La tripartition sociale

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La tripartition sociale

Message par Archange le Jeu 14 Nov - 18:00



Tripartition sociale
    


Eu égard au chaos « démocratique » et libéral actuel propre à nos républiques occidentales en proie à la mainmise des groupes d'intérêt faudrait-il admettre comme définitivement révolue la vieille devise des frontons de nos mairies : « Liberté, Egalité, Fraternité » ? Est-il encore seulement plausible de lui prêter créance en face des menées souterraines des loges ?

Incontestablement oui, mais à la stricte condition de lui redonner le sens précis qu'elle avait à l'origine, et non celui qu'on lui prête aujourd'hui - sciemment détourné - en l'occurrence replacer chacun de ces trois termes en sa sphère d'activité propre : Liberté de conscience (sphère culturelle), Egalité en droits (sphère politique et juridique), et Fraternité (solidarité) en matière économique.

Cette devise fut, dès le XVIIIè siècle, comme déjà dit, sciemment détournée de son sens primitif par confusion systématique de ses trois termes. Le rééquilibrage du social ne peut, en effet, se réaliser qu'à partir de l'instant où leurs applications respectives leur sont spécifiquement rendues – et non confondues comme elles le sont aujourd'hui. Il suffit, en effet, de très peu de choses pour démolir une harmonie sociale et organiser ainsi un lucratif chaos.

Ainsi la confusion du religieux, du politique et de l'économique tel qu'il en est aujourd'hui, par exemple, en régime islamique - au même titre que ce que l'Inquisition catholique ou l'intégrisme protestant avaient instauré naguère, en ces temps, pas si lointains où l'hérétique avait toutes les chances de finir sur le bûcher : c'est là, je crois, une des plus dangereuses erreurs guettant notre époque, et qui ne ferait que ravaler le christianisme au rang de l'Islam en instaurant de facto une religion d'Etat, et partant la tyrannie de celui-ci sur la vie spirituelle et la culture. La séparation de l'Eglise et de l'Etat fut, au contraire, une des (rares) bonnes innovations de la Révolution française et dont il ne faudrait pas sous-estimer la portée, laquelle repose justement sur cette fameuse devise si mal comprise.

Le sens de cette devise enfermant cette connaissance fort ancienne qu'il n'est d'harmonie sociale que dans l'indépendance relative des 3 sphères régissant toute société* : 1° Spirituelle-culturelle, 2° Politique, 3° Economique – Tête, Cœur et Main d'un organisme humain complet – dans lequel se trouveraient à la fois garantis : la Liberté religieuse, l'Egalité devant la Loi, et la Fraternité (Solidarité) dans tout ce qui concerne la vie économique : tripartition fonctionnelle dont Rudolf Steiner fit le fondement de l'organisme social et la condition de son harmonie structurelle.

Tout le déséquilibre et le chaos actuel ne proviennent, en effet, que de la confusion, intentionnelle ou non, de ces trois termes, et notamment, à notre époque, la tyrannie de l'Economique sur la sphère culturelle tout entière, et même sur l'Etat à la botte aujourd'hui des banques et du Veau d'Or qu'il sert. Sujet d'actualité me semble-t-il.

Ce n'est pas le lieu de développer in extenso la question, mais la simple méditation de cette mise au point permet déjà de comprendre beaucoup au désordre actuel où même les Etats sont devenus les stipendiés de la Haute Finance faute de pouvoir exercer leurs droits régaliens les plus fondamentaux. Rien de durable ne sortira jamais de l'ignorance de cette loi de la tripartition sociale déjà fort bien connue du Moyen-Âge.

A ceci près toutefois qu'imaginer aujourd'hui possible de restaurer l'état de choses médiéval ne serait plus applicable en notre XXIè siècle où chaque individu doit maintenant trouver lui-même sa juste place, à chaque instant de son existence, dans l'une ou l'autre de ces trois sphères de vie. Revenir en arrière ne ferait qu'élargir le gouffre où nous sombrons, tant il est vrai que l'Homme évolue et change au fil des siècles, et que c'est à lui d'adapter la société où il doit vivre et non à un schéma social obsolète de l'enfermer dans un cadre anachronique périmé.

