergie. « C'est la Hiérarchie, institution sacrée, savante et forte, qui purifie, illumine et perfectionne et ainsi nous ramène à Dieu, qui est pureté, lumière et perfection... Le but de la Hiérarchie est donc d'assimiler et d'unir à Dieu... Car, contemplant d'un œil assuré la beauté suréminente, elle la retrace en soi comme elle peut ; et elle transforme ses adeptes en autant d'images de Dieu : purs et splendides miroirs où peut rayonner l'éternelle et ineffable lumière, et qui, selon l'ordre voulu, renvoient libéralement sur les choses inférieures cette clarté empruntée dont ils brillent.
Cette conception elle-même va s'estomper graduellement; le dogme en conservera les notions de principe, mais c'est par la croyance au dogme et non plus par la voyance, ou même le souvenir de visions anciennes, que la pensée des Hiérarchies survivra parmi les hommes. Tant que le chrétien du Moyen Âge est animé d'une foi encore un peu visionnaire, il demeure attaché aux êtres surnaturels qu'il sent intervenir dans son âme et jusque dans les événements qui gouvernent sa destinée. Car Dieu est bien grand Sire; ses messagers sont plus familiers à l'imagination croyante. Elle les connaît dans leur caractère, leurs vertus propres ; elle ne confond pas la nature de l'Ange, qui veille sur chaque chrétien et peut lui parler par un songe, avec celle d'un Archange comme Monseigneur saint Michel qui apparaît dans la lumière et pour annoncer des faits intéressant tout le peuple, concernant le salut de la race humaine. Le chrétien du moyen Age développe envers la qualité des diverses natures spirituelles une richesse de sentiments en face de laquelle le moderne fait grossière figure. Il sait qu'on ne procède vers Dieu que par degrés ; il pense avec l'Aréopagite : « Si quelqu'un veut dire que Dieu s'est' révélé immédiatement à lui, que celui-là sache par les affirmations positives des Écritures que personne sur terre n'a vu ni ne verra l'essence intime de Dieu, mais que ces apparitions saintes se font, pour l'honneur de l'adorable majesté, sous le voile des plus merveilleux symboles que la nature humaine puisse supporter. » (Chap. IV.) Mais ce sentiment à son tour va se perdre. Le ciel et ses légions célestes, dont chacune exprimait une qualité divine, deviennent la grande abstraction qu'ils sont devenus pour le croyant moderne lorsqu'il dit : « le ciel... ». Seul l'Ange gardien garde encore pour lui quelque réalité concrète. En revanche, à mesure que chacune des vives couleurs du paradis tourne au gris uniforme, un autre ciel se précise : celui que le télescope approche, celui que les découvertes de Galilée, de Copernic, de Kepler, mettent à la portée des calculs humains. Le ciel physique (sky, disent les Anglais) achève de se détacher complètement du ciel de Dieu (heaven). La planète qui apparaît au bout de la longue-vue, on peut en calculer la distance à la terre, au soleil, en décrire l'orbite, en prévoir les révolutions ; elle est dans le monde sensible, matériel ; bien qu'infiniment éloignée, elle fait partie de ce qui se voit, de ce qui se pèse (à distance) ; par hypothèse, rien ne la distingue des objets qui entrent dans notre champ sensible.
Le souvenir que cette planète puisse être le signe visible d'êtres surnaturels, qu'elle délimite leur royaume, s'est effacé jusqu'en ses dernières traces. Nul soupçon même ne survit qu'une parenté puisse unir l'objet de l'astronomie aux dogmes abstraits de la théologie. C'est ici qu'intervient de nos jours la science spirituelle. Elle apparaît au temps où cette séparation est consommée, où le fossé semble irrémédiablement creusé entre science et croyance, entre les connaissances réelles de l'homme et son attachement intérieur aux traditions de la foi. Elle apparaît aussi au temps où cette position de l'homme moderne devient intenable, où le fossé ne peut pas subsister sans entraîner, dans la vie intérieure comme dans la vie sociale, des catastrophes. Quand la tête va d'un côté et le cœur de l'autre, on sait que la faillite de l'individu est proche. Elle affirme qu'une méthode de connaissance spirituelle sera praticable pour tous ceux qui auront acquis, pur le travail sur eux-mêmes, la perception suprasensible. L'objet que voient les yeux physiques sera également perceptible sous son aspect spirituel au regard de l'esprit. Les sens physiques à eux seuls ne permettent de connaître dans leur réalité profonde ni les choses ni les êtres qui nous entourent. L'intérieur nous échappe. Il ne faut cependant pas croire que nous soyons destinés à ne jamais le saisir. Quelque chose en nous aspire à cette connaissance et en devient capable à force d'étude, d'application, de progrès dans la science du spirituel. Car cette science, bien que d'un objet si mystérieux en apparence, peut s'apprendre méthodiquement. Déjà son promoteur a montré à quels résultats elle pouvait conduire. Qu'il lui été un précurseur, encore solitaire, en avance de mille étapes sur ceux qui s'acheminaient à sa suite, ce n'est que trop clair. L'homme qui devait frayer une telle voie ne pouvait être qu'un cas singulier. Il en est ainsi pour tous les pionniers qui viennent révolutionner l'art, lu science, la philosophie. Mais lu méthode est créée, les résultats communiqués. On les trouve répandus à travers une œuvre immense, livres publics, cycles de conférences, réalisations pratiques. Aucune âme de bonne volonté et qu'attise le désir de la connaissance ne peut plus les ignorer. Cherchons donc maintenant dans les premiers documents de cette science spirituelle comment elle réconcilie les deux parties divisées de la même réalité : le ciel des étoiles et celui des anges. Quelles perspectives de vision synthétique offre la perception à la fois sensible et suprasensible des régions du ciel qui entourent et dépassent notre planète ! Avant d'aborder les conférences qui suivent et qui apportent déjà des réponses à cette question, rassemblons ici (surtout pour les lecteurs qui ne sont pas encore très ferrés en science spirituelle) certaines données disséminées dans d'autres textes et qu'ils doivent cependant connaître afin que ce qu'ils vont lire dans ce volume vienne s'insérer dans un ensemble coordonné. Une notion élémentaire domine toutes les autres : les astres exprimant la vie spirituelle des Hiérarchies, il en résulte que l'évolution cosmique tout entière est le récit de cette vie. L'origine des mondes, leur lente formation, l'apparition successive des planètes, tout cela est l’œuvre des Hiérarchies ; c'est leur histoire qui s'est inscrite dans cette graphie céleste. Ici se transforme déjà et reprend vie une des idées aujourd'hui les plus mortes de la conception religieuse : celle que le monde spirituel ne subirait pas d'évolution. Le ciel de Dieu revêt chez les esprits religieux un caractère tellement fixe qu'il semble même blasphématoire d'introduire l'idée d'évolution dans un paradis où tout est parfait, absolu, éternellement identique à soi-même. La notion de transition, d'efforts répétés, successifs, tels qu'en fournit la nature pour réaliser ses créations, est rejetée dans le monde imparfait du sensible, du créé. Cette faute est l'une des plus graves que commette la pensée religieuse moderne ; elle donne lu preuve la plus nette que cette pensée ne possède pas le sens réaliste des Hiérarchies. On oppose la matière qui évolue à l'immutabilité de Dieu et on supprime les intermédiaires. Cette faute est celle qui sépare le plus la pensée religieuse, fixiste, de la pensée scientifique évolutionniste. L'opposition s'abolit le jour où l'on retrouve, entre la matière où les lois de l'évolution ont leur maximum d'effet, et Dieu en qui elles s'annihilent, toute une gradation d'êtres. Plus leur nature est « évoluée », voisine de celle de Dieu, plus elle échappe au cycle des transformations – ce qui est déjà remarquable chez les Chérubins et les Séraphins, dont l'expression astrale est libérée du mouvement planétaire. Les lois de l'évolution se font le plus fortement sentir au bas de la pyramide céleste, chez l'Ange, et bien plus fortement chez l'homme. Elles accentuent encore leur pression sur les règnes inférieurs à l'homme : l'animal, le végétal, le minéral. Si l'homme commence aujourd'hui à leur échapper, c'est précisément parce qu'il atteint sur terre le stade qui doit le voir s'incorporer au monde hiérarchique dont il sera la partie la plus humble, la plus basse, mais pourtant une partie intégrante. Il y parvient en franchissant le stade humain. Passer par un stade humain n'est pas – comme pourrait le faire croire une terminologie trop pauvre pour la richesse de l'idée – traverser une expérience exclusivement réservée à l'homme. Toutes les Hiérarchies passent à leur tour par le stade humain. Elles l'ont toutes parcouru avant nous ; il est actuellement stade humain parce que ce sont les humains qui sur terre le franchissent. C'est en réalité le stade pendant lequel une Hiérarchie prend conscience du caractère spécial qui est le sien, de ce qui lui donne sa vertu, sa qualité, au sein des autres. Ainsi les Principautés ont acquis sur l'ancien Saturne la conscience d'être porteurs dans tout l'univers divin de l'élément de la personnalité. Ainsi, sur l'ancien Soleil, les Archanges sont devenus conscients d'être porteurs de l'élément qui guide les Anges et groupe les hommes. Ainsi, sur l'ancienne Lune, les Anges, qui passèrent alors par le stade humain, y prirent conscience de leur Foi angélique, de la mission que remplit ce Moi aux confins de la lumière spirituelle et des ténèbres matérielles. Ainsi, sur notre terre, l'homme traverse son stade humain en prenant conscience de porter en lui un Moi appelé à connaître la liberté au sein de l'ordre régulier de l'univers. Certes, les entités spirituelles n'ont pas été des hommes avant d'être Anges, Archanges, etc. Elles furent toujours et restent Anges, Archanges, comme l'homme fut et reste l'homme. Mais à un point de leur évolution elles ont pris conscience d'elles-mêmes ; et comme c'est actuellement à ce point même que l'homme se trouve, la science spirituelle appelle par analogie stade humain l'étape de prise de conscience. Avant d'avoir passé par ce stade, un être se trouve, si haute que soit sa nature, dépourvu de personnalité ; sa conscience n'est qu'un reflet provoqué par des êtres supérieurs à lui. Ce qu'il reçoit ainsi et qui vient l'animer du dehors est un don d'amour offert par les Hiérarchies aînées à cette forme encore primitive de vie divine qu'est une Hiérarchie naissante. L'homme, qui a commencé son évolution sur l'ancien Saturne et n'a encore été que le miroir de toutes les influences cosmiques qui se réfléchissaient en lui, entre en contact sur terre avec son Moi, avec le point d'éternité de sa nature. Par ce point, il prend conscience de tout ce qu'il a reçu du dehors pour en faire sa chose. Il ne reste plus simplement passif, réceptif. Par ce Moi, qui le fait participer à la nature divine, créatrice, parce que point d'éternité, il commence à échapper aux contraintes impérieuses de l'évolution que subissent encore sans contrepoids les natures inférieures. A mesure que ce Moi prend conscience de lui-même et de sa liberté, il travaille à réaliser ce que le monde spirituel attend de lui : la création de cette dixième Hiérarchie qui doit joindre, à la fin des temps terrestres, la voix de l'homme à celle des chœurs célestes. Sans la notion de l'évolution, de l'histoire des Dieux, du passé de la race humaine et de son avenir, on ne peut pas comprendre la vie des Hiérarchies. Ainsi, pour s'en approcher, il faut se pénétrer d'abord d'une vision d'ensemble sur l'évolution à travers les étapes déjà parcourues (2) et suivre ensuite pour chaque Hiérarchie les points d'apparition de son être, de sa conscience, de son activité, de ses dons. On constate alors que dès l'ancien Saturne, lorsque commence l'évolution humaine, toutes les Hiérarchies existent déjà ; mais trois d'entre elles ont encore à franchir le stade humain. C'est ce qu'elles font successivement au cours des trois étapes cosmiques passées : Saturne, Soleil et Lune, cependant que l'homme, lui, acquiert l'un après l'autre les trois éléments de sa nature : physique, éthérique, astrale. Ces entités qui t'ont immédiatement précédé: Anges, Archanges, Archées, composent la Hiérarchie qui s'élève directement au-dessus de lui: la troisième.
On lira la description de cette évolution cosmique dans un grand nombre d'ouvrages de Rudolf Steiner. Principalement dans La science de l'occulte, puis dans de nombreux cycles : L'Evangile de saint Jean (19û8), La Création selon la Bible, L'Apocalypse (parus aux Editions du Centre Triades), etc. Qu'il suffise de rappeler ici que notre terre actuelle fut précédée de trois états planétaires qui ont reçu les noms suivants : ancien Saturne, ancien Soleil, ancienne Lune. Elle sera également suivie de trois états planétaires à venir, nommés : futur Jupiter, future Vénus, futur Vulcain.
Formant la deuxième Hiérarchie, Puissances, Vertus et Dominations sont déjà en état de donner au début de l'évolution humaine ; ayant déjà acquis leur Moi, ces entités possèdent le pouvoir du sacrifice et du don libre. Mais elles n'ont pas encore atteint la perfection de leur nature et, à chaque étape d'évolution, chacune d'elles, conformément à sa nature, doit trouver l'équilibre entre prendre » et donner.
Quant à la première Hiérarchie, celle des Trônes, des Chérubins, des Séraphins, elle se trouve aujourd'hui à ce plafond de l'évolution oi se sacrifier constitue l'affirmation suprême de son être. Ces quelques notions n'ont d'autre but que de faciliter la lecture des conférences qui suivent. Il nous semble qu'elles y contribueront davantage si elles rassemblent encore, pour chacune des Hiérarchies qui viennent d'être simplement énumérées, les grands traits de sa nature et de son histoire. Certes, il n'est pas question de fondre en quelques lignes tout un enseignement, mais d'orienter le lecteur en lui permettant de retrouver sous chaque titre des descriptions et même des appellations qui varient parfois d'un cycle de conférences à l'autre.



L'HOMME ET LA REGION DES POISSONS

Un chemin nous menant au cours des douze Nuits saintes à travers toutes les douze régions du monde stellaire, a partir de la région des Poissons, sauvegardant en elle les sources de l'existence humaine, jusqu'à la région du Bélier, à travers le portail duquel le Christ a pénétré autrefois dans notre Cosmos à partir de la plus haute sphère macrocosmique, celle du Père, se trouvant au delà du cercle du Zodiaque.
Dans l'exposé ci-après il sera tenté, sur la base des résultats de la Science spirituelle contemporaine, de donner la description du chemin menant à travers les douze régions du cercle du Zodiaque vers l'union consciente avec tout le Cosmos hiérarchique.
Le premier lien réciproque entre la région zodiacale des Poissons et l'entité de l'homme même, peut nous être plus compréhensible si nous prenons en considération ce qui suit. Le degré d'évolution auquel l'homme se trouvait aux temps où au milieu de l'époque hyperboréenne le Soleil avait quitté la Terre, était lié à l'image du poisson (GA 106, 10.9.1908).
A ce moment, le Soleil ne luisait plus spirituellement de l'intérieur des êtres terrestres, mais les illuminait seulement de l'extérieur. Cet état, Rudolf Steiner le décrit dans les termes suivants : "Mais vint le moment où le soleil s'était extrait de la terre. Il s'en sépara, et sa lumière tombait de l'extérieur sur la Terre... A l'intérieur de l'homme vint l'obscurité. – C'était le début de son évolution jusqu'à ce point d'avenir, où- il devra retrouver dans son intérieur la lumière intérieure. L'homme devait acquérir l'aptitude à apprendre à connaître avec ses sens extérieurs les choses de la Terre. Il se développe jusqu'au point où dans son intérieur brûlera ardemment et luira l'homme supérieur, l'Homme-Esprit. A partir de la lumière et a travers les ténèbres jusqu'à la lumière, – voilà la marche de l'évolution de l'humanité." (GA 90, 17.12.1906). C'est précisément ce développement que symbolisent les Poissons. Les forces de la région correspondante du Zodiaque ont . déversé leur influence lorsque l'Être du Christ, avec le Soleil, a quitté la Terre. Et elles agiront a nouveau, lorsqu'en l'homme, qui aura gagné de haute lutte dans les ténèbres de l'âme la liberté individuelle, commencera à s'élever le Soleil spirituel intérieur lorsque le Christ, s'étant uni par le Mystère du Golgotha à l'évolution terrestre, éveillera progressivement dans l'âme humaine l'homme supérieur, solaire. Ce n'est qu'avec le début de son éveil que l'humanité pénétrera sur le chemin du devenir de la dixième Hiérarchie, c'est-à-dire sur le chemin vers la réalisation de ce but qui lui est prétracé dans l'Univers. Et le début de cette époque tombe justement à notre époque, placée de nouveau sous le signe des Poissons, lorsque l'humanité, sous la conduite de l'Archange Michaël qui la mène à présent, doit peu a peu parvenir au vécu éthérique du Christ, en tant que le Soleil intérieur de l'âme (GA 152, 2.5.1913 et GA 26, 31.8.1920). C'est pourquoi le symbole des poissons chez les premiers chrétiens ne désignait pas seulement l'époque ou le Christ, avec le Soleil, a quitté la Terre, mais également de façon prophétique les temps où le Christ à nouveau se mettra a luire, de façon semblable au Soleil, dans l'âme humaine libre et pleinement consciente. C'est alors que le Christ Lui-même mènera une telle âme vers son but plus élevé, vers le devenir de la dixième Hiérarchie, lui permettant a nouveau, mais à présent déjà en pleine conscience, et en la qualité de la dixième Hiérarchie, de pénétrer, en tant que chaînon accompli, dans le grand Tout hiérarchique. De cette façon l'Alpha et l'Oméga de tout le développement humain, nous le trouvons dans le signe des Poissons, signe exprimant l'essence même de l'être humain, de l'Anthropos. Il est également clair à partir de ce qui a été dit, que le premier être humain ayant reçu en soi le Christ sur Terre, Jésus de Nazareth (c'est-à-dire l'Ame nathanéenne provenant directement des temps de l'antique Lémurie, vers laquelle le portail est constitué par l'époque antérieure aux Poissons), devait à titre de préparation à sa mission recevoir l'initiation des Poissons (GA 120, 6.12.1910), consistant en la pénétration dans le mystère du devenir futur de l'humanité en la dixième Hiérarchie par l'union avec le Christ, en tant que l'authentique Soleil de l'âme. C'est la raison pour laquelle la où dans les écoles ou communautés ésotériques on avait connaissance de cette destination future de l'humanité, et où l'on cherchait le chemin vers sa réalisation, nous rencontrons toujours le symbole des poissons. Par exemple: les plus proches disciples du Christ Jésus étaient des pêcheurs, car ils devaient manifester le germe de la future humanité en tant que dixième Hiérarchie. "Le Christ attire tous ceux qui sont en quête du poisson. C'est la raison pour laquelle ses premiers apôtres sont tous des pêcheurs" (GA 124, 12.12.1940), — dit Rudolf Steiner en liaison avec cela. Ce fait est même indiqué par les paroles du Christ adressées a Pierre : "Désormais tu seras pêcheur d'hommes." (Luc, 5/10). C'est dans ce sens qu'il faut comprendre également le fait que dans la tradition ésotérique du christianisme, le gardien du Graal reçut le nom de Roi pêcheur"... Nous trouvons de semblables mentions également aux temps pré-chrétiens. Ainsi dans l'antiquité, le grand Manu apprend d'un poisson le déluge à venir (Mahâbhârata III, et Matsya-Purâna), et dans l'épopée de Gilgamesh, Enkidu s'appelle "fils de poisson".
Dans l'organisme humain, aux Poissons correspondent les pieds. D'après leur forme et leur configuration "voûtée", ils ne sont possibles que chez un être se tenant debout. Et c'est en cela, comme l'a déjà fait remarquer Goethe, que réside la différence fondamentale du corps humain avec un corps d'animal. A travers eux se règle le rapport correct de l'homme aux forces de la Terre. Aux ternes anciens, le redressement de l'homme fut la première et très importante conséquence de l'épanchement en lui de la substance du Moi. C'est comme un souvenir secret de ce très important moment de l'évolution humaine, a partir duquel l'homme a pris le chemin de ses pérégrinations terrestres, que gardent en le corps humain les pieds- Poissons. Ils gardent en eux d'une certaine façon le profond mystère de l'existence physique de l'homme. C'est pourquoi la généalogie de Jésus de l'Évangile selon Luc (de l'Ame nathanéenne) traverse tout le développement de l'humanité jusqu'à Adam lui-même et même jusqu'à Dieu, montrant par cela la provenance de ce corps physique dans lequel devra ensuite descendre le Christ. Ce mystère de la provenance du corps physique du Christ est aussi gardé en soi par les pieds humains. Et celui qui devait mettre a Sa disposition son corps physique, devait être en possession de la connaissance de ce mystère, ce qui a nouveau ne fut possible que dans le résultat de l'initiation des Poissons. C'est Jean-Baptiste qui devait préparer cette initiation dont parle Rudolf Steiner : "jean prépare l'initiation Poissons, que le nazaréen [Jésus de Nazareth] doit posséder, afin qu'il puisse accueillir en lui le Christ." (GA 124, 1S.12.1910). (1). "D'où le signe bien connu du poisson pour le porteur du Christ, qui est un antique symbole. Car …l'initiation… qui se réalisa de façon mystérieuse à travers tous les mystères qui se sont déroulés autour de Jésus, fut ainsi une initiation Poissons." (GA 124, 12.12.1910).

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obsidienne

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Re: Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme

Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:08

LA TROISIEME HIERARCHIE

Les Anges

Des neuf hiérarchies, celle des Anges est la plus proche de l'âme humaine, bien qu'à notre époque nous soyons très peu conscients de leur présence et de leur activité. Ceci n'est pas simplement d au fait que nous sommes peu conscients de l'existence des êtres spirituels en général, mais il est dans la nature même des Anges de ne pas attirer l'attention sur eux. Ils sont les gardiens des individualités humaines. Ils acceptent la tâche de veiller sur une existence particulière à travers la série complète de ses incarnations. Mais leurs perceptions ne se limitent pas aux pensées et aux sentiments de cette seule âme, malgré que ceux-ci soient très importants pour eux. Les Anges ne voient pas les objets du monde physique comme nous les voyons; ils regardent les êtres et les relations entre ces êtres. A l'intérieur de leur âme, chantent et résonnent les voix des hiérarchies les plus élevées, qui les informent de leurs projets et leur apportent l'espoir. Chaque nuit, ils rencontrent l'âme de celui qu'ils adombrent et pour lui rappeler ses plus profonds desseins Alors que nous sommes souvent confrontés à des problèmes qui sont une question d'heure ou de jour, nos Anges ont toujours devant eux des années et des existences.
Durant la vie de veille, nous pouvons acquérir une certaine conscience de la présence de notre Ange en essayant de comprendre des événements de notre propre vie, séparés du présent par des mois ou des années, ou lorsque en prière nous demandons de l'aide avec ferveur et sérieux. Pendant de tels moments l'Ange nous explique que notre vie dans son entièreté possède une signification, que l'on veille sur nous et qu'on nous protège. Une grand malheur peut s'abattre sur nous, ou nous pouvons causer de graves préjudices à d'autres; mais chaque événement trouvera finalement son sens positif.
L'Ange possède une puissante mémoire du passé et une relation vivante avec le futur. Sa mémoire s'étend jusqu'à un univers qui existait avant que n'existe aucune des choses que nous pouvons voir sur la terre ou dans le ciel; un univers plus douloureux et plus ardent auquel les Anges participaient, alors que leur conscience était plus proche de notre conscience actuelle. Lorsqu'aujourd'hui, nous rencontrons d'autres êtres humains, nous pouvons quelquefois nous rendre compte que durant leur enfance ils ont vécu des moments de malheur qui les ont influencés profondément, malgré qu'ils aient grandi entourés d'êtres forts et heureux, s'accomplissant dans le monde. Une chose comparable, à une échelle beaucoup plus grande, est arrivée aux Anges.
Sur l'Ancienne Lune, les êtres humains vivaient constamment dans un état de rêve pendant que les Anges grandissaient en responsabilité. Et maintenant à notre époque, les Anges voient les êtres humains qui grandissent dans une connaissance mutuelle des uns et des autres ainsi que de l'univers qui les entoure. Il s'agit tout d'abord d'une connaissance des objets du monde extérieur, et d'une compréhension plutôt superficielle des gens, mais bientôt il s'agira d'une connaissance éveillée des esprits de l'univers, qui s'accomplira pendant que nous habiterons encore des corps terrestres. L'Evangile de St Jean note que le Christ disait à ses disciples : "vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres".(5) Cette espérance pour l'homme vit dans le cœur des Anges. L'Evangile de St Jean dans son entièreté est en fait écrit dans leur langage, et composé pour leur compréhension.
Les Anges sentent tout particulièrement l'approche du futur. Pendant la vie terrestre, les êtres humains sont généralement peu soucieux de quand et comment la mort viendra vers eux. L'Ange est beaucoup plus avisé et d'une faon très différente, de la signification de la mort. Souvent ses délicats avertissements sont en rapport avec ce fait. Il se peut par exemple, que l'Ange veuille que nous écrivions ou disions quelque chose à quelqu'un que nous connaissons et qui est peut-être proche de la mort, bien que cette personne ou nous-mêmes n'en soyons pas conscients. Il se peut aussi que nous devions réaliser une chose importante avant de mourir. L'Ange est immensément attentif, pour parler en termes plutôt humains à ne pas entraver notre liberté par de tels avertissements . Mais nous pouvons avoir développé suffisamment de sensibilité pour observer qu'une pensée, qu'un sentiment qu'il serait naturel pour nous d'avoir, brille dans notre esprit avec une radiance et une intensité un peu plus grande qu'à l'habitude, et nous pousse à l'action de faon plus insistante. Nous restons malgré tout libres de répondre à un tel appel, ou de le négliger.
L'Ange ne naît pas et ne meurt pas, mais les morts et les naissances de celui qui est à sa charge, possèdent une grande signification pour lui. Avant la naissance, les Anges sont parmi les derniers êtres spirituels sur lesquels les mes peuvent porter leurs regards. Elles ramènent ainsi dans l'enfance, une atmosphère de gratitude pour cette patiente et attentive présence, qui pourra s'identifier avec ce qui est fait par la mère ou d'autres personnes affectueuses. Un enfant peut quelquefois voir son Ange ou sentir fortement sa présence. L'Ange observe avec une grande attention comment le corps terrestre devient l'instrument adéquat pour les buts que l'âme a ramené avec elle des hauteurs du monde spirituel. Toutes sortes d'obstacles menacent la réalisation de ceux-ci, et c'est pour cela que pendant la grossesse, les sentiments et les pensées de la mère peuvent représenter un danger. Les sens délicats de l'enfant nouveau-né pourraient recevoir des chocs préjudiciables et l'Ange s'applique alors à atténuer ces impressions de la terre qui ne sont pas bonnes pour lui. En cette tâche, l'Ange n'est pas seul. Une sorte de communauté d'Anges, telle que Botticelli en a peint dans sa nativité, intervient. L'Ange de l'enfant cherche à travailler avec l'Ange de la mère et ceux d'autres êtres concernés, tels les Anges des frères et des sœurs, que ceux-ci soient déjà sur terre ou en passe de naître. A notre époque, peuvent apparaître des difficultés nouvelles dans l'accomplissement de cette collaboration entre les adultes concernés par le développement d'un enfant. Par exemple entre le père et la mère, ou entre les éducateurs et les parents; dans ce cas, l'Ange de l'enfant cherchera à agir afin de rendre bénéfique une situation qui ne l'était pas.
Lorsque l'enfant grandit, il se peut que l'Ange recherche une opportunité pour lui révéler un soupçon du caractère des ses vies précédentes. Dans les conflits et les incertitudes, il peut être important pour l'être humain de sentir: "depuis un lointain passé, certains buts ont guidé sans cesse mon existence sur terre. Ces buts, je peux les retrouver à nouveau, lorsque j'habille mon me de tranquillité. Il y a des périodes de l'histoire, et peut-être des groupes de gens en lesquels je peux reconnaître, la chaude radiance de ces buts à travers le temps. Mais je peux découvrir aussi certaines faiblesses profondément engrangées en moi-même, et qui ont contré la réalisation de ces buts dans le passé et les contrent encore.
A nouveau apparaissent des dangers considérables, et spécialement lorsqu'une personnalité historique entre en jeu. Nombreux sont les gens qui se sont crus être la réincarnation de Marie-Madeleine ou de Judas. Il ne s'agit pas simplement d'une cruelle erreur, il se peut vraiment qu'une telle qualité d'âme soit présente en celui qui possède cette croyance. Peut-être que presque tout le monde peut de cette faon, trouver un Judas en soi. Mais il est néanmoins certain, que lorsqu'il s'agit d'établir de véritables connexions entre des individualités historiques, des impressions nébuleuses ou même des pouvoirs clairvoyants étendus sont insuffisants.
La pensée même, qu'une individualité particulière peut être à l'origine d'une incarnation antérieure, doit être traitée sérieusement avec un grand équilibre intérieur. Sans cela, un homme pourrait par exemple tomber amoureux de lui-même, ou sentir qu'il possède un génie en lui, que les autres refusent de reconnaître. Dans ces circonstances, le contact avec l'Ange véritable est proche d'être brisé ou affaibli et un esprit Luciférien, Ange de l'orgueil et de la fierté, peut s'approcher de l'homme. La dure expérience des années, pourra s'avérer nécessaire afin que l'équilibre se réalise à nouveau. Par contre, les délicates impressions que donne l'Ange véritable, peuvent être accueillies en toute quiétude et humilité et être fructifiantes pendant longtemps.
Lorsque l'être humain passe par la mort, il n'est généralement pas facile pour lui de percevoir d'un coup la forme de son Ange, surtout si cet être humain a eu une longue vie sur terre derrière lui. Certains de ses puissants attachements à l'existence terrestre doivent d'abord être purifiés, et il doit apprendre à regarder sa vie passée, avec compréhension et lucidité. C'est comme si son Ange et d'autres êtres des hiérarchies se tenaient derrière lui, et portaient son attention sur des événements de sa vie déroulée. Ces événements, il peut alors les contempler dans leurs effets réciproques. Progressivement, le contenu des rencontres nocturnes avec son Ange, vécu jusqu'alors en presque totale inconscience, s'éveillera en lui. Il commencera à reconnaître l'Ange comme étant la source d'une sage guidance quant aux conséquences de sa vie écoulée; non seulement pour la terre, mais aussi pour le monde spirituel dans lequel il pénètre. Il y a cent ans encore, des pensées telles que nous venons d'en évoquer, étaient familières à Alexandre CarMichaël, Gaélique originaire de l'Ouest de l'Ecosse et fonctionnaire lié à la perception des impôts. Il retranscrit en Gaélique, des vers entendus des lèvres des petits fermiers qu'il visitait, et les traduisit en Anglais. Un de ces poèmes parle de l'Ange gardien chargé par Dieu le Père d'emmener une me vers le sommeil en compagnie des êtres saints, tel le berger qui ramène la brebis ve rs son troupeau.

Toi, Ange de Dieu qui a ma charge,
Du cher Père de Miséricorde,
Berger de la troupe des Saints
Qui m'entourent en cette nuit.

Eloigne de moi les tentations et les dangers.
Entoure-moi sur la mer de l'iniquité.
Et dans les étroits sentiers, les embarras et les errances,
Protège la barque qui me porte, protège la à jamais .
Puisses tu être une flamme brillante.
Puisses tu être l'étoile qui guide.
Puisses tu être un sentier aplani devant moi,
Et le tendre berger à mes côtés,
Aujourd'hui, cette nuit et pour toujours.

Je suis fatigué et je suis un étranger,
Emmène-moi vers le pays des Anges.
Pour moi, l'heure vient de rentrer à la maison,
A la cour du Christ, dans la paix des cieux."(6)

Ailleurs, Alexandre CarMichaël note qu'on pensait qu'une mauvaise me était emmenée durant son sommeil, vers un endroit d'ou elle pouvait avoir une vision momentanée de l'enfer.
Peu après la parution du premier volume des "Carmina Gadelica" de Carmicha5 5l, un poète allemand Christian Morgenstern (1871-1914), qui possédait une gentillesse et une tranquillité angélique, écrivit en 1900 des lignes aussi simples que profondes:
"O, Si tu savais comme mon visage change d'expression,
lorsqu'au centre de ce regard qui peut nous réunir,
ton lien à toi-même est perdu, et que de moi tu te détournes.
Comme un paysage dans la claire lumière
peut soudain s'assombrir de nuages, tu te fermes à moi,
et je dois attendre en silence, si longtemps.
Et si j'étais comme toi, un être humain,
l'Amour délaissé me tuerait.
Mais depuis que le Père m'a donné une patience infinie,
je t'attends, inébranlable.
Et que vienne le temps de ton approche.
Même ce reproche hésitant n'est pas un reproche,
mais un doux signe."

Comment pouvons-nous renforcer pendant la vie terrestre le rapport avec notre Ange? Tout ce qui se fait dans la tranquillité d'une prière ou d'une méditation, y contribue. Et nous faisons un grand pas pour vaincre les barrières dressées entre nous e t les Anges , si nous essayons de calmer nos sensations d'angoisse, d'envie et d'irritation. Mais il existe un enseignement qui peut éveiller tout particulièrement notre attention envers ce qui doit être fait afin d'aider à la construction d'un pont entre les Anges et l'homme. Il s'agit de l'enseignement du Bouddha concernant le Sentier Octuple. Le Bouddha a proclamé que cette voie est le remède contre tout ce qui apporte de la souffrance à l'humanité - l'ignorance et le désir qui découle de l' ignorance, et tous les attachements au monde des sens en lequel ce désir se manifeste. Ce Sentier est composé de huit "efforts" d'une grande portée afin d'acquérir des conceptions justes, de justes résolutions, de justes paroles, de justes actions, un juste gagne-pain, de justes aspirations, une juste mémoire et une juste contemplation. Dans les diverses traductions du Sentier, des expressions différentes sont utilisées mais aucune ne peut entièrement recouvrir ce qui est véritablement signifié.
En conséquence des fautes et des faiblesses issues de vies précé-dentes, chaque homme porte à l'intérieur de lui de nombreuses choses qui obscurcissent son entendement et infectent ses désirs. Par là, il apporte la souffrance sur les autres et sur lui-même. Par la pratique du Chemin du Milieu, le Sentier Octuple, l'homme commence à mettre de l'ordre dans sa destinée. Il commence à se sentir concerné par sa tâche de la même manière que son Ange l'est. Des tendances égocentriques ou une sorte de suffisance ésotérique peuvent apparaître, mais le Sentier suivi véritablement et avec constance, nous mène "hors" de nous, vers le monde. De justes conceptions sont connaissance du monde, de justes résolutions sont un office rendu au monde, de jus tes paroles sont ce que les autres veulent entendre, et ainsi de suite à travers les huit efforts. L'obscurcissement de l'entendement nous confine à l'intérieur de nous, l'infection de nos désirs nous rend agressifs et égoïstes. Le Sentier lui, nous illumine.
La description qui va suivre est bien sur incomplète. Elle est abordée d'un point de vue particulier, qui est d'essayer de voir plus clairement comment il mène à l'harmonie avec les intentions de l'Ange Gardien. Il n'est pas question ici d'en parler tel qu'il était compris durant les premiers siècles du bouddhisme, mais de voir comment il pourrait vivre aujourd'hui dans des hommes de croyances diverses. Car ils peuvent le découvrir en eux depuis leur plus tendre enfance, s'ils s'observent avec assez de profondeur.
Nous vivons dans la glorieuse variété des sensations que les sens nous apportent. Mais cette expérience des sens est toujours insuffisante. Il est nécessaire de penser, si nous voulons découvrir comment les formes et les couleurs, les sons et les goûts, sont en relation les uns aux autres et aux êtres dont ils sont la manifestation. Lorsque nous pensons, nous utilisons des concepts de différentes sortes, comme par exemple: droiture, causalité, bonté, consistance. Parmi ces termes, beaucoup semblent avoir une relation évidente avec le domaine des sens, tandis que d'autres en semblent plus éloignés. Mais si nous sommes attentifs, nous noterons que nous devons les ramener d'une autre région de notre être, pour rencontrer ce qui est donné par les sens et enfin être interprété. Nous pouvons être réveillés par un bruit, sen tir son prolongement en nous sans pourtant être capable d'y rattacher aucun concept. Nous dirons alors: "je ne savais pas ce que c'était". Ou pour prendre un exemple plus significatif encore, il peut se faire qu'une personne que nous pensions bien connaître, accomplisse des actions affligeantes ou par contre étonnantes, et que nous devions alors nous rendre compte que notre conception de cette personne était partielle et inadéquate. Au début du Sentier, nous sommes appelés à observer très attentivement les concepts que nous utilisons, et de voir combien ils nous laissent incapables de comprendre le monde avec véracité. Et nous devons nous demander si beaucoup d'idées qui sont les nôtres depuis longtemps, sont réellement utiles, claires, et compatibles avec d'autres idées significatives à nos yeux.
Nous ne devons pas simplement "avoir" des conceptions justes. Nous devons grandir en elles et elles ont à grandir en nous. L'Ange contemple la vie de la pensée à l'intérieur de l'âme. Il voit si nous sommes dans l'erreur ou partiaux dans nos pensées, mais ne peut intervenir directement. Il s'efforce d'indiquer de manière non directive, que nous devrions accorder plus d'attention à des phénomènes qui ne correspondent pas avec nos idées les plus fermement établies. Il peut nous aider à sentir les qualités et les conséquences finales de différentes faons de penser. Il peut renforcer notre sens de base pour la vérité, et son existence d'Ange sera profondément influencée par nos progrès ou nos manques de progrès dans cette sphère.
Afin de prendre de petites ou de grandes résolutions, nous avons besoin de conceptions justes. Mais il arrive qu'on se sente en possession d'une foule de bonnes idées et néanmoins impuissant à prendre la plus petite décision. Une idée doit être mise en relation avec notre être dans son entièreté, traverser ensuite comme un processus d'incarnation, endosser chaleur et vie avant de devenir une résolution véritable.
Même la plus petite décision que nous prenons, possède sa place dans notre vie considérée comme un tout. Se lever le matin, prendre son petit déjeuner, sortir de la maison, tout cela peut servir à l'accomplissement de résolutions qui s'étendent sur des années. Mais une "décision mineure", est tout aussi capable de nous éloigner des choses essentielles à réaliser. Loin à l'intérieur de nous-mêmes, nous pouvons ressentir à certains moments que: "pour ceci, j'étais né". Et à d'autres moments: "ce que je fais maintenant me détache de mes préoccupations fondamentale s". Mais que nous sentions ces choses ou non, l'Ange sait vers où nos résolutions nous conduisent. Il peut les comparer avec les intentions que nous avons ramenées du monde spirituel avant notre naissance. Il observe avec respect, les processus mystérieux par lesquels une idée spirituelle s'incarne dans une action terrestre.
Le troisième effort sur le Sentier Octuple est en rapport avec la juste parole. Les êtres humains sont conviés à surveiller tout ce qu'ils disent et leurs justes résolutions doivent donner une forme aux mots. Tout ce que chacun pense, les intentions de chacun, tout cela doit être exprimé sans pour autant être l'esclave d'attitudes d'esprit conventionnelles.
La tradition bouddhiste nous indique quatre dangers auxquels nos mots peuvent succomber. Ce sont la fausseté, le désir de blesser, la calomnie et la trivialité. La fausseté est quelque chose de plus profond que le mensonge délibéré. Lorsque nous demandons notre route à quelqu'un et que cette personne, pourtant animée de la meilleure volonté d'aider nous donne de mauvaises indications, alors il s'agit néanmoins de fausseté. Ceci pénètre la parole d'une faon plus subtile encore. Dans le flot des souvenirs, apparat souvent la tendance à en exagérer certains ou à en sous-estimer d'autres.
En parlant, certains hommes peuvent aussi volontairement donner l'impression qu'ils connaissent mieux leur sujet que ce n'est le cas, ou parler de faon telle que l'auditeur ne comprenne pas vraiment. Dans tous ces attitudes et dans bien d'autres, on erre loin du Sentier.
Il arrive que le désir de blesser s'empare de l'âme d'un homme ou soit présent dans des atmosphères d'irritation passagère. Généralement, ce désir surgit du sentiment d'être traité injustement, car pour celui qui parle, ce qu'il dit est généralement une répartie raisonnable. Les blessures de la parole peuvent perdurer longtemps. On peut se souvenir d'une phrase blessante, des années durant, alors que tout ce qui a été dit par la personne est déjà depuis longtemps oublié. Ces effets sont persistants car ils s'attaquent aux intérêts les plus profonds de l'auditeur. Ils impliquent souvent que celui-ci n'est pas occupé à accomplir et n'accomplira peut-être jamais, les desseins pour lesquels il est sur terre. Hamlet, lorsqu'il parle "acéré", dit en effet à sa mère, que sa relation avec son père et la sienne, ne furent que d'injurieux manquements. Une jeune femme handicapée dit: "on m'avait convaincue que je serais toujours incapable de travailler, ce n'2 2tais pas vrai". On expliqua à une autre jeune femme qu'elle ne pourrait jamais être enseignante, mais après de nombreuses années, elle prouva le contraire. Hamlet ou les conseilleurs de ces deux femmes, pensaient peut-être que ce qu'ils disaient était vrai et nécessaire, car en effet des choses semblables ont parfois à être dites. Mais celui qui parle devrait se demander avec honnêteté: dois-je dire ceci, ou ce qui doit être dit, ne puis-je le dire d'une manière plus positive et acceptable ?
Les gens ou les choses sont en passe d'être calomniées, lorsqu'on en parle de façon telle que leur image est amoindrie dans les esprits de ceux qui écoutent. Généralement on pense n'appliquer la calomnie qu'aux gens. Mais si comme dans le très ironique poème de Walter de la Mare, les guêpes sont décrites comme d'horribles créatures ou les écureuils comme n'étant rien que des sortes de rats, alors guêpes, écureuils et rats, sont calomniés. Tous les "réductionnismes", tous les "ce ne sont que" , font partie de cette attitude. Le chant des oiseaux "n'est qu'une marque du territoire", l'arc en ciel "n'est qu'une illusion d'optique"... On pourrait objecter qu'une image doit souvent être déformée dans l'intérêt de la vérité. Notre image d'une personne vivante ou d'une chose, n'est jamais vraiment assez grande, mais au contraire souvent trop simpliste ou partiale. Une femme qui ai me un homme, le voit généralement meilleur qu'il ne l'est, mais ce qu'elle voit n'est pourtant pas une fiction, c'est le véritable idéal humain à travers lui.
Depuis qu'en eux, les Anges reçoivent sans cesse en une révérence profonde les voix des autres hiérarchies, ils font l'expérience d'un terrible contraste. Lorsqu'ils observent la parole humaine, blessante ou calomnieuse, c'est comme si un homme voyait un paysage verdoyant qu'il aime, s'envelopper de flammes et devenir ensuite ténébreux, figé dans un sombre brouillard. Tels le forestier ou le fermier patient, les Anges cherchent à restaurer ce qui est détruit et ne peuvent réaliser ce but qu'à l a condition que l'homme y contribue en cultivant le respect.
Finalement, pourquoi la parole est-elle si souvent superficielle? Les mots peuvent faire tant de bien et tant de peine. Dans la parole banalement conventionnelle, ils font toujours un peu des deux et nous pouvons nous réfugier derrière elle en évoquant le fait qu'elle possède des effets réels. Peut-être que la source de la banalité dans la parole n'est qu'un manque de courage. Nous ne sommes pas préparés à nous montrer nous-mêmes ou à découvrir les autres. Nous atténuons tous les pouvoirs de la parole, comme les couleurs sur le disque optique de Newton s'étalent en grisaille uniforme. La parole superficielle se résume à un vocabulaire restreint, car on est anxieux de ne pas choquer et cherchons à convaincre l'auditeur que celui qui parle est aussi ordinaire que lui. Le cliché amène le cliché sans le moindre effort. Tout cela est très confortable, mais la rivière de la parole se transforme en désert de sable. Etre le témoin silencieux de cette attitude, est un travail assoiffant pour les Anges, car pour eux, chaque mot est une créature vivante avec une grande histoire et un e espérance pour le futur. Dans ce contexte, certains mots sont utilisés futilement, les autres ignorés. Celui qui marche sur le Sentier, doit sentir sa participation à la ruine des mots et espérer qu'ils seront consacrés à nouveau dans la lumière et la vérité, en développant des conceptions et des résolutions courageuses.
Le quatrième effort sur le Sentier est accomplir des actions justes. Ce qui a été compris et résolu à l'intérieur de l'âme, doit se transformer en faits extérieurs et aller à la rencontre de ce qui provient des pensées et des intentions d'autrui. La conversation peut facilement se transformer en confrontation, et si différentes opinions peuvent cohabiter côte à côte, des actes différents lorsqu'ils tentent d'occuper le même espace, provoquent des heurts.
Un exemple familier et encourageant est la conduite d'une voiture. Lorsque nous décidons d'aller d'un endroit à un autre, de nombreuse décisions doivent se prendre durant le trajet. Elles impliquent souvent d'occuper un certain espace et laisser le passage à un autre usager. Heureusement, les lois du code de la route sont généralement acceptées et respectées, bien que cela demande une certaine vigilance. Dans la vie, nous devons souvent créer nos lois, par notre propre initiative, et décider nous-mêmes de la valeur d'une situation. le Sentier nous convie à éviter les conflits et les actions destructrices pour autant que cela s'avère possible. Nous devons trouver un espace pour l'accomplissement de nos actions sans envahir l'espace des autres. Comme pour la conduite d'une voiture, nous devons être vigilants et voir o— les autres ont l'intention d'aller.
Depuis l'époque du Bouddha, la vie extérieure est devenue beaucoup plus compliquée. La place d'un homme au sein de la société était alors souvent décidée de par sa naissance. Le cinquième effort du Sentier, un gagne-pain juste, l’appelait à remplir avec compréhension et dévotion une tâche qui lui était déjà dévolue. Ainsi, Arjuna remplit la sienne en tant que guerrier. Aujourd'hui, un homme ou une femme peuvent pratiquer en l'espace d'une vie, quatre ou cinq, ou même vingt métiers différents et doivent bien souvent résulter d'un choix. Certains auront été abandonnés parce qu'ils ne semblaient pas procurer un "juste gagne-pain" et causaient par exemple une pollution de notre environnement physique ou spirituel. D'autres, abandonnés en attente d'un travail plus satisfaisant ou parce qu'une nouvelle étape dans la vie était atteinte. Dans ce domaine, naissent partout des questions. Quel est par exemple le rapport entre les capacités physiques et nerveuses d'une personne, et le travail qu'elle accomplit? Est-elle continuellement fatiguée ou lui en demande-t'on trop peu? Comment ses compagnons de travail et elle, se considèrent-ils?
Ainsi que nous l'avons déjà dit, les Anges ne voient pas les choses, mais les êtres et les relations entre les êtres, non des machines, mais ce que les hommes font des machines. Les Anges contemplent d'un regard infiniment subtil, la faon dont on aide la vie ou comment elle est détruite.
Ils observent par exemple, le rôle joué par le fer dans notre civilisation humaine. Celui-ci fut toujours utilisé pour la construction d'armes et armements de toutes sortes en vue de la conquête de nouveaux territoires. C'est encore le cas aujourd'hui. Le fer possède, ainsi que de nombreuses tournures de langage l'attestent, une affinité avec les processus d'agressivité et d'affirmation de soi. De faons diverses et à l'image de l'acier, il émane de lui une grande dureté. Dans l'histoire, l'homme commence à l'utiliser au moment ou lui-même grandit en dureté. Une merveilleuse rune du "Kalévada" décrit comment lorsque la fonte des métaux fut enseignée pour la première fois, le forgeron essaya de mélanger un peu de miel, au fer. Mais par mégarde, ce fut un dard de frelon qui le pénétra, et depuis ce moment, le fer devint capable de causer des blessures.
L'Ange voit souvent une obstination de fer pénétrer dans les actions et le travail humains. Si à une certaine étape de son existence, chaque me humaine doit développer l'affirmation de soi, c'est uniquement de faon à pouvoir la sacrifier ensuite au service des autres. L'homme doit accueillir les pouvoirs du fer en son me, pour les affiner et les tempérer de miel. Son être doit devenir mercuriel, capable de changement afin de rencontrer les besoins, eux aussi changeant, des autres. Les Anges sont attentifs à la métamorphose des vertus du fer en vertus mercurielles, au sein du travail et des actions humaines, ou en langage céleste, au passage de mars à mercure. Les pionniers de l'industrie, ont souvent possédé les vertus du fer en abondance, mais tôt ou tard, en chaque travail et dans chaque communauté, les vertus mercurielles seront reconnues comme indispensables. A partir d'un certain point de sa vie, chaque individualité doit réaliser cette métamorphose, du moins en partie. Passer de la possessivité au partage, de la compétition à la coopération, de la participation aux conflits à la guérison.
Les sixième et septième efforts du Sentier, sont en rapport avec l'éducation de soi qui consiste à regarder d'une manière juste vers le futur et vers le passé. Et ici, certaines différences avec la tradition bouddhiste peuvent apparaître. Quiconque se connaît lui-même, ne fut ce qu'un peu, remarque ses propres limitations. Les nombreuses choses qu'il est incapable de faire, le genre de beauté à laquelle il ne correspond pas, les zones de la connaissances auxquelles il n'a pas accès. Souvent ces limitations sont regardées comme absolues et définitives; "je ne comprendrai jamais les mathématiques, il est si maladroit devant cet outillage, Bach ne signifie rien pour nous". Il existe pourtant une autre tendance dans la nature humaine, qui s'oppose à ce que nous soyons condamnés définitivement à de telles limitations. Rien de ce que l'être humain peut faire ou aimer ou comprendre, ne doit nous sembler étranger de façon absolue. En chacun de nous, l'humanité dans son universalité est cachée.
Il existe à l'heure actuelle des possibilités remarquables pour des gens de tous les âges, de développer de toutes nouvelles capacités. L'apprentissage d'une nouvelle langue, la pratique d'une nouvelle forme d'art, peuvent débuter jusque tard dans la vie et apporter beaucoup de joie. Ces efforts sur les limitations qui proviennent aussi de l'environnement immédiat dans lequel nous avons grandi, nous rapprochent de la véritable signification de l'humanité dans son ensemble. C'est aussi souvent significatif dans la vie religieuse. Nous développons parfois une compréhension neuve pour une tradition qui nous était jusque là restée étrangère. A de tels moments de découverte, le futur s'illumine. Certains buts peuvent parfois ne pas être atteints dans cette incarnation ci, mais comme disait Lessing, "l'éternité n'est elle pas mienne?".
Il existe un être qui porte la forme d'un Ange, mais qui est plus grand que tous les Anges. Une seule fois dans l'histoire, il prit forme humaine en tant que Christ-Jésus et traversa les effets de la mort et de la vie terrestre, alors que les Anges en sont incapables. Lorsqu'à notre époque, un être, transcendant avec humilité certaines de ses limitations est proche de partager le développement et les aspirations de l'humanité dans son ensemble, son Ange gardien peut alors voir, qu'il se rapproche de l'Ange en lequel l’Esprit du Christ est vivant.
Si durant la vie sur terre nous étions capable de regarder vers le passé avec la pleine pénétration que nous développons après la mort, nous verrions que nous avons accumulé plus de dettes morales envers les autres que nous ne pouvons en payer en retour durant cette incarnation. Bien que n'étant pas très conscients de ce fait, les êtres humains, spécialement tard dans la vie, ressentent souvent leur mémoire comme un fardeau. Il se peut en effet, que certains moments ou périodes de la vie soient pénibles à se remémorer. Comme cela fut décrit, l'Ange gardien nous conduira pas à pas vers la compréhension réelle et positive de tout ce qui s'est passé alors. Mais seul, l'Ange ne pourrait empêcher la mémoire humaine de tomber malade en nos temps et de plus en plus dans les siècles à venir. Pour la guérison de la mémoire, l'aide du Christ s'avère indispensable. A partir d'un certain point de notre enfance e, nous semblons enfermés, solitaires en nos propres souvenirs. Mais nous commençons à voir chaque vie personnelle comme une partie d'un vaste paysage où se dressa il y a presque 2.000 ans, la croix du Golgotha. Par delà ce grand espace de temps, une force nous provient pourtant, et nous donne la force d'accepter les faiblesses et les maladresses de notre vie écoulée, pour en faire une utilisation positive.
Le huitième effort du Sentier, réunit les sept précédents. Dans des moments de quiétude, nous sommes amenés à considérer ce qui fut ou ne fut pas réalisé dans l'ensemble de la vie, et ce, sans émotion aucune. Nous devons écouter en une dévotion tranquille, la parole du monde autour de nous et trouver notre propre vérité en réponse à cette parole.
Un problème difficile, spécialement pour les Bouddhistes de l'Est, est de savoir qui est réellement celui qui avance sur le Sentier ? Le Bouddha enseigne que le moi dont nous faisons l'expérience dans notre conscience ordinaire, est une illusion complète. Mais qui d'autre pouvons-nous trouver pour prendre toutes les décisions nécessaire à la poursuite du Sentier ? Comment ce moi, seul, irritable et agressif, pourrait-il même reconnaître ce qu'est la juste parole par exemple, ou nous contrôler de faon telle à réaliser ceci de nous-mêmes ? En réalité, il existe en chacun de nous, un moi qui n'est pas à découvrir grâce à la conscience ordinaire, mais possède une existence cachée. Il est le moi que l'Ange essaye de garder et qu'il nous révèle à certains moments. Le Sentier est le travail de ce moi dans la conscience habituelle, et lorsque nous grandissons en compréhension pour les hiérarchies au-dessus de nous, ce moi quotidien se transforme. Il apprend à être le serviteur et non le seigneur insoumis dans la demeure terrestre. être incapables d'y rattacher aucun concept . Nous pouvons dire alors " je ne sais pas ce que c'était ". Ou, pour prendre un exemple plus signifiant encore, nous pouvons observer des actions tonnantes ou affligeantes commises par quelqu'un que nous pensions bien connaître; et nous devons reconnaître que notre connaissance de cette personne tait incomplète ou inadéquate, imparfaite. Au début du sentier, nous sommes appels observer les concepts que nous utilisons, de manière très attentive, prudente, et de voir combien ils nous laissent incapables de comprendre le monde avec véracité . Et nous devons retourner encore et encore ce point; nous devons nous demander si beaucoup d'ides qui sont nôtres depuis longtemps sont réellement utiles, si elles se développent clairement, si elles sont compatibles avec d'autres ides qui sont signifiantes nos yeux .
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Re: Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme

Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:10

LES ANGES
Leur sphère est circonscrite par l'orbite de la lune. On les nomme aussi les Messagers, les Fils de la vie. Ils sont les Esprits du demi-jour, du clair-obscur ; ils sont un crépuscule pour la vie pure de l'esprit, mais pour l'homme ils sont l'aube du jour divin.
Lorsque l'évolution humaine commence, ils sont les derniers-nés parmi les Hiérarchies déjà présentes. C'est pourquoi ils précèdent immédiatement l'homme dans sa route vers la divinité.
Sur l'ancien Saturne, ils n'ont encore qu'une conscience sourde et semblable au sommeil sans rêves. Bien qu'obscure, cette conscience existe néanmoins ; elle est insufflée aux Anges par les Chérubins. Ce don des Chérubins éveille en eux une sorte de compréhension inconsciente, de pensée cosmique qui émane d'eux comme une vague de sonorité emplissant l'espace céleste et pénétrant particulièrement de ses ondes les germes de l'homme futur. Sur l'ancien Soleil, leur conscience s'éclaire d'images comparables à celles du rêve, toujours grâce au sacrifice des Chérubins ; ceux-ci ont la vision de tout ce qui se déroule au sein de l'évolution solaire. mais ils renoncent à la jouissance que cette contemplation éveillerait en eux pour diriger vers la conscience de rêve des « Fils de la vie » les tableaux de cette sagesse divine.
Sur l'ancienne Lune, l'Ange atteint son stade humain ; il s'éveille au sens de lui-même. La conscience n'est plus allumée en lui par l'action des Chérubins comme aux étapes précédentes.
Par sa propre activité il élabore en pensées ce qui lui vient du dehors et du dedans. Le moyen dont il se sert pour cela lui est offert par le corps physique de l'homme lunaire. Les organes des sens notamment, qui furent amorcés dès Saturne dans le germe du futur être humain, lui servent comme de miroirs pour prendre conscience de ses représentations. Ces sens, l'homme ne peut pas encore les utiliser pour percevoir le milieu extérieur. Ils servent aux Anges qui perçoivent à travers eux'. Et les images que le miroir des sens humains éveille en eux leur procure la conscience du Moi. Par là même, les sens de l'homme s'affinent à leur tour. Sur la terre, les Anges développent la conscience qui est appelée dans la science spirituelle : l'Imagination ; elle résulte de la transformation de la nature astrale en Moi spirituel. Comme le corps physique de l'homme sur la Lune leur servit à acquérir la conscience du Moi, ils utilisent sur terre le corps éthérique humain pour élaborer leur conscience imaginative. Cette élaboration remplit le corps éthérique de l'homme des forces de pensée de l'Ange et donne à l'homme le substrat de sa propre pensée. Par cette activité de l'Ange dans le corps éthérique, l'Intelligence cosmique s'incorpore au règne humain » (Rudolf Steiner).
L'Ange trouve d'ailleurs dans milieu éthérique le plus grand degré de densité auquel il puisse s'allier ; il ne peut s'incorporer qu'en ce qui est en perpétuelle transformation. Quant à ses principes supérieurs, ils demeurent en dehors de toute condensation, quelle qu'elle soit. Les volontés et les pensées des Anges sont réglées par les Hiérarchies et notamment par les entités solaires. Il leur est impossible d'avoir une pensée qui ne reflète pas l'ordre cosmique. Porteur de cette sagesse, l'Ange ne peut s'incarner dans un homme, mais il peut l'inspirer. Il se tient immédiatement derrière lui. Pour voir l'Ange, il faudrait en esprit se retourner », c'est-à-dire se détourner de la ligne terrestre qui nous a été imposée à la naissance et sur laquelle nous avançons jusqu'à la mort, attirés par les cailloux précieux qui brillent sur le chemin et qui sont les acquisitions de la conscience personnelle. Mais c'est l'Ange qui nous a engagés sur la route et qui nous permet de relier entre elles ces pierres précieuses. Il fournit le lien du collier, car il est la mémoire qui dépasse cette vie ; nous rencontrons ces pierres sur la voie où lui-même nous pousse à marcher ; car il guide notre destin personnel d'incarnation en incarnation. Il nous couve et nous couvre de l'aile du Souvenir qu'il élabore dans notre corps éthérique.
L'y découvrir serait trouver en même temps le sens de notre destinée. L'Ange agit avec une affinité particulière dans notre éther chimique ; de là, il circule dans le sang, dans les combinaisons et les associations de nos impressions nerveuses, de nos pensées ; de là, il nous inspire. L'Ange ressent notre chimisme comme une musique. En revanche, il vit avec életivité dans l'élément éthérique de la musique.


LES ANGES ET LA REGION DU VERSEAU

La région du Verseau est liée avec la Hiérarchie des Anges. L'Etre qui leur appartient a, parmi toutes les substances terrestres, un rapport tout particulier envers l'eau. L'eau sur Terre est le reflet physique de la substance de l'éther universel, dont sont formés les corps étheriques des Anges et des hommes. Deux qualités surtout sont propres au corps éthérique : d'abord la vie, puis la mémoire. Pour cette raison dans les récits et les légendes des peuples les plus divers, nous rencontrons la notion "eau vivante" ou "eau de vie", en tant que symbole des forces vivifiantes de l'éther cosmique.
Dans l'ouvrage "Comment acquérir les résultats cognitifs concernant les mondes supérieurs ?", au chapitre sur l'initiation, Rudolf Steiner parle de la prise par le discîple spirituel de deux breuvages : celui du souvenir et celui de l'oubli, en désignant par cela la deuxième particularité et propriété du corps éthérique. (Nous trouvons de semblables représentations dans "La divine Comédie" de Dante, où, lors du passage à partir du monde des âmes vers la région des Esprits, il est nécessaire de se baigner dans les eaux de deux fleuves : du souvenir et de l'oubli, dans l'Eunoé et le Léthé.) Les Anges, contrairement à l'homme, ont pour leur membre inférieur non plus un corps physique mais un corps éthérique (GA 99, 3.6.1907).(2) C'est pourquoi dans "La Science occulte en esquisse" Rudolf Steiner les appelle également les "Fils de la vie". Si eux-mêmes, de par leur volonté, veulent se créer une sorte de corps physique, qui n'est toujours chez eux qu'un reflet de leurs principes spirituels supérieurs (de leurs membres), alors l'élément le plus dense, entrant dans sa substance, est l'eau (GA 110, 16.Q.1909).(3) Ce lien de la Hiérarchie des Anges avec l'elément eau surgit encore à l'époque de l'ancienne Lune. Car l'ancienne Lune; sur laquelle ils traversaient leur stade humain, se composait seulement de l'élément aqueux, liquide. La fois-là, les Anges ont versé dans l'organisme humain, se trouvant encore au degré animal de son évolution, ce qui ensuite y devint substances du sang et des humeurs : "Ce fut le travail des Anges... d'avoir laisse couler ces sucs de sang dans les hommes." (GA 99, 3.6.1907). Le futur Jupiter également, sur lequel l'homme contemporain acquerra le degré des Anges, aura en tant que son élément le plus dense, – l'eau.
Sur Terre, les Anges ont été investis de la mission de réaliser la conduite de l'homme, pris isolement, dans la suite de ses incarnations. Ils sont des "êtres vigilants, qui sauvegardent pour ainsi dire le souvenir d'une incarnation à l'autre, aussi longtemps que l'homme lui-même ne peut pas le faire.
(GA110, 15.4.1909).
Dans le cercle du Zodiaque, le signe du Verseau manifeste par soi l'image de l'homme idéal, spiritualise. De la son lien particulier précisément avec la hiérarchie des Anges. Car chaque Ange dévoile à l'homme son plus proche idéal spirituel, une sorte de but plus élevé, idéal, de ses aspirations spirituelles : "En fait les choses se présentent comme si l'homme, depuis le début de ses pérégrinations terrestres, pouvait lever son regard vers un Esprit sublime, qui est son modèle, qui peut entièrement maîtriser son corps astral [l'image du Verseau, dans un calme et une harmonie parfaits, versant l'eau pure], qui lui dit : voilà comment tu dois être, lorsque tu sortiras un jour de cette évolution terrestre...
Et que l'on dise que l'homme lève son regard vers son Soi supérieur [Manas] auquel il doit de plus en plus ressembler, ou que l'on dise qu'il élève son regard. vers son ange comme sur son grand modèle, cela, pris spirituellement, est au fond tout,<à fait pareil." (GA 105, 6.8.1908)
La possibilité la plus proche de s'approcher consciemment de ce haut idéal se découvrira aux hommes – s'ils prennent pour cela le chemin du développement individuel occulte – au temps de la sixième époque culturelle, placée sous le signe zodiacal du Verseau. A cette époque, comme d'une "façon naturelle", toute l'humanité sera couverte de la substance du Manas, que lui accorderont, en tant que haut don du Ciel, les Êtres angéliques. Et puisqu'une sorte de noyau spirituel de la sixième époque se formera à partir des peuples slaves, de ce fait il se développe en leur sein aux temps qui sont les nôtres en particulier, un rapport direct et intime de l'homme envers l'Etre angélique qui le guide. Toutefois l'atteinte du rapport davantage direct, auquel il a été rendu attentif, envers l'Etre angélique est au fond possible à notre époque à chaque homme, si seulement celui-là décide de pénétrer consciemment sur le chemin du développement spirituel, découvert à présent à tous les hommes dans la Science spirituelle contemporaine. Le point de départ et le fondement le plus solide d'un tel chemin sont l'élaboration intérieure et la spiritualisation du penser humain. En tant que résultat d'un développement supérieur, le penser de 'l'homme doit devenir parfaitement vivant et fluide, semblable a une substance aqueuse, et, à la fin, parfaitement ethérique. L'ayant atteint, l'homme devient en état de percevoir directement dans son penser éthérique vivifié les impulsions de l'Être angélique. Alors un tel homme est introduit par l'Ange .dans le monde imaginatif, dans l'entour éthérique de la Terre (la sphère lunaire), où l'Ange lui-même devient son guide supérieur. – Et en conclu sion il faut encore faire remarquer que l'initiation particulière, liée à la région cosmique du Verseau, fut celle de Jean-Baptiste : "Le regard de Jean-Baptiste fut éduqué de façon telle, qu'il pouvait regarder la nuit, a 'travers la terre matérielle, la constellation du Verseau." (GA. 12V, 6.12.1910). En tant que conséquence d'une telle initiation exclusive, un certain Etre appartenant à la Hiérarchie des Anges (Ibid.) a pu agir à travers lui, fait spirituel qui est rappelé dans les Évangiles mêmes (p. ex. Marc, l/2). Par son baptême par l'eau, jean provoquait chez les hommes, venus chez lui se faire baptiser, un dégagement partiel du corps éthérique d'avec le corps physique, qui menait l'homme vers le vécu plus direct de son Ange Gardien qui le guidait, lequel a alors pu indiquer à une telle âme l'Etres. du Christ s'approchant de la Terre.(5)

Les Archanges

A l'ombre des arbres, près d'une rivière de montagne, l'âme humaine peut se sentir en toute tranquillité. Les anxiétés et les désirs, l'impatience, tout cela s'efface. L'eau chante d'une voix douce et grave qui s'unit à la voix de la mémoire, nous rappelant des événements joyeux et pleins de réconfort. Mais bientôt, le voyageur s'ébroue et décide de continuer sa route. Le sentier conduit vers des pentes herbeuses et escarpées qui grimpent avec force. La lumière du soleil est puissante, mais sans dureté.
Sans une halte, il arrive au sommet de la mon tagne et contemple les alentours à travers l'air sans limites. Et maintenant, c'est une autre voix qui lui parle. Elle est chaude et triomphante, elle éveille en lui, courage et endurance. Il se sent concerné par des événements qui dépassent sa propre vie, de grands événements qui furent et d'autres à venir. Il se sent comme s'il pouvait écrire des lignes prophétiques et les ramener vers le village où il se dirige. Dans la difïérence d'atmosphère entre le bord d'une rivière et le sommet d'une montagne, nous vivons ce qui peut etre comparé à la différence entre les Anges et les Archanges. Mais nous devons nous souvenir que les Anges à travers leur grand don d'eux-même, apportent constamment à l'humanité des impulsions provenant du royaume des Archanges et d'esprits plus élevés. L'Archange est vis à vis de l'Ange, comme un frère qui peut se souvenir d'un passé plus lointain, un passé de grands changements et dont il lui parle souvent. Dans une famille, nous faisons souvent écho de nos paroles les uns aux autres, mais sans intention véritable. L'Ange, lui, prend en toute conscience à l'intérieur de sa voix, la puissance des paroles de l'Archange.
Alors que les Anges portent leurs regards sur le développement d'une me individuelle, l'Archange étend le sien sur le développement d'une nation. Mais de même qu'un homme peut considérer un événement comme une réussite personnelle, bien que l'Ange le verra peut-être comme une calamité, le distrayant de ses tâches réelles, ce qui semble une victoire pour un peuple ou une nation peut apparaître comme une défaite spirituelle pour son Archange. Ce qu'il veut, ce n'est pas le pouvoir, mais des modes de vie qui servent les grands desseins de l'humanité. Il travaille avant tout au travers des artistes, des penseurs, des réformateurs de son peuple, qui peuvent bien sur contester parfois des attitudes politiques pratiquées par certaines nations. De même que la fierté d'un homme envers son propre génie est une obstacle pour son Ange, la fierté nationale entrave le travail de l'Archange en propageant de lui, une épouvantable caricature.
Les êtres humains n'aident pas l'esprit de leur région lorsqu'ils s'efforcent d'être Français ou Italien ou Anglais, mais par leurs efforts pour la justice ou la liberté des opprimés, la beauté dans les arts ou dans l'environnement. L'Archange souhaite voir que ce qui est accompli ou espéré, entre dans des habitudes et des coutumes qui enrichissent la vie.
La personnalité d'un Archange, peut-être de tous, s'imprime profondément dans la langue d'un peuple. Sans cesse, des transformations se font dans les sons, les significations et l'usage des mots.
Un changement peut-être de courte durée, comme une mot de qui prévaut pour quelques années et puis qu'on oublie, ou alors peut se prolonger. L'Archange qui travaille profondémnt dans nos sentiments concernant le langage, peut avoir fait ce choix. Il est merveilleux, par exemple, d'observer comment un mot peut passer d'une langue à l'autre et retenir les qualités de celle dont il provient de façon à ce qu'un léger effort soit nécessaire pour le prononcer, Beaucoup de phrases françaises gardent cette qualité en anglais. Le mot peut être si bien assimilé que son origine semble perdue, il résonne comme une part du langage qui l'accueille en lui.
Mais un langage est aussi capable de rejeter un mot lui appartenant depuis des siècles, ou changer radicalement la signification d'un de ses propres mots. Suite à de nombreuses transformations de ce type, une langue se différencie de ses voisines. Mais le processus sera toujours compris comme une suite d'incidents fortuits, tant qu'on n'y verra pas le travail d'un esprit; de même qu'on peut voir le travail d'un esprit dans les transformations du comportement d'un homme. A la surface de la terre, les hommes utilisent des des sons différents pour ce qui apparat comme ayant la même signification. Et nous comprenons tout au plus une poignée des langages utilisés. Les Anges furent décrit comme amenant les hommes, des conflits vers la conciliation. Se pourrait-il que des esprits plus élevés soient responsables de ce qui semble une telle source de division: la variété des langues. Un dictionnaire n'est jamais vraiment véridique lorsqu'il indique que des mots dans différentes langues possèdent la même signification. En vivant la parole, le sens des mots s'avère continuellement fluctuant, même s'ils sont prononcés par la même personne. Mais dans un langage déterminé, un mot possède pour celui qui le prononce, une foule de relations et d'implications qui ne sont pas identiques avec les correspondances apparentes dans une autre langue. Prenez "truth", vérité, et "warheit ". Même pour des mots qui semblent être beaucoup plus simples que des objets ou des idées, les nuances de sens qui leurs sont associées peuvent être très différentes malgré que du point de vue du dictionnaire, ils soient équivalents. Cela pourrai t prendre des pages, pour expliquer le sens français d'une petite préposition grecque.
Si les êtres humains étaient plus transparents les uns aux autres, nous verrions droit à travers la phrase que prononce notre voisin, dans quelque langue que ce soit, et ferions l'expérience de toutes les nuances de signification qu'il sous-entendait. Mais notre pouvoir d'écoute est émoussé; ceci est la tour de Babel dont parle la Bible. Ce n'est pas dû au fait que les langages se soient difïérenciés, mais que ceux des autres sont devenus des babillements à nos oreilles. Babel signifie "la porte de Dieu". A travers les Archanges, le pouvoir, l'amour, et la Sagesse de Dieu pourraient pénétrer dans le monde des hommes. Mais lorsque les hommes essayèrent de construire des tours dans les cieux, (au lieu de gravir leur propre montagne), leur compréhension les uns des autres, s'évanouit. Pourtant, les plus grandes œuvres transcendent la frontière des langues et lorsqu'elles sont traduites avec dévotion, elles les enrichissent. Dans la langue anglaise, l'exemple le plus frappant qui sert l' Archange dans le domaine de la parole est l’œuvre de Shakespeare. Le vocabulaire anglais est un composé extraordinaire de mots d'origine germanique et de mots provenant du latin. Les mots latins tendent toujours à le surcharger, comme un chevalier qui porte une armure trop lourde. Parfois, ils n'ont même pas été complètement assimilés. Excepté lorsqu'il se moque de la pédanterie, Shakespeare utilise souvent de tels mots d'une manière qui les enjolive et les réchauffe. "Puis-je te comparer à un beau jour d'été ? Ta nature est bien plus aimable et tempérée..."(7)
Les deux mots d'origine latine, "compare" et "temperate", ne portent aucune lourdeur en eux à cause des mots simples dont ils sont entourés et de leur écho musical. Des exemples pareils, sont toujours à trouver dans les pièces et les sonnets. Des mon syllabes avec des sons de voyelles et des consommes répétées, préparent la venue d'un mot magnificient, qui approche comme le prince entouré de troubadours qui l'attendaient. "Et je ne trouvai point les blancs lis admirables, ni ne louai la rose à l'incarnat profond..."(8) Shakespeare écrivit son œuvre avec un profond désintérêt de soi, altruisme qui n'est pas toujours remarqué. Ses propres douleurs et ses tristesses sont bien dissimulées, on les devine plutôt qu'on ne les remarque. Les seuls endroits où il semble parler directement de ses tracas, sont les Sonnets. Pourtant la composition d'un Sonnet relève de l’œuvre d'art et non du fragment autobiographique. Mais qui peut douter que la voix qui parle avec tant d'humilité et d'émotion, avec un amour si patient et désintéressé, ne soit pas la sienne? Si l'Archange se doit d'être servi, c'est avec une telle abnégation. Bien que ce ne soit pas formulé au grand jour, le service à l'Archange est au cœur de l’œuvre de Shakespeare. Et d'emblée se pose une question: comment un homme peut-il assumer l'autorité à l'intérieur d'une communauté et servir son esprit véritable, s'il est un être déchu, esclave de lui-même. Il est plus simple pour un poète de servir un Archange que pour un roi, et pourtant que signifie être roi si l'esprit d'une région ne peut s'exprimer à travers lui. Ce thème apparat dans presque toutes les pièces de Shakespeare, et de façon plus évidente dans les récits et les tragédies. La première qualité essentielle d'un souverain, est une connais--sance de soi véritable, de celle qu'on ne trouve pas en se détournant de la vie réelle pour partir à la recherche de la sagesse comme le roi de Navarre dans "Peines d'amour perdues". Lorsque le roi ment, il contamine le pays entier, comme le Danemark dans Hamlet et l'Ecosse dans Macbeth. Mais est-il concevable que toutes les "grâces royales" décrites par Malcolm dans Macbeth, puissent être développées? "...justice, vérité, tempérance, bonté, persévérance, pitié, patience, courage, force d'âme... "(9) Posséder toutes ces qualités reviendrait à réaliser une sorte "d'humanité parfaite", mais les hommes ne sont pas parfaits. Dès lors, comment empêcher des faiblesses personnelles comme ln jalousie ou la colère, d'assombrir le jugement d'un roi dans l'exercice de son autorité? Léonte et Lear furent les victimes d'un tel obscurcissement, et de terribles conséquences s'en suivirent. Avant l'époque de Shakespeare, ce thème fut déjà développé dans un tout autre genre poétique. Dans les premières versions de la légende du Graal, comme celles de Chrétiens de Troyes ou de Wolfram von Eschenbach, on trouve dans le personnage d'Amfortas cette même tension. Il est roi du Graal, dont la blessure ne peut être guérie. Il ne peut vivre qu'en s'appuyant, ne peut ni chevaucher ni marcher, ni se coucher ni rester debout, et parfois les peines qu'il endure épuisent son entourage. Le royaume entier du Graal tombe dans l'adversité. Mais les conséquences dépasseront les frontières du royaume, et à celui qui guérira Amfortas, on attribue un mystérieux pouvoir. Lorsque Sigune pense que Perceval a réussi cela, bien qu'en fait il ait échoué, elle dit: "tu règneras sur toutes choses, sur tout ce que l'air touche, toutes les créatures, sauvages ou apprivoisées te serviront..."(10) Vers la fin de sa vie de dramaturge, Shakespeare évoquera de plus en plus, de jeunes figures capables de guérir la maladie du roi. Dans "Tout est bien qui fmit bien", Hélène guérit simplement en usant d'un remède hérité de son père, un médecin qui mourut avant le début de la pièce. Mais le sérieux de l'entreprise est montré par son désir de mourir, elle aussi, si son traitement échoue. Dans "Cymbeline", de toute évidence la maladie du roi n'est pas physique, mais réside dans son incapacité de voir la présence du mal dans sa reine. Elle est décrite, torturant des animaux par ses expériences sur les poisons, et est avertie par un médecin honnête. et véritable, que rien de bon ne pourra découler de ses agissements. En de merveilleuses images, Shakespeare montre dans cette pièce, la redécouverte de l’influence de l'Archange véritable. Imogène, fille de la première reine défunte de Cymbeline, doit prendre le déguisement d'un homme et voyager dans le lointain Ouest de l'Anglet erre. Elle y retrouve ses frères perdus, et lorsqu'en leur compagnie elle semble elle aussi, proche de la mort, on la pleure en chantant cette incomparable complainte: "Ne crains plus jamais la chaleur du Soleil, ni les éclats furieux du vent. Tu vois, ta tâche terrestre est accomplie, et tu es rentré chez toi ayant touché tes gages. Enfants dorés, garçons et filles chamarrés, tous doivent tels des ramoneurs, devenir poussière." Ces mots nous parlent de mort et de poussière, mais dans leur musique vit une espérance infinie. Aussi grande que fut la maladie endurée par le corps, aussi grande l'injustice sociale subie, l'âme trouvera après la mort dans le royaume des Archanges, du courage et une santé nouvelle. De ce monde des morts peut rayonner une ade pour les vivants. Imogène retrouve et secoure Posthumus, son mari défunt, en faveur duquel ses parents et frères morts plaidèrent devant le trne de l'éternelle justice. Lorsqu'elle chemine vers l'Ouest en quête des sources de la vie éternelle pour son pays, Imogène fait comme Gilgamesh après la mort de son compagnon. La merveilleuse scène de la réconciliation s'accomplira, tous y participeront, excepté la reine. E lle a choisi son propre chemin de ténèbres, détourner et abuser des pouvoirs de la nature. Redécouvrir l'Archange supposa toujours une compréhension nouvelle du passé, la plupart des pièces de Shakespeare concernent les rois d'Angleterre et le jeune William Blake décora les tombes, seul dans l'abbaye de Westminster. Il ne s'agit pas seulement d'une tâche pour les grands artistes, tout le monde est appellé à comprendre l'histoire de son pays et ressentir un peu de l'atmosphère des lieux où se déroulèrent des événements importants. Mais nous ne sommes pas seulement concernés par 1'Archange de notre pays, car dans le sommeil, nous nous unissons au grand cercle des esprits qui inspirent les autres nations de la terre. Et ce ne sont pas seulement les responsables du pouvoir qui souffrirent de la maladie d'Amfortas. Presque tout le monde appartient à une communauté dans laquelle il assume des responsabilités. Chaque enseignant, prètre ou médecin par exemple, poursuit l'accomplissement d'une tâche qui dépasse ses capacités, ou sa nature humaine avec ses limites, entre en conflit avec ce qu'on attend de lui. Jalousies et désirs personnels combattent, se heurtent à la source de sa vocation. Il est empêtré dans des problèmes qui ne semblent pas avoir de solutions. C'est pour cette raison que beaucoup de gens à notre époque peuvent s'identifier plus ou moins consciemment avec Hamlet ou d'autres personnages troublés de Shakespeare. Intérieurement nous devons devenir des rois, sources de communautés véritables. Mais ceci ne peut se réaliser par nos forces seules, mais en acceptant quelque chose qui nous est donné à partir du monde spirituel. Shakespeare compare souvent un roi, au soleil. Evidemment personne ne devrait faire ce genre de comparaison à propos de "lui-même". C'est la tragique infortune de Richard II, de ne pas avoir su discerner ses qualités d'âme, des grâces de la royauté qui devaient œuvrer à travers lui. Il est incapable d'entendre l'esprit de sa ré~<~ion lorsque celui-ci s'exprime par une autre voix, celle du défunt John de Gaunt. L'Archange possède véritablement des qualités solaires, car son enfance s'est déroulée sur l'Ancien Soleil, un univers abondant de lumière et de bonté, urie atmosphère d'où émane le parfum d'une rose. L'un d'entre eux possède ces qualités de Soleil spirituel, à un niveau très élevé. Dans la Bible, il porte le nom de Michael. La Bible n'utilise des noms personnels pour les Hiérarchies Spirituelles que dans le cas des Archanges. Il fut un temps ou l'homme connaissait beaucoup de ces noms divins et ressentait le fait de pouvoir les prononcer, comme un privilège céleste. Mais ils furent oubliés petit à petit, et nos progrès à réapprendre les noms adéquats seront très lents. (Dans le dialogue de Platon, "Cratylus", Socrate commence son étude du langage par les noms des Dieux). Une interprétation du nom de Michael est: "qui est comme Dieu". Michael voudrait que l'homme garde en son cœur la conscience qu'il est semblable à Dieu, qu' il est un petit monde reflétant dans son entièreté, l'univers faqonné par la divinité. La guidance d'un peuple n'est qu'une des tches remplies par les Archanges, car certains d'entre eux, inspirent de temps en temps sous la guidance de Michael, de larges mouvements dans les civilisations. Ces influences durent pendant plusieurs siècles et Rudolf Steiner mentionne sept Archanges spécifiques, inspirateurs de ces périodes et se succédant au cours d'elles.( Ces faits étaient reconnus et notés par les érudits jusqu'au début du 16ème siècle). Lorsqu'approche une époque Michaélique, ressentir la communauté humaine présente derrière toutes les distinctions de classes et de nationalités, ce grand défi, est porté avec plus de force dans le monde. Depuis 1879, nous vivons une telle période. Dans un lointain passé, les hommes ressentaient l'atmosphère qui entourait leurs sentiments et leurs impulsions à agir, comme appartenant à l'existence terrestre, et la compréhension véritable du monde comme une communion avec le divin. Un homme n' était considéré comme sage que s'il pouvait partager les pensées des Dieux, pensées qui agissent derrière les êtres et les événements terrestres. En s'unissant aux pensées divines qui se tiennent derrière les conflits historiques, on croyait que la paix pourrait s'établir. Au fil des âges, la connaissance semble être devenue une afïaire de plus en plus terrestre, réalisée par l'intelligence, pour notre utilisation personnelle. Mais les philosophes "scolastiques" médiévaux, gardaient malgré tout la conviction que les universaux, concepts généraux tels que "homme" ou "arbre", existaient d'abord dans l'esprit de Dieu, habitaient ensuite la chose terrestre elle-même, pour finalement illuminer l'esprit humain. Ce n'est que lorsque les pensées sont ressenties comme capables de briller telles des étoiles dans l'esprit, que cette grande conception peut s'éveiller pleinement à la vie à l'intérieur de nous. Michaël accepte comme un fait cosmique, que l'homme prenne possession de sa propre intelligence, mais devrait l'exercer avec un sens profond de la responsabilité qu'il a envers l'univers et les puissances célestes. Michael regarde vers la divinité avec un regard brûlant de dévotion, pour lui, penser et voir sont une même activité. Il cherche à fonder une grande communauté entre les hommes capables d'animer leur pensée jusqu'à ce qu'elle devienne transparente, comme une vie dans la lumière, une respiration dans la lumière. Cette communauté peut alors être ressentie comme éternelle dans le futur, travaillant assidûment à la Rédemption de la terre. Dans le Nouveau Testament il y a deux passages ou Michael est mentionné par son nom. L'un d'eux est la "Lettre de Jude": "Et lorsque l'Archange Michael contestait contre le diable et lui disputait le corps de Moïse, il n'osa porter contre lui aucun jugement insultant, mais il dit: seigneur te blme..."(12) Michael ne veut parler à aucun être, ou à propos d'aucun être, avec une hostilité dédaigneuse, bien qu'il porte une épée. Blesser ou calomnier avec des mots, dans le sens de ce qui est à vaincre sur le "Sentier Octuple", sont des choses étrangères à sa nature. Il peut lutter avec Satan car il utilise des pouvoirs qui proviennent des plus hautes Hiérarchies. Mais, qu'est-ce qui est signifié par "le corps de Moïse" ? Il existe une expression similaire dans l'Apocalypse de St Jean. On y montre les corps des deux témoins, Moïse et Elie, étendus dans la rue de la grande ville appelée "spirituellement Egypte et Sodome", en attendant qu'ils soient relevés par le pouvoir de Dieu. Un grand esprit qui est quelquefois appelé le corps de l’œuvre, s'éloigne derrière lui. Si une œuvre n'est pas vivifiée dans le cœur des hommes, on peut la traiter comme un dogme ou la considérer avec mépris. La comparaison tragique avec un cadavre, devient alors possible, La Loi qui traversa Moïse, peut en effet devenir de pierre dans l'esprit humain, et se transformer en condamnation des autres, ou s'éprouver au sein de l’âme comme un fardeau mortel. Michael voudrait transformer la Loi en Amour, comme cela se fait dans le cœur de Paul. Dans le douzième chapitre de la "Révélation" de Jean, nous trouvons le grand Signe céleste de la Femme habillée du Soleil avec une couronne de douze étoiles et la lune sous ses pieds. Dans les douleurs de l'enfantement, elle est harassée par le Dragon qui projette de dévorer son enfant. Voici la description du combat de Michael: Maintenant, la guerre se leva dans les cieux. Michael et ses Anges combattirent le Dragon, et le Dragon et ses Anges combattirent mais furent vaincus, et il n'y eu plus de place pour eux dans les cieux. Et le grand Dragon fut jeté à terre, ce Serpent primitif qui fut appelé Diable et Satan, l'abuseur du monde entier. Il fut projeté à terre et ses Anges projetés à sa suite. Et j'entendis une voix puissante dans les cieux qui disait: "maintenant le salut et le pouvoir, le royaume de notre Dieu et l'autorité de son Christ sont venus, puisqu'on a jeté bas l'accusateur, qui accusait jour et nuit nos frères devant notre Dieu. Et ils l'ont vaincu par le sang de l'agneau et par les mots de leur témoignage: car ils n'aimèrent pas leur vie, même face à la mort. Réjouissez-vous, les cieux et ceux qui y habitent! Mais malheur sur vous, terre et mer, car le diable est descendu vers vous en grande colère, sachant que son temps est compté."(14) Beaucoup de niveaux de l'existence et de l'histoire peuvent s'éclairer à la lecture des grands Signes apocalyptiques de la Femme en habits de Soleil et de la bataille de Michaël avec le Dragon. Dans ce contexte, nous pouvons les penser comme dépeignant la naissance dans l’âme de ce plus grand Moi qui doit guider l'homme à nouveau vers la compagnie des Hiérarchies. Cette me d'où surgissent les pouvoirs solaires de la confiance et du courage, les pensées rillantes comme un grand cercle d'étoiles; l'âme capable de maitriser les forces lunaires instinctives qui œuvrent dans les profondeurs. Tout cela amène la naissance de ce véritable Moi intérieur qui est vide de toute trace d'orgueil et d'attachement à soi. Michaël en est le protecteur. Avant que cette liberté ne puisse naître, nous devons d'abord pénétrer dans un corps terrestre. Cette naissance physique possède un autre protecteur, l'Archange Gabriel. Alors que dans la Bible, Michaël est décrit en visions de l'esprit, Gabriel apparait en rapport avec des lieux et des temps physiques. L'Evangile de St Luc montre l’Annonciation de Jean le Baptiste à Zacharie dans le temple de Jérusalem et celle de Jésus à Marie, à Nazareth. Gabriel annonce ces deux moments, séparés d'environ une demi année. Les mes qui reçoivent ces annonces seront capables de se préparer en vue des grands événements à venir. Mais Gabriel ne cherche à étendre ses ales au dessus des pères et des mères, que s'ils sont préparés à approcher le aucun être, ou à propos d'aucun être, avec une hostilité dédaigneuse, bien qu'il porte une épée. Blesser ou calomnier avec des mots, dans le sens de ce qui est à vaincre sur le "Sentier Octuple", sont des choses étrangères à sa nature. Il peut lutter avec Satan car il utilise des pouvoirs qui proviennent des plus hautes Hiérarchies. Mais, qu'est-ce qui est signifié par "le corps de Moïse" ? Il existe une expression similaire dans l'Apocalypse de St Jean. On y montre les corps des deux témoins, Moïse et Elie, étendus dans la rue de la grande ville appelée "spirituellement Egypte et Sodome", en attendant qu'ils soient relevés par le pouvoir de Dieu. Un grand esprit qui est quelquefois appelé le corps de l’œuvre, s'éloigne derrière lui. Si une œuvre n'est pas vivifiée dans le cœur des hommes, on peut la traiter comme un dogme ou la considérer avec mépris. La comparaison tragique avec un cadavre, devient alors possible, La Loi qui traversa Moïse, peut en effet devenir de pierre dans l'esprit humain, et se transformer en condamnation des autres, ou s'éprouver au sein de l’âme comme un fardeau mortel. Michaël voudrait transformer la Loi en Amour, comme cela se fait dans le cœur de Paul. Dans le douzième chapitre de la "Révélation" de Jean, nous trouvons le grand Signe céleste de la Femme habillée du Soleil avec une couronne de douze étoiles et la lune sous ses pieds. Dans les douleurs de l'enfantement, elle est harassée par le Dragon qui projette de dévorer son enfant. Voici la description du combat de Michaël: Maintenant, la guerre se leva dans les cieux. Michaël et ses Anges combattirent le Dragon, et le Dragon et ses Anges combattirent mais furent vaincus, et il n'y eu plus de place pour eux dans les cieux. Et le grand Dragon fut jetté à terre, ce Serpent pr imitif qui fut appelé Diable et Satan, l'abuseur du monde entier. Il fut projetté à terre et ses Anges projettés à sa suite. Et j'entendis une voix puissante dans les cieux qui disait: "maintenant le salut et le pouvoir, le royaume de notre Dieu et l'autorité de son Christ sont venus, puisqu'on a jeté bas l'accusateur, qui accusait jour et nuit nos frères devant notre Dieu. Et ils l'ont vaincu par le sang de l'agneau et par les mots de leur témoignage: car ils n'aimèrent pas leur vie, même face à la mort. Réjouissez-vous, les cieux et ceux qui y habitent! Mais malheur sur vous, terre et mer, car le diable est descendu vers vous en grande colère, sachant que son temps est compté."(14) Beaucoup de niveaux de l'existence et de l'histoire peuvent s'éclairer à la lecture des grands Signes apocalyptiques de la Femme en habits de Soleil et de la bataille de Michaël avec le Dragon. Dans ce contexte, nous pouvons les penser comme dépeignant la naissance dans l’âme de ce plus grand Moi qui doit guider l'homme à nouveau vers la compagnie des Hiérarchies. Cette me d'où surgissent les pouvoirs solaires de la confiance et du courage, les pensées brillantes comme un grand cercle d'étoiles; l'âme capable de maîtriser les forces lunaires instinctives qui œuvrent dans les profondeurs. Tout cela amène la naissance de ce véritable Moi intérieur qui est vide de toute trace d'orgueil et d'attachement à soi. Michaël en est le protecteur. Avant que cette liberté ne puisse naître, nous devons d'abord pénétrer dans un corps terrestre. Cette naissance physique possède un autre protecteur, l'Archange Gabriel. Alors que dans la Bible, Michaël est décrit en visions de l'esprit, Gabriel apparaît en rapport avec des lieux et des temps physiques. L'Evangile de St Luc montre l’Annonciation de Jean le Baptiste à Zacharie dans le temple de Jérusalem et celle de Jésus à Marie, à Nazareth. Gabriel annonce ces deux moments, séparés d'environ une demi année. Les mes qui reçoivent ces annonces seront capables de se préparer en vue des grands événements à venir. Mais Gabriel ne cherche à étendre ses ales au dessus des pères et des mères, que s'ils sont préparés à approcher le mystère de la naissance et les mes des enfants qui doivent naître, avec révérence. Dans le chapitre précédent, nous avons essayé de décrire l'entrée d'une me dans l'existence terrestre, comme un événement qui concerne les Anges. Au sein des Archanges, c 'est Gabriel qui est le plus attentif à leur activité dans le royaume de la naissance et de la toute petite enfance. A notre époque, il est plus difficile d'être une mère qu'auparavant. Ce qui semblait venir naturellement est aujourd'hui enveloppé de doutes et d'incertitudes. Les parents se tournent avec anxiété vers les livres qui parlent des soins à donner aux enfants, jusqu'à ce que les écrivains de ces livres reconnaissent finalement qu'ils agiront tout aussi bien sans eux. Ceci n'est pas dit pour contester le bien fondé d'une entraide mutuelle entre les mères, mais tout conseil donné dans ce domaine devrait être non dogmatique. Les bébés sont des individus, et n'ont pas tous les mêmes besoins. Gabriel inspire aux mères une compréhension affectueuse pour leurs enfants. Ceci les aide souvent à leur trouver des noms qui les encourageront et les guideront toute leur vie. Il œuvre de préférence au travers des sentiments plutôt qu'au travers des pensées. Le père et la mère peuvent sentir qu'ils sont guidés par un grand don pour trouver l'environnement qui convienne à leurs enfants. Durant les premiers mois et les premières années" l'enfant sera formé par les impressions que lui transmettent ses sens. Par les murs et les décorations de sa chambre, ce qui pousse dans le jardin, les gens qu'il rencontre, les endroits où on l'amène. Une première vision de la mer par exemple, pourra résonner en lui toute sa vie. Mais nous ne pouvons recevoir facilement de l'inspiration de Gabriel, car ce qui nous sépare le plus de lui est l'ingratitude. Là où sont présents de jeunes enfants, toute l'atmosphère devrait être emplie de remerciements pour leur existence, pour la nourriture, pour les couleurs et les goûts, les sons et les odeurs, pour la lumière du soleil, les animaux et le monde entier. Lorsque les enfants grandissent, un autre Archange commence à jouer un grand rôle pour eux, bien que ceci soit difficilement reconnu à notre époque. Même l'extrait de la Bible où l'on parle de lui, a été rejeté dans les apocryphes, ou délaissé, e t peu de gens semblent le lire. Par contre beaucoup d'artistes l'ont apprécié, en particulier Rembrandt. Il s'agit du livre de Tobie. Ici nous avons quelque chose qui trouve sa place entre le. royaume où fut perçu Michaël et le cours de l'histoire terrestre dans lequel Gabriel porte ses annonces. C'est une parabole aux résonances terrestres mais avec les qualités d'un conte de fées. Durant la captivité Assyrienne, le vieux et pieux Israélite, Tobit, réalise beaucoup de bonnes choses. Il brûle en les honorant, les corps de tous ceux de son peuple qu'il trouve couchés derrière les remparts de Ninive. Du point de vue des autorité s, ces actions sont une offense. Suite à un de ces faits, alors qu'il est étendu dans la cour de sa demeure, une volée de fientes de moineaux tombe dans ses yeux, le rendant aveugle. Il est réduit à la pauvreté, à la misère, et même sa fidèle épouse Anna l'injurie. Il se souvient avoir déposé un jour une somme d'argent chez un de ses parents vivant en Médie. Son fils Tobie, se propose alors de partir en voyage afin de la récupérer et cherche un compagnon pour l'accompagner. Au moment même ou Tobit prie de désespoir, la fille d'un autre parent de Médie, Raguel, se lamentait tout aussi désespérément. Sarra avait été mariée sept fois, mais à chaque reprise son mari fut tué par des puissances démoniaques avant la co nsommation de leur union. Du trône de Dieu, l'Archange Raphal est envoyé pour aider Sarrn et Tobit. C'est lui qui accompagne Tobie et l'instruit de tout ce qu'il doit faire sur son chemin ne se révélant comme Archange que lorsqu'il eu ramené Tobie et Sarra, fiancés, près de son père. Tobit, guéri de sa cécité, tombe à genoux, en prières et en émerveillements, alors que Raphal retourne vers Dieu. L'histoire est racontée avec un humour et une délicatesse surprenantes. La lire, l'entendre, voir les scènes jouées ou peintes, est de nature à nous ouvrir à des influences guérissantes. Dans le livre de Tobie, Raphaël se présente comme "l'un des sept Anges sacrés qui portent les prières des Saints et pénètrent dans la gloire du Tout Puissant". L'ancienne tradition, confirmée par Rudolf Steiner, assigne les Archanges au soleil, à la lune et aux sept planètes visibles de l'antiquité. Raphaël est en rapport avec Mercure. Nous pouvons l'imaginer avee le caducée autour duquel deux serpents descendent en spirales, une sombre et une lumineuse. Pour la compréhension de l’œuvre de Raphael ce symbole possède une profonde signification. Il est l'interprète d'un monde à l'autre, le médiateur entre ce qui est en haut et ce qui est en dessous. Entre la lumière et l'obscurité, entre conscience et inconscience. Michaël appelle au plus grand éveil, Gabriel est concerné par ce qui en l'homme e st endormi, même durant la journée. Son travail est de créer un jeu harmonieux entre le jour et la nuit. Nous pouvons guérir tant parce que nous dormons que parce que nous veillons. La maladie surgit soit parce que nous avons un trop plein de conscience, ou lorsque nous sommes submergés par des pouvoirs inconscients. Tous ceux qui véritablement cherchent à guérir, sont membres de la communauté de Raphaël, En fait, il s'agit toujours d'une question de communauté, un homme seul ne pourrait jamais guérir. Tous ceux qui travaillent dans ce royaume ont besoin du soutien et de la compréhension des autres, qu'ils soient vivants ou morts. Ce n'est jamais la seule sagesse d'une personne, qui peut apporter la guérison, le genre d'intelligence requise, vient lorsque les pensées humaines s'élèvent, comme le serpent sur le caducée, à la rencontre de la grâce venant d'en haut. De cette façon, Raphael collabore avec Michaël. Dans les anciens noms de la semaine nous avons la réminiscence d'une ancienne sagesse concernant les planètes. Si nous prenons les noms latins, la suite est évidente: jour de Saturne, jour du Soleil, jour de la Lune, jour de Mars, jour de Mercure, jour de Jupiter, jour de Vénus. Dans le langage moderne, diverses modifications ont été apportées, mais la séquence sous-jacente reste la même. Cette séquence n'a pas et n'a jamais eu, une relation évidente et immédiate avec les positions et les rythmes des planètes visibles ou des corps célestes de notre univers présent. Elle doit être mise en correspondance avec les grandes étapes de l'évolution de l'univers dont nous avons déjà parlé. La séquence des Archanges est identique à celle des jours de la semaine, mais en direction opposée dans le temps. Dans celle-ci, Lundi, jour de la Lune, suit Dimanche. Dans le cours des siècles, la période de l'Archange Lunaire Gabriel précède celle de l'Archange Solaire Michaël, et ainsi de suite à travers toute la séquence. Avant l'ge de Gabriel, qui commence au 16ème siècle, il y eu l'âge de l'Archange de Mars, Samaël, une période de conflits tragiques mais aussi de plus grand éveil au courage spirituel. Les récits de Shakespeare, du roi Jean à henri VIII, couvrent exactement les 320 années de la régence de Samaël. Avant la période de Mars, se déroula la régence de Raphal, les débuts du Moyen-Age, du 9ème au 12ème siècle. Ce fut à la fin de cette époque, que la légende du Graal devint connue en Europe. Raphal devait préparer auparavant l'avènement d'une période de grandes épreuves, car la civilisation allait bientôt être gouvernée par une intelligence uniquement terrestre. L'âge de la machine approchait. Au même moment, il devint de plus en plus difficile pour l'homme d’empêcher que ses passions, qui avaient depuis longtemps causé des ravages dans les communautés humaines, n'envahissent cette part de l'homme dédiée au monde spirituel. L'histoire du Graal fut autant un avertissement, qu'une promesse. Comme nous l'avons vu, elle met en garde tous ceux qui étaient en position de commandement et de responsabilité, de la difficulté d'une véritable connaissance de soi. Mais elle apporte aussi la promesse de l'éveil de capacités nouvelles en l'homme, lui permettant d'assumer ces responsabilités en toute humilité et en toute innocence, comme le fait Perceval. La révélation qui rend Perceval capable de devenir Roi du Graal, lui est donnée le jour du Vendredi Saint. C'est dans la fraicheur du paysage printanier qui l'entoure qu'il entend les paroles graves de Trevizent, apprend alors le sens de ses propres faiblesses et peut les mettre en rapport avec le Mystère du Golgotha. Il reçoit alors le diagnostic d'un médecin très sage qui connaît le remède. Il s'agit d'une révélation de Raphal. Et à notre époque, c'est au printemps que nous pouvons le mieux nous ouvrir à ses inspirations, elles nous parlent de la nature de notre maladie et du pouvoir guérissant de la résurrection. Nous pouvons célébrer la fête de Noël dans la douce lumière de Gabriel en tant que fête des enfants, et de l'enfant qui est en l'homme. Si par la pensée, nous nous dirigeons vers l'automne, nous rencontrons le grand combat de la fête de Michaël, qui nous incite à combattre la nature-dragon de la paresse et de l'anxiété intérieures. Le Perceval qui est en chacun de nous, doit s'éveiller à l'ensemble de la vie de l'année. Il y a pourtant encore un être mystérieux dont parle la Bible et les recherches spirituelles de Rudolf Steiner, bien que très discrètement. Dans le silence de l'été, à partir du jour de la St Jean Baptiste, nous pouvons sentir une qualité d'atmosphère qui est très différente de celle des autres atmosphères de la nature. C'est comme si l'homme avait à se souvenir qu'il n'appartient pas seulement au monde qu'il connaît, mais aussi à quelque chose d'entièrement différent, qui dépasse tous les futurs et les passés qu'il est capable d'imaginer. Le temps est endetté vis à vis de l'éternité. Un grand esprit parle à l'homme de tous ces mondes auxquels il appartient et qu'il doit servir dans leur évolution. Un esprit parle au plus profond de la conscience humaine et cet esprit c'est Uriel. Tous ensembles, les Archanges appellent les hommes à se découvrir les uns les autres de façon plus élevée que dans les préoccupations de la vie quotidienne. En recherchant leur royaume, nous sommes aidés par un souffle puissant qui traverse le monde.


LES ARCHANGES
Les Archanges, les Esprits du feu, s'expriment dans la sphère planétaire habituellement attribuée à Vénus. Ils gouvernent les Anges, ne dirigeant pas eux-mêmes les hommes individuels. Par contre, ils sont les inspirateurs et les guides des grandes communautés, tribus ou peuples. En toute âme de peuple s'exprime la vie d'un Archange. Il ressent comme sa jeunesse la jeunesse du peuple qu'il conduit. Et quand le peuple vieillit, il ressent un dessèchement, un détachement qui peut aller jusqu'à la désaffectation complète qui correspond à la mort du peuple. Lorsqu'avec Saturne l'évolution commence, les Archanges possèdent déjà la conscience de rêve. Ils reçoivent ce don des Séraphins cependant que les Anges le reçoivent des Chérubins. « Lorsque les Séraphins contemplent la vie de Saturne, ils renoncent pour eux-mêmes à tous les bénéfices qui leur viendraient de cette vision au profit des Esprits du feu ; ils projettent donc ces images dans la conscience des Archanges, où elles sont rêvées (Rudolf Steiner). Cette offrande leur est faite tant qu'ils n'ont pas franchi le stade humain. Ce stade, les Archanges l'atteignent avec l'ancien Soleil. Comme on voit lu partie physique de l'organisme humain, et particulièrement les futurs sens, servir de point d'appui à la conscience des Anges pendant l'évolution lunaire, voici ce qui apparaît sur le Soleil : l'être humain possède déjà deux principes : celui qui arrive à une seconde étape d'évolution en passant de Saturne au Soleil et qui va être l'origine de sa nature éthérique ; d'autre part la nature saturnienne, physique, qui demeure ce qu'elle est. Elle forme comme une enclave sombre dans la lumineuse substance éthérique du Soleil. C'est elle qui va servir de point d'appui aux Archanges. Tandis qu'ils font circuler leurs courants de forces à travers cette partie obscure du futur homme terrestre, eux-mêmes deviennent « hommes sur le Soleil ; et ce faisant ils introduisent dans cette nature demeurée saturnienne une structure qui n'est d'abord qu'un fin réseau lumineux, mais qui édifiera les futurs organes des sens. A l'étape lunaire, conquérant ce qu'actuellement les Anges acquièrent dans les conditions terrestres, les Archanges accèdent au moi spirituel. Ils trouvent dans le corps éthérique de l'homme lunaire le miroir de leur activité en réglant en lui la circulation des courants solaires. Sur terre, c'est notre corps astral qui leur fournit un point d'appui pour l'élaboration de leur propre corps éthérique en Esprit de vie. La conscience inspirée qui en résulte leur permet de concevoir en images (conscience imaginative) les états intérieurs d'autres êtres et même de les r ressentir comme leur propre vie. Ils ne descendent pas dans les conditions de vie physiques, ni même éthériques, mais seulement jusqu'à la nature astrale du feu et de la lumière. C'est là qu'ils trouvent l'ultime moyen de se manifester, et dans ce feu et cette lumière seulement l'Archange peut se révéler à l'homme. Leur nature, qui a reçu particulièrement les dons faits à l'évolution pendant la phase solaire, s'exprime encore aujourd'hui avec prédilection dans les phénomènes spirituels qui sur terre font apparaître la lumière, et dans notre système nerveux (Rudolf Steiner).

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obsidienne

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Re: Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme

Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:11

LES ARCHANGES ET LA REGION DU CAPRICORNE


La région du Capricorne est liée avec la Hiérarchie des Archanges. Dans le cycle naturel, aux influences de cette constellation correspond le temps le plus sombre de l'année. Toutefois c'est alors précisément, dans les ténèbres de la nuit hivernale, qu'advient la naissance du nouveau Soleil spirituel, et ce sont justement les Archanges qui ont envers cette naissance un rapport particulier. Pour comprendre leur participation à ces faits, il est nécessaire de se rappeler de ce rôle que les Archanges accomplissaient encore sur l'ancien Soleil. Car déjà la fois-là ils étaient haut placés, au point qu'ils ont pu faire don de quelque chose a tout l'espace universel. Et ce dont ils lui faisaient don la fois-la, était la Lumière, la substance de la lumière. "Ils [les Archanges] se sont sous un certain rapport développés déjà sur le Soleil en vue de pouvoir donner a l'espace d'Univers la lumière." (GA 110, 13.4.1909), – dit Rudolf Steiner des Archanges. Et dans une autre conférence, il exprime cette mission qui fut la leur, de façon encore plus précise : "les Archanges sont... les créateurs de la lumière... C'est pourquoi nous devons dire : une lumière tombe-t-elle sur nous, que ce sont les Archanges qui sont derrière elle..." (GA 132, 7.11.1911). Voilà quelle fut l'activité des Archanges sur l'ancien Soleil. Cependant à partir de cette époque, l'évolution alla de l'avant, de sorte qu'à l'époque de la Terre, les Archanges se posent déjà non seulement en tant que créateurs de la lumière, mais surtout en tant que créateurs de la Lumière spirituelle. C'est pourquoi c'est précisément à partir des forces des.Archanges que provient le rayonnement du Soleil spirituel dans les tenèbres de la nuit de Noël. Et lorsque le clairvoyant contemple le Soleil de minuit au temps annuel de Noël, alors en tant que première chose dans son entour, se dévoilent douze Archanges, formant l'aurore, ou, on peut également dire, une sorte d'Aura cosmique pour l'impulsion du Christ, naissant dans la sphère de la Terre. A ces douze Archanges, encore dans l'antiquité, Zoroastrien rendit attentif en parlant des douze Amshaspands, les envoyés du grand Esprit solaire Ahura-Mazdâ.(6) A notre époque, ces douze Archanges sont une sorte de porteurs de douze aspects de l'impulsion du Christ, apparus dans notre Cosmos en tant que résultat de Sa traversée du cercle du Zodiaque.+ Ils sont également les gardiens célestes et les inspirateurs des douze Nuits saintes, qui ont lieu précisement a la période de l'année qui se trouve sous l'influence des forces de la région du Capricorne. C'est à cette époque de l'année qu'ont lieu deux des plus importantes fêtes chrétiennes : Noël et le Baptême, chacune d'elles étant a sa façon liée précisément à la sphère d'action des Archanges. Ainsi le Mystère de Noël est annoncé à Marie de l'Évangile selon Luc par l'Archange Gabriel. Tandis qu'au temps du Baptême dans le Jourdain, le Christ descend dans les enveloppes de Jésus de Nazareth, passant à côté de la région des Anges et directement à partir de celle des Archanges (GA 152, 1.6.1910), introduisant par là dans le développement terrestre une nouvelle possibilité de baptême, non plus par l'eau, mais déjà par l'Esprit et le feu (Matth. 3/l l). Car conformément à Rudolf Steiner, les seules substances sur Terre, à partir desquelles l'Être archangélique peut se constituer un corps, sont les substances d'air et de feu (GA 110, 16.0.1909). En ancien hébreu, le vent, l'air, la respiration signifient également l'Esprit. – Roûah. A l'époque contemporaine, il est indispensable à l'homme en particulier d'entrer en contact avec la sphère des Archanges pendant le sommeil ; c'est pour cela qu'il doit au moment de la vie de jour, de veille, atteindre la possibiiité de la plus grande spiritualisation, la recréation, par l'Esprit, de sa parole, de son parler (GA 222, 11.3.1923). Une aide à cela peut être constituée par les forces coulant de la région du Capricorne, qui de tout temps ont inspiré les hommes en vue de la fondation des conceptions du monde les plus spirituelles (GA 151, 22.1.191Q).(7) – Un rapport tout particulier envers la préparation annuelle de la naissance du Soleil-Christ' spirituel dans la sphère terrestre est celui de l'Archange Michaël. C'est par les paroles suivantes que Rudolf Steiner y rend attentif : "Pendant qu'advint l'expiration d'été [il s'agit de la sortie de l'Ame et de l'Esprit de la Terre, pendant la période estivale, de son corps planétaire], la terre est ahrimanisée. Malheur si dans cette terre ahrimanisée tombait la naissance de 3ésus ! Avant que le cycle soit à nouveau achevé et que décembre s'approche qui laisse l'impulsion du Christ naître dans la terre traversée d'âme, la terre doit être purifiée du dragon par les forces spirituelles, purifiée des forces ahrimaniennes. Et s'unir doit la force de .Michaël à ce qui pénètre à flots en tant que respiration de la Terre de l'époque de septembre à celle de décembre, s'unir à cela doit la force purifiante de Michaël, force vainquant le malin ahrimanien, afin que la fête de Noël puisse s'approcher de façon correcte, et que puisse s'accomplir de façon juste la naissance de l'impulsion du Christ." (GA 223, 31.3.1923). En outre la bataille annuelle de Michaël contre le dragon atteint sa culmination précisément à l'époque du dernier dimanche de l'Avent, lorsque la Terre pénètre dans le domaine d'action des forces du Capricorne. Car à chaque fois au cours de ces temps les plus sombres et les plus froids de l'année, Ahriman espère toujours à nouveau ne pas permettre l'éclosion du rayonnement du Soleil spirituel dans la sphère terrestre... Et chaque fois d'année en année il est vaincu par l'Archange Michaël, afin que puisse se lever pour la Terre, sans entraves et sous le signe du Capricorne, le Soleil du Christ.(S) Dans le plan du développement historique de l'humanité, ce contraste entre les ténèbres naturelles et les forces du Soleil spirituel en train de se lever, surgira avec une force particulière dans la deuxième moitié de la sixième et en particulier dans la septième époque culturelle (l'américaine), qui sera placée sous le signe des forces du Capricorne.
Et un autre lien encore de la région du Capricorne avec la future Hiérarchie des Archanges peut-on dire, doit être rappelé ici. Il est connu que dans l'organisme humain, à la région du Capricorne est liée l'articulation femoro-tibiale, qui se ferme par-devant par ce que l'on appelle la rotule. D'après les communications de la Science spirituelle, de cette rotule surgira sur Vénus, lorsqu'elle aura passé par des métamorphoses appropriées sur Jupiter, la forme extérieure de la tête humaine. Et d'elle émaneront ensuite des forces qui formeront tout l'aspect extérieur de l'homme de Vénus, qui atteindra. alors dans son développement le degré d'Être archangélique. (GA 150, 6.10.1914).(9)


Les Archées

De la naissance à la mort, nous vivons nos heures de veille dans le monde des sens, et ceux-ci impriment en nous le sentiment de la réalité. Ce monde est plus riche et plus varié que nous ne le remarquons habituellement. Certains sens marquent tout particulièrement l'homme d'aujourd'hui d'une sensation de réalité inéluctable. Lorsqu'il touche un objet dur ou tente de bouger quelque chose de lourd; ces expériences semblent garantir qu'il rencontre une réalité. Par contre, s'il entend prononcer un mot, il peut être amené à sentir que celui-ci est d'une certaine façon, moins réel qu'une pierre ou un morceau de bois.
Il est possible de classer les sens, suivant les différentes qualités de réalité qu'ils nous transmettent. Par le toucher, nous semblons rencontrer les objets extérieurs à notre corps de la manière la plus catégorique. Mais il est possible de ressentir des états intérieurs au corps: le confort ou l'inconfort, la vitalité ou la lassitude. Le sens qui nous renseigne à ce sujet, peut-être appelé le sens de la vie. Nous avons ensuite un sens qui nous renseigne sur les rapports qu'entretient notre corps avec la légèreté et le poids, c'est le sens de l'équilibre, fortement associé au sens de nos mouvements.
Depuis notre plus tendre enfance, nous nous confrontons par ces quatre domaines aux efforts de la volonté. Venons-en maintenant aux sens qui suscitent une réponse de nos sentiments: les sens de la chaleur, du goût, de l'odorat et de la vue. Chaleur, odeur, et goût sont malgré tout reliés intimement à la perception de nos états corporels. Par contre avec la vue, nous atteignons à une plus grande objectivité, nos sympathies et nos antipathies ne nous pressent plus avec autant d'insistance. Elle nous permet de percevoir de nombreux phénomènes qu'il est impossible de toucher: le ciel bleu, les étoiles, l'arc en ciel, les ombres.
La vue est en rapport avec une triple rencontre. Rencontre avec la lumière, la surface des choses, rencontre avec nous-mêmes. Entendre, nous fait découvrir des qualités qui reposent derrière cette surface. Le vent dans les arbres, par exemple, nous fait participer à la rencontre de la nature intime de l'air avec la nature intérieure des branches. Le son ouvre la voie vers les sentiments que vivent d'autres êtres sentant. Nous commençons à partager la peine d'un animal qui crie ou le chant heureux et triomphant des oiseaux. Des sens plus subtils encore, viennent à notre aide lorsque nous écoutons des êtres humains. Le sens de la parole, et le sens de la pensée que cette parole exprime. En français, il existe cette phrase admirable, "je vois ce que tu veux dire". Des expressions similaires existent dans d'autre langues, elles montrent que nous ressentons la parole d'autrui comme quelque chose qui peut être comparé à la vue, au goût, à l'odorat.
Et, lorsque des personnes se rencontrent sans forcément parler, mais en se regardant, le sens de l'individualité d'autrui entre en action. C'est le sens humain le plus délicat, le sens du moi, qui ne révèle pas ce qui est affirmation de soi chez les autres, mais la présence d'un être capable de percevoir et de penser. Tout au long de notre existence, nous sommes plongés dans cet océan abondant et multiforme des perceptions. Dans le sommeil et la mort, nous en sommes séparés afin de vivre dans un autre monde de réalités. Il semble évident de supposer que les hommes durant leurs heures de veille sur terre, eurent toujours la même expérience des sens que celle que nous connaissons à notre époque. Certaines récits de réincarnation semblent confirmer ce fait. Comme si chaque vie apportait les mêmes délices et les mêmes peines, les mêmes formes et les mêmes couleurs, la même expérience lumineuse ou confuse de ce que les autres disent. Mais une lecture attentive de ce qu'on écrivait il y a quelques siècles à peine, suffit à montrer que la question n'est pas aussi simple. Lorsque nous nous réincarnons, ce n'est pas le même monde que nous percevons. Au fil des âges, les contours des choses sont devenus plus définis, les processus plus calculables. Nous sommes beaucoup moins conscients de l'activité des êtres divins dans le monde que lors d'incarnations précédentes. Même aujourd’hui, de subtiles différences s'observent dans la conscience d'êtres humains natifs de différentes parties du monde. Et pourtant, ce qui a été dit à propos de la puissante impression de réalité que confère le sens du toucher, et l'activité sentimentale qu'engendrent ce que nous avons appelé les sens médians, reste valable. Nous sommes des hommes de notre époque et fumes des hommes d'un autre ge, mais avec des sensations différentes concernant la frontière entre le spirituel et le physique.
De même qu'il existe des Archanges conduisant l'âme qui s'incarne vers le peuple qui lui convient, et inspirent l'histoire de ce peuple; il existe des êtres spirituels qui guident l'âme au travers des civilisations successives qu'ils inspirent, afin de procurer les justes expériences à ceux qui s'y incarnent. Ces esprits sont appelés en grec, Archa99, un mot qui peut être rendu par Princes ou Principautés. Le sens originel signifie qu'ils sont les premiers au-dessus d'une multitude, détenteurs des desseins qui œuvraient au commencement des choses. Rudolf Steiner en parle comme des "Esprits de la Personnalité". Ils engendrent les différentes civilisations afin que l'homme développe sa personnalité terrestre. Tout d'abord comme membre de communautés tribales dans les temps anciens, puis en passant par des étapes où sa condition humaine fut donnée de l'extérieur, pour l'amener finalement jusqu'à l'éveil de la liberté qui doit lui permettre de choisir les buts et les tâches de sa vie par lui-même.
Les Archa99, ou Archées, brûlent d'un enthousiasme incandescent pour l'éveil de l'homme à une connaissance et des actions, libres. Alors que les Anges sont apparentés à l'écoulement patient des eaux et les Archanges aux souffles des vents, les Archées sont des esprits ardents, un enflammant et purifiant Amour. Et de même que les Archanges souhaitent que les nations qui leur sont confiées vivent comme une partie d'un grand chœur où chaque voix contribue à l'accord avec les autres, les Archées voudraient que chaque me apporte sa contribution au développement total de l'homme, depuis les débuts de l'histoire jusqu'à son accomplissement, d'Alpha à Oméga.
Pour les Archées, un ge devient froid et se fige, lorsqu'il sombre dans les répétitions et les routines stériles. Ils voudraient que l'homme regarde l’œuvre de son époque et des précédentes, avec un enthousiasme semblable au leur. Ils aident l'être humain à partager l’œuvre créatrice de chaque civilisation. En général, à chaque époque de l'humanité, une me a besoin d'une incarnation féminine et d'une incarnation masculine. Dans le passé, les incarnations masculines ont été fortement colorées par l'action et les incarnations féminines par la souffrance. Les expériences créatrices qui pouvaient être réalisées par les hommes et les femmes furent souvent très différentes, et c'est cette variété qui leur permis de purifier et affiner l'expérience des sens de diverses façons. Toute activité, même la plus ordinaire, était ressentie auparavant comme un office rendu à un Dieu ou à une Déesse, qu'on invoquait avant que ce travail ne soit entrepris. Les choses terrestres ne pouvaient être touchées où transformées correctement, qu'en une atmosphère de révérence et de prière. Comme nous avons essayé de le voir, les Anges sont concernés par la sensibilité de notre pensée et par le caractère intime des relations personnelles. Les Archanges inspirent et cherchent à influencer le caractère de la parole humaine. Ils conduisent le développement du langage pour qu'il devienne un pont véritable entre les mes humaines. Les Archées eux, sont attentifs à tout ce qu'un être humain fait et réalise, particulièrement lorsque ce travail possède une signification pour de larges cercles de gens et pour la vie de la nature. Et n'est-ce pas le cas de tout ce que nous faisons? Lorsque nous dormons, les Archées voyent si pendant la journée écoulée nos actes furent bénéfiques. Du temps où les hommes ressentaient leur travail comme un service consacré aux êtres divins, celui-ci était accepté dans le royaume des Archées. Pour l'homme moderne, il est très difficile d'imaginer que le travail ordinaire est en rapport avec des êtres spirituels. Et si le nom de Dieu est invoqué en relation avec les choses quotidiennes, c'est souvent sans la révérence nécessaire et sans profondeur. Il n'y a pas si longtemps encore, les hommes pouvaient faire appel à la Divinité et aux êtres spirituels afin de les aider, jusque dans les détails d'un travail terrestre, sans être incongrus ou triviaux. Encore une fois, on trouve de merveilleux exemples de ceci dans la collection de versets d'Alexandre Carmichael. Beaucoup parlent du travail du berger:

Les trois qui sont là-haut dans la
Cité glorieuse,
Gardiens de mon troupeau et de ma vache
Les Guidant en temps voulu
Dans la chaleur
La tempête et le froid,
Avec la bénédiction de la Puissance
Qui les conduit depuis les hauteurs,
Jusqu'à la bergerie
Le nom d'Ariel, beauté florissante
Le nom de Gabriel, annonciateur de L'agneau,
Le nom de Raphael, Prince de Puissance, Les entourant et les sauvant.

Dans certaines parties des les de l'Ouest de l'Angleterre, le travail de tisserand était principalement réalisé par les femmes, dans d'autres par les hommes. Mais le métier à tisser était ressenti comme un être féminin. On connaissait une prière pour le travail du Samedi, un regard vers la semaine à venir:


In name of Mary, mild of deeds,
In name of Columba, just and potent
Consecrate the four posts of my loom,
Till i begin on Monday.

Her pedals, her sleay, and her shuttle
Her reeds, her warp and her cogs,
Her cloth-beam and her thread-beam,
Thrums and the thread of the plies.



Every web, black, white, and fair,
Roan, dun, checked, and red,
Give thy blessing everywhere,
On every shuttle passing under the thread.

Thus will my loom be unharmed
Till i shall arise on Monday;
Beauteous Mary will give me of her love,
And there shall be no obstruction
I shall not overcome.

Dans de tels vers, qu'ils proviennent de la tradition chrétienne ou d'anciennes cultures dont nous possédons des écrits, on compare souvent le travail des hommes au travail des esprits célestes, et il se peut que cette comparaison soit présente en filigrane dans l'atmosphère qui entoure les mots. Les puissances célestes sont des "bergers" qui préservent l'homme du danger; ils sont les "tisserands" de la destinée humaine. Vishvakarma est le "charpentier" du monde, Hephaestos le Dieu qui travaille comme "forgeron". Dans la Rome antique, l'homme devait déposer ses armes devant la porte gardée par Janus et approcher d'un cœur humble et doux, le foyer béni par Vesta.
Il était naturel pour les hommes d'éprouver de tels sentiments, lorsque la plupart des choses qu'ils faisaient, étaient plus proches des grandes activités archétypales qu'ils considéraient comme ayant été enseignées à leurs ancêtres, par des Dieux ou les héros proches des Dieux. Les êtres humains voyaient les uns dans les autres, ils voyaient si le travail était bon et fait avec amour. S'il convenait à la communauté, il l'était aussi pour les êtres spirituels vers qui sa signification serait apportée par les mes durent le sommeil. Un Dieu nommé "Mercure" en latin, était plus concerné par les nombreux changements dans le caractère du travail humain que les autres. On considérait les êtres spirituels sous-jacents à ce nom comme étant en rapport avec une des activités les plus sacrées et les plus anciennes que l'humanité connaisse, le travail du guérisseur. Dans presque toutes les anciennes civilisations, les hommes qui recherchaient un guérisseur, devaient s'en aller vers des contrées étrangères, tout comme les guérisseurs devaient eux aussi voyager, afin d'approfondir la connaissance de leur art et rencontrer les gens qui avaient besoin de leur aide. D'autres serviteurs du pouvoir de Mercure agissaient de même, et se firent connaître en formant des communautés nouvelles, grâce aux objets précieux et rares qu'ils détenaient, et dont certains servaient eux aussi à guérir. Le travail du marchand commença, et possédait encore son exemple divin. Les mots véritables de "marchand" et de "commerce", sont en rapport linguistique avec le nom Mercure, bien qu'il semble que dans les premiers langages indo-européens, avant qu'ils ne se diversifiassent en grandes branches, il n'existait pas de terme désignant cette occupation ou la personne qui l’exerçait.
Ce que le marchand proposait, était le résultat du travail d'un autre; le métal précieux, les joyaux découverts ou extraits du sol, les peaux et les fourrures récoltées par le chasseur. Mais celui qui obtenait les biens dont le marchand assurait la provenance, n'était pas en contact avec l'homme qui les avait produits, et le marchand pouvait éventuellement l'abuser à leur sujet. Ainsi, l'origine de l'argent trouve ses sources dans le travail du marchand, mais aussi dans la possibilité d'une tromperie. Ici encore, la bénédiction des Dieux fut d'abord invoquée. Beaucoup de monnaies anciennes portèrent l'effigie de la divinité de la cité, sorte de garantie céleste de l'origine et de la qualité du métal dont elles étaient forgées. Lorsque les hommes commencèrent à y graver leur image et leurs inscriptions, ce fut comme une sorte de blasphème, une comparaison téméraire entre les mortels et les immortels. Et les idées humaines concernant les valeurs d'échange et de troc, se séparèrent des idées célestes.
La place du marché où vendeurs et acheteurs se rencontraient, devînt de plus en plus vaste; jusqu'à notre époque où elle couvre la terre entière. Avec son extension, le degré de spécialisation s’accrut, les machines furent capables de réaliser de plus en plus de travaux. Et les hommes emportèrent dans leur sommeil, les conséquences de ce travail qu'ils étaient de moins en moins capable de comprendre, et au sujet duquel ils s'abusent très souvent eux-mêmes.
A notre époque renaît un désir, mélancolie universelle, d'en revenir à des activités plus proches des archétypes célestes. Cultiver, pêcher, tisser. De telles occupations, commencent à n'être recherchées que pour le plaisir qu'elles procurent. Et pourtant une sorte de nécessité impérieuse, mais difficile à saisir, impose que tout le monde ne puisse pas faire ce choix. Le passage du village à l'économie mondiale, n'est pas une erreur en soi. Les Archées ne nous ont-ils pas conduits dans cette voie? Le changement dans le caractère du travail, contribue finalement au développement de la liberté humaine. Les anciennes communautés maintenaient les hommes et les femmes dans le statut qu'ils possédaient à leur naissance. Aujourd'hui, existent des possibilités de choix, presque ahurissantes dans de nombreux pays du monde. Nous avons vu qu'il est parfois possible, en une seule vie, de changer plusieurs fois d'occupation, et pas seulement sous la pression de circonstances extérieures, mais, par le jaillissement de considérations personnelles, concernant les besoins des autres. Le travail qu'on effectue pour des gens que nous ne voyons pas, n'est pas forcément une chose froide et impersonnelle, si nous développons certains sentiments pour l'humanité dans son ensemble. Et ceci est le point crucial du problème. Un conducteur de train, par exemple, peut se sentir profondément responsable envers les gens qui voyagent derrière lui, même s'il n'en a jamais rencontré aucun- et bien qu'il soit peut-être bon, qu'il en rencontre. Il devient de plus en plus possible, que nous nous formions une image des joies et des peines, des désirs et des besoins, qu'éprouvent les gens dans les circonstances les plus variées et les plus éloignées de nous dans l'espace. On pense souvent, que l'amour pour l'humanité dans son ensemble ne peut être qu'un amour bien mince, pourtant et de toute évidence, ce n'est pas toujours vrai.
Chaque type de travail, permet à l'homme qui le pratique, d'apprendre à mieux comprendre sa signification pour le monde. Cette compréhension peut s'emplir de chaleur, la chaleur du désir désintéressé de servir les besoins d'autres hommes, aussi différents soient ils. Un travail, aussi inintéressant qu'il puisse paraître, est, considéré de ce point de vue en parfait accord avec ce qu'en attend le royaume des Archées. Mais de nombreuses choses dans l'organisation économique d'aujourd'hui, entravent le développement de cette compréhension du travail. Elles tendent à l'obscurcir par des égo99smes de groupe, des agressivités nationalistes, par la volonté de pouvoir et de profit qui émane de certaines activités commerciales ou professionnelles, et qui est capable d'avoir une influence empoisonnée sur ce qui devrait être fait.
Le Nouveau Testament parle d'un "Archonte" qui est l'adversaire du travail des Archées. Il est décrit comme "le législateur de ce monde", et n'a rien en commun avec le Christ. Sous son influence, les gens peuvent regarder toutes sortes de distorsions dans l'ordre économique, comme naturelles et acceptables, alors qu'elles furent engendrées par l'arbitraire d'un pouvoir où le désir du pouvoir. Cet "Archonte" essaye d'arracher l'époque présente du contexte des époques passées et futures, tel que le pensèrent les esprits d'où l'homme tire son origine. A l'heure actuelle, la marque laissée par "le prince de ce monde", sur de nombreux faits qui impressionnent nos sens, surtout dans les villes, est plus évidente que la signature de l'Archée véritable. Même lorsque nous visitons de grands témoignages d'un autre ge, Stonehenge par exemple, il est parfois difficile d'atteindre la tranquillité ou l'imagination active nécessaire, pour pressentir les desseins qui y sont contenus.
Par notre travail, nous ne nous influençons pas seulement les uns les autres, mais influençons aussi les esprits qui nous surplombent. Tout ce que nous faisons, a des conséquences pour la terre entière. C'est seulement depuis notre époque, que cette prise de conscience presque universelle s'est produite sous l'impact d'événements inéluctables. Auparavant, on était conscient de ce fait, mais d'une autre façon. Nous sommes confrontés à l'empoisonnement des oiseaux, à la destruction des espèces sauvages, à la pollution des mers et de l'atmosphère. Nous commençons à douter du bien fondé d'une croyance qui considère que l'homme et ses désirs sont les seuls critères pour décider de ce qui est à réaliser sur terre. Mais même si nous commençons à prendre en compte la présence des animaux, des êtres végétaux, des mers et des montagnes, et à leur accorder une existence propre, nous négligeons encore la moitié des habitants de la planète. A d'autres époques, les hommes pouvaient percevoir le règne des êtres élémentaires qui nous entourent. les Archées nous ont guidé vers la clarté des perceptions sensorielles, qui nous instruisent du monde extérieur, de ce qui peut être compté, mesuré, pesé. Nous avons outrepassé leurs intentions en laissant les sens nous envahir, nous engourdir par l'impression de réalité et de solidité qu'ils nous révèlent. Maintenant, les Archées cherchent à nous éveiller aux qualités les plus subtiles de tout ce qui provient de ces mêmes sens, particulièrement les nuances de couleurs à couleurs, de tonalités à tonalités. Nous pouvons remarquer, que ce que nous percevons, dépend généralement de ce que nous recherchons. Si nous sommes en quête d'objets, les sens nous parlerons d'objets. Si nous regardons le mouvement comme une série de positions, ils nous parlerons de positions. Si nous voulons voir des ombres, du gris au noir, nous les verrons sans conteste. D'un monde de grande abondance, nous ne choisissons que ce qui nous semble nécessaire, et courons le risque de tout déformer, exceptés les aspects les plus grossiers de notre environnement.
Mais, nous sommes environnés d'êtres qui voudraient que nous accordions plus de déférence envers nos sens, afin que nos expériences se rapproche des leurs. Pour eux, les objets en soi sont d'un intérêt très limité. Ils se sentent concernés par les relations, les rencontres, les participations des êtres et des substances. Comment une racine trouve son chemin à travers le sol, comment une feuille pousse, comment la fumée sort d'une cheminée, comment un arôme pénètre un nez, voilà ce qui est important pour eux. Ils ne cherchent pas à posséder les choses comme nous inclinons à le faire. Le changement est leur élément naturel, la rigidité, un effort qui leur est étranger. Ils voudraient que l'homme soit plus actif, tant dans ses sens que dans tout son être. L'homme les aide à se libérer de leurs charges, lorsqu'il s'efforce de comprendre le monde, lorsqu'il est industrieux, heureux, plein d'espoir et de respect. La stupidité, l'insouciance, les sentiments moroses et maussades les affligent. A notre époque, nous créons de nouveaux fardeaux pour ces esprits des éléments. Car, de même que certaines créatures et certaines plantes ont besoin de haies, beaucoup d'êtres élémentaires ont besoin des limites et des dimensions qu'impose la nature, et que nous trouvions naturelles nous aussi. La monoculture est une chose terrible pour eux. Même une plante bénéfique peut devenir redoutable si on la reproduit par millions d'exemplaires. Un champ, dont les dimensions et l'aspect sont idéaux pour une moissonneuse, peut être hors proportions et néfaste pour les élémentaires, qui travaillent à ce que la moisson soit bonne. Il peut se passer un long temps, avant que les conséquences d'une telle attitude montrent leurs effets dans des statistiques agricoles. Les gens notent d'abord le déclin de l’arôme ou du parfum, mais éventuellement aussi des quantités.
Ce n'est pas seulement à cause de l'invasion de l'agriculture par la technologie que nous posons de nouveaux problèmes aux êtres élémentaires. Tout ce que nous faisons, pénètre d'une façon ou d'une autre dans leur royaume. Notre sens du toucher, par exemple, essaye souvent de nous signaler si une substance va être utilisée avec le sentiment approprié de ce qu'elle est ou non, car c'est seulement par la tête que nous sommes isolés de ces esprits, par le reste, nous sommes immergés dans leur vie. Lorsque nous sommes sensibles à une forme de beauté, nous leurs sommes très proches, bien que pour eux, la beauté ou son absence soient des questions plus importantes que pour nous.
Ce monde élémentaire, tout comme le reste de la nature, est d'une grande diversité. Certains de ces êtres jouent un rôle particulièrement bienfaisant dans l'ordre général des choses, tandis que d'autres sont plus destructeurs ou imbus d'eux-mêmes. Les traditions nous parlent de quatre catégories, utiles aux plantes et aux animaux, et en général, fidèles au buts des hiérarchies. Leurs noms traditionnels sont: gnomes, ondines, sylphes et salamandres. Les gnomes se meuvent avec aisance à travers les pierres et les minerais, ils sont attentifs au développement des racines. Les ondines vivent dans le jaillissement de l'eau et les montées de sève, aidant la plante dans son cheminement vers l'air et la lumière. Les sylphes volent avec les vents, effleurant feuilles et pétales de leurs gracieux pouvoirs. Les salamandres ou esprits du feu, travaillent à la maturation du fruit et de la graine, brillent de contentement dans l'air estival et automnal. Bien que les élémentaires soient d'une nature moins élevée que les esprits des hiérarchies, ils possèdent une parenté intime avec les Anges, les Archanges et les Archées. Rudolf Steiner les surnomme "descendants" des esprits des hiérarchies. Les gnomes, des Archées; les ondines, des Archanges; les sylphes, des Anges. Les esprits du feu, semblent avoir une origine plus complexe et plus mystérieuse.
Au sein du règne humain, les relations entre parents et descendants sont quelquefois énigmatiques. Et, il peut sembler curieux de mettre en rapport l'amour créatif brûlant des Archées, avec l'intelligence scintillante des gnomes, parfois dédaigneuse, bien qu'ils n'agissent ainsi que lorsqu'ils observent le comportement des hommes. Sur toute l'étendue de la terre, les gnomes sont d'une patience et d'une dévotion sans limites. Comme les Archées dont ils proviennent, ils se sentent concernés par son durcissement progressif et son éventuelle désintégration. La terre mourra, ainsi que chaque être humain doit mourir. La question est plutôt de voir comment nous et la terre grandissons en vue de cette mort. L'irresponsabilité de l'homme menace de la détruire prématurément avant que l'entièreté de ses desseins ne se soit accomplie. Les relations qu'entretiennent les gnomes avec la vie et la mort de la terre, peut se comparer avec celles des Archées envers les civilisations successives. Toutes produisent une foule de réalisations matérielles- temples, cités, œuvres d'art et outils- dont la plus grande partie est détruite sans laisser de trace. Si ce n'était le cas, il n'y aurait pas de lieu pour les civilisations futures. L'Archée véritable accepte ce fait, juge de ce qui est essentiel en chaque réalisation et l'emporte dans le monde spirituel où cela continue de vivre. Mais il existe beaucoup d'esprits fallacieux qui troublent l'homme par des fantasmes de permanence vis à vis des choses qu'il crée, et surtout vis à vis des institutions. Ils cherchent aussi à inspirer la pensée qu'une civilisation va durer et durer, se développer toujours dans la même direction. Que notre monde actuel, par exemple, vivra et construira toujours plus de machines, toujours plus complexes, sans qu'apparaisse de changement véritable ni dans nos esprits ni dans nos cœurs.
L'homme vient à l'aide des esprits élémentaires, lorsqu'il fait des choses d'apparence simples, mais qui engendrent des idées grandes et chaleureuses. Au cœur de chaque civilisation existent de tels actes rituels. Une conviction religieuse vit et grandit non à cause de ses enseignements, mais parce que de tels actes s'accomplissent et sont ressentis profondément. Il est impossible d'accomplir ces actes rituels dans leur pleine signification si les choses matérielles sont regardées sans déférence, comme des choses matérielles sans plus.
Lorsque l'eau est, par exemple, utilisée dans le baptême chrétien, nous avons besoin d'une présence du mystère de l'eau, d'une certaine idée au sujet du role qu'elle joue dans l'univers, qui ne soit pas limitée aux conceptions de la chimie et de la physique ordinaires. Une découverte des plus récentes années, y contribue, depuis que nous avons observé les corps du système solaire dépourvus d'eau et avons ressenti par contraste, la bénédiction que représente notre terre embuée. Lorsqu'un baptême est célébré avec conscience de la façon dont l'eau sert le mystère entier de la naissance, ainsi que la forme du baptême célébré dans la communauté des chrétiens nous y porte, alors nos sentiments pour l'eau dans son usage journalier, peuvent eux aussi commencer à se transformer. Tous les sacrements, tels qu'ils ont été rénovés durant ce siècle par la communauté des chrétiens, aident à cet approfondissement de la vie des sens, demandé par notre époque. Il s'agit ici, des douze sens, tels que nous les avons décrits au début de ce chapitre. Ce qui existait auparavant à des niveaux très différents et souvent en conflit - nos jugements du bien et du mal, notre sens de la beauté et de la laideur, nos sympathies et nos antipathies- commence à s'unir en nous, de façon plus musicale et plus lumineuse.
Il était nécessaire que l'humanité puisse vivre au sein d'un monde qui semble vidé de ses qualités morales, régit uniquement par certains principes mathématiques et le hasard. Dans un tel univers, l'homme doit chercher au plus profond de son être, le but de son existence, et, par la présence d'un petit germe d'amour à l'intérieur de lui, ses perceptions et ses idées commencent à se transformer. Il rencontre à nouveau des esprits vivants et sentants, différents de lui, mais qui eux aussi ont leur destinée. La destinée de l'homme peut s'accomplir en harmonie avec la leur. Le monde physique qui semblait avoir une vocation si limitée, commence alors à montrer des effets qui dureront alors que toutes choses matérielles se seront évanouies. S'il n'y a pas d'amour désintéressé dans ce que nous faisons, il ne peut y avoir de conséquences durables, mais ce qui est fait en réponse authentique aux besoins humains, continuera à vivre. L’évangile de St Luc, cite l'histoire du Bon Samaritain comme une réponse à la question: "Que vais-je faire pour hériter de la vie éternelle?". Ce récit ne doit pas être uniquement considéré comme une parabole. Il se peut qu'un Samaritain physique l'ait vécue, pour autant que l'auberge dans laquelle il entra ait existé elle aussi. Mais cette histoire est néanmoins aussi, une des plus grandes de toutes les paraboles.
Les Archées cherchent l'éternité à travers le temporel. Cela fait partie de leur grande préparation en vue de la tâche qui se dressera devant eux, lorsque notre univers présent sera révolu. Ils s'élèveront alors au stade de créateurs de mondes, et feront sortir de l'invisible, en accord avec les desseins émanant de puissances plus grandes, un nouveau ciel et une nouvelle terre.

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Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:12

LES ARCHÉES
Ils sont la tête de la troisième Hiérarchie; leur sphère planétaire est la plus proche du soleil lorsqu'on part de la terre : c'est celle qui est attribuée à Mercure. Les Archées sont aussi nommés Esprits du temps, car le temps est né pour l'homme lorsque les Archées en ont acquis lu conscience ; ou encore Principautés, Principes, Primordiaux... parce qu'ils ont créé le « commencement » en créant la conscience du temps ; ou encore Esprits de la personnalité, parce qu'avec eux, qui ont été les premiers à passer pur un stade humain, apparaît précisément le phénomène primordial de conscience : en un point de lu substance divine se fait une concentration où Dieu est réfléchi ; une enclave se forme dans le milieu universel. Elle détournera à son profit quelque chose de ce milieu et imprimera son rythme personnel à une partie de l'ensemble. Il ne faut pas encore voir en cela l'autonomie d'un être qui s'enferme en lui-même et s'isole au sein du cosmos comme l'homme le fera sur terre. Mais il faut y voir ceci : la possibilité, pour la substance divine, de se diviser en essences différentes, acquérant la conscience de leur essence particulière. Esprits du temps, les Archées gouvernent les époques. Les gnostiques les nomment alors : Eons. La succession des petites et grandes périodes qui composent notre évo
lution terrestre,
c'est leur corps spirituel. Esprits de la personnalité, ils répartissent parmi les hommes les personnalités marquantes qui apparaissent au cours des âges ; sous leur impulsion, il se forme à chaque époque dans l'humanité un foyer où se concentrent plus intensément les tendances directrices de l'époque. Sur Saturne, les Archées reçoivent du sacrifice des Trônes un corps de feu. Ils aspirent ce feu, tantôt l'intériorisant pour en constituer le centre de leur être, tantôt l'extériorisant en des formations qui vont s'affranchir d'eux. Ce rythme, qui engendre des échanges et des oppositions, leur procure la conscience personnelle. Ils dirigent alors leur force vers ce que
(dans les conférences qui suivent) Rudolf Steiner appelle des « œufs de chaleur » et qui ne sont autre chose que les futurs hommes. Cette force, nous pouvons en évoquer la nature d'après celle qui vit aujourd'hui dans notre pensée. Car c'est par leur puissance de représentation qu'ils opèrent cette magie. Et les œufs de chaleur » leur renvoient l'image réfléchie de ce qui se passe en eux. Ainsi l'Archée trouve dans notre germe physique' le point d'appui de la conscience " humaine " qu'il acquiert sur Saturne, comme l'Archange le trouvera sur le Soleil dans notre germe éthérique et l'Ange sur la Lune dans notre germe astral. Les Archées s'élèvent sur le Soleil à la conscience imaginative, au Moi spirituel ; sur la Lune, à la conscience inspirée, à l'Esprit de vie. Sur terre, ils atteignent la conscience intuitive avec ce principe spirituel qui est l'équivalent de ce que sera pour nous, au terme de toute l'évolution humaine, l'Homme-Esprit. Le rapport qu'ils eurent à la première phase d'évolution avec l'élément physique de l'homme, à la seconde avec l'élément éthérique, à la troisième avec l'élément astral, ils l'ont aujourd'hui avec notre Moi. Non pas avec notre Moi personnel, certes, mais avec cette nature spirituelle bien plus subtile encore que la nature éthérique ou astrale, dans laquelle notre Moi véritablement peut s'incorporer. Dans la mesure où la forme du corps humain est organisée pour servir d'expression ù un moi pensant, elle est l'œuvre des Esprits de la personnalité. Élevons-nous de la sphère des planètes intérieures à celle du soleil et au-delà. Passons de la troisième Hiérarchie (dont les destinées sont le plus intimement liées à celle de l'homme) aux entités de la deuxième triade. Tous les êtres que nous rencontrerons désormais ont acquis la conscience d'eux-mêmes dans an état inaccessible à nos conceptions de temps et d'espace, étranger à notre système cosmique. Ils se caractérisent moins par ce qu'ils acquièrent que par ce qu'ils donnent.

LA REGION DU SAGITTAIRE ET LES ARCHAÏS

La région du Sagittaire est liée avec la Hiérarchie des Archais. Leur rapport à la région du Sagittaire, nous pouvons mieux que toute autre chose nous le rendre clair par l'exemple de l'enfant apprenant la marche redressée. Pendant un certain temps, l'enfant fait toujours à nouveau la tentative de se redresser et de se mettre sur ses jambes, et toujours à nouveau il glisse en bas, dans la position horizontale. Pendant cette période il nous manifeste, comme sous une forme extérieure, l'image du centaure. Les forces humaines et animales, verticales et horizontales, se trouvent en lui en une lutte très forte, dont le résultat est la victoire finale des premières sur les dernières. Le fait que la lutte en question se termine pour chaque homme par la victoire des forces humaines de redressement, cela il le doit à l'aide que lui témoignent en particulier les Êtres de la Hiérarchie des Archais ou les Esprits de la Personnalité.
Ce sont eux précisément qui apportent à l'homme ces forces du Cosmos, qui le rendent apte à être sur Terre une entité se tenant debout (GA 226, 18.5.1923). A ce processus de redressement, qui est la première manifestation de la personnalité individuelle et une condition très importante du vécu par l'homme de sa Moi-conscience, à ce processus renvoie également la forme de l'arc que le Sagittaire tient dans ses mains. L'arc est courbe aussi longtemps que la flèche s'y trouve encore. Lorsque la flèche (image des forces du penser en tant que porteur de la Moi-conscience) entre en mouvement – et cela répond à la première pénétration de l'impulsion du Moi dans l'organisme humain –, l'arc se redresse, ce qui correspond à l'adoption par l'homme de la position verticale. D'un autre côté la flèche dans les mains du Sagittaire, en tant qu'imagination des forces actives du penser, désigne le f ait que toute gestion, à commencer au IV-ième siècle postchretien, des Pensées universelles du Cosmos, de l'Intelligence céleste, passe des Esprits de la Forme (Exousiai) aux Archais, Esprits de la Personnalité (GA 222, 18.3.1923). A partir de cette époque, ce sont eux précisément qui portent les pensées cosmiques dans le développement humain. (10) Et ce nouveau genre de leur activité est en quelque sorte la répétition, mais à un degré plus éleve, de ce qu'ils réalisaient autrefois encore sur l'ancien Saturne. Rudolf Steiner y rend attentif dans les termes suivants : "Quelle est en fait la force qui règne là dans les Esprits de la personnalité sur l'ancien Saturne ? Ce n'est pas une autre force que celle que nous connaissons aujourd'hui chez l'homme en la force de pensée. Car
au fond les Esprits de la Personnalité ne font rien d'autre sur l'ancien Saturne que d'exercer la force de leurs pensées." (GA 110, 13.0.1909) Ce qui dans l'homme contemporain, pris en tant que microcosme, apparaît comme son penser individuel, a cela, dans le Macrocosme, correspond dans la nature extérieure le phénomène de l'éclair et du tonnerre. Dans ce sens, à la flèche volante du Sagittaire, prise dans son aspect macrocosmique, correspond dans la nature l'apparition de l'éclair, seul phénomène physique dans lequel, dans les limites de la Terre physique, peut apparaître la corporéité de la Hiérarchie des Archais (GA 110, 16.Q.1909). A la fin, il faut encore faire remarquer le fait que la flèche, lâchée consciemment de l'arc, est également l'image de la volonté humaine, aspirant vers un but déterminé. Le dernier but effectivement de tout le développement de la Terre est l'atteinte de l'état de Vulcain, lorsque toute l'humanité se sera élevée au degré où se trouvent aux temps présents justement les Esprits de la Personnalité (les Ar chais).
C'est comme une sorte de pressentiment prophétique de cet état supérieur du développement, qu'apparaît le temps qui commencera à la fin de la septième époque postatlanteenne. Car si déjà à partir de la fin de notre cinquième époque post atlantéenne descendront dans l'humanité, à partir de la sphère des Anges, les premières impulsions du Soi-spirituel, et à commencer par la fin de la sixième époque descendront à partir de la sphère des Archanges les impulsions de l'Esprit-Vie, alors simultanément au début de la "guerre de tous contre tous", en tant que son anti-image, se découvrira à l'humanité la possibilité de percevoir quelque chose des impulsions de l'Homme-Esprit. Cela adviendra lorsque le point vernal passera dans la région du Sagittaire, et que parviendront sur Terre à leur plein dégagement deux races humaines fondamentales : la bonne et la mauvaise. Alors l'image du centaure (Sagittaire) se divisera spirituellement d'une certaine façon en deux parties, de sorte que la race bonne s'appropriera les forces de sa partie supérieure, humaine, tandis que la mauvaise le fera quant a la partie inferieure, animale. A la race bonne ne pourront s'unir que les hommes qui à cette époque pourront donner toutes leurs forces au service de cette Révélation supérieure du Christ, qui descendra alors sur Terre à travers les Êtres spirituels de la Hiérarchie des Archais servant le Christ et conduisant dans Son esprit l'humanité. (GA 15, ch.3).(ll)


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Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:13

DEUXIEME HIERARCHIE

Les Esprits de la forme.


Lorsque nous nous approchons en pensée des êtres des hiérarchies spirituelles, et essayons de remonter à partir des Archées jusqu'aux êtres appelés en grec "Exousiaï", nous en venons à une grande transition. Car ce qui est accompli pour l'homme par les Anges, les Archanges et les Archées, est essentiellement un travail sur l'âme humaine qui peut être comparé à celui d'un enseignant ou d'un guide. Par contre, ce que réalisent les êtres de la Seconde Hiérarchie, est très différent de toutes les activités humaines. Ils sont des créateurs. Dans l'immensité de l'espace, ils appellent la vie à l'existence et transforment les choses vivantes au cours de longs âges. De tous les processus que nous rencontrons sur terre, ce que nous percevons comme étant les effets du soleil sur les choses vivantes, est ce qu'il y a de plus comparable à leur pouvoir. Mais nos sens ne pénètrent pas directement dans la réalité où ces êtres se manifestent. Nous sommes conscients de la lumière du soleil, pourtant ce que nous voyons n'est pas la lumière elle même, mais comme cela fut déjà décrit, le résultat de sa rencontre avec les surfaces. La lumière et l'obscurité qui nous sont familiers, étendent un voile devant nous, dissimulant d'autres lumières, d'autres formes d'obscurité plus riches en changements quoique plus durables. Tout ce qui vit et grandit, dépend de ce royaume situé juste derrière la porte de nos sens. Il s'ouvre aux très fins organes de perception qui commencent nouvellement à se développer au sein de l'humanité, et nous pouvons en acquérir une certaine conscience, lorsque nous passons de la conscience de veille au sommeil ou inversement. Aucun terme traditionnel n'est satisfaisant pour la description de ce royaume. Rudolf Steiner utilise des mots qui peuvent être rendus en français par : "éthérique", "éthéral", ou "forces formatrices". Des types différents de géométrie et de mathématiques existent déjà, bien que peu connus, et doivent être appliqués aux événements de cette sphère. Une partie de ce qui se déroule dans ce royaume fut toujours comparé à notre expérience du son; mais il s'agit de sons n'étant pas portés par les vibrations de l'air ou d'autres substances matérielles. Ainsi dans les anciens écrits de la création, nous trouvons des descriptions d'êtres divins qui parlent, et dont les mots possèdent le pouvoir de susciter de profonds changements cosmiques. Le monde tel que nous le connaissons est le résultat de ces paroles prononcées par les êtres divins. Dans l'épopée finlandaise du "Kalévala", un vieil homme sage dit à Vainamoinen, que le grand fleuve de sang qui s'écoule de sa blessure peut être arrèté par les mots véritables de la compréhension :
Stemmed before were greater torrents,Greater floods than this were hindered,By three words of the Creator,By the mighty words primeval.Brooks and streams in cataracts falling,Bays were formed in rocky headlands,Tongues of land were lincked together.(19)
Dans le Nouveau et l'Ancien Testament, il existe des descriptions similaires. L'Evangile de St Jean parle du Mot qui était avec Dieu, et de la façon dont toutes les choses vinrent à l'existence par l'activité du Mot. Il convient de se souvenir que le terme Grec "Logos", était plus riche et plus profond en signification que tout ce que nous pouvons dire aujourd'hui. Il inclut ordre et proportions, signification et pouvoir. Pour ceux qui furent élevés sous l'influence de l'ancienne philosophie Grecque ou Hébraïque, ou des deux, cela ne posait aucun problème de continuité lorsque st Jean poursuivait par "en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ".Dans la Genèse, le premier grand acte de la création est généralement traduit par "Et Dieu dit , que la lumière soit, et il y eut de la lumière"(20). Il faut se souvenir qu'ici, la lumière n'est pas différenciée en lumière du soleil, lune et étoiles. Tout ce qui suit doit être relié à cette lumière des premiers commencements. Qui est il, qui apporte cette lumière à l'existence à travers la puissance du Mot? Il semble inutile de poser cette question. N'est ce pas "le Dieu Unique à qui la Loi rend son culte, et à qui tous les Prophètes rendent témoignage"? Le terme utilisé en Hébreux est Elohim, et de nombreux érudits ou critiques de la Bible Hébraïque s'interrogèrent sur l'utilisation de ce nom ainsi que de celui de "Yahwé". Le nom "Elohim" est un pluriel, et plus loin, le texte parle des Elohim en disant "nous" et "notre image". Généralement ceci est considéré comme un pluriel de majesté, exprimant la suprématie divine. Mais les formes présentes dans d'autres anciens écrits sacrés et dans les "serments solennels", sont à considérer sérieusement. Nous avons essayé de voir comment dans les temps passés, un roi ne se considérait pas seulement comme un individu solitaire, mais comme le dépositaire de desseins que les mondes spirituels portaient vers lui. Dans ses discours, l'Archange de sa région ou d'autres puissances spirituelles plus élevées parlaient avec lui. Le "nous" était alors ressenti comme réel et pas seulement comme une forme. Plus tard dans la Genèse, lors de l’Annonciation d'Isaac, on peut lire de merveilleuses phrases parlant du Dieu Unique ressenti comme Un et néanmoins différencié en êtres séparés (21). L'homme moderne est souvent tenté de rechercher des démarcations rigides. Par exemple, si quelqu'un parle, est ce Dieu ou un Archange?. Pour les écritures anciennes par contre, l'un n'exclut pas l'autre; quelque chose est dit en même temps par Dieu et au travers d'un Archange. En fait, un Archange ne parle pas sans que le Divin ne parle à travers lui. Ainsi ce n'est pas un rejet de la traduction "Dieu" s'il est dit que "Elohim" est un pluriel véritable et attire notre attention vers un rang particulier des êtres spirituels. Rudolf Steiner dit que le sens originel de l'Hébreux "Elohim", est le même que celui du mot Grec "Exousiaï", tel qu'il est utilisé dans les œuvres attribuées à Denis L'Aréopagite. Ils sont les esprits que nous essayons d'approcher ici, le rang le plus bas de la Seconde Hiérarchie que Rudolf Steiner désigne souvent par "Esprits de la Forme". Dans la Genèse, c'est leur activité qui est décrite dans les six jours de la création. Cette œuvre créatrice est généralement comprise par ceux qui étudient la Bible aujourd'hui d'une manière trop extérieure et matérialiste. Les Exousiaï ne doivent pas être pensés comme créant des objets matériels séparés, mais des formes archétypales. C'est une des grandes confusions de la pensée moderne, d'imaginer que la réalité dans les époques plus reculées, serait ce que l'homme actuel aurait vu, touché, et compris s'il avait été là. Il n'était pas là, et aucune conscience comme la sienne n'existait. Il est irréel de penser qu'un monde semblable au nôtre était la réalité d'alors. Et il est très difficile de réaliser une telle représentation, de la garder vivante, car le monde d'aujourd'hui continue à résonner en nous. Pourtant, ce qui constituait la réalité à ce moment, était ce qu'un rang ou l'autre de ces êtres percevait et comprenait alors. Au début de la genèse, nous sommes élevés jusque dans la conscience des Exousiaï, les Esprits de la Forme. Leurs pensées brillantes de vie amènent à l'existence les formes qui avec le temps seront corporisées, quoique imparfaitement, dans les choses terrestres séparées. Ayant amené ces formes à l'existence spirituelle, non matérielle encore, ils se réjouirent dans leur bonté et leur beauté. Les formes expriment les buts de nombreux êtres plus élevés que les Exousiaï eux mêmes, et serviront les expériences de nombreux êtres plus petits qu'eux. Les six jours montrent la grande scène sur laquelle se feront de nombreuses rencontres, de nombreuses façons de travailler ensemble, de nombreux conflits et tensions. Ils nous mènent de la Lumière Primordiale à la différenciation des eaux, de la terre solide au déploiement des cieux jusqu'aux formes d'existences marines et des oiseaux, pour aboutir à celles des animaux et des hommes. Il y a une chose à laquelle nous devrions êtres attentifs. Dans le second chapitre de la Genèse, il est dit: " qu'il n'y avait aucun homme pour fouler la terre"(é), et ensuite vient la formation de l'homme de poussière. Ce qui naît à l'existence pendant ces Six Jours, n'est pourtant pas l'homme terrestre.

La Genèse ne décrit pas deux récits différents de la création rassemblés, mais deux événements dans l'évolution de l'homme, tous deux immensément signifiants et qui se déroulent à des niveaux différents d'existence.
En filigrane du récit de la création, nous découvrons, bien que ce ne soit pas évident en Hébreux ou dans les traductions que nous possédons, la conception que dans l'archétype originel de l'homme, les qualités masculines et féminines étaient unies. Ce que les Exousiaï amènent à l'existence, est une image complète et parfaite. Ils dessinent en une seule forme les forces qui proviennent de toutes les directions de l'univers; le microcosme comme réflexion complète et totale du macrocosme. Celle ci possède la potentialité de peupler la terre et de gouverner toutes les créatures vivantes. Mais les formes de l'homme et de la femme, telles qu'elles sont présentes dans le monde matériel, ne viendront que plus tard, au travers des événements relatés avec grande profondeur dans le second chapitre de la Genèse. Eve y est décrite, comme ayant été façonnée à partir de la côte d'Adam. Ceci est le travail d'une puissance appelée à partir du quatrième verset de ce chapitre: "Yahweh Elohim". La description témoigne de ce qu'une vie corporelle commence à se dessiner dans les limitations de l'existence terrestre, malgré que ce ne n'est qu'après la Chute, que ces limitations prendront leur plein effet. Ce fut toujours une tâche difficile pour l'être humain d'approcher avec ses propres forces de compréhension et d'imagination, l'Archétype originel de l'humanité. Une forme qui n'est ni homme ni femme, ne portant la marque d'aucune race, d'aucune obscurité, d'aucune pesanteur, d'aucune tristesse ou lassitude. Comment pourrions nous dessiner ou représenter ceci? La méditation de cette question peut nous aider à comprendre pourquoi le peuple d’Israël a si longtemps défendu de façonner des images de la divinité.
L'homme est pourtant cette image, mais qui pourrait l'imaginer ou la représenter dans sa forme parfaite? A notre époque, la publicité nous éloigne de cette grave question lorsqu'elle n'hésite pas à user de cette image terrestre pour attirer l'attention du public sur les plus triviaux des produits qu'elle vante. De quelle façon les Esprits de la Forme sont ils concernés par l'évolution de l'homme terrestre, que la forme archétypale doit illuminer? Il est évident que le nom de Yahweh doit être en rapport avec cette évolution.
Rudolf Steiner parle souvent de la profonde signification de ce nom. Il l'utilise pour désigner un être particulier appartenant au rang des Exousiaï. L'archétype de l'humanité est le travail de sept Elohim servant en unité la divinité au dessus de toutes les Hiérarchies. De ces sept, Yahweh est celui qui assume la tche spécifique de conduire l'homme vers une relation intime avec la terre. La Chute est l’œuvre de Lucifer, elle s'accomplit non par une décision d'éloigner l'homme de la terre, mais de le rendre si profondément terrestre, si étroitement uni aux choses de la terre, que finalement une terre déchue serait rachetée à travers lui. Cette conception de Yahweh éclaire de nombreuses énigmes de l'Ancien Testament. Lorsque les gens d’Israël cherchaient Yahweh dans la contemplation de leur propre destinée, ils se tournaient vers le mystère de la naissance. Chacun d'eux fut envoyé vers son père et sa mère par Yahweh, ainsi qu'Isaac fut envoyé vers Abraham et Sarah. Leur force et leurs faiblesses étaient comprises de même, lorsqu'ils voyaient comment leurs ancêtres avaient obéi ou désobéi à Yahweh. Leur propre obéissance portait ainsi la promesse d'une bénédiction sur tous ceux qui descendraient d'eux. Isral possédait un sens véritable tant de la communauté, que de la responsabilité individuelle. Leur Dieu dit de lui même: "Je suis le je suis"(23).
Yahweh insuffle ce que nous pouvons appeler le premier sens de l'individualité, par l'expérience de la séparation en un corps terrestre, dans sa solitude et sa dignité. Du fait que nous habitons ce corps terrestre, nous ne regardons pas seulement à travers le temps en direction de la naissance, mais plus en avant vers la mort. Et ceci est une grande énigme pour nous, peut être la plus grande. Si la forme archétypale était présente dans l'être humain, le corps ne serait pas vulnérable ou malade; il ne tomberait pas sous le pouvoir de la mort. Il n'y a pas de mort dans les cieux, seulement de la vie qui se transforme, se renouvelle. Le corps terrestre s'est si durci qu'il ne peut plus être l'instrument d'une me ou d'un Esprit, devenus incapables de le transformer. Le développement du corps humain sur terre, n'est pas simple, car il est dans les intentions divines, que l'homme devienne un être libre. Sa forme archétypale se veut être une demeure pour un être libre. Et lorsque l'âme évolue vers l’individualité, en s'éloignant des impulsions originelles de rêves de communauté, le corps devient plus apte à la contenir. Les Archées travaillent en vue de ce but .
Mais le pouvoir de Lucifer s'exerce à développer dans l'âme un sens prématuré de la liberté. Un désir ardent pour l'expérience terrestre grandit en l'âme, et tend à devenir un attachement exclusif aux choses terrestres, à travers lesquelles la liberté peut s'exercer. Mais au même moment où le corps grandit vers une liberté authentique, il souffre de l'intensité des désirs qui émergent dans l'âme. Il devient trop terrestre et trop fiévreux.
Si la diversité des sexes fut apportée par les puissances bénéfiques, Lucifer par contre, cherche à exploiter ce fait en accentuant l'action terrestre pendant les incarnations masculines, et par un surplus d'émotions durant les incarnations féminines. L'individualité véritable cherche constamment à équilibrer cette balance. Lucifer est suivi par son ombre, Ahriman, l'esprit du mensonge. Et il peut être entrevu par les puissances bénéfiques que Lucifer et Ahriman unissant leurs efforts, pourraient être capables de corrompre l'âme et le corps si fortement, que les anciennes intentions divines aboutiraient à rien. Il pourrait ne plus y avoir d'âme capable d'habiter véritablement le corps dont les Exousiaï préparèrent la forme archétypale. Dans de nombreuses représentations anciennes de la crucifixion du Christ, le Soleil et la Lune sont montrés au dessus de la croix. Il y a une profonde signification à ce fait. La lune représente l'attention et l'intérêt de Yahweh pour le sort de l'homme sur la terre. Le soleil, les soins et l'intérêt des six autres Elohim qui travaillent ensemble pour la création de la terre. La terre est enténébrée, la lumière originelle s'est perdue. Mais sur la croix, dans le corps de l'homme, souffre l'être divin vers lequel les Elohim regardèrent dans les hauteurs au dessus des Séraphins, et dont le verbe résonna en eux, lorsqu'ils créèrent l'être humain. Le Christ vit dans un corps mortel, vulnérable, souffrant. Mais les puissants pouvoirs de l’âme qui grandissent au travers de sa présence en Jésus, sont la promesse de toute guérison de maladie. Son me est digne de la forme archétypale lorsqu'il est dit de lui, "voici l'homme". Ceci est vrai comme ce n'est le cas pour personne d'autre. Des êtres célestes, lui seul expérimente de l'intérieur la signification de la mort humaine. Le jour de la crucifixion qui rappelle le sixième jour de la création est le Vendredi, lorsque les Elohim travaillèrent aux esprits formes des animaux et de l'homme. Au jour, où il devrait se souvenir de sa propre création, l'homme apporta la mort à l'être qui donne à la forme humaine son sens véritable, qui l'emplit de façon véritable. Après la mort, le corps fut couché dans la tombe, alors vint le jour du silence, le Sabbath. Puis au premier jour de la semaine, le jour originel de la Lumière non encore différenciée, hommes et femmes commencèrent à rencontrer le Christ dans sa forme de résurrection.
Très tôt dans son œuvre, le Christ avait prédit sa mort et sa résurrection. En accord avec St Jean, non loin de la première Pâques décrite par l'évangile, Jésus dit: "détruisez ce temple, et je le rebâtirai en trois jours". Et l'évangéliste ajoute: "il parlait du temple de son corps".
Ce n'est pas seulement au temps de la crucifixion que ce temple est détruit. A travers de longues époques, les hommes désacralisèrent le corps qui leur fut confié comme demeure. Ils en usèrent comme s'il s'agissait de leur propre œuvre, faisant de lui ce qu'il leur plaisait. Au Vendredi Saint, de longs âges d'abus trouvèrent leur aboutissement et le corps entier fut sujet à la violence destructrice. Ce que le Christ reconstruisit à nouveau, n'est pas le même corps.
Il n'est même pas toujours reconnu comme le sien. Il apparaît dans une maison fermée, et peut disparaître à la vue de tous. Il peut être observé et touché comme un corps mortel, sans toutefois être mortel. Dans l'Evangile de Luc, Jésus est décrit disant: "Voyez mes mains et mes pieds, ceci est moi, touchez moi et voyez, car un esprit n'a pas de chair et d'os comme vous pouvez voir que j'en ai"(24). Ce que les Elohim conçurent en esprit est maintenant accompli. Lorsque Jésus marche sur la terre entre le baptême du Jourdain et le Golgotha, son corps est empli d'une âme et d'un esprit dignes de lui. Mais le corps lui même, est pourtant un corps descendu de son être archétypal, enfermé dans les limitations de la terre. Pour les yeux des disciples, il n'était pas vraiment transparent comme il l'était pour l'être qui l'habitait. Mais maintenant, ils ont devant eux le temple dans sa pleine splendeur, incapable d'injures, aux mains des hommes. Et ce qu'ils virent, n'est pas seulement la forme céleste conçue par les Elohim dans les royaumes au dessus de la terre, mais une forme qui porte en elle et manifeste l'expérience de la vie terrestre et de la mort. Ce fut une tâche difficile pour les grands artistes, de représenter tout ceci. Dans les scènes qui suivent la résurrection, le Christ doit apparaître comme celui qui va vaincre la mort, et possède vie et forces sans limites, quoique l'agonie de la mort soit derrière lui. Le corps est parfait, mais porte pourtant des blessures. Lorsque Paul effrayé aperçoit le Christ dans la plénitude de la lumière primordiale, il ne doute nullement qu'il s'agit de l'être qui fut crucifié. Lorsque Jean était en exil sur l'île de Patmos, il entendit ces mots: "N'aie crainte, je suis le Premier et le Dernier et le vivant; j'étais mort, et voici, je suis vivant à jamais, je possède les clefs de la mort et de l'enfer".(25)
Dans la forme du Christ ressuscité est contenu l'être humain des débuts et celui de la fin terrestres; la promesse et l'accomplissement de sa destinée sur terre. Dans l'Evangile de st Luc, le Christ parle de sa chair et de ses os. Les os sont cette partie du corps qui porte particulièrement la marque des Esprits de la Forme, préparant l'homme pour une existence dans un monde où les choses sont devenues solides, et où il doit porter son propre poids. Tout dans le corps révèle le "Je". Tandis que Socrate avant sa mort, distingue fortement entre son corps et lui même, le Christ peut dire de ses mains et de ses pieds: "que c'est Je moi même"(24),(en grec, egô eimi autos).
Parce qu'ils s'approchent de ce corps qui révèle le moi éternel, la Rédemption de leurs corps commence.
L'Evangile de St Jean note que le Christ souffla sur eux et dit: "recevez l'Esprit Saint"(26). La seconde étape de la création de l'homme dans la Genèse, décrit comment Yahweh "forma l'homme de la poussière du sol, et souffla dans ses narines le souffle de la vie, et l'homme devint un être vivant"(27). Maintenant, Pâques, un second processus de création commence. L'homme peut devenir comme Paul le dit: non seulement une me vivante, mais un esprit créateur. L'air que nous respirons semble sans forme, mais pourtant au long de la vie, il soutient et développe notre forme vivante. L'air est imprégné par la lumière et le souffle du Christ, par la lumière primordiale en laquelle il règne. En recevant ce souffle.
En recevant ce souffle, les disciples peuvent commencer à restaurer le Temple qui fut confié à chacun d'entre eux.
Il n'est même pas toujours reconnu comme le sien. Il apparaît dans une maison fermée, et peut disparaître à la vue de tous. Il peut être observé et touché comme un corps mortel, sans toutefois être mortel. Dans l'Evangile de Luc, Jésus est décrit disant: "Voyez mes mains et mes pieds, ceci est moi, touchez moi et voyez, car un esprit n'a pas de chair et d'os comme vous pouvez voir que j'en ai"(24). Ce que les Elohim conçurent en esprit est maintenant accompli. Lorsque Jésus marche sur la terre entre le baptême du Jourdain et le Golgotha, son corps est empli d'une me et d'un esprit dignes de lui. Mais le corps lui même, est pourtant un corps descendu de son être archétypal, enfermé dans les limitations de la terre. Pour les yeux des disciples, il n'était pas vraiment transparent comme il l'était pour l'être qui l'habitait. Mais maintenant, ils ont devant eux le temple dans sa pleine splendeur, incapable d'injures, aux mains des hommes. Et ce qu'ils virent, n'est pas seulement la forme céleste conçue par les Elohim dans les royaumes au dessus de la terre, mais une forme qui porte en elle et manifeste l'expérience de la vie terrestre et de la mort. Ce fut une tâche difficile pour les grands artistes, de représenter tout ceci. Dans les scènes qui suivent la résurrection, le Christ doit apparaître comme celui qui va vaincre la mort, et possède vie et forces sans limites, quoique l'agonie de la mort soit derrière lui. Le corps est parfait, mais porte pourtant des blessures. Lorsque Paul effrayé aperçoit le Christ dans la plénitude de la lumière primordiale, il ne doute nullement qu'il s'agit de l'être qui fut crucifié. Lorsque Jean était en exil sur l'île de Patmos, il entendit ces mots: "N'aie crainte, je suis le Premier et le Dernier et le vivant; j'étais mort, et voici, je suis vivant à jamais, je possède les clefs de la mort et de l'enfer".(25) Dans la forme du Christ ressuscité est contenu l'être humain des débuts et celui de la fin terrestres; la promesse et l'accomplissement de sa destinée sur terre. Dans l'Evangile de st Luc, le Christ parle de sa chair et de ses os. Les os sont cette partie du corps qui porte particulièrement la marque des Esprits de la Forme, préparant l'homme pour une existence dans un monde où les choses sont devenues solides, et où il doit porter son propre poids. Tout dans le corps révèle le "Je". Tandis que Socrate avant sa mort, distingue fortement entre son corps et lui même, le Christ peut dire de ses mains et de ses pieds: "que c'est Je moi même"(24),(en grec, egô eimi autos). Parce qu'ils s'approchent de ce corps qui révèle le moi éternel, la Rédemption de leurs corps commence. L'Evangile de St Jean note que le Christ souffla sur eux et dit: "recevez l'Esprit Saint"(26). La seconde étape de la création de l'homme dans la Genèse, décrit comment Yahweh "forma l'homme de la poussière du sol, et souffla dans ses narines le souffle de la vie, et l'homme devint un être vivant"(27). Maintenant, Pâques, un second processus de création commence. L'homme peut devenir comme Paul le dit: non seulement une me vivante, mais un esprit créateur. L'air que nous respirons semble sans forme, mais pourtant au long de la vie, il soutient et développe notre forme vivante. L'air est imprégné par la lumière et le souffle du Christ, par la lumière primordiale

LES PUISSANCES
Leur sphère est le soleil. Les Exousiaï (terminologie grecque), Potentates (terminologie latine), sont essentiellement les Esprits de la forme. Ils sont pénétrés d'une énergie qui tend à faire apparaître la forme dans le monde qui se manifeste. Comme les Archées utilisèrent sur Saturne la substance des Trônes pour accomplir leur stade humain, l'homme reçoit aujourd'hui l'élément nécessaire à son Moi. Ce don est écrit dans le premier chapitre de la Bible : « Et Dieu dit : Faisons l'homme à notre image... » Dieu représente ici les Puissances, et plus spécialement ce groupe pour lequel le texte hébreu n'emploie pas le mot « Dieu », qui est un singulier, mais « Elohim », qui est un pluriel. Et lorsqu'au deuxième chapitre de la Bible la création de l'homme terrestre succède à cette première création céleste, ce deuxième don est également décrit. Mais il résulte cette fois d'une partie de la substance solaire des Elohirn qui s'est détachée pour s'unir aux forces lunaires ; six Elohim sont restés sur le soleil, le septième, Jéhovah, conjugue avec eux les forces qu'il dirige depuis la lune vers la terre. Dans les traductions, on trouve pour Jéhovah l'expression : « l'Éternel Dieu ». Le don d'une forme humaine habitée par un moi est fait alors aux hommes; c'est l'époque où les conditions proprement terrestres sont apparues sur l'Atlantide. « Alors l'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre et souffla dans ses narines une respiration de vie ; et l'homme devint une âme vivante (3). »

LES ESPRITS DE LA FORME


La région du Scorpion-Aigle est liée avec la Hiérarchie des Exousiai ou Esprits de la Forme. Sur l'ancien Saturne déjà, ces Esprits se sont préparés à leur activité de mise en ordre et de mise en forme, par le fait qu'ils sauvegardaient dans les limites de Saturne tout ce qui y fut accompli par les Hiérarchies supérieures (GA 110, 10.4.1909). A l'époque de la Terre, ces Esprits de la Forme (les Elohim en accord avec l'appellation biblique) sont proprement les créateurs et les guides de tout le développement terrestre. Ils donnent une forme close à tout ce qui existe sur Terre (GA 105, 7.8.1908), parvenant finalement à cela par le durcissement en quelque sorte, et par la mise en forme des actions des Trônes à la surface de la Terre, actions s'épanchant à partir de son centre, et des Dynamys agissant à partir de la périphérie (GA 121, 11.6.1910). Ils reçoivent les forces pour leur travail précisément de la région zodiacale du Scorpion-Aigle, dont les épanchements provoquent le figement et la cessation de tout mouvement (dans la nature extérieure, ces forces apparaissent en particulier en novembre précisément).
Vers l'époque lémurienne, l'homme a pu suffisamment progresser dans son développement, pour que les Esprits de la Forme aient pu verser en lui une partie de leur propre substance, devenant dans l'homme la substance de son Moi. Ce mystère du Moi, la double image du Scorpion-Aigle le dissimule en elle. Car au cours de son développement ultérieur, le Moi humain, en tant que résultat de la tentation luciférienne, a accueilli en soi, ensemble avec la liberté, également un certain penchant au mal. De là provient le caractère double du Moi, qui, pour cette raison, apparaît dans l'Apocalypse sous l'image du glaive à double tranchant (GA 100, 25.6.1908). De façon étonnante, cette double image du Moi est rendue dans la "Cène" de Léonard de Vinci. Dans cette Cène, l'aspiration du Moi humain vers son idéal supérieur, vers le Moi divin, est gravée dans l'image de l'Aigle-jean, assis à droite du Christ 3ésus. L'aspect opposé du Moi, ne désirant servir que ses propres buts égo7stes, est le Scorpion-judas. Entre les deux est placé Pierre, simultanément apte au service sacrificiel supérieur – "tu es Pierre", lui dit le Christ 3ésus (Matth. 16/18) –, et à la trahison. Néanmoins, il tend de toutes les forces de son âme vers la première chose. Sur la fresque, on l'a souligné par le fait qu'il se penche vers jean. – Sur la Terre présente, les Esprits de la Forme agissent à partir du Soleil ; c'est pourquoi l'élément fondamental à travers lequel apparaît leur influence est l'élément de Lumière. Ils y ont une sorte d'habit (Kleid) extérieur (GA 105, 7.8.1908). Leur essence même n'appartient pas a la Lumière extérieure, mais est apparentée à la Lumière spirituelle.(12) Le Moi humain, traversant une évolution correcte, aspire également vers la Lumière spirituelle. L'image de cette aspiration se manifeste dans l'aigle volant, aspirant à s'élever aussi haut que possible, afin d'absorber pleinement et au maximum les flots de lumière solaire saturant l'atmosphère. Il lui est opposé le rapport à la Lumière spirituelle du Moi disposé de façon égoïste. Il la hait et la fuit. De façon extérieure, ce rapport fut représenté dans l'image du Scorpion qui a peur et qui se cache toujours de la lumière. Et si on le place tout de même à la lumière solaire et si on le prive de la possibilité de s'en cacher, alors il met un terme à sa vie par le suicide, il se pique lui-même.
Il y a encore un autre point de vue où l'action des forces du Scorpion-Aigle indique le lien de ces dernières avec les Esprits de la Forme. Au milieu de l'Atlantide, à l'époque du Scorpion, l'homme a pour la première fois pénétré de l'entour terrestre sur la Terre ferme. Simultanément il reçut les premières insertions des substances minérales dans son corps physique, ce qui eut pour résultat que ce corps revêtit peu à peu une forme permanente et définitive (GA 105, 10.8.1908). D'un autre côté l'image de l'Aigle est davantage liée à la spiritualisation ultérieure de toute forme créée, en partant des forces du Moi humain pleinement développé. Nous avons affaire dans la figure de jean-l'Evangéliste à une haute initiation, ayant pour tâche justement l'atteinte du but en question. C'est pourquoi parmi les quatre évangélistes, son symbole est l'Aigle. Un rapport particulièrement profond envers la sphère des Esprits de la Forme est celui de Christian Rose-croix, dont l'initiation peu de temps après 1250 advient exactement au moment du développement humain où l'ascendant spirituel des Esprits de la Forme – à l'opposé de l'ascendant physique – sur les faits terrestres fut inhabituellement grand (GA l26, 31.12.1910), ce qui fait qu'il a pu influencer, au sens de l'impulsion de l'Aigle, de façon spiritualisante jusqu'à la forme physique-même de celui qui était initié (GA 130, 27.9.1911). Cette initiation permet dans le futur à Christian Rose-croix d'endosser une nouvelle mission après la métamorphose du Scorpion en l'Aigle, ce qui pourlui-même sera lie au plus grand martyre auquel l'homme puisse se soumettre (GA 133, 20.6.1912). – Et en conclusion il faut faire remarquer encore un autre aspect des influences des forces du Scorpion en liaison avec l'activité des Esprits de la Forme. Peu de temps après avoir gratifié l'homme du principe du Moi, advint la séparation de l'humanité en deux sexes. Cela s'accomplit sous l'ascendance cosmique directe provenant de la région du Scorpion (GA 105, 7.8.1908), et qui eut pour résultat que l'homme a pu conserver en son intérieur une partie des forces qu'il utilisait antérieurement pour reproduire ses semblables. De ces forces retenues s'est formé avec le temps le cerveau humain (GP 11, ch.V), en tant que fondement physique du développement ultérieur de la Moi-conscience individuelle. Cependant, une conséquence en fut que désormais à la substance purement spirituelle de l'Amour, dont les porteurs sont pendant la période
terrestre les Esprits de la Forme et qu'ils impriment peu à peu à l'humanité dès le tout début de son développement (GA121, 11.6.1910), est venue s'y mélanger la possibilité de son altération, surgie à notre époque dans la confusion de l'amour spirituel et de l'amour sensuel. Ce dernier devient particulièrement dangereux lors d'un développement occulte qui n'est pas correct, et qui a pour résultat que l'homme, en pénétrant 'trop tôt dans le monde astral, s'expose au danger de succomber à l'influence de certains êtres démoniaques, formant la suite des Esprits de la Forme rétrogrades, et liés au processus de la prolifération des diverses races humaines sur Terre (GA 121,11.6.1910). Une conséquence en est la confusion entre l'occultisme et l'érotisme, menaçant l'homme d'un total obscurcissement de sa Moi-conscience.
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Re: Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme

Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:14

les esprits du mouvement

Lorsque les êtres humains endurent de grandes tempêtes ou des tremblements de terre meurtriers, de profondes énigmes s'éveillent en nous. Les maisons que nous construisons, les vêtements que nous portons, semblent nous protéger suffisamment contre l
es événements naturels tout au long de notre vie, et sous beaucoup de climats les mouvements de la nature sont la plupart du temps amicaux envers l'homme. Les vents forts ou la brise légère, le flot des rivières et des fleuves, le lent passage du sol
eil et des étoiles devant le ciel, tout cela, en général nous le trouvons bon. Mais si la terre ferme et les vents agissent soudainement tels de violents ennemis, alors une question anxieuse se pose dans les profondeurs de notre me. Que se passe-t-il?
Ne s'agit-il que de ce monde extérieur qui fut toujours indifférent et, par les hasards de l'évolution, la plupart du temps serviable et inoffensif à notre égard? Ou est-ce un ennemi capable de s'emparer des éléments et d'en user comme d'une arm
e ? Ou encore, l'homme doit-il affronter la colère de Dieu? Notre monde actuel donne souvent la première solution comme réponse, et les époques anciennes, la troisième ou la seconde.
Shakespeare était très concerné par les effets des tempêtes sur l'être humain. La "Tempète", débute par l'image d'un bateau que ballotte l'orage, et Lear, rencontre le fond de sa détresse en errant par cette terrible nuit. Le plus grandiose de tous les orages, est sans doute décrit par Périclès, lorsque sa reine va enfanter de leur seul enfant sur le pont d'un bateau.
O dieu de ce vaste abîme, réprime ces vagues qui éclaboussent le ciel et l'enfer; toi qui commande aux vents, emprisonne-les dans l'airain, après les avoir rappelés de ces profondeurs! Oh! apaise tes assourdissants et terribles tonnerres; éteins doucement tes brusques jets de flamme!...Ah! Lychorida, comment va ma reine?
O ouragan, dans cette bave venimeuse veux-tu te cracher tout entier? Le sifflet du capitaine est comme un murmure à l'oreille de la mort; il n'est pas entendu! Lychorida!... Lucine, “ divine patronne, divine accoucheuse si secourable à celles qui crient dans la nuit, transporte ta déité à bord de notre esquif secourant; abrège les douleurs de ma femme!...(28)

La tempète et les secousses sismiques, font que l'homme ressent sa mortalité, toutes les faiblesses et les malaises de son propre corps. Sa domination sur la nature semble alors bien mince face aux pouvoirs déchanés autour de lui. D'un instant à l'autre, sa vie individuelle pourrait prendre fin. Péryclès est averti par sa garde malade, Lychorida, que Thaysa est morte à la naissance de leur fille. Quant à Lear, après la tempête, il n'en aura plus pour longtemps à vivre.
Lorsque dans un lointain passé, les hommes parlaient de la puissance, ils ne l'attribuaient ni à eux, ni à une nature extérieure insouciante. Ce domaine était l'apanage des êtres divins. Les hommes sentaient qu'ils ne devaient pas oublier que malgré tous les sursauts d'orgueil, le pouvoir et la puissance appartenaient à Dieu. Lorsque le nom de ieu était ressenti comme trop sacré pour qu'on le prononce, un mot qui signifiait "puissance" pouvait être utilisé pour le représenter.
Dans le texte Grec de l'Evangile selon St Matthieu, Jésus parle devant le tribunal de Ca‹phe, de "la main droite du pouvoir". Le mot utilisé est "dunamis". C'est aussi le terme utilisé par Denis l'Aréopagite pour le cinquième rang des Hiérarchies que Rudolf Steiner appelle les Esprits du Mouvement. Ils sont les porteurs du pouvoir illimité de Dieu devant lequel l'homme doit sentir son absolue faiblesse. C'est dans leur royaume que nous sommes confrontés aux plus profondes questions concernant la destinée de l'homme.
Lorsque nous regardons les animaux, nous ne comprenons la signification de leur forme que lorsque nous les voyons en mouvement. Ils ont à l'intérieur d'eux toute la puissance qui est nécessaire à leur activité, et ceci s'exprime parfaitement dans ces mouvements et dans ces formes. Comparé à eux, l'homme est une créature maladroite. Mais les animaux, s'ils développent cette grâce parfaite, c'est au détriment de l'universalité. Un animal n'est pas de la même façon que l'homme un microcosme, un univers complet en miniature. Chaque animal est confiné dans une tâche spécifique, et ses membres et sa forme globale en ont découlé. Par là, le "Je" et l'individualité n'ont pas pour les animaux le même sens que pour l'homme. Les animaux et les oiseaux ont des qualités très définies, mais le développement du moi quotidien en un serviteur de plus en plus parfait du grand Moi éternel - question souvent abordée dans ce livre- n'aboutit pas à l'intérieur d'un animal en particulier. Pourtant, selon Rudolf Steiner, de sages individualités utilisent les nombreux animaux d'une espèce donnée, un peu comme nous usons de nos doigts. Un seul esprit par exemple, est à l’œuvre derrière toute la multitude des moutons. Ces esprits-animaux sont les descendants des Esprits du Mouvement, et la contemplation de la destinée de l'animal en relation avec la destinée de l'homme, peut nous guider vers la compréhension de ce rang des Hiérarchies.
L'animal individuellement n'est pas très sage, mais il est capable d'aimer. Ce qu'il possède comme sagesse appartient pour la plus grande part à l'esprit-groupe, et se dévoile en de nombreuses activités qui sont répétées sans cesse. La formation des cellules d'une ruche par les abeilles en est un exemple. Un animal peut aimer d'autres membres de son espèces ou des hommes, s'adaptant parfois d'une façon remarquable à des situations et à des êtres humains particuliers.
Les animaux aiment, et souffrent de douleur. Ils s'affligent des événements qui leur arrivent et endurent de la peine dans leur corps tout comme l'homme, mais restent confinés dans cet état. Ils ne savent pas vraiment ce qui a causé leur trouble, ni combien de temps cela durera. Ils ne peuvent prendre conscience comme l'homme, que leur peine résulte éventuellement de leur propre stupidité ou de leur propre faute.
Pour l'homme, l'existence de la souffrance peut devenir une question posée à l'univers, comme le deviennent la présence d'un orage d'ou un cataclysme naturel. Il peut s'interroger au sujet de la justice divine. Comment un Dieu juste peut-il permettre à tant d'êtres innocents de souffrir? Nous pouvons essayer d'examiner plus attentivement la souffrance, ce qu'elle est et comment elle naît. Si nous observons les animaux, nous pouvons voir qu'ils éprouvent de la joie dans la majeure partie de leur existence. Ils éprouvent une profonde satisfaction dans l'accomplissement de leurs activités naturelles, comme se nourrir, se réchauffer ainsi que dans leur camaraderie et leurs jeux. La souffrance provient généralement chez eux, de l'interruption ou de l'empêchement de ces activités. Pour satisfaire ses besoins, se nourrir, se chauffer, s'échapper, l'animal combat. Et ici nous touchons un des mystères de la souffrance. Un animal tout comme parfois l'homme, peut souffrir sans connaître clairement la cause de cette peine, ou savoir comment la soulager. L'animal, en fait, ne connaît jamais la cause d'une souffrance ou de son remède comme un homme peut le faire. C'est la sagesse incluse dans son organisme qui l'amènera ou non vers la réponse juste. Dans sa conscience actuelle, il y a quelque chose de semblable à l'expérience que fait l'homme quand il rêve. L'image de ce qui est nécessaire, va s'élever en lui comme un prisonnier peut rêver qu'il marche librement. Dans certains cas, c'est l'être humain qui peut se montrer incapable d'interpréter la signification de sa souffrance. Il est possible pour un enfant, de rester affamé pendant un long moment sans savoir qu'il a besoin de nourriture.
Pourtant, chaque peine et chaque malaise suscitent une réaction. Un animal qui est attaqué, cherche à s'enfuir ou à combattre. Et chez l'homme, la première réaction est le mouvement, avant même que la souffrance ne soit identifiée. Mais la détresse permanente nous conduit vers une conscience plus grande, ainsi qu'un rêve affreux peut nous réveiller. Alors, nous pouvons peut-être savoir si notre détresse est oui ou non en rapport avec ce que nous appelons la réalité.
C'est la destinée de l'animal de ne presque pas pouvoir s'éveiller, et il est miséricordieux que sa souffrance ne soit généralement que de courte durée, sauf lorsqu'il est poursuivi par l'homme, par ses sévices, ses pièges et ses expérimentations. Les combats d'animal à animal sont généralement brefs. C'est l'esprit-groupe de l'animal qui sait ce que la souffrancee des membres de son espèce signifie dans l'économie générale, et cet esprit est bien plus éveillé que l'homme.
Lorsqu'un être humain est attaqué, il répond généralement par une forme de colère. Il considère l'animal ou l'homme qui l'attaque, comme un ennemi et comme du mal. Il convient en fait de distinguer entre ce qui semble être de la violence ou de la sauvagerie animale et la violence des hommes. Un animal peut se nourrir aux dépends d'autres animaux ou défendre son territoire contre d'autres membres de son espèce. En cela, il suit les nécessités de sa propre nature et c'est un manque de compréhension que de voir cette attitude comme un mal. Ce n’est pas du mal lorsqu'un serpent mord l'homme qui le ramasse sans permission.
Nous ne nous sentons pas responsables de ce que nous faisons dans nos rêves, à moins de les regarder comme un reflet véritable de ce que nous sommes pendant la vie de veille. Un être humain peut causer de la peine à un autre être humain sans intention de la causer, ou même en essayent de l'aider. Une action ne peut être appelée mal, en vérité, que lorsque son auteur produit à dessein la peine et les souffrances qu'il cause, et agit sous l'action d'une impulsion étrangère à sa plus profonde nature. Un être humain qui commet un véritable meurtre, comme détruire consciemment la vie d'une autre personne, a déjà tué quelque chose en lui-même. Une telle action ne cause pas de la souffrance uniquement à la victime, mais généralement aussi à tout un cercle de personnes concernées. Ceci est une souffrance qui n'est pas facilement comprise. Très souvent, lorsque nous souffrons, nous pouvons remarquer que ceci nous est directement bénéfique, et nous met en garde contre des influences malfaisantes ou pernicieuses dans notre organisme qui sans cela resteraient inaperçues. Mais lorsqu'un homme choisit délibérément de faire le mal, cela ne ressemble à rien d'autre qu'à une tragédie
Quoiqu'il en soit, les rapports entre le mal et la souffrance ne sont pas simples. Le mal cause toujours de la souffrance, bien que toute souffrance ne puisse être reliée au mal de façon directe. Et si nous essayons de comprendre la personne qui fait le mal, nous pouvons découvrir qu'il y a en elle une grande souffrance à l'arrière plan. Un homme peut sentir que lui ou des gens proches, ont souffert d'une grande injustice pour laquelle il n'y a pas eu de réparation. Il peut sentir que la puissance responsable de cette souffrance continue à agir toujours aussi injustement. Ou un homme peut souffrir d'un désir irrésistible comme David pour Bathseba, et ne voir aucun moyen de le satisfaire, excepté par un terrible méfait. Nous constatons donc que la souffrance peut se métamorphoser en mal, là o— l'être humain ne voit pas d'autre échappatoire.
Lorsque Shakespeare décrit un homme possédé par le mal, c'est souvent cela qu'il insinue. Richard III souffre de sa laideur et devient un tyran. Olivier dans "comme il vous plaira", souffre car d'autres trouvent son frère Orlando plus aimable que lui, et dès lors, il planifie sa mort. Iago trouvant son ambition frustrée par Othello détruit le bonheur des autres et finalement plusieurs vies. Dans "Le Roi Lear", l'infmie D'Edmunt jaillit de l'amère découverte qu'il n'est qu'un btard. Mais Shakespeare est bien conscient que la souffrance n'a pas toujours ce résultat. Un être humain peut grandir dans une radieuse et patiente qualité d'indulgence, ainsi que la reine Catherine dans "Henry VIII", un des derniers passages que Shakespeare ait écrit.

