Les trois aspects de la vie de l’âme : hallucinations, fantaisie, imagination.

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Les trois aspects de la vie de l’âme : hallucinations, fantaisie, imagination.

Message par obsidienne le Jeu 11 Mai - 20:24

Extrait du livre de Rudolf Steiner : Les forces formatrices et leur métamorphose. Harmonies et antagonismes.

Première conférence, Stuttgart, 16 juin 1921.

Les trois aspects de la vie de l’âme : hallucinations, fantaisie, imagination. Le rôle médiateur de l’âme. La vie des représentations comme écho de l’existence prénatale.


Bien que mon séjour à Stuttgart doive être consacré à d’autres choses, j’ai éprouvé le besoin de traiter ce soir un thème anthroposophique, et je vais vous parler des rapports entre l’être humain et son environnement cosmique, dans la mesure où ce dernier intervient dans la nature de l’homme. J’aimerais examiner ce sujet de telle sorte que son contenu puisse être mis en rapport avec maints aspects qu’il est nécessaire d’envisager à propos de la régression de la civilisation actuelle.

Si nous rassemblons certaines notions concernant l’être humain, tirées de la science spirituelle anthroposophique, nous pouvons les retrouver dans l’aspect ternaire de l’être humain que nous avons souvent examiné, dans la triple articulation d’esprit, d’âme et de corps. Lorsque nous observons du point de vue de la science spirituelle notre civilisation, ce qui pénètre de plus en plus notre civilisation et notre culture, nous devons convenir qu’au cours de l’évolution de l’humanité on en est progressivement arrivé à n’envisager que le seul aspect corporel de l’être humain. En ce qui concerne l’homme corporel nous disposons aujourd’hui d’un savoir considérable, à plus forte raison d’un désir de connaître les rapports qui existent entre cette corporéité et toutes les autres manifestations de l’univers. Mais nous vivons à un moment où, de plus en plus, les regards devront se tourner vers l’animique et le spirituel.

C’est précisément en étudiant attentivement l’aspect corporel, comme cela est usuel dans le domaine de la recherche, que l’on doit être conduit par cette observation du corporel également à celle de l’animique et du spirituel.

Je vais partir de certains phénomènes qu’on est incapable de comprendre aujourd’hui tant qu’on s’en tient à la seule observation du corporel, phénomènes qui néanmoins constituent pour l’être humain de grandes interrogations. Lorsque nous considérons l’élément corporel, celui-ci s’insère dans la grande ordonnance de la nature. La science s’est efforcée d’édifier cette ordonnance de la nature à partir des causes et effets reliés entre eux par une nécessité. On considère que l’élément corporel de l’homme fait partie de cet enchaînement causal, et on l’explique d’ailleurs à partir de ce principe. Tel est le sens véritable du caractère matérialiste de notre science moderne : les regards ne tiennent compte que des causes naturelles et de leurs effets, de la façon dont l’élément corporel de l’homme émane comme par une nécessité mécanique de ce jeu de causalité.

L’être humain bute alors du coup sur certaines manifestations qui sont incontestablement des manifestations anormales mais qui se dressent comme de grandes énigmes, comme des points d’interrogation, tant qu’on s’en tient aux seules explications naturelles fondées sur la notion de causalité. Nous voyons comment se développe la nature corporelle de l’être humain. Le savant cherche dans le corps humain les même lois que celles de la nature. Il dit peut-être que celles du corps humain sont plus compliquées mais que ce sont les mêmes que celles de la nature. Et voilà que nous trouvons certaines lois qui produisent certains phénomènes, de façon anormale, certes, et qui ne peuvent pas être insérés dans le cours normal des manifestations de la nature. Le penseur matérialiste s’efforce – il n’y est pas encore parvenu mais considère sa recherche comme un idéal – d’expliquer le vouloir habituel de l’homme, son sentir habituel, son penser et ses représentations comme une conséquence des phénomènes corporels, à l’image d’une flamme qu’il explique à partir du carburant qui brûle. On peut sans doute dire, bien que de telles explications ne soient pas encore réalistes à ce jour, - on peut dire comme le savant, que les temps viendront où l’on explique aujourd’hui la flamme à partir du carburant qui brûle. Si cette vision des choses était rigoureusement exacte, quelle devrait alors être, par exemple, notre attitude à l’égard de l’acte humain de la représentation ?

Dans la vie, nous faisons la distinction entre des représentations que nous acceptons parce que nous pouvons dire qu’elles sont exactes, et des représentations que nous récusons parce que nous considérons qu’elles sont fausses et que nous disons d’elles qu’elles constituent une erreur. Or dans la nature tout découle inévitablement de causes et ne peut engendrer que des effets justes. Selon l’ordonnance de la nature nous pouvons donc dire : l’erreur, l’illusion, tout cela découle également de causes nécessaires, comme s’est le cas pour les représentations exactes et justifiées. – Nous butons ici sur une énigme : pourquoi les conditions de la nature, qui doivent toutes répondre à une nécessité, engendrent-elles chez l’être humain tantôt le vrai, tantôt le faux ?

Mais nous sommes encore plus confrontés à une énigme lorsque nous voyons chez un être humain surgir ce que nous pouvons appeler des visions trompeuses, de fausses hallucinations dont nous savons qu’elles provoquent en nous des fantasmagories pour ainsi dire palpables bien que ne reposant sur aucune réalité. Comment arrivons-nous à affirmer dans un cas donné qu’il s’agit d’une hallucination injustifiée, alors même que tout ce qui se déroule en l’homme émane nécessairement de l’ordonnance de la nature qui s’applique aussi à lui ? La légitimation des hallucinations n’est pas moins indiquées que celle de tout ce que nous appelons des vraies impressions et des vraies représentations. Et pourtant, - nous pouvons le sentir et le pressentir – c’est à juste titre que nous sommes convaincus que les hallucinations en tant que telles sont à récuser. Pourquoi faut-i les refouler ? Pourquoi ne doit-on pas leur attribuer la valeur d’un contenu justifié de la conscience humaine ? Et d’ailleurs, qu’est-ce qui permet d’attribuer à ces contenus le caractère hallucinatoire ?

Nous ne pourrons solutionner cette énigme que si nous envisageons autre chose qui nous rappelle d’abord les hallucinations, mais dont nous avons le sentiment de ne pas devoir le considérer illégitime comme les hallucinations : il s’agit des produits de la fantaisie humaine. Ces produits de la fantaisie humaine montent des profondeurs insondables de la vie psychique de l’être humain ; ils s’expriment sous forme d’images qui comme par enchantement se placent devant l’âme humaine ; ils sont à l’origine de bien des choses qui embellissent et ennoblissent la vie. Tout ce qui a une valeur artistique serait inimaginable sans les produits de la fantaisie. Nous savons pourtant que les produits de la fantaisie ne reposent sur aucune réalité solide, et que nous devons les considérer comme quelque chose qui nous trompe si nous voulons lui attribuer une réalité au sens usuel de ce terme. Nous rencontrons alors encore autre chose.

Notre science spirituelle mentionne un premier degré de connaissance suprasensible. Nous parlons alors d’Imagination, de connaissance imaginative, et nous décrivons comment grâce à certains exercices l’âme réussit à accéder à une connaissance faite de contenus imagés que l’investigateur spirituel ne considère pas comme un rêve malgré le caractère d’image, mais qu’il considère comme une expérience reflétant la réalité, qui figure une réalité.
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Message par obsidienne le Jeu 11 Mai - 20:26

Nous avons en quelque sorte affaire à trois degrés de la vie psychique : les hallucinations que nous considérons comme des illusions totales ; les constructions de la fantaisie dont nous savons que nous les avons puisées d’une manière quelconque nous les avons puisées d’une manière quelconque au sein de la réalité mais que telles qu’elles se présentent sous la forme de constructions de la fantaisie elles n’ont rien à voir directement avec la réalité ; puis nous avons en troisième lieu l’imagination qui apparaît également sous forme d’une image ou d’une somme d’images dans notre vie psychique et que nous pouvons raccorder à une réalité.

L’investigateur spirituel est en mesure de rattacher ces imaginations à la vie réelle, au même titre qu’il raccorde à la réalité une perception sûre d’une couleur et d’un son. A celui qui objecte qu’on ne peut pas prouver la réalité d’une imagination, d’une vraie imagination, et prétend qu’elle pourrait être une simple illusion, il faut répondre – et c’est ce que fera celui qui est familiarisé avec les choses de la vie psychique - ; tu ne peux pas savoir qu’un morceau d’acier brûlant est réellement un morceau d’acier brûlant et pas seulement un morceau que tu penses, que tu te représentes. – Ce n’est pas la pensée qui apporte la preuve mais c’est la vie réelle. Tout le monde sait par ses contacts avec la réalité physique de l’existence qu’un fer simplement « pensé » et qui ne nous brûle pas est autre chose qu’un fer réel qui brûle. De la même façon l’investigateur sait faire la distinction dans la vie, par le contact qu’il établit avec le monde spirituel grâce à l’imagination, entre l’aspect purement représentatif de ce monde spirituel par opposition à ce qui, grâce à l’imagination, l’oriente vers une réalité de ce monde spirituel.

On ne comprend pas les rapports de ce système ternaire de l’hallucination, de la fantaisie et de l’imagination lorsqu’on n’est pas en mesure de saisir, d’expliquer au moyen de la science spirituelle, la nature de l’être humain dans ses rapports avec l’ensemble de son environnement cosmique. En effet, l’homme est un être qui se compose d’un esprit, d’une âme et d’un corps. Lorsque nous considérons l’homme tel qu’il se présente à nous entre la naissance, ou disons la conception, et la mort, nous avons avant tout l’expérience directe de sa corporéité. Ce corps, la science actuelle n’en comprend qu’une toute petite partie. Il est d’une complexité infinie. Plus on l’étudie dans les détails, plus on le trouve admirable. Mais la réponse à la question : comment peut-on comprendre cette corporéité ? – cette réponse doit nous venir d’un autre côté, de celui qui nous offre la science spirituelle lorsqu’elle attire notre attention pour l’esprit.

Si vous rassemblez diverses notions qui ont été développées au cours des conférences de ces dernières années, vous pourrez vous dire : de même qu’entre la naissance et la mort nous avons devant notre regard le corps de l’homme, de même, dans la vie par laquelle l’homme passe entre la mort et une nouvelle naissance, nous avons devant nous son esprit. Et lorsque nous considérons, comme je l’ai fait lors du cycle de conférences donné à Vienne, au printemps 1914, la vie de l’homme entre la mort et une nouvelle naissance, nous contemplons en même temps la croissance et l’évolution de l’esprit humain, comme nous observons la croissance et le développement du corps humain lorsque nous suivons l’homme de la naissance jusqu’à la mort. C’est vraiment ce qui se passe lorsque nous suivons de nos yeux l’enfant qui vient de naître et toute son évolution comment il se développe à partir de l’enfance, devient de plus en plus mûr, puis est saisi par le déclin et en fin de compte la mort.

