La légende de Prométhée de Rudolf Steiner

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La légende de Prométhée de Rudolf Steiner

Message par obsidienne le Jeu 9 Fév - 21:04

Extrait du livre de Rudolf Steiner : Mythes et Légendes et leurs Vérités Occultes.

La légende de Prométhée.

Septième conférence ; Berlin, 7 octobre 1904.

La dernière fois, j’ai essayé de vous montrer comment se déroulait l’initiation dans les anciennes loges druidiques. Aujourd’hui, je voudrais vous parler de quelque chose qui, bien qu’apparenté à cela, peut en paraitre à première vue, quelque peu éloigné. Mais nous verrons comment nous pourrons accéder à une compréhension de plus en plus profonde du développement de l’humanité.

Après avoir écouté mes conférences du vendredi, vous avez compris que les légendes des différents peuples ont un contenu profond et que les mythes sont l’expression de profondes vérités ésotériques. Je voudrais vous parler aujourd’hui d’une légende qui est en rapport avec toute l’évolution de notre cinquième race-mère. Vous verrez en même temps que l’occultiste peut toujours mettre en évidence trois niveaux de compréhension des légendes.

Les légendes commencent par vivre au sein d’un peuple donné, où elles sont prises au sens littéral, extérieur, exotérique. Puis naît le scepticisme à l’encontre de cette version littérale des légendes, et les érudits tentent d’en émettre une interprétation symbolique. Derrière ces deux interprétations, il y en a encore cinq autres, car chaque légende a sept significations. La troisième est celle où vous êtes d’une certaine façon, en mesure de prendre, à nouveau, les légendes au pied de la lettre. Vous devez toutefois d’abord apprendre à comprendre la langue dans laquelle elles sont formulées. Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’une légende dont la compréhension n’est pas si aisée : la légende de Prométhée.

Dans un chapitre du deuxième volume de la « Doctrine secrète » de H.P. Blavatsky, vous trouverez un passage qui traite de cette légende, ce qui vous permettra d’en saisir toute la profondeur. Toutefois, il n’est pas toujours possible d’exprimer la totalité d’une idée dans des textes imprimés. Aujourd’hui, nous pourrons donc aller un peu au-delà des exposés de La Doctrine Secrète de Blavatsky.

Prométhée est une figure de la mythologie grecque. Son frère Epiméthée et lui sont les fils d’un Titan, Japet. Et les Titans sont à leur tour les fils des plus anciennes divinités grecques, Uranus et son épouse Gaïa. Ouranos peut être traduit par « ciel » et Gaïa, « terre ». J’insiste encore sur le fait que l’Ouranos grec est la même entité que le Varana indien. Prométhée, ainsi que son frère Epiméthée sont donc des Titans descendants d’Ouranos et de Gaïa. Le plus jeune des Titans, Chronos, le Temps, a détrôné son père Ouranos et a pris le pouvoir. Mais il a été à son tour détrôné par son fils Zeus et repoussé avec tous les Titans, dans le tartare, l’Abîme, le monde Souterrain. Seul le Titan Prométhée et son frère Epiméthée restèrent fidèles à Zeus. Ils combattirent à ses cotés les autres Titans.

Mais Zeus voulut ensuite éliminer aussi le genre humain, devenu présomptueux. A ce moment là, Prométhée s’en fit le défenseur ; il réfléchit au moyen d’offrir au genre humain quelque chose qui lui permettait de se sauver lui-même et de ne plus dépendre uniquement de l’aide de Zeus. On nous raconte ainsi que Prométhée enseigna aux hommes l’usage de l’écriture et des arts, notamment l’usage du feu. Mais ce faisant, il s’exposa à la fureur de Zeus : ce dernier l’enchaina à un rocher du Caucase où il dut subir de longs tourments.
Le récit nous décrit ensuite que les dieux, Zeus à leur tête, ont demandé à Héphaïstos, le dieu forgeron, de faire une statue féminine. Cette statue féminine avait été parée par les dieux de tous les attributs de la beauté extérieure du genre humain de la cinquième race-mère. Cette statue féminine était Pandore. Pandore reçut de Zeus la mission d’apporter à l’humanité des présents porteurs de malheurs, et d’abord au frère de Prométhée, à Epiméthée. Certes Prométhée avertit son frère du danger qu’il y aurait à accepter ces présents ; mais celui-ci se laissa convaincre et reçut, des mains de Pandore, les présents funestes des dieux. Ils furent tous déversés sur l’humanité ; un seul, celui qui était bénéfique, resta dans la boîte : l’espérance. Les autres n’étaient que plaies et souffrances pour l’humanité ; seule l’espérance resta dans la « boîte de Pandore ».
Prométhée est donc enchaîné au Caucase, et un vautour lui ronge continuellement le foie. Il subit là sont châtiment. Mais il sait quelle rançon pourrait le sauver. Il connait un secret que Zeus lui-même ignore, mais veut savoir. Néanmoins, Prométhée ne le trahit pas, bien que Zeus lui envoie Hermès, le messager des dieux.

La légende se poursuit en relatant l’étrange libération du héros : on dit que Prométhée ne peut être libéré que par l’intervention d’un initié, d’un initié comme le Grec Héraklès, qui avait accompli les douze travaux. L’accomplissement de ces douze travaux est l’œuvre d’un initié. Ce sont les douze épreuves initiatiques présentées sous une forme symbolique. En outre, on dit d’Héraklès qu’il s’était fait initier aux mystères d’Eleusis. Il peut sauver Prométhée. Mais il fallait encore qu’un être se sacrifie à la place du prisonnier, et pour Prométhée, ce fut le centaure Chiron qui se sacrifia ; il était mi-homme, mi-animal. Il souffrait déjà d’une maladie incurable, (mais était en réalité immortel. Pour pouvoir mourir, il se sacrifie). Il subit la mort et, de ce fait, Prométhée est sauvé. C’est la structure extérieure de la légende de Prométhée.

Dans cette légende se trouve toute l’histoire de la cinquième race-mère. Elle comporte une authentique vérité issue des mystères. On racontait vraiment cette légende en Grèce. Mais elle était aussi représentée dans les mystères, si bien que le disciple des mystères avait vraiment devant les yeux le destin de Prométhée. Et il devait y avoir le passé et l’avenir de toute la cinquième race-mère.

Vous ne pouvez comprendre cela que si vous tenez compte du point suivant : ce n’est qu’au milieu de son évolution que la race lémurienne atteignit le stade humain au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Cette humanité fut conduite par de grands maîtres et guides que nous désignons comme « Fils du brouillard du Feu ». Aujourd’hui, l’humanité de la cinquième race-mère est également conduite par de grands initiés, mais nos initiés sont d’un autre type que les anciens guides de l’humanité.

Vous devez maintenant bien comprendre la nature de cette différence. Il y aune grande différence entre les guides des deux races-mères précédentes et les guides de notre cinquième race-mère. Les guides de ces races –mères étaient aussi réunis dans une Loge Blanche fraternelle. Mais ceux-ci n’avaient pas accompli leur évolution sur notre planète terrestre, elle s’était déroulée ailleurs. Quand ils descendirent sur terre, c’était déjà des êtres humains, mais supérieurs, et ils avaient une mission d’enseignement auprès des hommes encore en enfance, au stade de leurs premiers pas : ils devaient leur enseigner les arts, et les techniques dont ils avaient besoin. Cette période d’enseignement concerna la troisième, la quatrième et même la cinquième races-mères.

avatar
obsidienne

Messages : 3653
Date d'inscription : 21/10/2012
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La légende de Prométhée de Rudolf Steiner

Message par obsidienne le Jeu 9 Fév - 21:06

Cette cinquième race-mère a son origine dans un petit groupe d’hommes qui avait été détaché de la race-mère précédente. Ils furent éduqués dans le désert de Gobi, d’où ils rayonnèrent ensuite sur toute la terre. Le premier guide qui a impulsé cette évolution humaine fut l’un des « Manu », le Manu de la cinquième race-mère. Ce Manu appartient encore à ces guides du genre humain qui sont descendu à l’époque de la troisième race-mère. C’était encore l’un des guides qui n’ont pas fait leur évolution uniquement sur terre, mais qui ont apporté leur maturité sur notre terre.

Ce n’est que dans la cinquième race-mère que commence le développement des Manus qui sont des êtres humains comme nous, qui n’ont fait, comme nous, leur évolution que sur la terre, qui ont franchi tous les stades sur la terre. Nous avons donc des hommes qui sont d’emblée de grands guides et des maîtres, et d’autres qui s’efforcent de devenir des guides et des maîtres, si bien qu’à l’intérieur de la cinquième race-mère, nous avons des maîtres et des chelas qui appartiennent à la race-mère antérieure, et des chelas et des maîtres qui ont franchi les mêmes étapes de l’évolution que les hommes à partir du milieu de l’époque lémurienne. L’un des maîtres qui ont la direction de la cinquième race-mère est élu pour prendre la direction de la sixième race-mère.

La sixième race-mère sera la première à avoir pour guide, pour Manu, un frère terrestre. Les maîtres précédents, les Manus des autres mondes, remettent au frère terrestre la gouvernance de l’humanité.

Avec l’apparition de notre cinquième race-mère coïncide ce que nous appelons l’évolution des arts. Les Atlantes avaient encore une tout autre vie. Ils n’avaient ni inventions ni découvertes. Ils travaillaient d’une tout autre manière. Leurs techniques et leurs arts étaient complètement différents. Ce n’est qu’avec notre cinquième race-mère que se développa ce que nous appelons « technique » et « arts ». L’invention la plus importante est celle du feu, comprenez bien cela. Réalisez ce qui dépend du feu dans toutes nos techniques, nos industries, nos arts, actuels. Je crois que le technicien ne pourra me désapprouver quand j’affirme que sans le feu, toute cette technique serait impossible. Nous pouvons donc dire : l’invention du feu constitua la découverte fondamentale qui impulsa toutes les autres inventions.

Vous devez encore noter qu’à l’époque où naquit la légende de Prométhée, quand on parlait de « feu », on entendait tout ce qui a un lien quelconque avec la chaleur.
On incluait donc, dans les acceptions du mot, la cause de l’éclair. Les causes de toutes les manifestations de « chaleur » étaient réunies dans l’expression « feu ».
L’humanité de la cinquième race-mère est placée sous le signe du feu : la conscience de cette réalité se traduit dans la légende de Prométhée. Et Prométhée n’est rien d’autre que le représentant de la cinquième race-mère.

Son frère est Epiméthée. D’abord, traduisons ces deux mots : Prométhée veut dire : « celui qui pense avant », Epiméthée, veut dire : « celui qui pense après ». Vous avez là une distinction claire des deux activités du penser humain. L’homme qui pense « après » et l’homme qui pense « avant ». L’homme qui pense après, qui réfléchit, est celui qui laisse agir sur lui les choses de ce monde, et y réfléchit a posteriori. Le penser kama-manasique est une forme de pensée de ce type. D’un certain point de vue, le penser du kama-manas veut dire : d’abord laisser le monde agir sur soi, puis penser. Aujourd’hui encore, l’homme de la cinquième race-mère pense principalement comme Epiméthée.

Dans la mesure où l’home ne laisse pas agir sur lui ce qui est déjà là, mais crée plutôt du futur comme inventeur ou découvreur, il est un Prométhée, un homme qui anticipe par la pensée. Jamais une quelconque invention n’aurait été possible si l’homme n’était qu’Epiméthée. Une invention est toujours due au fait que l’homme crée quelque chose qui n’est pas encore là, quelque chose qui existe d’abord en pensées, puis la pensée est transposée dans la réalité. C’est le penser prométhéen. Ce penser prométhéen est, au sein de la cinquième race-mère, le penser manasique. Le penser kama-manasique et le penser manasique coulent comme deux fleuves parallèles dans la cinquième race-mère. Le penser manasique se répand et s’élargit progressivement.

Ce penser manasique se répand et s’élargit progressivement.

Ce penser manasique de la cinquième race-mère a encore un caractère particulier. Nous comprenons cela si nous jetons un regard rétrospectif sur la race-mère atlantéenne. Celle-ci avait plutôt un penser instinctif, qui était encore lié à la force vitale. La race-mère atlantéenne était encore en mesure de tirer une force motrice de la force germinative. De même qu’aujourd’hui, l’homme trouve dans les gisements une sorte de réservoir d’énergie qu’il transforme en vapeur ou autres pour faire avancer les locomotives et les camions, l’Atlante avait de vastes réserves de graines végétales qui contenaient des énergies qu’il savait transformer en force motrice, celle qui faisait avancer les véhicules décrits dans la brochure de Scott-Elliot sur l’Atlantide. Cet art s’est perdu.

L’esprit de l’homme atlantéen savait encore maîtriser la nature vivante, la force germinative. L’esprit de la cinquième race-mère (nous) ne peut vaincre que la nature sans vie, les forces qui se trouvent dans la pierre, les minéraux. Ainsi le Manas de la cinquième race-mère est-il enchaîné aux forces minérales de même que la race atlantéenne était liée aux forces de vie. Toute la force de Prométhée est enchaînée aux roches, à la terre. C’est pourquoi Pierre est également le roc sur lequel le Christ fonda son édifice. C’est la même chose que le rocher du Caucase. L’homme de la cinquième race-mère doit réaliser son évolution sur le plan purement physique. Il est enchaîné aux forces inorganiques, minérales.

Essayez d’accéder à une vue globale de ce dont on parle quand on évoque cette technique de la cinquième race-mère. Quelle est sa raison d’être ? Si vous parvenez à cette vue d’ensemble, vous découvrirez que – si grandioses, si impressionnantes que soient les applications de cette force de l’entendement, du principe manasique au monde inorganique, au monde minéral – c’est malgré tout, en dernière analyse, vers l’égoïsme humain, vers l’intérêt personnel que convergent toutes les forces des inventions et des découvertes de la cinquième race-mère.

Partez de la première découverte, de la première invention, allez jusqu’au téléphone, jusqu’à nos inventions, nos découvertes les plus récentes, vous verrez que certes, de grandes et puissantes forces y ont été mises à notre service, mais à quoi servent-elles ? Qu’est-ce que nous allons chercher dans les pays lointains avec des chemins de fer et des bateaux à vapeur ? Nous allons chercher des denrées alimentaires, nous exigeons par téléphone des denrées alimentaires.

Au fond, c’est le kama humain qui exige ces inventions et découvertes dans la cinquième race-mère. C’est ce que doit établir une observation objective des faits. Alors on saura aussi que cet homme supérieur qui est plongé dans la matière, y est en fait, pendant la cinquième race-mère, enchaîné, parce que son kama cherche la satisfaction dans la sphère de la matière.
avatar
obsidienne

Messages : 3653
Date d'inscription : 21/10/2012
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La légende de Prométhée de Rudolf Steiner

Message par obsidienne le Jeu 9 Fév - 21:07

Si vous explorez le domaine ésotérique, vous trouverez que les principes de l’être humain sont en relation avec des organes très précis du corps. Je développerai pour vous ce thème avec plus de précision ; aujourd’hui, je veux seulement indiquer les relations spécifiques qui unissent nos organes et nos sept principes humains.

Nous avons d’abord le principe dit « physique ». Il est en relation occulte avec la partie supérieure du visage humain, la racine du nez. L’édification physique de l’être humain, qui a eu un début dans le temps – autrefois, l’homme n’était qu’astral, puis il s’inséra dans l’élément physique – a son origine dans cette partie-là. Le corps physique partit de là et s’édifia d’abord depuis la racine du nez, si bien que l’occultiste fait correspondre la racine du nez à l’élément physique minéral.

Le deuxième élément, c’est prana, le corps éthérique. Son correspondant éthérique, c’est le foie. Cet organe est en relation occulte avec lui. Puis vient kama, le corps astral. Lui, il a développé son activité hors de la construction des organes de nutrition, dont le symbole est l’estomac. Si le corps astral n’avait pas cet aspect particulier qu’il a chez l’homme, cet appareil nutritif humain n’aurait pas, avec l’estomac, cette forme particulière qu’il a aujourd’hui.

Si vous observez l’être humain, premièrement dans son assise physique, deuxièmement dans son corps éthérique et troisièmement dans son corps astral, vous avez, comme vous le voyez, la base qui est enchaînée dans la prison minérale de la cinquième race-mère. Par le corps supérieur, l’homme s’élève au-dessus de cette chaîne et monte vers un niveau spérieur. Kama-manas se dresse vers le haut. Là, l’homme se libère à nouveau de la base naturelle pure. C’est pourquoi il y a une relation occulte entre kama-manas et ce par quoi l’homme se détache de son assise naturelle. Cette correspondance occulte unit Manas inférieur et nombril. S’il n’y avait pas de kama-manas dans la forme humaine, l’embryon ne serait pas coupé de cette manière de la mère.

Si nous allons vers le Manas supérieur, il a de même une correspondance occulte avec le cœur humain, et le sang. Buddhi a une correspondance occulte avec la gorge et le larynx humain. Et Atma est en relation occulte avec quelque chose qui emplit l’homme tout entier : l’Akasha contenu dans l’être humain.

Ce sont les sept correspondances occultes. Si vous vous les représentez, vous devez considérer que les plus importants pour notre cinquième race-mère concernent le corps éthérique et le kama. Et si vous ajoutez ce que j’ai dit auparavant à propos de la maîtrise du Prana dont jouissaient les Atlantes – ce qui traverse le corps éthérique, c’es la force de vie – vous pouvez vous dire que l’Atlante, d’une certaine manière, se tenait encore un degré plus bas. Son corps éthérique avait encore la parenté originelle qui l’unissait à la sphère éthérique du monde extérieur : ainsi maîtrisait-il le Prana du monde extérieur.
Comme l’être humain est monté d’un degré, le travail doit être effectué un degré plus bas. C’est une loi : quand il y a montée d’un côté, il doit y avoir descente de l’autre. Alors que l’homme autrefois a travaillé à son kama depuis le Prana, il doit maintenant travailler avec le kama sur le plan physique.

Vous comprendrez maintenant le symbolisme profond de la légende de Prométhée par rapport à ce lien occulte. Un vautour rouge le foie de Prométhée. Kama est symbolisé par le vautour ; il ronge en fait réellement les forces de la cinquième race-mère. Le vautour ronge le foie de l’homme, ronge ce qui constitue le fondement de l’être humain : cette force de la cinquième race-mère ronge la force de vie de l’être humain, parce que l’être humain est enchaîné à la nature minérale, à la pierre, à « Petrus », au rocher, au Caucase. C’est ainsi que l’homme dut payer sa nature prométhéenne. Il lui faut dominer sa propre nature, afin qu’il ne soit plus rivé au monde minéral, au Caucase.

Seuls ceux qui pendant al cinquième race-mère apparaissent comme initiés humains peuvent apporter la libération à l’homme enchaîné. Héraklès, initié humai, doit aller lui-même au Caucase pour libérer Prométhée. Ainsi les initiés délivreront-ils l’homme de ses chaines, et ce qui est voué à la disparition doit se sacrifier. L’homme qui est encore lié à l’élément animal, le centaure Chiron, doit se sacrifier.

L’homme de l’époque antérieure doit être sacrifié. Le sacrifice du Centaure est aussi important pour l’évolution de la cinquième race-mère que la délivrance par les initiés, par les initiés de la cinquième race-mère.

On dit que dans les mystères grecs, l’avenir était prophétiquement annoncé aux participants. Mais on n’entend pas par là un récit vague et abstrait de ce qui devait survenir dans le futur ; il s’agissait plutôt de l’indication des chemins qui menaient l’homme vers l’avenir, du développement que l’homme doit accomplir pour pouvoir pénétrer dans ce temps futur. Et la force humaine qui devait se développer était représentée dans le grand drame-mystère de Prométhée.

Il faut donc voir dans les trois générations divines Ouranos, Chronos et Zeus trois entités qui ont successivement guidé les êtres humains.

Ouranos signifie le ciel,
Gaïa, la terre.

Si nous remontons au-delà du milieu de la troisième race-mère, celle des Lémures, nous n’avons pas encore l’être humain que nous connaissons aujourd’hui mais un homme que l’enseignement occulte appelle « Adam Kadmon », qui est encore asexué, un être humain qui n’appartenant pas encore à la terre, qui n’a pas encore développé les organes de la vision terrestre, qui appartenait encore au monde d’Ouranos, au ciel. De l’union d’Ouranos et de Gaïa, naquit l’homme qui descendit dans la matière et pénétra ainsi dans le temps. Chronos – ou Kronos, le temps – devient le souverain de la deuxième lignée de dieux à partir du milieu de l’époque lémurienne jusqu’au début de l’époque atlantéenne. Les entités dirigeantes sont symbolisées chez les Grecs, d’abord par Ouranos, puis par Chronos, puis par Zeus. Mais Zeus est encore l’un de ces guides qui n’ont pas été formés sur terre. C’est encore une entité qui appartient aux immortels, comme tous les dieux grecs.

L’humanité mortelle doit apprendre à se tenir sur ses propres pieds au cours de l’époque de la cinquième race-mère. Cette humanité est représentée par Prométhée. C’est elle seulement qui apporte les arts humains et l’art originel du feu. Zeus en est jaloux, car au sein de cette humanité-là, grandissent ses propres initiés, qui en prendront la gouvernance à l’avènement de la sixième race-mère. Mais il faut que l’humanité en paie le prix. C’est pourquoi, le premier de ses initiés doit prendre sur lui toutes ces souffrances. Prométhée est l’initié originel de la cinquième race-mère, celui qui est initié non seulement aux arcanes de la sagesse mais aussi à celles de l’action. Il subit toutes ces souffrances et est délivré par la maturation de l’être qui doit libérer peu à peu l’humanité et l’élever au-dessus du minéral.
avatar
obsidienne

Messages : 3653
Date d'inscription : 21/10/2012
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La légende de Prométhée de Rudolf Steiner

Message par obsidienne le Jeu 9 Fév - 21:09

Ainsi, les légendes nous présentent-elles les grandes vérités cosmiques. C’est pourquoi, je vous ai dit en commençant : celui qui s’élève au troisième niveau d’interprétation peut la lire à nouveau textuellement.

Dans le cas de la légende de Prométhée, vous avez le vautour qui dévore le foie. Ce fait doit être pris au pied de la lettre. Le vautour ronge réellement le foie de la cinquième race-mère. C’est le combat de l’estomac contre le foie. Dans chaque être humain individuel se répète pendant la cinquième race-mère, ce douloureux combat prométhéen. Il faut prendre ce qui est exprimé ici, dans la légende de Prométhée, absolument au pied de la lettre. Sans se combat, la cinquième race-mère aurait un tout autre destin.

Il y a donc trois niveaux d’interprétation des légendes : premièrement le niveau exotérique, littéral, deuxièmement le niveau allégorique – le combat de la nature humaine – troisièmement la signification occulte, où intervient à nouveau une interprétation littérale des mythes.

Vous pouvez donc voir que toutes ces légendes – du moins toutes celles qui ont une signification de cette importance – proviennent des écoles des mystères et ne sont rien d’autre que la restitution du grand drame de la destinée humaine présenté dans ces écoles.

De même que j’ai pu vous montrer pour les mystères druidiques que (la légende de) Baldur ne représente rien d’autre que ce qui s’est déroulé au sein des mystères druidiques, vous retrouverez dans la légende de Prométhée les expériences que le disciple des mystères Grecs vivait dans ces mystères, afin de puiser force et énergie pour la vie à venir.

Autre extrait du livre de Rudolf Steiner : Mythes et Légendes et leurs Vérités Occultes.

La science de l’esprit peut nous amener jusqu’au point où les réalités deviennent perceptibles. Nous savons que le monde évolue et qu’au cours de son évolution, des êtres sont rejetés. C’est une loi que nous enseigne la science de l’esprit : chaque passage à un stade supérieur est lié à une expulsion vers le bas. La compensation se fait plus tard. Pour chaque saint, un pêcheur doit paraitre. C’est ce qu’exige la loi de l’équilibre. C’est vrai, si singulier que cela puisse sembler. C’est comme si un liquide était composé de deux autres liquides. Si on veut en isoler un, et l’avoir pur, il faut que l’autre soit troublé. Il en va de même avec l’ascension. A chaque ascension est lié un déclin. Cela implique que l’être qui s’est élevé utilise sa force  pour libérer celui qui est resté en bas. S’il n’y a pas cette action conjuguée des êtres, il n’y aurait pas d’évolution dans le monde.

C’est ce qui met l’évolution en mouvement. Et quand nous voyons un être humain se sacrifier pour un autre, cela nous rappelle le lien mystérieux qui s’était créé du fait qu’un être s’est élevé vers le haut tandis que l’autre est allé vers le bas. On ne peut faire qu’une discrète allusion à ce fait. Richard Wagner est bien au cœur de ce lien mystérieux qui relie les âmes.

Si nous regardons ses différentes œuvres, il nous apparait que richard Wagner en a toujours puisé les faits principaux dans la vie mystique. Nous voulons nous pencher à présent sur son œuvre centrale, l’épopée de Siegfried, celle des Nibelungen. Si nous voulons voir que ces épopées sont puisées à la sagesse cosmique, nous devons partir d’un fait que la Théosophie expose en toute clarté, même si cela contredit beaucoup la science actuelle. Nos lointains ancêtres habitaient un pays à l’Ouest de l’Europe, entre l’Afrique et l’Amérique. Même la science commence à reconnaître qu’il y a eu là autrefois des terres, un pays que nous appelons Atlantide. C’est là que vivaient nos lointains ancêtres, qui avaient une tout autre forme que la nôtre. Comme je l’ai dit, la science commence déjà à parler de cette ancienne Atlantide. Dans la revue « Kosmos », éditée sous l’égide de Haeckel, il a été publié un article sur ce thème. On n’y parle  bien sûr que des animaux et des plantes qui y ont vécu, et pas de l’homme. La science de l’esprit parle avec clarté  de ce sujet, sur lequel les scientifiques commencent à émettre de timides hypothèses. Dans cette ancienne Atlantide, il y avait une atmosphère tout autre, il régnait de toutes autres conditions. L’eau et la lumière solaire n’étaient pas encore séparés dans l’air, comme aujourd’hui. Dans cet « Extrême-Occident » d’alors, l’air était continuellement rempli de vapeur d’eau, de masses de brouillard. On ne voyait pas distinctement le soleil et la lune ; ils étaient toujours entourés de halos en forme d’arc-en-ciel. La vie de l’âme était fort différente de la nôtre. Les hommes vivaient en union bien plus profonde avec la nature, les pierres, les plantes et les animaux. Ils étaient enveloppés dans les brouillards.

Cette parole décrit vraiment la réalité d’alors : l’esprit de la divinité planait au-dessus des eaux, les couvrait. Car les échos que l’on retrouve chez les peuples héritiers des Atlantes renvoient à une situation généralisée chez leurs ancêtres : Les Atlantes comprenaient tout, autour d’eux. Le clapotis de la source n’était pas seulement un bruit inarticulé, il était l’expression de la sagesse de la nature. L’être humain entendait la sagesse qui émanait de toutes les choses de son environnement, car ce dernier conférait à nos lointains ancêtres une sorte de clairvoyance floue : ils ne percevaient pas ce qui s’étendait dans l’espace, mais des phénomènes colorés. Ils avaient des forces de clairvoyance. La sagesse agissait dans les brouillards. L’homme la percevait au moyen de ses forces vagues. On ne peut parler de cet état que de façon allusive. Il évolua lorsque les nuages tombèrent en pluie, purifiant l’air. L’homme s’éleva alors à son état de conscience actuel. Il fut coupé de la nature extérieure, il devint un être enfermé en lui-même. Quand l’homme est encore uni à la nature, la sagesse est une sagesse unitaire, il vit dans une sphère de sagesse, fondement d’une certaine fraternité ; car chacun perçoit la même sagesse, chacun vit dans l’âme de l’autre. La descente des masses de brouillard entraîna l’home dans la conscience égoïste, la conscience du moi, où chacun ressentait son centre en lui, rencontrait l’autre de front, et revendiquait une sphère privée. La fraternité se métamorphosa en combat pour l’existence.

Les mythes et les légendes ne sont pas ce que prétendent les théories fantasques émises autour d’un tapis vert.

Les mythes et les légendes, qu’est-ce donc ?

Ce sont les restes des anciennes expériences clairvoyantes de nos ancêtres. C’est un fait. Et c’est un non-sens d’affirmer, comme on le fait actuellement, qu’un mythe retrace la combat d’un peuple contre un autre. Les savants parlent d’une imagination populaire d’où seraient nées les épopées ; qu’ils nous montrent au moins le peuple dont l’imagination transforme les nuages en figures divines ! C’est ce que l’on raconte aux gens ; mais ce ne sont que des fantasmagories, des rêveries. Vous pouvez retrouver avec certitude aujourd’hui l’origine réelle des mystères. Il existe encore de nos jours des légendes vivantes. Par exemples, dans différentes régions, on trouve la légende de la Dame de Midi. Elle dit : quand des paysans restent aux champs, à midi, au lieu d’interrompre leurs travaux, et de rentrer à la maison, la dame de Midi vient leur poser des questions. S’ils ne peuvent y donner réponse dans un délai fixé, elle les étrangle. Qui ne verrait là l’image d’un rêve qui assaille l’homme quand il reste allongé sous le soleil ardent ?  Le rêve est le dernier reste de la conscience de ce temps-là. Nous voyons que la légende, aujourd’hui encore naît du rêve.
avatar
obsidienne

Messages : 3653
Date d'inscription : 21/10/2012
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La légende de Prométhée de Rudolf Steiner

Message par obsidienne le Jeu 9 Fév - 21:11

C’est ainsi que sont nés toutes les légendes et tous les mythes germaniques qui ont été conservés. Ce sont en grande partie des mythes et des légendes nés chez les derniers descendants des Atlantes. L’ancien Germain se rappelait l’époque où nos ancêtres vivaient à l’Ouest – ils ne sont pas venus de l’Orient -, ils ont migré vers l’Est à l’époque où les brumes de l’Atlantide se sont condensées, entraînant les pluies connues sous le nom de déluge, l’air fut purifié et la claire conscience diurne actuelle apparut. L’ancien Germain tournait son regard vers le « pays des brumes », le Nifelheim et il disait : « Nous avons marché, quittant l’antique Nifelheim pour venir en ce monde actuel ».

Mais certains êtres spirituels sont restés au stade correspondant à cette lointaine époque ; ce sont eux qui ont gardé la pleine compréhension de la nature de l’antique Nifelheim, qui font surface à notre époque, qui sont devenus « esprit » parce qu’ils n’ont pas actuellement de corps physique. Nous avons devant nous des choses qui se mêlent de façon admirable. Il ne faut pas s’approcher de ces réalités avec pédanterie. Nous ne devons pas oublier qu’imagination et faculté clairvoyante, légende et fait réel, se mêlent intimement. Nous n’avons pas le droit d’enlever la rosée subtile qu’ils portent nécessairement. On se souvient de cette pluie de brumes : ensuite, vint l’image de cette condensation de masses brumeuses qui serait à l’origine des fleuves, au Nord de l’Europe du centre. Dans les eaux du Rhin, on voyait couler les restes des brumes de l’ancienne Atlantide. Comment cela s’était-il passé ? L’homme a perçu de la sagesse dans le clapotis des sources, c’était une sagesse commune à tous, l’élément communautaire qui excluait l’égoïsme.

L’or est un très vieux symbole de la sagesse, cet or fut rapporté de l’antique Nifelheim.

Que devint-il ? Une propriété de moi humain.

Ce qui avait été autrefois sagesse appartenant à tous, murmurée par la nature, était maintenant une sagesse qui découlait de la capacité de jugement humaine, du « moi », qui faisait face à l’homme devenu autonome. A présent, l’homme formait un « anneau » autour de lui. Par cet anneau, l’ancienne fraternité des hommes entre eux. La sagesse, comme élément commun à tous, elle vivait, dans les grandes légendes d’anciennes époques, dans les eaux, et le dernier reste en avait été immergé dans le Rhin.

Mais les hommes avaient atteint le stade de la conscience égoïste. Les Nibelungen durent aussi évoluer vers ce stade de la conscience du « moi ». Ils gardèrent pour eux ce qui avait été bien commun et forgèrent l’anneau, l’anneau de l’égoïsme qui les entoure. Nous voyons là, pour exprimer les choses dans leurs grands traits, les faits réels coulés dans le monde de l’imagination. L’or, le reste de l’antique sagesse répandue dans les brumes, le « moi » plein de sagesse, construit l’anneau autour de lui, ce qui entraîne le combat pour l’existence. C’est le fondement du mythe de trésor des Nibelungen. Richard Wagner put exprimer cela dans une action dramatique grandiose ; les accents de sa musique donnaient forme à un monde invisible, caché derrière le monde sensible. Il a donné ainsi au mythe des Nibelungen une forme moderne et il a retracé, pour nous, dans son épopée, tout ce chemin d’évolution. Nous sentons comment les dieux nouveaux qui dirigent l’humanité sont venus relayer les anciens dieux.

Transportons-nous encore une fois dans l’ancienne Atlantide : brumes où, toutes choses, la sagesse parlait. Il fallait alors que règnent entre les hommes des puissances qui ne les guident plus par une sagesse commune, mais par des règles et des commandements établis par les dieux eux-mêmes.

Cela provient d’une conscience originelle, pénétrée de sagesse. En l’instant capital où le nouveau dieu Wotan voit Fafnir dans l’obligation de rendre Freya, où Wotan lui-même subit la menace d’une contamination par la sagesse du « moi », par l’anneau, paraît encore une fois devant lui l’antique conscience sacrée de l’humanité de conscience de la terre, qui enveloppait les hommes au temps de l’atlantide. En Erda, nous retrouvons cette ancienne conscience qui englobait toutes choses ; son sommeil est un rêve, son rêve est une pensée, cette pensée un savoir universel, porteur d’une vérité cosmologique. Cette sagesse est en tout, elle a tout créé. Elle vit dans la source, murmure dans les feuilles, souffle dans le vent. Elle y trouve le moi humain. Elle était alors une conscience qui embrassait tout, d’où est née ensuite toute conscience particulière : elle était une connaissance vivante universelle. L’antique clairvoyance était un reflet de cette connaissance-là. L’homme n’était pas alors enfermé dans a peau. La conscience pénétrait tout. On ne pouvait pas dire alors : la conscience du « moi » est ici ou là – elle était enclose en toutes choses. L’intuition de Wagner a su exprimer cela merveilleusement dans ces paroles de Wotan :

Tu sais
Les Mystères de l’abîme,
Ceux des montagnes, ceux des vallées,
Ceux aussi des airs et des flots
Pas un être en qui ne vive ton âme ;
Pas de cerveau qui ne pense pas ta pensée ;
Rien, dit-on,
Qui ne soit inconnu.

Par cette conscience, Erda sait tout. Et nous pouvons voir pas à pas, partout, apparaître ce reflet de la sagesse originelle du monde : c’est ce qu’a relaté l’intuition wagnérienne dans le mythe des Nibelungen.

Reportons-nous au moment où s’achève l’ère ancienne et commence la nouvelle – rappelons encore une fois que Richard Wagner n’a pas fait cela avec une conscience rationnelle. En Atlantide, régnait une conscience fraternelle. L’histoire avance ensuite vers la conscience du « moi », l’entrée de l’autonomie la nature humaine. Et maintenant, revenons au début de l’Or du Rhin. N’entendons-nous pas l’irruption de la conscience du « moi » dans les premiers accents, dans le long accord en mi majeur ? Et ne percevons-nous pas l’émergence de cette conscience particulière du sein de la conscience spirituelle ? Motif après motif, vivifée par la propre connaissance de Wagner, nous redécouvrons cette vérité d’un univers qui se tient derrière les phénomènes du monde.
avatar
obsidienne

Messages : 3653
Date d'inscription : 21/10/2012
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La légende de Prométhée de Rudolf Steiner

Message par obsidienne le Jeu 9 Fév - 21:13

Par son expérience, Wagner a pu révéler cet univers en utilisant les instruments comme organes originels de la nature. Je ne voudrais pas vous présenter Richard Wagner comme l’homme d’un mysticisme flou. Sa création artistique jaillit d’une mystique lumineuse.

Passons maintenant à Lohengrin, quel apport de la mystique y trouvons-nous ?

Lohengrin est le messager du Saint Graal, qui vient du lieu initiatique où règne une sagesse supérieure. La légende de Lohengrin se rattache aux nombreuses légendes qui parlent de l’intervention des initiés dans l’humanité ordinaire. En certains moments importants de l’évolution, nous sommes partout renvoyés à la légende, qui est plus profonde que l’histoire. Il nous est rappelé que les forces des initiés interviennent dans la marche de l’histoire. Ce n’est pas qu’une succession de faits extérieurs.

Ce fut une époque très importante, ce passage de la conscience universelle à la conscience individuelle. C’est ce que décrit le mythe de Lohengrin. Nous voyons que c’est une époque où un nouvel esprit lutte pour naître de l’ancien. Deux Esprits du temps se font face : ils sont incarnés dans les deux femmes qui s’opposent. Elsa, l’élément féminin, est toujours ce qui représente l’âme qui lutte pour accéder aux choses suprêmes. Les commentaires triviaux du vers de Goethe dans le « Chorus mysticus » : « l’Eternel Féminin nous attire » ne valent rien. Ces mots sont puisés à une profonde mystique. L’âme doit se laisser féconder par les grands événements par lesquels de nouveaux principes interviennent dans l’évolution.

Ce moment est marqué par l’apparition d’initiés, qui arrivent des centres importants. La science de l’esprit parle d’individualités évoluées. On demande toujours : Pourquoi ceux-ci ne se montrent-ils pas ? S’ils se montraient, on ne les reconnaîtrait pas. On leur demanderait leur nom bourgeois ordinaire, leur situation. Mais ces choses sont fort insignifiantes pour celui dont les motifs d’agir se trouvent dans le monde spirituel. Car l’initié qui doit annoncer les mystères, vit dans une sphère élevée si éloignée de ces contingences – la naissance, le nom, la situation, la profession – que cela n’a aucun sens de lui demander des explications à ce sujet. Si ce genre de questions lui parvient, c’est que le demandeur est si éloigné d’une compréhension de sa mission profonde qu’une séparation doit intervenir :

Jamais tu ne devras me demander
Ni te soucier de savoir D’où je suis venu
Quel est mon nom, mon origine.

Ces paroles de Lohengrin pourraient être prononcées, quand on leur demande leur nom et leur situation, par tous ceux qui ne vivent pas seulement dans le monde ordinaire. C’est l’une des notes qui vibrent dans « Lohengrin », drame où brille une mystique véritable et claire.

L’humanité possède un profond secret, un mystère qui règne dans le monde. On en trouve la représentation symbolique dans un mythe qu’il convient de comprendre en profondeur : quand l’esprit qui, au début de notre évolution a été chassé par les esprits qui dirigent l’humanité, quand Lucifer a chuté, une pierre est tombée de sa couronne, et de celle-ci fut faite une coupe, cette coupe dans laquelle le Christ Jésus partagea l’ultime repos avec ses disciples, cette coupe dans laquelle fut recueilli le sang au Golgotha par Joseph d’Arimathie qui la rapporta en Occident. Après de nombreuses péripéties, la coupe parvint aux mains de Tinturel qui a fondé le Château du Graal. Il l’a gardé avec la lance d’amour sacrée. La légende dit que tous ceux qui regardent dans cette coupe reçoivent une part d’éternité.
Résumons encore une fois l’énigme dont parle ce mythe : il reflète les progrès de l’humanité tels que se les représentent ceux qui connaissent le mystère du Graal. Ils disent : quand commença l’histoire terrestre de l’humanité, l’amour était encore lié au sang. C’était les liens du sang qui unissaient les hommes. Nous trouvons à cette époque des petites tribus où règne le mariage consanguin. Plus tard vint le mariage exogène. Le moment où les mariages hors tribu sont autorisés constitue un seuil capital dans la vie d’un peuple.
Les mythes et les légendes ont conservé la conscience de cela. D’abord, l’amour fut donc lié au sang. Puis les cercles à l’intérieur desquels on pouvait se marier s’élargirent. C’est un des courants de l’évolution : l’amour lié à la similitude et à la communauté de la chair et du sang. Puis un autre principe entre en vigueur, qui va implanter l’autonomie.

En ces temps anciens qui ont précédé le christianisme – disaient les chevaliers du Graal – il y avait ces deux courants : l’amour fraternel consanguin et le principe de liberté, cet élément autonome, ce principe luciférien, qui règne en l’homme, le pouvoir de Jahvé dont le nom signifie « Je suis le je suis ». Le christianisme devait apporter au monde un amour indépendant de la fraternité du sang. C’est ainsi qu’il faut comprendre cette parole du Christ : « Celui qui ne quitte son père et sa mère ne peut pas être mon disciple ». Cela signifie : celui qui ne sait pas remplacer l’amour lié au sang et à la chair par l’amour humain universel qui va d’âme en âme, d’être humain en être humain, et qui doit grandir peu à peu, ne peut-pas être mon disciple.

Nous voyons donc que la couronne de Lucifer contient la coupe. Elle relie au principe de Lucifer le principe du Christ. Cette connaissance donne aux chevaliers du Graal la grande force qui les pénètre en donnant vie au « moi ». C’est le sens de la légende du Saint Graal. Et on expliquait à ceux qui étaient les disciples du Saint Graal la chose suivante et je vais mettre sous forme de dialogue ce qui était progressivement révélé, au cours de longs exercices, aux disciples du Graal. Beaucoup trouveront ces faits incroyables. Mais avec la vérité, il en est comme pour les envoyés des Etats civilisés à la cour des barbares – comme dit Voltaire : ils doivent d’abord subir d’indignes traitements avant d’être reconnus.

On disait donc au disciple du Graal : « Regarde la plante. On ne peut pas comparer la fleur à la tête de l’être humain ; avec ses organes mâles et femelles, elle correspond plutôt au pôle sexuel de l’être humain. Ce sont les racines qui correspondent à la tête. Darwin avait déjà proposé cette comparaison, qui est juste : la racine correspond à la tête de l’être humain. Celui-ci est une plante inversé, il a réalisé un retournement complet. La plante offre chastement son calice à la lumière, recevant les rayons, la Lance d’amour sacrée, recevant le pur baiser sous lequel le fruit se forme. Chez l’animal, le retournement est à demi accompli. La plante, qui plonge dans la terre avec sa tête, l’animal, avec sa colonne vertébrale horizontale et l’homme qui marche, droit, le regard tourné vers le haut (ceci est dessiné au tableau) : ces trois figures, si on les relie, forment une croix. Regarde, disait-on, au disciple ; c’est bien la vérité qu’enseigne Platon quand il dit : l’âme du monde est étendue, crucifiée sur le corps du monde. L’âme du monde, l’âme qui chemine à travers la plante, l’animal et l’être humain se trouve dans ces corps, qui forment une croix. C’est la signification originelle de la croix. Tout le reste n’est que discours creux.

Qu’est-ce qui a poussé l’homme à accomplir ce retournement ? Quand nous observons la plante, nous voyons que, pour le mystique véritable, la plante à l’état de conscience de l’homme endormi.

Quand il dort, l’homme a la valeur d’une plante. L’homme a acquis sa conscience actuelle en faisant pénétrer dans le corps végétal pur et chaste, le désir, le corps passionnel. D’une certaine manière, il est ainsi monté plus haut, vers la conscience de soi, mais il a payé cela de l’imprégnation de la substance végétale pure par les passions et les instincts. Et là, on décrivait au disciple un état futur de l’être humain, un été où l’homme conservera sa conscience claire, mais où elle aura retrouvé la pureté de la substance végétale. Il faut donc que l’homme reconquière sa nature chaste et pure. L’organe de la reproduction et métamorphosé.

Le disciple, comme le chevalier du Graal, savait que l’homme de l’avenir aurait des organes qui serviraient à la reproduction sans être imprégnés de désir avide, mais redevenus purs et chastes comme le calice de la plante qui se tourne vers Lance d’amour, le rayon du soleil. Ainsi sera réalisé l’idéal du Graal, où l’être humain, en toute pureté, comme la plante, engendrera son semblable, où il donnera naissance à son image dans le calice pur et élevé, époque où l’homme sera devenu créateur en esprit. On appelait cet idéal, qui avait force de réalité, le Saint Graal, métamorphose des organes de reproduction humains, devenus aptes à donner naissance à l’être humain de façon aussi pure et chaste qu’aujourd’hui le larynx produit la parole qui met en mouvement les vibrations de l’air.

Et maintenant, nous voulons essayer démontrer comment ce grand idéal vivait encore dans le cœur de richard Wagner. C’était en 1857. Il se trouvait, le jour du Vendredi Saint, dans le jardin intérieur de la villa de Mme wesendonck, sur le balcon, et regardait s’ouvrir les premières fleurs. Il a consigné ce moment si évocateur. Il ressentit, dans le jaillissement des jeunes plantes, tout le mystère du Saint Graal, le mystère de la naissance de tout ce qui était lié à l’idée du Saint Graal. Il ressentit le lien de ce mystère avec le Vendredi Saint. Une atmosphère merveilleuse l’envahit. Alors la première idée de son « Parsifal » le travers. Beaucoup de choses se mêlèrent ensuite à cela dans les temps qui suivirent, mais cette impression est restée. A partir d’elle, il donna forme à son Parsifal, ce personnage où le sentiment est élevé au rang de connaissance. Parsifal est celui qui accède à la connaissance par la compassion : et toute l’évolution qui a conduit la nature humaine à la blessure de la lance impure nous est présentée dans le mystère d’Amfortas. Nous voyons briller le secret mystique du Saint graal.

Il ne faut pas s’emparer grossièrement de cette vérité. Il faut percevoir avec beaucoup de finesse tous les sentiments qui y sont liés et placer devant son âme les concepts dans leur totalité. Nous constaterons que richard Wagner n’a peut-être pas eu une pensée mystique, mais l’artiste, l’homme a présenté tout ce qu’il a fait dans une forme mystique. C’est de cela qu’il s’agit.

Nous ne devons pas recevoir la science de l’esprit comme une théorie, mais comme une chose qui passe immédiatement dans la vie. C’est en ce sens que Richard Wagner ressentait avec clarté sa mission, il la ressentait de façon si mystique qu’il pouvait se dire : l’art qui vit en moi comme idéal doit redevenir un service divin. Il a ressenti le mouvement qui portait les trois courants à confluer et voulait être lui-même un annonciateur de cette réunion. Sa connaissance mystique engendre cette perception du cœur, claire et mystique, qui a vécu dans tous les grands maîtres et que nous ressentons quand nous relions les grands maîtres à la mystique. Goethe possédait cette même faculté de sentir. C’est grâce à elle que l’homme peut retrouver la santé véritable, car il perçoit par le sentiment la force qui lui permet de dominer son moi égoïste et peut alors donner vie à cette phrase des « mystères » :

Du pouvoir qui retient enchaîné tous les êtres,
C’est en se maîtrisant qu’un homme se libère ».

Quand cette atmosphère de libération des chaînes du « moi » de plongé dans les mystères du monde, imprègne toutes ses forces, l’être humain est un mystique dans tous les domaines. Que ce soit extérieur, sous une forme religieuse, scientifique ou artistique, il lutte pour retrouver l’unité originelle de la nature humaine.

C’est le mystère de chaque être humain dont Goethe voulait parler, quand, résumant le propre mystère de son âme il écrit :

« Celui qui possède la science et l’art a aussi une religion.

Celui qui ne possède ni la science ni l’art, qu’il ait une religion ! »

avatar
obsidienne

Messages : 3653
Date d'inscription : 21/10/2012
Localisation : hérault

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La légende de Prométhée de Rudolf Steiner

Message par solasido le Ven 24 Fév - 19:28

Bonjour Obsidienne et à tous

Obsidienne a écrit:Paix,
obsidienne a écrit:
Nouvel Aurore vous êtes démasqué :

http://novusordoseclorum.discutforum.com/t8473-pierre-ali-une-mascarade-new-age-demasquee-au-service-du-faux-messie

Nouvel Aurore a écrit:
@Obsidienne :

Jésus a Dit : « Ne jugez pas selon l'apparence, mais jugez selon la justice. » Jean 7:24

Sachez que le forum que vous avez mis en référence n'admet pas la discussion, empêche autoritairement la recherche de la vérité, déforme nos propos et font un procès à charge sans permettre de répondre et d’établir la vérité (posts modifiés et/ou bannissement arbitraires, etc). Nous ne leur en voulons pas, ils sont dépendants de leur aversion, de leurs à priori, et ont perdu de vue la recherche la plus objective possible de la vérité, et ne s'en tiennent pas aux enseignements sapientiaux dont les prophéties font partie.





Bien à toi, à chacun et à tous
Souriante journée
Merci beaucoup

avatar
solasido

Messages : 230
Date d'inscription : 05/01/2014
Localisation : idf

Voir le profil de l'utilisateur http://taosophie.forumactif.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La légende de Prométhée de Rudolf Steiner

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum