La médecine des mystères de l’Antiquité

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La médecine des mystères de l’Antiquité

Message par obsidienne le Ven 16 Fév - 1:02

La médecine des mystères de l’Antiquité

Extrait du livre de Rudolf Steiner : Psychopathologie et Médecine Pastorale

Neuvième Conférence – Dornach, 16 septembre 1924

Le Moi de l’Homme entre la respiration d’un jour et l’année universelle platonicienne. Rapport de cette année avec le rythme respiratoire circadien, avec la vie humaine, avec le rythme veille-sommeil. Les forces hivernales et estivales dans le macrocosme, comme générateur des organismes neuro-sensoriels ou métaboliques. Vision du monde selon la mesure, le nombre et le poids, les données irrationnelles et le chemin pour en connaître la nature, de la nomie à la sophie.


… L’existence humaine sur Terre se place entre le mouvement respiratoire et l’année platonicienne. Les mouvements respiratoires permettent de régler tout ce qui importe au Moi (psychisme, individualité). La vie de notre corps physique se situe dans les vastes phénomènes réglés par le rythme des 25920 années.

Les lois régissant les processus du corps physique dépendent du grand rythme de l’année platonicienne, comme l’activité de notre Moi dépend du rythme respiratoire. Entre les deux se trouve la vie humaine enfermée quant à nous, entre les corps physique et éthérique d’une part, le corps astral et le Moi d’autre part. En effet, d’un certain point de vue, nous pouvons dire que la vie terrestre de l’homme se place entre les corps physique et éthérique puis le corps astral et le Moi. Mais d’un autre point de vue, nous pouvons dire que sous l’aspect divin et cosmique, la vie humaine se place entre la respiration d’un jour et l’année platonicienne. En effet la respiration d’un jour est un ensemble qui de ce fait se rapporte à ce qu’est la vie humaine.

De ce point de vue cosmique, considérons maintenant ce qui se trouve entre la respiration humaine, c’est-à-dire l’action et la nature du Moi, et le phénomène de l’année platonicienne, donc la vie et l’activité de l’Univers extérieur. Voyez, ce qui veut agir dans notre rythme respiratoire est fait en sorte que dans le rythme circadien de la respiration, en tout ce que nous avons dans la respiration et le rythme global de la respiration, nous rencontrons chaque fois le rythme de l’alternance du jour et de la nuit lié à l’être solaire et à ses rapports avec la Terre. Nous rencontrons notre rythme respiratoire dans les levers et les couchers quotidiens du Soleil, sa course dans le ciel, l’occultation du Soleil par la Terre.

Nous parvenons ainsi à la journée de vingt-quatre heures, la journée de l’Homme. Puis nous poursuivons nos calculs pour établir comment nous nous insérons en quelque sorte dans l’Univers. Calculons donc comment nous faisons pour rencontrer ce qui est la journée du Macrocosme ou comment nous nous plaçons de prime abord. Voilà le calcul que vous pouvez faire : On prend une journée et une année de trois cent soixante jours environ – en cette affaire l’approximation peut suffire. Puis nous évaluons la durée de la durée de la vie humaine à soicante-douze ans environ, l’âge patriarcal, et nous obtenons (en multipliant l’un par l’autre 360 X 72) 25920 jours. Dans la vie humaine nous avons donc un ensemble de soixante-douze années qui, dans le Monde, représente un rythme égal à celui de l’année platonicienne du Soleil.

Par notre rythme respiratoire, nous nous insérons dans toute notre vie de manière à la régler sur le rythme de 25920. Nous sommes parvenus à ce qui est contenu dans cette vie humaine, tout comme le mouvement respiratoire s’insère dans la journée. Or que fait-on entrer dans les soixante-douze années, les 25920 jours, tout comme la respiration, inspiration et expiration, est contenue dans une journée ? Qu’en est-il ? Tout d’abord nous avons l’inspiration et l’expiration. Puis en deuxième lieu, il est une expérience quotidienne qu’au cours de la vie nous faisons 25290 fois, celle du sommeil et de la veille. Nous en arrivons donc    au deuxième point, le sommeil et la veille. Cette alternance, se produit 25920 fois au cours de la vie humaine, tout comme l’inspiration et l’expiration se produisent 25920 fois au cours d’une journée, lors d’une révolution du Soleil.

Mais réfléchissez à ce qu’est la succession de l’endormissement et du réveil. En nous endormant, nous n’expirons pas seulement de l’acide carbonique, mais en tant qu’homme physique, nous expirons également notre corps astral et le Moi. Nous les inspirons de nouveau au réveil. Voilà une expiration plus longue. Elle dure vingt-quatre heures, l’espace d’une journée. C’est une seconde respiration. Elle s’accomplit selon le même rythme. Nous avons donc la respiration la plus petite, consistant dans le mouvement respiratoire ordinaire. En ce qui se passe dans le sommeil et la veille, nous avons la respiration plus grande, où l’être humain se dilate jusque dans l’Univers.

Continuons pour vérifier maintenant comment une existence humaine de soixante-douze années en moyenne s’insère dans l’année platonicienne. Admettons que cette existence soit comme une année, toute une année dont chaque jour serait l’équivalent d’une existence humaine. Nous faisons donc notre calcul à partir d’une grande année universelle dont les jours correspondent à la vie humaine toute entière et nous comptons pour cette année-là 360 jours, c’est-à-dire 360 existences humaines. Nous obtenons 72 fois 360 existences humaines = 25920 années, donc exactement l’année platonicienne.

