C’est à toi que je confie

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C’est à toi que je confie

Message par obsidienne le Dim 29 Avr - 22:17

C’est à toi que je confie

Révisé par Sri. Ramatherio


Au XVIIIème  siècle est découvert au Tibet, un manuscrit ancien utilisé depuis des siècles par les Lamas tibétains comme base de leur philosophie. Véritable recueil de pensées sur l’homme, l’observant dans toutes ses relations, mettant en lumière les multiples aspects de sa nature, « C’est à toi que je confie », œuvre riche de symbolisme et empreinte de la connaissance des lois mystiques les plus élevées, constitue pour chacun une source de méditation : « Partout où le soleil brille, partout où  souffle le vent, partout où il est une oreille pour entendre et une conscience pour concevoir, que les préceptes de la vie soient dévoilés, que les maximes de vérité  soient honorées et obéies. »

Extraits

Livre premier : Les obligations de l’homme en tant qu’individu

Chapitre VI : Du courage


Périls et infortunes, désirs, douleurs et blessures, sont plus ou moins le lot de tout homme qui vient au monde.

Il t’appartient donc, oh ! enfant du malheur ! de fortifier ton esprit de bonne heure, avec courage et patience, afin de pouvoir supporter avec résolution la part qui te revient des maux humains.

Comme le chameau supporte sans faillir son travail, la chaleur, la faim et la soif à travers le désert de sable, ainsi le courage de l’homme sera son soutien pour traverser tous les périls.

Un esprit noble dédaigne les malices du sort ; sa grandeur d’âme ne peut être abattue.

Il n’a pas connu le bonheur pour dépendre de ses sourires, et il ne craindra donc pas ses revers.

Comme un roc sur le bord de la mer, il se tient ferme, et les vagues écumantes ne le troublent pas.

Il élève sa tête comme une tour sur la colline et, les flèches de la destinée tombent à ses pieds.

Dans le danger, le courage de son cœur le soutient et l’équilibre de son esprit le garde ferme.

Il affronte les maux de la vie comme un homme qui va au combat et revient victoire en main.

Son calme allège le poids des malheurs qui l’accablent et sa constance l’aide à les surmonter.

Mais l’esprit lâche du timoré le livre à la honte.

En reculant devant la pauvreté, il s’abaisse dans la médiocrité, et en supportant lâchement les insultes, il provoque les coups.

Comme un roseau se meut au moindre souffle de vent, l’ombre du mal le fait trembler.

A l’heure du danger, il est embarrassé et confondu ; aux jours de l’infortune, il s’incline et le désespoir submerge son âme.


Livre Dixième. Des affections de l’homme, nuisibles pour lui et les autres.

Chapitre I : De la Convoitise.


Les richesses ne méritent pas qu’on leur accorde une attention exclusive ; il n’est donc pas justifié de s’attacher égoïstement à les obtenir.

Le désir humain de ce que l’on appelle les biens, la joie à les posséder, reposent uniquement sur des opinions répandues. N’adhère pas à ces idées ; examine la valeur intrinsèque des choses et tu ne convoiteras pas.

Le désir humain de ce que l’on appelle les biens, la joie à les posséder, reposent uniquement sur des opinions répandues. N’adhère pas à ces idées ; examine la valeur intrinsèque des choses et tu ne convoiteras pas.

Le désir immodéré de richesses est un poison mental. Il contamine et détruit ce qui est bon. Il n’a pas plus tôt pris racine que toute vertu, toute honnêteté, toute affection naturelle s’enfuient devant lui.

Celui qui éprouve de la convoitise vendrait ses enfants pour de l’or ; à peine ses parents sont-ils morts qu’il ouvre déjà leurs coffres ; il n’examine pas sa propre attitude. Dans la recherche du bonheur, il se rend malheureux.

Comme l’homme qui vend sa maison pour acheter des décorations pour l’embellir, il renonce même à sa paix dans sa course aux richesses, espérant que leur jouissance le rendra heureux.