Nous suivons tout cela avec nos sens extérieurs et nous combinons nos impressions sensorielles avec notre raison ; nous observons ainsi le devenir du corps humain. De même, nous suivons le devenir de l’esprit humain lorsque nous contemplons la croissance et la maturation de l’esprit, lorsque nous atteignons ce que j’ai appelé dans ma « Science de l’occulte » le minuit des mondes de cette existence entre la mort et une nouvelle naissance, lorsque nous le voyons se rapprocher à nouveau de l’existence physique. Nous contemplons cet esprit, et il nous faut alors tenir compte des rapports de cet esprit qui se montre à nous sous sa forme propre et originelle entre la mort et une nouvelle naissance, de ses rapports avec ce qui, ici-bas, nous apparaît comme son corps en devenir.

L’investigation spirituelle nous révèle le fait significatif et important suivant : ce que nous connaissons ici-bas, ce qui se révèle comme étant le corps est en réalité une image, une image extérieure, une copie fidèle de l’esprit que nous contemplons entre la mort et une nouvelle naissance ; l’esprit que nous contemplons alors est le modèle de ce que nous observons ensuite en tant que corps sur le plan physique. C’est de la sorte que nous devons nous représenter concrètement les rapports entre le spirituel et le corporel. Celui qui ne sait rein de la vie entre la mort et une nouvelle naissance ne sait au fond rien de l’esprit humain.

Mais lorsque nous sommes placés face à un être humain tel qu’il se présente à nous en tant qu e corps, entre la naissance et la mort, et que nous sommes conscients de ce qu’il est une copie du spirituel prénatal, nous pouvons nous dire ceci : quel est l’intermédiaire entre le modèle et la copie ? Comment se fait-il que le modèle qui dans le temps précède la copie, que ce modèle se concrétise dans la copie ? – Nous pourrions peut-être renoncer à concevoir un tel intermédiaire si l’homme arrivait totalement achevé sur terre, s’il naissait de telle sorte que son modèle spirituel se transforme immédiatement en un homme achevé et qu’il n’ait plus besoin de croître et d’évoluer mais se trouvait placé tout fini devant nous.
Nous pourrions alors dire : dans l’au-delà spirituel il y a l’esprit de l’homme, sur le plan physique ici-bas il y a la copie physique de l’homme. Nous faisons découler la copie physique de son modèle spirituel. – or nous savons bien que les choses ne sont pas ainsi. Au contraire, par sa naissance l’homme est d’abord dans l’existence sensible un être imparfait, et ce n’est que progressivement, eu à peu qu’il ressemble à son modèle.

Etant donné que l’action de l’esprit va seulement jusqu’à la conception, est encore un peu présente dans la vie embryonnaire, donc agit jusqu’à la naissance, et étant donné que l’esprit abandonne en quelque sorte l’être humain, il faut bien qu’existe un intermédiaire, quelque chose qui par exemple autour de la vingtième année peut encore façonner ce qui jusque là n’est pas encore conforme au modèle spirituel, le façonner précisément pour le rendre de plus en plus conforme au modèle. Ce qui accomplit sur le plan physique cette élaboration conforme au modèle spirituel, c’est l’élément psychique, c’est l’âme.

Ainsi trouvons-nous l’être humain inséré dans tout son environnement cosmique. Nous suivons son existence spirituelle entre la mort et une nouvelle naissance, puis son existence corporelle entre la naissance et la mort, et nous considérons son existence animique comme étant ce qui façonne peu à peu le corps physique d’après le modèle et fait du corps physique une copie de ce dernier. Puis nous avons affaire au point central du développement humain sur terre, vers la trente-cinquième année. Ensuite commence la décrépitude. L’homme entre alors dans une phase de sclérose progressive du physique. Mais ce qui se structure ainsi en lui se prépare déjà à retrouver par la mort la sphère spirituelle pour que l’être humain puisse, entre la mort et une nouvelle naissance, s’épanouir sous une forme spirituelle. Là encore, qu’est-ce qui prépare de plus en plus le corps à redevenir esprit une fois qu’il est mort ?

C’est l’âme. L’élément animique fait donc de nous pendant la première moitié de notre existence une copie de notre esprit ; pendant la seconde moitié elle nous prépare à redevenir esprit. Nous voici de nouveau devant la trinité humaine : esprit, âme, corps. C’est ainsi que nous accédons à une représentation concrète de ce rapport entre esprit, âme et corps. Mais nous acquérons aussi une notion du corporel qui est claire et qui est nécessairement sans équivoque. Car si le corporel est une copie fidèle du spirituel, nous devons retrouver dans le corps l’empreinte de toutes les fonctions de l’esprit ; on doit alors pouvoir détecter sous une forme matérielle ce qui est spirituel.

Nous ne nous étonnerons alors plus si le matérialisme a envahi la connaissance moderne pour professer que le corporel est à l’origine du spirituel. Si l’on prend exclusivement ce qui se développe chez l’homme entre la naissance et la mort, c’est-à-dire surtout les représentations, on trouve alors dans les copies du corps humain tout ce qui anime la vie des représentations. On découvre dans le corps humain les empreintes des représentations et on peut alors succomber à l’erreur de la conception matérialiste parce qu’on doit effectivement trouver ces subtiles ramifications de l’organisation corporelle ce que l’on discerne dans le penser et la faculté représentative.
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Message par obsidienne le Jeu 11 Mai - 20:28

Ainsi donc sur cette voie, on peut devenir matérialiste. On peut devenir matérialiste parce que le corporel est une copie fidèle du spirituel. Et quand on ignore tout du spirituel on peut se contenter du corporel, se limiter à ce qui est corporel, et on peut alors croire qu’il contient le monde tout entier. Mais ce corporel apparaît dans la vie embryonnaire et se dissout après la mort. Le corporel est périssable, et tout ce qui constitue notre vie des représentations liées à ce corporel est éphémère. Ce corporel est néanmoins une copie fidèle du spirituel, lorsque nous observons son activité. Nous déployons une activité dans les fines organisations de notre système neuro-sensoriel, et cette activité subtile est absolument un reflet d’une activité spirituelle qui s’est exercée entre la mort et une nouvelle naissance.

Lorsque nous dirigeons notre attention vers cette activité corporelle, lorsque nous nous rendons compte – J’y ai fait allusion – comment elle est transmise par la médiation de l’âme, nous sommes amenés à dire ceci : cette corporéité est une image, une copie ; le spirituel, nous ne le trouvons que dans le monde adéquat de l’esprit. – Ici, dans le monde physique, l’homme est par sa nature physique un être matériel, et dans l’organisation de son être matériel, et dans l’organisation de son être matériel s’exprime en même temps la copie fidèle du spirituel. En outre, l’âme vit en lui et lui transmet le spirituel ; toutefois l’homme dans sa totalité inclut l’esprit qui l’a accompagné jusque dans sa vie embryonnaire et se métamorphose par la suite pour qu’après la mort, l’homme puisse retrouver son origine, l’esprit. Le spirituel, l’animique et le corporel forment une unité.

Mais lorsque nous comprenons correctement cela – essayez de saisir ce que je vous ai exposé – nous pourrons alors nous dire : à la force de la pensée que l’homme déploie doit s’insérer, ne serait-ce que sous forme d’un écho transmis par l’âme, ce qui s’est passé avant sa vie embryonnaire. – En d’autres termes : quand j’ai actuellement des représentations, une certaine force vit dans cette vie représentative, mais cette force n’est pas issue simplement du corps. Dans le corps il n’y a que sa copie. Cette force n’est en quelque sorte qu’un écho tardif de ce que j’ai vécu avant ma vie embryonnaire entre la mort et une nouvelle naissance. Cette vie-là doit se prolonger dans ma vie actuelle. Lorsque l’homme actuel a des représentations, ce n’est effectivement qu’un écho tardif ; une répercussion de sa vie embryonnaire y vibre faiblement.

Comment l’être humain en arrive-t-il à s’attribuer une existence ?

En ceci qu’il en a inconsciemment connaissance : lorsque j’ai des représentations, mon existence prénatale vit et vibre en moi, et mon corps est une copie de cette existence prénatale. – Et maintenant, si l’homme se met à déployer de lui-même une telle activité qui ne devrait au fond être déployée qu’en tant qu’écho de la vie prénatale qu’arrive-t-il ? Il advient que le corps au sein de cette existence physique, du fait qu’il n’est qu’une copie, exerce illégitimement par ses propres forces quelque chose qui ressemble à l’activité représentative. Cela peut effectivement arriver. Dans la vie normale, lorsque nous pensons et élaborons des représentations, nous sommes tributaires des réminiscences de la vie prénatale ; du fait que l’être humain a une triple organisation, la vie neuro-sensorielle peut être débranchée » en quelque sorte et n’importe laquelle des autres parties peut se mettre à « singer » au niveau du corporel l’activité qui devrait nous venir comme un écho de la vie prénatale.

Lorsque le système rythmique ou celui du métabolisme et des membres déploie illégitimement et de lui-même une activité qui ressemble à la fonction représentative, telle qu’elle devrait nous venir de la vie prénatale, alors naissent les hallucinations. A partir des résultats de la science spirituelle vous pouvez distinguer avec précision la représentation légitime qui, dès lors qu’on lui attribue ce qualificatif, apporte la preuve même de l’existence prénatale ; cette représentation vous pouvez la distinguer de l’hallucination. En effet, du fait même que l’hallucination existe, mais aussi parce qu’elle se contente, grâce à une compression corporelle, de « singer » la force de la représentation tirée du monde éternel, et donc qu’elle « singe » ce qui existe à l’origine, elle apporte la preuve de son illégitimité. Car le corps, en cette vie physique, n’a pas le droit de « singer » le mode des représentations qui devrait être engendré par la vie spirituelle prénatale.

Il est nécessaire d’exposer ces faits délicats si l’on veut se débarrasser des idées absurdes qui ont cours aujourd’hui et que l’on donne pour des définitions de l’hallucination ainsi que d’autres phénomènes du même genre. Pour savoir distinguer la vie hallucinatoire de la vraie vie représentative, il faut pouvoir sonder la structure intime de l’homme. Et lorsque la vraie vie représentative est perfectionnée, quand on l’accueille en pleine conscience et qu’on sait que la représentation ne traduit pas seulement les réminiscences de la vie prénatale, mais que l’on transforme consciemment cet écho en une image pour ensuite diriger son regard en retour sur la réalité, alors on accède à l’imagination.

C’est ainsi que le véritable investigateur spirituel distingue l’hallucination qui est une décoction du corps physique, de l’imagination qui couvre le chemin du spirituel, qui remonte dans le spirituel, si bien que l’on peut dire : chez l’halluciné, c’est le corps qui combine, tandis que chez l’imaginant qui, partant de l’écho, remonte au monde prénatal, c’est l’esprit qui combine. Il prolonge sa vie au-delà de l’existence physique et laisse à l’esprit le soin de combiner. En lui, c’est donc l’esprit qui combine. Les individus qui par préjugé ou par mauvaise volonté, comme cela arrive aussi aujourd’hui, vont répétant que l’imagination de la science spirituelle pourrait bien être une forme d’hallucination, négligent délibérément le fait que l’investigateur spirituel sait distinguer nettement entre l’hallucination et l’imagination, et que c’est lui qui peut le mieux entreprendre cette stricte distinction, tandis que tout ce que la science courante dit aujourd’hui à propos des hallucinations est absolument sans fondement et ne représente que des définitions purement arbitraires. Tout cela ne fait que prouver que la science moderne ignore ce que sont les hallucinations, et qu’elle est incapable de distinguer les imaginations qu’on lui relate, de ce qui est purement hallucinatoire.