Le mystère du mal devient plus profond encore, si nous ne regardons pas seulement vers les animaux et les hommes, mais vers les royaumes spirituels. A notre époque, beaucoup de théologiens, pensent qu'il est enfantin de croire que l'homme possède des ennemis spirituels. Mais à moins de reconnaître qu'il n'existe rien derrière la frontière de nos sens physiques, il n'y a aucune raison valable de dénier que des pouvoirs mauvais existent autant que des bons. Nous voyons le résultat de leur travail, mais il est néanmoins intriguant que de tels êtres puissent venir à l'existence et demeurer, non pas dans le monde physique, mais dans un royaume dont nous aimons penser qu'il n'est empli que de la gloire divine. Et l'être humain s'est toujours demandé pourquoi il fut permis que de tels êtres possèdent tant de pouvoir?
Comme nous avons essayé de le voir, les hommes ont toujours cru que la puissance n'appartenait finalement qu'à Dieu, le tout puissant. Pourquoi la partagerait-il avec ces êtres maléfiques? Le Nouveau Testament utilise le même terme pour Dunamys, qui signifie divinité, et pour les puissances mauvaises des cieux contre lesquelles le Chrétien doit combattre. Anciennement, l'écrivain et auteur du livre de Job, se confronta à ce problème, trouva quelques grandes réponses, mais elles nous sembleront peut être incomplètes.
Les Esprits du Mouvement œuvrent au centre de ces questions non pas en théorie, mais comme de puissantes réalités. Ceci pourrait sembler contredire ce qui a été dit plus haut, que la Troisième Hiérarchie est concernée par la guidance de l'âme humaine alors que la Deuxième Hiérarchie est composée d'êtres créateurs dans le monde de la nature et dans les forces vitales de l'homme. En fait, les activités des Esprits du Mouvement ne sont pas limitées aux seuls aspects de l'âme, mais observent sa progression durant l'évolution terrestre, et les effets de ces changements sur les forces de vie dans l'homme et dans le monde. Ce sont eux qui, longtemps avant que la terre n'existe, tirèrent l'homme de son état de rêve. Dans ces anciennes conditions d'existence, alors que les Anges passaient par un stade que l'homme développe actuellement sur la terre, les Esprits du Mouvement étaient déjà des créateurs. Ceci est la phase appelée par Rudolf Steiner, l'Ancienne Lune. Durant cette phase, les hommes possédaient un état de conscience comparable à celui des animaux d'aujourd'hui et il n'existait alors, aucune forme solide. Tout était en continuelle transformation, et ces changements constants apaisèrent les tristesses et les désirs auxquels l'homme était alors sujet. Lorsqu'elle rencontre le changement, l’âme peut se fortifier même pendant qu'elle rêve.
Sur terre, l'âme humaine n'a sans doute pas perdu tout lien avec le stade lunaire, car dans ce que nous appelons la vie éveillée, nous rêvons encore pour une bonne part. Et nous ne sommes pas encore capables de rencontrer la souffrance et le mal avec assez de force intérieure. Sur la voie du développement spirituel, l'exercice du renforcement intérieur est une tâche que chaque homme doit accomplir avec l'aide de ceux qui lui sont proches. Mais il s'agit aussi d'une tâche pour l'humanité en général, et lorsqu'un progrès est fait en ce sens, il n'y a pas seulement transformation dans l'âme humaine, mais aussi dans le corps de vie ou corps de forces formatrices. Une disposition d'âme devient alors un habit de vie.
Parmi les qualités de l'âme qui peuvent devenir des caractéristiques de base du corps vital, il en est deux qui possèdent une grande signification en vue de la rencontre avec la souffrance et le mal. Ce sont le courage et la compassion, dont les Esprits du Mouvement ont depuis longtemps déposé le germe en l'homme. Il n'est pas difficile de voir combien l'être humain est ennobli par ces qualités, mais on ne comprend pas toujours qu'elles n'auraient pu s'éveiller en lui, si la souffrance n'était pas présente dans le monde. Nous avons besoin du courage pour affronter la souffrance et de la compassion pour partager la souffrance des autres. Un courage bien plus grand encore est nécessaire afin d'affronter la présence et l'activité du mal de manière juste.
Courage et compassion, vont tous deux à l'encontre des penchants naturels et pourtant nécessaires de l'homme. Nous souhaitons éviter la souffrance, et si ce n'était pas le cas elle ne pourrait être un avertissement au sujet des maux qui déchirent nos corps. Par contre, lorsqu'un idéal se doit d'être accompli, le courage accepte la probabilité de la souffrance et la compassion nous rend apte à partager des souffrances qu'il serait possible d'éviter. Il est tout aussi naturel pour l'homme, d'espérer en un monde où le mal ne serait pas présent. Mais son dévouement à de grands idéaux aurait moins de signification, s'il n'avait à rencontrer des ennemis sur sa route. Il n'a nullement besoin de haïr ces ennemis, la compassion peut s'étendre à eux, si nous reconnaissons l'origine du mal dans la souffrance, et que vivre dans le mal est aussi une sorte de souffrance. Car le mal est une obsession semblable à un état de siège. L'âme assaillie de tous côtés par des impulsions de jalousie, peut sentir qu'il lui est impossible de changer cette atmosphère. La hane d'une autre personne peut infecter tout notre être et tous nos actes. S'il est facile de blmer quelqu'un qui est soumis à de tels sentiments, il serait beaucoup plus utile d'éprouver de la compassion pour elle. Et Shakespeare se révèle être un homme du futur, lorsqu'on remarque que les personnages de ses pièces qui sont obsédés par une atmosphère maléfique - Shylock, Macbeth, Leonte - gagnent progressivement notre compassion, bien qu'il n'oublie nullement que le mal soit une réalité.
L'obsession est un manque de mouvement. Pourtant, tel l'animal douloureusement blessé, elle peut produire une activité destructrice. L'homme obsédé ne peut être aidé que par la tranquillité et l'action combinées de façon à créer la paix intérieure. Lorsque ceci se réalise, inactivité et désordres disparaissent. Si maintenant, nous pouvons imaginer cela comme une qualité non seulement à l'intérieur et dans l'entour de l'âme humaine, mais œuvrant en une majesté cosmique dans le soleil et le
s planètes, alors nous nous approchons en sentiment des Esprits du Mouvement.
Il y a des moments dans l'histoire de l'humanité, où par le biais d'une personnalité ou d'un groupe de gens, s'ouvrent de grandes portes au travers desquelles l'influence des Esprits des Hiérarchies peut affluer. Rudolf Steiner a décrit comment ceci se déroula dans la vie de Gautama Bouddha. Ce qui se déversa au travers de lui comme une influence profonde avait sa source dans un Esprit du Mouvement qui est en connexion avec une des planètes intérieures, Mercure, le rapide et agile Hérault de l'aube et des couchers. Alors que l'homme européen développait surtout le sens du courage, s'exprimant ainsi par des valeurs martiales, l'homme oriental recevait les enseignements doux et pacifiques d'un mode de vie qui ne blesserait aucun être vivant.
Quelques siècles après la venue du Bouddha, d'innombrables représentations de sa forme furent fabriquées. En regardant celles-ci, les hommes percevaient tout d'abord une grande tranquillité, un silence que ne troublait aucune ombre de malaise ou de froideur. Et pourtant un mouvement naquit de ce calme. Un mouvement qui touche et pénètre toute souffrance de tendresse et d' espoir. Le Bouddha n’œuvre pas seulement pour ceux qui regardent son image. Des mes qui furent inspirées par lui, insufflèrent son influence dans des civilisations qui n'avaient peut-être même pas entendu prononcer son nom. Des mes de cette sorte, sont parmi celles qui sont les plus capables de comprendre le Christ comme guérisseur de l'humanité. C'est de ce point de vue, que Luc l'évangéliste décrit le Christ comme le porteur d'un pardon et d'une mansuétude capables de rétablir les êtres humains dans la maison de Dieu.
Dans la conception de Luc, Bouddhisme et Christianisme se fondent ensemble, bien que l'homme européen ne soit tout d'abord pas apte à préparer son me pour la compassion. A travers les siècles apparaissent néanmoins périodiquement des hommes et des femmes qui la révèlent dans leurs actions. St Christophe à Iona, St Elisabeth à Marburg, St François en Italie. En chacun d'eux, grandit un courage exceptionnel qui se métamorphose en une compassion sans bornes. Dans beaucoup de récits qui parlent d'eux, les animaux jouent un grand rôle. Comme s'ils commençaient à reconnaître en ces hommes et femmes, la promesse que leur longue tristesse prendra fin.
Un des signes les plus encourageants de nos temps, est de constater que lorsqu'un désastre surgit en n'importe quelle partie du monde, une réponse de compassion semble venir rapidement de presque partout. Nous semblons déjà avoir fait un long chemin vers l'apprentissage et la conscience du fait qu'il n'y a pas de souffrance humaine qui ne nous concerne tous. Cette compassion se tourne aussi vers les animaux, bien que des sommes énormes de souffrance par l'expérimentation ou dans les fermes usines, restent cachées à la vue du public. Mais nous manquons souvent de courage pour exprimer la compassion en actes. Dans les grands ou les petits faits, nous hésitons par conventionnalisme ou peur. Alors qu'à notre époque, les actes de courage personnel et d'endurance sont nombreux, nous avons une peur énorme de la souffrance physique et de l’âme. Et un manque de courage quasi universel s'exprime dans la peur d'une rencontre avec des réalités d'ordre spirituel. Cette peur, présente depuis longtemps dans l'humanité, fit que le Christ lorsqu'il apparut en vision à Jean, dut dire même à un si grand homme: "n'aie crainte". C'est particulièrement entre l'adolescence et vingt ou vingt cinq ans, que beaucoup de jeunes font des rencontres soudaines avec des réalités spirituelles. Le choc et l'égarement produits peuvent être très rudes. Le renforcement de nos capacités de courage et de compassion a besoin d'être entrepris consciemment, comme une étape sur le sentier du développement spirituel.
Dans la plus profonde quiétude que nous puissions atteindre, nous devons essayer de nous préparer pour des événements et des rencontres à venir, qui demanderont de nous une présence active. Nous avons besoin de reconnaître non seulement comme une idée dans nos esprits mais comme un sentiment habituel, qu'un danger ne sera pas plus dangereux si nous le considérons pour ce qu'il est. Nous devons sentir encore et encore en méditation, que les êtres et les événements spirituels sont aussi réels et en fait plus réels, que ne l'est le monde visible autour de nous.
Lorsque après la mort nous pénétrerons le monde de l'esprit après avoir quitté le corps, ce monde ne sera pas quelque chose d'étrange pour nous, mais une maison familière vers laquelle nous retournons après l'avoir si souvent oubliée. Et des incidents qui peuvent sembler étranges et terrifiants en eux-mêmes prendraient toute leur signification s'ils étaient expérimentés comme un tout, comme une ombre à la porte peut apparaître avant que nous n'y reconnaissions notre ami.
Par tout ceci, nous nous rapprochons du royaume des Esprits du Mouvement. Ils souhaitent amener plus en avant l’âme jusqu'alors plongée dans le rêve. Dans le monde physique elle s'éveille, mais doit se préparer pour tout ce qui peut être demandé d'elle afin de s'éveiller au delà des réalités d'ordre physique. Après la mort, nous nous sentirons bien plus unis aux autres et aurons à vivre des rencontres plus étranges que nous n'en avons jamais faites ici, malgré que sentiments et rencontres nous ramènent en fin de compte à des choses qui sont des parties de nous-mêmes.
D'une fa‡on merveilleuse, certains arts peuvent nous aider dans cette voie. Observons toute la grce du mouvement qui est présente dans les animaux - qui rampent, marchent, volent, nagent, bondissent - et sentons en nous-mêmes l'infinie variété des mouvements dont nous sommes capables. A travers toute l'histoire, la danse fut l'une des merveilles de la vie et un pont entre le visible et l'invisible. A notre époque un nouvel art du mouvement, l'Eurythmie, amenée à l'existence sous la guidance de Rudolf Steiner, ajoute à la poésie et à la musique un langage des membres très riches. La vue ou la pratique de tels mouvements peuvent avoir des effets guérissants. Nous nous retrouvons alors nous-mêmes dans toute la variété de notre être.
Nous avons essayé de voir que le mal est un manque dans le mouvement, un refus d'accepter et d'accomplir une transformation nécessaire. Le mal provient d'un passé qu'on ne veut pas laisser derrière soi, ou d'un futur qui voudrait s'imposer avant l'heure. Il s'agit maintenant d'amener tout cela dans le pas mesuré de la grande danse.


LES VERTUS
L'expression Vertus a perdu aujourd'hui la force qu'elle avait lorsqu'elle traduisait l'essence active d'un être, d'une plante. Ce sens primitif, on le retrouve dans les mots Vertus ou Dynamis qui servent à désigner la Hiérarchie supérieure ou Puissances. La meilleure traduction serait aujourd'hui : les Vigueurs. Ces Esprits, qui sont ceux du mouvement, de l'activité, de la force, ont leur sphère sur Mars. L'Aréopagite parle de « la
mâle et invincible vigueur qu'ils déploient dans l'exercice de leur divine fonction, qui les empêche de faiblir et de céder sous le poids des augustes lumières qui leurs sont départies ». En fait, ils reçoivent des Esprits de la sagesse le plan coordonné dans lequel ils introduisent l'activité ; ils le mettent en action et le passent aux Esprits de la forme qui le condenseront dans les œuvres qu'ils créent. On a vu quel rapport unit l'essence de l'homme terre aux Puissances, entités situées quatre degrés au-dessus d'elle dans l'ordre hiérarchique. Or les Vertus sont dans le même rapport avec les Anges qu'ils ont aidés sur la Lune à conquérir la conscience ; car ils ont introduit leur dynamisme dans ce que les Anges avaient reçu antérieurement du sacrifice des Chérubins. Grâce à eux, la conscience d'images est devenue vivante, changeante, stimulante pur ses oppositions et ses transitions. (3) II faut se reporter, pour comprendre l'action des Esprits de la forme, à la description grandiose que Rudolf Steiner en trace dans - La Création selon la Bible – les mystères de la Genèse, paru aux Editions du Centre Triades, Paris, 1980.
L'action des Dynamis s'exprime aussi bien dans lu musique des sphères que dans le caractère mobile de l'astral, aussi bien dans les associations et dissociations de l'éther, dans les pulsations de la sève et du sang, que dans les mouvements de l'espace universel. Ils sont activité pure ; on se forme à les percevoir intérieurement en se plongeant dans le devenir des êtres vivants.


LES ESPRITS DU MOUVEMENT



La région de la Balance est liée avec la Hiérarchie des Dynameis ou Esprits du Mouvement. Ce lien réciproque, nous pouvons le ressentir en prenant en considération ce qui suit. Si nous jetons un regard global sur notre système solaire : sur le Soleil et les planètes tournant autour de lui, alors nous sommes frappés
surtout par un fait, reconnu également par la science extérieure, à savoir : toutes les planètes ensemble avec le Soleil, ne forment un tel système stable et clos en soi, que parce qu'ils se trouvent constamment dans un mouvement d'équilibre les uns par rapport aux autres. Du point de vue spirituel, les causes d'un tel mouve- ment relatif d'équilibre de toutes les planètes de notre système solaire, réside justement dans l'activité des Esprits du Mouvement. Car, d'après Rudolf Steiner, ces Esprits ont pour lieu fondamental de leur séjour le Soleil, alors que leurs forces agissent du Soleil vers les planètes, et des planètes sur Terre (GA 136, 13.4.1912), suscitant ainsi le mouvement thesmonique des différentes planètes, dont la conséquence est la stabilité et l'équilibre de toutes les forces agissant à l'intérieur du système solaire.(13) Du point de vue de la cognition inspirative, une telle action réciproque de toutes les forces de notre système solaire sous la conduite des Esprits du Mouvement, s'exprime par ce que dans l'Antiquité encore, les pythagoriciens appelaient la musique des sphères : elle est l'expression vivante de cet équilibre mobile qui règne dans notre Cosmos planétaire. Son reflet sur Terre est constitué des propriétés chimiques de la matière, qui sont également basées sur l'équilibre mobile entre les processus de combinaison et de désagregation dans le monde physique. Toutefois dans leur rapport envers la Terre, les Esprits du Mouvement accomplissent encore une autre tâche tout à fait particulière : en agissant à partir de la périphérie, à partir des sphères des planètes, ils retiennent et équilibrent les forces des Trônes, s'épanchant à partir du centre de la Terre, dont la conséquence est l'apparition et toute la configuration de la surface terrestre. "Ce qui réellement est ici, c'est une compensation de forces et en même temps un contrat entre les Esprits de la Volonté et les Esprits du Mouvement, qui est conclu de façon telle qu'il donne les configurations les plus diverses à la Terre." (GA 121, 11.6.1910). Tous les agissements des Esprits du Mouvement, venant d'être décrits, ne peuvent s'accomplir que grâce à leur lien avec la région zodiacale de la Balance, dont les forces spirituelles ont commencé à se manifester à travers les Esprits du Mouvement encore sur l'ancienne Lune. Car la fois-là déjà leur tâche fondamentale fut : ramener en équilibre également le rapport correct du Soleil et de la Lune qui se sont séparés l'un de l'autre, dont la position dans le Cosmos à cette époque fut semblable à deux plateaux d'une gigantesque balance, nécessitant leur équilibrage. Dans l'existence animique des êtres de l'ancienne Lune, à partir du vécu de ce déséquilibre, apparut le sentiment d'une tristesse intérieure ; par contre l'équiiibre, suscité par les Esprits du Mouvement, apportait la satisfaction et la possibiiité de la poursuite du développement (GA 132, 21.11.1911).
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obsidienne

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Re: Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme

Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:14

Les Esprits de la sagesse.

Il devient lentement évident à nos yeux, que les actes les plus familiers recèlent de grands mystères. Nous n'acceptons pas aisément que marcher et dormir, respirer et manger, choses que nous avons faites toute notre vie, restent si profondément mystérieuses. Peut-être avons nous accumulé quantité de connaissances scientifiques, et ensuite, quantité de connaissances d'ordre spirituel, mais si nous avons compris ce qui fut étudié, nos questions à propos des choses simples deviendrons plus grandes et non plus petites.
Nous regardons vers la merveilleuse variété du monde. Des moutons broutent dans une prairie, un cerf grimpe au sommet d'une montagne, et d'insondables mystères s'offrent à nous. Regardons notre visage dans un miroir, nous voyons l'image d'un œil qui regarde sa propre image. Nous ne savons pas comment tout cela peut se faire, et les questions que nous posons conduisent aux limites de l'univers et reviennent vers nous, qui questionnons. Pour accomplir un véritable acte de connaissance, nous devrions nous transformer nous-mêmes. Et ceci est le véritable mystère, un acte de connaissance qui peut seulement s'envisager par une transformation de la pensée, du sentiment et de la volonté.
En observant les animaux et les plantes, nous sommes confrontés au mystère de leurs différences. Dans le silence d'une grande forêt nous pouvons observer le mouvement d'un animal, sentir la lente croissance d'un arbre ou d'une simple fleur, l’aguets anxieux et la réaction fulgurante d'un lièvre ou d'une souris. Mais ce que nous voyons là, d'un arbre ou d'une fleur, d'un animal ou d'un oiseau, est incomplet. Et si nous voulions rechercher la totalité de ce qui leur appartient à chacun, il nous faudrait alors pénétrer en d'autres mondes.
Un merveilleux passage de la Genèse éclaire tout ceci. Abraham s'en revient d'un long voyage pendant lequel il délivra Lot, son parent, de ses ennemis. Et Melchisédek qui était Roi de Salem et prêtre du Dieu Très-Haut, prit du pain et du vin, le
bénit et dit:
"Béni soit Abraham par le Dieu Très-Haut, créateur du ciel et de la terre. Et béni le Dieu Très-Haut, Qui a livré tes ennemis entre tes mains. Et Abraham lui donna la dme de tout".(31)
Ici est décrite en quelques mots, une rencontre pleine de significations. Abraham et Melchisédek sont les représentants d'une ancienne sagesse sacrée mais ont des tâches différentes à accomplir. Lorsque Abraham porte une offrande au Dieu dont il est
le serviteur, c'est un animal. L'offrande de Melchisédek qui est du pain et du vin, Abraham la reconnaît comme quelque chose de plus élevé. Lorsqu'un homme des temps anciens faisait une offrande véritable, celle-ci devenait transparente et il pouvait voir au travers d'elle dans le monde spirituel, monde sans lequel cette offrande serait incomplète. Il ne la désignait jamais comme sa propre possession terrestre, mais contemplait la sagesse sacrée d'où cette offrande provenait et qui aurait autorité sur elle pour toujours. Lorsque précédemment dans la Genèse, Abel sacrifie un animal, ce sacrifice est accepté. Ca‹n, par contre, lorsqu'il apporte l'offrande du "fruit de la terre", ne trouve pas d’acceptation. Ce qui se révèle ici n'est pas une banalité, mais de savoir comment l'homme peut accomplir des actions qui réconcilient les cieux et la terre.
Il y avait une profonde humilité dans le fait de sacrifier un animal. L'homme d'alors ne se sentait pas très éloigné de la conscience rêveuse des animaux, et son me vivait sous l'emprise des peurs et des désirs, incapable de comprendre ce qui se d2
2roulait en elle avec une compréhension s–re. Il s'était emparé du fruit de l'arbre de la connaissance, du bien et du mal, avant de pouvoir en user convenablement. Ainsi, en offrant un animal qui lui ne prétendait pas avoir la sagesse en sa propre possession, il montrait qu'il cherchait l'esprit à l'extérieur de lui. Et le Divin répondait à cette humilité.
Mais si d'autre part, il apportait la pure offrande qui vient du blé et du vin, il se devait d'avoir quelque chose en lui qui égale cette pureté. Il devait avoir fait de l'acte de connaissance une part réelle de lui-même et ne ressentir aucune fierté de cette possession, bien qu'elle fasse de lui, un Dieu. Il devait sentir un Moi immortel briller en lui depuis les hauteurs du monde, ainsi que les champs en fleurs reflètent les prairies étoilées des cieux.
Avec Caïn, tout ceci ne s'est pas encore accompli. Il saisit le futur sans y être préparé et assuma le destin terrible d'être le premier meurtrier. L'être immortel s'étant éveillé en Melchizedek, il n'est plus seulement l'enfant d'une famille terrestre comme la lettre aux Hébreux le montre. Il est sans père, sans généalogie, et n'a ni commencement, ni naissance, ni mort, mais à l'image des enfants de Dieu, il prie pour toujours.
Melchisédek n’apparaît que pour un moment dans la narration de l'Ancien Testament. Le mystère du pain et du vin est révélé à nouveau lors de la venue du Christ. Et maintenant, l'offrande est apportée par celui qui uni en lui, l'Arbre de la Connaissance et l'Arbre de Vie, qui est pur don de soi, dans sa connaissance et sa vie. Melchisédek est Roi de Salem, ce qui signifie Roi de la paix. Au cours du Dernier Souper, le Christ apporte sa propre paix aux disciples, "Je vous la donne non pas comme le monde vous la donne". Par le Christ, les hommes participent d'un royaume qui dépasse tous conflits, celui de l'ordre tranquille des cieux. Le pain et le vin deviennent transparents pour les plus hautes Hiérarchies Spirituelles.
L'animal possède sur terre un corps physique, un corps de vie, et le porteur des joies, des désirs et des douleurs - qui est appelé le corps Astral. Dans les régions les plus proches de l'invisible, là demeure la sage individualité des espèces. La plante ne possède ici qu'un corps physique et un corps éthérique. Son corps astral qui appartient au même royaume que les esprits-groupes des animaux ne l'effleure que doucement. Il existe pour les plantes, de grands esprits-groupes, et les exemplaires particuliers des végétaux en sont les membres. Ils œuvrent à un niveau plus élevé de l'existence, atteint par l’âme humaine un temps considérable seulement après la mort. Ces esprits-groupes des plantes, peuvent véritablement être appelés célestes, bien qu'ils soient très concernés par les faits terrestres. Ils sont les descendants des Esprits de la Sagesse, le rang supérieur aux Esprits du Mouvement, et sont le rang le plus élevé de la Deuxième Hiérarchie. Ils reçoivent leur sagesse créatrice de la Première Hiérarchie, les Séraphins, les Chérubins, les Trônes, et la tissent dans la vie du système solaire. Nous pouvons sentir quelque chose de la grandeur du soleil, en nous tournant d'abord vers les Esprits de la Forme, par qui toutes choses visibles tendent vers leur archétype. Vers les Esprits du Mouvement, par lesquels tous les êtres se rencontrent et se séparent, traversant difficultés et accomplissements. Et enfin, vers les Esprits de la Sagesse, qui donnent à toutes choses leur signification et leur place dans l'ensemble.
Shakespeare essaya souvent dans ses pièces de créer une image de cette sphère située au-dessus de tous conflits. Dans "Le Roi Lear", la nuit du tumulte est peuplée d'animaux sauvages et souffrants. Le matin, Lear marche dans une prairie et se tresse une couronne de fleurs sauvages. Dans "Macbeth", nous avons côtes à côtes le tyran qui se compare lui-même à un ours enchaîné et le Roi véritable, décrit comme une fleur souveraine guérissant sa région. Plus tôt dans la pièce, nous découvrons une image qui revient souvent chez Shakespeare, le banquet. Macbeth, en tant que meurtrier, ne pourra y participer. La présence du fantôme de Banquo trouble le souper et les invités sont priés de s'en aller d'une façon oublieuse de leur rang. Dans "La tempête", d'étranges figures d'un autre monde dressent un repas devant "trois homme de péché", et le retirent avant que ceux-ci ne puissent le partager. Tous avaient pris part à la réalisation d'un crime ou possédaient des intentions meurtrières. Dans "Henri VIII", les Esprits célestes apparaissent en vision à la Reine Catherine l'invitant à un banquet, qu'elle est estimée digne de partager. L'expérience de cette vision, contraste avec l'entrée effrontée et inattendue d'un messager de la cour terrestre.
Shakespeare est souvent concerné par la nécessité d'un ordre entre les hommes, et par la rupture tragique de cette ordonnance sous l'influence de l'ambition et la jalousie. Une communauté menacée par la perte de l'harmonie et de la justice, il la représente comme un jardin empli de mauvaises herbes. Lorsque arbres et fleurs ont tous leur juste place et leur stature correcte, quelque chose de la paix des cieux est réalisé. Ainsi doit-il en être des communautés humaines.
Durant le Dernier Souper, la communauté des douze vit dans la plus haute tension entre la dissociation et l'harmonie. Tous se sentent emportés par la volonté aimante du Christ, mais chacun se sent désespérément indigne, presque un traître. Chacun est seul et pourtant uni aux autres. Léonard de Vinci a miraculeusement représenté ce moment. Les apparences des douze sont variées, ils sont agités dans leurs mouvements. Pourtant le tableau dans son ensemble donne une impression d'unité, de tranquillité. La paix et l'acceptation de la destinée jaillissent de la figure du Christ et du disciple bien aimé, Jean, qui est à sa droite. Et on pressent que les disciples réaliseront bient“t le sens de la communauté au service du Christ, malgré qu'ils aient encore à traverser beaucoup d'égarements et de désespoirs. Le Christ leur prédit que pendant les heures approchantes de son arrestation et de la Passion, ils seraient dispersés. Il peut leur dire: "je suis la vigne véritable, et vous êtes les branches". Durant la période qui suit l'incarnation, le grand guide de la communauté au service du Christ, c'est Paul. Encore une fois, tout commence par une rencontre qui survient là ou le monde innocent des plantes se révèle dans ses merveilles. Paul arrive des montagnes désertiques dans la gracieuse et fertile région qui entoure Damas. L'âme emplie de colère, il rencontre la forme pacifiante et questionnante du Christ. A dater de cette rencontre, grandit en lui le pouvoir de réunir des hommes en des communautés fervente où chaque individu possède sa propre place.
En accord avec une ancienne tradition, c'est à Damas que Ca‹n tua Abel. Et maintenant c'est de Damas que naît un grand pouvoir de réconciliation réunissant les contraires: le fraudeur et le gentil, l'esclave et le maître, le jeune et le vieux. Paul voit cette grande communauté de la réconciliation dans l'image de l'olivier, en lequel les branches qui furent coupées peuvent être greffées à nouveau. Dans la Bible, durant de longues époques depuis les temps qui suivirent le déluge, l'olivier fut considéré comme un signe de paix après la tempête.
Les premiers chrétiens représentaient parfois le mystère de leur communauté par un entrelacs de formes végétales; des roses, des épis de blé, des grappes, des olives. Si nous essayons de contempler ces quatre formes de la plante et comprendre leur importance pour l' être humain, elles nous aideront à développer nos sentiments pour les Esprits de la Sagesse, éveilleurs d'un juste sens de la communauté. En chacune de ces formes, nous pouvons voir d'une manière spécifique comment les forces terrestres et célestes s'y rencontrent en une merveilleuse harmonie. Dans la plante elle-même, cette rencontre est vécue en une conscience encore plus ténue que celle du rêve. La plante est endormie comme nous le sommes lorsque nous passons loin derrière le royaume des rêves. Dans le sommeil de la plante et le sommeil profond de l'être humain, s'accomplit une harmonisation avec le grand univers qui se réalise rarement dans les rêves ou la vie de veille. Mais par l'expérience de la compassion, comme cela fut décrit en connexion avec les Esprits du Mouvement, et par l'expérience du travail communautaire, o— nous pouvons être aidés par les Esprits de la Sagesse, quelque chose comme un plus haut niveau d'éveil peut être atteint.
Dans le parfum d'une rose, on peut sentir comment était le monde lorsque les pouvoirs créateurs des Esprits de la Sagesse furent emplis de plénitude, bien que rien n'était encore descendu dans les conditions liquides ou solides de l'existence. C'était un monde d'air empli d'une lumière essentielle, bonté et générosité oeuvraient partout inspirées par cette heureuse sagesse. Si nous pensons à un jardin de roses, à l'air chaud et parfumé, à la claire lumière du soleil qui n'est ni brûlante ni aveuglante, et à des enfants qui jouent, cette image évoquera l'ambiance qui régnait sur l'Ancien Soleil. Sur terre nous réalisons cela imparfaitement, mais tout comme un être humain qui eut une enfance très heureuse peut être soutenu par elle toute sa vie, les Archanges comme nous avons essayé de le voir, peuvent contempler la vision de leur enfance cosmique et en recevoir du soutient. Par là, s'exprime la relation particulière qu'ils entretiennent avec les Esprits de la Sagesse, comme les Anges en ont une avec les Esprits du Mouvement. Les Archanges inspirent des communautés particulières, des nations, ou des périodes plus courtes dans le développement des civilisations. Et des Esprits de la Sagesse, nous pouvons obtenir l'inspiration pour le développement de communautés véritables et conscientes. Au travers de la Rose, ils nous parlent non seulement de la bonté du passé, mais d'un bien être à réaliser dans le lointain futur lorsqu'un amour qui ne revendique rien et ne ressent aucune jalousie, vivra en l’âme humaine. Passé et futur se rencontrent dans la chaleur et la lumière du présent, en vue d'une communauté qui recevra la bonté de Dieu en un cœur reconnaissant devenant lui-même une Rose.
Dans le blé et dans les céréales en général, nous avons des formes de la plante qui sont en rapport avant tout, avec l'air empli de lumière. Sur leur minces tiges, elles essayent de laisser derrière elles la lourdeur de l'eau et de la terre, ne gardant qu'un peu des plus fines substances. Flottant dans l'air ensoleillé, elles préparent le pain de l'homme. Les céréales sont des herbes transformées, elles nous ramènent vers le temps ou l'homme sut les développer à l'aide d'une grande sagesse et d'une grande patience, sous l'inspiration de l'ancien guide Zarathoustra. Le pain soutient particulièrement le système nerveux qui porte l'empreinte des Esprits de la Sagesse, alors que les os portent celle des Esprits de la Forme, et les muscles celle des Esprits du Mouvement. En aidant l'humanité à développer les céréales, Zarathoustra préparait le développement progressif d'une connaissance consciente, ainsi que l'éveil de l'homme pour les tâches terrestres. Ceci fait aussi partie du chemin par lequel une communauté se réalise. Apprendre à transformer la sauvagerie en douceur et le désordonné en ordonné, ou simplement en aidant ce qui donne peu, à donner plus.
La vigne semble agir presque dans la direction opposée. Elle semble capable de détruire la conscience plutôt que de l'augmenter. N'en fut-il pas toujours ainsi depuis le temps ou elle enivra No, jusqu'à l'heure présente? Les alcools de toutes sortes épaississent la sensibilité de nos perceptions du monde extérieur, nos perceptions morales et esthétiques. La vigne elle-même, est porteuse de chaleur plutôt que de lumière. Elle s'accroche à proximité de la terre, et son fruit mûrit non à la lumière solaire ou à sa chaleur directe, mais à la chaleur terrestre réfléchie. Pourtant, l'histoire de l'ivresse de No indique réellement une expérience vécue par un initié qui dut se poser la question: "comment ce cadeau de la chaleur solaire transformée en obscurité terrestre, serait-il le mieux utilisé?" A travers les siècles, les centres de Mystères utilisèrent l'usage du vin comme une aide pour emmener sur terre, non seulement les perceptions et l'entendement humain qui s'éveillaient, mais aussi ses sentiments et sa volonté. L'homme doit oublier pour un temps son origine dans l'Esprit et s'attacher profondément au corps physique. Il trouvera la communauté grâce à cet attachement, par la vie de la tribu et de son pays. Mais il ne faudrait pas que ceci aille trop loin car la lumière divine pourrait se perdre en même temps.
Au cours du Dernier Souper, le Christ parle de lui comme de la "vigne véritable". Une des interprétations du mot vérité en grec, "alethe‹a", est "qui n'est pas oublié". Lorsque le Christ s'unit avec la chaleur de la terre, il n'oublie pas les cieux. Cela reste toujours clair pour lui, d'ou il vient et vers quel lieu il se dirige. Et pourtant, il est plein d'amour pour la terre et le corps physique. Lorsque ses communautés lui sont fidèles, elle perpétuent cet amour.
L'olive aussi, possède une place remarquable dans l'histoire. Les Athéniens, la ressentaient comme étant plus particulièrement leur arbre, le don de leur déesse Athéna. Bien sur, il est plus ancien que la civilisation grecque, mais sa signification atteint ici une certaine apogée. Son huile fut longtemps utilisée pour oindre, en vue de la guérison des malades ou lors de la consécration des rois et des prêtres. Ce qui est dur et rugueux dans un monde solide, elle va l'adoucir à nouveau. Ainsi sa signification intérieure est à mettre en rapport avec les fonctions externes. Les pensées d'un roi ou d'un prêtre, ont besoin d'être variées et mobiles, elles devraient être capables de prévenir les frictions. L'olive, en son gris d'argent et ses branches noueuses, possède l'apparence des anciens ges comme l'ne chez les animaux. Son huile peut aider au passage de la terre vers le monde spirituel.
Le prêtre oint avec l'huile, est dépositaire d'une tche héritée des anciens Mystères, bien qu'il ne soit pas un initié. Il doit produire le pain et le vin dans le même esprit que Melchisédek, par le pouvoir de la communauté et non du sien. Il peut rendre le pain et le vin transparents pour la lumière et la chaleur du soleil spirituel, utiliser l'huile pour aider ceux qui sont au seuil de la mort, car les membres de sa communauté sentent le Christ à l'intérieur d'eux comme leur rédempteur.
Les guides des communautés assurent d'une certaine manière les fonctions de roi ou de prêtre. Ils devraient aider les individus et ceux avec qui ils sont en rapport, à trouver leur juste place dans l'ensemble du corps, afin d'être, comme Paul les décrit: des yeux ou des jambes, ou des mains satisfaits. Pour cela, une sagesse réelle et désintéressée est nécessaire. Aucun homme ne devrait revendiquer cette sagesse comme étant la sienne propre, elle ne peut que grandir comme une grâce lui étant rendue. Mais il est un enseignement vers lequel il peut se tourner, et qui est destiné à ceux qui désirent chercher cette grce. Il s'agit du Sermon sur la Montagne que nous trouvons dans l'Evangile selon St Matthieu. Cet Evangile a en fait, une relation particulière avec les Esprits de la Sagesse, comme les trois autres Evangiles en ont une avec les trois rangs de la Première Hiérarchie. C'est l'Evangile qui nous parle des hommes sages venus de l'Est pour apporter leurs offrandes à l'enfant de Bethléem. Il décrit comment cet enfant est emmené, afin d'échapper à la violence d'Hérode, vers l'ancien pays de la sagesse: l'Egypte. Il contient d'abondants enseignements destinés particulièrement aux disciples qui voudraient devenir de futurs enseignants et guides de congrégations. Beaucoup de difficultés à comprendre le Sermon sur la Montagne peuvent être surmontées, si on se souvient qu'il est destiné à ceux qui se préparent eux-mêmes à de telles responsabilités, et pas seulement à des chrétiens. Chaque mot doit être jugé dans ce contexte précis autant que dans le grand contexte des responsabilités humaines en général.
Combien de lecteurs des Evangiles en langues actuelles, ont pu être découragés par ces mots: "Vous, pour cela, devez être parfaits comme votre Père céleste l'est"(35). Le mot grec signifiant parfait est "teleios", qui possède aussi la signification de "complet" et "adapté à son utilisation". C'est la qualité qu'un animal sacrificiel doit posséder, être exempt de défauts. Mais le contexte montre ici, que ce qui est signifié n'est pas que les disciples doivent être exempts de défauts dans le sens de ne pas avoir de fautes - car ils seront appelés très vite à reconnaître leurs fautes dans la prière du Père- mais que l'amour et la compréhension qu'ils donnent à leurs congrégations ne devraient pas être partiaux, préférant une personne à une autre, mais aillent vers tous. Ceci est une responsabilité qui appartient à la vocation qu'ils assument. On peut presque appeler cela, responsabilité professionnelle. Ainsi nous attendons d'un docteur ou d'une infirmière, qu'ils donnent des soins identiques à un patient, qu'il soit désagréable ou aimable, ou d'un juge qu'il ne favorise pas ses amis.
Dans le Sermon sur la Montagne, d'autres choses encore peuvent être vues sous cet éclairage. Si les Mages peuvent vraiment être appelés "hommes sages", on ne peut pas dire sans réserves des disciples, qu'ils sont sages ou bons. Néanmoins, les premières sentences du Sermon sur la Montagne apportent la bénédiction du Christ sur eux, les montre comme des mendiants de l'esprit et des gens assoiffés, affamés de justice. Mais ils n'ont pas à chercher la justice pour eux-mêmes par représailles, pendant qu'ils guident une communauté. Comme un enseignant ou une infirmière, par exemple, ne peuvent pas se permettre de répliquer à un enfant ou à un patient. Ils doivent penser d'abord à ce qui est nécessaire ou demandé par celui qui les a injurié.
La sagesse enseigne que chacun doit être accepté et possède une place nécessaire dans la communauté. Il est très facile de voir ceci comme un principe mais difficile de le réaliser effectivement. Nous sommes partagés entre sympathies et aversions
. Mais la tâche elle-même, nous enseigne. être dépassées, si on se souvi



LES DOMINATIONS
Les Seigneurs, les Kyriotetes, siègent sur Jupiter. Ils sont dans l'univers les Esprits de la sagesse qui élaborent et coordonnent les impulsions que la première Hiérarchie leur inspire et qu'à leur tour ils confieront aux Dynamis. Leur sagesse n'est pas comparable à celle à laquelle un être humain peut aspirer. Elle n'est pas une pensée, mais un fleuve de vie dont le trop-plein déborde sur toute la création, qui s'en abreuve. Dans ce trop-plein de sagesse se sont formés les êtres de l'ancien Soleil, cosmos de sagesse. Les Kyriotetes furent alors pour les Archanges les démiurges que les Exousiaï sont pour nous. Ils les aidèrent à prendre conscience d'eux-mêmes, cependant que de cet échange cosmique naissaient les conditions propices au germe éthérique humain.Les Dorninations ont empreint alors de leur sagesse la substance de l'éther cosmique, qui en a conservé sa structure jusqu'à maintenant. Et ils continuent de déverser leurs forces dans l'éthérique, de précipiter vers la terre l'éther des mondes. Mais à la hauteur où sont les Esprits de la sagesse, ils ne peuvent plus faire à l'homme de don direct. (Il en est ainsi à partir des Puissances.) Leur activité est devenue trop supérieure à la sienne. Les Archanges leur servent d'intermédiaire en cela, comme les Anges le sont à l'égard des Vertus.


Nous voici parvenus aux régions les plus hautes où vont se découvrir les entités qui jouissent de la vue immédiate de Dieu. Jusqu'à elles, les impulsions divines n'ont pu être que communiquées, transmises. La première Hiérarchie les puise directement à la source vive. Leur activité créatrice est de nature telle qu'elle survit comme une réalité objective alors même que ces entités s'en détachent. Leur œuvre, c'est la Création. « Les natures qui composent cette première Hiérarchie sont très éminemment pures, non pas seulement en ce sens que nulle tache, nulle souillure ne les avilit et qu'elles ne subissent pas la loi de nos imaginations matérielles, mais surtout parce que, inaccessibles à tout principe de dégradation et douées d'une sainteté transcendante, elles s'élèvent par là même au-dessus des autres esprits, si divins qu'ils soient ; et encore parce qu'elles trouvent dans un généreux amour de Dieu la force de se maintenir librement et invariablement en leur ordre propre, et que nulle altération ne peut leur survenir, la raideur d'une volonté invincible les attachant saintement aux fonctions merveilleuses qui leur furent assignées. Egalement, elles sont contemplatives, inondées d'une lumière qui surpasse toute. connaissance spirituelle, et admises, autant que leur nature le permet, à la vision de cette beauté suréminente, cause et origine de toute beauté, et qui reluit dans les trois adorables Personnes... 3') Elles sont parfaites aussi... Ainsi, constituées d'une façon merveilleuse pur l'auteur de toute Hiérarchie qu'elles entourent au premier rang, elles apprennent de lui les hautes et souveraines raisons des opérations divines » (Denys l'Aréopagite).

