La connaissance initiatique - Le règne de l’esprit dans la nature.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La connaissance initiatique - Le règne de l’esprit dans la nature.

Message par obsidienne le Ven 26 Mai - 10:48

La connaissance initiatique – Extrait du livre de Rudolf Steiner –

Sixième conférence. Pennaenmawr, 24 août 1923.

Le règne de l’esprit dans la nature.

Hier j’ai essayé de vous montrer comment la confusion s’introduit dans les rêves quand l’homme s’endort et franchit inconsciemment, ou semi-consciemment, ce qu’on appelle le Seuil. Quand il quitte ainsi le monde physique sensible pour entrer dans le monde suprasensible, le monde spirituel, il se trouve en face de trois mondes : le souvenir du monde physique ordinaire, le monde de l’âme, et le monde spirituel proprement dit. Les faits, d’ordre intérieur ou extérieur, que nous voyons survenir dans l’existence terrestre ordinaire, sont composés des manifestations de ces trois mondes.

Mais lorsque nous entrons par le sommeil dans le monde suprasensible, ces faits se dissocient, et alors on ne rapporte pas ce dont on fait l’expérience à son véritable monde d’origine. Voilà pourquoi notre conscience ordinaire, lorsqu’elle se souvient des rêves, n’en ramène que confusion et illusion.

La conscience imaginative ne voit pas le rêve ainsi. Elle le voit comme on regarde dans l’espace physique un point éloigné. C’est de cette façon que, pour l’Imagination, on regarde quelque chose dans le temps. On ne se contente plus alors de se souvenir de ce qu’on a rêvé ; on regarde ce qu’on a rêvé. Et par là seulement on acquiert une représentation juste de son rêve. On reconnaît alors que pour interpréter le rêve avec justesse, il convient de le rapporter non pas au monde physique par une interprétation naturaliste, mais au monde spirituel, et surtout, dans la plupart des cas, au monde moral.
Ce qu’on fait dire au rêve, en interprétant physiquement son contenu, ce n’est aucunement son sens véritable. Sa vraie signification est celle à laquelle on parvient en interprétant son contenu spirituellement et moralement.

Prenons le rêve qui m’a servi d’exemple hier pour illustrer cet état de confusion. On rêve qu’on se trouve exposé, sans vêtements, aux yeux de toute une foule au cours d’une promenade, et qu’on se sent terriblement honteux. J’ai attiré votre attention sur le fait que toute la configuration momentanée de l’âme, à l’instant du rêve, est due à cette situation où l’on fait face à trois mondes à la fois.

Lorsque nous examinons avec soin un tel rêve, nous nous apercevons qu’il offre un contenu dont l’apparence est sensible, mais que cette apparence sensible est la forme sous laquelle un élément spirituel et moral cherche à se faire jour. Celui qui fait un rêve de cette sorte aurait donc tort de s’en tenir à ce déroulement primaire d’images sensibles.

Il devrait se demander : N’ai-je pas, par instants, dans ma conscience diurne, la particularité de me montrer à mes semblables un peu différent de ce que je suis intérieurement. N’ai-je pas l’habitude de m’accommoder trop bien des vêtements que m’impose la convention, et de me déguiser sous tous ces actes conventionnels que l’on accomplit dans le monde extérieur ? Et n’ai-je pas ainsi parfois tendance à ne pas révéler honnêtement ce qui vit au plus profond de moi, mais à me montrer sous un aspect un peu faux, un peu mensonger ?

Si l’on se met à réfléchir dans ce sens, on parvient peu à peu à l’interprétation morale et spirituelle du rêve. On ne rapporte plus ses images au monde naturel, mais au monde spirituel. Et l’on se dit : lorsque je suis passé dans le monde suprasensible, pendant mon sommeil, des entités spirituelles sont venues à moi depuis le monde suprasensible et m’ont dit que je devrais cesser de porter un habit faux et mensonger, que je devrais me montrer tel que je suis, en âme et en esprit dans mon for intérieur.

C’est en interprétant le rêve de cette manière que l’on découvre son fond de vérité morale et spirituelle. On devrait interpréter ainsi un grand nombre de rêves.

Lorsque les hommes des époques reculées s’endormaient, ils percevaient dans leur demi-conscience imagée le Gardien du Seuil, et recevaient de lui l’avertissement de ne pas transporter dans le monde spirituel ce qui vit dans le monde des sens. Si ces hommes d’autrefois avaient rêvé qu’ils se promenaient sans vêtements dans la rue, ils n’auraient pas eu l’idée d’en conclure simplement que l’on doit, en effet, avoir honte d’être nu, car cette conclusion vaut pour le corps physique et pour le monde physique.

Mais ils se seraient souvenus de l’avertissement du Gardien du Seuil : ce qui est valable pour le monde physique ne l’est pas pour le monde spirituel, et ce qui apparaît dans le monde spirituel est une parole que les dieux adressent à l’homme.

Ces hommes d’autrefois interprétaient donc le rêve comme un oracle, comme une révélation des dieux. L’interprétation naturaliste du rêve n’est donc survenue qu’à un certain moment de l’évolution humaine.

Prenons un autre songe qui se produit très souvent : on rêve que l’on marche sur un chemin. On entre dans une forêt. Mais au bout d’un certain temps, on s’aperçoit qu’on s’est égaré. On est dans l’impossibilité de poursuivre. On essaie de marcher plus avant, mais on s’enfonce jusque dans un endroit où il n’y a plus de sentier, où l’on ne voit plus que des arbres. On se trouve alors dans un certain état d’inquiétude et de trouble intérieur.
Or l’homme, dans son état de conscience ordinaire, a tendance à prendre ce rêve tel qu’il se présente immédiatement à lui. Mais lorsqu’on oublie au contraire cet aspect immédiat, cette configuration qui a été donnée à ce rêve par le monde spirituel. On se dit alors : l’état d’égarement au sein duquel tu t’enfonçais dans le rêve, il existe en réalité dans tes pensées.

La plupart d’entre nous aiment assez peu s’avouer à quel point leurs pensées sont en désordre, et combien souvent ils se heurtent à des obstacles infranchissables, autour desquels ils peuvent tourner indéfiniment.

Ce trait de caractère, de nos jours surtout et au sein de notre civilisation moderne, est commun à la plupart des gens. Ces gens croient être des esprits éclairés, mais ils tournent en rond avec leurs pensées, soit autour d’idées extérieures conventionnelles, soit autour des atomes qu’ils construisent dans leur imagination, ou de n’importe quoi d’autre. Naturellement, dans son état de conscience ordinaire, l’homme est très peu enclin à se faire cet aveu.

Dans ses images sensibles, le rêve révèle donc ce que l’homme est en réalité. Les entités spirituelles lui disent, dans le rêve, ce qu’il est. Et lorsqu’il enrichit sa connaissance de soi en y joignant les expériences que lui fournit le rêve, il se connaît beaucoup mieux.

Un autre trait de caractère, qui est commun à bien des gens, est le suivant : ils s’abandonnent aux sympathies que leur dicte leur instinct, leur désir. Ils trouvent, par exemple, très agréable de faire ceci ou cela ; puis, ils se gardent bien de s’avouer que cet acte leur procure un sentiment agréable, comble leur bien-être physique. Ils inventent alors un prétexte quelconque pour justifier au niveau de leur conscience ordinaire un acte qui ne correspond en réalité qu’à leur intérêt et à leur bien-être ; ils lui donnent, par exemple, des raisons occultes, ésotériques, anthroposophiques, et y voient l’accomplissement d’une haute mission, ou quelque chose d’analogue. Ce genre de justification qui est extrêmement fréquente dans la vie, recouvre toute une activité trouble qui se déroule en réalité dans les profondeurs de la vie animale. Le rêve, qui choisit ici-bas ses images sensibles, mais qui se sert de ces images pour révéler la spiritualité qui, elle aussi, est à l’œuvre dans l’homme, le rêve représentera par exemple des animaux féroces qui poursuivent le dormeur ; il s’enfuit et ne parvient pas à leur échapper.

Pour interpréter un tel songe avec justesse, selon sa signification morale et spirituelle, il ne s’agit pas de s’en tenir aux images physiques sensibles, mais d’y voir une révélation de soi-même, un avertissement, l’ordre de jeter le regard sur les vérités de notre être intérieur et d’examiner si celles-ci ne ressemblent pas, dans une certaine mesure, aux instincts animaux plutôt qu’aux tendances idéales qu’on croit servir.
Ainsi le rêve peut devenir exhortateur. Il peut, lorsque nous le rapportons avec justesse au monde supérieur, et non pas au monde inférieur, apporter dans l’existence de précieuses directives. On voit alors comme l’homme parvient, par l’Imagination consciente, à s’emparer aussi du rêve, qui se montre d’abord à elle, tout d’abord, sous sa forme d’images sensibles, à le métamorphoser et à le transformer en une suite d’évènements moraux et spirituels.
Le rêve est donc comme un guide qui conduit déjà la conscience ordinaire jusque dans le monde spirituel. Le tout est de bien le comprendre. Mais je vous ai dit aussi que lorsque nous nous élevons dans le monde spirituel par l’Imagination, nous nous trouvons dans un état d’âme tout différent de celui qui était nôtre dans le monde physique. Dans l’existence terrestre, je suis ici, la table est là, hors de moi. Il existe une séparation physique entre moi et la table. Dans le monde spirituel, cette séparation cesse d’exister. Je suis moi-même à l’intérieur des choses, dans leur essence spirituelle. Au lieu d’être ici et la table là-bas, c’est comme si je dilatais tout mon être au-dessus de la table, et que celle-ci me prenne en elle.

