Métamorphose de la Suisse : l'ouverture sur le monde. Arrière-plans spirituels

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Métamorphose de la Suisse : l'ouverture sur le monde. Arrière-plans spirituels

Message par obsidienne le Dim 21 Mai - 10:45

Extrait du livre « La métamorphose de la Suisse. Les arrière-plans spirituels de la mission de la confédération. Branche Nicolas de Flue, de Fribourg. Edition EAR.


L’ouverture sur le monde

Imaginons le jet d’eau de Genève. De loin, on le perçoit comme une forme ; en s’approchant, on le voit comme une forme en mouvement ; de près, l’illusion de la forme s’évanouit et ne reste que le mouvement. Dans le monde vivant, la forme n’est qu’une apparence, créée par le mouvement : la plante est à sa façon un jet d’eau, un jet de sève.

Les êtres vivants n’ont pas vraiment de forme ; essentiellement, ils sont mouvements. Quelle est, en effet la vraie forme de la rose : le bouton, la fleur à peine ouverte ou tout à fait éclose ? Ces différentes représentations sont comme des « arrêts sur image » dans le déroulement d’un film. La différence entre une plante et un jet d’eau réside dans le fait que le jet d’eau est produit artificiellement, qu’il a un simple mouvement linéaire, tandis que les mouvements de la vie sont rythmés ; ce sont des mouvements d’expansion et de contraction, des mouvements en spirale, etc. L’essentiel de ces mouvements, c’est le rythme. Le monde éthérique, les forces éthériques, ce sont des rythmes. Un rythme n’est pas la répétition à intervalles réguliers d’un phénomène constant, mais d’un phénomène qui évolue, qui se transforme à chaque répétition. Une fréquence absolument régulière ne peut être créée qu’artificiellement. Le rythme implique la métamorphose.


Parler de géographie éthérique, c’est donc parler de rythmes, grands et petits, rapides ou très lents, dont les Alpes offrent une expression grandiose. Quand on regarde une carte de l’Europe, on voit une vague rythmée venir de l’Atlantique, prendre la terre et la transformer en vagues. Les Alpes sont des vagues, même si elles nous paraissent figées. Et sur un plan temporel plus vaste, toute la surface de la planète est en mouvement, dans un rythme si lent que les septante à huitante années que l’être humain passe sur la terre ne lui permettent pas de détecter. La Suisse est au milieu de ces vagues de terre que sont les Alpes. Citons à ce sujet une indication de Rudolf Steiner sur la façon d’enseigner la géographie :

« Il serait naturellement souhaitable de procéder de façon à amener d’abord les enfants à être conscients de la formation des couches géologiques, de leur donner une idée de la manière dont les Alpes se sont formées. Et puis, en partant des Alpes, il faudrait traiter tout l’ensemble : Pyrénées, Alpes, Carpathes, Altaï et ainsi de suite. Puis d’autres ondulations allant de l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud. On fait ressortir ainsi une première ondulation allant jusqu’à l’Altaï, jusqu’aux montagnes asiatiques, qui va de l’ouest vers l’est. Et nous avons dans l’ouest de l’Amérique, en haut la chaîne nord-américaine et en bas la chaîne sud-américaine. Elles composent l’autre ondulation allant du nord au sud et qui est perpendiculaire à la première. Nous prenons ces couches et configurations comme point de départ et ajoutons alors la faune et la flore, ainsi que les couches géologiques. Puis nous parvenons à nous faire une idée de la relation entre l’est de l’Amérique et l’ouest de l’Europe en constatant que le bassin de l’océan Atlantique et la côte ouest de l’Europe forment une dépression. A partir de ces idées, nous essayons d’arriver de façon naturelle à voir que cette zone s’élève et s’abaisse selon un rythme. Notre point de départ est l’idée du rythme. »
(Conférence Stuttgart, 25 septembre 1919, Ga 300).

Supposons que l’on fasse abstraction de la matière. On ne verrait alors plus rien de matériel. En revanche, on entendrait les rythmes, le battement du cœur de la nature. Quelle extraordinaire complexité : rythmes des saisons, rythmes journaliers, montée et descente de la sève, rythmes corporels d’innombrables milliards d’insectes, de petits animaux, rythmes de l’alimentation – prendre en soi le monde et restituer le monde ! On pourrait avoir le sentiment que tant de mesures différentes produiraient une incroyable cacophonie. Il n’en est rie. Ces rythmes sont accordés les uns aux autres, ils sont des harmoniques du mouvement des planètes, ils sont comme la vibration de la Parole qui porte un sens. Le sens des rythmes est la vie. La vie essentiellement, est le sens porté par les rythmes.

Tous les règnes de la nature expriment les rythmes de la vie. L’animal sauvage est inséré dans le cycle de l’année. L’être humain participe également à la ronde des saisons, mais il y inscrit son développement personnel : sa biographie. Tout ce qui est vie se déploie essentiellement dans la dimension du temps ; visible dans l’espace, la vie est un phénomène temporel.

Le devenir de la Suisse est également une biographie se déroulant dans le temps. Dès l’aube du dix-neuvième siècle toutefois, la dimension spatiale commence à prendre une importance grandissante. La conscience des hommes change graduellement : d’une conscience historique, elle se métamorphose en une conception spatiale du monde. Cela résulte principalement de la création d’un nouveau règne de la nature, celui des machines. En effet, l’homme faisant lui-même partie de la nature, ses créations sont en même temps celles de la nature. A travers l’homme, c’est toujours la nature qui crée.
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Message par obsidienne le Dim 21 Mai - 10:47

Les premières machines de l’âge moderne se fondent sur l’union du feu et de l’eau. Elles sont issues des Mystères de la Mer d’Airain mentionnés dans le chapitre précédent. Il s’agit des machines atmosphériques, les pompes à vapeur, inventées par Newcommen autour de 1720 et perfectionnées par James Watt. En conjuguant les forces de la chaleur et de la pression atmosphérique, on crée de la vapeur d’eau qui sert à produire un mouvement mécanique capable de soulever un poids important. Les machines atmosphériques de Newcommen et de watt sont des mécanismes stationnaires d’une taille considérable. Les premières pompes à vapeur sont pour moitié des constructions de briques, et pour moitié un système de cylindres, pistons, leviers, etc. Elles ont la hauteur d’une maison de plusieurs étages.

Rudolf Steiner établit un rapport entre le principe de fonctionnement de ces pompes à vapeur et la création d’Adam par Jahvé.

« En fait, (la machine à vapeur) n’a vraiment été inventée qu’au XVIIIe siècle, car ce qui existait auparavant, ce n’étaient que des essais sans portée pratique. Ce qui est donc aujourd’hui trè répandu, qui a une importance considérable, c’est la machine à vapeur – dont on peut dire qu’elle n’est devenue utilisable, que les essais antérieurs n’ont abouti à une utilisation qu’en 1719, grâce à Newcommen, puis plus tard, grâce à James Watt, en 1762. En fait, ce sont là seulement les deux noms qu’on peut prononcer quand on parle des inventeurs de la machine à vapeur, tout au moins dans le domaine où il est question aujourd’hui de machines à vapeur et de tout ce qui s’y rattache….

Sur quoi repose donc en fait la machine à vapeur ? Sur la possibilité que l’on a de créer un espace où l’on fasse le vide, ou dans lequel l’air soit raréfié. Mais que se passe-t-il en réalité quand nous créons un espace vide d’air, ou dans lequel l’air est raréfié, dans l’intention de le mettre au service de l’évolution humaine sur terre ?

La bible dit que Yahvé insuffla à l’homme le souffle vivant, l’air, et que par là celui-ci devint une âme vivante. Il fallut que l’air pénètre en lui pour qu’il devienne ce qu’il doit être en tant qu’homme terrestre. … Que se passe-t-il donc en fait quand l’homme utilise un espace où l’air est raréfié, quand il vide l’espace de son air ? Il fait opposition à Yahvé.

Vous pouvez maintenant penser aisément ceci : alors que Yahvé pénètre en l’homme par l’air, l’homme chasse Yahvé lorsqu’il créé un espace où l’air est raréfié ! Ahriman obtient la possibilité de s’ancrer en tant que démon jusque dans le physique au moment où la machine à vapeur est construite par cette voie. En la construisant, on donne aux démons l’occasion de s’incarner. »
(Le karma de la profession, pp. 199-200, Ed. Triades, GA 172).

L’époque où ont lieu les évènements symbolisés dans la Genèse par la création d’Adam se situe au milieu de la Lémurie. C’est le temps où, selon Rudolf Steiner, s’opère la division de l’humanité en deux sexes, parallèlement à la séparation de la Terre et de la Lune. Sur le continent de la Lémurie, les hommes étaient encore essentiellement des êtres de feu, capables d’exercer une influence directe sur le feu environnant. Ils peuvent aussi être considérés comme des êtres aériens, car l’homme lémurien ne marchait pas encore sur la surface de la Terre, mais planait comme un grand oiseau ou, plus exactement, comme un dragon. Dès le moment de la séparation de l’humanité en deux sexes se créent aussi les deux grands courants de l’évolution que l’on appelle la race de Caïn et la race d’Abel. Tandis que l’humanité en général perd progressivement le rapport direct avec le feu dans la nature, avec les forces volcaniques de la terre, le secret de ce rapport est conservé dans les mystères de Caïn.

Rudolf Steiner décrit dans sa « science de l’occulte » comment, après la disparition de la Lémurie dans un cataclysme volcanique, l’humanité évolue sur l’immense continent de l’Atlantide, recouvert aujourd’hui par les eaux de l’Océan atlantique. L’homme atlantéen ne sait plus contrôler les êtres du feu, mais il peut exercer une influence directe sur l’eau et la vapeur d’eau dans l’atmosphère. Il modèle les plantes à son gré et développe une technique hautement évoluée basée sur l’utilisation des forces de l’eau. Durant les époques successives de l’évolution atlantéenne, les secrets du feu continuent à être entretenus dans les mystères de Caïn et de son successeur Tubal Caïn. Nous l’avons vu ces mystères réapparaissent sur le plan historique au cours de la troisième civilisation postatlantéenne, lors de l’initiation d’Hiram. Ce dernier devient alors le gardien de ces Mystères et entreprend de les faire pénétrer graduellement dans la vie extérieure à partir du XVIIIe siècle.

Nous avons raconté comment Saint-Germain, lors de son apparition à Vienne en 1790, déclare qu’il doit se rendre en Angleterre afin d’y préparer deux inventions pour le siècle suivant : les trains et les bateaux à vapeur. Cette impulsion est l’une des plus importantes dans l’histoire de l’humanité. La réflexion qui suit va permettre de mesurer le bouleversement qu’elle provoque dans la vie des hommes.

Dans les temps plus anciens, on se déplaçait surtout à pied ou à cheval. Tout appareillage utilisait des forces naturelles : bateaux à rames, moulins à vent, roues à eau. Cette première phase dans le développement de la technique dure plusieurs millénaires. La deuxième phase, celle des engins atmosphériques de Newcommen et Watt est beaucoup plus courte. Les machines sont encore immobiles et restent assujetties aux contraintes géographiques. Produisant leur propre force, elles ne dépendent plus des forces extérieures, mais le combustible de ces machines, le charbon par exemple, doit être amené par des chars ou des péniches tirés par des chevaux. Le réseau routier est encore primitif ; par temps pluvieux, les lourds chars s’enlisent dans la boue ; le monde reste grand, les distances sont difficiles à parcourir. Dans la mesure du possible, les fabriques s’établissent le long des voies d’eau. Puis tout change radicalement grâce à une question géniale : ces machines génèrent leur propre énergie ne pourraient-elles pas se doter de roues et les faire tourner ?

Cette idée qui paraît évidente aujourd’hui ne l’était pas à l’époque. Nous avons vu que les premières machines à vapeur sont aussi hautes que des maisons de plusieurs étages. µAvant le milieu du XVIIIe siècle, l’idée ne serait venue à personne qu’une telle machine pût se déplacer. Par la suite, des perfectionnements mécaniques permettent d’en réduire la taille et les rendent plus efficaces. Vers la fin du XVIIe siècle, l’idée d’une machine capable de se déplacer devient possible. Le monde moderne est une conséquence de cette idée, dont la source d’inspiration est rosicrucienne.

