La profession médicale dans notre civilisation européenne, occidentale et la volonté de l’homme à guérir dans le don, la force et la puissance de la trinité.

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La profession médicale dans notre civilisation européenne, occidentale et la volonté de l’homme à guérir dans le don, la force et la puissance de la trinité.

Message par obsidienne le Jeu 18 Jan - 15:49

Extrait du livre de Rudolf Steiner : L’art de Guérir approfondi par la méditation

Quatrième conférence. Dornach, 24 avril 1924.

La profession médicale dans notre civilisation européenne, occidentale et la volonté de l’homme à guérir dans le don, la force et la puissance de  la trinité.

Le cours général de votre destinée vous a conduits vers la médecine, vers la profession médicale. Cette profession comporte actuellement un certain courant auquel vous vous associez non sans une certaine répugnance, entièrement justifiée. Cette répugnance a des causes objectives qui se révéleront à vous, quand vous comprendrez que le courant médical actuel est, en un certain sens, et sous bien des rapports, un corps étranger dans notre civilisation européenne, occidentale. Cela se comprend mieux quand on sait que notre science, de même que bien des aspects de la vie spirituelle moderne, ont vu le jour sous l’impulsion de personnalités marquantes qui sont des réincarnations d’individualités marquantes qui sont des réincarnations d’individualités en provenance de la culture arabe-mahométane. Ces derniers temps, ces questions ont souvent été abordées au Goetheanum et rattachées à ce qui traverse actuellement le mouvement anthroposophique. Elles sont très importantes aussi pour le médecin. A différents endroits, j’ai dit combien il est nécessaire de diriger notre regard sur ce centre de culture ayant fleuri à une époque où, en Europe, sous Charlemagne, régnait encore une vie spirituelle bien primitive. Loin de là, en Orient, fleurissait alors cette culture que dirigeait Harun al Rachid. Il avait réuni à sa cour un grand nombre de savants dont beaucoup de médecins. Notez qu’à l’époque dont nous parlons, le christianisme exerçait déjà son influence depuis plusieurs siècles. Or le christianisme s’est répandu dans le monde de façon progressive et n’a pu être compris que peu à peu, et il peut sembler étrange à un regard superficiel – non au regard intérieur – que, jusqu’à présent, l’humanité n’ait pas pénétré les aspects profonds du christianisme. Le christianisme est entré dans le monde comme un fait objectif et les facultés humaines, la réceptivité, étaient insuffisantes pour faire s’épanouir son contenu dans toutes les directions. Partout, dans le subconscient, le christianisme vit, mais les hommes l’ont complètement altéré depuis trois à quatre siècles ; tel est le cours objectif des choses. Les hommes ont altéré le christianisme par leur savoir, par l’intellect et la conscience. Ces derniers temps on pratique un épouvantable dilettantisme d ans nos universités.

Traditionnellement, il existait autrefois quatre facultés ; celles de philosophie, de théologie, de droit et de médecine. Ce qu’on y a ajouté l’a été en vertu du plus sombre des malentendus. Une faculté des sciences politiques, une faculté d’économie politique, sont le fruit d’une pensée qui ne sait absolument plus de quoi il s’agit. Ce qui n’a plus été compris et a sombré dans l’obscurcit la plus complète, c’est qu’ils étaient quatre à être envoyés de par le monde pour répandre le christianisme : Mathieu le théologien, Marc le juriste, Luc le médecin et Jean le philosophe. C’est dans cette relation profonde que plongent les racines de ce qui devra jaillir dans le futur. Ce n’est encore qu’un germe qui devra porter ses fleurs et ses fruits. Les textes des évangiles ne peuvent concorder, car l’un et écrit du point de vue du théologue, l’autre de celui du philosophe, le troisième de celui du juriste et le quatrième de celui du médecin ; cela est profondément enraciné dans la vie spirituelle.

