Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

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Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Mar 17 Oct - 9:00

Rappel du premier message :

Extrait du livre de Rudolf Steiner : Manifestations du karma.

Troisième conférence. Hambourg, 18 mai 1910.

Maladie et santé dans leur rapport avec le karma


Des considérations comme celles que nous aurons à aborder aujourd’hui et ces prochains jours sont propres à éveiller très facilement certains malentendus. Nous envisagerons du point de vue du karma diverses questions ayant trait à la maladie et à la santé ; et étant donné les contradictions inhérentes à nos courants de culture actuels, particulièrement dans ce domaine, l’abord de ce chapitre des rapports de la maladie et de la santé avec le karma pourrait aisément susciter une compréhension erronée des fondements de la science de l’esprit. Vous n’ignorez pas que dans tous les milieux, dès que ces questions touchant la santé et la maladie apparaissent, la discussion prend une tournure assez violente et passionnelle.

Comme vous le savez tous, aussi bien de la part des profanes que de celle de certains médecins, on prend le parti d’attaquer ce qu’on appelle la médecine officielle. De l’autre côté, on peut remarquer facilement que les partisans de la médecine officielle, souvent provoqués d’ailleurs par d’injustes attaques, non seulement s’abandonnent à une sorte de passion dès qu’il s’agit de défendre les opinions de la science, ce qui est leur droit le plus strict, mais mènent également une campagne acharnée contre tout ce qui, sur ces questions, est propagé à partir de points de vue autres que les leurs.

La science de l’esprit ne sera digne de la grande tâche qui lui incombe que si elle sait garder en ce domaine, tellement obscurci par les discussions, un jugement impartial et objectif. Ceux qui ont assisté à d’autres de mes conférences sur ce sujet savent combien peu il m’importe de me mêler au chœur de ceux qui veulent discréditer ce qu’on appelle la « médecine universitaire ». Du reste, il ne saurait nullement être question que la science de l’esprit embrasse tel ou tel parti.

Qu’il me soit permis à cette occasion, et en guise d’introduction, d’insister sur le fait que les apports de la science durant ces dernières années et décennies, en ce qui concerne les résultats et recherches effectifs sur les phénomènes touchant précisément à la maladie et à la santé des hommes, demandent à juste titre d’être célébrés, reconnus et admirés tout comme nombre d’autres découvertes scientifiques. Par rapport à ce qui a été effectivement réalisé en ce domaine, on peut dire que si quelqu’un a le droit de se réjouir de ces découvertes médicales faites au cours de ces dernières années, c’est bien la science de l’esprit. Mais d’autre part, il convient de bien insister sur une chose qui vaut particulièrement pour toutes les sciences de la nature : les faits acquis, les connaissances et découvertes effectives ne trouvent aujourd’hui dans ce qui constitue les opinions scientifiques que des explications et des interprétations souvent bien peu exactes et bien peu satisfaisantes. En effet il est une chose des plus frappantes à notre époque, et ce dans de nombreuses branches de la recherche scientifique : c’est que les opinions, les théories, ne sont pas à la hauteur de ce qui souvent, résulte si merveilleusement des faits eux-mêmes. Et seul l’éclairage projeté par la science de l’esprit mettra en lumière ce qui dans ce domaine a été acquis au cours de ces dernières années.

A la suite de ces considérations, on comprendra que nous n’avons pas l’intention de nous mêler à une lutte trop facile contre tout ce que peut faire aujourd’hui la médecine officielle. Mais il nous sera permis de dire que les réalités admirables qui ont été mises en évidence ne porteront aucun fruit salutaire pour l’humanité parce que, de l’autre côté, toute fécondité est entravée par la coloration totalement matérialiste des convictions et des théories. C’est pourquoi il est infiniment préférable que la théosophie dite modestement ce qu’elle a à dire, plutôt que d’intervenir dans une quelconque controverse. De cette façon, les passions s’en trouveront bien moins agitées qu’elles ne le sont déjà à l’heure actuelle.

D’une façon générale, si nous désirons trouver un point de vue concernant les questions qui doivent nous occuper, il nous faut savoir que tout phénomène, quel qu’il soit, a des causes multiples qu’on doit rechercher : causes lointaines et causes immédiates. Lorsqu’il s’agira de retrouver les origines karmiques d’une maladie, la science de l’esprit ne pourra éviter de s’occuper des causes plus lointaines, bien distinctes de ce qui n’est que superficiel. Une comparaison nous fera comprendre ce fait. Une réflexion sur celle-ci vous amènera au point précis dont il s’agit.

Supposons, que quelqu’un en soit au point de penser : Jusqu’où n’avons-nous pas poussé cette science ? « -n’ayant que mépris pour les idées sur la maladie et la santé qui dominaient lors des siècles passés. Si dans tout cela vous cherchez à vous faire une vue d’ensemble, l’impression que vous en retirerez, c’est que de telles descriptions vont habituellement de pari avec un jugement tendant à dire que les découvertes des vingt à trente dernières années sont érigées en une sorte de vérité absolue. Celle-ci pourra être complétée, mais jamais contestée – contrairement à ce que pensent malheureusement ces personnes de la plupart des réflexions et des efforts des hommes d’autrefois sur ces sujets. On affirme couramment, par exemple, que ce domaine est par excellence celui où régnait jadis la plus grossière superstition. Et l’on vous donne des exemples terrifiants des moyens employés autrefois pour guérir telle ou telle affection. Ce qui semble le pire, c’est de tomber sur certaines expressions dont le sens premier s’est perdu depuis longtemps pour la conscience moderne et qui, s’étant maintenues, ne servent plus à rien dans le sens que les hommes leur donnent aujourd’hui. C’est ainsi que certains disent : il y eut un temps où toutes les maladies étaient attribuées à Dieu ou au diable ! La chose n’a rien de si terrible que veulent le croire ces personnes, car elles ignorent la complexité des idées que recouvraient ces concepts de Dieu ou de diable. Une comparaison l’éclairera.

Supposons deux personnes qui parlent ensemble. L’une raconte à l’autre : Je viens de voir une pièce qui était pleine de mouches ; quelqu’un m’a dit que c’était tout naturel et je le crois aussi, car la pièce est fort sale, ce qui fait que les mouches y trouvent ce qui leur convient. Il est tout naturel d’attribuer à ce fait, la présence des mouches, et je crois tout à fait raisonnable d’assurer qu’il n’y aura plus de mouches quand on nettoiera la pièce à fond ! – Cependant, un autre a aussi prétendu connaître une cause différente de la présence de toutes ces mouches : cela ne peut venir que du fait que depuis longtemps cette pièce est habitée par une maîtresse de maison particulièrement paresseuse. C’est vraiment là une superstition inouïe ! croire que la paresse serait comme une sorte personnalité qui n’aurait qu’à faire un signe pour que les mouches affluent ! L’autre explication qui attribue la présence des mouches à l’accumulation de la saleté est vraiment plus juste !

Il se passe à peu près la même chose dans un autre domaine quand on dit : Untel est tombé malade par suite d’une infection due à telle sorte de bacilles ; si on élimine les bacilles, la guérison intervient. Qu’ont donc certains à parler encore d’une cause spirituelle plus profonde ! Il suffit simplement de chasser les microbes ! – Il n’y a pas plus de superstition à invoquer une cause spirituelle des maladies tout en reconnaissant les autres causes, qu’il n’y en a dans le premier cas à croire que la paresse de la ménagère provoque la présence des mouches. Et il n’est nul besoin de s’emporter si quelqu’un dit que les mouches ne seront plus là une fois qu’on aura nettoyé. L’important n’est pas de se combattre, mais d’apprendre à se comprendre mutuellement et de se prêter à ce que veulent l’un et l’autre. Il ne faut jamais l’oublier quand il est question des causes immédiates ou au contraire des causes lointaines d’une maladie. Un chercher de science de l’esprit objectif ne risque pas d’être de l’avis qu’il suffit que la paresse fasse un signe pour que les mouches affluent ; il sait que d’autres agents matériels entrent également en ligne de compte, mais que tout ce qui s’exprime matériellement a ses arrière-plans spirituels, et que ceux-ci doivent être cherchés pour le bien de l’humanité. Mais rappelons à ceux qui souhaiteraient entrer en lutte sur ce terrain que les causes spirituelles ne peuvent pas toujours être comprise de la même manière ni combattues avec les mêmes armes que les causes matérielles ordinaires. Il ne faut pas s’imaginer non plus qu’en affrontant les causes spirituelles, nous sommes exemptés d’affronter les causes matérielles ; car s’il en était ainsi, on pourrait abandonner la pièce à la saleté et ne combattre que la paresse de la ménagère.

