Reconquérir les processus de la création des formes

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Reconquérir les processus de la création des formes

Message par obsidienne le Lun 24 Juil - 22:13

Reconquérir les processus de la création des formes

Extrait de la 7ème conférence à Dornach, le 30 décembre 1923. Livre : Initiation antiques. Visions initiatiques modernes. Rudolf Steiner.

L’abeille ne peut pas manger n’importe quoi. Elle ne peut manger que ce que la plante lui réserve. Or, voyez la chose curieuse suivante. L’abeille va vers la plante, se met en quête du nectar, l’absorbe, le transforme intérieurement et construit ce que nous admirons tant chez les abeilles : les rayons, la structure des alvéoles dans la ruche. Nous contemplons ces deux processus étranges et merveilleux : au-dehors, l’abeille se pose sur la fleur et prélève son nectar ; puis elle se rend à l’intérieur de la ruche pour construire, avec l’aide d’autres abeilles, les alvéoles de cire, en vue de les remplir de miel. Que se passe-t-il là ?

Regardez la forme de ces alvéoles. Voici la première, puis la seconde, et ainsi de suite. Ce sont de petites cellules dont les cavités, remplies de substance, ressemblent, quoique avec de légères différences, aux cristaux de quartz, de silice. Quand vous allez en montagne et que vous regardez les cristaux, vous trouvez à peu près cette forme-là. Vous pouvez la dessiner. Vous obtenez une forme quelque peu irrégulière, mais semblable à celle des alvéoles d’abeilles placées les unes contre les autres. Les alvéoles des abeilles, sont faites de cire, alors que le quartz est fait de silice.

En étudiant ce phénomène de plus près, on trouve que sous l’influence de l’éther général, de l’astral, à un certain moment de l’évolution terrestre, le cristal dans les montagnes s’est formé à l’aide de silice.

Ce sont des forces éthériques et astrales qui viennent du pourtour de la terre, elles contribuent à l’édification des cristaux de quartz dans la silice. Partout dans les montagnes, on trouve ces merveilleux cristaux aux formes hexagonales. Ces cristaux de quartz correspondent aux cavités des alvéoles des ruches. L’abeille prélève dans les fleurs ce qui existait autrefois pour la formation des cristaux de quartz hexagonaux. C’est cela que l’abeille va chercher dans les plantes, et à l’aide de son propre corps, elle élabore des répliques des cristaux de quartz. Il se passe entre l’abeille et la fleur, quelque chose d’analogue à ce qui, autrefois, s’est déroulé dehors dans le microcosme.

J’évoque ces choses pour que vous voyiez combien il est nécessaire de ne pas s’en tenir uniquement à ces pitoyables notions abstraites de carbone, d’azote, d’hydrogène, d’oxygène, etc ; il est urgent de s’intéresser aux merveilleux processus de la création des formes, aux relations intimes qui existent dans la nature et dans ses processus.

Autrefois, cet intérêt formait d’instinct la base des sciences. Il s’est perdu au cours de l’évolution historique de l’humanité, à l’approche du XVe siècle. Il nous faut le reconquérir. Il faut nous familiariser à nouveau avec les correspondances intimes qui existent entre la réalité de la nature et l’homme. Ce n’est qu’en retrouvant ces relations, que l’on pourra accéder à une connaissance réelle sur la santé ou la maladie chez l’homme. A défaut, la pharmacologie en restera à des tâtonnements, incapable de saisir les correspondances intimes.

Du XVe siècle à nos jours, l’évolution de l’esprit humain a connu une espèce de période infructueuse qui a pesé profondément sur l’humanité. Durant cette époque, où certes, on observait les plantes, les animaux, les hommes, les minéraux, mais dont on avait en somme perdu la compréhension, l’homme s’est écarté de tout lien avec le cosmos. Finalement il a sombré dans le chaos où aujourd’hui encore il vit, n’éprouvant plus aucun lien avec le monde. Aux temps où l’on connaissait encore ces choses, l’homme savait parfaitement qu’à chaque procréation s’exprime l’ensemble du macrocosme. Dans le germe appelé à la reproduction, se forme une réplique de l’ensemble du macrocosme. Certes le grand monde est à l’extérieur, mais à l’intérieur du plus petit des germes se trouve le résultat de tout ce qui émane partout de ce grand monde.