Il faut vraiment le comprendre. C’est parce que l’évangile de Luc n’a, en réalité pas été pris comme une indication ayant trait à la volonté de guérir – cela n’a pas été compris – que dans notre manière de penser actuelle, ne vit pas une volonté de guérir christique, mais qu’elle s’est imprégnée de l’arabisme qui a enserré le christianisme comme dans une tenaille. Cela suscite tout notre intérêt ! Né en Asie, le christianisme s’achemine vers l’Europe et s’y répand. Mais à la cour d’Harun al Rachid où se pratiquait une médecine issue du passé, les anciens mystères revivaient dans la manière de concevoir l’homme. Cela faisait encore partie des traditions. Deux hommes vivaient à cette cour : Harun al Rachid lui-même, qui organisait le tout, et sous l’influence duquel se développa cette académie géante ; l’autre qui avait été un initié dans le passé, mais n’accéda pas à l’initiation à cette époque. Harun al Rachid se réincarna en la personne de Lord Bacon, Baco de Verulam, qui, à partir de l’Occident, renouvela la pensée scientifique dans une tournure d’esprit toute imprégnée d’arabisme. Entre mort et nouvelle naissance cette âme fit ce chemin (v. fig. rouge). Si vous étudiez Baco de Verulam, vous serez surpris de voir tout ce que la médecine a hérité de ce courant.

D’autre part, c’est l’ancien initié qui s’est incarné dans la personne d’Amos Comenius. Nous trouvons en lui une âme aspirant au spirituel, mais partout il a en lui une âme aspirant au spirituel, mais partout il a procédé de manière intellectuelle. Une autre personnalité, également imprégnée d’arabisme, n’ayant pas précisément vécu à la même période qu’Harun al Rachid, mais ayant joué un rôle à la bataille de Xercès della Frontera, est revenue en la personne de Darwin.

Ainsi, tout ceux qui ont influencé les sciences et notamment la médecine, sont des réincarnations de ce qui s’exprimait dans ces traditions anciennes dont le christianisme était exclu, de cet arabisme introduit en Europe et enserrant le christianisme comme dans une tenaille. C’est la médecine qui en a été le plus imprégnée, alors que cette impulsion que contient l’évangile de Luc pour la médecine reste à saisir. Cette manière de comprendre l’homme à partir du cosmos doit être envisagée avec le plus grand sérieux ; vous vous sentirez alors bien engagés dans les tâches que le karma vous fixe. Si vous examinez cette médecine qui se pratiquait à la cour d’Harun al Rachid, vous y trouverez d’une part ce qu’il y avait de bon dans la conception hippocratique. Si vous avez lu mon premier cours aux médecins, vous aurez constaté que j’ai présenté Hippocrate comme le dernier à guérir sur la base des anciens mystères. Transposé en Asie, cette médecine hippocratique s’est mêlée à un fort courant venu du nord-est de l’Asie, à une manière de guérir propre aux Mongols. De ce courant proviennent bien des éléments contre lesquels devaient obligatoirement se rebeller, non seulement la manière de penser européenne, mais encore l’organisation humaine elle-même. Car l’organisation interne de l’homme ne concorde pas avec cette influence tartaro-mongole qui s’est introduite dans la pensée médicale. C’est ce qui se dégage quand on peut retrouver une manière de concevoir l’homme originel et cosmique.

Rappelez-vous le cours de l’évolution tel que je l’ai décrit dans « La science de l’occulte », à travers Saturne, Soleil et Lune. L’homme a parcouru toutes ces étapes. D’autre part, ainsi qu’il a été exposé ces derniers jours, c’est d’abord le courant héréditaire, agissant conformément au modèle et le courant individuel en provenance des vies antérieures que l’on trouve dans l’homme. Ce qui agit dans l’hérédité remonte à des époques révolues, est resté en arrière de manière ahrimanienne, et desséché. C’est ce seul courant héréditaire que s’occupe la médecine officielle ; elle ne tient nullement compte de ce qui, d’autre part, s’élabore dans la deuxième période, entre le changement de dentition et la puberté, dans cette période qui, même statistiquement, peut être considérée comme la plus saine, car l’homme est alors le moins sujet aux maladies, la prédisposition aux maladies est alors écartée. On serait tenté de dire que la médecine actuelle s’intéresse le moins possible à la santé et préfère fouiller dans la maladie. Ceci dit radicalement, mais il en est ainsi.