LES ESPRITS DE LA SAGESSE



La région de la Vierge est liée avec la Hiérarchie des Kyrioteteis ou Esprits de la sagesse. Déjà dès le tout premier début, l'image de la Vierge céleste, en tant qu'indication de l'essence cosmique de la Sophia divine, de la Sagesse originelle du Monde, nous dévoile son profond lien précisément avec cette Hiérarchie. Une indication plus détaillée de l'action des forces provenant de la région de la Vierge à travers la Hiérarchie des Kyrioteteis au cours du développement de Saturne, du Soleil et de la Lune, nous est donnée par l'imagination de la Vierge-épouse revêtue du Soleil, au douzième chapitre de l'Apocalypse. Dans cette imagination, les douze étoiles autour de la tête parlent de l'activité des Esprits de la Sagesse au temps de l'évolution saturnienne,(lV) lorsque ceux-là édifiaient tout de façon telle, "qu'un accord put avoir lieu avec le corps céleste particulier qui se crée là, entre Saturne et tout l'Univers." (GA l10, 1Q.4.1909). Ensuite, l'image du Soleil dont est revêtue la Vierge (Rudolf Steiner parle également de la Vierge donnant naissance au Soleil, 16.9.1907, GA 28Q) désigne l'activité des Esprits de la Sagesse aux temps de la deuxième incarnation de notre Terre, lorsqu'ils octroyaient à l'humanité, à partir des forces solaires cosmiques, le corps éthérique, la munissant ainsi du principe de vie. A la fin, la Lune aux pieds de la Vierge indique l'activite des Esprits de la Sagesse aux temps de l'évolution de l'ancienne Lune, dont une conséquence fut l'apparition sur Terre de l'argent (GA 136, 14.V.1912), métal témoignant de la victoire remportée sur les forces inférieures lunaires par les forces supérieures solaires. Nous trouvons toutes ces qualités gravées au plus haut degré dans l'image de Marie de l'Évangile selon Luc, qui apparaît comme le reflet terrestre de l'Être-même de la Sophia céleste. Son lien avec le Cosmos spirituel, sa disposition à donner naissance à "l'âme vivante",(15) à l'enfant 3ésus de la lignée nathanéenne de David, destiné à recevoir en lui le Soleil spirituel du Monde, et à la fin, sa pureté et son innocence, exprimées par leur pleine non-participation aux forces inférieures lunaires, toutes ces quaiités, elle les transmit à l'autre Marie, à Marie de l'Évangile selon Matthieu, en s'unissant à elle à partir du monde spirituel au moment du Baptême dans le Jourdain (GA 11Q, 19.9.1909). Ainsi apparut cette Entité d'épouse-vierge à qui il appartenait de devenir pour toute l'humanité chrétienne la porteuse de la plus haute Vertu humaine. Le modèle cosmique primordial de cette plus haute vertu humaine, nous devons le chercher sur l'ancien Soleil auprès des Hiérarchies des Kyrioteteis ou Esprits de la Sagesse, plongés dans la contemplation du grand sacrifice apporté par les Trônes aux Chérubins. Car "par le regard porté sur ces faits sacrificiels, ils furent invités à faire rayonner à partir d'eux-mêmes ce qui est leur propre être : la sagesse rayonnante, s'épanchant à flots, en tant que 'vertu donatrice'." (GA 132, 7.11.191 l). Et le représentant de cette "vertu donatrice" au sein de l'humanité est cet être d'épouse-vierge, qui dans le monde entier chrétien est vénéré en tant que "Mère du Seigneur", en tant que reflet terrestre de la céleste Sophia. Toutefois, afin de devenir son représentant, il lui était nécessaire de recevoir dans son coeur la haute Sagesse sacrificielle, coulant du vécu de la vie terrestre du Christ Jésus, Sagesse qui, telle une épée, devait lui transpercer le coeur (Luc, 2/35), afin que puisse s'en épancher dans le monde des hommes la plus haute "vertu donatrice" (schenkende Tugend).
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Re: Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme

Message par Archange le Jeu 9 Jan - 0:14

Super! merci pour ces partages obsidienne je suis justement en plein dedans en ce moment !! l'imprimante va chauffer    study

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Re: Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme

Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:19

LA PREMIERE HIERARCHIE

Trones - Chérubins - Séraphins

Avec la Première Hiérarchie, nous atteignons un point culminant dans la difficulté de comprendre et de décrire des êtres spirituels par l'entendement et les mots humains. Il y a deux raisons particulières à ce fait. La première concerna longtemps Denys l'Aréopagite. Ces êtres sont très proches de la divinité supérieure, de son être inexprimable; et de ce fait tous les mots humains doivent s'effacer. L'autre raison est nouvelle. Sans la Première Hiérarchie, il n'y aurait pas de monde physique. Rudolf Steiner est formel sur ce point, et c'est une idée du même ordre qui illumine les textes de l'Aréopagite. Mais à notre époque, les physiciens proposent une conception du monde diamétralement opposée. Leur conception n'est pas satisfaisante à bien des points, mais nous sommes pourtant persuadés qu'elle doit avoir quelque rapport avec la réalité, car elle s'impose avec une efficacité terrible. Si leur étrange théorie d'une multitude de particules qui ne sont pas des particules, mais se transforment en quelque chose qui n'est pas au sens ordinaire une chose; si ceci représente la nature du monde physique, quelle place reste il pour la Première Hiérarchie? D'immenses énergies longtemps endormies, peuvent s'éveiller, déclenchant la destruction à un degré tel que l'homme jamais ne l'imagina. Cette vision est très difficile à concilier avec la bonté comme fondation des choses. Mais cela fonctionne. Le physicien conçoit pour ces énergies, des dispositifs extrêmement délicats et complexes, qui réussissent ainsi à les libérer. Pour utiliser une expression qui pourrait sembler triviale, c'est comme si une mère laissa traîner toutes sortes de poisons, des explosifs, et des instruments tranchants, dans une pièce o— ses petits enfants jouent seuls. Dieu semblerait donc avoir déposé des matériaux dangereux presque partout.
Des questions telles que la souffrance et le mal ont depuis longtemps obnubilé l'esprit de l'homme. Et nombreux sont ceux qui cherchèrent à expliquer que sans la souffrance et la peine, l’âme humaine n'apprendrait pas, et que sans la possibilité du mal, l'homme ne pourrait être libre. Mais quelle nécessité concevable y avait-il, disons le cr–ment, de laisser se faire une chose aussi dangereuse? Peut-être que finalement derrière ce problème, il y a quelque chose d'essentiel à apprendre pour l'homme.
A nouveau, en considérant les hiérarchies, nous sommes ramenés à la question: qu'est ce que la réalité? Le mot anglais "real", réel, se rapporte au mot Latin "res", une chose. Ceux dont la langue est proche du Latin sont donc rendus attentifs, sans pour autant le remarquer, que la réalité est une affaire de choses. Tandis que les mots équivalents en néerlandais (Wertigheid?) ou en allemand (wirklich), relient la réalité avec l'idée de travail, avec l'efficacité. Probablement que la majorité des êtres humains à travers le monde, pensent à la réalité en rapport avec des faits et des processus physiques. Mais c'est ne pas constater et prendre en compte, que toutes nos idées sur les phénomènes extérieurs proviennent de ce que quelqu'un pense et perçoit, c'est à dire d'événements se déroulant dans la conscience et pas uniquement dans l'espace et le temps. Que serait une chose si elle n'avait aucune conscience, si personne ne la percevait et la comprenait? Cette chose pourrait très bien ne pas être? On conçoit bien mieux la réalité comme composée d'êtres conscients avec leurs activités, leurs rapports réciproques.

Nous passons une grande partie de nos vies, en contact avec des objets matériels qui semblent presque inconscients. Mais toute la tonalité de ce livre fut de montrer que ce n'est qu'une illusion. Ne pouvons-nous pas penser qu'une pierre ou qu'un objet façonnés pourraient devenir transparents de la même façon qu'une plante vivante peut l'être, nous révélant ainsi des mondes d'êtres créatifs?
Avant d'essayer de répondre, peut-être devrions nous devenir attentifs aux conséquences que le temps passé en rapport avec les objets matériels, peut avoir sur nous. D'un autre côté, ceci nous instruit sur la connaissance de ce que nous faisons actuellement. La voiture roule suivant notre façon de conduire, un gâteau sort du four comme nous l'avons préparé. Là o– des technologies complexes sont utilisées, un sens très fin des responsabilités peut se développer. Prendre soin ou non dans l'utilisation des choses matérielles, peut avoir des conséquences à longs termes.
D'autre part, on pourrait très bien croire que les objets matériels ne ressentant ni joie ni peine, sont entièrement remplaçables. Qu'il est sans importance par exemple, qu'on les jette. Un homme peut diriger tout son esprit vers un but à accomplir et regarder les objets utilisés sur ce chemin, avec indifférence.
On constate finalement que le désintérêt pour les objets peut conduire au désintérêt pour les gens, et l'attention portée aux objets matériels rendre attentif aux soucis des autres. En fait, nous sommes souvent concernés autant par les objets que par les gens, car une chose matérielle représente généralement le travail de quelqu'un. Mais nous aimons penser que chaque objet peut être remplacé, tandis que nous savons qu'une personne non.
C'est comme si le monde matériel nous posait une grande question: "comment vas-tu m'utiliser?". Lorsque quelqu'un nie cette interrogation, il peut devenir destructeur. Et, en celui qui se sent interrogé par les choses inanimées du monde, une grande crainte peut naître. Il peut se dire: puissants et nobles sont les êtres du monde spirituel qui se tiennent derrière l'animal et la plante qui croit, mais il faudra que je cherche bien plus loin encore et sentir une bien plus profonde révérence, afin d'approcher les êtres dont la patience et le sacrifice ont rendu le royaume des choses inanimées possible.
Dans les noms utilisés par Denis l'Aréopagite pour les hiérarchies, ceux qui désignent les Esprits de la Sagesse jusqu'aux Anges possèdent tous une certaine similitude. Les mots grecs Kyriotetes, Exousiaï, Dynamis, Archaï, suggèrent autorité et pouvoir; Ange signifie messager. Pour la Première Hiérarchie, nous trouvons deux noms Hébreux, Séraphins et Chérubins. Le nom Trône quant à lui, est grec, et c'est peut-être le plus énigmatique. Dans la bible, il ne désigne jamais explicitement un rang d'êtres spirituels. Lorsqu'il apparat, c'est généralement au singulier, comme le Trône de Dieu. On pourrait se demander: "pourquoi ces êtres spirituels possèdent-ils le nom d'une chose inanimée, d'une construction humaine?" Cela apparaît avec une extraordinaire insistance dans la révélation de St Jean: "J'étais en esprit, et voyez! Un trône était dans les cieux, et quelqu'un y était assis!"(36). Dans Isa‹e, cette insistance n'est pas aussi présente: "Je vis le Seigneur assis sur un Trône fort élevé"(37).
Si nous lisons divers chapitres de l'Apocalypse de St Jean consécutivement, il semble souvent y avoir des changements brusques d'atmosphère et de thème. Mais si nous sommes plus attentifs, nous verrons que ce qui suit, fut annoncé peut-être d'une fa88on très discrète. Cette grande vision du Trône dans les cieux, se prépare dans la dernière des sept lettres aux églises. A la fin de chaque lettre, une promesse est faite aux membres des congrégations, concernant ce qui s'accomplirait s'ils étaient victorieux des puissances adverses. Aux membres de l'église de Laodicea, il est dit: "celui qui sera victorieux, je lui accorderai de s'asseoir avec moi sur mon trône, ainsi que moi-même, vainqueur, je m’assit avec mon Père sur son trône"(38). Jean garde cette promesse au fond du coeur, et se prépare ainsi pour l'ouverture de la porte des cieux avec le trône divin en son centre et les vingt quatre trônes des anciens autour de lui.
Que sont les Trônes et que font-ils dans le monde spirituel? Chaque chaise sur laquelle nous nous asseyons est un de leurs descendants déchu. Dans les temps anciens, les gens ordinaires ne s'asseyaient pas sur des chaises; ils restaient debout ou couchés, s'asseyaient sur le sol ou tout au plus sur une sorte de banc. S'asseoir sur une chaise isolée, c'était comme être un roi, et lorsqu'un roi s'asseyait, il était comme un Dieu ! Un sujet qui regardait vers celui qu'il considérait comme un roi véritable, assis sur son trône, se sentait pénétré d'une ferme vision, une chaude acceptation, une volonté active et reconnaissante. Le mot grec "Thronos" est apparenté au Latin "firmus", d'où proviennent les mots anglais de "firm" (ferme), et "affirm" (affirmer), ainsi que le merveilleux mot de confirmation. Ils sont aussi apparentés au Sanskri "d'harma", l'expression de la loi cosmique. La chose essentielle dans un trône ou une chaise, est qu'ils soutiennent un être pleinement éveillé. Ils montrent cette merveilleuse sécurité dont nous devrions être reconnaissants envers les choses inanimées. Il y a quelque chose de dérangeant, lorsqu'un animal s'assied sur une chaise ou même lorsqu'un être humain s'y endort. A une époque antérieure, on construisait une sorte de fauteuil appelé chaise de berger, et qui renversait son occupant s'il venait à s'endormir.
Le nom qu'utilise Rudolf Steiner pour les êtres que Denis appelle les Trônes, est "Esprits de la Volonté". Nous devons penser non à une volonté arbitraire, mais à la plus haute qualité de patience et de constance. Derrière tout ce qui dans le monde est calculable et régulier, nous pouvons imaginer une volonté inébranlable qui accepte de se sacrifier. Ces êtres qui furent des créateurs pleins de spontanéité, d'une façon qui elle, est incalculable, ont depuis de longs âges sacrifié cette liberté. Un jour, ils la retrouveront. Leur sacrifice se réalisa par amour pour d'autres êtres qui avaient besoin eux, d'un monde calculable. Dans le sacrifice, la volonté du Père est rendue effective.
De même que toute la Troisième Hiérarchie peut être considérée comme un instrument de l'Esprit Saint et la Seconde comme révélant la Gloire du Fils, la Troisième Hiérarchie travaille au service immédiat du Père. Ceci nous aidera à comprendre ce qui autrement pourrait sembler étrange dans la description de Jean, lorsqu'il parle du trône divin: "et lui qui était assis là, était de Jaspe et de Sardoine et autour du trône il y avait un arc en ciel qui semblait d'Emeraude.(39)" Dans son effort pour décrire les plus grandes hauteurs auxquelles l'être humain puisse se hisser, Jean fait une comparaison avec des pierres. Comme dans le récit de la "Nouvelle Jérusalem", il utilise les noms de ce que nous appelons des pierres précieuse et semi- précieuses. Certaines d'entre elles sont transparentes et d'autres opaques, mais dans un sens plus élevé, pour lui, elles sont toutes transparentes. Il voit apparaître au travers des pierres, de toutes puissantes individualités; comme nous essayons de voir derrière les animaux et les plantes, leurs esprits-groupes. Les individualités des pierres sont les descendants des Esprits de la Volonté. Les couleurs des fleurs et des feuilles s'estompent et passent, mais le rouge de la Sardoine et le vert de l'Emeraude dureront aussi longtemps que durera la Terre.
Ce n'est pas à cause de leur beauté ou de leur rareté seules, que certaines pierres furent considérées comme étant précieuses. Elles furent aussi ressenties comme porteuses de certaines qualités morales. Améthyste, par exemple, signifie quelque chose comme exempt d'intoxication, qui crée une pure conscience. N'importe qui peut porter un joyau, dans la révélation de St Jean, Babylone la grande prostituée est décrite comme "parée d'or, de joyaux et de perles"(40). C'est une sorte de blasphème, car celui qui porte ou utilise l'or et les joyaux, devrait reconnaître leur sacralité et être purifié par elle. Ce n'est pas pour rien que Shakespeare parle de "sermons dans la pierre". Les roches de la terre parlent à l'homme de tâches à réaliser sur de très longs ges, au cours desquels, ce qui est sombre et confus dans les profondeurs de son existence doit devenir translucide comme un cristal.
Colet résume la description de la Première Hiérarchie par Dionysius en ces mots: "Pouvoir purifies, claire vérité rend serein, Amour accompli rend parfait"(41). Le pouvoir et la puissance émanent des Trônes. La limpide vérité ruisselle des Chérubins, l'Amour absolu jaillit des Séraphins. Ce n'est pas qu'ils aient le pouvoir, la vérité ou l'amour en leur possession propre, mais ils participent plus que tout autre être au pouvoir, à la vérité et à l'amour divin. Face à la Première Hiérarchie, l'homme doit reconnaître ce que signifie l'ultime purification de son être. Il est en présence du rejet total de toute trace de fausseté. Dans le Jardin du Paradis et ensuite, près de la rivière de la Nouvelle Jérusalem, se dresse l'Arbre de Vie. Mais personne ne s'en approchera s'il "aime et pratique le mensonge"(42). Dans la Genèse, il est dit: "A l'est du jardin du Paradis il plaça les Chérubins et une épée enflammée qui tournait en tous sens, pour garder la route qui mène vers l'Arbre de Vie"(43).
Nous ne mentons pas seulement en représentant mal les faits extérieurs, mais parce qu'en nos mots, la véritable essence des choses n'est pas menée à la vie. Si un être humain partage jusqu'à un certain point les merveilles du monde spirituel, il voudra en parler à ses compagnons humains. Mais le langage qu'il utilise sur terre, n'est pas adapté à cette tâche. Il est indigne d'être un messager de l'esprit dans l'entièreté de son me et dans toutes les habitudes de sa vie. Il devrait s'avouer quelque chose qui ressemble à la confession d'Isaïe: "Malheur sur moi! C'en est fait de moi, car je suis un homme aux lèvres impures, et j'erre au milieu d'un peuple aux lèvres impures, car mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur des Armées!". Isaïe reçoit ensuite une grâce guérissante venant d'un royaume plus élevé que celui des Chérubins. "Alors se déversa sur moi un des Séraphins, il avait dans sa main une braise ardente qu'il avait prise avec des pinces sur l'autel. Il toucha ma bouche et dit: Vois, ceci a touché tes lèvres. Ta culpabilité t'est retirée et ton péché t'est pardonné. Et j'entendis la voix du Seigneur disant: Qui vais-je envoyer, qui ira pour nous? Alors je dis, me voici, envoyez-moi!".(à)Qu'est ce qui a rendu la parole humaine impure? Qu'est ce qui a entraîné nos mots, les différenciant du Logos créateur dont ils sont les images? Il est évident que cette chute se réalisa en partie à cause des émotions humaines. La parole fut obscurcie par la colère, la jalousie et la peur. Elle fut aussi corrompue car nous l'avons utilisée pour décrire des faits extérieurs en nuances oublieuses de leur origine divine. La révélation de St Jean décrit comment les marchands qui pleurèrent Babylone, se souviennent de toutes les choses qu'on y achetait et vendait; y compris les corps et les mes humaines. La parole sur cette place de marché est avilie dans les deux sens, de l'intérieur par le désir, de l'extérieur par l’idolâtrie. Car l’idolâtrie, ainsi que l'entendent le Nouveau et l'Ancien Testament, consiste aussi à posséder ou à vouloir posséder ce qui par essence, ne peut pas l'être.
Ainsi, la parole humaine doit être purifiée. Le feu de l'autel en est capable. Du royaume le plus sacré, les Séraphins apportent un amour brûlant d'ardeur. Alors nous découvrons ce que nous désirons réellement, et ce que sont vraiment les choses. Isaïe ressent en un instant ce profond changement s'opérer en lui, et devient digne d'être un messager. Pour la plupart d'entre nous ce changement s'opère très lentement, nous m–rissons comme la moisson, mais en de longues années d'existences.
Shakespeare est très conscient de ce pouvoir mystérieux du temps, à faire évoluer vers la maturité. Bien sur ceci ne se passe pas toujours. Dans "Polonius", il nous montre de façon terrible mais exceptionnelle, comment la vieillesse peut se dérouler dans les illusions d'une sagesse de mascarade, toute superficielle. Il n'existe pas d'évolution sans souffrance. Dans "Le Roi Lear", nous trouvons deux vieillards qui deviennent victorieux de certaines de leurs illusions. L'un d'eux, le Duc de Glowcester, est privé de sa vue physique par un acte de violence. Son fils Edgar, perd rang et possessions à cause d'une odieuse duperie. Tel un mendiant en loques, il simula la démence. Pour lui, comme pour son père, la mort ne semble pas loin. Et il dit à son père: "Les hommes doivent supporter leur départ d'ici bas, comme leur venue. La maturité est tout".(45)
Edgar unit les mystères de la naissance et de la mort. Tous deux peuvent être vus comme de profonds changements dans nos rapports avec la Première Hiérarchie. A la naissance, nous pénétrons dans le monde physique et nous nous rapprochons des choses. Cela peut troubler un enfant pendant un moment, de rencontrer les objets qui ne sont ni aimants, ni en colère, de quelque façon qu'on les traite. Loin à l'intérieur de lui, gt une profonde crainte, et quelquefois nous pouvons avoir un soupçon fugitif de la riche expérience qu'il apporte avec lui. Et là où les êtres humains n'ont pas perdu ce respect mêlé de crainte, ou l'ont retrouvé à nouveau, la vieillesse peut les rapprocher quelque peu du royaume des Séraphins, des Chérubins et des Trônes. Par ce rapprochement, un vieil être humain peut révéler quelque chose du caractère de ce royaume. Dans un merveilleux passage concernant l'ascension de l’âme au sein des hiérarchies, Rudolf Steiner dit qu'il existe certains vieillards dont les mots reflètent une part de cette sagesse sereine des Chérubins, non pas simplement par la sagesse de leur parole, mais plus encore par sa qualité et son atmosphère. Et il est certains vieillards dont la présence même, sans qu'il soit nécessaire pour eux d'agir ou de parler, peut nous donner un sentiment des Séraphins.
On raconte que lorsqu'il fut très vieux, Jean l'Evangéliste disait souvent: "Petits enfants, aimez vous les uns les autres!". De telles paroles auraient un effet différent si elles étaient prononcées par quelqu'un d'autre. Par une longue patience et une grande persévérance, par des années de travail modeste dans les congrégations d'Asie et en méditant sur le souvenir des années passées avec Jésus Christ durant son activité terrestre, Jean atteignit une maturité qui donna à ses mots leur musique particulière. Tout au long de cet Evangile, c'est cela qui doit être observé et entendu. Il nous élève dans l'infinie lumière des Chérubins, en une Sagesse qui doit être atteinte par les Anges plutôt que par les hommes. Et pourtant il y a dans cet Evangile une merveilleuse attention pour les détails physiques; comme la vision d'un aigle peut englober l'horizon mais aussi repérer de petits mouvements au sol. La Samaritaine lorsqu'elle va chercher ses amis, laisse sa vaisselle près du puits. Jésus se ceint lui même d'une serviette avant de laver les pieds de ses disciples. Et, si cet Evangile s'attache beaucoup aux rencontres de Jésus Christ avec des êtres humains particuliers, au travers des mots de Jean, continue à résonner malgré tout la sagesse de l'éternité.
Rudolf Steiner dit de l'Evangile de St Luc, qu'il nous guide dans le royaume des Séraphins, c'est l'Evangile de l'amour sacrificiel brûlant. Il y a un être envers qui St Jean et St Luc sont très attentifs. On mentionne peu les dires de cet être dans le Nouveau Testament, mais sa présence doit avoir apporté une bénédiction inoubliable. C'est Marie, la mère de Jésus. St Luc est parfois représenté comme peignant son portrait, car la tradition le montre aussi bien comme peintre que comme médecin. C'est St Luc qui parle de sa présence parmi les apôtres après l'ascension. Au long de sa vie, elle doit leur avoir apporté un insondable réconfort chaque fois qu'ils revenaient de leurs longs voyages. Cette chaleur Séraphique, Luc sut la transmettre, lorsqu'il raconta la parabole Christique du pardon, et décrivit ses actes guérisseurs.
Avec l'Evangile de St Marc, nous vivons dans l'impulsion d'une volonté infaillible. St Marc possède une relation particulière avec le royaume des Trônes, peut-être parce que lui-même expérimenta une défaillance de la volonté, ainsi que les actes des Apôtres nous le racontent. Il renonça à sa tâche, alors que Paul et Barnabé voyageaient vers l'intérieur de l'Asie mineure. Il devint ensuite l'interprète de Pierre, l’Apôtre en lequel il y avait aussi ce gigantesque pouvoir de volonté alternant avec des moments soudains de profonde faiblesse. Finalement, Marc trouva le courage d'affronter l'hostilité d'une cité qui était devenue profondément matérialiste, et y souffrit son propre martyre. Son Evangile est le plus court des quatre, presque tout ce dont il parle se retrouve aussi bien chez Matthieu que chez Luc. St Marc, décrit tout avec une claire franchise qui montre le pouvoir de la volonté du Christ, d'accomplir sa tâche. Peu d'enseignements, peu de paraboles, mais actions sur actions, portant la volonté céleste dans la vie de la terre déchue.
L'Evangile de St Matthieu montre en Jésus Christ une sage harmonie des qualités humaines par lesquelles les disciples peuvent être guidés vers leurs responsabilités. Par contre, Marc, Luc et Jean portent devant nos yeux une force d'intention, une douce bonté, et une vision céleste qui sont plus qu'humaines. Pourtant en leur présence, la pensée, les sentiments et la volonté de l'homme peuvent évoluer vers la maturité. C'est seulement dans ce cas qu'il peut espérer dépasser le matérialisme qui voudrait le maintenir prisonnier.
Comment le monde physique peut-il être une manifestation de la Première Hiérarchie et néanmoins être porteur de tels dangers pour l’âme humaine ? Nous ne devrions pas attendre d'une explication du monde physique, qu'elle soit très simple, alors que même une description purement quantitative de processus matériels familiers, devient rapidement complexe. Dans le livre d'Ezéchiel, il y a une description des Chérubins dans laquelle on trouve certaines indications concernant les énigmes propres à ce royaume, et comment y trouver une réponse. Tout d'abord Ezéchiel décrit les quatre créatures vivantes elles-mêmes, leurs visages, leurs ailes, leurs corps et leurs mouvements. Et ensuite, il décrit les roues qui les suivent, leurs mouvements correspondants aux mouvements des Chérubins eux-mêmes:

"Lorsqu'elles allaient, elles allaient dans n'importe laquelle des quatre directions, sans se retourner, alors qu'elles allaient. Les quatre roues avaient des jantes d'une hauteur terrifiante, remplies d'yeux sur toute la circonférence. Et lorsque les êtres vivants allaient, les roues allaient à leurs côtés, et lorsque les êtres vivants s'élevaient de terre, les roues s'élevaient avec eux, car l'esprit des êtres vivants était dans les roues. Quand ils avançaient, elles avançaient, et lorsqu'ils s'arrêtaient, celles-ci s'arrêtaient, et lorsque ceux-ci s'élevaient de la terre, les roues s'élevaient avec eux car l'esprit des êtres vivants était dans les roues".(46)

Dans l'ensemble des constructions humaines, la roue possède une place particulière. Les outils sont généralement une extension de ce que les membres humains peuvent déjà faire, et d'une certaine façon, ressemblent aux formes de ces membres. Mais dans notre environnement naturel immédiat, dans les plantes, les animaux et dans le corps physique de l'homme, il n'y a pas de roues. Lorsque l'homme commença à donner des roues à ses véhicules, il fit quelque chose qui en fait était très surprenant. Il n'avait jamais vu de roue dans le monde physique. Beaucoup de choses durent être transformées, pour rendre l'environnement adéquat à leur utilisation. Et beaucoup d'autres choses encore se transformèrent du fait qu'il se mit à en fabriquer.
Lorsque Ezéchiel regarde les roues de sa vision, elles sont très différentes. L'esprit des créatures vivantes est en elles et leurs bords sont pleins d'yeux. Dans les machines humaines l'esprit est utilisé pour la construction et l'arrangement des roues, mais n'est pas en elles et elles n'ont pas d'yeux. Elles mettent du temps pour tourner, mais le temps ne possède aucune signification pour elles. Aussi étrange que cela puisse paraître, ceci est la tragédie de notre technologie. Elle fonctionne dans l'espace, utilisant le temps comme s'il ne possédait pas de signification.
Ainsi que les autres rangs des hiérarchies, les Chérubins et les Séraphins ont des descendants qui eux, travaillent dans les rythmes du temps. Toute la vie de l'animal et de la plante sur terre est accordée de façon complexe et mystérieuse avec ces rythmes. Les êtres élémentaires, descendants de la Troisième Hiérarchie, suivent les guides que sont les descendants de la Première, les esprits du jour, du mois, de l'année. "Leur" mouvement est plein de signification, réchauffé et illuminé par les premiers débuts de toute existence.
Chaque rythme tourne, revenant vers son origine, peut-être pas complètement, mais de façon à devenir reconnaissable. Comme une roue qui se meut sur la route, un point de son bord parfois au-dessus du centre puis au-dessous, tout en avançant. Il est un rythme important qui s'approche avec amour et s'en retourne avec le même amour; et est irradié en chaque point de sa course changeante, par la sagesse. C'est la nuit affamée du jour et le jour assoiffé de la nuit. Durant notre vie sur terre, quelque chose en nous tend à vouloir rejoindre notre demeure dans le monde spirituel. Et à l'inverse, lors de notre vie dans les cieux, le courage grandit à nouveau de rencontrer la terre. Lorsque l’âme humaine mûrît, elle apprend à accepter de plus en plus chaque condition changeante de son existence.
Mais il est des puissances spirituelles qui s'opposent aux descendants de la Première Hiérarchie. Elles essayent de vider l'espace et le temps de toutes significations. Le genre de maturité qui pourrait se développer sous leur influence serait complètement différent de ce qui vient d'être décrit. Elle serait intensément intelligente et froide. Elle pourrait prendre la forme du cynisme, ou du désespoir.
En des mots demeurés célèbres, Shakespeare représenta une des formes possible de ce type d'atmosphère. Macbeth ayant déjà plusieurs meurtres à son actif, apprend que sa femme est décédée. Malgré qu'il ait été très proche d'elle , il n'arrive pas à ressentir ce qu'il voudrait. Il répond au messager:

« Elle aurait du mourir plus tard, il y aurait eu un temps pour un tel mot. Demain, et demain, et demain, rampe à petits pas, de jours en jours, vers la dernière syllabe du temps. Et tous nos hier ont éclairé pour les fous, le chemin vers la de la mort poussiéreuse. Eteins-toi, éteins-toi brève lumière! La vie n'est qu'une ombre errante, un pauvre histrion qui se pavane et s'irrite une heure sur la scène, et qu'on n'entend plus. C'est un récit raconté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien.(47) »

Pour Macbeth, il n'est plus possible de retrouver la signification du temps, il n'y a plus le moindre moyen qu'il puisse trouver durant les heures qu'il lui reste avant sa mort. Dans "le Conte d'Hiver", Léonte après avoir pris connaissance de la mort de sa reine, trouve le chemin après de longues années de prières et est conduit vers le mystère de la résurrection. Dans la tragédie de Macbeth, c'est un autre homme qui est conduit vers les sources de l'ordre véritable, par son humble recherche pour les grâces qui font les rois.
Les esprits élémentaires reçoivent leurs temps et leurs places des esprits du jour, du mois et de l'année. Nous aussi avons besoin de connaître notre temps et notre place. La méditation et la prière doivent toujours débuter par quelque chose de plus grand que nous-mêmes, et lorsque nous avons vraiment senti cette grandeur, elle nous montre quand et où notre tâche se situe dans la totalité. Temps et espace ne sont plus vides pour nous, ne sont plus un récit désordonné ou un désert gris, mais sont prêts à recevoir la Gloire de Dieu.
Lorsque nous visitons un lieu sacré, par exemple un ancien cercle de pierre ou une cathédrale médiévale, nous découvrons souvent qu'elle est située en relation avec les directions cosmiques. Peut-être avec le lever ou le coucher du soleil, la lune ou les étoiles. Pour n'importe quel endroit sur la terre, ces directions changent lentement. Ainsi un temple devient une sorte d'aide mémoire solennel, qui nous rappelle comment de courts rythmes s'inscrivent dans de grands rythmes, et comment l'espace est gouverné par le temps. Nous sommes conduits alors, vers ces directions ultimes marquées par les étoiles bien qu'elles aussi se meuvent lentement. Pour notre vision de la terre, les planètes circulent à l'intérieur de la grande roue du Zodiaque. Nous regardons vers le Lion, le Scorpion, le Verseau, et le Taureau, et les directions de l'espace cosmique qui marquent ces constellations nous parlent de vastes âges du temps durant lesquels notre monde traversa ses incarnations précédentes, et à l'intérieur desquelles il vit maintenant. Le Lion nous parle du sacrifice cosmique des Trônes d'où naquit le feu. Bien que la direction du Scorpion peut nous sembler sombre, c'est de là que la gloire et la splendeur de l'Ancien Soleil, le don cosmique des Esprits de la Sagesse, ruisselle sur nous. Et à partir d'Aquarius, nous pouvons nous pénétrer du monde onirique des eaux, guidés par les Esprits du Mouvement. Lorsque nous nous tournons vers la puissante constellation du Taureau et la délicate brume des Pléiades, nous pouvons sentir la source de l'univers dans lequel nous vivons actuellement et devons nous éveiller au travail qu'on attend de nous. Ainsi les grands âges du temps passé se rencontrent dans les profondeurs de l'espace. La tente royale de Dieu s'est déployée, en laquelle chacun de nous possède une chambre.
Notre siècle actuel éprouve beaucoup de difficultés à croire en une relation entre notre vie intérieure et l'univers extérieur. Et pourtant il est clair que nos rythmes de sommeil et d'éveil correspondent à la rotation de la terre. Dans la grande orientation de l'univers, nous avons les plus petites orientations cardinales, de l'est au Sud, de l'Ouest au Nord, correspondant pour l'hémisphère nord, au lever, à midi, au coucher et à minuit. Notre vie de l’âme est vécue dans ce rythme d'éveil et de sommeil. A l'intérieur de notre temps de veille, nous pouvons faire le libre choix si nous le désirons, de vivre quelques minutes de calme, des minutes pendant lesquelles nous essayons de nous libérer de la pression immédiate des événements présents. Mais il n'est pas équivalent que nous placions ces moments le matin, le soir ou au milieu de la journée. Dans le sommeil nous étions dans le monde spirituel, mais normalement inconscients de cet état. En la méditation, nous pouvons chercher cet état consciemment. Mais il est important de savoir de quand date notre sommeil, ou quand nous dormirons à nouveau, car cela peut avoir des effets différents.
Le matin, le soleil est ascendant et sa lumière encore douce. Un des profonds fragments d'Héraclite dit: "le soleil est chaque jour nouveau". Véritablement, le soleil qui brille ce matin n'a jamais brillé auparavant. A midi, le soleil commande le monde au Sud; la lumière visible, le tumulte de la journée, peuvent être difficile à supporter pour la lumière intérieure. Soljénitsyne a dit que la précipitation et la superficialité sont les grands troubles psychiques du vingtième siècle. Ne pas être précipité et traverser la surface des choses est plus difficile à midi. Le soir, nous sommes bien loin du lever du soleil, la poussière de la journée épaissit l'air. Et pourtant, comme les charrettes dans les champs pendant la moisson, les mes humaines se préparent à ramener vers le monde spirituel les réalisations et les découvertes de la journée. La nuit, nos corps peuvent être embarrassants lorsque nous essayons de compléter ce voyage par le sommeil. Et pourtant la quiétude peut devenir plus facile à atteindre si nous la recherchons.
Dans notre méditation, trois royaumes se rencontrent. Nous sommes aidés dans la recherche du calme par la Troisième Hiérarchie et particulièrement par notre Ange. Le grand royaume situé derrière le rayonnement visible du soleil, celui de la Seconde Hiérarchie, se déverse alors dans cette quiétude. Derrière le vaste royaume du soleil, sont les étoiles; derrière lesquelles œuvrent les pouvoirs de la Première Hiérarchie. Ceux-ci sont aussi présents dans les plus intimes profondeurs de l’âme. Chaque méditation, aussi humble ou aussi brève soit-elle, peut débuter par la contemplation d'une vérité, et toute vérité vivante ouvre le chemin qui conduit des Anges jusqu'aux hauteurs des Chérubins. La vérité qui se réchauffe, devient une prière et une louange. Elle cherche alors la chaleur mûrissante des Séraphins afin d'être accueillie dans leurs chants
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Re: Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme

Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:20

Et la prière nous incitera toujours, soutenus par la force des Esprits de la Volonté, à reprendre notre place et notre travail sur la terre. Petit à petit, il peut devenir clair pourquoi l'homme du fait de son rapport avec des choses matérielles possède une responsabilité si grande et pourquoi la matière est une chose si dangereuse. L'homme s'est vu confier des pouvoirs qui peuvent être aussi destructeurs que ne furent constructrices les actions créatrices des hiérarchies. Ceci est le pari le plus audacieux qui puisse être non seulement pour l’homme individuel mais pour l’humanité dans son ensemble.


LES TRÔNES
Ils sont « constance et fixité », ils sont Esprits de la volonté. Leur appui planétaire est la sphère de Saturne. Lorsqu'a commencé le temps saturnien, les Trônes se sont offerts pour être le point de départ, la première substance originelle d'où la suite de l'évolution est sortie, et qu'on ne peut comparer qu'à une chaleur spirituelle, comme ce que nous appelons « chaleur de l'âme ». Ce fut elle qui offrit la première résistance pour que surgisse une conscience nouvelle : celle des Archées ; ainsi étaient créées les conditions d'existence cosmique qui sont à l'origine de corps physique de l'homme. « Ces Esprits de la volonté en étaient sur Saturne au point de pouvoir transmuer leur propre substance en chaleur substantielle, déverser leur feu dans l'existence planétaire ; puis ils densifièrent ce feu en air (ancien Soleil) ; ce sont eux encore qui condensent l'atmosphère en eau pendant l'ancienne Lune, et enfin l'eau en terre pendant l'existence terrestre. Quand nous examinons aujourd'hui le monde qui nous entoure, nous pouvons nous dire, en face de l'élément solide, qu'en lui agissent les forces des Trônes qui ont rendu son existence possible » (Rudolf Steiner). Avec le minéral, la substance primordiale des Trônes atteint sa quatrième étape d'involution et le terme de ses métamorphoses. Elle est devenue l'ossature du monde physique. Dans notre corps, les os sont la dernière expression du don que sur Saturne les « admirables fixités » firent à l'évolution. Mais s'ils témoignent encore de l'œuvre passée des Trônes, ils ne peuvent pas nous mettre en rapport avec leur activité présente. Celle-ci ne pourrait être atteinte que par une conscience humaine capable de concevoir la masse des volontés cosmiques ù l'état pur.


