La mythologie grecque.

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Message par oursagora le Dim 2 Juil - 5:07

La mythologie grecque : pour qui et pourquoi ?


Source Ferry.



Commencons par l' essentiel : quel est le sens pronfond des mythes grecs et pourquoi faudrait il aujourd' hui encore, aujourd' hui plus que jamais peut étre, s' y intéresser ? La réponse se trouve a mes yeux dans un passage d' une des oeuvres les plus connues et les plus anciennes de la langue grecque, l' odyssée d' Homére. On y mesure d' emblée a quel point la mythologie n' est pas ce qu' on croit si souvent de nos jours, une collection de " contes et légendes ", une série d' historiettes plus ou moins fantasmagoriques dont le but serait seulement de distraire. Loin de se réduire a un divertissement littéraire, elle constitue en vérité le coeur de la sagesse antique, l' origine premiére de ce que la grande tradition de la philosophie grecque va bientot développer sous une forme conceptuelle en vue de définir les contours d' une vie réussie pour les mortels que nous sommes.

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Message par oursagora le Dim 2 Juil - 21:38

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Aprés dix longues années passées hors de chez lui a combattre les troyens, Ulysse, le héros grec par excellence, vient de remporter la victoire par la ruse - en l' occurrence grace au fameux cheval de bois qu' il a abandonné sur la plage, prés des remparts de la ville. Ce sont les troyens eux memes qui l' introduisent dans leur cité, autrement imprenable par les grecs. Ils s' imaginent qu' il s' agit d' une offrande aux dieux alors que c' est une machine de guerre dont les flancs sont remplis de soldats. La nuit venue, les guerriers grecs sortent du ventre de l' imposante statue et massacrent, jusqu' au dernier ou presque, les troyens endormis. C' est un atroce carnage, un pillage sans merci, si effroyable qu' il suscite meme la colére des dieux. Mais au moins, la guerre est terminée et Ulysse cherche a rentrer chez lui, a retrouver ithaque, son ile, sa femme, Pénélope, et son fils, Télémaque, bref, a rejoindre sa place dans sa famille comme au sein de son royaume. On peut déja remarquer qu' avant de s' achever dans l' harmonie, dans la réconciliation paisible avec le monde tel qu' il est, la vie d' Ulysse commence, a l' image de l univers tout entier, par le chaos. La terrible guerre a laquelle il vient de prendre part et qui l' a forcé a quitter contre son gré le " lieu naturel " qu' il occupait auprés des siens, se déroule sous l' égide d' éris, la déesse de la discorde. C' est a cause d' elle que l' inimitié entre grecs et troyens s' installe - et c' est a partir de ce conflit initial que l' itinéraire du héros doit étre mis en perspective si l' on veut en saisir la signification en termes de sagesse de vie.

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Message par oursagora le Jeu 6 Juil - 1:01

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L' affaire éclate lors d' un mariage, celui des futurs parents d' Achille, lui aussi grand héros grec et l' un des plus fameux protagonistes de la guerre de troie. Comme dans l' histoire de la belle au bois dormant, on a " oublié " de convier, sinon la méchante sorciére, du moins celle qui en tient lieu ici, a savoir, justement, Eris. C' est qu' a vrai dire on se passerait d' elle volontiers en ce jour de féte : partout ou elle va, on est sur que tout tourne a l' aigre, certain que la haine et la colére vont l' emporter bientot sur l' amour et la joie. Bien entendu, Eris se rend a l' invitation qu' on ne lui a pas faite avec la ferme intention de mettre la pagaille dans les noces. Pour y parvenir, elle a déja son idée : elle jette sur la table ou festoient les jeunes mariés entourés pour l' occasion des principaux dieux de l' olympe une magnifique pomme d' or sur la surface de laquelle est gravée une inscription bien lisible : " A la plus belle !" Comme on pouvait s' y attendre, les femmes présentes s' exclament d' une seule voix : " C' est donc pour moi !" Et le conflit s' insinue lentement mais surement, qui va finir par déclencher la guerre de troie.

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Re: La mythologie grecque.

Message par oursagora le Dim 27 Aoû - 0:03

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Voici comment.