Peu de temps après l’apparition de Saint-Germain à Vienne, Richard Trevithick, ingénieur plein d’idées, mais piètre homme d’affaires, invente le premier véritable engin auto-mobile, c’est-à-dire une machine se déplaçant par ses propres forces. Vers 1796, sur une plate-forme dotée de roues, il construit une pompe à chaleur qui, par l’intermédiaire d’une grande roue dentée, transmet un mouvement rotatif aux roues. En 1803, Trevithick fait la démonstration de sa machine à Londres. Puis elle se casse et il s’en désintéresse. En vacances au Pays de Galles, dans une région de mines qui n’est pas sans lien avec les Mystères de l’Hibernie, Trevithick observe des Wagons tirés sur des rails de fer par des chevaux : la forme primitive des chemins de fer. Il invente alors, se déplaçant sur ces mêmes rails, une automobile qui constitue la première locomotive du monde. Les premiers essais sont couronnés de succès, mais les rails, insuffisamment résistants, se cassent.

Ensuite, Trevithick loue à Londres un terrain sur lequel il installe un petit circuit de chemin de fer que les gens visitent comme une curiosité. A l’époque cependant, l’idée est encore trop nouvelle. Personne ne l’exploite commercialement. De ce fait, Trevithck n’est généralement pas considéré comme le père du chemin de fer. On a l’impression qu’il arrive trop tôt. Mais par lui l’idée est introduite, offerte à l’humanité. Il faudra quelques années pour que les gens prennent conscience du potentiel qu’elle contient. Signalons que Trevithick est né non loin de Tintagel, le grand centre des Mystères de l’Ouest.

Quand les hommes commencent à entrevoir les possibilités offertes par le nouveau moyen de transport, l’enthousiasme déborde. C’est le moment où le grand public se rend compte que la technique est en mesure de relever le défi des contraintes imposées jusqu’alors par l’environnement naturel. Un sentiment de victoire, de jubilation, s’empare des âmes : l’homme va devenir le maître du monde.

Le chemin de fer se développe d’abord en Angleterre dès 1820. Les autres pays comprennent vite l’importance de cette invention ; ils achètent des locomotives, font appel aux ingénieurs britanniques pour élaborer leurs réseaux ferroviaires.

La Suisse, et sa voisine l’Autriche, ne peuvent ignorer la révolution qui est en cours. Mais la nature leur oppose un obstacle de taille : les montagnes. Une locomotive peut-elle remonter une pente tout en tirant un train de plusieurs centaines de tonnes ? Un train peut-il franchir un col ? Le public est sceptique, les avis des ingénieurs partagés.

La question est tranchée en Autriche par une décision audacieuse : on construira d’abord une ligne franchissant un col et on verra par la suite si quelqu’un est en mesure de fabriquer une locomotive capable de remonter la pente. C’est un acte de foi en la technique applaudi par les esprits aventureux et considéré comme de la folie par la majorité des habitants. Le col en question, celui du Semmering, est bien le moins élevé des cols alpins, mais la locomotive devra tout de même grimper depuis la plaine jusqu’à une altitude de 890 mètres, ce qui correspond à une élévation de 580 mètres sur une distance de quelques kilomètres. En 1851, l’ingénieur chargé de la réalisation du projet, Carlo de Ghega, lance un concours international pour la construction d’une locomotive : elle doit posséder la puissance nécessaire pour remonter la rampe en remorquant une charge de 125 tonnes et avoir une adhérence suffisante aux rails pour ne pas glisser en arrière. Le prix offert au gagnant est de 20 000 florins. Quatre entreprises annoncent leur intention de participer au concours. Le jour de l’épreuve approche, la tension monte, on parie sur le succès ou l’écher du projet téméraire : la carrière de Carlo de Ghega est en jeu.
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Message par obsidienne le Dim 21 Mai - 10:50

Rudolf Steiner, dans une conférence autobiographique, fait référence à la ligne de montagne du Semmering si habilement réussie, car elle représente une des plus grandes victoires de la technique à vapeur. En effet, trois des quatre locomotives concurrentes réussissent le parcours sans grandes difficultés. La construction du réseau des chemins de fer en Autriche est auréolée de cet esprit de victoire, de suprématie de la technique. L’enfant Rudolf Steiner, quelques années plus tard, le ressent encore comme un courant sous-jacent à la vie tranquille de la petite garde de Pottschach, non loin du célèbre Semmerlingbahn.

Après le succès de l’épreuve du col du Semmering, plus rien ne peut arrêter la marche triomphale du train à vapeur. Un ingénieur autrichien, Wilhelm Engerth, développe une locomotive pour les pays montagneux, qui réunit en un seul modèle les meilleures caractéristiques des trois machines ayant réussi l’exploit. Les locomotives Engerth, de grandes machines imposantes Suisse se dote de plus d’une centaine de ces engins puissants.

Aujourd’hui, la plus ancienne locomotive de Suisse encore en état de marche est une Engerth. Elle occupe la place d’honneur dans la collection du Musée des Transports à Lucerne. Son nom est Genf.

Grandir dans l’ambiance du chemin de fer à vapeur, comme ce fut le cas pour le jeune Rudolf Steiner par exemple, c’est se trouver régulièrement devant une image de l’archétype de la nature inférieure de l’homme. En effet, les hommes ne peuvent créer dans le monde extérieur que l’expression matérielle de ce qu’ils portent en eux. Toute réalisation technique est l’extériorisation de quelque chose qui vit en l’intérieur de l’être humain. Les locomotives à vapeur exerçaient une certaine fascination sur les hommes, tout particulièrement sur les garçons, petits et grands. En les regardant arriver dans le fracas des immenses roues sur les rails, de la vapeur sous pression échappant des cylindres, la lumière rouge vif des flammes rayonnant du foyer et illuminant les visages du chauffeur et du stoker, la haute cheminée dégorgeant une fumée noire et étouffante, le spectateur voyait une image lui rappelant à un niveau subconscient son lointain passé, à l’époque de la Lémurie.

