La contagion des maladies

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La contagion des maladies

Message par obsidienne le Mer 10 Jan - 22:36

Extrait du livre Santé et Maladie de Rudolf Steiner

Neuvième Conférence. Dornach, le 27 décembre 1922.

Deux questions sont formulées : La première concerne la contagion des maladies, la seconde concerne le rhume des foins.

L’intéressé souffre depuis des années du rhume des foins. Il vient d’apprendre qu’il est préférable de traiter les patients avant la maladie et qu’il vaut mieux procéder à des injections déjà en janvier, février plutôt que d’attendre le moment où sévit la maladie. C’est un médecin de Bâle qui le lui a dit. Cette méthode lui est conseillée compte tenu du remède qu’il prend pour soigner le rhume des foins.

Rudolf Steiner : ceci est exact ; il y a pourtant un petit avantage, à savoir que le remède que nous utilisons chez nous a, selon le terme consacré, une propriété prophylactique, c’est-à-dire la propriété d’agir à l’avance, et qu’il faudrait donc s’y soumettre des semaines avant l’apparition du rhume des foins ; or le seul désavantage est que les patients viennent seulement lorsqu’ils sont tourmentés par le rhume des foins.

Nous avons justement reçu aujourd’hui une lettre très intéressante où l’on fait état d’un autre remède contre le rhume des foins. L’inventeur de cet autre remède conte le rhume des foins dit de son remède que celui-ci contribue en fait seulement à calmer les crises du rhume des foins, et estime que notre remède délivre durablement du rhume des foins, en particulier si on l’administre deux fois de suite à intervalles espacés.

Naturellement, nous préfèrerions de beaucoup que les malades se fassent traiter en janvier plutôt qu’en mai ou en juin. Mais en règle générale – ceci est tout-à-fait compréhensible – on vient lorsque la maladie se déclare.

Mais pour ce qui est de notre remède contre le rhume des foins, même quand on l’administre au malade pendant la manifestation extérieure de la maladie, qui n’est en fait que le dernier stade d’une affect ion intérieure, - notamment si on l’administre deux années de suite ; mais il n’est pas nécessaire de le renouveler ensuite chaque fois -, il protège de nouvelles rechutes, parce que nous partons du principe que la maladie siège toujours dans tout l’organisme et ne surgit particulièrement que dans un organe.

Pour vous expliquer cela, j’aimerais parler de la façon dont surgissent généralement les maladies qui viennent de l’intérieur. Il est vrai que je vous ai déjà donné quelques indications à ce sujet, j’aimerais toutefois vous expliquer un peu comment ces maladies surgissent lorsqu’elles proviennent de l’intérieur. La raison pour laquelle on tombe malade lorsqu’on se casse une jambe ou que l’on se blesse à la tête en tombant est évidente.

Nous sommes en présence d’une blessure extérieure et cela est très facile à comprendre car la cause de la maladie est tout-à-fait manifeste. Mais pour ce qui est des maladies d’origine intérieure, la plupart du temps on ne réfléchit pas à leur provenance ni à la manière dont elles se sont soudain manifestées. Ceci rejoint la question que quelqu’un avait posée tout à l’heure portant sur le mode de la contagion lorsque l’on se trouve au contact d’une personne atteinte d’une maladie déterminée. Ceci semble aussi être une cause extérieure.

La science qui décrit tout de l’extérieur donne à cela une réponse très facile : du malade, qui est par exemple atteint de la grippe s’échappent des bacilles, et comme je respire, ils me communiquent la maladie. C’est comme si je tombais malade parce que quelqu’un m’avait donné un coup de hache : le malade jette sur moi une pelletée de bacilles, il m’en bombarde, et cela me fait tomber malade. En réalité les choses ne sont pas aussi simples, elles se présentent même tout à fait autrement.

Vous pourrez le comprendre si vous partez de l’idée que l’homme tombe ordinairement continuellement malade et qu’il guérit continuellement un peu. A vrai dire, notre vie physique habituelle consiste à tomber continuellement un peu malade et à guérir un peu. Mais ceci n’est pas à prendre tout à fait au pied de la lettre. Chacun d’entre nous est un peu malade lorsqu’il a soif, lorsqu’il a faim, et guérit un peu lorsqu’il boit, lorsqu’il mange. Vous comprenez donc que l’on puisse dire à juste titre que la faim est le commencement d’une maladie lorsqu’elle se prolonge plus longtemps. On en meurt. Car en fin de compte, on peut mourir de faim et encore plus facilement de soif. Il fait donc partie de notre sort quotidien habituel que d’être soumis à quelque chose qui ressemble au début d’une maladie. Boire apporte une guérison et manger apporte une guérison.

