L’être humain psychocorporel dans le royaume du temps ; psycho-spirituel dans le royaume de la durée de vie (penser-sentir-vouloir). L’être humain entre Ahriman et Lucifer. Les mouvements. La loi de vibration.

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L’être humain psychocorporel dans le royaume du temps ; psycho-spirituel dans le royaume de la durée de vie (penser-sentir-vouloir). L’être humain entre Ahriman et Lucifer. Les mouvements. La loi de vibration.

Message par obsidienne le Dim 26 Fév - 20:37

Extrait du livre de Rudolf Steiner : La polarité entre l’Eternel et l’Ephémère dans l’être humain.

Huitième Conférence. Dornach, 21 septembre 1918 : La vie temporelle de l’être humain psychocorporel, l’expérience spatiale de l’être humain psycho-spirituel dans le royaume de la durée. L’être humain entre Ahriman et Lucifer. Mouvement accéléré et mouvement retardataire de la vie. La loi des vibrations. L’édifice de Dornach et le mystère de l’équilibre.


Dans les conférences de la semaine dernière, je vous ai montré comment on doit essayer, avec l’aide de la science de l’initiation, de pénétrer jusqu’à la réalité véritable, dépassant la réalité apparente qui en fait nous entoure constamment. Et j’ai attiré votre attention sur le fait que rechercher – comme la plupart des hommes – une théorie universelle intellectuelle et unitaire nous éloigne précisément de cette réalité véritable, nous conduit vers une réalité illusoire, et qu’il faudrait plutôt essayer de distinguer deux courants au sein de la réalité, particulièrement pour ce qui touche la connaissance de l’être humain, pour recréer ensuite un lien vivant entre ce que l’on peut savoir de chacun de ces courants.

Récapitulons encore une fois brièvement ce que nous avons dit de ces deux courants, quand à la connaissance de l’être humain, et essayons ensuite d’y fonder les principes d’une observation correcte de la réalité. Je vous disais que la vie humaine ne peut concevoir avant la deuxième moitié de sa vie ce qu’il a vécu dans la première au niveau de la pensée, de l’âme en général – et je disais qu’en ne regardant que le courant dont nous avons à parler durant les sept premières années, un être raisonnable agit en nous, de la naissance au changement de dentition, un être raisonnable règne en nous, mais cette raison qui règne là, et ce que nous assimilons par apprentissage dès ces premières années de la vie, nous ne le concevons pas encore par nos propres, forces humaines.

Si l’homme ne pouvait compter que sur lui-même en tant qu’être humain terrestre, il ne pourrait comprendre un âge très avancé, à la fin de la cinquantaine et au début de la soixantaine, ce qu’il a pensé, senti et voulu dans son enfance, avant le changement de dentition. On n’acquiert donc la maturité nécessaire à la connaissance de soi relative à l’enfance intérieure qu’à un âge très avancé. Les forces capables en l’homme de saisir ce que l’on vit intérieurement sur le mode de la raison dans le premier âge de l’enfance ne naissent qu’à cette période bien tardive de la vie.

Puis nous avons une deuxième période de vie qui va du changement de dentition à la puberté. Pensez à tout ce que nous vivons dans le domaine des représentations, du sentiment, du vouloir, jusqu’à la puberté – nous avons présenté cela dans le petit libre : « l’éducation de l’enfant à la lumière de la science spirituelle » – Avec ses propres forces humaines, les forces humaines terrestres, l’homme ne pourrait concevoir ce qu’il vit là qu’à la fin de la quarantaine, au début de la cinquantaine.

Et ce que nous vivons de la puberté jusqu’à vingt ans, nous ne le comprendrions avec nos propres forces humaines que dans les dernières années de la trentaine, au début de la quarantaine. Toutes les pensées que nous élaborons, les idéaux que nous formons, ainsi que leur portée, leur valeur pour la vie, nous ne les saisirions, si nous ne disposions que de nos propres forces humaines, qu’à la trentaine. Seules les expériences faites entre 28 et 35 ans forment un tout cohérent que nous pouvons à peu près le comprendre. Cette phrase médiane de la vie humaine est dans un certain équilibre, nous pouvons y déployer des pensées tout en les saisissant ; aux autres âges de la vie, ce n’est pas le cas.
Vous parviendrez au concept d’évolution humaine au cours d’une vie si vous pensez à tous les aspects de ce que nous avons ainsi présenté ; vous obtiendrez une représentation de la manière dont l’homme terrestre se développe dans le temps. La connaissance de soi, dans la mesure où nous sommes liés au temps, ne serait en fait possible que de cette façon : toujours attendre d’avoir atteint un certain âge avant de pouvoir saisir ce que nous avons pensé à un âge antérieur. La vie humaine est un tout. Si nous n’étions que des hommes terrestres vivant dans le temps, nous ne saurions absolument rien de pertinent au sujet de nos personnalités si, parvenus à la vieillesse, nous ne jetions pas un regard rétrospectif sur ce qui s’est développé en nous pendant notre jeunesse.

Voilà l’un des aspects de l’être humain, l’un des courants qui traversent la vie humaine. Par rapport à ce courant, l’être humain est totalement soumis au temps, et il ne peut rien faire d’autre qu’attendre la maturité. Mais j’ai déjà attiré votre attention sur le point que la vie humaine ne ressemble pas à celle que nous parcourons dans la maya ; cet aspect qu’elle présente dans la maya provient du fait que nous la regardons sous l’angle de son déroulement dans le temps.

Mais la véritable réalité, ce sont les lois qui régissent le cours temporel de la vie. Car avec les expériences que nous pouvons faire couramment entre la naissance et la mort, je vous l’ai dit, on peut tout au plus vivre, si l’on veut rester superficiel, mais on ne peut pas mourir. Car tout ce que l’on sait, tout ce que l’on apprend grâce à l’enseignement des autres, ce que l’on apprend de l’acquis historique, bref, ce que l’on apprend en tant qu’homme temporel autrement que par ce regard porté, à l’époque de la vieillesse, sur la jeunesse, cela disparait dans la mort, rien de ce premier courant ne passe par la porte de la mort.

Nous n’emportons par delà le seuil de la mort que ce que nous avons assimilé selon les rythmes que nous avons évoqués. Ne croyez pas que vous n’agissez pas du tout en respectant les correspondances dont je parle ! Celui d’entre vous qui a atteint un âge avancé regarde bel et bien dans son inconscient les périodes antérieures de sa vie. Même si c’est à un niveau infra conscient, ce que j’ai décrit se passe réellement. Et vous n’emporteriez rien de votre vie temporelle extérieure de l’autre côté de la porte de la mort si les choses ne se déroulaient pas ainsi. A l’âge du matérialisme, les hommes ne prêtent certes pas attention à cela ; mais les enseignements dispensés aux hommes à l’être du matérialisme ne peuvent franchir la porte de la mort. Pour le monde, seules ont une signification les prises de conscience, advenant sur le tard, de ce qui s’est déroulé à tous les niveaux de votre être durant votre jeunesse. C’est le premier courant.
Mais si le second courant peut s’introduire, c’est que l’homme n’est pas seulement de corps et d’âme. Sous cet aspect, son existence se déroule dans le temps, comme nous venons de le rappeler.

Mais l’homme est également porteur d’âme et d’esprit. Et cette qualité fait de lui un habitant non seulement du royaume du temps, comme nous l’avons expliqué, mais aussi du royaume de la durée.

Là, il est d’ailleurs à nouveau quelque chose de fort différent – nous l’avons montré – de ce qu’il croit être. Là, il ne subit aucune évolution, il reste le même être de la naissance à la mort. Mais son penser, son sentir et son vouloir sont de tout autres réalités que ce qu’il en perçoit lui-même.

Penser, et – en partie du moins – ressentir, cela signifie se transposer dans des régions cosmiques où des dieux s’affrontent, comme je vous l’ai exposé il y a huit jours ; quand au vouloir, et à une partie du ressentir, ils se traduisent aussi par des transpositions dans une autre région du cosmos, théâtre d’un combat entre les dieux. Réfléchir, vous ai-je dit, c’est se transporter dans une certaine région de la vie spirituelle et participer à certains combats opposant un type d’esprit à l’autre ; de même « vouloir » signifie participer à certains combats, même si dans l’un ou l’autre cas, ces combats ont atteint leur terme.
C’est une profonde vérité que vous trouvez présentée dans la « Porte de l’initiation » : au moment où se déroulent en nous des processus psycho-spirituels, se déclenchent des événements d’envergure cosmiques.

De même que l’homme, à l’époque du matérialisme, ne veut rien savoir de sa partie psychocorporelle qui progresse, il ne veut rien savoir non plus de cette autre partie psycho-spirituelle, qui appartient au royaume de la durée et qui a une tout autre apparence que son penser, son sentir et son vouloir dans la vie habituelle, et qui, quand on l’observe réellement, se meut sous forme de combats spirituels. Si paradoxal que cela puisse paraître aux hommes matérialistes, quand vous saisissez une pensée, c’est quelque chose de totalement différent de ce que vous voyez de cette activité dans la maya.

Supposons que vous saisissiez une pensée comme l’une de celles que nous avons évoquées hier : vous saisissez la pensée de l’espace – même si c’est avec le degré d’abstraction actuel – au moment où votre esprit s’emplit de la pensée de l’espace, vous vous trouvez avec votre âme dans une région spirituelle où Ahriman livre un combat violent contre les autres hiérarchies spirituelles. Et vous ne pourriez pas avoir cette pensée de l’espace sans vivre dans une région où Ahriman combat contre les autres hiérarchies. Et quand vous déployez votre vouloir en disant par exemple : « Je veux aller me promener ! », même dans le cas d’une décision anodine, dès que vous passez à l’acte, vous vous trouvez spirituellement dans une région où les esprits lucifériens combattent contre des esprits appartenant à d’autres hiérarchies.
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Re: L’être humain psychocorporel dans le royaume du temps ; psycho-spirituel dans le royaume de la durée de vie (penser-sentir-vouloir). L’être humain entre Ahriman et Lucifer. Les mouvements. La loi de vibration.

Message par obsidienne le Dim 26 Fév - 20:39

La vie universelle, observée du point de vue de la science initiatique, est quelque chose d’essentiellement différent de ce pâle reflet que nous percevons d’elle dans la maya durant notre vie humaine, entre la naissance et la mort. Car ce que nous percevons comme maya, ce n’est rien d’autre qu’une sorte d’ondulation à la surface de la mer. Je vous ai montré hier cette image : les vagues à la surface de la mer, c’est au fond quelque chose qui n’existerait pas sans la mer en dessous et l’air au-dessus. Les forces qui donnent naissance à cette ondulation sont à l’intérieur de la mer, elles sont dans l’air, et les ondulations des vagues ne sont que l’image de la rencontre des forces d’en haut avec celles d’en bas.

Ainsi notre vie dans la maya entre la naissance et la mort n’est-elle rien d’autre que la rencontre des remous provenant des combats spirituels qui se déroulent en vérité, quand nous pensons, sentons et voulons, dans le royaume de la durée, et cette évolution qui se déroule dans le temps, et qui nous fait saisir seulement dans la vieillesse les pensées que nous élaborons dans notre jeunesse. Notre vie est au fond un néant, si nous ne la considérons pas comme la confluence et la jonction de ces deux réalités véritables. Ces deux réalités véritables se trouvent derrière notre vie.

Mais il n’y a pas seulement derrière notre vie le cours temporel qui nous impose d’attendre longuement avant de comprendre ce que nous avons pensé auparavant, et les processus dans al durée, qui se déroulent avec constance durant toute notre vie entre la naissance et la mort : nous nous trouvons en outre dans cette réalité, et cette situation ne nous apparaît que sous son reflet. Nous ne percevons que le reflet des liens que nous entretenons avec le monde. Connaître la vérité, cela exige toujours que l’on s’emploie à ce travail de connaissance ; la vérité ne nous viendra pas dans notre passivité.

Reconnaître la vérité, signifie ce savoir placé dans les deux courants que j’ai évoqués : dans le royaume du temps et dans le royaume de la durée. Ainsi vivons-nous entre la mort, nous tenant dans ces deux royaumes avec une existence qui, au regard des forces véritables, n’a pas plus de signification que l’ondulation légère de l’eau face aux flots déchaînés ici bas et aux tempêtes dans les airs. Les forces et les puissances s’occupent de nous, quand nous passons notre vie de la sorte. Car il y a toujours des forces puissantes qui d’un côté s’emploient à nous arracher à la vie terrestre habituelle, telle qu’elle se déroule dans la maya ; mais il y a également d’autres forces qui font tous leurs efforts pour nous arracher au royaume de la durée.