Nos ancêtres Lémuriens n’avaient pas encore la forme humaine. Pour ce qui était de leur nature physique, Rudolf Steiner les décrit comme des dragons, ces êtres figurent dans les mythes et les légendes. Vaincre le dragon, c’est vaincre sa propre nature inférieure. Au XIXe siècle, sous l’impulsion de Saint-Germain, l’humanité parvient à extérioriser le dragon et à le mettre au service de la civilisation.

Lors de son apparition à Vienne, Saint-Germain dit qu’il doit se rendre en Anngleterre pour préparer l’invention des trains et des bateaux à vapeur ; il ajoute que l’Allemagne a besoin de ces inventions. A cette époque, la future Allemagne était répartie en plusieurs Etats qui coexistaient, tantôt en paix, tantôt en conflit. Saint-Germain prévoyait que pour réunir ces Etats en un véritable pays, une force plus grande que celle de la politique serait nécessaire.

Quelques décennies plus tard, en 1828, Goethe fait à Eckermann la réflexion qu’il n’y a pas lieu de se faire du souci quant à l’unification de l’Allemagne, car le réseau routier et le futur chemin de fer s’en chargeront. L’histoire leur donne raison : l’action unificatrice principale fut effectivement celle qui découla de la construction du réseau ferroviaire en Allemagne.

Grâce à la locomotive à vapeur et à son équivalent sur l’eau, le bateau à vapeur, la conception des distances géographiques se trouve profondément modifiée. Les vastes étendues rétrécissent les voyages et les transports deviennent rapides et sûrs, la logistique militaire s’élabore à partir de nouveaux critères de mobilité, l’implantation de l’industrie ne dépend plus de la proximité d’un fleuve ou d’une autre voie d’acheminement naturelle. Le XIXe siècle voit la création de trains célèbres, forgeant des liens toujours plus étroits entre les différents pays : le Transibérien, le Transpyrénéen, l’Orient-Express, les trains bleus, etc., qui préfigurent le système des Trans-Europe-Express de notre époque.

La vie de la Suisse est radicalement transformée par ces développements. D’enclave montagneuse difficile d’accès, le pays se métamorphose en nœud central du réseau ferroviaire européen. Non moins audacieux que de Ghega en Autriche, les ingénieurs suisses n’hésitent pas à relever les nouveaux défis de la technique. Pour relier Bâle à Berne en passant par Olten, on perce le tunnel du Hauenstein. Il faut cinq ans de travaux, de 1853 à 1858, pour creuser ce passage de 2495 mètres de long avec les simples outils de l’époque. Mais la ligne qui deviendra un monument de cette époque visionnaire est celle qui relie Lucerne à Chiasso avec une centaine de ponts, une succession de plusieurs dizaines de tunnels hélicoïdaux c’est avant tout autre, l’œuvre qui fera la renommée mondiale du génie civil suisse : le tunnel du Saint-Gothard. Huit ans en construction, sous la direction du brillant ingénieur genevois Louis Favre, long de 15.003 mètre, ce tunnel qui perce le cœur même de la Suisse capte l’imagination des hommes de la technique dans le monde entier.

Un autre Genevois, moins connu dans notre pays que son concitoyen Favre, apporte une contribution plus importante au développement de la locomotive à vapeur sur le plan mondial. Anatole Mallet est un homme qui – dans la grande tradition scientifique genevoise liée au courant de l’air et, en particulier, à l’union entre le feu et l’eau – s’aperçoit que l’on n’utilise pas de façon optimale les forces de la vapeur d’eau. Il développe alors un système pour utiliser deux fois la vapeur créée dans la chaudière, exploitant une fois la haute pression initiale et la deuxième fois la basse pression restante. Son système, appelé « compoundage », permet un gain important en puissance. De plus, Mallet dote ses locomotives d’un châssis articulé qui leur confère une meilleure adhérence aux rails et une plus grande souplesse dans les courbes. Le système Mallet connaît un succès immédiat. Dès la fin du XIXe siècle, on voit apparaître dans le monde entier des locomotives de ce type, qui figurent parmi les meilleures réalisations de l’époque de la vapeur.

Aux Etats-Unis, où c’est le chemin de fer qui ouvre les nouvelles frontières, la supériorité des locomotives Mallet sur le plan de la puissance en fait des machines de choix pour les énormes trains marchandises. Les ultimes locomotives à vapeur américaines, les Big Boy, fabriquées au début des années 1940 et capables de remorquer plus de cinq mille tonnes, étaient des Mallet. Ces machines à vapeur, les plus puissantes jamais réalisées, constituent une expression imposante de cet aspect des Mystères du Feu dont un premier aperçu fut communiqué à l’humanité par Christian Rose-croix sous une forme symbolique dans la Légende du Temple.

En contemplant l’évolution de la technique à la lumière de la science spirituelle, on peut dire que la véritable origine des locomotives à vapeur remonte à la Lémurie et au moment de la création d’Adam par Jahvé. Nous avons vu que ce moment incisif, évoqué par Moïse dans la Genèse, correspond à la séparation de la lune et de la Terre et à la scission de l’être humain en deux sexes. Dans leur ensemble, les événements de cette époque représentent dans le devenir de l’être humain sur la terre la plus profonde transformation imaginable. C’est la chute de l’humanité dans la matière, appelée dans la Bible le « péché originel ».

Rudolf Steiner, dans sa Science de l’Occulte décrit comment la Chute fut provoquée par des êtres spirituels retardés, les légions du Seigneur de la Lumière, Lucifer.

Quand les êtres lucifériens investissent l’âme humaine pour la faire pénétrer trop profondément dans la matière, ils doivent lui incorporer la force qui fait descendre la lumière au-dessus de sa sphère propre en la condensant à l’extrême. Cette action de densification de la lumière, à l’intérieur même de l’être humain, implante en lui pour la première fois le produit de ce processus d’extrême condensation : l’électricité. Elle s’attache à ce qui deviendra son système neuro-sensoriel, entraînant graduellement sont regard au-delà de la sphère d’activité des êtres spirituels créateurs et amenant l’âme humaine à prendre conscience de l’aspect physique matériel de l’existence.

