Colomban

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Colomban

Message par obsidienne le Ven 19 Mai - 20:56

Extrait du livre « La métamorphose de la Suisse. Les arrière-plans spirituels de la mission de la confédération. Branche Nicolas de Flue, de Fribourg. Edition EAR.


Colomban

Colomban est né à Cartan, en Irlande, le 7 décembre 521, de la lignée de Niall, roi d’Irlande. La légende raconte qu’un jour sa mère eut une vision : l’archange Gabriel apporta un manteau d’une beauté extraordinaire, tissé des couleurs de toutes les fleurs du monde. Gabriel donna ce manteau à la jeune femme, mais il revint peu après et, reprenant le manteau, le jeta en l’air. La jeune femme en détresse lui demanda :

- Pourquoi me le reprendre, quand tu viens de me le donner ?
- Ce manteau sera porté par quelqu’un d’une telle envergure, que tu n’as pas le droit de le garder plus longtemps.

Et le manteau, planant dans l’air, grandit jusqu’à ce qu’il couvrît toutes les plaines et les montagnes. Alors l’Archange lui annonça qu’elle donnerait naissance à un fils choisi par Dieu pour guider d’innombrables âmes humaines vers le royaume céleste.

Colomban fut élevé dans un monastère en Irlande ; il y vécut jusqu’à 42 ans. Il eut pour maître un des grands initiés qui enseignaient la musique par le chant. (Lors des cultes, la sagesse était souvent transmise par le chant, plutôt que par la parole prosaïque). Colomban eut une très grande influence sur le peuple de la région ; il fut initié à la fois aux Mystères atlantéens et à ceux, plus récents, du christianisme ésotérique. Sa mission l’opposa aux instances temporelles, au roi d’Irlande ; à la suite de trois grandes batailles contre ce dernier, il dut quitter le pays. Il se mit alors à la recherche d’un lieu où il pourrait créer un centre d’où entreprendre la christianisation de l’Europe.

Colomban se dirigea vers les îles occidentales de l’Ecosse et s’établit sur l’une d’entre elles, très petite, qu’il appela Iona. En anglais « I » signifie « Je » ; en français le nom serait « Jona ». Jona est un nom issu des Mystères ; c’est le même nom que « Jonannes », c’est-à-dire « celui qui est réveillé par le Christ ». Dans la langue celtique, Iona signifie « La colombe ».

Une légende raconte qu’au temps où Colomban et ses disciples essayaient de bâtir une église sur Iona, leur travail était continuellement réduit à néant par des démons, qui démolissaient les murs aussi vite que les moines les construisaient. Après un certain temps, Colomban apprit par une révélation que l’église ne pourrait être établie que si l’un des moines se sacrifiait et se laissait enterrer vivant sous les fondations. « Il est juste », dit Colomban, « que nos racines pénètrent ici dans la terre ». Odrun, un des disciples, se porta volontaire et fut enterré vivant. Après trois jours, Colomban eut envie de jeter un dernier regard sur son ami et fit enlever la terre qui le recouvrait. A son étonnement, Odrun, élevant vers lui ses yeux pleins de larmes, s’exclama : « La mort n’a rien de spectaculaire et l’enfer n’est pas ce que l’on prétend. » Colomban, horrifié d’entendre dévoiler de tels secrets, ordonna qu’on remette la terre, criant : « De la terre ! De la terre sur la bouche d’Odrun, qu’il ne puisse révéler davantage ! » Et l’église put être construite.

Les trois jours mentionnés dans la légende correspondent au sommeil d’initiation pendant lequel Odrun est initié aux Mystères de l’intérieur de la terre. Ces secrets ne devaient plus être connus et Colomban ferma au monde les Mystères de l’Hibernie en construisant un mur autour d’eux. En même temps, il décréta que les voies d’accès à l’Amérique devaient être interdites. En collaboration avec Rome et avec d’autres initiés chrétiens, Colomban fit en sorte que l’existence de l’Amérique fût oubliée par les hommes. Tous les documents en rapport avec ce continent furent détruits, de même que ceux concernant les Mystères de l’Hibernie. Ce n’est pas un hasard si la personne appelée à ouvrir à nouveau la voie vers l’Amérique presque mille ans plus tard porte le même nom : Christophe Colomb. Mais Christophe Colomb n’est pas Colomban ; sa motivation n’est pas fondée sur des connaissances spirituelles.

La première partie de la mission du grand initié qu’était Colomban consista donc à fermer les Mystères hiberniens. Rudolf lui-même a fait mention du fait qu’il avait eu beaucoup de peine à pénétrer ces Mystères, difficiles d’accès même dans le monde spirituel. Il s’était senti comme continuellement rejeté en arrière et il y eut une longue attente avant que ces Mystères ne se laissent pénétrer. Rudolf Steiner commença le premier à en reparler publiquement, mais il ne donna que relativement peu de détails. Il parla davantage des mystères de la Grèce, disparus depuis longtemps. Les mystères de l’Hybernie existaient encore au Moyen Age, existent aujourd’hui, existeront toujours. Ils contiennent les connaissances spirituelles des Atlantes, y compris celles concernant l’utilisation des forces de l’intérieur de la terre.

On peut parler de trois aspects de la vie de Colomban. Il est d’abord initié, homme de sagesse, capable de voir les anges et les archanges et de parler avec eux. C’est un prédicateur, un enseignant ; il porte la parole du Christ aux hommes. Mais il agit aussi dans le domaine social. Il est le fondateur de nombreuses communautés à travers l’Europe, où les hommes apprennent comment vivre ensemble selon les principes du christianisme. Enfin, Colomban peut agir directement magiquement, par la volonté. Selon ses biographes, il accomplit beaucoup de miracles : il renverse les vents, calme les tempêtes, purifie les sources et fait jaillir l’eau d’un rocher. Il opère des guérisons et la résurrection d’un jeune homme.

Colomban connaît les démons terrestres, ce qui est très important pour son activité en Suisse. Un jour, il fut attaqué par une horde de démons qui voulaient investir le monastère d’Iona. Ils tentèrent de l’abattre avec des javelots en fer. Colomban lutta un jour et demi sans répit, mais ni lui ni ses adversaires n’arrivaient à remporter la victoire jusqu’à ce que les archanges interviennent, chassant les démons. Personne n’entrait dans le lieu où Colomban méditait. Un jour, toutefois, un moine se trompa et entra dans l’église. Une lumière se déversait de la chapelle où l’initié méditait, si forte que le moine en fut paralysé. Il parla par la suite d’une lumière plus forte que le plus fort éclair.

Dans les récits exotériques, il est question de deux Colomban, le deuxième étant celui qui est venu en Suisse. L’action d’un haut initié à travers plus d’une génération est un concept familier dans la science spirituelle. Physiquement, le missionnaire en Europe est le disciple du grand Colomban ; spirituellement la même individualité est à l’œuvre.
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Re: Colomban

Message par obsidienne le Ven 19 Mai - 21:00

La christianisation de l’Europe a toujours posé certains problèmes pour l’historien consciencieux, car les événements historiques de la vie du Christ ont eu lieu au Moyen-Orient et le message a rayonné de l’est vers l’ouest. Cependant, l’Europe a été christianisée principalement par l’ouest, à partir de l’Irlande et d’Iona.

Les recherches spirituelles de Rudolf Steiner nous aident à comprendre ce paradoxe. Les développements sur le pan physique sont comme le reflet de ce qui se passe sur le plan spirituel, comme une image dans un miroir, où les directions sont inversées. Ainsi nous voyons dans la vie terrestre le christianisme passant d’est en ouest dans les cœurs des hommes, tandis que de l’ouest est portée la connaissance spirituelle du Christ, l’enseignement ésotérique concernant le Christ qui, en tant qu’être cosmique, solaire, descend vers la sphère terrestre.