D’un côté – retenons bien cela – nous avons le cours temporel de notre vie, où nous n’acquérons que tardivement la maturité nécessaire à la compréhension de ce qui se joue pour notre avenir. Il y a des forces et des puissances qui veulent limiter notre réalité aux êtres humains que nous sommes, qui voudraient nous donner une configuration telle que nous demeurions le jouet de ces phénomènes.

C’est-à-dire : certaines forces et puissances veulent un déroulement de notre vie dans la maya, sur terre, tel que nos diverses expériences enfantines, nous restent incompréhensibles, tel que nous menions pour ainsi dire une vie de sommeil jusqu’à notre vingt-huitième année, qu’ensuite nous commencions à comprendre immédiatement ce que nous vivons, puis nous commencions à saisir ce qui s’est passé plus tôt.

Il y a des forces et des puissances qui voudraient faire de nous un simple être humain temporel, un homme qui mène pendant la première moitié de sa vie une existence plus ou moins végétative, une vie de sommeil, et qui conçoive dans la seconde moitié de sa vie, lorsqu’il jette sur elle un regarde rétrospectif, ce qui s’est passé pendant ce sommeil.

Il y a des forces et des puissances qui voudraient faire de l’homme un rêveur, dans la première moitié de sa vie, et dans la seconde, un être qui se souvienne de ces rêves et parvienne, à ce moment seulement, à la conscience de soir. Pratiquement, si seules ces forces et ces puissances pouvaient agir sur nous, notre âme ne naîtrait qu’un peu après notre trentième anniversaire, ou, au mieux, quand nous atteindrions l’âge de vingt-huit ans. Auparavant, nous errerions sur terre comme des somnambules.

Si les choses se déroulaient selon le vouloir de ces êtres, nous serions arrachés à tout notre passé cosmique. Notre existence actuelle repose sur le fait que nous avons derrière nous, comme je l’ai présenté dans « la Science de l’occulte », un passé cosmique au cours duquel nous avons traversé les époques saturnienne, solaire et lunaire.

Pendant ce passage à travers les époques de Saturne, du Soleil et de la Lune, des êtres des hiérarchies supérieures – qui ont un intérêt particulier à ce que naissent des être humains dans le cosmos – des êtres qui sont les créateurs de l’humanité, nous ont développés et placés dans l’existence terrestre. Or, dans l’existence terrestre nous sommes, selon l’un des courants, les hommes que nous venons de décrire.

C’est là que sont les forces et les puissances qui voulaient ne faire de nous que des hommes terrestres. Si elles remportaient la victoire elles nous arracheraient à notre passé saturnien, solaire, lunaire. Elles nous conserveraient dans la vie terrestre, elles nous réduiraient à une dimension d’hommes purement terrestres. Ce sont les puissances ahrimaniennes. Ahriman vise à faire de nous des hommes uniquement temporels, il voudrait arracher à notre vie terrestre notre passé cosmique, il aspire à faire de la terre un être qui se suffit à lui-même et à nous rendre avec elle totalement tellurique, terrestre.

Il y a d’autres forces et puissances qui oeuvrent à des buts exactement inverses. Elles aspirent à nous arracher complètement à cette vie temporelle, à nous donner un penser, un ressentir, un vouloir instillés uniquement par la région de la durée. Ces êtres cherchent à nous inspirer, sans notre participation et depuis l’enfance, une certaine somme de pensée, de sentiments, de volitions et à les maintenir ensuite en nous durant toute notre vie. Si elles remportaient la victoire, toute notre vie temporelle se dessècherait. A terme – et ce serait très rapidement, cela serait même arrivé depuis longtemps, si ces êtres avaient vaincu, nous nous dépouillerions de notre corporéité physique, de notre être fait de chair et d’esprit, et nous deviendrions de purs esprits. Mais de ce fait nous ne remplirions pas notre tâche, dans la mesure où elle nous est dictée par l’existence terrestre. Nous serions attirés loin de l’existence terrestre. Pour ces êtres, la terre est trop mauvaise, ils haïssent la terre, ils n’aiment pas la terre. Ils voudraient soulever l’homme loin de la terre, ils ne voudraient lui donner qu’une existence dans le royaume de la durée ; ils voudraient qu’il écarte de lui tout ce qui se déroule dans le temps, comme je l’ai expliqué. Ce sont les entités lucifériennes.

Ces entités lucifériennes ont des buts qui sont tout d’abord opposés à ceux des entités ahrimaniennes. Les entités ahrimaniennes cherchent à arracher l’homme avec son existence terrestre à son passé cosmique, et à ne conserver que le terrestre. Les entités lucifériennes cherchent à rejeter la terre, à rejeter de l’être humain tout ce qui est terrestre, à le spiritualiser complètement de sorte qu’il ne reçoive plus aucune influence terrestre qui le traverserait et lui confèrerait des forces. Elles ne voudraient avoir en lui qu’un être cosmique, elles voudraient que la terre se détache du courant de l’évolution, qu’elle soit rejetée dans l’univers.

Alors qu’Ahriman veut que la terre s’autonomise, devienne aux yeux des hommes l’univers entier, les entités lucifériennes veulent que la terre soit rejetée par l’humanité, et que celle-ci soit élevée dans le royaume où se trouvent ces entités lucifériennes, où elles ont leur existence, dans le monde pur de la durée. Pour atteindre ce but, les entités lucifériennes tentent constamment à mécaniser l’intelligence que nous avons en tant qu’être humains, et elles tentent de réprimer en nous la volonté livre. Si l’intelligence était purement automatisée, si la volonté libre était opprimée, nous pourrions accomplir nos tâches grâce à une intelligence automatique, pas en fonction de notre vouloir, mais en suivant les impulsions données par un vouloir divin. Nous pourrions devenir de purs êtres cosmiques.

C’est ce que visent les esprits lucifériens. Ils aspirent à faire de nous d’une certaine manière de purs esprits, qui n’ont pas d’intelligence propre mais seulement une intelligence cosmique, qui n’ont pas de volonté libre personnelle, mais dans lesquels toutes les pensées et tous les actes se déroulent automatiquement, comme c’est le cas pour la hiérarchie des Anges et pur une large part, mais de façon différente pour la hiérarchie des entités lucifériennes. Les entités lucifériennes veulent faire de nous de purs esprits ; elles veulent rejeter l’impact terrestre. Elles veulent à cette fin nous doter d’une intelligence échappant à toute influence d’un quelconque cerveau et dans laquelle ne vit aucune volonté libre.
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Re: L’être humain psychocorporel dans le royaume du temps ; psycho-spirituel dans le royaume de la durée de vie (penser-sentir-vouloir). L’être humain entre Ahriman et Lucifer. Les mouvements. La loi de vibration.

Message par obsidienne le Dim 26 Fév - 20:43

Les êtres qui s’assemblent autour d’Ahriman, les entités ahrimaniennes, veulent au contraire cultiver tout particulièrement l’intellect humain précisément, pour le faire tomber dans une dépendance de plus en plus grande de toute existence terrestre ; et ils veulent cultiver tout particulièrement la volonté humaine, la volonté personnelle : donc justement tout ce que veulent écraser les entités lucifériennes. Les entités ahrimaniennes, disons plutôt les esprits qui sont au service d’Ahriman, veulent porter ce vouloir personnel à sa plein puissance. Il est très important de bien noter cela. L’homme parviendrait ainsi à une sorte d’autosatisfaction. Il serait certes un rêveur dans sa jeunesse, puis il deviendrait un homme très intelligent à l’âge mûr et comprendrait maintes choses par expérience personnelle ; mais il ne lui serait rien révélé des mondes spirituels. Ne nous aveuglons pas : toute la sagesse dont nous disposons dans notre jeunesse a sa source uniquement par révélation, l’expérience personnelle n’apparaît qu’à l’âge mûr. Et les entités ahrimaniennes veulent nous limiter à cette expérience personnelle. Nous serions des êtres doués de vouloir libre, mais, en tant qu’être psycho-spirituels, nous en naîtrions, dans les meilleurs des c as qu’à vint-huit ans. Pensez qu’en tant qu’être humain, nous nous tenons en fait entre ces deux courants de volonté des mondes spirituels. Et dans un certain sens, en tant qu’être humain, nous avons le devoir de mener notre vie dans le monde sans suivre. Ahriman ni Lucifer, mais en trouvant un équilibre entre les deux courants.

On peut imaginer l’effroi qui saisit notre époque matérialiste quand les hommes entendent parler de ce qui se déroule en réalité dans les profondeurs de la nature humaine. A cause de cet effroi, il était dans l’ordre du monde, autrefois, que des maîtres divins dispensent aux hommes un savoir supra conscient, pour leur éviter de livrer eux-mêmes ce combat spirituel. A cette époque là les initiés pouvaient taire au monde extérieur ce combat spirituel. Il y eut toujours des êtres humains qui connaissent la réalité de ce combat spirituel, qui se déroule d’une certaine manière en chaque être humain, derrière la scène de la vie.

Il y eut toujours des êtres humains parvenus à la conviction que vivre, c’est se frayer un passage dans la mêlée d’un combat, que la vie comporte un danger
. Mais un principe s’est imposé de plus en plus : il s’agissait de ne pas conduire les hommes au seuil du monde spirituel, de ne pas les mener devant le Gardien du Seuil, afin qu’ils n’éprouvent pas cet effroi, - pardonnez-moi cette expression triviale, elle décrit bien la situation, - mais les temps où cela était possible sont révolus. Car des temps viendront, dans le développement terrestre futur, où la séparation entre les enfants de Lucifer et les enfants d’Ahriman devra intervenir : ils seront de l’un, ou de l’autre. Mais savoir que l’on se trouve au cœur de ce combat et qu’il faut mener sa vie dans ce contexte en toute connaissance de cause, cela doit être dit et compris aujourd’hui, c’est une nécessité vitale pour l’avenir humain. Il ne peut y avoir à l’avenir une simple science du silence.

Pour s’engager dans la vie lucidement, il faut développer, sous un certain rapport aimerais-je dire, une sensibilité cosmique. Qu’est-ce que cela veut dire ?


Cela signifie qu’il faut apprendre à voir le monde d’un autre point de vue que celui de la maya auquel nous sommes habitués. Quand on traverse le monde muni de la science initiatique, surgissent des sentiments qui ne sont pas là tant que l’on vit dans le savoir propre à la maya, des sentiments que l’homme ordinaire trouve non seulement paradoxaux, mais fous, délirants, et qui sont pourtant tout à fait légitimes, justement à l’égard de la réalité véritable.

Celui qui, fort de la science initiatique, rencontre une personne, oscille entre deux impressions. Toi, - pense-t-il – tu planes entre deux possibilités : soit tu succombes totalement au temporel, tu te minéralises, tu te pétrifies en homme purement terrestre en perdant ton passé cosmique ; soit tu te volatilises en esprit, devenant un automate spirituel, tu n’atteins pas ton but en tant qu’être humain, bien que tu sois un esprit. On dirait volontiers qu’en face de quelqu’un on perçoit deux émanations : l’une qui court le danger de se pétrifier dans sa forme, de s’épaissir et de se figer, de se fondre dans la terre, et l’autre qui court le danger de rejeter tout ce qui a une tendance minéralisante,    durcissante, de devenir tout mou, comme une seiche et de se dissoudre enfin dans l’univers, devenant un automate spirituel. Ceux qui disposent de la science initiatique, lorsqu’ils observent une personne, rencontrent effectivement ces deux êtres.

On a toujours peur, aimerais-je dire – pardonnez-moi, il faut choisir les mots qu’offre la langue, beaucoup de choses semblent donc paradoxales quand on se tourne vers le royaume de la réalité – que ces gens rencontrés se transforment soudain en ces curieux personnages que l’on voit parfois sur des parois rocheuses : cavaliers qui semblent sculptés dans le roc, ou autre figures dans les montagnes, jeunes femmes endormies etc , que les gens viennent comme cela, s’unissent aux pierres de la terre, et ne poursuivent plus leur vie que sous une forme minéralisée. On peut craindre tout aussi bien qu’elles rejettent ce qui les conduit à la minéralisation, et deviennent alors visqueuses. Les organes qui se sont contractés pourraient se mettre à gonfler, les oreilles devenir géantes, entourant le larynx, des épaules pourraient pousser des organes semblables à des ailes, qui iraient se souder à tout cela ; et tout cela serait mou  comme une méduse, dont les formes ondulées seraient en voie de dissolution.

On n’éprouve pas ces impressions, que j’appellerais cosmiques, en face de l’être humain seulement, quand on s’en approche avec la connaissance initiatique, mais on les retrouve finalement dans tout ce qui nous entoure. Vous avez remarqué que la tendance à l’immobilité, à la pétrification vient d’Ahriman et que la tendance à la volatilisation, à la viscosité allant jusqu’à la dissolution vient de Lucifer. Cela ne se limite pas à des impressions recueillies au contact de l’être humain, mais cela s’étend à tous les phénomènes d’apparence abstraite.