La loi du monde spirituel veut que nous plongions dans les choses que nous percevons. C’est pourquoi il ne serait pas juste de rapporter ce que nous voyons dans le rêve, ou ce que nous vivons consciemment par l’Imagination, à notre seul être intérieur. Quand nous parlons de cette vie onirique et que nous nous plaçons du point de vue de la science de l’esprit, nous pouvons dire comme le poète : «  C’est de rêves que l’univers est tissé ». Il ne résulte pas du jeu des atomes, celui qu’imagine la science, mais de ce Chaos grec dont j’ai parlé, du tissu de nos rêves, de notre activité imaginative consciente qui est à la fois subjective et objective. Le monde qui se tisse ainsi n’est pas purement subjectif. Il est donc exact que ce tissu de rêves peut expliquer certains états de l’univers.
avatar
obsidienne

Messages : 3302
Date d'inscription : 21/10/2012
Age : 53
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La connaissance initiatique - Le règne de l’esprit dans la nature.

Message par obsidienne le Ven 26 Mai - 10:52

C’est pourquoi, lorsque nous avons devant les yeux un germe, une graine, nous ne pouvons pas seulement l’expliquer par les lois de la physique et de la chimie. Le savant qui n’aperçoit dans le germe ou l’embryon que des lois physiques et chimiques, ne pourra jamais l’expliquer. Car, dans le germe, dans l’embryon, la nature rêve. A la base du germe se trouve ce qui vit et agit dans le rêve. Posez devant vous une graine de plante ; cette graine vit dans un état de rêve. Vous pénétrerez pas en elle par l’intellect, qui n’aperçoit que des lois naturelles, vous n’en forcerez le secret, ne pénétrerez en elle qu’à l’aide d’autres forces humaines : celles qui animent le rêve ou l’Imagination consciente.

Mais ce qui vit dans le germe vit aussi, durant toute notre existence terrestre, dans l’ensemble de notre organisme. Dans cet organisme humain n’agissent pas seulement les forces physico-chimiques. Nous devons considérer l’homme physique, l’homme que délimitent des contours physiques extérieurs, comme une entité qui vie effectivement dans le monde physique, terrestre. Mais derrière lui existe un autre homme que l’œil ne peut pas voir, que l’oreille ne peut pas entendre, dans la mesure où l’œil et l’oreille sont physiques ; un autre homme que l’Imagination peut contempler, et dont nous ressentons l’existence, dans le rêve, sous forme d’Imagination inconsciente.

La Nature rêve dans tout le corps humain. Elle ne pense pas seulement comme pense l’homme doué d’un intellect. Elle rêve, et c’est ce rêve qui guide nos forces digestives, nos forces de croissance. Tout est formé à partir du rêve. Lorsque nous jetons un regard en arrière sur l’histoire terrestre, nous partons de notre époque, de cette époque que nous pourrions caractériser à partir d’un de ses symptômes : disons, notre époque de la machine à écrire.

Nous partons donc de l’époque de la machine à écrire, et en reculant dans le temps, nous parvenons à l’époque où débutera l’imprimerie, puis nous remontons l’évolution vers le temps romains, grecs, vers les grandes civilisations orientales dont sont issues les Véda.

Mais ici on a beau extraire mille trésors des tombeaux des Pharaons, il vient un moment où tout document fait défaut, où nous ne pouvons plus remonter le temps que par la connaissance spirituelle imaginative et inspirée. Puis, on parvient à une limite derrière laquelle rien de précis ne peut plus apparaître à la conscience ordinaire, une limite derrière laquelle se trouve l’insaisissable, comme derrière le rêve se trouve le sommeil. Quand nous reculons dans le temps et remontons l’histoire de l’évolution du monde, nous rencontrons effectivement ce voile du rêve, dont nous faisons l’expérience chaque nuit.

Et si l’on possède l’Imagination consciente, le passé le plus lointain se met à luire spirituellement au-delà de cette limite. Mais ce passé a un tout autre aspect que celui dont l’intellect et les documents nous livrent la connaissance.

Ce passé très lointain, qui repose dans l’histoire de l’évolution du monde derrière un voile de rêve, nous montre un être humain encore étroitement uni aux esprits divins. Il est lui-même encore une âme de nature divine, et les entités divines et spirituelles qui ont une autre destinée que l’incarnation terrestre conversent avec lui, tandis qu’il se prépare à s’incarner sur terre.

Ainsi, lorsqu’on recule jusqu’à ce voile du Chaos, jusqu’à ce voile de rêve qui masque le passé le plus lointain, bien au-delà des millénaires dont j’ai parlé ces jours derniers, on aperçoit le commerce immédiat des esprits divins avec l’âme humaine encore toute spirituelle, avec l’homme qui devrait ensuite élire pleinement domicile sur terre.

Nous verrons ensuite comment ces données, qui se rapportent à l’évolution de l’humanité, se relient d’autre part à l’évolution du Cosmos. Là où apparaît, devant l’Imagination inspirée, le voile du rêve masquant un très lointain passé, là se révèle aussi – comme nous l’exposerons par la suite avec plus de détails – un acte du devenir cosmique : la Lune, qui était unie auparavant à la Terre, se sépare d’elle et s’éloigne dans l’espace, pour se mettre à graviter autour de la Terre. Notre regard s’arrête donc à un voile de rêve, à un voile imaginatif ; puis, lorsque nous perçons ce voile, nous atteignons au-delà le temps où la Lune était unie à la Terre, et les hommes reliés directement aux dieux. A l’époque où ce voile de rêve apparaît à la vision rétrospective de l’Imagination, nous voyons se situer l’évènement cosmique considérable que fut la métamorphose de la Lune, sa séparation d’avec la Terre, son installation dans l’espace à titre de corps indépendant. On arrive donc à une époque de l’évolution terrestre, humaine et universelle, où la Lune ne faisait qu’un avec la Terre ; L’homme était déjà là, mais dans un état plus animique et plus spirituel que de nos jours.

D’une manière générale, à mesure que notre regard remonte dans le passé, on ne trouve pas une seule époque où les formes initiales de l’être humain soient absentes. Du point de vue de la science de l’esprit, on ne peut pas dire : La Terre s’est développée durant des millions d’années sous un aspect purement inorganique, ou bien : elle ne fut peuplée durant des millions d’année que d’organismes inférieurs, et l’homme n’y apparut que plus tard ! Non, nous trouvons l’homme présent à toutes les époques, revêtant des formes différentes, mais toujours étroitement uni à l’évolution du monde ; évolution dont il nous est donné de prendre connaissance en accédant par-delà le voile de rêve du chaos, derrière le voile de l’Imagination consciente à la réalité divine spirituelle qui soutient l’univers.

Si nous considérons un germe, quelque chose d’embryonnaire, nous percevons dans cet embryon, grâce à la connaissance imaginative, une sorte de vie à l’état de rêve. Nous voyons que quelque chose de réel, mais qui ressemble aux images du rêve, commande à la matière de ce germe, de cet embryon. Ainsi celui qui a la faculté de percevoir l’élément spirituel de l’univers, le trouvera-t-il partout, mais sous des formes multiples. Car c’est l’esprit qui se prête partout aux métamorphoses.

Lorsqu’on a bien compris que quelque chose rêve dans la graine des plantes, dans l’embryon des animaux, on peut très légitimement se poser la question que voici : Et dans le règne minéral, qui est en apparence tout à fait inanimé, que se passe-t-il ?

Lorsque d’ici, nous regardons par les fenêtres, ou si nous nous promenons dans la rue, nous apercevons des montagnes dénudées, tout un monde qui semble privé de vie, et nous sommes conduits à nous demander : Si c’est une vie de rêve qui anime la graine posée devant nous, qu’est ce donc qui se cache dans la masse du rocher, dans la montagne, dans ce minéral qui constitue le sol sur lequel nous marchons ? Si nous trouvons dans les plantes une puissance spirituelle qui s’empare assez facilement de la matière, tissant en elle sur un mode de rêve, la connaissance imaginative nous fait également découvrir dans la masse des rochers un élément spirituel qui se compose d’être concrets.

Cet esprit-là n’est pas à l’état de rêve. Il dort profondément. Il ne faut pas que vous vous représentiez un nuage de sommeil, traversant les rochers et les montagnes que vous voyez d’ici, mais des êtres concrets, individuels, des êtres spirituels qui dorment dans les masses rocheuses.