Etant donné le caractère insidieux que prennent aujourd’hui les insinuations à l’égard de l’investigation spirituelle, on est bien autorisé à parler des calomnies dans ce domaine. C’est uniquement par paresse d’esprit que nos savants émettent de pareilles affirmations. S’ils n’étaient pas trop paresseux pour prendre réellement connaissance de la science spirituelle, ils verraient tout de suite qu’elle établit des frontières très strictes entre la vie hallucinatoire et la vie imaginative.

C’est quelque chose dont il faut prendre conscience si l’on veut se reconnaitre sincèrement dans notre mouvement. Il existe en effet parmi nos contemporains une malveillance qui provient de leur paresse : et cette paresse les conduit jusqu’au mensonge. Il faut aujourd’hui la déceler jusque dans ses caches. La science spirituelle n’a aucun autre moyen de défense. Nous dirons donc que dans la vie hallucinatoire, c’est le corps qui combine ; dans la vie imaginative, c’est l’esprit qui combine. Lorsque l’être humain se sent intégralement saisi par la vie imaginative, il sait qu’il est entièrement sortit du monde qui l’environne entre la naissance et la mort.

Entre le corps et l’esprit il y a l’âme. Elle est la médiatrice, en quelque sorte l’élément spirituel – fluide qui établit la liaison de l’esprit, son modèle, - au corps, sa copie. Cela relève de contours fluides et flous, et non de contours fixes et tranchés. En contrepartie il ne faut pas dire que cela est enraciné dans la réalité ou que cela n’est pas enraciné dans la réalité. En ce qui concerne les hallucinations, qui sont des décoctions du corps – et il ne peut rien concocter de réel s’il ne vit pas dans l’écho de la vie prénatale – on a le droit de dire qu’elle ne s’enracinent dans aucune réalité. Par contre, on doit dire des Imaginations et des pensées, qui sont leurs reflets abstraits, qu’elles s’enracinent dans la réalité.

Les formations qui naissent des combinaisons de l’âme, les formations de la fantaisie sont des créations imprécises ; elles sont à la fois réelles et irréelles. Elles sont empruntées à la réalité, mais elles en atténuent les contours nets, la rendent imprécise, terne, floue. Nous nous sentons soulevés au-dessus de la réalité mais nous éprouvons en même temps qu’il s’agit quand même de choses importantes pour notre vie intérieure et notre vie dans le monde. Avec les créations de la fantaisie nous nous situons dans un état intermédiaire entre l’hallucination trompeuse et la vraie imagination. Et nous pouvons dire : dans le cas d’hallucinations, c’est le corps qui combine ; dans le cas de la création de la fantaisie, c’est l’âme qui combine ; et dans le cas de l’imagination, dont les pensées, abstraites de la vie ordinaire sont la copie, c’est l’esprit qui combine. – On trouve aussi l’entité ternaire de l’être humain et ses rapports avec le monde environnant.. Nous pouvons dire : au niveau de l’esprit – soit dans le reflet d’ombre que sont les pensées, soit dans l’imagination par laquelle nous nous élevons vers des plans plus hauts de la connaissance – nous combinons la réalité ; au niveau de l’âme et de ses productions fantaisistes nous combinons quelque chose qui oscille entre la réalité et l’irréalité ; lorsque c’est le corps qui combine, ce sont les hallucinations qui nous font miroiter quelque chose qui peut effectivement correspondre à une irréalité.

En tenant compte de ce que je viens d’exposer vous vous direz : oui, une observation loyale de l’homme nous présente cette triade faite d’esprit, d’âme et de corps. Même par ce qu’engendre la nature humaine nous sommes amenés à ce triple discernement : hallucination, créations de la fantaisie, imaginations, - ce qui nous renvoie à la triade corps, âme et esprit. – Voyez-vous, le propre de l’anthroposophie est que nous devons pénétrer de plus en plus profondément dans son essence pour voir comment l’unité de son enseignement permet de comprendre les détails.

Nous voyons que nous devons d’abord présenter de façon plutôt abstraite la différenciation de l’homme en corps, âme et esprit, et ensuite comment cela se remplit peu à peu d’un contenu concret. Lorsqu’on cherche quels sont alors les rapports, on trouve des confirmations de tous côtés.
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Re: Les trois aspects de la vie de l’âme : hallucinations, fantaisie, imagination.

Message par obsidienne le Jeu 11 Mai - 20:31

Il est nécessaire pour la vie anthroposophique de chercher à toujours mieux comprendre. Mais c’est précisément ce que l’homme d’aujourd’hui, qui se croit si terriblement intelligent, n’aime pas faire. Il n’aime pas se dire : je viens de lire un article anthroposophique, je viens d’entendre une conférence anthroposophique ; mais tout cela n’est pas encore clair à mes yeux, j’attendrai et je verrai bien ce qui viendra ensuite. – S’il attendait, il verrait qu’on avance toujours plus loin vers d’autres points et que finalement tout concorde : chaque chose sert de preuve à l’autre.

Quelqu’un dira peut-être que si chaque chose en démontre une autre alors l’ensemble dans l’univers reste sans fondement puisque chaque chose est toujours tenue par une autre. A celui qui fait cette objection vous pouvez dire qu’il ne doit pas admettre non plus la description que l’astronomie fait de la terre. Là aussi on explique que chaque fragment du globe soutient l’ensemble du globe et que l’ensemble n’a aucun fondement. Celui qui veut des preuves autres que ces rapports de l’un et l’autre ne tien pas compte du fait que toute totalité est caractérisée par la réalité des parties qui se portent réciproquement.

Ce qui est nécessaire pour arriver à comprendre ce qui a été développé aujourd’hui, c’est qu’on ne se contente pas de parler sans cesse de l’esprit – on peut parfaitement en parler mais ne voir en lui qu’une vapeur bleue – mais qu’on parle spirituellement de l’esprit, qu’on soit effectivement saisi par lui et qu’on relie entre elles les choses du monde pour que la création de l’esprit devienne évidente. Celui qui ne pense que matériellement est incapable de distinguer l’une de l’autre, les créations de l’hallucination, de l’imagination et celles de la fantaisie.

Mais celui qui voit comment agit l’esprit entre ces trois manifestations sait les relier par des fils ténus ; il est rempli d’un contenu psychique vivant, et quand il parle, c’est l’esprit qui vit dans sa parole. Dans la science ordinaire on ne devrait pas se borner à simplement parler de l’esprit ; il faut laisser parler l’esprit lui-même dans la science spirituelle. Je vous prie de réfléchir à cette phrase car elle est très importante pour comprendre la nature même de la science spirituelle : on ne doit pas seulement parler de l’esprit ou parler sur l’esprit, - on doit laisser l’esprit lui-même parler d’une façon spirituelle - c’est alors seulement que l’on devient libre, car l’esprit nous accueille d’une manière libre, et c’es par notre propre esprit que nous exprimons son essence. Sur l’esprit il ne faut parler que d’une façon spirituelle, c’est-à-dire avec une pensée fluide et non avec les pensées durcies qui résultent d’une éducation matérialiste.

En appliquant cela nous sommes conduits au cœur, au centre même de la tâche la plus intime de notre temps ; cela permet de nous soustraire à la décadence qui se manifeste comme une impulsion puissante de notre civilisation actuelle. Nous pouvons dire : essayons de nous sentir véritablement et sans préjugés adonnés à la connaissance du monde et nous recevrons des grâces cosmiques en abondance nous permettant de penser spirituellement ce monde.

Au fond, cette possibilité n’est apparue dans l’évolution qu’à la fin du XIXe siècle. Celui qui considère sans parti pris l’évolution de l’humanité reconnait qu’avant le XIXe siècle l’évolution terrestre avait une autre mission, mais que les portes du spirituel se sont ouvertes, pourrai-on dire, et que nous nous trouvons aujourd’hui en face d’une tâche nouvelle qui est d’instaurer à nouveau une connaissance spirituelle du monde, après que la connaissance matérialiste ait célébré ses plus grands succès. Car le devenir de l’homme est, lui aussi, un mouvement rythmique par lequel chaque individu passe – selon le rythme des incarnations successives.

Notre vie est marquée par le principe rythmique. En vertu du retour rythmique des choses, l’être humain connait l’un et l’autre : d’une part ce qui se manifeste au sein du devenir spirituel de l’humanité tel que celui-ci a connu un point culminant au milieu du XIXe siècle où l’on ne pensait que matière et ne cherchait à toute chose que des explications matérielles, d’autre part ce qui apparait à notre époque où nous devons revenir à une vision spirituelle des choses parce que dès que nous ouvrons sans parti pris notre âme à ce qui vient du monde, elle est saisie par le besoin d’accéder à une vision spirituelle du monde.

Tel est, si je puis m’exprimer ainsi, le secret du présent. Celui qui vit aujourd’hui en accord avec l’esprit doit se dire : les portes qui mènent du monde suprasensible au monde sensible sont ouvertes pour ceux qui vivent ici-bas. De même que les choses du monde sensible extérieur nous parlent par des couleurs et des sons, de même aujourd’hui un monde spirituel parle clairement aux hommes. Mais les hommes sont encore habitués à n’entendre que le monde matériel, cet ancien monde entièrement fait de copies, et ils ont entrepris de lutter avec tous les moyens contre l’irruption d’une conception spirituelle du monde.

Tel est, si je puis m’exprimer ainsi, le secret du présent. Celui qui vit aujourd’hui en accord avec l’esprit doit se dire : les portes qui mènent du monde suprasensible au monde sensible sont ouvertes pour ceux qui vivent ici-bas. De même que les choses du monde sensible extérieur nous parlent par des couleurs et des sons, de même aujourd’hui un monde spirituel parle clairement aux hommes. Mais les hommes sont encore habitués à n’entendre que le monde matériel, cet ancien monde entièrement fait de copies, et ils ont entrepris de lutter avec tous les moyens contre l’irruption d’une conception spirituelle du monde. Cette lutte se manifeste par les terribles conflits matérialistes qui ont bouleversé le début du XXe siècle.

Mais s’il est arrivé, dans un passé déjà lointain de l’évolution de l’humanité, que les hommes trop fortement tendus vers le spirituel soient tombés dans des illusions et des exaltations, après avoir voulu laisser l’esprit s’exprimer dans leur corps, - il arrive aujourd’hui que ceux qui luttent contre l’esprit, comme le font la majeure partie des êtres civilisés, se jettent dans les bras de la nuit qui fait obstacle à la pénétration du monde physique par le spirituel. Nous avons vu arriver ce qui est inévitable pour les âmes qui s’opposent à ce flux spirituel : la naissance du mensonge, cette calamité dont nous avons connu la prolifération effrayante pendant la guerre mondiale. Tout cela était préparé d’avance ; nous vivons à une époque où le monde, non seulement s’oppose à la connaissance, mais encore développe une inclination hideuse à la contre-vérité. Et c’est au fond le mensonge qui constitue l’adversité contre l’anthroposophie et tout ce qui s’y rattache. Une attitude foncièrement mensongère caractérise ceux qui se donnent pour les défenseurs de la vérité, les champions de la vérité.