Pour s’intéresser à la santé, il est nécessaire de pousser cette conception du cosmos au point de retrouver le cosmos dans l’homme. A cet effet les détails susceptibles de nous informer de cette perception de l’évolution cosmique dans l’homme sont nécessaires. On trouve encore dans l’homme l’évolution de l’ancien Saturne, de l’ancien Soleil et de l’ancienne Lune, et ce n’est qu’en associant les trois précédentes à l’évolution terrestre que l’on comprend l’homme terrestre tel qu’il se présente à nous. Il existe actuellement tant de sciences, mais il n’y a pas de véritable science de Saturne, de véritable science du Soleil, de la Lune, car nous sommes incapables de nous souvenir, au milieu de la vie générale de la nature, qu’une sagesse originelle instinctive a existé. Aussi sommes-nous incapables de saisir ce qui, chez Hippocrate, vivait encore intensément et n’est plus pour nous que verbiage. Cela  doit reprendre vie. Vous entendrez ainsi résonner une parole venue du fond des âges, mais vous n’y prêterez guère attention, en particulier à la manière admirable dont elle peut s’appliquer à la médecine.

Voici cette parole :

« Les puissances divines ont ordonné la vie selon la mesure, le nombre et le  poids ».

C’est une parole de la bible. Mais actuellement, qui y prête encore attention et y voit autre chose que des mots, que l’image d’un vieil architecte mesurant, comptant et pesant ? Pour le médecin il s’agit réellement de trouver la mesure, le nombre et le poids dans l’homme. Examinons la nature de Saturne. L’homme porte en lui cette évolution saturnienne, mais nous ne la trouvons pas dans l’homme actuel tel qu’il se présente effectivement à nous, car en lui toutes les étapes évolutives sont condensées en un tout ; aussi les degrés évolutifs isolés disparaissent-ils dans l’unité, dans l’harmonie du tout. La maladie, par contre, fait ressortir l’une ou l’autre de ces manifestations dans son aspect particulier. Il devient alors nécessaire de saisir les indications que j’ai fournies dans la
« Science de l’Occulte », non avec la raison pure, mais telles que je les ai décrites : Il faut ressentir comment agissait, au cours de l’évolution saturnienne, la chaleur qui pénétrait tout ; en étudiant cette période, il faut constamment avoir recours à cet élément calorique, aller à lui. Saturne agit dans l’homme, et l’évolution saturnienne agit en lui, pourtant cela ne se manifeste pas quand tous ces éléments s’articulent harmonieusement en lui. Mais cela se manifeste chez le malade. Ce qui autrement est harmonieusement assemblé se sépare, et l’élément saturnien agit alors pour son propre compte dans la fièvre. Il n’y aura de science de la fièvre que lorsqu’elle sera cosmique, quand nous pourrons tenir compte de la manière d’agir de l’ancien Saturne. Il faut réellement comprendre comment le cosmique agit dans la fièvre par la voie de l’ancien Saturne, ce cosmique que nous avons retrouvé imprégnant la terre. Ces forces de Saturne que nous trouvons répandues sur toute la surface terrestre, et concentrées dans les forces du plomb, nous feront comprendre, en notre for intérieur, la fièvre, et nous y verrons comment l’ordre divin-spirituel ordonne selon la mesure. Dans la mesure de la fièvre, se reflète la mesure qui vit dans l’ordre universel du fait que la chaleur se déverse en lui, cette mesure qui se confond avec l’autre, en s’harmonisant avec elle. Mais la mesure, nous devons avant tout la trouver dans les manifestations fébriles. Aussi, laissons agir intensément sur nous :

Perçois dans la mesure de la fièvre
Le don spirituel de Saturne.


C’est, à vrai dire, l’esprit de l’homme qui apparaît dans la fièvre, cet esprit qui, en dehors d’elle, reste plongé dans les autres éléments. Dans la fièvre, l’esprit humain qui se singularise exerce son influence. Dans la fièvre, l’élément le plus ancien de la nature humaine se manifeste à la superficie de l’existence.