Mais que faisons-nous, lorsque nous nous acquittons de cette année platonicienne ? Nous entrons dans l’existence, puis nous mourons. Que faisons-nous en mourant ? Par rapport à notre organisation terrestre, nous expirons bien plus que seulement le corps astral et le Moi. C’est le corps éthérique que nous expirons dans l’Univers. J’ai souvent montré comment le corps éthérique est expiré dans l’Univers, comment il s’y répand. En revenant, nous inspirons à nouveau un corps éthérique. Voilà une respiration à l’échelle gigantesque, l’inspiration et l’expiration de l’éthérique. Le matin nous inspirons de l’astralité. Avec chaque mouvement respiratoire nous inspirons de l’oxygène. Mais à la mort sur Terre, nous expirons l’éthérique qu’à chaque existence nous inspirons.

Nous voilà donc parvenus au troisième point : la vie et la mort. Si nous prenons la vie comme étant l’existence terrestre et la mort comme étant l’existence entre la mort et une nouvelle naissance, nous obtenons l’année platonicienne en ajoutant d’abord la petite respiration à la respiration plus grande, puis à celle-ci la respiration la plus grande.

1 – Inspiration et Expiration : la respiration la plus petite
2 – Sommeil et Veille : la respiration plus grande
3 – Vie, Mort : la respiration la plus grande

Ainsi dirais-je, nous nous trouvons tout d’abord dans le monde stellaire. D’un côté nous reposons intérieurement sur notre respiration, de l’autre côté, c’est-à-dire extérieurement, sur l’année platonicienne. Entre les deux se déroule notre vie humaine, mais celle-ci recèle encore le même rythme.

Mais que va contenir cet intervalle entre l’année platonicienne et notre mouvement respiratoire ? Essayons de considérer la base numérique des rythmes comme la toile de fond préparée pour une peinture. Nous constatons alors qu’un changement incessant se produit dans le monde extérieur. Il concerne aussi bien l’année platonicienne que des rythmes plus petits dans le temps et se rapportant à l’évidence au rythme annuel. Ce changement s’observe également et même très aisément dans les qualités du chaud et du froid. Il n’y a qu’à penser au froid de l’hiver, à la chaleur de l’été et nous avons sous l’aspect des qualités de chaleur et de froid des données correspondant à un arrière-plan numérique. L’être humain par sa vie, est entièrement intégré à cette alternance de chaleur et de froid. Songez cependant à ce que cette alternance chronologique entre la chaleur et le froid est parfaitement licite au dehors. Elle existe en effet et elle est même bien salutaire, passant du chaud au froid dans ce qu’on appelle la nature. Mais l’être humain ne peut agir de même. L’être humain doit maintenir en lui-même une sorte de chaleur normale, de froid normal, selon le point de vue auquel on se place. Il doit donc développer en lui-même des forces faisant des réserves de chaleur estivale pour l’hiver et du froid hivernal pour l’été. Il doit exercer en lui-même une régulation qui soit correcte. Sans cesse il doit rétablir dans  son organisation l’équilibre entre la chaleur et le froid, et cela, même par rapport à la nature extérieure.

Il s’agit de réactions dans l’organisme humain auxquelles on n’est guère attentif.

L’organisme introduit l’été dans l’hiver, l’hiver dans l’été. Durant l’été, nous intériorisons l’expérience que notre organisme a fait de l’hiver. Nous emportons avec nous l’hiver en passant par le point vernal et jusqu’à la Saint Jean. Puis l’équilibre se rétablit. Quand l’automne approche, nous commençons à intérioriser l’été et nous le portons jusqu’à Noël, jusqu’au 21 décembre, puis l’équilibre se rétablit. Si bien que nous équilibrons en permanence l’alternance de la chaleur et du froid en nous. Mais que faisons-nous là ?

Vous allez voir que lorsqu’on examine ce que l’on fait dans ce cas, on parvient à un résultat extrêmement intéressant. En considérant l’être humain de la manière que voici (voir croquis) on est amené à reconnaître, ne serait-ce qu’à première vue, que tout ce qui se manifeste comme froid à l’intérieur de l’homme, tend vers l’être neuro-sensoriel. Si bien qu’aujourd’hui on peut prouver que toute action sous forme de froid, tout ce qui est hivernal, est intéressé à la formation céphalique de l’homme, à l’organisation neuro-sensorielle. Tout ce qui est estival, contenant de la chaleur, est intéressé à l’organisation humaine des métabolismes et des membres. Dans notre être engagé dans les métabolismes et les membres, nous voyons finalement ce que notre organisation comporte d’estival.

Dans nos fonctions neuro-sensorielles nous découvrons finalement tout ce que nous absorbons d’hivernal de l’Univers. Voilà comment chaque hiver nous vivons par notre tête, comment chaque été nous vivons par notre organisme des métabolismes et des membres. Mais en même temps nous réalisons l’équilibre grâce à l’organisme rythmique en puisant tour à tour de la chaleur et du froid pour obtenir enfin la régulation de l’ensemble. La chaleur de la matière n’est que le résultat de processus  thermiques et le froid résulte de processus inverse. Nous sommes conduits alors à voir jouer le rythme universel dans l’organisation humaine. Ce qui nous fait dire que  dans le macrocosme l’hiver est l’élément créatif dans l’organisation céphalique de l’homme ou dans son organisation neuro-sensible. L’été dans le macrocosme est l’élément de créativité dans le système des métabolismes et des membres de l’homme.

Croquis


Vous voyez qu’un regard de cette sorte sur l’organisation humaine fournit un repère à la médecine initiatique dont j’ai parlé en disant qu’elle commence par le livre de Ita Wegman a mis au point avec moi. C’est le début d’une orientation qui devra gagner de plus en plus les sciences.

Grimpons à présent sur les rochers où poussent les plantes hivernales, là où elles trouvent le sol qui leur convient et dans le monde extérieur nous touchons ce qui correspond à l’organisation céphalique de l’être humain. Imaginons que nous soyons un herboriste en action et que nous cherchions à guérir par l’Esprit régnant dans le monde extérieur les forces spirituelles qui se manifestent dans une maladie enracinée dans le système neuro-sensoriel. Nous gravissons les cîmes pour y ramasser les minéraux et les plantes que l’on rapportera comme remède des maladies de la tête.