Pour étudier le karma, il nous faut parler des rapports qui existent entre des évènements tels qu’ils affectent une vie humaine à un moment du passé et qu’ils réagissent ultérieurement sur le même être. Parler de santé et de maladie du point de vue du karma, cela revient à se demander : comment pouvons-nous nous représenter que l’état de santé ou de maladie d’un homme trouve son explication dans les actions, œuvres et expériences antérieures de cet homme ? Et comment pouvons-nous nous représenter que son actuel état de santé ou de maladie puisse être en rapport avec des effets qui dans l’avenir s’appliqueront au même être ?

De nos jours, on préfère croire qu’une maladie n’a de lien qu’avec les causes les plus immédiates. Car notre conception actuelle du monde est, dans tous les domaines, dominée par le principe de la recherche du plus commode. Or, se contenter des causes immédiates est une chose commode. C’est pourquoi on ne tient compte, et les malades surtout, que ce ces causes-là ; car comment nier que ce genre de commodité doit tenter le malade ? De là vient toute l’insatisfaction de ceux qu’anime la croyance en des causes immédiates de la maladie, lesquelles doivent être découvertes par la science du médecin. Et au cas où celui-ci ne trouve pas de secours à donner, c’est qu’il s’est trompé en quelque point. De cette paresse de jugement résultent bien des affirmations actuelles, notamment sur le terrain médical. Celui qui sait tenir compte du karma dans les nombreuses ramifications de ses effets élargit toujours plus sa vision depuis ce qui se produit aujourd’hui jusqu’à des événements très reculés. Et avant tout, il acquiert cette conviction qu’une connaissance approfondie du déroulement des faits n’est possible que lorsque le regard peut s’étendre jusqu’à ce qui est situé loin en arrière. C’est ce qu’on observe en particulier dans le cas de personnes malades.
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Re: Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Ven 10 Nov - 1:47

Ces analogies mêmes entre les conceptions permettent d’indiquer la nature de la chose. C’est pourquoi, en raison des liens avec le monde qui nous entoure, la possibilité existe d’apporter à l’homme une aide de deux côtés : en lui apportant d’une part de l’amour transformé dans les processus de guérison psychiques ou, d’autre part, de la lumière modifiée de façons très diverses dans les phénomènes qui ont un rapport quelconque avec des processus de guérison extérieurs. Tout ce qui peut être fait est accompli ou bien avec des moyens psychiques intérieurs, ou bien à l’aide de moyens extérieurs, avec de la lumière condensée de quelque façon. Et si un jour la science va assez loin pour apprendre à croire au suprasensible et à la phrase : la matière est de la lumière condensée de quelque façon -, ce principe projettera une lumière spirituelle sur la recherche systématique de la manière dont on peut aider l’être humain par des moyens extérieurs. Et nous voyons ici que dans ce qui, durant de longs espaces de temps, a été puisé aux écoles occultes de l’ancienne Egypte et de la Grèce antique, et ajouté peu à peu au trésor de remèdes, n’est pas seulement une absurdité, que partout au contraire ces choses renferment un noyau sain. La théosophie n’est pas là pour prendre un certain parti, pour dire à peu près : c’est une orientation dans laquelle du poison est apporté à l’homme ! – Le mot « poison » agit aujourd’hui quasiment par suggestion, et les gens ne songent pas combien sa valeur est relative. Qu’est-ce donc qu’un poison, en réalité ?

Toute substance peut être un poison. Ce qui importe seulement, c’est la manière de guérir et la quantité qu’on absorbe en une fois. L’eau est un poison très fort quand on en boit dix litres en une fois. Cet effet, vu de l’intérieur, chimiquement, ne se distingue pas particulièrement d’une autre substance quelconque donnée à l’être humain. Ce qui importe toujours, c’est la quantité, car tous ces concepts sont relatifs.

Après tout ce avons examiné aujourd’hui, nous pouvons dire : nous pouvons être contents que même pour toutes les nuisances que l’homme peut introduire dans son corps, dans toute la nature autour de nous – sous la forme dont nous considérons maintenant le processus universel – un élément bénéfique doive se trouver par quelque voie, et que l’homme puisse triompher de son mal. Et c’est là aussi un beau sentiment que nous pouvons éprouver vis-à-vis du monde extérieur : nous pouvons non seulement nous réjouir à la vue de ce monde extérieur parce qu’il nous fait don de fleurs s’épanouissant ou qu’il fait rayonner à nos yeux les montagnes baignées de lumière – nous pouvons aussi nous réjouir de le voir parce que tout ce qui nous entoure a des liens à ce point étroits avec ce qui, en l’homme lui-même, peut être dit bon ou mauvais. Dans la nature, nous pouvons nous réjouir non seulement de ce qui tout d’abord nous parle ; car plus nous pénétrons dans ce qui s’est condensé jusqu’à devenir existence matérielle terrestre, et plus nous trouverons ceci : cette nature dont la vue nous réjouit recèle en même temps le puissant guérisseur de tous les maux que l’être humain peut se causer à lui-même, ce guérisseur est en elle, caché de quelque façon.

Il s’agit non seulement de comprendre le langage du guérisseur, mais aussi de lui obéir et de le réaliser vraiment. Et aujourd’hui, dans la plupart des cas, nous n’avons pas la possibilité de comprendre le langage de la nature, de la guérisseuse, parce que la méconnaissance de la lumière, parce que la ténèbre qui est venue aussi se mêler à la connaissance à sous bien des rapports provoqué des situations qui ne permettent pas de suivre le pur langage de la nature. Et c’est pourquoi il nous faut voir clairement : là où dans un cas aucune aide ne peut être apportée, où en raison des rapports karmiques une souffrance ne peut être adoucie, cela ne signifie pas qu’elle ne puisse jamais l’être.

Nous voyons donc ici à nouveau un étrange ensemble de rapports dans lequel nous apparaît à nouveau comme un être l’univers tout entier, l’homme compris. Dans la phrase : la matière est de la lumière tissée, le psychisme est de l’amour dilué de quelque façon – sont encloses les clefs d’innombrables secrets de l’existence terrestre. Mais qui ne valent que pour l’existence sur terre, et pour aucun autre domaine de l’univers.

Nous n’avons ici montré rien de moins, sinon que, lorsque nous modifions de quelque façon l’orientation du karma, nous nous unissons dans l’un ou l’autre cas avec ce que son justement les composantes de notre existence terrestre : d’une part la lumière devenue matière d’autre part l’amour devenu substance d’âme. Nous trouvons le remède ou bien dans notre environnement, dans la lumière densifiée, ou bien dans notre propre âme, dans l’acte d’amour, dans le sacrifice bénéfique, et nous guérissons alors avec la force d’âme acquise par l’amour. Nous nous unissons avec de qui , sur la terre, est au plus profond justifié lorsque d’une part nous nous unissons avec la lumière, et d’autre part avec l’amour.

Toutes les situations terrestres sont de quelque façon des états d’équilibre entre la lumière et l’amour0 Et une perturbation de cet équilibre entre la lumière et l’amour est quelque chose de malsain. Si c’est l’amour qui est troublé, nous pouvons aider en déployant la force de l’amour elle-même, et si c’est la lumière qui est perturbée, nous pouvons aider en nous procurant dans l’univers, de quelque façon, la lumière qui peut éliminer en nous les ténèbres.

Vous avez là les éléments fondamentaux de l’aide humaine. Ils nous montrent que, dans l’existence terrestre, tout repose sur des positions d’équilibre entre éléments s’opposant ou se faisant face. La lumière et l’amour sont en fait des éléments se faisant face. Mais c’est sur leur union fibre à fibre que repose finalement tout ce qui, dans notre vie terrestre, se passe dans le psychisme et dans le matériel. C’est pourquoi nous ne devons pas nous étonner si, dans tous les domaines de la vie humaine, d’époque en époque, la marche de l’évolution s’effectue de façon telle que la position d’équilibre , en quelque sorte, penche particulièrement d’un côté, et qu’ensuite on s’efforce de la rétablir en direction de l’autre côté, si donc notre évolution suit un cours semblable à celui de la vague. Et en fait, elle est comme une sorte d’ondoiement : elle descend et elle monte, et l’équilibre perturbé est toujours rétabli par un changement d’orientation correspondant, ce qui signifie une oscillation du pendule dépassant la position d’équilibre. Si vous discernez que dans la vie humaine il s’agit partout d’une rupture d’équilibre dans l’une ou dans l’autre direction, vous trouverez comment éclairer vous-même de quelque façon les processus les plus subtils de civilisation. Quand vous considérez une époque durant laquelle certains dommages ont affecté l’évolution humaine du fait que les humains n’ont en vue que l’intérieur, sans envisager l’extérieur aussi, comme par exemple au Moyen Age où, pendant la vigoureuse floraison de la mystique, on a négligé l’extérieur, ce qui a provoqué des malentendus non seulement en matière de connaissance, mais aussi dans l’action, vous voyez que lui succède de l’autre côté une époque dans laquelle on ne supporte absolument pas la mystique, et où en revanche on dirige le regard vers le monde extérieur pour que tout soit fait afin que le pendule aille de nouveau dans l’autre direction. Vous avez là la transition entre le Moyen Age et les temps modernes. Et vous pourrez trouver de mainte façon de semblables ruptures de la position d’équilibre.