En voici un exemple : - Je suis toujours obligé de donner des exemples, que j’ai sous la main, si pénible que cela soit pour moi – Il parait à Stuttgart un journal qui s’intitule « stuttgarter Evangelisches Sonntagsblatt ». On y lit dans le n°19, page 149, quelques lignes qui relatent ce qui suit : des courants actuels dirigés contre l’Eglise. Il aurait donné de précieuses indications permettant de comprendre ce qu’est le monisme et le courant libre-penseur. Puis Jehle explique les causes profondes du combat exaspéré de A. Drews contre l’historicité de Jésus ; il définit ensuite une certaine théorie chrétienne qui, en contraste absolu avec le matérialisme, déclare non-réel tout ce qui est matériel, pour ajouter : « La théosophie de Steiner, avec Steiner qui en remerciement pour avoir adhéré à sa doctrine, désigne le pasteur Rittelmeyer, comme étant la réincarnation de Bernard de Clairvaux ».

Eh bien, mes chers amis, un de nos amis s’est donné la peine d’écrire à ce journal pour obtenir une rectification de ce passage. La chose est parvenue aussi aux oreilles du pasteur Rittelmeyer qui a écrit au journal en question la lettre suivante :

« Dans le N) 19 du Stuttgarter Evangelisches Kirchenblatt, du 8 mais, je viens de lire un rapport du Congrès annuel de l’Union des Eglises évangéliques, à l’occasion duquel le pasteur Jehle a affirmé dans une conférence sur les courants actuels dirigés contre l’Eglise que « Steiner désigne le pasteur Rittelmeyer, en remerciement pour avoir adhéré à sa doctrine, comme étant la réincarnation de Bernard de Clairvaux. Cette allégation est totalement contraire à la vérité. Non seulement le Dr Steiner ne m’a jamais rien déclaré de semblable, ni directement, ni sous forme d’allusion, mais encore, il n’a fait cette déclaration à personne, pour autant que je puisse le savoir. Quand à moi, je n’ai jamais pensé ni dit de moi une chose de ce genre. Je vous prie de publier cette rectification in-extenso, selon les usages actuellement admis par la presse. Permettez encore que j’exprime ma profonde tristesse en constatant la bassesse d’une telle polémique cléricale. Tout bavardage stupide est bienvenu, à condition qu’il rabaisse l’adversaire, et l’on ne respecte même pas la règle de la vérification préalable, universalement admise entre personnes respectueuses de la vérité. J’espère que vous ressentirez à quel point vous m’attribuez, ainsi qu’au Dr Steiner, des sentiments indignes, et combien il est fait appel à des instincts de bassesse de la part des lecteurs face à une telle information reposant sur des ragots dont l’inexactitude est facile à prouver. »

Eh bien voyez-vous, ces derniers mots, le journal ne les a même pas imprimés – là où il est question de sentiments indignes et de bassesse – mais seulement les premières phrases, en y ajoutant : « A partir des communications personnelles (également adressées à la victime) du pasteur Jehle et le fait même que sa personnalité est bien connue par beaucoup de nos lecteurs il n’existe par le moindre doute qu’il a fait cette remarque en tout science et connaissance. »

Retenons donc ceci : premièrement celui qui est mis en cause déclare que cette affaire est montée de toutes pièces, et deuxièmement qu’elle découle de sentiments indignes. Puis on se tire d’affaire en publiant l’ajout suivant : « A propos de la formulation et de la restitution qui figure dans le compte-rendu publié par notre journal, inséré à l’insu et indépendamment de la volonté du conférencier, et sans que le rédacteur en chef, entre-temps parti en vacances, ait eu l’occasion d’opérer une dernière vérification de ce texte… », - donc le conférencier a bien dit cela, mais on excuse cette restitution du texte a été critiquée, et ce dernier est excusé parce qu’il est en villégiature… La seule chose qu’ils déplorent, ce n’est pas d’avoir publié un mensonge, mais « que certains lecteurs aient pu mal comprendre et croire que le pasteur Rittelmeyer avait assez de vanité pour se réjouir d’une telle promotion et que le Dr Steiner ait tablé sur une telle vanité. »

On n’avoue pas qu’on a publié un mensonge, mais on regrette que le lecteur ait pu comprendre qu’on comptait avec la vanité. Puis cela continue : « bien que nous regrettons pour des raisons tenue par un représentant de l’Eglise soit sous tenue par un représentant de l’Eglise, nous n’avons néanmoins jamais essayé de l’abaisser. Nous ne doutons pas un instant qu’à l’idée d’une telle promotion le pasteur Rittelmeyer ait pu être péniblement surpris ».

On laisse donc sous-entendre que le pasteur Rittelmeyer aurait été péniblement surpris d’apprendre que je lui avais accordé cette promotion, alors qu’il écrit expressément qu’il a été péniblement surpris qu’un pareil mensonge ait pu paraitre dans un journal qui se dit évangélique.

« Par ailleurs nos lecteurs habituels nous connaissent trop bien pour vouloir nous attribuer la moindre calomnie personnelle ou médisance, et ils savent que nous avons bien assez de travail avec des tâches meilleures et plus belles ». – Je laisse le soin de juger au lecteur de ce journal !

Voyez-vous, c’est ainsi que travaillent ceux qui se disent les représentants, les représentants officiels de la vérité et en qui de nombreuses personnes voient ceux qui ont précisément la mission de représenter la vérité. Il suffit d’évoquer un cas comme celui-ci pour attirer l’attention sur cette tendance au mensonge. Mais l’indignation qui s’impose contre une telle amoralité, une telle contre-religion qui sévit dans les services religieux, cette indignation est encore bien trop timide.

Alors qu’on pourrait citer des centaines de cas, il suffit d’évoquer un seul de ces symptômes pour montrer comment partout aujourd’hui – et cela ne fera qu’empirer – on trouve les points de départ qui peuvent se condenser en des manifestations grossières comme lors de nos récentes présentations d’eurythmie à Francfort et à Baden-Baden. Il s’agissait de la même représentation artistique qui, ici a Stuttgart, a été accueillie dimanche dernier avec une sympathie unanime.

Là-bas, on l’a sifflée avec des clés et autres instruments, non pas en raison d’un jugement objectif, mais en raison de la convergence de deux choses. D’abord, il y a la lutte entreprise pour les raisons que j’ai évoquées aujourd’hui et en d’autres circonstances également, un vaste combat contre l’amorce d’un flux de vie spirituelle venant enrichir notre monde physique, combat qui se nourrit de la tendance au mensonge. On est encore peu averti de cette tendance, mais il faut aller la dénicher jusque dans les dernières retraites. Puis il y a aussi l’incapacité associée à la paresse et l’incommodité. Lorsqu’un journal de renom s’abaisse à formuler un jugement d’autorité à l’intention de ses lecteurs, il s’adresse à une des autorités actuellement reconnues, par exemple au professeur Traub deTubingen.

Dans un de ses articles que j’ai déjà évoqué ici on peut trouver des passages étonnants. Ce professeur d’université dont le rôle est de préparer tant de jeunes à leur profession, écrit ceci : « Dans la conception du monde de Rudolf Steiner, les choses spirituelles, les entités spirituelles se meuvent dans le monde spirituel comme le font ici, dans le monde physique, les tables et les chaises. » -Eh bien, un homme sain d’esprit et n’ayant pas bu, a-t-il jamais vu des tables et des chaises se mouvoir dans le monde physique ? Le professeur Traub de Tubingen a un style qui lui permet d’écrire que je parle dans mes livres d’un monde spirituel où les entités spirituelles se meuvent comme le font sur le plan physique les tables et les chaises. Comme il n’admet probablement pas qu’on le prenne pour un spirite, je m’interdirai d’être assez malpoli pour lui soupçonner un autre état dans lequel il se serait trouvé en écrivant cet article, autre état pendant lequel on voit habituellement vaciller les tables et les chaises.

Et pourtant, ce sont là les autorités vers lesquelles on se tourne quand on veut avoir un jugement sur la science spirituelle. Ces choses-là ne seront jamais dénoncées avec assez de mordant, et il est regrettable que beaucoup de nos amis ne les ressentent et ne les pensent pas avec suffisamment de rigueur. Nous voyons encore trop fréquemment que quand nous décrivons le caractère de ceux qui parlent contre nous, nous ne sommes pas assez sévères, nous ne leur en voulons pas d’être des menteurs et nous ne le disons pas. C’est précisément ce qu’on a pu constater au cours des semaines écoulées, on pourrait même dire jour après jour.
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Message par obsidienne le Jeu 11 Mai - 20:32

On est en droit de parler d’incapacité lorsqu’on se trouve devant des textes comme ceux du professeur Traub qui, dans le même article a d’ailleurs écrit : « La science occulte ne saurait être une science, par le seul fait que le concept ‘occulte’ exclut le concept « science » ; ce qui est occulte n’est pas une science. » - je vous demande alors : si quelqu’un a écrit un ouvrage scientifique et que quelqu’un d’autre a l’idée farfelue d’occulter ce livre pendant des siècles, ce livre est-il pour autant moins scientifique ? Ce qui le rend scientifique n’a rien à voir avec sa publication ou son occultation, mais dépend uniquement de son caractère scientifique. Pour écrire de telles sottises, il faut vraiment être abandonné de tous les bons esprits de la pensée saine.

Il y a encore autre chose que je dois dire – nous sommes ici entre nous – malheureusement c’est à moi de le dire parce que d’autres le disent trop peu souvent. Depuis des années, nous nous efforçons de cultiver, pour accompagner l’eurythmie, un art de la récitation et de la déclamation qui revienne aux bons vieux principes de la diction poétique. L’art poétique est par essence rythme, mesure, son et image. A notre époque prosaïque on déclame les poèmes comme on lirait de la prose. On récite la prose, ce qui est littéral. On ne s’intéresse plus aux soubassements que sont le rythme et la mesure.

Ce que nous cherchons à nouveau dans l’eurythmie et dans notre nouvel art de la parole, c’est ce que Goethe avait en vue lorsqu’il faisait répéter ses drames iambiques à ses acteurs en s’armant d’une baguette de chef d’orchestre. Or, parce que nous tournons le dos à ce qui n’est pas artistique, nous voyons se dresser contre nous les artistes – ou leurs protecteurs -, tous ceux qui, en fait de récitation poétique, ne savent que bêler ou beugler, - et ceux-ci émergent de leur incapacité pour s’attaquer de manière grossière et plébéïenne à ceux qui se consacrent de nouveau à l’art véritable de la récitation.

Je regrette de devoir le dire moi-même, mais puisque ces choses ne sont pas formulées par d’autres, il faut bien que je le fasse. Je ne peux faire autrement que de voir dans cette lutte une autre forme de combat de l’incapacité, tel que cela peut être mis en évidence dans l’attitude irréfléchie de Traub, par exemple ; il s’agit d’un combat de l’incapacité des bêleurs de comprendre cette tentative que l’on fait pour créer une vraie récitation. On peut comprendre que les incapables bêlent ou qu’ils fassent bêler leurs protecteurs, mais nous avons le devoir de protéger notre patrimoine spirituel, et nous devons stigmatiser le vice fondamental de notre époque, - même si on le prend mal.

Je vous ai parlé aujourd’hui sur un sujet de science spirituelle, et j’ai cru nécessaire de consacrer un peu de temps, sous forme d’un supplément, à des phénomènes d’actualité qui ne sont pas sans rapport avec le sujet principal. Je regrette que ma conférence doive se terminer par des explications de ce genre, mais nous ne vivons pas dans les nuages, nous vivons dans le monde, et si nous avons l’enthousiasme nécessaire, si nous ressentons l’engagement sacré pour la cause de la connaissance anthroposophique et de ses conséquences, nous devons voir clairement où se situe l’opposition ; après nous être mis d’accord à propos de ces questions, nous devons développer la ferme volonté de le payer en retour à nos adversaires. C’est seulement à cette condition que nous parviendrons à nous unir à ce qui s’oppose à toute décadence et conduit vers le haut, à nous associer à une croisade pour l’esprit et pour l’âme au sein même de la vie ici-bas. Pour pouvoir unir de juste manière nos sentiments en faveur d’un renforcement de notre force pour faire triompher l’esprit et l’âme, nous devons nous mettre d’accord sur tout ce qui se dresse contre l’âme et l’esprit.

Je n’ai certes pas voulu me plaindre et m’irriter contre nos adversaires, mais j’ai voulu dire ce qu’il était nécessaire que vous entendiez pour que nos âmes s’accordent totalement dans le travail en faveur de l’âme et de l’esprit. J’en reparlerai lorsque nous nous reverrons.
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Message par obsidienne le Lun 15 Mai - 0:01

Septième conférence. Dornach, 3 juillet 1921

Après les considérations de ces jours derniers, nous allons pouvoir évoquer devant nos âmes une donnée fondamentale de la vie et de l’entité de l’homme. Quand on étudie correctement la relation qui existe entre l’être humain et son environnement, il y a toujours une énigme qui se pose : comment se fait-il que l’on ne puisse pas plonger du regard jusqu’au sein même de l’être proprement dit du monde extérieur ? Ce dernier se présente à nous avec ses phénomènes, ses événements, etc. Même si nous n’avons qu’un minimum de désir de connaître, nous sommes portés à supposer que derrière ces phénomènes qui se présentent à nous sous forme d’un monde coloré, sonore, thermique etc, se cache l’être véritable de la réalité. Il y a là, pour ainsi dire, un voile qui s’interpose, et derrière ce voile doit se trouver l’essence de la réalité. D’autre part, une énigme analogue se pose en ce qui concerne l’être intérieur de l’homme. – Ces derniers jours, j’ai indiqué comment le monde interne de l’homme révèle les secrets des organes une fois qu’on pénètre vraiment dans cet intérieur. Mais pour la conscience ordinaire le fait est là : on ne peut pas pénétrer assez profondément pour sonder du regard son être intérieur et découvrir la vraie nature du poumon, du foie, et ainsi de suite, comme nous l’avons exposé hier. Eh bien, l’existence de ces deux énigmes, celle de l’inconnaissabilité du monde extérieur et celle de l’inconnaissabilité du monde intérieur, peut être résolue lorsqu’on embrasse du regard la globalité de la nature humaine, lorsqu’on prend soin d’examiner la nature toute entière qui nous montre une partie entre la naissance et la mort, de l’autre partie entre la mort et une nouvelle naissance.

Mais considérons d’abord l’homme, tel qu’il s’offre à nous entre la naissance et la mort. Pour cela, nous devons d’abord tenir compte d’une réalité interne à notre âme, réalité qui s’est liée à toute notre vie quotidienne éveillée et normale : nous avons besoin de notre mémoire. J’ai expliqué hier comment cette mémoire repose, en fait, sur une réflexion qui se fait contre les parois extérieures des organes internes. Mais nous avons besoin de cette mémoire pour la vie de notre âme.

J’ai souvent cité des cas où l’altération de notre faculté mémorielle peut anéantir toute une vie animique normale, ici-bas entre la naissance et la mort. L’exemple cité montre que cette faculté mémorielle chez l’homme peut s’éteindre. Vous pouvez lire cela dans les livres de psychologie. Ce genre d’incident est bien connu et les troubles mémoriels d’une moins grande amplitude sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le pense. Vous pouvez lire cela dans les livres de psychologie. Ce genre d’incident est bien connu et les troubles mémoriels d’une moins grande amplitude sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le pense. Vous n’avez pas besoin de vous représenter autre chose que ceci : pour les êtres concernés, ces processus se déroulent sans qu’ils s’en rendent compte ; il s’agit d’extinctions momentanées de la conscience, - telles qu’elles ont lieu normalement dans le sommeil. Par contre, une telle discontinuité de la conscience a des effets très graves au niveau de la conscience de personnalité. L’être humain est complètement perdu après être passé par une telle expérience ; sa vie peut devenir terriblement pénible. Vous voyez d’après cela, combien il st nécessaire pour la vie ordinaire, entre la naissance et la mort, de sauvegarder la continuité de la conscience, exception faite pour l’état de sommeil.

La continuité de la conscience est étroitement liée à notre mémoire. Nous avons donc besoin de la mémoire pour mener normalement la vie courante. Mais lorsqu’on se livre à des exercices occultes, la réalité est différente. On a besoin, alors, de développer certaines forces de l’âme qui, lors des instants de voyance spirituelle, éteignent momentanément la mémoire ordinaire. Tant qu’on conserve cette mémoire ordinaire, on ne peut, à vrai dire, porter son regard dans le monde spirituel. Et les disciples du développement occulte font généralement l’expérience suivante : au début, quand ils commencent à travailler à leur évolution, ils ont certaines visions ; ensuite ils se plaignent de ne plus les avoir, elles n’apparaissent plus. Cela vient du fait que , pour ce genre de visions, quand elles sont vraies et authentiques, quand elles ne sont pas hallucinatoires, il n’existe pas de mémoire. Il n’est pas possible de se souvenir de ses voyances parce que celles-ci sont des réalités. Regardez un morceau de craie devant vos yeux, la craie réelle, - alors il vous faut retourner à la perception directe. Il faut que la réalité soit à nouveau devant vous et que vous la perceviez. Pour cette réalité, la mémoire ne vous aide en rien. – Quand vous touchez un fer brûlant, vous vous brûlez. Vous ne vous brûlerez jamais à l’image-souvenir de ce fer, même si vous évoquez intensément le souvenir de sa chaleur. Eh bien, étant donné que la voyance spirituelle vous met en contact avec une réalité, et non avec une simple image, il faut retourner à la vision. Il s’agit d’y revenir, non pas de s’en souvenir, car une vraie vision est une vraie expérience occulte et ne peut jamais se transformer en un souvenir.

On ne peut y accéder qu’indirectement. On peut se dire : avant que la fusion se soit produite je suis passé par telles circonstances au niveau de la conscience ordinaire. On peut se dire : avant que la vision se soit produite je suis passé par telles circonstances au niveau de la conscience ordinaire. On peut se les remémorer, et il faut le faire jusqu’à ce qu’on arrive à l’endroit où s’est produite la vision. On arrive donc au point culminant. Elle ne peut pas se produire directement, mais il faut refaire toute la démarche qui y a conduit. – C’est une chose dont beaucoup de disciples ne tiennent pas compte. Ils croient qu’on peut se rappeler une voyance comme on se rappelle n’importe quelle autre chose. Mais il faut, en un certain sens, lors de l’évolution occulte, se passer de la mémoire. C’est absolument indispensable et inévitable.

C’est pourquoi on doit dire : celui qui aspire au développement occulte doit, avant tout, être dans la vie ordinaire une personne raisonnable et exempte de tout faux mysticisme. Il doit avoir une intelligence et une mémoire saine. Celui qui, dans la vie ordinaire, tend à des rêveries fuligineuses, n’est pas capable d’entreprendre un développement occulte. Il faut absolument avoir la possibilité de se rappeler avec exactitude les choses qu’on a vécues durant toute la journée. Alors seulement, on peut se risquer à s’entrainer en vue de la vision pour laquelle il n’existe pas de mémoire. Les mises en garde à propos du développement occulte sont fondées dans la nature des choses. Il convient de retenir ceci : la mémoire est indispensable à la conscience ordinaire de veille et fait partie de notre vie normale entre la naissance et la mort.

A présent, je peux dessiner schématiquement comment se comporte l’être humain muni de cette mémoire. Ce que je vous indique ici n’existe pas vraiment mais est perceptible au niveau du corps éthérique (voir schéma). Je montre symboliquement par cette ligne ce qui s’étend sur l’ensemble du corps, et vous devez vous représenter que depuis la tête, - donc depuis les perceptions sensorielles, les organes des sens, - jusqu’à cette ligne, on est en-dehors des organes internes.


Cette ligne désigne la frontière schématique concernant les organes de l’être humain ; ici s’opère une réflexion, et derrière cette ligne, il y a le cœur, le poumon, le foie, etc. Ici (flèche) se fait la réflexion. C’est symboliquement la ligne de la mémoire humaine. Vous pouvez très bien vous la représenter : à l’intérieur nous avons une mince membrane qui, au fond, établit la limite entre le corps éthérique et le corps astral. En réalité, cela n’a rien de spatial. Ceci n’est qu’un schéma. Tout ce qui est perçu est réfléchi par la force des organes qui sont derrière. C’est grâce à cela que s’opère la réflexion, mais le reflet se fait ici. Nous ne pouvons pas, avec notre conscience ordinaire, traverser cette membrane pour voir ce qui se passe à l’intérieur de l’homme. La mémoire recouvre d’un voile tout l’intérieur de l’homme. Elle doit le faire, sinon l’homme cesserait d’être normal dans sa vie courante entre la naissance et la mort. La mémoire est ce qui fait barrage à notre conscience en direction de l’intérieur. Dès que cette mémoire est interrompue, dès qu’une fissure se produit, - comme c’est le cas dans le développement occulte, - nous voyons l’intérieur de nos organes, comme je l’ai décrit hier.
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Message par obsidienne le Lun 15 Mai - 0:03

Nous détenons maintenant la réponse à l’énigme concernant l’incapacité de voir ce qui se passe à l’intérieur. Tout cela doit demeurer recouvert, sinon nous ne serions pas normaux ici-bas, car nous avons besoin de cette mémoire. C’est donc l’intimité de notre être qui nous est cachée grâce à la fonction réfléchissante de la mémoire. Telle est l’explication de cette énigme.

De l’autre côté, du côté du monde extérieur, nous voyons s’étendre devant nous le voile des apparences sensorielles ; nous ne voyons pas, là non plus, ce qui est derrière. Qu’arriverait-il si nous pouvions voir là derrière, si en regardant au dehors nous n’avions pas affaire au voile des apparences sensibles derrière lequel se situe l’essence des choses, mais s’il était percé de toutes parts et que nous puissions voir au travers ?
Quelle serait alors la situation ? – Nous ne cesserions de nous déverser dans les choses au moyen de nos perceptions. Nous confluerions plus des choses. Et qu’en résulterait-il ? Le fait d’être incapable de nous distinguer des choses aurait- pour conséquence que jamais le sentiment de l’amour ne pourrait naître en nous, car l’amour ne consiste pas à se diluer dans l’autre mais à rester un individu séparé, bien que conduisant à l’autre. Nous sommes capables d’aimer entre la naissance et la mort.

Et dans le développement occulte, la faculté d’aimer doit être remplacée par l’Imagination, l’Inspiration et l’Intuition. Nous devons en quelque sorte aller plus loin que la faculté d’aimer. Dans l’existence ordinaire, si nous n’avions pas l’amour, cela ruinerait totalement notre vie, nous aurions un cœur glacé. C’est pourquoi il est nécessaire que celui qui s’engage sur la voie du développement supérieur soigne à un très haut degré précisément cette faculté d’aimer.

S’il l’a assez développée pour ne plus pouvoir la perdre par la discipline occulte, s’il la conserve intacte alors même qu’il s’engage sur cette voie, il peut se risquer à traverser le voile des apparences sensibles et à atteindre la vraie objectivité. Telle est la seconde énigme de notre âme. – L’être humain doit être capable de mémoire et d’amour. C’est parce qu’il doit être capable d’aimer qu’il ne peut pas, avec sa conscience ordinaire, regarder derrière le voile des apparences sensibles, et c’est parce qu’il doit être capable de se souvenir qu’il ne peut pas regarder à l’intérieur de son propre être.
Voilà la vraie réalité par rapport à la philosophie kantienne qui est archi-fausse. Kant voulait analyser la subjectivité humaine et il a planté, de-ci, de-là de sortes de poteaux indicateurs. Ce sont des concepts abstraits qui ne signifient rien.

En réalité, nous devons comprendre l’homme entre la naissance et la mort comme un être capable de mémoire et capable d’amour. Ici-bas, l’homme apprend à connaître ce qui vit dans les sentiments, dans l’amour. Voilà ce qu’il doit emporter par delà la porte de la mort. Si nous sommes ici sur terre, c’est pour perfectionner en nous ces deux facultés.
Lorsque l’être humain est appelé, grâce à la mémoire, à dissocier l’être perceptif et l’être pensant qui par ailleurs se heurte au voile du monde des sens, alors, surtout par la tête – il développe la vie de la conscience. Cette vie consciente de l’homme se cantonne à la pensée. La pensée devient image-souvenir. Et nous ne pénétrons pas plus avant que jusqu’à cette image-souvenir. Là, la pensée est retenue, et c’est justement pour cette raison qu’elle peut toujours se reproduire sous forme de souvenirs. Là, elle est retenue, et notre vie normale entre la naissance et la mort consiste précisément à ne pas laisser la pensée descendre dans nos organes.

Ses forces descendent bien, comme je l’ai expliqué hier, mais la pensée elle-même, telle qu’elle vit en nous sous forme d’image ne descend pas. Au moment où nous mourons, la pensée devient ce qu’elle ne pouvait pas être dans notre conscience ordinaire : elle devient Imagination. Cette imagination que l’on s’efforce d’acquérir au prix de tant de peines, dans le développement occulte, elle se présente dès que l’homme franchit la porte de la mort. Toutes ses pensées deviennent des images. L’homme, alors, vit entièrement dans des images. De ce fait, on ne peut comprendre un défunt que lorsqu’on a appris le langage des images. Aussitôt après la mort, les pensées se changent en images.

L’homme vit avec ces images pendant quelque temps entre la mort et une nouvelle naissance. Puis, les images deviennent peu à peu des Inspirations. Ainsi, l’âme grandit effectivement. Les images deviennent Inspirations. L’être humain commence à percevoir la musique des sphères qui devient pour lui une réalité. Il vit dans le monde des sonorités cosmiques. Finalement, il s’unit objectivement au cosmos spirituel. Son âme devient toute Intuition. L’être humain est alors en quelque sorte un avec le cosmos.

Lorsque l’Intuition a régné pendant un certain temps, le moment du minuit de l’existence, dont j’ai également déjà parlé hier, est venu. Ensuite commence le chemin du retour, et l’Intuition est alors en mesure d’accueillir quelque chose qui avait progressivement déserté l’homme inséré ici-bas. Lorsqu’il a franchi le seuil de la mort, il vit avec d’autres forces que celles que nous appelons sur terre la volonté. Il s’insère dans des forces cosmiques. Sa volonté est, en quelque sorte, absorbée et disparaît peu à peu.

Une fois parvenu au minuit des mondes, après être passé par les états de l’Imagination, de l’Inspiration et de l’Intuition, il se trouve à la cime de son existence entre la mort et une nouvelle naissance, - alors son Intuition se remplit à nouveau de volonté. La pensée redevient volontariste, et cette volonté sature de plus en plus l’âme qui revient en arrière, repasse par l’Inspiration, puis par l’Imagination. Lorsqu’elle est revenue à l’Imagination et qu’elle l’a vécue pendant un certain temps, alors elle est mûre pur être réincarnée dans la vie d’ici-bas. Comme je l’ai déjà décrit, c’est à partir de l’image que se forme alors l’ébauche de la tête qui est la métamorphose du système métabolisme-membres de l’incarnation passée. A travers ces étapes, ces niveaux auxquels on aspire dans le développement occulte, l’être humain monte d’abord jusqu’au minuit des mondes, puis il refait la route inverse et redescend jusqu’à l’Imagination, puis au moment de l’incarnation, atteint la pensée.

Pendant tout ce temps, l’homme réforme sa volonté. Quand il revient à l’existence physique, nous voyons comment ce qui émane du cosmos, ce qu’il a assimilé de la précédente incarnation se présente sous forme d’image, d’une image dans laquelle se manifeste la volonté. Nous sommes donc en face d’une imagination saturée de volonté.
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Re: Les trois aspects de la vie de l’âme : hallucinations, fantaisie, imagination.

Message par obsidienne le Lun 15 Mai - 0:05

Ainsi, lorsqu’avant sa conception dans le monde physique l’homme aborde une nouvelle existence terrestre, il possède une Imagination, mais une Imagination saturée de volonté. De cette Imagination, qui correspond pour l’essentiel à ce qui existait sous forme d’image, naît la tête avec ce qui s’y rattache, - et sa volonté s’empare de son nouveau système métabolisme-membres. Si bien que ce dernier se répartit ici sur la tête et le reste de l’être humain. La tête est essentiellement une pensée cristallisée, figée, tandis que ce qui vit dans le reste de l’homme est de la volonté organisée.

En réalité, l’homme ne peut véritablement s’éveiller que dans sa tête. N’est-ce pas, vous connaissez vos pensées ; vos représentations sont dans votre conscience ordinaire ; on peut dire cela à tous les hommes actuels. Mais ce qui se passe dans la volonté, - je l’ai souligné bien souvent, - reste tout aussi inconnu à l’homme actuel que ce qui se passe durant son sommeil. En effet, dans la conscience ordinaire, que sait-on de ce qui se passe quand on lève un bras ? On perçoit que le bras a été levé, on en a la représentation, mais l’acte volitif en tant que tel se déroule dans une sorte de sommeil. On peut donc dire : en ce qui concerne son système métabolisme-membres, l’homme dort même à l’état diurne ; à vrai dire, il ne s’éveille qu’en ce qui concerne sa tête. Tout cela agit ensemble.

La science officielle d’aujourd’hui nous parle d’une certaine logique. Son langage logique repose sur les représentations, les jugements et les conclusions. Représentons-nous un tel syllogisme. Cet exemple figure dans tous les manuels. « Tous les hommes sont mortels, - César est un homme, - donc César est mortel. » Telle est la conclusion. « Tous les hommes sont mortels » est un jugement ; « César est un homme » est un jugement ; « donc César est mortel » est un jugement. L’ensemble est un syllogisme. L’homme, César sont des concepts.

Si vous interrogez aujourd’hui un homme appartenant à la race des « très intelligents », - ce sont ceux qui nous servent de référence car ce sont ceux-là qui donnent le ton, - il nous dira que tout cela se déroule dans le système nerveux. C’est ce système-là est à l’origine des représentations, des jugements et des conclusions, et même du sentiment et de la volonté. – Mais en ce qui concerne cette activité de représentation, de jugement et de conclusion, les choses ne se passent pas comme le prétend la science officielle. En fait, seule la représentation, en tant que telle, est une affaire de la tête. Lorsque vous émettez un jugement, vous devez sentir par l’intermédiaire de votre corps éthérique à quoi vous en tenir, car vous ne jugez pas du tout avec votre tête.

Ce n’est pas avec la tête que vous jugez, mais avec les jambes, les jambes du corps éthérique. Celui qui émet un jugement, - fût-il couché, - allonge ses jambes éthériques. Les jugements ne s’appuient pas sur la tête, ils s’appuient sur les jambes. Personne aujourd’hui ne veut le croire, et c’est pourtant vrai. Et la conclusion repose sur les bras et sur les mains, ou plus généralement sur ce qui distingue l’homme de l’animal. L’animal se tient sur ses jambes, et de ce fait, il est lui-même un jugement, mais il ne tire pas de conclusions. L’homme conclu. C’est pour cela que ses bras se sont libérés de la pesanteur : les bras de l’homme sont libres afin qu’il soit un être capable de conclure. Et ce qui s’accomplit lorsque nous mouvons nos jambes éthériques ou nos bras astraux, - c’est une conclusion qui se mire dans la tête sous forme de représentations. Pour réaliser un jugement et une conclusion nous avons besoin de l’homme dans sa totalité, et pas seulement de son système nerveux et sensoriel.

En tenant compte de cela vous pouvez vous dire que l’homme tire le jugement et la conclusion de son système des membres. Là déjà, il s’agit d’actes volitifs, et ils proviennent d’une région bien moins précise que l’acte représentatif. Lorsque nous parvenons à une conclusion, nous éprouvons un peu la même chose que lorsque nous nous réveillons le matin. Nous l’avons tiré des tréfonds de notre être.

Ce qui de l’ancienne incarnation jusqu’à la nouvelle est devenu vieux, c’est ce qui se déroule dans notre tête et nous permet d’avoir des représentations. Là, dans la tête, nous sommes des êtres vieillis par rapport au cosmos, et cela dès notre naissance. Et si notre volonté s’est renouvelée, c’est du fait que, par rapport au cosmos, nous sommes des êtres devenus jeunes. Tout ce que nous portons dans notre tête se rattache à notre incarnation antérieure. C’est quelque chose d’ancien. Par contre, notre système métabolisme-membres, c’est la volonté qui l’a conquis en descendant dans la présente incarnation. En réalité, cela lui est transmis par le corps maternel. L’autre, part contre, est introduit et édifié par le cosmos dans l’organisme maternel.

L’examen empirique de l’embryologie permet de le confirmer. La tête est une copie du cosmos ; elle est provoquée par des forces extérieures. Celui qui ne veut pas l’admettre contestera aussi que le magnétisme du globe terrestre est ce qui dirige l’aiguille de la boussole. Pour expliquer l’aiguille aimantée, le physicien sort, va au-delà de cette aiguille.

Pour expliquer l’embryon, l’embryologiste et le biologiste ne sortent pas du corps maternel. C’est aussi insensé que de vouloir expliquer l’aiguille aimantée par elle-même. Il faut sortir jusqu’aux confins du cosmos. Au cours de l’évolution, nous avons d’abord la tête, et le reste du corps s’y rattache et s’y insère. Il est une conquête de la volonté qui s’est unie à l’Imagination pendant sa vie entre la mort et une nouvelle naissance, à partir du passage du minuit des mondes.
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Message par obsidienne le Lun 15 Mai - 0:09



Lorsque nous regardons cet homme (schéma), nous trouvons au-dessus de cette fine membrane tout ce qui se rattache à la pensée et à la perception : au-dessous tout ce qui concerne la volonté. Cela agit d’en-bas, monte de l’inconscient ; on ne le trouve que de la façon dont je l’ai exposé hier. C’est là que la volonté agit vers le haut. L’être humain se présente donc vraiment comme une dualité dans la vie entre la naissance et la mort.

L’homme est un monon, certes, mais une unité par rapport à la totalité du monde ; cette qualité de monade, il doit la créer au cours de l’évolution. Il doit sans cesse la renouveler. Mais dans la réalité, entre la naissance et la mort, l’être humain est une dualité : d’un côté la pensée avec la perception, - de l’autre côté la volonté avec le sentiment.

De ce fait, l’homme apparaît quelque peu comme une coupe transversale entre deux mondes. Car, je vous prie, demandez-vous honnêtement ceci : qu’avez-vous dans votre conscience à chaque instant de votre vie ? Vos images-souvenirs ! Ce que vous avez vécu depuis l’âge de deux ou trois ans, ou cinq puis six ans, c’est cela qui constitue le contenu de votre conscience. Et ce qui monte au travers de tout cela, ce qui jaillit de la volonté, c’est l’amour, c’est la faculté d’aimer.

L’homme n’est en réalité rien d’autre que ce qui apparaît là par cette démarcation : images mémorielles et amour. Oui, l’homme est fait ainsi : en haut se trouve un monde qui est pensée cosmique, et en bas se trouve un monde qui est volonté cosmique. Et sans cesse, l’homme est le point d’impact des assauts de Lucifer du côté volitif et d’Ahriman du côté pensant (voir schéma ci-dessus).

Ahriman voudrait toujours transformer l’homme en une tête, Lucifer voudrait constamment le décapiter pour qu’il ne puisse plus penser et que tout vienne du cœur, que son être tout entier puisse s’épancher en ondes de chaleur, en amour cosmique se dissolvant dans l’univers.

A notre époque, dans notre culture si hautement prisée par nos contemporains, ce sont les influences ahrimaniennes qui l’emportent. Des individus plus sensitifs que d’autres ont toujours ressenti l’influence ahrimanienne. – Alors que j’étais encore un tout jeune homme, je conversais un jour avec un poète autrichien qui était très connu. Il était doué d’une fine sensibilité pour ce genre de forces qui envahissent notre culture, et il me dit de façon semi-imagé, qui constituait pour lui une réalité, - il me semble que c’était aujourd’hui même, - que notre sort est terrible par ce qui s’abattra sur l’humanité si les choses ne changent pas radicalement. L’homme perdra peu à peu l’agilité de ses membres ; il utilisera de plus en plus des moyens mécaniques pour se faire véhiculer ; il perdra également l’adresse de ses mains, car tout sera envahi par la technique. L’homme s’atrophiera comme un muscle dont on ne sert plus ; il ne sera plus que tête. Sa tête grossira démesurément, et il finira sous la forme d’une boule roulante.

Cette idée pesait comme un cauchemar sur l’âme de ce poète autrichien dont le nom est Hermann Rollett. Il décrivit d’une manière très expressive cette vision oppressante selon laquelle la civilisation actuelle transformerait les hommes en tête roulantes. Or il y a dans cette idée quelque chose de très vrai. Car, à notre époque, les puissances qui veulent développer démesurément notre tête deviennent extrêmement fortes. Elles n’y réussissent pas trop bien en ce qui concerne notre tête physique, mais avec notre tête éthérique elles ont de meilleurs résultats. En résumé, - et c’est un fait important, - de nos jours les puissances ahrimaniennes cherchent à faire de nous des hommes-têtes, c’est-à-dire à nous transformer en « penseurs » purs et simples.

Mais chez tout être humain sainement développé l’autre pôle est là, le pôle volontaire qui s’y oppose toujours : il s’empare de la pensée au moment de la mort. La pensée ne doit pas encore exister seule. Au moment de la naissance, nous avons rassemblé des forces volontaires toutes neuves, mais la pensée s’en éloigne et trouve notre tête. La volonté s’empare du reste du corps.

Tant que nous vivons ici-bas, il se produit en nous un échange continuel entre la volonté et la pensée. La volonté s’empare de la pensée, et nous devons porter ce complexe volonté-pensée à travers la porte de la mort. Ahriman voudrait nous en empêcher. Il voudrait que la volonté reste séparée, latente, et que seule la pensée se perfectionne. Si nous en arrivions à ce que souhaite Ahriman, nous perdrions notre individualité.
Nous arriverions au moment de la mort avec une pensée hypertrophiée.

Mais nous, les hommes, nous ne pourrions pas retenir une telle pensée en nous. Ahriman pourrait s’en saisir et l’incorporer au reste du monde où elle continuerait d’agir. Tel est effectivement le destin qui menace l’humanité si le matérialisme continue à régner. Les forces ahrimaniennes deviendront tellement puissantes qu’Ahriman pourrait ravir aux hommes leurs pensées et les incorporer en tant qu’activité à la Terre, en sorte que celle-ci se pétrifie ; elle se consoliderait au lieu de s’anéantir un jour.

Ahriman travaille à solidifier la Terre, afin qu’elle se perpétue en tant que terre. C’est la négation des paroles du Christ, qui sont : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas ».

-Ahriman veut que la parole soit rejetée et que le ciel et la terre se perpétuent. Il ne peut y parvenir qu’en ravissant aux hommes leurs pensées, qu’en désindividualisant les hommes. Si Ahriman pouvait continuer d’agir comme il a pu le faire tout particulièrement depuis l’année 1845, les cerveaux deviendraient de plus en plus raides, et les hommes finiraient par être comme assujettis entièrement à des « idées fixes », -

A des pensées obsessionnelles, matérialisées, comme je l’ai expliqué hier. Cela apparaîtrait surtout dans le fait que l’éducation serait conduite de telle manière qu’à un certain âge les jeunes humains n’aient dans la tête plus de pensées mobiles et libres : ils seraient complètement possédés par des idées obsessionnelles.

Posez-vous la question : n’est-ce pas déjà réalisé à un très haut degré ? Songez à quel point les idées de bien des gens sont obsessionnelles ! Comment pourrait-on leur apporter de l’aide ? Leurs idées sont déjà devenues si fixes, si fermées, qu’on ne peut presque rien y changer. C’est déjà l’œuvre d’Ahriman. Et il s’efforce d’intensifier cette évolution qui engendre des idées fixes. Dans le domaine scientifique, nous avons déjà un produit très typique de ce genre d’obsessions , c’est l’atomisme. – là, derrière le voile des apparences sensorielles, on n’imagine pas la présence du spirituel, mais un monde d’atomes qui vibrent de toutes parts, vibrent et tourbillonnent.

Naturellement, on ne peut pas percer le voile des apparences avec autre chose qu’avec des pensées. Mais Ahriman a déjà tellement perturbé les hommes qu’ils en sont venus à matérialiser leurs propres pensées. Ils ne comprennent pas qu’ils n’ont rien fait d’autre que construire un monde d’ "atomes-pensées », et ils considèrent détenir ainsi la réalité. Ils placent les pensées à l’extérieur. Ce qu’ils créent de la sorte, c’est un monde entièrement ahrimanisé. Nous avons aujourd’hui une science ahrimanisée, une science entièrement dominée par Ahriman.
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Re: Les trois aspects de la vie de l’âme : hallucinations, fantaisie, imagination.

Message par obsidienne le Lun 15 Mai - 0:12

Cet acquis peut parfois se présenter à nous de façon terrifiante. Un jour, - il y a peut-être 35 ans de cela, - on m’a confié un manuscrit très savant. L’auteur prétendait établir par des calculs la différentielle de l’homme. Ce que je raconte là est une histoire vraie. Il cherchait la différentielle qui, lorsqu’on en trouve l’intégrale, produit l’homme tout entier. Ainsi, en « intégrant » des pieds à la tête, on accède à l’être humain. Il s’agissait d’une étude très savante. Le médecin qui me l’avait confiée ajouta : « Vous pouvez faire la connaissance de l’auteur ». En effet, ce dernier était soigné dans sa clinique. Je fis donc la connaissance de cet homme qui me dit : « Oui, les choses sont bien ainsi, j’en ai personnellement fait l’expérience sur moi-même ; je consiste entièrement en différentielles atomiques. Ces différentielles sont partout, et je ne suis qu’une « intégrale ». – Il s’était donc représenté lui-même comme une somme infinie de différentielles sous forme d’atomes. C’est là une déformation de l’intelligence qui est tout à fait ahrimanienne. Mais ce n’était là, pour ainsi dire, qu’un système de l’atomisme devenu rigide et inflexible. Car lorsqu’on m’apporta ce manuscrit, je me rappelais qu’il existe une formule de l’univers, - dite de Laplace, - avec laquelle il serait prétenduement possible, en connaissant les phénomènes atomiques et en les intégrant mathématiquement, - ceci depuis le commencement jusqu’à la fin du monde, - de calculer, par l’introduction d’une valeur spécifique, par exemple, à quelle date César a franchi le Rubicon, et ainsi de suite. Tout cela, n’est-ce pas, en insérant les atomes dans la formule de l’univers et en la traitant en conséquence. Cette manière de penser ressemblait très fâcheusement à la dissertation de cet être qui se prenait pour une intégrale. Quand on observe les choses avec attention, on peut déjà trouver dans notre culture une tendance résolument ahrimanienne.

Naturellement, nous devons lutter contre cette tendance, et cela n’est possible que si nous cessons de travailler uniquement avec des concepts abstraits, et que ceux-ci retrouvent un caractère d’images. Alors, lorsque nous franchirons la porte de la mort, nous emporterons avec nous des images et nous saurons les raccorder avec notre nouveau milieu. Sinon, l’humanité court le danger de se perdre elle-même : ce qui devrait s’individualiser par la volonté se déversant dans la pensée, se minéraliserait, se fonderait dans la Terre, et la Terre deviendrait un être cosmique, certes, mais au niveau de son psychisme l’humanité ne serait plus qu’un vaste cimetière.