Dans l’être humain agissent en tout premier lieu les forces physiques centrales de la terre ; elles agissent sur tous les organes de l’homme. Mais il s’y opposent de toutes parts les forces éthériques. Voyez, disons le foie, la rate ou les poumons par exemple. Vous ne pouvez les comprendre que si vous savez que la collaborent les forces qui ont pour origine le centre de la terre et celles qui émanent de la périphérie de l’univers. De surcroît, certains organes sont pénétrés par le corps astral, puis par l’organisation du Moi, alors que d’autres en sont pénétrés dans une moindre mesure. A l’état de sommeil, l’homme n’a en lui ni corps astral, ni organisation du Moi. Prenez le cas de n’importe quel organe, les poumons par exemple, si pour une raison quelconque il se trouve que les forces affluant de la périphérie du cosmos agissent trop fortement sur les poumons, elles les rendront malades, parce qu’un certain équilibre doit régner entre les forces périphériques et les forces centrales. Si vous réussissez à trouver des substances minérales capables de faire contre poids à l’action trop forte des forces éthériques dans les poumons, vous aurez un remède pour éliminer les forces éthériques trop actives. Le contraire est également possible : les forces éthériques peuvent devenir trop faibles par rapport aux forces provenant du centre de la terre trop fortes. Vous chercherez alors dans le règne végétal ce qui peut agir sur l’être humain en sorte de renforcer les forces éthériques par l’intermédiaire d’un organe donné, et vous disposerez alors du remède qui convient.

Par la seule observation du corps physique, il est impossible de trouver le moindre remède, car le corps physique en tant que tel n’a aucun motif de nous révéler sa propre constitution. Ce qu’on appelle le processus normal qui se déroule en lui est un processus de la nature, mais la maladie n’est pas moins un processus de la nature. Si vous avez un foie normal, vous avez affaire à un organe dans lequel se déroule uniquement des processus naturels. Si vous avez un foie affecté d’une tumeur, vous avez toujours affaire à un foie où ne se déroulent que des processus naturels. La différence ne peut jamais être trouvée à partir du corps physique. Celui-ci permet seulement de constater que dans un cas, il se présente différemment de l’autre, mais on ne peut rien savoir de la cause. Dans le cas d’une tumeur du foie, vous ne trouverez la cause de la formation de cette tumeur que si vous savez, par exemple, que dans un tel cas, le corps astral intervient avec bien plus de force qu’il ne devrait. Vous aurez donc à éliminer le corps astral qui, lors de la formation d’une tumeur dans le foie, y développe une force excessive.

Il n’existe absolument aucune possibilité de parler réellement du santé ou de maladie chez l’être humain, tant qu’on ne cherche pas, au-delà du corps physique l’accès aux éléments supérieurs de la nature humaine. On peut donc dire : une pharmacologie n’existera de nouveau qu’à partir du moment où les recherches iront au-delà du corps physique de l’homme, car la nature de la maladie ne se dévoile pas à partir du seul corps physique humain.

Je ne me propose, dans cette conférence que de décrire les choses sous le seul aspect historique. Ce qui en effet s’est passé, c’est qu’avec l’effacement progressif de ce qui nous a été transmis des temps anciens, toute connaissance de l’homme s’est perdue. Nous sommes aujourd’hui devant la nécessité de réacquérir une connaissance de l’être humain. Or cela ne sera possible que si l’on est capable de redécouvrir les relations qui existent entre l’être humain et les règnes de la nature qui l’entoure.

Pour ce faire, voyons d’abord l’organisation du Moi de l’être humain. Lorsqu’à partir de la connaissance imaginative tirée de la science initiatique, on s’est fait une conception de l’organisation du Moi humain, on peut se poser la question suivante : avec quoi, dans l’organisme humain, cette organisation, du Moi noue-t-elle une relation privilégiée ?
Elle est en relation surtout avec ce qui, en l’homme, est minéral. Car, lorsque vous absorbez quelque chose de minéral, que vous mettez par exemple du sel sur la langue, immédiatement l’organisation du moi s’en saisit. Le sel poursuit son chemin et arrive dans l’estomac. L’organisation du Moi reste liée à la substance du sel même à l’intérieur de l’estomac. Le sel continue son chemin, subit toutes sortes de transformations, passe par l’intestin. Nulle part le sel n’est abandonné par l’organisation du Moi. Celle-ci et le sel qui pénètre en l’homme, restent étroitement liés.

Voyez-vous, il n’en est pas de même lorsque vous mangez un œuf au plat, car là subsiste encore un rapport avec l’albumine. L’organisation du Moi ne s’y intéresse un peu que tant que vous avez la substance de l’œuf sur la langue. Lorsqu’elle entre dans l’estomac, le corps astral ne s’en souvient déjà plus beaucoup. Puis cela continue, et voilà que le corps éthérique agit intensément, puis le corps physique. Ceux-ci désagrègent cette substance albumineuse que vous avez introduite dans votre organisme. Et maintenant, cet œuf est entièrement minéralisé en vous. Il est désagrégé. Tout ce qui est vivant lui est retiré. A l’intérieur des intestins, cette substance albumineuse venue de l’extérieur cesse d’être de l’albumine. Elle devient entièrement minérale. Alors l’albumine minéralisée passe de nouveau dans l’organisme du Moi où elle est absorbée.

Nous pouvons ainsi toujours affirmer que l’organisation du Moi s’occupe exclusivement du minéral. Mais par cette organisation du Moi, tout minéral, dans l’organisme humain devient quelque chose d’autre que ce qu’il est à l’extérieur. A l’intérieur de l’organisme humain aucune substance ne peut rester ce qu’elle est à l’extérieur. C’est à cela que l’organisation du Moi doit veiller de façon radicale. Il n’y a pas que des substances telles que le sel, qui soient saisies par l’organisation du Moi, pour être transformées à l’intérieur en quelque chose de totalement différent. C’est vrai aussi pour la chaleur dont l’être humain est enveloppé : cette chaleur extérieure n’a pas le droit de pénétrer telle quelle dans l’être humain. Vous n’avez même pas le droit de vous laisser pénétrer par la chaleur répandue dehors. La chaleur ne doit agir sur vous que comme une stimulation, et la chaleur que vous avez en vous, vous devez la produire vous-même. Dès l’instant où vous êtes réduits à un simple objet, et que vous ne produisez pas vous-même votre chaleur ou votre froid, mais qu’en vous se transmet la chaleur, comme c’est le cas pour tout objet extérieur, vous tombez malade ; c’est la chaleur extérieure qui vous rend malade, et non la substance.

Imaginez ici une serviette ou une éponge, et là un poêle. La chaleur émise par le poêle peut très bien se transmettre à la serviette ou à l’éponge. Dans ce cas, ces deux objets ne font que prolonger la chaleur émise par le poêle. La chaleur du poêle n’a pas le droit d’en faire autant en arrivant sur la peau. Lorsque cette chaleur excite les sens, il faut que se produise une réaction : la chaleur intérieure doit être produite à l’intérieur. Les refroidissements viennent de ce qu’on ne se contente pas d’être stimulé afin de produire sa propre chaleur, mais qu’on laisse passer le froid extérieur jusqu’à l’intérieur de la peau ; dans ce cas, on ne se place pas dans le monde comme un être humain pleinement actif, manifestant sa propre action et ses propres impulsions, mais on se comporte comme un objet subissant les effets du monde extérieur. Il est de la nature de l’organisation du Moi de recevoir en elle le minéral et de le transformer entièrement à l’intérieur, d’en faire quelque chose d’autre.

A notre mort seulement, le minéral sera à nouveau du minéral extérieur. Tant que nous vivons sur terre et que le minéral se trouve à l’intérieur de notre peau, l’organisation du Moi ne cesse de le transformer. Le végétal que nous absorbons est continuellement transformé par l’organisation astrale, par le corps astral. Nous pouvons donc dire : l’organisation du Moi de l’être humain métamorphose radicalement tout le minéral, non seulement le minéral solide, mais aussi le liquide, le gazeux, et même ce qui est de nature calorique. On peut naturellement dire, en gros : voilà de l’eau. Je la bois. L’eau est alors en moi. Au moment où mon organisation absorbe l’eau, ce que j’ai en moi n’est plus l’eau extérieure, telle qu’elle était avant d’être soumise à l’action de l’organisation du Moi. Elle le sera de nouveau lorsque je l’aurais transpirée ou éliminée d’une autre manière. A l’intérieur de ma peau, l’eau n’est pas eau, mais quelque chose d’autre : un liquide vivant.

Enormément de choses sont à penser autrement. Je n’ai pu vous donner aujourd’hui que de petites indications. Mais en y réfléchissant sérieusement, vous comprendrez que l’albumine doit être désagrégée pour subir toute l’action du macrocosme, que l’eau que je bois est intérieurement un liquide vivant, qu’elle n’est pas de l’eau inorganique, mais une eau pénétrée par l’organisation du Moi. Prenez le cas du chou : dehors ce sera toujours un chou ; à l’intérieur, le corps astral absorbe immédiatement ce chou et le transforme en quelque chose de tout à fait différent. Nous avons donc affaire ici à des processus extrêmement importants. Nous découvrons que les processus qui se déroulent dans notre métabolisme ne diffèrent que d’un certain degré des processus métaboliques qui se déroulent dans notre cerveau et régissent notre système neurosensoriel. J’en reparlerai demain afin de mettre en évidence la différence radicale qui existe entre l’humanité du XIIe siècle et celle du XXe siècle. Il faut se rendre compte que de nouvelles impulsions sont nécessaires si l’on ne veut pas se résigner à perdre toute connaissance relative à l’homme et à ne plus rien savoir su la santé et la maladie de l’être humain.
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Message par obsidienne le Lun 24 Juil - 22:17

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