Le Mystère initial de la Pentecôte : vécu contemporain de l’Esprit Saint

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Le Mystère initial de la Pentecôte : vécu contemporain de l’Esprit Saint

Message par obsidienne le Lun 12 Mar - 20:40

Extrait du livre de Serge O. Prokofieff : Le cycle de l’année, un chemin d’initiation vers le vécu de l’être du Christ. Un examen ésotérique des fêtes de l’année.

Le vécu contemporain de l’Esprit Saint

En conclusion du précédent chapitre le rapport entre le Congrès de Noël et le Mystère initial de la Pentecôte, découvre devant nous, par un côté tout à fait particulier, son essence intérieure et toute sa signification pour l’évolution progressive de l’humanité. Car le Congrès de Noël est un premier acte à partir du pur Esprit accompli librement et ouvertement au sein de l’humanité de l’époque de l’âme de conscience.

Toutefois, il s’ensuit de tout l’exposé précédent, qu’un semblable acte à partir de l’Esprit n’est possible que dans le cas du vécu par l’initié à notre époque de toute la plénitude du contenu ésotérique de l’événement de la Pentecôte, c’est-à-dire l’atteinte par lui, sur le chemin d’initiation contemporain chrétien-rosicrucien, du sixième degré. C’est pourquoi nous pouvons poser ici la question, laquelle, au fond, a une signification angulaire pour tout notre temps : que vit, au fond, l’initié contemporain, s’élevant vers le sixième degré du chemin d’initiation chrétien-rosicrucien, et atteignant lors de sa propre expérience l’essence-même du Mystère de la Pentecôte ?  Que peut vivre l’initié contemporain, atteignant le degré de la fusion avec tout le Macrocosme et avec cela conservant pleinement sa Moi-conscience individuelle, de veille ? Que peut-il alors révéler à l’humanité ?  Que peut dire à l’humanité celui qui au vingtième siècle a vécu de façon parfaitement consciente l’événement de la Pentecôte dans sa pleine étendue, et, de cette façon, peut à notre époque être appelé de plein droit « empli de l’Esprit Saint » ? En quelles paroles peut-il alors révéler à l’humanité ses vécus ?          

Pénétrons de notre écoute dans ces paroles, nous annonçant ce haut vécu d’une vie humaine, et étant la grande promesse pour tout notre temps aspirituel. Pénétrons de notre écoute dans ces paroles d’un homme qui a vécu parmi nous, vécu parmi l’humanité du XX-ème siècle, et qui pour la première fois à notre époque, à partir de son expérience personnelle, a dévoilé pour la conscience contemporaine le secret de ce que vit, au fond, l’homme, qui est « rempli de l’Esprit Saint ».

Approximativement au milieu de la dernière pleine année de sa vie, Rudolf Steiner en parle, transmettant, dans des paroles parcimonieuses et en petit nombre, à tous les hommes de bonne volonté le plus profond vécu de son expérience intérieure, ouvrant devant l’humanité des horizons en vérité incommensurables de l’évolution humaine.

Dans la conférence tenue à Dornach le 4 juin 1924, trois jours et demi avant la fête de la Pentecôte, la dernière fête de la Pentecôte dans la vie terrestre de Rudolf Steiner, nous trouvons ces paroles : « Oui, à ses disciples intimes le Christ a dit : Portez votre regard sur la vie de la terre. Elle est apparentée à la vie du Cosmos. Dans la mesure où vous regardez la terre et le Cosmos à l’entour, c’est le Père qui traverse de sa vie cet Univers. Dieu le Père est le Dieu de l’espace. Moi par contre, j’ai à vous annoncer que je suis venu du Soleil, du temps, du temps qui accueille l’homme seulement lorsqu’il meurt. (De par son corps astral). Je vous ai apporté à moi-même en vous sortant du temps.

M’accueillez-vous, disait le Christ, que vous accueillez le temps et que vous ne succombez pas à l’espace. Mais là vous devez également trouver le passage de l’une des triades – le physique, l’éthérique, l’astral – vers l’autre triade : l’éthérique, l’astral jusqu’à l’essence du Soi spirituel. L’essence du Soi spirituel est aussi peu à trouver dans le terrestre que le terrestre-physique est à trouver dans le Cosmos. Mais je vous apporte de lui le message, car je suis du Soleil. Oui, le soleil a un triple aspect. Vit-on à l’intérieur du soleil et regarde-t-on du soleil sur la Terre, que l’on a sous les yeux le physique, l’éthérique, l’astral.

Ou bien regarde-t-on ce qui est dans le soleil même, que l’on a alors, si l’on se souvient de la terre ou si l’on jette un regard sur elle, sans arrêt le physique sous les yeux. Détourne-t-on le regard, que l’on porte son regard de l’autre côté sur l’essence du Soi spirituel. On oscille de part, et d’autre entre le physique et l’essence du soi spirituel. Ce qui entre les deux reste stable n’est que l’éthérique et l’astral. Regarde-t-on par contre dans l’Univers, que le terrestre disparaît complètement. L’éthérique, l’astral, l’essence du Soi spirituel est là. Cela sera votre coup d’œil, lorsque vous parviendrez dans le temps solaire entre la mort et une nouvelle naissance.

Que l’on se représente alors l’homme s’encapsulant entièrement avec son état d’âme dans la chose terrestre : il peut éprouver le divin, car du divin il est né. Ex Deo nascimur.