On apprend à ressentir tout ce qui est rectiligne comme ahrimanien, tout ce qui est courbe comme luciférien. Le cercle est le symbole de Lucifer, la droite est le symbole d’Ahriman.

Nous regardons la tête humaine : cette tête humaine avec sa tendance – vous pouvez le voir sur le squelette – à se pétrifier, à s’ossifier, à se maintenir dans la forme que lui donne la terre, est une formation ahrimanienne. Si les forces qui agissent dans la tête humaine étaient à l’œuvre dans l’être humain tout entier, ce dernier prendrait la forme d’Ahriman, que vous avez dans le groupe sculpté, là-bas (voir le Goethéanum), et il serait pénétré de part en part du caractère tête, dirait-je, il serait entièrement intelligence personnelle, mais intelligence égoïste, et entièrement volonté personnelle, si bien que la volonté trouverait son expression dans la forme-même.


Dernière édition par obsidienne le Dim 26 Fév - 20:50, édité 1 fois
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Re: L’être humain psychocorporel dans le royaume du temps ; psycho-spirituel dans le royaume de la durée de vie (penser-sentir-vouloir). L’être humain entre Ahriman et Lucifer. Les mouvements. La loi de vibration.

Message par obsidienne le Dim 26 Fév - 20:47

Observons maintenant l’autre homme, non pas l’homme tête mais l’homme des extrémités au sens large, nous parvenons à cette représentation : si les forces qui agissent dans le reste de l’homme l’animaient en entier, il aurait la forme que nous présente la figure de Lucifer là-bas, dans le Groupe sculpté. Et où que nous regardions, partout, que ce soit dans la vie de la nature ou dans la vie sociale, si nous sommes armés de la science initiatique, nous pouvons voir un monde ahrimanien et un monde luciférien.

Il nous suffit de ressentir ces qualités ahrimanienne et luciférienne. Et pour l’évolution future de l’homme, il est nécessaire d’éduquer cette sensibilité. L’homme doit apprendre à ressentir ceci : un être luciférien règne dans le monde. Cet être est également à l’œuvre dans la vie sociale des hommes. Et cet être luciférien voudrait avant tout chasser du monde les lois, toutes les lois jamais énoncées par les hommes. Dans la vie sociale humaine, Lucifer ne hait rien autant que tout ce qui a odeur de loi.

Ahriman voudrait avoir partout des lois ; Ahriman voudrait écrire des lois partout. Quand à la vie communautaire des hommes, elle est un tissu formé par la laine de Lucifer contre les lois et par la sympathie d’Ahriman pour les lois, et l’on ne comprend pas cette vie sans en avoir une approche dualiste. Ahriman aime tout ce qui est forme extérieure, ce qui peut se figer. Lucifer – « les lucifériens «  - aiment tout ce qui est sans forme, ce qui dissout la forme, ce qui est fluide et mobile. Au contact de la vie, il faut apprendre à trouver l’équilibre entre la tendance à la rigidité et la fluidification.

Regardez les formes de notre édifice (le Goethéanum) : partout la ligne droite devient ligne courbe, l’équilibre est recherché, on a partout  tenté de dissoudre dans un élément fluide ce qui menaçait de se figer, on a créé partout des pauses au cœur du mouvement, puis on a remis en mouvement les formes au repos.

C’est l’aspect hautement spirituel de cet édifice. En tant qu’hommes de l’avenir, nous devons chercher à créer des formes dans le domaine de l’art et dans celui de la vie inspirées par cette connaissance : là, en haut Lucifer, qui veut tout volatiliser ; mais les deux principes doivent rester invisibles, car dans le monde de la maya, seule l’ondulation des vagues à droit de cité. Et malheur si Ahriman ou Lucifer s’introduisaient dans ce qui veut être vie !

Ainsi notre édifice témoigne-t-il d’un équilibre dans l’univers qui a été conquis sur le royaume d’Ahriman et sur celui de Lucifer. Tout culmine dans la figure centrale de notre Groupe, ce Représentant de l’humanité en qui toute tendance luciférienne et ahrimanienne doivent être éteintes. Et que les choses soient ainsi, que cela soit tiré d’une substance qui doit rester uniquement spirituelle, cela est montré dans le Groupe, où les dynamiques luciférienne et ahrimanienne sont présentées en équilibre, de façon visible, afin que les hommes apprennent à comprendre cette réalité.

C’est la perspective que l’on doit proposer aux hommes aujourd’hui, afin qu’ils apprennent à  trouver l’équilibre entre le principe ahrimanien et le principe luciférien. Le principe ahrimanien nous redresse toujours à la verticale, dirai-je, même sur le plan psycho-spirituel ;
le principe luciférien impulse toujours un mouvement ondulé ou circulaire, et nous multiplie.

Si nous avons une tendance unilatérale au monisme, si nous aspirons à voir dans le monde une unité, c’est qu’Ahriman nous tire une oreille ; si nous sommes des monadistes, des monadistes intégristes, si nous déclarons que le monde n’est fait que de milliers d’atomes ou de monades, sans unité, c’est que Lucifer nous tire par l’autre oreille. Et, au fond, pour celui qui a une vue pénétrante des choses, quand des monistes de querellent avec des pluralistes, des monadologues, en fait, celui qui est engagé dans le débat est en fait généralement bien innocent ; car derrière lui, s’il est moniste, il y a Ahriman qui le tire par l’oreille, et qui lui souffle toutes les belles raisons, toute la logique qu’il croit être la sienne pour défendre son monisme ; et s’il est disciple de leibniz, ou monadologue d’un autre courant, alors c’est Lucifer qui est là et qui lui souffle les meilleures raisons expliquant la multiplicité ou la diversité des entités spirituelles.

Car ce que l’on doit chercher, c’est l’état d’équilibre, l’unité dans la multiplicité, la multiplicité dans l’unité. Mais cela est moins commode que de chercher l’unité ou la multiplicité, de même qu’il est en général moins commode de chercher un état d’équilibre qu’un oreiller de paresse. Les hommes deviennent ou sceptiques ou mystiques.

Les sceptiques se ressentent comme des esprits libres qui peuvent tout mettre en doute, les mystiques se sentent pénétrés de Dieu, ils embrassent la totalité des choses dans leur monde intérieur, les aimant et les connaissant. Au fond, les sceptiques ne sont que des disciples d’Ahriman, les mystiques des disciples  de Lucifer. Car ce que l’humanité doit viser, c’est l’état d’équilibre, expérience mystique dans le scepticisme, scepticisme dans l’expérience mystique.

La question, ce n’est pas d’être Montaigne ou Saint Augustin, mais c’est d’éclairer Montaigne par Saint Augustin, et Saint Augustin par Montaigne. Les tendances exclusives conduisent l’homme vers l’un ou l’autre courant.

Qu’est-ce que c’est, en réalité, le principe luciférien ?

Il est là pour nous faire perdre la tête, nous prendre l’intelligence personnelle et la volonté libre, et les esprits lucifériens, l’élément luciférien veut en fait que nous mourions à vingt-huit ans, il ne veut pas nous laisser vieillir. On dit d’ailleurs plutôt « les esprits lucifériens » mais « Ahriman », car, bien qu’il y ait aussi des bataillons qui suivent Ahriman, Ahriman-même se présente comme une unité, parce qu’il aspire à l’unité, et l’élément luciférien se présente comme une multiplicité, parce  qu’il aspire justement  à la multiplicité. C’est pourquoi on exprime ces réalités dans les termes que j’ai employés aujourd’hui au cours de la conférence.

Et si Lucifer, les esprits lucifériens déterminaient totalement le cours des choses, nous deviendrions des enfants, des jeunes hommes et des jeunes femmes, il nous serait instillé une bonne connaissance de la durée, mais nous serions frappés de sclérose vers notre vingt-huitième année et nous deviendrions gâteux peu de temps après, afin que la compréhension humaine que nous pouvons développer soit rejetée précisément sous forme de sclérose et que ce que nous avons reçu dans la jeunesse puisse être spiritualisé de façon automatique.

Les esprits lucifériens voudraient nous emporter immédiatement dans le monde spirituel, sans que nous traversions les phases de Jupiter, de vénus, de Vulcain avant de devenir des êtres cosmiques (futures rondes). Ils ne considèrent pas cette évolution comme une nécessité ; mais ils ont pour fin de conduire l’homme loin de la terre, vers son but spirituel et divin, avec ce qu’il a déjà acquis à travers les périodes de Saturne, du Soleil, de la Lune.

C’est un courant qui veut aller le plus vite possible avec l’être humain ; c’est un courant précipité. Les esprits lucifériens voudraient galoper avec nous et nous introduire le plus vite possible dans la substantialité cosmique.

Les esprits ahrimaniens, eux, voudraient effacer notre passé et nous reconduire, avec la terre, au point de départ, ils voudraient éteindre notre passé, nous conserver sur la terre et nous ramener au moment où nous étions des êtres saturniens. C’est un mouvement rétrograde, retardataire. Finalement la vie est faite d’un mouvement accéléré et d’un mouvement rétrograde, et il faut trouver l’équilibre entre les deux.

Ne dites pas que ces choses sont difficiles, car ce n’est pas cela qui importe. Je vous ai montré hier comment, dans les anciens temps, les hommes ont eu des expériences du temps et de l’espace, comment ils ont fait l’expérience concrète de l’espace et du temps. Ce qui est pour nous une expérience abstraite était pour eux une expérience concrète.

Nous devons apprendre à regarder ce qui nous entoure de telle sorte que nous ressentions partout, en équilibre, le jeu des mouvements qui se figent, qui se volatilisent, qui s’éloignent et reviennent, le jeu des droites et des courbes. Vous pouvez dormir face à ce que le monde simplement vous présente. Si vous le regardez en ouvrant les yeux dès qu’il n’est plus en équilibre, il vous menace, dans tout son être, de se pétrifier ou de se volatiliser. Nous devons développer ce sentiment, qui doit devenir aussi vivace dans l’humanité future que l’ancien sentiment de l’espace et du temps chez les hommes du passé.

On peut éprouver divers sentiments en face de notre Groupe sculpté. Au centre on peu ressentir le Représentant de l’humanité, avec ses lignes, ses plans, ses formes, où toute pulsions ahrimaniennes et lucifériennes sont éteintes. Les formes sont là, mais tout ce qui est ahrimanien et luciférien, dans la mesure où il est possible de l’effacer de la forme humaine, est effacé. On peut trouver Lucifer et Ahriman, saisis dans leurs formes. On peut ressentir ces oppositions entre l’homme médian, Lucifer, Ahriman, et on peut aller dans le monde avec ce sentiment qu’on y retrouvera partout des impressions similaires. Et celui à qui les sentiments que l’on peut développer en contemplant cette trinité deviendront familiers, disposera d’instruments de choix pour pratiquer une certaine autopsie de la vie.

Le monde révèlera maint secret quand on le regardera avec les sentiments qu’inspire cette Trinité. L’homme médian ou le représentant de l’humanité ; Ahriman, Lucifer. Et de même qu’à l’ancien sentiment de l’espace se révélait la Trinité, et à l’ancien sentiment du temps l’unité divine, de même les mystères cosmiques suprêmes devront se révéler à l’humanité future quand elle sera en mesure de saisir concrètement les dynamiques de pétrification, de volatilisation, d’éloignement, de retour en arrière, la droite, la courbe, les mouvements d’amour et les mouvements de haine obéissant à des lois.

Ce qui importe, c’est de reconnaître partout dans la vie cet état oscillatoire. Car la vie n’est pas possible sans cet état oscillatoire. Vous pouvez aussi, si vous avez une pendule, vouloir éviter les oscillations, vouloir arrêter la pendule : mais alors la pendule ne vous servira plus à rien ; pour qu’elle indique l’heure, il faut que le balancier soit en mouvement. Ce mouvement pendulaire est nécessairement au cœur de la vie. Il faut savoir le retrouver partout. Nous continuerons de parler de cela demain.
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Re: L’être humain psychocorporel dans le royaume du temps ; psycho-spirituel dans le royaume de la durée de vie (penser-sentir-vouloir). L’être humain entre Ahriman et Lucifer. Les mouvements. La loi de vibration.

Message par obsidienne le Mar 28 Fév - 1:52

Extrait du livre de Rudolf Steiner : « La chute des esprits des ténèbres »

Quatrième conférence, Dornach 6 octobre 1917.