Autour du banquet siégent trois déesses sublimes, toutes trois proches de Zeus, le roi des Dieux. Il y a d' abord Héra ( en latin, Junon ), sa divine épouse, a laquelle il ne peut rien refuser. Mais il y a aussi sa fille préférée, Athéna ( Minerve ), et sa tante, Aphrodite ( Vénus ), la déesse de l' amour et de la beauté. Comme de bien entendu, la prévision d' Eris se réalise et les trois femmes se disputent la belle pomme. Zeus, en chef de famille avisé, se garde de prendre part si peu que ce soit a la querelle : il sait trop bien qu' a choisir entre sa fille, son épouse et sa tante, il y laisserait sa tranquillité.....En plus, il se doit d' étre juste et, quoi qu' il décide, il sera accusé de parti pris par celles qu' il aura délaissées. Il envoie donc son fidéle messager, Hermés, chercher en douce un jeune innocent pour départager les trois ravissantes. Il s' agit, a premiére vue, d' un petit berger troyen - mais en réalité, ce tout jeune homme n' est autre que Paris, l' un des fils de Priam, le roi de Troie. Paris a été abandonné par ses parents dés sa naissance parce qu' un oracle avait prédit qu' il causerait la destruction de sa ville. Mais, in extremis, il est recueilli et sauvé par un berger. Ce dernier a pris le nourrisson en pitié et l' a élévé jusqu' a ce qu' il devienne le bel adolescent qu' il est maintenant. Sous l' apparence du jeune paysan, c' est donc un prince troyen qui se cache. Avec l' ingénuité de la jeunesse, Paris accepte de jouer le role du juge.

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Re: La mythologie grecque.

Message par oursagora le Lun 11 Sep - 23:53

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Chacune des femmes, pour s' attirer ses faveurs et gagner la fameuse " Pomme de discorde ", lui fait une promesse qui correspond a ce qu' elle est elle meme. Héra, qui régne aux cotés de Zeus sur le plus grandiose des empires, puisqu' il s' agit de l' univers tout entier, lui promet que, s' il la choisit, il disposera lui aussi d' un royaume sans pareil sur la terre. Athéna, déesse de l' intelligence, des arts et de la guerre, lui certifie que, si c' est elle l' élue, il sortira vainqueur de toutes les batailles. Quant a Aphrodite, elle lui glisse a l' oreille qu' avec elle il pourra séduire la femme la plus belle du monde.....Et Paris, bien entendu, choisit Aphrodite. Or il se trouve, pour le plus grand malheur des hommes, que la créature la plus belle du monde est l' épouse d' un Grec, et pas n' importe lequel : il s' agit de Ménélas, le roi de la ville de Sparte, cité guerriére entre toutes. Cette jeune fille se nomme Héléne - c' est la fameuse " Belle Héléne " a laquelle poétes, compositeurs et cuisiniers continueront a rendre hommage au fil des siécles.....Eris a atteint son objectif : c' est parce qu' un prince troyen, Paris, charmé par Aphrodite, enlévera la belle Héléne a Ménélas que la guerre entre Troyens et Grecs s' enclenchera quelques années plus tard...

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Re: La mythologie grecque.

Message par oursagora le Lun 18 Déc - 17:22

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Et le pauvre Ulysse sera contraint d' y prendre part. Les rois Grecs - et Ulysse est l' un d' entre eux, qui régne, on l' a dit, sur Ithaque - ont en effet prété serment d' assistance a celui qui épouserait Héléne. Sa beauté et son charme sont si grands qu' ils craignent la jalousie et, avec elle, la haine aidant, la discorde qui pourrait s' installer entre eux. Ils ont alors juré fidélité a celui que choisirait Héléne. Ménélas étant l' élu, tous les autres doivent, en cas de trahison, se porter a son secours. Ulysse, dont la femme, Pénélope, vient de mettre au monde le petit Télémaque, fait tout pour échapper a cette guerre. Il fait semblant d' étre fou, laboure son champ a l' envers et séme des cailloux au lieu de bonnes graines, mais sa ruse ne trompe pas le vieux Sage qui est parti le chercher et, au final, il doit bien se résoudre a partir comme les autres. Pendant dix longues années, il est éloigné de son " Lieu naturel ", de son monde, de sa place dans l' Univers, avec les siens, voué au conflit et a la discorde plutot qu' a l' harmonie et a la paix. Une fois la guerre terminée, il n' a qu' une idée en téte : rentrer chez lui. Mais ses ennuis ne font que commencer. Son voyage de retour va durer dix longues années et il sera parsemé d' embuches, d' épreuves presque insurmontables qui donnent a penser que la vie harmonieuse, le salut et la Sagesse ne sont pas donnés d' emblée. Il faut les conquérir au risque, parfois, de sa vie. C' est au tout début de ce périple de la guerre vers la paix que se situe l' épisode qui nous intéresse directement ici.

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Re: La mythologie grecque.