Représentons-nous, il ne fait pas que s’encapsuler à l’intérieur du monde d’espace, mais il accueille le Christ, qui a pénétré à partir du monde de temps dans le monde d’espace, et a apporté le temps lui-même dans l’espace de la terre : par cela il surmonte dans la mort la mort. Ex Deo nascimur. In Christo morimur. Mais le Christ apporte le message, qu’alors, lorsque l’espace est surmonté et lorsqu’on apprend à connaître le soleil en tant que créateur de l’espace, on se sent dans le soleil par le Christ, on se sent transporté dans le soleil vivant, puis le terrestre-physique disparaît : l’éthérique, l’astral sont là. L’éthérique revit, maintenant plus en tant que le bleu du ciel, mais en tant qu’éclat rougeoyant du Cosmos. Et de ce rouge clair ne luisent pas vers le bas les étoiles, mais les étoiles nous touchent avec leurs efficiences d’amour. Et l’homme peut se sentir – lorsqu’il se transporte réellement dans tout cela – debout sur la terre, dépouillé du physique, l’éthérique étant là, le traversant de son rayonnement et rayonnant au dehors en tant que le rougeoyant lilas : les étoiles non pas des points luisants, mais des rayonnements d’amour comme l’humaine caresse d’amour.

Mais que l’on éprouve cela, le divin en soi, le divin feu du monde en tant que l’être de l’homme jaillissant en flammes de lui, se sentant dans l’Univers éthérique, vivant les extériorisations spirituelles dans l’astral se-mettent-à-rayonner du monde : alors cela produit dans l’homme le vécu intérieur du se-mettre-à-rayonner de l’esprit, auquel l’homme est appelé dans l’Univers.

Lorsque ceux (les apôtres) auxquels le christ l’avait annoncé, se sont imprégnés suffisamment longtemps par cette pensée, alors ils éprouvèrent l’action de cette pensée dans les langues ignées de la fête de la Pentecôte. Là ils ressentirent le mourir par le détachement et l’égouttement du physique de la terre. Là ils ressentirent toutefois : cela n’est pas la mort, mais pour le physique de la terre, la substance du Soi spirituel d’Univers se lève : Per spiritum sanctum reviviscimus.

C’est précisément un tel déversement provenant de-derrière les étoiles de la « substance du Soi spirituel d’Univers » qui est ce que vit l’initié, dont la conscience s’est ouverte dans la sphère du soleil. Ce « rayonnement empli d’amour », cette descente à partir de la région cosmique située de l’autre côté des étoiles, de l’Esprit Saint en tant que substance du Soi spirituel d’Univers, est en effet ce vécu que les apôtres eurent au temps de là Pentecôte, et que Jean, « le disciple que le Seigneur aimait », a vécu encore plus tôt, en se tenant en pleine conscience sous la croix sur le Golgotha (car l’événement de la Pentecôte pour Jean fut le Mystère-même du Golgotha).

De ce vécu de L’esprit Saint, de façon générale en tant que vécu angulaire de l’initié contemporain chrétien, bien que sous une forme quelque peu différente, Rudolf Steiner en parle déjà en 1908, dans la dernière conférence du cycle hambourgeois consacré à l’Evangile selon Jean : « Par tout ce que l’homme prend en lui dans la catharsis, il purifie et épure son corps astral en la ‘vierge Sophia’. Et à la rencontre de la « vierge Sophia’ vient le Moi cosmique, le Moi du Monde, qui provoque l’illumination, c’est-à-dire qui fait que l’homme à la lumière autour de lui, la lumière spirituelle. Cette deuxième chose qui s’adjoint à la ‘Vierge Sophia’, l’ésotérisme chrétien l’appelle – et l’appelle encore aujourd’hui – le ‘Saint Esprit’.

De sorte que l’on s’exprime tout à fait correctement au sens ésotérique-chrétien, lorsqu’on dit : l’ésotériste chrétien atteint par ses processus d’initiation la purification et l’épuration de son corps astral : il fait de son corps astral la ‘Vierge Sophia’ et devient recouvert de lumière – si vous voulez vous pouvez le nommer recouvert comme de l’ombre – par le ‘Saint Esprit’, par le cosmique Moi d’Univers. Et celui qui alors est illuminé, qui, en d’autres mots au sens de l’ésotérisme chrétien, a pris en soi le « Saint Esprit’, parle alors dorénavant  dans un autre sens.

Comment parle-t-il ? Il parle ainsi, qu’il ne s’agit pas de son opinion lorsqu’il parle de Saturne, du Soleil, de la Lune, des différents membres de l’entité humaine, des processus de l’évolution du monde.

Ses vues n’y interviennent nullement. Lorsqu’un tel parle de Saturne, c’est Saturne qui parle à partir de lui. Lorsqu’il parle du Soleil, c’est entité spirituelle du Soleil qui parle à partir de lui. Il est l’instrument ; son Moi a disparu, c’est-à-dire est devenu impersonnel pour de tels instants, et c’est le cosmique Moi-d’Univers qui se sert de lui en tant qu’instrument, pour parler à travers lui. »

Ce qui vient d’être dit, on peut également l’exprimer par les paroles suivantes prises de la deuxième moitié de la Méditation de la Pierre de la fondation :

« Où, les mouvants
Du-Monde-les-faits-du-devenir
Le propre Moi
Au Moi-du-Monde
Unissant »

Et ce vécu n’est rien d’autre que l’accomplissement de la façon la plus directe et au degré le plus élevé par l’initié contemporain chrétien des paroles mystériales : « Non, pas moi, mais le Christ en moi », ouvrant le portail vers le réel vécu de ‘l’être-empli de l’Esprit Saint ».

C’est pourquoi nous pouvons dire qu’à notre époque, Rudolf Steiner, en tant qu’homme, ayant traversé personnellement dans son expérience spirituelle tous les vécus ayant été décrits, peut de droit être appelé, également au sens ésotérique le plus profond de ces paroles : l’apôtre contemporain du Christ Jésus.
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