J’aimerais à ce propos mentionner comment, en effet, dans des époques comme la nôtre, apparaît une propriété caractéristique de nombreuses personnes sous la forme suivante : elles oublient complètement et perdent tout à fait de vue ce que l’on pourrait appeler une conscience du monde suprasensible. C'est-à-dire qu’il y a à notre époque beaucoup de gens qui ignorent complètement qu’il existe un monde spirituel, et qui refusent toute pensée sur le monde spirituel. Durant une telle époque – et d’une manière générale durant de telles époques -, la contre-image de cette situation est aussi, en un certain sens, toujours présente. J’aimerais vous caractériser la chose en toute simplicité. Lorsque, sur le plan physique, des hommes se sont enlisés si loin dans le physique qu’ils oublient complètement le spirituel, ils ont d’autre part, pendant qu’ils vivent dans le monde spirituel entre la mort et une nouvelle naissance, le besoin opposé que provoque un karma agissant du plan physique en direction du plan spirituel : le besoin précisément de s’occuper de quelque façon de choses qui, du monde spirituel, interviennent dans le monde physique. C’est là-dessus en effet que reposent bien des influences intervenant dans le monde physique, et dues à des être humains vivant les moments qui précèdent la naissance.

Ces êtres agissent alors sur le monde physique, grâce aux moyens qui se présentent, par le détour d’hommes qui sont dans une grande mesure accessibles à ces influences venant du monde spirituel. – Lorsqu’on a pour tâche de faire la lumière sur ces domaines, on sera obligé de refuser ce que l’on raconte ici ou là de manifestations du monde spirituel concernant des êtres humains qui se trouvent entre la mort et une nouvelle naissance. Et l’on pourra facilement mettre à part les cas caractéristiques où les défunts – pour envoyer le pendule dans l’autre sens – sont très désireux de dire de quelque façon et concrètement aux hommes : Il existe pourtant un monde spirituel ! – Il y a de notre temps des hommes dont l’être est si fortement obscurci, dont l’esprit a été si bien imprégné par les ténèbres, qu’ils ne veulent rien savoir du monde spirituel ; en revanche, il y a des défunts qui ressentent un manque et se trouvent poussés à exercer une action sur le monde physique.

Ces choses se produisent surtout lorsque, sur le plan physique, aucun homme ne fait quoi que ce soit pour cela. Et les choses les plus caractéristiques, ce sont celles qui se proposent sans expériences artificiellement organisées, et qui se manifestent pour ainsi dire comme des communications du monde spirituel. C’est pourquoi, d’un côté, l’être humain est lié au matérialisme, et d’autre part a le vif besoin d’exercer une action à partir du monde spirituel et donnant un enseignement sur ce monde.

Vous trouverez beaucoup de choses qui peuvent en être une preuve dans le livre de notre ami Ludwig Deinhard, « Das Mytérium des Menschen ». On y trouve rassemblées systématiquement beaucoup de choses dont vous avez justement besoin, et qui se trouvent aujourd’hui dispersées dans la littérature scientifique, et de telle façon qu’il n’est pas possible à chacun de les rassembler. C’est pourquoi il est bon que vous ayez dans ce livre un exposé d’ensemble de ce côté précisément des faits qui, comme vous le voyez, sont même caractéristiques de notre temps. Vous y trouverez en particulier exposé avec grand bonheur un fait caractéristique concernant un chercheur qui, durant son actuelle vie terrestre, a tenté toutes sortes de choses pour parvenir par la méthode matérialiste à prouver l’existence du monde spirituel – il s’agit de Frederick Myers, décédé maintenant - et qui après sa mort ressentit le vif besoin de montrer ici-bas aux humains, à l’aide de rayonnements venus du monde spirituel, avec l’aide du monde spirituel, ce qu’il aspirait à faire ici.

Ceci doit être une illustration de la phrase selon laquelle dans le monde, dans l’existence universelle, nous avons à voir de constantes ruptures d’équilibre, et d’autre part une recherche d’équilibres. Dans l’existence terrestre, nous avons les deux éléments les plus profonds de cet équilibre constamment compromis et rétabli, les deux éléments de la lumière et de l’amour, qui dans le karma humain agissent d’incarnation en incarnation pour rétablir les équilibres compromis. Car au fonds, nous avons dans le karma qui serpente à travers les incarnations des équilibres compromis, et dans la lumière et l’amour la constante tentative de rétablir l’équilibre. Jusqu’à ce qu’un jour, dans un lointain avenir, l’homme, en traversant ses incarnations, en vienne enfin à établir un ultime état d’équilibre accessible sur la terre, lequel conduira à l’accomplissement par l’humanité de la mission terrestre, et à une évolution de l’existence terrestre accédant à une nouvelle forme planétaire.

J’ai ainsi essayé d’exposer quelque chose sans quoi il n’est pas possible de fonder en profondeur les relations et les lois karmiques. C’est pourquoi je n’ai pas crains d’exposer une fois aujourd’hui les fondements mystérieux que notre science actuelle ne sera pas, et de longtemps, assez mûre pour comprendre : que la matière est en vérité de la lumière tissée, et que le psychisme est, sous un certain rapport, de l’amour dilué. Ce sont là d’anciens principes occultes, mais qui resteront vrais pour tous les temps à venir, et qui se révèleront féconds dans l’évolution de l’humanité non seulement pour la connaissance, mais aussi pour l’action et l’efficacité humaine.
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Re: Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Sam 25 Nov - 1:14

Onzième conférence

Hambourg, 28 mai 1910


Il y aurait encore beaucoup à dire sur les différentes manifestations du karma. Mais puisque nous avons aujourd’hui la dernière de nos études et que, pour un thème aussi riche, le temps devait nécessairement être trop court, vous trouverez compréhensible que bien des choses dont il faudrait parler, et peut-être d’autres parmi les questions que se pose votre âme, ne puissent pas être réglées cette fois. Mais notre mouvement va certes se poursuivre, et ce qui nécessairement reste inachevé dans un cours, nous pourrons continuer à l’exposer et l’achever dans un autre.

Ce qui sera apparu plusieurs fois devant votre âme, c’est que l’être humain vit l’ensemble des lois karmiques comme quelque chose qui, à tout instant pour ainsi dire dans lequel il vit, est quelque chose de parfaitement déterminé, si bien qu’à chaque instant de notre vie, nous pouvons nous reporter à ce que nous avons vécu, fait, pensé, senti durant les incarnations qui ont précédé celle où nous consacrons à nos considérations. Et nous trouverons toujours que notre destin humain du moment, intérieur et extérieur, peut être saisi comme une sorte de « compte de vie » pour ainsi dire, où nous pouvons écrire sur une page toutes les expériences avisées, intelligentes, sages, et sur l’autre page tout ce qui fut déraisonnable, mauvais et laid. Sur l’une quelconque des pages il apparaîtra un surplus, qui signifie à un instant de la vie le destin de cet instant.

Or, différentes questions peuvent alors surgir, et il faut que la première soit celle-ci : quel rapport y a-t-il entre ce que les hommes font dans le cadre de la vie commune, ce qu’ils accomplissent en tant que communauté humaine, et ce que nous appelons le karma individuel de chacun ? Nous avons déjà effleuré ces questions sous d’autres aspects.