Message par oursagora le Mer 20 Déc - 1:15

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S' efforcant d' aller vers Ithaque, Ulysse doit faire étape sur l' ile de la ravissante Calyso, une divinité secondaire, néanmoins sublime et douée de pouvoirs surnaturels. Calypso tombe folle amoureuse de lui. Elle devient aussitot sa maitresse et décide de le retenir prisonnier. En Grec, son nom vient d' ailleurs du verbe calyptein, qui signifie " Cacher." Elle est belle comme le jour, son ile est paradisiaque, verdoyante, peuplée d' animaux et d' arbres fruitiers qui fournissent des nourritures de réve. Le climat y est doux, les nymphes qui s' occupent des deux amants sont aussi ravissantes que serviables. Il semble bien que la Déesse posséde toutes les cartes en main. Pourtant, Ulysse est attiré comme un aimant vers son coin d' Univers, vers Ithaque. Il veut a tout prix revenir a son point de départ et, seul face a la mer, il pleure chaque soir, désespéré de n' avoir aucune chance d' y parvenir. C' est sans compter sur l' intervention d' Athéna, qui, pour des raisons qui lui appartiennent - entre autres, par jalousie : parce que le Troyen Paris ne l' a pas choisie - a soutenu les Grecs durant toute la guerre. Voyant Ulysse livré a tant de tourments, elle demande a son pére, Zeus, d' envoyer Hermés, son fidéle messager, intimer l' ordre a Calypso de le laisser partir afin qu' il puisse retrouver son lieu naturel et vivre enfin en harmonie avec cet ordre cosmique dont le roi des Dieux est a la fois l' auteur et le garant.

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Message par oursagora le Mer 20 Déc - 16:02

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Mais Calypso n' a pas dit son dernier mot. Dans une ultime tentative pour conserver son amant, elle lui offre l' impossible pour un mortel, la chance inouie d' échapper a la mort, qui est le lot commun des humains, l' occasion inespéré d' entrer dans la sphére inaccessible de ceux que les Grecs nomment les " Bienheureux ", c' est a dire les Dieux immortels. Pour faire bonne mesure, elle apporte a son offre un complément non négligeable : si Ulysse lui dit oui, il sera doué a jamais, en plus de l' immortalité, de la beauté et de la vigueur que seule confére la jeunesse. La précision est a la fois importante et amusante. Si Calypso ajoute la jeunesse a l' immortalité, c' est qu' elle garde la mémoire d' un précédent facheux : celui d' une autre Déesse, Aurore, qui elle aussi tomba amoureuse d' un simple humain, un Troyen nommé Tython. Comme Calypso, Aurore veut rendre immortel son amoureux afin de ne jamais en étre séparée. Elle supplie Zeus, qui finit par accéder a son souhait, mais elle oublie de demander la jeunesse en plus de l' immortalité. Résultat : le malheureux Tython se désséche et se recroqueville atrocement au fil des ans jusqu' a devenir une espéce de vieux crouton, une sorte d' insecte immonde qu' Aurore finit par délaisser dans un coin de son palais avant de se résoudre a le transformer en cigale pour s' en débarrasser tout a fait. Donc, Calypso fait bien attention. Elle aime tellement Ulysse qu' elle ne veut surtout pas le voir vieillir ni mourir. La contradiction entre l' Amour et la mort, comme dans toutes les grandes doctrines du salut ou de la Sagesse, est au coeur de notre histoire.....

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Re: La mythologie grecque.

Message par oursagora le Ven 22 Déc - 19:33

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La proposition qu' elle lui fait miroiter est sublime, comme elle, comme son ile, sans équivalent pour aucun mortel. Et pourtant, en un contraste singulier, presque incompréhensible, Ulysse reste de marbre. Toujours aussi malheureux, il décline l' offre pourtant si alléchante, de la Déesse. Disons le d' emblée : la signification de ce refus est d' une profondeur abyssale. On peut y lire en filigrane le message sans doute le plus profond et le plus puissant de la mythologie Grecque, celui que la philosophie va pouvoir reprendre a son compte et qu' on pourrait formuler simplement de la facon suivante : le but de l' existence humaine n' est pas, comme le penseront bientot les chrétiens, de gagner par tous les moyens, y compris les plus moraux et les plus ennuyeux, le Salut éternel, de parvenir a l' Immortalité, car une vie de mortel réussie est bien supérieure a une vie d' Immortel ratée ! En d' autres termes, la conviction d' Ulysse est que la vie " Délocalisée ", la vie loin de chez soi, sans harmonie, hors de son lieu naturel, en marge du cosmos, est pire que la mort elle meme.

- Notes :
Du moins la philosophie qui s' orientera vers une " Sagesse du monde " et qui va de Parménide aux Stoiciens en passant par Platon et Aristote. Comme tous les analystes de la pensée Grecque, je distingue cette Tradition d' une autre, qu' on pourrait dire déja " Déconstructive " et qui forme par rapport a la premiére comme une " Contre - culture " : pour l' essentiel, elle passe par l' atomisme, l' épicurisme et la sophistique.