A l’évolution saturnienne fait suite l’évolution solaire. A ce stade, l’élément purement calorique se condense d’une part en air et, d’autre part, se subtilise en lumière. Lumière et air agissent l’un sur l’autre, se correspondent. Avec la respiration nous prenons en nous le rythme de l’air. Nous absorbons aussi la lumière et, au sens occulte, la lumière n’est pas seulement ce qui agit sur l’œil, mais l’expression générale de tout ce qui agit à partir du soleil. L’œil n’est que le représentant par excellence de tout ce qui agit en provenance du Soleil. Ce qui est actif dans la lumière était appelé au Moyen-âge, teinture spirituelle. Cette évolution solaire que nous abordons maintenant se trouve aussi dans l’homme, et elle est directement ressentie lorsque nous tâtons correctement le pouls. Mais elle est ressentie, non comme un effet actuel, mais comme un effet à retardement de l’action de l’ancien Soleil en nous. Aussi dirons-nous en second lieu :

Perçois, dans le nombre du pouls
La force d’âme du Soleil.


Que l’on progresse ou non dans cette direction n’est pas indifférent. On peut prendre la chose au sérieux ou pas. Il y a une différence énorme à lire la température en se représentant – c’est un réflexe à acquérir dans la pratique – l’image qu’offrait l’évolution à l’époque de Saturne. Le monde entier vous apparait alors comme un don de l’esprit, car tout est soumis à l’influence des courants de chaleur, comme un don de l’esprit où, à travers la chaleur, se déverse l’amour jusque dans les plus infimes parties. Si, dans cette ambiance de dévotion, vous réalisez comment l’amour se déverse dans le monde à l’aide de la chaleur saturnienne, si vous ressentez dans ce sacrifice la création du monde débordant de chaleur et d’amour, si en prenant la température dans cet état d’esprit vous ressentez tout cela, vous aurez l’intuition de ce que vous devez faire.

De même, on ne devrait pas prendre le pouls – cela est fréquent – d’une manière mécanique, négligente, indifférente, mais en se plongeant dans l’élément rythmique qui émane du Soleil. En prenant le pouls, on devrait pouvoir ressentir comment l’homme est intégré à l’air et à la lumière, à la clarté rayonnante de l’univers. Ceci fait, à son tour, appel à la volonté de guérir. Celle-ci ne saurait être obtenue par une obligation intérieure, mais en tournant vers le monde une âme pleine de dévotion.

En poursuivant l’examen des symptômes, recherchez ce qui, au lieu d’avoir un caractère humain, manifeste des tendances propres. Les états diabétiques, par exemple, sur quoi reposent-ils ? Chez l’homme harmonieux, le sucre est humanisé et n’agit pas pour son propre compte, mais dans le diabète l’homme est trop faible pour imprégner le sucre d’humanité jusque dans ses moindres particules, et l’organisation du « Je » obéit aux forces du sucre qui sont des forces extra-humaines. Observez toutes les forces qui se manifestent dans le diabète, qui apparaissent dans les résidus urinaires, celles qui forment des dépôts dans l’organisme lors d’une migraine et d’autres états. Observez toutes les substances apparaissant dans l’organisme, obéissant à leurs propres lois et non aux lois humaines, et vous serez conduits à poser deux questions :

En premier, comment est-il possible qu’une substance puisse manifester ses effets propres à l’intérieur de l’homme ? Si tel n’était pas le cas, jamais l’évolution lunaire n’aurait pu exercer son emprise. Celle-ci s’exerce précisément lorsque les substances présentes dans l’homme n’obéissent qu’à elle-même. Les forces lunaires s’emparent alors de ces forces substantielles et créent, en tant que forces lunaires, la forme humaine.

Tout ce qui dans l’homme est structure, est pénétré de forces lunaire. Tout comme Saturne est le « réchauffeur », le Soleil le « rythmiseur », la Lune est le « modeleur ».

