Le monde élémentaire, monde des pensées vivantes

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Le monde élémentaire, monde des pensées vivantes

Message par obsidienne le Sam 16 Juin - 22:20

Résumé du livre de Rudolf Steiner : Mystères du Seuil.

… Les erreurs les plus regrettables sont celles qui feraient croire à l’humanité que la clairvoyance peut être acquise sans tenir compte du renforcement de la vie morale.

… Sur le Seuil du monde spirituel nous rencontrons un être spirituel qui se distingue de tous les autres êtres spirituels que nous pouvons rencontrer dans les mondes suprasensibles : c’est le Gardien du Seuil. Il se revêt de nos faiblesses, de ce qui nous cause non seulement des soucis, des chagrins, mais souvent de l’horreur, de la honte et du dégout : Nous contemplons ce que nous sommes. C’est une rencontre avec soi-même, mais en vérité, avec une entité autre que celle que nous connaissons.

Le monde élémentaire, monde des pensées vivantes


Quand on franchit le seuil du monde spirituel on ne doit pas rapporter d’une manière illégitime les habitudes des mondes suprasensibles du monde sensible. L’on doit toutefois apprendre à se comporter correctement dans les deux mondes. Aussi la manière d’observer qu’il convient à un monde ne doit pas être transportée dans l’autre.

Nous devons savoir que la faculté de transformation est une faculté fondamentale de l’âme qui veut se ressentir dans le monde élémentaire. Pourtant l’âme humaine ne peut pas se maintenir continuellement dans le monde élémentaire car elle ne peut pas veiller continuellement dans le monde physique. Car ce monde est perçu que lorsque l’être humain veille. Quand il dort, il ne le perçoit pas. C’est déjà pour son corps éthérique que l’être humain ne peut pas rester tout le temps en veille. L’être humain doit équilibrer sa vie, avoir le rythme Jour et nuit.

Dans le monde élémentaire quelque chose d’analogue est aussi nécessaire. De même que dans le monde physique il ne convient pas de veiller constamment, la vie doit passer de la veille au sommeil à la manière d’un pendule, il existe quelque chose d’analogue dans la vie du corps éthérique du monde élémentaire.

Et il doit y avoir là un contre poids à la faculté de transformation qui conduit à la perception dans ce monde spirituel.

1) Ce qui rend mobile face au monde spirituel c’est la vie des concepts en l’homme, c’est la faculté de rendre mobile l’activité de la pensée, de sorte que cette pensée devienne mobile, on peut plonger dans les êtres et les phénomènes.

2) Quant à l’autre état, celui qu’on peut comparer au sommeil du monde sensible, c’est la volonté humaine qui doit être cultivée et renforcée.

(1) Pour la faculté de transformation nous devons cultiver la pensée ou la représentation.
(2) Pour s’adapter au sommeil du monde sensible nous devons renforcer la volonté.

Dans le monde élémentaire la conscience de soi est plus arbitraire dans son alternance que chez l’homme pour la veille et le sommeil. Les deux peuvent se manifester en même temps et aussi on peut retenir qu’une partie de son âme pour rester en soi. Veiller et dormir en même temps nous pouvons le faire dans le monde élémentaire.

La pensée saine et juste du monde physique est inutilisable pour le monde élémentaire. Cette vie de pensée juste doit s’élever à un degré supérieur. Car les pensées du monde physique sont passives. Quand l’âme clairvoyante est familiarisée avec le monde élémentaire, les pensées ne sont plus des choses que l’on commande, elles deviennent des êtres vivants. Elles commencent à mener une vie d’entité. Et votre conscience plonge dans le monde élémentaire où on ne trouve plus les pensées telles quelles sont dans le monde physique. Les pensées sont vivantes car les pensées changent continuellement dans le monde élémentaire. Les pensées se relient et se séparent d’elles-mêmes parce qu’elles mènent leur propre vie.

Exemple pour comprendre cet état : Si vous mettez votre tête dans une fourmilière et que vous cessez de penser. Les fourmis grouillent dans votre tête.

Quand avec l’âme clairvoyante on s’adonne entièrement au monde élémentaire et qu’on y acquiert la faculté de transformation, si l’on plonge ensuite dans la voie intérieure d’ici-bas, nous continuons à nous transformer en face de tel ou tel être.

Et quand on s’immerge en se transformant en un être ou tel autre on éprouve des sympathies et antipathies qui montent des profondeurs de l’âme et sont ressenties comme des expériences de l’âme devenue clairvoyante. Et ces sympathies/antipathies se distinguent selon leurs degrés et leurs qualités. Alors nous devons les observer avec un calme total. Nous adoptons le calme et la paix de l’esprit de ce monde élémentaire plein de tolérance car il est remplie d’une multitude d’être qui s’attirent, se repoussent sans savoir pourquoi. On observe les images colorées, perçoit les sonorités de ce monde calme qui sommeille.

Pour explorer le monde élémentaire autant que le monde spirituel en entier, l’homme doit acquérir la faculté de transformation car dans le monde spirituel tout se transforme continuellement. L’être humain doit acquérir la faculté de transformation, car dans le monde spirituel tout se transforme continuellement. Il n’y a pas de forme arrêtée, celle-ci n’existe que dans le monde physique. Dans le monde élémentaire règne le mouvement, la capacité de transformation. Mais parce que le changement y est continuel cela peut entraîner des méprises ; si l’on n’y prend pas garde, on confond une entité avec l’autre.
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Message par obsidienne le Sam 16 Juin - 22:25

L’expérience du néant ….

Dans le calme enfermé dans ses pensées, l’être humain cherche à comprendre le monde. En chaque humain l’élément du sentiment agit toujours dans ses pensées, dans les représentations. Et c’est là que la tentation, l’emprise de l’élément luciférien s’insinue.

Lucifer trouve toujours un point d’attache dans la pensée solitaire pour détacher l’humain du cours de l’évolution du monde.

Lucifer veut enlever l’âme au monde physique et la conduire dans l’isolement.

Avec l’écriture, la pensée échappe à la destruction, elle est soumise à la durée et elle est conservée dans le temps. Ainsi, Ahriman, pénètre directement la culture humaine. Les bibliothèques sont les citadelles d’Ahriman qui pénètre dans la culture humaine.

La pensée = unité.

L’écriture = atomisme.

Parole = Pensée revêtue d’un corps.

Dans la parole on n’est pas solitaire comme dans la pensée. On vit dans une société, la communauté.

Dans le passé lointain, avant que l’écriture apparaisse, la parole a eu un tout autre rapport avec l’humanité qu’actuellement. Il a existé une langue originelle qui s’est différenciée par la suite au travers des différentes tribus, des différents peuples. Le mot correspondait à son sens et à sa valeur. Pas besoin de s’entendre sur sa valeur du son car dans la langue originelle vivait l’âme du mot.

C’est Lucifer qui sépara les peuples et qui empêcha les hommes de suivre le courant normal de l’évolution humaine et du progrès.

L’écriture va prendre plus d’importance sur la parole. L’évolution entrave aussi l’évolution de la parole. L’écriture entrave ainsi l’évolution de la parole. Les êtres humains parlent une langue livresque.

Pensée solitaire (Lucifer)                Parole                                Ecriture (Ahriman)

Dans le monde nous avons surtout à faire à des triades et nous devons les chercher car il en existe toujours.

Nous trouvons là à l’extérieur avec notre conscience clairvoyante dans le monde spirituel des éléments du karma non réglé à l’état d’ombres indépendantes produites par Lucifer. On les projette soi-même dans le monde spirituel. C’est là qu’on mesure notre point, notre niveau d’évolution.

La part de nous-même encore ensorcelée de notre être personnel se rapprochent de l’autre soi et apparait sous forme de double (d’ombre).

On peut comprendre que la voix de l’âme clairvoyante vers la véritable entité de l’homme est compliquée et que cette âme humaine est un être complexe.

On s’approche de son véritable soi, en s’élevant dans le monde spirituel quand se conçoit comme un souvenir, et d’un coup de l’âme surgit cette conscience :

Tu n’es pas en ce moment dans le présent,

Tu n’as pas encore non plus de futur devant toi,

Tu es ce que tu as été,

Tu apportes ton passé dans le présent.


A partir de ce moment on progresse en tant qu’être spirituel que l’on a progressivement amené dans le monde spirituel, nous le ressentons soi-même spirituel comme une conversation avec le monde de l’esprit qui l’entoure. Cela devient acquis et l’on continue à évoluer en écoutant cet entretien, ces échanges de son propre passé avec des pensées vivantes du monde spirituel.

Quand on se retrouve dans le monde spirituel avec son autre soi on a une expérience qu’on peut formuler ainsi :

Tu te trouves maintenant dans le monde spirituel en y séjournant à l’intérieur de ton corps astral et là tu peux y trouver ton autre soi comme une entité spirituelle. Mais ton être véritable, ce que tu es réellement tu ne peux pas encore le trouver dans ce monde-là. Pour arriver à ce véritablement Moi, il faut traverser de nombreuses expériences.


Pour atteindre le véritable Moi, il faut encore passer par l’expérience suivante :

Un acte spirituel, une décision est nécessaire qui doit être la ferme décision volontaire d’effacer ce que l’on a apporté dans le monde spirituel, ce qu’on y a apporté comme souvenir de soi, de l’oublier entièrement. D’effacer par une décision de la volonté le souvenir de ce qu’on a été dans tous les détails. L’être humain doit prendre la décision, de son libre arbitre, par un acte énergique de volonté, d’éteindre son Moi, de s’oublier complètement. Et toutes ces étapes qui l’ont amené là constituent un fait puisqu’elles sont présentent en l’être humain mais il n’en sait rien. Chaque nuit il éteint son Moi inconsciemment. Mais c’est l’expérience la plus terrible que l’être humain puisse faire et pourtant il doit l’aborder en toute confiance. Pour aller dans l’abîme en tant que néant il est nécessaire d’avoir confiance car du monde spirituel où se trouve le véritable « Moi » qui viendra à soi.

Et c’est ce qui va arriver quand devant l’abîme de l’existence on a réussi à réaliser cet oubli. On sait que tout ce que l’on a vécu jusque-là est effacé. Tu l’as toi-même effacé. Et à ce moment de ce monde que tu n’as pas connu toi-même, d’un monde « supra-spirituel » ton véritable Moi qui était encore enchaîné dans l’Autre Soi, vient à toi.

Donc maintenant, après s’être complètement effacé, on se rencontre avec son véritable
« Moi » dont le Moi présent dans le monde physique n’est que l’ombre, la maya. Car le véritable Moi de l’homme appartient au monde « supra spirituel » et dans ce monde l’homme se trouve avec son véritable « Moi », dont le moi physique n’est qu’une faible ombre. Aussi l’expérience intérieure dans la montée vers le monde spirituel supérieur, est l’expérience d’un monde entièrement nouveau, faite devant l’abîme de l’existence et aussi celle d’y recevoir le véritable Moi qui vient de ce monde supra-spirituel.

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Re: Le monde élémentaire, monde des pensées vivantes

Message par obsidienne le Lun 18 Juin - 20:56

Extrait du livre de Rudolf Steiner : Anthroposophie une cosmosophie II – L’homme une œuvre du Cosmos.

Nous pouvons distinguer dans notre être entre deux sortes de vouloir : un vouloir intérieur et un vouloir extérieur. Et nous pouvons dire : le vouloir extérieur nous apparaît dans ses effets quand nous sommes éveillés. Le vouloir intérieur apparaît dans ses effets quand nous dormons. – En fait, il ne nous apparaît pas, mais nous pouvons dire cependant : il se révèle, ou bien il nous apparaît après coup, quand nous portons le regard en arrière sur l’état de sommeil.

Le vouloir est en quelque sorte présent dans les profondeurs marines de l’âme. Il surgît par vagues. Mais du fait déjà que nous sommes obligés de constater sa présence dans l’état de sommeil, donc dans cet état dans lequel notre personne corporelle est réduite à l’activité organique, n’est ni parcourue par le flux du psychisme, ni éclairée par l’esprit, il nous fait dire : le vouloir en tant que tel a affaire avec l’activité organique. Le vouloir endormi a affaire avec l’activité organique du fait que des processus organiques, donc des processus de vie, s’accomplissent en nous, qui pour l’essentiel sont liés au vouloir. Mais aussi quand éveillés nous sommes actifs, et que donc notre vouloir est en action, de tels processus de vie s’accomplissent.

Le vouloir se manifeste en effet dans des processus métaboliques internes si bien que là aussi nous pouvons nous référer à l’activité organique.

Mais, dirais-je volontiers, de ces profondeurs marines du vouloir en l’être humain surgît, telles des vagues, ce qui se révèle dans le sentiment. Nous savons en effet que le sentiment est certes encore une activité très assourdie de l’être humain, qu’il n’a sous un certain rapport, pour la conscience, que l’intensité du rêve. Mais quoi qu’il en soit, il est plus lucide que le vouloir. Par là, s’élève à la clarté ce qui réside dans les profondeurs marines de l’être humain. Dans son sentiment, l’homme gagne en clarté. Et du fait qu’il gagne en clarté, les deux pôles du vouloir s’élèvent jusqu’à une conscience plus interne, et ainsi s’exprime le vouloir intérieur aussi bien que le vouloir extérieur, tous deux pouvant atteindre la conscience.

Ainsi distinguons-nous aussi deux sortes de sentiment. Comme nous distinguons deux sortes de vouloir : un vouloir intérieur dans l’état de sommeil, un vouloir extérieur à l’état de veille, nous distinguons un sentiment, dont les élans jaillissent, venant du vouloir, et qui est apparenté à l’état de sommeil. C’est le sentiment qui se déploie éminemment dans les antipathies que l’homme développe dans une très large mesure ; donc, dans les antipathies, dans l’élément de l’antipathie se manifeste le sentiment tendant à l’antipathie tandis que le vouloir qui s’active extérieurement, qui donc conduit l’homme vers le monde extérieur, lorsqu’il s’élève vers le sentiment, nous met en rapport avec le monde extérieur dans la sympathie, s’exprime dans toutes les expériences sympathiques : le sentiment sympathisant avec le monde. Et en évoquant cette région de l’âme, nous avons dans ce sentiment vécu comme en rêve, qui se manifeste dans la sympathie et l’antipathie, dans ces sympathies et ces antipathies qui s’élèvent jusqu’à la beauté, jusqu’à celles que nous éprouvons devant les formes de la vie, devant les formes de l’art ou aussi devant celles de la nature, de ces sympathies et antipathies jusqu’à celles que nous valent, de façon plus organique, disons, grâce à notre organe du goût ou de l’odorat, par le dégoût devant une odeur ou un goût ou par la perception, dans le bien-être, dans le plaisir que nous cause une odeur ou un goût – dans toutes ces vibrations nous avons l’activité de l’âme proprement dite. Le vouloir se révèle donc dans l’activité organique, le sentiment se révèle dans l’activité psychique.

Nous pouvons étudier la vie de l’âme de ce point de vue, et nous recueillons ainsi des éléments extrêmement révélateurs. Nous voyons que l’état de veille nous appelle à la sympathie avec notre environnement. Nos antipathies proviennent en fait d’états plus inconscients. Elles montent du vouloir endormi. Il en est comme si nos sympathies étaient davantage à la surface et comme si elles étaient imprégnées d’antipathies venant de profondeurs indéterminées. Par les antipathies, nous écartons notre entourage, nous nous isolons, nous nous fermons. L’égoïsme que développe l’homme a notamment pour condition préalable des antipathies montant de l’intérieur. Plus un être est égoïste, plus l’élément de l’antipathie est actif en lui. Il veut se fermer. Il veut se sentir en lui-même le plus possible.

Dans la vie normale, nous en remarquons pas comme les sympathies et les antipathies interfèrent dans la vie psychique proprement dite. Mais nous le remarquons quand le lien avec le monde extérieur devient anormal et quand nous développons aussi anormalement le refus, l’élan d’antipathie qui est issus du sommeil. C’est le cas quand par exemple la respiration ne s’établit pas de façon correcte dans le sommeil, et que nous souffrons d’un cauchemar. Ce cauchemar est vécu dans l’âme, pour l’essentiel, comme un refus antipathisant de ce qui veut pénétrer en nous, de ce qui ne nous fait vivre notre égoïté que sous une forme insuffisante.

Nous plongeons là du regard dans les secrets profonds de la vie intérieure de l’homme. Lorsque celui-ci développe avec une intensité particulière la nature antipathique, les sentiments d’antipathie, de telle sorte qu’ils interviennent aussi dans la vie de veille, il arrive qu’il s’imprègne tout entier d’antipathie, et que cet élément antipathisant s’empare de son corps astral. Alors son corps astral est entièrement traversé par la nature antipathisante. Elle émane alors de lui-même, je dirais volontiers qu’il exhale l’antipathie comme une aura anormale. Et il peut alors lui arriver qu’il ressente de l’antipathie envers les gens vis-à-vis desquels il a habituellement un comportement neutre, et même des personnes qu’il aime habituellement, qu’il connaissait dans la vie. Ces conditions provoquent alors toutes sortes de délires de la persécution. Lorsqu’on éprouve intérieurement des sensations d’antipathie qui ne s’expliquent pas par les circonstances extérieures, cela provient des antipathies dont l’âme déborde, c’est-à-dire d’un développement anormal de l’un des pôles du psychisme, celui qui monte du sommeil.

Lorsque cette nature antipathisante prend alors le dessus, l’être humain prend le monde en haine. Cette haine du monde peut s’intensifier énormément. Toute l’éducation et toute activité commune sociale devraient viser à ne pas faire des hommes de ces êtres qui détestent les autres. Mais représentez-vous que, si déjà ce qui monte ainsi des profondeurs marines de l’être humain, en prenant le dessus, peut développer en l’homme une puissante égoïté – et toutes les sortes de délires de la persécution sont en effet une égoïté débordante, un égoïsme débordant – si déjà ce qui monte ainsi peut être tel : comment doit alors être le vouloir intérieur endormi, ce vouloir que dissimule à nos yeux, par le sommeil, une bienveillante Création !

Nous n’apprenons pas du tout à discerner comment notre organisme entier, comment nos membres sont imprégnés de ce vouloir intérieur endormi. Il arrive tout au plus parfois, chez certaines personnes, qu’à travers des rêves tout à fait étranges, quelque chose de ce qui vit dans ce vouloir monte à la conscience, de ce vouloir qui répare notre organisme quand nous dormons. Ce qui vit dans ce vouloir – je l’ai déjà caractérisé dans une autre perspective dans des conférences antérieures – c’est quelque chose qui, à juste titre, est pour la conscience ordinaire au-delà du seuil.

Celui qui apprend à le connaître apprend à connaître en l’homme tout ce qui peut l’amener au mal le plus extrême. Et c’est le profond secret de la vie que notre activité organique soit compensé grâce aux forces qui, si elles exerçaient leur emprise sur l’homme dans la vie consciente, en feraient un criminel, un malfaiteur.

Dans le monde, rien n’est en soi bon ou mauvais. Ce qui est radicalement mauvais quand cela pénètre dans la vie consciente, est, utilisé au bon endroit, à savoir pendant notre sommeil, à régulariser notre activité organique, c’est ce qui répare les forces vitales usées. Si vous vous interrogez sur la nature de ces forces qui agissent en compensant les forces de vie usées, il vous faut dire : c’est le mal ! Le mal a sa tâche, il l’a ici. Et lorsque les hommes le perçoivent grâce à un entraînement spirituel – comme je le disais, je l’ai déjà caractérisé il y a peu ici aussi, dans une autre perspective – c’est alors ce dont des investigateurs spirituels d’autrefois on dit : on n’a pas le droit de le caractériser dans sa nature réelle, car la bouche est peccamineuse qui le formule, et peccamineuse est l’oreille qui l’entend. – Mais il faut que l’homme sache que la vie est un processus dangereux pour l’homme, et que dans les profondeurs de la vie, le mal est absolument présent, une force dont on a nécessairement besoin.

Or ces ondes s’élèvent encore plus haut, jusqu’à la faculté de représentation. Et quand le vouloir intérieurement endormi s’éclaire dans le sentiment et monte jusqu’à la représentation, il devient certes clair, mais en même temps, il est, qualitativement parlant, émoussé, il perd de sa substance.

Le sentiment antipathique a encore, dans le vécu, une certaine intensité de vie. Lorsqu’il monte jusqu’au niveau de la représentation, il vit dans tout ce que sont en l’homme les jugements qui récusent et s’opposent. Tout ce que dans la vie nous jugeons négativement, tout ce que le logicien appelle les jugements négatifs, c’est la montée du sentiment antipathique, ou plutôt du vouloir endormi accédant à la vie de la représentation.

Et lorsque le sentiment sympathique, qui a sa source dans le vouloir extérieur, dans le vouloir monte, monte jusqu’à la faculté de représentation, nous obtenons les jugements positifs. Nous en venons à ce qui, comme vous voyez, ne vit en l’homme qu’avec la qualité d’image abstraite. Dans le sentiment nous avons encore, quand nous développons des antipathies et des sympathies, ce qui est une vie intense. Dans l’acte de juger, qui se déroule dans la représentation, nous sommes en quelque sorte des observateurs du monde, calmes, immobiles. Nous approuvons et nous refusons. Nous n’arrivons pas jusqu’à l’antipathie intense, nous refusons seulement.

C’est un processus abstrait. Nous ne nous échauffons pas jusqu’à l’antipathie, nous disons seulement : non. – Et de même nous ne nous échauffons pas jusqu’à la sympathie, nous disons : Oui. – ce qui subsiste, c’est un repos contemplatif. Nous avons pris nos distances vis-à-vis de notre relation au monde extérieur, jusqu’à parvenir à un jugement abstrait.
Ce n’est donc là qu’une activité imagée. Nous pouvons dire, au sens justement de ce que nous avons appris à connaître hier : ici se situe notre activité spirituelle, mais le vouloir, le sentiment et le jugement ou la représentation s’élèvent jusque dans la sphère des sens. Et en parvenant jusqu’à celle-ci, que devient donc le jugement négatif qui parvient jusqu’au sens ? Il devient un élément dans lequel on ne perçoit rien donc – si nous nous le représentons au niveau de la perception le plus frappante, la vision, nous pouvons dire : où nous ne voyons rien, où nous vivons les ténèbres - : expérience intérieure des ténèbres. Le jugement positif par contre, c’est l’expérience de la lumière. Naturellement, nous pourrions bien parler de l’expérience du silence, de l’expérience de la sonorité ou du son parlé. Nous pourrions formuler pour les douze sens ce que nous caractérisons ici en utilisant la lumière et des ténèbres …..
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