Quand le Christ entre dans la sphère de la Terre, il ne peut pas incarner son être entier dans Jésus de Nazareth. C’est le Soi-Esprit du Christ qui s’incarne dans l’homme terrestre ; l’Esprit de Vie est, laissé dans la sphère spirituelle entourant la terre.

Au cours des siècles qui suivent le Mystère du Golgotha, ces deux éléments spirituels se rapprochent l’un de l’autre, le Soi-Esprit du christ voyageant d’est en ouest, porté par l’amour qui enflamme les cœurs des hommes, et l’esprit de Vie, porté d’ouest en est par les initiés. Les deux se rencontrent en Europe, surtout en suisse centrale, au IXe siècle de notre ère.

Colomban le Jeune, disciple et avatar du grand initié d’Iona, vient avec ses propres disciples en Europe. Ils traversent la France, établissant un centre important à Luxeuil, dans les Vosges. Puis, reprenant leur itinéraire, ils travaillent d’abord intensivement dans l’ouest de la Suisse, implantant des centres de christianisme ésotérique à saint-Ursanne, Saint-Imier, Moutier-Grandval, Romainmötier et Château-d’Oex. Ces centres sont reliés au grand centre de Luxeuil qui, au VIIe siècle, devient aussi responsable des évêchés de Bâle et de Lausanne. Colomban se rend par la suite dans la région de Zurich, établissant un centre au bord du lac (Tuggen) et se dirige vers le lac de Constance où les moines irlandais fondent les centres d’Arbon et de Bregenz.

Colomban part alors pour l’Italie, laissant derrière lui ses disciples les plus importants, dont Saint Gall. L’un d’entre eux, Saint Sigbert, s’établit dans la région de Disentis. On trouve une chapelle dédiée à Saint Colomban à Andermatt et une autre au Faulensée. Cette vague missionnaire des moines initiés hiberniens apportant le christianisme ésotérique suit des traces laissées à une époque plus ancienne par leurs prédécesseurs. En effet, la christianisation de l’Europe par des moines hiberniens apportant la connaissance du christ cosmique avait déjà commencé bien avant le Mystère du Golgotha. Dans une conférence tenue à Stuttgart le 9 avril 1924, Rudolf Steiner évoque ces anciens missionnaires préchrétiens :

« Il m’apparut alors que cette personnalité, dans une vie terrestre passée, mais déjà à l’époque pré-chrétienne, avait été un initié irlandais, qui était venu d’Irlande en Alsace chargé d’une mission, et avait eu pour disciples les individualités qui plus tard vinrent au monde en même temps que lui et sur le même territoire. (karma VI, GA 240, EAR, p. 138)
A l’époque de Colomban, les contrées qui sont devenues la Suisse formaient encore un pays sauvage empli de forces élémentaires perçues sous forme de dragons, de démons, de serpents et de monstres. Des cultes consacrés à des dieux païens subsistaient encore. La venue des moines initiés était ressentie comme une libération, comme une délivrance.

Cette ambiance est merveilleusement exprimée dans le premier Drame-Mystère de Rudolf Steiner :

« Théodora (apparaissant)

Je me sens contrainte de parler.
De ton front, Maria,
S’élève une lueur.
La lueur se précise…
Elle prend forme humaine…
C’est un homme que l’esprit remplit
Et d’autres hommes s’assemblent autour de lui.
Je plonge mon regard dans un lointain passé.
La plus pure paix de l’âme
Brille dans les yeux
De cet homme que je vois
S’élever de ton front.
Et l’ardeur illumine
Ses nobles traits.
Devant lui, mon regard distingue
Une femme qui se laisse tout entière
Imprégner de paroles tombées de sa bouche.
J’entends ces paroles.
Voici ce qu’elles disent :
Vous élevez vers vos dieux
Des regards pleins de vénération.
J’aime ces dieux
Comme vous les aimez.
Ils ont fortifié votre pensée,
Ils ont enraciné le courage en vos cœurs.
Mais tous ces dons proviennent
D’un esprit qui leur est supérieur.

Je vois les sentiments furieux
Qu’éveillent les paroles de cet homme.
J’entends retentir des cris :
Oh tuez-le, il veut nous dérober
Ce que les dieux nous ont donné.
Mais lui continue son discours avec calme.
Il parle du dieu fait homme
Qui est descendu sur la terre
Et a vaincu la mort :
Il parle du Christ.
A mesure qu’il parle,
Les âmes s’apaisent,
Seul un des cœurs païens lui résiste
Et jure de se venger.
Je peux reconnaître ce cœur ;
Il bat à nouveau dans l’enfant
Qui se blottit à tes côtés.
Le messager du Christ s’adresse à lui :
Ton destin ne veut pas
Que tu m’approches en cette vie ;
Mais j’attends patiemment,
Ton chemin malgré tout te mène à moi.
La femme qui se tient devant l’homme
Se jette à ses pieds ;
Elle se sent transformée.
Une âme prie l’Homme-Dieu.
Un cœur se donne au divin messager.
(Jonannes s’agenouille devant Maria)

Maria

Johannes, la clarté que tu vois poindre,
Eveille-la jusqu’à la pleine conscience.
La mémoire vient de délier en toi
Ses liens sensibles.
Tu m’as ressentie,
Tu t’es reconnu
Sous l’aspect où nous fûmes unis dans le passé.
La femme dont la voyante vient de parler,
C’était toi-même.
C’est ainsi qu’à mes pieds tu tombas
Lorsque, messager du Christ,
Je vins dans ta tribu.
Dans les lieux consacrés d’Hibernie
On m’avait révélé ce Dieu
Qui habita le cœur d’un homme
Et triompha de la mort.
J’eus le devoir de transmettre ces visions
Aux peuples en qui vivait encore le désir
D’offrir de joyeux sacrifices
Au farouche Odin,
Et de mener toujours le deuil
Du lumineux Baldour. »

Le courant spirituel allant d’Hibernie en Suisse centrale par l’Alsace continue longtemps à agir ; il remonte aux temps pré-chrétiens et va en s’intensifiant. Après le temps de colomban, quand l’Eglise devient affaire d’Etat et que les connaissances cèdent la place au dogme, le courant du nord-ouest se retire progressivement de la vie extérieure. On le rencontre encore à l’époque de Nicolas de Flue, sous la forme du mouvement ésotérique chrétien qui s’était développé autour du Maître Jésus, connu sous le nom de l’Ami de Dieu. Ce personnage, considéré comme mythique par certains historiens, voyageait régulièrement entre Strasbourg et la Suisse centrale. Son lien avec la Suisse centrale s’exprime dans al désignation « d’Ami de Dieu de l’Oberland ». Sans doute, ce nom caractérise également le fait que l’Ami de Dieu tirait son enseignement d’un monde supérieur, d’un « Oberland ». Mais le lien avec la Suisse centrale, et en particulier la région du Saint-Gothard, donne aussi une justification à cette appellation. Le lien avec l’Hibernie, par ailleurs, demeure profondément caché, tout comme les Mystère hiberniens eux-mêmes.
Le courant nord-ouest des mystères hiberniens, tel que nous l’avons décrit, est une force formatrice du pays qui deviendra plus tard la Suisse. Après la fermeture des Mystères par Colomban, le caractère de ce courant change dans une certaine mesure ; il s’intériorise, mais ne perd rien de la profondeur de ses connaissances ésotérique sur le Christ, ni de sa force

Toutefois, l’élément de l’antique sagesse atlantéenne disparaît. Tel que nous le retrouvons à l’époque des Amis de Dieu, le courant du nord- ouest prend un caractère davantage lié à l’âme humaine du Moyen-Age s’interrogeant sur son rapport avec le monde divin. C’est sous cette forme qu’il apparaîtra plus tard à Nicolas de Flue
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