Nous verrons plus tard comment ces êtres spirituels sont nés en se séparant d’autres être spirituels supérieurs, doués d’une haute conscience. Ces derniers repoussèrent les autres qui, à leur stade actuel de vie, ne pouvaient avoir qu’une conscience de sommeil, et ce sont ces êtres élémentaires endormis qui peuplent partout le monde inanimé du minéral. Aussi, lorsque nous foulons la masse inanimé du minéral. Aussi lorsque nous foulons la masse rocheuse des montagnes, nous devrions nous rendre compte que, sous nos pieds, dans le sol, de l’esprit sommeille partout sous les formes concrètes et individuelles.
Examinons ce sommeil des formes qui tissent l’esprit dans ce monde sans vie du minéral. Nous percevons, dans ce sommeil des être élémentaires, une certaine ambiance.

L’Imagination nous montre ces êtres.

L’inspiration nous apprend qu’il existe en ces êtres une certaine nuance de sentiment.
Ce qui vit dans ces êtres élémentaires des montagnes, des rochers, du sol que nous foulons, c’est ce qui vit aussi en nous lorsque nous attendons quelque chose, que notre âme est plongée dans une atmosphère d’attente. Cette ambiance d’attente anime toute l’existence spirituelle et psychique qui est à la base des masses rocheuses, apparemment privée de vie.

Ces êtres attendent, en effet. L’Inspiration, et mieux encore l’Intuition, lorsqu’elles nous transportent à l’intérieur de ces êtres, nous apprennent qu’ils attendent de passer à l’état de rêve. Toutes ces montagnes qui sont là sous vos regards, elles attendent le temps où elles rêveront, le temps où, dans une conscience de rêve, elles pourront s’emparer de la matière terrestre qui est actuellement pulvérisée en matière inanimée, le temps où elles la transformeront en substance embryonnaire, en substance germinative, le temps où le végétal naîtra, comme par enchantement, des rochers et des monts. Ce sont justement ces entités-là qui nous font assister à une des plus merveilleuses magies de la nature, à une création issue de l’esprit.

Ainsi, la promenade dans les rochers, dans la lumière physique qu’ils reflètent, peut-elle se transformer – non pas par pure imagination, mais par connaissance authentique et réelle – en une révélation d’être élémentaires de la nature, actuellement endormis, mais appelés à l’avenir à rêver, et plus tard encore à la vie pleinement éveillée d’êtres spirituels à l’état pur.

Dans la plante, la matière physique est de nature à se laisser pénétrer par le rêve spirituel. Mais la matière des rochers, elle, s’effrite. Le monde de l’inanimé est issu tout entier du monde vivant. On l’apprend en reculant dans le temps grâce à l’Imagination et l’Inspiration. Mais du fait que le vivant devient l’inanimé, il reçoit en lui cette spiritualité endormie. Et cette spiritualité endormie attend, au sein du minéral, le temps où elle rêvera, et pourra élever les corps inanimés à une vie embryonnaire cosmique.
avatar
obsidienne

Messages : 3302
Date d'inscription : 21/10/2012
Age : 53
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La connaissance initiatique - Le règne de l’esprit dans la nature.

Message par obsidienne le Ven 26 Mai - 10:57

Les diverses régions, les diverses localités du globe, nous révèlent sous des formes multiples ce sommeil des entités spirituelles dans les montagnes, sous la croûte solide de la terre. Et l’on est en droit de dire que dans la région où nous nous trouvons actuellement, ces entités dorment d’une façon différente qu’en d’autres régions.

Ici, à Penmaenmawr, la configuration du sol, la manière dont se sont agencés les matériaux rocheux, permet aux entités en sommeil de se répandre jusque dans l’air ; elles vont même jusqu’à se mêler à la lumière, ce qui est loin d’être le cas dans  d’autres régions de la terre. Si bien que, lorsqu’on perçoit non seulement la vie de l’atmosphère matérielle extérieure, mais aussi celle de l’atmosphère psychique qui pénètre l’air comme l’âme humaine pénètre le corps humain, on peut dire qu’ici, à Penmaenmawr, l’atmosphère a une âme toute différente de celle qu’on trouve en d’autres lieux. J’aimerais illustrer ce fait par un exemple.

Supposons que la connaissance imaginative s’efforce de fixer en un lieu quelconque de la terre sa vision. Cette Imagination persistera plus ou moins facilement dans la conscience. Selon les contrées, on éprouve plus ou moins de difficulté à conserver dans la conscience les Imaginations présentes, à les empêcher de s’évanouir.

Dans la contrée où nous nous trouvons, les Imaginations persistent d’une manière remarquable, et cela leur permet d’atteindre une extraordinaire intensité.

Les druides et les sages d’autrefois recherchaient tout particulièrement, pour y établir leurs temples, leurs sanctuaires, les régions où il était possible de maintenir les Imaginations, les régions où les Imaginations, au lieu de se dissoudre aussitôt comme des nuages, étaient douées de persistance et de vitalité. Et ce sont ces régions-ci qui furent choisies jusqu’à une époque relativement récente par les druides qui y établirent leurs lieux saints.

On a toujours senti dans des lieux tels que celui-ci que les Imaginations y étaient plus faciles à fixer qu’ailleurs. Mais naturellement toute chose a son revers. L’inspiration, elle, est rendue plus ardue par la persistance des Imaginations ; il est vrai qu’elle y gagne en force. Les vérités du monde spirituel que l’on doit communiquer se répandent ici, dans les paroles que l’on prononce, avec une très grande intensité, mais aussi plus de difficulté et plus de poids qu’ailleurs.

On peut ainsi noter, du point de vue spirituel, des différences entre les lieux terrestres. On pourrait dessiner une carte géographique et y indiquer en couleur les régions où les Imaginations persistent facilement dans la conscience imaginative. Les régions où les Imaginations passent rapidement y seraient peintes d’une autre couleur. On obtiendrait ainsi une carte de la Terre des plus intéressantes. Pour un lieu tel que celui-ci, on aurait à employer une couleur particulièrement intense, une couleur vive, brillante, lumineuse, traduisant ce qui règne dans l’atmosphère psychique de ce lieu.

C’est pourquoi donc infiniment reconnaissant aux organisateurs de ce cours d’avoir choisi cette région où la dimension ésotérique « court les rues »,  si je puis m’exprimer ainsi. On rencontre ce phénomène ailleurs aussi, certes, mais pas de façon si immédiate. Parmi les différents lieux où des cours similaires ont pu être donnés, celui-ci s’insère merveilleusement dans l’évolution du mouvement anthroposophique pour les raisons que j’ai nommées. Et de cela, je suis vraiment reconnaissant.

Des descriptions qui viennent d’êtres faites, il résulte qu’entre le monde physique sensible et le monde spirituel suprasensible existe une démarcation, une frontière qu’on peut avec quelque raison appeler le seuil du monde spirituel.

Les diverses manières de  franchir le seuil ont déjà été caractérisées, mais nous aurons encore à en parler plus en détail. Vous avez pu voir que ce passage se faisait tout autrement dans les temps reculés que de nos jours. En effet, les hommes de ces temps-là avaient, même à l’état de veille, une conscience de rêve et, par suite, un sens plus développé des choses suprasensibles. Lorsqu’ils s’endormaient ou s’éveillaient, ils passaient donc devant le Gardien du Seuil dans un état de demi-conscience, de rêve.

C’est en cela que consiste le passage, de l’ancienne humanité non encore libre, à la nouvelle, qui devient de plus en plus libre : autrefois les hommes étaient contraints, chaque fois qu’ils s’endormaient et se réveillaient, d’entendre les exhortations du Gardien du seuil. Cet état de non-liberté s’est transformé, pour la conscience moderne, en absence de vision dans le monde spirituel. Les hommes sont ainsi devenus de plus en plus libres.

On peut donc dire que, du point de vue du monde spirituel, les hommes ont beaucoup perdu, mais c’est précisément parce que leur évolution devait les conduire vers la liberté. Ce qui a été perdu doit être reconquis. Et l’anthroposophie, par exemple, veut montrer comment on peut le faire. Nous vivons actuellement le moment historique où l’effort pour reconquérir la spiritualité perdue doit être entrepris.

Mais il existe encore à notre époque un certain nombre d’être en qui survit la facuté, héritée du passé, de lire dans le monde suprasensible. Or tous ceux qui ne possèdent aujourd’hui que les forces intellectuelles établissent dans leur conscience une frontière bien tranchée entre les expériences qui relèvent du monde sensible et celles qui proviennent du monde spirituel ; et les esprits éclairés de notre époque, particulièrement, ne veulent pas admettre que cette frontière puisse être franchie.

Comment nous l’avons vu, l’homme peut pénétrer d’une façon absolument consciente dans le monde spirituel, j’en ai déjà indiqué au moins les chemins. Mais il subsiste encore actuellement des vestiges de ce temps où l’homme entrait de façon inconsciente, instinctive, dans le monde spirituel et en emportait une trace notoire dans sa conscience diurne. Et il nous faut comprendre ces manifestations par une connaissance consciente de l’esprit. Sinon elles conduisent les hommes en ce domaine aux erreurs les plus diverses, qui peuvent même s’avérer très dangereuses.