Il en est ainsi pour l’homme tout entier. Rappelez-vous ce fait sur lequel j’ai plusieurs fois insisté : Le cerveau n’a pas son propre poids ; retiré du corps, il pèse à peu près 1500 grammes et dans le corps il pèse qu’environ 20 grammes. Ceci en raison du principe d’Archimède qui veut qu’un corps perde un poids égal à celui du volume liquide déplacé. Ainsi le cerveau qui flotte dans le liquide céphalo-rachidien, subit une poussée égale au poids du liquide déplacé et n’exerce plus qu’une pression d’environ 20 grammes sur sa base. Il en va ainsi de tout. La présence des forces cosmiques est nécessaire, de ces forces cosmiques annihilant dans la mesure nécessaire la pesanteur des substances que l’homme porte en lui. Le poids des substances par le cosmos constitue le troisième facteur. Ainsi, lorsque vous examinez si un élément substantiel se manifeste sous l’influence de son propre poids, ou si son poids s’intègre au poids du cosmos, vous examinez l’ordre divin de l’univers selon le poids ce qui conduit à la troisième formule :

Perçois dans le poids de la substance
La puissance formatrice de la Lune.


Laissons-nous pénétrer par cette ambiance. Quand nous parlons de rhumatismes, de goutte, de constipation, de diabète, de migraine, et de tous les états en relation avec un dépôt quelconque, où les substances se manifestent par leur propre poids, nous pouvons l’exprimer ainsi : La pesanteur terrestre s’est emparée de l’homme. Ces mots sont riches de signification. Laissez vos observations s’imprégner de tels sentiments. Rendez-vous compte de quelle manière abstraite et vulgaire on examine actuellement ces faits, machinalement, sans y réfléchir, et vous réaliserez ce qui fait défaut, malgré tout ce qui a été conservé d’ancienne sagesse, d’ancienne vertu et de savoir en provenance de l’arabisme ; vous réaliserez ce qui a été détruit. Car cette trinité formée par la Lune, le Soleil et Saturne, masquée par une autre trinité, celle du Père, du Fils et de l’Esprit a disparu, tout simplement écartée par l’islamisme. Ceci au nom du principe énoncé, non par Mahomet, mais par l’ange qui l’a inspiré, lequel, bien que fort sage, n’était pas précisément parfait : « Que nous importe toute cette trinité, il n’y a qu’un Dieu, celui que doit annoncer Mahomet ».

Ainsi s’estompe toute différenciation dans le monde, ainsi s’obscurcissent des notions qui devraient être connues et, de ce fait, notre médecine a pris un caractère arabe-islamique. L’humanité européenne était devenue trop faible pour découvrir le vrai. Aujourd’hui tout cela doit être connu sous peine de voir l’humanité périr. Et vous pouvez dire :

Perçois, dans la mesure de la fièvre
Le don spirituel de Saturne.
Perçois, dans le nombre du pouls
La force d’âme du Soleil.
Perçois, dans le poids de la substance
La puissance formatrice de la Lune.
Et dans ta volonté de guérir
Tu percevras le besoin de guérison de l’humanité.


Voyez-vous, si l’on perçoit le monde sous cet angle, on prend tout cela à cœur. On développe un sens pour cette tendance qui se fait jour dans toute vie humaine, et pousse l’individualité issue d’une vie antérieure, à s’emparer de ce que lui apporte l’hérédité sous  forme de modèle. Je vous ai déjà parlé de ce combat qui se livre entre ce qui se conforme au modèle et le deuxième organisme. Face à un homme chez qui on sent ce travail de modelage en surface, on sait que l’élément actif est cette individualité venue d’une incarnation précédente. Il en est réellement ainsi : celui qui s’applique cœur et âme à ces notions est le plus apte à ressentir ou a pressentir ce qui provient des incarnations précédentes chez un malade.

Sur quoi reposent donc les manifestations morbides ?

Chez l’homme sain on distingue l’organisation céphalique qui, extérieurement déjà, est séparée du reste de l’organisme. La tête est un logement osseux renfermant le cerveau. Ce qui fait suite à la tête est aussi entouré d’os et existe pour soi-même. Le reste de l’homme s’y rattache. Dans l’organisation subtile de l’homme existe aussi une séparation entre ces deux parties. Ceci ne peut être aisément mis en évidence par l’anatomie et la physiologie extérieure, mais il est très important d’en tenir compte dans la transformation des substances alimentaires qui ne pénètrent pas telles quelles dans l’organisation céphalique, ni même dans le système nerveux. Il existe une limite précise qui ne doit pas être franchie.