LES ESPRITS DE LA VOLONTE

La région du Lion est liée avec la Hiérarchie des Trônes ou Esprits de la Volonté. Avant d'arriver à l'examen de ce lien réciproque, il est nécessaire de faire remarquer qu'en commençant par la région zodiacale de la Balance, on a un certain décalage dans son rapport aux Hiérarchies correspondantes. Cela est lié au fait que les forces, qui dans un cycle d'évolution apparaissent de façon plutôt extérieure, agissent dans le cycle suivant comme les forces intérieures de certains êtres. Ainsi les Esprits du Mouvement sont de par leur essence les régents de l'ancienne Lune. Cependant a cette époque, ils préparent déjà activement le développement de la Terre actuelle en tant que planète, sur laquelle la Sagesse de l'ancienne Lune doit devenir "mobile", créatrice en l'intérieur des êtres humains peuplant la Terre. C'est pourquoi leur symbole (la Balance) appartient au fond à la Terre, et non à la Lune. Car parmi tous les signes du Zodiaque, seule la Balance est un "objet inanimé", créé par la Sagesse créatrice de l'homme. Ainsi elle nous renvoie au fait que sous la conduite des Esprits du Mouvement, la "sagesse du monde extérieur", provenant de l'ancienne Lune, "devient sagesse intérieure dans l'homme [c'est-à-dire une sagesse mobile, créatrice]" (GA 13), afin de se métamorphoser peu à peu, en ayant imprégné son Moi dont les Esprits de la Forme lui ont fait don sur Terre, en les forces d'Amour sous la conduite de ces Esprits. – Un tel déplacement, nous le trouvons également en liaison avec le signe de la Vierge.
Les Esprits de la Sagesse liés avec la région de la Vierge sont les Régents de l'ancien Soleil. Toutefois ce qu'ils accomplissent au sens spirituel en ce temps, trouve son expression extérieure seulement sur la Lune, qui la fois-là, sous l'influence des Esprits du Mouvement, devient la pianète de la Sagesse (à la différence de la Terre sur laquelle doit naître l'Amour) (GA 102, 24.3.190S). C'est pourquoi leur symbole se révèle être lunaire par excellence, la Vierge, qui porte les forces solaires seulement de façon secrète en son intérieur. A la fin, les Esprits de la Volonté, les Trônes, sont en premier lieu les régents de l'ancien Saturne, qui apparut grâce a un sacrifice cosmique supérieur, apporté à cette époque par les Trônes aux Chérubins. Ces forces de sacrifice devinrent ensuite sur l'ancien Soleil les forces intérieurs d'éveil pour toute l'évolution solaire. Pour cette raison, aux Trônes, dans le cercle du Zodiaque, se revèle tout particulièrement lié le signe solaire du Lion. Une expression plus élevée de cette position de sacrifice, issue de l'élément intérieur, fut sur l'ancien Soleil l'acte sacrificiel de l'Etre du Christ, décrit par Rudolf Steiner dans la dernière conférence du cycle "L'homme à la lumière de l'occultisme, Théosophie et Philo sophie" (GA 137). Cependant dans l'image-même du Lion, est également contenu le renvoi aux qualités intérieures parfaitement précises, propres dans le Macrocosme précisément aux Esprits de la Volonté. Empruntée à l'Antiquité, l'image du lion fut toujours prise en tant qu'image de la dignité royale supérieure. Ce n'est pas pour rien que le trône du roi Salomon fut encore orné de deux et douze lions en or (Rois I, 10/18-20). Car nous avons dans la figure du Lion le passage de la Volonté sacrificielle vers les forces cordiales de courage, vers la disposition à réaliser au-dehors les prescriptions de la Volonté supérieure, en partant des forces de son intérieur. Cette union du sacrifice (de la volonté) et du courage, nous la trouvons ensuite justement dans ces paroles, par lesquelles Rudolf Steiner caracterise l'imagi nation du don sacrificiel des Trônes aux Chérubins sur l'ancien Saturne : "Les Trônes dans cette disposition au sacrifice, dont à la base se trouve la vigueur, le courage, comme s'ils étaient agenouillés devant les Chérubins en faisant parvenir vers eux l'offrande..." (GA 132, 31.10.1911).(16) On a montré plus haut, en liaison avec la description de la région de la Balance dans son rapport aux Esprits du Mouvement, leur action équilibrante en rapport avec les rayonnements des Esprits de la Volonté à partir du centre de la Terre. Ces rayonnements que Rudolf Steiner définit comme "effets des Trônes" (GA 121, 11.6.1910), on peut les pressentir par l'image du puissant Lion sortant d'un antre de montagne, armé de sa force active et de sa dignité royale. Les forces de courage intérieur, coulant de la région zodiacale du Lion, peuvent en particulier aider l'homme à trouver un rapport correct envers toutes les épreuves que lui envoie son destin, c'est-à-dire à se placer dans un rapport correct envers son propre karma, à apprendre à le porter et à l'élaborer consciemment.(17) Un tel travail à son tour peut amener l'homme vers un rapport plus conscient envers la Hiérarchie des Trônes. Car ce que cette Hiérarchie a autrefois accompli sur l'ancien Saturne, ces "lois de l'ancien Saturne", elles continuent sous une forme pleinement métamorphosée à vivre même à notre époque, s'exprimant dans la thesmonité du destin individuel humain (GA 161, 10.1.1915). Dans le cycle de l'année, le temps placé sous le signe du Lion va de fin juin a début août. En août, la force de la lumière solaire commence peu à peu à diminuer, en contrepartie son action calorique devient plus grande. Cette époque la plus chaude de l'année garde en elle comme une dernière et faible résonance du souvenir naturel de l'état de l'ancien Saturne, de l'épanchement sacrificiel de la substance chaleur par les Esprits de la Volonté (par les Trônes).


LES CHÉRUBINS
Chérubins et Séraphins n'interviennent plus comme les donneurs d'une substance particulière, ainsi que l'ont fait les Trônes sur Saturne, les Dominations sur le Soleil, les Vigueurs sur la Lune, les Puissances sur la Terre.
Ils sont parvenus au bord de la divinité, au-dessus de toute sphère planétaire. A travers eux, Dieu rayonne d'une manière impersonnelle, universelle. Ils se sont élevés au rang de Sacrificateurs cosmiques. Les Chérubins accordent les mouvements des planètes les uns avec les autres, pour unir en un système parfaitement harmonisé les impulsions particulières. Car ils sont les Esprits des harmonies. Leur nom signifie : plénitude de science, ou encore : débordement de sagesse.


LES ESPRITS DE L’HARMONIE


La région du Cancer est liée avec la Hiérarchie des Chérubins ou Esprits de l'Harmonie. La figure-même du Cancer est la modification d'un symbole occulte plus ancien s'appelant Tourbillon et exprimant le lien harmonique de deux processus ou cycles, leur passage correct de l'un dans l'autre, harmonieux et correspondant à la Sagesse universelle. "Il existe" dit Rudolf Steiner, "un processus dans le monde supérieur, qui épuise ses effets également dans le monde physique : la rotation du tourbillon. Vous pouvez observer la rotation du tourbillon lorsque vous regardez une nébuleuse, par exemple la nébuleuse d'Orion. Là vous voyez une spirale. Seulement c'est sur le plan physique. Mais vous pouvez le considérer également sur tous les plans. Cela se présente ainsi, qu'un tourbillon s'enroule dans un autre." (GP 96, 2'0.10.1906) Un tel passage d'un processus ou tourbillon dans un autre, afin qu'il se déroule harmonieusement en accord avec la Sagesse universelle, est géré sur tous les plans d'existence par les Chérubins. Car la Sagesse universelle, parvenue seulement vers une harmonie supérieure, "une sagesse qui a été amassée au cours de milliers, de millions d'années du devenir d'Univers, elle rayonne à notre rencontre dans une sublime puissance à partir des entités que nous nommons les Chérubins." (GA 136, 7.4.19l2) Si à présent nous nous tournons directement vers les processus mêmes, régis par les Chérubins selon la loi du tourbillon harmonieux, alors nous devons avant tout y remarquer des processus tels que l'apparition et le passage d'un état planétaire dans un autre. Par exemple l'apparition de l'ancien Saturne à partir de cet état qui dans l'occultisme est decrit en tant que "repos bienheureux dans la durée" (GA 10Q, 19.6. 1908). Ensuite, le passage de Saturne vers le Soleil, etc. En outre les spirales elles-mêmes du tourbillon correspondront aux etats de manifestation ou manvantaras, et la rupture entre elles, aux pralayas. Par l'intermédiaire des Hiérarchies inférieures, ces processus se répètent ensuite dans des cycles plus petits : par exemple lors du passage d'une ronde ou d'un globe dans l'autre, etc. Même dans la nature extérieure, nous y obsevons de semblables processus. La plante apparue en été passe en automne à l'état de graine, qui au cours de l'hiver "meurt" dans le sol, c'est-à-dire traverse une sorte de pralaya microcosmique, afin de parvenir à nouveau vers une nouvelle manifestation au printemps suivant (GA 97, 16.11.1907). Tous ces processus, dans la mesure où ils se déroulent dans la nature extérieure et sur les plans supérieurs d'existence jusqu'aux plus élevés dans la Sagesse harmonieuse, sont régis nommément par les Esprits de l'Harmonie, les Chérubins. Si les Séraphins reqoivent directement leur tâche supérieure de la Divinité même, alors les Chérubins la métamorphosent de façon telle qu'elle puisse donner la première impulsion (à partir du centre du tourbillon, où ses spirales sont entrouvertes) vers une nouvelle manifestation, qui est ensuite menée plus loin et réalisée par les Trônes (GA 110, 14.0.1909). Toutefois les passages en question, d'un état ou cycle en un autre, peuvent porter un caractère plus dramatique. Par exemple dans l'événement qui fut décrit par Rudolf Steiner en tant que refus d'une certaine partie des Chérubins sur l'ancien Soleil à recevoir le sacrifice cosmique qui leur fut apporté par les Trônes. Cet événement a ensuite exercé une influence sur tout le développement ultérieur, donnant naissance dans l'évolution universelle à un tourbillon particulier (GA 132, 10.9.1911). Ensuite, de façon tout à fait différente, l'impulsion du tourbillon agit à l'époque se tenant directement sous le signe du Cancer, lors du passage de l'Atlantide vers l'évolution postatlantéenne. Et à nouveau de façon toute autre, cette impulsion se manifeste au moment de l'entrée du Christ dans Jerusalem, décrite au chapitre 21 de l'Évangile selon Matthieu (GA 123, 11.9.1910), où se découvre devant nous l'image de l'entrée de l'Être du Christ dans tout le développement historico-culturel de l'humanité, provoquant un tourbillon parfatement nouveau.(18) Dans tous les événements qui ont été énumérés, agissent également, bien que d'une façon très diversifiée, les forces provenant de la sphère des Chérubins, se modifiant dans la région cosmique du Cancer, et appelant l'impulsion du tourbillon, favorisant le passage de toute l'évolution d'un cycle à l'autre. – En liaison avec le signe du Cancer et l'activité des Chérubins, il est nécessaire de faire remarquer encore deux faits. Premièrement, c'est un fait extrêmement important que ce soient les Chérubins précisément qui sont ces Esprits parmi les Hiérarchies supérieures qui, au cours de la période de l'ancien Soleil, créent tout le cercle du Zodiaque sous une forme approchant celle sous laquelle il existe jusqu'à nos jours. Il est vrai que le cercle du Zodiaque a existé déjà sur l'ancien Saturne, mais à cette époque, d'après Rudolf Steiner, ses "images" n'ont pas encore "existé de façon aussi dense, aussi compacte que pendant l'existence du Soleil" (GA 110, 17.Q.1909). C'est pourquoi "ce que l'on nomme aujourd'hui de faqon si matérielle le Zodiaque... remonte à la ronde des Chérubins qui agissent vers le bas, à partir de l'entour universel, sur l'ancien Soleil, lequel rayonnait vers le dehors, dans cet univers, sa force en tant que force lumineuse." (GA 110, 13.V.1909). En d'autres mots : les Chérubins créent autour de l'ancien Soleil une sorte d'enveloppe protectrice, embrassant tout le cercle zodiacal présent, et liée en particulier avec la région cosmique du Cancer. Ce que nous avons relaté est confirmé par la forme-même du Cancer, se tenant au point supérieur du cercle zodiacal, qui semble embrasser une certaine sphère et la fermer à l'égard du monde extérieur. Le pôle opposé au Cancer est la région du Capricorne à partir de laquelle agissent les forces des Archanges, et cette poiarité forme toute l'existence de l'ancien Soleil (d'après Rudolf Steiner, les Esprits hiérarchiques ayant pris directement part au développement de l'ancien Soleil, appartenaient aux rangs spirituels allant des Chérubins aux Archanges) (GA 132, 7.11. 1911). En outre, le signe du Cancer est lié dans l'organisme humain à la cage thoracique, dont les premiers germes furent pour la première fois formés sur l'ancien Saturne. Plus tard, sur l'ancien Soleil, lorsque s'est formé de façon définitive le Zodiaque dodécadique (il n'était pas encore dodécadique sur l'ancien Saturne), et qu'apparut également le premier germe du futur coeur, alors, sous l'influence des forces du Cancer, l'édification de la cage thoracique humaine devint le reflet du grand tout macrocosmique : Au centre le coeur – le Soleil,(19) enfermé dans l'enveloppe de la cage thoracique consistant en douze paires de côtes, en tant que reflet du cercle dodécadique du Zodiaque, créé au temps de l'ancien Soleil par les Chérubins, avec la participation particulière des forces provenant de la région Cosmique du Cancer. – Un deuxième fait sur lequel il est nécessaire de porter son attention dans le lien examiné, est celui de la naissance de jean-Baptiste sous le signe du Cancer. Si le signe du Verseau nous montre davantage un certain Etre angélique agissant directement à travers lui, alors le lien de 3ean-Baptiste avec la région du Cancer nous caractérise d'un côté tout particulier son individualité et sa mission, en tant que précurseur et préparateur des chemins terrestres pour le Christ Jésus, et cela nommément en liaison avec la Hiérarchie des Chérubins. Car c'est précisément cette Hiérarchie qui joue un rôle tout particulier dans sa destinée. Il est connu par les communications de Rudolf Steiner que dans la figure de jean-Baptiste ou Elie, nous avons affaire à une ancienne individualité de l'humanité, en un certain sens à l'individualité d'Adam lui-même (GP l lV, 19.9.1909). D'un autre côté, nous reconnaissons par l'histoire biblique du péché originel qu'après l'expulsion d'Adam du paradis, le Seigneur a placé à son entrée "les Chérubins qui agitent une épée flamboyante" (Genèse, 3/2Q), ce qui eut pour résultat que l'humanité devint coupée de cette sphère macrocosmique du Dieu le Père, qui s'étend derrière le Zodiaque, à partir de laquelle le Christ descendit autrefois sur le Soleil.(20) Ce vécu des Chérubins à l'épée de feu, ne laissant plus l'homme entrer dans cette région supérieure, a poursuivi sa vie, en tant que puissante impulsion animique, à travers toutes les incarnations suivantes de cette individualité jusqu'à jean-Baptiste, se transformant progressivement en cette aptitude purement intérieure, qui à présent nous est connue en tant que voix de la conscience, et qui, en accord avec les investigations spirituelles de Rudolf Steiner, provient précisément de la Hiérarchie des Chérubins. Qu'est donc la voix de la conscience ? Elle n'est rien d'autre que l'aptitude de la compréhension de l'événement du Christ, apparaissant dans l'humanité simultanément avec cet événement : "Nous voyons ainsi comment apparaît sur Terre, là-bas en Orient, l'amour, là en Occident, la conscience morale. Ce sont deux choses qui vont ensemble : comment apparaît en Orient le Christ, comrnent s'éveille en Occident la conscience morale, pour recevoir le Christ en tant que conscience morale. Dans cette création simultanée du fait de l'événement du Christ et de la compréhension de l'événement du Christ... nous y voyons régner une sagesse infinie contenue dans l'évolution." (GA 116, 2.5.1910) Ainsi l'impulsion de la conscience morale apparaît au début en Occident. Aux environs de l'an 500 avant la naissance du Christ, elle pénètre en Grèce (GA 116, 2.5.1910), puis, au Tournant des âges à travers jean-Baptiste, en Palestine, pour y rencontrer, dans sa personne, pour la première fois le Christ.(21) La conscience morale, dit Rudolf Steiner, c'est "le Moi-sentiment qui hisse l'homme de l'inférieur au supérieur, qui parle dans l'âme sensitive déjà comme une voix de Dieu tout comme d'ordinaire seuls les pulsions, les désirs et les passions parlent dans l'âme sensitive –, et y parle avec une poussée à faire ce qui est juste, pour se hisser vers le Moi supérieur." (GA ll6, 2.5.1910). Toute âme non purifiée se vide par ses passions et convoitises, elle devient par elles un désert stérile, mais de ce désert peut résonner la voix de Dieu, la voix de la conscience, annonçant que s'approche le "Seigneur" de l'âme, "Kyrios : le Moi" (GA 12V, 6.12.1910).(22) Ainsi la Sagesse de la conduite universelle même a voulu que jean-Baptiste fût le premier à rencontrer le Christ sur Terre, afin de Le reconnaître à partir des forces de sa conscience morale, et de Le désigner à toute l'humanité. Et jean l'accomplit, désignant le Christ comme l'Agneau de Dieu (jean, l/36), témoignant de cette façon de Sa provenance cosmique, de Son lien avec les mondes stellaires, avec la sphère du Zodiaque apparue sur l'ancien Saturne grâce à l'activité des Chérubins. Et c'est cette "imagination inspirée" (GA 210, 28.7.1922) que suscite en lui précisément l'impulsion de la conscience morale, imagination s'élevant dans ses sources vers cette même Hiérarchie.
En conclusion à ce qui a été dit, on peut encore ajouter ce qui suit. Comme nous le savons des conférences de Rudolf Steiner, l'entité spirituelle d'Elie/jean-Baptiste devient après sa mort l'âme de groupe des apôtres, formant ainsi autour du Christ Jésus cette atmosphère de délicatesse, pleine de protection et de défense, dans laquelle Il peut de la meilleure façon accomplir ses faits (GA 139, 20.9.1912). Si à présent nous ne craignons pas une comparaison résonnant de façon quelque peu paradoxale, alors on peut dire que cette action protectrice de l'entité suprasensible d'Elle/jean fut semblable au rôle que réalise dans l'organisme humain la cage thoracique par rapport au coeur en tant que Soleil intérieur de son organisation physique.



SÉRAPHINS
Leur nom signifie : lumière et chaleur. Il vient de saraph : brûler, ardeur. Ils sont l'ardeur pure – les Esprits de l'amour universel. Ils assurent le lien d'un système cosmique à l'autre. Unis de plus près à la divine Trinité, ils sont, parmi toutes 'les Hiérarchies, ceux qui tirent d'elle pour ainsi dire les buts qui vont présider à lu création de chacun de ces systèmes cosmiques. L'homme sur terre ne peut les deviner que lorsqu'au sein d'une chaude nuée d'orage il voit éclater le « feu de Dieu. Nous n'irons pas plus loin, laissant d'un côté la question des trois « Logoï », et à l'autre bout de l'échelle les êtres élémentaires, dont k présent cycle ne parle que par incidence. Nous voici au terme de la symphonie hiérarchique. Il nous semble n'avoir rien dit. Car il ne suffit pas d'énumérer des caractères ou de mentionner des noms. Les noms donnent certes des indications sur les natures spirituelles qu'ils désignent. Mais ce n'est pas une nomenclature qui ouvrira seule la compréhension des Hiérarchies. On ne s'approche d'elles que par une certaine manière de penser et d'être, celle qu'on acquiert au cours d'études approfondies de science spirituelle et par le travail sur soi-même. Car tout être humain est l'œuvre et l'enfant des Hiérarchies. Notre nature entière, depuis la moelle des os jusqu'aux pensées les plus sublimes qui nous traversent, est née de leurs dons. Les forces dont elles nous pénètrent et qu'elles échangent à travers nous ont provoqué l'apparition de tout ce qui nous constitue. Répandues à travers l'univers qu'elles animent, elles se concentrent dans l'être humain comme en un point de convergence ; elles se rencontrent en l'homme – leur organe commun d'expression. Et l'homme est appelé à faire de cette rencontre le seul foyer de conscience où l'univers spirituel se réfléchisse. Il avance vers ce but à mesure qu'il acquiert progressivement la conscience et la maîtrise de ce qui fut déposé gratuitement par les Dieux en son corps, son âme et son esprit. Un jour, il fondra ces dons précieux en une seule et même création qui deviendra son œuvre au sein da cosmos. L'amour universel, avec lequel u commencé la manifestation divine, s'exprimera en lui, mais doué d'un caractère nouveau : l'amour dans la liberté consciente. Ce jour-là, l'homme parachèvera et justifiera la création des neuf Hiérarchies qui l'ont précédé sur la route vers Dieu.

Paris, 20 avril 1945. S. Rihouët-Coroze.

LES ESPRITS DU TOUT AMOUR


La région des Gémeaux est liée avec la Hiérarchie des Séraphins ou Esprits du Tout-Amour. Un reflet terrestre de l'impulsion macrocosmique d'Amour qu'ils représentent dans l'Univers est le mythe grec des jumeaux Dioscures, Castor et Pollux. D'après ce mythe, Castor est le fils de Léna et du roi Tyndare, et Pollux, le fils de Léna et de Zeus. C'est pourquoi Pollux possède l'immortalité, et Castor, la mort. Ils entrent ensemble en confiit avec les Apharides qui leur étaient apparentés, et conquierent auprès d'eux le troupeau de taureaux que ceux-là avaient ravi.(23) De plus, Castor meurt dans la bataille, de la main d'un des Apharides. Pollux, par amour pour son frère, est prêt à sacrifier pour lui son immortalité, et prie Zeus de lui envoyer la mort. Alors Zeus, en récompense de leur amour fraternel, place les deux Dioscures au Ciel, en en faisant la constellation des Gémeaux. Afin d'estimer à sa juste valeur les soubassements occultes de ce mythe, ii est nécessaire de rappeler quel était de façon plus générale l'état d'âme des anciens Grecs, en ce qui concerne des phénomènes tels que la mort et l'immortalité. Cet état d'âme consistait en le fait que plus que tout au monde, les anciens Grecs estimaient la forme parfaite du corps humain, qui les dota d'une prise de conscience forte et claire d'eux-mêmes, de la Moi-conscience. C'est pourquoi la mort, qui a détruit cette forme, et ensemble avec elle la Moi-conscience dans sa forme terrestre, était pour les anciens Grecs le plus grand mal, avec lequel ils n'ont jamais pu se réconcilier. "Nous avons en l'hellénisme" – dit Rudolf Steiner, "une humanité qui a le plus aimé et estimé la forme extérieure du corps physique, et qui a passé par toute la tristesse pouvant être traversée, .lors de sa destruction dans la mort", de sorte que l'hellénisme "attribuait la plus haute valeur à la forme extérieure du corps physique en tant que forme extérieure du Moi... [et c'est pourquoi] le Grec disait : j'apprécie tellement fort mon moi, que ce n'est qu'avec horreur que je regarde ce qui advient avec le moi après la mort..." Et c'est "tout à fait grec, quand le héros dit : 'être plutôt un mendiant dans le monde d'en haut' – c'est-à-dire avec la forme corporelle humaine – 'qu'un roi dans le royaume des ombres'..." (GA 131, 9.10.1911).(2V) A partir de ces paroles il se dessine en toute, clarté le caractère du rapport des Grecs envers le problème de la mort, et également envers l'immortalité, qui, au sens de ce qui a été dit, fut pour eux le suprême des biens terrestres que l'on pouvait s'imaginer. C'est pourquoi sacrifier à partir de l'amour son immortalité au bénéfice d'un autre être humain, fut dans la représentation de l'antique Grèce le plus grand sacrifice dont était en général capable l'être humain. Ainsi dans le mythe des Dioscures, nous avons l'indication du degré suprême d'amour accessible en général, d'après les représentations du monde antique, à l'homme terrestre. Si nous voulons à présent y trouver un correspondant à l'époque chrétienne, alors il est nécessaire de prendre en considération qu'à partir de la pénétration de l'impulsion du Christ dans l'évolution terrestre, ce n'est plus l'amour fondé sur les liens du sang (les Dioscures sont des frères ayant la même mère), mais l'Amour purement spirituel du Christ qui est l'éveilleur vers le plus haut sacrifice. C'est l'amour de deux amis, devenant grâce à lui non pas des frères de sang mais des frères dans le nouvel Esprit du Christ. Il existe encore une autre différence. Comme nous voyons, aux temps préchrétiens, le bien suprême pour l'homme terrestre était l'atteinte de l'immortalité. Dans le christianisme par contre, c'est l'âme elle-même qui devient le bien suprême – c'est-à-dire le Moi humain –, qui, en tant que porteuse de l'immortalité individuelle,(25) se place dès le tout premier début au centre de la conscience chrétienne. C'est pourquoi l'amour chrétien se tient infiniment plus haut que l'amour antique, car il est capable d'accomplir le sacrifice non seulement par l'immortalité, mais par le porteur lui-même de cette dernière, par son bien le plus précieux, par son propre Moi, afin de le recevoir à nouveau, en tant qu'authentique et immortel Moi, du Christ Lui-même. Cette dernière chose advient alors en tant que résultat de la réalisation du principe fondamental de tous les authentiques Mystères chrétiens,– "non pas Moi, mais le Christ en moi". Cet Amour suprême, purement séraphique, nous est également indiqué par les paroles suivantes du Christ : "Ceci est mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande." (jean, 15/12-lQ). Ainsi parle le Christ dans ses entretiens d'adieu avec ses disciples. Puis Lui-même réalise cet Amour. Il en devient le suprême modèle primordial pour tous les hommes, ayant sacrifié, en vue de l'accomplissement du Mystère du Golgotha, les forces macrocosmiques de son propre Moi.(26) C'est précisement de cet Amour que nous parle ensuite son plus proche disciple et le témoin direct de tous les événements qu'il a décrits, jean : "Nous avons connu l'amour, en ce qu'il a donné son âme pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre âme pour les frères... Petits enfants, n'aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité." (I jean, 3/16 et 18)(27). En conclusion de tout ce qui a été dit au sujet du lien de la région des Gémeaux avec la Hiérarchie des Séraphins, il faut encore faire remarquer que de cette région s'épanchent en particulier toutes les impulsions vers les relations sociales des hommes, vers leur association sur la base de l'amour réciproque et de l'intérêt intérieur de l'un pour l'autre. Dans le Macrocosme, il lui correspond l'activité des Séraphins dans l'instauration d'actions réciproques correctes, "sociales", entre les divers systèmes planétaires. Rudolf Steiner décrit cette activité qui est la leur, dans les termes suivants : "Tout comme les hommes fondent un système social par le fait qu'ils sont doués de réciprocité, de même il existe également une réciprocité des systèmes planétaires. D'étoile fixe à étoile fixe règne une compréhension réciproque. Par cela seul le Cosmos se forme. Ce que les systèmes planétaires, pour ainsi dire, disent les uns aux autres à travers l'espace d'Univers, pour devenir Cosmos, cela est réglé par les Esprits que nous nommons Séraphins." (GA 136) 7.4.1912)


L’ESPRIT COSMIQUE

La région du Taureau est liée avec le principe de l'Esprit cosmique. A travers cette région, Il déverse ses forces dans l'existence planétaire. Pour mieux comprendre ce lien réciproque et qui n'est pas simple, prenons pour point de départ une représentation qui, au début, peut se montrer quelque peu inattendue. Lorsque l'initié contemporain examine de façon clairvoyante le taureau ou la vache, alors leur puissante activité .digestive se révèle à lui comme tout l'univers. "Chez la vache, dans les processus de digestion, il y a quelque chose qui, vu de façon astrale, est tout à fait grandiose, est tout un monde !... C'est beau, c'est grandiose, c'est quelque chose de terriblement spirituel" (GA 230, 19.10.1923) dit à ce sujet Rudolf Steiner. Si un tel initié suit avec sa conscience imaginative-inspirative l'image de la vache plus loin dans le cosmos astral (c'est à dire dans la sphère spirituelle limitée par le cercle du Zodiaque), alors la vache revêt sous l'influence des forces d'inspiration l'image imaginative d'oiseau. Rudolf Steiner y rend attentif en les termes suivants : "De façon astrale, elle serait un oiseau... Est devenu physique chez la vache ce qui est astral chez l'oiseau. Cela a bien entendu un autre aspect dans l'astralité, mais c'est comme çà." (GA 230, 19.10.1923).(28) Maintenant il nous devient compréhensible pourquoi le principe d'Esprit dans l'entour astral de la Terre (dans la sphère lunaire) se découvre à jean lors du Baptême de 3ésus dans le Jourdain en tant qu'imagination de la colombe (jean, 1/32-3V).(29) D'un autre côté, nous comprenons à présent également toute la signification du culte du taureau ou du veau chez les peuples antiques : aux Indes, en Égypte, à Babylone,(30) en Grèce et en Asie Mineure. Ensuite nous savons de la Science spirituelle, que dans notre système solaire le principe de l'Esprit agit tout particulièrement à travers la sphère lunaire, tandis que le principe du Fils agit à travers la sphère du Soleil. C'est pourquoi le taureau, en tant que reflet terrestre de l'activité de l'Esprit, est toujours lié avec la Lune (par exemple la divinité lunaire de l'ancien Sumer, Sin, est représentée avec le corps de taureau). On sait qu'avec la sphère de la Lune est également liée l'Isis égyptienne. Son image apparaissait dans les Mystères des anciens Égyptiens à partir de l'union dans la sphère lunaire de deux courants cosmiques, provenant des régions célestes de la Vierge et du Taureau. En outre, lorsque l'influence de la Vierge prédominait, alors dans l'image d'Isis fut davantage souligné son lien avec l'Ame du Monde, avec la céleste Sophia, et également son rapport envers Horus, lequel réalise son lien à elle avec le monde des hommes. Si par contre ce fut l'influence du Taureau qui prédominait, dans ce cas Isis était représentée avec des cornes de taureau sur la tête –, alors fut davantage souligné son lien avec tout le Macrocosme on indiquait que sous l'influence des forces du Taureau elle s'emplit de l'Esprit du Monde, et aspire alors vers le Dieu solaire Osiris. Osiris lui-même, bien que sa vénéra tion cultuelle apparaisse à l'époque du Taureau (la troisième période culturelle), ce n'est pas d'autant moins, par son lien avec le Christ (son image renvoie de façon prophétique à l'approche du Christ vers la Terre), qu'il acquiert un rapport également envers la région cosmique du Bélier.(31) C'est pourquoi l'aspiration d'Isis venant d'être décrite, du Taureau vers le Bélier ou, dans les frontières du système solaire, de la sphère lunaire vers la solaire, s'exprime dans la poursuite de la métamorphose de son aspect extérieur : entre les deux cornes lunaires du taureau apparaît sur sa tête le disque du soleil. Une telle image metamorphosée d'Isis indique alors de façon prophétique le passage de l'époque lunaire vers la solaire, ou, en s'exprimant dans un langage davantage occulte, du Logos lunaire vers le Logos solaire (GA 227, 29.8.1923), tandis que dans l'aspect du devenir historique de l'humanité, elle indique le passage de la troisième période culturelle vers la quatrième.(32) Un parallélisme intéressant en vue de l'examen de la métamorphose de l'image d'Isis, est la modification analogique de l'aspect extérieur du taureau dans le culte égyptien d'Apis. Dans ce dernier, à mesure du rapprochement de son culte du culte d'Osiris (Apis devient peu à peu le "taureau d'Osiris"), entre les cornes, ayant la forme du croissant lunaire posé horizontalement, apparaît également le disque du soleil. Plus tard, lors du passage de la troisième époque culturelle à la quatrième (c'est à dire du Taureau au Bélier), ces deux cultes se fondent entièrement dans le nouveau culte d'Osarapis (Osiris-Apis) ou Serapis. Ce nouveau culte, apparu d'abord en Egypte, connaît ensuite, avec l'avènement de la dernière époque préchrétienne du règne de Michaël (550 à 200 av. 3.-Chr.), une grande extension dans les limites du monde gréco-latin. Pendant la dynastie des Ptolémées, Serapis devient le dieu principal de l'Egypte, et le protecteur particulier de sa nouvelle capitale, Alexandrie.(33) Toutefois dans le monde antique, l'image du taureau (du Taureau) joue encore un tout autre rôle. Car d'un côté, le taureau, dans la mesure où il est le porteur du disque solaire en renvoyant par là de façon prophétique à la progression venant d'être décrite du Taureau vers le Bélier, devient l'expression du juste Esprit du Temps ; d'un autre cáté par contre, si le taureau ne désire pas se mouvoir dans la direction du Bélier, ne désire pas parvenir au contact avec la sphère solaire, et ne veut que rester de façon égo7ste et pour toujours dans la sphère lunaire, alors par là-mêrne il se dresse déjà contre l'évolution correcte, et agit dans le monde en tant qu'un illicite Esprit Luciférien du Temps. C'est alors que l'image du taureau devient le signe des forces de Lucifer, altérant le principe cosmique de l'Esprit.(3Q) Sous cette forme, le taureau devient l'expression de l'égoîsme humain et des passions sauvages déchaînées. Et nous rencontrons plus d'une fois chez les anciennes peuplades le taureau précisément dans un tel rôle. C'est le taureau céleste envoyé à la déesse de Vénus, Ishtar, contre Eabani et Gilgamesh dans "l'Epopée de Gilgamesh", c'est le taureau vaincu par le dieu solaire Mithra. A la fin, c'est le "veau d'or",(35) qu'adoraient les Hébreux au temps du séjour de Moise sur le mont Sinaï (Exode, 32/l-V, 1 Rois, 12/25-30).(36)
Pour clore, nous pouvons mentionner encore un autre aspect extrêmement significatif, liant les influences à partir de la région du Taureau à l'action future de l'Esprit Saint. Comme on sait, l'organe formé directement sous l'influence de la région du Taureau dans l'organisme de l'homme, est son organe de la parole, ou son larynx. De celui-là, et également de cette métamorphose par laquelle il lui incombe de passer à l'avenir, Rudolf Steiner en parle de la façon suivante : "... par contre le larynx est en pleine transformation, et lorsque l'homme sera à nouveau devenu chaste [keusch], son larynx se tournera à nouveau vers le Soleil spirituel [cf. ce qui a été dit ci-dessus]. Le calice de la plante s'est développé jusqu'à la forme de chair emprise de passion, et le larynx deviendra de nouveau un calice chaste, pur, qui sera fructifié par l'Esprit, qui sera tenu à la rencontre de la Sainte Lance d'Amour. Cela est aussi le symbole du Saint Graal, son haut idéal." (GA 98, 5.10.1907).(37)

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Re: Les treize Nuits saintes et leur lien avec le Macrocosme

Message par obsidienne le Jeu 9 Jan - 0:21

L’ADAM KADMON


La région finale et la plus élevée, celle du Béiier, "coiffant" tout le cercle zodiacal, tout l'Adam-Kadmon, le Proto-Anthropos universel, est liée avec le principe du Fils ou du Christ. Sous ce signe, luisant au ciel au début du deuxième tiers de la quatrième période postatlantéenne, l'Etre solaire du Christ descend lors du Baptême du Jourdain dans les enveloppes de 3ésus de Nazareth. – "Le lendemain, jean était encore là, avec deux de ses disciples ; et, ayant regardé 3ésus qui passait, il dit : Voilà l'agneau de Dieu." (jean, l/35-36). Par ces paroles, jean-Baptiste lui-même témoigne du lien cosmique du Christ avec la région céleste du Bélier, à travers laquelle le Christ pénètra dans notre Cosmos à partir des sphères se trouvant au delà
du cercle du Zodiaque.(38) A ces sphères supérieures, ne pénétrant pas directement dans notre Cosmos, rend attentif lors du Baptême dans le Jourdain la Voix du Ciel "Ceci est mon Fils bien-aimé ; aujourd'hui Je L'ai engendré".(39) Ce n'est  que dans ces quelques paroles, comme un lointain écho, que nous parvient la nouvelle à partir des régions d'Univers étendues derrière le cercle zodiacal. C'est pourquoi ce sont ces paroles précisément que nous pouvons rapporter au contenu intérieur de la treizième Nuit Sainte finale, advenant la veille, et au sens occulte déjà au jour-même de l'Epiphanie, fête de la naissance du Christ dans le corps terrestre de l'homme 3ésus. Ainsi nous avons en l'Epiphanie comme un degré d'achèvement et une sorte de bilan de tout le chemin, parcouru au cours des douze Nuits Saintes et en particulier au cours des deux dernières d'entre elles. Car au moment du Baptême, la plus haute Trinité se reflète dans les profondeurs de l'existence terrestre le principe de l'Esprit, en tant que Colombe (Taureau), le principe du Fils, en tant qu'Agneau (Bélier), et le principe du Père, en tant que Voix des Cieux, à partir de ces sphères vers où ne peut déjà plus s'élever la force de l'imagination humaine. Mais c'est justement de là, à partir du Sein paternel que le Christ descend dans notre Cosmos. Il y agit au début à partir de la sphère du Soleil, en tant que le Treizième dans la ronde des Douze, en tant que "... l'Esprit qui illumine de part en part le monde" (GA 107, 22.3.1909), "en tant que l'Esprit divin de notre système solaire" (GA 112, 3.7.1909), en tant que "Le représentant de l'Esprit-Cosmos... de tout l'Univers" (GA 15, conf. 3) ; puis Il descend du Soleil, au moyen du Baptême dans le Jourdain, sur Terre, afin d'illuminer de part en part "la Terre par une nouvelle force", afin de jeter les "fondements" pour un "devenir-Soleil de la Terre" (GA 112, 6.7.1909).
C'est par ces indications du futur devenir de la Terre, devenir en tant que Soleil, que nous avons voulu clore la description du chemin "de Jésus au Christ" à travers les douze régions du cercle zodiacal, ayant leurs révélations terrestres dans les douze Nuits Saintes, disposées entre la fête de Noël et la fête de l'Épiphanie.

LA DIVINE TRINITE-

REFERENCES.

1.Shakespeare, La douxième nuit,V,1
2.Shakespeare,Troilus et Cressida,I,3
3.Shakespeare,Sonnet 29
4.Shakespeare,Henry V,IV,1
5.Jean,8:326.
A.CarMichaël,Gadelica,Vol.I,p497.
Shakespeare, Sonnet 18
8.Shakespeare,Sonnet 98
9.Shakespeare,Macbeth,IV,3
10.W.von.Eschenbach,Parzifal,Livre V,252
11.Shakespeare,Cymbeline,IV,2
12.Jude 9
13.Rev.11:8
14.Rev.12:7-12
15.Tobit 12:15
16.A.CarMichaël,Carmina Gadelica,Vol.I,p89-91
17.A.CarMichaël,Carmina Gadelica,Vol.I,p.305
18.Jean 12:31
19.Kalevala,Rune VIII,1.271ff
20.Gen.1:3
21.Gen.18
22.Gen.2:5
23.Exod.3:14
24.Luke 24:39
25.Rev.1:17-18
26.Jean 20:22
27.Gen.2:7
28.Shakespeare,P22ricl33s,III,1
29.Matt.26:64
30.Matt.24:29
31.Gen.14:18-20
32.Gen.4:2-5
33.Heb.7:3
34.Jean.14:27
35.Matt.5:48
36.Rev.4:2
37.Isa.6:1
38.Rev.3:21
39.Rev.4:3
40.Rev.17:4
41.J.Colet, Hiérarchies Spirituelles, (dans "Deux Trait22s sur les Hi22rarchies de Dyonysius", Ed.Lupton, Londres 1869)
42.Rev.22:15
43.Gen.3:24
44.Isa.6:6-8
45.S, Le Roi Lear,V,2
46.Ezech.1:17-21
47.Shakespeare, Macbeth,V,548.Matt.22:1249.Rev.19:16












LES ETRES SPIRITUELS
ou
LES HIERARCHIES SPIRITUELLES
SERAPHINS
Esprits de rAmour
Saturne 56 à 63 ans
Homme Esprit

CHERUBINS
Esprits de l'Harmonie
Jupiter 49 à 56 ans
Esprit de Vie

TRÔNES Thronoï
Esprits de la Volonté
Mars 42 à 49 ans
Je Esprit

DOMINATIONS Kyriotetes
Esprits de la Sagesse
Soleil 35 à 42 ans
Ame de conscience de soi

VERTUS
Dynameis Esprits du mouvement
Soleil 28 à 35 ans
Ame de coeur et de raison

PUISSANCES
Exusiaï Esprits de la Forme
Soleil 21 à 28 ans
Ame de sensibilité

PRINCIPAUTES
Archaï Esprits de la personnalité
Venus 14 à 21 ans
Corps astral
  Du temps

ARCHANGES
Archangeloï Esprits du Feu
Mercure 7 à 14 ans
Corps éthérique

ANGES Angeloï
Fils de la Vie
Lune 0 à 7 ans
Corps physique

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