Par le biais de ces présentes conférences, consacrées à l’évolution de l’humanité et du monde, je dois donc aborder aussi ces domaines-limites où ce qui était évident et naturel pour une ancienne humanité n’est pas encore totalement disparu à l’époque actuelle, mais peut mener vers de dangereuses illusions s’il y manque la lumière d’une claire connaissance.

Les visions, par exemple, relèvent de ces phénomènes qui apparaissent à la limite du sensible et du suprasensible. Dans une sorte d’hallucination, dont l’homme est plus ou moins le maître des images apparaissent sous des formes bien définies, qui peuvent même être colorées et sonores ou avoir encore d’autres contenus, mais auxquelles rien d’extérieur ne correspond : il n’y a pas d’objet extérieur pendant la vision. L’objet que nous percevons dans la vie courante est hors de nous ; son image, quoique très schématique, est en nous. Et nous sommes bien conscients que ce reflet abstrait se rapporte à l’objet extérieur. La vison, elle, s’impose indépendamment de tout objet et prétend porter en elle se réalité. L’homme se trouve dans un état d’âme où il n’est plus capable de juger normalement si l’image qui lui apparaît sans qu’il y soit pour quelque chose a la valeur d’une réalité ou non.

La première question qui s’impose en ce point de nos considérations est la suivante : Comment peut se produire une vision ?

Elle vient justement de ce que l’homme possède encore la faculté de transporter dans le monde où il est éveillé les expériences qu’il fait pendant son sommeil, et de s’en faire des représentations, comme il le fait avec ce qu’il perçoit à l’extérieur grâce à ses sens.

Si je regarde une montre, qui possède une réalité physique et sensible, et que je m’en fais une image intérieure, ou bien si, pendant que je m’en fais une image intérieure, ou bien si, pendant mon sommeil, je vis intérieurement la réalité intérieure d’un objet extérieur, et qu’en me réveillant je me fais une image de ce que j’ai vécu, ce sont deux phénomènes qui n’ont entre eux d’autre différence que la suivante :

Dans le premier cas, je suis maître du processus, donc j’affaiblis l’image, je la neutralise ;

dans le second cas, je n’en suis pas maître, car je n’introduis pas dans la vie des représentations quelque chose d’actuel, mais ce que j’ai vécu dans mon dernier sommeil, dans l’avant-dernier, ou encore auparavant, quand mon âme était hors de moi, et je me forme la vision.

Dans les époques passées, où l’humanité maîtrisait d’instinct le rapport avec le monde physique et le monde spirituel, ces visions étaient tout à fait naturelles. C’est le progrès de l’humanité qui les rend ce qu’elles sont aujourd’hui : non maîtrisées, illusoires. Voilà ce qu’il faut comprendre, car il manque quelque chose à l’homme moderne : lorsqu’il fait une expérience dans le monde spirituel pendant son sommeil et qu’il revient au monde physique en s’éveillant, il n’entend pas l’avertissement du Gardien du seuil qui lui dit : Note bien tout ce que tu as vécu dans le monde spirituel et ramène-le dans le monde physique. Quand on le ramène, on sait ce qui est contenu dans la vison.

Si, au contraire, la vision n’apparaît que dans le monde physique, sans qu’on sache comment on l’y introduit, no ce que l’on ramène du monde spirituel, on commence à perdre la maîtrise du processus et l’on reste captif d’illusions.

On peut donc dire que les visions proviennent de ce que l’homme rapporte inconsciemment dans sa vie éveillée les expériences qu’il fait en dormant. En s’éveillant, elles forment des représentations bien plus denses, bien plus pleines, que les représentations habituelles, qui restent abstraites et schématiques. Les représentations que l’on ramène ainsi, on en fait des visions colorées et sonores.

Une autre aberration consiste en ce que l’homme transporte au contraire dans son sommeil ce qu’il éprouve et ressent dans la vie physique. Certes, lorsqu’il emporte cela dans la haute mer du sommeil, il lui est enjoint de ne pas y introduire de désordre. Mais quand le sommeil est très léger, comme celui qu’on a beaucoup plus souvent qu’on ne croit dans le cours habituel de la journée – on s’assoupit un peu, un tout petit peu, tout en continuant de marcher, et il faudrait davantage prendre garde à ce léger sommeil – dans ce sommeil léger on transporte aussi au-delà du Seuil, sans s’en apercevoir, sa manière quotidienne des impressions confuses qui font ressentir intérieurement ce qui doit arriver dans l’avenir, à soi ou à autrui. Le pressentiment se construit de cette façon.

Ainsi, tandis que les visions apparaissent quand on transporte dans la journée les expériences faites pendant le sommeil, quand on franchit inconsciemment le Seuil avec elles, le pressentiment naît lorsqu’on tombe sans s’en apercevoir dans un assoupissement léger tout en croyant être éveillé et qu’on transporte au-delà du Gardien du seuil, qu’on ignore, là encore, ce qu’on a vécu dans la conscience éveillée.

Mais tout cela se trouve si profondément au-dessous de la conscience qu’on ne le remarque pas. Au fond, on est perpétuellement en relation avec l’Univers entier. Si l’on en avait conscience, il y a bien des choses qu’on pourrait s’expliquer.

Quand on rapporte ici ce qui vient d’au-delà du Seuil, au mépris de son Gardien, cela provoque des visions. On peut donc dire : Si le Seuil est ici (indiqué au tableau noir par une ligne), auprès duquel se tien le Gardien, la vision apparaît lorsqu’on transporte l’expérience suprasensible dans le monde sensible, et le pressentiment apparaît lorsqu’on transporte ses expériences sensibles dans le monde spirituel, au cours de ce sommeil léger dont j’ai parlé.

Vous voyez que ces vestiges dont on peut faire l’expérience conduisent l’homme ici à la vision, là au pressentiment. Mais l’homme peut aussi se trouver exactement à la frontière juste sur le Seuil, et ne pas remarquer le gardien.

Ces situations peuvent aussi se présenter quand l’homme se sent comme intérieurement retenu par un charme, comme fasciné. Ici encore l’expression n’est pas très satisfaisante, car on n’est pas « charmé » au sens où on l’entend couramment : on est simplement pris, avec toute son âme, dans une certaine situation intérieure. Lorsque l’on s’arrête ainsi sur le Seuil et qu’on y ressent encore ce qui vient du monde physique et déjà ce qui vient du monde spirituel, on passe par l’expérience qui est très répandue en certains points de la terre, la deutéroscopie ou seconde vue : second sigh. C’est ce que l’on éprouve lorsqu’on est sur le Seuil dans un état de demi-conscience. On peut dire que ces anciens dons ataviques apparaissent quand l’homme se trouve en état de conscience amoindrie. Ils se manifestent en deçà du Seuil par des visions, au-delà du Seuil par des pressentiments et sur le Seuil même par des phénomènes de seconde vue.

J’aurais encore à parler demain de ces trois domaines, et je partirai de là pour caractériser les mondes que visions, pressentiments et phénomènes de seconde vue nous font obscurément deviner, mais sur lesquels un mode nouveau de connaissance doit projeter la lumière d’une conscience accrue.



Le Dieu Anubis à tête de Chacal joue le rôle de gardien du seuil entre le monde des ténèbres et le monde de la lumière.
avatar
obsidienne

Messages : 3302
Date d'inscription : 21/10/2012
Age : 53
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Septième conférence : L’interférence des différents mondes

Message par obsidienne le Dim 28 Mai - 20:23

Septième conférence

Penmaenmawn, 25 août 1923.

L’interférence des différents mondes


Dans la vie de l’homme, le monde suprasensible et le monde sensible interfèrent constamment. J’ai déjà fait allusion à ces cas extrêmes où les deux mondes, ou plus exactement les trois mondes, agissent l’un sur l’autre, sans que l’homme fasse lui-même quelque chose pour cela.

Nous allons étudier aujourd’hui différents types d’interférences entre les divers mondes. « Je commencerais par le type qu’on appelle couramment le « somnambule », puis nous considérerons le type « Jakob Böhme » enfin le type « Swedenborg ».

Ces trois types se situent l’un par rapport aux autres de telle façon que chacun nous montre, à la manière d’une sorte d’expérience que ferait le monde, comment l’évolution de l’homme est liée à celle de l’Univers. C’est sur ce point qu’à travers eux je souhaiterais attirer votre attention.

Si nous considérons ces trois types, somnambule ordinaire, « Jakob Böhme » et « Swedenborg », qui entrent dans les mondes spirituels et en ressortent, tout en ignorant jusqu’à un certain point le Gardien du seuil, nous constatons qu’ils perçoivent le monde spirituel et même, comme c’est plus spécialement le cas du somnambule, qu’ils agissent, d’une tout autre manière que par la connaissance imaginative, inspirée et intuitive. C’est qu’en effet, lorsqu’on pénètre dans le monde spirituel – ce que tout homme fait inconsciemment chaque fois qu’il s’endort -, toute chose devient différente de ce qu’elle est ici dans le monde physique. J’ai déjà fait allusion à cela.