Lorsque nous nous reportons à un événement quelconque de l’histoire, les guerres médiques par exemple, vous ne pourrez absolument pas croire que cet événement, considéré d’abord du point de vue grec, représente quelque chose qui ne serait à écrire que dans le livre du destin des individus isolés qui sur le plan physique ont à être tout d’abord considérés comme y ayant participé. Pensez à tous les chefs des guerres médiques, à tous les hommes qui se sont sacrifiés à cette époque, pensez à tout ce qui a été accompli, des chefs jusqu’au soldat de l’armée grecque : pourrez-vous jamais n’inscrire pour chacun d’eux qu’au compte karmique des personnalités isolées ce qu’ont fait les individus si vous laissez seulement agir à peu près raisonnablement sur vous un pareil événement ? Jamais vous ne le pourrez. Car il vous sera impossible de vous représenter que lors d’événements qui concernent tout un peuple, ou une grande partie de l’humanité civilisée, il n’arrive rien d’autre que ce que vit chaque individu isolément dans son karma. Il vous faut donc, au cours de l’évolution historique, aller constamment d’événement en événement, et vous verrez qu’un sens et une signification se trouvent dans le champ de l’évolution humaine elle-même, mais que de tels événements ne peuvent être identifiés avec le karma individuel d’un seul être.

Nous pouvons laisse réagir sur notre âme une affaire comme celle des guerres médiques, et nous demander ensuite : quelle signification ont-elles dans la marche de l’évolution de l’humanité ? Une civilisation puissante s’était développée en Orient, qui avait de grands, de puissants aspects lumineux. Mais comme toute lumière apporte avec elle ses ombres, il nous faut aussi voir clairement que toute la civilisation de l’Orient ne peut être acquise pour l’humanité que parce que bien des aspects d’ombre, qui n’auraient pas dû être cultivés encore dans l’évolution humaine, s’y étaient introduits. L’un de ces aspects sombres était avant tout celui-ci : l’Orient était poussé à s’étendre de plus en plus par des moyens extérieurs, des moyens puissants entièrement limités au plan physique. Sans cet instinct d’extension, la civilisation orientale dans son ensemble ne serait naturellement pas apparue. L’un ne peut être pensé sans l’autre. Mais afin que l’humanité puisse continuer à évoluer, il fallut que la civilisation grecque par exemple se développe dans de toute autres conditions.

Mais cette civilisation grecque n’aurait pas pu prendre le départ d’emblée, il fallut que certaines conditions préalables lui viennent d’ailleurs. Et c’est de la civilisation orientale en effet qu’elle a reçu  d’importantes conditions préalables. Différentes légendes parlant de héros qui de Grèce partirent pour l’Orient ne décrivent rien d’autre que le départ en orient de disciples de certaines écoles grecques, lesquels apportèrent aux Grecs des richesses qui ne pouvaient être trouvées qu’au sein de la civilisation orientale, mais qui ensuite ne purent être cultivées et transformées que par ce qui avait pris forme grâce au talent du peuple grec, et avait sa source dans le caractère de ce peuple. Mais il fallait d’abord que soit extirpé de ces richesses apportées ce qui était leur côté d’ombre : le besoin très fort de s’étendre telles qu’elles étaient vers l’Occident en utilisant uniquement la force extérieure. Le romanisme, qui apparut plus tard que l’hellénisme, et tout ce qui formait les conditions nécessaires à la suite de l’évolution de l’humanité européenne, n’aurait pas pu prendre forme si les grecs n’avaient pas fourni le terrain libre permettant à la civilisation orientale de poursuivre son évolution, s’ils n’avaient pas repoussé les Perses et tout ce qu’ils apportaient. Ce qui avait été créé en Asie pu ainsi être filtré parce que les Asiatiques avaient été repoussés.

Beaucoup d’événements de l’évolution universelle sont à considérer de ce point de vue, et l’on obtient ainsi une image singulière. Si durant un cycle de conférences qui durerait trois ou quatre ans nous pouvions développer cette pensée dans le cadre des documents de l’humanité que l’histoire nous transmet, il nous apparaîtrait quelque chose que nous pourrions vraiment appeler un plan de l’évolution de l’humanité. Nous aurions alors de ce plan une vue d’ensemble et nous nous dirions : ceci a dût être conquis ; il fallut en extirper les côtés d’ombre ; la richesse conquise dut être transmise à un autre pour continuer à être développée.

De cette manière nous obtiendrions un plan de l’évolution de l’humanité et, en commentant ce plan, nous ne nous trouverions pas sous l’empire de cette pensée : comment est-il arrivé que par exemple Xerxès justement, ou Miltiade ou Léonidas, aient eu tel ou tel destin individuel ?

Ce karma individuel, il nous faut le considérer comme quelque chose qui doit être réglé pour soi et inséré dans le pan de l’évolution de l’humanité. La chose ne peut absolument pas être comprise autrement. Et il en va ainsi pour la conception de la science de l’esprit également. Mais si c’est le cas, il nous faut dire : dans ce cheminement, conforme à un plan, de l’évolution de l’humanité, il nous faut voir quelque chose qui est en soi cohérent, de même que les événements karmiques ont leur cohérence dans al vie humaine individuelle. Et nous pouvons ensuite interroger : quel rapport a un tel plan dans l’ensemble de l’évolution humaine avec le karma humain individuel ?

Considérons maintenant tout d’abord ce qu’on pourrait appeler le sort dans l’évolution humaine elle-même. En nous reportant en arrière, nous voyons apparaître l’une après l’autre les civilisations, se dérouler les évolutions des peuples. Nous voyons les peuples produire l’un après l’autre telle ou telle innovation, et subsister, impérissable, ce qui naît des civilisations ; mais aussi que les peuples doivent mourir afin que soient sauvées les richesses, les conquêtes des peuples pour les époques ultérieures de l’évolution humaine. Il nous faut donc trouver compréhensible ce que la science de l’esprit a à dire, à savoir que, dans un cheminement continu de l’évolution humaine, on doit distinguer tout d’abord avec précision deux courants.

Considérez dans toute la marche de l’évolution humaine ce que nous pouvons envisager comme un courant continu à l’intérieur duquel se développe une vague après l’autre, tandis toutefois que le bien conquis par la vague précédente reste acquis pour la suivante. Nous en obtiendrons une image en portant le regard sur la première civilisation de l’ère post-atlantéenne, sur les acquis grandioses de l’Inde antique. Mais si nous comparons cette grandeur avec le faible écho qui en a été  conservé dans les Veda, qui certes sont toujours dignes d’admiration, mais ne sont cependant qu’un faible écho de ce que les Rishis ont accompli et que la science de l’esprit nous rapporte de la grande impulsion civilisatrice des Hindous, il nous faudra dire : la grandeur originelle de ce que ce peuple avait à accomplir pour l’humanité déclinait déjà lorsqu’on entreprit de conserver dans ces magnifiques productions poétiques ce trésor de culture de l’humanité. Mais ce que la civilisation hindoue avait à produire prit place dans la marche générale de l’évolution. Et c’est seulement en raison de cette situation préalable que put se développer plus tard ce dont avait besoin un jeune peuple – non un peuple vieilli. Il fallut que d’abord les Hindous soient refoulés sur la péninsule méridionale, et ensuite se développa en Perse la conception du monde de Zarathoustra.

Cette conception du monde, que de grandes choses ne recelait-elle pas quand elle se forma – et combien n’avait-elle pas décliné en un temps relativement bref dans le peuple qui l’avait créée ! Nous avons le même phénomène chez les Egyptiens et chez les Chaldéens. Puis nous voyons se transmettre à la Grèce la sagesse orientale, nous voyons les Grecs refouler ce qui est la nature orientale sur le plan physique extérieur. Nous voyons ensuite comment est accueilli dans le sein de l’hellénisme ce que tout l’Orient avait produit, et nous le voyons s’unir étroitement avec bien des choses qui sont produites dans d’autres régions de l’Europe. C’est ainsi qu’est créé un nouvel élan civilisateur qui, par de nombreux détours, devient apte à s’ouvrir à l’impulsion du christianisme et à la répandre en direction de l’Occident. Nous pourrions ainsi, plus tard, trouver un courant de civilisation continu dans lequel les éléments se succèdent, chacun d’eux nous apparaissant en même temps comme une prolongation du précédent et aussi comme quelque chose de nouveau qu’il fallait donner à l’humanité. Mais d’où devait surgir ce qui se développe ainsi d’époque en époque ?

Pensez à tout ce que chaque peuple vit avec le territoire où s’établit se civilisation ! Pensez à tout ce qui a dût s’accomplir en chaque peuple, à la somme de sentiments et de sensibilité d’êtres innombrables, aux vœux et à l’enthousiasme pour ce qui doit apparaître comme hautement désirable et qui doit, sur ce territoire précisément, être l’impulsion civilisatrice à donner !

