Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

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Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par obsidienne le Mar 23 Mai - 1:29

Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme.

Extrait du livre de Rudolf Steiner : Symptômes dans l’histoire

Neuvième Conférence. Dornach, 3 novembre 1918.

Nous avons, dans les chapitres précédents indiqué comment ce que nous appelons le peuple du Christ s’est trouvé relégué à l’Est, et comment, en raison d’autres faits, le peuple de l’Eglise proprement dit – on pourrait dire aussi « les peuples de l’Eglise » - s’est développé à partir du centre de l’Europe, mais davantage en direction de l’Ouest. A cette situation fondamentale sont liés divers conflits qui prirent leur extension environ le tournant qui marqua l’entrée dans la cinquième époque post-atlantéenne, et immédiatement après. Du fait que l’impulsion du Christ ne s’est pas maintenue sous la forme d’une efficacité permanente, mais sous celle d’une tradition et d’une interprétation traditionnelle des Ecritures, une unification, une confusion s’est établie entre le christianisme et la papauté, l’Eglise du pape, romaine et organisée en Etat, en ensemble politique ; et d’autres églises aussi se sont constituées, dans le contexte de l’Eglise du pape.

Certes, on peut dire que ces autres églises manifestent de grandes différences avec l’Eglise du pape – mais elles ont aussi beaucoup de points communs avec elle, et sont là des choses qui présentent pour nous un intérêt. Dans cet éclairage, l’Eglise d’Etat protestante nous apparaît tout au moins plus proche de l’Eglise catholique romaine que par exemple de l’Eglise orthodoxe, de l’Eglise russe, pourtant elle aussi église d’Etat – mais ce ne fut jamais son caractère essentiel. Ce qui est essentiel en cette Eglise russe, c’est la manière dont, à travers le peuple russe, l’impulsion du Christ, poursuivant son action en permanence, s’est affirmée. Nous avons vu également comment s’est constitué le mouvement jésuite, et comment est apparu, en opposition à ce mouvement, ce qu’on peut appeler le goethéanisme.

Ce goethéanisme, disais-je, s’efforce de promouvoir un courant opposé qui a une certaine ressemblance avec le christianisme russe. Il vise en effet à élever vers les mondes spirituels ce qui se trouve dans le monde physique. Ainsi, malgré ses conditions d’existence dans le monde physique, l’âme s’unit aux impulsions du monde spirituel, lesquelles ne sont pas directement transposées sur le plan de la réalité sensible – c’est ce qui se passe au sein du mouvement jésuite –mais sont seulement portées par les âmes. Goethe n’a pas souvent exprimé ses pensées le plus intimes à ce sujet. Mais si on veut les connaître, il faut revenir à un passage du « Wilhelm Meister » dont j’ai déjà parlé : wilhelm est conduit au château d’un gentilhomme où, entre autres choses, on lui montre une galerie de tableaux qui représentent l’histoire universelle et, dans le cadre de cette histoire du monde, l’évolution religieuse de l’humanité – Goethe présente ainsi, sous une forme littéraire, une grande idée. Son guide conduit Wihelm Meister jusqu’à un certain point : l’histoire est montrée jusqu’à la destruction de Jérusalem ; Wihelm fait alors remarquer ce qui lui paraît manquer : la représentation de la vie, comme il dit, de l’homme divin qui fut actif en Palestine immédiatement avant cette destruction de Jérusalem. Il est alors conduit dans une autre, dans une seconde galerie dans laquelle est montré ce que l’on ne voit pas dan s la première, où manque toute la vie, comme il est dit, de l’homme divin, du Christ Jésus.

On lui montre alors dans la seconde la vie du Christ Jésus jusqu’à la Cène. Et on lui explique alors ceci : toutes les impulsions religieuses représentées dans la première galerie, et actives jusqu’à la destruction de Jérusalem, concernent l’être humain en tant que membre d’une ethnie, d’un peuple. Ce que l’on voit dans la seconde galerie concerne l’individu seul, c’est l’affaire personnelle de chacun. Cela ne peut être proposé qu’à la personnalité. Ce n’est pas la substance d’une religion commune à tout un peuple, mais celle qui s’adresse à l’être humain en tant que tel.

Wihelm remarque alors que dans cette seconde galerie, la vie du Christ-Jésus n’est représentée que jusqu’à la Cène ; mais le récit de la Passion, jusqu’à la mort et au-delà, fait défaut. Il est alors conduit dans une troisième galerie tout à fait secrète où figurent les scènes de cette troisième partie. Mais en même temps, on lui fait remarquer que c’est là quelque chose qui touche à l’être le plus intime de l’homme et que l’on n’a aucunement le droit de la présenter d’une manière profane, aux yeux du monde extérieur, comme on le fait habituellement. Cela doit parler à l’être profond de l’homme.

On peut toutefois remarquer à bon droit que ce qui était encore valable du temps de Goethe – à savoir que la Passion du Christ n’était pas faite pour tous les yeux – cela n’est plus valable maintenant.

Depuis ce temps, nous avons franchi d’autres étapes de l’évolution. –Mais je voudrais signaler que dans ce passage du « Wihelm Meister », c’est l’attitude foncière de Goethe à ce sujet qui nous apparaît. Pour Goethe, la chose nous est clairement montrée, l’impulsion du christ doit être reçue au plus profond de l’âme ; il ne veut pas qu’elle se confonde avec ce qui vient du peuple, ni en tout cas avec les circonstances extérieures, celles du plan physique. Il veut au contraire qu’un rapport direct s’établisse entre l’âme du chaque être individuellement et l’impulsion du Christ. C’est là une chose extrêmement importante pour la compréhension non seulement de Goethe, mais aussi du goethéanisme. Je vous disais récemment : en face de la culture extérieure, Goethe et le goethéanisme sont en fait isolés ; mais lorsqu’on considère l’évolution en marche, les  progrès qu’accomplit dans son lien avec la religion l’être intime de l’homme, on ne peut plus dire cela. Dans cette perspective, la personne de Goethe représente un autre élément qu’elle prolonge. Mais pour bien comprendre comment Goethe est en contraste avec tout ce qui se manifeste dans les Eglises de l’Europe du Centre, il faut considérer une troisième impulsion.

Cette troisième impulsion se localise davantage à l’Ouest. Donc peuple du christ, peuple de l’Eglise, et maintenant une troisième impulsion qui anime aussi les peuples d’une certaine façon – on ne  peut pas dire qu’elle les inspire, mais qu’elle les anime, les impulse. C’est ainsi, mes chers amis, et il faut dire : ce qui en fait est apparu et a revêtu sa forme la plus extrême dans le mouvement jésuite, dans cette armée du généralissime Jésus-Christ, est profondément enraciné dans la nature même du monde civilisé, que l’on ne peut comprendre si on ne remonte pas bien au-delà dans l’évolution historique de l’humanité, vers quelque chose qui a longtemps continué d’agir par la suite.

Vous savez certainement par l’histoire des religions que parmi les formes diverses sous lesquelles le christianisme gagna les peuples en cheminant, si l’on peut dire, de l’Est vers l’Ouest, on compte celles de l’arianisme et l’athanasisme. Les peuplades goths, lombardes ou même franques qui ont pris part à ce qu’on appelle à tort – mais le mot est employé – la migration des peuples, ces peuplades étaient à l’origine des ariens. La différence entre le dogme conçu par Arius et celui que confessait Athanase vous intéresse probablement peu. Mais elle a joué un certain rôle, ce qui nous oblige à y revenir. Cette divergence aboutit à une controverse qui se déroula en particulier à Antioche. Athanase admettait que le Christ est un Dieu au même titre que Dieu le Père, et que par conséquent il existe un Dieu-Père, titre que Dieu le Père, et que par conséquent il existe un Dieu-Père, et un Dieu-Christ de même nature et de même essence que lui, et depuis l’éternité. C’est la conception qu’adopta le catholicisme romain. Aujourd’hui encore, il confesse la même foi qu’Athanase. Il faut donc dire qu’à la racine du catholicisme se trouve la foi en un Fils d’éternelle et semblable nature et essence que le Père.

Arius s’opposa à cette conception. Il était d’avis qu’un Dieu existe qui domine tout, un Dieu-Père, et que le Dieu-Fils, le Christ, fut même créé par lui. Issu du Dieu-Père, il est plus proche que lui des humains, et se fait en quelque sorte le médiateur entre le dieu-Père planant dans les hauteurs, inaccessible tout d’abord aux forces de la connaissance humaine, et ce que l’être humain trouve en lui-même.

Si étrange que soit la chose, elle semble n’être tout d’abord qu’une divergence dogmatique. Mais elle ne l’est que pour les hommes d’aujourd’hui. Mais elle ne l’est que pour les hommes d’aujourd’hui. Dans les premiers siècles du christianisme, elle n’était pas réduite à cela. Ce christianisme arien, édifié sur ce que je viens de vous exposer, sur ce rapport entre le Fils et le Père, était une lumière instinctive qui illuminait spontanément ces peuplades : les Goths, les lombards, tous ceux qui prirent la place des Romains pendant et après la chute de l’Empire. D’instinct, ces hommes étaient des ariens. C’est ce qu’étaient aussi les Goths, les Lombards qui envahirent l’Italie ; et les Francs ne se convertirent au christianisme que lorsque Clovis l’eut fait lui-même. Ils adoptèrent leur être intérieur, car eux aussi étaient auparavant ariens. Extérieurement, ils adoptèrent la foi selon Athase.

Et lorsque le christianisme se fut rangé sous ce drapeau dont le principal partisan était Charlemagne, tout s’adapta à cette foi athanasienne, ce qui permit le rattachement à la papauté. Une grande partie des peuples barbares : Goths, Lombards etc., fut anéantie ; ce qui n’avait pas spontanément disparu fut pourchassé et exterminé par les athanasiens. L’arianisme subsista sous forme de sectes ; mais en tant que religion populaire et directement agissante, il disparut.

Il faut ici se poser deux questions. Tout d’abord : qu’est-ce qui distingue l’arianisme de l’athanasisme ? Et ensuite : pourquoi cet arianisme a-t-il disparu, au moins sous sa forme de phénomène visible et symptomatique dans l’histoire ? Il y a là une évolution extrêmement intéressante.
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Message par obsidienne le Mar 23 Mai - 1:32

Voici ce que l’on peut répondre à la première question : l’arianisme est en quelque sorte le dernier vestige, la dernière des conceptions par lesquelles on s’efforçait de trouver encore un lien entre le monde extérieur, le monde des sens, et le monde spirituel divin. Il fut le dernier surgeon par lequel ceux qui en ressentaient le besoin pouvaient relier l’apparence sensible au spirituel, au divin. On peut dire que dans l’arianisme, l’impulsion christique russe est vivante ; non pas sous sa forme sacrée, cultuelle, mais sous une forme un peu plus abstraite. Elle fut extirpée par les athanasiens précisément parce qu’elle ne devait pas se répandre parmi les peuples d’Europe.