Mais nous devons à présent quelque peu clarifier ce qui arrive en fait lorsque nous avons faim et lorsque nous avons soif. Prenons la première situation : nous avons faim.

Voyez-vous, notre corps ne connait à vrai dire jamais de repos intérieur, il est toujours en activité intérieure, et cette activité intérieure à laquelle se livre continuellement notre corps, je peux l’illustrer approximativement par un croquis de la manière suivante.

Représentez-vous une parcelle de votre corps (voir croquis), dans cette parcelle de notre corps, nous introduisons par l’alimentation des substances nutritives, c’est-à-dire des matières extérieures que nous absorbons par la nourriture. Si vous voulez, nous les avons absorbées par la bouche et dispersées dans le corps par les voies digestives.

Mais voyez-vous, au moment où les substances nutritives pénètrent en nous, tout notre être se met immédiatement à se rebeller contre elles. L’être humain ne laisse pas les substances nutritives telles qu’elles sont, mais il les détruit. Il faut que les substances nutritives soient détruites, il faut qu’elles soient désagrégées. Leur dissolution commence déjà dans la bouche. On aimerait dire qu’elles sont en somme tout à fait anéanties. Ceci est dû au fait qu’il se livre dans notre corps une activité permanente qui ne cesse jamais. C’est une activité qu’il faut considérer exactement comme on le fait pour les doigts ou les mains car le corps est en constante activité intérieure. Et on ne peut s’y prendre comme le fait la science ordinaire qui regarde simplement la façon dont nous mangeons un morceau de pain, dont celui-ci est dissous dans la bouche et dont il se dissipe ensuite dans le corps. En revanche, il faut tenir compte du fait que l’organisme humain est continuellement actif. Mais réfléchissez un peu à cela : figurez-vous un organisme auquel je n’ai rien donné et auquel je ne donne rien, le dernier repas est déjà loin derrière nous, quatre à cinq heures déjà, rien n’y est introduit – eh bien, l’activité ne cesse pas pour autant dans l’organisme.

Je vais donc procéder ainsi, tout ce que j’ai ici dessiné en rouge représentera ce que l’on a l’habitude de voir, quand à l’activité intérieure, je vais maintenant la dessiner en jaune. Ce jaune est soumis à un tremblement intérieur continu, à une activité incessante.

Voyez-vous, à présent vous êtes d’une certaine manière un tuyau vide, dans lequel cependant le calme ne règne pas mais où ça gargouille. Vous êtes en activité intérieure. Et tant que vous proposez à cette activité intérieure une chose sur laquelle elle puisse se concentrer, cette activité intérieure est satisfaite. Ceci est particulièrement vrai après le repas. Cette activité intérieure peut alors se livrer à la dissolution, à l’anéantissement de toutes les substances. Cela la contente.

Voyez-vous, c’est la différence qui existe entre cette activité intérieure, qui se déroule en nous, et l’homme tout entier tel qu’il se présente à nos yeux. L’homme peut paresser. Mais cette activité intérieure ne paresse jamais, elle ne cesse jamais. Et lorsque je ne mets rien en moi, je suis comparable à un sac de farine vide ; pourtant une activité se poursuit en moi-même lorsque je refuse toute substance. Dans la Science spirituelle nous appelons cela corps astral pour les raisons précises que je vous donnerai plus tard ; ce dernier ne paresse donc jamais, il est toujours actif. Lorsqu’il peut se livrer à l’activité de détruire, de disperser, de dissoudre les aliments, il est alors rempli d’une satisfaction intérieure, il a sa joie intérieure. Si je n’introduis aucun aliment dans le corps, il est insatisfait, cette insatisfaction s’exprime alors, et l’expression de cette insatisfaction est la faim. La faim n’est rien de passif : la faim est une activité intérieure. Nous devons donc dire : la faim est en réalité une activité psycho-spirituelle intérieure qui ne parvient pas à être satisfaite. Cela se passe vraiment ainsi si bien que l’on peut dire : cette activité intérieure est amoureuse des aliments et lorsqu’elle n’en reçoit pas elle est aussi insatisfaite que n’importe quel amoureux qui n’a pas sa bien-aimée parce qu’elle l’a quitté. Cette insatisfaction c’est la faim. La faim est absolument quelque chose de spirituel. L’activité qui s’exerce là-dedans consiste en une pulvérisation des aliments, et en un passage dans les vaisseaux sanguins de ce qui est utilisable et ce qui ne l’est pas.