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Re: La mythologie grecque.

Message par oursagora le Mar 26 Déc - 7:49






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Par contrecoup, comme en creux, c' est bien entendu la définition de la vie bonne, de l' existence réussie, qui s' esquisse - ou l' on commence a entrevoir la dimension philosophique de la mythologie : a l' instar d' Ulysse, il faut préférer une condition de mortel conforme a l' ordre cosmique, plutot qu' une vie d' immortel livrée a ce que les Grecs appellent l' Hybris ( le mot se prononce " Ubrisse ), la démesure, qui nous éloigne de la réconciliation avec le monde. Il faut vivre avec lucidité, accepter la mort, vivre en accord avec ce que l' on est en réalité comme avec ce qui est hors de nous, en harmonie avec les siens comme avec l' Univers. Cela vaut beaucoup mieux que d' étre immortel en un lieu vide, dénué de sens, fut il paradisiaque, avec une femme que l' on n aime pas, fut elle sublime, loin des siens et de son " Chez soi ", dans un isolement que symbolisent non seulement l' ile, mais la tentation de la divination et de l' éternité qui nous écartent de ce que nous sommes comme de ce qui nous entoure....Inestimable lecon de Sagesse pour un monde laic comme celui qui est le notre aujourd' hui, lecon de vie en rupture avec le discours religieux des monothéismes passés et a venir, message que la philosophie n' aura pour ainsi dire qu' a traduire en raison pour élaborer a sa maniére, qui ne sera, bien entendu, plus tout a fait celle de la mythologie, de non moins admirables doctrines du Salut sans Dieu, de la vie bonne pour les simples mortels que nous sommes.

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Message par oursagora le Mer 27 Déc - 0:13





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Il faudra évidemment nous interroger plus a fond sur les motivations du refus opposé par Ulysse a sa charmante maitresse. Nous verrons aussi, tout au long de cette étude, comment les grands mythes Grecs illustrent, développent et étayent chacun a leur facon cette magistrale lecon de vie, fournissant ainsi a la philosophie la base meme de son futur essor.

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Message par oursagora le Mer 27 Déc - 7:52





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Mais tentons d' abord de tirer quelques enseignements de cette premiére approche afin de préciser le sens et le projet qui animent cette étude. Et pour commencer, comment expliquer que des mythes inventés voila plus de trois mille ans, dans une langue et un contexte qui n' ont plus guére de liens avec ceux dans lesquels nous baignons aujourd' hui, puisse encore nous parler avec une telle proximité ? Chaque année paraissent, un peu partout dans le monde, des dizaines d' ouvrages sur la mythologie Grecque. Depuis longtemps déja, films, dessins animés et séries télévisées se sont emparés de certains thémes de la culture Antique pour en faire la trame de leurs scénarios. Tout un chacun a pu ainsi entendre un jour ou l' autre parler des travaux d' Hercule, des voyages d' Ulysse, des amours de Zeus ou de la guerre de Troie. Je crois qu' a cela il est deux séries de raisons, d' abord culturel, bien entendu, mais aussi et meme surtout d' ordre philosophique, dont je voudrais faire partager le bien - fondé. En visant a faire ressortir les lecons de Sagesse cachées dans les mythes, la myriade d' histoires et d' anecdotes que l' on regroupe d' ordinaire de facon plus ou moins baroque sous le nom de " Mythologie." Afin de mieux souligner d' entrée de jeu ce qui peut nous parler de maniére si présente dans ces splendeurs passées, j' aimerais précisément, émettre ce que notre culture, meme la plus commune, ce que la Sagesse philosophique la plus sophistiquée leur doivent.

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Message par oursagora le Jeu 28 Déc - 16:15






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Au nom de la culture : en quoi nous sommes tous des Grecs Anciens.

Commencons par la dimension culturelle des mythes.

Elle va presque de soi si l' on considére un instant l' usage que nous faisons dans le langage quotidien d' une myriade d' images, de métaphores et d' expressions que nous leur empruntons directement sans meme en connaitre le sens et l' origine. Certaines formules devenues lieux communs portent la mémoire d' un épisode fabuleux, particuliérement marquant dans les aventures d' un Dieu ou d' un héros : partir en quéte de la " Toison d'  Or ", " Prendre le taureau par les cornes ", " Tomber de Charybde en Scylla "....etc.