Lorsqu’on veut comprendre mieux ce qui se passait là, il faut tenir compte de ce qu’était à l’origine l’attitude d’âme des peuplades d’Europe, de celles dont on rapporte qu’elles supplantèrent l’Empire romain, comme on dit – ce qui n’est pas vrai, mais je n’ai pas le temps de rectifier ici ce point d’histoire – qui ont pénétré sur son territoire, et dont on sait seulement qu’elles ont supplanté l’Empire romain ; cette attitude d’âme de ce qu’on appelle les peuplades germaniques repose en fait à l’origine sur un tout autre fondement. Elles venaient des directions les plus diverses et se mêlèrent en Europe à une population autochtone qu’on qualifie non sans raison de celtique, et dont encore aujourd’hui subsistent certains vestiges dans certaines populations autochtone qu’on qualifie non sens raison de celtique, et dont encore aujourd’hui subsistent certains vestiges dans certaines populations. Aujourd’hui où l’on veut conserver tout ce qui a trait à la nature des peuples, on est en quête du celtisme partout où l’on en trouve – ou bien où l’on s’imagine en avoir trouvé – afin de le conserver sous une forme quelconque. Mais on n’a de l’élément des peuples en Europe une représentation juste que lorsqu’on imagine une culture européenne originelle, première, le celtisme, au sein duquel se développèrent les autres cultures : germanique, romane, anglo-saxonne, etc.

Sous sa forme originelle, l’élément celte s’est maintenu le plus longtemps dans les Iles Britanniques, et notamment au pays de Galles. C’est là qu’il a conservé le plus longtemps son caractère propre originel. Une certaine forme de sentiment religieux avait été repoussé vers l’est, et c’est ainsi que le peuple russe devint le peuple du Christ. De façon analogue, et du fait de certains événements dont vous pouvez trouver mention dans les manuels d’histoire, ou tout au moins dans certains, une certaine impulsion partit de l’Ouest, notamment des Iles Britanniques, et qui était un prolongement du celtisme originel. C’est ce prolongement de l’antique celtisme qui finalement a donné à l’Ouest son empreinte à la structure religieuse, comme l’on fait d’autres influences que j’ai indiquées pour l’Est et l’Europe du Centre.

Pour y voir clair dans ces faits, demandons-nous : qu’était donc le peuple celte ? Sur bien des points, les Celtes différaient entre eux, mais ils avaient un trait commun. Ils ne s’intéressaient guère au lien qui existe un trait commun. Ils ne s’intéressaient guère au lien qui existe entre la nature et l’humanité. Dans leur âme, ils se représentaient l’être humain seul, isolé de la nature. Ils avaient de l’intérêt pour tout ce qui est humain, mais aucun pour les liens qui unissent l’homme à la nature, pour l’Homme, être naturel.

En orient, où s’est développée une attitude diamétralement opposée, on ressent profondément et toujours le rapport entre la nature et l’homme ; et celui-ci apparaît comme issu de celle-là. C’est ainsi, je l’ai exposé, que Goethe le voit. Le Celte ne ressentait guère ce lien entre la nature humaine et la nature cosmique. Par contre, il avait un sens assez fort de la vie communautaire – mais une vie en commun réglée par une répartition entre supérieurs qui ordonnaient, et inférieurs qui se laissaient guider. C’était là son élément essentiel ; anti-démocratie, structure aristocratique. En Europe, cet élément remonte à l’antiquité celte. A l’époque, elle avait pour caractère essentiel une forme d’organisation basée sur l’aristocratie.

Cet élément celte aristocratique de la royauté eut, dirai-je, une certaine floraison. Le roi, qui est le chef qui groupe autour de lui ses auxiliaires, etc. cet élément se dégage du celtisme. Et le dernier en quelque sorte de ces chefs, dont les intentions personnelles étaient encore enracinées dans les impulsions originelles, celui qui apparaît le dernier, c’est le roi Arthur avec sa Table ronde au pays de Galles, avec ses douze chevaliers dont il est raconté – ce qu’il ne faut évidemment pas prendre au pied de la lettre – qu’ils eurent à vaincre des monstres, à triompher de démons. Tout cela atteste encore ce que fut le temps du passé, de l’union avec le monde spirituel.
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Message par obsidienne le Mar 23 Mai - 1:35

La manière dont s’est formée cette légende du roi Arthur, tout ces qui s’est groupé autour de lui, montre l’élément celte sous la forme de société monarchique par laquelle il s’est prolongé. Et c’est de là que vint la compréhension pour le commandement, l’organisation, la direction par un souverain.

Il se passa alors ceci : le Christ tel que le concevait Wulfila, le Christ des Goths, dont on avait un sentiment intense conforme à l’arianisme, c’était un christ pour tous les humains, pour des hommes qui en un certain sens se sentaient tous égaux, qui ne faisaient entre eux aucune distinction de classe, ne concevaient aucune aristocratie. Il était aussi le dernier fruit efficace du sentiment qu’avait l’Orient d’une communauté de nature entre l’homme sur terre et le Cosmos, entre l’homme et le monde naturel. Tandis que la nature était en quelque sorte exclue de cette structure, de cette organisation monarchique du celtisme.

Ces deux éléments confluèrent tout d’abord en Europe (je ne puis exposer la chose que dans son principe, sans entrer dans les détails), puis avec un troisième facteur. Dès le premier contact, ce fut l’arianisme qui poussa une pointe. Mais parce qu’il était né d’une conception qui rattachait l’être humain à la nature, il ne fut pas compris de ceux qui se trouvaient sous influence des impulsions celtes pures – parmi lesquels aussi des peuplades germaniques, franques, etc. Ceux-là ne comprirent que ce qui était en accord avec leur conception d’une organisation monarchique de la société. C’est ainsi que s’éveilla tout d’abord le besoin – sensible encore dans le vieux poème saxon « Heliand » - de faire du Christ le roi d’une armée, un chef souverain, un seigneur que suivent ses vassaux. Cette interprétation du christ roi, chef d’armée, est née d’une incapacité à comprendre ce qui venait d’Orient, et du besoin de concevoir ce que l’on doit vénérer sous la forme d’un souverain, d’un roi temporel.

Le troisième élément venait du sud et de l’Empire romain. Celui-ci avait déjà été infecté autrefois par une mentalité que l’on pourrait qualifier aujourd’hui d’administrative ». L’empire romain n’était pas un Etat – un meilleur terme pour le désigner serait : « ensemble analogue à un Etat ». Mais en un certain sens, il était très semblable – bien que son point de départ eût été différent – à ce que devait engendrer l’organisation basée sur le principe de la monarchie. Tout d’abord république, il avait pris la forme d’une organisation impériale, d’un empire analogue aux différents royaumes groupés dans le monde celte, mais avec une coloration germanique.

La manière dont était conçue et ressentie la vie sociale dans le sud, dans l’Empire romain, parce qu’elle débouchait sur une structuration extérieure, physique, ne pouvait pas vraiment s’unir à l’impulsion ancienne, instinctive, qui venait de l’Orient, à l’arianisme. Elle exigeait que les choses ne fussent pas proposées à la compréhension, mais décrétées souverainement. Et comme dans un royaume ou dans un empire on gouverne par décrets, la papauté, elle aussi, procéda par décrets. L’enseignement d’Arius pouvait être compris par tous les hommes.

Il faisait appel à certains sentiments présents avant tout chez les peuples dont j’ai parlé, mais que tous les hommes portent quelque peu en eux. Dans la foi confessée par Athanase, bien peu de choses parlent à la compréhension intérieure, au sentiment ; elle doit être imposée par voie d’autorité. Pour qu’elle puisse être incorporée à la communauté, au peuple, il fallait en faire une loi, à l’instar des lois séculières. Ainsi en advint-il : cette notion complètement incompréhensible, étrange, de l’identité du Fils avec le Père, dieux tous deux de toute éternité, fut par la suite conçue comme n’ayant pas besoin d’être comprise. Il fallait y croire. C’est une chose que l’on peut décréter.

La foi athanasienne peut être imposée par décret. Et du fait qu’elle dépendait directement d’une décision autoritaire, elle put être insérée dans un organisme d’Eglise à caractère politique. L’arianisme s’adressait à l’individu isolé, à l’homme ; on ne pouvait pas l’imposer par l’autorité, on ne pouvait pas non plus l’insérer dans une structure cléricale.
Ainsi vint confluer ce qui venait du Sud, de l’athanasisme avec sa tendance autoritariste, avec le besoin instinctif d’une organisation dirigée par un souverain que suivaient ses vassaux.

En Europe du Centre, ces éléments se sont confondus. Mais en Europe occidentale, sur le territoire britannique, et plus tard aussi en Amérique, un certain reste subsista de l’ancien aristocratisme, de cet élément qui donne une structure à la société en introduisant dans la vie sociale le spirituel. En effet, là l’élément spirituel était conçu comme lié à la vie sociale ; c’est ce que nous voyons, dans la légende du roi Arthur, dans le fait que les chevaliers de la Table ronde avaient à triompher de monstres et de démons, etc.

Le spirituel ne peut se cultiver que si, au lieu de l’imposer par des décrets, on l’introduit dans le principe de la structure elle-même, si on l’insère naturellement dans l’ensemble.

Ainsi, tandis que le peuple de l’Eglise se développait en Europe du Centre, vers l’Ouest, et notamment dans les populations anglophones, il se forma ce que l’on peut appeler – pour trouver une troisième dénomination – le peuple, ou les peuples, des loges : il apparut – ou ils apparurent – là où à l’origine une certaine tendance était présente à former des sociétés, un certain esprit d’organisation. Mais en dernier ressort, une organisation n’a de valeur que si on la crée par des moyens spirituels, sans qu’elle soit remarquée ; sinon il faut l’imposer par décret.

C’est ce qui arriva en Europe du centre. Dans les populations anglophones, la forme qui s’établit fut davantage celle de la souveraineté issue des loges, là où subsistait le celtisme. Le peuple – ou les peuples – des loges porte visiblement en lui ce qui peut non pas organiser l’humanité dans son ensemble, mais lui donner une forme de structure sociale, la répartir en ordres.

Dans la vie de l’histoire, les choses ne procèdent pas par filiation directe, l’une suivant l’autre ; elles viennent à se recouper. C’est ainsi qu’on observe un fait étrange ; en ce qui concerne la manière de se représenter les choses, l’activité de l’âme, ce principe des loges (dont la franc-maçonnerie est une caricature simiesque) est dans sa nature profonde apparenté au mouvement jésuite. Si foncièrement hostile que ce dernier soit aux loges, il lui ressemble énormément quant à la faculté de représentation qu’il cultive. Et à coup sûr, à l’œuvre grandiose qu’accomplit Ignace de Loyola, un élément celte a contribué qu’il portait dans son sang.

A l’est apparut donc le peuple du Christ, ce peuple qu’habite l’impulsion permanente du Christ. L’homme de l’Est voit sa vie tout naturellement liée à ce qui constamment se déverse en son âme : à l’impulsion du Christ. Pour le peuple de l’Eglise des pays du centre de l’Europe, cette impulsion s’est émoussée ou paralysée, du fait qu’elle a été une fois pour toutes localisée au début de notre ère, et qu’ensuite elle a été transmise par la voie des principes, de la tradition fixée par des décrets d’Etat. A l’Ouest, dans le système des loges, l’impulsion du christ perdit davantage encore de sa force, et fut très compromise. Ces loges issues du celtisme cultivèrent une faculté de représentation dont naquit le déisme, et avec lui ce qu’on appelle l’esprit des lumières. Il est extrêmement intéressant de voir la différence considérable entre l’attitude d’un membre du peuple de l’Eglise en Europe du Centre vis-à-vis de l’impulsion du Christ, et celle d’un citoyen de l’Empire britannique.

Mais je vous en prie, n’appliquez pas tout cela à chaque individu isolé, car évidemment l’impulsion de l’Eglise s’est répandue également en Angleterre. Et il faut prendre les choses comme elles sont en réalité : il s’agit ici des gens qui sont liés à ce que j’ai appelé l’impulsion des loges, et qui dans tout l’Occident a envahi la vie des états. C’est elle qui a engendré un rapport différent des êtres avec le Christ.