Il y a essentiellement trois propriétés du monde suprasensible qui sont tout à fait contraires à celles du monde physique. Et l’homme ressent à tel point cette opposition avec tout ce qu’il tient pour vrai, juste et sain dans le monde physique, qu’il ne lui est pas possible, avec un corps et une âme constitués comme ils le sont actuellement, de pénétrer d’emblée dans ce monde suprasensible.

C’est pourquoi j’insiste tellement dans mon livre « Comment acquérir des connaissances sur les mondes supérieurs », paru en traduction anglaise sous le titre « Initiation », pour que, si l’on veut pénétrer dans le monde suprasensible, on s’y prépare impérativement de façon juste. Tout y est décrit pour que l’homme, s’il suit les indications données dans ce livre, pratique scrupuleusement les exercices préparatoires adéquats et pénètre ainsi de façon juste dans le monde suprasensible.

Mais les trois types dont je vais parler, n’entrent pas dans le monde spirituel préparés de la sorte. Ils y entrent plutôt du fait de leur destin, et sont également protégés par ce destin, par leur karma, de certains dangers. Et c’est encore grâce à ce destin, ce karma, qu’ils sont parvenus à révéler aux autres hommes des choses qu’on ne pourrait sinon connaître qu’au moyen de la connaissance imaginative, inspirée et intuitive.

Dans le monde spirituel cesse, en premier lieu, toute pesanteur, toute gravitation. Lorsqu’on s’y trouve réellement, on n’est jamais dans le pondérable ; on vit entièrement dans l’impondérable. La première expérience dans le monde spirituel, c’est d’éprouver ce qu’on sentirait dans le monde physique si le sol venait à vous manquer sous les pieds et qu’il faille tenir debout en un lieu par sa seule force intérieure.

Il faut donc vous représenter que lorsqu’on veut vraiment pénétrer le monde spirituel, on éprouve immanquablement le sentiment que nous aurions dans le monde physique si un démon nous retirait le sol de dessous les pieds et que, ne devant pas suivre la pesanteur, il nous faille nous maintenir librement dans l’espace par notre propre force.

Ce qui apparaît en second lieu dans le monde suprasensible, c’est que toute perception physique cesse. On peut dire, en raccourci, que la lumière s’éteint dans le monde spirituel et qu’on y est plongé dans les ténèbres. Mais ce n’est qu’exprimer partiellement la vérité ; car en fait, ce n’est pas seulement la lumière qui s’éteint –elle s’éteint bien aussi dans le monde physique pour les aveugles, mais ceux-ci possèdent encore les autres perceptions sensibles - : dans la science de l’esprit, on englobe souvent dans le concept « lumière » tout ce qui est couleur et lumière, mais aussi ce qui est audible, ce que l’on peut toucher, percevoir comme sensation de chaleur, etc.

Tout cela cesse dans le monde suprasensible, et l’on dit pour caractériser ce fait général « tout devient sombre, là où tout était clair », empruntant cet attribut à ce qui est pour la plupart des gens la perception sensorielle la plus importante.

Ce qui se produit en troisième lieu dans le monde spirituel, et qui en appelle le plus à l’énergie intérieure, c’est qu’à la place du plein, le vide apparaît. Ici, dans le monde physique, vous trouverez partout quelque chose que vous pouvez toucher. Si vous ne touchez rien, vous avez l’air dans lequel vous baignez. Partout vous trouverez le plein.
Dans le monde spirituel, en opposition à ce plein règne le vide.

On peut donc dire : Ici, dans le monde physique sensible, domine ce qui est pondérable, ce qui est lumineux (et qui recouvre toute les perceptions sensibles), et ce qui est plein. Dans le monde spirituel règne l’impondérable, l’obscur, qu’il faut soi-même illuminer par la lumière intérieure que l’on développe au cours de son cheminement personnel, et le vide, qu’il faut soi-même emplir de l’essence que l’on recueille quand, par l’Intuition, on se plonge dans d’autres entités spirituelles, comblant ainsi de nouveau ce vide pour la conscience supérieure.

Quand l’homme, instinctivement poussé par son destin, quitte le pondérable et la pesanteur, et se laisse guider dans un domaine où tout d’abord règne l’impondérable, il est saisi par des forces qui sont extérieures à la Terre. Lorsqu’il se promène sur terre dans le monde physique, et même lorsqu’il est allongé, il est toujours soumis à la pesanteur.

Mais si, à certains moments, il échappe à cette force, à la place de la pesanteur s’exerce la force contraire, la contre-pesanteur. L’homme ressent alors en lui une force qui l’entraine loin de la Terre au lieu de l’y attacher. Cette force est la même que celle qui, outre la lumière réfléchie, émane de la Lune.


Ainsi, quand l’homme se promène sur terre, il est normalement soumis à la pesanteur qui s’exerce sur lui vers le bas et le maintient attaché à la terre. Mais si, par son karma lié aux forces naturelles en lui, il échappe à cette pesanteur terrestre pendant certains moments, les forces lunaires commencent à agir comme une antigravitation et, sous leur influence, il se met à marcher en dormant. Le somnambule est alors soumis aux forces qui règnent dans son corps physique et dans son corps éthérique et qui sont apparentées aux nombreuses autres forces que la lune, en plus de la lumière solaire, réfléchit en direction de la Terre.

Ces forces attirent l’homme et veulent constamment l’arracher à la Terre.
avatar
obsidienne

Messages : 3302
Date d'inscription : 21/10/2012
Age : 53
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La connaissance initiatique - Le règne de l’esprit dans la nature.

Message par obsidienne le Dim 28 Mai - 20:30

Au moment où, échappant à l’action terrestre de la gravitation, il est ainsi par les forces lunaires de l’antigravitation qui agissent en opposition avec les forces terrestres, il peut se livrer à des promenades comme en font les somnambules. Si ces forces lunaires sont opposées aujourd’hui aux forces terrestres normales, il n’en a pas toujours été ainsi. De nos jours nous ne les voyons plus apparaître qu’à l’état anormal, chez le somnambule.

Appelez-le par le nom qu’il porte sur cette terre, lorsque sous l’influence des forces lunaires il marche sur un toit : il tombe aussitôt. Il entre immédiatement dans le domaine des forces terrestres, parce que c’est seulement de nos jours que l’on désigne ainsi les gens par leur nom. A d’autres époques, les gens ne portaient pas de tels noms. Ce qui était normal, alors, c’était ce qui agit encore à présent dans le somnambule.

Celui qui comprend bien ces faits voit en l’homme actuel, dans l’état que l’on considère aujourd’hui comme normal, lié aux forces terrestres actuelles. Le somnambule, par contre, dirige notre attention sur l’état auquel se trouvait l’homme quand l’univers en était encore au stade de la période dite lunaire.

Dès l’instant où l’homme entre dans ce domaine de la période lunaire, il s’y comporte comme s’il ne vivait plus sur terre, dans le monde physique, mais dans le monde astral : son être physique ne répond plus qu’aux forces astrales. L’astral se sert de son corps physique. Ce modelage du physique par l’astral caractérisait la période lunaire. Ce qui, aujourd’hui encore, rappelle cette activité astrale dans le physique a été autrefois une phase de l’évolution de l’univers, la phase lunaire, et cela se reproduira. Mais c’est d’une façon consciente qu’alors l’homme pourra se mouvoir, par exemple, sur des plans à pic comme seules peuvent le faire aujourd’hui les mouches. Cet état évoque ce qui adviendra dans un avenir lointain : la phase d’évolution jupitérienne. Si bien que, lorsque nous avons une réelle compréhension du somnambulisme, nous pouvons étudier dans le phénomènes physique qu’il nous montre, comme si la nature elle-même se livrait une expérience devant nous, ce que l’homme a pu accomplir dans une matière infiniment plus subtile que la matière physique qui forme notre chair aujourd’hui, et ce qu’il pourra de nouveau atteindre lorsque, dans une pleine clarté de conscience, il aura appris à dominer la substance physique. Ce sera, dans un lointain avenir, la période jupitérienne de notre évolution. C’est ainsi que le somnambulisme témoigne du passé et présage l’avenir de l’évolution.

Nous avons affaire, dans ce cas, à des hommes que nous pouvons appeler des hommes lunaires. A certains moments de leur vie, ils deviennent somnambules.

Les mouvements que le somnambule accomplit dans un milieu soustrait à la pesanteur, dans l’impondérable, peuvent être accomplis spirituellement en pleine conscience, si l’homme a la force de conserver, ce faisant, un calme absolu. On peut dire que le somnambule obéit aux stimulations des forces lunaires, il s’y soumet inconsciemment, il exécute le moindre mouvement qu’elles lui imposent. Celui qui s’élève à la clairvoyance exacte et consciente n’en fait aucun, il les retient. Ces mouvements retenus se métamorphosent en Intuitions.