Cette activité de l’homme ne peut pas être une activité tout à fait banale, mais elle recèle quelque chose d’infiniment avisé. Car prenons par exemple les poumons situés là-haut (voir croquis plus haut) et descendons un peu là où se trouve la rate ; en haut les poumons, en bas la rate. Les poumons comme la rate voient affluer des vaisseaux sanguins par lesquels leur sont constamment envoyés des aliments dissous, des aliments transformés. Eh bien, les poumons n’ont pas besoin des mêmes substances que la rate ! Si vous observez l’activité  que je vous ai décrite en tant que corps astral, il semble que le corps astral soit beaucoup plus intelligent que l’homme. Toujours est-il que l’homme parvient tout au plus à fourrer des aliments dans sa bouche. Mais l’activité que je vous ai présentée est une activité de tri – comme si vous étiez occupés à séparer deux substances, à envoyer l’une d’entre elles ici parce qu’elle y est nécessaire et à envoyer l’autre là. C’est à cela que se livre cette activité. Elle trie certaines matières et les expédie dans les poumons, elle expédie certaines matières dans la rate, elle expédie d’autres matières dans le larynx etc. Il s’y fait une répartition avisée. Et ce que nous appelons notre corps astral est infiniment avisé, plus avisé que nous-mêmes. Si vous demandiez aujourd’hui au plus savant des hommes, comment il devrait s’y prendre pour faire parvenir dans les poumons, le larynx ou la rate les matières appropriées, il ne saurait rien vous répondre. Pourtant l’homme le sait intérieurement ; c’est son corps astral qui le sait. Les choses sont bien ainsi lorsqu’on les observe avec justesse.

Quoiqu’il en soit, ce corps astral peut aussi s’abêtir – jamais autant que l’homme, mais proportionnellement à sa propre intelligence il peut aussi s’abêtir. Ce corps astral peut donc aussi s’abêtir. Supposons que cela se fasse de la manière suivante.

Suivant qu’il est né comme ceci ou comme cela, l’homme est intérieurement pourvu de certaines forces. Or son corps astral, ce qui est actif en lui, ce qui par exemple a faim, n’a pas reçu la seule tâche de développer cette activité intérieure. L’activité qui est développée pour la digestion des aliments est même développée chez quelqu’un qui est assis et reste ainsi toute la journée comme une pagode, comme une idole orientale ; même dans ce cas c’est le corps astral qui est actif. Mais ceci n’est pas suffisant, nous devons aussi avoir une activité extérieure. Nous devons bouger. Et lorsque nous n’avons rien à faire, nous devons aller nous promener. Le corps astral exige aussi que nous bougions. Ceci est différent pour chacun ; certains ont un plus grand besoin de mouvement que d’autres.

Supposons maintenant quelqu’un qui d’une certaine façon a depuis sa naissance des dispositions à rester assis. Sa tête stupide, son Moi, pourrait-on dire aussi apprécie beaucoup la position assise. S’il abuse de la position assise, tandis que son corps astral est particulièrement disposé à bouger, ce corps astral s’abêtit. Il en va exactement de même pour quelqu’un qui se surmène en marchant. Dans les deux cas le corps astral s’abêtit et n’assume plus régulièrement le tri des aliments, ni leur envoi dans les organes appropriés, mais il le fait maladroitement. Disons par exemple qu’il ne parvient plus tel qu’il le faut à envoyer les bonnes substances vers le cœur ou vers le larynx. Eh bien, ceci ne reste pas sans conséquence ! Supposons que l’on envoie les mauvaises substances dans le cœur, bien entendu elles sont bonnes en tant que telles d ans les aliments, celles-ci se déposeront ailleurs dans le corps ; et c’est justement parce qu’elles sont utilisables qu’elles ne vont pas au bon endroit, ni ne sont expulsées avec les urines ou les matières fécales. Elles s’accrochent dans le corps. Mais l’homme ne tolère pas qu’une chose, dont l’activité se fait mal, soit déchargée dans son corps ; cela, l’homme ne le tolère pas.

Qu’advient-il des déchets que nous éliminons en nous, du fait que notre corps astral ne fonctionne pas normalement ? Qu’advient-il de ce processus ?

Supposons que ces « saletés » se trouvent en nous et envisageons un type particulier de « saletés » : prenons par exemple les saletés du larynx. Du fait que l’homme n’est plus en mesure d’avoir un corps astral fonctionnant  normalement, elles se répandent de toutes parts en lui. Il se produit d’une part un affaiblissement du larynx, parce que celui-ci n’a pas l’alimentation qu’il faut de sorte que l’homme a un larynx fragile. En plus cela, les « saletés » du larynx se trouvent dans son corps. Mais quel est le rôle de ces « saletés » du larynx ? Eh bien, elles commencent par se déposer. Nous avons tout d’abord ces « saletés » en nous. Mais comme je vous l’ai déjà dit, l’homme n’est pas uniquement un corps solide, il est composé d’eau à quatre-vingt-dix pour cent, c’est au fond une colonne d’eau. Et ceci a pour conséquence que ces « saletés » du larynx se dissolvent alors dans tout l’Homme-Eau.

L’homme n’est pas empli de l’eau pure et animée dont il a besoin mais d’une eau dans laquelle sont désormais dissoutes les « saletés » du larynx. Voyez-vous, il arrive très fréquemment que nous dissolvions dans notre Homme-Eau des « saletés » du larynx, du cœur ou de l’estomac ou d’autre chose encore.

Nous en sommes donc à la dissolution des « saletés » de notre larynx. Elles parviennent alors à l’estomac. Elles n’y commettent pas de dégât particulier  parce que l’estomac n’en a pas besoin. Il dispose de ce dont il a besoin car ses substances ne lui ont pas été détournées. Cependant, l’eau qui coule de toutes parts dans l’homme se trouve aussi dans les parages du larynx. Le larynx se trouvant quand à lui très affaibli comme je vous l’ai dit reçoit en pus de cela cette eau souillée, cette eau qui a dissous les « saletés » du larynx. C’est précisément cela qui le rend malade, quant aux autres organes, les « saletés » du larynx ne les rendent pas malades ; mais c’est précisément le larynx qu’elles rendent malade.

Prenons maintenant un phénomène tout à fait simple. Supposons que nous sommes en présence de quelqu’un qui est doué d’une assez fine sensibilité. Quiconque a une sensibilité assez fine et écoute quelqu’un d’autre parler – eh bien, n’est-il pas agréable d’entendre parler quelqu’un qui a une belle voix ?  Mais si la personne qui parle s’égosille comme un coq, ou grogne comme un porc, elle n’est pas agréable à écouter même si elle est compréhensible. Il est désagréable d’écouter quelqu’un qui croasse comme un corbeau ou grogne comme un porc. Et plus particulièrement, cela a quelque chose d’oppressant que d’écouter quelqu’un qui est enroué.

D’où cela vient-il que nous éprouvions une telle sensation lorsque nous écoutons ? Voyez-vous, cela vient du fait que nous répétons toujours très finement ce que dit l’autre. Ecouter consiste notamment à parler très finement d’une manière inaudible et pas seulement à entendre. Nous ne nous contentons  pas d’entendre ce que dit l’autre mais nous le reproduisons dans nos organes du langage. Nous reproduisons toujours tout ce que fait l’autre.

Et maintenant, nous supposons que nous sommes non pas entrain d’écouter quelqu’un et de reproduire intérieurement ce qu’il dit, mais que nous sommes en présence de quelqu’un qui a la grippe, alors que vous êtes peut-être justement en sympathie avec lui. C’est aussi une façon d’être sensible. Le grippé a donc dissous une bonne quantité de substances dans son Homme-Eau. Les substances qu’il a dissoutes font que son Homme-Eau ne contient plus l’eau pure et vivante dont je vous ai parlée dans cette conférence, mais qu’il a en lui une eau insalubre pour l’homme. Je peux même vous décrire la nature de l’eau qu’il recèle.

Supposons un peu que nous ayons ici un sol quel qu’il soit. Dans ce sol, vous pouvez cultiver diverses choses. Mais on ne peut pas tout faire semblablement pousser sur n’importe quel sol. Quant à moi, j’ai la ferme intention de cultiver des oignons et de l’ail sur cette parcelle de sol. Certes mon goût peut surprendre, supposons quand même que j’ai l’intention précise de cultiver des oignons et de l’ail à ce endroit.

Voyez-vous, je ne me limiterai pas à mettre en terre des oignons et de l’ail car, en présence d’un sol  mal adapté j’aurai pour seul résultat de me retrouver avec des oignons et des aulx minuscules, en revanche j’apporterai au sol des matières sulfurées et phosphatées et j’obtiendrai des oignons et des aulx magnifiques ! Et l’odeur qu’ils émaneront sera en rapport avec cela.

Celui qui a précisément les « saletés » de la grippe en lui est sujet dans son Homme-Eau à une dissolution des mêmes substances que je dois apporter à ce sol pour obtenir des oignons et des aulx magnifiques, et c’est alors que le malade se met à dégager des odeurs telles que vous les avez décrites.

Quant à moi, je me mets à réagir. Il se peut que je ne remarque absolument pas que je me trouve dans son odeur d’oignon, dans son odeur d’ail parce qu’il n’est pas nécessaire qu’elles soient fortes. Cette odeur d’oignon qu’il dégage a pour effet d’embuer sa tête parce qu’un des organes tout à fait précis qu’elle recèle et que l’on nomme « sensorium » n’est plus normalement approvisionné en substances. C’est parce que l’un de nos organes situé précisément au milieu de la tête n’est pas normalement approvisionné que nous avons en nous les « saletés » de la grippe. Cette odeur qu’un odorat très fin permet de distinguer contient toujours une odeur d’oignon et d’ail. Eh bien, on y réagit. De même que nous réagissons à la voix rauque ou grognarde de l’homme, nous réagissons intérieurement à ce que l’homme dégage dans ce cas et nous déréglons de ce fait notre corps astral, notre activité intérieure. Cela a aussi pour effet que ce même sol qui est approprié aux oignons et à l’ail est déposé en nous et que nous attrapons aussi la grippe. Ceci n’a encore rien à voir avec les bactéries ou les bacilles ; cela a simplement quelque chose à voir avec les relations qu’ont les hommes entre eux.

Si j’ai un de ces jardins dans lequel j’ai particulièrement envie de planter des oignons et de l’ail, et que je nourris de matières sulfurées et phosphatées, je peux m’arrêter là et me dire : eh bien, j’ai fait le nécessaire, comme je veux obtenir des oignons et de l’ail, il me suffit de mettre du soufre et du phosphore dans les engrais de mon jardin ; mais je serais un peu fou de croire que cela donnera un jour des oignons. Il me faut tout d’abord mettre ces oignons en terre. De même serais-je un peu fou de croire qu’un sol qui vient d’être préparé en moi donnera un jour des bactéries et des bacilles. Il faut tout d’abord les y introduire.

Car de même que les oignons se sentent bien dans un sol imprégné de phosphore et de soufre, de même ces bacilles s’y sentent-ils bien. Rien ne leur est plus agréable que la présence d’un peu de soufre. Et je n’ai absolument pas besoin des bacilles pour attraper la grippe de quelqu’un d’autre, en revanche lorsque je réagis dans mon Homme-Eau, de la façon dont je viens de vous le décrire, à ce qui se produit dans l’Homme-eau du malade je deviens moi-même un terrain favorable aux bacilles, et je me procure moi-même ces bacilles. Il n’a pas besoin de m’en bombarder.

Pourtant lorsque nous considérons la chose dans son ensemble, et que nous devons donner une réponse tout à fait précise à la question suivante : comment en fin de compte sommes-nous atteints par une maladie ? Nous devons nous dire : lorsque quelque chose nous blesse, nous tombons malades. Mais, même dans le cas des maladies qui viennent de l’extérieur, il faut dire que quelque chose nous blesse. Nous sommes blessés par l’eau impure dans laquelle sont dissoutes les substances qui auraient dû être transformées. Cela nous blesse intérieurement.

Vous pouvez à présent avoir aussi en vue des maladies comme par exemple le rhume des foins. Le rhume des foins est beaucoup plus lié aux saisons qu’aux pollens qui sont dans l’air. La raison majeure pour laquelle l’être humain est susceptible de contracter le rhume des foins, est que son corps astral ne remplit plus correctement sa fonction de tri, qu’il n’assume pas correctement son activité vis-à-vis de l’extérieur. Il en résulte qu’à l’approche du printemps, lorsque tout se met à croître dans l’eau, l’être humain dissout dans tout son Homme-Eau, dans l’ensemble de cette eau, certaines matières, si bien que ce dernier devient plus sensible.

Voici comment cela se présente si j’en fais un croquis grossier : si je dessinais ainsi l’Homme-Eau, l’Homme-Eau normal, je devrais dessiner ainsi l’Homme-Eau qui à l’approche du printemps est prédisposé au rhume des foins ; puisque je dissous des substances, son eau se dilue toujours un peu. L’Homme-Eau est toujours un peu trop volumineux chez ceux qui sont prédisposés au rhume des foins. Ce que je dissous là-dedans étend l’eau. On devient de ce fait sensible d’une manière générale à tout ce qui apparaît au printemps et en particulier aux pollens, c’est-à-dire aux graines des plantes qui sont alors particulièrement irritantes.

Si le nez n’était pas bouché – bien qu’il le soit, ces pollens de plantes y pénètrent -, mais si le nez n’était pas bouché, beaucoup d’autres choses pourraient aussi vous irriter, qui provoqueraient le rhume des foins. Seulement, ces pollens de plantes sont justement tels qu’on les supporte difficilement lorsqu’on souffre déjà du rhume des foins. Ils ne causent pas le rhume des foins mais ils irritent.

Or voyez-vous, notre traitement du rhume des foins repose directement sur un resserrement dans le corps humain de cet Homme-Eau dilaté, et agit en sorte qu’il devient quelque peu trouble et qu’il se remet à éliminer ce qu’il dissout. Notre remède est tout ce qu’il y a de plus simple. Il repose uniquement sur le fait que l’on ramène l’Homme-Eau tout entier à sa forme normale. Ainsi commence-t-il par être quelque peu trouble et il faut veiller à ce que le malade ne conserve pas dans son corps ce qui se forme dans l’eau. Par conséquent, il est bon pour celui qui a reçu une injection de ce remède de pouvoir par exemple un peu transpirer ou de faire de l’exercice. Une injection pose toujours quelques problèmes lorsqu’on la fait à quelqu’un qui après avoir subi le traitement ne fait rien qui parvienne à le faire suer, ou lorsqu’elle est faite à un moment où le malade souffre de constipation. Avant toute vaccination, comme par exemple une vaccination contre le rhume des foins, il faudrait demander au malade si à ce moment précis il souffre de constipation. Car, dans le cas où il souffrirait de constipation, ce qui se forme dans l’eau est trop important du fait que l’on resserre l’Homme-Eau et n’est pas éliminé sur le champ. Ceci n’est pas bon. Lorsque quelqu’un dit souffrir de constipation alors qu’il a reçu une injection, il est nécessaire de lui donner au même moment un laxatif.

La guérison ne consiste pas uniquement – ceci est- Messieurs, d’une importance capitale – en l’administration de quelque chose, mais il faut organiser les fonctions vitales en sorte que le corps humain réagisse comme il le faut à ce qu’on lui a apporté. Ceci est bien entendu d’une importance considérable, on risque autrement d’activer la maladie de plus belle. Si vous injectez à quelqu’un un remède, un remède très bon, un excellent remède, et que vous ne veillez pas à ce qu’il ait une bonne digestion, à ce qu’il élimine tout ce qui est produit, vous le rendez encore plus malade qu’il ne l’était.

En ce qui concerne les remèdes dignes de ce nom, il est très important que le médecin ne sache pas seulement : pour cette maladie, j’emploie ceci ou cela mais qu’il sache poser des questions adaptées à chaque malade. Le plus grand art médical consiste à poser au malade qui se présente des questions appropriées de manière à le connaître jusqu’à un certain point. Ceci est d’une importance capitale. Il est par exemple remarquable de rencontrer des médecins qui parlent d’un malade et qui lorsqu’on leur demande : quel âge a-t-il ? ne s’en sont pas du tout enquis ! Ceci est pourtant tellement important que, même en utilisant les mêmes médicaments, il faut traiter différemment un homme âgé de cinquante ans d’un homme de quarante ans. Le tout est d’agir d’une façon moins schématique que celle qui consiste à dire : telle ou telle maladie exige tel ou tel médicament. Il y a une grande différence de traitement pour quelqu’un qui souffre constamment de diarrhée et pour quelqu’un qui souffre constamment de constipation. Il est possible de tester des réactions entrainées par un remède donné.

Dans ce cas, les expériences faites sur les animaux seraient beaucoup moins contestables que dans d’autres domaines. Considérons la façon dont influe un remède donné sur la constipation et sur la diarrhée chez l’homme, lorsqu’il agit sur les fonctions générales de l’organisme, communes à l’animal et à l’homme. Il est facile d’obtenir des résultats : il suffit de donner le remède simultanément à un chien et à un chat. Le chien souffre la plupart du temps de constipation, le chat de diarrhées. Et lorsqu’on observe la nature de la différence d’action qu’il y a entre le remède que l’on a donné au chien et celui que l’on a donné au chat, on en tire une science magnifique. On ne développe pas la science en enseignant à l’université à exécuter ceci ou cela au moyen de certains instruments, en revanche on la développe en éveillant un peu la jugeotte des gens afin de leur apprendre comment procéder dans leurs recherches.

Il est donc particulièrement important de savoir qu’une maladie repose dans l’organisme tout entier de l’homme. Et un seul organe est atteint parce que l’activité que j’ai qualifiée d’astrale dirige précisément vers cet organe les matières issues des processus inhérents à cette activité.

Je vous ai maintenant parlé de l’apparition de certaines maladies intérieures comme la grippe ou le rhume des foins, mais il y en a encore beaucoup d’autres, cela peut aller jusqu’à la fièvre typhoïde etc … et ce sont des phénomènes que l’on peut comprendre si l’on admet par exemple, comme je vous l’ai dit, que les substances qui se stokent en nous sans être utilisées sont dissoutes dans l’Homme-Eau.

Mais nous ne sommes pas seulement un Homme-Eau, nous sommes aussi l’Homme-matière qui est notre fondement et que j’ai ici coloré en blanc (voir croquis), L’homme-Eau étant coloré en jaune. Et nous sommes aussi l’Homme-Air sur lequel j’ai déjà donné des explications et que j’ai ici signifié en bleu. Nous sommes en permanence l’Homme-Air, même si celui-ci change à chaque instant – l’air étant tantôt dehors, tantôt dedans -, nous sommes pourtant un Homme-Air.

Mais de même que les parties solides que nous avons sous forme de « saletés » se dissolvent dans l’eau, de même l’eau s’évapore-t-elle en permanence en nous. Prenez par exemple votre auriculaire, à l’intérieur des muscles de cet auriculaire se produisent des évaporations d’eau, de fines évaporations. Votre corps tout entier laisse constamment s’évaporer de l’eau. Et l’eau qui s’évapore de l’Homme-Eau s’infiltre dans ce que l’homme absorbe comme oxygène ; celui-ci étant à son tour évaporation au gaz. Lorsque de l’eau s’évapore là-bas du sol, cette eau va précisément dans l’air ; et lorsque l’Homme-Eau laisse s’évaporer toujours finement de l’eau, celle-ci s’infiltre dans l’air que l’homme inspire. L’homme ne supporte pas davantage que l’eau s’évapore dans l’Homme-Air qu’il ne supporte que les matières solides se dissolvent dans l’eau.

Supposons donc qu’un homme, à la suite d’une chose semblable à celles que je vous ai décrites aujourd’hui ait par exemple les poumons malades. Or il est possible de guérir cette maladie des poumons, si celle-ci est apparue parce que de mauvaises substances se sont déposées dans l’Homme-Eau. Mais supposons que cette maladie des poumons ne soit pas forte au point de se manifester extérieurement. Les organes humains sont vraiment des choses très sensibles. Les poumons ne sont donc pas atteints au point de présenter des inflammations mais ils ne sont que légèrement malades. Je tolère alors que les poumons soient légèrement malades, pourtant parmi les substances qui doivent aller dans les poumons, certaines vont dans mon Homme-Eau. Et l’eau qui est en eux contient de mauvaises substances dissoutes. Elles s’évaporent en même temps que l’eau, et ce particulièrement lorsque j’ai des poumons en mauvaise santé.

Alors qu’auparavant l’Homme-Eau absorbe plutôt du solide ce qui est mauvais pour lui en ce qui concerne les maladies grossièrement perceptibles, à présent ce qui est mauvais pour lui s’évapore et s’infiltre dans l’oxygène qui est absorbé. Et ceci- le fait que l’eau qui s’évapore à tort rencontre l’oxygène – est particulièrement nuisible pour le système nerveux, parce que les nerfs ont besoin d’un oxygène sain et non d’un oxygène dans lequel s’est infiltrée la mauvaise eau de l’Homme-Eau. Les poumons peuvent donc se rendre légèrement malades du fait qu’une mauvaise eau s’évapore en eux, qu’une chose qui ne devrait pas s’évaporer s’évapore en même temps. Ceci est particulièrement nuisible au système nerveux, et l’être humain n’a certes pas l’apparence de quelqu’un qui est très malade, au sens où on l’entend – il devient fou.

On peut donc dire : les maladies dites physiques, lorsqu’elles viennent de l’intérieur, reposent sur le fait que d’une façon ou d’une autre se produit dans l’être humain la dissolution de matières inadéquates dans l’Homme-Eau. Mais les maladies dites mentales, ne sont pas en réalité des maladies mentales, car l’esprit ne tombe pas malade. Les maladies dites mentales reposent sur le fait que l’eau s’évapore à tort dans l’oxygène, dérangeant de ce fait le système nerveux, à condition qu’un organe quel qu’il soit, présente le plus petit signe de maladie, tellement petit que vous ne pouvez le percevoir de l’extérieur. Vous voyez donc que l’on se rend compte, précisément là où nous en sommes, que l’homme a au fond constamment le devoir de bien transformer les matières pour éviter que quelque chose se dissolve à tort dans son eau, et pour que son eau ne s’évapore pas de la mauvaise façon.

Mais voyez-vous, on peut déjà constater dans la vie quotidienne la présence d’une chose qui entraîne une mauvaise évaporation d’eau. Ceci est bien perceptible lorsque nous avons soif. Mais cette soif, nous la guérissons en buvant. En buvant, nous libérons toujours notre eau de ce que nous évaporons à tort en nous, et rejetons de ce fait ce qui est mauvais.
Et l’on peut dire la chose suivante : il y a dans la faim une prédisposition aux maladies physiques et dans la soif une prédisposition aux maladies dites mentales. Nous pourrions en déduire cela : un homme qui ne se nourrit pas convenablement se bâtit un terrain favorable aux maladies physiques. Un homme qui n’assouvit pas convenablement sa soif, et cela est beaucoup plus difficile à remarquer suivant les circonstances, notamment lorsqu’il traverse l’enfance, période où l’on ne fait pas bien la différence entre assouvissement de la faim et assouvissement de la soif parce que le lait, c’est-à-dire quelque chose de liquide, d’aqueux, remplit les deux fonctions – si donc le lait maternel ou le lait de nourrice apportent quelque chose de nuisible, il peut se produire comme conséquence tardive que l’Homme-Eau n’évapore pas correctement, ceci pouvant se manifester sous forme de maladie mentale. Ou bien, par exemple, si nous faisons à l’homme de mauvaises injections, une mauvaise injection contenant telle ou telle lymphe de vache, ou même la lymphe d’un homme malade, aura pour effet non pas certes de contaminer directement par exemple notre eau, mais de contaminer les organes qui transforment l’eau – l’estomac transforme l’eau différemment des aliments solides -, et ces organes peuvent tomber malades. Il se peut qu’à la suite d’une mauvaise injection, du fait que l’homme s’évapore plus comme il le faut, apparaissent plus tard des dispositions à une maladie mentale.

Vous aurez remarqué, Messieurs, qu’un grand nombre d’hommes sont gagnés aujourd’hui par la dénommé dementia praecox. Dementia praecox, c’est cette démence précoce – qui déborde cependant aussi de beaucoup l’âge de la jeunesse – qui fait que les hommes commencent déjà à s’abêtir lorsqu’ils sont jeunes. Eh bien, cela est dû en grande partie à une mauvaise alimentation datant des toutes premières années de l’enfance et au fait que les hommes ont généralement cessé aujourd’hui de se soucier de l’alimentation. Car, procéder à des examens chimiques du lait d’enfant ne suffit pas, il faut progresser autrement. C’est pour cette raison que ces choses prennent aujourd’hui un tournant si véhément.

Mais ceci vous montre aussi qu’il ne sert à rien de se limiter à former des médecins qui savent que tel remède concerne telle maladie et tel autre remède concerne telle autre maladie, en revanche, nous devons assainir la vie toute entière. Cela peut seulement être si l’on se rend compte que tout tient ensemble. C’est ce que l’on aimerait faire avec l’Anthroposophie. C’est la raison pour laquelle l’Anthroposophie est quelque chose qui tend vraiment à agir aussi sur le plan de l’hygiène, à bien faire saisir ce qu’est la santé.

J’ai ainsi répondu aux points essentiels des questions qui m’ont été posées par ces deux messieurs.


Dernière édition par obsidienne le Mar 16 Jan - 13:42, édité 1 fois
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Re: La contagion des maladies

Message par obsidienne le Jeu 11 Jan - 20:15

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