On peut demander : mais qu’en est-il de ceux qui appartiennent au peuple du Christ ? – Chacun d’eux sait ceci : lorsque je ressens vraiment ce qui habite mon âme, je trouve l’impulsion du Christ ; elle y est présente, elle continue d’agir – Le membre du peuple de l’Eglise se dit à peu près – tel saint Augustin, qui à l’âge de la puberté se demandait comment trouver le Christ : « L’Eglise me dit qui est le Christ ; je puis l’apprendre d’elle, car dans sa tradition elle a conservé ce qui , au commencement , a été dit du Christ. « Celui qui appartient au peuple des loges – et vraiment il lui appartient – s’interroge au sujet du Christ de tout autre façon que le peuple du Christ. Il se dit : l’histoire parle d’un christ qui a existé. Est-ce raisonnable de l’admettre ? Comment la raison peut-elle confirmer ce que fut l’influence du Christ dans l’histoire ? – cette attitude donna dans l’essentiel la christologie des lumières, celle qui exige que le Christ soit confirmé par la raison.
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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par obsidienne le Mar 23 Mai - 1:38

Pour comprendre ce que nous devons considérer maintenant, il faut voir clairement qu’en tout temps, on peut parvenir à Dieu sans être animé par l’impulsion du Christ. Il suffit que l’on soit, en un point quelconque de son être, mal conformé – et l’athée est un homme dont le physique est malade en un point quelconque – et l’on peut parvenir à la notion de Dieu, admettre l’existence de Dieu par des démarches spéculatives, ou par la voie mystique. La foi des lumières est l’élément déiste fondamental. On y parvient tout droit, à cette foi des lumières qui admet l’existence de Dieu.

Mais pour ceux qui sont les héritiers du peuple des loges, il faut en outre justifier par la raison l’existence du Christ à côté de Dieu. On peut ici choisir parmi les personnalités caractéristiques de cette attitude, Herbert Cherbury, par exemple, qui mourut en 1648, l’année du traité de Wesphalie. Il s’efforça de justifier par la raison l’impulsion du Christ. Un véritable membre du peuple du Christ ne peut absolument pas imaginer comment raisonner à propos de l’impulsion du Christ. Il aurait la même impression que si quelqu’un exigeait de lui qu’il justifie par le raisonnement la présence de sa tête sur ses épaules. On possède une tête – et on possède de même l’impulsion du Christ. Tandis que les gens comme Cherbury interrogent ; est-il conforme à la raison d’admettre à côté d’un Dieu, la notion duquel conduit la pensée éclairée, l’existence d’un Christ ?

Il faut d’abord étudier raisonnablement les conceptions humaines pour se convaincre que leur attitude est justifiée.

Bien entendu, tous les membres du peuple des loges ne procèdent pas ainsi. Les philosophes élaborent des concepts qu’ils expriment ; mais les autres ne pensent pas autant ; ils ont cependant cette attitude de par leurs instincts, par ce qu’ils ressentent, par les conclusions qu’ils tirent inconsciemment, tous ceux-là qui d’une façon ou d’une autre sont en rapport avec l’impulsion des loges. Ainsi l’homme dont je viens de parler se disait tout d’abord : considérons toutes les religions et ce qu’elles ont de commun. – c’est là un procédé, un truc de la philosophie des lumières : on ne peut pas parvenir soi-même à l’esprit, tout au moins en ce qui concerne l’impulsion du Christ, mais seulement à la notion abstraite d’un Dieu. Alors on demande : est-il naturel pour l’homme d’avoir découvert ceci ou cela ? – Cherbury, qui avait beaucoup voyagé, chercha tout d’abord à s’informer de ce que les religions avaient en commun.

Il trouva en effet beaucoup de points communs. Et il tenta de condenser en cinq propositions ce qu’il avait ainsi rassemblé. Ces cinq thèses ont une grande importance, et nous allons les regarder de près.

La première dit ; il existe un Dieu. Comme les différents peuples appartenant aux religions les plus différentes ont tous admis l’existence d’un Dieu, il trouve qu’il est conforme à la nature d’admettre qu’il existe un Dieu.

Deuxièmement : Le dieu existe d’être vénéré – nouveau trait commun à toutes les religions.

Troisièmement : cette vénération doit être faite de vertu et de piété.

Quatrièmement : les péchés doivent entraîner le remords et l’expiation.

Cinquièmement : il est dans l’au-delà une justice qui récompense et qui punit.

Vous le voyez, on ne trouve là-dedans rien de l’impulsion du Christ. On y trouve tout ce à quoi l’on parvient lorsqu’on s’appuie sur l’impulsion religieuse émanant des loges. Et c’est cette manière de voir qui se développa à l’époque des lumières. Les auteurs comme Hobbes, Locke et d’autres cherchent constamment à s’interroger : il existe une tradition qui parle du Christ, disent-ils. Est-il raisonnable d’admettre son existence ? – Et finalement, ils en viennent à dire : ce que disent les Evangiles, ce que la tradition transmet au sujet du Christ concorde avec les principes essentiels qui, au fond, sont communs à toutes les religions. On a donc l’impression que ce Christ rassemble dans sa personne ce que toues les religions ont en commun ; il aurait existé une personnalité emplie de Dieu (ce qu’on se représente plus ou moins bien) et qui a enseigné ce qu’il y avait de meilleur dans toutes les religions. – voilà ce que finalement on trouva conforme à la raison. Un auteur qui vécut de 1657 à 1753, Tindal, a écrit un livre intitulé : « Le christianisme est aussi vieux que la création ». C’est un ouvrage très important pour qui veut vraiment connaître l’esprit des lumières, qui fut par la suite délayé par le voltairisme par exemple, Tindal voulait montrer qu’au fond, tous les humains, les meilleurs d’entre eux, ont toujours été des chrétiens, et que le Christ a rassemblé ce que les religions avaient de meilleur.

Ainsi le Christ est-il rabaissé : on en fait un professeur, et quel que soit le nom qu’on lui donne : Messie, ou Maître, ou ce que vous voudrez, il n’est plus qu’un enseignant. Le fait de sa nature n’importe plus, mais bien qu’il soit là, qu’il donne un enseignement rassemblant ce que les religions du reste de l’humanité ont de plus précieux en commun.

Cette conception que je viens d’exposer peut revêtir les nuances les plus différentes ; mais la coloration fondamentale subsiste : le Christ est un enseignant. Si nous voulons considérer les interprétations typiques ainsi établies par le peuple du Christ, par le peuple de l’Eglise et par le peuple des loges – types qui ont connu les variantes les plus diverses – si nous voulons saisir la vraie réalité derrière l’apparence, nous pouvons dire que pour le peuple du Christ, Christ est l’esprit, et qu’il n’a donc rien à voir avec une institution quelconque sur le plan physique. Seul est réel le mystère de sa présence dans une forme humaine. Pour le peuple de l’Eglise : le Christ est roi, conception qui peut revêtir des nuances variées. C’est celle du peuple des loges à l’origine, mais avec le temps elle se modifie et devient : le Christ est l’enseignant.

Voyez-vous, il faut bien saisir ces nuances créées par la conscience européenne. Car elles sont vivantes, non seulement dans les âmes individuelles, mais dans ce qui s’est développé à la cinquième époque post-atlantéenne et qui a modelé les formes sociales. Ce sont là les nuances principales revêtues par l’impulsion du Christ. On pourrait dire encore bien des choses là-dessus. Le temps dont je dispose m’oblige à seulement les esquisser.

Revenons maintenant aux trois formes d’évolutions dont nous parlions précédemment : l’humanité tout entière vit maintenant dans l’âme de sensibilité – correspondant à l’âge de vingt-huit à vingt et un ans. L’individu, l’homme isolé, lui, développe au cours de la cinquième époque post-atlantéenne l’âme de conscience. Enfin, une troisième évolution se déroule également, qui concerne les âmes des peuples. Vous avez d’une part les phénomènes historiques et l’action qu’ils exercent, et d’autre part les âmes des peuples avec leurs religions différemment nuancées. Les trois nuances qui naissent sous cette double influence : Christ est l’esprit – pour le peuple du christ- Christ est le roi – pour le peuple de l’Eglise – Christ est l’enseignant – pour les peuples des loges – sont en relation avec la répartition en peuples, c’est-à-dire rattachées à la troisième évolution.

Dans la réalité extérieure, les choses interfèrent toujours, évidemment. Un représentant tout à fait pur du peuple des loges, du déisme des lumières, est par exemple le Berlinois Harnack – Beaucoup plus pur que ceux que l’on trouve de l’autre côté de la Manche. Dans la vie moderne, les choses sont très entremêlées. Mais si l’on veut bien comprendre ce qui se passe et remonter à l’origine des choses, il ne faut pas en rester aux éléments extérieurs. Il faut voir clairement que la troisième évolution est liée à l’ethnie, au peuple.
Mais en raison de l’existence des autres courants d’évolution se produit une réaction, un assaut de l’âme de conscience dressée contre ce qui vient du peuple, et cette réaction se manifeste sur les points les plus différents. Elle donne l’assaut à partir de plusieurs centres. Et l’une de ces vagues d’assaut, c’est précisément le goethéanisme. En fait, il n’a rien à voir avec ce que je viens de décrire, et d’autre part, considéré sous tel ou tel aspect, il a beaucoup à voir avec tout cela.

De bonne heure, un courant parallèle à celui du roi Arthur s’est développé : le courant du Graal, en parfait contraste avec lui. Celui qui veut parvenir au Temple du Graal doit parcourir les chemins les plus difficiles pendant soixante lieues ; le Temple est si bien caché qu’on ne peut rien savoir du lieu où il se trouve aussi longtemps qu’on ne pose aucune question – bref, toute cette atmosphère est celle qui caractérise la recherche du lien entre le noyau le plus intime de l’âme humaine, là où s’éveille l’âme de conscience, et les mondes spirituels. Il y a là un effort conscience de rattacher le monde sensible au monde spirituel – ce qui est l’aspiration instinctive du peuple du Christ. Parmi les étranges influences réciproques des impulsions religieuses en Europe, nous avons une impulsion qui, aujourd’hui encore, vit instinctivement, en germe, non développée, dans le peuple du Christ (voir dessin rouge) ; les esprits qui, comme Solovieff, deviennent des philosophes, s’ouvrent tout naturellement à cette impulsion.
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Message par obsidienne le Mar 23 Mai - 1:42



La structure ethnique et ethnographique de l’Europe du centre ne la prédispose pas à s’ouvrir de la même manière spontanée ; il faut que la volonté intervienne. On a ainsi une intervention du courant du Graal qui se répand dans toute l’Europe – on a comme une inflexion du tourbillon (dessin : rouge, en bas) – courant du Graal qui n’est pas lié au peuple. Or, Goethe portait en lui – bien que dans ses forces les moins conscientes – cette atmosphère du Graal. Et dans ce sens, il n’est pas isolé, il se rattache à ce qui a précédé. Il n’a rien à voir avec Luther ni avec les mystiques allemands ; il n’a reçu d’eux que ce qu’en prend tout homme cultivé.

Mais il est amené à distinguer trois degrés dans le rapport de l’être humain avec la religion : le premier est dépendant du peuple, le second est réservé au sage, à l’individu (c’est celui de la seconde galerie), et enfin le troisième touche au plus intime de l’être et enclôt le mystère de la mort et de la résurrection. Ce qui l’amène ainsi à vouloir élever vers les hauteurs spirituelles la piété agissant dans le monde sensible, c’est l’atmosphère du Graal.

