Les abeilles, guêpes et fourmis : Le rôle de l’acide formique dans la nature et dans l’être humain.

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Les abeilles, guêpes et fourmis : Le rôle de l’acide formique dans la nature et dans l’être humain.

Message par obsidienne le Sam 15 Sep - 14:24

Extrait du livre de Rudolf Steiner : Entretiens sur les abeilles
Septième conférence. Dornach, 15 décembre 1923. (Extrait)


Le rôle de l’acide formique dans la nature et dans l’être humain.
Les poisons sont des collecteurs d’esprit et de ce fait des remèdes.


… La Terre n’a pas toujours été telle qu’elle est aujourd’hui. Si elle avait toujours été telle que nous la connaissons, avec sa chaux morte, son quartz mort, son gneiss, son micaschiste mort, etc, puis ici, issues des graines telles qu’elles sont aujourd’hui, les plantes, là les animaux, etc, si la terre avait toujours été ainsi, tout l’ensemble que nous connaissons ne pourrait pas exister, en aucune façon !

Les gens qui prennent pour point de départ de leur science les choses telles qu’elles existent aujourd’hui se font totalement illusion : l’édifice ne peut pas tenir. Celui qui cherche les secrets, les lois de la terre là où la science d’aujourd’hui les cherche, celui-là est exactement comme un habitant de Mars qui descendrait sur la Terre, n’aurait aucun sens de l’homme vivant et se contenterait d’aller dans une chambre mortuaire pour y considérer les morts. N’est-ce pas, il ne pourrait pas y avoir ces morts s’ils n’avaient d’abord été vivants ! L’habitant de Mars qui n’aurait pas encore vu d’être humain vivant et ne verrait que des morts, il faudrait tout d’abord le mener vers les hommes vivants. Alors il pourrait se dire : eh bien, je comprends maintenant que les morts aient cette forme ; avant je ne le comprenais pas, parce que je ne le connaissais pas l’être vivant qui existait antérieurement. – De même, si l’on veut connaître les lois de l’évolution de la terre, il faut remonter à des états antérieurs. La terre actuelle avait en effet, à un stade antérieur, une tout autre configuration. Je l’ai toujours appelée « Lune », et dans mon livre « la Science de l’Occulte » elle porte ce nom, parce que la lune actuelle est un vestige de cette terre ancienne. La terre s’est transformée, elle était originairement tout autre.

Il y eut un temps où les conditions régnant sur terre étaient telles que nos plaintes et nos insectes n’existaient pas. Voyez-vous, il existait alors ce que l’on peut comparer à la terre d’aujourd’hui ; puis, poussant sur cette terre, des formations analogues aux plantes, mais qui se transformaient constamment, adoptaient constamment d’autres formes, comme les nuages. Il y avait, dans l’entourage de la terre, des nuages comme ceux-ci (l’orateur fait un croquis). Mais ce n’étaient pas des nuages comme les nôtres, qui sont morts, du moins apparemment morts ; c’étaient des nuages vivants, comme est vivante la plante d’aujourd’hui. Si vous vous représentiez les nuages d’aujourd’hui prenant vie en devenant verdoyants, vous auriez une représentation du monde végétal de ce temps-là.

A cet égard, plus d’un de nos grands scientifiques atteignent les sommets du cosmique. Récemment, vous pourriez lire dans la presse une information d’une drôlerie pas commune. Voilà qu’on vient de faire une fois de plus une découverte scientifique tout à fait dans le style d’aujourd’hui. C’est extrêmement cocasse. Il s’est avéré en effet que le lait, préparé d’une certaine manière, est un bon remède contre le scorbut, qui est une très vilaine maladie.

Eh bien, comment procède un savant d’aujourd’hui ? J’ai déjà attiré votre attention là-dessus : il analyse le lait. Il trouve alors qu’il y a dans le lait tels et tels composants chimiques. Je vous ai déjà fait remarquer aussi qu’on peut nourrir des souris avec ces composants chimiques ; mais si on les donne seuls, les souris meurent au bout de quelques jours ! c’est ce qu’ont constaté les élèves du Professeur Bunge, et ils ont dit : C’est qu’il y a dans le lait, comme aussi dans le miel, une substance vitale, la vitamine ! – Vous le savez par l’exemple que je vous ai une fois déjà cité : c’est exactement comme si l’on disait : quand on est pauvre, ça vient de ce qu’on n’est pas riche. – On dit de même : il y a là-dedans de la vitamine.

On a donc fait une découverte importante : dans le lait, il y a toutes sortes de substances qui portent des noms très savants. Et le lait, préparé d’une certaine manière, est un remède contre le scorbut. Ensuite, on a recherché selon des méthodes très savantes si ces substances données seules aux malade atteints du scorbut les guérissaient. Rien ne les a guéris, aucun de ces composants ! Mais quand ces composants sont réunis dans le lait spécialement préparé, alors ils peuvent guérir le scorbut. Pris individuellement, aucun ne guérit ; c’est l’ensemble seul qui guérit.

Mais que reste-t-il, se demande, le savant, quand on enlève du lait tous ces composants, que reste-t-il ? – car maintenant il les élimine tous. Que ces composants soient dans un corps éthérique, ils ne veulent pas l’admettre. Il les élimine tous par hypothèse, et que reste-t-il ? Réponse : la vitamine ! La vitamine, qui doit donc guérir le scorbut, n’est dans aucun de ces composants. Mais où est-elle alors ? Et voici la trouvaille : elle est dans l’eau du lait, puisqu’elle n’est pas dans le reste. C’est pourquoi ce qui guérit le scorbut, c’est l’eau !

Tout cela est incroyablement comique, mais c’est ainsi qu’est savamment présentée la chose. Car si c’est l’eau qui contient la vitamine, toute cette science en serait arrivée au point où il faudrait admettre que les nuages du ciel sont vivants. Nous devrions en effet lever les yeux vers les hauteurs et dire : dans l’eau, il y a parfois des vitamines. Nous aurions alors retrouvé la terre telle qu’elle fut dans le passé. Seulement il n’en est plus ainsi aujourd’hui.

Il y avait donc en ce temps-là, aimerais-je dire, une sorte de vie végétale, une couverture végétale vivante. Et cette couverture végétale vivante, elle était partout fécondée à partir de l’environnement. Il n’y avait pas non plus d’animaux aux formes nettement dessinées ; pas de guêpes non plus qui venaient sur les plantes, mais de l’environnement ne venait qu’une substance douée de vie animale (l’orateur fait un croquis). Ainsi notre terre connut un état que l’on peut décrire à peu près comme suit : elle était entourée de nuages qui étaient porteurs de vie végétale ; de ces nuages s’approchaient d’autres nuages qui les fécondaient et étaient de nature animale. De l’espace cosmique venait l’animalité et de la terre montait la vie végétale.

Tout cela s’est transformé. Les plantes d’alors sont devenues nos fleurs aux contours bien délimités, qui sortent de la Terre et ne forment plus de gros nuages. Mais il leur est resté quelque chose : elles veulent recevoir une influence provenant de leur entourage. Voici une rose qui pousse (l’orateur fait un croquis). Voilà une feuille, puis une autre, puis une troisième. Arrive maintenant une guêpe. Celle-ci ronge un petit morceau de la feuille, l’emporte dans son nid comme matériau de construction ou comme nourriture pour ses petits. Comme je l’ai dit, nos rosiers ne sont plus des nuages, ils sont devenus des formations aux contours nettement délimités. Mais quelque chose cependant est resté dans les feuilles et les fleurs du rosier : c’est ce qui autrefois y vivait et était uni à l’animalité venue de tout l’environnement ! Cet élément est là dans le rosier. Dans chaque feuille de rosier, il y a quelque chose qui ne peut pas ne pas être en quelque sorte fécondé par tout le milieu ambiant.

Et voyez-vous, Messieurs, ce dont ces fleurs ont besoin, ont besoin coûte que coûte, c’est d’une substance qui joue également un grand rôle dans le corps humain. Quand en effet vous examinez le corps humain, vous y trouvez les substances les plus diverses. Toutes ces substances se transforment continuellement. Mais partout dans le corps se transforment finalement en quelque chose que le corps contient toujours en certaines quantités. Le corps humain a besoin de ce quelque chose, c’est l’acide formique.

Si vous recueillez des fourmis dans une fourmilière et que vous les écrasez, vous obtenez un jus. Ce jus   contient de l’acide formique et un peu d’alcool. Ce jus est dans les fourmis. Mais vous l’avez aussi dans votre corps, très finement réparti. Ce que vous mangez au cours de votre vie se transforme toujours – pas exclusivement, il y a d’autres choses aussi, naturellement, mais en très petite quantités – en acide formique. Cet acide remplit tout votre corps. Et lorsque vous êtes malade et que vous n’avez pas assez d’acide formique en vous, c’est pour votre corps une situation très grave. Car il devient alors – et maintenant je reviens à la question de M. Müller et je lui donne une réponse – goutteux ou rhumatisant. Il se produit trop d’acide urique et pas assez d’acide formique.

Les fourmis ont donc en elles ce dont le corps humain, lui aussi, a besoin. Mais l’acide formique est de façon très générale quelque chose dont toute la nature a besoin. Vous ne trouverez pas d’écorce d’arbre qui ne contienne un peu d’acide formique. Dans l’arbre tout entier, comme dans le corps humain, il y a partout de cet acide. Dans chaque feuille, partout il faut qu’il y soit. Mais il ne faut pas seulement qu’il y ait de l’acide formique ; il y a aussi une substance apparentée à cet acide, c’est ce que possèdent les guêpes, c’est aussi ce que possèdent les abeilles, et qui devient le venin d’abeille. Ces insectes portent tous en eux, une certaine substance qui est toxique.

Si une abeille vous pique, il en résulte une inflammation ; si c’est une guêpe, cela peut parfois aller très mal. Ces histoires de piqûres de guêpe sont à vous donner la chair de poule. A cet égard, Brehm décrit une très jolie scène, montrant quel mauvais tour ces insectes peuvent parfois jouer aux hommes et aux animaux.

L’histoire est la suivante : un vacher, un jeune garçon, avait dans un pâturage une quantité de vaches, et ce pâturage était parsemé de nids d’insectes. Le chien berger courait de-ci de-là. Soudain, ce chien devient comme fou, se met à courir en tous sens comme une bête folle, sans qu’on puisse savoir ce qui lui arrive. Il court tant qu’il peut vers le ruisseau qui se trouvait aux alentours, s’y précipite et n’arrête pas de se secouer. Le vacher, affolé, va au secours de son chien, mais du bord du ruisseau. Par malheur il se met sur un nid d’insectes, comme le chien l’avait fait sans doute avant lui, et voilà que les insectes le piquent : il se met à courir   comme un fou, et finalement se jette lui aussi dans le ruisseau. Comme ni le chien ni le vacher ne sont plus là, le désordre s’installe peu à peu dans le troupeau. Les vaches qui foulent un de ces nids d’insectes sont piquées à leur tour, et se comportent comme si elles étaient devenues folles. Et finalement, une grande partie du troupeau est dans le ruisseau, les bêtes sont comme folles !

Ainsi, ces piqûres d’abeilles peuvent vous jouer un très mauvais tour. Ces animaux ont tous en définitive quelque chose de venimeux en eux. Et en fin de compte, quand une fourmi vous mord, il en résulte aussi une petite inflammation, car elle fait culer dans la plaie de l’acide formique. Mais cet acide existe en dilution convenable dans tout ce qui est vivant.

Et s’il n’y avait ni fourmis, ni abeilles, ni guêpes, lesquelles sont à proprement parler les préparatrices de ces venins, que se passerait-il ? La même chose qui arriverait pour la perpétuation de la race humaine si vous décapitiez soudain tous les hommes, ne laissant subsister sur terre que les femmes. Alors l’humanité ne pourrait pas se perpétuer, parce qu’il n’y aurait pas de semence mâle. Ces insectes ont tous par ailleurs leur semence, mais néanmoins ce qui vient de ces venins est nécessaire à leur vie : car ces venins sont un reste de ce qui existait dans la sphère qui environnait l’ancienne Lune. Du venin d’abeille, du venin de guêpe, de l’acide formique en très petites particules, provenant de l’espace cosmique, sont venus un jour sur les plantes. Ce qu’il en reste existe encore aujourd’hui. Alors si vous voyez une abeille posée sur un saule ou sur une fleur, ne dites pas : mais l’insecte ne va rien faire d’autre que dérober quelque chose à la fleur ! – mais dites : pendant que la petite abeille est posée là et suce, la fleur se sent si bien qu’elle fait couler un suc vers l’endroit où l’abeille aspire. C’est là quelque chose de très intéressant, Messieurs ! Quand l’abeille suce, la fleur fait couler là ce suc. Et tandis que l’abeille prend quelque chose à la fleur, il coule dans ce suc, par l’intermédiaire de l’abeille qui le transmet à la fleur, du venin. Et tandis que la guêpe pique, elle aussi, il coule du venin de guêpe là où elle pique. Et en particulier pendant que la fourmi s’attaque même aux troncs d’arbres qui n’ont plus rien de vivant, il s’écoule dans ces troncs de l’acide formique. Ainsi, quand vient une fourmi, le suc de la fleur s’allie au suc de la fourmi. C’est nécessaire. Car si cela ne se produisait pas, s’il n’y avait pas ces abeilles, ces guêpes et ces fourmis qui visitent continuellement ce monde des fleurs et l’attaquent de leurs mandibules, l’acide formique et les venins nécessaires ne s’écouleraient pas dans ces fleurs, et les fleurs, au bout de quelque temps, dépériraient.

Voyez-vous, ces substances qu’on appelle ordinairement substances vitales, l’homme les apprécie. Mais à vrai dire, seules les substances telles que l’acide formique sont de véritables substance vitales. Si vous prenez la belladonne, il y a un poison dans cette plante. C’est une substance nuisible. Mais que fait la belladonne ? Elle collecte l’esprit dans le monde environnant. Les poisons sont des collecteurs d’esprit. C’est pourquoi ils sont aussi des remèdes. Et en réalité, les fleurs sont de plus en plus malades, et ces petites abeilles, ces guêpes et ces fourmis sont de petits médecins qui apportent continuellement aux fleurs l’acide formique dont elles ont besoin et qui, les guérit de la maladie, de sorte que tout peut rentrer dans l’ordre. Vous le voyez : abeilles, guêpes et fourmis ne sont pas seulement des voleuses, elles apportent en même temps aux fleurs ce qui leur permet de vivre.

Et il en est de même en fin de compte, pour ces abeilles (l’orateur fait un croquis). Elles dépériraient, elles finiraient par disparaître. Eh bien, direz-vous peut-être, le dommage ne serait pas grand ; l’espèce des chenilles s’étendrait, et puis voilà – Mais de ces chenilles les oiseaux se nourrissent à leur tour, et ainsi de suite. La nature entière est placée sous le signe de rapports internes de ce genre. Quand nous voyons par exemple comment les fourmis imprègnent tout de leur acide formique, nous jetons là un regard dans l’économie de la nature. C’est quelque chose de grandiose. Partout se produit quelque chose qui est absolument nécessaire à la conservation de la vie et de l’univers.

Tenez, nous avons ici un arbre. Cet arbre a une écorce. Cette écorce se décompose si j’abats l’arbre. Il y a là de l’écorce pourrie (l’orateur fais un croquis). Nous disons alors : laissons cela se décomposer tranquillement. – Nous regardons tranquillement cela se faire, et nous laissons tout ce qui reste là se décomposer dans la forêt. Combien de feuilles et de déchets pourrissent dans la forêt en une année ! Nous laissons pourrir tout cela. Mais dans l’univers, cela est organisé autrement. Partout dans le voisinage il y a ces fourmilières. L’acide formique en provenance de ces fourmilières pénètre dans le sol de la forêt.
Quand vous avez le sol d’une forêt et une fourmilière, c’est comme si vous aviez un verre plein d’eau : vous mettez dans ce verre une goutte d’une substance quelconque, et cette substance se répand immédiatement dans l’eau du verre. Si vous y mettez du sel, immédiatement toute l’eau est salée (l’orateur fait un croquis). Si vous avez là une fourmilière, l’acide formique se répand de la même façon dans tout le sol de la forêt, dans les matières en décomposition, et tout le sol de la forêt, dans les matières en décomposition, et tout le sol de la forêt, qui était déjà en train de mourir, s’imprègne de cet acide formique. Ainsi donc, ce n’est pas seulement à l’intérieur des plantes et des chenilles actuelles, encore en vie, que pénètre l’acide formique, ou encore le venin d’abeille ou de guêpe, quand l’abeille se pose sur la fleur et que la fleur aspire ce qu’elle reçoit de l’abeille, mais aussi dans le sol en train de mourir.

Tout cela, on ne peut en acquérir la connaissance que grâce à la Science spirituelle. Car l’autre science ne se préoccupe que de ce que l’abeille prend à la fleur. Mais les abeilles ne pourraient pas se poser sur les fleurs pendant des millénaires si elles ne cultivaient pas ces fleurs en les entamant avec leurs mandibules.

Et il en est ainsi même avec la matière inerte dans la forêt. Représentez-vous ceci : la science qui s’en tient au physique, telle qu’elle est aujourd’hui, admet qu’un jour la terre serra complètement morte. Et de ce fait, elle devrait l’être, car un état des choses devrait un jour se présenter où ce qui est décomposé devrait tout envahir et où ce qui est décomposé devrait tout envahir et où la terre serait morte. Mais cela ne sera pas, parce que partout où la terre se décompose, elle s’imprègne en même temps de ce que lui donnent les abeilles, les guêpes et les fourmis. Certes, les abeilles ne le donnent qu’aux fleurs vivantes, les guêpes elles aussi presque exclusivement à ces fleurs. Mais ce que les fourmis donnent sous forme d’acide formique, elles en font don en même temps à ce qui est mort et décomposé, et par là elles incitent ces matières mortes, dans une certaine mesure, à la vie, contribuant ainsi à ce que la terre, dans tout ce qu’elle a de décomposé, demeure vivante.
On peut donc bien dire : on admire l’esprit qui est présent dans tout cela. Mais quand on regarde les choses de plus près, on voit alors que tout cela revêt une grande importance.
Considérons maintenant ces fourmis cultivatrices, qui installent leurs petits champs et préparent les plantes pour les faire autres qu’elles ne sont à l’état naturel. L’être humain ne pourrait pas se nourrir avec ce que les plantes produisent là. Car s’il consommait ces petits grains de riz qui sont durs comme pierre, il contracterait premièrement d’étranges maladies ; il y aurait en effet en lui excès d’acide formique. En outre, il se casserait les dents, et pendant un certain temps les dentistes auraient fort à faire. Après quoi il périrait lamentablement pour avoir consommé ces grains de riz durs comme du caillou, que les fourmis obtiennent de la façon que l’on sait.

Mais les fourmis, la fourmilière plus exactement, elle se dit ceci : si nous nous contentons de partir en quête dans la vaste nature, et si nous ne tirons des plantes que ce qu’il y a là partout, nous emmagasinons en nous trop peu d’acide formique, et en conséquence nous ne pouvons rendre à la terre que trop peu de cet acide. Choisissons donc uniquement les plantes que nous pouvons cultiver de telle façon que tout en elles soit compact et dur comme de la pierre et que de cette matière dense nous tirions beaucoup d’acide formique. – De sorte que ces fourmis qui pratiquent l’agriculture le font pour extraire le plus possible d’acide formique. Et ce sont ces fourmis qui à leur tour apportent beaucoup de cet acide à la terre. C’est ainsi que les choses s’enchaînent.

Vous pouvez donc voir d’après cela que les venins, s’ils provoquent des inflammations ou autres effets analogues, sont en même temps des remèdes qui agissent constamment pour empêcher le dépérissement. Et l’on peut dire : précisément, l’abeille est sous ce rapport d’une extraordinaire importance pour que les fleurs se maintiennent en bon état ; car il existe une profonde affinité entre les fleurs et les abeilles.

Et cette conservation de la vie montre que chaque fois que les insectes se répandent ainsi dans la terre, la terre à son tour se charge de venir, aimerais-je dire. C’est là l’aspect spirituel des choses. Lorsqu’on se demande : quelles sont les relations d’ordre spirituel entre les faits, je n’ai jamais envie de me contenter de dire : les choses sont comme ceci ou comme cela ; je cite les faits eux-mêmes, et à partir des faits vous pouvez juger vous –même si cela répond ou non à un sens. Seulement, les gens qui aujourd’hui s’intitulent savants ne vous parlent pas de cet aspect des choses, lequel cependant joue un certain rôle dans le maintien de la vie. Dans nos régions, on n’en tient peut-être pas tellement compte, mais dès que l’on va davantage vers le sud, on peut entendre les paysans, les gens simples, dire avec une science instinctive : ces fourmilières, il ne faut pas les détruire, car elles contribuent à empêcher que la pourriture ne devienne nuisible. – Et ceux qui sont très avisés dans ces régions disent encore autre chose. Quand on va se promener avec eux dans la forêt, notamment dans une forêt où l’on a fait une coupe et où les jeunes arbres commencent à pousser, ces gens –chez eux, ce n’est pas la cervelle qui est intelligente mais le nez ; c’est qu’on peut aussi être intelligent par le nez. – Ces gens sentent cela ; c’et par le nez qu’ils sont intelligents, et de cette intelligence procède plus d’un aspect de la science populaire qui est fort utile.

Malheureusement la civilisation moderne n’a développé que la culture cérébrale, et ces faits, qui relèvent de l’instinct, ont été laissés de côté. Mais du même coup, l’instinct n’est plus aujourd’hui qu’n mot. Les animaux, notamment quand ils s’associent en ruches, en fourmilières, ils savent tout cela au fond. Et à l’origine, il y a une sorte d’odorat. Et comme nous l’avons dit, dans plus d’un aspect de cette science instinctive on trouve l’intelligence du nez.

En conclusion, abeilles, guêpes et fourmis ne sont pas seulement des voleuses qui dérobent quelque chose à la nature, elles lui donnent aussi la possibilité de continuer à vivre et prospérer.
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obsidienne

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