De sorte que l’Intuition consciente, le plus haut degré de clairvoyance exacte, consiste au fond à retenir en soi les impulsions auxquelles le somnambule cède instinctivement, parce qu’il s’abandonne à ces forces et se perd complètement en elles.

Celui qui les métamorphose ne se perd pas dans les forces lunaires physiques ; il les maintient en lui et parvient ainsi intuitivement à s’adonner à la sphère spirituelle correspondante : il s’élève à l’Intuition.


On peut donc faire de très intéressantes observations du rapport de l’homme et de l’évolution en étudiant ces hommes lunaires. D’un côté, ils sont les témoins d’époques révolues de l’évolution cosmique et de l’autre ils nous montrent ce que sont par opposition des hommes doués de clairvoyance exacte.

Les somnambules sont des instinctifs, les êtres doués de clairvoyance exacte intuitive ont la maîtrise de leurs actes, ils sont fermement armés contre le pouvoir de la Lune. Voilà ce qui nous montre un premier rapport de l’homme au monde.

Le deuxième type d’hommes dont j’aimerais parler est le type « Jakob Böhme ». Par une prédestination naturelle, Jakob Böhme pouvait percevoir à certains moments de sa vie, étant pleinement éveillé, au lieu du monde baigné de soleil qui l’entourait, l’espace obscur. Vous comprenez, d’après ce que j’ai dit plus haut, qu’il ne s’agit pas là des ténèbres opposées à la lumière, mais du silence de toutes les qualités sensibles.

A ces moments, Jakob Böhme percevait, au lieu de la clarté, l’obscurité, au lieu des sons engendrés par le monde, le silence et le calme, au lieu du chaud, l’indifférence à la chaleur ou même ce froid qu’on pourrait appeler l’anti-chaleur ou même ce froid qu’on pourrait appeler l’anti-chaleur, etc.

En sorte que, en observant son état par Inspiration, on aurait du dire, bien que lui-même ne se fût pas perçu sous cet angle : a certains moments de sa vie, Jakob Böhme a devant lui, au lieu du monde ensoleillé, les ténèbres absolues.

Les hommes qui éprouvent ces impressions sans en être conscients, si bien que, plongés dans un léger sommeil, ils se croient encore tout à fait dans le monde baigné de soleil, jouissent d’une faculté qu’on appelle deutéroscopie ou seconde vue, second sight.


Jakob Böhme possédait ce don à un très haut degré, mais d’une manière telle qu’il ne l’utilisait pas à l’égard d’évènements terrestres particuliers : il scrutait plutôt la constitution de toute la Terre. A quelles visions ce don le mena-t-il ?

Je vais faire un destin pour rendre cela plus compréhensible. Alors que la plupart des hommes ont ici devant eux la clarté du soleil, Jakob Böhme, lui, voyait les ténèbres, le silence des sens, et ceci à partir de ce point où, normalement, les rayons visuels se croisent quand nos yeux fixent un objet proche ou lointain, ou encore derrière le point où, quand on pose la main droite sur la main gauche, on ne ressent rien d’extérieur, mais son propre soi, comme un mur. Représentez-vous de façon vivante ces ténèbres qui seraient devant vous. Cela correspond très exactement à une image sensible. Quand vous avez devant vous un miroir, vous ne voyez pas ce qui est derrière ce miroir, mais seulement ce qui est devant lui. Il en est de même, dans le domaine spirituel, pour celui qui voit comme Jakob Böhme, vous regarderiez, à certains moments, dans les ténèbres, et vous verriez alors s’y refléter tout ce qui vit spirituellement dans l’existence terrestre. Vous y liriez la constitution spirituelle de la Terre et les détails de ce qui s’y déroule.

Jakob Böhme était doué d’une puissante seconde vue.
avatar
obsidienne

Messages : 3302
Date d'inscription : 21/10/2012
Age : 53
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La connaissance initiatique - Le règne de l’esprit dans la nature.

Message par obsidienne le Dim 28 Mai - 20:33

Il peut y avoir chez quelqu’un d’autre aussi des instants où il a devant lui des ténèbres qui lui cachent la lumière physique en lui donnent ainsi la faculté de voir dans le monde spirituel. S’il sait alors utiliser ce miroir spirituel, qui est constitué simplement de ténèbres, il peut percevoir, grâce à toutes les communications intérieures qui relient entre eux les phénomènes terrestres, par exemple les actes ou même les pensées d’un ami en Amérique, alors que lui-même se trouve en France. Car si tout ce que nous percevons avec nos yeux physiques, avec nos sens physiques, résulte de l’action du Soleil, il existe aussi des effets cachés du soleil, qui vivent dans tout, dans les minéraux, les plantes, les animaux, et même dans l’homme. Et quand vous êtes en Europe, vous restez en communication, grâce à cette action cachée en vous du Soleil, avec ce que votre ami éprouve, lui aussi, même lorsqu’il vit là-bas en Amérique.

Ces communications agissent dans le karma. Plus d’une personne a été conduite par son destin – dans le mariage, l’amitié ou l’amour – vers quelqu’un qu’il ne connaissait pas, et qui peut-être vivait en Amérique ou ailleurs. Les influences solaires cachées sont en effet à l’œuvre dans les conséquences karmiques que l’on assume sur terre. Ici, ces influences cachées deviennent visibles comme en un miroir.

La seconde vue est particulièrement développée chez les hommes qui vivent à l’écart sur des îles, dans des vallées montagneuses ou d’autres contrées favorables à cet égard. Si elle est souvent leur apanage, c’est qu’une existence solitaire mène plus facilement à percevoir cette communication intérieure qui existe entre les choses et peut ainsi produire partiellement ces ténèbres dans leur vie. De là vient la seconde vue, qui est répandue en Ecosse, en Westphalie, celle que Oberlin a si bien décrite pour la vallée retirée du Ban de la Roche en Alsace, etc.

Ce phénomène apparaît donc en certains endroits. Les réalités qui jouent sur terre, lorsqu’elles sont vraies et authentiques comme celles dont je viens de parler, comme ces influences cachées du soleil, devraient être comprises autrement que l’on n’est disposé à le faire à notre époque de matérialisme.

A notre époque matérialiste, certaines personnes qui se croient très sensées discutent, par exemple, pour savoir s’il y a eu ou non un roi Arthur, s’il fut réel ou légendaire. Or celui qui voit le fond des choses est tenté de parler tout autrement. Pour lui, un savant qui doute de l’existence du roi Arthur est beaucoup plus légendaire en mythique, en dépit de son existence physique, que le roi Arthur lui-même !

Les hommes doués de cette seconde vue que possédait à un si haut degré Jakob Böhme, on peut les appeler des hommes solaires. Comme les autres hommes perçoivent avec leurs yeux physiques l’action du Soleil dans le monde extérieur, ceux-là sont pénétrés intérieurement par les forces solaires invisibles.

Alors que le type humain de la première catégorie était lunaire, celui de l’homme doué de seconde vue est le type solaire, le type « Jakob Böhme ». Il porte en lui, naturellement et par son destin, des facultés qui, bien qu’aujourd’hui anormales correspondent pourtant à des réalités. Mais, ici encore, ce qui est de nos jours anormal, fut jadis parfaitement normal.

Nous en arrivons donc de nouveau à nous dire, en songeant à ce que peuvent percevoir les hommes doués de seconde vue, en songeant aux forces solaires cachées qui les traversent, que cette perception autrefois normale à une époque reculée de l’évolution, redeviendra normale dans l’avenir. Quand l’évolution universelle passa par la phase solaire, il fut normal que les hommes regardent dans les ténèbres comme en un miroir où les choses spirituelles se réfléchissaient. La Terre entière à traversé le stade d’évolution qui, à partir d’une substance légère et gazeuse, a façonné l’homme solaire. Cette phase s’écoula dans un état de conscience très atténué.

Cela reviendra un jour. L’homme sera en mesure, en toute conscience, de créer autour de lui les ténèbres, pour que tout l’univers vienne s’y refléter.

Nous en serons alors à la phase évolutive qui est appelée celle de Vénus et qui représente un stade futur de la Terre. S’il veut parvenir à cette seconde vue consciente, il faut que l’homme dépouille la grossièreté de ses sens, de ses sensations, de ses perceptions physiques, et qu’il fasse surgir en lui une fine et libre sensibilité. Ce but peut-être atteint aussi d’une façon tout à fait intérieure, bien qu’alors la chose ne soit pas sans danger. Je le décris ici, mais sans le conseiller à personne. On peut donc atteindre ce but en fixant un objet extérieur brillant qui produit bientôt une fascination. Par là s’émousse peu à peu la sensibilité externe et en revanche la sensibilité interne est accrue.

Dans l’ancien temps, on cultivait systématiquement, dans certaines circonstances, cette seconde vue. Les récits qui en parlent mentionnent ce qu’on appelle le miroir magique. C’étaient des instruments destinés à produire la fascination, à émousser les sensations externes et à intensifier par réaction les sensations internes. On a ainsi provoqué, grâce à l’instrument du miroir physique, la réflexion d’événements spirituels.

Ce qu’on voyait dans le miroir physique importait moins que la propriété qu’avait ce miroir d’atténuer les sensations externes pour éveiller les sensations internes. C’est ainsi que la croyance est née que l’on pouvait voir les sentiments ou les pensées d’amis éloignés se refléter dans le miroir lui-même, alors qu’en réalité on n’a fait que voir en soi-même l’état de son âme provoqué par l’action du miroir physique.

Cependant ce sont bien des réalités que contemple un voyant de cette sorte. Il voit l’esprit agissant dans le domaine de la nature et il est ainsi lui-même en quelque sorte rattaché à tout ce qui, dans la Terre, est solaire.

Si l’on veut vraiment comprendre les écrits de Jakob Böhme, il faut admettre que leur contenu est en réalité une seconde vue admirable en sa complexité.
avatar
obsidienne

Messages : 3302
Date d'inscription : 21/10/2012
Age : 53
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La connaissance initiatique - Le règne de l’esprit dans la nature.

Message par obsidienne le Dim 28 Mai - 20:34

Une autre personnalité, Paracelse, était organisée de façon analogue, bien qu’un peu différente. En plus de sa faculté de vision, il avait une puissante intelligence. C’est par elle qu’il interpréta toujours les tableaux que sa seconde vue lui présentait. Tant qu’on exerce son intelligence à réfléchir sur les choses physiques, on ne les modifie pas. L’intellectualité reste sans effet sur la constitution des objets sensibles. Il n’en va pas de même à l’égard de ce que l’on voit dans ce reflet dont je viens de parler.

Seul un homme comme Jakob Böhme, qui pouvait s’adonner à la nature extérieure avec un parfait oubli de lui-même, avait la possibilité de percevoir de façon si pure, par sa seconde vue, la constitution intime du monde. L’amour infini qui vécut en lui, et avec lequel il sut regarder les choses et comprendre les images de l’esprit qui vivent dans le monde, perce à travers chacune des ses lignes. C’est ainsi qu’en lui, comme des sortes d’Imaginations du monde spirituel, les reflets restèrent aussi purs que possible.

Ils s’altérèrent par contre légèrement chez Paracelse, du fait de sa puissante force intellectuelle. Ils donnèrent lieu à des reflets modifiés. Les miroirs physiques peuvent modifier ce qu’ils reflètent. Vous pouvez facilement vous en convaincre si vous regardez votre visage dans une boule métallique comme on en trouve dans les jardins. Vous n’aimeriez sûrement pas avoir sur vos épaules la tête qui vous est renvoyée là ! Eh bien, quand on aune intellectualité comme celle de Paracelse, elle modifie la surface réfléchissante à travers laquelle elle regarde. Mais par contre, elle mène aussi plus profondément à l’intérieur de soi.

Jakob Böhme, par son observation des choses poussées jusqu’à l’amour le plus extrême, fut observateur contemplatif. Paracelse, qui s’attachait à l’observation des forces intérieures, courba l’image des choses, la manipula, et pénétra davantage jusqu’aux forces de guérison qui sont des forces solaires cachées dans les choses.

Si on apprend à maîtriser consciemment ces forces solaires cachées en l’homme, et qu’alors on n’utilise plus les ténèbres pour voir des reflets, mais qu’on dirige vers elles la lumière intérieure allumée dans l’âme et l’esprit par la méditation et la concentration, éclairant donc ces ténèbres de façon à emplir avec les forces solaires cachées l’espace éclairé sinon par le soleil extérieur, quand on devient soi-même assez lumineux spirituellement pour éclairer le monde alentour, alors on accède à l’Imagination consciente.

Cette imagination consciente n’est rien d’autre que l’éveil à la pleine conscience, celle à laquelle nous a habitué la connaissance, de ce qui vivait dans les écrits d’un Jakob Böhme, mais de façon plutôt inconsciente, c’est-à-dire avec moins de maîtrise du monde des idées, parce qu’il était un homme solaire.

De même que les forces lunaires, qui agissent secrètement en l’homme et le poussent au somnambulisme, se transforment, lorsqu’elles sont dominées, en forces d’Intuition, de même les images que les forces solaires font surgir des ténèbres spirituelles se changent en Imagination consciente.

L’imagination consciente apparaît donc quand on ne se contente pas de laisser venir à soi les images, mais qu’on s’en saisit et qu’on les pénètre. Au lieu de les contempler en les laissant simplement agir sur soi, on doit les traverser pour voir au travers. L’imagination consiste à traiter la seconde vue à l’inverse du style habituel, en la transperçant pour voir à travers elle !

Le type « somnambule » vit donc dans les forces lunaires, le type « Jakob Böhme » dans les forces solaires.
avatar
obsidienne

Messages : 3302
Date d'inscription : 21/10/2012
Age : 53
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La connaissance initiatique - Le règne de l’esprit dans la nature.

Message par obsidienne le Dim 28 Mai - 20:38

Un troisième type vit dans les ambiances de chaud et de froid, toujours présentes dans l’atmosphère terrestre. Dans sa vie normale, l’homme s’habitue à cette activité de la chaleur. Mais il existe une certaine sensibilité interne très subtile, indépendante des impressions extérieures de chaud ou de froid, et par contre très, très réceptive aux effets impalpables de chaud et de froid qui parcourent l’univers.

C’est cette faculté de percevoir l’action secrète du chaud et du froid qui s’exerce encore dans l’espace, indépendamment acquit à un certain moment de sa vie. Quand on cherche à pénétrer dans la vie mystérieuse de Swedenborg, il apparaît peu à peu que cette sensibilité aux impressions de chaud et de froid émanant de l’espace cosmique n’a pu apparaître en lui à un certain âge que parce qu’il avait été auparavant l’un des savants les plus remarquables de son époque. Les ouvrages de Swedenborg dans le domaine de la science officielle sont extrêmement nombreux. Ils ne furent pas tous publiés en son temps, et il existe même de nos jours une Société de savants suédois dont le but est d’éditer en de nombreux volumes les écrits scientifiques qu’il a laissés. Mais ces savants ont avec Swedenborg bien du fil à retordre. Ils sont obligés d’admettre que ce fut l’une des personnalités les plus géniales de son temps. Mais à un certain moment de sa vie il devint clairvoyant, c’est-à-dire, aux yeux de ceux qui actuellement publient ses œuvres officiellement reconnues, stupide.

Quant à nous, occupons nous aujourd’hui de la vision supérieure qui se développa en Swedenborg, après qu’il eut assimilé la totalité de la science de son époque. Nous allons étudier de plus près pourquoi il est devenu « bête » aux yeux de la science officielle.
On se rend compte, lorsqu’on approfondit la personnalité de Swedenborg, qu’il est devenu « bête » parce que, vers la quarantaine, il développa un amour intense, un amour débordant, pour tout ce qu’il avait appris jusqu’alors. Plus qu’aucun homme au monde, Swedenborg apprit à aimer la connaissance en tant que telle. Et cet amour de la connaissance l’amena, à un certain moment de sa vie, à voir à sa façon dans le monde spirituel, à se rendre réceptif aux variations secrètes de chaud et de froid qui se produisent dans l’espace universel.

Ces états cachés de chaleur et de froid dans l’espace cosmique ne viennent ni de la lune ni du soleil, mais principalement d’une planète qui ne luit à vrai dire que d’un modeste rayonnement dans l’espace : la planète Saturne.

Cet éclat particulièrement modéré de Saturne dans notre espace interplanétaire produit les forces cachées dont Swedenborg en particulier fut pénétré à un certain moment de sa vie.
Il fut ainsi en mesure de percevoir, en face du plein dont nous sommes partout entourés, le vide.

Un jour s’éveilla en lui la sensibilité à l’égard du vide. Mais elle s’éveilla comme instinctivement. Il n’avait pas cherché à obtenir ce résultat. Il n’avait pas suivi de méthode de développement comme celle que je décris dans « Comment acquérir des connaissances sur les mondes supérieurs. Elle s’éveilla en lui comme par un instinct supérieur très subtil. Et c’est ainsi qu’il put plonger ses regards dans ce monde où l’on ne peut voir que lorsqu’on perçoit les états de chaud et de froid qui traversent l’espace cosmique, c’est-à-dire le rayonnement de la planète Saturne dans l’espace. Il ne s’agit pas bien entendu, d’un monde physique sensible. Sa vision a donc eu quelque chose de très particulier.

Si vous lisez les œuvres dans lesquelles Swedenborg décrit les résultats de ses visions, vous verrez que celles-ci ont l’apparence d’expériences terrestres éthérisées et affinées.