Et si paradoxale que paraisse cette affirmation, mes chers amis, c’est en Russie que règne l’atmosphère du Graal. Le rôle qu’à l’avenir jouera la Russie pendant la sixième époque post-atlantéenne, ce rôle repose sur l’invincible atmosphère du Graal présente en Russie. C’est ce qu’il faut envisager lorsqu’on étudie l’un des aspects.

Mais considérons un autre aspect, nous avons alors l’impulsion du Christ envisagée dans la perspective du bon sens, de la raison. C’est la forme qui s’est répandue sous l’action des loges et de leurs ramifications, de leurs prolongements. Sur le dessin, elle est figurée en vert. C’est ce qui a revêtu par la suite une forme politisée, l’ultime produit du courant du roi Arthur. L’impulsion du Christ au sein du peuple russe s’est prolongée par le Graal et pénètre de ses rayons tous les humains de bonne volonté en Occident. L’autre courant pénètre aussi tous les humains du peuple de l’Eglise et prend la coloration particulière du mouvement jésuite. Que les Jésuites soient les ennemis déclarés de ce qui vient des loges importe peu. Car on peut devenir l’ennemi déclaré d’un courant dont on a reçu l’empreinte. Non seulement – et la chose est historiquement avérée – les jésuites se sont introduits dans toutes les loges, et des Jésuites de haut grade sont en rapport avec de hauts dignitaires des loges , mais en outre, les deux courants, bien qu’implantés chez des peuples différents, ont une racine commune, bien que l’un ait donné naissance à la papauté, et l’autre à la liberté, au bon sens, à l’esprit des lumières. Ce qui précède vous donne une sorte de tableau de ce que je peux appeler les effets de l’évolution de l’âme de conscience. Je vous avais décrit précédemment les trois formes, allant d’Est en Ouest, qui sont en liaison avec l’élément du peuple, de l’ethnie. Si la chose a pris à l’Ouest la forme de l’esprit des lumières, c’est parce qu’en chaque être humain s’accomplit l’évolution de l’âme de conscience.

Puis nous avons un troisième courant, celui par lequel l’humanité tout entière rajeunit et se trouve maintenant à l’âge de l’âme de sensibilité.

Il passe à travers toute l’humanité. Lorsque nous décrivons le premier courant, le courant ethnique, là où naissent les religions des peuples : religion du Christ, religion d’Eglise, religion des loges, nous sommes dans la perspective de l’évolution des peuples, que je répartis ainsi d’ordinaire : peuples italiens = âme de sensibilité ; peuple français = âme d’entendement, etc.

Lorsque nous décrivons le développement de l’âme de conscience en chaque individu depuis le début de la cinquième époque post atlantéenne, nous avons éminemment ce qui va vers l’élément religieux. Mais à partir de là se produit aussi la collaboration avec ce qui est l’évolution en tous les humains : celle de l’âme de sensibilité, qui se déroule parallèlement et est beaucoup moins consciente que l’évolution de l’âme de conscience.

Regardez comment un homme comme Goethe – bien que par des impulsions souvent subconscientes – se donne très consciemment à lui-même son orientation religieuse, et vous découvrirez comment agit l’âme de conscience. Mais à côté de celle-ci, un autre élément règne au sein de l’humanité moderne, un élément qui vit très fortement par les instincts, par les impulsions inconscientes, et est intimement rattaché à l’âme de sensibilité, stade actuel de l’évolution de l’humanité dans son ensemble. C’est le socialisme, qui est au début de son évolution. Certes, les élans initiaux sont toujours donnés par l’âme de conscience ; mais le socialisme, c’est la mission de la cinquième époque post-atlantéenne jusqu’au quatrième millénaire où il trouvera son achèvement, et ceci parce que l’humanité collectivement se trouve à l’âge de l’âme de sensibilité, entre la vingt-huitième et la vingt et unième années.

Le socialisme n’est pas l’affaire d’un parti, bien qu’il existe de nombreux partis au sein de la société, des corps sociaux. Le socialisme est né d’une nécessité inscrite dans l’évolution de la cinquième époque post atlantéenne. Et lorsque cette cinquième époque aura pris fin, dans l’essentiel et pour le monde civilisé les instincts du socialisme seront enracinés dans les êtres humains.

Outre ces courants actifs pendant cette cinquième époque post-atlantéenne, une autre chose encore est à l’œuvre dans les profondeurs du subconscient : la tendance à établir pour l’humanité terrestre tout entière une structure sociale juste d’ici le quatrième millénaire. Si l’on se place à un point de vue très profond, il ne faut pas s’étonner de voir le socialisme provoquer tant de remous, dont certains peuvent être très dangereux ; il faut penser que les impulsions qui l’animent viennent des profondeurs inconscientes.

Tout cela bouillonne et s’agit vigoureusement, et le moment est encore bien éloigné où le socialisme prendra la bonne voie. Tout bouillonne – mais non dans les âmes : dans la nature humaine, et dans les tempéraments avant tout. Et pour expliquer ces remous dans les tempéraments humains, on trouve des théories. Celle-ci ne sont pas les expressions de réalités profondes comme nous les avons dans la science spirituelle. Bakounisme, marxisme, lassallisme, tout cela n’est que masque, apparence, ornement de surface sous lesquels on dissimule la réalité : car les réalités, on ne les voit qu’en plongeant le regard vers les profondeurs de l’évolution humaine, comme nous nous efforçons de le faire dans cette étude.

Tout ce qui se passe actuellement dans le monde extérieur, ce ne sont aussi que les préparatifs tumultueux de quelque chose qui en dernier ressort est aux aguets, on peut vraiment dire : non pas dans dernier ressort est aux aguets, on peut vraiment dire : non pas dans les âmes, mais dans les tempéraments. Vous êtes tous socialistes, et vous ignorez souvent à quel point vous l’êtes, parce que c’est votre être tout à fait inconscient qui l’est.

Mais c’est en étant informé d’un fait de ce genre que l’on abandonne cette recherche confuse et ridicule de la connaissance de soi, cette tendance à regarder en soi-même, et qui ne trouve – je ne vous décrirai pas quel irréel caput mortuum, quelle abstraction. L’être humain est une créature complexe. Pour apprendre à la connaître, il faut connaître le monde tout entier.
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Message par obsidienne le Mar 23 Mai - 1:46

Considérez dans cette perspective l’humanité et l’évolution qu’elle a suivie au cours de la cinquième époque post-atlantéenne. Dites-vous à vous –même : nous avons à l’Est le peuple du Christ avec son impulsion essentielle : Christ est esprit. Il est dans la nature de ce peuple d’apporter au monde comme par une puissance instinctive, élémentaire, par une nécessité de l’histoire, quelque chose qui n’a pu prendre qu’une forme préparatoire dans le reste de l’Europe. Au peuple russe en tant que tel est dévolue la mission de cultiver la réalité essentielle du Graal, d’en faire un système religieux d’ici la sixième époque post-atlantéenne, afin qu’elle puisse devenir un ferment de culture pour la terre entière. Rien de surprenant, lorsque cette impulsion se croise avec les autres, à ce que celles-ci revêtent des formes étranges.

Ces autres impulsions, quelles sont-elles ? Pour l’une : Le Christ est roi – pour l’autre : le Christ est l’enseignant. On peut à peine aller jusque-là, car « Christ est l’enseignant », c’est ce que ne comprend pas en fait l’âme, le cœur russe, comme je le disais déjà. Elle ne comprend pas que l’on puisse enseigner le christianisme, qu’on n’en ait pas l’expérience directe en soi-même. Mais l’autre conception : « Christ est roi », le peuple russe ne l’a-t-il pas adoptée en profondeur ? Et sur ce point, nous voyons confluer deux choses qui, dans le monde, n’ont jamais eu d’affinité entre elles : l’impulsion « Christ est esprit » entre en contact avec le tsarisme, caricature orientale du principe qui veut instaurer sur le terrain de la religion une souveraineté terrestre. « Christ est roi et le tsar est son représentant » : voici donc couplés cet élément occidental qui s’exprime par le tsarisme, et quelque chose qui n’a absolument rien à voir avec et qui, à travers l’âme du peuple russe, vit dans la sensibilité russe !

Ce qui est caractéristique, c’est que dans la réalité physique, extérieure, les choses qui au fond ont le moins à voir les unes avec les autres doivent précisément se mêler, se confronter. Tsarisme et russisme ont toujours été profondément étrangers l’un à l’autre, n’ont aucun lien entre eux. Qui comprend bien la nature russe, et sa religiosité en particulier, trouvera toute naturelle l’attitude qui devrait aboutir à éliminer le tsarisme au moment nécessaire.

Songez toutefois que cette conception : « Christ est esprit », est enclose au plus profond de l’être, qu’elle est en rapport avec la forme la plus noble de la culture de l’âme de conscience, et que, tandis que le socialisme engendre des remous, elle entre en contact avec ce qui vit dans l’âme de sensibilité. Rien de surprenant alors à ce fait que dans cette partie orientale de l’Europe, le socialisme en expansion prenne des formes absolument incompréhensibles : un entremêlement inorganique de culture de l’âme de conscience avec celle de l’âme de sensibilité.

Beaucoup de choses qui se passent dans le monde extérieur vous apparaîtront claires et compréhensibles si vous portez votre regard sur ces liaisons internes. C’est une nécessité pour l’humanité actuelle et son évolution à venir qu’elle ne néglige pas, par indolence et par paresse, ce qui appartient à sa nature : à savoir de comprendre les rapports, les liaisons au sein desquelles nous nous trouvons maintenant. On n’a pas voulu les comprendre, on ne les a pas compris. C’est ainsi qu’est né le chaos, l’effroyable catastrophe dans lesquels se trouvent maintenant l’Europe et aussi l’Amérique. Nous ne trouverons pas d’issue à cette situation de catastrophe aussi longtemps que les humains n’inclineront pas à se comprendre tels qu’ils sont, et tels qu’ils sont dans le cadre de l’évolution actuelle, de l’époque présente. Voilà ce dont il faut se rendre compte.
C’est pourquoi il m’importe tellement que le mouvement anthroposophique, tel que je le conçois, soit vraiment relié à la connaissance des grandes impulsions d’évolution dans l’humanité, et à ce que l’époque exige maintenant, immédiatement, des humains.

C’est certes une grande douleur que de voir combien l’époque incline peut à comprendre et à envisager la conception du monde anthroposophique, de ce point de vue précisément.
Pour compléter dans la perspective de points de vue généraux ce que je vous disais précédemment à propos de « La Philosophie de la Liberté », je vous dirai ceci : vous comprendrez que le courant du socialisme qui apparaît actuellement est un phénomène entièrement fondé dans la nature humaine, et qui prendra de plus en plus d’extension.
Les réactions qui se dressent contre lui sont, pour celui qui pénètre la nature des choses, quelque chose d’effroyable.

Pour qui comprend vraiment ce qui se passe, le socialisme qui se répand par toute la terre – même sous une forme tumultueuse, même dans une sourde agitation – cet élément international est porteur d’avenir ; et l’établissement de tant d’états nationaux, de tous petits états, est contraire au cheminement de l’évolution. « A chaque nation doit correspondre un état » : ces mots dressent un effrayant obstacle sur le chemin de l’évolution à la cinquième époque post-atlantéenne. Et naturellement, on ignore complètement où cela peut mener ; mais on le dit !

