Intoxiquer et détoxiquer

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Intoxiquer et détoxiquer

Message par obsidienne le Dim 1 Oct - 18:47

Intoxiquer et détoxiquer

Extrait du livre d’Olaf Koob « Si les organes pouvaient parler » De la médecine chinoise à la médecine anthroposophique. Editions Aethera.

http://www.eurythmiste.be/Librairie/Livres/adulte/4188.htm

Lorsque de la fumée sort de la cheminée et que tu veux supprimer cette fumée, tu ne vas sans doute pas choisir de monter sur le toit pour l’y attraper. Non ! Tu sais que la fumée vient du feu qui brûle ou s’étouffe dans l’âtre ; tu laisseras donc le feu s’éteindre, et la fumée disparaîtra.

Eh bien, la médecine naturelle ne court pas après la fumée mais veut éteindre le feu ; en cas de maladie, nous ne traitons pas exclusivement les organes dans lesquels la maladie s’exprime, mais nous recherchons les causes de ces maux et nous nous efforçons de les éliminer. Or, en général la cause ne réside pas dans l’organe atteint mais par exemple dans une activité insuffisante des organes chargés de l’élimination, comme les reins ou les intestins.

Johann Künzle

La médecine occidentale traditionnelle et l’art oriental de la guérison se sont de tous temps efforcés de veiller à ce que l’être humain n’incorpore – par l’intermédiaire de l’alimentation, de l’eau et des médicaments – que des substances qui l’encombrent le moins possible dans son activité tout au long de la vie. Les anciennes règles diététiques d’incorporation ou d’élimination de substances trouvent là leur raison d’être. L’air, la chaleur (par exemple un refroidissement) – était considérée par principe comme un « poison » étranger à l’organisme. Grâce à l’activité de la digestion – qui nous est comme un « médecin intérieur » - ce poison est transformé en notre chair et notre sang propres, et donc incorporé en nous, tandis que les parties inutilisables sont éliminées par des organes prévus à cet effet, afin qu’elles n’encombrent pas inutilement l’organisme et ne le rendent malade.

Pour accélérer ce processus d’élimination, une grande importance était attribuée aux cures de transpiration et de purification du sang, aux saignées, au jeûne et au nettoyage intestinal.

Cependant, l’organisme humain a dû, au cours de l’évolution, affronter non seulement les substances naturelles, mais aussi de nos jours de plus en plus des arômes, des pesticides et des fertilisants de synthèse ainsi que des compléments chimiques de toutes sortes. Corps étrangers, ils se déposent dans les organes, durcissent l’organisme vivant et le rendent opaque aux forces de vie cosmiques. A cela s’ajoutent les attaques » chimiques constituées par les vaccins, avec leurs additifs d’aluminium et de mercure. Les remèdes fébrifuges, les antibiotiques, la vitamine D, le fluor et l’excès de protéines animales.

Par ailleurs, les processus naturels de la décomposition et du métabolisme font eux aussi apparaître dans l’être humain des toxines en petites quantités. Ainsi, la décomposition des protéines produit-elle des substances comme la cadavérine et la putrescine, que l’organisme évacue ensuite par l’intermédiaire du foie, de la bile, des reins et des intestins, et le cas échéant également par la peau et les muqueuses. Nous pensons aussi à la formation naturelle d’alcool dans le métabolisme et à l’acide carbonique, poison expiré par les poumons. Dans les maladies graves telles que la tuberculose et le cancer ou dans les fortes brûlures, la dégradation des protéines propres peut également causer des auto-intoxications.

Par leur puissance destructrice, les poisons s’attaquent à l’organisme vivant et modifient la conscience. Les drogues courantes reposent sur le même principe : de la vie est sacrifiée pour obtenir des états de conscience modifiés.

Les médecines traditionnelles nous enseignent que pour assurer sa conservation, l’organisme travaille toujours de l’intérieur vers l’extérieur, c’est-à-dire de manière centrifuge, pour éliminer ce qui lui est nocif, et parfois par suppuration. Ainsi en cas de diarrhée non infectieuse, qui est généralement le symptôme d’une indigestion alimentaire, la médecine naturelle renforce-t-elle encore la tendance en prescrivant des laxatifs, pour seconder l’organisme dans son activité de désintoxication et lui permettre d’éliminer plus vite les toxines – idée presque absurde à l’ère des « thérapies de blocage » et des remèdes « anti ». A l’inverse, le refoulement des excrétions, c’est-à-dire une action centripète, aggrave la maladie ou la déplace sur un autre plan organique.

Mais les toxines peuvent aussi aider l’être humain, lui être utiles. Je ne parle pas seulement de substances comme le café, le thé et le tabac, que nous prenons pour notre délectation et notre agrément. Mais aussi des poisons issus des règnes de la nature qui, préparés et dosés de la bonne manière, peuvent être utilisés dans des situations où notre vie psychique et physique est en danger. Une indication dans ce sens nous est peut-être donnée par le mot anglais gift, cadeau, qui en allemand signifie poison.

En homéopathie, mais aussi dans divers autres systèmes thérapeutiques, les poisons minéraux, végétaux et animaux sont utilisés avec succès à des fins thérapeutiques. Ces substances toxiques transformées en remèdes défient les principales forces de vie en l’homme, ce qui permet à l’organisme de se renforcer dans son activité et de guérir.
Que nous puissions ou non déceler la présence physique des différents poisons et substances dans l’organisme, ceux-ci y sont présents sous la forme d’un potentiel de forces et doivent être amenés à un niveau plus élevé par l’organisation humaine, afin de dépasser leur caractère premier.

Mais si l’organisme se laisse trop aller à l’activité selon la nature et si la tendance première du minéral, du végétal ou de l’animal est trop forte en lui, comme nous le constatons quand il se forme des calculs rénaux ou biliaires, quand la flore et la faune bactérienne prolifèrent ou que le psychisme « s’animalise » alors la maladie apparaît. L’harmonie est brisée en un point et les forces destructrices de la nature prennent le dessus. C’est dans ce sens que Paracelse, par exemple, parle non pas d’un « malade du choléra », mais de quelqu’un en qui domine le processus naturel de formation d’arsenic, raison pour laquelle il qualifie un tel homme d « arsenicus ». Arsenicum, préparé homéopathiquement, c’est-à-dire, « spiritualisé » au sens de Samuel Hahnnemann, ou dynamisé, devient un remède qui importe de l’extérieur dans l’organisme le modèle pathologique contre lequel l’organisme essaie justement de se défendre. En parvenant à dominer l’arsenic introduit de l’extérieur, il vient à bout de sa propre activité –arsenic pathogène, en l’occurrence le choléra. C’est ainsi que fonctionne le principe de guérison par l’homéopathie : « similia similibus curantur » guérir le semblable par le semblable.

Ce n’est toutefois pas le seul principe curatif de cette médecine. L’homéopathie, avec ses tableaux symptomatiques dressés pour chaque remède, établit empiriquement, à partir de substances issues des différents règnes de la nature, des tableaux cliniques d’empoisonnements fictifs qui lui permettent de déterminer à quoi ressemble une « maladie de la belladone », « du phosphore » ou « du venin d’abeille ». Lorsqu’une maladie de ce type se déclare effectivement, on tentera alors de la soigner avec les remèdes dynamisés correspondants, en stimulant l’organisme pour l’inciter à se guérir lui-même. Le processus de guérison est analogue à celui d’une personne qui, sur le plan psychologique, se serait empêtrée dans des problèmes au point d’en devenir dépressive, et qui rencontre quelqu’un chez qui elle découvre les mêmes difficultés que les siennes. En essayant d’aider cette autre personne, elle résout ses propres problèmes et surmonte sa dépression. Nous observons aussi ce phénomène dans les groupes d’échange entre patients d’une même maladie ou lorsque deux tempérament identiques « s’entrechoquent ».

