Les deux Eglises chrétiennes et le courant Grec de IOAN

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Les deux Eglises chrétiennes et le courant Grec de IOAN

Message par obsidienne le Sam 9 Déc - 15:51

Extrait du livre de Paul Le Cour : L’évangile Esotérique de Saint Jean.


Les deux Eglises chrétiennes et le courant Grec de IOAN

Depuis le début du christianisme, il existe en fait deux Eglises chrétiennes ; celle de Pierre et celle de Jean. Elles sont d’ailleurs représentées, à Rome, par deux basiliques ; celle de Saint –Pierre et celle de Saint-Jean de Latran. La première, réservée aux manifestations mondaines et spectaculaires ; la seconde, consacrée aux deux Saint-Jean est la véritable cathédrale de la chrétienté. C’est là qu’ont eu lieu plusieurs Conciles et que Charlemagne fut proclamé empereur.

Comme nous l’avons dit, l’Eglise de Pierre est l’Eglise exotérique, elle s’adresse à la foule. L’Eglise de Jean est l’Eglise ésotérique, dont les enseignements sont réservés aux chefs, aux conducteurs, aux béliers qui marchent en tête du troupeau.

Nous en avons une curieuse indication en assistant à la messe et en voyant le prêtre, après avoir congédié les fidèles par l’ite missa est, aller lire, pour lui seul, le Prologue de l’Evangile de IOAN. Il fait ici un acte laissant entendre qu’il sait ce que la foule ignore et se nourrit d’une autre nourriture. (On sait que depuis le concile de Vatican II, cette lecture du Prologue a été supprimée. (J.A.)).

Par ailleurs, l’Eglise de Pierre c’est le judéo-christianisme ; celle de Jean, l’helléno-christianisme.

Le judéo-christianisme partit de cette idée que le Christ n’était pas venu abolir l’Ancien Testament. Les judaïsants n’ont pas su s’affranchir de la notion israélite de la foi extérieure et conservent l’idée d’un jugement dernier, suivi du règne de Dieu, sur la terre, pendant 1 000 ans.

A cette conception, s’opposa le christianisme hellénique d’Etienne qui revendiqua la spiritualisme universaliste du Christ, contre le joug de la loi mosaïque et contre la Synagogue ; i fut d’ailleurs lapidé.

En dehors de ces deux courants représentant, l’un la Loi, l’autre la Foi, se place le courant grec de IOAN, alliance du mysticisme qui déclare que Dieu est Amour et de la philosophie spéculative, avec Platon, Plotin, Clément d’Alexandrie, etc. considérant que Dieu est Esprit.

L’Eglise de Pierre représente le principe autoritaire, la Loi, la lettre ; elle s’appuya sur la force de la Rome des césars.

L’Eglise de IOAN fut plus libre, plus spéculative ; son langage rappelle celui des philosophes d’Alexandrie.

Ainsi que le dit Coquerel, « Rome adopta le christianisme judaïque, la hiérarchie sacerdotale d’Israël, son culte extérieur, sa notion du sacrifice. Ainsi se forma le catholicisme qui s’attribua le titre d’apostolique, en y ajoutant la désignation de romain ».

Saint Paul combattit la religion extérieure, il est l’apôtre des réformateurs et des protestants. C’est dans Saint-Paul que Luther trouva la pensée sur laquelle il s’appuya : le juste doit vivre par la foi et non par les pratiques extérieures.

Tandis que les Pères grecs ont aimé et pensé, les Pères de l’Eglise latine ont cultivé l’esprit pratique et despotique. La foi en Jésus-Christ fut un moyen de gouvernement et, au début du IVe siècle, le christianisme romain devint une puissance, ayant été proclamé la religion de l’Etat par Constantin. Les membres du clergé jouirent, alors, de nombreux privilèges. Les mœurs s’adoucirent, les combats de gladiateurs et les jeux du cirque furent condamnés ; mais, en 382, l’Eglise décréta la peine de mort contre les hérétiques. Cette décision fut blâmée par saint Martin, évêque de Tours, par saint Ambroise, saint augustin et saint Jean Chrysostome, mais approuvée par saint Jérôme et le pape Léon le Grand.

A partir du VIIIe siècle, l’Eglise de Rome rendit à faire de l’Europe un vaste empire théocratique, sous sa domination. Elle prétendit nommer et déposer les rois et les empereurs (Clovis fut sacré à Reims, Charlemagne à Rome ; Henri IV, empereur d’Allemagne, dut venir faire amende honorable au pape, à Canossa). Elle poursuivit alors, avec rigueur, les délits d’opinion, qualifiés d’hérésie, tant par l’excommunication que par l’emprisonnement, la saisie des biens et la mise à mort.

Au XIIIe siècle, le Decretum de Gratien déclara que le monde entier était soumis à l’Eglise de Rome, qui avait le droit de mettre à mort les hérétiques. Plus tard, au Mexique, on discutera la question de savoir s’il est licite de tuer les Indiens qui refusent le baptême.
Le pape Grégoire IX décréta la peine de mort par le feu contre les hérétiques. C’est aux Dominicains qu’il confia le soin de les rechercher et de la punir. En Italie, ce fut au Dominicain Pierre de Vérone, en Allemagne, au Dominicain Conrad de Marlbourg, qui furent d’ailleurs l’un et l’autre assassinés par les hérétiques. En France, la croisade contre les Albigeois fut en partie prêchée par les Dominicains, mais saint Dominique lui-même refusa d’ s’y associer.

En 1233, soixante personnes furent brûlées à Vérone. En Allemagne on fit périr un nombre considérable d’hérétiques. En 1239, en France, on appliqua la peine du feu à 183 bougres (Bulgares), à Mont-Aimé, dans la Marne.

Les Inquisiteurs, arrivant dans une ville, recevaient les dénonciations et interrogeaient les accusés. Il suffisait de deux dénonciateurs pour ouvrir une instruction. Les accusés n’avaient pas le droit d’avoir un avocat. Les témoins à décharge n’osaient pas intervenir, par crainte de se compromettre. L’accusé était seul, on ne lui disait pas par qui il était accusé, il ne pouvait que désigner les ennemis qu’il avait ; si ceux qui l’accusaient n’étaient pas indiqués par lui, qu’il s’avouât ou non coupable, il était déclaré hérétique. S’il se repentait, il était puni d’amende, du port d’une croix jaune sur ses vêtements ou de prison. S’il s’obstinait, l’Inquisiteur le livrait au bras séculier, qui lui appliquait la mort par le feu. S’il abjurait, il était condamné à la prison perpétuelle.

Le Pape faisait obligation aux princes d’observer la loi condamnant les hérétiques à la peine du feu, Innocent IV ? Cl2ment IV, Nicolas IV, ratifièrent ces décisions. Ils excommuniaient les princes qui refusaient d’exécuter la sentence de mort. Boniface VIII confirma cette décision. On voit que la responsabilité des papes est nettement établie.

De plus, Innocent IV introduisit la torture dans la procédure, afin d’obtenir rapidement des aveux, en assimilant les hérétiques à des voleurs et à des assassins.
Le même Pape décida que les enfants seraient héritiers des biens de leurs parents, condamnés comme hérétiques, s’ils les dénonçaient.

La bulle d’Innocent IV fut ratifiée par Alexandre IV, Clément IV, Urbain IV et clément V.
On décida que la torture pouvait être infligée à diverses reprises et même à plusieurs jours de distance.

Ces pénalités reçurent l’approbation des théologiens ; saint Thomas légitima l’application de la peine de mort aux hérétiques et aux relaps. L’Eglise, dit-il, après un premier et un second avertissement, s’ils s’obstinent dans leur erreur, les rejette de son sein, par l’excommunication, puis elle abandonne les rebelles à la justice séculière, afin qu’ils soient exterminés du monde, par la mort.

En Espagne, au temps de Torquemada, il y eut des milliers de personnes brûlées vives.
Ces divers renseignements ont été puisé dans l’ouvrage de l’abbé Vacandard – L’Inquisition (1907) – mais il ne s’occupe que de l’Inquisition du Moyen Age ; or, il y eut l’inquisition du XVe siècle, contre les sorcières, qui fit brûler d’innombrables femmes accusées de rapports avec le diable.

L’inquisition, ne fut abolie en Espagne, qu’en 1834.

On lit dans les Ephémérides de la Papauté : « Etienne VII a fait déterrer, mutiler et jeter au Tibre, le cadavre de son prédécesseur, le Pape Formose.

« Sergius III éleva publiquement, dans son palais, le fils de sa maîtresse.
« Jean X fut installé, sur le siège pontifical, par sa maîtresse Théodora. Jean XII, pape adultère, fut tué dans le lit de son amante, par un mari jaloux.
« Jean XIII fut chassé, par les Romains, pour ses atroces exécutions capitales. « Alexandre VI était le père de César et Lucrèce Borgia, célèbre par leurs infamies.
« Clément V, qui contribua à la fin de l’Ordre du Temple, avait une coûteuse maîtresse, la belle Brunissens.
« Un autre pape d’Avignon, Jean XXII, moyennant finances, accordait toutes les absolutions et dispenses possibles. Il fit écorcher vif et brûler Giraud, évêque de cahors, qui avait payé mille florins d’or son évêché, à Clément V. Il fit torturer l’Evêque de Carcassonne, qu’il accusa d’avoir jeté un sort sur lui. Son règne vit brûler plus de dix mille hérétiques. Après sa mort, on trouva, dans ses coffres, une fortune immense et une quantité de pierres précieuses.

« Le pouvoir de mettre à mort, sans injustice, un homme, fut-il innocent, pour obéir à Dieu, enseigné par saint Thomas (Somme 1er et 2e partie quaest 94 art. V), a été approuvé par le Pape et par saint Alphonse de Liguori. »
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Re: Les deux Eglises chrétiennes et le courant Grec de IOAN

Message par obsidienne le Sam 9 Déc - 15:58

Vers la fin du XIe siècle, Rome était devenue une vaste bureaucratie, s’occupant de bénéfices, trafiquant des charges lucratives, distribuant des dispenses, des absolutions, des indulgences, moyennant finances. On vendit même le titre de cardinal.

Pendant le XIIe et le XIVe siècle, les Papes marchèrent à pas de géants vers la domination universelle.

Au XIV siècle, on vit deux papes rivaux.

« Cette église eut des jours tragiques, a écrit Emile Gebhart. Si, au moyen âge, on trouve les constructeurs de cathédrales, les Templiers et les Cathares, rattachés à l’Eglise de Jean, si l’on trouve de grands mystiques, comme François d’Assise, des esprits supérieurs comme Joachim de Flore, Abélard, l’Eglise de Pierre s’écarte gravement de la discipline et de la doctrine du christianisme originel, en persécutant les Cathares, les Vaudois, en instituant l’inquisition espagnole.

La religion étroite, la recherche des biens de la terre, la soif de domination, remplacent, chez les papes et les évêques, les vertus que le Christ avait exaltés. L’histoire des Papes du IXe au XIIIe siècle, est un scandale ; Jean XII, pape à 17 ans, mit des courtisans au Latran. Boniface VII s’enfuit avec le trésor de l’Eglise ; revenu, il fit mourir Jean XIV dans le puits du château Saint-Ange. Benoît IX, pape à 12 ans, mène une vie horrible ; il est chassé de Rome, occupé par deux antipapes et fit empoisonner le pape Clément II. Pendant deux siècles, on vit aller et venir des cortèges de papes exilés. Cette papauté devin l’horreur de la chrétienté.

On a reproché à l’Eglise de Rome les erreurs et les crimes qu’elle a commis : condamnation de Galilée, mise à mort de Giordano Bruno, de Jean Hus, de Jacques Molay, de Jeanne d’Arc, des Templiers, des Cathares, des Protestants, des Juifs, croisade contre les Albigeois, la Saint-Barthélémy, révocation de l’Edit de Nantes, etc. Au siège de Béziers, ville où se trouvait un certain nombre de catholiques, le légat du Pape se serait écrié : « Tuez-les tous ; dieu saura bien reconnaître les siens ». Et, avant le massacre de la Saint-Barthélemy le Pape Pie V devenu saint Pie V, écrivait au roi Charles IV : « Tuez-les tous, comme fit, jadis, Samuel, pour les Amalécites, sur l’ordre de Jéhovah. »

Giordano Bruno, qui avait osé envisager la pluralité des mondes habités, ce qui était contraire à la Bible, fut arrêté à Venise. Il resta six ans en prison, sans livres, sans papier, sans visites. Envoyé à Rome, sur la demande de l’Inquisition, il fut encore emprisonné pendant deux ans, puis jugé, excommunié et livré aux autorités séculières, pour être puni avec autant de miséricorde que  possible et sans verser de sang, formule abominable, dans laquelle l’Inquisition avait l’habitude de dissimuler la condamnation au bûcher. Il fut brûlé le 16 février 1600.

Considérant comme hérétique les disciples de Jean, l’Eglise de Rome les poursuivit par l’excommunication, l’emprisonnement, la saisie de leurs biens et leur mise à mort sur le bûcher. Tel fut le sort des Ariens, des Nestoriens, des Templiers, des Cathares, des Albigeois. Bien entendu, d’autres raisons n’ayant rien à voir avec le problème religieux se sont mêlées à ces persécutions.

L’Eglise de Jean est celle de l’Esprit, qui est Connaissance et Amour. Les idées de violence n’existent pas chez elle et un saint François d’Assise (probablement johannite), la représente mieux qu’un saint Thomas, un saint Dominique ou un Torquemada.

Nous avons vu que les Théologiens, pour se justifier, se sont basés sur le passage de Ioan XV, 6, où il est dit : « Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment et il sèche ; puis on le ramasse, on le jette au feu, et il brûle ». En fait cette parabole s’applique seulement à la vie spirituelle dans l’au-delà.

Mais ils s’appuyèrent surtout sur le Deuteronome, XIII, 6 à II, XVII, 2 à 9, où Jéhovah recommande de tuer ceux qui veulent se détourner de la religion de Moïse ou qui adorent des dieux étrangers.

En fait, c’est l’esprit judaïque de violence qui a guidé l’Eglise de Pierre. « Je dois vous confesser, écrivait Bergson à la princesse de Polignac, que l’intolérance religieuse, le fanatisme religieux, l’exclusivisme religieux, sont venus de notre Bible. Oui la Bible hébraïque… ces terribles passions n’existaient pas chez les Grecs et chez les Romains.
Le pape Pie XI, rattachant étroitement l’Eglise de Pierre au judaïsme, a écrit : « Nous sommes spirituellement des Sémites » ; ce que le clergé répète désormais à satiété, alors que le Christ n’a jamais prononcé le nom de Jéhovah et qu’il se séparait nettement de la Loi juive. Jésus d’ailleurs n’était pas de race juive, comme nous l’avons vu.

Après s’être appelés « vicaires de Saint-Pierre », les Papes se firent appeler « vicaires du Christ » et s’attribuèrent l’infaillibilité en matière de jugement ; en même temps, on leur décerna le titre de « saint ».

Par ailleurs, on lit, dans une des dernières publications du Hiéron de Paray-le-Monial (qui fut un centre d’ésotérisme chrétien où l’on utilisait le vocable rosicrucien d’Aor-Agni), un étrange récit, dû la plume du directeur, M. de Sarachaga. Celui-ci, voulant critiquer les fautes de l’Eglise romaine, sans s’attirer les foudres du clergé, imagine réunis en Méditerranée sur un navire, Circé, Jason, castor et Pollux, ainsi que la dernière ondine d’Hella (la sainte, nom attribué à l’Atlantide par le Hiéron), et celle-ci dit à Circé (représentant l’Eglise, kirche en allemand) : « Toi, ma fille, tu as à te faire pardonner toutes tes erreurs passées. » Cela sous-entendait un blâme de la part de l’Atlantide, source primitive des traditions religieuses, à l’Eglise romaine, son héritière.

Comme saint Bernard, saint Bonaventure appelait Rome la grande prostituée de l’Apocalypse, en raison de la simonie, de l’avidité, de l’ambition des Papes, a dit le grand théologien Gerson. Pétrarque, lui aussi, stigmatise violemment la papauté de son temps. Jean Olive écrivit : « Cette Eglise n’est que la Babylone impure, la grande prostituée, que la simonie, l’orgueil et tous les vices précipitent dans l’enfer. »

Sous l’influence des Pères latins et de son installation à Rome, l’Eglise de Pierre adopta le latin pour sa liturgie et il est devenu sa langue officielle, alors que cette langue morte n’est plus comprise par les chrétiens d’aujourd’hui. On peut se demander pourquoi, d’ailleurs, puisqu’elle se considère comme continuant le judaïsme, elle n’a pas adopté l’hébreu (à part continuant le judaïsme, elle n’a pas adopté l’hébreu (à part le mot « amen »). Il est vrai que l’on fait des cours d’hébreu dans certains milieux catholique (chez les jésuites).

Or, le grec est si bien la langue du christianisme, que les mots grecs y abondent et que le Christ déclare : « Je suis l’Alpha et l’Oméga », première et dernière lettre de l’alphabet grec.

En adoptant le latin, l’Eglise de Rome s’est séparée de ses sources grecques ; elle a supprimé, du même coup, toutes les lumières de l’ésotérisme, pour devenir formaliste et dogmatique. La divine Sophia, cet aspect féminin du Christ, qui est la sagesse, ne l’éclaire plus. Sophia, ce fut antérieurement Athéna-Minerve, la Sagesse, surnommée Ergane, Où l’on retrouve le nom sacré et secret du Christ Aor-Agni. Tout cela ne se peut comprendre en dehors de la langue grecque.

La barque de Pierre, ayant coupé les liens qui la rattachaient à la Grèce et, par celle-ci, au druidisme et à la tradition primitive occidentale, s’est reliée à la Bible mosaïque ; et, de même que ce mot désigne un assemblage de morceaux disparates, elle s’est divisée en une mosaïque de religions qui la renient et ne reconnaissent pas son autorité.

Au IIIe siècle, l’Eglise cathare se sépare de Rome ; au Ve siècle, ce fut l’Eglise nestorienne ; au XIe siècle les églises orthodoxes grecque, russe, roumaine et au XVIe siècle, l’Eglise protestante, avec ses nombreuses sectes, qui domine en Angleterre, en Allemagne et  en Amérique.


Ainsi, l’Eglise chrétienne s’est trouvée partagée ; et sa fin approche ; car toute maison divisée contre elle-même, est appelée à périr, a dit le christ (Matth. XII, 25).

Pendant dix-neuf siècles, l’Eglise de Pierre, s’appuyant sur la genèse de Moïse, a enseigné et imposé de force, quand elle disposa de la puissance temporelle, la croyance à la primauté de la terre dans l’univers et sa position géocentrique, le soleil et les étoiles ayant été créés pour l’éclairer. Elle a combattu l’évolutionnisme et la pluralité des mondes habitués, elle a enseigné qu’il n’y avait qu’une seule vie, suivie d’une éternité de bonheur dans le Ciel ou de souffrances en Enfer ; qu’il n’y avait, chez l’humain, que deux principes, l’âme et le corps, que les animaux ne possédant point d’âme, n’étaient que de simples machines. Elle enseigne que le christ est le Dieu suprême. En conflit avec la science, elle a dû, depuis quelques années, abandonner une partie de ses enseignements, pour tenter de s’accorder avec les découvertes scientifiques ; mais on est en droit de douter de son infaillibilité, puisqu’elle s’est trompée, et de sa morale, puisqu’elle a fait mettre à mort ceux qu’elle appelait des hérétiques. Elle s’est ainsi discréditée aux yeux des esprits critiques et a perdu de nombreux adeptes. « On vit dans l’indifférence à l’égard de la religion, on conserve quelques pratiques ; baptêmes, communion, mariage, enterrement, mais ce sont de simples traditions. Un vicaire de Paris estime que, dans sa paroisse de vingt mille habitants, trois mille seulement vont régulièrement à la messe. Dans une localité ouvrière de cinq mille habitants, vingt seulement y assistent.

L’Eglise de Jean, qui fut toujours persécutée par celle de Pierre, n’a aucun crime semblable à se reprocher, à l’exception de quelques assassinats du fait de certains hérétiques, sans doute excédés par les outrances de l’Inquisition. Elle s’est nettement séparée de doctrines mosaïques, sans doute excédés par les outrances de l’Inquisition. Elle s’est nettement séparée des doctrines mosaïques ; ceux qui en ont fait partie furent les véritables serviteurs de Dieu et les véritables disciples du Christ. Leur Evangile de Ioan est, sans conteste, l’Evangile de la Connaissance et de l’Amour.

Est-ce à dire que nous devons encourager ceux qui veulent la disparition de l’Eglise romaine ? Assurément non ; elle seule contribue, dans les temps présents, à maintenir la discipline morale et le respect des grands principes chrétiens. Elle procure à beaucoup, de profondes joies mystiques ; elle a engendré de grands artistes et de grands saints et son action s’exerce même sur ceux qui la combattent. C’est la mère qui nous a élevés, ce sont ses enseignements qui nous ont permis de découvrir la religion universelle ; l’Evangile de Ioan fait partie de ses livres sacrés. Nous devons donc la respecter et laisser agir les forces qui dirigent l’évolution du monde.

L’Eglise de Jean reste le seul asile dans lequel puissent se réfugier ceux qui attendent et espèrent la venue d’une religion, véritablement traditionnelle, capable de satisfaire à la fois leur intelligence et leur sensibilité ; ce sera celle de l’Ere nouvelle du Verseau.

Nota. – Je rappelle toutefois que le Christ a dit à Pierre : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise » (Matth. XVI, 18), alors qu’il lui dit, ailleurs : « Retire-toi de moi, Satan, tu ne connais rien aux œuvres de Dieu ». Tout cela est si contradictoire qu’il est difficile de conclure. Il y a eu de telles interpolations tendant à donner, à l’Eglise de Pierre, la prédominance, qu’il faut se méfier. Cependant, le jeu de mots subsiste et il ne trouve une explication que par une interprétation d’ordre hermétique. En effet, si nous traduisons le mot Képhas, nom hébreu de Pierre, nous pouvons y découvrir l’assemblage de deux mots grecs « alké phos », « la force de la lumière ». Il s’agirait donc de la pierre philosophale qui est en rapport avec la lumière qu’est le Christ. Explication sans doute hasardeuse, mais à laquelle il faut néanmoins penser. Il n’en subsiste pas moins qu’il est étrange que l’Eglise principale du christianisme soit celle de celui qui a renié trois fois le Christ et se soit rattachée à ce judaïsme que le Christ est venu remplacer, et non celle du disciple bien-aimé.

Remarquons que la basilique Saint-Pierre de Rome est orienté en sens inverse de l’orientation traditionnelle, son chevet est à l’ouest et non vers le soleil levant. Elle tourne ainsi le dos à la lumière.
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