C’est un principe qui, en même temps, est entièrement imprégné des forces passées de l’impulsion du roi Arthur, celle de l’organisation extérieure. Son contraire est l’aspiration que représente le Graal intimement apparentée aux principes goethéens, fondée dans tous les domaines – celui de la morale, celui de la science – sur l’individu, sur la personne. Ce courant considère avant tout l’individu en voie d’évolution, et non par des groupes qui aujourd’hui n’ont plus de signification, et que l’élément socialiste international doit faire disparaître de ce monde, parce que c’est dans le sens de l’évolution.

C’est ainsi pour cette raison qu’il faut dire : le goethéanisme avec son individualisme (comment cet individualisme est fondé dans la conception goethéenne du monde, vous pouvez le lire dans « Goethe et sa conception goethéenne du monde »), cet individualisme qui atteint son apogée avec la philosophie de la liberté, est aussi ce qui doit nécessairement conduire vers le socialisme en formation. On peut aussi reconnaître l’existence de deux pôles : celui de l’individualisme et celui du socialisme, vers lesquels tend l’humanité durant cette cinquième époque post-atlantéenne. Mais il faut comprendre vraiment de quoi il s’agit. Et pour bien comprendre, il faut acquérir la notion de ce qui doit venir se joindre au socialisme pour qu’il progresse dans le sens de notre évolution.

Les actuels socialistes n’ont aucune idée de ce à quoi doit se lier nécessairement le socialisme, qui n’arrivera à un certain achèvement qu’au cours du troisième millénaire. Il faut avant tout qu’il se développe en liaison avec une juste faculté de sentir ce qu’est l’être humain dans sa totalité : corps, âme et esprit. Les différentes nuances qu’il peut revêtir, les différentes impulsions religieuses liées aux ethnies les apporteront ; elles donneront ainsi leur contribution à une compréhension de l’homme tripartite : corps, âme et esprit.
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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par obsidienne le Mar 23 Mai - 1:49

L’Orient et le peuple russe feront en sorte que l’esprit soit compris ; l’Ouest, que le corps soit compris ; et le centre travaillera à ce que l’âme soit comprise. Bien entendu, tous ces efforts se mêleront. Ne procédons pas par schémas et par catégories… Au sein de toute cette œuvre doit se développer d’abord le principe réel, la véritable impulsion du socialisme.

Mais en quoi consiste-t-elle en réalité ? En ce que les humains parviennent vraiment à réaliser au sein de la structure sociale extérieure la fraternité, au sens le plus large du terme. Bien entendu, la véritable fraternité n’a rien à voir avec l’égalité. Prenez seulement le terme dans son sens le plus étroit, au sein de la famille : un frère a sept ans, l’autre vient au monde. Il ne peut naturellement pas être question d’égalité. Il faut d’abord que soit bien comprise cette notion de la fraternité. Ce qui est à réaliser sur le plan physique, c’est que soient remplacés les systèmes d’états par des organisations englobant toute la terre, et qui soient imprégnées de fraternité. Par contre, tout ce qui est organisation extérieure, Etat et tout ce qui ressemble à un Etat, doit être séparé de ce qui concerne l’église, la religion, qui doivent devenir une affaire de l’âme, et se développer librement dans les âmes vivant côte à côte. Une liberté de pensée absolue en ce qui concerne les choses de la religion doit aller de pair avec l’évolution du socialisme.

C’est ce que la forme actuelle du socialisme : le social-démocratie, exprime aujourd’hui – disons, en gros, par cette formule : la religion est une affaire privée. Mais elle s’y conforme en fait à peu près comme le taureau furieux réalise la fraternité en se jetant sur quelqu’un. Et elle ne la comprend absolument pas : car le socialisme est lui-même, sous sa forme actuelle, une religion, il travaille dans un esprit sectaire, et avec une profonde intolérance. Il faut que, tandis que le socialisme évolue, la vie religieuse fleurisse réellement, et se fonde sur la liberté dans ce monde des âmes qui oeuvrent sur terre en commun.

Voyez comment les choses ont travaillé considérablement à mettre obstacle à l’évolution. Mais il faut que tout d’abord soit mis obstacle à l’évolution pour qu’ensuite, pendant un certain temps, on puisse travailler dans le sens de l’évolution. Ensuite viendra encore un contre-courant, etc. Je vous l’ai exposé précédemment à propos des principes généraux dans l’histoire : tout est là pour finalement mourir.

Quel obstacle à ce cheminement parallèle de la liberté de pensée en matière de religion avec la fraternité dans la vie sociale que la dépendance de celle-ci d’un organisme d’Etat ! La vie religieuse ne doit en aucun cas être liée à l’organisation de l’Etat ; pour que le socialisme puisse régner, il faut qu’elle anime les âmes d’êtres humains vivant ensemble ; mais elle doit être complètement indépendante de toute organisation extérieure. Que de fautes n’ont pas été commises dans ce domaine ! « Christ est esprit »… et à côté l’effroyable organisation cléricale du tsarisme – « Christ est roi » : attelage parfait de la papauté avec les convictions religieuses ! Et non seulement l’Eglise catholique et romaine s’est elle-même constituée en Etat, en corps politique, mais elle a aussi trouvé le moyen, au cours des derniers siècles notamment et grâce au mouvement jésuite, de s’insinuer dans les autres états et de les marquer de son organisation.

Comment en effet s’est développé le luthéranisme ?

Certes, Luther a pour point de départ une certaine impulsion – que j’ai déjà exposée ici – et c’est un esprit qui tourne l’un des ses visages vers la quatrième époque post-atlantéenne, et l’autre vers la cinquième, ce en quoi il est animé d’une impulsion conforme à notre temps. Luther apparaît donc – et que se passe-t-il alors ? Alors, on voit s’unir ce qu’il a voulu réaliser dans le domaine religieux avec les intérêts des princes allemandes. C’est un prince qui est fait épiscope, membre d’un synode, etc. Ainsi se trouve couplés des éléments qui ne devraient jamais l’être. Ou encore, le principe d’Etat qui domine toute l’organisation extérieure est complètement imprégné du principe religieux catholique ; ce fut le cas en Autriche, dans cette Autriche maintenant en perdition, et en fait, ce naufrage a pour cause cette collusion. Sous d’autres égides – sous celle du goethéanisme en particulier – il eût été fort possible de mettre de l’ordre en Autriche.

De l’autre côté, à l’Ouest, dans la population anglophone, partout l’esprit des loges imprègne les princes. C’est là un phénomène caractéristique : l’organisation qui préside à la vie de l’Etat ne peut absolument pas être comprise en dehors de cette imprégnation par l’esprit des loges – et la France et l’Italie en sont entièrement infectées – pas plus qu’on ne peut comprendre l’Europe du centre si l’on ne voit pas qu’elle est pénétrée par le mouvement Jésuite ou par autre chose.

Tout cela constitue le fautes graves qui ont été commises et mettent obstacle au développement du socialisme.

Ce développement doit aller de pair avec un autre élément dans le domaine de la vie spirituelle : à savoir l’émancipation de toute aspiration vers l’esprit, qui doit être indépendante de l’organisation d’Etat. Ce qui est nécessaire, c’est que soit libéré de son encasernement la science et tout ce qui lui est rattaché. Ces casernes de la science répandues de par le monde, et que l’on nomme université, sont parmi les choses qui entravent le plus l’évolution de la cinquième époque post-atlantéenne.

Car comme la liberté doit régner dans le domaine de la religion, dans celui de la connaissance il faut que tous soient pairs et égaux, que chacun ait part au progrès de l’humanité. Si le mouvement du socialisme doit se développer sainement, il faut absolument supprimer privilèges, patentes, monopoles dans tous les secteurs de la connaissance. Mais comme nous sommes encore très loin de ce que je veux dire par ces mots, il n’est sans doute pas nécessaire que je vous montre en un point quelconque comment on pourrait faire sortir la science des casernes, et comment chaque être humain pourrait participer à l’évolution.

Car cela ne peut se faire qu’en liaison étroite avec des impulsions de portée profonde qui se développeront dans l’éducation, et même dans ce qui régit le comportement des humains vis-à-vis d’autrui. Il arrivera alors ceci, c’est que tous les monopoles, les privilèges, les patentes qui règlent la possession des connaissances spirituelles disparaîtront ; seule subsistera la possibilité pour tout être humain de réaliser dans toutes les directions, dans tous les domaines, le spirituel qui vit en lui, et de lui donner une expression correspondant à la force avec laquelle il vit en lui.

Aujourd’hui, on tend de plus en plus à monopoliser par exemple la médecine au bénéfice des universités ; et dans les domaines les plus différents, on veut aussi organiser toutes choses. Il n’est pas nécessaire alors de parler en détail de l’égalité spirituelle. Car nous en sommes encore très éloignés, naturellement, et la plupart peuvent attendre leur prochaine incarnation pour accéder à la compréhension complète de ce qui est à dire sur ce troisième point. Bien sûr, on peut partout commencer à travailler.
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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par obsidienne le Mar 23 Mai - 1:51

Tout ce que l’on peut faire, c’est d’avoir présentes à l’esprit, pour prendre part à l’humanité moderne et aux temps actuels, les impulsions qui sont à l’œuvre – en particulier le socialisme et ce qui doit aller de pair avec lui : la liberté de la pensée religieuse, l’égalité dans le domaine de la connaissance.

La connaissance doit devenir égale pour tous, dans le sens du proverbe qui dit que tous sont égaux devant la mort ; car elle conduit elle aussi vers les mondes suprasensibles, où la mort nous introduit. On ne peut pas monopoliser la connaissance ni la soumettre à patente, pas plus qu’on ne peut le faire pour la mort. Le faire, c’est produire non pas des êtres qui portent la connaissance, mais ceux qui sont devenus ce qu’on appelle aujourd’hui les porteurs de la connaissance. Bien entendu, ces paroles ne visent nullement des individus isolés. Elles s’en prennent à ce qui a de notre temps une importance ; aux formes sociales à notre époque. Notre époque en effet, qui fut le cadre de vie d’une bourgeoisie décadente, a montré combien toute rébellion contre ce qui entrave l’évolution est inefficace. La papauté va à contre-sens de l’évolution. Lorsque les Vieux-Catholiques, dans les années 70, se rebellèrent contre le dogme de l’infaillibilité, ce couronnement du monarchisme papal, on leur fit la vie très dire, on la leur fait aujourd’hui encore ; tandis qu’ils auraient pu rendre de bons services dans le travail d’opposition à la papauté monarchique.

En vous remémorant ce que j’ai exposé, vous trouverez qu’actuellement, sur le plan physique, quelque chose est présent qui appartient aux âmes, qui relève de l’homme-esprit ; tandis que c’est la fraternité achevée en elle-même qui veut se manifester sur le plan physique. Quelque chose s’est manifesté sur le plan physique et l’a organisé, qui ne doit pas s’y trouver directement, mais seulement par l’intermédiaire des âmes des hommes qui vivent sur ce plan physique. Là, les religions par exemple doivent former des communautés d’âmes, et n’être en rien emprises dans une organisation extérieure. Les écoles devraient être organisées tout autrement, et surtout ne pas être écoles d’Etat. Tout doit être déterminé par la liberté de la pensé, par l’individualité. Du fait que dans la réalité les choses viennent à se confondre, il arrive alors que le socialisme par exemple manifeste souvent le contraire de son principe tel que je vous l’ai exposé. Il se comporte alors en tyran, il est avide de pouvoir, il voudrait prendre tout en mains. Intérieurement il est en réalité l’adversaire du prince illégal de ce monde, lequel apparaît quand on enserre extérieurement l’impulsion du Christ ou le spirituel dans une organisation d’Etat, quand on ne laisse pas régner dans l’organisation extérieure la simple fraternité.

Vous le voyez, lorsqu’on effleure des questions très importantes, essentielles, actuelles, on aborde bien des choses qui sont désagréables pour l’humanité d’aujourd’hui. Mais il est nécessaire que ces choses soient vues et comprises en profondeur. C’est seulement en y voyant clair que l’on peut sortir de la situation actuelle de catastrophe, je dois le répéter constamment. C’est seulement ainsi que l’on pourra travailler à la véritable évolution de l’humanité ; en acquérant la connaissance des impulsions que l’on peut déceler en procédant comme nous l’avons fait.

Lorsqu’il y a huit jours je vous ai parlé de « La Philosophie de la Liberté », j’ai essayé de vous montrer comment, par mon activité, je suis arrivé en réalité à me faire mettre à la porte partout.

Vous vous rappelez certainement comment cela s’est passé dans différents domaines. Et je peux bien le dire : je puis aussi me considérer comme mis à la porte avec le goethéanisme partout où, au cours des dernières années si pénibles, j’ai voulu attirer l’attention sur lui. Le goethéanisme ne consiste vraiment pas à parler de Goethe – c’est aussi du goethéanisme que de se poser cette question : que faut-il faire de plus fécond, en quelque endroit que ce soit, maintenant que tous les peuples de la terre se combattent ? – Mais là aussi je me suis partout vu mis à la porte. En disant cela, je ne me laisse pas aller au pessimisme, je connais trop bien ce qui constitue le Karma. Je ne le dis pas non plus parce que je ferais demain encore la même chose que j’ai faite hier si l’occasion s’en offrait. Mai sil me faut dire, parce que cela est nécessaire pour faire connaître à l’humanité certaines choses ; parce que l’humanité ne pourra trouver par elle-même les impulsions qui conviennent à l’époque actuelle que si elle porte le regard sur la réalité.

Faut-il donc que les humains ne parviennent jamais, en vivifiant ce qui habitue leur cœur et leur âme au plus profond, à trouver le chemin de la lumière ? Faut-il qu’ils y soient amenés par une contrainte extérieure ? Faut-il qu’ils y soient amenés par une contrainte extérieure ? Faut –il que d’abord tout s’effondre pour que les hommes commencent à penser ? Ne devrait-on pas poser cette question chaque jour ? Je n’exige pas que chacun fasse ceci ou cel – car je sais très bien qu’à l’heure présente on ne peut faire que bien peu…

Ce qui est nécessaire, c’est qu’on acquière la claire compréhension des choses, qu’on cesse d’en juger à faux et sans se donner de peine, qu’on regarde les choses comme elles sont en réalité.

Une remarque que j’ai lue ce matin m’a fait une étrange impression. Je lisais dans la « Gazette de Francfort », donc dans un journal allemand, une étude d’un homme qui j’ai bien connu il y a dix-huit ou vingt ans, et avec lequel j’ai parlé de bien des choses. Je lisais donc une chronique de lui dans la « Gazette de Francfort ». Il est poète et dramaturge, ses drames ont été représentés. Il s’appelle Paul Ernst, et autrefois nous nous connaissions bien. Je lisais aujourd’hui un petit article sur le courage moral, dans lequel il y a une phrase – ou, c’est très bien que quelqu’un écrive aujourd’hui une telle phrase, mais on se demande toujours : fallait-il que fonde sur nous ce qui s’est passé pour qu’une phrase comme celle-là soit écrite ? – Un Allemand authentique, un Allemand très cultivé écrit donc : « On a toujours prétendu chez nous que l’on hait les Allemands. Je voudrais bien savoir », dit-il, « qui dans le monde a vraiment haï l’esprit allemand ? » Et alors, la mémoire lui revient : « Dans les dernières années ce sont les Allemands qui ont le plus haï l’esprit allemand ! »

Et surtout, une véritable haine intérieure se dresse contre le goethéanisme. Je ne dis pas cela pour critiquer quoi que ce soit, et encore moins pour dire quelque chose de beau qui soit une concession faite à Wilson par exemple. Quelle impression douloureuse, lorsque les choses ne se font que sous la contrainte des faits, alors qu’elles seraient si bénéfiques si elles étaient le fruit de la liberté !

Il faudrait aujourd’hui que des pensées libres donnent naissance à ce qui est l’objet de la liberté. Je le répète toujours : si je parle ainsi, ce n’est pas pour répandre le pessimisme, mais pour parler à vos âmes, à vos cœurs, pour que vous puissiez à votre tour parler à d’autres âmes, à d’autres cœurs, et y éveiller la compréhension des choses – et par là le jugement ! car ce qui a le plus souffert ces derniers temps, c’est le jugement qui partout se laisse aveugler par la soumission à l’autorité. Que le monde est donc heureux – de par toute la terre –d’avoir à vénérer comme une idole un maître d’école ! ce n’est pas là vertu ou défaut national – c’est une chose répandue de par le monde, et qu’il faut combattre par l’effort de chacun à se former une base de jugement. Mais on ne forme pas son jugement en laissant tomber de haut constamment – pardonnez-moi ces mots durs – des jugements. On a besoin de volonté pour entrer dans la réalité. Les hommes qui aujourd’hui sont souvent aux postes de direction, sont – je l’ai déjà dit ici dans un autre contexte – l’élite des plus mauvais, amenés par les circonstances. C’est cela qu’il faut bien voir. Ce qui importe, ce n’est pas de se cramponner à des slogans : démocratie, socialisme, etc. - ce qui importe, c’est de voir la réalité derrière les mots.

C’est cela qui parfois submerge l’âme et déborde des lèvres à notre époque, où l’on voit si nettement que les quelques êtres qui se sentent aujourd’hui amenés à s’éveiller ne le font que sous la contrainte, n’y parviennent que par la contrainte. Voilà ce qui nous dit : ce qui importe c’est le jugement, la vue claire des choses. Mais on n’y voit clair dans l’évolution des peuples que lorsqu’on embrasse du regard des enchaînements profonds. Il faut alors avoir le courage de se dire : toute science des peuples et tout ce qui participe à l’organisation sociale sans connaître ces choses, est sans compétence. Il faut avoir ce courage, et c’est de ce courage-là que j’ai voulu parler une fois. J’ai parlé bien longuement aujourd’hui, mais il me paraissait important de montrer les impulsions européennes profondes qui sont directement liées aux impulsions du temps présent.

Vous savez qu’aujourd’hui, on ne peut jamais dire du jour au lendemain à quel endroit on sera, et que l’on peut aujourd’hui être contraint à s’en aller ici ou là. Mais quelle que soit la marche des choses – peut-être parlerons-nous ensemble encore longtemps, peut-être seulement peu de temps – même si je devais partir rapidement, la dernière conférence en tout cas que je fais ici ne sera pas celle d’aujourd’hui. Je verrai à faire en sorte que je puisse vous parler encore ici.

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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par solasido le Mar 23 Mai - 14:35

Bonjour obsidienne et à tous


Impulsion du véritable socialisme






Félicitation en Déférence dirigée
Bravo en Concession réciproque
Action en Condition optimale



Unir chaque pourquoi à son comment et inversement



Force de la règle
Dette forcée
Effort supplémentaire



Confiance, la méfiance devient défiance
laquelle ramène l'insensée à la plénitude du sens
où et quand la joie demeure une sagesse particulière





Nombre
Ombre
Lumière



Conditionnement Association
Autorité Habitude
Alliance Sensation






Bien à toi à chacun et à tous

Authenticité
Beauté
Gratitude

Merci beaucoup

flower


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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par obsidienne le Mar 23 Mai - 20:43

Dans la seconde conférence à Dornach, 19 octobre 1918, Rudolf Steiner est plus précis sur les symptômes historiques du socialisme :


Le socialisme n’est possible que s’il est pénétré d’esprit. Non pas s’il adopte le speudo-esprit, le masque de l’esprit la culture intellectuelle qui ne peut appréhender que ce qui est mort !

C’est avec cette science morte que Lassalle s’est collecté, c’est elle que Marx et Engels ont élaborée. Ainsi apparaît le socialisme, en théorie soucieuse d’être appliquée à la pratique, mais qui ne donna rien dans la pratique parce qu’elle en resta au point de vue de la théorie – un des symptômes les plus significatifs de l’histoire, de l’évolution moderne. Nous allons maintenant en examiner quelques éléments caractéristiques.

Ils sont constitués par trois convictions, disons plutôt par les trois éléments d’une conviction. Premièrement, le socialisme se fonde sur une conception matérialiste de l’histoire, deuxièmement sur la notion de plus-value dans l’économie, et troisièmement sur l’idée de la lutte des classes.

C’est là dans l’essentiel la conviction qui imprègne aujourd’hui des millions d’hommes : théorie de la lutte des classes, conception économique de la plus-value, matérialisme historique. Afin de bien comprendre ce qui doit constituer le soubassement de notre travail de demain, essayons tout d’abord de voir bien clairement ce qu’est la conception matérialiste de l’histoire.

Le matérialisme historique estime que tout ce qui se produit dans l’évolution est dû uniquement à des causes extérieures, matérielles.

Les humains doivent manger et boire ; il leur faut aller prendre ici ou là leur nourriture, leur boisson. Il leur faut donc faire du commerce, et produire ce que la nature ne donne pas d’elle-même. C’est ce qui constitue le moteur de l’évolution. Prenons par exemple un personnage connu : Lessing. Comment, se demande-t-on, ce Lessing est-il apparu ? – Eh bien, depuis le XVIe siècle, et surtout au XVIIIe, l’apparition du métier à tisser, de la machine à filer, avait préparé le divorce entre la bourgeoisie et le prolétariat. Le prolétariat n’existait pas encore, il commençait à transparaître sous les couches superficielles de la société. Parmi les anciens « états », la bourgeoisie avait pris de l’importance au cours de l’évolution économique moderne. Le mode de vie du bourgeois, qui a l’ouvrier sous ses ordres, son indifférence vis-à-vis de l’ancienne hiérarchie sociale, son activité de producteur, de répartiteur, de transformateur des bines, engendrent une certaine manière de penser qui se généralise, mais qui n’est rien d’autre qu’une superstructure idéologique coiffant la fonction de production, de transformation, de répartition qui est celle du bourgeois. Cette fonction détermine une certaine manière de penser. Le paysan – qui n’est pas un bourgeois – qui vit au milieu de la nature et avec elle, pense autrement. Mais ce qu’il pense n’est encore qu’une idéologie ; ce qui importe, c’est la manière dont il produit, transforme et vend ou achète les marchandises.

Du fait que les bourgeois sont entassés dans les villes, ils pensent autrement que le paysan. Ils sont loin de la glèbe, ils ne voient pas la nature – et le lien avec elle est pour eux une abstraction. Le bourgeois devient un esprit éclairé qui héberge une idée générale et abstraite de Dieu – et tout cela est la conséquence de la manière dont il produit les marchandises. Je dis les choses un peu grosso modo, mais en un certain sens elles sont ainsi. Du fait donc que depuis le XVIe siècle on transforme et on vend les marchandises, une manière de penser est née qui se manifeste particulièrement chez Lessing. Il représente la bourgeoisie à son apogée, à la traîne de laquelle chemine un prolétariat boiteux. On explique Herder, Goethe, etc., de la même façon. En eux aussi, tout est superstructure ; ce qui est réel, c’est la conception matérialiste élémentaire, la manière de produire, de transformer, de vendre les marchandises.

Telle est la conception matérialiste de l’histoire. Elle explique le christianisme en montrant comment, au début de notre ère, les conditions du commerce entre l’Orient et l’Occident ont changé ; l’exploitation des esclaves, le rapport entre les maîtres et les esclaves se sont modifiés. Et sur ce jeu d’influences économiques, une superstructure s’est édifiée : le christianisme.

Les humains se sont trouvés dans la nécessité de produire ce qu’ils mangent et qu’ils vendent autrement qu’ils ne le faisaient auparavant ; c’est pourquoi ils ont pensé autrement. Une transformation radicale s’est produite dans la vie économique au début de notre ère, c’est pourquoi s’est effectué dans la superstructure idéologique le bouleversement radical que l’on caractérise par le terme de christianisme. Tel est le premier élément des convictions qui, depuis le milieu du XIXe siècle, ont pénétré dans des millions et de millions de cœurs.

Ceux qui restent des bourgeois n’ont en fait aucune idée de la profondeur avec laquelle ces idées sont maintenant ancrées dans de très vastes milieux. Bien sûr, les professeurs qui parlent de l’histoire, de toutes sortes d’ombres dans l’histoire, ont un auditoire. Mais même parmi eux, quelques-uns se sentent attirés en sourdine vers le marxisme. Mais leurs auditeurs ne se recrutent pas parmi les masses.

Ainsi en est-il à l’ère de l’âme de conscience… et l’impulsion de cette âme de conscience continue d’agir. Les gens s’éveillent dans la mesure où on les laisse s’éveiller. D’un côté, on essaie de les endormir ; et de l’autre, ils voudraient s’éveiller en plein sommeil, si l’on peut dire. Mais comme ils n’ont rien d’autre pour orienter leur esprit que le monde strictement matériel, ils construisent le matérialisme historique. C’est ainsi que sont apparus ces symptômes étranges.

Un des esprits les plus nobles, les plus libéraux que nous ayons eux, Schiller, fut longtemps fêté, et apparemment admiré sans mesure. En 1859, quand fut célébré le centenaire de sa naissance, on éleva partout des monuments. Dans ma jeunesse, un homme vivait à Vienne, Henri Deinhardt, qui dans un très beau livre s’efforça d’initier les gens aux véritables idées de Schiller, aux enchaînements d’idées qu’il a exposés dans ses « Lettres sur l’éducation esthétique ». Le tirage complet de cet ouvrage fut mis au pilon… Son auteur eut le malheur d’être heurté par une voiture, je crois…. Bref, il fit une chute dans la rue, se cassa une jambe, mais il était sous –alimenté et en si mauvaise santé qu’on ne put le guérir, bien que la fracture fût bénigne ! Il en mourut. – ce n’est là qu’un symptôme de traitement qu’on réservait au XIXe siècle à ceux qui voulaient rendre accessibles les idées de Schiller, qui voulaient enrichir par ses grandes idées la conscience générale de cette époque ! Certes, vous direz – ou d’autres diront : ne voit-on pas dans tous les domaines de belles aspirations ? Il y en a, et nous en parlerons encore – mais pour la plupart, elles débouchent sur des impasses.

Le second élément des convictions socialistes, c’est la théorie de la plus value.

On peut la caractériser rapidement ainsi : le nouveau mode de production a une conséquence : celui qui est employé pour produire et transformer les marchandises doit utiliser sa propre force vitale comme force de travail, et son travail devient une marchandise comme les autres. Ainsi se forment deux classes : les employeurs et les ouvriers. Les employeurs sont les capitalistes et disposent des moyens de production ; ils ont la fabrique, ils ont les machines, ils ont tout ce qui constitue les moyens de production.

Les autres, les travailleurs, ne peuvent apporter sur le marché qu’un seul moyen de production : leur propre force de travail.

Ce contraste, ce face à face de l’employeur propriétaire des moyens de production et du travailleur qui ne possède rien, qui ne peut apporter sur le marché que sa force de travail – ce face à face permet de réduire les sommes proposées pour le travail-machine, de les réduire a un minimum. Tout le reste va remplir la poche du propriétaire des moyens de production, et constitue la plus-value. Toute la production destinée au marché et à l’humanité se répartit donc en un minimum d’une part : ce que le travailleur reçoit, et en la part réservée au x propriétaires d’entreprises en tant que plus-value.

Telle est la théorie marxiste, devenue la conviction de millions d’être humains. Et cette situation est provoquée par la structure économique définie qu’a adoptée la vie sociale à notre époque. En fin de compte, on trouve les exploiteurs et les exploités. Telle est la classification qui , depuis le milieu du XIX e siècle et de plus en plus, a gagné les cercles restreints tout d’abord, puis les groupements, puis des millions et des millions d’hommes convaincus qu’il faut établir une structure purement économique. Car en développant les conceptions que je viens d’esquisser rapidement, on arrive facilement à ceci : la possession des moyens de production par des individus isolés est la perte de l’humanité en évolution ; les moyens de production doivent appartenir à tous ; tous ceux qui travaillent doivent pouvoir les administrer en commun. L’expropriation des moyens de production est devenue l’idéal de la classe ouvrière.

Il est très important tout d’abord de ne pas en rester aux idées figées, qui ne correspondent pas à la réalité, et qui sont encore celles de beaucoup de membres de la bourgeoisie en train de dormir pendant que les temps évoluent. Car beaucoup d’esprits de la bourgeoisie se sont encroûtés, ont continué à dormir sans voir ce qui se passe depuis quelques décennies, et se représentent encor qu’il y a des socialistes et des communistes qui veulent partager, qui veulent tout mettre en commun, etc. Ces gens là devraient s’étonner beaucoup quand ils entendront dire qu’une conception soigneusement élaborée, très ingénieuse, une conception de ce qui soit être réalisé, de ce qu’il faut réaliser, s’est répandue parmi des millions d’être humains : à savoir la théorie de la plus-value, qui ne peut être supprimée que si les moyens de production deviennent la propriété de tous.
Tout agitateur socialiste aujourd’hui, ou toute personne qui se laisse entraîner par lui, se raille du bourgeois quand il lui parle du communisme et des intentions des socialistes : car il veut dire qu’il s’agit de la socialisation des moyens de production, c’est-à-dire de l’administration collective des moyens de production. Le travailleur considère comme un mal que la propriété de ces moyens de production soit réservée à des individus isolés, parce qu’ainsi celui qui n’en possède pas est sans armes contre celui qui les a.

La lutte sociale à l’époque moderne, c’est un combat dont l’enjeu sont les moyens de production – et il faut qu’il y ait combat, c’est la troisième conviction de la social-démocratie : tout ce qui s’est établi s’est fait par un combat. La bourgeoisie a pris la première place en évinçant l’aristocratie. Le prolétariat se fera la sienne et conquerra de haute lutte l’administration des moyens de production en éliminant la bourgeoisie, comme celle-ci a éliminé l’aristocratie. Tout est lutte de classes. L’humanité progresse par le triomphe qu’une classe remporte sur une autre.

Donc premièrement : ce sont les seules impulsions matérielles qui font progresser l’humanité, le reste n’est que superstructure idéologique. Deuxièmement : le véritable mal est la plus-value, qui ne peut être supprimée que si les moyens de production sont administrés collectivement – et troisièmement : pour que les moyens de production deviennent le bien de tous, il faut que la bourgeoisie soit éliminée comme elle a éliminé la noblesse autrefois… Telles sont les conceptions socialistes qui se sont répandues à travers le monde civilisé.

Voici un symptôme significatif des récentes années : les membres de la noblesse et de la bourgeoisie se sont étendus sur leur chaise-longue, et n’ont fait que recueillir quelques clichés : partage de biens, communisme, etc., ces mots passe-partout à propos desquels on trouve parfois, à la fin des livres d’histoire, de longues notes – mais rarement quelque chose dans le texte lui-même ! Et l’on a dormi pendant que les événements suivaient leur cours.

Finalement, et au milieu de très grandes difficultés, mais sous la contrainte des faits, quelques personnes, sous l’influence de ce qui s’est passé ces quatre dernières années, ont commencé à ouvrir les yeux. On imagine difficilement avec quelle insouciance les gens auraient continué à dormir si nous n’avions pas eu ces quatre dernières années. Sans se soucier des milliers et des milliers de gens qui sont gagnés chaque année aux conceptions socialistes que je viens de caractériser, sans voir qu’ils dansent sur un volcan ! Mais il est bien désagréable de s’avouer qu’on dans sur un volcan, et on préfère se le dissimuler. Seulement le volcan ne manque pas de cracher feu et flammes, et d’écraser sous les pierres ceux qui dansaient !

Cette conviction socialiste fait partie des symptômes de notre temps. C’est un fait réel, non une théorie. Elle est efficace. Je n’accorde aucune valeur aux théories de Lassalle et de Marx – mais par contre une très grande à l’existence de millions d’hommes qui ont chois pour idéal de réaliser ce qui, pour eux, découle des trois points que je vous ai exposés. Or, c’est là une chose qui fait radicalement opposition à l’élément national qui, je vous l’ai montré, forme une sorte de terrain de base au début de l’époque moderne. Sur ce terrain national se sont développés toutes sortes de choses. Or, ce à quoi vise le prolétariat fut déjà exprimé à la fin du Manifeste de 1848, dans lequel Karl Marx exposait le programme de ce prolétariat : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » Il n’est presque pas de réunion de ces gens par la terre qui ne prenne fin sur un « Hourra ! » dédié à la social-démocratie révolutionnaire, internationale, à la social-démocratie républicaine. C’est un principe international.

Ainsi prend place, auprès de l’internationale romaine et de son universalisme, l’Internationale du socialisme. C’est un fait : ces hommes si nombreux sont un fait, et il importe qu’on ne l’ignore pas.

Pour parachever demain – au moins provisoirement – cette symptomatologie des temps modernes, il faut que nous puissions bien distinguer la voie par laquelle nous pourrons suivre l’évolution des symptômes jusqu’au point où ils nous permettront de voir : c’est ici qu’on peut percer à jour la réalité.

A tout cela vient s’ajouter le fait que d’autres hommes ont créé des problèmes sans solution – il faut que vous sentiez comment les choses ont évolué, comment elles ont pris une forme aiguë. Nous avons vu comment, au XIXe siècle, l’orientation vers le parlementarisme libéral s’accentue relativement calmement en Angleterre ; et dans le tumulte, ou plutôt sans motivation en France.

A mesure qu’on va vers l’Est, de plus en plus l’élément national est une chose importée, qui vient de l’extérieur. Et en même temps, des problèmes sans solution sont créés, et cela aussi, c’est un symptôme !

Bien sûr, les gens qui ne réfléchissent pas pensent que tout à une solution, ils croient que l’on peut tout résoudre. C’est par exemple un problème insoluble de ce genre (insoluble non pas pour l’intellect, mais dans la réalité) qui fut créé en 1870/71 entre l’Europe occidentale et l’Europe du centre : le problème de l’Alsace. Bien entendu, les gens avisés savaient le résoudre ! Un Etat conquiert le territoire sur son voisin – ainsi il a résolu le problème, et c’est ce genre de solution qu’on a adopté longtemps, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. On peut aussi procéder autrement, en faisant voter. Voilà qui est simple ! C’est la majorité qui décide. Mais ceux qui plongent dans la réalité, qui ne regardent pas seulement un seul point, qui voient que le temps est un facteur réel et que l’on ne peut pas décider en un bref délai de ce qui doit suivre une évolution lente – bref, les gens qui sont dans le réel savaient que cela est un problème sans solution !

Il faut lire ce qu’on écrit ceux qui se sont efforcés d’y voir clair dans le déroulement de l’évolution en Europe, ce qu’ils ont pensé, dit et écrit dans les années 70. Ils avaient présent à leur regard, présent à leur âme comment ce qui se passait là créait de bien étranges conditions pour l’avenir de l’Europe : comment le besoin naîtrai à l’Ouest d’en appeler à l’est tout entier. Il y avait déjà à l’époque des gens qui savaient qu’on créerait le problème slave en voulant résoudre la chose à l’Ouest autrement qu’en Europe du Centre. Je ne veux ici qu’effleurer cette question qui constitue un symptôme aussi évident que la guerre de Trente Ans, dont j’ai parlé hier pour vous montrer que dans l’histoire, ce qui vient après n’est pas la conséquence de ce qui a précédé. La Guerre de Trente Ans précisément montre que la situation au départ, celle qui précéda la guerre, n’avait en rien changé quand cette guerre eut pris fin. Entre ce qui s’est formé ensuite et ce qui existait avant la guerre, il n’y a pas de relation de cause à effet. Vous avez là quelque chose de caractéristique, et il en est de même en Alsace.

Pour bien des questions qui se posent à l’époque moderne, je pourrais vous faire voir un phénomène semblable : on conduit à de nouveaux conflits et débouche dans une impasse. Il est important de bien voir ces choses. Ces problèmes mènent à de telles impasses que les hommes ne parviennent plus du tout à se mettre d’accord ; l’un est d’un avis, l’autre d’un autre, simplement parce qu’ils se trouvent en des lieux différents de l’Europe. C’est un aspect caractéristique des symptômes de l’histoire moderne que cette création par les hommes de situations de fait qui sont sans solution.

Nous avons maintenant réuni toute une série d’éléments caractéristiques dans l’évolution actuelle : le caractère improductif, l’apparition diffuse de notions collectives qui ne contiennent aucune force productive : l’impulsion nationale collective qui ne contiennent aucune force productive : l’impulsion nationale par exemple. Et au milieu de tout cela la poussée permanente de l’âme de conscience. Un autre élément caractéristique que l’on rencontre partout, c’est l’aboutissement à une impasse. Car une grande partie de ce qui fait aujourd’hui l’objet de négociations, de ce qu’entreprennent les hommes, est un acheminement vers des impasses. Un autre élément caractéristique est l’obscurcissement de la conscience vis-à-vis précisément de la force consciente à développer. Rien de plus caractéristique que cet engourdissement de la conscience dans ce qu’on appelle les couches cultivées de la population vis-à-vis de la situation réelle du prolétariat. On a tout au plus une vue superficielle des choses. Les maîtresses de maison se plaignent des servantes qui ne veulent plus faire ni ceci, ni cela ; elles n’ont pas du tout envie de prendre intérêt aux théories marxistes qui ont gagné non seulement les ouvriers d’usine, mais aussi le personnel domestique. On parle peu à peu de ce qui est « humain » en général, mais c’est là pure rhétorique aussi longtemps qu’on ne prend pas intérêt à l’être humain individuel, qu’on ne se soucie pas de lui. Car il faut savoir ce qui se passe d’important dans le cours de l’évolution, et s’attacher à vraiment connaître les choses.

Ce n’est certes pas pour vous exposer une quelconque doctrine sociale que j’ai évoqué devant votre âme ce symptôme du socialisme, mais pour vous présenter des signes caractéristiques de l’histoire en évolution. Nous poursuivrons demain ces considérations pour les parachever et trouver un certains point l’accès de la réalité.

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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par solasido le Mer 24 Mai - 16:14

Bonjour Obsidienne et à tous


Vivre - Survivre
Bilan des défits
L'âme aime erre veille
Durant la Garde de l'Esprit
Égal à lui-même,
au Milieu des Conditions
tant que la Terre n'échappe pas au Ciel

Laisse, passe, silencieux comme quiconque la poursuivant
de son bâton de mendiant, le Vieux Jour, en choisissant
le coeur de chacun comme un tapis volant déroulé jusqu'ici,
souhaite que chacun vive loin des dortoirs, loin des musées,
loin des réseaux sociaux donc bien loin de l'hôpital de la survie

Question Ta méfiance te vient-elle peut-être du fait que tu te sens
impressionnée par ta propre ignorance musicale à l'image de ton mélomane favori ?

La plupart des membres des fora que depuis des années, je visite,
exclue majoritairement la pratique de la CNV ou de la Nétiquette.

Ceci n'est pas une attaque personnelle, mais une référence, un fait
incontournable entre déni, aspiration et activité finalement toxique,
tant qu' il n'est rien de plus suicidaire que prendre l'autre en otage.


Défits


Vivre rien que vivre



Loi d'octave et table périodique des éléments


Hexagramme musical


Transformation - Transmutation - Transfiguration


Bien à toi, à chacun et à tous

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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par obsidienne le Jeu 25 Mai - 11:15

La méfiance n'est que superficialité Solasido. Derrière il y a un processus qui passe d'un monde à l'autre et qui maintient les équilibres dont seul l'être humain avec sa triade corps-âme-esprit accompli. Ce sont des actions volontaires inconscientes quand elles agissent mais qu'il faut mettre en place pendant des années.....

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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par solasido le Sam 27 Mai - 9:33

Bonjour Obsidienne et à tous


obsidienne a écrit:La méfiance n'est que superficialité Solasido. Derrière il y a un processus qui passe d'un monde à l'autre et qui maintient les équilibres dont seul l'être humain avec sa triade corps-âme-esprit accompli. Ce sont des actions volontaires inconscientes quand elles agissent mais qu'il faut mettre en place pendant des années.....


Mémoire - Equilibre -Créativité

J'ai déjà entendu plus sincère concernant le rejet du matérialisme  
et de sa méfiance, trop riche, ni assez courageuse pour donner du coeur à sa rage

Comme toute peur, la méfiance donne de la rage à son coeur

Sans polémique ni joindre l'inutile au désagréable,
la confiance en soi est (à) la base du bien-être humain
ce que la simplicité est à une totale absence de susceptibilité.

Celui qui voit un problème et ne fait rien
fait partie d'une solution
regardée avec les yeux du passé.

Gandhi


Bien à toi, à chacun et à tous

Merci beaucoup


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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par obsidienne le Sam 27 Mai - 11:52

solasido a écrit:Bonjour Obsidienne et à tous


obsidienne a écrit:La méfiance n'est que superficialité Solasido. Derrière il y a un processus qui passe d'un monde à l'autre et qui maintient les équilibres dont seul l'être humain avec sa triade corps-âme-esprit accompli. Ce sont des actions volontaires inconscientes quand elles agissent mais qu'il faut mettre en place pendant des années.....


Mémoire - Equilibre -Créativité

J'ai déjà entendu plus sincère concernant le rejet du matérialisme  
et de sa méfiance, trop riche, ni assez courageuse pour donner du coeur à sa rage

Comme toute peur, la méfiance donne de la rage à son coeur

Sans polémique ni joindre l'inutile au désagréable,
la confiance en soi est (à) la base du bien-être humain
ce que la simplicité est à une totale absence de susceptibilité.

Celui qui voit un problème et ne fait rien
fait partie d'une solution
regardée avec les yeux du passé.

Gandhi


Bien à toi, à chacun et à tous

Merci beaucoup



Bonjour Solasido,

S'il y avait une seule solution se serait trop facile et alors tout le monde pourrait s'y mettre et prendre la bonne direction.

Si Steiner a vu la guerre de tous contre tous venir on peut constater de nos jours que les premières trompettes ont déjà sonné !

Si tu as remarqué je poste différents sujet car la diversité du travail sur soi doit prendre plusieurs directions pour être un maximun efficace et gagner du temps en initiation.

La confiance en toi elle est bien apparente en effet avec ton Yi king. C'est ta gymnastique de l'esprit, ton exercice qui convient à ta personnalité Solasido.

La manière dont l'esprit descend dans le corps ne peut pas se mesurer ni se calculer et c'est pourquoi le passage de l'imagination puis à l'inspiration et ensuite à l'intuition ne se voit pas extérieurement.  Toutefois il se créé un pont de matière éthérique, grâce au moi dans la sphère supérieure de l'être humain. Quand le sur-moi prend en charge la personnalité ce n'est plus le petit égo qui gouverne..... à ce niveau l'esprit est au dessus de la matière, et l'âme rayonne.  Au stade de l'intuition on n'a plus besoin d'intellectualité car l'esprit descend et on se laisse guider pas son soi-supérieur.  

Il faut tenir compte du déroulement de sa vie à savoir que ce que l'on fait dans sa jeunesse, le milieu de sa vie puis la dernière moitié de sa vie pour programmer ce que pourra être notre prochaine vie. Un initié peut préparer son futur et c'est possible oui.  Un initié travaille avec son esprit et non avec la matière.  

Je ne saurais conseiller qui que ce soit sans le connaitre vraiment et donc la connaissance de soi même est la principale occupation que chacun doit faire durant toute sa vie de la naissance jusqu'à sa propre mort en toute conscience. Se poser toujours des questions c'est ça le plus important pour lutter contre le matérialisme.

Pourquoi pas le Yi king pour certain, mais l'essentiel c'est de faire un graal de toute sa vie !

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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par solasido le Sam 27 Mai - 20:09

Bonjour  Obsidienne et à tous



Indéniable, ta méfiance indique que tu ne pratiques tout simplement pas
et ne tire aucun enseignement de tes croyances inexpérimentées.

Polémiquer reste le signe indéniable que tu ne travailles pas,
si ce n'est à toujours avoir raison...



Continue à penser à la place de l'autre
Continue à prendre l'autre en otage
Continue à être ce que tu fais
Continue à te rendre prisonnière de ta mémoire




Bien à toi à chacun et à tous

Merci beaucoup
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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par obsidienne le Sam 27 Mai - 22:59

Ben, forcément en posant toujours les mêmes fait je suis bien obligée de me répéter jusqu'à ce que tu comprennes. Et je vais me mette en colère et te dire : Solasido cesse de me harceler en Ahrimanisant tout ce que je dis

Bien à toi, bien à vous....
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obsidienne

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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par solasido le Dim 28 Mai - 21:49

Bonjour obsidienne et à tous

obsidienne a écrit:Ben, forcément en  posant toujours les mêmes fait je suis bien obligée de me répéter jusqu'à ce que tu comprennes. Et je vais me mette en colère et te dire : Solasido cesse de me harceler en Ahrimanisant tout ce que je dis  

Bien à toi, bien à vous....

Cela ne veut rien

Sans en faire une affaire personnelle,
Le sage ne menace pas,
Ni ne se met en colère.

La sagesse ne justifie aucune jalousie
tant qu'elle évite les problèmes

La sagesse fait de chaque problème une occasion
et non pas de chaque occasion un problème
comme avec la polémique

Pour le moment comme bien des membres
tu exclues le respect de la netiquette
si bien que tu t'interdis la compréhension
or sans  la compréhension ton combat est voué à l'échec

Bien à toi à chacun et à tous

Merci beaucoup
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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

Message par solasido le Mar 30 Mai - 8:36

Bonjour à tous

Sans confiance intérieure il est impossible
de développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme


La méfiance demeure la base du mal-être humain

Bien à chacun et à tous

Merci beaucojp
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solasido

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Re: Comment doit se développer le principe réel, la véritable impulsion du socialisme

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