On pourrait allonger la liste presque sans fin. Dans le meme genre, sommes nous toujours bien conscients qu' un Hermaphrodite est d' abord l' enfant d' Hermés et d' Aphrodite, le messager des Dieux et la Déesse de l' Amour ; qu' une Gorgone évoque une plante pétrifiée comme si elle avait croisé le regard de Méduse ; que le musée et la musique sont des héritiers des neuf Muses ; qu' un lynx est censé posséder la vue percante de Lyncée, cet Argonaute dont on prétend qu' il pouvait voir a travers une planche de chéne, qu' Echo, la jolie Nymphe, désolée par le départ de Narcisse, fait encore entendre sa lamentation aprés sa mort ; que le laurier est une plante Sacrée en souvenir de Daphné, et le cyprés, qui peuple tant de cimetiéres méditerranéens, un symbole de deuil en mémoire du malheureux Cyparissos qui tua par mégarde un étre cher et ne parvint jamais a s' en consoler.....Nombre d' expressions rappellent aussi les lieux fameux de la mythologie, le " Champ de Mars ", les " Champs Elysées " ou, plus secret, le " Bosphore " qui évoque littéralement le " Passage de la vache " en souvenir de Io, la petite Nymphe qu' Héra, l' épouse de Zeus, poursuivit de sa haine jalouse depuis que son illustre mari avait transformé sa maitresse en une charmante génisse pour la protéger des foudres de sa femme.....

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Message par oursagora le Sam 30 Déc - 0:07




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En vérité, c' est une étude entiére qu' il faudrait pour rassembler toutes ces allusions mythologiques déposées puis oubliées dans le langage de tous les jours, pour ranimer le sens des noms d' Océan, Typhon, Triton, Python et autres étres merveilleux qui habitent incognito nos propos quotidiens. Charles Perelman, un des plus grands linguistes du siécle dernier, parlait joliment des " Métaphores endormies " dans les langues maternelles. Quel Francais se souvient encore que les " Lunettes " qu' il vient d' égarer et qu' il cherche en maugréant sont de " Petites lunes " ? Il faut étre étranger a notre langue pour le percevoir et c' est pourquoi un Japonais ou un Indien trouvent parfois poétiques un terme ou une formule qui nous semblent, a nous, parfaitement ordinaires - au meme titre que nous trouvons charmants ou cocasses les " Perle de rosée ", " Ours courageux ", et autres " Soleil du matin " qui servent parfois de prénoms a leurs enfants....Cette étude propose de réveiller ces " Métaphores endormies " de la mythologie Grecque, en racontant les histoires merveilleuses qui en constituent l' origine. Ne serait ce qu' au nom de la culture, pour étre en mesure de comprendre la cohorte innombrable des oeuvres d' Art ou d' écriture qui, dans nos musées ou nos bibliothéques, tirent leur inspiration de ces racines anciennes et restent ainsi parfaitement " Hermétique " ( encore un souvenir du Dieu Hermés !) pour qui ignore la mythologie, cela en vaut la peine - ou plutot, comme on va voir, le plaisir.

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Message par oursagora le Sam 30 Déc - 15:42






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Car ce formidable succés linguistique de la mythologie n' est évidemment dénué ni de sens ni d' importance. Il est des raisons de fond a ce phénoméne singulier - aucun systéme philosophique, aucune religion, pas meme celles de la Bible, ne peut prétendre a un statut comparable - qui fait de la mythologie, fut ce dans l' ignorance la plus totale des sources réelles, une part inaliénable de notre culture commune. Sans doute cela tient il d' abord au fait qu' elle procéde par récits concrets et non, comme la philosophie, de maniére conceptuelle et réflexive. Et c' est en quoi elle peut, encore aujourd' hui, s' adresser a tous, passionner enfants et parents d' un meme élan, voire traverser, pourvu qu' on la présente de maniére sensée, non seulement les ages et les classes sociales, mais aussi les générations pour se transmettre a notre époque comme elle le fit presque sans interruption depuis prés de trois millénaires. Bien qu' elle fut longtemps considérée comme une marque de " Distinction ", comme le symbole de la culture la plus haute, la mythologie n' est en vérité nullement réservée a une élite, pas meme a celle qui aurait étudié le Grec et le Latin : comme l' avait bien vu Jean - Pierre Vernant, qui aimait, parait il, la raconter a son petit - fils, tout le monde peut la comprendre, y compris les enfants avec qui il est essentiel de la partager le plus tot possible. Non seulement elle leur apporte infiniment plus que les dessins animés dont ils sont par ailleurs gavés, mais elle jette sur leur vie un éclairage irremplacable pourvu qu' on se donne la peine de comprendre la prodigieuse richesse des mythes suffisamment en profondeur pour étre capable a son tour de les raconter en des termes compréhensibles et sensés.

Et c' est la le premier objet de cette étude : rendre la mythologie assez accessible au plus grand nombre de parents pour qu' ils puissent la faire a leur tour découvrir a leurs enfants - sans toutefois trahir ni dénaturer en rien les textes Anciens dont elle est tirée. Ce point est crucial a mes yeux et je voudrais y insister un instant.

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Message par oursagora le Mar 2 Jan - 18:50





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Car il faut bien avoir conscience que " La " mythologie n' est nullement le fait d' un auteur. Il n' y a pas un récit unique, pas de texte canonique ou Sacré, comparable a la Bible ou au Coran, que l' on aurait conservé pieusement au fil des siécles, et qui ferait désormais autorité. Nous avons au contraire affaire a une pluralité d' histoires que les conteurs, philosophes, poétes et mythographes ( on appelle ainsi ceux qui ont rassemblé et rédigé dés l' Antiquité des compilations de récits mythiques ) ont écrites au fil de plus de douze siécles pour ne rien dire des multiples Traditions orales dont, par définition, nous savons peu de chose.

Or cette diversité ne doit pas étre réduite, ni laissée de coté au motif qu' on ne rédigerait pas une étude voué au seul savoir Académique. Bien que je ne m' adresse pas ici, ou en tout cas pas seulement, a des spécialistes, mais a des lecteurs de tous horizons, je n' ai pas voulu tout confondre de la sorte. Je me suis efforcé de réconcilier ce que l' érudition nous apprend et ce que la vulgarisation nous impose sans jamais sacrifier en rien la premiére aux impératifs de la seconde. En d' autres termes, pour chacune des histoires que je vais raconter, j' indique les sources authentiques, cite aussi souvent que nécessaire les textes originaux et précise, lorsque c' est a la fois intéressant et utile, les principales variantes qui se sont fait jour au fil du temps. Je prétend que non seulement ce respect des textes Anciens, de leur complexité et de leur hétérogénéité, ne nuit en rien a l' intelligibilité des mythes, mais qu' il est au contraire la condition nécessaire de leur compréhension. Percevoir les inflexions qu' un tragédien comme Eschyle ou un philosophe comme Platon ont pu donner au mythe de Prométhée tel que le poéte Hésiode, le premier l' avait rapporté, n' est pas égarant mais éclairant. Loin de l' obscurcir, cela enrichit la compréhension et il est absurde d' en priver le lecteur au motif qu' on viserait la vulgarisation : les réinterprétations succcessives de ces histoires ne font que les rendre plus intéressantes encore.

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Re: La mythologie grecque.

Message par oursagora le Sam 6 Jan - 1:49



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La philosophie, selon moi, est et doit rester aujourd' hui a mon sens, une doctrine du Salut sans Dieu, une réponse a la question de la vie bonne qui ne passe ni par un " étre supréme " ni par la foi, mais par ses propres efforts de pensée et par sa raison. Une exigence de lucidité, en somme, comme condition ultime de la sérénité entendue au sens le plus simple et le plus fort : comme une victoire - sans doute toujours relative et fragile - sur les peurs, en particulier celle de la mort, qui sous des formes diverses autant qu' insidieuses nous empéchent de bien vivre. La question cruciale de la philosophie est celle de la Sagesse définie comme cet état ou la lutte contre l' angoisse permet aux humains de parvenir a étre plus libres et ouverts aux autres, capables de penser par eux memes et d' aimer. C' est dans cette perspective que j' aborde la mythologie : comme une préhistoire de cette histoire, comme le premier moment de la philosophie ou, pour mieux dire peut étre, comme sa matrice qui seule explique sa naissance en Gréce au sixiéme siécle av JC - événement singulier qu' on a pris l' habitude de désigner comme le " Miracle Grec."

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Re: La mythologie grecque.

Message par oursagora le Dim 28 Jan - 0:15


De ce point de vue, la mythologie nous livre des messages d' une étonnante profondeur, des perspectives qui ouvrent aux humains les voies d' une vie bonne sans recourir aux illusions de l' au - dela, une maniére d' affronter la " Finitude humaine ", de faire face a la Destinée sans s' alimenter aux consolations que les grandes religions monothéistes prétendent apporter aux hommes en s' appuyant sur la foi. En d' autres termes, la mythologie esquisse, pour la premiére fois peut étre dans l' histoire de l' humanité, en tout cas de l' Occident, les linéaments de ce que j' ai appelé une " Doctrine du Salut sans Dieu ", une " Spiritualité laique " ou, si l' on veut parler plus simplement encore, une " Sagesse pour les mortels." Elle représente ainsi une tentative admirable en vue d' aider les hommes a se " Sauver " des peurs qui les empéchent d' accéder a une vie bonne.

L' idée pourra sembler paradoxale : les mythes Grecs ne sont ils pas peuplés d' une foule innombrable de Dieux, a commencer par ceux qui siégent dans l' Olympe ? Ne sont ils donc pas, avant tout " Religieux " ? Sans doute, a premiére vue. Mais si l' on dépasse l' apparence, on comprend vite que la pluralité des Dieux est aux antipodes du Dieu unique de nos religions du Livre. Apparemment plus proches des hommes, les Olympiens sont en Vérité inaccessibles - en quoi ils les laissent résoudre seuls et, en ce sens, de maniére " Laique ", la question du " Savoir vivre." C' est ainsi par contraste absolu avec les Immortels, sans aucun espoir de les rejoindre et, par la meme, en pleine connaissance des limites de la condition humaine, que nous devons chercher a y répondre. En quoi l' attitude Grecque est plus actuelle que jamais. C' est la ce que je voudrais tenter de mettre mieux en Lumiére afin que les récits particuliers que nous allons rencontrer dans la suite, n' apparaissent pas comme un patchwork d' anecdotes dépourvues de fil conducteur, mais au contraire comme des histoires pleines de sens et, par - dela leur apparente légéreté poétique ou littéraire, porteuses d' une Sagesse profonde et cohérente.

Pour bien saisir cette articulation entre mythologie et philosophie, pour mesurer la signification et l' ampleur des lecons de vie qu' elles vont toutes deux délivrer, chacune a leur maniére mais non sans liens entre elles, il faut partir de l' idée qu' aux yeux des Grecs le monde des étres conscients, des personnes, se divise avant toute chose entre mortels et Immortels, entre les hommes et les Dieux.

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Re: La mythologie grecque.

Message par oursagora le Dim 28 Jan - 2:29


Cela peut paraitre évident, aller de soi, mais si l' on y réfléchit un instant, on comprendra qu' en Vérité mettre ainsi au coeur d' un genre littéraire la question de la mort n' a rien d' anecdotique. La principale caractéristique des Dieux, c' est qu' ils échappent a la mort : une fois nés ( car ils n' ont pas toujours existé ), ils vivent pour toujours et ils le savent, en quoi ils sont selon les Grecs des " Bienheureux." Bien sur, ils peuvent avoir de temps a autre des ennuis, comme ce pauvre Héphaistos ( Vulcain ), par exemple, lorsqu' il découvre que sa femme, la Sublime Aphrodite, Déesse de la beauté et de l' Amour, le trompe avec son collégue de la guerre, le terrible Arés ( Mars ). Les bienheureux, parfois, sont malheureux ! Ils souffrent comme les mortels, éprouvent comme eux des passions - l' Amour, la jalousie, la haine, la colére.....Il leur arrive meme de mentir et d' étre punis par leur Maitre a tous, Zeus. Mais il est au moins une souffrance qu' ils ignorent, et c' est sans nul doute la plus funeste entre toutes : celle qui est liée a la peur de la mort, car, pour eux, le temps n' est pas compté, rien n' est définitif, irréversible, irrémédiablement perdu - ce qui leur permet d' affronter les passions humaines avec une hauteur de vue et une distance auxquelles nous ne saurions prétendre. Dans leur sphére a eux, tout peut finir un jour ou l' autre par s' arranger....

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Re: La mythologie grecque.

Message par oursagora le Dim 28 Jan - 6:29


Notre principale caractéristique a nous, simples humains, est inverse. Au contraire des Dieux et des animaux, nous sommes les seuls étres en ce monde a avoir pleinement conscience de l' irrémédiable, du fait que nous allons mourir. Non seulement nous, d' ailleurs, mais aussi ceux que nous aimons : nos parents, nos fréres, nos soeurs, nos femmes et nos maris, nos enfants, nos amis.....Constamment, nous sentons le temps qui passe et qui, sans doute, nous apporte parfois beaucoup - la preuve : nous aimons la vie - mais nous enléve aussi de maniére inéluctable ce que nous chérissons le plus. Et nous sommes bel et bien les seuls dans ce cas, les seuls a percevoir avec une acuité sans égale qu' il y a dans nos existences, avant meme le terme ultime qu' est la mort proprement dite, de l' irréversible, de l' irréparable, du " Jamais plus." Les Dieux n' éprouvent rien de tel et pour cause, puisqu' ils sont immortels. Quant aux animaux, pour autant que nous puissions en juger, ils ne songent guére a ces sujets, ou s' ils en ont parfois quelque conscience fugitive, ce n' est sans doute que trés confusément et seulement quand la fin est imminente. Au contraire, les humains sont comme prométhée, un des personnages centraux de cette mythologie : ils pensent " Par avance ", ce sont des " étres des lointains." Ils cherchent toujours plus ou moins a anticiper le futur, ils y réfléchissent, et comme ils savent que la vie est courte et le temps compté, ils ne peuvent s' empécher de se demander ce qu' il faut en faire.....

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La Mythologie Grecque.

Message par oursagora le Dim 28 Jan - 12:39

Hannah Arendt explique, dans un de ses livres, comment la culture Grecque s' est approprié cette réflexion sur la mort pour en faire le centre de ses préoccupations, comment elle a fini par en conclure qu' il y avait au fond deux facons d' affronter les interrogations touchant notre finitude pour tenter d' y apporter une réponse.

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Message par oursagora le Lun 29 Jan - 0:05

On peut d' abord, tout simplement, choisir d' avoir des enfants, ou comme on dit si bien, une " Descendance." Quel rapport avec le désir d' éternité qu' allume en nous la contradiction entre la certitude de la mort et le plaisir de la vie ? Il est trés direct, en Vérité, car nous savons bien qu' a travers nos enfants quelque chose de nous continue de survivre par - dela notre disparition. Au physique comme au moral : les traits du corps et du visage comme ceux du caractére se retrouvent toujours plus ou moins chez ceux que nous avons élevés et aimés. L' éducation est toujours transmission et toute transmission est en quelque facon un prolongement de soi qui nous dépasse et ne meurt pas avec nous. Cela dit, quelles que soient la grandeur et les joies de la vie de parents - les soucis aussi......- il serait absurde de prétendre qu' il suffit d' avoir des enfants pour accéder a la vie bonne ! Encore moins pour surmonter la peur de la mort. Bien au contraire. Car cette angoisse ne porte pas forcément ni meme principalement sur soi. Le plus souvent, elle concerne ceux que nous aimons, a commencer, justement, par nos enfants - comme en témoignent les efforts désespérés de Thétis, la mére d' Achille, un des plus grand héros de la guerre de Troie, pour rendre son fils immortel en le plongeant dans l' eau Magique du Styx, le fleuve des enfers. Efforts vains, puisque Achille sera tué par le Troyen Paris, frappé d' une fléche dans ce fameux talon par lequel sa mére le tenait lorsqu' elle le plongea dans l' eau Divine et qui, du coup, resta vulnérable. Et Thétis, comme toutes les méres, verse des larmes lorsqu' elle apprend la mort de ce fils aimé dont elle avait craint toute sa vie que ses exploits héroiques ne l' exposent a une fin précoce.....

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La Mythologie Grecque.

Message par oursagora le Jeu 1 Fév - 0:48

D' abord, il faut rappeler que, dans la mythologie, la nature et les Dieux, au départ, ne font qu' un. Gaia, par exemple, n' est pas seulement la Déesse de la Terre, ni Ouranos le Dieu du Ciel ou Poséidon celui de la Mer : ils sont la Terre, le ciel ou la mer et il est clair aux yeux des Grecs que ces grands éléments naturels sont éternels au meme titre que les Dieux qui les personnifient. S' agissant de la nature, cette pérennité est d' ailleurs pratiquement prouvée, presque vérifiable expérimentalement. Comment le sait on ? Au moins, en premiére approximation, par la simple observation. En effet, tout, dans la nature, est cyclique. Invariablement, le jour revient aprés la nuit et la nuit aprés le jour ; le beau temps finit toujours par succéder a l' orage, comme l' été au printemps, et l' automne a l' été. Chaque année, les arbres perdent leurs feuilles avec les premiers frimas et, chaque année aussi, elles repoussent avec les beaux jours, de sorte que les principaux événements qui scandent la vie du monde naturel se rappellent, pour ainsi dire, a notre bon souvenir. Pour parler plus simplement encore : il n' y a aucune chance pour que nous les oubliions, et si d' aventure tel était le cas, ils nous reviendraient d' eux memes a l' esprit. Au contraire, dans le monde humain, tout passe, tout est périssable, tout finit par étre emporté par la mort et l' oubli : les mots que l' on prononce comme les actions qu' on accomplit. Rien n' est durable.....Sauf l' écriture ! Eh oui ! Les livres se conservent mieux que les paroles, mieux que les faits et gestes et si, par ses actions héroiques, par la gloire qu' elles procurent, l' un de nos héros - Achille, Héraclés, Ulysse ou un autre - parvient a devenir le sujet principal d' une oeuvre historique ou littéraire, alors il survivra en quelque facon a sa disparition, ne fut ce que par son souvenir dans nos esprits. La preuve ? Aujourd' hui encore, on consacre des films a la guerre de Troie ou aux travaux d' Hercule et nous sommes quelques uns, chaque soir ou presque, a raconter les aventures d' Achille, de Jason ou d' Ulysse a nos enfants parce qu' une poignée de poétes et de philosophes, bien des siécles avant Jésus - Christ, ont couché par écrit leurs exploits.....

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