Il existe dans le monde ce qu’on appelait dans les mystères égyptiens, une nécessité d’airain. Celle-ci veut que les dieux emploient des entités hostiles à la marche physique du monde pour que la naissance et la mort s’accomplissent. Notre regard porte ici sur un monde immédiatement contigu au nôtre, et qui a affaire chaque jour à chaque heure, avec le nôtre, car sur terre c’est chaque jour, à chaque heure, que s’accomplissent la naissance et la mort. Et à chaque instant où l’homme franchit le seuil de ce monde, il pénètre dans une activité, dans la vie d’êtres qui par tout leur comportement, par tous leurs désirs, par leur conception du monde, détruisent la vie physique sous sa forme ordinaire.

Si jusqu’à présent, on avait informé les humains en dehors du champ des Mystères de l’existence de ces êtres, si on leur avait enseigné ce qu’ils sont, voilà ce qui serait à coup sûr arrivé : les hommes qui n’arrivent absolument pas à dominer leurs instincts, leurs pulsions, leurs passions, s’ils avaient su que nous sommes en permanence entourés d’entités destructrices, auraient utilisé les forces propres à ces entités ; non pas comme le font les dieux, en vue de la naissance et de la mort ; mais dans le champ de la vie physique. Si les humains avaient eu alors le désir de détruire dans tel ou tel domaine, ils auraient trouvé abondamment l’occasion de prendre ces entités à leur service. Car il est facile en effet d’en faire des serviteurs. Le silence fut fait sur cette connaissance afin que la vie restât préservée de l’activité destructrice des esprits élémentaires de la naissance et de la mort.

Ne faudrait-il pas continuer à garder le silence ?

C’est ce qui ne peut se faire pour certaines raisons. Et pour une qui est en rapport avec une loi importante de l’univers. Ce qu’est cette loi, je puis vous l’exposer clairement par ses manifestations concrètes à notre époque – et dans un proche avenir – mieux que par une formule générale.

Vous le savez : Depuis un temps qui n’est pas bien long, des impulsions culturelles sont intervenues dans l’évolution qui n’existaient pas autrefois, mais qui sont très caractéristiques de notre civilisation. Essayez seulement de vous transporter en pensée dans des temps passés relativement peu éloignés du nôtre. Vous constaterez par exemple que la machine à vapeur n’existait pas, qu’on n’utilisait pas l’électricité, ce sont des temps où tout au plus des penseurs comme Léonard de Vinci, au moyen de réflexions et d’expériences, essayaient de se représenter comment l’homme pourrait voler. Or, tout cela s’est trouvé réalisé en un temps relativement court. Songez combien de choses aujourd’hui dépendent de l’utilisation de la vapeur, de l’électricité, de l’aérodynamique, de la statique qui a permis la navigation aérienne.

Pensez à tout ce qui, dans un passé récent, est intervenu dans l’évolution, au pouvoir de destruction de la dynamite, etc et vous pourrez facilement vous représenter, en fonction de la rapidité du cheminement, qu’à l’avenir des choses de cette nature, plus extraordinaires encore, seront souhaitées par l’humanité. Vous vous imaginerez facilement que l’idéal de l’humanité pour un proche avenir, ce n’est pas que les Goethe se multiplient, mais les Edison. Voilà en fait l’idéal de l’humanité actuelle.

L’homme d’aujourd’hui croit que tout cela – télégraphe, téléphone, utilisation de la vapeur, etc – se fait sans la collaboration d’entités spirituelles. Mais il n’en est pas ainsi.
L’évolution de la civilisation se fait aussi avec la participation d’esprits des éléments, même si l’homme n’en sait rien. Ce ne sont pas seulement les pensées sécrétées par son cerveau – comme l’humanité matérialiste le croit – qui ont amené à construire le téléphone et le télégraphe, à faire circuler les machines à vapeur dans les champs et de par la terre ; tout ce que l’homme accomplit dans ce domaine se fait sous l’influence d’esprits élémentaires, qui agissent et collaborent en tous lieux. Dans ce domaine ce n’est pas l’homme seul qui mène, il est mené. Dans les laboratoires, notamment partout où se manifeste l’esprit d’invention, les inspirateurs sont certains esprits élémentaires.

Or, ceux de ces esprits qui donnent leurs impulsions à notre civilisation depuis le XVIIIe siècle sont de même nature que ceux dont se servent les dieux pour que s’accomplissent la naissance et la mort. C’est là un des secrets dont l’homme doit avoir maintenant connaissance. La loi régissant la marche du monde – je l’ai nommée ainsi – veut que dans le déroulement de l’évolution, les dieux tout d’abord règnent sur un certain domaine des entités élémentaires ; ensuite, les hommes eux-mêmes pénètrent dans ce domaine et se servent de ces entités. Ainsi, tandis que dans le passé les esprits élémentaire de la naissance et de la mort servaient essentiellement les esprits divins qui guident le monde, ces entités élémentaires sont – depuis un certain temps déjà – au service de la technique, de l’industrie, de l’activité commerciale. Il importe beaucoup que nous laissions agir sur notre âme, dans toute sa force et son intensité, cette vérité bouleversante.

Aujourd’hui, tous les idéaux possibles ont leurs partisans dans la société. On fait des programmes, on établit des principes selon telle ou telle aspiration. Et tout cela peut être très beau. Mais on n’a rien réglé quand on a seulement trouvé des choses si belles dans l’abstrait. Il faut que les humains apprennent vraiment à penser en fonction de la réalité. Et en ce qui concerne la vertu, il faut orienter l’attention sur ce qui est conforme à la réalité. Perfection, bonne volonté, belles vertus, justice : tout cela est bien beau dans la vie en commun extérieure. Mais lorsque quelqu’un dit : Nous aspirons dans nos programmes à atteindre telle perfection, nous avons telle orientation de bonne volonté, nous nous efforçons de réaliser tel ou tel droit – il le dit en règle générale dans l’idée qu’il s’agit d’un absolu qui pourrait être réalisé comme tel.

Pourquoi ne serait-il pas louable – dit l’homme moderne – de devenir de plus en plus parfait !

Et quel plus bel idéal pourrait-on avoir qu’un programme prévoyant qu’on devient de plus en plus parfait !

Mais cela n’est pas en harmonie avec la loi de la réalité. C’est très bien de devenir de plus en plus parfait, ou tout au moins de vouloir le devenir, mais lorsqu’on s’efforce d’atteindre à la perfection dans une certaine direction, cette aspiration s’inverse au bout d’un certain temps, et devient dans la réalité l’imperfection. Par un retournement, l’aspiration à la perfection se transforme en faiblesse, la bienveillance devient une attitude imprégnée de préjugés. Et instaurez tous les droits que vous voudrez, si bons soient-ils, au cours du temps ils se transformeront en injustices. Il n’existe rien d’absolu en ce monde, voilà la réalité. Qu’on aspire à quelque chose de bon – et la marche du monde en fera un mal.
C’est pourquoi il faut renouveler constamment la forme de ses aspirations. Voilà ce qui importe.

L’effort de l’homme est soumis à des oscillations pendulaires. Et rien n’est plus nuisible à l’humanité que la croyance en des idéaux absolus, parce qu’ils sont en contradiction avec la marche effective de l’évolution universelle.

Lorsqu’on veut présenter quelque chose de ce genre, on emploie volontiers – non pour démontrer, mais pour rendre plus concret – certains concepts. Dans une certaine mesure, les concepts scientifiques peuvent aussi représenter symboliquement des idées spirituelles. Représentez-vous donc un pendule. Lorsqu’il s’écarte pour venir ici – d’un côté – et qu’on le laisse ensuite retomber, il revient à sa position d’équilibre, après avoir parcouru une distance. Pourquoi parcourt-il cette distance, parce que la pesanteur agit sur le pendule, dit-on.

Il retombe donc, mais, arrivé là, il n’y reste pas. Il a acquis en tombant une certaine force d’inertie et c’est pourquoi il repart dans la direction opposé. Puis il retombe encore. C’est-à-dire que par la chute, il a acquis une force qui le fait s’élancer dans l’autre direction.
Pour éclairer telle ou telle chose, on peut se servir de cette comparaison. On peut dire : Une vertu quelconque – perfection, bienveillance – parcourt exactement ce chemin, mais ensuite elle repart en sens inverse.

La perfection devient faiblesse, la bienveillance malveillance, la justice injustice. L’humanité n’est pas volontiers encline à examiner de telles idées. Imaginez-vous donc le bon bourgeois qui veut fonder son association pour réaliser un certain idéal ; si on voulait lui expliquer : cet idéal que tu te fais aujourd’hui, si tu l’introduis dans le cours de l’évolution, tu le verras en relativement peu de temps produire les effets inverses – ce bon bourgeois croirait que non seulement on n’est pas idéaliste, mais qu’on est un vrai démon !

Car, comment l’aspiration à la perfection ne conduirait-elle pas à une perfection toujours plus grande, comment la justice ne resterait-elle pas toujours la justice ?

Remplacer les notions abstraites et exclusives par des concepts conforme à la réalité, voilà qui est particulièrement difficile à l’humanité de notre temps. Pourtant il faut qu‘elle l’apprenne, sinon elle n’avancera pas. Il faut qu’elle apprenne ainsi que l’évolution de la civilisation rend peu à peu nécessaire le commerce avec les esprits élémentaires de la naissance et de la mort. Et par là, qu’elle apprenne qu’un élément destructeur doit s’introduire dans l’évolution de l’humanité.

De-ci de-là, des hommes découvrent ces choses instinctivement qui par ailleurs se refusent à connaître la science spirituelle, la seule voie pourtant pour adopter la juste attitude. Que signifie donc au fond ce que je viens de vous exposer ? Naturellement, ces esprits de la naissance et de la mort sont des envoyés d’Ahriman.

De par la nécessité d’airain qu’impose l’évolution universelle, les dieux doivent se servir des envoyés d’Ahriman pour régler la naissance et la mort. Pour leurs actions, ils ne laissent pas pénétrer sur le plan physique les forces de ces messagers. Mais pour la période déclinante de la civilisation, à partir de la cinquième civilisation postatlantéenne, il faut qu’à nouveau ceci pénètre dans l’évolution afin que la catastrophe puisse se produire.

Il faut que l’homme lui-même se serve de ces forces. Les envoyés d’Ahriman sont donc nécessaires, strictement nécessaires pour provoquer cette destruction qui sera le prochain pas à faire sur le chemin du progrès. C’est une terrible vérité – mais les choses sont ainsi. Et il n’y a rien d’autre à faire que de la connaître, que de discerner clairement ce qu’elle est. Vous devez savoir ce qu’exige la juste attitude vis-à-vis de ces vérités.

Instinctivement certaines personnes découvrent de telles nécessités. L’une de ces personnes est par exemple Ricarda Huch, l’auteur de plus d’un bon libre –certes sans lien sérieux avec la science spirituelle. L’un de ces libres est tout à fait remarquable par l’instinct qu’il révèle – non par la compréhension. C’est son dernier ouvrage : « La foi de Luther ».

Dans les premiers chapitres de ce livre, vous lirez un cri étrange, pourrait-on dire, l’appel à ce que l’humanité devrait à nouveau connaître, et qui s’est perdu depuis l’époque de Luther, jusqu’où s’est maintenue encore une certaine clairvoyance atavique. Ricarda Huch dit que la chose la plus nécessaire à l’humanité actuelle, ce serait de connaitre le diable. Elle ne considère pas comme aussi nécessaire de connaitre Dieu ; mais comme très nécessaire que l’humanité actuelle connaisse le diable.

Pourquoi cela est nécessaire, elle ne le sait naturellement pas. Mais instinctivement, elle le sent. D’où cet appel pressant vers une connaissance du diable dans les premiers chapitres de ce livre qui est symptomatique, très significatif pour l’époque présente. Elle pense : Dieu, les humains le connaitront bien à nouveau quand ils sauront que le diable rôde autour d’eux – naturellement , de telles personnes qui ne veulent pas aborder la science spirituelle, cherchent et trouvent toujours des excuses, Ricarda Huch sent que le diable doit être à nouveau perçu par les humains comme un être réel ; mais elle minimise tout de suite la chose en disant que bien entendu, il ne faut pas se représenter qu’il rôde partout avec sa queue et ses cornes – Mais il rôde en effet ! « Ces braves petits ne soupçonnent jamais le diable – Même quand il les tient au collet ».

Les cerveaux abstraits de l’époque moderne ont tout de suite besoin d’une excuse, même s’ils discernent d’instinct ce qui est absolument nécessaire. Mais ce cri d’appel vers la connaissance du diable est dû à un instinct sain et juste de ce qu’est le présent.
Les humains ne devraient pas se laisser entraîner en aveugles, en endormis, par les nécessités d’airain que le proche avenir leur impose : avoir affaire avec des envoyés du diable au laboratoire, à l’atelier, à la banque, partout.

Ils doivent le faire pour que la civilisation progresse ; il faut qu’ils sachent qu’à l’instant où ils ouvrent la porte blindée, la force du diable est dans la clé. C’est ce qu’a senti instinctivement Ricarda Huch. Cela, il faut que les hommes le sachent, car seul le savoir peut les guider comme il convient vers l’avenir. Et il est déjà extrêmement important que des humains se trouvent pour souligner instinctivement la nécessité de ne pas passer en dormant à côté d’un diable qui est de plus en plus puissant.

Ouvrons ici une parenthèse :

Peut-être y a-t-il là aussi un fait caractéristique : c’est aussi une femme qui a d’instinct introduit l’activité du diable au Paradis.

Dans le monde civilisé extérieur, ce n’est peut-être pas une gloire pour les hommes qu’ils dédaignent si bien cette « superstition » et qu’ils aient abandonné à nouveau à la femme, à Ricarda Huch – le soin d’appeler le diable, comme autrefois Eve l’a fait entrer au Paradis.

Mais ce diable est l’être qui portera la civilisation de l’avenir, et il doit l’être. C’est une vérité amère – mais importante, et qui est liée au fait qu’à l’avenir des forces de destruction doivent s’introduire dans la civilisation. Et en particulier il faut que des forces de destruction s’introduisent dans l’éducation, notamment dans l’éducation des enfants, et c’est ce qui se produira si l’on ne conduit pas sagement les choses. Mais elles s’introduiront aussi dans toute la vie sociale et de plus en plus, en raison de la culture générale, des coutumes de la vie émotionnelle ; et ces forces s’attaqueront surtout aux liens entre humains.

Ce que l’homme doit faire, c’est aspirer à réaliser la parole du Christ : « Là où deux hommes sont réunis en mon nom, je suis parmi eux. »

Mais ce n’est pas cette vérité-là que réalise la civilisation technique et commerciale, c’est l’autre : Là où deux – ou plusieurs êtres veulent se disputer, se quereller, se combattre, je suis parmi eux. C’est cela qui gagnera de plus en plus la vie sociale. Et qui crée la difficulté à répandre aujourd’hui parmi les hommes des vérités qui les unissent.

Dans quelle attitude intérieure l’homme se prépare à entendre des vérités ?

Il ne le fait pas volontiers, parce qu’il ne croit pas du tout que les vérités puissent venir directement du monde spirituel. L’homme d’aujourd’hui croit que la vérité ne peut venir que du terrain sur lequel il se tient lui-même. Lorsqu’on atteint la vingtaine, on a son point de vue, on n’a pas à se convaincre d’une vérité, la vérité n’a pas besoin de vous être révélée : on a son point de vue. Et que survienne quelqu’un qui a lutté ardemment pour accéder à la vérité : le jeunet de vingt-quatre ans qui vient de terminer ses études à l’Université, qui a peut-être suivi des cours de philosophie, il a sont point de vue, dont il discute avec celui qui a lutté de toute son ardeur pour trouver la vérité.

Aujourd’hui, chacun a son « point de vue » et chacun croit que la vérité absolue, la seule qui soit sûre, peut germer aussi sur un terrain non préparé. Les humains ne sont pas enclins à s’ouvrir aux vérités, ils déclarent les posséder. C’est là une des caractéristiques de l’époque présente.

Sur ce point aussi, Ricarda Huch, a prononcé une très belle parole. Elle a attiré l’attention sur le fait que notre actuelle manière de voir le monde – qu’on appelle comme on veut – qui est imprégnée de chauvinisme, a été précédée chez les Européens éclairés par nietzschéisme, qui s’élevait loin au-dessus de tout patriotisme, de tout chauvinisme. Les hommes sont devenus les adeptes de Nietzsche, et combien ne le sont pas devenus !

Nietzsche a conçu l’idéal de la « bête blonde », et les hommes n’y ont pas compris grand-chose. Ricarda Huch dit : « Tout homme, même incapable de devenir un bon petit cochon d’Inde, s’est imaginé être lui-même la « bête blonde » de Nietzsche. C’est en effet le point de vue de la bonne bourgeoisie. On n’a même pas l’étoffe d’un respectable petit mammifère – mais lorsqu’un idéal, si élevé soit-il, apparaît, alors on croit qu’on le réalise.

On l’est parce qu’on trouve qu’on l’est sans avoir à s’en donner la peine, parce qu’on n’aspire absolument pas à se développer, parce qu’on veut simplement être quelque chose. Mais c’est ce qui désunit les humains, c’est ce qui en fait au sein de l’humanité des atomes. Chacun a son point de vue. Personne ne peut plus comprendre l’autre.

Et voyez-vous, c’est précisément dans cette atmosphère d’incompréhension réciproque que vous percevez dans la société, dans l’ordre social même, l’empire des forces de destruction. Ce sont elles qui éloignent les humains les uns des autres. C’est bien le diable qui les a induits en tentation, et qui a soufflé aux adeptes de Nietzsche qu’ils sont des « bêtes blondes ». Ils ne le sont pas devenus, mais bien qu’ils ne le soient pas devenus, quelque chose s’est développé au XXe siècle à partir de ces impulsions antisociales du XIXe siècle.
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Re: L’être humain psychocorporel dans le royaume du temps ; psycho-spirituel dans le royaume de la durée de vie (penser-sentir-vouloir). L’être humain entre Ahriman et Lucifer. Les mouvements. La loi de vibration.

Message par obsidienne le Mar 28 Fév - 2:02

La chute des Esprits des ténèbres – Douzième conférence – Dornach 26 octobre 1917


L’évènement que j’ai mentionné au cours des précédentes considérations, à savoir le rejet de certains esprits des ténèbres hors du monde spirituel dans le domaine des hommes à l’automne de l’année 1879, est un évènement important. Il faut évoquer sans cesse en son âme ce que cela signifie en fait : dans les mondes spirituels, un combat qui dura des décennies a été livré. Il a commencé au début des années 1840, et il s’est terminé par la défaite de certaines entités spirituelles, qui s’étaient comportées en rebelles dans le monde spirituel durant ce temps, des esprits ténébreux furent rejetés au plan de l’évolution humaine.

Ils vivent donc maintenant parmi nous, et de façon telle qu’ils envoient leurs impulsions dans notre conception du monde, mais pas seulement dans la manière dont nous pensons le monde ; dans notre sentiment aussi, dans nos impulsions volontaires, et dans nos tempéraments.

Les hommes ne comprendront pas les évènements significatifs du présent ni ceux du proche avenir, ils ne les comprendront pas même quelque peu avant de pouvoir reconnaitre les liens qui unissent le monde physique, sensible, au monde spirituel et de prendre en considération un fait aussi important, comme ils le feraient d’un phénomène naturel. A l’époque présente, on a coutume de n’accorder de la valeur qu’aux phénomènes naturels, à ce qui se passe sur le plan physique dans le cours de l’histoire. Il faudra en venir à reconnaitre l’importance des évènements spirituels que la science spirituelle permet de connaitre, pour comprendre les faits dans lesquels nous autres humains nous nous trouvons impliqués.

Lorsqu’on envisage précisément cet évènement important, on peut, dirais-je volontiers, étudier dans quelle grande erreur est l’homme lorsque pour connaitre le monde il part de concepts, de définitions, et non pas de l’observation directe de la réalité. On a aujourd’hui le sentiment qu’il faut partir de notions définies : qu’est-ce qu’Ahriman, qu’est-ce que lucifer, que sont tels ou tels esprits de telle ou telle hiérarchie ? – Voilà les questions que l’on pose ; et quand on dispose de définitions, on croit avoir déjà compris comment ces êtres agissent. J’ai souvent montré en quoi les définitions sont insuffisantes en me servant d’un exemple frappant que l’on connaissait déjà dans la Grèce antique. Ce n’est pas la un modèle de définition, que celle de l’homme qu’on donnait ainsi dans une école en Grèce mais elle est juste : un être humain est une créature qui marche sur deux jambes et qui n’a pas de plumes. Quand le lendemain l’élève revint, il apportait un coq qu’il avait plumé ; une créature qui marchait sur deux jambes et n’avait pas de plumes. Et, disait-il, c’est un homme selon la définition.

Beaucoup des définitions que l’on trouve valables sont composées sur ce modèle, et beaucoup de celles que l’on dit scientifiques concordent de la même façon avec la réalité. Mais dans l’anthroposophie, nous ne pouvons pas prendre de telles définitions pour point de départ. La connaissance est bien piètre que l’on obtient en partant de concepts, d’abstractions. Certes on peut définir la notion d’esprits des ténèbres, d’êtres lucifériens-ahrimaniens, mais le bénéfice n’est pas grand. Ce sont des esprits des ténèbres qui en l’année 1879 ont été jetés du ciel sur la terre.

Mais en employant un concept aussi général pour les désigner, nous n’avons pas encore acquis grand-chose. Car ces esprits des ténèbres qui cheminent maintenant parmi nous sont de la même espèce que les esprits des ténèbres qui, dans le passé, avaient déjà été rejetés du monde spirituel et donc du ciel sur la terre, qui avaient à l’époque certaines tâches à accomplir jusqu’à la période gréco-latine. Ces tâches, ils les remplirent pendant toute l’époque atlantéenne et jusqu’à la période gréco-latine. Essayons donc, à l’aide de différentes données dont nous avons pris connaissance, de comprendre quelle tâche était celle de ces esprits des ténèbres, durant des millénaires et des millénaires, pendant toute l’époque atlantéenne jusqu’à la civilisation gréco-latine ; Il faut avoir toujours présent à l’esprit que le monde évolue dans l’ordre parce que des entités spirituelles supérieures, celles qui guident l’évolution normale de l’humanité, emploient certains esprits de façon à ce qu’ils agissent là où ils sont dans le bon sens. Nous avons souvent souligné que ce qu’on appelle l’intervention luciférienne dans le passé à eu pour l’évolution humaine une grande importance. Certes, à l’origine, elle est née d’une aspiration de Lucifer. Mais cette aspiration de Lucifer – qui plus tard, à partir de l’époque atlantéenne, oeuvrait en collaboration avec Ahriman – engendra une action opposée à ceux que nous appelons les bons esprits, les esprits de la lumière ? Au fond, dans ce lointain passé, les esprits des ténèbres voulaient à leur manière le bien des hommes, ils voulaient les former en vue de la liberté absolue ; mais certes les hommes n’avaient pas, à ce moment, atteint la maturité nécessaire. Ces esprits voulaient munir les hommes des impulsions par lesquelles chacun d’eux serait individuellement centré sur lui-même ; Mais cela n’aurait pas dû se faire, parce que les hommes n’étaient pas encore mûrs.

Il fallut que les esprits de la lumière interviennent avec une force de sens contraire qui provoqua la descente de l’homme des hauteurs spirituelles sur la terre, ce que décrit symboliquement l’exclusion hors du Paradis. En réalité, cette expulsion de l’homme hors du ciel se produisit lorsqu’il se trouva pris dans le courant des qualités héritées ou héréditaires. Lucifer et les puissances ahrimaniennes voulaient faire de lui une individualité prenant appui sur elle-même. Cette Action aurait amené la spiritualisation rapide d’un être qui était encore immature, ce qui ne devait pas se faire. L’homme devait être éduqué sur la Terre, formé par les forces de la terre. Ce qui se réalisa par son insertion dans le réseau des liens héréditaires, de la descendance physique. Dès lors, il n’avait plus appui sur lui-même, il héritait certaines qualités de ses ascendants, il se trouvait chargé de caractères terrestres auxquels Lucifer n’avait pas voulu qu’il soit soumis. Tout ce qui constitue l’hérédité physique a été imprimé à l’homme par les esprits de la lumière ; c’est le courant opposé à celui de Lucifer. C’est une sorte de poids dont l’homme fut grevé en relation avec l’hérédité, avec la procréation, la reproduction, avec l’amour sur le plan terrestre, nous avons à nous le représenter lié aux entités spirituelles que conduit l’être qu’on appelle Iahvé, Jéhovah.

C’est pourquoi nous rencontrons partout dans les anciennes religions les symboles de la procréation, de l’hérédité terrestre. Jusque dans les lois de l’hébraïsme, qui devait préparer le christianisme, partout on constate la grande importance attachée à régler, à ordonner dans le champ terrestre ce qui relève des lois de l’hérédité. Les hommes devaient apprendre à vivre en communautés tribales, en peuples, en races. Les liens du sang devaient constituer la signature marquant l’ordre terrestre.

Cela s’était préparé durant la phase atlantéenne et s’était répété pour l’essentiel notamment par les institutions de la troisième civilisation, de la période chaldéo-égyptienne, puis de la quatrième, de la gréco-latine. Nous le voyons durant ces périodes qui précisément devaient répéter la Lémurie et l’Atlantide, toutes les institutions humaines tenaient compte des races, des peuples, des liens tribaux, bref de ces caractères héréditaire qui reposent sur les liens du sang. Les prêtres des Mystères qui pour l’essentiel étaient à l’origine de tout ordre – on dirait aujourd’hui de tout ordre dans l’Etat – avaient à cœur d’observer partout comment les mœurs, les tendances, les habitudes des humains s’établissaient en fonction des liens du sang, de l’appartenance au peuple, à la tribu. Et ils instituaient les lois dans ce sens. On ne peut pas comprendre ce qui est issu des mystères des troisième et quatrième périodes pastatlantéennes si ‘on ne s’appuie pas sur l’étude minutieuse des liens au sein des races, des peuples et des tribus, étude à laquelle se consacraient les prêtres des mystères, qui instituèrent les lois dans les différentes régions de la Terre, où devait régner seul un ordre régissant les liens du sang.

A cette époque, où en quelque sorte les esprits de la lumière avaient soin de régler les relations entre humains en fonction des liens du sang, les esprits des ténèbres chassés du ciel sur la Terre eurent à cœur de travailler contre tout ce qui est l’hérédité, la consanguinité. Et tout ce que nous trouvons à cette époque caractéristique en matière de rébellion, de contestation s’élevant contre l’ordre établi sur la consanguinité, toutes les doctrines formulées naturellement par des hommes, mais inspirées par les esprits des ténèbres, tout ce qui se dressait contre l’hérédité, contre les liens raciaux ou tribaux, tout ce qui prônait la liberté individuelle et voulait fonder les lois sur elle, provenait des esprits chassés du ciel.

Ces temps se prolongèrent jusqu’au XVe siècle, mais naturellement des traces en subsistèrent au-delà, car un ordre établi ne disparait pas immédiatement au moment où une césure franche se produit dans l’évolution ? Jusqu’au XVe siècle en particulier, nous voyons fleurir partout des doctrines qui s’élèvent contre les liens simplement naturels, contre la consanguinité, les attaches familiales, l’appartenance à un même peuple, ect…

Nous avons donc deux courants : l’un prend sous sa protection – si l’on peut s’exprimer ainsi – les liens du sang : c’est celui des esprits de la lumière ; de l’autre côté, le courant des ténèbres favorise tout ce qui veut se dégager des liens du sang, tout ce qui tend à libérer l’homme des attaches familiales, de l’hérédité.

Certes, tout cela ne prend pas fin tout à coup, de même que dans la nature rien ne s’arrête d’un seul coup. En 1413, l’année qui marque la césure entre la quatrième et la cinquième période postatlantéenne, tout cela n’a pas cessé brusquement. Et ces deux courants exercent encore une action à notre époque. Car depuis le XIXe siècle depuis ces évènements importants que je vous ai décrits, nous voyons apparaitre tout autre chose – je l’ai déjà décrits, nous voyons apparaitre tout autre chose – je l’ai déjà esquissé : ce sont des êtres angéliques, des êtres de la hiérarchie des anges qui sont à l’œuvre parmi nous depuis l’année 1879, c’est l’arrière garde des esprits des ténèbres d’autrefois, de même famille, de même nature qu’eux, mais qui n’ont été précipités sur la terre que par l’évènement de 1879. Jusque là, ils accomplissaient leur tâche dans les hauteurs tandis que les esprits qui leur étaient apparentés, et qui ont agi comme je viens de le décrire, étaient parmi les hommes depuis la Lémurie et l’Atlantide.

Nous pouvons donc dire : en 747 avant l’ère chrétienne se situe une première césure dans l’évolution ; en 1413 après le mystère du Golgotha, nous avons une nouvelle césure, et en 1879 enfin celle qui est pour nous particulièrement importante.

Durant tout ce temps-là, les esprits des ténèbres sont actifs sur la Terre, tandis que d’autres, qui leur sont apparentés, se trouvent encore dans le monde spirituel. En 1841 commence le combat violent dont je vous ai parlé. Ces esprits, apparentés aux autres, viennent alors se joindre à eux, ils les rejoignent et sur terre. La force des premiers rebelles, la force du courant continu des esprits des ténèbres qui ont accompli leur tâche à la période chaldéo-égyptienne, puis durant la civilisation gréco-latine – et qui l’accomplissaient depuis la Lémurie et l’Atlantide. – cette force s’éteint progressivement ; et ce qui commence précisément à agir, ce sont els forces des esprits rejetés sur terre en 1879 seulement. Ces esprits-là commencent à agir, tandis que leurs frères perdent leur pouvoir en quelque sorte. Si bien que depuis ce troisième tiers du XIXe siècle nous avons en fait un renversement complet du toutes les conditions ; Les esprits de la lumière dont l’activité est légitime ont fait assez pour affermir les liens du sang, ceux de la tribu et de la race, car dans l’évolution tout a un temps déterminé. Dans l’ordre du monde, il a été fait assez pour affermir en l’humanité ce qui vient des liens du sang.

Si bien que depuis cette époque, les esprits de la lumière agissent différemment : ce sont eux maintenant qui inspirent en l’homme les idées et les sentiments libres, qui veulent que l’homme s’appuie sur son individualité. Et les esprits apparentés aux esprits des ténèbres d’autrefois ont maintenant progressivement pour tâche d’agir sur les liens du sang.

Ainsi ce qui était bon dans le passé, ou, pour dire mieux ce qui était dans la sphère des bons esprits de la lumière, passe aux mains des esprits des ténèbres dans le dernier tiers du XIXe siècle. A partir de ce moment, les anciennes impulsions qui reposent sur les liens du sang, de la race, de la tribu, du peuple, passent sous la régence des esprits des ténèbres, ceux qui avaient été autrefois les partisans rebelles de la liberté, et qui commencent alors à inspirer les humains de façon à ce qu’ils fondent les institutions sur les liens qui unissent les hommes dans le cadre de la race.

Vous le voyez, on ne peut pas donner ici de définition. Car si l’on définit les esprits des ténèbres en fonction de la tâche qui leur incombait autrefois, on obtient exactement l’inverse de ce qu’ils accomplissent depuis le dernier tiers du XIXe siècle. Dans le passé, ils avaient pour tâche de neutraliser les caractères héréditaires ; depuis le dernier tiers du XIXe siècle, ils restent en arrière, ils veulent s’attarder, ils veulent guider les hommes de façon à ce que ceux-ci attachent du prix à ce qui les lie par le sang, par l’hérédité, par l’ascendance.

Tout ceci est un exposé de la vérité, mais d’une vérité qui est aujourd’hui pour les humains aussi inconfortable que possible, et dont ils ne veulent pas entendre parler, parce que depuis des millénaires ils se font gloire des liens du sang. Par indolence, ils gardent cette habitude, maintenant régie par les esprits des ténèbres ; nous voyons ainsi, au XIXe siècle précisément, la valeur qui est attachée aux liens de la race, du peuple, de la tribu, comment cette attitude est présentée comme idéaliste, alors qu’en vérité elle est le début d’une décadence. Aussi longtemps que tout ce qui était édifié sur les liens du sang se trouvait sous la régence des esprits de la lumière, ce domaine était celui du progrès ; sous la domination des esprits des ténèbres, c’est celui de la décadence.

Les esprits des ténèbres feront, au cours des trois phases de l’évolution à venir, les mêmes efforts intenses pour maintenir les caractères héréditaires, et en les conservant cultiver la mentalité qui en nait, jusqu’à la dégénérescence et à la grande catastrophe, comme ils ont fait effort autrefois pour implanter en l’homme l’esprit de rébellion luttant pour la liberté, alors que les caractères héréditaires étaient cultivés dans un sens bénéfique par les esprits ouvrant pour le progrès.

C’est là, à nouveau, un point en face duquel il faut être vigilant. Et en particulier, on ne peut pas comprendre l’époque présente si l’on ignore cette permutation des fonctions qui s’est accomplie au dernier tiers du XIXe siècle. Un homme du XIVe siècle encore, lorsqu’il parlait de l’idéal des races, de l’idéal national, parlait dans le sens du progrès de l’évolution humaine et des qualités qu’il devait développer ; un homme qui parle aujourd’hui de l’idéal, racial, de l’idéal national, de la communauté tribale parle au nom d’impulsions de décadence. Et s’il croit en parlant ainsi, proposer à l’humanité les idées qui servent le progrès, il s’abuse. Rien ne fera glisser l’humanité davantage sur la pente de la décadence que la diffusion d’idéaux fondés sur la race, sur le peuple, sur le sang. Rien ne freinera e progrès réel de l’humanité mieux que les discours déclamatoires sur les idéaux des peuples, inspirés par les puissances lucifériennes et ahrimaniennes et datant du passé ; le véritable idéal devrait être puisé au monde spirituel, et non pas fondé sur le sang.

Le Christ, qui doit apparaitre au cours du XXe siècle sous une forme particulière (dans son corps éthérique), ignorera tout de ce qu’on appelle aujourd’hui des idéaux, qui inspirent aux hommes tant de discours. L’être de la hiérarchie des archanges que nous appelons Michael a été en quelque sorte le lieutenant de Jéhovah (Iahvé) dans le passé ; Il sera de par les fonctions qui lui ont été transmises en 1879, le lieutenant du Christ, de l’impulsion christique qui travaille à remplacer les liens du sang, les liens uniquement naturels, par des liens spirituels entre humains. Car seuls les liens que noue une communauté spirituelle pourront apporter un élément de progrès compensant la décadence inscrite dans la nature des choses. Je dis : la décadence est conforme à la nature.

Un être humain qui prend de l’âge ne peut pas rester un enfant ; il s’engage avec son corps dans une évolution déclinante ; et de même l’évolution est entrée dans une phase de décadence. Nous avons dépassé la quatrième période de la civilisation, nous sommes maintenant dans la cinquième ; avec cette cinquième, la sixième et la septième constitueront la vieillesse de la présente évolution du monde.

Croire que les idéaux du passé se maintiendront est aussi sensé que de croire qu’un homme doit épeler toute sa vie parce qu’il est bon pour l’enfant d’apprendre à épeler. Et ce serait tout aussi judicieux de vouloir propager à l’avenir l’idée d’une structure sociale se répandant par toutes la terre, fondée sur les liens du sang, sur qui peut-être appliquée à l’âme et à l’esprit. Goethe n’en a donné que le début avec son idée de la métamorphose, principe de l’évolution organique ; nous avons maintenant l’évolution de l’esprit vers laquelle marche l’humanité de cette cinquième période postatlantéenne, au cours de laquelle l’homme s’intériorise, comme je l’ai exposé précédemment.

Le goethéanisme peut avoir devant lui un grand avenir, car m’anthroposophie tout entière est dans sa ligne. Le darwinisme considère l’évolution physique dans son aspect physique : impulsions venues de l’extérieur, lutte pour la vie, sélection, etc. Il présente ainsi l’évolution déclinante, tout ce que l’on peut constater de la vie organique quand on se consacre aux impulsions qui ont pris autrefois de l’importance.

Si l’on veut comprendre Darwin, il suffit de faire une synthèse de toutes les lois qui ont été découvertes dans le passé ; si l’on veut comprendre Goethe, il faut s’élever à la conception de lois nouvelles, toujours nouvelles, dans l’existence. Les deux choses sont nécessaires. Le mal ne vient pas de qu’il existe un darwinisme, ou un goethéanisme ; il vient de ce que les hommes ne veulent accepter que l’un ou bien l’autre, et non pas l’un et l’autre. Voilà ce qui importe.

Que l’être humain soit de plus en plus jeune en prenant de l’âge s’il développe son âme sainement, ce ne sera possible à l’avenir que s’il s’ouvre à des impulsions spirituelles. Il pourra dans ce cas avoir des cheveux gris, des rides et toutes sortes de défaillances : il n’en sera pas moins de plus en plus jeune parce qu’en son âme vivront les impulsions qui peuvent être emportées au-delà de la mort. Mais lorsqu’on s’identifie à son corps, on ne peut pas rajeunir. On ressent dans l’âme tout ce que vit le corps. Bien entendu, on ne peut éviter de grisonner, mais une tête grise peut puiser aux sources de la vie spirituelle une âme jeune. L’évolution de l’humanité au cours des cinquième, sixième et septième civilisations se déroulera dans le sens de la théorie darwinienne « grisonnante » - si vous me permettez cette expression étrange. Les hommes devront conquérir la force de jeunesse enclose dans l’idée de la métamorphose, de l’évolution spirituelle, substance du goethéanisme, s’ils veulent pouvoir traverser la catastrophe que l’on peut comparer à une mort terrestre –la catastrophe que l’on peut comparer à une mort terrestre – la catastrophe de l’avenir. Cette force de jeunesse doit être portée à travers la catastrophe de l’avenir, tout comme l’âme rajeunie est portée à travers la mort par l’être individuel.