Pensez combien les âmes des individus, devant cette impulsion civilisatrice, doivent se consacrer entièrement à ce qu’elles souhaitent et à quoi elles aspirent ! Et en outre, il fut nécessaire, durant d’innombrables siècles de l’évolution, que les peuples, tandis qu’ils développaient les impulsions civilisatrices successives, vivent dans une sorte d’illusion – dans l’illusion que chacun de ces peuples considère comme quelque  chose d’éternel et d’impérissable le trésor de culture qu’il avait lui-même à développer, et qui ne devait jamais lui être enlevé. C’est grâce à cela que fut possible le travail totalement dévoué des peuples oeuvrant à la civilisation, grâce à cette illusion renaissant constamment : l’illusion que ce qui était créé là, avec tout ce qui y était lié, subsisterait éternellement. Aujourd’hui encore, cette illusion existe bien, et si l’on ne s’y abandonne plus aussi positivement en parlant de la « pérennité » de telle ou telle civilisation, elle survit encore sous cette forme qu’on n’envisage plus sa fin – ni dans les petites choses ni dans les grandes -, que pour ainsi dire on n’y attache plus aucune attention.

Vous avez là ainsi deux choses dont les cultures des peuples avaient besoin, et qui, au fond, ne commencent qu’à notre époque à passer par une sorte de transformation. Car le premier domaine de la vie spirituelle de l’homme où vraiment de telles illusions ne s’éveilleront plus, ce sera la vie spirituelle théosophique. Car ce serait s’installer dans un grave malentendu que de croire, lorsqu’on est fermement établi sur le terrain de notre mouvement spirituel, que les formes dans lesquelles nous coulons nos connaissances, que les pensées que nous élaborons et donnons aujourd’hui, que ce que nous pouvons puiser à notre pensée, à notre sentiment et à notre vouloir théosophique, subsistera éternellement.

Ce serait être myope qu’affirmer que dans trois millénaires il y aura encore des gens qui parleront des vérités théosophiques exactement comme nous le faisons aujourd’hui. Nous savons que les circonstances actuelles nous amènent à couler dans les formes du présent quelque chose de ce que produit l’évolution continue, et que nos successeurs trouveront de tout autres formes pour exprimer comment ils vivent ces choses. Pourquoi en est-il ainsi ? Pour une raison semblable au fait que , des siècles et des millénaires durant de l’évolution de l’humanité, les civilisations, l’une après l’autre, ont apporté aux hommes beaucoup d’expériences afin que leur contribution puisse être puisée à l’ensemble de l’évolution du peuple. Pensez aux innombrables expériences par lesquelles on a passé dans la Grèce antique, et pensez au substrat qui a pu en rester pour l’ensemble du l’humanité ultérieure ! Vous direz : il y a là-dedans beaucoup plus que les courants isolés. Il arrive beaucoup de choses qu’engendre ce courant central.

C’est pourquoi nous avons à observer deux choses : premièrement qu’il faut que quelque chose naisse et périsse, afin que de l’ensemble la deuxième chose – quantitativement la moindre – puisse subsister durablement. Nous ne comprendrons la marche de l’évolution qu’en sachant que depuis qu’il existe un karma pour chaque individu, deux puissances ont agi dans cette évolution, que nous avons toujours trouvés actives : Lucifer et Ahriman.

Car il nous faut escompter dans le plan de l’évolution humaine que finalement, quand la terre sera parvenue à son but, les résultats que les différentes civilisations auront apportés à l’évolution humaine seront féconds pour toutes les individualités, quelles qu’aient été les destinées qu’elles auront traversées. Mais nous n’envisageons ce but que parce que nous voyons l’évolution du monde dans le sens de la théosophie. Qu’on ne s’abandonne pourtant à aucune illusion : penser un tel but comme il est juste de le faire – l’individualité humaine subsistant pleinement sans se dissoudre dans quelque unité panthéiste et nébuleuse, mais subsistant dans sa plénitude tandis qu’en elle se déverse à nouveau ce que l’humanité a conquis en gros -, ce but ne peut apparaître dans la clarté et la précision qu’à la culture de l’âme de la théosophie.

Si donc nous nous reportons aux civilisations du passé, nous pouvons nous dire d’emblée : depuis que des individualités humaines s’incarnent, Lucifer et Ahriman participent à l’évolution de l’humanité. Lucifer y participe en cherchant toujours à prendre part au courant continu de civilisation, en se nichant dans les corps astrals des humains qu’il imprègne de son impulsion. Voilà ce qu’il accomplit dans la marche de l’évolution ; il pénètre e son activité le corps astral humain. Ce que Lucifer leur donne, les hommes ne pourraient jamais le recevoir des seules puissances qui déterminent le courant continu de civilisation que nous venons de caractériser. Enlevez ce courant de l’ensemble du processus que suit l’humanité, et vous avez ce que les êtres spirituels progressant normalement des Hiérarchies font affluer sous forme de nouvelles richesses. En élevant le regard vers les Hiérarchies, il nous faut dire : les êtres spirituels qui suivent leur évolution normale donnèrent à la civilisation terrestre ce qui est le bien durable de l’humanité, lequel, il est vrai, fut plus tard transformé, mais est cependant devenu son bien durable. Comme lorsque nous avons un arbre, et dans l’arbre la moelle. C’est ainsi que nous obtenons un courant toujours vivant de civilisation continue.

Par le fait de ces puissances qui suivent pour leur propre compte une évolution normale, il aurait pu ainsi arriver que l’homme ait de plus en plus empli son Je des richesses de l’évolution. De temps en temps s’y déverserait ce qui fait progresser l’être humain ; celui-ci s’emplirait toujours plus des dons du monde spirituel, et enfin, la terre ayant atteint son but, il serait tout à fait naturel qu’il possède  en lui tout ce qui aurait été donné par les mondes spirituels. Une chose cependant serait impossible : que l’homme développe une ardeur sacrée qui lui sont tout à fait propre, un feu et un dévouement vis-à-vis de ce qui est créé de civilisation en civilisation. De la même profondeur dont surgissent tout souhait et tout désir proviennent aussi le souhait des grands idéaux, le désir de donner le bonheur à l’humanité, les productions de l’art au cours des civilisations successives. Du même terreau dont naissent les désirs orientés vers le mal naissent aussi les aspirations aux plus hautes réalités qui puissent être accomplies sur terre. Et ce pour quoi l’âme s’enflamme, le bien le plus élevé, n’existerait pas si d’autre part le même désir ne pouvait pas mener à la chute dans le vice, dans le mal. Que cette possibilité existe dans l’évolution, c’est l’œuvre des esprits lucifériens. Nous ne devons donc pas ignorer que ces esprits lucifériens ont apporté aux hommes, en même temps que la possibilité du mal, la liberté, une libre réceptivité à tout ce qui peut pénétrer dans l’âme humaine.

Mais nous avons vu aussi que tout ce que fait naître Lucifer reçoit une réponse d’Ahriman. Nous voyons ainsi Lucifer avec toute son armée agir dans tout ce qui, dans le concret, doit donner l’élan de la civilisation grecque dans l’évolution de l’humanité : dans les héros et les artistes grecs. Lucifer pénètre dans le corps astral, le fait s’enflammer pour ce qu’il vénère de plus élevé. Ainsi ce qui doit se déverser dans l’évolution avec l’hellénisme devient-il en même temps l’enthousiasme habitant l’âme du peuple. C’est là justement que gîte Lucifer. Et parce qu’il est redevable de sa force non pas à l’évolution terrestre, mais à celle de la Lune, il provoque la venue d’Ahriman ; et, Lucifer déployant son activité d’époque en époque, Ahriman vient se joindre à lui – et corrompt successivement ce que Lucifer a produit sur la terre. – L’évolution humaine dans le monde est une interaction constante entre Lucifer et Ahriman. Si Lucifer n’agissait pas au sein de l’humanité, zèle et ardeur feraient défaut dans le courant continu de l’évolution humaine : si Ahriman n’était pas là, qui de peuple en peuple vient détruire non pas ce qui vient du courant continu, mais seulement ce qui vient de l’apport de Lucifer, celui-ci voudrait continuer éternellement de conduire les différentes civilisations. Vous voyez ainsi comment Lucifer évoque son propre karma, qui est une conséquence nécessaire de l’évolution sur l’ancienne Lune. Et la conséquence en est qu’il lui faut avoir Ahriman constamment enchaîné à ses talons. Ahriman est l’accomplissement karmique de Lucifer.

Ainsi portons-nous le regard sur le karma des entités supérieures avec cet exemple des entités ahrimaniennes et lucifériennes. Là-haut aussi, le karma est présent. Il est présent partout où il y a des Je. Et Lucifer et Ahriman portent aussi en eux des Je ; c’est pourquoi les effets de leurs actes peuvent retomber sur eux-mêmes. C’est seulement au cours de l’été, durant le cycle sur l’histoire de la Genèse, que pourront être mentionnés beaucoup de ces secrets ; j’en indiquerai ici un seul, qui pourra certes vous montrer la profondeur infinie de chaque mot des documents occultes véritables.
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Re: Maladie et santé dans leur rapport avec le karma

Message par obsidienne le Sam 25 Nov - 1:23

Avez-vous jamais réfléchi au fait que, dans l’histoire de la Création, on trouve à la fin de chaque « jour » la phrase suivante : « Et les Elohim virent l’œuvre, et ils virent que cela était très bon, que c’était au mieux « ? C’est une parole pleine de signification. Pourquoi est-ce dit là ? La phrase montre par elle-même qu’elle a le sens d’une caractéristique des Elohim, qui ont parcouru sur la Lune leur développement normal, et dont Lucifer est l’adversaire. Ils virent à la fin de chaque jour de la création que cela « «était au mieux », c’est l une des caractéristiques des Elohim. La chose est mentionnée parce que ce degré est la conquête des Elohim. Ils ne pouvaient voir l’œuvre sur la lune qu’aussi longtemps qu’ils l’accomplissaient, ils ne pouvaient pas en avoir une conscience après-coup. Qu’ils aient pu, dans leur activité pensante, revoir l’œuvre, c’est un degré particulier à la conscience des Elohim. Cela ne devin possible que sur la terre, et en outre leur caractère intérieur se révèle par le fait que leur vouloir s’exhale de leur être de telle façon que, lorsqu’ils regardaient l’œuvre, ils voyaient que c’était au mieux. C’étaient les Elohim qui avaient achevé leur œuvre sur la Lune et qui, lorsqu’ensuite ils la contemplaient sur la terre, pouvaient dire : Elle peut rester ainsi, c’est pour le mieux ! – Mais pour cela, il fallait que l’ancienne évolution lunaire soit achevée.

Mais qu’en est-il des entités lucifériennes, de ces entités qui n’avaient pas achevé leur évolution lunaire ? Elles devront aussi, par conséquent, tenter sur la terre de contempler ensuite leur œuvre, par exemple la contribution à l’ardeur et à l’enthousiasme de la civilisation grecque. Et elles verront alors comment Ahriman aura tout effrité, fragmenté ! Et il leur faudra dire, parce qu’elles ne l’auront pas achevé : Elles virent leur œuvre quotidienne, et elles virent que ce n’était pas pour le mieux, qu’il fallait l’effacer !

C’est là la grande déception des esprits lucifériens : ils tentent constamment de reprendre leur travail ; ils veulent constamment relancer à nouveau le pendule vers l’autre côté, et ils trouvent constamment leur ouvrage détruit par Ahriman. Il faut que vous vous représentiez dans le champ de l’évolution de l’humanité un flux et un reflux, un feu de forces neuves constamment allumé par des entités qui nous sont supérieures et qui constamment font des expériences décevantes. Cela fait partie de ce que vivent les esprits lucifériens au cours de l’évolution. Et il a fallu que l’humanité prenne en charge ce karma, parce que l’homme ne pouvait arriver que par cette voie à la véritable liberté.

La liberté ne peut s’épanouir que quand l’homme se donne à lui-même le contenu le plus élevé de son Je terrestre. Le Je dont l’homme sera doté quand tous les buts lui seront donnés à la fin de l’évolution de la terre, ne peut pas être libre, car il a été déterminé d’emblée que tous les biens de l’évolution terrestre se déverseraient en les être humains. L’homme n’a pu devenir libre qu’en ajoutant à ce Je, par son travail, un autre Je capable d’erreur et toujours dans la situation où il peut constamment osciller entre le côté du bien et le côté du mal, et qui constamment peut aspirer à atteindre le contenu de toute l’évolution. Il a fallu que par Lucifer soit adjoint à l’homme le Je inférieur, afin que l’effort élevant l’homme vers son Je supérieur puisse être son activité primordiale, foncièrement personnelle.

C’est seulement ainsi que la volonté libre est possible dans l’humanité. La volonté libre, c’est quelque chose que l’homme peut acquérir progressivement ; car elle est comme un idéal planant devant ses yeux dans la vie. Où dans un état moyen de l’évolution, se trouve donc la libre volonté humaine ? Elle n’est jamais libre, parce qu’à tout moment elle peut tomber sous l’emprise de l’élément luciférien et ahrimanien ; elle n’est pas libre, parce que tout homme, quand il a franchi le porche de la mort, éprouve pendant la période ascendante de la purification – et peut-être durant des décennies – une impression bien définie. C’est là l’essentiel de la vie du kamaloca : que nous voyions jusqu’à quel point nous sommes nous-mêmes imparfaits, et que nous percevions point par point ce que nous avons fait d’imparfait, dans quelle mesure nous sommes devenus imparfaits. C’est de cela que naît l’intention bien décidée d’éliminer tout ce que nous avons fait d’imparfait. Telle est la vie dans le kamaloca : les intentions s’ajoutent les unes aux autres et une décision globale est prise : Il faut que tu corriges ce que tu as pensé et fait ainsi, et qui t’a fait glisser vers le bas ! – Ce que l’homme ressent ainsi marque la vie qui suit, il pénètre par la naissance dans l’existence avec cette intention – et se charge ainsi de son karma. C’est pourquoi nous ne pouvons pas dire qu’une fois entrés dans l’existence, nous sommes dotés d’une volonté libre. La seule chose que nous puissions dire, c’est que nous nous approchons d’une volonté libre dans la mesure où nous avons réussi à nous rendre maître des influences de Lucifer et d’Ahriman. Et cette maîtrise des influences lucifériennes et ahrimaniennes, nous ne pouvons l’acquérir que par la seule connaissance. D’abord par la connaissance de soi, en nous rendant toujours plus capables – et aussi dans la vie entre la naissance et la mort – de connaître nos faiblesses dans les trois activités caractéristiques de l’âme, dans le penser, le ressentir et le vouloir. Quand nous nous efforçons toujours mieux de ne nous abandonner à aucune illusion, alors croît en notre Je la force de pouvoir nous passer de l’influence luciférienne, car nous sommes de plus en plus capables de décider quel don de nous-même méritent les biens de l’humanité, qui ont été conquis peu à peu. Ensuite par la connaissance du monde extérieur qu’il faut compléter par la connaissance de soi, les deux devant agir ensemble. Il nous faut unir à notre être la connaissance de soi et la connaissance du monde extérieur ; alors nous serons à même d’avoir avec Lucifer un rapport clair.

C’est justement le caractère particulier de ce que nous gagnons par la connaissance théosophique : voir clairement dans quelle mesure l’inclination et la passion, c’est-à-dire Lucifer et Ahriman, participent à tout action humaine. Qu’avons-nous fait dans cette série de conférences, sinon acquis la clarté sur l’action multiple des forces lucifériennes et ahrimaniennes dans notre vie ! Mais à l’époque actuelle, on peut entreprendre d’apporter la clarté sur les forces lucifériennes et ahrimaniennes. Et il faut que l’homme soit éclairé s’il veut réellement contribuer à atteindre le but de l’humanité terrestre – Où que vous portiez le regard, partout où l’on sent, où l’on pense humainement, vous pouvez voir combien les hommes sont encore loin d’être véritablement, authentiquement éclairés sur les influences de Lucifer et Ahriman. Vous voyez même que la plus grande partie de l’humanité n’a aucune volonté de l’être. Vous voyez même une grande partie des gens tomber dans un certain égoïsme religieux ; atteindre seulement avec cette âme elle-même le plus grand bien-être que l’on puisse se représenter. C’est un égoïsme dont les humains ne sont pas du tout conscients que celui auquel viennent se mêler les plus grandes avidités. Et Lucifer ne vient nulle part s’introduire dans nos sentiments sinon là où, en raison de leurs passions et de leurs désirs, les hommes aspirent à atteindre le divin sans que la lumière de la connaissance vienne éclairer ce divin sans que la lumière de la connaissance vienne éclairer ce divin. Ne croyez-vous pas que Lucifer justement est souvent à l’œuvre quand les hommes croient aspirer à la réalité la plus haute ? Mais les formes qu’on aspire ainsi à réaliser, il faudra, également qu’elles comptent parmi les déceptions de Lucifer. Et ceux qui croient maintenant pouvoir obtenir par les désirs les plus enflammés telle ou telle forme d’une culture spirituelle, qui sans relâche prêchent que cette théosophie est bien néfaste parce qu’elle croît à quelque chose de nouveau, devraient réfléchir qu’il ne dépend pas de la volonté humaine qu’Ahriman soit collé aux talons de Lucifer. Et les formes qui sont apparues au cours de l’évolution, parce qu’Ahriman viendra s’y mêler, périront aussi du fait de Lucifer. La seule chose qui sera sauvée, ce sera le courant continu de l’évolution de l’humanité.

Notre regard porte ainsi à rebours sur une évolution antérieure où certaines entités ont fait pour nous ce sacrifice de rester en arrière. Nous savons maintenant que ces entités sont obligées de vivre leur karma pour nous, afin que nous puissions développer normalement ce qu’elles peuvent déverser en nous. Oui, en vérité, Iahvé a aux origines insufflé à l’homme, par le souffle divin, la faculté d’être un Je ; mais si seul le souffle divin était intervenu, qui anime le sang humain de ses pulsations, et non pas aussi ce qui, constamment, peut dévier de ce que peut donner le souffle de Iahvé, des impulsions aussi bien lucifériennes qu’ahrimaniennes n’y seraient pas actives, et l’homme pourrait certes obtenir le « quoi » du don de Iahvé, mais non pas le « comment » : à savoir qu’il le ressent avec un Je libre et conscient. Le retard pris sur l’ancienne Lune par certaines entités est donc dans le sens de l’évolution universelle.

Nous vivons aujourd’hui en un temps où effectivement nous pouvions, en regardant en arrière, voir de nombreuses déceptions de Lucifer, mais où nous pouvons aussi regarder vers un avenir durant lequel nous apprendrons toujours mieux à comprendre ce qu’est le courant continu de l’évolution. Et la théosophie sera l’instrument de la compréhension de ce courant continu de l’évolution, afin que nous puissions avoir une attitude toujours plus consciente vis-à-vis des influences de Lucifer, que nous nous trouvions toujours plus en situation de reconnaître en nous-même les impulsions lucifériennes et que nous les utilisions consciemment et de la bonne manière en sorte qu’elles portent fruit pour l’évolution humaine ; alors qu’auparavant elles ont agi dans l’humanité comme un besoin obscur dont l’homme n’avait pas conscience. Et il en va de même avec les influences ahrimaniennes.

Ici se trouve un des domaines où l’on peut rendre attentif au fait que pour ainsi dire, actuellement justement, nous en sommes à une phase importante de l’évolution de l’humanité, à savoir l’époque où sous un certain rapport effectivement, les forces de l’âme s’inversent. Il a déjà été caractérisé pour beaucoup d’entre vous que nous sommes devant une époque dans laquelle certains humains, isolément, développeront des forces autres que celles dont on reconnaît aujourd’hui la valeur. Ce qu’aujourd’hui la théosophie sait dire par exemple en puisant aux connaissances de l’investigation spirituelle, à savoir que l’être humai, outre le corps physique, a un corps éthérique, cela seuls le savent par la vision aujourd’hui ceux qui ont passé par un entraînement méthodique. Mais avant le milieu du XXe siècle encore – nous le savons pour l’avoir lu dans la Chronique de l’Akasha -, il y aura des humains qui passeront par une évolution naturelle les amenant à la clairvoyance éthérique et qui, parce que l’humanité sera parvenue à ce moment où cela se développera comme un don naturel, percevront le corps éthérique imprégnant le corps physique et dépassant ses contours. L’homme capable de porter son regard dans le monde spirituel a suivi une évolution descendante jusqu’à l’actuelle perception uniquement physique et à la seule compréhension intellectuelle du monde extérieur ; maintenant il commence à développer progressivement des facultés nouvelles, mais conscientes. Ces facultés nouvelles s’ajoutent aux anciennes, et l’une sera particulière, que je puis caractériser ainsi :

Il y aura des hommes – des cas isolés tout d’abord, car c’est seulement au cours des deux à trois prochains millénaires que ces facultés se développeront chez un plus grand nombre, et les précurseurs seront là encore avant la fin de la première moitié du XXe siècle -, des hommes chez lesquels se produira ce qui suit : ils auront vécu une action quelconque, et ils seront tentés de prendre leurs distances vis-à-vis de cet acte. Ils auront devant eux une image qui en proviendra. Tout d’abord, ils ne la comprendront pas, ils n’auront aucun lien avec ce qu’ils auront fait. Mais ayant peut-être entendu parler un peu de la science de l’esprit, ils percevront que cette image, qui leur apparaîtra comme une sorte d’image de rêve consciente, est la contre-image de leur propre acte ; l’image de l’acte qu’il faut exécuter afin que celui qui a été fait trouve son accomplissement karmique.

Ainsi l’humanité se trouve-t-elle effectivement devant une époque dans laquelle non seulement elle commencera à comprendre le karma en fonction des enseignements et des exposés de la science de l’esprit, mais elle commencera peu à peu à voir le karma. Tandis que jusqu’à présent le karma était une pression obscure, une avidité obscure, et ne pouvait être vécu que dans l’incarnation suivante, ne pouvait être transformé en une intention qu’entre la mort et une nouvelle naissance, les hommes évoluent progressivement pour atteindre la situation où ils percevront consciemment les créations de Lucifer et verront de quelle nature seront leurs effets. Certes, seuls auront un lien avec cette clairvoyance éthérique les êtres qui ont recherché la connaissance et la connaissance de soi. De plus en plus, les hommes auront sous les yeux à l’état normal les images karmiques correspondant à leurs actes. Ce sera une chose qui les fera toujours progresser parce qu’ainsi ils sauront ce qu’ils doivent encore au monde, quelles dettes figurent encore sur leur compte karmique. C’est justement ce qui fait que l’homme n’est pas libre : il ne sait pas ce qu’il doit encore au monde. On ne peut donc pas, à propos de karma, parler d’emblée d’une volonté libre. L’expression « volonté libre » est déjà fausse ; car il faut dire : l’homme ne devient libre que grâce à une connaissance sans cesse croissante, en s’élevant toujours plus haut et en s’adaptant toujours mieux au monde spirituel. C’est ainsi qu’il s’emplit toujours davantage des contenu du monde spirituel, qu’il devient toujours mieux un être qui détermine sa volonté. Ce n’est par la volonté qui peut devenir libre, c’est l’homme en tant que tel qui le devient en se pénétrant de ce qu’il peut connaître du domaine spiritualisé de l’existence universelle.

Notre regard porte ainsi sur les déceptions de Lucifer et sur ses actes, et nous disons : le fondement sur lequel nous nous trouvons a été posé depuis des millénaires ; car si nous ne nous trouvions pas là où nous sommes, nous ne pourrions pas évoluer vers la liberté. Mais après avoir pu être éclairés sur Lucifer et Ahriman, nous pouvons avoir avec ces puissances un autre rapport ; nous pouvons recueillir les fruits de ce qui a été fait, nous pouvons pour ainsi dire prendre leur travail en charge. Certes, il faudra alors que les actes de Lucifer, ceux qu’il a provoqués et qui l’ont sans cesse conduit à des déceptions quand ils sont accomplis par nous, se métamorphosent en leur contraire. Il a fallu que les actes de Lucifer éveillent des désirs, et conduisent l’homme à ce qui a pu déboucher dans le mal. Nous avons vu en effet quelle force contraire il faut pour s’opposer à Lucifer ; si nous devons nous opposer nous-mêmes à Lucifer, si nous devons à l’avenir nous charger de ses affaires, ce qui peut prendre la place des actions de Lucifer, ce sera en nous l’amour seul ; mais ce pourra être l’amour. Et de même ce pourra être ce qui afflue vers nous venant du monde extérieur aussi, dès lors que nous effacerons toujours plus l’obscurité que nous insérons dans le tissu de la matière extérieure. Si nous éliminons toujours plus cette obscurité, si elle disparaît et que nous parvenons ainsi à triompher complètement de l’influence ahrimanienne, nous serons à même de connaître le monde tel qu’il est réellement, le monde de la terre. Nous nous approcherons alors progressivement de la connaissance, de celle qui peut être aujourd’hui la richesse de la science de l’esprit. Nous pénétrerons alors jusqu’à la réalité de la matière, jusqu’à la réalité de la lumière. Aujourd’hui encore, la science elle-même s’abandonne aux illusions les plus diverses sur la nature de la lumière. Plus d’un homme croît que l’on voit la lumière avec les yeux physiques. Ce n’est pas exact. Avec les yeux physiques on ne voit pas la lumière, mais seulement des corps éclairés. On voit les couleurs des corps. On ne voit pas la lumière, mais seulement à travers la lumière. Toutes ces illusions seront éliminées. Par là l’image du monde se transformera, qui nécessairement, sous l’influence d’Ahriman, a dû s’imprégner d’erreur, et elle sera imprégnée du contenu de la sagesse. Accédant jusqu’à la lumière, l’être humain développera lui-même sa contre-image psychique. Et ce pendant psychique de la lumière, c’est la sagesse.

C’est ainsi que l’amour et la sagesse viendront habiter l’âme humaine et seront la force pratique, l’impulsion de vie effective qui doit naître, et qui naîtra de la conception anthroposophique du monde. La sagesse, qui est le pendant psychique de la lumière, la sagesse qui peut s’unir à l’amour, et l’amour qui se pénètre de sagesse, trouveront la juste voie pour à nouveau exercer de sagesse, trouveront la juste voie pour à nouveau exercer une contre-action sur ce qui est imprégné de la sagesse du monde extérieur. Si peu à peu nous devons avoir part à la deuxième moitié de l’évolution pour triompher à nouveau de Lucifer et d’Ahriman, il nous faut nous imprégner de sagesse et d’amour. En cultivant la sagesse et l’amour, nous développons les éléments qui à nouveau afflueront de notre âme elle-même en dons pour ceux qui se sont sacrifiés dans la première moitié de l’évolution terrestre, les puissances lucifériennes et ahrimaniennes, pour nous donner ce dont nous avions besoin pour conquérir la liberté. C’est à ces puissances qu’il nous faudra donner la sagesse et l’amour que nous développerons. Mais il nous faut être conscients de ceci : parce qu’il faut que la vie soit présente dans le monde, il nous faut cultiver des civilisations qui soient pour nous des instruments d’expression de cette vie.

Nous nous adonnerons volontiers à une culture théosophique qui ne sera pas éternelle ; nous l’accueillerons avec enthousiasme et accomplirons avec amour ce à quoi, autrefois, nous avons été poussés par l’influence de Lucifer. Parce que maintenant nous reconnaissons que nous devons accomplir par amour ce à quoi il nous a fallu être poussés par l’influence de Lucifer, par les désirs et les passions, nous développerons d’autant mieux derrière tout cela l’amour de surcroît. Si nous ne développions que l’amour nécessaire, nous ne parviendrions pas à développer les civilisations l’une après l’autre. La théosophie doit être une chose qui réponde avec dévouement et amour à toute exigence correspondant à l’époque, avec le même enthousiasme avec lequel, dans le passé, les hommes ont agi sous l’influence de Lucifer. Nous ne serons plus dans cette illusion que ce que nous faisons durera éternellement. Mais en créant les civilisations l’une après l’autre avec un amour sans cesse croissant, nous créerons de l’amour de surcroît, dont bénéficiera Lucifer, car ainsi ses déceptions seront compensées. C’est de nous qu’il dépend que soient compensées pour Lucifer les déceptions dont il lui faut souffrir, si nous rendons de l’autre côté ce qui a été accompli pour nous.

C’est là l’autre partie du karma des entités supérieures : que nous développions un amour qui ne se limite pas à l’humanité, mais est appelé à pénétrer dans le cosmos. Nous pourrons laisser affluer dans les êtres qui nous sont supérieurs l’amour que ces êtres ressentiront comme un sacrifice. Ce sera un sacrifice des âmes qui s’élèvera vers ceux qui autrefois firent descendre le flot de leurs dons, comme dans le passé al fumée du sacrifice s’élevait vers les esprits en des temps où les humains possédaient encore les biens spirituels. A cette époque les hommes ne pouvaient faire monter vers les dieux que la fumée des sacrifices symboliques. A l’avenir ils enverront vers les esprits des flots d’amour, et de ce sacrifice d’amour affluera à nouveau quelque chose : des forces supérieures afflueront vers l’homme qui, dirigées par l’esprit, interviendront avec une puissance toujours croissante dans notre monde physique. Ce seront alors, au vrai sens du mot, des forces magiques.

Nous voyons ainsi comment se poursuit la marche de l’évolution humaine, tandis que se déroulent le karma de l’humanité et le karma des entités supérieures. Et nous comprenons maintenant aussi le rapport entre le plan de l’évolution et le karma humain. Supposons qu’une individualité supra-humaine ait exercé en l’année 1910 telle ou telle influence qui se serait réalisée sur le plan physique grâce à un être humain ; par là un contact a été établi entre cette individualité supra-humaine et l’être humain. Celui-ci se trouve alors lié au karma des entités supérieures. C’est une corrélation achevée. Mais alors afflue vers cet être humain un courant qui apporte quelque chose dans sa vie ; il y occupe alors un nouveau poste ajouté à son karma, et qui donne dans l’un ou l’autre sens l’élan déterminant. C’est ainsi que le karma humain est fécondé par le karma général dont le courant passe à travers le monde.

Regardons par exemple Miltiade ou quelque autre personnalité : ils avaient à être présents sur le grand plan de l’histoire de leur peuple, ceci ou cela était déterminé par le karma des puissances supérieures – et ils furent alors placés en conséquence à leur poste. Dans leur compte karmique personnel afflua alors ce qui devait être destiné à l’humanité. Et tandis qu’ils l’accomplissaient, qu’ils y ajoutaient leurs actes, leurs productions, cela devint leur karma personnel. – c’est ainsi que nous vivons et agissons aussi avec notre karma individuel dans le macrocosme, en formant un petit monde, un microcosme.

Nous sommes donc ici au terme de notre cours, sinon au terme de la chose. Mais on ne peut faire autrement. Si je puis dire en deux mots seulement que j’ai fait cette série de conférences, sur des questions humaines précisément qui peuvent émouvoir si profondément le cœur de l’homme, et qui sont par ailleurs en rapport avec le très grand destin des entités supérieures elles-mêmes, si je dis que j’ai vraiment fait ce cours du plus profond de mon âme et que je suis heureux d’avoir pu parler aussi une fois dans une branche théosophique de ces choses, parmi des amis théosophes venus de toutes parts pour se consacrer à l’étude de ces questions – ces paroles, je les dis aussi du fond du cœur. Ceux qui auront l’occasion d’entendre d’autres cours verront que bien des choses recevront réponse qui à la suite de ce cycle habiteront leur âme. Mais ceux-là aussi qui ne pourront pars entendre ces cours de l’été auront plus tard l’occasion de parler de ces choses avec moi. Je puis donc dire aussi à nouveau que les choses dont il fallait parler, je voudrais les avoir reçues de telle façon qu’elles ne soient pas seulement des connaissances abstraites, mais de celles qui se transmettent à tout notre penser, à notre sentiment, à toute notre vie. Si bien qu’on aimerait voir chez les théosophes dans le monde le symbole et l’image de ce qu’on peut appeler les vérités théosophiques les plus profondes. Essayons de nous faire entièrement une telle image, un tel symbole ; c’est alors que nous aurons dans le monde spirituel théosophique. Dans notre cercle étroit, il faut que ce courant soit d’abord une étude de la connaissance spirituelle. Ensuite, il faut – tout d’abord dans le cercle des membres – que ces connaissances deviennent état d’esprit, mentalité, et paraissent dans le monde en tant que telles. Et peu à peu le monde comprendra que ce n’est pas en vain qu’au tournant du XXe siècle il y a eu des théosophes honnêtes et sincères, des gens qui croyaient sincèrement et honnêtement au pouvoir des puissances spirituelles. Et parce qu’ils y croyaient, ils ont été eux-mêmes imprégnés de la force leur permettant d’agir pour elles. La culture progressera de plus en plus vite dans notre vie si vous-mêmes transformez en état d’esprit, en comportement et en actions ce que vous entendez. Non pas en convaincant les gens ! L’actuelle forme de civilisation ne s’y prête pas. Seuls seront authentiquement convaincus ceux qui s’approchent de la théosophie par le plus profond besoin du cœur ; les autres ne le seront pas. Ce karma, nous l’avons aussi dans des cercles spirituels comme quelque chose que le matérialisme a nécessairement produit ; et il nous faut considérer ces nuisances comme une chose en face de laquelle la science de l’esprit doit se révéler puissance spirituelle.

Il nous faut ainsi donner au monde ce que nous pouvons lui donner en puisant à notre attitude intérieure. Tout homme qui aura transformé la théosophie en la vie intérieure de l’âme sera une source de force spirituelle. Et celui qui croit à l’existence du suprasensible peut être tout à fait persuadé que nos connaissances et nos attitudes intérieures théosophiques agissent spirituellement, c’est-à-dire se répandent, invisibles, dans le monde, si nous faisons vraiment de nous-même un instrument imprégné de la vie théosophique.
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obsidienne

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