Comme la lumière elle-même, l’électricité est invisible. Mais là où la lumière éclaire les surfaces des choses, faisant naître par son interaction avec les ténèbres le monde des couleurs, l’électricité, elle, se cache à l’intérieur de la matière. Après la chute, Adam et ses enfants peuvent contempler un monde plein de couleurs, mais le secret de l’électricité leur reste caché. Tout au long de l’évolution ultérieure de l’humanité à travers les différences époques, les hommes connaissent l’électricité atmosphérique céleste, qui s’exprime par les éclairs et la foudre dans lesquels se manifestent les intentions des hautes entités spirituelles de la première hiérarchie. Sous sa forme atmosphérique, l’électricité est bien connue des hommes, mais sous sa forme sous-physique, elle échappe à leur conscience.

Au début de la quatrième époque postatlantéenne, l’époque gréco-latine, on découvre un phénomène intéressant. Quand on frotte un morceau d’ambre avec une peau de chamois, l’ambre acquiert le pouvoir d’attirer de petits objets légers. Ce phénomène dont la découverte est attribuée à Thalès de Milet, reste longtemps un simple objet de curiosité. Vers la fin du Moyen Age, les hommes de science l’étudient de façon systématique et lui donnent un nom dérivé du mot grec désignant l’ambre, êlektron. On constate que cette force de l’ambre, l’électricité, se caractérise par une polarité : selon le matériau chargé par le frottement, elle agit en force d’attraction ou en force de répulsion.

Au début, on pense qu’il y a deux sortes d’électricité, l’électricité résineuse et l’électricité vitreuse, car on constate que la charge qui s’accumule sur un corps d’une matière à caractère résineux agit de façon contraire à celle accumulée sur un corps d’une matière apparentée au verre. Mais on se rend bientôt compte qu’il s’agit de la polarité inhérente à une force unique, l’électricité. En frottant assez vigoureusement la surface d’un objet approprié, on peut y accumuler des quantités considérables d’électricité. L’objet reste chargé pendant un certain temps, mais la charge diminue graduellement, comme si l’électricité s’échappait en se laissant emporter par l’air ambiant.
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Re: Métamorphose de la Suisse : l'ouverture sur le monde. Arrière-plans spirituels

Message par obsidienne le Dim 21 Mai - 10:53

Des expériences permettent d’établir que des objets portant des charges de polarité se repoussent, tandis que ceux portant des charges de polarité différente s’attirent. En rapprochant deux objets ayant accumulé des charges très importantes de polarité différente, on constate que la force d’attraction est si grande que l’électricité saute de l’un à l’autre sous la forme d’étincelles, petites ou grandes.

Les gens sont fascinés par les propriétés de cette force mystérieuse. Les médecins voient en elle une panacée ; des gens riches l’emploient dans des jeux de société. Beaucoup voient en l’électricité l’énergie mystérieuse de la vie. Ce n’est que plus tard que des expérimentateurs sérieux, comme Jallabert à Genève par exemple, développent des méthodes pour utiliser les charges électriques dans l’électrothérapie.

Si l’on considère que la découverte du phénomène de l’électricité liée à la matière remonte à Thalès, on peut dire que l’humanité la connaît depuis bientôt trois millénaires. Mais cette électricité est stationnaire ; il s’agit de charges accumulées sur les surfaces des objets. Le seul mouvement que l’on peut lui conférer est de faire sauter une étincelle d’un corps chargé à un autre. Aujourd’hui, on appelle ce phénomène l’électricité statique.

Le karma de l’humanité a voulu que les hommes découvrent simultanément les premières machines automobiles et l’électricité mobile, c’est-à-dire le courant électrique. Cette électricité mobile est observée pour la première fois par Luigi Galvani, en 1786, mais il ne comprend pas très bien ce qu’il a découvert. C’est son compatriote, Alessandro Volta, qui, à la fin du XVIIIe siècle, réalise la première pile capable de fournir un courant électrique. Les études scientifiques sur le mouvement de l’électricité dans un circuit et sur les effets produits par ce mouvement sont donc contemporaines des travaux de Trevithick sur les premières locomotives.

Dans la pile de Volta, l’électricité est produite par une réaction chimique ; elle est puisée à l’intérieur de la matière. Or l’électricité que l’humanité avait connue jusqu’alors – l’électricité statique – est de nature luciférienne. Mais lorsqu’on fait jaillir de l’intérieur de la matière un flot d’électricité sous la forme de courant électrique, cette électricité-là manifeste un caractère différent. Il ne s’agit plus d’électricité pure, mais d’une électricité à laquelle est mêlée une deuxième force sous-physique plus profonde : le magnétisme. Les phénomènes provoqués par le passage d’un courant électrique sont des phénomènes électromagnétiques. L’électricité résulte de l’action des être lucifériens qui densifient la lumière en la comprimant à l’extrême. Le magnétisme résulte de l’action des êtres ahrimaniens sur les harmonies s’exprimant dans les rapports musicaux des sons ainsi que dans les rapports mathématiques qui président aux combinaisons chimiques des substances. Ces rapports sont ceux de l’Harmonie des Sphères. Tout courant électrique, qu’il soit généré par une pile chimique ou non, possède ce double caractère luciférien et ahrimanien.

Pendant que le réseau du chemin de fer se déploie en Europe et gagne les pays lointains, d’importantes recherches sur l’électromagnétisme sont en cours. C’est le cas de la maison des De la Rive à Presinge qui devient un centre international d’expérimentation. L’électricité étant davantage liée au système neuro-sensoriel de l’être humain, le siège de sa conscience, il est tout naturel que les applications pratiques de cette force s’orientent très tôt vers les domaines en rapport avec les activités de l’esprit humain conscient. Un de ces domaines est la communication par la parole. Depuis les temps anciens, certaines méthodes très simples avaient été utilisées pour transmettre des messages à distance : feux allumés sur des montagnes, signaux de fumée, appareils optiques, etc. L’électricité semble offrir des avantages considérables. Les signaux par le feu, la fumée ou la lumière, ne peuvent que difficilement garder un caractère privé ou secret ; ils sont visibles pour tout le monde. En revanche, une transmission au moyen de l’électricité eut être réservée aux seuls destinataires.

Avant la découverte du courant électrique, plusieurs inventeurs développent déjà des méthodes de transmission de messages au moyen de l’électricité statique. En 1774, le Genevois Lesage, mathématicien et physicien, invente un télégraphe électrostatique ; vingt-quatre fils permettent de prolonger les corps chargés de telle façon que les charge speuvent être détectées à l’autre extrémité des fils, même à une distance considérable. Chacun des vingt-quatre fils représente une lettre. Lesage essaie d’intéresser Frédéric le Grand à son système ; ce dernier en reconnaît l’utilité, mais ne l’adopte pas, le coût des fils étant trop élevé. Beaucoup d’autres hommes ingénieux ont à leur tour conçu des systèmes utilisables basés sur l’électricité statique.

La découverte du courant électrique offre une solution idéale au problème de la transmission des messages. En 1837, le Congrès américain lance un concours pour la réalisation d’un télégraphe vraiment efficace. Un jeune peintre, Samuel Breese Morse, soumet un système qu’il a conçu – pour passer le temps – lors des six semaines d’une traversée de l’Atlantique sur un des premiers bateaux à vapeur. Morse remporte le prix et installe le premier télégraphe officiel reliant Washington à Baltimore en 1845. Deux ans plus tard, il revient en Europe avec deux de ses appareils télégraphiques. A l’époque où, en Autriche, Carlo de Ghega commence la construction de la ligne de montagne du futur Semmeringbahn, on pose les premières lignes télégraphiques en Europe. Dès lors, on voit non pas un, mais deux réseaux métalliques se répandre en Europe et dans le monde entier : les rails d’acier posés par terre et les fils métalliques, suspendus en l’air. L’humanité se trouve prise dans cette double toile d’araignée, l’une s’étendant à ses pieds, l’autre au-dessus de sa tête.

La Suisse se dote d’un réseau télégraphique et se trouve ainsi reliée au monde entier. Si les distances à parcourir par le voyageur et pour le transport des marchandises à parcourir par le voyageur et pour le transport des marchandises donnent l’impression d’être radicalement réduites grâce à la locomotive à vapeur, les distances séparant les hommes désireux de communiquer disparaissent. La vitesse de transmission d’un message par l’électricité est phénoménale : en principe, un courant électrique peut faire plusieurs fois le tour de la Terre en une seconde. La première ligne télégraphique du pays est installée vers 1850 à Genève – qui accueillera plus tard l’Union internationale des télécommunications et jouera un rôle central dans ce domaine.

Mais très vite, le télégraphe se voit remplacé par une nouvelle invention qui permet la transmission de la parole : le téléphone. Cette invention est brevetée en 1876 par Alexander graham Bell. En 1877 déjà, le conseil fédéral et la Direction des télégraphes suisses s’intéressent à la construction d’un réseau téléphonique dans le pays. Les premiers travaux commencent en 1879 et le 1er octobre 1880, une première centrale téléphonique est mise en service.

Dans son autobiographie, Rudolf Steiner évoque la vie des chemins de fer dans la petite garde de Pottschach où il vécut enfant. Il mentionne également le télégraphe qui l’intriguait beaucoup et dont il apprit vite à se servir. Il fut donc en mesure d’observer dès ses plus jeunes années l’influence de ces deux développements techniques si importants et en même temps si différents l’un de l’autre. Le feu est une entité primordiale qui a accompagné l’évolution de l’humanité dès ses origines ; il est visible, familier, sympathique. Quel enfant ne s’est pas émerveillé en contemplant le jeu des couleurs et les mouvements ardents d’un feu de bois par exemple ? Mais l’électricité a quelque chose de sournois, d’antipathique. Comme le feu, elle peut brûler, mais elle se propage alors le long du système nerveux et exerce une influence paralysante.

A l’époque du développement du téléphone se prépare déjà la forme moderne des télécommunications : la radio, appelée d’abord télégraphie sans fil. En 1895, le jeune Guglielmo Marconi transmet le premier message par radio sur une distance de quelques mètres. Moins d’un siècle plus tard, une sonde spatiale américaine transmettra à la terre des messages radio depuis la limite extérieure du système solaire. Cet exploit technique est rendu possible par le caractère même de l’électricité liée au magnétisme. Le système solaire tout entier est illuminé par le soleil. Les flots de lumière à la fois spirituelle et physique déversés par cet astre embrassent tous les corps célestes du système. Le prétendu vide de l’espace ne nous semble noir que parce que la lumière solaire, elle-même invisible, n’y rencontre aucune surface à éclairer. Mais l’espace du système solaire est en réalité un océan de lumière.

Le grand chercheur anglais Michael Faraday, que nous avons évoqué ans le chapitre sur Saint –Germain, est le premier à reconnaître (et peut-être le seul à vraiment comprendre) qu’il existe, par opposition à cet océan de lumière, un océan électrique. Faraday développe le concept de champ, d’un réseau de lignes ondulantes de forces électriques atteignant et dépassant les confins du système solaire. Si les idées de Faraday avaient été adoptées par la science, bien des choses seraient aujourd’hui différentes. Mais ce ne fut pas le cas. Un jeune et brillant mathématicien écossais, James Clark Maxwell, reprend les théories de Faraday et les formule à sa façon. Il en résulte une théorie qui aura un impact énorme et désastreux sur la pensée humaine : la théorie électromagnétique de la lumière. Dès ce moment, la lumière est considérée comme n’étant rien d’autre qu’un effet de l’électricité.

L’océan électrique dans lequel baignent la terre et les autres planètes est d’une grande sensibilité. Chaque mouvement d’électricité provoqué à un endroit quelconque dans cet océan suscite des ondes qui le parcourent de bout en bout. Dès la fin du XIXe siècle, les hommes apprennent à exploiter ce fait en provoquant des ondes dont ils se servent pour transmettre des messages. A cause de leur caractère radiant – les ondes rayonnent dans toutes les directions – on les appelle ondes radio. Il n’est pas difficile de comprendre que ces ondes électromagnétiques, émanant d’un émetteur, parcourant tout l’espace jusqu’aux confins du système solaire et au-delà, exercent un effet sur tous les objets et tous les êtres du système.
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Re: Métamorphose de la Suisse : l'ouverture sur le monde. Arrière-plans spirituels

Message par obsidienne le Dim 21 Mai - 10:55

Pour rendre audibles les messages véhiculés par les ondes radio, on a besoin d’un appareil de décodage : le récepteur. Toutefois, que nous ayons ou non un récepteur radio, les ondes sont partout et elles nous traversent en provoquant de multiples effets dans notre système neuro-sensoriel. Ce fait amena Rudolf Steiner à faire, en juin 1924, la réflexion suivante :

« Il est bien réconfortant, dirai-je, d’écouter des voix parvenant d’Amérique, pays où l’on jouit d’un sens d’observation plus développé qu’en Europe. Elles disent, ces voix, que les hommes ne peuvent évoluer de la même façon dans une atmosphère parcourue en tous sens par des radiations et des courants électriques qui exercent leur influence sur toute l’évolution humaine. La vie de l’âme sera toute différente si ces phénomènes électriques continuent à se développer. Vous produisez déjà des effets tout différents en équipant toute une région en machines à vapeur, parcourue par des locomotives à vapeur sur des rails, ou en l’électrifiant.

Nous avons davantage conscience des effets de la vapeur que de ceux de l’électricité. Ces derniers demeurent pour nous une inconnue pleine de dangers. En effet, les hommes ignorent complètement l’origine de certains phénomènes. Nous n’en douterons plus si nous réfléchissons au sens que prend une certaine évolution, celle qui nous fait utiliser l’électricité au-dessus de la surface du sol pour ses radiations et son courant électrique transmettant les nouvelles d’un endroit à un autre le plus vite possible. La vie imposée aux hommes, spécialement par l’électricité radiante, aura pour effet de les empêcher de saisir le sens de ces nouvelles parvenues si rapidement à leur connaissance. Cette rapidité agit sur leur compréhension comme un éteignoir. Nous pouvons en observer des exemples dès maintenant. Vous pouvez remarquer dès à présent combien les humains comprennent plus difficilement des phénomènes dont ils sont témoins que ce n’eût été le cas quelques décennies auparavant. Il est tout de même consolant de voir se répandre des opinions venant d’Amérique à propos de ces phénomènes. »
(Agriculture, pp.335-337, EAR, GA 327).

Il y avait en effet aux Etats-Unis des scientifiques qui mettaient en garde contre les dangers inhérents à l’utilisation des ondes électromagnétiques et du courant électrique tel que nous l’employons aujourd’hui. Une des personnes aux quelles pensait Rudolf Steiner est sans doute le célèbre inventeur Edison. Rudolf Steiner semble nourrir l’espoir qu’une prise de conscience de ces dangers amènerait les hommes à abandonner le développement de l’électrotechnique et de l’électronique. Cet espoir s’est avéré vain.

Aujourd’hui, la science commence à entrevoir les effets de l’utilisation massive des ondes électromagnétiques et du courant dit alternatif, effets les plus désastreux de l’histoire de l’humanité.

La Suisse s’intègre réseau mondial des radio-communications dans les années vint de ce siècle. Du fait du caractère montagneux de son territoire, elle se voit obligée de créer un réseau d’émetteurs particulièrement dense. De plus, elle se donne la vocation de transmettre les nouvelles et les actualités dans le monde entier en créant l’organisation de « Radio suisse internationale ». Cela nécessite la construction d’émetteurs surpuissants, tels que ceux de schwerzenburg ou de Sottens. Le problème que pose la saturation de l’atmosphère par des ondes électromagnétiques très fortes atteint alors en Suisse des proportions exceptionnelles.

La Suisse est également le premier pays au monde à électrifier son réseau ferroviaire. Tandis que des pays comme l’Angleterre ou l’Allemagne construisaient encore des locomotives à vapeur dans les années soixante, l’électrification des chemins de fer suisses avait déjà atteint une ampleur importante avant la fin de la Première Guerre mondiale. C’est sans doute à la Suisse que pensait Rudolf Steiner en prononçant les mots que nous venons de citer.

La technique est le plus grand domaine de l’activité créatrice de l’humanité. Son développement a été guidé depuis des temps immémoriaux par Christian Rose-Croix. L’utilisation de l’électromagnétisme à une échelle toujours plus importante constitue la chute progressive de la technique dans le domaine d’Ahriman. Le contrôle de son évolution glisse des mains des hommes ; croire que nous sommes encore les maîtres dans le monde de la technique moderne n’est qu’une illusion.

La tournure prise par cette évolution n’était pas inévitable ; elle n’est pas la conséquence nécessaire des travaux des savants qui, par exemple, se réunissaient chez les De la Rive dans leur maison de Preinge. Un développement juste aurait amené l’humanité à exploiter autrement les forces électriques et magnétiques qui auraient été en grande mesure remplacées plus tard par d’autres formes d’énergie. Mais du fait de l’ahrimanisation de la pensée, ces autre formes sont restées inconnues jusqu’à ce jour. Une indication de la nature de cette énergie dans son rapport avec la mission de la Suisse est donnée dans le dernier chapitre.

L’année 1879 – ce fut l’année de la mort de Maxwell – marque un tournant décisif dans l’évolution de la technique. C’est le moment où l’Archange Michaël reprend, pour la dernière fois, la régence de l’humanité. Parallèlement, les démons qui s’opposent à l’œuvre de Michaël, et que Rudolf Steiner appelle les Esprits des Ténèbres, sont rejetés du monde spirituel sur la terre. Les idées résultant des théories de Maxwell leur permettent de s’emparer de la pensée scientifique et de guider le développement de la technique vers les formes que nous lui connaissons aujourd’hui. En détachant de son arrière-plan spirituel le travail des hommes dans le domaine de la technique, ils parviennent ainsi à fausser le rapport entre l’homme et la machine.

Rudolf Steiner a souvent parlé des contributions au progrès de l’humanité que peuvent apporter les différents peuples à partir de leurs capacités spirituelles innées. En particulier, il a évoqué trois groupes de peuples européens destinés à assurer des tâches différentes au sein de la civilisation moderne. Seuls les peuples de l’Europe du centre possèdent les capacités spirituelles et physiques nécessaires pour le développement juste de la médecine et de toute activité à caractère thérapeutique. Seuls les peuples de l’Europe de l’est possèdent les facultés spirituelles et physiques nécessaires pour pénétrer les secrets de l’incarnation – conception et naissance – et pour diriger l’évolution démographique conformément aux lois cosmiques. Seuls les peuples de l’Europe de l’ouest possèdent les capacités spirituelles et physiques nécessaires pour développer de façon juste la technique et l’industrie.

Quand un peuple appartenant à un de ces trois groupes donne des impulsions importantes dans un domaine qui n’est pas le sien, les fruits en sont généralement mauvais. Cela s’est produit à maintes reprises e ta provoqué la plupart des grands problèmes matériels de la civilisation actuelle. Pour ce qui est de la technique, une étude attentive de son histoire permet de constater que les impulsions présentes derrière le développement de la radio et l’électrification des chemins de fer ne viennent pas de l’ouest, mais de l’Europe du centre et de l’est.

L’électricité générée par les centrales électriques et distribuée par les lignes à haute tension du réseau européen est différente de celle découverte par Galvani et Volta et étudiée par Ampère, Faraday et leurs contemporains. Le courant électrique que nous utilisons aujourd’hui est une image caricaturale des rythmes de la vie. Il exécute des mouvements d’expansion et de contraction réguliers. Il s’agit du courant électrique dit alternatif. Ce courant, en effet, ne passe pas de façon continue dans les fils, mais suit un processus complexe : d’abord très faible, le courant s’amplifie jusqu’à sa force maximale puis retombe à zéro ; alors la polarité – c’est-à-dire le sens du courant – s’inverse et le courant accuse une nouvelle montée à sa force maximale et une nouvelle descente à zéro, où il inverse de nouveau la direction dans laquelle il passe. Cette séquence d’augmentation, diminution et changement de direction, répétée sans cesse, rappelle les mouvements d’expansion et de contraction du cœur humain provoquant l’afflux du sang vers les poumons et le reflux vers le cœur. Par une coïncidence curieuse, ce cycle d’aller et retour du courant électrique est appelé un herz d’après le nom du savant Heinriche Herz. Le processus du courant alternatif ne représente toutefois pas un rythme, mais une fréquence. On a fixé la fréquence du courant électrique dans le réseau de distribution européen à 50 herz.

En Suisse, comme partout en Europe, le réseau de distribution forme une immense toile d’araignée de lignes à haute tension. Des fils, d’une extraordinaire densité, se divisent, se subdivisent encore, répandant partout ce battement de 50 herz. Toute la surface du pays vibre à cette fréquence. Nous vivons à l’intérieur de ce gigantesque battement électrique qui s’étend au-delà des hautes couches de l’atmosphère. Une telle fréquence artificielle transforme la géographie éthérique et modifie profondément les processus vitaux dans les être. Son caractère est à l’opposé de celui des rythmes naturels.

La Suisse ne fait partie d’aucun des trois groupes de peuples dont nous avons parlé. Elle occupe dans ce sens une position unique dans le devenir de l’Europe, comme nous allons le voir dans le dernier chapitre. Elle a été profondément influencée pour le meilleure et pour le pire par les formes bonnes et mauvaises de la technique inspirée par Christian Rose-croix et celle dévoyée par Ahriman. Il n’est pas exagéré de dire que les meilleures et les pires impulsions dans ce domaine se rencontrent précisément en Suisse. Il en résulte une situation dans laquelle une véritable prise de conscience de l’enjeu et de la mission de la cinquième époque postatlantéenne est possible.

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Re: Métamorphose de la Suisse : l'ouverture sur le monde. Arrière-plans spirituels

Message par solasido le Lun 22 Mai - 23:39

Bonjour Obsidienne et à tous

Table périodique des éléments et Loi d'Octave



Les premières classifications des éléments


Les triades avec Döbereiner


Le rapport entre la masse atomique des éléments et leurs propriétés fut constaté par un chimiste russe: J. W. Döbereiner dès 1817. Il suggéra l'existence de «triades» d'éléments semblables tels que le chlore, le brome et l'iode. Il montra en outre que la masse atomique du second élément est intermédiaire entre celle des deux autres. 
Vers 1850, les chimistes étaient parvenus à identifier quelque 20 triades, première manifestation d'une certaine harmonie dans la répartition des éléments.

La loi des octaves avec Chancourtois et Newlands

Jusqu'ici, aucune idée de périodicité n'est apparue. C'est en 1862 seulement que le géologue français Alexandre Chancourtois (1820-1886) mit en évidence une certaine répétition dans les propriétés des éléments. En 1864, Chancourtois et le chimiste britannique John Newlands (1837-1898) furent ridiculisés lorsqu'ils proposèrent la «loi des octaves» : «...Le huitième élément, qui suit un élément donné, ressemble au premier comme la huitième note de l'octave ressemble à la première...». Cette loi ne pouvait toutefois s'appliquer aux éléments situés au-delà du calcium. Cette périodicité de huit parut beaucoup trop arbitraire. On qualifia cette suggestion de compliquée, d'artificielle et de fantaisiste. L'idée faisait cependant son chemin.

La périodicité du volume atomique avec Meyer

En 1869, le chimiste allemand Julius Lothar Meyer (1837-1895) découvrit la périodicité du volume atomique et l'illustra au moyen d'une courbe. Les éléments semblables occupent des positions semblables sur la courbe en dents de scie. Les métaux alcalins, entre autres, se trouvent sur les pointes de la courbe.

La loi de la périodicité des propriétés avec Mendeleïev

C'est au chimiste russe, Dimitri Ivanovitch Mendeleïev (1834-1907), que revient le mérite d'avoir structuré une classification cohérente de l'ensemble des éléments. En rédigeant un volume de chimie, il se rend compte qu'en plaçant les éléments en ordre croissant de leur masse atomique, il apparaît une tendance en ce qui concerne les propriétés, tendance qui se répète à plusieurs reprises. En 1869, il présenta une première version de son tableau périodique.






Bien à toi, à chacun et à tous

Merci beaucoip
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