Sur un plan purement théologique aussi bien que politique, ce qu'est, par exemple, l'Islam (dont le nom même veut dire "soumission") ne saurait aucunement s'appliquer en une société véritablement chrétienne, à la recherche du Christ, auquel seule une libre inclination de l'âme peut conduire.
Conséquemment, si c'est bien la liberté qui doit régner dans tout ce qui concerne le Spirituel, c'est alors à l'Etat de veiller à garantir l'égalité des droits de chacun dont, en premier lieu, la liberté religieuse des différentes confessions – pour autant, bien sûr, qu'elles ne portent pas atteinte au bien public et à la paix civile. L'Etat, dans la pleine expression de ses droits régaliens, doit, en réalité, servir de lien entre le Spirituel et l'Economique : en d'autres termes veiller au maintien de la Justice. C'est là son rôle et il ne saurait en avoir d'autre. Au delà, c'est la tyrannie d'une sphère ou d'une autre qui s'installe, et nous en sommes là de nos jours où les Etats se disant les plus progressistes réinstallent sans honte, à grand renfort de tout un arsenal de lois-bâillons, censure et persécution contre toute pensée déviante à l'encontre, par exemple, des historiens révisionnistes comme au bon vieux temps de l'Inquisition – et ce en négation formelle de leur propre Déclaration** des Droits de l'Homme réduite, en l'occurrence, à n'être plus qu'un hypocrite chiffon de papier.

Pour mieux préciser : l'Inquisition (la contrainte spirituelle) restera à tout jamais la honte et la flétrissure indélébile de l'Eglise romaine, la marque ineffaçable qu'elle n'était plus chrétienne : Tant il est vrai qu'on ne saurait conduire les âmes au Christ par la force, la torture et les supplices.

Ce n'est donc pas à l'Etat de rendre ou d'imposer un culte. Le faire serait tout simplement imposer l'arbitraire d'une charia en face d'une autre – et la guerre civile. Car s'il fut bien un temps où le corps sacerdotal, les prêtres, régissaient tout, c’était au temps des mages et des grands Initiés, tels que le furent autrefois Zoroastre ou Moïse (Môsis): ce qui était, en ces hautes époques, une nécessité du fait de l’immaturité de l’humanité. Puis vint le temps des prêtres-rois, des initiés-rois tels que le furent encore les pharaons, puis des rois séculiers. Tout cela fut une conséquence de l’évolution de l’homme en même temps que sa progressive descente dans le matérialisme.
Il y eut alors, au Moyen-Âge, une tripartition de fait de la population européenne en Clergé, Noblesse et Paysannerie (Tiers-Etat) – ce fut même, comme on le sait, plus d’un millénaire durant, la structure immuable de la société, disons jusqu’à la Révolution française (laquelle fut, en grande partie, détournée de ses idéaux, mais là n’est pas le propos). Il fut donc un temps où la puissance du clergé parvint presque à dominer l’ensemble de cette société jusqu’à couronner les empereurs et imposer ses dogmes urbi & orbi dans toute l’Europe. Mais ce temps-là n’est plus, se trouve de facto révolu – tout simplement (pour faire court) parce que la conscience et la vie intérieure de l’Homme ont, entre temps, évolué, changé – de telle sorte qu’il ne saurait plus être question aujourd’hui de restaurer une société tripartite en trois castes englobant respectivement 1° la gestion du spirituel et de la culture, 2° l’exécutif et le législatif (l’Etat), et 3° le domaine économique. Un tel état de chose serait tout simplement explosif et ne mènerait qu’au chaos.


En aucun cas, les hommes ne devraient être aujourd’hui socialement répartis en classes, ordres ou castes, mais, au contraire, individuellement insérés, en chacun de leurs actes, en l’une ou l’autre de ces trois sphères et dans la stricte mesure de leurs capacités.

Imaginer seulement qu’un pape, tel grand lama, grand ayatollah ou autre grand muphti puisse régir un jour en potentat oriental la société – notamment européenne – relèverait uniquement de l’utopie la plus irréaliste. J’ai suffisamment parcouru les Proche et Moyen-Orient pour imaginer à quel désastre cela nous conduirait en à peine quelques mois. L’exemple de l’Iraq devrait suffire.

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