Le mystère de la sexualité et l’avenir de l’humanité

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Le mystère de la sexualité et l’avenir de l’humanité

Message par obsidienne le Lun 24 Avr - 20:36

Extraits du livre de Athys Floride « Le mystère de la sexualité et l’avenir de l’humanité » Editions  Novalis.

Quand, comment et pourquoi l’individualité spirituelle de Novalis-Elie s’est-elle liée au courant du Mal ?

Pour trouver la réponse à ces questions nous devons tout d’abord tourner notre regard ver un lointain passé.

Les Dieux, dans leur infinie sagesse, ont voulu que l’humanité se trouve confrontée dans son évolution à des forces d’opposition, afin d’atteindre le but de cette évolution, la liberté et l’amour. Au paradis, Yahvé offrit à Adam un espace intérieur de liberté. En effet, il place l’homme primordial devant un ordre négatif : « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras, pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu en mourras ».

Quelle situation crée un ordre négatif ?

Il crée un espace dans lequel se trouve la liberté, car il confère la possibilité de la désobéissance. C’est ce que voulait Dieu. En effet, dans le cas contraire, il eût créé une situation où Adam n’aurait à aucun moment pu goûter du fruit défendu.

L’évolution se  poursuivit avec la création d’un être féminin, Eve, que Yahvé fit sortir du corps d’Adam. Alors Yahvé, suivant son idée, fit pénétrer la force de Lucifer dans l’homme primordial pour introduire en lui le germe de la liberté en lui permettant ainsi la désobéissance. Mais en même temps se présenta un danger pour l’homme. Lucifer voulut utiliser cette nouvelle situation en plaçant au centre de l’âme humaine le merveilleux rayonnement de son être. Par là, il amenait l’homme originel à une constante fascination de sa puissante lumière. Pour éviter ce danger, le monde spirituel a expulsé l’homme du paradis, afin qu’alors le regarde modifié (« tes yeux seront désormais ouverts ») ne perçoive plus l’intimité de l’âme, mais se tourne au contraire vers l’extérieur. C’est pourquoi une tâche fut confiée à Ahriman : former le monde spirituel en un monde physique perceptible. Ainsi fut créée pour l’homme une compensation au danger amené par Lucifer.

Mais, en conséquence un deuxième danger provenant d’Ahriman se présenta pour lui, à savoir se tourner complètement vers l’extérieur et perdre alors son intériorité. De ce fait, la nécessité de trouver un équilibre apparut comme une tâche pour l’évolution humaine : d’un côté, tenir un en échec le danger Luciférien grâce à la relation consciente avec la réalité du monde devenu physique ; et de l’autre, vaincre le danger présenté par Ahriman de se perdre dans le monde extérieur, en intensifiant l’activité intérieure.

Pour accomplir cette tâche, l’homme dispose d’une force lui permettant de maîtriser aussi bien la relation avec le monde extérieur que celle de son intimité profonde. Elle s’exprime entre autres dans le besoin qu’a l’homme de « jouer », « jouer » dans le sens de Friedrich Schiller : « C’est lorsqu’il est complètement homme que l’homme joue, et il n’est complètement homme que lorsque il joue. »

La force qui réside derrière ce besoin se trouve dans le Je et vient de la force du Christ. Etre solaire, Il est la source de la lumière intérieure et extérieure. La tentation de Lucifer est équilibrée par le Mystère du golgotha, par lequel l’esprit solaire a connu la mort et la résurrection. A partir de cet acte divin, l’homme se trouve placé dans un espace de liberté et confronté à un combat intérieur : il lui faut découvrir en lui la racine du mal pour être alors conduit par le Christ.

« Le Mal, le Nuisible
Demeurent des énigmes
Tant que les sens tout seuls
Se contentent de former
Une image du monde.
L’énigme se résout
Dès que l’esprit cherche
Aux profondeurs cachées de l’existence
La source du Mal et des maux. »

Dans ce combat que l’homme doit mener, il ne reste pas seul. Le monde des Dieux a désigné un être qui se tient à côté de l’homme et développe une force pour l’assister. Cet être est représenté par une image, celle de Michael qui vainc le dragon. Michaël est un être solaire, qui ouvre à l’homme la voie vers le Christ.

Dans les différentes civilisations et les différentes cultures, il est toujours présenté comme un être supérieur qui surmonte un élément inférieur. Ainsi trouve-t-on en Inde la forme d’INDRA, en Perse, celle de MITHRA de même qu’en Mésopotamie, la figure de MARDUK, en Grèce, le dieu APOLLON. Mais il existe encore un autre aspect de ce combat que nous voudrions développer dans ce chapitre. Nous avons vu qu’à côté du dragon se tient une entité qui, par un sacrifice librement consenti, a choisi d’accompagner le mal sans être elle-même mauvaise. « Cet être qui a choisi par sacrifice le chemin d’en bas est « celui qui prépare le chemin » du Christ dans sa descente progressive vers la vie terrestre.

Or nous savons, à travers les Evangiles que l’ »annonciateur », celui qui préparait le chemin du Christ était Jean-Baptiste. D’autre part, la tradition juive connaissait le mystère du retour d’Elie, comme précurseur du Messie ; ce qui revient à dire qu’en Jean-Baptiste vivait l’individualité d’Elie. La suite du passage cité plus haut le confirme :

« Il est l’ange que le Christ a envoyé devant lui, qui porte plus tard le nom de Elie. L’archange qui adombre cet ange est Michaël. (…) Ainsi il y a deux courants de Michaël, l’un qui est directement lié à Michaël lui-même, l’esprit du Soleil, et l’autre, guidé par Elie. Ils se comportent l’un vis-à-vis de l’autre comme un courant solaire et un courant lunaire, mais ils sont cependant tous deux des courants de Michaël. »

De même que Jean-Baptiste se désigne comme « témoin », ainsi ces compagnons de Michaël sont les témoins de ce qui se passe dans le royaume du mal. Pour cela, ils doivent développer une double conscience : l’une gardant en elle l’élément solaire, la fidélité à Michaël, et l’autre qui perçoit le mal en elle, qui s’en occupe et l’accompagne, qui l’observe de près. Etc… p 29


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Re: Le mystère de la sexualité et l’avenir de l’humanité

Message par obsidienne le Lun 24 Avr - 20:43

Les forces de reproduction ou forces sexuelles sont-elles liées au Mal ?

Ce que nous avons précédemment exposé au sujet de Pinhas (Petit neveu de Moïse, le fils d’Eléazar, fils d’Aaron dont les traditions juives connaissaient le mystère de la réincarnation de Pinhas en Elie) et d’Elie nous amène nécessairement à nous poser la question suivante :

Les forces de reproduction ou forces sexuelles ont-elles un quelconque rapport avec le mal ?

En effet, le combat de Pinhas ou encore d’Elie était une lutte, une confrontation avec des êtres qui pratiquaient la religion de Baal, basée sur des cultes sexuels.

Cette question est incontournable, puisque les indications de Rudolf Steiner citées plus haut, qui nous ont été retransmises par Ita wegman, nous montrent qu’Elie, par son sacrifice, occupe une place particulière par rapport au mal : « en accompagnant le mal sans être lui-même mauvais ». Du fait que ces considérations au sujet de la mission de Novalis concernent l’amour physique et sa transformation, ces éclaircissements sont nécessaires.

Un premier pas pour résoudre ce problème, c’est de considérer les tâches qui ont été dévolues à ces forces.

La description de l’Ancien Testament nous apprend qu’Adam et Eve ont accompli le péché originel en succombant à la tentation de Lucifer de goûter la pomme. En conséquence, ils durent supporter le poids des trois malédictions de Yahvé :

Travailler à la suer de leur front,
Enfanter dans la douleur,
La mort.

On pourrait en quelque sorte nommer ces trois malédictions les lois d’airain de l’incarnation. « Enfanter dans la douleur » nécessite qu’il y ait une relation physique, l’acte de la fécondation. Celui-ci est décrit comme le péché originel : des entités adverses, opposées aux actions bonnes, sont intervenues, si bien que l’homme s’est lié à la matière, s’est incarné, c’est-à-dire est devenu chair. Par là, il a perdu sa relation à la matière s’intensifia toujours plus et les puissances guides de l’humanité décidèrent d’envoyer l’Esprit solaire pour qu’il s’incarne dans la chair (« Et le verbe s’est fait chair… », Prologue de l’Evangile de Jean).

L’incarnation dans la chair a amené dans l’évolution de l’humanité les facteurs suivants :

1) La perte de la relation de l’homme avec son origine divine ;
2) Un rapport plus profond avec les forces terrestres, si bien que le démon de la Terre pouvait exercer une influence plus forte sur les êtres humains.

« Ce qui est arrivé plus tard est dû au fait que l’homme a laissé s’éveiller en lui un penchant trop profond, un désir trop intense de la matérialité terrestre. Pour cette raison, il a perdu son lien avec le Soleil et le cosmos, et il n’a pu réaliser son existence sur terre que sous la forme du courant héréditaire. Voilà comment le démon de la Terre a, pour ainsi dire, commencé son travail car avec les hommes nés du Soleil, ce démon n’aurait pas pu s’occuper du terrestre. »

A l’origine, les forces de reproduction étaient de nobles forces divines, comme Rudolf Steiner le décrit dans la « Chronique de l’Akasha » :

« On peut aussi dire que ces forces spirituelles nobles, qui auparavant se servaient du brouillard de feu pour agir sur les instincts encore supérieurs de l’homme, sont maintenant descendues pour exercer leur pouvoir au plan de la procréation. Ce sont effectivement de nobles forces divines qui agissent dans ce domaine pour l’organiser et le réguler. »

Aussi longtemps que ces forces ont servi à la reproduction, c’est-à-dire ont permis d’engendrer des enfants afin de perpétuer l’évolution de l’humanité, elles sont restées dans le champ de leur mission et ont manifesté leur côté positif. Or dès lors que leur activité n’est pas restée limitée à leur fonction originelle, comme nous l’avons mentionné plus haut, mais que l’acte physique est devenu indépendant de la procréation, la question du mal est apparue en lien avec ces forces.

« Nous touchons là à une connaissance importante de l’occultisme qui dit que les forces divines, ces forces supérieures et nobles, ont une affinité avec celles apparemment inférieurs de la nature humaine. Ici, le mort « apparemment » est à prendre en son sens le plus large. En effet, ce serait totalement méconnaître les vérités occultes que de voir dans les forces de reproduction en tant que telles quelque chose de bas. C’est à ses instincts et ses passions qu’il y a quelque  chose de nuisible en ces forces, mais pas quand il les ennoblit du fait qu’il perçoit en elles la force reste et exécutera par ses forces de reproduction les intentions des entités supérieures que nous avons caractérisées. Ennoblir tout ce qui touche à ce domaine, le placer dans le cadre des lois divines, et non pas l’anéantir, voilà ce qu’enseigne la science de l’occulte. L’anéantissement ne peut être que le résultat d’une interprétation superficielle des principes occultes ramenés par erreur à un ascétisme contre nature. »

L’usage normal de ces forces dans le but d’engendrer des enfants va dans le sens de l’évolution.

Qu’advient-il cependant de ces forces lorsqu’elles sont libérées de leur objectif ?

Comment faire pour qu’elles ne deviennent pas mauvaises, en se mettant au service de l’égoïsme, des passions et des instincts, ou bien même en les anéantissant ?

C’est le but de ces considérations que de chercher à montrer qu’il existe un chemin pour transformer ce domaine, pour ennoblir et élever à nouveau ces forces divines qui ont chuté.

Le processus de cette transformation de l’acte d’amour conduit les deux partenaires, en traversant les constituants de l’être humain, à une interpénétration mutuelle de ces constituants. Ceci sera traité dans le chapitre suivant en prenant appui sur la science de l’esprit.

Le corps physique et l’amour

La mission de la Terre implique que l’homme reçoive en vue de son développement un corps physique densifié. Celui-ci constitue le quatrième élément de son entité. En même temps, l’homme a pour tâche de développer l’amour humain. L’amour est en effet le but de l’évolution terrestre :

« Notre planète est donc la planète de l’amour, et c’est pourquoi, pourrait-on dire, l’équilibre entre les trois forces agissant de façon concourante (penser, sentir, vouloir) est, par son résultat, un effet de l’amour : les effets de l’amour devront se mêler à la trame de l’évolution tout entière au cours des incarnations planétaires futures, grâce justement à la mission terrestre. Par là-même, ce qui était triple deviendra quadruple ; le quatrième élément commence à son niveau inférieur, pour ainsi dire sous la forme la plus basse de l’amour ; il sera purifié, épuré au point qu’il apparaisse, à la fin de l’évolution terrestre tout entière, comme étant l’élément tout aussi justifié que les trois autres. »

Le germe du corps physique a été déposé sur l’ancien Saturne. C’était à l’époque un corps purement spirituel. En traversant les étapes solaire et lunaire de l’évolution, il a reçu la forme que nous lui connaissons sur la Terre, c’est-à-dire une forme perceptible à travers les douze sens.

La relation entre l’homme et la femme que nous voulons avant tout aborder ici – l’acte d’amour physique – présuppose certains éclaircissements concernant les fondements de la nature humaine en rapport avec cet acte. Cela implique que nous nous fassions une idée claire de la nature du corps physique terrestre. Celui-ci donne à l’esprit humain la possibilité de s’incarner et d’agir dans le monde physique. Partant de cette réalité, les propos de Novalis issus de ses Fragments nous indiquent l’attitude intérieure à adopter afin d’appréhender la vérité de ce corps. Il dit notamment :

« Il n’y a qu’un temple dans le monde, et c’est le corps humain. Rien n’est plus sacré que cette forme supérieure. S’incliner devant l’homme est un hommage rendu à cette révélation dans la chair. (Divine vénération du lingam, du sein – des statues.) On touche le ciel, quand on pose la main sur un corps humain. »

Un temple est un lieu où le divin trouve un espace pour que l’homme puisse le rencontrer. Dans cette perspective décrite par le poète, la rencontre humaine prend une signification tout autre que selon le seul point de vue physique et matériel.

La rencontre entre deux êtres humains, y compris l’acte d’amour, prennent tout leur sens lorsqu’ils donnent naissance à des sentiments profonds à travers lesquels se révèle la vérité de l’homme. Dans la connaissance initiatique, Rudolf Steiner développe encore plus clairement ce que Novalis décrit de manière concise. Ainsi dans la 10e conférence, il expose comment les hommes, dans les temps anciens, ressentaient qu’ils avaient reçu des Dieux un temple –leur corps physique :

«  (…) et partout dans leurs propres édifices, ils ont imité les lois du corps physique et du corps éthérique. (…) Aujourd’hui, l’homme ne se doute plus de rien, c’est pourquoi il se trompe quand il appelle son corps physique son corps, alors que ce corps physique est, dans la création la propriété des dieux. Et quand l’homme dit aujourd’hui : « mon corps », quand il croit que les phénomènes dont un corps sain est le siège sont sa propriété, il traduit l’immense orgueil qui règne dans la civilisation actuelle, orgueil certes inconscient, mais terrible. Cet orgueil montre à nouveau que, lorsque les hommes disent « votre corps, mon corps », ils revendiquent en fait la propriété des dieux, ils ont déjà incarné cet orgueil dans leur langage. »

Nous avons cité le fragment de Novalis où il considère le corps humain comme un Temple. Dans un autre de ses écrits, il fait un pas de plus. Il s’exprime au sujet de l’amour, des expériences et de l’ambiance qui peuvent voir le jour à travers la rencontre intime de l’homme et de la femme. En tant que poète, il choisit la poésie comme forme d’expression artistique pour communiquer le caractère intense d’un tel moment.

Il s’agit du poème appelé Hymne », extrait des Cantiques spirituels. Comme l’œuvre d’art laisse libre, ce poème est souvent interprété comme une imagination purement spirituelle, une expérience mystique rappelant la Cène :

« Ils sont rares, ceux qui connaissent
Le mystère de l’amour,
Ceux qui ressentent la faim insatiable
Et la soir éternelle.
Le sens divin de la Cène
Est une énigme à no sens mortels.
Mais celui qui n’a jamais bu
Sur des lèvres chaudes et aimées
L’haleine de la vie,
Celui dont le cœur s’est senti fondre
En ondes frémissantes à ce divin brasier,
Celui dont les yeux enfin ouverts
Ont mesuré les insondables
Profondeurs du ciel,
Celui-là mange la chair du Seigneur
Et boit son sang
A jamais.
Qui donc a deviné le sens sublime
Du corps terrestre ?
Qui peut dire
Qu’il comprend ce qu’est le sang ?
Un jour tout sera corps,
Un seul corps,
Un couple unique et bienheureux
Dans ce sang céleste nagera.
Oh ! pourquoi l’océan ne peut-il
Déjà teindre de pourpre,
Et en chair capiteuse
Foisonner les rocs !
Le doux festin serait sans fin :
L’amour ignore la satiété,
Jais il ne trouve assez intime, assez exclusive
La possession de l’être aimé.
Les lèvres en un baiser de plus en plus subtil
Transforment leur nourriture
De plus en plus proche.
Une volupté plus chaude
Fait frissonner l’âme,
Le cœur éprouve
Une soif, une faim croissantes
Et la jouissance de l’amour se prolonge
D’éternité en éternité.
Ceux qui s’abstiennent,
S’ils en avaient goûté, ne fût-ce qu’une fois,
Quitteraient tout
Pour venir prendre place
A la table toujours servie
Des saintes ferveurs,
Ils connaîtraient de l’amour
La plénitude infinie
Et célébreraient cette nourriture
De chair et de sang. »

Il n’est pas faux de considérer cet Hymne comme une expérience mystique. Cependant le spirituel dont parle Novalis est également une réalité qui, lorsqu’on l’examine attentivement, nous laisse percevoir son rapport avec le plan physique, et inversement.

C’est dans ce sens que Rudolf Steiner évoque l’idéalisme magique de Novalis, grâce auquel « l’élément matériel le plus insignifiant » apparaît enveloppé d’un éclat poétique spirituel.

Ce poème ne trace-t-il pas un chemin qui peut conduire au spirituel en passant à travers le physique ?

Ne nous indique-t-il pas une tâche qui consiste à élever les forces de l’amour physique par la présence du Christ dans l’acte d’union physique ?

L’amour est en effet une force si hautement céleste qu’il est capable de transformer tout ce qui est physique. Le corps est un Temple qui peut permettre à la Cène, ce repas vécu dans une atmosphère sacrée, de se reproduire. Citons à ce sujet les passages suivants issus des Fragments de Novalis :

« Un homme peut tout ennoblir (rendre digne de lui-même) par le fait qu’il le veut. »

Dans un autre contexte des Fragments, Novalis exprime tout à fait clairement comment il considère les composants physiques de l’amour :

« La vie des plantes, par rapport à celle des animaux, est un acte perpétuel de recevoir et d’engendrer : alors que celle des animaux, en comparaison, est un perpétuel repas et une fertilisation continue. De même que la femme est l’aliment visible le plus élevé, qui assure la transition du corps à l’âme – de même aussi les parties sexuelles  sont les organes extérieurs les plus élevés, qui assurent la transition des organes visibles aux organes invisibles. »

Et lorsque Novalis veut aborder très concrètement l’élément physique dans l’amour, il décrit avec une grande précision le processus qui se joue entre le corps et l’âme :

« Le regard – (la parole) les mains qui se touchent – le baiser –les poitrines qui se touchent –les parties sexuelles qu’on saisit – l’acte de l’étreinte : se sont les degrés de l’échelle sur laquelle l’âme descend – à cette échelle est opposée une autre sur laquelle le corps s’élève jusqu’à l’étreinte. On se hume – on se flaire – l’acte préparation de l’âme et du corps à l’éveil de l’instinct sexuel.
Dans l’acte, l’âme et le corps se touchent. Contact chimique ou galvanique – ou électrique – ou de feu. L’âme mange le corps (et le digère ?) instantanément – le corps reçoit l’âme (et l’engendre ?) instantanément. »

On peut à ce stade se poser la question de la jouissance. Rudolf Steiner aussi bien que Novalis se sont exprimés clairement à ce sujet.

