Diable et démons, le mystère du Mal: discussion entre le prêtre exorciste du diocèse de Paris, et le directeur des études du séminaire de La Castille à Toulon

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Diable et démons, le mystère du Mal: discussion entre le prêtre exorciste du diocèse de Paris, et le directeur des études du séminaire de La Castille à Toulon

Message par Archange le Mar 17 Déc - 20:00

La Foi prise au mot vous propose de vous pencher sur ce mystère et plus précisément sur le mystère du Mal et des figures qui l'habitent ? D'où-vient le mal ? Comment Dieu permet-il son existence dans le monde ? Que sait-on de la chute de l'Ange ? Ce Satan ou diable aux mille noms, qui est-il et comment s'implique-t-il dans nos vies ? Est-il un ou multiple ? Bref que nous dit l'Église sur ce mystère qui nous terrifie autant qu'il nous fascine ? Pour en parler, Régis Burnet reçoit le Père Maxime d'Arbaumont, prêtre exorciste du diocèse de Paris, et le Père Laurent Sentis, directeur des études du séminaire de La Castille à Toulon.



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Re: Diable et démons, le mystère du Mal: discussion entre le prêtre exorciste du diocèse de Paris, et le directeur des études du séminaire de La Castille à Toulon

Message par Archange le Jeu 19 Déc - 21:51

La définition que donne Laurent Sentis du mal me paraît plutôt convaincante (le mal résulte de l'inattention à la vérité, il n'existe pas en soi mais en tant que privation d'harmonie, privation d'équilibre, de bien) elle me rappelle cette fameuse anecdote au sujet d'Albert Einstein:

Un professeur universitaire défia ses élèves avec cette question: « Est-ce que Dieu a créé tout ce qui existe?». Un étudiant répondit bravement: - Oui, Il l'a fait!
Le professeur dit: «Dieu a tout créé?». - Oui, Monsieur, répliqua l'étudiant. Le professeur répondit: « Si Dieu a tout créé, Il a donc aussi créé le mal puisque le mal existe et selon le principe de nos travaux qui définissent ce que nous sommes, alors Dieu est mauvais ».

L'étudiant fut silencieux devant une telle réponse. Le professeur était tout à fait heureux de lui-même et il se vantait devant les étudiants d'avoir su prouver encore une fois que la foi en un dieu était un mythe.

Un autre étudiant leva sa main et dit: «Puis-je vous poser une question professeur?».- Bien sûr, répondit le professeur. L'étudiant répliqua, «Professeur, le froid existe-t-il?». - Quel genre de question est-ce cela? Bien sûr qu'il existe. Vous n'avez jamais eu froid? dit le professeur.
Le jeune homme dit, «En fait monsieur, le froid n'existe pas. Selon la loi de physique, ce que nous considérons être le froid est en réalité l'absence de chaleur. Tout individu ou tout objet possède ou transmet de l'énergie. La chaleur est produite par un corps ou par une matière
qui transmet de l'énergie. Le zéro absolu (-460°F) est l'absence totale de chaleur; toute la matière devient inerte et incapable de réagir à cette température. Le froid n'existe pas. Nous avons créé ce mot pour décrire ce que nous ressentons si nous n'avons aucune chaleur.»

L'étudiant continua. «Professeur, l'obscurité existe-t-elle?». Le professeur répondit: - Bien sûr qu'elle existe! L'étudiant: «Vous avez encore tort Monsieur, l'obscurité n'existe pas non plus.
L'obscurité est en réalité l'absence de lumière. Nous pouvons étudier la lumière, mais pas l'obscurité. En fait, nous pouvons utiliser le prisme de Newton pour fragmenter la lumière blanche en plusieurs couleurs et étudier les diverses longueurs d'onde de chaque couleur.
Vous ne pouvez pas mesurer l'obscurité. Un simple rayon de lumière peut faire irruption dans un monde d'obscurité et l'illuminer. Comment pouvez-vous savoir l'espace qu’occupe l'obscurité? Vous mesurez la quantité de lumière présente. N'est-ce pas vrai? L'obscurité est un terme utilisé par l'homme pour décrire ce qui arrive quand il n'y a pas de lumière».

Finalement, le jeune homme demanda au professeur, «Monsieur, le mal existe-t-il»? Maintenant incertain, le professeur répondit: - Bien sûr, comme je l'ai déjà dit. Nous le voyons chaque jour. C'est dans les exemples quotidiens de l'inhumanité de l'homme envers l'homme. C'est dans la multitude des crimes et des violences partout dans le monde. Ces manifestations ne sont rien d'autre que du mal!

L'étudiant répondit, « le Mal n'existe pas Monsieur, ou au moins il n'existe pas de lui-même. Le Mal est simplement l'absence de Dieu. Il est comme l'obscurité et le froid, un mot que l'homme a créé pour décrire l'absence de Dieu. Dieu n'a pas créé le mal. Le Mal n'est pas comme la foi, ou l'AMOUR qui existe tout comme la LUMIÈRE et la chaleur. Le Mal est le résultat de ce qui arrive quand l'homme n'a pas l'AMOUR de Dieu dans son coeur. Il est comme le froid qui vient quand il n'y a aucune chaleur ou l'obscurité qui vient quand il n'y a aucune LUMIÈRE. »

Le professeur s’assis, abasourdit d’une telle réponse. Le nom du jeune étudiant ?
Albert Einstein.

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Re: Diable et démons, le mystère du Mal: discussion entre le prêtre exorciste du diocèse de Paris, et le directeur des études du séminaire de La Castille à Toulon

Message par Archange le Ven 20 Déc - 19:59

Je retranscris le très intéressant passage du Faust de Goethe mentionné dans la vidéo:

"Faust:
Eh bien! Qui donc es-tu?
Méphistophélès:
Une partie de cette force qui tantôt veut le mal, et tantôt fait le bien.
Faust:
Que signifie cette énigme?
Méphistophélès:
Je suis l'esprit qui toujours nie; et c'est avec justice; car tout ce qui existe est digne d'être détruit, il serait donc mieux que rien n'existât. Ainsi tout ce que vous nommez péché, destruction, bref, ce qu'on entend par mal, voilà mon élément.
Faust:
Tu te nommes partie, et te voilà en entier devant moi.
Méphistophélès:
Je te dis la modeste vérité. Si l'homme, ce petit monde de folie, se regarde ordinairement comme formant un entier, je suis moi, une partie de la partie qui existait au commencement de tout, une partie de cette obscurité qui donna naissance à la lumière, la lumière orgueilleuse qui maintenant dispute à sa mère, la Nuit son rang antique, et l'espace qu'elle occupait; ce qui ne lui réussit guère, pourtant, car malgré ses efforts elle ne peut que ramper à la surface des corps qui l'arrêtent; elle jaillit de la matière, elle y ruisselle et la colore, mais un corps suffit pour briser sa marche."


On retrouve donc le Mystère que les ténèbres précèdent la lumière, et que "la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas comprise" (St Jean)

On trouve également d'intéressants passages sur la lumière et l'obscurité dans les 15 tablettes de Thoth l'atlante : http://portail-initiation.forumgratuit.org/t36-les-15-tablettes-de-thoth

Voici un article sur la lumière et les ténèbres en St Jean:

http://www.sedifop.com/spip.php?article662


Lumière et ténèbres en St Jean


Si Jean aborde l’union à Dieu en termes de « vie et de lumière » ; le péché qui est fermeture à Dieu, refus de Dieu, combat contre Dieu, désobéissance à Dieu, sera privation de « vie et de lumière », c’est-à-dire plongée dans la mort et les ténèbres... St Paul écrit également : Rm 6,23 : « Le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur. »

Avec « la lumière brille dans les ténèbres », nous avons ici un verbe conjugué au présent : « C’est une propriété éternelle de la lumière que de briller dans les ténèbres, tout comme la vie d’être la lumière des hommes, et le Verbe d’avoir la vie en Lui même. La lumière ne peut cesser d’agir ainsi à moins de cesser d’être lumière. » Dans St Jean, les ténèbres sont donc avant tout « le monde loin de Dieu, l’espace existentiel des hommes qui n’a pas encore été (ou, par rapport aux débuts de l’humanité, qui n’est plus...) illuminé par la lumière divine » :

1Jn 1,5-7 : « Voici le message que nous avons entendu de lui et que nous vous annonçons : Dieu est Lumière (point de départ comme Jn 1) en lui point de ténèbres. (6) Si nous disons que nous sommes en communion avec lui (le projet de Dieu sur nous) alors que nous marchons dans les ténèbres, nous mentons, nous ne faisons pas la vérité. (7) Mais si nous marchons dans la lumière (conséquences : communion avec Dieu... comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, communion avec les autres... et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché. » grâce au Christ Sauveur)

Sans Dieu qui est lumière, l’homme ne peut que marcher dans les ténèbres. Il est comme un aveugle, il ne sait plus « existentiellement » où il va...

1Jn 2,11 : « Il marche dans les ténèbres, il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux. »

Jn 12,35 : « (Celui) qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va »... ... il bute sur les obstacles...

Jn 11,9-10 : « Si quelqu’un marche le jour, il ne bute pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; (10) mais s’il marche la nuit, il bute, parce que la lumière n’est pas en lui. »

... car la lumière n’est pas « en Lui ». Dieu seul étant lumière (lJn 1,5), cette lumière ne peut être en l’homme que si Dieu est présent à son cœur dans un mystère de communion où, gratuitement, par amour, Il se donne ; c’est ainsi qu’il fait de chacun de nous ses enfants vivants de sa vie, une vie qui est lumière, une vie qu’il dépose en nos cœurs. Mettons maintenant en parallèle la fin de ces deux versets : - « Il voit la lumière du monde » (Lumière matérielle de ce monde ; exemple tiré de la vie quotidienne).
- « La lumière n’est pas en lui » (expression qui vise une lumière intérieure).

La source de la lumière est donc à chercher « au cœur de l’homme » : c’est « là » que le Dieu Lumière veut faire sa demeure pour vivre en communion avec nous et « illuminer de l’intérieur » notre vie. Ste Elisabeth de la Trinité est témoin de cette Présence de Dieu en nous : « Il est vivant dans nos âmes. C’est Lui-même qui l’a dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui, et nous nous ferons une demeure chez lui ». Puisqu’Il est là, tenons lui compagnie comme l’ami à Celui qu’il aime » (Jn 14,23). Tout ceci est un don gratuit de Dieu et de sa miséricorde qui, sans cesse, nous sauve : « Que c’est bon aux heures où l’on ne sent que sa misère d’aller se faire sauver par lui », disait-elle encore. En nous sauvant, en nous pardonnant, en nous purifiant, en se donnant à nous, Dieu, par son Fils et avec son Fils -les deux sont « un » (Jn 10,30) -se fait une demeure dans le cœur de ceux qui le laissent faire.

Ap 3,20 : Voici, je me suis tenu et je me tiens (parfait de •sthmi) à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je mangerai avec lui et lui avec moi.

Remarquons le verbe •sthmi conjugué au parfait, un temps grec qui décrit une action passée dont les conséquences se font toujours sentir dans le présent du texte. La BJ, la TOB, Osty, la RSV ... l’ont d’ailleurs traduit par un présent, mais l’idée est en fait identique à Sg 6,12-16 : avant même que nous pensions à lui, Dieu, le Christ et l’Esprit Saint sont là, présents à notre vie, à notre cœur… Ils frappent avec douceur, ils attendent, ils désirent, ils espèrent que nous allons enfin leur ouvrir la porte de notre vie : Sg 6,12-16 : La Sagesse est brillante, elle ne se flétrit pas. Elle se laisse facilement contempler par ceux qui l’aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent. (13) Elle prévient ceux qui la désirent en se faisant connaître la première. (14) Qui se lève tôt pour la chercher n’aura pas à peiner : il la trouvera assise à sa porte. (15) La prendre à cœur est en effet la perfection de l’intelligence, et qui veille à cause d’elle sera vite exempt de soucis. (16) Car ceux qui sont dignes d’elle, elle-même va partout les chercher et sur les sentiers elle leur apparaît avec bienveillance, à chaque pensée elle va au-devant d’eux.

Mais avec le Christ, « ceux qui en sont dignes » sont plutôt « ceux qui n’en sont pas dignes », à l’image de la brebis perdue que le Bon Pasteur cherche jusqu’à ce qu’ll la retrouve (Lc 15,4-7) : tout s’enracine dans l’amour gratuit, miséricordieux, que Dieu nous porte. « Ce ne sont pas les justes qui ont besoin du médecin, mais les malades ». « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs au repentir » (Lc 5,31-32).

Dieu désire donc, avec son Fils et par Lui, faire en chacun d’entre nous sa demeure ; or, nous dit Jésus… Jn 8,12 (cf 9,39) : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas du tout dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. »

Jn 12,46 : « Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que tout (homme) qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. »

Si le Christ, Lumière du monde, est présent au cœur du croyant, il illuminera donc sa vie « de l’intérieur » et changera ainsi son regard sur tout ce qui l’entoure : « La vie d’une carmélite », écrivait Ste Elisabeth de la Trinité, « c’est une communion à Dieu du matin au soir et du soir au matin. S’il ne remplissait pas nos cellules et nos cloîtres, ah ! comme ce serait vide ! Mais à travers tout nous le voyons, car nous le portons en nous, et notre vie est un ciel anticipé ». Et tout ceci s’accomplit concrètement en nous par le don de l’Esprit Saint « nature divine » : « Dieu Est Esprit » (Jn 4,24), « Dieu Est Lumière » (1Jn 1,5). En nous donnant l’Esprit, Dieu nous donne gratuitement, par amour, de participer à ce qu’Il Est, et Il Est Lumière… Poursuivons notre lecture de St Jean. Si les ténèbres renvoient à tout ce qui est abandon de Dieu, fermeture à Dieu, le péché des hommes n’a jamais empêché Dieu d’être ce qu’Il est et... Il est Lumière, et sa Lumière est présente à toute sa création, fût elle plongée dans les ténèbres par suite de l’égoïsme, du repli sur soi. Mais Dieu demeure toujours infiniment proche de toutes ses créatures, même si ces dernières l’ont délaissé : il se tient à la porte de leur cœur et il frappe par la Lumière de son Esprit, comme le soleil ne cesse de frapper de sa lumière les volets fermés d’une maison…

La suite du verset fera un pas de plus : non seulement la lumière luit dans les ténèbres, mais en plus les forces de ténèbres ne peuvent rien contre elle. Telle est finalement la victoire de la Croix. Là où le péché (ténèbres) a abondé, la grâce (lumière) a surabondé (Rm 5,20)... Le Christ est sorti du tombeau, libre et vainqueur...

Remarquons les différentes traductions du verset Jn 1,5 :

Saisir, arrêter, vaincre... Bible de Jérusalem : ... et les ténèbres ne l’ont pas saisie. Osty : ... et les ténèbres ne l’ont point arrêtée. Médiaspaul : ... et la ténèbre ne l’a pas arrêtée. Traduction liturgique : ... et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. RSV : ... The light shines in the darkness, and the darkness has not overcome it (vaincre, venir à bout de, prendre le pas sur).

Comprendre TOB : ... et les ténèbres ne l’ont point comprise. Vulgate : (et lux in tenebris lucet)... et tenebrae eam non conprehenderunt...

Les dictionnaires indiquent de fait deux possibilités pour le verbe grec mais il semble qu’il faille choisir ici la première, « s’emparer de, saisir, obtenir » (Mc 9,17-18 ; Rm 9,30 ; 1Co 9,24 ; Ph 3,12-14). En effet, avec une telle traduction, le contexte est celui du combat spirituel ; seul le constat est établi : les ténèbres n’ont pas saisi la lumière, ce qui suppose qu’elles ont tenté de le faire, mais non... la lumière a échappé à leur emprise... Elle brille toujours... Ce sens se retrouve notamment dans le Livre de la Sagesse :

Sg 7.29-30 : (La Sagesse) est plus belle que le soleil. Elle surpasse toutes les constellations ; comparée à la lumière, elle l’emporte ; (30) car celle-ci fait place à la nuit, mais contre la Sagesse le mal ne prévaut pas. D’autre part, St Jean n’emploie que deux fois ce verbe, ici et en Jn 12,35 : Jn 12,35-36 : "Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. (36) Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière."

Nous sommes encore ici dans un contexte de combat spirituel : si Jn 1,5 décrivait (implicitement) la lutte des ténèbres contre la Lumière qui émane du Verbe, c’est-à-dire en fin de compte contre la Personne du Verbe Lui-même, Jn 12,35 évoque la possibilité pour les croyants d’être saisis par les ténèbres, ce qui sous entend là aussi une attitude hostile de ces ténèbres à leur égard. En effet, par la foi, ils ont accueilli en eux-mêmes le Christ Lumière...

Jn 17,22-23 : Et moi, la gloire que tu m’as donnée (et que tu me donnes parfait de d€dvmi) je la leur ai donnée (et je la leur donne parfait de d€dvmi), pour qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient rendus parfaits pour ce qui est de l’unité et que le monde connaisse que toi tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.

Si les ténèbres se sont attaquées au Christ Lumière, ces mêmes ténèbres s’attaqueront toujours au Christ Lumière présent cette fois au cœur des croyants .

Jn 15,18-21 : Si le monde vous hait, sachez que moi, il m’a pris en haine avant vous. (19) Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tiré du monde, pour cette raison, le monde vous hait. (20) Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, vous aussi ils vous persécuteront ; s’ils ont gardé ma parole, la vôtre aussi ils la garderont. (21) Mais tout cela, ils le feront contre vous à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé.

Mais la Lumière du Verbe brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas saisie, car elles ne peuvent rien sur elle : Jn 14,30 (BJ) : Je ne m’entretiendrai plus beaucoup avec vous, car il vient, le Prince de ce monde ; sur moi il n’a aucun pouvoir… (TOB : certes, il n’a en moi aucune prise ; Osty : sur moi, certes, il ne peut rien). Littéralement, on a : « et en moi il n’a rien »...

Jésus n’a en lui absolument aucune affinité avec les ténèbres ; il n’est pas du tout marqué par elles : aucune trace en lui de la moindre obscurité. En Jésus, Dieu est tout, et Il Est lumière. La mise en commun des différentes traductions possibles et de Jn 1,5 nous permet de conclure que : 1 -Les ténèbres n’ont aucune prise sur la lumière ; elles ne peuvent rien contre elle. Il n’existe aucune comparaison possible entre la lumière et les ténèbres : la lumière est radicalement et totalement victorieuse des ténèbres. 2 -Les ténèbres n’ont de prise que sur ce qui est en harmonie avec elles, c’est-à-dire sur ce qui, en nous, est « ténèbre ». Autrement dit, les ténèbres se servent de nos ténèbres pour nous agripper et nous éloigner de Dieu... Succomber à la tentation, c’est donner au tentateur d’avoir toujours plus de prise sur nous... Une telle perspective peut nous faire frémir : elle nous invite au contraire à l’abandon et à la confiance totale en la miséricorde infinie de Dieu et en sa Toute Puissance d’Amour qu’ll met en oeuvre pour notre salut : sa Lumière toujours offerte sera victorieuse en nous de toute forme de ténèbres, si, jour après jour, nous acceptons de lui offrir toutes nos misères…

Cette victoire se réalisera dans le cœur et la vie des croyants dans la mesure où ils mettront tous leurs soins et tout leur amour à garder la Parole de Dieu, à vivre en sa Présence, à rester en relation avec ce Dieu et Père qui ne désire que leur salut. Garder sans cesse le contact avec Lui est possible grâce à sa miséricorde toute puissante qui, sans cesse, s’offre à reconstruire ce que le péché a pu abîmer. Si la TOB a au v. 5 « et les ténèbres ne l’ont pas comprise », la traduction la plus probable est donc « saisir, arrêter, vaincre », adoptée d’ailleurs par Origène et les Pères grecs en général. Elle renvoie à un contexte de combat spirituel entre les ténèbres et la lumière. La désobéissance, le refus, les tentatives de « mettre la main sur Dieu » sont restées sans succès... Le mystère du péché n’a pas réussi à « étouffer » la lumière de l’Amour... Le projet de tuer Dieu en Jésus Christ a échoué : il est ressuscité, il a vaincu la haine… La Lumière a brillé au cœur du tombeau et rien n’a pu l’empêcher d’agir ainsi. Accueillie par la foi, c’est elle qui remportera de même la victoire dans nos vies, dans la mesure où librement, jour après jour, nous lui offrirons tout ce qui en nous est « ténèbre »… A nous maintenant de « ne jamais désespérer de la Miséricorde de Dieu » (St Benoît).

D. Jacques Fournier


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