Sache que là où règne la convoitise, l’esprit est pauvre. Celui pour qui les richesses ne sont pas le bien essentiel de l’homme, ne rejettera pas tous les autres biens pour les obtenir.

Celui pour qui la pauvreté n’est pas le plus grand des maux, ne va pas attirer tous les autres maux pour l’éviter.

Toi ! Fou ! La vertu n’a-t-elle pas plus de valeur que les richesses ? La culpabilité n’est-elle pas plus vile que la pauvreté ? Chaque homme peut subvenir à ses besoins ; sois-en satisfait, et dans ton bonheur tu souriras de la tristesse de celui qui amasse des biens.

La nature a caché l’or dans la terre, comme s’il ne méritait pas d’être vu, elle a placé l’argent sous tes pas. Ne veut-elle pas te signifier ainsi que l’or ne vaut pas un de tes regards et que l’argent n’est pas digne qu’on y prenne garde ?

La convoitise enterre des millions de malheureux. Ceux-ci creusent pour leurs maîtres impitoyables qui leur rendent le mal, qui les rendent plus misérables que leurs esclaves.

La terre est avare des biens qu’elle amasse comme des trésors ; là où elle recèle de l’or, l’herbe ne pousse pas.

En ces lieux, le cheval ne trouve pas d’herbe, ni la mule sa provende, les champs de blé n’ondulent pas à flanc de colline, l’olivier ne porte pas de fruits, ni la vigne de grappes ; de même, nul bien ne repose dans le cœur de celui qui couvre son trésor.

Les richesses sont au service du sage, mais elles sont des tyrans pour le fou.

Celui qui convoite, sert son or ; l’or ne le sert pas. Son opulence est comme la fièvre pour le malade, elle brûle, le tourmente, ne le quittera pas jusqu’à sa mort.

L’or n’a-t-il pas détruit la vertu de millions d’êtres ? A-t-il jamais ajouté quoi que ce soit à la bonté de quelqu’un ?

N’est-il pas plus abondant chez le pire des hommes ? Pourquoi veux-tu te distinguer en le possédant ?

Les plus sages ne sont-ils pas ceux qui en possèdent le moins ? La sagesse n’est-elle pas le bonheur ? N’est-ce pas les plus mauvais de ta race qui en ont possédé la plus grande part ? Et leur fin n’a-t-elle pas été misérable ?

La pauvreté recherche beaucoup de choses, mais la convoitise se prive de toutes.

Celui qui convoite ne peut être bon avec aucun homme, mais il n’est aussi cruel avec personne qu’avec lui-même.

Si tu es assez travailleur pour te procurer de l’or, sois généreux en t’en servant. L’homme n’est jamais aussi heureux qu’en dispensant le bonheur autour de lui.

Chapitre II : De la prodigalité

S’il est un plus grand vice que de thésauriser des richesses, c’est de les utiliser à des fins inutiles.

Celui qui gaspille ce qu’il devrait épargner, vole au pauvre ce que la nature lui a donné. Celui qui dissipe son trésor refuse le moyen de faire le bien, il se refuse à pratiquer des vertus dont la récompense est entre ses mains, et dont la fin n’est autre que son bonheur.

Il est plus difficile d’être bien avec des richesses, que d’être à l’aise en les recherchant.
L’homme dirige mieux sa vie dans la pauvreté que dans l’abondance.

La pauvreté ne requiert qu’une vertu, la patience de la supporter ; le riche, s’il n’a ni charité, ni tempérance, ni prudence, ni d’autres vertus encore, est coupable.

La pauvre n’a que le bien que lui confère son état, le riche est responsable de la prospérité de milliers d’êtres humains.

Qui donne avec sagesse ses trésors cède ses plaies : qui les gardes, les augmente et accumule sa tristesse.

Ne refuse pas à l’inconnu ce qu’il demande, ne refuse pas non plus à ton frère ce que tu recherches pour toi-même.

Sache qu’il est plus agréable d’être privé de ce que tu as donné, que de posséder des millions dont tu ne sais que faire.

Chapitre III : De la vengeance

La vengeance a ses racines dans la faiblesse de l’âme ; les plus abjects et les plus timorés y sont le plus portés.

Qui torture ceux qu’il hait, si ce n’est le lâche ? Qui tue ceux qu’il vole, si ce n’est la plus vile des créatures ?

La rancune et, la blessure précédent la vengeance, mais l’esprit noble dit : « Il m’a fait du mal ».

Si le mal ne vaut pas la peine de le remarquer, celui qui te l’a fait s’en fait autant : voudrais-tu le mesurer avec un inférieur ?

Dédaigne l’homme qui a tenté de te tromper, méprise celui qui veut te troubler.

Par cette attitude, non seulement tu préserves ta paix, mais tu infliges tout le châtiment de la vengeance.

Comme la tempête et le tonnerre n’affectent ni le soleil ni les étoiles, mais déversent leurs furies sur les pierres et les arbres, de même les injustices n’atteignent pas l’âme du sage, mais s’éliminent d’elles-mêmes sur qui s’offre à elles.

La pauvreté d’esprit provoque la vengeance, la grandeur d’âme dédaigne l’offense ; mieux, elle dispense le bien à celui qui a voulu la troubler.

Pourquoi cherches-tu la vengeance ? Oh ! Homme, dans quel but la poursuis-tu ? Penses-tu à la peine qu’en aura ton adversaire ? Sache que, toi, tu ressentiras de bien plus grands tourments.

La vengeance ronge le cœur de qui en est infecté, alors que celui contre lequel on la dirige, est sans inquiétude.

Elle est injuste par l’angoisse qu’elle inflige ; la nature ne te l’a donc pas destinée. Celui à qui l’on a fait du tort a-t-il besoin de plus de peine ? doit-il renforcer l’affliction qu’un autre lui a faite ?

L’homme qui médite une vengeance n’a pas assez du méfait reçu, il ajoute à son angoisse la punition due à un autre, alors que celui qu’il cherche à peiner va son chemin en riant ; ce surcroît de misère le rend joyeux.

Le désir de vengeance est douloureux et son accomplissement est dangereux : la hache tombe rarement à l’endroit prévu ; et elle peut rebondir sur celui qui l’a lancée.

L’homme animé par la vengeance et qui cherche à blesser son ennemi provoque souvent sa propre destruction : celui qui vise l’œil de son adversaire peut y perdre les siens.

S’il n’atteint pas son but, il s’en lamente ; s’il y parvient, il s’en repent : la crainte de la justice lui enlève la paix de l’esprit ; la peine qu’il prend pour la lui cacher détruit celle de l’autre.

La mort de ton adversaire peut-elle rassasier sa haine ? En le laissant en paix, ne retrouveras-tu pas la paix ?

Veux-tu qu’il regrette son offense ? Fais sa conquête et épargne-le ; dans la mort, il ne reconnaîtra pas ta supériorité et ne sentira pas la puissance de ton courroux.

Le vengeur trouvera son triomphe dans la vengeance ; celui qui lui a fait du tort sera mécontent, il éprouvera de la peine et se repentira de l’avoir causée.

Telle est la vengeance inspirée par la colère ; mais ce qui te grandira le plus, est le mépris.

Tuer parce qu’on t’a fait du mal, relève uniquement de la lâcheté : qui agit ainsi, craint que son ennemi ne vive et ne se venge lui-même.

La mort met fin aux querelles, mais ne refait pas une réputation : tuer est une précaution, non un acte de courage, c’est une sécurité qui n’a rien d’honorable.

Il n’y a rien de plus facile que de se venger d’une offense ; mais rien n’est plus honorable que de la pardonner.

La plus grande victoire que puisse remporter l’homme est sur lui-même ; il dédaigne le mal qu’on lui a fait et le renvoie à son auteur.

Quand tu médites une vengeance, tu reconnais avoir éprouver un préjudice ; lorsque tu t’en plains, tu reconnais en avoir été blessé : veux-tu ajouter ce triomphe à la fierté de ton ennemi ?
Ce qui n’est pas ressenti ne peut être une offense ; comment celui qui la méprise peut-il se venger ?

Si tu estimes déshonorant de supporter une offense, tu peux faire plus : fais la conquête de l’offenseur.

Rendre de bons services à quelqu’un le rend honteux d’être ton ennemi ; ta grandeur d’esprit lui fera redouter l’idée de te blesser.

Plus le préjudice est grand, plus grande est la gloire de pardonner ; plus la revanche pourrait se justifier, plus il y a d’honneur à faire preuve de clémence.

As-tu le droit d’être juge dans ta propre cause, d’être partie dans l’action et de prononcer la sentence ? Avant de condamner, qu’un autre dise si cela est juste.

L’homme animé par l’esprit de vengeance est redouté et on le hait ; mais celui qui fait preuve de clémence est a doré ; il sera à jamais loué pour ses actions et entouré de l’amour de tous.

Chapitre IV : De la cruauté, de haine, de l’envie

La vengeance est détestable, mais que dire de la cruauté ! Elle possède   tous les défauts de la vengeance, mais elle ne manquera pas de prétendre qu’elle est provoquée.

Les hommes la renient, disant qu’elle est contraire à leur nature : ils en ont honte, comme si elle était étrangère à leur cœur : ne l’appellent-ils pas inhumanité ?

Quelle est donc son origine ? De quel aspect de la nature humaine tire-t-elle son existence ? Son père est la peur et sa mère l’épouvante. Le héros lève son glaive contre l’ennemi qui lui résiste, et à peine est-il soumis qu’il se sent satisfait.

Ce n’est pas un honneur de fouler aux pieds celui qui a peur, ce n’est pas une vertu que d’insulter celui qui est à ses pieds : instruis l’insolent et épargne l’humble et tu seras digne de ta victoire. L’un recherche la vertu pour atteindre ce but, l’autre remplace la conquête par le meurtre, la souveraineté par le massacre.

Qui a peur, frappe : pourquoi les tyrans sont-ils cruels, si ce n’est parce qu’ils vivent dans la terreur ?

L’homme méprisable déchire le cadavre, bien qu’il n’ait pas osé le regarder en face de son vivant ; le chien qui le pourchasse jusqu’à la mort, ne le lacère par ensuite.

Les guerres civiles sont les plus sanglantes parce que les combattants sont des poltrons, des conspirateurs et des meurtriers, car la mort est silencieuse ; n’est-ce pas la peur qui leur dit qu’ils pourraient être trahis ?

Puisses-tu ne pas être cruel ; élève-toi pour échapper à la haine ; puisses-tu ne pas être inhumain ; place-toi hors d’atteinte de l’envie.

Tout homme doit-être regardé sous deux angles : l’un est gênant, l’autre moins choquant : choisis pour le regarder celui qui te gêne le moins, alors tu ne te heurteras pas avec lui.

Est-il une seule chose qu’un homme ne puisse changer pour son bien ? L’offense la plus grave porte plus de motifs de plante que de haine. Si un homme se réconcilie avec celui dont il se plaint, que fait-il si ce n’est abattre la haine ?

Si tu as été privé d’un bienfait, ne laisse pas exploser ta rage ; la perte de ta raison sera la cause d’une plus grande perte.

Si on t’a volé   ton manteau, vas-tu aussi te dépouiller de tes habits ?

Quand tu envies l’homme couvert d’honneurs, quand ses titres et son rang soulèvent ton indignation, cherche à connaître leur origine et la manière dont il les a obtenus, et ton envie se changera en pitié.

Si le même sort t’incombait au même prix, sois assuré que tu le refuserais si tu étais sage.

Quel est le prix des titres si ce n’est la flatterie ? Comment l’homme peut-il acquérir la puissance, si ce n’est en étant l’esclave de qui la lui donne ?

Voudrais-tu perdre ta liberté afin de pouvoir prendre celle d’un autre ? Peux-tu envier celui qui agit ainsi ?

On n’achète rien à un supérieur sans en payer le prix ; et ce prix n’est-il pas supérieur à la valeur de ce que tu achètes ? Voudrais-tu changer les usages du monde ? Voudrais-tu avoir et payer aussi le prix ?

Comme tu ne peux envier ce que tu ne voudrais accepter, dédaigne cette cause de haine et écarte de ton âme cette occasion de cruauté.

Si tu as le sens de l’honneur, peux-tu envier ce qui est obtenu à ses dépens ? Si tu connais la valeur de la vertu, n’as-tu pas pitié de ceux qui l’ont troquée si misérablement ? Si tu as appris à supporter la prétendue bonté de l’homme sans te plaindre, tu entendras parler avec plaisir de son bonheur réel.

Si tu vois de bonnes choses arriver à qui les mérite, tu t’en réjouiras : car la vertu est heureuse quand celui qui est vertueux jouit de la prospérité. Qui se réjouit du bonheur d’autrui, augmente le sien !

Chapitre V : De la tristesse du cœur

L’âme de l’homme   gai force le sourire sur le visage de l’affligé ; mais le découragement de l’homme triste étouffe même une joie éclatante.

Quelle est la source de la tristesse ? La faiblesse de l’esprit ! Qui lui donne force, si ce n’est l’absence de bon sens ? Lève-toi et combats, et elle partira avant que tu n’aies frappé. C’est l’ennemie de ta race, écarte-la donc de ton cœur, elle empoisonne les douceurs de la vie. Ne souffre donc pas qu’elle entre chez toi.

Pour détruire ton bonheur, elle fait une montagne de la perte d’une épingle. Pendant qu’elle chagrine ton esprit avec des futilités, elle détourne ton attention de ce qui est important : vois ! Elle ne fait que prophétiser sur ce qui semble te concerner.

Elle étend la somnolence comme un voile sur tes vertus, elle les cache à ceux qui voudraient t’honorer en les voyant, les embrouilles, les étouffes, alors qu’il serait pour toi de la plus haute utilité de les mettre en œuvre.

Voilà qu’elle t’accable de malheur, elle te lie les mains qui voudraient en écarter le fardeau.
Si tu veux éviter toute bassesse, si tu veux mépriser tout ce qui est lâche, si tu veux écarter toute injustice de ton cœur, n’admets pas que la tristesse prenne le dessus.

N’admets pas qu’elle se cache derrière le masque de la piété ; qu’elle ne te déçoive pas sous l’apparence de la sagesse. La religion fait honneur à ton Créateur, qu’elle ne soit pas assombrie par la mélancolie. La sagesse te rend heureux, sache alors que la peine lui est étrangère.

Qu’est-ce qui peut attrister un homme si ce n’est l’affliction ?

Pourquoi la joie quitterait-elle son cœur, si les causes de la joie n’ont pas disparu ? N’est-ce pas être malheureux par amour du malheur ? Comme les pleureuses dans un cortège funèbre paraissent tristes et pleurent parce qu’elles sont payées pour cela, ainsi est l’homme qui éprouve de la tristesse non parce qu’il souffre mais parce qu’il est mélancolique.

Ce n’est pas la cause qui génère la peine, car, vois ! La même chose peut être réjouissante pour un autre.

Demande aux hommes si leur tristesse améliore les choses et ils confesseront que c’est folie ; mieux, ils loueront celui qui supporte son mal avec patience, qui fait front avec courage à son infortune. Après avoir applaudi, ils imiteront cette attitude.

La tristesse est contre nature, car elle trouble sa marche. Elle rend désagréable tout ce qui a été créé aimable.

Comme le chêne tombe devant la tempête et ne relève pas sa tête, le cœur de l’homme s’incline sous la tristesse et ne reprend jamais plus sa force.

Comme la pluie qui tombe sur les flancs des montagnes fait fondre la neige, la beauté disparait sous les larmes qui coulent sur le visage et jamais plus ni l’une ni l’autre ne seront comme avant.

Comme la perle est dissoute par le vinaigre qui semble ne ternir que sa surface, le bonheur, oh ! Homme est englouti par la tristesse du cœur qui ne semble que l’assombrir.

Vois la tristesse dans les rues, regarde-la : n’évite-t-elle pas tout le monde ? Et tous ne fuient-ils pas sa présence ? vois comme elle baisse la tête, semblable à la fleur dont la racine est arrachée ! Vois comme elle contemple le sol ! Vois comme elle n’a d’autre utilité que de faire pleurer !

Y a-t-il en sa bouche des discours ? Y’ a-t-il en son cœur l’amour de la société ? Y at-il en son esprit la raison ? Demande-lui la cause et elle ne la connait pas, recherche la cause et, vois ! Il n’y en a aucune !

Cependant, est-ce que la force lui manque ? Voilà qu’à la fin, elle sombre dans la tombe et personne ne peut dire ce qu’il en est advenu.

Si tu es intelligent, ne vois-tu pas cela ? Si tu es pieux, ne perçois-tu pas ton erreur ?

En sa miséricorde, dieu t’a créé : ne voulait-il pas ton bonheur ? Ne t’a-t-il pas, dans Sa bienveillance, amené à la vie ? Comment oses-tu fuir devant Sa majesté ?

Puisque, dans ton innocence, tu es le plus heureux, tu Lui dois les plus grands honneurs ; que fait le mécontent, si ce n’est de murmurer contre Lui ? Tout ce qu’Il a créé n’est-il pas sujet au changement ? Comment peux-u en pleurer ? C’est la Loi !

Si nous connaissons la Loi naturelle, pourquoi nous en plaindre ?  Si nous l’ignorons, que pouvons-nous en plaindre ? Si nous l’ignorons, que pouvons-nous accuser, si ce n’est notre aveuglement qui nous est prouvé à chaque instant ?

Sache que ce n’est pas toi qui fixes les lois du monde : ton lot est de t’harmoniser avec elles telles que tu les découvres. Si elles t’affligent, tes lamentations ne font qu’ajouter à ton tourment.

Ne te laisse pas abuser par les beaux prétextes, ne suppose pas non plus que la peine guérit la malchance. C’est un poison, sous couleur de remède ; quand elle prétend arracher la flèche de ta poitrine, elle la plonge en ton cœur.

Tandis que la tristesse te sépare de tes amis, ne dit-elle pas : « Tu es incapable de conversation » ? Tandis qu’elle te met à l’écart, ne proclame-t-elle pas qu’elle en a honte ?

Il n’est pas dans ta nature de recevoir sans frémir les flèches du malheur ; la raison ne te le réclame pas non plus ; il est de ton devoir de supporter l’infortune comme un homme ; mais tu dois aussi en prendre conscience, comme un homme.

Les larmes peuvent couler de tes yeux bien que la vertu ne jaillisse pas de ton cœur : veille seulement à ce que tes larmes soient justifiées et qu’elles ne coulent pas trop abondamment.

Un grand malheur ne s’apprécie pas au nombre de larmes versées pour lui. Les plus grands chagrins sont au-dessus de ce genre de témoignages, de même que les plus grandes joies sont au-delà de toute expression.

Qu’y a-t-il qui affaiblisse plus l’esprit, que le chagrin ? Qui le déprime plus que la tristesse ?
L’homme affligé est-il capable de mener à bien une noble entreprise ? Est-il armé pour la cause de la vertu ?