Dans l’un de ses livres de base « Comment parvient-on à des connaissances des mondes supérieurs ?,

Rudolf Steiner nous rend attentifs au comportement à adopter vis-à-vis de la jouissance. Il est important de rappeler au préalable un des principes du développement spirituel qui dit : Un pas que l’on fait dans la connaissance demande trois pas dans l’accomplissement de son caractère vers le bien. Il faut souligner ici que dans le domaine de l’amour physique, les plus grands dangers guettent l’homme.

Après avoir indiqué que l’élève spirituel doit se créer des moments de calme concentration, dans lesquels il laisse résonner, dans la paix de l’âme, l’écho de ce qu’il a vécu, de ce que le monde extérieur lui a communiqué, Rudolf Steiner ajoute :

« Chaque fleur, chaque animal, chaque acte lui révélera, dans le calme de tels instants, des secrets insoupçonnés. Et par là il est préparé à voir de nouvelles impressions du monde extérieur avec des yeux tout autres qu’auparavant. »

Il est clairement exprimé ensuite qu’il ne s’agit nullement

« de jouir d’une impression après l’autre. » Si c’était le cas, la faculté de connaissance s’en trouverait émoussée : « Celui qui, après la jouissance, fait en sorte que la jouissance lui révèle quelque chose préserve et éduque sa faculté de connaissance. »

Ce processus comporte cependant un danger si, en laissant résonner l’écho de la jouissance, on se met à revivre la jouissance. Un processus sain doit se dérouler de telle sorte qu’ »en renonçant à prolonger la jouissance », on s’habitue « à élaborer par une activité intérieure la jouissance ressentie. »

Cela fonde la nécessité d’encadrer l’acte par des entretiens avant et après la rencontre, ainsi que nous le développerons plus loin. Ces trois moments (le dialogue avant, l’acte, le dialogue après) constituent les étapes d’un chemin spirituel qui mène à une connaissance profonde de l’autre, du partenaire, à une connaissance de l’autre sexe. Il faut cependant, lors de ces conversations, faire preuve d’une grande vigilance :

«  C’est là un très grand écueil, source de danger. Au lieu d’accomplir un travail intérieur, on peu facilement tomber dans l’attitude inverse et vouloir après coup uniquement goûter jusqu’au bout pleinement à la jouissance. »

Les élèves en chemin spirituel doivent conduire leur âme à travers une légion de tentateurs. Ces tentateurs également appelés forces d’oppositions, veulent durcir le « moi » de l’homme.

« Lui (l’élève spirituel), cependant, doit l’(son moi) ouvrir au monde. Il faut en effet qu’il recherche la jouissance ; car c’est par elle seulement (souligné par A.F.) que le monde extérieur vient à lui. S’il se rend insensible à la jouissance, il devient tel une plante qui ne parvient plus à puiser dans son environnement de substances nutritives. »

Et Novalis dit :

« qui donc a deviné le sens sublime
Du corps terrestre ? (…)
(…) Une volupté plus chaude
Fait frissonner l’âme (…),
(…) Et la jouissance de l’amour se prolonge
D’éternité en éternité.
Ceux qui s’abstiennent,
S’ils en avaient goûté, ne fût ce qu’une fois,
Quitteraient tout
Pour prendre place
A la table toujours servie
Des saintes ferveurs (…) »

La plante qui ne puise plus sa vie à partir du sol terrestre se dessèche et perd ses couleurs rayonnantes. Ainsi en est-il de l’homme, comme l’exprime Novalis :

« La pure jouissance est aussi un perpetuum mobile. (…) La jouissance nait et se reproduit toujours et toujours encore d’elle-même, et quand il arrive que cela ne se fasse pas – quand il y a friction – la est la cause et le fondement de tout mécontentement et de tout découragement en ce monde. »

Il s’agit, à travers ces considérations, de saisir une activité humaine dans toute sa dimension et de la placer dans l’évolution de l’humanité et du monde. La citation de Novalis concernant le chemin de l’âme au corps et, inversement, du corps à l’âme peut être complétée dans le sens de l’anthroposophie de la manière suivante, en se basant sur la constitution très complexe de l’être humain….

Suite page 58...

… Extraits du livre de Athys Floride « Le mystère de la sexualité et l’avenir de l’humanité » Editions  Novalis.
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