Lorsqu’il est descendu du ciel sur la terre – si nous pouvons employer cette expression – et avec lui ces esprits des ténèbres qui lui ont transmis ce qu’il fallait pour qu’il se rende libre à l’époque où régnaient les lois de l’hérédité, les lois de la nationalité, de la race – l’homme a trouvé la possibilité de s’unir à la Terre. L’action de Lucifer et d’Ahriman a engendré un bien du fait que l’homme a pu, grâce à lui, se lier à la Terre.

L’évolution se poursuit. Nous vivons à l’époque où l’être humain vit sur la terre, est uni à la terre. Des esprits lucifériens-ahrimaniens, des esprits des ténèbres, ont été précipités du ciel sur la terre. Lhomme doit alors être à nouveau libéré de la terre, lui être enlevé, en ramenant une partie de son être vers le monde spirituel. Il faut qu’en l’humanité se développe la conscience que nous ne sommes pas de cette terre, il faut que cette conscience s’intensifie de plus en plus.

A l’avenir, l’homme devra cheminer sur la Terre en se disant : certes, par la naissance je pénètre dans un corps physique, mais c’est un passage. Je reste en réalité dans le monde spirituel, j’ai conscience que seule une partie de mon être est liée à la Terre, que tout mon être ne quitte pas le monde dans lequel je réside entre la mort et une nouvelle naissance – ce qui doit se développer, c’est ce sentiment d’appartenir au monde spirituel.

Dans les siècles passés, une ombre fausse de cette réalité a été projetée du fait que l’on n’a pas voulu comprendre la vie physique, qu’on s’est adonné à un ascétisme erroné, qu’on a cru pouvoir obtenir ce résultat en portant atteinte à la vie du corps. Il faut maintenant comprendre que ce n’est pas un ascétisme mal compris, mais l’union avec le spirituel, avec la nature fondamentale, avec l’essence des choses, qui fera percevoir qu’en réalité l’homme n’est pas seulement un être terrestre, mais qu’il appartient au Cosmos tout entier. Ce que fait la science physique, ce ne sont pas seulement un être terrestre, mais qu’il appartient au cosmos tout entier. Ce que fait la science physique, ce ne sont que des préparatifs.

Pensez combien, jusqu’au XVe siècle, jusqu’à la fin de la période gréco-latine, l’homme a été dépendant du sol sur lequel il avait grandi, dans quelles attaches avec le sol se déroulait son développement ; C’était bien ainsi – mais ce ne doit pas rester la chose essentielle.

La conscience psychologique doit se détacher de la Terre, de même que la science physique n’a détaché l’homme de la terre qu’au point de vue physique dans la conception copernicienne. La Terre est devenue dans l’espace sidéral un corps de dimension réduite ; pour l’instant, la chose est valable spatialement parlant. Par la théorie copernicienne déjà, bien que sous une forme tout à fait abstraite, l’homme a été orienté vers la sphère cosmique. Il faut poursuivre ce cheminement mais sans y englober la vie physique, ce serait une erreur. Le physique va son chemin.

Prenez l’Amérique, c’est-à-dire non pas la population autochtone qui l’habitait depuis des siècles. Vous le savez, une nouvelle population s’y est installée, originaire d’Europe. Celui qui observe avec subtilité cette population s’aperçoit qu’en elle la vie physique ne se libère pas de ses liens avec la terre physique : les Américains qui sont en fait des Européens transplantés révèlent peu à peu des qualités qui rappellent les anciens Indiens ; leurs bras ont maintenant une autre longueur qu’en Europe, et la cause en est cette transplantation en Amérique. L’homme physique s’adapte donc au sol. La chose va si loin qu’on constate une différence notable de la forme physique entre les Américains de l’Ouest et ceux de l’Est. Voilà ce qui s’appelle s’adapter au sol. Extérieurement physiquement, l’Européen qui vit en Amérique s’ "indianise".

Si l’âme venait à suivre ce cheminement, ce processus physique, comme c’était le cas autrefois au cours de la phase européenne, nous verrions se produire une renaissance de la civilisation indienne. L’affirmation est un peu excessive, mais juste cependant. A l’avenir, l’humanité ne pourra pas être liée à ce qui enchaine au sol ; il faut qu’elle s’en libère. L’homme pourra alors , de par la terre, être doté des qualités physiques correspondant à son sol, le corps de l’Européen, lorsqu’il s’installera en Amérique, pourra s’ « indianiser » : l’homme, lui se libérera dans son âme des éléments physiques, terrestres, et deviendra un citoyen des mondes spirituels. Et dans les mondes spirituels, il existe non pas des races, ou des nations, mais d’autres liens.

Ce sont là des choses qu’il faudra comprendre en face des grands, des puissants évènements qui se déroulent sur la Terre, si l’on ne veut pas être – pardonnez-moi l’expression – un âne têtu qui tient à présenter les vieux préjugés comme un idéal nouveau.
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obsidienne

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Lucifer et Ahriman. Leur influence dans l’âme et dans la vie.

Message par obsidienne le Mer 15 Mar - 13:40

Extrait du livre de Rudolf Steiner : Lucifer et Ahriman. Leur influence dans l’âme et dans la vie.

Septième conférence, Dornach, 1er avril 1921 : L’évolution de l’humanité, son rapport avec l’évolution de la Terre. L’intériorisation actuelle de l’intellect, une métamorphose de la pensée des temps anciens agissant dans les lois de la nature, à l’extérieur de l’homme. L’Est et l’Ouest. La lune, image d’un devenir possible de la Terre. Pensée et volonté individualisées transformées en amour permettent à l’homme de participer à la métamorphose de l’évolution terrestre.

Dans mes livres « Théosophie », « La science de l’occulte » et d’autres, j’ai indiqué comment l’être humain se subdivise et ce fut, souvent déjà, le sujet de nos exposés ésotériques ; si nous résumons un peu la chose et la considérons plutôt  du dehors, nous nous arrêterons en premier lieu à ce que l’on appelle les forces de l’entendement, de la raison. Certes, ce que nous englobons sous le terme de « facultés intellectuelles » est lié à tous les constituants de l’être humain, que nous avons énumérés. C’est en reprenant sans cesse des notions et des idées que nous connaissons déjà, et en les examinant sous de nouveaux angles de vue, que nous pourrons faire un pas en avant.

Nous voyons donc, d’un côté, les activités plutôt intellectuelles et raisonnantes de la vie psychique humaine, et d’un autre côté, celles qui s’orientent plutôt du côté du désir ou de la volition.

Nous allons aujourd’hui envisager ces facultés dans l’humanité tout entière, et nous demander : Quelle signification ont les forces de l’intelligence raisonnante dans la vie de toute l’humanité, et quelle signification ont les forces volontaires ? Une considération de ce genre ne peut être féconde que si on considère tout les hommes comme des membres de la planète Terre. Qu’on en ait le droit, cela ressort des exposés que j’ai faits, en particulier dans « La science occulte », sur les phases d’évolution de notre Terre : l’ancien Saturne, l’ancien Soleil et l’ancienne lune.

Si vous vous rappelez ce qui est dit là, vous savez que les choses n’y sont pas décrites comme le font les géologues et les savants actuels. D’un côté, ils pensent la Terre comme si l’Homme n’en faisait aucunement partie, et d’un autre côté, ils pensent l’humanité à part, dans une Anthropologie tout à fait séparée du reste, comme si l’humanité se promenait sur un sol qui lui est totalement étranger. Il ne peut être question d’une position de ce genre pour une étude vraiment fructueuse !

Si vous vous reportez à ce qui a été dit de l’ancien saturne, de l’ancien Soleil et de l’ancienne Lune, vous verrez que, dans cette évolution, on ne peut pas penser séparément les forces qui agissent dans l’humanité et celles qui agissent dans le reste de la planète. Si, sur terre, l’humanité a acquis une certaine autonomie et se meut avec quelque indépendance, cela ne représente qu’un stade précis de son évolution. On n’a pas le droit d’y voir une loi absolue.

Nous devons considérer l’humanité dans ses rapports constants avec l’évolution de la Terre, et dire : l’intériorité actuelle de l’intelligence n’existait pas autrefois. Ce qui est aujourd’hui localisé dans notre tête, l’entendement ou raison, était autrefois comme répandu sur toute notre planète – c’était autrefois comme répandu sur toute notre planète – c’était une sagesse tout à fait générale et qui pénétrait tout. On pourrait dire que l’intelligence gouvernait tout le déroulement de l’évolution terrestre. L’homme lui-même, sur l’ancienne Lune – pour ne pas parler ici de l’ancien soleil ni de l’ancien saturne – ne possédait pas encore de conscience raisonnante, mais plutôt une conscience onirique (de rêve).

Cette conscience percevait, au dehors, les phénomènes du monde, mais les Hommes ne se disaient pas « Là, dehors, se déroulent les phénomènes du monde et je les comprends avec ma raison » - non- ils ne faisaient que rêver des images. Ce que nous sentons actuellement localisé dans nos têtes, l’entendement, l’intelligence, apparaissait alors aux hommes comme une sagesse universelle agissant au dehors. Nous distinguons actuellement entre les lois de la nature et la faculté qui, en nous, peut les comprendre – faculté  que nous appelons aussi notre raison – mais l’homme originel, même pendant les premières phases de notre évolution « Terre », n’avait dans sa conscience que des images. Il ne faisait aucune distinction entre les lois de la nature extérieure et sa propre pensée. La nature elle-même n’était qu’une pensée, qui se donnait ses lois. La raison régnait à l’extérieur. Mais actuellement, au stade présent de l’évolution, l’humanité est devenue autonome et nous nous disons : « En nous, il y a la raison, et hors de nous, il y a les lois naturelles. »

Car notre humanité terrestre a évolué ; elle prend conscience, jusqu’à un certain point, d’une raison qui réside en elle. Nous touchons ici à un important virage évolutif de la terre et de l’homme. Mais cette impulsion n’a pas encore été pleinement réalisée, développée ; l’humanité est restée à mi-chemin dans son processus d’intériorisation de la raison. C’est un point qu’il faut prendre en considération, surtout à notre époque, et du point de vue de la Science spirituelle. Car, aujourd’hui, les hommes sont extrêmement fiers de leur intelligence, ils y voient l’élément décisif de leur évolution, ils se représentent la science comme un bien commun qui plane sur toute l’humanité et auquel certains ont le devoir de sacrifier leurs personnalités.

Tel est notamment l’idéal de nos établissements scolaires officiels : faire de la science une chose tout à fait impersonnelle au sein de laquelle on dira le moins possible : « je » - et le plus possible « on ». « On a trouvé ceci ou cela… On doit tenir ceci ou cela pour vrai… » Oui, l’idéal des représentants officiels de la science, ce serait qu’on puisse passer d’une université à une autre, fût-elle très éloignée, sans trouver la moindre différence entre les professeurs, sauf peut-être sous le rapport, de leurs tempéraments respectifs. Il semblerait idéal qu’après avoir écouté un cours de Botanique dans une ville du Nord, on puisse se transporter rapidement dans une ville du Sud et y entendre la continuation exacte du même cours. Partout, les cours seraient conformes à ce qu’on sait de la botanique. On a une peur affreuse que quelque chose de personnel arrive à se glisser dans le savoir. C’est dans ce domaine qu’on tend le plus énergiquement à « niveler » toute la culture humaine. On ne doit pas dévier un seul instant de ce qu’on a formulé une fois pour toutes. C’est ainsi qu’on cherche à séparer radicalement ce qui est la science de ce qui est l’homme. On les sépare d’ailleurs de maintes autres manières, et il est facile d’en trouver des exemples.

De nos jours, les savants écrivent une quantité inouïe de thèses, de dissertations, d’essais, etc. ces écrits innombrables, seuls les lisent, en général ceux qui sont chargés de les juger. En général, un seul homme les lit et il dit à ses collègues ce qu’il faut en penser. Ensuite, toute cette littérature spécialisée s’emmagasine, s’accumule en morceaux énormes dans les bibliothèques. S’il arrive que quelqu’un recommence à écrire sur le même sujet, il consulte les catalogues des bibliothèques et il cherche s’il y a là quelque chose dont il doive tenir compte. Ensuite on remet le tout en piles. Tout cela concerne aussi peu que possible la personne, l’individu.

Dans les bibliothèques pullulent des milliers d’ouvrages qui n’intéressent véritablement personne. C’est un effroyable gâchis, mais le plus effrayant, c’est que les hommes ne le sentent pas : ils sont, au contraire, pleinement rassurés. Eux-mêmes n’ont plus besoin de savoir quoi que ce soit, puisqu’on trouve tout dans les bibliothèques, à la seule condition d’avoir la cote. Certes la science aurait un aspect tout différent, si les hommes la portaient dans leurs têtes au lieu de l’empiler sur les rayons de bibliothèques !

C’est là un des signes – et il y a en a bien d’autres – auxquels nous reconnaissons que la culture générale est tout à fait dépersonnalisée. Les hommes aiment à la sentir comme une sorte de nuage, qui les surplombe. Mais ce que produisent les hommes ne leur appartient pas exclusivement. Cela appartient aussi à l’univers. C’est pourquoi je dis qu’il est indispensable de considérer l’homme en rapport avec toute sa planète, et sa planète en rapport avec tout le cosmos !

L’homme s’efforce, par son intelligence, d’élaborer des sciences qui aboutissent toujours à « on pense », « on sait », etc. Les générations passent et les hommes se dessèchent de plus en plus. Dans cet amoncellement d’écrits, on ne trouve finalement que des non-vérités – objectives, certes – mais qui n’ont été touchées par rien de personnel et que personne ne prend à cœur.

Il y a des associations de savants qui voient d’un mauvais œil qu’après les discours officiels, on s’entretienne en petits comités, devant une tasse de thé ou de café… ceux qui ont la faiblesse d’éprouver un peu d’attachement, ou d’enthousiasme, pour leur science, passent pour des dilettantes, pour des gens peu sérieux qui n’ont pas le sens de l’universel.

J’étais un jour dans une réunion où Helmholtz faisait une conférence. Helmholtz lisait son texte, qui était sous presse depuis longtemps, et les gens écoutaient… comme on écoute, dans ces cas-là. Après la conférence, vint à moi un journaliste qui me dit : « A quoi bon cette lecture ? On n’en avait aucun besoin ! Ceux qui le veulent pourront lire ce texte lorsqu’il sera imprimé. Il était inutile de nous le lire. Helmholtz aurait fait quelque chose de bien plus utile s’il s’était simplement promené dans l’amphithéâtre en serrant des mains…
D’un côté, il y a ceux qui s’intéressent à tous les détails, qui se passionnent, s’enflamment. Leur science se transmue en une chose vivante, car tout ce que nous pensons peut-être adopté par notre vie affective et pénétrée de chaleur animique. Les apports d’une science particulière se haussent alors jusqu’à l’universel.

D’un autre côté – et c’est la mentalité la plus répandue – on aboutit de plus en plus au désir de créer des automates qui se chargent de tous les travaux scientifiques, afin que les hommes n’aient plus besoin de penser avec leurs têtes.

Or ce qui se fait avec flamme, je dirai même avec cœur, devient, en réalité, l’affaire de toute notre planète et, par suite, de tout le cosmos. Ce que l’homme fait, lorsqu’il pense, est aussi réel que le mouvement de l’eau coulant d’une source et descendant jusqu’à la mer – ou de cette eau s’évaporant, puis retombant en pluie.

Quand il pleut, quand les plantes bourgeonnent, etc, - ce sont des évènements planétaires. Et quand l’homme pense, c’est un autre événement planétaire. C’est précisément la tâche de l’homme : intérioriser en lui cette intelligence impersonnelle qui était, auparavant, répandue sur toute sa planète, et s’unir à elle.

L’homme obéit donc à une juste impulsion lorsqu’il fait de son savoir une affaire personnelle, lorsqu’il sait le pénétrer d’enthousiasme et le transmettre aux autres avec chaleur, avec tout son cœur.

Mais quand il ne le fait pas, quand il se borne à emmagasiner des faits, il n’arrive rien de ce qui devrait arriver. L’âme sentante  de l’homme n’est pas saisie. La culture scientifique ne se développe que dans les têtes, elle s’éloigne de la terre, au lieu de descendre dans les cœurs. Les esprits lucifériens guettent ce rebut de connaissances dont les cœurs n’ont pas voulu et que les âmes sentantes n’ont pas saisi – ils recueillent tout ce déchet. La seule possibilité d’arracher aux esprits lucifériens notre culture rationnelle, c’est de la pénétrer de sentiment individuel, comme je viens de le dire. Mais ce qui se passe de nos jours, ce qui se passe depuis longtemps déjà, ce qui devra assurément changer, c’est que nous laissons l’existence terrestre devenir la proie du monde luciférien, à force de froideur, d’aridité et de sécheresse. Cela retarde la terre dans son évolution ; elle est retenue par là dans une phase antérieure. Si cela continuait, elle ne  pourrait pas arriver à son terme prévu, car les hommes perdraient leur âme sentante.

La science impersonnelle est la meurtrière de l’âme et de l’esprit de l’homme. Elle finirait par faire de la terre une plante morte, peuplée d’automates humains. Il faut, dès à présent comprendre la gravité de ce risque ! Il n’est pas permis d’assister avec indifférence à ce meurtre cosmique.

Un tout autre problème se pose au sujet de la faculté humaine de désir, qui se rattache aux impulsions volontaires. Là aussi, il y a deux idéaux. Le premier idéal est que cet élément volontaire, basé sur les désirs, se soumette de plus en plus aux commandements, aux lois de l’Etat, etc. On trouve alors la légalité générale, d’une part, et les désirs instinctifs des hommes, d’autre part – Le second idéal, c’est que ce qui se reflète dans l’homme sous forme de désirs et de volitions se hausse progressivement jusqu’au domaine de la pensée pure, et se transmue, dans la vie sociale, en amour. C’est ce que j’ai exposé dans ma « philosophie de la liberté ». Là, j’ai montré que les lois morales doivent naître de chaque individualité humaine. Lorsque ce qui naît de l’individu se hausse jusqu’à la pensée pure, il y a un accord général entre ce que font tous les hommes, et l’ordre social en résulte. La plupart des gens préfèreraient fixer, organiser, ce que doivent vouloir les hommes. Ils ont peur d’un ordre social où chacun se donnerait librement sa loi. Ils préfèreraient des « impératifs catégoriques » à l’amour quoi doit jaillir entre les hommes. Mais ces impératifs, ces préceptes abstraits, qu’ils soient faits sur le modèle du Décalogue ou d’un quelconque Code civil, ne peuvent parvenir qu’à renforcer chez les hommes les désirs instinctifs – ces désirs que nous voyons foisonner aujourd’hui de toutes parts et qui sont finalement devenus le seul ingrédient de notre vie sociale. Là, l’homme n’élabore pas sa volonté jusqu’à la rendre individuelle, et il ne la hausse pas jusqu’au domaine de la pensée pure. Cette déficience concerne, en réalité, la planète toute entière, et par elle, le cosmos. C’est ce que guettent avec avidité les esprits ahirmaniens. Ils s’approprient et ils utilisent tout ce monde de désirs et de volitions qui ne se transforment pas en amour, ils le transmettent à des entités très individualisées et dont la nature est démoniaque.


Tout à l’heure, nous avons vu naître une entité luciférienne plutôt collective grâce à l’intelligence non élaborée ; et maintenant, nous voyons surgir des entités démoniaques tout à fait individuelles à partir des désirs humains non transmués en amour.

Si on ne s’efforçait pas de réaliser une forme individualisée de la vie sociale, la Terre se remplirait de ces êtres suprasensibles ahrimaniens, qui lui enlèveraient la possibilité d’évoluer jusqu’à son but final – c’est-à-dire de se métamorphoser en « futur Jupiter ».


Sur ce dessin schématique, j’ai indiqué l’intelligence abstraite luciférienne, collective, à gauche. Et de l’autre côté, j’ai indiqué l’élément ahrimanien individualisé qui naît de la volonté non transformée en amour. Ce schéma résume les débuts d’une nouvelle civilisation. On voit se former à l’Ouest, à partir des impulsions égoïstes qui sont si fortes dans le monde occidental, et à l’Est, où règne la seule subjectivité humaine avec une culture étatique tombée en décadence, l’ébauche d’une nouvelle Création.

Sous beaucoup de rapports, l’automatisme règne déjà dans le monde terrestre, mais il a encore un caractère très individualisé. Les automates actuels rendent un son bien particulier : le son de l’or et de l’argent.

Sur ces sujets, il ne faut pas s’abandonner à des mouvements de sympathie ou d’antipathie, mais porter un regard pénétrant sur le devenir mondial, en rattachant au devenir cosmique ce qui se passe chez les hommes terrestres. On se dit alors : Il est donné aux hommes de faire sagement progresser l’évolution de leur planète. Les dangers que je viens d’esquisser menacent l’humanité, si elle n’essaie pas de transmuer son savoir en sagesse. On peut, certes, recevoir ces vérités de la science spirituelle en y mettant beaucoup d’intériorité, beaucoup de sentiments ; je vais vous le montrer en attirant votre attention sur un symbole cosmique, qui est, en vérité, retardataire : l’aspect actuel de notre Lune.

Regardons la Lune à son premier ou à son dernier quartier ! Nous avons là, dans la courbure de son croissant, une image de ce que la terre pourrait devenir. A celui qui voit le suprasensible, la partie obscure de cette Lune montre de petites formes démoniaques qui se meuvent d’une façon hideuse… Elles apparaissent dans la partie sombre qu’encadre la courbe éclairée du croissant. La Lune nous présente une image de ce que la terre pourrait devenir – si les hommes ne l’en préservent pas !

C’est une  image cosmique, et nous devons nous habituer à saisir le sens intime de ce que nous voyons dans le cosmos. Quelque chose qui est comme une caricature de l’existence terrestre a été déposé là, dans ce croissant lunaire. On peut mieux comprendre ce qu’on voit dans le cosmos, quand on observe ce qui se passe parmi les hommes, et inversement, on peut mieux comprendre les tâches humaines lorsqu’on perçoit la vraie signification des données du cosmos.

Mais alors, les aspects du cosmos peuvent nous enseigner ce que devra être la Morale, l’Ethique de l’humanité à venir !

Ce que je vous dis sur Lucifer et Ahriman ne doit jamais vous servir à édifier des théories. Et il ne suffit pas de chercher à définir ce que son Lucifer et Ahriman. Il faut aussi que nous sachions voir, dans tout ce qui se passe autour de nous : l’activité des esprits lucifériens qui voudraient retenir la terre à des stades antérieurs, et celle des esprits ahrimaniens qui voudraient retarder l’évolution actuelle et l’empêcher d’atteindre au futur Jupiter. Mais il faut comprendre ces choses dans le détail.

Il faut, si je puis dire, juger de ce qui est moral à l’aide des lois de la nature, et juger des lois naturelles à l’aide de la Morale. On jette ainsi un pont entre la conception morale du monde et sa conception théorique – ce grand  pont dont j’ai, souvent déjà, parlé ici.

Il faut aussi considérer à ce point de vue les choses qui se passent actuellement. Car c’est seulement quand la volonté libre de l’homme interviendra dans le devenir mondial que pourront être mis en œuvre les remèdes que je vous ai brièvement indiqués aujourd’hui. Car la suite qui sera donnée à l’évolution dépendra essentiellement de l'homme et de l’humanité. C’est là une vérité qu’il ne faut jamais oublier.

Celui qui n’aime que les théories, celui qui, par exemple, se préoccupe seulement de ce qu’il adviendra dans tant ou tant de siècles ou de millénaires, oublie que nous sommes déjà dans une époque où le soin de métamorphoser la terre est laissé à l’humanité. Tout ce qui est intelligence doit être adopté par l’âme sentante de l’homme et tout ce qui monte de l’homme sous la forme de désir doit être transmué en amour. Il s’agit de l’amour pour tous les êtres humains – un amour qu’on ne peut atteindre que dans la pensée pure et libre.

Dans la pensée, clarté,

Dans le sentiment, intériorisé,

Dans la volonté, maîtrise de soi.

Si je m’y efforce,

Je peux espérer

Me guider pour le mieux

Sur les sentiers de la vie,

Devant les cœurs humains,

Dans le cercle des devoirs.


Car la clarté

Jaillit de la lumière de l’âme

Et l’intériorité

Conserve la chaleur spirituelle.

La maîtrise de soi

Fortifie la force vitale

Et le tout ensemble,

Avec la confiance en Dieu,

Nous assure une marche juste

Sur les chemins de la vie.


Ainsi, j’ai attiré votre attention sur deux courants de culture qui sont de la plus haute importance. J’ai, encore une fois, essayé de montrer, sous cet angle de vue, quelle est la tâche d’une science spirituelle vraiment prise au sérieux. Il ne s’agit pas de se complaire à des révélations mystérieuses, mais de vouloir intervenir dans l’évolution de l’humanité, afin que, grâce à l’être humain, le devenir universel se forme de la juste manière.
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Re: L’être humain psychocorporel dans le royaume du temps ; psycho-spirituel dans le royaume de la durée de vie (penser-sentir-vouloir). L’être humain entre Ahriman et Lucifer. Les mouvements. La loi de vibration.

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