Ne te soumets pas aux maux ; tu n’y trouveras, en retour, aucun avantage ; de même n’accepte pas d’aller chercher dans ce qui est mal le moyen de réaliser le bien.
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Message par obsidienne le Dim 29 Avr - 22:23

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Message par obsidienne le Mer 9 Mai - 19:39

Autre : https://www.blog-rose-croix.fr/a-propos-du-sacrifice/

À propos du sacrifice
26 avril 2018



Sur le plan étymologique, le mot « sacrifice » est dérivé de « sacrifier », qui signifie « offrir quelque chose de sacré (à une divinité) ». À l’origine, ce mot était indissociable de la religion. Pour plaire à un dieu, une déesse ou Dieu Lui-même, pour obtenir leurs faveurs, pour apaiser leur colère…, on leur offrait un sacrifice qui consistait généralement à immoler un animal, le plus souvent sur un autel consacré à ce but. La plupart des anthropologues pensent même qu’il a existé des sacrifices humains. Selon les cas, les victimes étaient volontaires ou désignées d’autorité. De toute évidence, de tels rites n’avaient aucun effet, si ce n’est d’exalter la terreur, la souffrance et la mort.

Malheureusement, cette approche archaïque de la religiosité a perduré à travers les millénaires. C’est ainsi que de nos jours encore, il existe des pratiques religieuses ou magico-religieuses au cours desquelles on égorge des animaux dans le but d’obtenir l’aide, le soutien ou la protection des ancêtres, des esprits ou de Dieu. Pour des raisons tout aussi obscurantistes, des fanatiques vont même jusqu’à assassiner des êtres humains, au besoin en “sacrifiant” leur propre vie (je pense évidemment aux islamistes). De surcroît, ces derniers pensent ainsi accéder au paradis, lequel, d’un point de vue rosicrucien, n’existe pas…

Comment penser que Dieu puisse se réjouir du sacrifice de tel animal, alors que toutes les religions disent qu’Il est Amour et que la vie est sacrée ? Quant à assassiner un être humain en Son nom ou pour accomplir Sa volonté, c’est probablement le plus grand blasphème qui puisse être commis à Son encontre. Que ce soit aux yeux de Dieu pour ceux qui croient en Lui, ou au regard des hommes, croyants comme athées, un tel assassinat est des plus condamnables. Rien ne le justifie ; rien ne l’explique, si ce n’est l’ignorance, l’intolérance, le fanatisme et la haine.

En admettant que Dieu attende de nous un sacrifice, ce qui suppose de voir en Lui un Être anthropomorphique (ce qu’Il n’est pas), ce serait celui qui consiste à œuvrer à la mise à mort de tout ce qui est négatif et malveillant en nous, c’est-à-dire sacrifier sur l’autel de notre dignité tous ces défauts que sont l’orgueil, la jalousie, la convoitise, la malhonnêteté, la cupidité, l’avidité, la violence et, naturellement, la haine. Si nous vivons sur Terre, c’est précisément dans le but de nous parfaire, ce qui n’est possible qu’en conscientisant et en manifestant les vertus de notre âme, dans ce qu’elle a de plus divin, telles l’humilité, la bienveillance, la tolérance, la générosité, l’intégrité, la non-violence et l’amour. C’est peut-être ce qui fit dire à Aristote : « Le sacrifice de soi est la condition de la vertu. ».

Il est vrai que l’homme peut aller jusqu’au sacrifice ultime de sa vie. Mais dans ce cas, ce doit être dans le but de sauver une autre personne, voire plusieurs, et non pour mourir en martyr au nom de fausses croyances ou de causes intégristes, en entraînant avec soi la mort d’innocents. Parmi ceux qui ont consenti à cet ultime sacrifice, il y a Arnaud Beltrame, dont on a beaucoup parlé en France ces derniers mois. Cela étant, tout au long de l’histoire, dans nombre de pays, d’autres se sont sacrifiés également ; tous n’étaient pas croyants, mais sous l’impulsion de ce qu’il y a de meilleur en eux, pour ne pas dire de plus divin, ils firent don du bien le plus précieux qui soit : leur propre vie. On ne peut donc qu’admirer leur courage et leur abnégation.

Serge Toussaint
Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix
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