Nous savons qu’il existe des substances toxiques pour l’homme dans les règnes minéral, végétal et animal. Les métaux lourds ou composés de métaux lourds tels que les phosphates, les nitrates, le plomb et le cadmium, qui s’accumulent volontiers dans les champignons et les foies d’animaux, en sont des exemples. Nous connaissons également les plantes toxiques classiques, les substances qui se développent dans des aliments avariés comme les moisissures et les bactéries et, dans le règne animal, les piqûres d’insectes généralement bénignes, qui peuvent toutefois être mortelles en cas d’allergie. Sans parler des venins de serpents ou de crapauds, ou des maladies, comme la rage, transmise par certains animaux.
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Re: Intoxiquer et détoxiquer

Message par obsidienne le Dim 1 Oct - 18:51

Intoxication minérale

Les minéraux et les métaux que nous appelons oligo-éléments sont généralement vitaux pour l’organisme et le mieux serait de les consommer à partir de la plante vivante ou de compléments alimentaires issus de produits biologiques. Ces oligo-éléments sont présents en quantités suffisantes dans les aliments de culture biologique, et notamment bio-dynamique.

Il faut se demander, de nos jours, si la « mauvaise habitude » américaine d’avaler dès le matin des quantités impressionnantes de vitamines et d’oligo-éléments de synthèse est vraiment une aide pour les organes ou si l’on ne les pousse pas à une minéralisation et à une densification de leur substance. Les processus physiques prenant alors lentement le dessus, ils empêchent les forces de vie et d’âme d’intervenir comme elles le devraient dans le corps. Un tel processus de densification pourrait être compare à un « cercueil de verre » artificiel, qui solidifie les organes et les rend insensibles à des effets thérapeutiques plus subtils, parce qu’un « fantôme » minéral, sans vie, se répand dans l’organisme. Ces processus de rigidification et de densification s’étudient particulièrement bien avec les médicaments psychothérapeutiques, qui sont presque tous issus de la chimie du pétrole et des couleurs, ce qui n’enlève rien à la nécessité d’une telle médication dans certains cas.
Au XIXe siècle, il existait encore au Etats-Unis une saine intuition selon laquelle il ne fallait pas simplement bourrer les malades de substances minérales en cas de maladie. Dans l’un de ses romans, Hermann Melville décrit une scène sur un bateau à vapeur du Mississipi, où un médecin herboriste essaie d’éclairer un patient sur les « docteurs-minéraux » et leurs pratiques :

« Vous avez pris de la teinture de fer, dites-vous, parce qu’un célèbre physiologiste de Louisville vous l’a conseillé. Pour quoi ? Pour reconstituer vos forces perdues. Et pourquoi ? Une personne en bonne santé possède naturellement du fer dans son sang, et le fer a de la force quand il est en barres ; par conséquent le fer est la source de la fortification animale. En ce qui vous concerne, il vous manque des forces, et il peut en être déduit que la cause réside dans un manque de fer. Donc il vous faut un apport de fer. D’où cette teinture. Sur cette théorie, je préfère cependant me taire. Mais si j’admets en toute modestie qu’elle est vraie, et si je la considère, en tant que simple être humain, dans la pratique, je demanderais à votre célèbre physiologiste avec tout le respect qui lui est dû : « Monsieur, il se peut que des substances anorganiques, absorbées sous forme de nourriture, soient vitalisées par des processus naturels, amis une substance anorganique (administrée comme médicament) est-elle susceptible de se transformer en une substance organique, dans la mesure où elle conserve intactes toutes les propriétés de la substance anorganique ? Monsieur, si l’on pouvait, par simple assimilation, incorporer tant soit peu quelque chose à l’organisme vivant (tout comme dans une lampe l’huile s’incorpore à la flamme), pourrait-on alors supposer que si Calvin Edson (un anorexique qui n’avait plus, littéralement, que la peau sur les os et qu’un forain promenait dans les foires de New York) se bourrait de graisses, il aurait des chances de prendre un peu de ce gras ? Ou autrement dit : est-ce que le gras dans l’assiette se transforme en gras sur les os ? Or ce n’est que s’il en était ainsi Monsieur, que le fer de la fiole pourrait se transformer en fer dans les veines. « Trouvez-vous cette conclusion trop audacieuse ? »

Ces remarques jettent une lumière sur le mystère de l’alimentation et de la transformation de substances non humaines en chair et en sang propres, un processus que Paracelse qualifiait de plus haute alchimie. Car qui peut se représenter comment la vache s’y prend pour fabriquer du lait à partir de l’herbe, c’est-à-dire produire une substance qui, consommée seule, peut entretenir la vie et être ennoblie par transformation en de nombreux autres produits ?

Normalement, nous bénéficions en nous d’un mécanisme de détoxication, sorte de « médecin intérieur » qui nous aide à nous débarrasser des produits toxiques que nous absorbons ou qui sont issus du métabolisme ; par exemple, les toxines liposolubles se déposent dans notre propre graisse, ce qui les rend inoffensives ou bien elles perdent leur nocivité au cours de certains processus biochimiques. Les métaux lourds absorbés ne peuvent être mobilisés que s’ils sont engagés dans une liaison organique et ont donc d’abord été accueillis dans le vivant, pour ensuite être éliminés par l’intermédiaire, du foie et de l’intestin. Une substance appelée acide gluconique, dérivée des sucres et contenant du phosphore, joue un rôle important dans ce processus. A dosages plus importants, la vitamine C (acide ascorbique) peut assurer en partie une fonction similaire.

En principe, les protéines propres à l’organisme exercent un effet détoxiquant, surtout par rapport aux minéraux et aux métaux lourds. En cas de symptômes d’empoisonnement, l’apport de protéines de poulet, de lait ou d’huiles végétales peut permettre une détoxication. Ces substances sont très riches en forces vitales et peuvent ainsi résister à l’assaut du minéral. En particulier, des huiles végétales comme celle de tournesol sont utilisées dans un bain de bouche matinal d’environ 10 à 15 minutes pour éliminer les métaux lourds par la bouche. Car, après l’intestin, la langue est l’émonctoire le plus important pour les métaux. Aujourd’hui la lutte contre les charges minérales et métalliques s’effectue beaucoup au moyen de préparation à bases d’algues. En effet, de par leur rapport à l’eau de mer vivante, les algues constituent des remèdes puissants contre une matérialisation excessive et stockent en général aisément les métaux.

A l’inverse, les métaux dits lourds et les liaisons métalliques peuvent, sous forme homéopathique, constituer d’excellents remèdes lorsque des problèmes dans l’organisme sont dus à la digestion des aliments. Nous avons déjà évoqué que les substances alimentaires ingérées doivent être suffisamment transformées dans l’organisme et dépouillées de leur entité propre pour ne plus conserver leur caractère étranger et cesser d’agir comme un « poison ». La substance étrangère absorbée doit être « humanisée » jusque dans sa structure moléculaire, de sorte que chaque personne possède ses protéines propres.

Mais si les étapes « logiques » du métabolisme se déroulent de manière erratique, ces substances continuent à appartenir un peu à un monde étranger où dominent encore des lois extérieures. De telles substances irritent alors l’organisme, en suscitant par exemple des allergies, se déposent au mauvais endroit ou épuisent des organes comme les reins ou le foie. Si par exemple des graisses ou des protéines dégénèrent dans la nature extérieure, nous parlons de rancissement ou de pourrissement. Si cette tendance extra-humaine continue à exister dans l’organisme, elle conduit à d’importantes irritations dans l’appareil digestif, et peut créer des dépôts et une mauvaise haleine. En pareil cas, certains métaux homéopathisés peuvent aider les protéines et les graisses à mieux s’intégrer à l’organisme. L’arsenic combat le rancissement, le dépôt de graisses et la mauvaise haleine qui en résulte. Si des problèmes intestinaux sont déclenchés par des protéines en état de putréfaction, et que des ballonnements et des crampes pathologiques se produisent, le cuivre (Cuprum) en doses homéopathiques, par exemple Cuprum D6, est alors le remède approprié. Ce métal possède en outre un effet anti parasitaire contre certains « locataires étrangers » de l’intestin comme les vers et d’autres parasites.

Sous les tropiques notamment, Arsenicum D6 et Okoubaka D2 ne devraient pas manquer dans la pharmacie de voyage, parce qu’en plus de leur effet détoxiquant, ces remèdes stabilisent la circulation et limitent la perte de force due à un manque d’eau. L’arsenic, en particulier, aide dans les cas où la personne ne peut plus conserver sur elle des quantités même minimes des remèdes qui lui sont nécessaires. Si l’on veille en outre à ne pas consommer de boissons glacées, le danger d’un « refroidissement abdominal » est très réduit.




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