Mais par quoi ne doit-elle pas être franchie ? Voyez-vous, dans l’organisation céphalique, ce qui agit le plus intensément dès le début de la vie humaine ce sont les forces en provenance des vies antérieures, forces qui se sont conservées entre la mort et une nouvelle naissance.

La force d’individualité de l’enfant émane de la tête mais elle ne doit pas s’étendre au reste de l’organisme sans être filtrée. D’où la nécessité d’un filtre, d’une couche intermédiaire qui n’est pas extérieurement visible, mais existe dans l’organisation. Rien ne descend sans être filtré. Il ne faut pas que le poumon ou le foie en tant qu’éléments organiques soient sous l’emprise immédiate des forces en provenance des incarnations précédentes ; ils ne le supporteraient pas, cela déclencherait quelque chose d’épouvantable. Dans la période entre la mort et une nouvelle naissance cette individualité humaine métamorphose les forces du poumon, du foie en partie aussi, celles du système rythmique, en organisation céphalique. L’organisation du métabolisme et du mouvement lui est rattachée de l’extérieur. Il n’est permis à l’individualité humaine –elle est éternelle – d’y pénétrer qu’après la mort, quand il ne subsiste du poumon et du foie que les forces, leur substances physique ayant été rejetée. Des lésions apparaissent si, pendant la vie, l’individualité pénètre indûment dans ces organes.

En abordant certains états pathologiques avec une certaine dévotion on pourra se dire : l’individualité en provenance de l’existence antérieure agit, faute d’une séparation correcte, sur tel organe qui devrait subir la seule influence de l’existence actuelle. Cette individualité qui devrait s’extérioriser dans le seul domaine moral, karmique, qui devrait s’en tenir à ce que l’homme fait et éprouve, et ne devrait pas toucher à l’organisation de la partie principalement terrestre de l’homme, cette individualité agit en partie dans son système métabolique moteur, en partie dans son système rythmique, en partie dans son système nerveux, parce que la limite est devenue défectueuse. Savoir que l’individualité agit sur le poumon modifie notre attitude vis-à-vis d’un être humain. La vue d’un phtisique éveillera en moi une compassion toute concrète du fait que notre époque matérialiste détourne l’homme de son karma, l’empêche de vivre sa destinée et le repousse moralement vers une existence corporelle dépourvue de spiritualité. Au lieu de l’orienter vers le domaine moral, notre époque refoule l’individualité qui s’attaque alors aux organes principalement au poumon, cette partie tournée vers l’intérieur du système métabolique-moteur, lui-même tourné vers l’extérieur. La corporéité subit l’emprise immédiate du jeu de l’individualité en provenance d’incarnations antérieures. En cela, ce n’est pas tellement l’aspect théorique qui importe que le fait de se plonger dans cet état d’âme. Ainsi naîtra cette volonté de guérir, répondant au besoin de guérison de l’homme. A notre époque de culture matérialiste, celui qui guérit est très nettement séparé de celui qui cherche la guérison. Le contact ne s’établit pas, car il nécessiterait un sentiment compréhensif pour ce qui est éternel dans l’homme. C’est à partir de ce sentiment que se développe la juste relation entre le thérapeute et le malade : on apprend alors à individualiser, car chaque humain a son propre karma. Il faut individualiser le processus thérapeutique.

Cela doit être pris à cœur. En laissant agir ces notions sur nous, elles exercent une action ésotérique et ce qui se trouve dans l’évangile de Luc contient tout ce qu’il faut pour progresser dans ce sentiment. C’est en toute objectivité que quatre facultés ont été créées : Une faculté de Saint Luc, une faculté de Saint Mathieu, une faculté de Saint Marc et une faculté de Saint Jean. Mais actuellement ces relations ne sont plus ressenties, car l’arabisme règne en particulier dans la médecine.