Les esprits qu’il voit, les anges, archanges, etc., se meuvent, certes, libérés de toute pesanteur et d’autres choses analogues, mais pourtant presque de la même façon que les habitants de cette terre. On peut alors se demander si ce qu’il a vu ainsi est un monde réel ou si c’est seulement la projection dans le vide du plein qui était en lui. Ce n’est, en fait, ni l’un ni l’autre. C’est même tout autre chose. Outre le monde que l’homme voit avec ses sens physiques, et celui qu’il ressent comme un deuxième monde, le monde éthérique, outre ces deux territoires de l’univers que sont le monde physique sensible et le monde éthérique, ce qui nous entoure est aussi un monde spirituel pur où vivent et agissent des entités spirituelles qui ne descendent jamais sur la Terre.

Mais ces entités qui sont à l’œuvre dans le pur monde spirituel doivent intervenir dans la vie terrestre. C’est pourquoi il leur faut communiquer à l’éther terrestre ce qu’elles accomplissent dans le pur champ spirituel. Nous pouvons esquisser le schéma suivant : ici, la Terre, environnée et pénétrée aussi de l’éther terrestre ; au-delà, - je ne puis le représenter que dans l’espace, mais en réalité c’est un monde extraspatial – le monde pénètre dans le domaine terrestre. Ce n’est que grâce à l’activité de ces entités spirituelles que la Terre est ce qu’elle est.

Cette activité pénètre en rayonnant dans le domaine terrestre d’où elle est renvoyée pour se refléter dans l’éther terrestre. Et les forces de cet éther sont vraiment des réalisations éthériques des forces spirituelles situées au-dessus d’elles. Si nous observons cet éther qui nous entoure, nous y retrouverons l’activité des êtres spirituels sous formes d’images éthériques. Leur activité réelle est au-dessus ou à l’intérieur de ces manifestations. Ce qui nous entoure immédiatement sur terre, c’est l’activité qui est tout d’abord projetée de l’espace vers la Terre et que celle-ci rejette ensuite vers son éther. C’est exactement comme si les reflets ne demeuraient pas de simples images, mais commençaient à développer une activité propre. Il existe donc une activité spirituelle qui est en réalité réfléchie depuis la terre dans l’éther. C’est une projection réelle de l’activité des être spirituels.

Jakob Böhme lisait comme en un miroir ce qui se passe dans le corps humain ou dans la nature. Pour Swedenborg aussi, la Terre était un miroir qui réfléchissait dans l’éther les images de l’activité du monde spirituel. Il est donc tout aussi inexact de dire que tout ce que Swedenborg a vu n’est pas le monde spirituel, que de dire : c’est bien le monde spirituel. Car c’est un reflet réalisé, un reflet réalisé par le miroir « Terre ». Ce reflet est vrai ; c’est le vrai reflet de la réalité qui se trouve en dehors de l’observateur.

Voilà ce que Swedenborg a vu. Il a vu dans l’éther terrestre comment les entités supraterrestres créent dans cet éther des forces qui jouent ensuite un rôle dans la vie humaine comme dans la vie terrestre. Car ces forces éthériques, qui ne sont pas les anges ou les archanges eux-mêmes, mais des forces vibrant dans l’éther, jouent vraiment un rôle dans la vie de notre planète et de l’homme. De nos jours, il est anormal que quelqu’un ait la vision de ces forces éthériques occultes qui dessinent dans l’éther environnant un reflet des archétypes les plus hauts de l’esprit.

Mais cette vision fut absolument normale à une époque antérieure de l’évolution : celle qui précéda la phase solaire et que l’on peut nommer l’ancienne époque saturnienne. On avait alors conscience que l’homme traverserait l’époque de Vénus et que, lorsque celle-ci serait écoulée, apparaîtrait celle de Vulcain.

Swedenborg a eu cette vision très particulière : il a vu sous quelle forme la Terre existait dans le passé, comment elle apparaissait aux hommes de ces temps, et comment elle se manifestera de nouveau aux hommes futurs.

Quand l’homme parvient à pénétrer consciemment les images que Swedenborg voyait dans l’éther, quand il oppose son propre « plein » au vide de l’espace cosmique pour parvenir à une clairvoyance exacte, les entités qui se reflétaient éthériquement au regard de Swedenborg commencent par disparaître. Elles échappent à la vision éthérique ; mais elles deviennent perceptibles à l’audition intérieure, à l’oreille spirituelle. Si on les efface pour ainsi dire en tant qu’images visionnaires, elles se transforment en Inspirations qui résonnent des confins du monde spirituel jusqu’à la conscience de l’observateur.

On peut donc dire que ce qui chez Swedenborg était Imagination inconsciente, parce qu’elle surgissait comme reflet éthérique, peut devenir, si l’on observe fidèlement les préceptes du Gardien du Seuil – ce que ne pouvait faire Swedenborg – l’Inspiration astrale. Elle résulte de l’Imagination éthérique métamorphosée et peut apparaître chez l’homme en toute conscience.

Je viens de vous dépeindre le rapport de ces trois états relativement subconscients qui correspondent au genre « somnambule », au genre « Jakob Böhme » et au genre « Swedenborg », avec ce qui peut être acquis consciemment dans l’Intuition, l’Imagination, l’Inspiration.

L’ordre dans lequel ces états se succèdent doit être aujourd’hui modifié, parce que je les ai décrits d’après le Cosmos. Lorsqu’on ne s’attache pas aux noms, mais aux choses, si l’on fait des descriptions à partir de points de vue différents, il faut modifier l’ordre dans lequel on les énumère, de même que l’ordre de la réalité sensible peut être modifié par la perspective : si je me trouve placé entre deux personnes, l’une est devant moi, l’autre derrière. Si je me place devant celle qui me précédait, je les ai toutes deux derrière moi. C’est ainsi que les choses changent d’aspect dans l’espace universel, suivant les points de vue que l’on doit adopter.

Dans les cycles de conférences que j’ai faits, vous voyez que les choses décrites de différents points de vue doivent apparaître respectivement dans un ordre différent. Si l’on ne comprend pas cette nécessité et qu’on s’attache aux abstractions, on dira : Cela ne concorde pas ! Mais seul celui qui fait ses descriptions à partir de simples suppositions peut aisément dire toujours des choses que même les intellectuels trouveront cohérentes. Celui qui, pour sa part, s’appuie sur la réalité pour décrire les choses doit commencer par faire ce que la réalité fait aussi ; si on la regarde en partant de points de vue différents, elle peut se montrer pleine de contradictions !


avatar
obsidienne

Messages : 3302
Date d'inscription : 21/10/2012
Age : 53
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La connaissance initiatique - Le règne de l’esprit dans la nature.

Message par solasido le Mar 30 Mai - 8:58

Bonjour à tous

Venant du grec le mot physique signifie nature


Égal  à lui-même, Steiner ne dit pas grand chose sur la netiquette
ne prophètise pas sur le copimisme et encore moins sur
le chamanisme dont il ignore pratiquement tout !

Les relations entre la table périodique des éléments
et l'échelle musicale lui échappent totalement
tout comme les représentations graphiques d'opérations arithmétiques.

S'identifiant au langage par mots, donc prisonnier de sa mémoire livresque
ne remplaçant pas la moindre expérience, mais au contraire en l'empêchant,
la brillante culture de Steiner n'a jamais inventé sa propre écriture
même pas avec ses simagrées grammaticales, pour expert en affaires de singes.

Polémiquer ne permet pas l’acceptation de soi


Suicidaire, celui qui ne se limite qu'aux mots s'enferme dans les mots
tant que les mots se meurent au semeur de maux.

Ce n'est pas le cas avec le chamanisme,
qui lui n'ignore pas le langage par formes


Coopération ou trahison ?

Comme les plus célèbres des ignorants,
Steiner s'est écarté de la philosophie de Pythagore

Logos, cosmos, chaos, la nature demeure ce qui naît à soi

Quoique le silence y pousse, faute d'auto-dépassement,
Steiner ne sait pas qu'il ne sait pas grand chose de la machine humaine

Méfiance : Donner de la rage à son coeur
Trahir la confiance de l’autre c’est se trahir soi-même
A trop craindre le pire, on l'oblige à venir

Et c'est ainsi que systématiquement tout sectarisme (intolérance, mièvrerie et fanatisme)
fait  cracher dans la main tendue et voler le caca du chat (du voisin imaginaire).

Félicitations, Quel talent ! Action!

Changer sa vie
Parole créatrice
Oser dire son rêve
Redoubler ses chances
Faire confiance  
une preuve de courage
Donner du coeur à sa rage
La confiance se voit,
le doute trompeur se cache

Lecteur, récepteur actif
Es-tu ce que tu fais ?
La pluie le beau temps ?
Triste, triste, triste,  
A quel leurre ?
Juste, juste, juste
Une loi pour l'eau
Et là quelle heure ?
L'oubli complet des douleurs
jette au large son chant d'oiseau
Aveuglante splendeur



Bien à chacun et à tous

Merci beaucoup


Dernière édition par solasido le Mer 31 Mai - 14:46, édité 3 fois (Raison : age)
avatar
solasido

Messages : 230
Date d'inscription : 05/01/2014
Localisation : idf

Voir le profil de l'utilisateur http://taosophie.forumactif.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La connaissance initiatique - Le règne de l’esprit dans la nature.

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum