Un discours de Bouddha qui n'a pas été publié

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Un discours de Bouddha qui n'a pas été publié

Message par obsidienne le Sam 21 Oct - 11:25

Extrait du livre :  La doctrine secrète. Synthèse de la science de la religion et de la philosophie par H.P. BLAVATSKY. Sixième volume. Miscellanées.

Section XLV

UN DISCOURS DE BOUDDHA QUI N’A PAS ETE PUBLIE


(Il se   trouve dans le second livre de Commentaires et il est adressé aux Arhats)

Le Tout miséricordieux dit : Vous êtes bénis, O Bhikshous, vous êtes heureux, vous qui avez compris le mystère de l’être et du Non Etre expliqué dans Bas-pa (Dharma, Doctrine) et avez donné la préférence à ce dernier, car vous êtes en vérité mes Arhats… L’éléphant qui voit sa forme reflétée dans le lac et qui se retire après l’avoir regardée, en la prenant pour le corps réel d’un autre éléphant, est plus sage que l’homme qui voit sa figure dans un cours d’eau et s’écrit en la regardant : « Me voici… Je suis moi », car le « soi », son Soi, ne se trouve pas dans le Monde des Nidânas et des changements, mais dans celui du Non-être, le seul monde qui soit au-dessus des embûches de Mâyâ… Il n’y a que ce qui n’a ni cause ni  auteur, ce qui est soi-existant, éternel, bien au-delà de la portée des changements, qui soit le véritable « Soi » (Ego), le Soi de l’Univers.

L’univers de Nam-kah dit : « Je suis le monde de Sien-Chan*1 », les quatre illusions rient et répliquent : - « Vraiment ». Mais l’homme sage sait que l’homme et l’Univers qu’il traverse comme une ombre passagère, ne sont pas plus un réel Univers, que la goutte de rosée qui reflète une étincelle du Soleil levant n’est ce Soleil… Il y a trois choses, Bhikshous, qui sont éternellement les mêmes, sur lesquelles aucune vicissitude et aucune modification ne peuvent jamais avoir prise : en sont : la Loi, Nirvâna et l’Espace*2, et ces trois choses n’en font qu’Un puisque les deux premières sont renfermées dans la dernière et que cette dernière est une Mâyâ, tant que l’homme reste dans le tourbillon des existences sensuelles.

On n’a pas besoin de la mort de son corps périssable pour échapper aux griffes de la concupiscence et des autres passions. L’Araht qui observe les sept préceptes occultes de Bas-pa, peut devenir Dang-ma et Lha*3. Il peut entendre la « Voix Sainte » de … (Kwan-yin)*4 et se trouver dans la tranquille enceinte de son Sangharama*5 transféré dans Amtâbha Bouddha*7. Ne faisant plus qu’un avec Anouttara Samyah Sambodhi, il peut traverser tous les six mondes de l’être (Roûpaloka) et entrer dans les trois premiers mondes Aroûpa*8… Celui qui se conforme à ma loi secrète, prêchée à mes Arhats choisis, arrivera avec son aide à la connaissance du Soi et, de là, à la perfection.

Ce sont les idées absolument erronées que l’on se fait de la pensée Orientale et l’ignorance où l’on est de l’existence d’une clef ésotérique des phrases extérieures qu’emploient les Bouddhistes, qui sont cause que Burnouf et d’autres grands savants ont conclu des propositions suivantes – auxquelles adhèrent aussi les Védantins – « mon corps n’est pas un corps » et « moi-même je ne suis pas moi », que la psychologie orientale était entièrement basée sur la non-permanence. Cousin, par exemple, lorsqu’il faisait une conférence  sur ce sujet, cita les deux propositions suivantes pour établir, en s’appuyant sur l’autorité de Burnouf, que le Bouddhisme, différent en cela du Brahmanisme, repoussait la perpétuité du principe pensant. Voici ces propositions :

1 – La pensée ou Esprit*9 – car la faculté ne se distingue pas du sujet – n’apparaît qu’avec la sensation et ne lui survit pas.
2 -  L’Esprit lui-même ne peut prendre possession de soi-même et en dirigeant son attention sur lui-même, il ne tire de soi que la conviction de son impuissance à se voir lui-même autrement que successif et transitoire.

Tout ceci se rapporte à l’Esprit incarné et non pas au Soi spirituel libéré, sur lequel Mâyâ n’a plus de prise. L’Esprit n’est pas un corps ; par suite, les Orientalistes en ont fait « personne » et rien. Ils déclarent ensuite que les bouddhistes sont des nihilistes et que les Védantins sont les disciples d’une croyance dans laquelle « l’Impersonnel (Dieu) devient un mythe lorsqu’on l’examine » ; il décrit leur but comme :

L’extinction complète de tous les pouvoirs spirituels, mentaux et corporels, par leur absorption dans l’Impersonnel*10.


Notes :

*1. L’univers de brahmâ (Sien-chan ; nam-kah, c’est l’illusion Universelle ou notre monde phénoménal.
*2. Akâsha. Il est presque impossible de traduire le mot mystique « Tho-og » par un autre terme que celui de « Espace » et cependant, à moins de forger un mot tout exprès, aucune nouvelle appellation ne le traduirait mieux pour le mental de l’Occultiste. Le mot « Aditi » est aussi traduit par « Espace » et il renferme un monde de Significations.
*3. Dang-ma, une âme purifiée et Lha, un esprit libéré dans un corps vivant : un Adepte ou Arhat. Au Thibet, un Lha est, suivant l’opinion populaire, un esprit désincarné quelque chose comme le Nat de Birmanie – mais supérieur.
*4. Kxan-yin est un synonyme, car un autre mot est employé dans l’original, mais le sens est identique. C’est la voix divine du Soi, ou la « Voix de l’Esprit » dans l’homme, la même que la Vachîsvara (« la Voix divinité ») des brahmanes. En Chine, les Bouddhistes ritualistes en ont dégradé le sens en l’anthropomorphisant en une déesse du même nom ayant mille mains et mille yeux et qu’ils appellent Kwan-shai-yin-Bodhisat. C’est la voix – « daimon » de socrate, des Bouddhistes.
*5. Sangharama, c’est le sanctum sanctorum d’un ascète, une caverne, ou l’endoir qu’il choisit pour ses méditations.
*6. Amitâbha Bouddha est dans ce cas là « lumière induite » par laquelle sont perçues les choses du monde subjectif.
* 7. Esotériquement, « le cœur incomparablement miséricordieux et éclairé » ou qui se dit des « Etres Parfaits », les Jivan-mouktas, collectivement.
* 8. Ces six mondes – pour  nous sept – sont les mondes des Nats ou Esprits, pour les bouddhistes de Birmanie et les sept mondes supérieurs des Védantins.
*9. Deux choses complètement distinctes l’une de l’autre. La « faculté ne se distingue pas du sujet » mais sur ce plan matériel seulement : alors que la pensée générée par notre cerveau physique, si elle ne s’est jamais imprimée en même temps sur la contre-partie spirituelle, soit à cause de l’atrophie de cette dernière, soit à cause de la faiblesse intrinsèque de cette pensée, ne peut jamais survivre au corps ; ceci est sûr.
*10. Impersonnel = Védanta Sara, traduit de l’anglais par le Major Jacob p 128.
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