Nous procédons à partir de notre pensée créatrice. Elle active nos jambes vers les choses de la Terre où nous devons trouver ce qu’il faut, car jusque dans le détail, des pensées justes, originaires de l’Univers, doivent animer l’action humaine. C’est ce qu’elles font inconsciemment quand elles poussent l’Homme qui, assis dans un bureau, ne manque pas d’idées à l’occasion, à partir pour toutes sortes de randonnées. Mais on n’y voit pas toujours la relation, ce qui d’ailleurs n’importe pas tant. Le fait ne prend de l’importance qu’en regard de la médecine et du pastorat. Mais une observation exacte ne manque pas de donner des ailes à ce qu’il faut accomplir dans le détail.

Puis nous notons que les maladies du système des métabolismes et des membres nous font pénétrer davantage en ce qui est terrestre et végétal, terrestre et minéral. Nous observons la sédimentation et non pas ce qui pousse sur les hauteurs à la manière des cristaux. Nous trouvons ainsi le médicament minéral et végétal. Ainsi la synthèse des phénomènes macrocosmiques et de ce qui se passe en l’être humain mène véritablement de la pathologie à la thérapie.

Vous voyez qu’il faudra retrouver le discernement en cette matière. Au temps jadis on connaissait bien des rapports de ce genre. Pour la médecine de l’Antiquité, Hippocrate est au fond un peu un tard-venu de la médecine antique. Lisez quelques passages dans les œuvres qu’on lui attribue et qui sont rédigées dans son esprit encore, et vous sentirez partout l’orientation dont il est ici question. Partout, jusque dans le détail concret, on se rapporte à la grande synthèse qu’on peut réaliser de cette sorte. Puis sont venues les époques plus proches de nous. Pour le regard des hommes, ces données n’existaient plus. Les hommes ont été entraînés de plus en plus vers la pensée purement abstraite et intellectualiste, vers l’observation  extérieure de la nature et vers ce qui a conduit finalement à la seule expérimentation. Il faut redécouvrir le chemin conduisant à la vision ancienne des rapports entre l’Homme et l’Univers.

Ainsi vous voyez que sur Terre, nous vivons entre notre Moi et le corps physique, entre le mouvement respiratoire et l’année platonicienne. Nous y vivons et là en chaque mouvement respiratoire nous confinons avec la journée. Et que trouvons-nous aux confins de notre corps physique ? Est-ce l’année platonicienne ? Là nous sommes à la limite des intrications et des rapports de la variation climatique dans les grands phénomènes de la nature. Nous y modifions notre forme, notre stature et l’on voit apparaître la succession des races et ainsi de suite. Mais nous nous trouvons également au bord de l’ensemble des changements extérieurs, qualitatifs et plus rapides, avec ce qu’apporte la séquence des années et des jours. Bref, en tant qu’homme, nous évoluons entre les deux extrêmes en nous émancipant du milieu. Car c’est également dans le milieu du cosmos qu’intervient un événement bien particulier. On peut, tout admiratif, laisser agir sur soi le rythme ordonné en 25920 années environ. Il y a vraiment matière à contemplation admirative en ce qui se passe entre l’Univers et l’Homme.

Lorsqu’on s’y livre tout entier, le monde entier y compris l’Homme, se présente comme ordonné selon la mesure, le nombre et le poids. Je dirais que tout est ordonné à merveille, mais néanmoins notre calcul est œuvre humaine. C’est pour cette raison et en dépit de bien-fondé de ces calculs, que nous devons nous servir toujours aux endroits décisifs de notre exposé, du mot approximatif, de ce vocable singulier car le calcul n’est jamais sans laisser de reste. La rationalité s’y trouve, elle y vit, elle y opère. Ce que j’ai décrit, tout cela vit. Et voici qu’un facteur tout à fait irrationnel s’introduit dans l’Univers. Et que se passe-t-il ? Nous avons beau approfondir, admirer, même en tant qu’initié, lorsqu’il s’agit de faire une course de quelques heures, nous emporterons un parapluie, même comme initié. Nous emporterons un parapluie, parce qu’il va se produire quelque chose d’irrationnel, un fait révélateur de la réalité de ces chiffres jamais entièrement divisibles. Si bien qu’il faut recourir à des années bisextiles et des mois intercalaires ou à des procédés de ce genre. On s’en est toujours servi pour déterminer le temps. Pour la vie pratique, la météorologie ne cesse de détruire les données de l’astronomie approfondie, comme on peut bien le penser, par l’astrologie et l’astrosophie.

La météorologie ne peut s’élever au rang d’une science rationnelle quelque peu pénétrée déjà des vues de l’Esprit. De plus en plus pénétrée par ces vues, elle prend un autre chemin, vivant de ce qu’ont laissé les autres. Prenons l’astronomie d’aujourd’hui. Elle vit en effet dans les noms, elle est dénomination des étoiles et guère davantage. C’est pourquoi l’intelligence de « serentissimus » n’a pas saisi la dénomination des astres. Il a visité les observatoires de son pays, s’est fait montrer toutes sortes de choses, des étoiles éloignées, vues par les télescopes. Puis ayant vu tout cela, il a déclaré que tout cela il le comprend, mais qu’il ne saisit pas d’où l’on sait le nom de cette étoile si lointaine. Bien sûr, vous pouvez prendre le parti de rire de ce personnage. Mais d’un autre point de vue, on peut rire de l’astronomie. Pour ma part je rirais plus volontiers des astronomes, car la marche de l’Univers comporte une donnée singulière.

Si vous cherchez à connaître l’éthymologie de Saturne et ainsi de suite, il faut pour mieux comprendre, vous souvenir quelque peu de notre cours de linguistique, auquel assistent la plupart d’entre vous. Vous devez vous souvenir que les noms anciens ont été donnés d’après des sensations phonétiques ressenties par les astrologues et les astrosophes en présence de certaines étoiles. Nous pouvons dire que les noms anciens des étoiles ont tous été donnés par Dieu, donnés par l’Esprit. C’est aux étoiles que l’on demandait leur nom, car on percevait leur son. Voilà l’origine des dénominations. Et maintenant allez jusqu’à une certaine limite de l’évolution de l’astrosophie, de l’astrologie. Ces sciences devaient  chercher les noms dans les hauteurs du ciel. Mais en avançant dans les temps modernes, l’époque des grandes découvertes en ce qui concerne par exemple les étoiles de faible magnitude, vous verrez que tout n’est que pêle-mêle. L’une des étoiles s’appelle Andromède, une autre porte un nom grec, tout cela dans un pêle-mêle arbitraire.

On ne peut imaginer que Neptune et Uranus ont reçu leur nom de la même manière que Saturne. Tout cela relève de l’arbitraire humain et Serenissimus n’a commis que l’erreur de croire que les astronomes ont agi dans la tradition des astrosophes. Il n’en était rien pourtant. Ce n’est que de l’obscurantisme humain alors que la science des astrosophes et des astrologues de l’Antiquité procédait du commerce entre les Hommes et les Dieux. Or si de nos jours ont s’élève à nouveau de l’astronomie à l’astrologie et à l’astrosophie, et que ce faisant, on vit dans une sorte de macrocosme, ayant une raison, une Ratio en tout, on atteint la sagesse, la Sophia. Et l’on découvre de l’autre côté que c’est dans cette Ration et dans cette Sophia, dans les choses qui ne se prêtent pas aux opérations arithmétiques exactes, que vivent la météoronomie, la météorologie et la météorosophie, qu’il faut toujours les interroger sur leur volonté propre et libre. C’est là une autre dame. Dans la vie ordinaire on en dit qu’elle est capricieuse. Mais de la pluie du jour jusqu’aux comètes, tout ce qui est météorologique est assez capricieux. Mais en s’élevant de la météorologie à la météorosophie, on découvre également les qualités positives de cette régente du Monde.

Ces qualités ne sont point issues seulement des caprices, des émotions cosmiques, mais, dirais-je, de la cordialité intérieure de cette dame. En fait on ne peut se passer, chers amis, d’opposer à tout ce qu’on observe du point de vue rationnel, la connaissance directe des êtres universels, d’en faire la connaissance tels qu’ils sont. Ils vont alors se montrer, ils sont là, tout d’abord bien timides encore, ne s’imposant d’aucune manière. Par le calcul on progresse de plus en plus bien sûr, mais on s’éloigne en même temps de l’être lui-même qu’est l’Univers. On ne pénètre que dans un reliquat d’actes.

En passant des calculs ordinaires bien sommaires aux procédés rythmiques du calcul, comme à l’astrologie en matière de musique des sphères, on passe du calcul rythmique à la vision des figures et des nombres de l’organisation universelle, qui se trouvent dans l’astrosophie. Mais je dirais que parvenant ainsi de l’autre côté, on trouve que les êtres en régence dans l’Univers sont quelque peu réservés. Ils ne se présentent pas aussitôt. Pour commencer, ils ne montrent qu’une sorte de photographie d’Akasha et on ne sait guère de quel endroit elle tombe. On tient le monde, mais ce ne sont partout que des photographies inscrites dans l’éther universel. Mais on ne sait d’où elles viennent.

Puis c’est l’inspiration. Alors l’être commence à se manifester lui-même au travers de l’image. Nous n’allons encore que de l anomie à la logie. Ce n’est qu’en parvenant à l’Intuition que l’Inspiration est suivie par l’être lui-même et que nous atteignons la sagesse, la Sophia. Il s’agit cependant d’un chemin de développement personnel. Il engage l’être humain tout entier qui doit faire reconnaissance aussi d’une dame comme celle qui se cache derrière la météorologie, le vent et le temps qu’il fait, la lune et le soleil pour autant qu’ils interviennent dans les éléments. Ce n’est pas seulement la tête qui doit s’engager, comme en matière de logie, mais l’être humain tout entier.

Or vous pouvez conclure d’après tout cela, qu’à ce sujet on peut trouver l’occasion de faire l’erreur. Car en anthroposophie, votre tête peut également passer de l’anthroponomie, la science qui règne aujourd’hui en maître, à l’anthropologie et à l’anthroposophie.

Mais vous n’avez alors que la raison, la Ratio et celle-ci ne vit pas. Elle n’enseigne que les traces de la vie où il importe guère de tenir compte des détails. Aussi faudra-t-il faire descendre dans l’être tout entier ce que la tête à saisi et par votre être tout entier passer de la nomie à la logie, à la Sophia.

Voilà ce que nous devons ressentir pour donner de la vie à la théologie, à la médecine, grâce à la médecine pastorale de vérifier l’une et l’autre de ces disciplines. C’est à ce sujet que nous allons conclure demain, par quelques réflexions spéciales.

L’essentiel est pourtant que, d’entrée dans la médecine pastorale, nous apprenions à connaître les voies que doit emprunter la médecine pastorale dans la vision du Monde.
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Re: La médecine des mystères de l’Antiquité

Message par obsidienne le Ven 16 Fév - 1:13

Onzième conférence – Dornach, le 18 septembre 1924

La médecine des mystères de l’Antiquité (trame vivante des éléments : le liquide, le solide, le gazeux, l’éther de chaleur) et leur rénovation dans les temps modernes.
Résumé : sous-nature = Père, sur-nature = Esprit, milieu = Christ. Pathologie de l’humanité en voie d’évolution. La mort au Golgotha : le processus curatif. Le chemin du médecin. Le chemin du prêtre.


Chers amis ! Comment elle est envisagée ici, la médecine pastorale ne peut naître en somme que de la connaissance spirituelle, d’une recherche de cet ordre. Elle ne peut retrouver de sens que si les hommes prennent conscience par leurs effets des forces positives qui résident en ce qui est spirituel. Car à l’époque du matérialisme, on ne peut imaginer que le spirituel puisse  contenir quoi que ce soit d’intéressant. Mais c’est précisément le fait de la connaissance, cultivée par les mystères de l’Antiquité, que se référer au spirituel et d’y chercher au sens le plus élevé du terme, les raisons de la thérapeutique. Et nous pourrons arrondir enfin nos réflexions en rattachant aux mystères de l’Antiquité le courant médical qui doit émaner du goetheanum.

En effet on ne comprend bien le sujet aux regards de l’histoire que lorsqu’on saisit que nos intentions se rapportent aux méthodes et aux procédés des mystères antiques, bien que nos méthodes de recherche scientifique soient très différentes à présent. Mais vous devez tenir pour des suggestions seulement ou une introduction, les propositions de ce cours, assez bref, de médecine pastorale. C’est un commencement de médecine pastorale qui doit s’étendre toujours davantage grâce au travail fourni ici-même par le docteur Madame Wegman et moi-même.

A présent, chers amis, je voudrais attirer votre attention sur la manière dont les initiés des mystères antiques ont décrit le chemin de leur initiation. Il s’agit surtout du chemin des mystères débouchant sur les mystères de la thérapie. En fait à des degrés divers, tous les mystères étaient liés à ceux de la thérapie. La cause en est que l’art de guérir a été considéré comme relié à l’ensemble de la civilisation humaine en évolution. Et cela pour des raisons bien profondes.

L’Homme des temps anciens se disait que lorsque l’individualité humaine descend par la conception et la naissance des mondes spirituels dans le monde physique de la Terre, l’entité psycho-spirituelle s’engage dans la métamorphose qui lui permet d’édifier un corps humain. Nous avons décrit comment pour la première fois, l’individualité entreprend cette transformation durant le premier septenaire de l’existence terrestre. Le corps humain reçu d’abord par voie d’hérédité, est entièrement rejeté au cours de sept à huit ans.

C’est ainsi qu’on se représentait bien exactement dans les mystères de l’Antiquité, l’entrée dans le milieu physique et sensible de l’Homme, venu des mondes spirituels. Mais on était conscient que l’Homme ne s’était pas d’emblée lié à son corps selon le plan primordial, si l’on peut s’exprimer ainsi, des puissances spirituelles qui dirigent la partie du Monde à laquelle appartient l’humanité. On attribuait en particulier à la pénétration des forces héréditaires en l’Homme le pouvoir dû à une anomalie de toute évolution de subjuguer, en un certain sens, les forces individuelles dont l’être humain dispose depuis des existences terrestres précédentes. On a vu en cela une dysharmonie. Et de déclarer que si l’accord entre les éléments psycho-spirituel et physico-corporel était parfait chez l’Homme, non seulement la mort ne se présenterait pas comme on le voit, mais les maladies ne pourraient se produire véritablement. La maladie et la mort montrent que l’Homme est engagé davantage dans le monde terrestre physique qu’il n’était prévu à l’origine.

Aujourd’hui on ne peut plus comprendre tout à fait cette idée, pourtant extrêmement profonde et vraie. En effet, dès que l’être humain accède tant soit peu à un niveau de conscience plus élevé, il remarque aussitôt que la mort par exemple se présente tout autrement. Elle apparaît comme la métamorphose plutôt que comme la fin d’une étape de la vie et ainsi de suite.

De la sorte pour toute la conscience antique, l’éducation de l’Homme était très proche de la thérapeutique. A cette époque très reculée de l’évolution humaine, toute éducation était considérée comme thérapeutique en général. Aussi tout ce que l’on faisait pour son prochain était en quelque sorte de conception médicale. Aussi pour les mystères de l’Antiquité, l’exercice de la médecine et le sacerdoce concernaient également l’art de guérir l’être humain sur Terre. Souvent la même personne exerçait à la fois la médecine et le sacerdoce. Cela ne pouvait se faire qu’en fonction de la conscience instinctive au temps de l’Antiquité.

Aujourd’hui il ne peut plus en être question, du moins pas au titre d’une institution régulière. Cette manière de concevoir la thérapeutique devait se voir également dans l’existence normale. Il en résultait pour chaque Homme, qu’après la métamorphose traversée du fait de la mort, donc en fait durant l’existence entre la mort et une nouvelle naissance, que les âmes qui furent prêtres ou médecins sur Terre, lui indiquaient la voie pour le Soleil. Chacun doit trouver après la mort le chemin solaire en raison de ce qu’il y faut assumer. On ne représentait en ces temps anciens qu’après la porte de la mort, les premiers pas de l’être humain étaient guidés par le médecin ou le prêtre.

Tout cela relevait de la plus profonde sagesse des mystères, qu’aujourd’hui nous devons considérer d’un regard nouveau. Car les méthodes antiques ne sont plus appropriées pour nous. Cependant elles restent susceptibles d’être renouvelées. Et c’est à ce renouveau que précisément nous nous essayons.

Or, chers amis, voici ce que disait un initié de l’Antiquité lorsqu’il décrivait son initiation. Il faisait savoir qu’après avoir passé le seuil, on lui enseigna tout d’abord l’action des éléments. En ces temps, les éléments correspondaient à ce que nous appellerions les états physiques de la matière. On appelait Terre, ce qui est solide, Eau ce qui est liquide, Air tout ce qui prend forme de gaz et Chaleur tout ce que l’on attribuait à l’éther de chaleur. Voilà donc pour les autres éléments. Tout cela n’existe point pour la physique moderne. Ces quatre éléments n’existent pas pour elle. Ce qui existe pour elle, ce sont quelque soixante-dix à quatre-vingts éléments avec leurs propriétés. Dans certaines conditions, l’un est liquide, l’autre solide ou gazeux. La chaleur revient à tous. Mais il n’existe pas d’éléments tels qu’on les décrivait dans l’Antiquité. Il ne s’agit en cela que de propriétés mais nullement de réalités. Ces éléments n’existent pas réellement bien sûr. Mais on appelle élément aujourd’hui des réalités qui ne correspondent qu’au monde grossier des donnés physiques. Les définitions dans l’Antiquité faisaient qu’on n’entrait pas dans la matière elle-même, mais dans sa trame vivante.

Vous voyez donc qu’au médecin de l’Antiquité les substances ou leurs noms importaient peu. Certes ces données ne sont pas sans valeur, mais leur portées ne se découvre qu’à partir des liens avec la nature active, avec ce qui vit en la matière. On prélève par exemple une substance quelconque en un lieu exposé à l’érosion. Le médecin des temps anciens s’intéressait beaucoup à ce que la substance prélevée soit exposée à l’érosion au sein du processus terrestre tout entier. Ou bien il veillait tout particulièrement à ne pas tirer du règne minéral une substance que l’on peut trouver dans le règne végétal. Partout il tenait compte de la place occupée par les états substantiels dans le processus universel. Pour bien comprendre cela on a besoin de la division en quatre éléments. Car pour une substance donnée, il faut connaître alors avant tout à quelle température elle se fait Terre, quelle est sa température de solidification ou de fusion, si elle devient Eau ou Air.

L’intérêt majeur dans ces temps anciens, allait vers le processus universel auquel une certaine substance devait sa forme. On commençait par là, pour ne juger qu’ensuite de la substance. Aujourd’hui on part de la substance, alors qu’au temps jadis on partait du processus. Car chaque substance n’est qu’un processus fixé à une certaine étape. On était pénétré avant tout par la connaissance de la nature active et de la vie dans ce qui est matériel. Aussi l’initié décrivait qu’il était amené d’abord à cette sorte de vision où l’on peut considérer, dans ce qui est substantiel, la nature active et la vie dans l’intrication des quatre éléments. Voilà ce qui se disait pour commencer.

La suite que chacun décrivait comme le deuxième degré de l’initiation, conduisait à la connaissance des « dieux supérieurs et des dieux inférieurs ». Qu’est-ce à dire ?

Chers amis, nous nous en sommes déjà expliqués, mais en une forme moderne. Je vous ai dit que la pathologie résulte de ce que la partie psycho-spirituelle s’égare dans la partie physico-corporelle. Dans ce cas, l’élément psycho-spirituel s’engage si profondément dans le corps physique et le corps éthérique, qu’il est dominé par ces derniers. Voilà comment se produit un état pathologique. Quand il se produit, l’être humain s’engage trop en lui-même, en son organisme physique, plus qu’il ne devrait le faire à l’état de veille. Dans ses régions inférieures, il rencontre des actions extérieures à l’Homme et sous-naturelles. Car notre existence n’est naturelle que si la relation est normale entre les organisations psycho-spirituelle et physico-corporelle. En pénétrant plus profondément dans notre corporéité physique nous prenons aussitôt contact avec ce qui relève de la sous-nature. A ce niveau nous entrons en rapport avec le milieu d’où exercent leur influence sur l’Homme des êtres élémentaires ou encore des êtres appartenant, à des degrés divers de leur évolution, aux hiérarchies supérieures. C’est un fait indiscutable que dans ces circonstances la relation s’établit avec les dieux qui déploient leur action sous le niveau de l’activité de la nature.

Comment se serait exprimé à ce sujet un initié de l’Antiquité pour expliquer qu’il a été conduit chez les dieux inférieurs, en des termes plutôt neutres pour voiler le fait que personne ne comprendrait hormis les initiés ? Comment aurait-il expliqué d’avoir été conduit à descendre chez les dieux inférieurs ? Il aurait pu dire qu’il a appris à connaître la nature des maladies humaines, car c’est ainsi qu’on est amené vers les dieux inférieurs. Prenons la situation inverse. Je l’ai localisée également aux confins entre la pathologie et la normalité.

Cette situation peut mener à la vie sainte, lorsque le complexe psycho-spirituel se dégage bien plus qu’il ne devrait le faire, pour animer en quelque sorte le sommeil. L’initié de l’Antiquité appelait cet état la réunion avec les Dieux supérieurs. Si bien que le schéma suivant est conforme à la réalité lorsqu’il distingue la nature, la sur-nature et la sous-nature (voir croquis).

L’initié appelait la réunion avec les Dieux supérieurs l’état visionnaire, la vie contemplative, la vie qui conduit l’être humain dans le Monde spirituel.

Croquis


Or cher amis, lorsqu’on parle ainsi des Dieux d’en haut et de ceux d’en bas, on a vite fait de se méprendre sur leur hiérarchie. Voici comment il faut se représenter la chose. Je suis tenté de considérer les Dieux d’en bas comme étant subordonnés, lorsque j’énumère simplement la nature, la sous-nature et la sur-nature, la maladie, la vie visionnaire. Mais la situation est autre. En fait, il faut considérer qu’ici nous avons la nature et vers le haut on va vers un cercle et de même vers le bas (voir le croquis) et sur cette ligne le haut va rejoindre le bas. Et voici ce que nous obtenons en traçant des cercles de plus en plus grands pour parvenir enfin à une droite.

Croquis


Ici vous avez une partie du cercle ; elle s’éloigne et après avoir gagné l’infini, elle revient de l’autre côté. Ce qui montre qu’appliqué aux Dieux, les termes supérieurs et inférieurs ne doivent être compris comme hiérarchiques, car ils ne désignent que la différence de leur approche de l’Homme. Ce faisant il faut considérer qu’ils coopèrent à rang strictement égal et que leur action tend à se rencontrer en un point situé à l’infini. Pour cette raison on faisait dans l’Antiquité tant de cas de tout ce qui se rapportait aux maladies et aux facultés visionnaires. Car on estimait que le discernement en cette matière ouvrait le regard au monde spirituel. La connaissance véritable de la maladie et des facultés visionnaires est en effet une manière de plonger le regard dans le monde spirituel.

En comprenant cela, nous tenons en même temps le moyen d’intégrer aux temps nouveaux les connaissances que les Hommes possédaient dans les temps anciens. Demandons-nous donc que sont, pour notre conscience moderne, les Dieux d’en bas ?

Voyez-vous, dans notre représentation de la Trinité, nous appelons Père ce qui appartient à la sous-nature. Et par rapport à une vue véritable spirituelle, quelle sera notre position vis-à-vis du Père ?

Nous considérons, chers amis, l’Homme qui veille et qui dort, puis nous comparons les deux états. Lorsque nous considérons l’être humain pleinement éveillé, nous pouvons savoir qu’il est tel que, dans le monde physique, il s’insère dans l’ordre de ce monde. Car il faut voir qu’il s’est dégagé de Saturne, Soleil et Lune, tout comme la Terre s’est dégagée jadis de ses stades antérieurs et poursuit à présent son évolution. A cet égard, l’Homme en état de veille appartient à la Terre où par nature il est à sa place. A l’état de veille, il se trouve au niveau de la nature.

Il en est autrement lorsqu’il dort. De l’Homme endormi, on trouve dans le lit le corps physique et le corps éthérique, que le corps astral et le Moi ont abandonné. Mais voyons de plus près ces corps physique et éthérique. Que possède alors cette partie de l’Homme réduire aux corps physique et éthérique ? Elle possède, bien qu’à l’état plus évolué, ce qu’elle a reçu durant l’évolution de l’ancien Saturne et de l’action Soleil.

L’évolution s’est poursuivie depuis. Dans ce que vous voyez au lit, se trouve l’évolution ultérieure de Saturne et du Soleil, mais nullement celle du stade lunaire. Celui-ci est complètement absent. Aussi nous devons dire que la Nature, en progressant, à passé de stade lunaire au stade terrestre. Mais grâce au besoin humain de sommeil, la Nature retient au-dessous d’elle, en l’Homme endormi, une sous-nature, une Nature qui n’existait en somme qu’au temps de Saturne et du Soleil. C’est la sous-nature. Elle se trouve à la base de tous les êtres, du fait de l’existence même du genre humain.

Dans son sommeil, l’Homme descend véritablement dans la sous-nature et je vous ai montré déjà les jours passés, qu’après cette descente, ce sont les maladies qui remontent. Voilà le domaine de Dieu le Père. En dormant, nous descendons dans le règne de Dieu le Père, dans la sous-nature.

Les états visionnaires de l’Homme que nous considérons, consistent finalement en l’illumination des parties de l’être humain sorties durant le sommeil, le Moi et le corps astral sortis du corps physique et du corps éthérique. La connaissance que l’homme acquiert dans ces deux derniers éléments constitutifs, représente le pôle opposé de la maladie, le pôle différent de l’état pathologique. Par le corps astral et le Moi, l’Homme est plongé dans le règne de l’Esprit.

Nous voyons donc que dans son organisation terrestre, l’Homme peut s’arracher de la Nature en deux directions. L’une mène vers la Sous-nature, vers l’Esprit. Depuis le mystère du Golgotha, le Christ est le médiateur entre les deux mondes. C’est lui qui spiritualise l’existence naturelle, qui spiritualise l’existence normale de l’Homme et doit toujours établir l’harmonie entre la Sous-nature et la Sur-nature. Car la Sous-nature est toujours harmonisée à nouveau durant le sommeil normal. La Sur-nature est harmonisée chez les visionnaires qui ont le pouvoir de revenir délibérément à la vie ordinaire de l’Homme.

La maladie survient et se dépense dans le corps physique et le corps éthérique, lorsqu’à son réveil, l’Homme est incapable de compenser les expériences faites dans la Sous-nature. Au pôle opposé, c’est la maladie de l’âme ou la maladie mentale, lorsque l’être humain n’est pas en mesure d’intégrer les expériences faites dans le règne de l’Esprit à l’Etat de veille complète, au cours normal de son existence terrestre.

Prenons à présent la maladie physique. Que se passe-t-il lorsque se produit la guérison ? L’Homme est conduit de l’expérience de la Sous-nature à la Nature, du Père au Christ, car le Christ est la vie spirituelle dans la Nature. Il est conduit du Père au Christ, ce qui pour l’essentiel est le fait du médecin. C’est principalement au médecin de discerner comment il faut ramener au christ l’être humain affecté par la Sous-nature, après que le Père ait passé la régence au Christ, pour parler en termes imagés. C’est ainsi qu’on exprimerait la sagesse des mystères en langage moderne. On dirait que l’initié, lorsqu’il a acquis sur Terre une conscience véritable du Christ, est conduit d’un côté vers le Père et de l’autre vers l’Esprit. Tous les processus curatifs se trouvent sur la voie dont il doit prendre conscience, celle qui mène du Père au Christ.

C’est ici, chers amis, que commence le mystère moderne, le mystère dont procédera l’épreuve universelle pour la science véritable du remède. Et j’y dois rendre attentif à la fin du cours sur la médecine pastoral, afin qu’il en résulte de quoi guérir tout d’abord le médecin. Imaginez que progressivement le médecin s’initie aux différents processus thérapeutiques, comme nous l’avons fait entrevoir dans ce cours, qu’il apprenne à connaître les organes défectueux et ce qui, pénétré d’Esprit, leur correspond dans la Nature, si bien qu’on introduit l’Esprit comme le guérisseur dans le corps. Le médecin apprend donc ce que l’on fait d’un cas à l’autre. Tout ce savoir se rejoint dans une somme.

Mais le progrès par le savoir véritable est autre que celui par le savoir d’aujourd’hui. Si de nos jours vous prenez pour l’étudier à fond un manuel d’anatomie pathologique ou de thérapie, vous ne parviendrez dans ce cas favorable qu’à emmagasiner toute cette matière, mais votre attitude humaine n’aura pas évolué en étudiant chapitre après chapitre. Cependant par nature, la somme véritable des connaissances nous fait avancer dans toute notre attitude d’Homme.

Vous avancerez pas à pas si vous assimilez la médecine dans l’état d’esprit dont il est question dans ce cours de médecine pastorale. Et voici le résultat. Il n’est autre que la conviction, qu’ayant dépassé tout savoir médical, vous discernez ce qui s’est passé au mystère du Golgotha, jusqu’au moment où le Christ a franchi le seuil de la mort. Vous comprenez le chemin du Christ allant du Père jusqu’à la mort du Golgotha. Voilà le mystère.

A première vue on ne voit pas le lien entre l’un et l’autre des termes, mais il existe pourtant. Ce lien est tel qu’en considérant le processus thérapeutique vous saisissez ce qui s’est produit dans l’Univers, que le Père a envoyé le Fils pour lui faire traverser la mort au Golgotha. Dans cet événement, ce n’est pas la mort que vous voyez alors, mais la convergence de tout ce qui s’est passé dans cette mort qui n’en est pas une, car elle est victoire sur la mort et guérison pour la nature humaine toute entière. Voilà pour le médecin le chemin du Père au Fils jusqu’à la mort de celui-ci au Golgotha. C’est ce que par le détail des connaissances thérapeutiques nous apprenons toujours davantage.

La médecine pastorale ne se réduit pas à ce que l’homme d’église et le médecin doivent accomplir ensemble. Il s’agit plutôt de réunir ce qui est nécessaire pour que le médecin puisse vraiment avoir un regard sur cet aspect-là du mystère du Golgotha.

Voilà le point culminant d’où l’on peut comprendre les maladies de l’Homme. Il faut comprendre le mystère du Golgotha jusqu’à la mort, comme étant le grand processus thérapeutique. Quand existe une médecine véritable, le rapport est perçu entre la pathologie de l’humanité en évolution et la thérapie qui est la mort sur la croix.

Le prêtre doit suivre toutes les expériences de l’Homme qui sort de son corps pour entrer dans un autre monde, celui de l’Esprit. Ainsi le prêtre se familiarisera toujours davantage avec l’affinité de l’Homme avec l’Esprit, avec l’esprit Saint, avec l’Esprit absolument Saint. Son rôle consiste à assumer la médiation entre l’Esprit et le Fils, le Christ, et élaborer la théologie respective, de trouver la voie du Christ à l’Esprit et de l’Esprit au Christ. Sur ce chemin on peut acquérir alors une somme de connaissances, de vérités essentielles, si l’on doit conduire les hommes de l’esprit au christ et du Christ à l’Esprit. A son sommet, ce chemin doit faire comprendre aux hommes, par les différentes étapes de la théologie, quel a été le chemin parcouru par le Christ pour l’humanité après le passage par la mort sur le Golgotha, le chemin qui a été le grand processus curatif. Si bien qu’on peut se demander à présent quelle est la faculté qui naît en l’Homme par ce processus, pour lui permettre d’entrer dans le monde spirituel ? Ainsi toute théologie revient à comprendre ce qui advient de l’individualité du Christ passant par la mort au Golgotha.

Le chemin du Christ au Golgotha, c’est la culmination du chemin du médecin. Le chemin du Christ après le Golgotha, c’est la culmination de celui du prêtre.

Cependant beaucoup de théologiens des temps nouveaux ne semblent pas estimer qu’il y ait un lien entre ces réalités. Car les théologiens sont bien nombreux aujourd’hui à ne rien vouloir savoir de l’Esprit ressuscité et du Christ toujours à l’œuvre. Mais l’événement du Golgotha, le mystère du Golgotha prend la place qui lui revient, lorsque nous nous prononçons dans le sens du renouveau des Mystères. Nous pouvons dire alors que la formule ancienne pour l’initié en son chemin : « J’ai été conduit par les éléments, puis vers les Dieux d’en bas et vers ceux d’en haut », doit être pour l’initié moderne « J’ai été conduit par ce qui dissout les éléments en leurs processus, les éléments chimiques à présent au nombre de quatre-vingts et qui se réduisent en processus. Et percevant toujours l’action du Christ, je suis conduit plus loin, descendant vers le Père et montant vers l’Esprit.

Chers amis, si pour votre approfondissement ésotérique vous voulez emporter un résumé de ce cours à propos de la médecine pastorale, gardez les paroles suivantes.

Je prendrai le chemin

qui réduit les éléments en phénomènes.

Il me fait descendre vers le Père

qui envoie la maladie pour régler le Karma.

Il me fait monter vers l’Esprit

qui fait acquérir la liberté à l’âme qui erre.

Le Christ conduit la descente et la montée

engendrant dans l’harmonie en l’Homme

Terrestre, l’Homme Esprit.

Si vous vous pénétrez entièrement du contenu de cette méditation en esquisse, vous emporterez le contenu vivant de ce que j’ai voulu  donner dans ce cours de médecine pastorale.

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