Il faut du temps en temps, jeter des aperçus de cette amplitude sur l’avenir de notre culture. C’est absolument indispensable à notre époque. Car celui qui embrasse du regarde l’évolution actuelle, sait que nous nous rapprochons de cette « ossification » de la culture. – Je ne voudrais pas manquer de mentionner que, jusqu'à l’année 869, - date du huitième Concile œcuménique général de Constantinople, - l’homme était considéré comme un être composé d’un corps, d’une âme et d’un esprit. Une nouvelle formule fut établie et imposée à tout l’Occident : il n’est pas permis de penser que l’homme est composé de cette triade corps, âme et esprit ; il n’a qu’un corps et une âme, laquelle possède quelques propriété spirituelles. Cela est devenu la croyance générale. Au Moyen-Age, il était hérétique de croire que l’homme est composé de corps, âme et esprit. De nos jours, les professeurs de philosophie trouvent, eux aussi , par leurs méthodes impartiales, que l’homme a seulement un corps et une âme. Or cette connaissance impartiale est en tous points conforme à la décision du huitième Concile œcuménique général. Mais cela engendre encore un autre aspect. Depuis ce huitième Concile, l’humanité a perdu la conscience de l’esprit qui vit en elle. Il est urgent qu’elle la reconquière. Si l’humanité continuait dans la voie que je vous ai montrée aujourd’hui, elle perdrait non seulement la connaissance de l’esprit mais encore la conscience de l’âme.

Chez les matérialistes du XIVe siècle, cette conscience de l’âme s’était atténuée au point qu’on disait : le cerveau secrète des pensées comme le foie secrète la bille. – Il ne restait donc plus que la conscience des processus corporels. En effet, dans certains bas-fonds où toutes sortes de sociétés travaillant en ce sens, la tendance existe déjà de faire quelque chose de semblable à ce qui vit le jour au Concile de 869 et de déclarer que l’homme n’est pas composé d’un corps et d’une âme, car il n’est que corps ; l’âme n’est qu’une production qui se développe à partir de ce corps. En conséquence, on ne sait plus éduquer les hommes en vue de parfaire leur vie animique. On cherche un moyen matériel d’y parvenir, un vaccin que l’on injecterait à un certain âge afin que se développe tel ou tel talent, telle ou telle qualité. Cette tendance existe. Elle se situe dans la droite ligne du développement ahrimanien ; ne plus créer d’écoles pour enseigner, mais injecter aux enfants certaines substances. Car la chose est tout à fait réalisable. Ce n’est pas comme si elle n’était pas faisable. Elle l’est. Mais alors, on transformera les êtres humains en automates. Cela permettrait d’accélérer énormément ce qu’on obtient déjà par la contrainte intellectuelle, par une éducation faisant appel à cette contrainte intellectuelle. Il existe déjà des substances qui, injectées à l’âge de sept ans, pourraient épargner à l’enfant de fréquenter une école primaire ; il deviendrait un automate sous le rapport de la pensée. Il deviendrait remarquablement intelligent, mais il n’en aurai même pas conscience. Cette intelligence se déroulerait automatiquement. Mais qu’importe aux gens, aujourd’hui déjà, que l’on ait une vie intérieure ou non, pourvu que l’homme se meuve et agisse ! – ceux qui se consacrent à la culture ahrimanienne – et ils existent – favorisent la réalisation de tels idéaux. A vrai dire, que pourrait-ils exister de situation plus attrayante pour un état d’esprit de ce genre, tel qu’il se généralise de plus en plus, que de disposer d’un vaccin, au lieu de se fatiguer pendant des années à instruire les enfants ? Je suis obligé de présenter ces choses d’une manière drastique. Tant qu’on ne le fera pas, la grande majorité des hommes ne se rendra même pas compte des buts poursuivis. Mais avec un tel vaccin, le corps éthérique des enfants serait distendu, délogé du corps physique. Dès qu’il se trouverait dégagé, le jeu des échanges entre le corps éthérique et l’univers serait extrêmement intense et l’homme deviendrait un automate. Or, ici-bas, le corps physique de l’homme doit être éduqué par une volonté spirituelle.

C’est parce que nous avons pleinement conscience de devoir lutter contre l’automatisation de l’homme que nous avons créé les méthodes pédagogiques destinées à l’Ecole Waldorf. Elles devraient absolument devenir un facteur de la culture future et reconduire à la spiritualisation. Il faut en effet convenir qu’il est de première urgence que parmi les hommes soit cultivé la vie de l’esprit. On ne doit pas perdre courage mais accueillir avec joie et sympathie les symptômes d’amélioration qui apparaissent de-ci, de-là. J’ai déjà signalé bien souvent, en d’autres occasions, combien l’humanité tend partout à installer la routine à la place d’une véritable pratique de la vie. Or, la routine correspond à une mécanisation de l’existence.

Tout récemment, je me suis beaucoup réjoui en lisant qu’il existe aujourd’hui encore des hommes qui ont toujours considéré qu’une vraie pratique de la vie a sa place à côté de la simple routine. Cet article relatait comment Edison testait les personnes qu’il voulait former aux affaires. Il ne cherchait pas du tout à savoir si un futur collaborateur était habile à tenir un livre de comptes. Cela, disait-il, il ‘apprendra en trois semaines, s’il est par ailleurs adroit et raisonnable. – Toutes ces spécialités ne l’intéressaient pas, car on arrive toujours à les apprendre. Il avait raison. Mais pour savoir si les hommes valaient quelque chose pour la vie pratique, il leur posait des questions du genre : « Quelle est la dimension de la Sibérie ? » - Ou : « Une pièce a 5 mètres de long, 3 mètres de large et 4 mètres de haut, combien renferme-t-elle de mètres cubes d’air ? Il demandait aussi : « Qu’y a-t-il à l’endroit où César a passé le Rubicon ? ». Il s’agissait de questions d’enseignement général, et selon les réponses, Edison les engageait comme comptables, par exemple. Qu’ils soient des comptables affirmés ne l’intéressait guère. Car il savait que celui qui répond correctement à de telles questions prouve qu’il n’a pas perdu son temps sur les bancs d’école et qu’il s’est développé, tout enfant, en gardant des pensées mobiles. C’est cela qui importe.

C’est de la sorte qu’il faut envisager la vie pratique. Malheureusement, ces temps derniers, on a pris exactement la direction contraire et on est tombé, de plus en plus dans les spécialisations, si bien qu’on en vient à désespérer de trouver des personnes vraiment pratiques pour accomplir une besogne quelconque, lorsqu’elle sort des limites étroites dans lesquelles ces personnes se sont volontairement enfermées. La mobilité des pensées, voilà ce qu’il faudrait développer. Alors, les pensées ne durciraient plus et Ahriman serait mis en échec. Mais vous pouvez constater vous-même, dans la vie, combien il y a peu d’hommes possédant d’aussi bons préceptes pratiques qu’Edison. – Ce qui importe avant tout, c’est de travailler à rendre imagés nos propres concepts ; celui qui s’adonne sérieusement à cette élaboration de concepts imagés ne peut plus dire qu’il ne comprend pas la science spirituelle. Car l’impulsion que tout être humain peut se donner pour passer des concepts abstraits aux concepts imagés lui procure aussitôt la faculté de comprendre des choses telles que, par exemple : la Terre s’est développée à partir de la Lune, du Soleil et de Saturne. – En outre, dans une vie intérieure devenue imagée, voire imaginative, des sensations s’éveillent et se mêlent aux représentations. C’est l’homme total, dans la plénitude de son être, qui se réalise de la sorte.

Récemment, on a annoncé ici qu’un critique de l’anthroposophie avait dit que l’anthroposophie n’est pas une science, parce qu’elle puise ses résultats dans l’homme total. Une vraie science, par contre, n’a le droit de les puiser que dans l’intellect. – Ainsi, vous le voyez, on commence par définir ce qu’est une science et o précise qu’elle n’a pas le droit de puiser dans l’homme total ; puis on ajoute qu’une science est fausse lorsqu’elle puise dans la totalité de l’être humain. – De cette façon on peut évidemment formuler définitions sur définitions. Or, ce qui compte, c’est que nous voulons revenir de la culture " tête" à une culture de l’ "homme total ". C’est en réalité une science faussée qui a pu aboutir à un contenu purement cérébral pour ensuite se répandre dans toute la vie pratique. Car la fausse croyance, selon laquelle nous jugeons, déduisons et concluons avec notre tête, conduit forcément à une culture cérébrale. En réalité nous jugeons avec nos jambes et nous concluons avec nos bras. Quand on sait cela, quand on comprend que l’homme tout entier est indispensable à la formation d’un jugement et d’une conclusion, - alors , on ne se hérisse plus devant cette proposition : la vérité authentique doit être issue de la plénitude de l’homme complet. – C’est ce que j’ai voulu vous faire comprendre aujourd’hui.
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Re: Les trois aspects de la vie de l’âme : hallucinations, fantaisie, imagination.

Message par obsidienne le Lun 15 Mai - 11:26

En résumé : Par notre être spirituel, nous sommes relativement indépendants de notre milieu :

- par notre être animique, nous sommes insérés dans le rythme de l'univers ;
- par notre être physique, nous sommes complètement plongés dans notre monde environnant comme si nous n'étions ni âme, ni esprit. Nous devons retenir clairement ces distinctions. Car nous n'arriverons pas à comprendre l'être supérieur de l'homme si nous ne tenons pas compte de sa triple position à l'égard du monde environnant.
Dans ce monde environnant nous trouvons tout d'abord ce qui et régi par les lois naturelles enserrant étroitement l'ensemble du monde visible ou perceptible par les sens. Tel est le premier des "milieux" dans lesquels vit l'être humain.

1 - Réseau des lois au sein de l'existence terrestre :
1) Le monde minéral - 2) L'homme mobile extérieurement

2 - Réseau des lois au sein de l'existence cosmique :
1) Le monde végétal - 2) Les mouvements internes chez l'homme

3- Réseau des lois au sein de l'âme du monde
1) Le monde animal 2) Les processus rythmiques

4 - Réseau des lois au sein de l'esprit du monde
1) L'homme 2) Les processus neuro-sensoriels.

L'homme se présente donc sous deux aspects.
Nous considérons ce tableau comme un synoptique de ce que nous avons dit ces dernières semaines, comme une image des rapports de l'homme avec son monde environnant, mais d'un environnement pars uniquement spatial. Les catégories I et II, seules concernent le monde spatial. Dans les catégories III et IV, il ne s'agit que d'un monde non spatial. Il est particulièrement difficile à l'homme actuel de se représenter qu'une chose puisse exister en dehors de l'espace et que c'est un non-sens que de parler d'espace même lorsqu'il est question de réalités. Sans cette notion on ne saurait accéder à aucune science spirituelle. celui qui veut rester dans l'espace ne peut pas s'élever jusqu'aux entités spirituelles.
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Re: Les trois aspects de la vie de l’âme : hallucinations, fantaisie, imagination.

Message par solasido le Mar 16 Mai - 21:01


Bonjour Obsidienne et à tous

Données à entendre et partition des écrits













Hallucination
Fantaisie
Imagination




Amour
Mystère
Energie







Bien à toi, à chacun et à tous


Merci beaucoup

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