Une christianisation se manifestera quand on en reviendra aux choses cosmiques. Aussi faut-il être conscient, en tant que médecin, de sa position cosmique. Ce qui précède, vous montre à quel point les forces directrices lunaires coopèrent à la structure humaine. Quand ces forces agissent trop irrégulièrement, il faut y être attentif et savoir que l’on pourra obtenir la guérison en écartant  cette parcelle d’irrégularité qui sévit dans la structure, ce qui se produit quand la conscience cosmique joue son rôle dans le traitement. Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue l’ensemble, il faut se créer un point de vue, voir la chose de l’extérieur. L’œil vous ne pouvez pas le voir de l’extérieur. Ce qui nous permet de tout voir de l’extérieur, nous permet aussi d’acquérir des concepts clairs, mais sans qu’immédiatement l’abstraction s’y insinue. Notre cœur doit s’associer à la pensée. Nous ne devons pas plus nous empêtrer dans nos concepts qu’exclure le cœur de notre pensée abstraite. Pour être homme, il nous faut l’être tout entier, il faut que le cœur pense lui aussi. Nous devons  aspirer à ne pas nous introduire dans le monde par la pensée abstraite, en fait, à la manière de toute la pensée actuelle.

Nous devons être conscients de la nécessité d’aller en profondeur avec notre pensée, d’y associer partout le cœur. Nous devons connaître ce qui, venant du cœur, s’enlace à la pensée, réapprendre à manier le caducée et pour cela passer de la Lune à Mercure. C’est ce que j’avais en vue pour la vie culturelle dans mes conférences sur Raphael, le Mercure chrétien.

Pénétrez-vous de ces idées et vous aurez le sentiment juste des impulsions nécessaires à votre activité de jeunes médecins. Partout dans le monde on voit bouillonner le contraire de ce qui devrait se réaliser, et ce qui est apparu ces derniers temps sur le plan médical est épouvantable. Je veux parler des caisses de maladie conduisant à l’exclusion du médecin. Ce ne sont plus les médecins qui agissent, dit-on en Allemagne mais les abstractions. En réalité c’est le médecin qui guérit et non la science médicale, mais on croit que la science médicale flotte quelque part dans l’air en dehors des hommes. On ne tient pas compte de l’homme, on frappe le karma de plein fouet. Car le karma n’agit pas de manière aveugle en plaçant un être en face d’un autre. Bien au contraire, le libre choix du médecin est un facteur karmique. Mais dans l’institution purement ahrimanienne des médecins de caisse, le karma est entièrement éliminé et le malade entièrement livré aux forces ahrimaniennes qui combattent le karma. Si nous nous retrouvons une fois encore, je vous dirai comment les forces ahrimaniennes s’y prennent pour assassiner le karma, pour parvenir à leur fin. Ceci se manifeste ouvertement dans le système des caisses et la suppression du libre choix du médecin dans le texte de loi concernant les caisses ; ce mot traduit bien l’ambiance des caisses et la manière dont la médecine est considérée.
Cette maladie de la culture est le propos de notre époque ; ces symptômes se manifestent dans les domaines les plus variés, aussi faudrait-il que le médecin contribue à sa guérison. Mais placé comme il l’est lui-même là où cette maladie sévit le plus, il est dans l’incapacité d’agir.

La cause est cette épouvantable institution que sont les caisses de maladie. Certes, elles ont aussi leur bon côté, comme tout ce qui, dans le monde, veut induire l’homme en erreur, doit être cliquant afin de ne pas trop déplaire. Le diable se déguise toujours en ange quand il se manifeste. Celui qui, dans une vision perçoit le diable sous sa forme de diable, peut être assuré que ce n’est pas lui, car il apparait toujours sous un aspect angélique. Quand la maladie de la culture concentre ses attaques sur le médecin, c’est toute la culture qui devient malade.

Aussi faut-il que vous teniez compte de votre karma qui vous incite à agir non seulement dans le domaine médical, mais dans le domaine de l’organisme social malade.

Nous pouvons compléter par ce que j’ai exposé aujourd’hui, il était utile que vous le sachiez et il vous appartient à présent de l’assimiler :

Perçois, dans la mesure de la fièvre
Le don spirituel de Saturne.
Perçois, dans le nombre du pouls
La force d’âme du Soleil.
Perçois, dans le poids de la substance
La puissance formatrice de la Lune.
Et dans ta volonté de guérir
Tu percevras le besoin de guérison de l’humanité.


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